Vivons-nous un épisode gravissime de « l’histoire de la stupidité économique » ?

Réflexions associées à la parution du livre "A Short History of Stupidity" de S. Jeffries

Parmi les étrangetés de l’époque en matière de réflexion économique, figure au tout premier rang l’indifférence aux grands déséquilibres des balances commerciales et de paiements. Un économiste qui veut parader sur les estrades sait bien qu’il peut parler de tout sauf de cela. C’est d’autant plus paradoxal que dans l’effort d’après-guerre pour tenter de mettre fin aux désordres qui avaient ravagé l’entre-deux-guerres, la condamnation et l’interdiction des grands déséquilibres permanents des balances extérieures formaient le cœur de toutes les solutions proposées et des traités correspondants. Le résultat a été à la hauteur des espérances : les Trente Glorieuses, une période de forte croissance partout dans le monde libre et sans aucune récession de 1947 à 1972.

Depuis la destruction en été 1971 de ce système, on ne compte plus les pays dont les déséquilibres extérieurs sont massifs et permanents dans un sens ou un autre, la croissance est quasi nulle, quasi partout en Occident, et les récessions périodiques ont réapparu avec une redoutable régularité et des conséquences de plus en plus graves. Ce simple constat devrait mobiliser tous les économistes. Nous avions un système fantastique. Il a été remplacé par un système catastrophique. Cela mériterait tout de même un peu d’attention ! Économistes officiels, hauts fonctionnaires et politiques préfèrent regarder ailleurs avec beaucoup d’obstination et de bonne conscience. Une forme de chaos s’installe dans pratiquement tous les pays occidentaux du fait d’une situation économique toujours plus glauque. Mais il n’y a rien à faire : il ne faut pas regarder là où les causes majeures se trouvent, et seulement s’extasier sur des promesses mirifiques comme celles de l’Intelligence artificielle.

Dans A Short History of Stupidity (Ed. Polity Press), Stuart Jeffries dresse une « courte histoire de la stupidité » à travers les âges. Journaliste britannique au Gardian, il montre qu’elle n’est pas une anomalie passagère, mais « une force historique, sociale et culturelle qui n’épargne aucune société… la nôtre comprise ». En l’occurrence, cette réalité est parfaitement illustrée par la question qui nous préoccupe. Tout le problème vient du refus conscient ou inconscient de se pencher sur une difficulté alors même qu’elle n’est pas difficile à comprendre et qu’elle provoque des conséquences graves très visibles.

Que signifie, pour un pays, un déficit commercial ? Lorsqu’on enlève le voile monétaire, la réalité brute apparaît : une perte de travail et une perte de patrimoine. Être constamment en déficit provoque donc chômage de masse et perte d’actifs en permanence. Cette réalité peut être masquée ou différée par différents artifices, mais elle est ancrée. Au bout d’un moment le pays ne s’en sort plus et ne parvient plus à satisfaire ses ambitions. Il doit réagir soit agressivement contre le « prédateur » soit contre sa propre population. La France et les Etats-Unis donnent l’exemple même aujourd’hui de telles réactions inversées. Trump agit par les droits de douane et l’État français en ruinant fiscalement les Français, chaque méthode étant en fait destructrice pour tous.

Intéressons-nous aux excédents. Les pays producteurs de pétrole, l’Allemagne et le Japon, comme aujourd’hui la Chine et les autres dragons d’Extrême-Orient accumulent des milliers de milliards de dollars d’excédents. Qu’en faire ? Tous ces pays sont très compétitifs et n’ont pas besoin d’investir pour augmenter leur productivité chez eux et ne veulent pas le faire chez les autres pour ne pas créer des concurrents redoutables. Tous ces milliers de milliards, détenus en une monnaie étrangère qui peut sombrer, doivent être protégés et rentabilisés. On ne peut le faire qu’en les convertissant en biens réels, dont on espère qu’ils conserveront leur valeur, principalement des titres de bourse ou des biens immobiliers. Le recyclage financier des excédents vers les bourses et les marchés immobiliers occidentaux, qui, sur des dizaines d’années, ont pu dépasser plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars expliquent le niveau très élevé des bourses et de l’immobilier partout en Occident. Une autre solution est de prêter aux États déficitaires dont les dettes finissent par être asphyxiantes. On peut aussi racheter les entreprises des pays déficitaires. L’Allemagne a ainsi racheté des pans entiers d’entreprises françaises. Les imbéciles considèrent que c’est une marque d’attractivité alors que c’est une simple perte d’actifs nationaux. Quand l’Allemagne a vu que la Chine rachetait son Mittelstand, elle a considéré que c’était un grave danger. Croquer les autres, pas de problème, se faire croquer, là, « Nicht Möglich ». On peut aussi utiliser les excédents pour se doter de moyens militaires délirants comme l’Iran, la Chine, la Turquie ou financer des guerres d’annexion comme la Russie ou l’Azerbaïdjan.

Comme le cours des actifs (bourses et immobiliers) ne peut pas grimper indéfiniment, les niveaux atteints finissent par être totalement incompatibles avec l’activité économique. Se produisent donc des corrections périodiques sous forme de récessions mondiales sévères. Les pays créanciers accumulent alors des pertes sur leurs investissements. Les pays non compétitifs tombent dans le trou et aggravent leur situation, surtout si leurs mécanismes sociaux sont développés. 1973, 1982, 1992-1993, 2 001,2008, ont été des années récessives dans le monde entier. La stagnation de longue durée s’installe.

Un monde qui n’a pas une organisation arc-boutée sur l’interdiction de la permanence des grands excédents, donc des grands déficits, sombre donc dans les crises à répétition, les guerres commerciales et les guerres militaires.

Celui qui ne voit pas que la suppression des règles de Bretton-Woods, avec abandon de l’interdiction des grands déficits et excédents qui en a résulté, a provoqué tous les évènements que nous déplorons, est frappé de cécité volontaire. On retrouve la définition de la sottise et des attitudes ineptes.

Pourquoi cette cécité volontaire : sans faire de psychologie ou sociologie de bazar, probablement parce qu’une partie des élites politiques et de leurs soutiens font des fortunes en recyclant les excédents et en vendant les actifs des pays déficitaires. Et qu’ils tiennent le système d’information et … la carrière des économistes.

Ce qui est certain, c’est que nous vivons bien depuis 1971 une « période de stupidité ». Quand on ajoute, comme en France, l’effondrement de la démographie, un système réglementaire, social et fiscal démesuré, une emprise des hauts fonctionnaires sur la politique, une propagande anti-croissance, anti-industrielle, anti-agricole, antinationale, antiblanc, anti-masculinité, avec contrôle de la liberté de pensée et une information publique « construite », on obtient la rupture avec la jeunesse et une situation politique désespérante qui peut mal tourner à tout moment.

Nous vivons bien une « période de sottise », particulièrement intense !

Didier Dufau pour le Cercle des Économistes e-toile.

La disparition d’Alan Greenspan : une occasion escamotée de réfléchir un peu

Alan Greenspan est un parfait inconnu lorsqu’en été 1971, les Etats-Unis ont décidé de jeter à bas l’organisation monétaire concertée mise en place par les Accords de Bretton Woods.

Pendant des années entre 1941 et 1947, les meilleurs économistes ont travaillé sur une question clef : comment éviter les crises périodiques dont le drame de la récession de 1929 avait montré les conséquences fâcheuses. Il fallait que les Alliés, à la fin d’une guerre mondiale acharnée, et dévastatrice organisent une paix durable et sans crises économiques répétitives.

Absolument tous les participants ont dénoncé les errements monétaires, provoquant des déficits et des excédents commerciaux intenables, comme la cause profonde des dérèglements d’avant-guerre. Les grands déficits et les grands excédents devinrent des tares à extirper et les monnaies devaient être stables et ajustables par accord général. Pour éviter des ajustements trop violents, un Fond Monétaire International devait à la fois surveiller la situation dans chaque pays pour prévenir les dérapages et fournir des ressources temporaires aux pays en grands déficits pour y éviter des récessions qui entraveraient l’ensemble de l’économie mondiale.

Ce schéma a parfaitement fonctionné. Il y a eu deux ralentissements mondiaux en 1952 et 1963 mais aucune récession jusqu’à la décision unilatérale des Américains de casser le système à l’été 1971.  

Il avait néanmoins un défaut de construction : les Etats-Unis avaient imposé que le dollar soit considéré comme équivalent de l’or comme base d’évaluation des monnaies et liquidité internationale. La raison était simple : tout l’or était aux Etats-Unis ! Cela imposait au dollar de maintenir sa valeur en or. A 35 dollars l’once, cela supposait pour les Etats-Unis une politique budgétaire plutôt restrictive. La guerre du Vietnam, la compétition dans l’espace avec l’URSS et les plans de développement internes très ambitieux des Démocrates ont rendu cet objectif intenable. Pour ne pas être grugées, les nations ont demandé le remboursement en or de leurs créances en dollar. Pour éviter de voir leur réserve asséchée, les Etats-Unis ont décidé de faire carrément défaut sur leurs obligations. « Le dollar est notre monnaie et votre problème ».

Cela provoquera dès1972 une récession aux Etats-Unis qui gagne le monde en 1973. La crise du dollar entraîne au bout d’un an la formation d’un cartel de pays pétroliers soucieux d’enrayer la chute verticale de leurs recettes en dollars. Cette décision aggrave la crise. Les Accords tragiques de la Jamaïque en 1974 établiront le régime des changes flottants qui allait détruire la croissance mondiale et conduire à la stagnation toutes les économies occidentales.

Ces décisions n’ont pas été conduites par une doctrine établie et consensuelle. Les changes flottants étaient considérés dans tous les grands manuels comme une fantaisie qui ne méritait pas plus qu’un paragraphe moqueur.

Mais il n’était pas possible de ne pas donner un semblant de légitimation théorique aux accords de la Jamaïque. On a sorti du néant le seul livre qui justifiait, un peu, les changes flottants dont l’auteur était Milton Friedman et ouvert une carrière à Alan Greenspan qui adhérait totalement à cette doctrine. Le premier est devenu le penseur économique et monétaire à la mode autour du concept qui fait de la monnaie est « une marchandise comme les autres » dont le prix doit se former librement sur un marché où l’interférence des Etats doit être interdite. Le second a pris les progressivement les commandes au sein du système financier américain.

