Nécessité et difficulté d'un sursaut national.

Du sursaut au sein des Républicains au sursaut républicain, puis au sursaut national, voire au sursaut européen, le sursaut est un concept qui se décline bien dans de multiples directions : le système social, infinançable, l’économie, en déclin accéléré, la culture française victime expiatoire du Wokisme anti occidental et de l’islamisme, etc.

Il impose d’avoir une claire vision des causes de l’effondrement progressif qui nous accable. C’est là où le bât blesse en premier, car les causes sont peu populaires et pas toujours faciles à comprendre pour les politiques comme pour les électeurs, et les solutions exigent parfois de sortir d’habitudes de penser et de réagir. Le sursaut impose une perspicacité et une pédagogie affirmées.

La première cause est la plus complexe et totalement hors du champ politique et médiatique : la destruction d’un système de changes basé sur la coopération et la lutte coordonnée contre les excédents et les déficits excessifs. Elle entraîne des crises à répétitions, l’effondrement de la croissance, et l’endettement général. L’entrée de la Chine dans l’OMC a été une calamité. Ses excédents faussent tout. L’Euro est un mauvais système monétaire car il ne permet aucun ajustement par la valeur des monnaies et n’impose pas de réduire les excédents monstrueux. On exige des pays déficitaires de réprimer leurs dépenses et on détruit la croissance générale. Sans alternatives pérennes ni moyens d’ajustement concerté.

La seconde est l’effondrement de la natalité. Le vieillissement n’est pas grave si les naissances sont importantes et si on peut rester actif en bonne santé plus longtemps. Le problème est mondial dans les pays développés mais minimisé en France depuis 1968, la pilule, puis la loi sur l’avortement et celles sur l’affaiblissement du couple hétérosexuel. Nous avions 30 millions de moins de 20 ans. Nous en sommes à 15 millions. 50% de chute. Un drame. La perspective est entre 5 et 7 millions en 2080, donc la disparition du pays… Il a fallu attendre le non-remplacement générationnel pour commencer à ouvrir un peu les yeux, mais le péril de l’absence de naissances suffisantes a été transformé en péril vieux !  Une honte !

La troisième a été la préférence pour la croissance des pays sous-développés, en Europe comme dans le monde. En Europe on a subventionné les pays de l’Est et du Sud par les fonds structuraux prélevés sur les pays plus riches, tout en y transférant des activités productives. Aux Français qui travaillent de payer. Et à l’échelon mondial on a fait sortir de la pauvreté 350 millions de personnes en Chine, en Inde, en Turquie, etc. également par transfert d’activité et d’investissement, en cassant l’emploi industriel en France comme partout dans les pays développés. Les Etats-Unis se sont alors rendu compte qu’ils n’y arrivaient plus et la France est dans la même situation. On ne peut pas, « en même temps », payer la croissance des autres et la sienne propre.  

Ces trois sujets sont actuellement totalement hors du débat politique pour de mauvaises raisons. Les gains financiers du recyclage des excédents gigantesques est tel pour quelques-uns que « les élites » ne veulent pas y renoncer. L’enrichissement de Macron chez Rothschild, comme les complicités dans la vente d’Alsthom en témoignent. Les mouvements féministes et écologiques ne veulent pas entendre parler de natalité. Les entreprises mondialisées, et la France en a quelques-unes, ne veulent pas renoncer à des marchés où ils font l’essentiel de leurs gains financiers, puisqu’en France on ne peut plus gagner d’argent. .

Deux « constructions » ont aggravé tout à partir du début des années 90 : le fédéralisme européen et l’écologisme hystérisé, puis l’association des deux contre la France.

Mitterrand était un pourrisseur, dans tous les domaines de sa vie privée comme de sa vie publique. Il voulait être le dernier président de plein exercice de la Vème. Il a gagné. Maastricht à été le début de la fin pour la France et la fin du début pour le fédéralisme absolu en Europe. Alors qu’il ne s’agissait au départ que de faciliter le fonctionnement interne de la CEE après l’élargissement du nombre des pays membres, on a basculé dans la création d’un pouvoir central absolu où la France ne pèse que 10% donc perd son indépendance et les moyens de réagir à des mesures désastreuses pour elles. Quand le cynique Bruno Lemaire annonce dans son dernier livre que l’Union européenne est une démocratie « canada dry » il n’a pas tort. La France n’a plus le moyen de s’y faire entendre et respecter. Le français a été évacué. L’extension aux portes de la Russie a créé une guerre dévastatrice. Certains pensent encore à intégrer la Turquie le Liban et Israël ! Pourquoi pas l’Iran ? Les ambitions de Macron en Europe lui ont fait abandonner les intérêts français et multiplier les postures destinées à le faire connaître et apprécié par les Européens, avec un certain succès. Il jugeait cela nécessaire pour devenir le premier président élu de l’UE. Porter un langage européen qui ne soit pas fédéraliste est très difficile aujourd’hui. LR s’est progressivement détruit en n’ayant aucune vision européenne depuis le ralliement de Chirac à Maastricht et l’union avec des centristes.

L’équipe minuscule et cupide de Maurice Strong a réussi à lancer à l’ONU l’hystérie de la transition climatique, après son « succès » sur l’affaire de la couche d’ozone, pour enrichir quelques lobbies des EnR. L’homme coupable de fin du monde et de la destruction du vivant, sommé de cesser de créer du CO2 au nom de la science, est une fabuleuse construction politique et une belle escroquerie. Timmermans pour tenter de devenir président du conseil en Hollande avait besoin des Verts. Il a surjoué l’écologisme, sans aucun contrôle notamment de la France. Les coûts passés, présents et futurs dérivés pour la France sont simplement monstrueux.  Pour aucun résultat climatique comme on le constate avc la canicule anticipée actuelle. Mais on a cassé notre industrie, notre agriculture, notre mix énergétique et même le bâtiment ! Folie totale. C’est très difficile à contrer sans devenir un climato sceptique anti européen tueur de la nature et du monde vivant !

L’Union Européenne a été aussi le pivot de l’entrisme musulman, de l’immigration sans limite, du sans frontiérismes, du droit-de-l’hommisme et du wokisme culpabilisateur. Macron a tout relayé. Le droit à la transition climatique est devenu un droit de l’homme, comme le foulard islamique, marque de la bonté anti-raciste. Le soutien aux provocations de l’Ukraine a été encouragé, François Hollande finissant par avouer que les accords de Minsk n’avaient pour but que d’être violés ! On a vu les résultats.

L’Allemagne a pris le leadership en Europe et reconstitué son hinterland. Notre déficit est tel avec ce pays que si on faisait du Trump, on augmenterait les droits de douane de plus de 100%. Elle a racheté un nombre colossal d’entreprises françaises). La Hollande a capté les importations européennes et dispose également d’un excédent colossal avec la France qui a laissé les dockers interdire tout trafic d’importation nouveau. Merci à M. Edouard Philipe et quelques autres.

Les mesures fiscalistes, démagogiques, socialistes accumulées depuis 74 conjuguées avec l’effet des récessions périodiques, des déplacements de l’investissement, de la maladie réglementaire, et des mesures anti-activités, ont fait dégringoler la France dans les classements du PIB par habitant. Si nous étions restés à la troisième place des pays comparables, nous aurions 700 milliards de plus par an à se partager entre Etat et particuliers et des soldes positifs pour le commerce extérieur et le budget.

Pratiquement tous les marchés en France sont associés à des sources d’argent public.  Si on freine sur la dépense, on casse le revenu de millions de gens. Ils le savent. Une économie à ce point administrée est d’une extrême fragilité.

Je crains que personne n’ait vraiment pris la mesure de l’ampleur des mesures à prendre pour sortir de la spirale descendante qui est la conséquence de ces gigantesques erreurs politiques. Construire un sursaut est indispensable mais un travail d’explication phénoménal est nécessaire pour rendre acceptable les mesures nécessaires.

Quand on essaie de présenter le minimum minimorum d’actions à mener, on voit les yeux se lever au ciel dans la consternation et l’horreur. Politiquement, juridiquement, médiatiquement impossible ! Pas un peu impossible. Totalement inenvisageable sur certains sujets comme la natalité, la fonction publique, le temps de travail, la répression du crime, les gratuités, le récit national. Tout est tabou.

Comme les conséquences sont dures pour beaucoup de français, privés de services publics et appauvris, les politiques revanchardes fondées sur la chasse aux boucs émissaires tient le haut du pavé. Les riches d’un côté, les immigrés de l’autre avec en prime l’exaltation du « théâtre de l’antifascisme », et la déification de dame nature. Surprise, la gauche a restauré en prime la haine du juif, et la nécessité de détruire Israël, tout en promouvant les Transgenres et les meutes de bêtes nuisibles comme héros de notre temps.

Ce qui reste de jeunesse est appelée à « s’indigner » et s’engager contre tout et l’inverse de tout, et surtout contre elle-même, sa culture et son histoire, entre running, malbouffe, bière au rabais, routardise et sous-emploi.

Le pessimisme du « tout est foutu » gagne du terrain. Voir Eric Naulleau ! Dans le film Viridiana de Bunel, qui ne date pas d’hier, la scène centrale est un groupe hideux de clochards ivrognes souillant de toutes les manières, même les pires, des robes de mariées. Il a fallu du temps mais la réalité a rejoint la fiction et l’affliction. Le clochard s’est réincarné en Macron, Lecornu, Mélenchon, Hollande, Vallaud, Ernotte, Rousseau, Panot ou Rima Hassan… Dans ce jeu de rôle, la robe de mariée, c’est la France.

Les Français vieillissants et assommés par une « information construite » qui les malaxent dans le mensonge et la culpabilité généralisée peuvent-ils soudain se réveiller en un grand sursaut salvateur après cinquante ans de descente aux enfers ?

