La disparition d’Alan Greenspan : une occasion escamotée de réfléchir un peu

Alan Greenspan est un parfait inconnu lorsqu’en été 1971, les Etats-Unis ont décidé de jeter à bas l’organisation monétaire concertée mise en place par les Accords de Bretton Woods.

Pendant des années entre 1941 et 1947, les meilleurs économistes ont travaillé sur une question clef : comment éviter les crises périodiques dont le drame de la récession de 1929 avait montré les conséquences fâcheuses. Il fallait que les Alliés, à la fin d’une guerre mondiale acharnée, et dévastatrice organisent une paix durable et sans crises économiques répétitives.

Absolument tous les participants ont dénoncé les errements monétaires, provoquant des déficits et des excédents commerciaux intenables, comme la cause profonde des dérèglements d’avant-guerre. Les grands déficits et les grands excédents devinrent des tares à extirper et les monnaies devaient être stables et ajustables par accord général. Pour éviter des ajustements trop violents, un Fond Monétaire International devait à la fois surveiller la situation dans chaque pays pour prévenir les dérapages et fournir des ressources temporaires aux pays en grands déficits pour y éviter des récessions qui entraveraient l’ensemble de l’économie mondiale.

Ce schéma a parfaitement fonctionné. Il y a eu deux ralentissements mondiaux en 1952 et 1963 mais aucune récession jusqu’à la décision unilatérale des Américains de casser le système à l’été 1971.  

Il avait néanmoins un défaut de construction : les Etats-Unis avaient imposé que le dollar soit considéré comme équivalent de l’or comme base d’évaluation des monnaies et liquidité internationale. La raison était simple : tout l’or était aux Etats-Unis ! Cela imposait au dollar de maintenir sa valeur en or. A 35 dollars l’once, cela supposait pour les Etats-Unis une politique budgétaire plutôt restrictive. La guerre du Vietnam, la compétition dans l’espace avec l’URSS et les plans de développement internes très ambitieux des Démocrates ont rendu cet objectif intenable. Pour ne pas être grugées, les nations ont demandé le remboursement en or de leurs créances en dollar. Pour éviter de voir leur réserve asséchée, les Etats-Unis ont décidé de faire carrément défaut sur leurs obligations. « Le dollar est notre monnaie et votre problème ».

Cela provoquera dès1972 une récession aux Etats-Unis qui gagne le monde en 1973. La crise du dollar entraîne au bout d’un an la formation d’un cartel de pays pétroliers soucieux d’enrayer la chute verticale de leurs recettes en dollars. Cette décision aggrave la crise. Les Accords tragiques de la Jamaïque en 1974 établiront le régime des changes flottants qui allait détruire la croissance mondiale et conduire à la stagnation toutes les économies occidentales.

Ces décisions n’ont pas été conduites par une doctrine établie et consensuelle. Les changes flottants étaient considérés dans tous les grands manuels comme une fantaisie qui ne méritait pas plus qu’un paragraphe moqueur.

Mais il n’était pas possible de ne pas donner un semblant de légitimation théorique aux accords de la Jamaïque. On a sorti du néant le seul livre qui justifiait, un peu, les changes flottants dont l’auteur était Milton Friedman et ouvert une carrière à Alan Greenspan qui adhérait totalement à cette doctrine. Le premier est devenu le penseur économique et monétaire à la mode autour du concept qui fait de la monnaie est « une marchandise comme les autres » dont le prix doit se former librement sur un marché où l’interférence des Etats doit être interdite. Le second a pris les progressivement les commandes au sein du système financier américain.

On a inscrit cette doctrine dans un mouvement néo-libéral, portant sur l’ouverture générale des marchés et l’abaissement des frontières, avec in fine l’intégration de la Chine dans le système.

Les effets tragiques ont été immédiats. Les crises financières périodiques sont revenues : 1973, 1982, 1992, 1998-2001, 2008… Le taux de croissance global s’est effondré. On tourne en Occident autour de 0.5% actuellement, là où on était entre 4 et 7% avant 1971.

On fera de Greenspan un président de la FED. Il finira par avouer que tout ce qu’il pensait s’était finalement avéré erroné et qu’il s’était trompé sur toute la ligne. Il restera dans l’histoire pour une phrase amusante : « si vous avez compris ce que voulais dire, c’est que je me suis mal exprimé ». Et c’est tout, ce qui explique l’absence quasi-totale de commentaire approfondie à l’occasion de sa disparition. La crise des subprimes a balayé son souvenir comme référence sérieuse.

L’ennui, c’est que les conséquences économiques des changes flottants ont été tragiques sans que personne ne veuille rouvrir la question de l’organisation monétaire.

L’union Européenne a profité du désordre pour créer l’Euro, une monnaie fixe que ne permet plus de gérer les ajustements des balances de paiement par la révision des parités monétaires. Après près de quinze ans de restriction monétaire pour entrer dans les critères de l’Euro, qui a tué une bonne partie de notre industrie, la crise de 2011, propre à l’Euroland, allait encore aggraver la situation, faisant de l’Europe la zone la moins dynamique du monde en matière de PIB et laissant emploi et industrie à la disposition de la Chine, de l’Inde, de la Turquie et en fait du monde entier. La récession est le seul moyen d’ajustement pour un pays en déficit si les pays en excédent ne sont pas associés à la manœuvre. Se souvenir du cas grec !

Deux systèmes monétaires foireux, propices aux crises périodiques sévères et sans moyens d’ajustement autre que la stagnation, coexistaient dans l’absurdité et le silence jusqu’à ce que les Etats-Unis réagissent à nouveau et procèdent aux ajustements qu’ils jugeaient nécessaires, non plus par les monnaies mais par les droits de douane, le pire des moyens, avec en prime une guerre au Moyen Orient provoquant le blocage de l’approvisionnement en matières premières vitales pour l’Europe.

Première conséquence ; le multilatéralisme est mort et on sait qu’une organisation monétaire internationale saine passe d’abord par le multilatéralisme. On va donc subir inlassablement les conséquences économiques lamentables des deux systèmes monétaires internationaux.

La mort d’Alan Greenspan s’est produite alors que le chaos de la doctrine aventurée qu’il a longtemps soutenue atteint son acmé. Il serait injuste et de mauvais goût d’ironiser sur le décès du fossoyeur de la prospérité occidentale. En vérité, il n’a été que la caution et l’acteur momentané de voies de fait qui l’ont toujours dépassé. On a expédié son décès pour ne pas insister sur le désastre des changes flottants qui restent un tabou dans la presse française et internationale, au moment où il atteint des formes catastrophiques et même ahurissantes.

Ce tabou doit tomber. C’est la grande leçon à tirer de la disparition d’Alan Greenspan. Dans le système d’information « construite » dominant, elle ne le sera pas. C’est une preuve évidente de la déchéance de la pensée économique contemporaine et de l’ineptie routinière de la politique en France et en Europe.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Ce blog fête ses 18 ans.

Ce blog fête ses 18 ans, plus de 5 millions de lectures et plus de 1 100 articles, représentant plus de 5 000 pages de textes sur tous les sujets qui fâchent.

Il a accompagné une des périodes les plus sinistres pour la France, marquée par son effacement et sa marginalisation dans une mondialisation déséquilibrée, un Occident en crise, une Europe soumise aux lobbies, hyper normative, autodestructrice et où l’Allemagne a reconstitué sa proéminence. Nous avons connu en 2008 la pire crise financière mondiale depuis 1929, puis, en 2011, la première crise spécifique de la zone euro. Nous vivons un effondrement des naissances avec une perspective de disparition du pays avant la fin du siècle. Un socialisme totalement débridé veut faire de tout propriétaire « un salaud détournant un bien public à récupérer d’urgence ». La France est devenue le leader mondial pour la spoliation fiscale. Nous avons importé sans révolte un wokisme faisant du couple hétérosexuel une horreur. Nous avons accepté la prise de pouvoir sur le politique d’une phalange de hauts fonctionnaires étatistes, européistes et socialisants par (dé)construction. Nous avons laissé s’installer un système d’information biaisé, forgeant des mensonges à répétition pour « construire l’opinion ». Nous avons importé sans réaction une hystérie « escrologique » à la fois intéressée (le lobby international des éoliennes et des plaques photovoltaïques domine l’Europe) et ruineuse. Nous avons consenti à l’abandon de la sécurité intérieure et extérieure pour complaire à une vision charlatanesque de la bonté universelle.