On a inscrit cette doctrine dans un mouvement néo-libéral, portant sur l’ouverture générale des marchés et l’abaissement des frontières, avec in fine l’intégration de la Chine dans le système.

Les effets tragiques ont été immédiats. Les crises financières périodiques sont revenues : 1973, 1982, 1992, 1998-2001, 2008… Le taux de croissance global s’est effondré. On tourne en Occident autour de 0.5% actuellement, là où on était entre 4 et 7% avant 1971.

On fera de Greenspan un président de la FED. Il finira par avouer que tout ce qu’il pensait s’était finalement avéré erroné et qu’il s’était trompé sur toute la ligne. Il restera dans l’histoire pour une phrase amusante : « si vous avez compris ce que voulais dire, c’est que je me suis mal exprimé ». Et c’est tout, ce qui explique l’absence quasi-totale de commentaire approfondie à l’occasion de sa disparition. La crise des subprimes a balayé son souvenir comme référence sérieuse.

L’ennui, c’est que les conséquences économiques des changes flottants ont été tragiques sans que personne ne veuille rouvrir la question de l’organisation monétaire.

L’union Européenne a profité du désordre pour créer l’Euro, une monnaie fixe que ne permet plus de gérer les ajustements des balances de paiement par la révision des parités monétaires. Après près de quinze ans de restriction monétaire pour entrer dans les critères de l’Euro, qui a tué une bonne partie de notre industrie, la crise de 2011, propre à l’Euroland, allait encore aggraver la situation, faisant de l’Europe la zone la moins dynamique du monde en matière de PIB et laissant emploi et industrie à la disposition de la Chine, de l’Inde, de la Turquie et en fait du monde entier. La récession est le seul moyen d’ajustement pour un pays en déficit si les pays en excédent ne sont pas associés à la manœuvre. Se souvenir du cas grec !

Deux systèmes monétaires foireux, propices aux crises périodiques sévères et sans moyens d’ajustement autre que la stagnation, coexistaient dans l’absurdité et le silence jusqu’à ce que les Etats-Unis réagissent à nouveau et procèdent aux ajustements qu’ils jugeaient nécessaires, non plus par les monnaies mais par les droits de douane, le pire des moyens, avec en prime une guerre au Moyen Orient provoquant le blocage de l’approvisionnement en matières premières vitales pour l’Europe.

Première conséquence ; le multilatéralisme est mort et on sait qu’une organisation monétaire internationale saine passe d’abord par le multilatéralisme. On va donc subir inlassablement les conséquences économiques lamentables des deux systèmes monétaires internationaux.

La mort d’Alan Greenspan s’est produite alors que le chaos de la doctrine aventurée qu’il a longtemps soutenue atteint son acmé. Il serait injuste et de mauvais goût d’ironiser sur le décès du fossoyeur de la prospérité occidentale. En vérité, il n’a été que la caution et l’acteur momentané de voies de fait qui l’ont toujours dépassé. On a expédié son décès pour ne pas insister sur le désastre des changes flottants qui restent un tabou dans la presse française et internationale, au moment où il atteint des formes catastrophiques et même ahurissantes.

Ce tabou doit tomber. C’est la grande leçon à tirer de la disparition d’Alan Greenspan. Dans le système d’information « construite » dominant, elle ne le sera pas. C’est une preuve évidente de la déchéance de la pensée économique contemporaine et de l’ineptie routinière de la politique en France et en Europe.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Ce blog fête ses 18 ans.

Ce blog fête ses 18 ans, plus de 5 millions de lectures et plus de 1 100 articles, représentant plus de 5 000 pages de textes sur tous les sujets qui fâchent.

Il a accompagné une des périodes les plus sinistres pour la France, marquée par son effacement et sa marginalisation dans une mondialisation déséquilibrée, un Occident en crise, une Europe soumise aux lobbies, hyper normative, autodestructrice et où l’Allemagne a reconstitué sa proéminence. Nous avons connu en 2008 la pire crise financière mondiale depuis 1929, puis, en 2011, la première crise spécifique de la zone euro. Nous vivons un effondrement des naissances avec une perspective de disparition du pays avant la fin du siècle. Un socialisme totalement débridé veut faire de tout propriétaire « un salaud détournant un bien public à récupérer d’urgence ». La France est devenue le leader mondial pour la spoliation fiscale. Nous avons importé sans révolte un wokisme faisant du couple hétérosexuel une horreur. Nous avons accepté la prise de pouvoir sur le politique d’une phalange de hauts fonctionnaires étatistes, européistes et socialisants par (dé)construction. Nous avons laissé s’installer un système d’information biaisé, forgeant des mensonges à répétition pour « construire l’opinion ». Nous avons importé sans réaction une hystérie « escrologique » à la fois intéressée (le lobby international des éoliennes et des plaques photovoltaïques domine l’Europe) et ruineuse. Nous avons consenti à l’abandon de la sécurité intérieure et extérieure pour complaire à une vision charlatanesque de la bonté universelle.

Constatons les grands traits de la situation française : stagnation de longue durée frôlant la récession permanente, perte de 700 milliards de PIB chaque année en abandonnant notre troisième place de 1971 pour le PIB par tête, dette publique abyssale de plus de 3 500 milliards d’euros, crise énergétique, crise industrielle, crise agricole, crise dans l’immobilier et la construction, blocage des circulations urbaines, décroissance démographique, triomphe de l’islamisme et de l’antisémitisme, assassinats politiques, émeutes de rue répétitives, poussée délirante de la délinquance, services publics asphyxiés, plus d’armée digne de ce nom, justice démolie en profondeur, santé publique à la dérive, école détruite, information publique idéologisée, malhonnête et partisane, numérisation fragile tenue par des sociétés étrangères avec une vulnérabilité croissante de tout le système, grèves systématiques dans les secteurs publics, disparition de l’autorité…

La descente aux enfers est marquée depuis 50 ans par la fatuité de Giscard, la figure de pourrisseur de Mitterrand, la mollesse de Chirac faisant de l’incapable destructeur Jospin un leader de « dream team », le triomphe du centrisme impuissant, le n’importe quoi sarkoziste, puis de Bidochon-les-petites-blagues, sur fond de massacre du Bataclan et pour finir le nihilisme destructeur du pervers narcissique Emmanuel Macron. D’où la tentation fréquente de mettre en cause l’élection directe du président de la République.

Il est vrai qu’il faut se pincer pour constater que le toxique M. Macron a été réélu, comme l’a été Mme Hidalgo, qui a engagé la destruction de Paris par asphyxie des circulations et de l’habitat, l’hyper déséquilibre des finances municipales et la substitution intéressée de la population

Le Cercle des économistes e-toile s’est formé justement parce que tous ces dégâts étaient envisageables dès 1997. Les malheurs qui se sont abattus sur l’économie mondiale, sur l’Europe et sur la France étaient inscrits dans les institutions et les pensées dominantes dès les années quatre-vingt-dix. Elles ont ravagé le quart de siècle suivant sans qu’il ait été possible de faire prendre conscience des délires désastreux qui allaient suivre, largement du fait du blocage de l’information par ceux qui la dominent. Forum et blogs se sont révélés finalement impuissants à changer le cours des choses et la pédagogie des catastrophes n’a pas joué non plus.

La terrible récession de 1992-1993 était un tocsin, mais personne n’a voulu l’entendre. Elle marquait de façon explicite le désastre du système des changes flottants et des déséquilibres commerciaux et financiers acceptés. Greenspan vient de décéder à 100 ans. Paix à son âme mais la caution qu’il a donnée à un système tragique est un leg difficilement pardonnable. L’intégration de la Chine dans une mondialisation sans règle fournissait le cercueil de l’économie occidentale. La conférence de Rio en 1992 marquait le succès de Maurice Strong et de sa bande et lançait l’hystérie « escrologique » mondialisée. Le traité de Maastricht annonçait clairement ses conséquences. Les effets de la pilule, de l’avortement et du planning familial, associés à la destruction du couple traditionnel étaient déjà patents en 1990 mais la suite s’est révélé catastrophique. Mais chut ! Il ne fallait pas le dire. .

Quant à la gauche révolutionnaire, elle continuait à sacraliser tous les tueurs passés à l’action, le maoïsme et ses millions de morts, Pol Pot et les Khmers rouges, Prachandra, au Népal, les Farc en Colombie. Pas un tueur en série ne devait échapper à la dévotion militante. La gauche dite par antiphrase de gouvernement, conquise par l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante, entendait gérer le capitalisme avec le soutien des Eurolâtres de la finance mondialisée, quitte à abandonner les ouvriers sacrifiés au profit de l’immigré africain. « Touches pas à mon pote », disait-elle, en construisant les planches de nouveaux piloris destinés au « petit théâtre antifasciste », à la lutte contre les restes de l’Eglise catholique, et la chasse aux juifs sionistes. L’Occidental, chargé de tous les péchés, devait se couvrir la tête de cendres et entrer en repentance. Il devait se prosterner devant l’Islam régénéré dans la violence terroriste par l’assassin de masse iranien Khomeini, adulé par une certaine gauche.

Tout était donc en place pour le désastre du premier quart de siècle suivant. Pour l’observateur, tout était facile à constater et à analyser à condition de ne pas refuser de voir et de comprendre.

Les deux auteurs d’utilité publique, Alfred Sauvy et Maurice Allais, ont été marginalisés, le dernier étant jeté aux orties sans ménagements. L’information construite et aseptisée est devenue totalement asphyxiante. Le mensonge organisé s’est installé dans l’information française. Il a atteint par son intensité et ses formes invasives et perverses un niveau totalement insupportable. Il est désormais protégé par des lois qui interdisent de protester. Tout est pénal mais on n’a pas construit de prison pour juguler la délinquance avérée, celle qui s’en prend aux biens et aux personnes et qui fait l’objet d’une compassion victimaire délirante. L’inversion victimaire est partout. La soumission est organisée. L’islamisme triomphe sur les ruines de la Renaissance. La culture française est en lambeaux et abandonnée. « Elle n’existe pas » dira Emmanuel Macron, un président indigne et toxique, tellement représentatif de l’époque.