Un Charles Gave attend pour 2027 la grande crise économique qui permettra de repartir sur un terrain nettoyé. D’autres attendent qu’on ait atteint le fond de la piscine pour donner le coup de pied salvateur.

La politique du pire est la pire des politiques. Mieux vaut promouvoir le sursaut immédiat. LR peut en être le levier. Mais quel défi ! Faire accepter au pays une révolution copernicienne est une ambition majeure qui demandera à tous les adeptes une force de conviction exceptionnelle et un courage quotidien tout au long du trajet ! Le seul moyen sera d’insister inlassablement sur les résultats attendus plus que sur les moyens. Le but c’est 350 milliards de revenus en plus pour les Français et 350 milliards de plus pour l’Etat, avec le retour de la maîtrise du destin français. Et il faudra actionner tous les leviers disponibles.

Un joli défi ! Organisons le sursaut ! 

Travail : les trois déficits

On se concentre, dans les débats sur le travail, sur le fait qu’on travaille globalement peu en France relativement aux pays comparables. Il est vrai que lorsqu’on cumule la durée hebdomadaire à 35h, les arrêts maladie, les congés et les RTT, la retraite précoce et parfois très précoce, les préretraites, les invalidités imaginaires accordées un peu vite, et milles avantages particuliers portant sur la disponibilité au travail, on obtient un nombre de jours travaillés en France réellement plus faible qu’ailleurs. Dont acte !  

Mais ce n’est que le premier déficit concernant le travail.

Le second est la diminution du nombre de personnes en âge de travailler. Dans les dix dernières années les effectifs de la classe d’âge 20 ans-60 ans ont baissé, en dépit de l’immigration, qui n’est pas majoritairement une immigration de travail. La baisse radicale de jeunes de moins de 20 ans annonce une régression accélérée dans la décennie à venir, avec de nombreux départs à la retraite non remplaçables. La dénatalité et le vieillissement pèsent massivement sur la quantité de travail possible.

Le troisième déficit est la faible productivité du travail en France.

Il faut inlassablement dénoncer la fable de la plus forte productivité française comparée à nos voisins européens. La statistique demande à être comprise. En augmentant artificiellement le minimum salarial et en y ajoutant des prélèvements sociaux ahurissants, ce qu’on a appelé la « smicardisation » de l’emploi, on a évacué la possibilité d’employer un à deux millions de personnes à très faible capacité productive. Les seuls emplois qui restent possibles exigent donc un certain niveau de productivité, faussant toutes les statistiques comparatives. Les pays qui n’ont pas fait cette erreur tragique ont une productivité moyenne plus faible mais un Pib global plus élevé qui permet d’étaler les charges, et donc rend possible des emplois plus productifs et moins chargés. Ce petit piège statistique est en général incompris et permet des erreurs d’interprétation fâcheuses.

Le volume de l’emploi de fonctionnaires aggrave aussi le déficit de productivité. Surveiller l’évacuation des eaux usées dans les maisons de bord de mer n’a aucune productivité. De même travailler à perte ne crée aucune productivité. Les 30.000 salariés de la SNCF qui travaillent dans des TER qui roulent à perte, les salariés de l’audiovisuel qui génèrent un besoin de 4 milliards de subventions publiques ou ceux qui travaillent pour une énergie éoliennes déficitaires de plusieurs dizaines de milliards, n’ont pas de productivité. Les activités de service non mécanisables ont longtemps eu moins de productivité que l’industrie dont les chaînes ont pu être automatisées.

Un autre aspect est lié à la pratique qui consiste à rejeter sur l’usager des tâches effectuées précédemment par l’entreprise. Ce « do it yourself » imposé ne représente pas globalement une hausse de la production juste un transfert sur les clients.

L’IA a le potentiel de changer les choses mais on n’y est pas encore en France.

De même une fiscalité qui prive les investisseurs de moyens entraînent des retards de compétitivité qui pèse sur la productivité nationale. Nous sommes les rois de la fiscalité et des règlementations paralysantes, sans bien réaliser les conséquences sur l’intensité et la productivité du travail.

Dernier aspect, les systèmes de changes flottants ont provoqué le retour des crises périodiques avec des pertes de PIB considérables qui pèsent naturellement sur l’investissement et la croissance. La baisse de qualité et d’adéquation de l’enseignement, avec une population immigrée disposant souvent d’un potentiel limité, n’a pas arrangé les choses.

Confronté à toutes ces misères, le travail en France se porte mal.

Les démagogues qui se croient malin avec des propositions apparemment alléchantes de « réduire la différence entre le brut et le net » devraient être publiquement mis devant leur ignorance ou leur volonté de prendre les électeurs pour des imbéciles. Invisibiliser des charges sociales en les transférant sans les réduire est pire qu’une politique de gribouille. La productivité c’est faire plus, avec les moyens à disposition, pas la même chose en réagençant les moyens.

Est-ce que revenir sur la réduction massive du temps de travail depuis 50 ans est la solution principale ? C’est en fait un emploi des gains de productivité plus qu’un facteur de la productivité. Tant que la croissance a été rapide, on a pu restreindre la durée du travail surtout là où la pénibilité était forte. La stagnation ne permet pas de financer le non-travail. Le faire par la dette est une folie.

Il est clair que les « 35 heures », l’absentéisme massif, et la démagogie sur l’âge de départ en retraite posent aujourd’hui un problème. Pour la raison qu’on a payé du non-travail au moment où les crises à répétition et l’ouverture mondiale à la concurrence des pays très peuplés et pauvres, ont rendu la croissance quasi nulle. On a distribué à l’avance les bénéfices, en termes de temps de travail, d’une croissance qu’on n’a pas obtenue.

C’est un accident de l’histoire qui ne remet pas en cause l’idée que la croissance puisse s’accompagner de la réduction des temps passés au travail.

La longue liste des expédients ayant été épuisée, il va falloir arrêter de distribuer des fruits d’une croissance absente.

Ce serait une erreur gigantesque de croire qu’on peut le faire uniquement en jouant sur la durée du travail.

Depuis 50 ans, avec une accélération à partir de 1981, nous avons connu un manque à gagner de presque mille milliards d’euros de PIB.

C’est facile à calculer. En 1971 nous étions dans les trois premiers pays (comparables) pour le PIB par tête. Si vous prenez la moyenne des trois pays actuellement en tête, en éliminant les paradis fiscaux et les pays pétroliers, et que vous multipliez par la population actuelle de la France vous parvenez à un PIB global supérieur de 700 milliards à 1.200 milliards selon les statistiques de PIB par tête utilisées.

Le jour où on aura récupéré au moins 500.000 milliards de ce PIB oublié en route, on pourra songer à nouveau à la question de la durée du travail, dont la réduction n’est pas un péché.

En attendant la vraie réponse à la question du travail et du niveau de vie est d’envisager tous les moyens nécessaires pour revenir dans les trois premiers pays pour le PIB par tête.

Une telle ambition exige des changements radicaux dans de très nombreuses directions. Pas seulement la suppression des acquis sociaux sur les durées de travail dont la réduction progressive peut rester un objectif souhaitable à condition d’être appuyée sur une hausse importante du PIB par tête.

La France est devenue un pays fragile, où le moindre accident de la vie provoque souvent des ruptures dommageables car très difficiles à rattraper. Proposer du sang et des larmes, dans un tel contexte, est une sottise.

Il faut générer de l’espérance dans des jours meilleurs avec plus de ressources et moins de peines. Cela suppose de combattre tous ceux qui veulent interdire de produire plus au profit de plus d’exactions fiscales ou d’idéologie verte, de plus d’interdictions et de contrôleurs, ou emprunter plus pour maintenir des avantages aventurés.

Il faut brider les discours malthusiens, les fantaisies sur le Bonheur Intérieur Brut à substituer au PIB, tellement mesquin, et autres fariboles.

Et arrêter de faire semblant de croire qu’en réduisant de 15 milliards d’euros de dépenses publiques tout ira mieux.

Il nous manque 500 à 600 milliards d’euros de PIB pour que tout le monde puisse faire face à ses contraintes tout en reprenant le chemin de la croissance équilibrée. Point de salut si on ne les retrouve pas.

Les programmes politiques tels qu’exposés à ce jour proposent des objectifs minables et s’appuient de façon malsaine sur la recherche de boucs émissaires.

Une seule solution : cap sur les mille milliards de PIB perdus du fait d’un choix politique étatiste et socialisant, dominant depuis 50 ans.

Ce n’est pas facile : la stagnation que nous constatons et qui est relativisée par la propagande officielle qui prétend que Macron a fait revenir la croissance grâce à ses mesures de « start up nation », une propagande absolument vide de sens malgré quelques mesures d’apparence, s’est aggravée au premier trimestre 2026. On risque un coup de Trafalgar interne et externe avec une crise mondiale possible à la clé. Comme en 2007, où Nicolas Sarkozy avait annoncé des merveilles alors que la crise était à nos portes et qu’il ne voulait absolument pas la voir.

Lorsqu’Eric le Boucher, dans l’Opinion,  se félicite d’une situation nouvelle où les emplois résistent et sont bien là alors que les candidats manquent, il devrait considérer qu’il y a eu plus de croissance de la dette que du PIB dans la période Macron, globalement désastreuse. La résistance provient d’un système alimenté par la dépense publique et la dette, alors que cela peut s’arrêter brutalement. La stabilité de l’emploi n’est pas due à une industrie forte et assurée mais à des marchés dépendant pour une part importante de subventions publiques. C’est largement artificiel et fragile, avec des taux de chômage encore délirant par rapport aux meilleurs de nos voisins. Se glorifier d’être à plus de 7% de chômage quand les autres pays comparables sont entre 3 et 5%, et disposent d’un revenu moyen qui est lle double de celui des Français pour les meilleurs d’entre eux, est un poil extravagant.

