Crise financière et crise mondiale : rien n’est joué !


On sait que les banques de dépôt peuvent être victimes d’une panique.  On a inventé les banques centrales pour y faire face. Si les déposants demandent en masse leur remboursement, il suffit de se tourner vers la banque centrale  qui assure la liquidité du marché.  Au bout d’un certain temps la confiance revient, les déposants remettent  en banque leurs liquidités, les banques remboursent les avances  que leur avait consenti la banque centrale.  Tout cela marche très bien.  D’un point de vue comptable l’opération s’analyse comme une substitution de dettes au passif du bilan.  Le compte d’exploitation n’est pas touché sinon par les frais encourus pour le secours de la banque centrale.


Quelle est maintenant la banque de dernier ressort pour les banques d’affaires ?  Les déposants ne sont pas un problème.  La question de la  liquidité se pose lorsque des investissements ne rendent pas exactement ce qu’ils devraient  et que les emprunts  souscrits pour financer  les placements ne peuvent plus être remboursés.    La banque concernée doit se refinancer.  Comment peut-elle le faire ? Elle peut augmenter son capital, s’il y a des volontaires ; elle peut se faire absorber par une autre banque, si elle en trouve une ; elle peut emprunter à d’autres banques si quelqu’un  veut  du papier proposé. Si  la réputation de la banque est atteinte et que la spéculation joue contre elle   toutes les voies de recours se bouchent. Il ne reste plus que la faillite.
A moins que la banque centrale accepte de prendre le papier commercial d’une valeur équivoque pour refinancer la banque atteinte.  Mais on est alors dans une situation très différente d’une banque de dépôt. La fin de la panique  ne fera rien revenir vers la banque aidée.  D’un point de vue comptable  on n’a pas substitué des lignes dans le passif mais on a pris en charge des pertes.  Ce n’est pas à la banque centrale de financer des pertes et lui faire jouer ce rôle ne pouvait être que très provisoire.


Après la faillite acceptée de Bear Stearns, c’est près de 100 banques qui ont suivi aux Etats-Unis malgré les injections massives de la banque centrale qui se gavait de papier de plus en plus douteux.
Cette situation ne pouvait plus durer.


C’est pour cela que  l’Etat donc le contribuable devait être mis à contribution.  Comme l’avait déjà montré l’affaire du Crédit Lyonnais avec la création du CDR pour « cantonner les actifs pourris » et sauvegarder la partie banque de dépôt.


Le Federal Reserve Board avait été créée après la crise de 1909 pour servir de banque de dernier ressort à l’échelle des Etats-Unis. Il était illusoire de croire que ses injections massives permettraient de sauver un système financier mondialisé se livrant massivement à des opérations spéculatives et négociant des produits hyper complexes dans le contexte mouvant des changes flottants, même si le cœur du système était à Wall Street.  


C’est le contribuable américain qui devra le faire mais il ne suffira pas : les pertes seront absorbées  plus généralement par l’économie-monde.


Tout cela porte leçon :
-    Il n’y a pas de banque de dernier ressort pour les banques d’affaires.
-    Une banque de dernier ressort mondiale n’aurait eu aucun rôle utile (Pas de Mondial Reserve Board !).
-    Le contrôle de l’activité des banques d’affaire et des sociétés d’assurances  ne peut être le fait des banques centrales mais directement de l’Etat
-    Mais il n’y a pas d’Etat mondial
-    Il y a donc un trou dans le système économique mondial.
-    C’est par ce trou que la crise s’est engouffrée
-    La solution « nationale » américaine  permettra d’éviter un effondrement du système financier mais ne suffira pas à fortifier  la situation économique globale.
-    En dépit des mesures prises actuellement le mistigri va continuer à courir le monde via « l’économie réelle ». Les pertes vont être diffusées partout par mille canaux (changes, inflations, faillites, …).
-    Le monde va donc voir s’aggraver le retournement du cycle.
-    Toute la question est de savoir s’il va y avoir des blocages nationaux avec retour à des pratiques protectionnistes.   
-    On constatera alors l’extrême nocivité du système incontrôlable des changes flottants. On risque de voir se propager des mesures d’isolement monétaire et d’inconvertibilité des monnaies.
-    Et là, sans nouveau Bretton-Woods et sans remise en cause des changes flottants,  on risque bien une crise de type 1929 !


Rien n’est joué. 

Didier Dufau

PS : Le dessin, excellent, est de Chappatte pour le Temps (Genève)

Lehman : un lac de dettes... et une source de jouvence ?