Constatons les grands traits de la situation française : stagnation de longue durée frôlant la récession permanente, perte de 700 milliards de PIB chaque année en abandonnant notre troisième place de 1971 pour le PIB par tête, dette publique abyssale de plus de 3 500 milliards d’euros, crise énergétique, crise industrielle, crise agricole, crise dans l’immobilier et la construction, blocage des circulations urbaines, décroissance démographique, triomphe de l’islamisme et de l’antisémitisme, assassinats politiques, émeutes de rue répétitives, poussée délirante de la délinquance, services publics asphyxiés, plus d’armée digne de ce nom, justice démolie en profondeur, santé publique à la dérive, école détruite, information publique idéologisée, malhonnête et partisane, numérisation fragile tenue par des sociétés étrangères avec une vulnérabilité croissante de tout le système, grèves systématiques dans les secteurs publics, disparition de l’autorité…

La descente aux enfers est marquée depuis 50 ans par la fatuité de Giscard, la figure de pourrisseur de Mitterrand, la mollesse de Chirac faisant de l’incapable destructeur Jospin un leader de « dream team », le triomphe du centrisme impuissant, le n’importe quoi sarkoziste, puis de Bidochon-les-petites-blagues, sur fond de massacre du Bataclan et pour finir le nihilisme destructeur du pervers narcissique Emmanuel Macron. D’où la tentation fréquente de mettre en cause l’élection directe du président de la République.

Il est vrai qu’il faut se pincer pour constater que le toxique M. Macron a été réélu, comme l’a été Mme Hidalgo, qui a engagé la destruction de Paris par asphyxie des circulations et de l’habitat, l’hyper déséquilibre des finances municipales et la substitution intéressée de la population

Le Cercle des économistes e-toile s’est formé justement parce que tous ces dégâts étaient envisageables dès 1997. Les malheurs qui se sont abattus sur l’économie mondiale, sur l’Europe et sur la France étaient inscrits dans les institutions et les pensées dominantes dès les années quatre-vingt-dix. Elles ont ravagé le quart de siècle suivant sans qu’il ait été possible de faire prendre conscience des délires désastreux qui allaient suivre, largement du fait du blocage de l’information par ceux qui la dominent. Forum et blogs se sont révélés finalement impuissants à changer le cours des choses et la pédagogie des catastrophes n’a pas joué non plus.

La terrible récession de 1992-1993 était un tocsin, mais personne n’a voulu l’entendre. Elle marquait de façon explicite le désastre du système des changes flottants et des déséquilibres commerciaux et financiers acceptés. Greenspan vient de décéder à 100 ans. Paix à son âme mais la caution qu’il a donnée à un système tragique est un leg difficilement pardonnable. L’intégration de la Chine dans une mondialisation sans règle fournissait le cercueil de l’économie occidentale. La conférence de Rio en 1992 marquait le succès de Maurice Strong et de sa bande et lançait l’hystérie « escrologique » mondialisée. Le traité de Maastricht annonçait clairement ses conséquences. Les effets de la pilule, de l’avortement et du planning familial, associés à la destruction du couple traditionnel étaient déjà patents en 1990 mais la suite s’est révélé catastrophique. Mais chut ! Il ne fallait pas le dire. .

Quant à la gauche révolutionnaire, elle continuait à sacraliser tous les tueurs passés à l’action, le maoïsme et ses millions de morts, Pol Pot et les Khmers rouges, Prachandra, au Népal, les Farc en Colombie. Pas un tueur en série ne devait échapper à la dévotion militante. La gauche dite par antiphrase de gouvernement, conquise par l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante, entendait gérer le capitalisme avec le soutien des Eurolâtres de la finance mondialisée, quitte à abandonner les ouvriers sacrifiés au profit de l’immigré africain. « Touches pas à mon pote », disait-elle, en construisant les planches de nouveaux piloris destinés au « petit théâtre antifasciste », à la lutte contre les restes de l’Eglise catholique, et la chasse aux juifs sionistes. L’Occidental, chargé de tous les péchés, devait se couvrir la tête de cendres et entrer en repentance. Il devait se prosterner devant l’Islam régénéré dans la violence terroriste par l’assassin de masse iranien Khomeini, adulé par une certaine gauche.

Tout était donc en place pour le désastre du premier quart de siècle suivant. Pour l’observateur, tout était facile à constater et à analyser à condition de ne pas refuser de voir et de comprendre.

Les deux auteurs d’utilité publique, Alfred Sauvy et Maurice Allais, ont été marginalisés, le dernier étant jeté aux orties sans ménagements. L’information construite et aseptisée est devenue totalement asphyxiante. Le mensonge organisé s’est installé dans l’information française. Il a atteint par son intensité et ses formes invasives et perverses un niveau totalement insupportable. Il est désormais protégé par des lois qui interdisent de protester. Tout est pénal mais on n’a pas construit de prison pour juguler la délinquance avérée, celle qui s’en prend aux biens et aux personnes et qui fait l’objet d’une compassion victimaire délirante. L’inversion victimaire est partout. La soumission est organisée. L’islamisme triomphe sur les ruines de la Renaissance. La culture française est en lambeaux et abandonnée. « Elle n’existe pas » dira Emmanuel Macron, un président indigne et toxique, tellement représentatif de l’époque.

Constater qu’après ce quart de siècle de délire autodestructeur, le choix présidentiel n’est plus qu’entre la famille Le Pen et l’ignoble Mélenchon, entré en trotskisme sous le nom de Santerre, le tueur génocidaire de la Révolution française en Vendée et l’inventeur du gazage des populations, dont l’exemple sera repris par Staline qui fera gazer des « koulaks » avec des gaz d’échappement de camion, avant que l’ex militant communiste Hitler systématise la méthode, a quelque chose de fascinant par l’ampleur de la dégringolade mentale et politique française qu’il révèle.

L’État français a perdu tout pouvoir sauf celui de voler les Français et de les accabler d’obligations intenables. Le gouvernement des juges triomphe, fondé sur la captation au sommet de l’interprétation des préambules constitutionnels et par le bas par le justicialisme débridé pratiqué par des juges de gauche, certains de l’impunité. Le peuple gronde et marque sa colère contre une corporation qui l’a trahi et qui l’a affiché sur un Mur des Cons qui n’a rien de virtuel et tout de permanent. L’Union Européenne, laissée sans contrôle par un président foncièrement anti-français, a réussi à détruire notre industrie, notre agriculture, et notre politique énergétique et même, la construction immobilière. Les cadeaux au peuple sans production et entièrement payés par la dette se sont imposés comme exclusif moyen de gouvernement. Demandez à M. Hollande, le gros malin qui joue au cheval de retour : « C’est gratuit c’est l’État qui paie » et qui aura droit sur le service public à une émission dirigée par la femme de M. Glucksman où il a étalé pendant les heures ses cadeaux au peuple à base de gratuité fictive.

L’inversion est partout. On veut consommer et redistribuer sans produire ; asseoir la sécurité sur la protection et l’excuse des assassins, assurer le destin français en niant la France et en la dissolvant dans une Europe fédérale chimérique dominée par l’Allemagne, électrifier les usages en s’appuyant sur une énergie imprévisible et incontrôlable, renforcer l’Éducation nationale en liquidant l’enseignement national. On pense assurer la promotion des nuls en détruisant les méritants, des pauvres en détruisant les riches, des femmes en détruisant une virilité déclarée toxique, des régions en détruisant les grandes villes, des pays sous-développés en accablant les autres, des immigrés en saquant les nationaux etc.

La grande question est devenue poignante  : que sera la France dans 25 ans si on continue comme cela ?

On sait déjà que la population aura diminué et que les enfants se seront évaporés. Il est probable que les régions séparatistes auront réussi leur projet : l’Alsace aura gagné son statut de région européenne autonome, comme la Corse, la Bretagne, le Pays basque, la Savoie, la Flandre, l’Occitanie, le Comtat Venaissin et pourquoi pas l’Auvergne et la Normandie. L’Union européenne sera un Etat fédéral de plein droit avec un président élu. L’anglais sera la langue unique officielle de la Fédération. La France sera un état islamisé, ruiné et dominé par le narco trafic, où les muezzins peupleront les minarets. L’université française poubellisée sera juste un forum politique visant à défendre intérêts de l’Islam comme aujourd’hui mais d’une façon déclarée et ouverte. L’explosion finale des finances publiques aura entraîné une récession de plus de 30 % du PIB. La France sera à la soixantième place dans le classement du PIB par tête. On aura commencé à tuer les vieux dans les hospices. Il sera devenu impossible de maintenir le patrimoine et on aura plus d’argent pour faire face aux frais d’entretien des grandes villes. Des ruines urbaines commenceront à apparaître en leur sein, comme on voit des masures s’effondrer le long des routes aujourd’hui.

Le plus consternant est que ce scénario est le plus favorable. Une invasion russe ou une guerre civile, une récession gravissime, ou toute autre catastrophe du même genre peuvent se produire à tout moment, en même temps qu’une fuite des élites et des capitaux, laissant la France au niveau dramatique d’épave nationale, sociale et économique.

On dira : vous exagérez ! Regardez autour de vous ! Tout le monde est heureux. Et si vous posez la question, tout le monde déclare aller bien et que ce sont les autres qui vont mal. Ce n’est pas faux. Mais on connait tout cela. C’est la fameuse blague du type qui tombe de 30ème étage : jusqu’au premier, tout va très bien ! Accroché à une dépense publique désormais infinançable, tout va bien tant que cela ne casse pas. Sinon, patatras !

C’est toujours difficile d’envisager le pire.