Bruno Retailleau a décidé de faire du travail une priorité nationale, comme la natalité, comme la réforme de l’enseignement, comme la sécurité, comme.la dette et les finances publiques, comme la justice, comme…

Une des cent cellules chargées d’élaborer son programme présidentiel doit sans doute réfléchir sur cette priorité nationale. On peut craindre que cette méthode ne permette pas de voir l’éléphant au milieu de la pièce : la perte dramatique de PIB par tête accru dans ces effets par l’effondrement démographique et le sous-investissement chronique. La priorité n’est pas le travail mais le PIB par tête. Tout le reste n’est que chanson.

Didier Dufau

Les trois leçons des dernières élections européennes, législatives et municipales

Ces trois élections forment un tout. Les leçons à tirer de chacune sont les mêmes. Il est inutile d’attendre les résultats du second tour de la dernière pour les formuler.

Première leçon : la concentration des pouvoirs aux mains d’un groupe central ectoplasmique fait montrer les extrêmes à droite et à gauche. Comme promoteur de cette réalité, Emmanuel Macron a tué sciemment la droite et la gauche de gouvernement. L’absence d’alternance et la tentation de nazifier la droite issue du mouvement de Le Pen (bienvenue à chaque présidentielle à Oradour sur Glane) a stimulé une extrême gauche qui fait semblant de croire qu’elle conjure l’arrivée fantasmée d’un nouvel Hitler et reconstruit des milices qui n’hésitent pas à tuer. Le dégoût devant les dérives de Mélenchon, n’empêche pas le PS de s’acoquiner électoralement avec lui. La violence extrémiste est au bout de ce « théâtre indigne ».

Seconde leçon : le retour des récessions périodiques, empêchées pendant les Trente Glorieuses par les règles des Accords de Bretton Woods, rythme les changements de majorité, radicalise les extrêmes, décourage les « forces vives de la nation ». La croissance, qui est passée de 5 à 7% à des variations autour de 1%, c’est dire une quasi-stagnation, ne permet plus aux Etats occidentaux de financer leur système social. Les citoyens se coupent de leurs « élites » vues comme décalées de leur vie quotidienne et incapables d’améliorer la situation. « On marche sur la tête » et on se moque « des vraies gens ! », Sans dents, Bonnets rouges, Gilets jaunes ou Gueux.

Troisième leçon : La capture de la politique régalienne nationale par la Commission Européenne, les cours de justices et hautes autorités et une caste administrative de hauts fonctionnaires,« l’Enarchie compassionnelle et bienveillante », a provoqué l’abandon par le chef de l’Etat et ses gouvernements des questions régaliennes (prospérité, santé, natalité, éducation, sécurité, justice, compétitivité, emploi, monnaie, budget raisonnable), au profit d’une ingénierie sociale délétère qui postule que les citoyens sont intrinsèquement mauvais et qu’il faut les corriger par tous moyens y compris la propagande médiatique, la coercitions sociale, la stimulation par la peur et les mensonges, les piloris et une bureaucratie pléthorique chargée d’une surveillance toujours plus étroite des écarts de comportements, de langage et de pensée. Ces méthodes s’avèrent malsaines jusqu’au pestilentiel, provoquant des atteintes sans nom aux droits de propriété, à la liberté de pensée, de paroles et de circuler. Elle s’accompagne d’une envolée délirante des impôts et des taxes, nourrie par les gratuités et l’épidémie de droits acquisitifs. Elle est tellement aggravée par les dépenses contraintes que les prélèvements publics égalent la valeur ajoutée par les entreprises, une situation intenable. Le mensonge public et l’exploitation de la haine sont désormais pratiques courantes, remettant en cause le sens même de la démocratie.

Ces trois tares se conjuguent et se renforcent l’une l’autre.

On voit où est désormais le challenge programmatique pour un éventuel parti de gouvernement souhaitant sortir le pays de son effondrement national, diplomatique, économique et social.

 

La tentation douteuse de l’Ingénierie Sociale

Depuis plusieurs années nous essayons, au Cercle des économistes e-toile, d’identifier les grandes causes de l’effondrement français. Avec le livre « les Malheurs de la Vérité », nous avons examiné le phénomène très particulier des vérités qui ne parviennent pas à entrer dans le débat démocratique, avec des conséquences dramatiques faute d’en avoir tenu compte à temps. Nous avançons un peu plus loin sur le chemin de l’explication de l’état lamentable de la France en analysant cet autre phénomène qui aurait fait sourire à une autre époque : la tentation de « l’ingénierie sociale » qui domine depuis 50 ans, qui s’est accélérée entre 1987-1992 et qui est devenue, par ses résultats et ses moyens, une catastrophe à multiples facettes.

L’ingénierie sociale est une pratique gouvernementale qui prétend purger le mal du cœur des individus, réputés nativement nocifs, pour leur bien et celui du pays. La méchanceté peut être corrigée par l’État bienveillant, au prix d’un volontarisme obsédant, permanent et invasif. Il n’est plus question de péché originel. L’ingénierie sociale se veut efficace, mais comme il s’agit de vertu, on pense inutile de discuter, d’évaluer, de tenir compte des réalités, ou d’estimer si les coûts sont justifiés. Une telle pratique peut choquer ceux qui sont, à l’occasion, désignés à la vindicte publique. Il devient normal d’utiliser les méthodes de manipulation de l’opinion les plus perverses et de les perfectionner. La Justice, en fait, la répression pénale, conforte la pression sociale et la propagande pour faire taire toute opposition. Naturellement, le système médiatique, comme pour les Grands mensonges systémiques, est au cœur du processus. L’important est de stimuler le sentiment du bien qui est présent dans tout homme pour que les individus s’emparent d’eux-mêmes de la mission ou y adhèrent au moment de voter. « Indignez-vous » si ce n’est pas le cas, ordonnera un livre célébré.

L’État qui se lance dans l’ingénierie sociale ne se contente pas de légiférer sur les objectifs mais aussi sur les moyens. Le bien étant d’importance globale, rien n’est jamais ciblé. Les mesures sont collectives et touchent tout le territoire, et doivent même s’intégrer dans une politique universelle, par décalque de ce que font les voisins. Comme l’ingénierie sociale est basée sur le bien, il est impossible de revenir en arrière, de tenter de moduler, de se concentrer sur l’essentiel. Tout se doit d’être massif, extensif et irréversible. L’outrance est toujours de mise. On ne saurait brider une politique basée sur la vertu ! Hystérie fiscale et réglementaire, et coûts disproportionnés, deviennent légitimes comme l’atteinte à la liberté, à l’égalité et la propriété. Le vocabulaire de propagande, hérité du marxisme, méprise les concepts de liberté et d’égalité, jugés « essentialistes » pour se concentrer sur leurs variantes « réelles » qui ne peuvent s’épanouir sans priver quelques vilains de liberté et d’égalité. On ne cherche plus un bien moral de type religieux pour le salut éternel de chacun mais un bien social évident, ancré dans la vie réelle des êtres réels, ici et maintenant, quitte à discréditer, ruiner ou proscrire ceux qui s’y opposent.  Cette pratique est nouvelle en France. Jusqu’au tournant des années 1968-1973, on considérait que l’État devait se concentrer sur des politiques régaliennes fondamentales : assurer la prospérité ; investir dans les biens collectifs critiques (école, logement, emploi, transports, hôpitaux, défense nationale), garantir la sécurité des biens et des personnes, éviter à tous de tomber dans la misère, veiller à la natalité et la santé publique, assurer la part du pays dans les différentes conquêtes scientifiques. Les électeurs avaient confiance dans la capacité de la classe politique d’agir continûment en ce sens. Le niveau de vie Français rattrapait celui des Etats-Unis et le PIB par tête en France était dans les cinq premiers au monde (nous sommes tombés aujourd’hui au-delà de la 30e place).

Et voilà qu’on nous explique que ces sujets, s’ils restent importants, doivent être relativisés, car ils deviennent difficiles voire impossible à maîtriser. La monnaie et les changes, ce sont « les marchés » ou Bruxelles et la BCE. Le chômage ? « On a tout essayé » ! La natalité ? On doit d’abord privilégier la liberté des femmes et l’avortement quelles qu’en soient les conséquences. La croissance ? La rançon pétrolière et les crises récurrentes ne la permettent plus, alors on justifie la décroissance par la vertu écolo. La sécurité : les délinquants sont des victimes et la prison est catastrophique. La santé : elle coûte trop cher et on n’y peut rien. Et il faut éliminer les « mandarins ».

Que reste-t-il comme champ d’action à nos pauvres politiciens nationaux ? Ils ont vite trouvé : s’attaquer, chez nous, aux maux provoqués par les mauvais citoyens, étant bien compris que chaque Français doit se pénétrer de l’idée qu’il est foncièrement mauvais, qu’il l’a longuement prouvé et qu’il doit être repentant et prêt à se corriger, avec l’aide des coups de fouet du gouvernement. Naturellement il y a des mauvais plus mauvais que les autres et des victimes à promouvoir contre ces ignobles. La guerre de tous contre tous est en marche !

Sans chercher à être exhaustif, voici une liste réduite des thèmes d’ingénierie sociale qui ont fécondé la politique en France depuis une cinquantaine d’années, avant même que les thèmes écologiques ne viennent tout aggraver.

-            L’éradication du tabagisme

-            L’éradication de l’alcoolisme

-            L’éradication de l’insécurité routière

-            L’éradication des noyades en piscines

-            L’éradication des ascenseurs traditionnels

-            L’éradication des balcons qui tombent

-            L’éradication des eaux usées non maîtrisées

-            L’émancipation totale des handicapés qui doivent pouvoir avoir quasiment la même vie que les bien portants à tout moment et en tous lieux.

-            L’émancipation totale des femmes qui doivent échapper à la domination des hommes et obtenir une égalité statistique des rémunérations

-            L’éradication de la fraude fiscale

-            L’éradication du secret bancaire

-            L’éradication de la concussion politique

-            L’éradication de la corruption dans les marchés internationaux

-            L’éradication des accidents du travail.