Constater qu’après ce quart de siècle de délire autodestructeur, le choix présidentiel n’est plus qu’entre la famille Le Pen et l’ignoble Mélenchon, entré en trotskisme sous le nom de Santerre, le tueur génocidaire de la Révolution française en Vendée et l’inventeur du gazage des populations, dont l’exemple sera repris par Staline qui fera gazer des « koulaks » avec des gaz d’échappement de camion, avant que l’ex militant communiste Hitler systématise la méthode, a quelque chose de fascinant par l’ampleur de la dégringolade mentale et politique française qu’il révèle.

L’État français a perdu tout pouvoir sauf celui de voler les Français et de les accabler d’obligations intenables. Le gouvernement des juges triomphe, fondé sur la captation au sommet de l’interprétation des préambules constitutionnels et par le bas par le justicialisme débridé pratiqué par des juges de gauche, certains de l’impunité. Le peuple gronde et marque sa colère contre une corporation qui l’a trahi et qui l’a affiché sur un Mur des Cons qui n’a rien de virtuel et tout de permanent. L’Union Européenne, laissée sans contrôle par un président foncièrement anti-français, a réussi à détruire notre industrie, notre agriculture, et notre politique énergétique et même, la construction immobilière. Les cadeaux au peuple sans production et entièrement payés par la dette se sont imposés comme exclusif moyen de gouvernement. Demandez à M. Hollande, le gros malin qui joue au cheval de retour : « C’est gratuit c’est l’État qui paie » et qui aura droit sur le service public à une émission dirigée par la femme de M. Glucksman où il a étalé pendant les heures ses cadeaux au peuple à base de gratuité fictive.

L’inversion est partout. On veut consommer et redistribuer sans produire ; asseoir la sécurité sur la protection et l’excuse des assassins, assurer le destin français en niant la France et en la dissolvant dans une Europe fédérale chimérique dominée par l’Allemagne, électrifier les usages en s’appuyant sur une énergie imprévisible et incontrôlable, renforcer l’Éducation nationale en liquidant l’enseignement national. On pense assurer la promotion des nuls en détruisant les méritants, des pauvres en détruisant les riches, des femmes en détruisant une virilité déclarée toxique, des régions en détruisant les grandes villes, des pays sous-développés en accablant les autres, des immigrés en saquant les nationaux etc.

La grande question est devenue poignante  : que sera la France dans 25 ans si on continue comme cela ?

On sait déjà que la population aura diminué et que les enfants se seront évaporés. Il est probable que les régions séparatistes auront réussi leur projet : l’Alsace aura gagné son statut de région européenne autonome, comme la Corse, la Bretagne, le Pays basque, la Savoie, la Flandre, l’Occitanie, le Comtat Venaissin et pourquoi pas l’Auvergne et la Normandie. L’Union européenne sera un Etat fédéral de plein droit avec un président élu. L’anglais sera la langue unique officielle de la Fédération. La France sera un état islamisé, ruiné et dominé par le narco trafic, où les muezzins peupleront les minarets. L’université française poubellisée sera juste un forum politique visant à défendre intérêts de l’Islam comme aujourd’hui mais d’une façon déclarée et ouverte. L’explosion finale des finances publiques aura entraîné une récession de plus de 30 % du PIB. La France sera à la soixantième place dans le classement du PIB par tête. On aura commencé à tuer les vieux dans les hospices. Il sera devenu impossible de maintenir le patrimoine et on aura plus d’argent pour faire face aux frais d’entretien des grandes villes. Des ruines urbaines commenceront à apparaître en leur sein, comme on voit des masures s’effondrer le long des routes aujourd’hui.

Le plus consternant est que ce scénario est le plus favorable. Une invasion russe ou une guerre civile, une récession gravissime, ou toute autre catastrophe du même genre peuvent se produire à tout moment, en même temps qu’une fuite des élites et des capitaux, laissant la France au niveau dramatique d’épave nationale, sociale et économique.

On dira : vous exagérez ! Regardez autour de vous ! Tout le monde est heureux. Et si vous posez la question, tout le monde déclare aller bien et que ce sont les autres qui vont mal. Ce n’est pas faux. Mais on connait tout cela. C’est la fameuse blague du type qui tombe de 30ème étage : jusqu’au premier, tout va très bien ! Accroché à une dépense publique désormais infinançable, tout va bien tant que cela ne casse pas. Sinon, patatras !

C’est toujours difficile d’envisager le pire.

Qui aurait pu prévoir en 1971qu’on soit là où la France est descendue cinquante-cinq ans plus tard, qu’on aurait accepté de réélire un Président atteint par une maladie de la personnalité, antinational et pervers, qu’on aurait toléré qu’une Espagnole abusive poussée au pouvoir par les alcôves détruise la capitale française ? Qui aurait même pu seulement imaginer qu’on détruirait radicalement l’école, la justice, la police, l’armée, l’industrie, l’agriculture, l’énergie, l’activité portuaire et même l’immobilier, tout en laissant les naissances sombrer, la dette s’envoler à des sommets himalayens et la drogue triompher, sur fond de remplacement inéluctable de la population par des immigrés islamisés et revanchards ? Par quelle dinguerie soudaine la France a-t-elle accepter cela , et a cru devoir en redemander ?

Encore aujourd’hui, nous ne voulons pas voir les dommages certains de la persistance des erreurs récentes les plus graves. Qui a écrit que l’ennui du pire, c’est qu’on s’y habituait ?

L’honneur de ce blog aura été de ne jamais céder à la tentation d’abandonner le combat contre des erreurs qui s’avèrent désormais clairement mortelles pour une « certaine idée » de la France, sa prospérité et sa place dans le mouvement du monde.

Malgré les rodomontades, aucun parti politique n’est décidé réellement à faire face. Dès qu’il s’agit de prendre une mesure précise et centrée sur un problème grave, obligatoirement génératrice d’une opposition forte et d’une obligation de combattre pas à pas, tous les politiques tournent le dos, même quand les mesures sont parfaitement fondées et défendables. Mais « c’est la faute du peuple » : la démocratie veut qu’on suive l’opinion publique, non ? Les « jeunes » ? Ils ne voudraient plus travailler, comme les cinquantenaires.

Alors « e viva la muerte » : les Parlementaires veulent organiser le suicide assisté ; Mme Tondelier suggère de laisser mourir de chaud, sans climatisation, les vieillards surnuméraires. M. Mélenchon, sous son surnom de Santerre, l’homme qui a inventé le gazage de population, annonce le grand nettoyage révolutionnaire. M. Macron fait entendre aux mères de famille qu’elles doivent s’attendre à perdre des enfants ! Tant de sollicitude pour la mort est bien émouvante.

Seule obsession politicienne : être candidat puis au second tour de l’élection présidentielle. Pour la suite, on verra bien ! Pour durer, on ne dira rien. Eloge du néant béant sur le fond, et du néant bêlant sur la forme ; la tactique politicienne et la com’ sont les seules préoccupations.

Aucun intérêt ! Aucun espoir de changement ?

Le Français, né malin ….

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

 

Nécessité et difficulté d'un sursaut national.

Du sursaut au sein des Républicains au sursaut républicain, puis au sursaut national, voire au sursaut européen, le sursaut est un concept qui se décline bien dans de multiples directions : le système social, infinançable, l’économie, en déclin accéléré, la culture française victime expiatoire du Wokisme anti occidental et de l’islamisme, etc.

Il impose d’avoir une claire vision des causes de l’effondrement progressif qui nous accable. C’est là où le bât blesse en premier, car les causes sont peu populaires et pas toujours faciles à comprendre pour les politiques comme pour les électeurs, et les solutions exigent parfois de sortir d’habitudes de penser et de réagir. Le sursaut impose une perspicacité et une pédagogie affirmées.

La première cause est la plus complexe et totalement hors du champ politique et médiatique : la destruction d’un système de changes basé sur la coopération et la lutte coordonnée contre les excédents et les déficits excessifs. Elle entraîne des crises à répétitions, l’effondrement de la croissance, et l’endettement général. L’entrée de la Chine dans l’OMC a été une calamité. Ses excédents faussent tout. L’Euro est un mauvais système monétaire car il ne permet aucun ajustement par la valeur des monnaies et n’impose pas de réduire les excédents monstrueux. On exige des pays déficitaires de réprimer leurs dépenses et on détruit la croissance générale. Sans alternatives pérennes ni moyens d’ajustement concerté.

La seconde est l’effondrement de la natalité. Le vieillissement n’est pas grave si les naissances sont importantes et si on peut rester actif en bonne santé plus longtemps. Le problème est mondial dans les pays développés mais minimisé en France depuis 1968, la pilule, puis la loi sur l’avortement et celles sur l’affaiblissement du couple hétérosexuel. Nous avions 30 millions de moins de 20 ans. Nous en sommes à 15 millions. 50% de chute. Un drame. La perspective est entre 5 et 7 millions en 2080, donc la disparition du pays… Il a fallu attendre le non-remplacement générationnel pour commencer à ouvrir un peu les yeux, mais le péril de l’absence de naissances suffisantes a été transformé en péril vieux !  Une honte !

La troisième a été la préférence pour la croissance des pays sous-développés, en Europe comme dans le monde. En Europe on a subventionné les pays de l’Est et du Sud par les fonds structuraux prélevés sur les pays plus riches, tout en y transférant des activités productives. Aux Français qui travaillent de payer. Et à l’échelon mondial on a fait sortir de la pauvreté 350 millions de personnes en Chine, en Inde, en Turquie, etc. également par transfert d’activité et d’investissement, en cassant l’emploi industriel en France comme partout dans les pays développés. Les Etats-Unis se sont alors rendu compte qu’ils n’y arrivaient plus et la France est dans la même situation. On ne peut pas, « en même temps », payer la croissance des autres et la sienne propre.  