Chaque crise générale touche le secteur bancaire. C’est une loi absolue qui ne souffre aucune exception.  Les crises les plus dures sont celles où le système bancaire est touché le plus durement.  Nous avons insisté que cette crise serait dure et elle touche en effet durement les banques.
Prenons la crise de 1991(aux Etats-Unis) -1993(en France).  Elle a laissé le secteur bancaire notamment européen quasiment en faillite et il a fallu près de 4 ans avant qu’il ne se remette sur pied.  La spéculation avait concerné cette fois là le secteur immobilier d’entreprise.  Les banques prêtaient jusqu’à 120% du coût d’un investissement.  Une affaire immobilière achetée le matin à crédit pouvait être revendue le soir avec une plus value.  L’encours des crédits au secteur avait été multiplié par 7 sans qu’aucune banque ne prête la moindre attention aux avertissements : tout le monde était sur ce marché et on gagnait de l’argent.  Lors du krach, les sommes perdues furent infiniment supérieures à ces gains  entraînant une restructuration majeure du secteur bancaire en Europe.
Cette fois ci la spéculation a porté essentiellement sur l’immobilier domestique, du fait des taux très bas provoqués par les moyens utilisés par les Etats-Unis pour sortir de la crise de 2001-2003. S’y est ajouté un second élément : on a généralisé des techniques que personne ne comprenait très  bien mais qui semblaient apporter un petit avantage de rendement.  Ces techniques ont explosé dans les mains de leurs utilisateurs, un peu comme le système de Law explosa du fait d’une nouveauté non complètement domestiquée.  Les produits dérivés, les adossements, les titrisations, n’étaient en général pas compris des directoires des banques. Ils n’ont donné aucun ordre particulier pour encadrer ces techniques.   Ils ont été emportés par l’avalanche qu’ils ont déclenchée en toute ignorance.  
Des remises en cause importantes vont avoir lieu,  jusqu’à ce qu’on trouve un moyen d’utiliser ces nouvelles techniques sans danger.
De même les « hedge funds » trouvent leur limite. Il s’est produit ces dix dernières années une véritable révolution dans les structures mêmes de la gestion d’assets.  Les grandes institutions ont cessé d’avoir leur propre gestion. Elles se sont contentées de choisir parmi un panel d’institutions des placements souvent fondées sur une technique particulière ou une cible particulière.  On est arrivé à la fin de cette logique. S’il  n’ya que des hedge funds,  il n’ya plus de hedge funds !  Le rendement  de ces instruments devient le rendement moyen.  Avec des coûts de gestion extravagants.  Indépendamment de l’effet de la crise qui n’est jamais bien prise en compte par les hedge funds, contrairement à ce qu’on dit parfois (voir le dicton : « l’arbitrage gagne  sur une tendance établie et perd à la rupture »), on va assister à une nouvelle restructuration des méthodes de gestion d’actifs qui fera une part moins importante aux fonds spéciaux et dérégulés cachés dans des paradis fiscaux.  
La crise aura donc au moins deux conséquences :


- Provoquer à l’échelon micro économique une refonte du secteur financier avec un changement probablement très important  des dispositions légales aussi bien structurelles,  opérationnelles que prudentielles  et redéfinir l’emploi de certaines techniques pour qu’elles soient moins aléatoires et moins incomprises que maintenant.  Jusqu’à maintenant les Etats-Unis avaient toujours réussi à passer le mistigri de la crise aux autres. Cette fois ci c’est fini.  Les banques américaines n’en sortiront pas comme usuellement la tête haute et l’œil dominateur.  Elles vont être contraintes à la modestie et à la réforme.


- Rafraîchir la réflexion générale sur la nocivité des changes flottants, un système qui crée  des complexités dont on voit bien que les  « technologies bancaires  de pointe »  n’arrivent pas à s’affranchir et qui permettent des déséquilibres constamment amplifiés et dommageables pour tout le monde. Jusqu’ici les Etats Unis pensaient que cela les favorisait.  Cela aussi change.
Toute crise accouche d’un progrès…
Lewis Holden

Le RSA : un échec inévitable ?

Le RSA a créé la polémique par son mode de financement mais l’unanimité règne sur  la qualité et l’efficacité de la solution.  L’unanimité doit rendre méfiant : les mesures unanimes se révèlent souvent catastrophiques à l’usage.  

Pour le non initié le RSA a pour vocation de briser la trappe à chômage  qui s’est créée du fait de la trop faible différence entre les revenus du travail et ceux de l’assistanat.  C’est comme cela que le système est présenté dans les médias.   

Traduit en langage clair, cela signifie que le RMI, revenu minimum d’insertion,  a non seulement échoué comme mécanisme de retour à l’emploi,  mais qu’en plus il a enfermé une certaine population dans l’assistanat.  Cette mesure symbolique  de la « troisième gauche rocardienne » soutenue après coup par MM. Chirac et Juppé (qui l’avaient fermement condamnée à l’époque)  a maintenant  fonctionné pendant trois cycles économiques et a donc trois phases d’expansion derrière elle.  Si cela avait du marcher cela aurait déjà marché.  L’échec est bien définitif.