-            L’éradication des mauvaises pratiques chez les sous-traitants internationaux.

-            L’inclusion avec privilège des minorités « opprimées » (homosexuels, immigrés, etc.).

-            La lutte contre la pénibilité en baissant ; pour des catégories, l’âge de départ à la retraite

-            La lutte contre le non-paiement des pensions alimentaires en substituant l’État au parent 1 ou 2 défaillant

-            La multiplication des gratuités, gratuité signifiant « paiement par les autres », pour presque tout et même pour des riens comme les serviettes hygiéniques pour les étudiantes (parmi des dizaines d’exemples du même genre).

-            La correction du langage par l’écriture inclusive, parfois ridiculisée mais jamais interdite aux administrations et autorités publiques

-            L’incorporation des propagandes dans toutes les publicités, les séries télévisées, les films et la majorité des talk-shows, l’édition et la presse (subventionnée).

-            La disparition des bouchons en plastique non asservis à leur bouteille…

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On ne pourra pas accuser nos hommes politiques de ne pas avoir cherché à faire le bien autour d’eux ni d’avoir réussi à obtenir des résultats partiels spectaculaires mais le plus souvent compensés par de nouvelles tares parfois plus graves. Les accidents de la route ont baissé de façon spectaculaire mais on conduit désormais sans permis, on se dope au gaz hilarant et on ne respecte plus la gendarmerie. On fume moins, mais on se drogue plus et les « rave parties » pullulent. Comme s’il y avait une malédiction du mal, hydre à mille têtes qui repousseraient toujours. Aujourd’hui, de contraintes en échecs, de propagande odieuse en injonctions contradictoires, plus personne n’a confiance dans la bonté des politiques que le bon peuple voit « marcher sur la tête » avec consternation. Toutes les autorités sont contestées. Les profs femmes se font cogner par les élèves voire poignarder. Les profs mâles se font égorger. Les maires se font agresser. Les enfants s’entre-tuent à coups de couteau dans les collèges. L’insécurité et la drogue sont partout Le chômage structurel est massif. Le PIB par tête a sombré. L’industrie, l’agriculture, le bâtiment ont été ravagés. La natalité a disparu. L’État n’a plus les moyens de ses intentions. Il n’y a plus de défense nationale sérieuse. Les Parisiens quittent Paris et les Français fortunés ou cherchant une vie d’action quittent la France. Les mères isolées et les femmes seules deviennent un problème social. Les hommes sont troublés par l’accusation de virilisme et victimes des opérations de parité qui les évincent de postes qu’ils méritent. Les SDF sont partout. Plus personne ne respecte la France qui est submergée et subvertie de toute part. Ne parlons pas des universités et des grandes écoles qui sont devenues des petits séminaires ou de vulgaires écoles de propagande pour le politiquement correct violent, avec en prime l’antisémitisme, la détestation de l’Occident et la dénonciation des « dégâts du progrès économique ». En 1988-1992 est apparue la grande querelle écologiste qui faisait de la croissance capitaliste l’instrument de la mort de la terre. Le réchauffement climatique provoqué par l’homme et la destruction de la nature bienfaisante, justifiaient un niveau de propagande jamais vu, même en URSS ou en Corée du Nord, et une interdiction presque totale de toute opposition aux mesures hystériques proposées. Il n’a pas fallu longtemps pour que les conséquences apparaissent. Promue en particulier par l’Union européenne, l’ingénierie écolo moralisante a fini par casser les industries énergétiques, industrielles, agricoles, chimiques et le bâtiment en prime, tout en ruinant les individus et l’État. Naturellement, sans aucun effet sur le climat.

Ces cinquante ans qui ont vu les hommes politiques renoncer à leur véritable rôle pour un simulacre de métier de cureton laïc, ont conduit le pays au désastre. Peut-on comprendre les raisons de cette attitude et ce qui la nourrit encore aujourd’hui malgré les mécomptes ? Ce n’est pas si simple mais quelques pistes existent.

La première piste est la crise mondiale violente de 1973, provoquée par l’abandon à l’instigation des Etats-Unis en 1971, des règles de Bretton-Woods. Ces accords tenaient compte du désastre économique de l’entre-deux guerres et s’attaquaient à une des causes des récessions périodiques : les effets désastreux des grands déséquilibres commerciaux et financiers et des actions douanières ou monétaires non concertées. Nous eûmes les « Trente Glorieuses, et une longue période sans récession. La preuve de la nocivité de cet abandon sera immédiate avec la terrible récession mondiale de 1972-1973 et il sera prouvé dès 1974, de façon implacable, qu’en système de changes flottants, les plans usuels de relance dits keynésiens ne marchaient plus. En prime, la crise de 1973 a entraîné la cartellisation du prix du pétrole, et donc l’obligation pour les autres de payer une rançon. Les taux de croissance s’effondrent partout. Cinq crises mondiales vont s’enchaîner sans que les gouvernements, notamment français, ne cherchent ni à les expliquer ni à les empêcher. La perte de confiance dans les dirigeants en sera la conséquence. Comme l’a dit si bien la reine Élisabeth II d’Angleterre, « à quoi servent les économistes s’ils ne parviennent pas à prévenir les crises ? ». Et à quoi servent l’Etat et les hommes politiques ?

La seconde raison, plus particulière à la France, est la prise du pouvoir politique par les hauts fonctionnaires. S’installe progressivement et subrepticement un nouveau régime politique mal compris et mal analysé : l’Enarchie compassionnelle et bienveillante. La technocratie voulue dès 1931 par le mouvement X Mines et reprise comme épistocratie après la défaite effroyablement rapide de 1940 par les Inspecteurs des Finances, va prendre une forme nouvelle, mélange de bien-pensance active, de certitude caduque que l’État sait désormais tout maîtriser et de croyance que, loin du peuple, dangereux et futile, les solutions existent à condition de manipuler l’opinion dans le bon sens par une parole « performative ». S’ajoute l’idée que la France est radicale et capable de tout, donc qu’il faut tenir compte de cette fragilité mentale en ménageant toutes les soupapes nécessaires. « La crise mais aussi la révolution sont au coin de la rue », édicte-t-on au milieu des années soixante-dix, dans la haute administration ! Il faut éviter qu’une émeute toujours possible ne tourne à la révolution. La paix sociale, c’est-à-dire l’acceptation servile de tous les oukases des syndicats des secteurs publics, devient le leitmotiv de cette nouvelle classe dirigeante prudente et compatissante. La conjonction de l’impuissance face aux crises mondiales et d’une domination inédite des hauts fonctionnaires sur la vie politique, est clairement à la source de la création d’une « énarchie compassionnelle » qui déserte les grandes questions régaliennes pour se concentrer, par facilité, sur la bienveillance factice et le sociétalisme constructiviste. Il ne s’agira plus que de « réguler la société » et d’accorder des « cadeaux au peuple », au prix de la disparition de la croissance, de la souveraineté, des enfants et des équilibres budgétaires et commerciaux. La distribution de prébendes et la création de marchés administratifs de connivence deviennent une pratique régulière et porte sur des sommes colossales. Que l’on pense aux milliers de milliards de Dollars ou d’euros dépensés en Occident pour les énergies imprévisibles et non maîtrisables, comme les éoliennes et les plaques photovoltaïques. Avec M. Macron, on aboutit au sommet du genre avec en prime la guignolisation de la présidence de la République, la paralysie des institutions parlementaires et le triomphe de la communication égocentrique et vide de sens.

Les partis du centre, du centre gauche et de droite deviennent des ligues de vertu insensibles au ridicule, où les meilleurs prêcheurs auto déclarés se voient tous candidats à la Présidentielle. Aux extrêmes, les partis deviennent des contempteurs du régime. D’un côté l’ignominie suprême d’un Mélenchon s’affirme. On passe de « touche pas à mon pote » à « touche pas à mon Polpot », avec reprise de tous les thèmes d’Action directe, jusqu’à la justification d’un assassinat politique, l’antisémitisme débridé pour capter le vote musulman et la nazification de toute pensée contraire. L’extrême-droite, positionnée comme la seule instance abjecte et diabolisée, profite du désastre ambiant. Le RN tente de se faire passer pour l’ancien RPR mais a du mal à échapper à une forme étrange de national-socialisme. Avoir capté le vote ouvrier, abandonné au profit du sociétalisme par les partis socialiste et communiste, oblige à forcer sur l’aspect socialiste de son message…

Le climat politique et médiatique tourne au pestilentiel, LFI et le RN dépassant à eux deux 50 % de l’électorat.

La réalité économique devient régressive. La réalité démographique devient dramatique. La sécurité intérieure et extérieure devient virtuelle et n’est plus assurée. La situation fiscale devient oppressive. L’endettement public et privé devient incontrôlable. La liberté de penser et celle d’expression sont encadrées et parfois verrouillée. La possibilité d’agir est bridée. La formation d’élites bien formées est compromise. Les villes sont saccagées par des pseudo-écologistes hystérisés. La santé mentale de la population est abîmée par les communications basées sur la peur, la remise en cause du genre, la destruction de la langue, l’inefficacité nouvelle du système de santé, l’insécurité, la hantise d’un lendemain difficile, et une culpabilité toujours plus affirmée. La France se tiers-mondise avec un revenu moyen qui décroche. Les maladies mentales gagnent la jeunesse. Les tentatives de réduction de l’étouffement bureaucratique échouent toujours malgré une succession de plans au nom ronflant. Pourquoi ? Si la politique est fondée sur la recherche apparente de la vertu, il est impossible de réduire l’appareil qui impose cette vertu. Eliminer la bureaucratie reviendrait à détruire ce qu’a construit l’ingénierie sociale menée par des Hauts fonctionnaires pour le bien supérieur. Intolérable ! D’autant plus que c’est à eux que reviendrait la tâche exaltante de scier la branche sur laquelle ils se sont confortablement installés.