Ces trois sujets sont actuellement totalement hors du débat politique pour de mauvaises raisons. Les gains financiers du recyclage des excédents gigantesques est tel pour quelques-uns que « les élites » ne veulent pas y renoncer. L’enrichissement de Macron chez Rothschild, comme les complicités dans la vente d’Alsthom en témoignent. Les mouvements féministes et écologiques ne veulent pas entendre parler de natalité. Les entreprises mondialisées, et la France en a quelques-unes, ne veulent pas renoncer à des marchés où ils font l’essentiel de leurs gains financiers, puisqu’en France on ne peut plus gagner d’argent. .

Deux « constructions » ont aggravé tout à partir du début des années 90 : le fédéralisme européen et l’écologisme hystérisé, puis l’association des deux contre la France.

Mitterrand était un pourrisseur, dans tous les domaines de sa vie privée comme de sa vie publique. Il voulait être le dernier président de plein exercice de la Vème. Il a gagné. Maastricht à été le début de la fin pour la France et la fin du début pour le fédéralisme absolu en Europe. Alors qu’il ne s’agissait au départ que de faciliter le fonctionnement interne de la CEE après l’élargissement du nombre des pays membres, on a basculé dans la création d’un pouvoir central absolu où la France ne pèse que 10% donc perd son indépendance et les moyens de réagir à des mesures désastreuses pour elles. Quand le cynique Bruno Lemaire annonce dans son dernier livre que l’Union européenne est une démocratie « canada dry » il n’a pas tort. La France n’a plus le moyen de s’y faire entendre et respecter. Le français a été évacué. L’extension aux portes de la Russie a créé une guerre dévastatrice. Certains pensent encore à intégrer la Turquie le Liban et Israël ! Pourquoi pas l’Iran ? Les ambitions de Macron en Europe lui ont fait abandonner les intérêts français et multiplier les postures destinées à le faire connaître et apprécié par les Européens, avec un certain succès. Il jugeait cela nécessaire pour devenir le premier président élu de l’UE. Porter un langage européen qui ne soit pas fédéraliste est très difficile aujourd’hui. LR s’est progressivement détruit en n’ayant aucune vision européenne depuis le ralliement de Chirac à Maastricht et l’union avec des centristes.

L’équipe minuscule et cupide de Maurice Strong a réussi à lancer à l’ONU l’hystérie de la transition climatique, après son « succès » sur l’affaire de la couche d’ozone, pour enrichir quelques lobbies des EnR. L’homme coupable de fin du monde et de la destruction du vivant, sommé de cesser de créer du CO2 au nom de la science, est une fabuleuse construction politique et une belle escroquerie. Timmermans pour tenter de devenir président du conseil en Hollande avait besoin des Verts. Il a surjoué l’écologisme, sans aucun contrôle notamment de la France. Les coûts passés, présents et futurs dérivés pour la France sont simplement monstrueux.  Pour aucun résultat climatique comme on le constate avc la canicule anticipée actuelle. Mais on a cassé notre industrie, notre agriculture, notre mix énergétique et même le bâtiment ! Folie totale. C’est très difficile à contrer sans devenir un climato sceptique anti européen tueur de la nature et du monde vivant !

L’Union Européenne a été aussi le pivot de l’entrisme musulman, de l’immigration sans limite, du sans frontiérismes, du droit-de-l’hommisme et du wokisme culpabilisateur. Macron a tout relayé. Le droit à la transition climatique est devenu un droit de l’homme, comme le foulard islamique, marque de la bonté anti-raciste. Le soutien aux provocations de l’Ukraine a été encouragé, François Hollande finissant par avouer que les accords de Minsk n’avaient pour but que d’être violés ! On a vu les résultats.

L’Allemagne a pris le leadership en Europe et reconstitué son hinterland. Notre déficit est tel avec ce pays que si on faisait du Trump, on augmenterait les droits de douane de plus de 100%. Elle a racheté un nombre colossal d’entreprises françaises). La Hollande a capté les importations européennes et dispose également d’un excédent colossal avec la France qui a laissé les dockers interdire tout trafic d’importation nouveau. Merci à M. Edouard Philipe et quelques autres.

Les mesures fiscalistes, démagogiques, socialistes accumulées depuis 74 conjuguées avec l’effet des récessions périodiques, des déplacements de l’investissement, de la maladie réglementaire, et des mesures anti-activités, ont fait dégringoler la France dans les classements du PIB par habitant. Si nous étions restés à la troisième place des pays comparables, nous aurions 700 milliards de plus par an à se partager entre Etat et particuliers et des soldes positifs pour le commerce extérieur et le budget.

Pratiquement tous les marchés en France sont associés à des sources d’argent public.  Si on freine sur la dépense, on casse le revenu de millions de gens. Ils le savent. Une économie à ce point administrée est d’une extrême fragilité.

Je crains que personne n’ait vraiment pris la mesure de l’ampleur des mesures à prendre pour sortir de la spirale descendante qui est la conséquence de ces gigantesques erreurs politiques. Construire un sursaut est indispensable mais un travail d’explication phénoménal est nécessaire pour rendre acceptable les mesures nécessaires.

Quand on essaie de présenter le minimum minimorum d’actions à mener, on voit les yeux se lever au ciel dans la consternation et l’horreur. Politiquement, juridiquement, médiatiquement impossible ! Pas un peu impossible. Totalement inenvisageable sur certains sujets comme la natalité, la fonction publique, le temps de travail, la répression du crime, les gratuités, le récit national. Tout est tabou.

Comme les conséquences sont dures pour beaucoup de français, privés de services publics et appauvris, les politiques revanchardes fondées sur la chasse aux boucs émissaires tient le haut du pavé. Les riches d’un côté, les immigrés de l’autre avec en prime l’exaltation du « théâtre de l’antifascisme », et la déification de dame nature. Surprise, la gauche a restauré en prime la haine du juif, et la nécessité de détruire Israël, tout en promouvant les Transgenres et les meutes de bêtes nuisibles comme héros de notre temps.

Ce qui reste de jeunesse est appelée à « s’indigner » et s’engager contre tout et l’inverse de tout, et surtout contre elle-même, sa culture et son histoire, entre running, malbouffe, bière au rabais, routardise et sous-emploi.

Le pessimisme du « tout est foutu » gagne du terrain. Voir Eric Naulleau ! Dans le film Viridiana de Bunel, qui ne date pas d’hier, la scène centrale est un groupe hideux de clochards ivrognes souillant de toutes les manières, même les pires, des robes de mariées. Il a fallu du temps mais la réalité a rejoint la fiction et l’affliction. Le clochard s’est réincarné en Macron, Lecornu, Mélenchon, Hollande, Vallaud, Ernotte, Rousseau, Panot ou Rima Hassan… Dans ce jeu de rôle, la robe de mariée, c’est la France.

Les Français vieillissants et assommés par une « information construite » qui les malaxent dans le mensonge et la culpabilité généralisée peuvent-ils soudain se réveiller en un grand sursaut salvateur après cinquante ans de descente aux enfers ?

Un Charles Gave attend pour 2027 la grande crise économique qui permettra de repartir sur un terrain nettoyé. D’autres attendent qu’on ait atteint le fond de la piscine pour donner le coup de pied salvateur.

La politique du pire est la pire des politiques. Mieux vaut promouvoir le sursaut immédiat. LR peut en être le levier. Mais quel défi ! Faire accepter au pays une révolution copernicienne est une ambition majeure qui demandera à tous les adeptes une force de conviction exceptionnelle et un courage quotidien tout au long du trajet ! Le seul moyen sera d’insister inlassablement sur les résultats attendus plus que sur les moyens. Le but c’est 350 milliards de revenus en plus pour les Français et 350 milliards de plus pour l’Etat, avec le retour de la maîtrise du destin français. Et il faudra actionner tous les leviers disponibles.

Un joli défi ! Organisons le sursaut ! 

Les trois leçons des dernières élections européennes, législatives et municipales

Ces trois élections forment un tout. Les leçons à tirer de chacune sont les mêmes. Il est inutile d’attendre les résultats du second tour de la dernière pour les formuler.

Première leçon : la concentration des pouvoirs aux mains d’un groupe central ectoplasmique fait montrer les extrêmes à droite et à gauche. Comme promoteur de cette réalité, Emmanuel Macron a tué sciemment la droite et la gauche de gouvernement. L’absence d’alternance et la tentation de nazifier la droite issue du mouvement de Le Pen (bienvenue à chaque présidentielle à Oradour sur Glane) a stimulé une extrême gauche qui fait semblant de croire qu’elle conjure l’arrivée fantasmée d’un nouvel Hitler et reconstruit des milices qui n’hésitent pas à tuer. Le dégoût devant les dérives de Mélenchon, n’empêche pas le PS de s’acoquiner électoralement avec lui. La violence extrémiste est au bout de ce « théâtre indigne ».

Seconde leçon : le retour des récessions périodiques, empêchées pendant les Trente Glorieuses par les règles des Accords de Bretton Woods, rythme les changements de majorité, radicalise les extrêmes, décourage les « forces vives de la nation ». La croissance, qui est passée de 5 à 7% à des variations autour de 1%, c’est dire une quasi-stagnation, ne permet plus aux Etats occidentaux de financer leur système social. Les citoyens se coupent de leurs « élites » vues comme décalées de leur vie quotidienne et incapables d’améliorer la situation. « On marche sur la tête » et on se moque « des vraies gens ! », Sans dents, Bonnets rouges, Gilets jaunes ou Gueux.

Troisième leçon : La capture de la politique régalienne nationale par la Commission Européenne, les cours de justices et hautes autorités et une caste administrative de hauts fonctionnaires,« l’Enarchie compassionnelle et bienveillante », a provoqué l’abandon par le chef de l’Etat et ses gouvernements des questions régaliennes (prospérité, santé, natalité, éducation, sécurité, justice, compétitivité, emploi, monnaie, budget raisonnable), au profit d’une ingénierie sociale délétère qui postule que les citoyens sont intrinsèquement mauvais et qu’il faut les corriger par tous moyens y compris la propagande médiatique, la coercitions sociale, la stimulation par la peur et les mensonges, les piloris et une bureaucratie pléthorique chargée d’une surveillance toujours plus étroite des écarts de comportements, de langage et de pensée. Ces méthodes s’avèrent malsaines jusqu’au pestilentiel, provoquant des atteintes sans nom aux droits de propriété, à la liberté de pensée, de paroles et de circuler. Elle s’accompagne d’une envolée délirante des impôts et des taxes, nourrie par les gratuités et l’épidémie de droits acquisitifs. Elle est tellement aggravée par les dépenses contraintes que les prélèvements publics égalent la valeur ajoutée par les entreprises, une situation intenable. Le mensonge public et l’exploitation de la haine sont désormais pratiques courantes, remettant en cause le sens même de la démocratie.