Le nouveau dispositif est censé donner de meilleurs résultats en créant un véritable attrait financier  pour le RMIste qui pourra cumuler  pendant quelques temps son salaire de nouvel employé  et une assez belle  fraction de son RMI.

Il faut trois conditions  pour espérer le succès :

-          Des emplois si possible à temps plein

-          Un système au minimum plus avantageux que le précédent

-          Une sensibilité des intéressés aux bénéfices  du nouveau dispositif.

Pour les emplois,  on sait qu’on entre actuellement en récession : le marché de l’emploi va se dégrader pendant deux à trois ans, frappant les nouveaux entrants et les personnes sans emplois plus encore que ceux qui seront licenciés et qui pourront malgré tout faire valoir une expérience.  La probabilité va donc vers une augmentation nette des demandeurs de RMI.

La volonté des intéressés de sortir de la trappe à pauvreté est préjugée mais prouvée par aucune enquête précise et publiée.  Les rares informations partielles que l’on peut trouver sur le RMI montrent que  le nombre des bénéficiaires est assez stable, autour de 1.300.000 personnes, un tiers des allocataires sortant régulièrement du mécanisme et les deux autres tiers restant prisonniers de la fameuse trappe.  Certains sont tout à fait inaptes à l’emploi et touchent leur RMI sans faire aucun acte de recherche, environ la moitié du groupe. L’autre moitié ferait plutôt un calcul rationnel : il est plus rentable de rester au RMI et au chômage plutôt que de prendre un emploi.

Il faut dire que les bénéfices indirects du  statut de RMIste sont sérieux :

-          La  sécurité sociale gratuite via la CMU

-          A Paris  la gratuité de la carte Orange

-          La gratuité des musées et d’un certain nombre de loisirs dans bien des grandes villes

-          L’exonération de la taxe d’habitation

          L’accès au fonds  de solidarité pour le paiement de son loyer

-          Des aides aux logements améliorées

-          L’exonération de la redevance

-          La réduction de sa facture d’électricité et de gaz

-          La réduction de sa facture de téléphone

-          L’accès facilité et prioritaire au logement social

-          Le dégrèvement de la CSG et du RDS

-          Des gratuités transports de la part de la SNCF

-          L’accès aux Restos du Cœur

-          L’accès à l’habillement

-          L’aide voire la gratuité pour le passage du permis de conduire

-          La gratuité ou le très faible tarif des cantines pour ses enfants

-          La gratuité ou le très faible tarif pour les crèches

-          Différents dispositifs de garde d’enfants pendant qu’il suit des formations

-          L’accès facilité et gratuit à certaines initiatives municipales : vacances bord de mer ou montagne, journées vertes

-          La prime de Noël de 152 Euros

-          L’accès au micro crédit

-          L’accès facilité aux commissions de désendettement

-          La remise partielle et gracieuse de ses dettes fiscales

-         

Beaucoup de ces aides passent par le Conseil Général  et elles sont différentes d’un département à l’autre  voire d’une ville à l’autre.  Il est très difficile d’être exhaustifs.

Toute personne qui prend un emploi à plein temps au SMIC perd instantanément tous ces avantages.  Comme il a été très long et difficile de les obtenir, il est rationnel de ne les lâcher qu’en toute connaissance de cause.  Le RSA ne change exactement rien à cette situation. Personne n’a cherché à chiffrer ces avantages et à les mettre en rapport avec le bonus qui sera versé par le RSA. Même si l’avantage financier était  net et palpable, la décision de sortir du système serait très difficile, et cela d’autant plus que la population en question est souvent assez frustre. Un tient vaut mieux que deux tu l’auras. Et en plus on ne travaille pas et on s’est fait à la vie  comme ça.

Il n’y a rien de changé sur ce point dans le RSA.  Il n’y a donc aucune raison d’en espérer une efficacité plus grande que le système actuel.

Reste alors l’augmentation du  bonus à l’emploi, c'est-à-dire du revenu accordé en cas de reprise d’emploi.  Surprise, le RSA est moins favorable que la situation actuelle  pour la première année d’emploi !   Le Ministre le reconnaît d’ailleurs sans fard dans la livraison du JDD du 31 Août 2008 !

Pour finir le système est le même pour la  perte d’avantages annexes, le bonus d’emploi est moindre que précédemment pour un emploi court, et la conjoncture est plus mauvaise.  

On ne voit pas comment le RSA peut avoir la moindre chance d’améliorer quoi que ce soit au moins pendant les deux années qui viennent.  

Au contraire les nouvelles règles risquent de  développer des stratégies perverses de la part de personnes qui dans le système précédent aurait recherché directement un boulot et qui préféreront passer par le stade RMI pour bénéficier pendant deux ans des avantages du RSA.

Au total, le RSA ne semble apporter aucune solution réelle au problème de retour à l’emploi tel qu’il est posé.