Qui aurait pu prévoir en 1971qu’on soit là où la France est descendue cinquante-cinq ans plus tard, qu’on aurait accepté de réélire un Président atteint par une maladie de la personnalité, antinational et pervers, qu’on aurait toléré qu’une Espagnole abusive poussée au pouvoir par les alcôves détruise la capitale française ? Qui aurait même pu seulement imaginer qu’on détruirait radicalement l’école, la justice, la police, l’armée, l’industrie, l’agriculture, l’énergie, l’activité portuaire et même l’immobilier, tout en laissant les naissances sombrer, la dette s’envoler à des sommets himalayens et la drogue triompher, sur fond de remplacement inéluctable de la population par des immigrés islamisés et revanchards ? Par quelle dinguerie soudaine la France a-t-elle accepter cela , et a cru devoir en redemander ?

Encore aujourd’hui, nous ne voulons pas voir les dommages certains de la persistance des erreurs récentes les plus graves. Qui a écrit que l’ennui du pire, c’est qu’on s’y habituait ?

L’honneur de ce blog aura été de ne jamais céder à la tentation d’abandonner le combat contre des erreurs qui s’avèrent désormais clairement mortelles pour une « certaine idée » de la France, sa prospérité et sa place dans le mouvement du monde.

Malgré les rodomontades, aucun parti politique n’est décidé réellement à faire face. Dès qu’il s’agit de prendre une mesure précise et centrée sur un problème grave, obligatoirement génératrice d’une opposition forte et d’une obligation de combattre pas à pas, tous les politiques tournent le dos, même quand les mesures sont parfaitement fondées et défendables. Mais « c’est la faute du peuple » : la démocratie veut qu’on suive l’opinion publique, non ? Les « jeunes » ? Ils ne voudraient plus travailler, comme les cinquantenaires.

Alors « e viva la muerte » : les Parlementaires veulent organiser le suicide assisté ; Mme Tondelier suggère de laisser mourir de chaud, sans climatisation, les vieillards surnuméraires. M. Mélenchon, sous son surnom de Santerre, l’homme qui a inventé le gazage de population, annonce le grand nettoyage révolutionnaire. M. Macron fait entendre aux mères de famille qu’elles doivent s’attendre à perdre des enfants ! Tant de sollicitude pour la mort est bien émouvante.

Seule obsession politicienne : être candidat puis au second tour de l’élection présidentielle. Pour la suite, on verra bien ! Pour durer, on ne dira rien. Eloge du néant béant sur le fond, et du néant bêlant sur la forme ; la tactique politicienne et la com’ sont les seules préoccupations.

Aucun intérêt ! Aucun espoir de changement ?

Le Français, né malin ….

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

 

Le système monétaire international, clé du multilatéralisme heureux

On commente aujourd’hui avec beaucoup de retard l’effondrement du multilatéralisme, le retour des relations de puissance au détriment du droit international, et  l’effacement d’une Europe qui a organisé l’impuissance des Etats, seuls détenteurs de la souveraineté, au nom  d’un «  soft power » surtout soucieux de faire de la place aux minorités agissantes, et à l’immigration étrangère, en particulier musulmane, qui cherche de moins en moins à s’assimiler et de plus en plus à affirmer son pouvoir sur une société émiettée et inertes.

L’effondrement a commencé en 1971 avec la rupture des Accords de Bretton Woods qui imposaient aux Etats deux contraintes essentielles :

-            Pas de mondialisation commerciale heureuse si les Etats peuvent accumuler d’immenses déficits et excédents commerciaux

-            Obligation de souscrire aux observations de certaines institutions internationales comme le FMI, fonds monétaire international.

Ce système a permis les 30 Glorieuses en évitant les grandes récessions.

De même, les Etats européens, tirant la leçon de guerres terrifiantes et auto destructrices à répétition, ont accepté le principe d’ouverture totale des mouvements de personnes, de biens et de capitaux, au sein d’une zone régulée dont le principe était la résolution des confits par la négociation et non les mesures de rétorsion unilatérales.

En même temps, la décolonisation permettait de créer un cadre de coopération, préférable à la situation de contrainte antérieure.

Le multilatéralisme et la coopération ont bien été la base de progrès extraordinaires en Occident et pour les nations qui ont choisi le modèle occidental.

Le système était perturbé par trois plaques chaudes : l’expansionnisme communiste et le révolutionnarisme international, la volonté de créer un état juif au sein du monde arabe, la tentation hégémonique américaine.

En imposant le dollar comme proxy d’une unité de compte internationale, le ver était dans le fruit des accords de Bretton Woods.

La décision américaine de faire sauter les accords de Bretton Woods aurait dû conduire à une version corrigée de l’organisation monétaire internationale. Il fallait éliminer le dollar comme proxy de l’or et créer une valeur de référence totalement indépendante d’une monnaie nationale. Les échanges devant être équilibrés le plus possible, le besoin d’apurement des soldes pouvait être satisfait assez facilement.

En choisissant la voie des changes flottants par construction favorable aux relations de force et en renonçant à l’exigence de non accumulation d’excédents et de déficits, on détruisait radicalement le fondement même du multilatéralisme au profit du chacun pour soi. On est au cœur du réacteur qui a finit par conduire au chaos actuel.

On découvre 50 ans plus tard que le multilatéralisme n’existe plus, mais tout était écrit dès les décisions de l’été 1971.

Les secousses monétaires ont entraîné des récessions périodiques de plus en plus graves, poussé les pays pétroliers à rançonner l’Occident, aux Islamistes de trouver des financements colossaux. Les récessions ont cassé durablement les essais de « welfare state ».

L’Europe a commis cinq  erreurs colossales supplémentaires :

-            Le saccage de la démographie

-            L’entrée de la Chine dans l’OMC

-            L’introduction d’un sociétalisme cassant toutes les références sociales et morales antérieures au profit d’un société dépareillée sans assises nationales et familiales.

-            La destruction des Etats nationaux dans le cadre du traité de Maastricht, par la perte de l’indépendance des nations, le transfert de la création de la loi, l’hyper pouvoir des cours juridiques, et l’étouffements des pouvoirs régaliens.

-            La création d’un ensemble de pays sans limite connue et sans frontière dont l’ambition ne pouvait être que fédérale.

Appauvris et de plus en plus impuissants, les états occidentaux se sont étiolés radicalement. Pénitents, consommateurs et plus producteurs, submergés par l’immigration allogène et les minorités triomphantes, ravagés par les récessions, les impôts et la dette, sans enfants au sein de populations vieillissantes et en régression, les Européens se sont enfoncés dans les difficultés.

Les Etats-Unis ont décidé de réagir. Les droits de douane unilatéraux plutôt que la recherche d’un nouveau système coopératif favorable à la croissance. L’interventionnisme militaire ponctuel pour imposer la loi des Etats-Unis. Le chantage permanent fait à l’union européenne avec des commissaires transformés en zombis terrifiés qui cèdent à tout.

Ne parlons pas de la France de l’indigent Macron, président perroquet indigne et toxique qui aura cassé tout ce qu’il touche. Il aura permis la domination de partis protestataires obligatoirement destructeurs.

Si on casse la colonne vertébrale, il ne reste pas beaucoup de place pour le dynamisme individuel. Le système monétaire international est la colonne vertébrale du monde. Tout retour vers plus de multilatéralisme et de coopération passe par le préalable de la refonte des systèmes monétaires internationaux.

Didier Dufau 

Livre "Les Malheurs de la Vérité" - L'interview de l'auteur

Les Malheurs de la Vérité

Didier Dufau

L’interview de l’auteur,

Question : Vous avez exploré les causes de la crise de 2008 dans votre premier livre L’Étrange Désastre, édité dans le cadre du Cercle des économistes E-toile que vous présidez. Vous avez ensuite publié une histoire de la monnaie de 1919 à 2019, La Monnaie du Diable, parce que vous jugiez que peu de gens connaissaient cette histoire fondamentale. En 2021, vous avez averti dans Réconcilier Économie et Écologie, deux trains lancés l’un contre l’autre sur la même voie, qu’on entrait dans une impasse.

L’actualité donne largement raison à vos thèses. La mondialisation déséquilibrée, qui permet d’accumuler d’énormes excédents et déficits, depuis que les changes flottants ont remplacé les Accords de Bretton Woods, a vu les États-Unis tenter de réduire ses déficits par les droits de douane décidés unilatéralement. L’étouffement économique associé à un écologisme déraisonnable a conduit l’Union Européenne à desserrer les règles folles imposées par J. Timmermans.

Pourquoi un économiste croit-il devoir aborder une question aussi générale que « la Vérité » qui ressort plus de la morale ou au moins de la sociologie ?

Didier Dufau : Les grandes questions économiques sont passées au second plan depuis le Covid. La dette a créé le sentiment que peu importait la production, on pouvait vivre avec l’argent des autres ou l’argent magique. Les analyses de l’opinion et des forces sociales ont pris l’avantage. Les travaux des sondeurs d’opinion ont la priorité sur la réflexion proprement économique.

Question : Pensez-vous que le débat économique serein n’est plus possible ?

DD : C’est un constat. Le spectacle indigne donné par les Parlementaires français en ce moment est pour le moins éclairant. Nous avons créé notre petit cercle pour faire valoir des idées qu’on ne retrouvait pas toujours dans les médias où la « vérité » est « construite ». Mais entre le silence et l’injure permanente, il faut constater non pas seulement un changement d’intensité de la querelle mais un début d’interdiction du débat.