Ces trois tares se conjuguent et se renforcent l’une l’autre.

On voit où est désormais le challenge programmatique pour un éventuel parti de gouvernement souhaitant sortir le pays de son effondrement national, diplomatique, économique et social.

 

La tentation douteuse de l’Ingénierie Sociale

Depuis plusieurs années nous essayons, au Cercle des économistes e-toile, d’identifier les grandes causes de l’effondrement français. Avec le livre « les Malheurs de la Vérité », nous avons examiné le phénomène très particulier des vérités qui ne parviennent pas à entrer dans le débat démocratique, avec des conséquences dramatiques faute d’en avoir tenu compte à temps. Nous avançons un peu plus loin sur le chemin de l’explication de l’état lamentable de la France en analysant cet autre phénomène qui aurait fait sourire à une autre époque : la tentation de « l’ingénierie sociale » qui domine depuis 50 ans, qui s’est accélérée entre 1987-1992 et qui est devenue, par ses résultats et ses moyens, une catastrophe à multiples facettes.

L’ingénierie sociale est une pratique gouvernementale qui prétend purger le mal du cœur des individus, réputés nativement nocifs, pour leur bien et celui du pays. La méchanceté peut être corrigée par l’État bienveillant, au prix d’un volontarisme obsédant, permanent et invasif. Il n’est plus question de péché originel. L’ingénierie sociale se veut efficace, mais comme il s’agit de vertu, on pense inutile de discuter, d’évaluer, de tenir compte des réalités, ou d’estimer si les coûts sont justifiés. Une telle pratique peut choquer ceux qui sont, à l’occasion, désignés à la vindicte publique. Il devient normal d’utiliser les méthodes de manipulation de l’opinion les plus perverses et de les perfectionner. La Justice, en fait, la répression pénale, conforte la pression sociale et la propagande pour faire taire toute opposition. Naturellement, le système médiatique, comme pour les Grands mensonges systémiques, est au cœur du processus. L’important est de stimuler le sentiment du bien qui est présent dans tout homme pour que les individus s’emparent d’eux-mêmes de la mission ou y adhèrent au moment de voter. « Indignez-vous » si ce n’est pas le cas, ordonnera un livre célébré.

L’État qui se lance dans l’ingénierie sociale ne se contente pas de légiférer sur les objectifs mais aussi sur les moyens. Le bien étant d’importance globale, rien n’est jamais ciblé. Les mesures sont collectives et touchent tout le territoire, et doivent même s’intégrer dans une politique universelle, par décalque de ce que font les voisins. Comme l’ingénierie sociale est basée sur le bien, il est impossible de revenir en arrière, de tenter de moduler, de se concentrer sur l’essentiel. Tout se doit d’être massif, extensif et irréversible. L’outrance est toujours de mise. On ne saurait brider une politique basée sur la vertu ! Hystérie fiscale et réglementaire, et coûts disproportionnés, deviennent légitimes comme l’atteinte à la liberté, à l’égalité et la propriété. Le vocabulaire de propagande, hérité du marxisme, méprise les concepts de liberté et d’égalité, jugés « essentialistes » pour se concentrer sur leurs variantes « réelles » qui ne peuvent s’épanouir sans priver quelques vilains de liberté et d’égalité. On ne cherche plus un bien moral de type religieux pour le salut éternel de chacun mais un bien social évident, ancré dans la vie réelle des êtres réels, ici et maintenant, quitte à discréditer, ruiner ou proscrire ceux qui s’y opposent.  Cette pratique est nouvelle en France. Jusqu’au tournant des années 1968-1973, on considérait que l’État devait se concentrer sur des politiques régaliennes fondamentales : assurer la prospérité ; investir dans les biens collectifs critiques (école, logement, emploi, transports, hôpitaux, défense nationale), garantir la sécurité des biens et des personnes, éviter à tous de tomber dans la misère, veiller à la natalité et la santé publique, assurer la part du pays dans les différentes conquêtes scientifiques. Les électeurs avaient confiance dans la capacité de la classe politique d’agir continûment en ce sens. Le niveau de vie Français rattrapait celui des Etats-Unis et le PIB par tête en France était dans les cinq premiers au monde (nous sommes tombés aujourd’hui au-delà de la 30e place).

Et voilà qu’on nous explique que ces sujets, s’ils restent importants, doivent être relativisés, car ils deviennent difficiles voire impossible à maîtriser. La monnaie et les changes, ce sont « les marchés » ou Bruxelles et la BCE. Le chômage ? « On a tout essayé » ! La natalité ? On doit d’abord privilégier la liberté des femmes et l’avortement quelles qu’en soient les conséquences. La croissance ? La rançon pétrolière et les crises récurrentes ne la permettent plus, alors on justifie la décroissance par la vertu écolo. La sécurité : les délinquants sont des victimes et la prison est catastrophique. La santé : elle coûte trop cher et on n’y peut rien. Et il faut éliminer les « mandarins ».

Que reste-t-il comme champ d’action à nos pauvres politiciens nationaux ? Ils ont vite trouvé : s’attaquer, chez nous, aux maux provoqués par les mauvais citoyens, étant bien compris que chaque Français doit se pénétrer de l’idée qu’il est foncièrement mauvais, qu’il l’a longuement prouvé et qu’il doit être repentant et prêt à se corriger, avec l’aide des coups de fouet du gouvernement. Naturellement il y a des mauvais plus mauvais que les autres et des victimes à promouvoir contre ces ignobles. La guerre de tous contre tous est en marche !

Sans chercher à être exhaustif, voici une liste réduite des thèmes d’ingénierie sociale qui ont fécondé la politique en France depuis une cinquantaine d’années, avant même que les thèmes écologiques ne viennent tout aggraver.

-            L’éradication du tabagisme

-            L’éradication de l’alcoolisme

-            L’éradication de l’insécurité routière

-            L’éradication des noyades en piscines

-            L’éradication des ascenseurs traditionnels

-            L’éradication des balcons qui tombent

-            L’éradication des eaux usées non maîtrisées

-            L’émancipation totale des handicapés qui doivent pouvoir avoir quasiment la même vie que les bien portants à tout moment et en tous lieux.

-            L’émancipation totale des femmes qui doivent échapper à la domination des hommes et obtenir une égalité statistique des rémunérations

-            L’éradication de la fraude fiscale

-            L’éradication du secret bancaire

-            L’éradication de la concussion politique

-            L’éradication de la corruption dans les marchés internationaux

-            L’éradication des accidents du travail.

-            L’éradication des mauvaises pratiques chez les sous-traitants internationaux.

-            L’inclusion avec privilège des minorités « opprimées » (homosexuels, immigrés, etc.).

-            La lutte contre la pénibilité en baissant ; pour des catégories, l’âge de départ à la retraite

-            La lutte contre le non-paiement des pensions alimentaires en substituant l’État au parent 1 ou 2 défaillant

-            La multiplication des gratuités, gratuité signifiant « paiement par les autres », pour presque tout et même pour des riens comme les serviettes hygiéniques pour les étudiantes (parmi des dizaines d’exemples du même genre).

-            La correction du langage par l’écriture inclusive, parfois ridiculisée mais jamais interdite aux administrations et autorités publiques

-            L’incorporation des propagandes dans toutes les publicités, les séries télévisées, les films et la majorité des talk-shows, l’édition et la presse (subventionnée).

-            La disparition des bouchons en plastique non asservis à leur bouteille…

-             ...

On ne pourra pas accuser nos hommes politiques de ne pas avoir cherché à faire le bien autour d’eux ni d’avoir réussi à obtenir des résultats partiels spectaculaires mais le plus souvent compensés par de nouvelles tares parfois plus graves. Les accidents de la route ont baissé de façon spectaculaire mais on conduit désormais sans permis, on se dope au gaz hilarant et on ne respecte plus la gendarmerie. On fume moins, mais on se drogue plus et les « rave parties » pullulent. Comme s’il y avait une malédiction du mal, hydre à mille têtes qui repousseraient toujours. Aujourd’hui, de contraintes en échecs, de propagande odieuse en injonctions contradictoires, plus personne n’a confiance dans la bonté des politiques que le bon peuple voit « marcher sur la tête » avec consternation. Toutes les autorités sont contestées. Les profs femmes se font cogner par les élèves voire poignarder. Les profs mâles se font égorger. Les maires se font agresser. Les enfants s’entre-tuent à coups de couteau dans les collèges. L’insécurité et la drogue sont partout Le chômage structurel est massif. Le PIB par tête a sombré. L’industrie, l’agriculture, le bâtiment ont été ravagés. La natalité a disparu. L’État n’a plus les moyens de ses intentions. Il n’y a plus de défense nationale sérieuse. Les Parisiens quittent Paris et les Français fortunés ou cherchant une vie d’action quittent la France. Les mères isolées et les femmes seules deviennent un problème social. Les hommes sont troublés par l’accusation de virilisme et victimes des opérations de parité qui les évincent de postes qu’ils méritent. Les SDF sont partout. Plus personne ne respecte la France qui est submergée et subvertie de toute part. Ne parlons pas des universités et des grandes écoles qui sont devenues des petits séminaires ou de vulgaires écoles de propagande pour le politiquement correct violent, avec en prime l’antisémitisme, la détestation de l’Occident et la dénonciation des « dégâts du progrès économique ». En 1988-1992 est apparue la grande querelle écologiste qui faisait de la croissance capitaliste l’instrument de la mort de la terre. Le réchauffement climatique provoqué par l’homme et la destruction de la nature bienfaisante, justifiaient un niveau de propagande jamais vu, même en URSS ou en Corée du Nord, et une interdiction presque totale de toute opposition aux mesures hystériques proposées. Il n’a pas fallu longtemps pour que les conséquences apparaissent. Promue en particulier par l’Union européenne, l’ingénierie écolo moralisante a fini par casser les industries énergétiques, industrielles, agricoles, chimiques et le bâtiment en prime, tout en ruinant les individus et l’État. Naturellement, sans aucun effet sur le climat.