 Il est obscur, complexe, ambigu et très coûteux.  Il est même bizarre car on ne comprend pas pourquoi il faudrait des ressources supplémentaires par rapport au RMI sauf si par un effet d’aubaine des personnes qui auraient normalement évité d’utiliser la formule  se décidaient à  en bénéficier  en masse. Ce ne serait plus qu’un transfert de revenu et non pas un système novateur d’incitation à l’emploi.

On dira : il y a eu des expérimentations ! L’ennui c’est qu’on ne sait absolument rien de ces expérimentations.  Elles sont déclarées positives sans aucun élément pour fonder cette assertion.  Au contraire les informations que l’on peut recueillir de ci de là et même au Ministère,  sont peu engageantes :

-          Malgré une situation conjoncturelle extrêmement bonne  (le chômage global  a baissé pendant près de trois ans et pendant toute l’expérimentation)

-          Malgré des subventions annexes fournies par les départements souvent importantes

-          Malgré une forte mobilisation des subventions d’accompagnement auprès des associations pour le coaching des bénéficiaires du RSA

-à il n’y a pas eu de résultats marquants.  Le fameux noyau dur de ceux qui ne cherchent pas d’emploi est resté quasiment intact et le segment qui trouve rationnel de rester au RMI n’a bougé qu’à la marge.

Pendant trente ans on a maintenu le RMI « qui ne fonctionne pas » et la loi de 98, préparée par la droite et mise en œuvre par le gauche, n’a en rien modifié l’état de la pauvreté en France après dix ans de pratique. 

Rien ne laisse penser que le RSA va changer la donne.  Il serait quand même utile que lors du débat parlementaire quelques députés travailleurs posent les bonnes questions et fassent réellement  le jour sur les chances de succès de ce nouveau système. 

Sinon le risque est qu’on s’aperçoive progressivement que la loi n’avait pas vraiment le but qu’on lui assignait mais visait simplement à donner plus de ressources aux associations caritatives au contact du quart monde.  Le RSA n’aurait été alors qu’un abus de confiance et un détournement de fonds  perpétrés par l’ancien patron d’Emmaüs  avec la complicité de politiques surtout soucieux de dire qu’ils ont fait quelque chose dans le domaine social même si ce n’est qu’un rideau de fumée.

Le bilan de l’opération  se réduira au  prélèvement de 1.1%  sur les revenus du Capital des classes moyennes et un gaspillage ruineux de ressources de plus !  

 

Didier Dufau

RSA : RMI Sans Amélioration ; Ravaudage Social Aléatoire ou Sans Attrait.  Rémunération Supplémentaire Artificieuse.

Le moment de vérité

Le moment de vérité arrive en général au plus profond de l’été juste avant que les Ministres ne s’éparpillent. Les annonces se font en langage codé : il s’agit toujours de courage, de lucidité, de haute tenue morale.  La matière elle, est des plus prosaïques.  On annonce que non seulement on renonce à toutes ses promesses électorales en matière de baisse d’impôts mais qu’en plus les taxations vont aller bon train.

Faute de l’avoir prévu, le Président Sarkozy et son premier ministre prennent  de plein fouet le retournement décennal du cycle.  On annonce une politique de ni-ni : ni hausse d’impôts ni baisse. En fait on ajoute deux nouveaux impôts, l’un sur les Mutuelles de santé l’autre sur les bénéfices de la participation. On doit en être à douze taxes nouvelles depuis un an.  Comme on a laissé le taux de prélèvement se gonfler pendant un an, il est impossible de le baisser maintenant que la crise est là. Les recettes menacent de flancher : taxons donc ; taxons encore ; taxons toujours.

Cela ne suffira évidemment pas.  La récession plombe toutes les recettes : l’IS, l’IR et aussi la TVA malgré l’inflation.  La hausse des taux d’intérêt mange le budget. Le plafonnement de l’ISF n’apporte plus le surcroit de recettes habituel. Les recettes liées à l’activité immobilière et au tourisme sont atteintes.  On va donc vers un exercice 2009 déficitaire avec renforcement de la dette, montée du chômage, déficits sociaux,  etc.  Alors qu’on est au summum de ce qui est autorisé par les conventions européennes en matière d’endettement.  Faute qu’aucune des mesures prises jusqu’ici ait un véritable impact sur la dépense publique (au contraire on multiplie les gestes en faveur de catégories touchées par la hausse du pétrole ou non, comme les médecins)  il faudra bien à nouveau prévoir des hausses de prélèvements.

Adieu le 1% de croissance en plus sur la durée du quinquennat, adieu la disparition de l’anomalie fiscale française (100 milliards d’Euros de dépenses en trop par rapport à la moyenne) : vive l’impôt.  Et bientôt  la CSG ou la TVA  seront sollicitées pour fournir l’appoint.