Q. : En quoi le débat sur la Vérité est-il aujourd’hui indispensable ?

DD : Michel Barnier, au début de sa courte mission de Premier Ministre a déclaré : « Moi, je dirai la vérité ». Depuis, la dénonciation du mensonge se retrouve partout, pas toujours de façon très utile. Traiter ses adversaires de menteurs est le degré zéro de la politique. Mais comment a-t-on pu cumuler autant de crises, certains en ont compté une quarantaine, et aussi graves, s’il n’y a pas eu quelques dysfonctionnements dans le système d’information des Français ?

Normalement la « conversation démocratique » aurait dû permettre d’anticiper les difficultés et d’élaborer des solutions préventives et curatives. Là est le mystère et il importe de comprendre ce qui s’est passé.

Q : Vous considérez que le système d’information français a failli ?

DD : Très clairement. À partir du moment où les drames se sont accumulés à ce point, il faut se pencher très sérieusement sur la question. Il y a un vice quelque part qu’il importe de bien comprendre et de corriger.

Q. : Quel est donc ce vice, selon vous ?

DD : Nous l’avons examiné en détail et lui avons donné un nom : le Grand Mensonge Systémique. Un GMS est une vérité qui ne parvient pas à entrer dans la conversation démocratique. Pour un observateur raisonnable, elle ne fait aucun doute. Néanmoins, elle va rester hors du système d’information. Un Grand mensonge Systémique suit toujours à peu près la même séquence. Au départ est l’occultation. Si le système d’information n’en parle pas, la vérité n’est pas débattue. Les « forces d’occultation » sur certains sujets sont diverses, nombreuses et puissantes. Deuxième phase : on ne peut plus occulter la vérité qui s’infiltre un peu partout. Alors commence la négation. « Ce n’est pas vrai ! Ceux qui le prétendent sont des vilains. Ne les écoutez pas et circulez, il n’y a rien à voir ». Troisième phase : la minimisation. C’est vrai ! Mais ceux qui en parlent exagèrent. Ne les écoutez pas. Circulez, il n’y a toujours rien à voir. Le stade ultime : l’exonération. Oui c’est vrai ! On ne peut ni le nier, ni le minimiser. Et alors ? L’affaire est complexe et de toute façon ce n’est pas notre faute. Inutile de s’attarder.

Cette séquence, dite loi de Chaix, du nom du membre du cercle qui l’a explicitée, peut durer cinquante ans et plus.

L’ennui c’est que les vérités qui subissent ce traitement sont en général associées à des conséquences très graves. Si trop d’entre elles sont ainsi stérilisées, alors les crises finissent par s’accumuler de façon inextricable comme on le constate aujourd’hui.

Q. : Comment expliquer cette multiplication des Grands Mensonges Systémiques ?

DD : Les « élites » ne veulent pas remettre en cause les institutions ou les politiques ancrées dans des rapports de force sévères et considèrent que l’éviction des problèmes les plus graves permettra de passer les caps électoraux sans trop de dommages. On « enjambe » les élections ! Et on s’en vante ! Pour ces gens, il faut présenter une information « pédagogique », « performative », construite et purifiée. Le débat public devient non seulement insipide mais faux jeton. Car il faut à chaque échec donner une explication sans remettre en cause les mensonges récurrents. Des constructions publicitaires monstrueuses de sottise sont alors proposées aux masses ignorantes qui doivent s’en contenter. Logiquement, ces derniers le répètent depuis près de trente ans : « on marche sur la tête ». Ils ne sont pas entièrement dupes. Et ils ne vont plus voter ou ils votent « protestataire ».

Comme le disait Muyzenberg, l’astucieux théoricien de la dialectique communiste, « devant des ignorants, la vérité et le mensonge sont à égalité ». Alors ? Pourquoi se priver de mentir utile ? Mais l’auditoire décroche vite.

Q. Pourriez-vous nous donner des exemples ?

DD : Faire un inventaire de la sottise économique qui s’étale dans les médias serait amusant mais sans fin. Ces « narratifs » dont nous sommes accablés tous les jours sont consternants. On le jugera à ces petits exemples :

-            Les 35 heures ont créé de l’emploi

-            L’Union Européenne nous protège

-            La conversion énergétique va créer de l’emploi en France

-            Le wokisme est un fantasme

-            Le capitalisme est la cause de la dénatalité

-            Les éoliennes sont une solution évidente

-            La SNCF fait des bénéfices

-            Il faut être heureux de la crise immobilière, car la hausse a été « scandaleuse ».

-            La dette démente, c’est bien.

-            Le retour à la retraite à 62 ans est possible.

-            La dette française ne pouvant plus croître au même rythme, il faut que l’Union européenne prenne le relais et finance les transitions militaires, numériques, écologiques par d’immenses emprunts.

-            Un système de retraite par répartition est compatible avec le vieillissement de la population et la disparition progressive de la jeunesse.

-            Le néoféminisme politique n’a rien à voir dans la baisse des naissances.

-            Cela ne coûte rien c’est l’État qui paie.

-            Toute immigration est heureuse.

-            Le classement Pisa ne donne pas une vraie indication des progrès de l’éducation nationale.

-            La notation de la dette de la France n’a pas d’importance.

-            On a supprimé la taxe d’habitation et donc réduit les impôts (alors qu’on n’a fait que transférer le financement sur d’autres et la dette).

-            Macron nous protège.

-            Certes nous baissons régulièrement pour le rang dans le monde pour le rapport PIB par tête. Mais l’indice est mauvais. En matière de bonheur par tête nous sommes bien placés.

-            La prison conduit à la récidive. Les récidivistes ne doivent donc pas aller en prison !

-            On peut contrôler le trafic de drogues sans s’attaquer sérieusement aux jeunes immigrés qui s’y livrent quasiment impunément. Ni à leur famille.

-            Les ARS ont amélioré la gestion de la santé.

-            Les faits sont fascistes

-            Le calendrier prévu par l’Union Européenne pour décarboner totalement son économie est tenable.

-            La politique écologique n’a pas besoin d’étude d’impact. Les conclusions du GIEC suffisent.

-            Installer des champs d’éoliennes ou de plaques photovoltaïques n’est pas une artificialisation des sols

-            Exproprier progressivement chaque année et sans indemnité 2 % du capital des entreprises importantes n’a pas de conséquences sur le fonctionnement de ces entreprises

-            Redistribuer par les prélèvements l’équivalent de la valeur ajoutée globale des entreprises est durable. (1 600 milliards d’euros dans les deux cas en 2024).

Q. : Faire la chasse à toutes ces sottises vous paraît-il un travail surhumain ?

DD : Surtout inutile. La puérilité de toutes ces affirmations défie tout débat. Il faut se concentrer sur les Grands Mensonges Systémiques qui doivent être exposés en pleine lumière et qualifiés comme tel, afin que plus personne n’ose s’en emparer sans être ridicule.

Q. : Quels sont donc ces Grands Mensonges Systémiques ?

DD : Nous en avons isolé une demi-douzaine, en se concentrant sur ceux qui ont une influence directe sur les difficultés criantes que nous rencontrons et sont encore largement exclus du débat démocratique utile. Pour chacun d’entre eux nous avons d’abord clairement défini la vérité concernée et le mensonge associé. Nous avons fait l’historique de son apparition et de son développement, phase par phase, et clairement établi le lien avec les difficultés actuelles. Ce lien est tellement fort que nous avons eu du mal à finir le livre. Chaque semaine apporte son lot de confirmations et d’illustrations. On est tenté de rester coller à l’actualité !

G. : Pourriez-vous donner un exemple

DD : Le plus démonstratif est le Grand Mensonge Systémique démographique. Pendant cinquante ans le narratif public a voulu que la pilule, l’avortement, la remise en cause de la famille traditionnelle, le néoféminisme exalté et le Wokisme n’entraînent aucune conséquence sur la natalité. Tout allait bien en France qui faisait mieux que tous les autres pays développés. Jusqu’à ce qu’on constate que les moins de 20 ans sont 15 millions en 2025 alors qu’ils étaient 30 millions en 1971. Une division par deux. Un terrible effondrement. À ce rythme, ils seront 5 millions en 2 100 ! Souhaitable ? Et on découvre soudain que la classe des 20-60 ans a baissé dans les dix dernières années et n’a pas pu financer  les retraites de près de 3 000 000 de plus de 60 ans supplémentaires. Qui avait prévenu, anticipé et proposé des solutions ? Pas un mot ! Chut !!! L’occultation a été totale avec la complicité de l’INED. Il a fallu attendre 2 024 pour qu’on sorte de l’occultation, de la négation et de la minimisation en deux ans. Depuis mai 2025 le remplacement générationnel ne se fait plus. Difficile de ne pas voir le lien avec :

-            L’impossibilité de boucler les budgets sociaux et nationaux,

-            La stagnation de la croissance

-            La difficulté de trouver des collaborateurs et pire encore de réindustrialiser

-            La complexité de mobiliser une force militaire plus solide,

-            La baisse relative du PIB par tête,

Cependant les politiques suivies depuis 2013 ont été toutes contraires à la natalité. Hollande baisse le quotient familial et les allocations familiales. Macron et le Parlement constitutionnalisent le doit inconditionnel et gratuit à l’avortement. Rassurer le mouvement LGBTIA leur paraît plus important que de redresser la natalité.