C’est pour cela qu’un Président d’apparence comme Emmanuel Macron peut annoncer qu’il va réduire de 120 000 les effectifs de fonctionnaires pour en recruter finalement 180 000 de plus. Pour un Énarque, multiplier des ouailles administratives n’est jamais un problème. Croyez-vous vraiment que vous allez rétablir le seul impôt juste : la taxe d’habitation ou revenir sur tous les « cadeaux » qui se sont accumulés. Essayez donc !

Quand les partis de gouvernement deviennent des ligues de vertu, la paralysie dans la réforme devient structurelle. Et la montée des extrémismes inévitable. Une nation déboussolée par une immigration massive qui néanmoins ne l’empêche pas de plonger de façon suicidaire dans la baisse démographique incontrôlable, ayant perdu sa souveraineté au profit de structures internationales non élues, démoralisée par une information biaisée qui dévalorise son histoire et une partie de sa population, affaiblie par un effondrement relatif mais constant du PIB par tête, une extension extrême de la fiscalité et le gonflement de ses dettes, a cru, de facto, qu’elle s’en sortirait en confiant à une technocratie administrative se flattant de promouvoir le bien contre les méchants, le soin de la corriger de ses graves péchés. Elle a eu tort. Et ce n’est pas fini.

Le Figaro publie cette information : « Pour réguler le pays, les députés n’ont pas peur de la prohibition. À chacun selon sa sensibilité. « Les écologistes et La France insoumise recourent majoritairement à des justifications sanitaires qui constituent le principal registre de légitimation de leurs propositions d’interdiction. Le Rassemblement national, pour sa part, mobilise plus fréquemment des justifications liées aux libertés publiques et aux mœurs, souvent sur des sujets à forte portée symbolique. Les socialistes apparaissent en tête des initiatives fondées sur la restriction des libertés numériques. » Les citoyens seraient-ils de grands enfants qu’il faudrait protéger, malgré eux, contre leurs mauvais penchants ? C’est ce dont semblent persuadés les parlementaires, qui ont multiplié l’année dernière les propositions de nouvelles prohibitions. Elles étaient même au nombre de 287. selon les calculs de Sacha Benhamou, pour le centre de réflexion libéral Génération libre ».

287 : seulement 287 ? Pourquoi pas mille ? pourquoi pas 10 000. On dit stop ou encore ? Et là, il ne s’agit plus de hauts fonctionnaires. Tout le monde s’y met. Le lundi 2 mars 2026 le Temps, journal économique suisse, publie une tribune signée d’un avocat professeur à l’université de Lausanne à propos d’une fantaisie bureaucratique nouvelle dans ce pays : « le registre des actionnaires » imposé par une loi sur la transparence des personnes morales (LTPM). Il s’agit d’un texte importé et que des instances internationales non élues ont poussé, mues par un activisme pour la « summa jus », l’empire mondial du droit. En l’occurrence il s’agit du GAFI (groupe d’action financière) créé en 1990 pour lutter contre le blanchiment d’argent sale et dont le siège est à Paris auprès de l’OCDE. Le « toujours plus » est une règle pour ces organismes non élus. L’État y paie grassement de nombreux prébendiers qui y travaillent parcimonieusement mais qui ne cessent de demander des contrôles de plus en plus serrés. « Il évalue régulièrement les réglementations nationales de ses États membres quant à leur conformité avec ses 40 recommandations. Ces évaluations de pays sont réalisées par des représentants d’autres États membres du GAFI ». L’Union Européenne a été la première à créer sur les recommandations de ce GAFI, le fameux registre d’actionnaires, provoquant une frénésie de paperasse, de blocages administratifs et de coûts. Il s’agit maintenant de l’imposer en Suisse qui négocie avec l’Union Européenne. Que dénonce cet avocat ? D’abord qu’il n’y a aucune justification de l’opportunité ni de l’urgence du texte. Aucun événement ou série d’évènements concrets ne sont cités pour en prouver la nécessité. Existent par ailleurs d’autres dispositifs ayant exactement la même finalité et qui font leur office. Il aurait pu citer l’adage anglais ; « when it is not broken, don’t fix it ». Ne régler que les problèmes qui se posent. L’ingénierie sociale ignore ce genre de conseil et ne pense qu’à se perfectionner, en chambre. Indéfiniment. Par principe. L’absence de tout ciblage impose « des obligations étendues et coûteuses à des personnes morales de droit suisse dont la très grande majorité ne présente aucun risque d’être utilisée à des fins criminelles ». L’ingénierie sociale frappe toujours le plus large possible et multiplie les coûts, directs et indirects qui ne sont naturellement jamais évalués.Les sanctions prévues sont évidemment terrifiantes au cas où l’information ne serait pas communiquée à temps. Les comportements déviants doivent être radicalement sanctionnés. Le bien n’attend pas.L’affaire est compliquée par l’usage de notions importées qui ne sont pas similaires avec les notions juridiques connues jusque-là localement pour couvrir les mêmes situations. La confusion finit par faire dire à la loi « tout et son contraire ». « Pour que l’exercice soit utile il aurait été préférable de restreindre le champ de l’application de la loi pour cibler un champ d’entreprises plus limité et en utilisant des critères précis ». « Une réglementation trop vaste ne sert à rien contre des vrais criminels habitués à trouver des prête-noms pour la contourner ».

On retrouve les caractéristiques majeures de toute ingénierie sociale : jargon ; justifications modestes ; mesures débordantes ; inefficacité et coûts ; refus de revenir en arrière. Des instances internationales non élues et grassement payées édictent des textes contraignants, trop vastes, trop complexes ou trop coûteux, basés sur des faits ou inexistants ou parfois exagérés jusqu’à la fausseté, et refusent toutes études préalables et toutes corrections ultérieures. Les textes doivent être insérés par les gouvernements dans leur législation locale sans discussion, l’absence de résultats de dépenses imposées exagérément coûteuses étant jugées normales puisque tout le monde le fait.  

Les dérives inexcusables de l'Union Européenne

Un exemple de dérive wokiste de la part de l’Union Européenne : l’égalité salariale entre homme et femme par la publication obligatoire du salaire de chaque employé.

Depuis Maastricht, la Commission et le Parlement européen peuvent se saisir de tous les sujets. Ceux qui ont cru à tous les engagements sur la subsidiarité en sont pour leurs frais. Les instances européennes sont là au service des lobbies loin des peuples et des discussions démocratiques. Ils fabriquent de la norme à tout va, en chambre, sans aucune contrainte, le plus souvent sous la pression d’ONG, de groupes internationaux, d’associations plus ou moins douteuses, de militants infiltrés un peu partout. Avait-on besoin de l’Union européenne pour fixer les règles de rémunération dans l’entreprise ? Évidemment non !

Le contrat de travail est un contrat privé entre un employeur et un salarié. Il doit respecter différentes règles de forme et de fond. Ces dernières peuvent être vérifiées par le salarié avec l’aide des syndicats. Comme la quasi-totalité des contrats privés, son contenu n’a pas à être dévoilé en public. Le secret des honoraires et des rémunérations est naturellement de droit, comme le secret des correspondances privées. Le secret ne peut être levé que par la justice.

Et voilà qu’en 2023 la Commission promulgue, sans que personne n’en discute en France et ne soit même mis au courant par la presse, comme d’habitude, une ordonnance exigeant la publication des salaires nominatifs dans l’entreprise : le but : imposer « une égalité réelle » entre hommes, femmes et autres (c’est le texte !) dans la rémunération.

Pire encore il ne s’agit pas d’une égalité de traitement pour un travail identique, mais d’une égalité statistique collective entre groupes genrés. Définition édictée de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes : « la différence entre les niveaux de rémunération moyens des travailleurs féminins d’un employeur, exprimée en pourcentage du niveau de rémunération moyen des travailleurs masculins ».

Toute la directive semble avoir été écrite par une ONG féministe avec les concepts les plus tordus et les plus militants. L’égalité homme femme sera assurée si seulement si le salaire moyen calculé sur toutes les femmes est égal au salaire moyen de tous les hommes ! Les femmes sont des hommes comme les autres et seuls des stéréotypes de genre peuvent justifier le contraire.

 

La dictature idéologique qui recherche une égalité de fait sans tenir des réalités individuelles et en imposant des mesures infamantes ou contraires au respect du domaine privé, est la tentation de tous les mouvements Woke décidés à imposer des égalités « réelles » et non pas de droit. Dans certains cas on interdit des informations comme les notes dans l’enseignement ou le calcul du QI jugé discriminatoire. Dans d’autre cas on force un reporting qui fait fi de toutes les protections de la vie privée.

On aurait pu dans le même esprit considérer que la collectivité des Musulmans doit présenter des rémunérations moyennes égales à celles Chrétiens ou des Bouddhistes, ou que la collectivité des métis doit être rémunérée en moyenne comme la collectivité des noirs, ou que la collectivité des plus de 2 m doit  avoir une rémunération égale à celle de la collectivité des nains, etc. L’ambition ultime : que les femmes naines étrangères aux yeux noirs ne parlant pas la langue du pays doivent avoir la même rémunération moyenne que les hommes bruns de plus de 1m58, vivant là depuis trois générations. Ou n’importe quelle variante. C’est totalement débile, oppressif et attentatoire aux libertés fondamentales. Les individus ne sont plus vus à travers leurs qualités et défauts, leur contribution, et leurs talents mais en fonction de leur race de leur genre ou de leur religion. La « reductio ad identitam generis » de tous les éléments de la vie sociale est grotesque et contraire à l’esprit républicain.

Imaginons, qu’en Ukraine, la Commission n’accorde de subventions que s’il y a une stricte égalité dans le nombre de morts masculins et féminins !

Qu’on se place dans une perspective macroéconomique et historique ou à l’échelle microéconomique, les circonstances font apparaître des divergences justifiées.