Adieu aussi la « rupture ».  On en est revenu au schéma habituel : on réforme peu ou pas pendant la période de croissance tout en engrangeant les sur-recettes de la progressivité ; puis on augmente les impôts après le retournement pour éviter que la baisse des recettes  ne provoque trop de remises en cause. On en sort meurtri et avec une croissance du revenu par tête décalée en baisse par rapport aux autres.

M. Sarkozy, Mme Lagarde, M. Borloo sont des avocats. M. Fillon est un homme politique de profession, comme Mme Bachelot.   Leurs connaissances économiques sont nulles. Ils ne peuvent ni anticiper, ni comprendre, ni élaborer une stratégie.  Ils réagissent à la petite semaine sur une base purement politique.  M. Borloo pleure son « mauvais » budget c’est à dire « pas en hausse ».  Mme Lagarde répète comme un perroquet ce que lui soufflent les énarques de son cabinet.  M. Sarkozy cherche à dévier le mauvais effet des hausses d’impôt derrière des rideaux de fumée assez grossiers.  M. Fillon se lamente.

Où en seront-ils fin 2009 ? Et surtout lors de l’élaboration du budget 2010 ?  On risque de voir à nouveau une réponse politique du genre : élimination de Fillon, bouc émissaire désigné.  Mais où seront passées les chances de la France ?

Deux mots sur la paradoxale « haute productivité française »

Depuis des années maintenant on voit fleurir un « marronnier », une information que la presse reprend inlassablement à date fixe,  juste au moment où  commence la période d’examen du nouveau budget.  Les radios ce matin viennent TOUTES d’en faire bruisser le feuillage avec son entrain coutumier, en attendant les journaux et la télévision. 

La France aurait « une magnifique productivité, quasiment la meilleure du monde ».

La chanson sur la productivité exceptionnelle de l’économie française précède généralement les tours de vis fiscaux. « Rassurez-vous donc chers contribuables, vous pouvez payer ! », tel est le message peu subliminal qu’il convient de véhiculer aux Français détendus qui  commencent à s’affaler sur les plages. 

Procès d’intention alors que la réalité de cette forte productivité est avérée ?  Regardons les faits avec un peu d’attention.

La France est le pays développés qui a le taux d’emploi le plus faible globalement et dans toutes les catégories fragiles.  Il ne se passe pas un jour sans qu’un rapport, un commentaire, une étude, n’expliquent  aux Français qu’il a le taux d’emploi des jeunes le plus bas (rappelez vous le CPE),  le taux de chômage des femmes le plus sévère, une population immigrée loin de l’emploi à près de 20%,  et  des « seniors » sans activité économique en très grande proportion.

Hier encore ce taux d’inemploi des Seniors faisait l’actualité avec un rapport de la CNAV expliquant que le Plan Fillon d’emploi des seniors n’avait eu aucun impact.  Tout au long de l’année des incidents en banlieue ont rappelé que les jeunes immigrés sont  sans boulot. Une nouvelle loi a fait  l’actualité pour commenter le durcissement des conditions d’indemnités  avec l’obligation d’accepter  des propositions peu alléchantes, les chômeurs restant trop longtemps au chômage. Un autre rapport récent indiquait que la loi sur la « prime fiscale à l’emploi »  n’avait aucun effet.

Etc. Etc.

La vérité commence alors à se découvrir.  Les entreprises françaises, accablées de charges, ne peuvent employer que la fraction de la population la plus productive.  La proportion de salariés dans la population totale française tourne autour de 16%. Elle est entre 25 et 35% dans tous les pays dynamiques.  On voit l’énormité du déficit.  La France ne permet pas les « petits boulots » ou les activités à productivité réduite.  Seul le noyau dur des activités potentielles a été conservé au prix du sacrifice de millions d’emplois.

L’Etat bon Samaritain  a été obligé de prendre en charge (et si mal) les exclus. C’est une des raisons d’un budget de 25% supérieur dans ses dépenses à ses recettes depuis des lustres, et une des explications de la pression fiscale globale et de l’endettement.  La spirale se renforce de sa propre force.  Et nous n’arrivons plus à nous en sortir.

L’étranglement fiscal est la principale raison, avec la rigidité des réglementations,  de la réduction de l’emploi aux seuls postes productifs.   Le fait qu’on ne puisse plus employer une masse de gens ne signifie pas que nous sommes meilleurs que les autres. Le noyau dur des autres économies est tout aussi productif et parfois bien plus que le moignon qui nous reste.  

Cet abusif  cocorico sur une fausse comparaison est lamentable. Parions qu’il ne sera dénoncé NULLE PART DANS LA PRESSE.  Il faut crier « Vive l’Impôt », se taire sur les manipulations de l’information  et soutenir la campagne qui est lancée pour faire passer en douceur  dans la torpeur estivale les mauvaises  nouvelles fiscales qui s’annoncent.