Depuis cinquante ans, le Grand Mensonge Systémique démographique ne permet pas de laisser entrer pleinement dans le débat public la vérité de la dénatalité catastrophique. Aujourd’hui la vérité est bien exposée mais curieusement, les politiques considèrent que cela ne change rien et ne proposent toujours rien de sérieux. C’est le prototype d’une phase d’exonération. « C’est comme cela. C’est complexe et on n’y peut rien ». Luc Ferry explique la dénatalité par le mariage d’amour ! On ne va tout de même pas proscrire l’amour ! Circulez, il n’y a toujours rien à voir…

Q.  Restez-vous optimiste ?

DD : La pédagogie par l’exposition sans fards de la réalité est difficile. Tout le monde connaît le livre de J.-F. Revel sur « la connaissance inutile ».

Casser le cadre totalement fictif de certains « narratifs » politiques, alors que les médias n’osent pas faire véritablement leur travail et acceptent souvent de participer à la construction d’un habillage totalement insincère de la réalité, n’est pas simple. Mais lorsqu’un journaliste fait le lien entre les difficultés de plus en plus insurmontables et le discours dominant, il a en général honte de participer à ce jeu sinistre. Les journalistes ne sont pas des voyous, même si on voit que les lignes idéologiques sont très formées dans les différents médias et que le jeu des forces dominantes y est très présent.

Personne n’a réellement envie de participer à l’occultation d’une vérité nécessaire ou sa négation ou sa minimisation, dès lors qu’il est établi qu’il s’agit d’un Grand Mensonge Systémique qui provoque des conséquences dramatiques.

Tant que la nécessité d’arrêter la complaisance au mensonge ne s’est pas radicalement imposée dans les différents milieux qui participent à la construction de l’opinion, les logiques d’occultation, de négation, de minimisation et d’exonération resteront prégnantes. Il faut aussi étendre cette pédagogie au plus grand nombre. Les Français ont le droit et la capacité de savoir. Ils doivent se révolter contre les Grands Mensonges Systémiques qui les conduisent droit à la catastrophe.

C’est le message qu’il faut nourrir et faire passer dans les mentalités ! Je crois que personne lorsqu’il refermera le livre, ne pensera jamais plus qu’il faut perpétuer les Grands Mensonges Systémique. Les malheurs de la vérité sont d’abord des malheurs tragiques pour les Français.

Annonce du dernier livre de Didier Dufau : "Les Malheurs de la Vérité"

"50 ans de grands mensonges systèmiques"

Nous sommes heureux d'annoncer la pleine disponibilité du dernier livre de Didier Dufau, Président du cercle des économistes e-toile. 

Les malheurs de la Vérité

Présentation rapide

Le choc terrible de la crise parlementaire provoquée par la dissolution irresponsable de juin 2024 ouvre les yeux sur une situation générale déplorable. Les crises s’accumulent : Etat impuissant, naissances en berne, récession, services publics à la dérive, pouvoir d’achat attaqué, sécurité publique dégradée, justice effondrée…

On entend partout la même question. Comment se fait-il qu’on « marche sur la tête » depuis si longtemps avec une inconscience si folle des conséquences ? La qualité d’un système démocratique solide est liée à la bonne qualité du système qui informe le citoyen. Aurait-on perverti notre information ? Aurait-on menti aux Français ?

La crise budgétaire a conduit l’éphémère gouvernement Barnier à afficher un changement radical : « Nous allons dire la vérité ». La vérité ! Nous étions donc bien dans le mensonge. Les Français n’auraient plus eu les moyens de juger les politiques menées et de voter les yeux ouverts sur une réalité honnêtement présentée.

Le couvercle ainsi levé, on a vu soudain, dans la marmite où mijote l’information démocratique cruciale, une pléthore de mensonges allégués souvent emmêlés les uns dans les autres, comme dans un nid de serpents. Pendant ces cinquante dernières années, ils auraient corrodé les esprits et l’information au point d’expliquer l’essentiel des difficultés actuelles. Quelle est la pertinence d’une telle dénonciation, désormais générale ?

L’auteur développe un nouveau concept : le grand mensonge systémique, une circonstance qui empêche une vérité d’éclore dans la conversation démocratique. La séquence est toujours la même : au départ est l’occultation. On n’en parle pas donc cela n’existe pas ! Lorsque l’occultation n’est plus possible s’engage la phase de négation : ceux qui profèrent ces propos sont des vilains, ne les écoutez pas ! Lors qu’i n’est plus possible de nier, commence la minimisation. C’est vrai mais bouchez -vous les oreilles car les vilains qui prétendent dire la vérité exagèrent. Lorsqu’on ne peut plus minimiser reste l’exonération. C’est vrai mais bon, inutile de s’attarder. C’est complexe ou hors de portée. La vérité n’arrive jamais à entrer dans la réflexion collective sur des bases appropriées. Avec évidemment de graves conséquences.

L’auteur passe en revue sept grands mensonges candidats à l’explication des immenses difficultés que l’on connaît aujourd’hui. Il montre comment ces diverses déviations sont nées et ont déployé leurs effets délétères. Il suggère pour chacun les solutions appropriées.

Le système d’information a un rôle crucial à jouer pour le bon fonctionnement des démocraties. En montrant comment il a dysfonctionné depuis cinquante ans, l’auteur cherche à renforcer la démocratie, menacée aujourd’hui, autant qu’à remettre la France sur de bons rails.

Le livre est à la fois d’une grande rigueur conceptuelle et historique et basé sur des exemples très concrets. L’auteur qui a analysé ces questions pendant 20 ans pour ses étudiants de Sciences po et a eu l’occasion d’intervenir comme expert dans une vingtaine de pays dispose d’une expérience unique pour exposer ces questions difficiles avec exactitude, précision et pédagogie. Un essai original et indispensable, en plein cœur des problématiques actuelles en France et qui éclaire des choix réellement cruciaux.

 

Le livre est immédiatement disponible à la librairie en ligne du Club des économistes e-toile

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Faut-il mettre en cause la Constitution de la Ve République ?

Le mensuel Causeur, dans sa livraison de septembre 2025, a publié la libelle anti-gaulliste la plus violente qu’on ait lue depuis les temps troublés de la guerre d’Algérie. Plus d’un demi-siècle après la mort du Général de Gaulle, une telle diarrhée d’invectives surprend. Pourquoi tant de haine rétrospective ? Voici quelques échantillons des « compliments » de l’auteur, Pascal Avot :

- Le gaullisme est un naufrage.

- Le naufrage idéologique du gaullisme

- Le gaullisme est devenu un ectoplasme

- Il relève du « cosplays » (sic)

- De Gaulle a conçu la machine qui a tué la nation.

- L’état gaulliste est un tueur en série économique.

- La géopolitique gaulliste est une décharge pour concepts hors service.

- Le gaullisme est une fin de race

- Laisser la France goûter à l’Après-Charles

- De Gaulle va perdre sa statue et devenir une statuette.

- Les admirateurs de De Gaulle « passeront au mieux pour d’aimables plaisantins, au pire pour de dangereux illuminés »

Pour l’auteur, cette statuette doit clairement subir un rite de style Vaudou, avec mille épingles traversantes permettant l’exécration et la malédiction. Présenter le fondateur de la Ve République comme un tueur, un naufrageur, un ectoplasme fin de race à jeter à la décharge, ne laisse pas entrevoir une analyse d’une grande profondeur. On se souvient d’un journal, Hara-Kiri, qui offrait en quatrième de couverture « une page de vomi ». Mais c’était pour rire ! Un rire pas trop distingué mais un rire tout de même. Ici, pas question de lâcher la guillotine. La tête au képi à deux étoiles doit rouler dans la sciure pour l’éternité, sous les crachats.

Pourquoi s’attarder sur ce texte injurieux ?

L’article est en vérité une critique acerbe du rôle de l’État. L’auteur montre sans originalité mais avec exactitude que l’État français s’est cru prométhéen et a utilisé sa force pour détruire l’économie française à force de socialisme et d’étatisme délirants. Il constate que « la droite n’a eu ni le courage ni l’intelligence d’annuler ces quatorze ans où la France est devenue un pays d’assistanat addictif, de redistribution ratée, de mépris pour les riches, d’hypnose idéologique, de bureaucratie galopante et de laideur morale ». « C’est l’État et lui seul qui a vidé le pays de sa substance économique dans le seul but de nourrir sa cohorte de serviteurs, sa myriade d’obligés et d’affidés et de monter en neige ses projets imbéciles ».

Comme la forme actuelle de l’organisation de l’État a été voulue par le Général, c’est lui le coupable. La voiture s’est plantée dans un platane : ce n’est pas la faute du conducteur mais du concepteur de la voiture. Sans doute veut-il dire que, sans volant, la voiture n’aurait pas eu d’accident !