Après les massacres et mutilations d’hommes qui ont eu lieu pendant la guerre de 14-18, le nombre d’hommes de 20 à 65 ans disponibles sur le marché du travail a diminué de près de 5 millions, sur une population active de 15 millions. L’homme s’est fait rare et ce qui est rare est plus cher que ce qui est abondant. C’est pour cela que tous les nouveaux secteurs de la finance, de l’assurance et de la distribution ont été d’abord des sociétés basées sur des emplois féminins. Après la guerre de quarante les femmes ont quitté en force les campagnes et les paysans hommes se sont retrouvés dans l’incapacité de trouver une épouse. Ces phénomènes historiques ont touché des millions de gens et ont porté leurs conséquences sur plusieurs générations.

Le rapatriement des Français d’Algérie a été aussi une secousse pour le marché de l’emploi.

L’immigration africaine et maghrébine actuelle est le fait d’hommes jeunes de façon très majoritaire. La parité n’y a pas sa place.

 

Ces grandes mutations conditionnent évidemment les salaires relatifs dans une entreprise.

A l’échelon microéconomique, quiconque a créé et dirigé une entreprise sait que chaque salaire est taillé sur mesure et tient aux circonstances, à l’état de la conjoncture, à la nature des postes et la manière dont ils sont occupés.

Un recrutement dans une période de basse conjoncture va entraîner un salaire relativement plus bas pendant des années. Le même, dans une période faste où le travail est là et lo es candidats sont rares, verra des rémunérations d’embauche nettement supérieures à celles de salariés en place depuis plusieurs années. Est-ce injuste ? Oui et non. Le salarié qui a gardé son emploi pendant une phase de chômage de masse était bien content. Il sait qu’à moyen terme les choses se rééquilibrent en fonction des résultats effectifs.

Chez un vendeur de photocopieurs les commerciaux sont souvent d’accortes jeunes femmes et les techniciens des hommes interchangeables, avec des différences statistiques de salaire de 1 à 10++ entre hommes et femmes, en faveur des commerciaux !

La vérification des radios médicales « au noir » était réalisée naguère par des ateliers exclusivement de femmes. La présence même d’un homme était bannie. Les salaires étaient excellents.

Les mœurs jouent aussi leur rôle. Pendant longtemps les jeunes femmes travaillaient après le « certif » en attendant de se marier. Il ne fallait pas devenir catherinette ! Elle formait des cohortes de salariées efficaces mais sans perspectives de carrière. Les « secondes » étaient souvent des femmes célibataires faute d’hommes à marier du fait de la guerre.

L’évolution des métiers joue aussi son rôle. Il n’y avait pas de femmes dans les salles d’ordinateurs à l’époque où on y travaillait de nuit et où il fallait du physique pour se coltiner les bacs à cartes perforées, changer les bandes magnétiques etc. Le pupitreur gagnait magnifiquement sa vie et s’affichait souvent à 25 ans avec des Alpine ou autres attributs populaires du succès. Même pour un programmeur, le travail n’a jamais été le même pour un homme et une femme. Quand il s’agissait de rester la nuit pour trouver d’urgence le bug qui gênait gravement un client, ce sont toujours des hommes qui restaient. De même pour le support d’urgence à l’étranger. Alors le salaire n’était pas le même.

Les différences étaient le plus souvent connues et acceptées car chacun pouvait juger sa propre relation au travail par rapport aux autres. À chacun de savoir s’il voulait rester ou non aux conditions du moment. Mais un salarié aurait été mortifié que s’affiche officiellement une différence certes fondée et acceptée mais malgré tout difficile à avaler face à la collectivité.

Publier les salaires, cela veut dire que chaque nouveau recrutement se négocie avec l’ensemble du personnel dont chaque membre se repose aussitôt la question de son salaire.

Les nouveaux textes créent un travail bureaucratique écrasant, créent des défis de psychologie sociale et obligent les dirigeants à se concentrer sur des questions qui ne concernent pas l’avenir de l’entreprise mais la satisfaction de lobbies idéologiques irresponsables.

Les cabinets de conseil en relation humaine ont vite senti la bonne affaire. Du business captif et bien rémunéré. On voit même des politiques ayant participé à l’élaboration de la loi à Bruxelles entrer dans le conseil d’administration ou l’encadrement de sociétés de services ad hoc qui vont conseiller les grandes entreprises à prix d’or. Tout cela sent la connivence sinon la corruption à plein nez.

Cette Europe des lobbies, du politiquement correct et des marchés de connivence est une catastrophe qui stimule le rejet de l’Union Européenne par une partie croissante de la population. On pourrait tenter de l’éviter au lieu de se vautrer dans l’hystérie wokiste avec Mme Van der Leyen dans le silence général des partis français dits « de gouvernement ».

Actualité de la Parabole de l'Esquimau

Il est toujours intéressant de faire un « retour vers le futur » surtout lorsqu'on tombe sur un livre écrit il y a près de 15 ans. 

 

L'idée était déjà, dans le cadre du Cercle des économistes e-toile, de faire œuvre de pédagogie sur des questions jamais traitées dans les médias. Inutile de dire que toutes les dénonciations de l'époque sont encore valables aujourd'hui. Changer une martingale perdante, lorsqu'elle est portée par des forces dominantes qui se croient propriétaires d'une vérité qui conforte leurs intérêts, est impossible en France. 

 

Dans le cas d'espèce, la Parabole de l'Esquimau porte sur l'inscription au cœur même des structures statistiques de la préférence pour la dépense publique et de l'impôt, dont on voit avec le budget récent, qu'elle est toujours dominante, deux présidents plus tard. 

 

Que dit la parabole ? 

 

Un esquimau pêche dans un trou sur la banquise et prend un poisson. Le PIB égale 1 poisson.

L’esquimau à côté de lui a un fusil, le braque et dit au pêcheur : je te protège des ours blancs, je suis l’Etat. Et il prend le poisson. Le PIB correspondant au travail dela fonction publique est compté à son coût, soit un poisson.  Au total le PIB est de deux poissons et le taux de prélèvement de 50%. Quand l’Etat prend tout, le taux de prélèvement est à 50%. Epatant, non ? La France frôle les 50% depuis près de40 ans ! Là on est vraiment tout près.

C’est pourquoi nous pensons qu’il faut toujours comparer les dépenses publiques à la valeur ajoutée des entreprises. L’INSEE ne publie plus la valeur ajoutée globale depuis…2020 ! La dernière estimation privée donnait pour 2024 1.600 milliards pour les dépenses publiques comme pour la valeur ajoutée des entreprises. L’Etat français dépense la contrevaleur de la valeur ajoutée par les entreprises françaises ! Et ce sera le cas en 2026, comme on vérifiera que cela le fut en 2025.

La parabole de l’esquimau devrait figurer en exergue des documents budgétaires fournis aux Parlementaires et sur les bulletins de vote !

Elle rappelle qu’une statistique n’a de sens que si on connait son mode de construction.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

 

NB : Ne pas confondre la « parabole de l’esquimau » avec le « cycle de l’esquimau ». Il s’agit de la glace sur bâtonnet vendue naguère dans les cinémas et dont les producteurs essayaient de sauver la marge bénéficiaire en pleine inflation quand les prix étaient bloqués. Il produisait au bout d’un moment un modèle nouveau un peu plus gros non soumis au blocage des prix et ne vendaient plus l’autre. Quand, au bout d’un cycle, l’esquimau dépassait la taille d’une bouche enfantine, on revenait au petit modèle, qui, ayant longtemps disparu, ne subissait plus le blocage des prix… L’esquimau a disparu avec les ouvreuses, remisant à jamais cet instrument facile de contrôle du niveau de l’inflation.  



Conseils à un jeune économiste voulant devenir « prix Nobel » d’économie.

Depuis que le métier d’économiste existe, il est passé par bien des mutations. Il faut reconnaître que, depuis quelque temps, le succès d’un économiste ambitieux ne dépend plus de la pertinence de ses observations, de sa compréhension des évolutions majeures, de la rigueur de ses prévisions, ni de l’opportunité de ses suggestions. Il s’agit d’abord pour lui de bien s’insérer au sein des pouvoirs qui mènent le monde, les servir sans restriction, et de ne pas surtout pas créer d’inquiétudes ou de remise en cause. Il lui faut à la fois se couler dans le politiquement correct, et servir les puissants. Faute de quoi il n’a aucune chance de faire la moindre carrière, d’obtenir le moindre poste, ou d’ambitionner le moindre honneur.

Élisabeth II a été cruelle avec les économistes « reconnus » en 2008. À quoi servent-ils, s’ils ne savent pas nous avertir des grandes récessions et nous aider à les prévenir ? Les subprimes : aucun danger nous disait un économiste polytechnicien qui sévit encore 18 ans plus tard. Les grands déséquilibres mondiaux ? Aucun problème, nous disaient les autres. L’Euro ? Il nous protège chantaient les plus ambitieux. L’impôt déraisonnable et la dépense publique excessive ? Formidables ! La Bérézina démographique ? Chut !!!!!!!!!!!

En cinquante ans, les taux de croissance partout se sont effondrés. Nous hurlons de bonheur quand on parvient à 0.9 %. Nous adulons un jeune économiste marxiste-léniniste qui parle de frapper les ultra-riches, nouveaux koulaks à éliminer sans faiblesse. Nous chérissons des économistes atterrants qui évoquent la décroissance heureuse, la dépense publique sans limite, les gratuités généralisées.

Dire la vérité quand elle porte sur une question critique devient un grave péché et un danger.

Alors, pour un jeune économiste, il faut bien réfléchir avant de parler. Et respecter quelques règles impérieuses :

-            D’abord finir ses études supérieures en Amérique du Nord, Etats-Unis ou Canada. Vous ne serez plus un vague franchouillard attardé dans son jardin pourri. On y adore donner des prix et des récompenses pour les plus conformes.