Didier Dufau   

 

Le FMI : Formation Manifestement Inutile ?

Evoquer le Fond Monétaire International n’a rien de sexy. Quand la Presse en parle ce n’est que de façon anecdotique.   On relèvera le déséquilibre en défaveur des pays émergents.  On signalera que l’organisme ne distribuant pratiquement plus de crédit, il est en déficit chronique.  On s’amusera de voir nommer à sa tête un socialiste français particulièrement incapable et qui a d’autres ambitions.  Mais personne ne se risquera à préciser la raison profonde de la déréliction de cette institution.  Elle est pourtant fort simple.

Le FMI a été créé dans le cadre des accords de Bretton-Woods pour servir de banque d’ajustement dans un cadre de changes fixes mais ajustables.  Traumatisés par la crise de 29, les grands pays se sont aperçus qu’il valait mieux éviter que les problèmes de balances de paiement  entraînent une spirale de restriction globale du commerce et ses conséquences sociales inacceptables.  

En 1971, à cause de la politique américaine, mais sur une initiative prise formellement par les Allemands,  le système de Bretton-Woods a été abandonné. On est passé aux changes flottants. Sous l’influence théorique de Milton Friedman et surtout sur la pression de la nécessité : les Etats-Unis étaient incapables de rembourser leurs dettes en or !  Le système de change flottant est détestable et donne des résultats exécrables avec une perte globale de croissance sur les 40 dernières années d’un point moyen. Il a entraîné  la perte pendant la même période de 95 à 98 de la valeur des principales monnaies, dont le dollar. On voit bien qu’il s’agit d’un système instable qui est incapable de réguler quoi que ce soit.

La première victime est le FMI. En système de changes flottants il n’a plus aucun rôle à jouer.  On connaît la force de résistance à la disparition des administrations inutiles. Alors celle là a perduré en tentant de prendre à sa charge une partie des missions de la Banque Mondiale. Avec Delarosière, dit « sœur Theresa » dans le milieu, il s’est transformé en organisme de charité pour pays du tiers monde consentants. Il a été tellement odieux dans cet exercice que même les tyranneaux les plus cupides n’en ont bientôt plus voulu. Puis il en est venu à faire des prêts politiques. On l’a vu avec le prêt à Eltsine, complètement détourné de son objet.  L’argent avait tout simplement été replacé sur les marchés au nom de quelques princes du régime permettant un enrichissement phénoménal et sans risque.  Avec l’Argentine, il est entré dans des contradictions insurmontables : le système  de « currency board » retenu par ce pays (contre l’avis du FMI) était intenable. En système de changes flottants il ne pouvait qu’exploser.  Le FMI a voulu jouer les pompiers. Il s’est fait traiter de pyromane.  C’était injuste, mais l’aventure montrait qu’il n’avait plus aucun rôle utile.

Alors il est entré en léthargie.  Les présidents successifs furent désormais des politiques en planque honorifique en attendant des postes encore plus décoratifs dans leur pays.  Dès que le poste visé était disponible ils démissionnaient. Nous ne dirons pas qu’avec DSK  nous ne sommes plus dans cette pratique navrante.     

Entre une tête vide, des effectifs totalement déraisonnables et une absence prolongée de rôle précis, le FMI est une organisation mort vivante. 

Ou en revient au système des changes fixes mais ajustables ou on supprime le FMI.

 On ne parle évidemment d’aucune des ces deux solutions. On reste donc dans l’inertie et le chien crevé au fil de l’eau.  A quoi cela rime-t-il ?

Valentin Zeldenitz

Economie Française : le palmarès des incapables

Voici donc la France à la veille de la récession.

Elle y va alors que tous les indicateurs sont déjà au rouge.  La dette d'état sans être effroyable est aux limites des critères de Maastricht.  La pression fiscale est au plus haut quasiment historique.  Les dépenses vont bon train, malgré divers effets d’annonce.  Le chômage est bas par rapport aux performances  habituelles mais reste très élevé. Le non emploi des jeunes, des vieux, des femmes, des immigrés et des personnes économiquement fragiles est au top  du monde développé.  Les comptes extérieurs sont fortement dégradés, avec une balance commerciale qui s’enfonce dans le déficit.  L’inflation est là à des taux inhabituels depuis 20 ans.

La récession n’arrangera rien.  L’Etat va se retrouver étranglé, la consommation et l’investissement aussi.  Le chômage va repasser au dessus des 10%  Rien que du bonheur.

Mais qui a donc mis la France dans cet état.  Etablissons le palmarès des incapables.

L’affaire commence avec la crise de 74 et le septennat Giscard.  Ce dernier croit que la France s’en sortira grâce au TOUT ETAT.  Son septennat sera fiscal et malthusien.