Ces cinquante ans qui ont vu les hommes politiques renoncer à leur véritable rôle pour un simulacre de métier de cureton laïc, ont conduit le pays au désastre. Peut-on comprendre les raisons de cette attitude et ce qui la nourrit encore aujourd’hui malgré les mécomptes ? Ce n’est pas si simple mais quelques pistes existent.

La première piste est la crise mondiale violente de 1973, provoquée par l’abandon à l’instigation des Etats-Unis en 1971, des règles de Bretton-Woods. Ces accords tenaient compte du désastre économique de l’entre-deux guerres et s’attaquaient à une des causes des récessions périodiques : les effets désastreux des grands déséquilibres commerciaux et financiers et des actions douanières ou monétaires non concertées. Nous eûmes les « Trente Glorieuses, et une longue période sans récession. La preuve de la nocivité de cet abandon sera immédiate avec la terrible récession mondiale de 1972-1973 et il sera prouvé dès 1974, de façon implacable, qu’en système de changes flottants, les plans usuels de relance dits keynésiens ne marchaient plus. En prime, la crise de 1973 a entraîné la cartellisation du prix du pétrole, et donc l’obligation pour les autres de payer une rançon. Les taux de croissance s’effondrent partout. Cinq crises mondiales vont s’enchaîner sans que les gouvernements, notamment français, ne cherchent ni à les expliquer ni à les empêcher. La perte de confiance dans les dirigeants en sera la conséquence. Comme l’a dit si bien la reine Élisabeth II d’Angleterre, « à quoi servent les économistes s’ils ne parviennent pas à prévenir les crises ? ». Et à quoi servent l’Etat et les hommes politiques ?

La seconde raison, plus particulière à la France, est la prise du pouvoir politique par les hauts fonctionnaires. S’installe progressivement et subrepticement un nouveau régime politique mal compris et mal analysé : l’Enarchie compassionnelle et bienveillante. La technocratie voulue dès 1931 par le mouvement X Mines et reprise comme épistocratie après la défaite effroyablement rapide de 1940 par les Inspecteurs des Finances, va prendre une forme nouvelle, mélange de bien-pensance active, de certitude caduque que l’État sait désormais tout maîtriser et de croyance que, loin du peuple, dangereux et futile, les solutions existent à condition de manipuler l’opinion dans le bon sens par une parole « performative ». S’ajoute l’idée que la France est radicale et capable de tout, donc qu’il faut tenir compte de cette fragilité mentale en ménageant toutes les soupapes nécessaires. « La crise mais aussi la révolution sont au coin de la rue », édicte-t-on au milieu des années soixante-dix, dans la haute administration ! Il faut éviter qu’une émeute toujours possible ne tourne à la révolution. La paix sociale, c’est-à-dire l’acceptation servile de tous les oukases des syndicats des secteurs publics, devient le leitmotiv de cette nouvelle classe dirigeante prudente et compatissante. La conjonction de l’impuissance face aux crises mondiales et d’une domination inédite des hauts fonctionnaires sur la vie politique, est clairement à la source de la création d’une « énarchie compassionnelle » qui déserte les grandes questions régaliennes pour se concentrer, par facilité, sur la bienveillance factice et le sociétalisme constructiviste. Il ne s’agira plus que de « réguler la société » et d’accorder des « cadeaux au peuple », au prix de la disparition de la croissance, de la souveraineté, des enfants et des équilibres budgétaires et commerciaux. La distribution de prébendes et la création de marchés administratifs de connivence deviennent une pratique régulière et porte sur des sommes colossales. Que l’on pense aux milliers de milliards de Dollars ou d’euros dépensés en Occident pour les énergies imprévisibles et non maîtrisables, comme les éoliennes et les plaques photovoltaïques. Avec M. Macron, on aboutit au sommet du genre avec en prime la guignolisation de la présidence de la République, la paralysie des institutions parlementaires et le triomphe de la communication égocentrique et vide de sens.

Les partis du centre, du centre gauche et de droite deviennent des ligues de vertu insensibles au ridicule, où les meilleurs prêcheurs auto déclarés se voient tous candidats à la Présidentielle. Aux extrêmes, les partis deviennent des contempteurs du régime. D’un côté l’ignominie suprême d’un Mélenchon s’affirme. On passe de « touche pas à mon pote » à « touche pas à mon Polpot », avec reprise de tous les thèmes d’Action directe, jusqu’à la justification d’un assassinat politique, l’antisémitisme débridé pour capter le vote musulman et la nazification de toute pensée contraire. L’extrême-droite, positionnée comme la seule instance abjecte et diabolisée, profite du désastre ambiant. Le RN tente de se faire passer pour l’ancien RPR mais a du mal à échapper à une forme étrange de national-socialisme. Avoir capté le vote ouvrier, abandonné au profit du sociétalisme par les partis socialiste et communiste, oblige à forcer sur l’aspect socialiste de son message…

Le climat politique et médiatique tourne au pestilentiel, LFI et le RN dépassant à eux deux 50 % de l’électorat.

La réalité économique devient régressive. La réalité démographique devient dramatique. La sécurité intérieure et extérieure devient virtuelle et n’est plus assurée. La situation fiscale devient oppressive. L’endettement public et privé devient incontrôlable. La liberté de penser et celle d’expression sont encadrées et parfois verrouillée. La possibilité d’agir est bridée. La formation d’élites bien formées est compromise. Les villes sont saccagées par des pseudo-écologistes hystérisés. La santé mentale de la population est abîmée par les communications basées sur la peur, la remise en cause du genre, la destruction de la langue, l’inefficacité nouvelle du système de santé, l’insécurité, la hantise d’un lendemain difficile, et une culpabilité toujours plus affirmée. La France se tiers-mondise avec un revenu moyen qui décroche. Les maladies mentales gagnent la jeunesse. Les tentatives de réduction de l’étouffement bureaucratique échouent toujours malgré une succession de plans au nom ronflant. Pourquoi ? Si la politique est fondée sur la recherche apparente de la vertu, il est impossible de réduire l’appareil qui impose cette vertu. Eliminer la bureaucratie reviendrait à détruire ce qu’a construit l’ingénierie sociale menée par des Hauts fonctionnaires pour le bien supérieur. Intolérable ! D’autant plus que c’est à eux que reviendrait la tâche exaltante de scier la branche sur laquelle ils se sont confortablement installés.

C’est pour cela qu’un Président d’apparence comme Emmanuel Macron peut annoncer qu’il va réduire de 120 000 les effectifs de fonctionnaires pour en recruter finalement 180 000 de plus. Pour un Énarque, multiplier des ouailles administratives n’est jamais un problème. Croyez-vous vraiment que vous allez rétablir le seul impôt juste : la taxe d’habitation ou revenir sur tous les « cadeaux » qui se sont accumulés. Essayez donc !

Quand les partis de gouvernement deviennent des ligues de vertu, la paralysie dans la réforme devient structurelle. Et la montée des extrémismes inévitable. Une nation déboussolée par une immigration massive qui néanmoins ne l’empêche pas de plonger de façon suicidaire dans la baisse démographique incontrôlable, ayant perdu sa souveraineté au profit de structures internationales non élues, démoralisée par une information biaisée qui dévalorise son histoire et une partie de sa population, affaiblie par un effondrement relatif mais constant du PIB par tête, une extension extrême de la fiscalité et le gonflement de ses dettes, a cru, de facto, qu’elle s’en sortirait en confiant à une technocratie administrative se flattant de promouvoir le bien contre les méchants, le soin de la corriger de ses graves péchés. Elle a eu tort. Et ce n’est pas fini.

Le Figaro publie cette information : « Pour réguler le pays, les députés n’ont pas peur de la prohibition. À chacun selon sa sensibilité. « Les écologistes et La France insoumise recourent majoritairement à des justifications sanitaires qui constituent le principal registre de légitimation de leurs propositions d’interdiction. Le Rassemblement national, pour sa part, mobilise plus fréquemment des justifications liées aux libertés publiques et aux mœurs, souvent sur des sujets à forte portée symbolique. Les socialistes apparaissent en tête des initiatives fondées sur la restriction des libertés numériques. » Les citoyens seraient-ils de grands enfants qu’il faudrait protéger, malgré eux, contre leurs mauvais penchants ? C’est ce dont semblent persuadés les parlementaires, qui ont multiplié l’année dernière les propositions de nouvelles prohibitions. Elles étaient même au nombre de 287. selon les calculs de Sacha Benhamou, pour le centre de réflexion libéral Génération libre ».