De Gaulle était, en économie, le contraire même du laxisme. Il a très bien vu que la destruction des Accords de Bretton Woods mettrait fin aux « Trente glorieuses » et il a souhaité mettre fin au rôle du dollar et rétablir celui de l’or, comme base du système. Il a constamment rappelé notamment à M. Giscard qu’il ne fallait pas dépasser 32 % du PIB en prélèvements de toute nature. Il a souhaité une décentralisation et une association entre capital et travail pour permettre des arbitrages plus près du terrain et des acteurs. Il a dû faire face à une révolte venue des États-Unis et au laxisme de George Pompidou. Il est alors parti.

Le vrai coupable de ce qui s’est passé n’est ni de Gaulle ni la Constitution. L’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante, stade suprême de la prise en main du politique par la haute fonction publique, n’est pas née en 1958. Dès la crise de 1929, les Polytechniciens ont lancé le mouvement X-Crise fondé sur l’idée qu’il ne fallait plus laisser le pouvoir à des politiciens ignorants. Maurice Allais est une des réussites de cette réflexion. Il a annoncé avec ténacité qu’une grande crise allait se produire, sans aucun écho dans le système médiatique. Des économistes polytechniciens plus actuels sont moins convaincants. Il ne suffit pas d’être polytechnicien pour avoir raison.

Les Inspecteurs de Finances ont eu le même réflexe après l’effondrement en quinze jours des armées françaises en mai 1940. Ils ont décidé qu’il fallait prendre en main les affaires, faire les réformes nécessaires et se faire nommer ou élire aux postes de responsabilités politiques pour éviter une telle déroute pour l’avenir. Pratiquement toutes les réformes qui se concrétiseront dans le plan du Conseil National de la Résistance date de Quarante et ont mûri pendant l’occupation avant de fleurir à la Libération. L’ENA est créée, comme pratiquement toutes les institutions sociales, au profit d’une nouvelle caste entreprenante et dominatrice : l’Enarchie.

Dès la Quatrième, le poste de président du Conseil est conquis d’abord par Mendès-France puis Bourgès Monoury puis Félix Gaillard. Ensuite, ce sera Michel Debré. Avec le couple Giscard-Chirac la main mise énarchique est totale. Elle s’épanouit dans la démesure sous Hollande et Emmanuel Macron. On voit alors que le poste de premier Ministre est juste une étape de carrière administrative entre un poste de président de société de bus et la direction d’une société de métro ou de chemins de fer. Le premier Ministre perd sa consistance politique en ne représentant plus aucun segment du corps électoral. Gauche, Centre et Droite deviennent des entités politiques indistinctes et dominées par des élites administratives. Tous font la même politique. L’impôt ; le règlement, la subvention, les trois disciplines de base du haut fonctionnaire, explosent littéralement et coulent la France.

L’auteur se trompe de combat. L’objet de son ressentiment devrait être l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante. Elle peut être réduite par deux mesures simples : interdire aux hauts fonctionnaires de devenir des élus, sauf à démissionner de leur statut ; interdire les cumuls de rémunérations publiques. L’épistémocratie ne vaut pas mieux que la partitocratie. La séparation des pouvoirs implique que les hauts fonctionnaires servent la République mais ne la dirigent pas.

Là est la mesure utile et intelligente.

Éructer contre le Général de Gaulle est une passion triste et morbide mais surtout une erreur de cible particulièrement embarrassante.

Maintenant, il reste la liste affligeante de Présidents qui se croient des Jupiter et finissent dans le n'importe quoi. Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ont été des présidents catastrophiques. Tous ont laissé filer la dette et multiplié l'interventionnisme de l’État nounou, sans oser s'attaquer aux deux sources principales des malheurs français ; la dénatalité et les défauts radicaux des systèmes monétaires internationaux, au sein d'une mondialisation dérégulée et déséquilibrée ; après avoir perdu toute indépendance au profit des commissaires européens.

Le spectacle donné par les parlementaires actuellement indique tout de même qu'il y a pire que des présidents défaillants. Fin de régime ? Tout le monde l'annonce. Avoir laissé la France dégringoler à la 28e place pour le PIB par tête est en effet le genre de résultat que personne en 1973, dans ses pires cauchemars, n'entrevoyait. Encore 50 ans de délire et on sera dépassé par le Zimbabwe. L'Européisme, l'Étatisme, le Socialisme, le Wokisme, le Fiscalisme, l'Anticapitalisme, l'Escrologie, le Keynésianisme dévoyé, la démagogie de la "gratuité de la vie", le gouvernement des juges, l'idéologie de la non-répression et le Justicialisme, ont été de plus féroces ennemis du peuple Français et de sa prospérité que la Constitution.

Le problème de la France n'est pas d'avoir un président trop puissant, mais qu'il a perdu toute autorité. Le problème du peuple français n'est pas qu'il souffre, mais qu'il ne travaille plus et ne fait plus d'enfants. Dans ces conditions, l'effondrement est automatique. Les Français ont le choix de croire qu'ils peuvent vivre sur la dette et l'argent des riches, ou de se remettre au boulot avec détermination, réenchanter la natalité et revenir aux grands équilibres.

La personnalité du futur président est importante, mais le programme l'est plus encore. En sacrifiant une mesure indispensable (le recul de l'âge de la retraite) la classe politique jette un froid terrible sur notre avenir. Certains désormais finissent par croire que le communisme est une solution pour perdurer dans la fainéantise assistée.

La seule solution est de se remettre dans la dynamique de la Ve République et de faire admettre aux Français que le salut passe par un programme massif et dynamique de redressement, avec la nécessité d'infliger une défaite cuisante aux ennemis de l'intérieur et de faire gagner une diplomatie de la prospérité.

Il est malheureusement clair qu'on n'en prend pas le chemin.

C'est tout de suite qu'il faut corriger la trajectoire et construire le projet décisif.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

 

De la stabilité des "stablecoins"

Dix grandes banques internationales viennent de créer un « stablecoin ». Pas de doute c’est du sérieux, car ces banques sont énormes et couvrent le monde libre en entier. Mais le problème est de savoir quel est l’étalon base de la prétendue stabilité. On ne sait pas encore si c’est le dollar, le plus probable, ou l’Euro, comme le réclame le gouverneur de la Banque de France, sachant que de son côté la BCE est en train de concocter sa propre cryptomonnaie.

Le problème est que le dollar, évalué en or, a vu son cours baisser de 99,99% en 50 ans. Le Bitcoin vaut maintenant près de 120.000 dollars.  L’évaluation du dollar en Bitcoin est aussi d’un montant ridicule.  

La « stabilité » qu’on nous annonce, a l’allure d’une descente sur toboggan, avec une pente vertigineuse.

Le projet ne crée qu’une alternative à la carte bancaire : un virement électronique de porte-monnaie à portemonnaie électronique, avec ou sans limite de plafond, ce n’est pas encore très clair. L’avantage : virement immédiat et sans frais.

Comment cela se combinera-t-il avec la crypto de la BCE ?

 Comment cela se combinera-t-il avec des comptes bancaires en Bitcoin, qui offre le même service tout en conservant la valeur de la monnaie en « valeur de référence » ?.

 

Ne répondez pas tous en même temps.

« Couple franco-allemand » : le mythe peut-il encore survivre ?

La création de la Communauté économique européenne avait, au départ, le but d’empêcher l’Allemagne de redevenir dominante en Europe. On n’a pas voulu qu’elle expie durablement ses crimes et on n’a pas repris l’antienne des réparations qui avait gâché l’après-guerre de quatorze. On l’a dégagée de toute obligation militaire. On l’a coupée en trois et occupée. On l’a encoquillée dans une union économique.

L’Allemagne de l’Ouest a compris qu’elle devait s’en sortir par le travail et l’exportation en devenant très compétitive, doctrine partagée par le Japon. Et accepter le nouveau suzerain, les Etats-Unis ! La « construction européenne » était vue en Allemagne comme une volonté américaine qui offrait à l’Allemagne de l’Ouest démocratique une place diplomatique de fondateur et la réintégration dans le concert des nations, sous réserve de respecter le suzerain… tout en évitant de passer sous les fourches caudines de la France, seule puissance libre en Europe.

Dans une Europe des six avec l’Italie, ex fasciste, l’Allemagne, ex-nazie, et le petit Benelux, la France, force occupante en Allemagne, tenait un rôle crucial. Vainqueur au côté des Alliés, avec un siège ad hoc à l’ONU, elle seule pouvait parler haut. La France a cru disposer du pouvoir de direction de l’Europe, l’Allemagne déconsidérée jouant le jeu de l’économie partagée. L’Allemagne serait le cheval et la France le cavalier ! Un couple, mais assez spécial propre à créer les conditions d’une Europe de la coopération renforcée et de la paix entre les anciennes nations ennemies.