Le gouvernement Chirac se trompe de diagnostic, car il n’a rien compris à la nouvelle situation créée par la disparition du système monétaire international de Bretton-Woods. Il se lance dans une relance keynésienne qui tourne au fiasco général.  En même temps se met en place « l’énarchie compassionnelle ». On règlemente  le licenciement avec l’autorisation administrative préalable,  tout en accordant des indemnités de 2 ans tellement généreuses  que certains cadres demandent à être licenciés !

Le résultat : des déséquilibres massifs de tous les comptes et une hausse également massive des impôts.   L’arrivée de Raymond Barre ne change pas grand-chose.   Certes il prend deux mesures importantes : la suppression du contrôle des prix et la compression des salaires pour éviter que l’inflation extérieure ne soit relayée par l’inflation intérieure.  Mais pour le reste il continue à dépenser un maximum et à aggraver la pression fiscale sans revenir sur les mesures démagogiques prises par son prédécesseur.

La gestion de Giscard aura donc été un grave échec, Chirac prenant une belle option au palmarès des nullités économiques.

Mitterrand aggrave les choses.  Son septennat sera celui du détestable  « programme commun de la gauche »  avec ses nationalisations idiotes et ses milles mesures démagogiques conduisant à une frénésie incontrôlable de dépenses  et d’impôts.

Jamais un Président n’aura fait autant de mal à un pays  depuis 1980 sinon peut être Mugabe, un socialiste lui aussi.

N’accablons pas Mauroy, le premier ministre daltonien qui voyait tous les feux aux verts juste avant la débâcle finale qui aboutira à la « pause » dans le passage de « la  nuit à la lumière » et l’abandon de fait du programme socialo-communiste. Avec Delors il formera un couple de mères douloureuses  unique en son genre répétant en petit comité « qu’on fonçait dans le mur » et en public « que tout allait pour le mieux, Madame la Marquise ».     La France ne se remettra jamais vraiment de l’application du programme commun. 

Le gouvernement Fabius arrange un peu les choses mais on est déjà dans le ni-ni. C’est le premier gouvernement stagnationniste.  On verra qu’il n’est que le premier du genre.  En attendant la dette et la pression fiscale sont au plus hauts, accordées au saut  vertigineux de la dépense publique.

Le gouvernement Chirac-Balladur est plutôt bon.  Il prend d’excellentes mesures, comme la suppression de l’ADI et du Centre Mondial de l’Informatique,  de l’ISF, commence les dénationalisations.  Il prépare la France au rebond de l’économie mondiale. Hélas, les élections sont perdues.

S’annonce le pire des gouvernements de l’ère Mitterrand. Voici Rocard et la troisième gauche.  Ils vont mettre l’économie par terre et évidemment personne ne va s’en apercevoir. Pourquoi ? Parce que la conjoncture économique mondiale est  dans sa phase haute et la conjoncture française est excellente.  C’est le moment de faire de grandes réformes et de réduire drastiquement les dépenses et la pression fiscale.  Or nous savons (voir notre billet sur la croissance et l’impôt)  que la pression fiscale augmente mécaniquement pendant les phases de croissance.  Il faut donc AGIR. C’est le bon moment.  Que fait Rocard ?  Il AUGMENTE LES IMPÖTS MASSIVEMENT en rétablissant l’ISF, en créant la CSG tout en AUGMENTANT MASSIVEMENT LA DEPENSE notamment avec le RMI.  Il fait donc l’inverse exact de ce qu’il aurait du faire.  Comme la conjoncture est bonne  personne ne dit rien et il peut parader en se prenant pour le « meilleur premier ministre depuis la guerre ».   En vérité il crée les conditions d’une situation impossible lors du renversement suivant de la conjoncture.  C’est lui le criminel véritable.  A cause de lui la France va entrer dans l’impasse totale.  Surtout il ne réforme rien, et en particulièrement pas les retraites dont il sait que la nécessité est bien « ici et maintenant ».

Ne disons rien du Gouvernement Cresson, bref et insignifiant.   

Lorsque la conjoncture se dégrade et que la récession décennale s’annonce  Bérégovoy hérite d’une situation impossible. La dette se creuse. L’emploi se dégrade. Les déficits s’amplifient. L’investissement s’arrête.  Alors qu’il multiplie enfin les bonnes mesures, il est sanctionné  électoralement, devient le bouc émissaire, et ne s’en  remet pas. Il aurait du écrire « Rocard m’a tuer ».

Le gouvernement  Balladur choisit de laisser filer.  Il s’agissait d’être net pour la présidentielle à venir. La dette enfla  donc comme jamais. Une seule réforme se fit : les salariés du privé virent l’âge de la retraite retardée de quelques années, ce qui n’avait que peu d’influences sur les déficits publics.  