-            S’associer à une équipe électorale présidentielle, en choisissant un candidat jeune et à potentiel. En 2017 il fallait viser M. Macron. Et ensuite, ne pas cesser de lui lécher les bottes avec insistance.

-            Révérer le premier ministre en toutes circonstances même quand il propose les pires fariboles. Par exemple, expliquer aujourd’hui que M. Lecornu est un formidable responsable car il a fait voter un budget, même si ce budget irresponsable.

-            Révérer l’Europe qui est nécessairement le bien incarné, qui ne peut mal faire et qui est la matrice de toutes les solutions. Chanter aujourd’hui votre admiration pour le rapport Draghi.

-            Éviter tous les sujets qui fâchent et font polémiques qui peuvent vous valoir des foudres médiatiques. Déséquilibres des échanges internationaux, démographie et natalité, sur dépenses publiques, débordements du système social, méfaits d’un libre-échangisme sur l’agriculture, méfaits de l’écologie sur l’énergie, l’industrie, le bâtiment ? Détournez votre regard.

-            Être toujours positif. La modernité doit être heureuse et pleine de perspectives. La France est formidable et dispose de ressources « incroyables ». Choisissez dès le début un sujet de thèses sur Schumpeter et la destruction créative, et gloser sur l’IA et son formidable potentiel pourvu qu’on vous écoute. Vous devenez l’Oracle de l’avenir heureux. Succès garanti.

-            Manifester sa fibre sociale : la flexisécurité voilà la solution et surtout ne pas mépriser le terrain ni « les gens ».

Il faut un peu de subtilité pour éviter de passer pour un pur fayot opportuniste.

-            Se présenter comme une victime des réseaux sociaux et affirmer qu’on ne cédera pas. Toute personne publique étant prise à partie par les réseaux sociaux, c’est une défense facile.

-            Montrer qu’on n’est pas d’accord sur tout. Bien qu’on ait fait, par exemple, parti de l’équipe Macron de 2017, contester la suppression de la taxe d’habitation. C’est une erreur dramatique qui fait consensus et près de dix ans plus tard peut-être dénoncée sans risque.

-            Faire rire en évoquant les « déclinistes », par exemple en ridiculisant M. Baverez. Un type sinistre et n’offrant aucune perspective. Tout en disant qu’il n’y a pas de doute que la situation est difficile voire inacceptable. Sans entrer dans le détail.

-            Reconnaître qu’il y aura peut-être une récession bientôt, mais plutôt que de jouer les augures de malheur, insister sur les mesures d’investissement positives à prendre immédiatement. Si la crise arrive, il sera temps de dire qu’on l’avait bien dit mais qu’on a tout fait pour l’empêcher.

-            Reconnaître que la Commission n’est pas nécessairement le vecteur de l’action européenne qu’il faudrait. Que quelques états majeurs s’unissent, y compris avec le Canada et le Royaume Uni, pour financer le levier fantastique de l’IA et reprendre place dans le carré des leaders technologiques !

Si vous ne craignez pas de gesticuler avec autorité tous les espoirs sont permis :

               Prix Nobel

               Postes au Collège de France et ailleurs

               Conférences bien rémunérées

               Honneurs divers

               Passages Télé à répétition

               « Ménages » bien payés auprès des banques privées qui ont repris leurs invitations, 18 ans après la récession de 2008.

               Études rémunérées

               Et l’inévitable participation au WEF de Davos

Comme disait Edgar Faure, il n’est pas interdit d’être intelligent.

Même si Élisabeth II doit se retourner dans sa tombe.

N.B. : Évidemment pour ceux qui ont connu le premier prix Nobel français, Maurice Allais qui, lui, pensait qu’il fallait surtout prévenir des risques majeurs et notamment des grandes récessions, cette évolution est lamentable voire honteuse. Qu’importe ! Ils vont bientôt avoir le droit au suicide assisté remboursé par la Sécurité Sociale.

L'or au dessus de 5000 dollars l'once

 
L'or a donc dépassé les 5000 dollars l'once en ce début d'année 2026. Il valait 35 dollars l'once en juillet 1971. La valeur des monnaies administratives a donc été divisée par 140 en 55 ans, car toutes ont suivi le plongeon du dollar. On peut monter un indice de valeur de référence quelconque, on aboutira toujours au même effondrement. La monnaie officielle n'est plus fondante, elle s'autodétruit à toute vitesse. Rappelons que l'on moquait le XIXe parce que la croissance en valeur or était de 1%. Pour obtenir ce résultat il faudrait que tous les indices en valeur aient été multipliés par 140 depuis 1971 ! Cherchez bien ! 
 
Le merveilleux système des changes flottants régulés par les marchés et les banques centrales est une sinistre foutaise. Il semble que Mme Lagarde, qui fait semblant de s'y connaître en économie, est en route pour la présidence du WEF à Davos. Elle pourra y continuer à  soigner facilement son bronzage à l'île Maurice. Une petite classe s'enrichit sur les flux financiers qui ne régulent rien du tout ou en accédant à des postes internationaux flatteurs financièrement et totalemenet hors sol. Comme par hazard, ils sont tous pour la continuation du système.
 
Quand, dans un Etat, on ajoute une prédation fiscale extravagantes et une envolée des dépenses contraintes sans limites, à une monnaie fuligineuse, le cumul des trois actions est terrifant. Le manque de confiance dans l'avenircréé par ce matraquage et la régression de la croissance  justifie l'abandon des naissances par la population qui aggrave tout. La France est l'exemple même des conséquences. Les forces politiques qui font chauffer les révoltes rassemblent plus de 50% des voix dans l'électorat. Les médias refusent de discuter des causes, car les propriétaires des journaux  et les hauts fonctionnaires, tous accrochés à l'argent public, se gavent en se moquant absolument des conséquences. 
 
On voit que la surchauffe actuelle, du même type de celle de 2006 -2007, s'accompagne de craquements. Il suffit de les écouter du côté du Japon. Tout semble indiquer qu'on va déboucher sur la sixième grande récession mondiale depuisi 1971 vers 2027.  La France n'a aucun moyen d'y faire face, l'invraisemblable  Emmanuel Macron ayant délihérément "cramer la caisse" en diverses occasions et pour seul dessein : son avenir personnel. La prochaine crise mondiale pourrait déboucher sur une surcrise française, comme la crise de 2008 a provoqué une surcrise deux ans plus tard dans l'Union Européenne avec les conséquences que l'on sait pour la Grèce. 
 
Aucun parti n'a compris, en France, ce qui est en train de se passer. Aucun n'a formulé de diagnostic et proposé de solutions. On s'extasie sur les lunettes de soleil portées par un Président de la République encore plus dévalué que les monnaies administratives et qui plastronne tant qu'il le peut encore, mais "ici on ne pense pas, monsieur" comme l'aurait chanté Brel. 
 
Le slogan sur les frontons devrait être : Observer Compendre Agir. Qui, dans la France officielle, observe avec acuité, comprend les mécanismes délétères et propose des plans d'action correctifs ?  On n'en est pas au stade de la "connaissance inutile" mais à celui de la "glorification de l'ignorance". Au point de vue économique et monétaire, toute la classe politique est au niveau d'un Delogu. 
 
Le principe qui régulait les échanges internationnaux, était jusqu'en 1971, que les pays étaient responsables de l'équilibre de leurs échanges, sans grands déficits durables ni grands excédents permanents. La Chine a accumulé plus de 1 000 milliards de dollars d'excédents en 2026. On voit que même Nestlé va se fournir en Chine pour ses laits en poudre pour bébés. Avec les conséquences que l'on constate.  La Chine envahit l'Europe passoire en violant tous les principes de l'OMC et en accumulant des excédents démentiels. L'Allemagne a un excédent commercial sur tous les autres pays de la zone Euro qui dépasse 8% de son PIB ! Si la France voulait jouer sur les droits de douane, il faudrait les augmenter de plus de 100% avec l'Allemagne et la Hollande par où passent tous les produits importés. 
 
Essayer de parler de ces choses là avec les dirigeants des partis politiques français ! "Qui c'est ce métèque ? Sortez moi çà d'ici". A droite, au centre ou à gauche, tous pensent que les marchés fourniront de quoi financer leur gabegie. encore un peu. Tous les économistes promus ne pensent qu'à des taxes ou à éviter les questions clefs, évidemment clivantes. Ils font le guignol pour continuer à être invités dans les médias, honorés par les jurys et promus à de bonnes places. Mais ils ne disent rien sur les causes des  difficultés et sur les corrections de trajectoire à apporter d'urgence. 
 
Il faut dire qu'expliquer pourquoi la france a perdu en cinquante ans mille milliards d'euros de PIB annuel ne peut pas vous valoir de fortes amitiés ni dans le système médiatique qui a occulté bien des débats indispensables, ni dans le monde politique qui a prouvé ses carences de longue durée en matière de croissance. 
 
On ira : la France n'est pas seule en cause.C'est vrai ! Mais où est la diplomatie de la prospérité permettant de faire évoluer les choses ? Pire : la France a laissé l'Union Européenne ruiner ses seceurs énergétiques, industriels, agricoles, et jusqu'au bâtiment, dont on sait que quand il ne va pas, rien ne va. 
 
La fuite devant les réformes internes indispensables s'ajoute à cette carence diplomatique dont Emmanuel macron est le premier responsable. 
 
Ces carences sont tout de même difficiles à admettre.
 
Didier Dufau 
 
 
 
 
 

Le système monétaire international, clé du multilatéralisme heureux

On commente aujourd’hui avec beaucoup de retard l’effondrement du multilatéralisme, le retour des relations de puissance au détriment du droit international, et  l’effacement d’une Europe qui a organisé l’impuissance des Etats, seuls détenteurs de la souveraineté, au nom  d’un «  soft power » surtout soucieux de faire de la place aux minorités agissantes, et à l’immigration étrangère, en particulier musulmane, qui cherche de moins en moins à s’assimiler et de plus en plus à affirmer son pouvoir sur une société émiettée et inertes.