Le Général avec le traité de l’Elysée croyait pouvoir réaliser ce tour de force, en coupant la tutelle des Américains sur l’Allemagne. Les dispositions sympathiques mais triviales du traité s’imposèrent mais le préambule voté unilatéralement par le Bundestag, introduisait «expressément et explicitement les mots et les concepts mêmes que de Gaulle avait opiniâtrement écartés » :

« Étroite association entre l'Europe et les États-Unis d'Amérique »,

« Admission de la Grande-Bretagne » (qui intégrera la CEE lors de son premier élargissement en 1973),

« Défense commune dans le cadre de l'Alliance de l'Atlantique nord »,

« Abaissement des barrières douanières avec la Grande-Bretagne et les États-Unis d'Amérique, ainsi que d'autres États, dans le cadre du GATT ».

La réconciliation a eu lieu. Des relations de confiance ont été établies à plusieurs étages (jeunesse, villes, gouvernement…). Mais il n’y a jamais eu de couple franco-allemand.

Jusqu’en 1971, les excédents allemands ont été partiellement et provisoirement corrigés par les mécanismes de Bretton Woods, avec des réévaluations parfois sévères des taux de change allemands (deux fois entre 58 et 71). Jusqu’aux évènements de mai 68, le commerce extérieur français était satisfaisant. Le budget était tenu, bien que le Général de Gaulle fût exaspéré par la politique personnelle de Giscard déjà obsédé par l’impôt et la dépense publique, souvent soutenu par Pompidou. « Pas plus de 32% de prélèvements obligatoires ! » disait-il. La démographie était excellente soutenue par le retour des Français d’Algérie.

Pompidou allait être l’homme du réalignement de la France sur les Etats-Unis et sur l’européisme sous suzeraineté. L’apport gaulliste va être mis au panier.

Il accepte l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE, y affaiblissant la position de la France

Il fait préparer une réforme monétaire permettant à l’Europe d’avoir une monnaie en propre,  préparant une perte de souveraineté.

Tout cela allait être aggravé par deux actions venues des Etats-Unis :

La première « révolution  de couleur », en mai 68, est une vengeance des Etats-Unis qui n’ont pas apprécié le discours du Général de Gaulle exigeant le retour à l’étalon or et la fin des privilèges du dollar. Pompidou, premier Ministre, croit devoir finasser avec les étudiants en révolte et cède tout, entraînant l’effondrement de la monnaie…  du budget et de l’Education nationale.

La destruction des accords de Bretton Woods, met fin aux Trente Glorieuses, provoque la crise de 1973 et met la France sous rançon des pays pétroliers. Pompidou malade laisse l’Allemagne imposer les changes flottants qui seront avalisées par Giscard à la Jamaïque.

Giscard pousse la construction européenne et impose l’énarchie compassionnelle et bienveillante en France : et le président et son premier ministre sont hauts fonctionnaires et diplômés de l’ENA. Le septennat sera totalement fiscaliste, sociétaliste et européiste. Les Allemands sont en difficulté : leurs réserves en dollars ont été dévalués et le coût de l’énergie fait vaciller leur mercantilisme. On dit en 1980 qu’ils sont l’homme malade de l’Europe. La France a fait le choix du nucléaire et se lance dans le TGV et les plans de relance industrielle.

La querelle Giscard Chirac fait le lit de Mitterrand qui assomme la France avec le programme commun, renforce l’emprise de l’Enarchie … et prépare le passage à l’Union Européenne et au traité de Maastricht, après quelques simagrées avec le chancelier Kohl qui prépare la réunification de l’Allemagne. La terrible crise de 1992-94, provoquée une fois de plus par les changes flottants, fait venir Jacques Chirac au pouvoir, qui déjeante très vite, et le sinistre Jospin vient finir de détruire le pays et sa compétitivité, en faisant dérailler l’effort nucléaire, en créant des impôts insupportables, en ruinant la compétitivité des entreprises avec notamment les 35 heures,tout en ruinant le budget pour longtemps, la dette commençant à prendre une belle ampleur.

L’élargissement de l’Union Européenne désormais fédérale à 27 états a totalement marginalisé la France, tandis que l’Allemagne a retrouvé sa domination sur toute l’Europe centrale. L’alignement sur les Etats-Unis avec mépris pour « les prétentions françaises » y est généralisé.  

Depuis 2000, le mercantilisme allemand s’est aggravé permettant au pays d’accumuler d’énormes excédents. La volonté allemande de s’opposer à l’énergie nucléaire française a été constante. Le choix débile de l’éolien l’a conduit à se mettre en les mains du gaz russe alors que le marché chinois lui permettait d’exporter ses machines, créant un concurrent mondial extravagant. Nous sommes contraints à soutenir une énergie éolienne néfaste et dont on n’a pas besoin, à cause des Allemands. Les Etats-Unis lassés de payer la sécurité de l’Allemagne et de subir les excédents de l’Allemagne augmentent de 15% les droits de douane des produits…français.  

L’Europe allemande aura été à nouveau un drame pour la France. L’élection de présidents nullissimes comme Hollande ou le catastrophique, demi-fou et dérisoire Macron a tout aggravé.

Où est le couple franco-allemand ?

Nulle part. Le fantôme s’est transformé en illusion méprisée sur laquelle on ironise. On apprend que l’Allemagne va devenir la première puissance militaire de l’Union et qu’elle se fournira en tout aux Etats-Unis. Elle a encore besoin du suzerain américain. Et la désinformation officielle française nous indique que le nouveau chancelier allemand veut rétablir de bonnes relations avec la France…

L’Allemagne n’a pas besoin de la France et en fait désormais à sa tête au PPE et à la Commission. Une autre histoire a commencé. Il faut en prendre acte. Elle est glauque pour la France, surendettée, vulnérable, et devenue à peine plus influente qu’Andorre ou le Luxembourg du fait des caprices grotesques de l’enfant-roi, malade d’anti-France et de lui-même, qu’elle a renouvelé de façon stupide et inconsidérée à sa tête.

Le mythe du couple franco-allemand est mort sans fleurs ni couronnes. RIP !

Deux malédictions françaises : 2. Le drame monétaire

La « négociation » vient de se terminer entre la présidente allemande de la Commission Européenne avec le « mâle dominant » Trump. Elle a été convoquée à une réunion sur un golf écossais appartenant à Trump, entre deux parties. On lui a dit : signe-là ! Elle a signé. Trump a commenté sa victoire éclatante devant une Van der Leyen muette et gênée. Fin de partie.

Comme dit le « narratif européiste » : l’Europe est notre avenir et nous protège car, seule son poids économique peut lutter contre les autres puissances mondiales. La France, qui est en déficit commercial continu et gigantesque depuis les mesures Jospin, notamment les trente-cinq heures et le début de la destruction de la filière nucléaire de production électrique, est traitée par les États-Unis, comme une puissance exportatrice abusive qui mérite des mesures de rétorsion. Ce qu’elle n’est pas. Une énorme injustice, fruit de notre inconséquence européenne.

L’Angleterre qui est sortie de l’Union Européenne, non seulement a une meilleure croissance mais a trouvé un arrangement très favorable avec Trump. La France elle paie pour l’Allemagne qui a accumulé des excédents démentiels avec tout le monde, notamment avec la France et, pour la seconde fois, a provoqué des mesures de rétorsion américaines qui touchent l’économie française. La Chine, elle a su résister et reste ménagée par Trump, tout comme Poutine. L’espèce de gamin immature et narcissique qui a réussi à s’imposer à la présidence française se fait traiter comme tel par Trump. Pour garder un peu d’actualité, il reconnaît de facto l’action du Hamas en reconnaissant une Palestine impossible. Bien sûr le tout et accompagné d’un narratif longuement travaillé avec des équipes qui ne servent qu’à cela : « grâce à la France, les pays arabes vont faire leur rupture avec le Hamas ». Rupture qui existe déjà !

Quelle est la vraie cause de tout ce cirque indécent ? Nous l’écrivons depuis plus de 25 ans. Le système monétaire larvaire et pervers qui a été mis en place par les Américains en été 1971, qui ont fait défaut sans scrupule sur tous leurs engagements précédents, a créé une situation de crise permanente, avec multiplication des récessions périodiques, qui avaient disparu, et une mondialisation totalement déséquilibrée alors que l’entre-deux-guerres avaient prouvé que si on laissait des pays accumuler de gros excédents et de gros déficits on flinguait l’économie mondiale. Tous les traités économiques de l’immédiate après-guerre l’ont consigné. Nous avons fait inlassablement l’analyse du phénomène, notamment dans notre livre L’étrange Désastre paru en… 2 015. Dix ans déjà.

On a laissé le Japon, l’Allemagne puis la Chine et tous les dragons d’Orient et la Turquie et le Mexique accumuler des excédents pharamineux.

L’Union Européenne a voté à Maastricht une réforme monétaire qui crée un système où les déséquilibres entre les pays ne peuvent pas être corrigés par le moyen monétaire. Trois pays, à l’intérieur de l’Eurozone, ont accumulé des excédents colossaux qui n’ont jamais pu être réduits. La zone, elle, a accumulé, via l’Allemagne des excédents importants vis-à-vis des États-Unis et des déficits colossaux avec la Chine. Tout était en place pour un désastre. Il a eu lieu d’abord en 2008 avec la pire récession mondiale depuis 1929, puis en 2011 avec la crise propre à l’Euroland. Il culmine avec la soumission honteuse aux exigences de Donald Trump.