287 : seulement 287 ? Pourquoi pas mille ? pourquoi pas 10 000. On dit stop ou encore ? Et là, il ne s’agit plus de hauts fonctionnaires. Tout le monde s’y met. Le lundi 2 mars 2026 le Temps, journal économique suisse, publie une tribune signée d’un avocat professeur à l’université de Lausanne à propos d’une fantaisie bureaucratique nouvelle dans ce pays : « le registre des actionnaires » imposé par une loi sur la transparence des personnes morales (LTPM). Il s’agit d’un texte importé et que des instances internationales non élues ont poussé, mues par un activisme pour la « summa jus », l’empire mondial du droit. En l’occurrence il s’agit du GAFI (groupe d’action financière) créé en 1990 pour lutter contre le blanchiment d’argent sale et dont le siège est à Paris auprès de l’OCDE. Le « toujours plus » est une règle pour ces organismes non élus. L’État y paie grassement de nombreux prébendiers qui y travaillent parcimonieusement mais qui ne cessent de demander des contrôles de plus en plus serrés. « Il évalue régulièrement les réglementations nationales de ses États membres quant à leur conformité avec ses 40 recommandations. Ces évaluations de pays sont réalisées par des représentants d’autres États membres du GAFI ». L’Union Européenne a été la première à créer sur les recommandations de ce GAFI, le fameux registre d’actionnaires, provoquant une frénésie de paperasse, de blocages administratifs et de coûts. Il s’agit maintenant de l’imposer en Suisse qui négocie avec l’Union Européenne. Que dénonce cet avocat ? D’abord qu’il n’y a aucune justification de l’opportunité ni de l’urgence du texte. Aucun événement ou série d’évènements concrets ne sont cités pour en prouver la nécessité. Existent par ailleurs d’autres dispositifs ayant exactement la même finalité et qui font leur office. Il aurait pu citer l’adage anglais ; « when it is not broken, don’t fix it ». Ne régler que les problèmes qui se posent. L’ingénierie sociale ignore ce genre de conseil et ne pense qu’à se perfectionner, en chambre. Indéfiniment. Par principe. L’absence de tout ciblage impose « des obligations étendues et coûteuses à des personnes morales de droit suisse dont la très grande majorité ne présente aucun risque d’être utilisée à des fins criminelles ». L’ingénierie sociale frappe toujours le plus large possible et multiplie les coûts, directs et indirects qui ne sont naturellement jamais évalués.Les sanctions prévues sont évidemment terrifiantes au cas où l’information ne serait pas communiquée à temps. Les comportements déviants doivent être radicalement sanctionnés. Le bien n’attend pas.L’affaire est compliquée par l’usage de notions importées qui ne sont pas similaires avec les notions juridiques connues jusque-là localement pour couvrir les mêmes situations. La confusion finit par faire dire à la loi « tout et son contraire ». « Pour que l’exercice soit utile il aurait été préférable de restreindre le champ de l’application de la loi pour cibler un champ d’entreprises plus limité et en utilisant des critères précis ». « Une réglementation trop vaste ne sert à rien contre des vrais criminels habitués à trouver des prête-noms pour la contourner ».

On retrouve les caractéristiques majeures de toute ingénierie sociale : jargon ; justifications modestes ; mesures débordantes ; inefficacité et coûts ; refus de revenir en arrière. Des instances internationales non élues et grassement payées édictent des textes contraignants, trop vastes, trop complexes ou trop coûteux, basés sur des faits ou inexistants ou parfois exagérés jusqu’à la fausseté, et refusent toutes études préalables et toutes corrections ultérieures. Les textes doivent être insérés par les gouvernements dans leur législation locale sans discussion, l’absence de résultats de dépenses imposées exagérément coûteuses étant jugées normales puisque tout le monde le fait.  

L'or au dessus de 5000 dollars l'once

 
L'or a donc dépassé les 5000 dollars l'once en ce début d'année 2026. Il valait 35 dollars l'once en juillet 1971. La valeur des monnaies administratives a donc été divisée par 140 en 55 ans, car toutes ont suivi le plongeon du dollar. On peut monter un indice de valeur de référence quelconque, on aboutira toujours au même effondrement. La monnaie officielle n'est plus fondante, elle s'autodétruit à toute vitesse. Rappelons que l'on moquait le XIXe parce que la croissance en valeur or était de 1%. Pour obtenir ce résultat il faudrait que tous les indices en valeur aient été multipliés par 140 depuis 1971 ! Cherchez bien ! 
 
Le merveilleux système des changes flottants régulés par les marchés et les banques centrales est une sinistre foutaise. Il semble que Mme Lagarde, qui fait semblant de s'y connaître en économie, est en route pour la présidence du WEF à Davos. Elle pourra y continuer à  soigner facilement son bronzage à l'île Maurice. Une petite classe s'enrichit sur les flux financiers qui ne régulent rien du tout ou en accédant à des postes internationaux flatteurs financièrement et totalemenet hors sol. Comme par hazard, ils sont tous pour la continuation du système.
 
Quand, dans un Etat, on ajoute une prédation fiscale extravagantes et une envolée des dépenses contraintes sans limites, à une monnaie fuligineuse, le cumul des trois actions est terrifant. Le manque de confiance dans l'avenircréé par ce matraquage et la régression de la croissance  justifie l'abandon des naissances par la population qui aggrave tout. La France est l'exemple même des conséquences. Les forces politiques qui font chauffer les révoltes rassemblent plus de 50% des voix dans l'électorat. Les médias refusent de discuter des causes, car les propriétaires des journaux  et les hauts fonctionnaires, tous accrochés à l'argent public, se gavent en se moquant absolument des conséquences. 
 
On voit que la surchauffe actuelle, du même type de celle de 2006 -2007, s'accompagne de craquements. Il suffit de les écouter du côté du Japon. Tout semble indiquer qu'on va déboucher sur la sixième grande récession mondiale depuisi 1971 vers 2027.  La France n'a aucun moyen d'y faire face, l'invraisemblable  Emmanuel Macron ayant délihérément "cramer la caisse" en diverses occasions et pour seul dessein : son avenir personnel. La prochaine crise mondiale pourrait déboucher sur une surcrise française, comme la crise de 2008 a provoqué une surcrise deux ans plus tard dans l'Union Européenne avec les conséquences que l'on sait pour la Grèce. 
 
Aucun parti n'a compris, en France, ce qui est en train de se passer. Aucun n'a formulé de diagnostic et proposé de solutions. On s'extasie sur les lunettes de soleil portées par un Président de la République encore plus dévalué que les monnaies administratives et qui plastronne tant qu'il le peut encore, mais "ici on ne pense pas, monsieur" comme l'aurait chanté Brel. 
 
Le slogan sur les frontons devrait être : Observer Compendre Agir. Qui, dans la France officielle, observe avec acuité, comprend les mécanismes délétères et propose des plans d'action correctifs ?  On n'en est pas au stade de la "connaissance inutile" mais à celui de la "glorification de l'ignorance". Au point de vue économique et monétaire, toute la classe politique est au niveau d'un Delogu. 
 
Le principe qui régulait les échanges internationnaux, était jusqu'en 1971, que les pays étaient responsables de l'équilibre de leurs échanges, sans grands déficits durables ni grands excédents permanents. La Chine a accumulé plus de 1 000 milliards de dollars d'excédents en 2026. On voit que même Nestlé va se fournir en Chine pour ses laits en poudre pour bébés. Avec les conséquences que l'on constate.  La Chine envahit l'Europe passoire en violant tous les principes de l'OMC et en accumulant des excédents démentiels. L'Allemagne a un excédent commercial sur tous les autres pays de la zone Euro qui dépasse 8% de son PIB ! Si la France voulait jouer sur les droits de douane, il faudrait les augmenter de plus de 100% avec l'Allemagne et la Hollande par où passent tous les produits importés. 
 
Essayer de parler de ces choses là avec les dirigeants des partis politiques français ! "Qui c'est ce métèque ? Sortez moi çà d'ici". A droite, au centre ou à gauche, tous pensent que les marchés fourniront de quoi financer leur gabegie. encore un peu. Tous les économistes promus ne pensent qu'à des taxes ou à éviter les questions clefs, évidemment clivantes. Ils font le guignol pour continuer à être invités dans les médias, honorés par les jurys et promus à de bonnes places. Mais ils ne disent rien sur les causes des  difficultés et sur les corrections de trajectoire à apporter d'urgence. 
 
Il faut dire qu'expliquer pourquoi la france a perdu en cinquante ans mille milliards d'euros de PIB annuel ne peut pas vous valoir de fortes amitiés ni dans le système médiatique qui a occulté bien des débats indispensables, ni dans le monde politique qui a prouvé ses carences de longue durée en matière de croissance. 
 
On ira : la France n'est pas seule en cause.C'est vrai ! Mais où est la diplomatie de la prospérité permettant de faire évoluer les choses ? Pire : la France a laissé l'Union Européenne ruiner ses seceurs énergétiques, industriels, agricoles, et jusqu'au bâtiment, dont on sait que quand il ne va pas, rien ne va. 
 
La fuite devant les réformes internes indispensables s'ajoute à cette carence diplomatique dont Emmanuel macron est le premier responsable. 
 
Ces carences sont tout de même difficiles à admettre.
 
Didier Dufau 
 
 
 
 
 

Le système monétaire international, clé du multilatéralisme heureux

On commente aujourd’hui avec beaucoup de retard l’effondrement du multilatéralisme, le retour des relations de puissance au détriment du droit international, et  l’effacement d’une Europe qui a organisé l’impuissance des Etats, seuls détenteurs de la souveraineté, au nom  d’un «  soft power » surtout soucieux de faire de la place aux minorités agissantes, et à l’immigration étrangère, en particulier musulmane, qui cherche de moins en moins à s’assimiler et de plus en plus à affirmer son pouvoir sur une société émiettée et inertes.

L’effondrement a commencé en 1971 avec la rupture des Accords de Bretton Woods qui imposaient aux Etats deux contraintes essentielles :

-            Pas de mondialisation commerciale heureuse si les Etats peuvent accumuler d’immenses déficits et excédents commerciaux

-            Obligation de souscrire aux observations de certaines institutions internationales comme le FMI, fonds monétaire international.

Ce système a permis les 30 Glorieuses en évitant les grandes récessions.

De même, les Etats européens, tirant la leçon de guerres terrifiantes et auto destructrices à répétition, ont accepté le principe d’ouverture totale des mouvements de personnes, de biens et de capitaux, au sein d’une zone régulée dont le principe était la résolution des confits par la négociation et non les mesures de rétorsion unilatérales.

En même temps, la décolonisation permettait de créer un cadre de coopération, préférable à la situation de contrainte antérieure.

Le multilatéralisme et la coopération ont bien été la base de progrès extraordinaires en Occident et pour les nations qui ont choisi le modèle occidental.

Le système était perturbé par trois plaques chaudes : l’expansionnisme communiste et le révolutionnarisme international, la volonté de créer un état juif au sein du monde arabe, la tentation hégémonique américaine.

En imposant le dollar comme proxy d’une unité de compte internationale, le ver était dans le fruit des accords de Bretton Woods.

La décision américaine de faire sauter les accords de Bretton Woods aurait dû conduire à une version corrigée de l’organisation monétaire internationale. Il fallait éliminer le dollar comme proxy de l’or et créer une valeur de référence totalement indépendante d’une monnaie nationale. Les échanges devant être équilibrés le plus possible, le besoin d’apurement des soldes pouvait être satisfait assez facilement.