L’effondrement a commencé en 1971 avec la rupture des Accords de Bretton Woods qui imposaient aux Etats deux contraintes essentielles :

-            Pas de mondialisation commerciale heureuse si les Etats peuvent accumuler d’immenses déficits et excédents commerciaux

-            Obligation de souscrire aux observations de certaines institutions internationales comme le FMI, fonds monétaire international.

Ce système a permis les 30 Glorieuses en évitant les grandes récessions.

De même, les Etats européens, tirant la leçon de guerres terrifiantes et auto destructrices à répétition, ont accepté le principe d’ouverture totale des mouvements de personnes, de biens et de capitaux, au sein d’une zone régulée dont le principe était la résolution des confits par la négociation et non les mesures de rétorsion unilatérales.

En même temps, la décolonisation permettait de créer un cadre de coopération, préférable à la situation de contrainte antérieure.

Le multilatéralisme et la coopération ont bien été la base de progrès extraordinaires en Occident et pour les nations qui ont choisi le modèle occidental.

Le système était perturbé par trois plaques chaudes : l’expansionnisme communiste et le révolutionnarisme international, la volonté de créer un état juif au sein du monde arabe, la tentation hégémonique américaine.

En imposant le dollar comme proxy d’une unité de compte internationale, le ver était dans le fruit des accords de Bretton Woods.

La décision américaine de faire sauter les accords de Bretton Woods aurait dû conduire à une version corrigée de l’organisation monétaire internationale. Il fallait éliminer le dollar comme proxy de l’or et créer une valeur de référence totalement indépendante d’une monnaie nationale. Les échanges devant être équilibrés le plus possible, le besoin d’apurement des soldes pouvait être satisfait assez facilement.

En choisissant la voie des changes flottants par construction favorable aux relations de force et en renonçant à l’exigence de non accumulation d’excédents et de déficits, on détruisait radicalement le fondement même du multilatéralisme au profit du chacun pour soi. On est au cœur du réacteur qui a finit par conduire au chaos actuel.

On découvre 50 ans plus tard que le multilatéralisme n’existe plus, mais tout était écrit dès les décisions de l’été 1971.

Les secousses monétaires ont entraîné des récessions périodiques de plus en plus graves, poussé les pays pétroliers à rançonner l’Occident, aux Islamistes de trouver des financements colossaux. Les récessions ont cassé durablement les essais de « welfare state ».

L’Europe a commis cinq  erreurs colossales supplémentaires :

-            Le saccage de la démographie

-            L’entrée de la Chine dans l’OMC

-            L’introduction d’un sociétalisme cassant toutes les références sociales et morales antérieures au profit d’un société dépareillée sans assises nationales et familiales.

-            La destruction des Etats nationaux dans le cadre du traité de Maastricht, par la perte de l’indépendance des nations, le transfert de la création de la loi, l’hyper pouvoir des cours juridiques, et l’étouffements des pouvoirs régaliens.

-            La création d’un ensemble de pays sans limite connue et sans frontière dont l’ambition ne pouvait être que fédérale.

Appauvris et de plus en plus impuissants, les états occidentaux se sont étiolés radicalement. Pénitents, consommateurs et plus producteurs, submergés par l’immigration allogène et les minorités triomphantes, ravagés par les récessions, les impôts et la dette, sans enfants au sein de populations vieillissantes et en régression, les Européens se sont enfoncés dans les difficultés.

Les Etats-Unis ont décidé de réagir. Les droits de douane unilatéraux plutôt que la recherche d’un nouveau système coopératif favorable à la croissance. L’interventionnisme militaire ponctuel pour imposer la loi des Etats-Unis. Le chantage permanent fait à l’union européenne avec des commissaires transformés en zombis terrifiés qui cèdent à tout.

Ne parlons pas de la France de l’indigent Macron, président perroquet indigne et toxique qui aura cassé tout ce qu’il touche. Il aura permis la domination de partis protestataires obligatoirement destructeurs.

Si on casse la colonne vertébrale, il ne reste pas beaucoup de place pour le dynamisme individuel. Le système monétaire international est la colonne vertébrale du monde. Tout retour vers plus de multilatéralisme et de coopération passe par le préalable de la refonte des systèmes monétaires internationaux.

Didier Dufau 

La gratuité : une arme de destruction massive

Dans le livre Les Malheurs de la Vérité nous avons décrit en long, en large et en travers les méfaits catastrophiques de la gratuité. Nous prenons le mot gratuité dans son sens de transfert du financement d’une consommation du bénéficiaire à la collectivité.

Le consommateur n’ayant aucune entrave pour dépenser, il dépense sans limite. La sensibilité au prix peut varier. Quand le prix annulé concerne un bien de forte demande, les achats gratuits ne tendent pas nécessairement vers l’infini mais vers un niveau de satiété sociale qui reste prodigieux et infinançable. La conséquence est toujours la même : l’État qui finance ne parvient plus à payer et réprime la demande et l’offre. Le marché devient chaotique dans une ambiance épouvantable. Il faut lever des impôts insupportables, compter sur une dette qui devient astronomique, contrôler la consommation et contraindre les producteurs. Au bout du chemin, la faillite et des soubresauts sociaux pénibles sont toujours au rendez-vous.

La seule solution durable est de renoncer au transfert sans limite  du coût à la collectivité.

On le voit tous les jours dans le domaine de la santé. Au départ, il s’agissait d’un système assurantiel : une cotisation couvrant un risque médical, avec une obligation d’équilibre entre cotisations et dépenses. Sous la pression du slogan communiste : « à chacun selon ses besoins » qui structurellement disjoint la satisfaction du besoin de la capacité contributive du consommateur, la gratuité a été généralisée par la démagogie politique. Le démagogue est si gentil ! L’énarque compassionnel et bienveillant, l’est plus que tout autre.

L’illusion que c’était possible et durable s’est installée à la fin des trente glorieuses. Dans un système de fiscalité globalement progressive, la croissance automatiquement impose un taux de prélèvement croissant chaque année et la part des charges fiscales et sociales dans le PIB augmentent sans même devoir en prendre la décision. Pourquoi ne pas utiliser le surplus pour se faire réélire avec des mesures démagogiques ? On se le demande !

Seulement voilà : le passage du système monétaire du système équilibré de Bretton Woods aux changes flottants provoque depuis 1971 des récessions majeures avec la plus grande régularité. Parce que le Français est né malin, il a laissé casser la natalité et il a ouvert ses marchés à des pays immensément peuplés et immensément pauvres. La ressource fiscale s’en est trouvée fort marrie. Depuis 1973 on tente de réprimer l’offre médicale sans trop toucher à la demande qui elle, a explosé au rythme des gratuités accordées. 50 ans plus tard la France est le pays qui a le plus régressé dans le classement du PIB par tête et qui est devenue le plus endettée et le plus fiscalisé !

Et cela ne suffit pas. Alors on sévit contre les radiologues, les kinésithérapeutes et les pharmaciens accusés de tricher et de s’en mettre plein les poches. On a réduit drastiquement le nombre de médecins et maintenant on veut réduire leur revenu. La grève inédite des médecins libéraux qui va marquer ce début d’année neigeux est la réaction obligatoire aux atteintes à leur revenu et à leurs conditions de travail.

Pour le secteur public de la santé les rémunérations ont été augmentées généreusement. Mais ce vil secteur privé ne mérite pas de faveur. Qu’il souffre ! Tout le monde s’en moque. « On n’en a rien à cirer, des médecins libéraux qui se font des couilles en or sur le dos des pauvres ».

Les technocrates inspirés qui sous Jospin ont organisé la disparition des petits hôpitaux pour concentrer les soins dans d’énormes bâtisses, ont tellement éloigné le centre hospitalier du malade qu’ils ont organisé la gratuité du transport de et vers l’hôpital. Au départ ils voulaient créer un service national des accès à l’hôpital. Les taxis ont protesté contre une concurrence d’Etat extravagante. Ils ont obtenu une part du gâteau. Mais la répression de cette activité n’a pas cessé surtout depuis la crise de 2008. Alors, c’est la grève des taxis à répétition.

Désormais on passe à la répression de la demande, en faisant la chasse aux prescriptions abusives, aux médicaments « qui ne servent à rien » etc.

Rappel : la gratuité entraîne TOUJOURS mécaniquement la répression de la demande et de l’offre.

Au lieu d’aggraver les tensions tout en sombrant dans les déficits, les dettes, la perte de qualité des soins, il vaudrait mieux s’attaquer au cœur du problème :

-            Revenir à un système assurantiel

-            Supprimer les gratuités

-            Réformer le système monétaire international pour éliminer les récessions périodiques majeures

-            Relancer la natalité et le PIB par tête.

Chiche !

Il est quasi certain que les Macron, Faure, Vallaud, Glucksmann, Le Pen, Bayrou, Mélenchon, se préparent déjà à foncer dans cette direction. On parie ?

Sans parler de Hollande, notre futur président annoncé par la gauche et le centre mou, depuis la mauvaise performance de Glucksmann. Il ne cesse de ressasser son mantra présidentiel « c’est gratuit c’est l’État qui paie ». Léa Salamé lui a concocté une émission de deux heures il n’y a pas si longtemps où il n’a fait qu’énoncer les gratuités qu’il avait organisées au milieu des sourires de connivences et des hurlements de rires factices accompagnant le bavardage de M. Petites Blagues.

La gratuité est une arme de destruction massive. La Cour des Comptes a commencé à le dire timidement. Tant que son interdiction ne sera pas constitutionnelle, la France de la « gratuité de la vie » continuera de sombrer.

Certains croient que les robots et l’IA permettront de tout rendre gratuit et enfin d’éliminer le travail. En faire le vœu pour 2026 paraît tout de même un peu prématuré !

 

Didier Dufau pour le Cercle des Économistes e-toile

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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