L’Europe a-t-elle réagi et exigé une réforme du système monétaire international inconsistant et dangereux ? Pas un mot. A-t-elle exigé qu’on réforme l’Euroland ? Pas du tout. Mais on a permis des déversements de monnaie totalement inconséquents puis une politique d’étouffement du crédit. Le grand n’importe quoi d’une BCE dirigée par une incompétente !

Quant à l’Allemagne elle a décidé unilatéralement de renoncer à son énergie nucléaire remplacée par des achats colossaux de gaz en Russie, permettant à Poutine de réarmer et des ventes colossales en Chine, au prix de déficits colossaux vis-à-vis de la Chine dans les autres pays de l’Union. En même temps l’Allemagne tentait de diaboliser l’énergie nucléaire et soutenait un plan de développement des Enr totalement débile. Il aura suffi que le batave Timmermans veuille être élu dans une coalition avec les Verts, pour entraîner l’Europe dans un calendrier intenable de prétendue « transition énergétique » où seule au monde elle s’est voulue exemplaire et s’est ruinée.

L’attaque Russe en Ukraine a fait voler en éclats cette belle mécanique. Plus de gaz à bas coût pour l’Allemagne. Une production électrique qui devient calamiteuse partout en Europe. Une hausse des coûts énergétiques phénoménale. Des amendes européennes délirantes. Un green deal asphyxiant. Les industries en voie de destruction.

Et voici que l’attaque américaine conduit l’Allemagne à accepter des mesures unilatérales américaines non négociées qu’elle aurait dû, seule, supporter et qui désormais s’imposent à tous.

La France va toujours subir les excédents Allemands délirants et en prime payer 15 % de droits de douane pour les ventes aux États-Unis, sans aucune compensation, avec, en prime, l’obligation d’acheter au prix fort du gaz naturel obtenu par une fracturation qu’elle s’interdit d’utiliser chez elle et celle de participer à des investissements colossaux aux États-Unis alors qu’elle n’a plus le premier sou pour investir en France. La haute fonction publique socialiste, étatiste, anticapitaliste et oppressive s’est félicitée de n’avoir plus à faire attention à une monnaie nationale et elle a considéré que désormais on pouvait emprunter à tout va sans scrupule et sans réserve. 3 400 milliards de dettes plus tard, elle se retrouve hagarde et incapable de boucler un budget sans ruiner un pays devenu le champion du monde des prélèvements et qui va subir une force secousse économique à cause des Allemands.

On sait que la première des solutions aurait été d’exiger une réforme de l’Euro avant celle du système monétaire international. Il fallait que les excédents intra-européens fassent l’objet d’une taxe progressive, ce qui aurait forcé l’Allemagne et la Hollande a une révision de leur politique qui nuit aux autres pays de l’Union. Une fois cette réforme interne faite, il fallait se retourner vers le monde en exigeant une réforme massive du système monétaire international basée sur l’interdiction d’excédents et de déficits durables. Une mondialisation déséquilibrée ne pouvait que mal finir. Elle finit mal. Et nous ne faisons toujours rien.

La France, dirigée par un incapable psychotique qui ne gère que lui-même et son narratif s’est laissée totalement marginaliser et est tenue partout pour ridicule. Les pays d’Afrique et du Maghreb s’essuient les pieds sur elle sans scrupule à chaque occasion. Les États-Unis et la Russie la méprisent. Le reste de l’Europe s’en méfie. Le Moyen-Orient l’ignore. L’Extrême Orient la pille commercialement sans aucune réaction. Un président malade de lui-même a effondré la réputation et la place du pays dans le monde.

Emmanuel Macron a réussi à faire décliner l’influence de la France au niveau de Luxembourg et d’Andorre, tout en ruinant ses finances et son économie, sans parler de ses services publics. Il a ouvert la porte à des secousses sociales et politiques incontrôlables. Il se contente de propos de roquet, en interne ou en politique étrangère, pour exister, alors que les institutions sont bloquées par sa faute. La France aura payé un très lourd tribut depuis 2017.

Au-delà des choix politiques calamiteux, la vraie question est celle de la réforme des systèmes monétaires européens et mondiaux. La France doit prendre la direction du refus du statu quo en matière monétaire et exiger la réforme du système européen. Levier : le prix démesuré payé pour des débordements dont elle n’est en rien responsable. Payer pour les autres c’est bien une fois, mais c’est la dernière.

Une fois cette réforme faite, il faudra imposer à l’Union Européenne qu’elle prenne le leadership d’une réforme du système monétaire global. Pour cela il va falloir rétrécir considérablement le rôle dominant de l’Allemagne et renvoyer Mme Van der Leyen. Ce renvoi, la France devrait le demander dès maintenant et d’une voix tonitruante. Mais avant il va falloir expulser Emmanuel Macron de la présidence française, car il empêchera coûte que coûte toute action efficace de redressement. Quand on a nui sciemment à son pays, on ne se corrige jamais et on continue ad perpetuam. Alors, dehors ! Et vite !

Qu’on sorte enfin de l’effondrement et que les intérêts français soient réellement défendus. En commençant par l’élimination de la véritable tare que sont les dysfonctionnements des systèmes monétaires européens et mondiaux ! Sinon, il va falloir sortir de l’Union. Il suffit de constater les chocs subis par la France depuis ces dernières années : choc énergétique ; choc agricole ; choc industriel ; choc dans la construction ; choc fiscal avec le remboursement du grand emprunt européen, suites du choc de la récession de 2011 et maintenant choc commercial ! Cela commence à faire beaucoup ! Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Comment interpréter la rupture du cadre économique global voulue par Trump ?

Il faut éliminer les explications vengeresses sur la folie subite, l’incompétence, la violence gratuite de l’équipe américaine. Les événements trahissent deux préoccupations que l’Etat américain peut difficilement éluder.

La première concerne le niveau de la dépense publique rapportée à la dette globale du gouvernement américain.  Le budget nécessaire pour rémunérer les 38 mille milliards de dettes est supérieur depuis quelques années à la dépense militaire. Cela signifie très concrètement… que le pays n’a plus les moyens de continuer à payer pour sa sécurité et celle du monde occidental !

La réponse de l’exécutif américain :

Il faut réduire la dépense militaire :

En mettant fin à la guerre d’Ukraine

En obtenant une réduction de la course à l’armement de la part de la Chine et de la Russie.

Il faut réduire la dépense publique tout court.

Il faut que nos alliés prennent leur part du fardeau, soulageant d’autant nos dépenses.

Il faut que les pays que nous aidons nous restituent une partie de l’aide que nous leur accordons.

Ce ne sont pas des demandes irrationnelles, compte tenu que les Etats-Unis ne peuvent plus assumer la charge.

Corollaire : ce n’est pas l’absence de volonté de nous défendre que nous devrions craindre, mais l’incapacité financière des Etats-Unis de le faire.

La seconde interrogation concerne la baisse relative de la prospérité américaine avec une atteinte très nette au niveau de vie de la classe moyenne.

Les Etats-Unis ne sont pas les seuls concernés. Tous les pays développés occidentaux sont dans ce cas.

Une observation simple montre que les déficits extérieurs américains vis-à-vis de pays pratiquant un mercantilisme exacerbé sont en effet hors normes. C’est la critique bien connue : on ne peut pas indéfiniment sous-traiter sa production et acheter ce dont a besoin à l’extérieur à crédit, sachant que la richesse est la valeur que l’on crée.

Les dirigeants américains cherchent donc :

A imposer aux exportateurs étrangers de produire sur le sol américain

A réduire les importations par les tarifs douaniers, définitivement ou comme arme de négociation temporaire, pour obtenir d’autres avantages.

A cesser les pratiques mercantilistes et les trop gros excédents.

 Ici à nouveau, la préoccupation est légitime et la situation était effectivement de plus en plus insupportable.

 La question n’est pas de savoir si Donald Trump joue les John Wayne ou s’il est fou. Mais de savoir :

Si les difficultés réelles que les Etats-Unis rencontrent peuvent se résoudre avec la méthode employée.

Si, confrontée en partie aux mêmes difficultés, la France et plus généralement l’Europe ne doit pas envisager de trouver également rapidement une solution à ce même problème.

Qui peut nier que le classe moyenne soit en souffrance et que la montée de LFI et du RN, traduit ce malaise ?

Il faut embrasser la situation globale de l’Occident industrialisé, pour se former une opinion sur ce que serait une bonne solution multilatérale à opposer au « big stick » un peu trop sommaire et contreproductif de Donald Trump, qui a choisi de frapper les flux physiques.

L’important est de ne jamais oublier que nous avons un problème de création de richesse en Occident et que le système global ne peut pas rester en l’état.

Nous allons essayer de cerner ces enjeux dans nos prochains messages. Ceux qui nous lisent depuis longtemps constateront que les avertissements que nous avons constamment repris depuis 25 ans, sont au cœur de la réponse.

Didier Dufau  

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