Juppé hérite alors d’une situation totalement dégradée avec des déficits monstrueux et en prime l’obligation de respecter les critères de Maastricht.  Il n’a plus de temps de réduire les dépenses si  tant est qu’il n’en ait jamais eu envie.  Le coup de matraque fiscal est effarant.  Il est si fort qu’il provoque par contrecoup la mini récession purement française de 1996 !

Lorsque Jospin arrive, les Français n’ayant pas pardonné la politique fiscale de Juppé,  la situation est assainie en France et la croissance s’accélère dans le monde.  L’ennui : il ne s’en aperçoit pas.  Il charge DSK, le pire ministre des finances des 35 dernières années, de donner un tour de vis fiscal supplémentaire  et bloque l’industrie avec les 35 heures ! Les recettes affluent à un niveau jamais vu et la question de la « cagnotte » devient centrale.  En cinq ans malgré les recettes en forte hausse, il réussit à augmenter de mille milliards de Francs l’endettement.   Ce n’est que poussé par Fabius (un article célèbre dans Le Monde sur : le mur fiscal) qu’à l’extrême fin de son quinquennat  il baisse assez fort la fiscalité (cad il rend une partie de la hausse aux  Français).  Il n’a fait aucune réforme utile lâchant lamentablement le seul ministre qui voulait « dégraisser le mammouth ».  La France a perdu son temps et surtout n’a pas exploité la haute conjoncture pour réduire les impôts et les dépenses.

Quand Raffarin prend ses fonctions, on est en plein dans la phase basse du cycle. Il est clair qu’il ne fera rien : Chirac est dans sa phase brejnévienne d’assoupissement total.   Il en vient à sanctuariser « les avantages acquis » et l’énarchie compassionnelle atteint ses sommets. On pleurniche sur tout avec tous.  C’est l’époque où la grande politique française se décline autour de deux objectifs : réduire les accidents (de la route, de piscine, d’ascenseur)  et essayer de guérir le cancer.  « Un objectif de sous secrétariat à la population» avais-je écrit à ce moment là sur le forum du Monde.   Une seule réforme sera entreprise : la retraite, et encore en repoussant à plus tard celle des régimes spéciaux.  J. Chirac déclare « la pause fiscale », c'est-à-dire le retour de la hausse de la pression fiscale. 

Le gouvernement Villepin s’enracine dans la brejnévisme.  On le cache par une gesticulation ridicule qui aboutit au projet absurde du CPE. J’écrivis à l’époque : « on a transféré sur les générations futures tous nos déficits et nos lâchetés.  Voilà qu’on veut aller encore plus vite et les faire supporter par la jeune génération  qui arrive ! ».  Rien d’utile n’est fait pendant cette période.  Cela ressemble au gouvernement Balladur.  Mais on n’a pas compris qu’on est déjà dans la bonne phase du cycle et on n’en profite pas.  On laisse simplement la pression fiscale augmenter mécaniquement par l’effet de la progressivité globale  du système.

On ne peut pas encore juger le gouvernement Fillon ni Sarkozy (voir : « le mystère Sarkozy », à venir sur le blog).

Mais déjà on peut dresser le palmarès des incapables.

Président le plus néfaste :

 N°1 : Mitterrand, avec le programme commun de la gauche

               N°2 : Giscard, sa politique du « Tout Etat, son septennat fiscal.

               N°3 : Chirac, son « Enarchie compassionnelle » et son, immobilisme rad-soc.   

Premier ministre le plus néfaste :

              N°1 : Rocard, recordman du monde de ce qu’il ne fallait surtout pas faire

N°2 : Jospin, qui gaspille une occasion unique d’améliorer la situation et qui l’aggrave avec des mesures malthusiennes.

N°3 : Mauroy, le programme commun, tout le programme commun. Hélas !

N°4 : Chirac  1er gouvernement : la relance imbécile et les vannes ouvertes de la dépense publique

N° 5 : Balladur : laisse filer tous les déficits sans réformer le secteur public.

N°6 : Juppé : donne un coup de massue fiscal historique, mais avait-il le choix ?

N°7 : Fabius : laisse filer en douceur.

N°8 : Villepin : laisse filer en splendeur.

N°9 : Raffarin : aura au moins fait une réforme pendant « la pause fiscale ».

N°10 : Barre : de bonnes mesures mais laisse filer la pression fiscale et l’endettement

N°11 : Bérégovoy : prend de plein fouet la récession mais  fait diverses réformes utiles et n’aggrave rien.

Mme Cresson n’a pas été notée. Elle n’était pas néfaste, seulement nulle.

On notera que ce classement ne recoupe absolument pas  l’idée que les media s’en font. L’opinion publique ne s’attache qu’au contexte : les phases Rocard et Jospin ayant été de conjoncture faste  ils en créditent le gouvernement qui non seulement n’y est pour rien mais a gâché lamentablement les opportunités que cette situation offrait.

Didier Dufau

Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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