En choisissant la voie des changes flottants par construction favorable aux relations de force et en renonçant à l’exigence de non accumulation d’excédents et de déficits, on détruisait radicalement le fondement même du multilatéralisme au profit du chacun pour soi. On est au cœur du réacteur qui a finit par conduire au chaos actuel.

On découvre 50 ans plus tard que le multilatéralisme n’existe plus, mais tout était écrit dès les décisions de l’été 1971.

Les secousses monétaires ont entraîné des récessions périodiques de plus en plus graves, poussé les pays pétroliers à rançonner l’Occident, aux Islamistes de trouver des financements colossaux. Les récessions ont cassé durablement les essais de « welfare state ».

L’Europe a commis cinq  erreurs colossales supplémentaires :

-            Le saccage de la démographie

-            L’entrée de la Chine dans l’OMC

-            L’introduction d’un sociétalisme cassant toutes les références sociales et morales antérieures au profit d’un société dépareillée sans assises nationales et familiales.

-            La destruction des Etats nationaux dans le cadre du traité de Maastricht, par la perte de l’indépendance des nations, le transfert de la création de la loi, l’hyper pouvoir des cours juridiques, et l’étouffements des pouvoirs régaliens.

-            La création d’un ensemble de pays sans limite connue et sans frontière dont l’ambition ne pouvait être que fédérale.

Appauvris et de plus en plus impuissants, les états occidentaux se sont étiolés radicalement. Pénitents, consommateurs et plus producteurs, submergés par l’immigration allogène et les minorités triomphantes, ravagés par les récessions, les impôts et la dette, sans enfants au sein de populations vieillissantes et en régression, les Européens se sont enfoncés dans les difficultés.

Les Etats-Unis ont décidé de réagir. Les droits de douane unilatéraux plutôt que la recherche d’un nouveau système coopératif favorable à la croissance. L’interventionnisme militaire ponctuel pour imposer la loi des Etats-Unis. Le chantage permanent fait à l’union européenne avec des commissaires transformés en zombis terrifiés qui cèdent à tout.

Ne parlons pas de la France de l’indigent Macron, président perroquet indigne et toxique qui aura cassé tout ce qu’il touche. Il aura permis la domination de partis protestataires obligatoirement destructeurs.

Si on casse la colonne vertébrale, il ne reste pas beaucoup de place pour le dynamisme individuel. Le système monétaire international est la colonne vertébrale du monde. Tout retour vers plus de multilatéralisme et de coopération passe par le préalable de la refonte des systèmes monétaires internationaux.

Didier Dufau 

Quels vœux pour 2026 ?

Toute année apporte son lot de surprises et de confirmations. Le triptyque « observer, comprendre, agir » est une dimension consubstantielle de la démarche des économistes. Leur frustration spécifique est de réaliser que leur connaissance est inutile, car le milieu politique a tendance à s’épuiser dans des querelles de clans qui éparpillent la réflexion et la détourne des sujets difficiles. La réalité se venge. On dira : la crise a provoqué la prise de conscience et on progressera. C’est souvent vrai, mais n’a rien d’obligatoire. On s’enfonce alors  inlassablement dans les mêmes errements.

« Les Malheurs de la Vérité » est un livre où j’ai voulu analyser ce phénomène d’un point de vue français. Certaines vérités économiques ne parviennent pas à s’installer dans la « conversation démocratique », selon une séquence constance : occultation, négation, minimisation et exonération. Lors qu’elles sont cruciales et qu’elles concernent trop de sujets, les conséquences sont évidemment dramatiques. On le voit tous les jours en France aujourd’hui.

Pendant longtemps la tâche des économistes a été de créer une discipline qui trouve ses galons de science véritable. La crise de 1929 et ses ravages ont été l’étape fondamentale. Les réflexions qui ont été conduites de 1940 à 1947 ont imposé un nouvel ordre mondial, plus ou moins centré sur les réflexions de Keynes. La sortie de la misère et la croissance sont devenues des objectifs nationaux et internationaux. Les politiques des Etats étaient critiques pour obtenir ce résultat. Leur collaboration était indispensable avec quelques instances de régulation chargées d’observer, le comprendre et d’alerter ou d’agir pour le bien commun. Diplomatie, bonne volonté et souci de régler pacifiquement les difficultés se sont imposées en Occident.

Le résultat a été exceptionnel : les Trente Glorieuses, selon l’expression de J. Fourastié qui ont établi la prospérité de l’Occident.

Le secret de cette période faste : des échanges équilibrés, avec refus des grands excédents et des grands déficits, régulation par les changes, natalité forte, ouverture contrôlée du commerce mondial. Les Etats étaient responsables de la valeur de leur monnaie vis-à-vis des autres. Tous sauf un les Etats-Unis qui ont réussi à faire du dollar, monnaie nationale, le proxy d’un étalon monétaire international. Le ver était dans le fruit. L’explosion aura lieu en 1971.

Le système était néanmoins fragilisé de l’extérieur par l’énormité d’un bloc communiste violent, dictatorial et génocidaire, qui a enflammé le processus historique de décolonisation et le révolutionnarisme en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, tout en ravivant les braises du militantisme violent en Europe, relayé par une caste d’idéologues anticapitalistes.

L’effondrement des Accords de Bretton Woods verra l’instauration de facto d’un système de changes flottants théorisé par personne. Il faudra aller chercher des écrits très partiels de Milton Friedman pour lui donner un semblant de crédibilité théorique. Malheureusement, les esprits libéraux en feront la base de leur crédo et défendront bec et ongle une solution désastreuse en croyant avoir installé un Graal devenu un tabou religieux. « La monnaie est une marchandise comme les autres ». Qu’on libère les échanges et les mouvements de capitaux, le marché trouvera son équilibre par enchantement ! Que l’Etat se fasse petit et tout se passera bien !

L’ennui, c’est que les Etats sont des Moloch et qu’en démocratie ils doivent répondre devant le pays de la prospérité. La première conséquence des changes flottants sera la réapparition des crises mondiales et des récessions dévastatrices associées. Celle de 1972-1974 sera d’autant plus terrible qu’on en avait perdu l’habitude. Elle va provoquer des réactions en cascade :

-            En Occident les Etats réagissent en maintenant le « welfare state » par la dépense publique, l’impôt et la dette. Le septennat Giscard sera fiscal à une échelle démesurée. C’est d’autant plus facile que l’imposition est globalement progressive. En phase de haute conjoncture l’argent entre dans les caisses de l’Etat à grand flot. En cas de récession c’est l’inverse mais les dépenses sont engagées. Il ne reste qu’à augmenter les impôts et la dette, alors que les « amortisseurs sociaux » coûtent de plus en plus cher.

-            Les pays pétroliers se coalisent pour faire face aux désordres monétaires et décident de rançonner l’Occident. Une cause structurelle de ralentissement de la croissance apparaît. Accessoirement la rente pétrolière devient telle que les pays en question font l’objet de révolutions incessantes pour mettre la main sur la manne. A l’initiative de l’Iran, on voit renaître l’esprit conquérant de l’Islam avec une dictature théocratique violente.

-            Les « dragons asiatiques » profitent de l’absence de condamnation des grands excédents et de l’ouverture des marchés commerciaux et financiers pour se lancer dans des politiques hyper mercantilistes qui leur permettent d’accumuler d’énormes excédents et de casser les producteurs occidentaux. La désindustrialisation en Europe va pouvoir s’installer.

-            Les régimes communistes sont obligés progressivement de faire face à leur propre déchéance économique par rapport à tous les pays qui triomphent économiquement par le commerce mondial. L’URSS s’effondre en 89. La chine, elle, a commencé son aggiornamento : dictature ou mais ouverte au commerce mondial avec l’OMC au bout du chemin.

-            La France de son côté sombre dans l’anticapitalisme intellectuel et même terroriste avec Action Directe. La révolution « sociétaliste » s’affirme d’abord avec le féminisme radical et l’apologie du divorce et de l’avortement, la glorification des minorités sexuelles à partir de l’épidémie de Sida, et les débuts de l’écologisme anticapitaliste. Avec le traité de Maastricht suivant le double septennat désastreux de Mitterrand elle perd son indépendance et entre dans la révolution justicialiste qui donne aux juges un pouvoir sociétal et politique démesuré. L’erreur de Chirac qui dissout sans raison et impose à la France 5 ans de Jospin, aggrave tout.

-            Les instances internationales imposent le GIEC et des politiques de propagande inouïe qui ne doivent plus être contestées sans dommage. Un politiquement correct théocratique et anti démocratique est imposé d’en haut.

La crise de 2008 est si grave qu’elle manque d’engloutir tout le système financier occidental ! Merci les changes flottants : trois récessions gravissimes et trois récessions moins importantes ont tout cassé.

Le Wokisme s’installe sur les ruines de la démographie et alimente  la haine de soi en Occident, accompagnant une désindustrialisation radicale, la stagnation économique de longue durée et la capture de l’économie et de la politique par la haute fonction publique qui laisse en France le libre champ à deux catastrophes structurelles :

-            L’effondrement démographique

-            L’expansion de la dépense publique jusqu’à la rendre égale à la production marchande (100% de la valeur ajoutée des entreprises !), une situation explosive en poussant la fiscalité à des niveaux intolérables et l’endettement au-delà du seuil raisonnable.

L’Europe maastrichienne, elle, provoque par son inflation normative délirante la casse du marché de l’énergie, de l’industrie automobile, de l’agriculture et du bâtiment. Excusez du peu ! Et elle se couche devant les exigences de Trump avec une docilité confondante.

Nous avions décidé de ne pas formuler de bons vœux pour 2025 tant il était clair que l’année serait saumâtre. Elle l’a été.

Sa nouveauté majeure aura été la volonté de Trump de résoudre les désordres provoqués par les changes flottants et la mondialisation déséquilibrée par les droits de douane, c’est-à-dire par la violence unilatérale. Les Etats-Unis ont fini par tuer deux fois les Accords de Bretton Woods source de la croissance mondiale exceptionnelle de l’après-guerre. « Le dollar est notre monnaie mais votre problème », tel était le message américain de 1971. « La croissance américaine est également votre problème via les droits de douane » ajoute Trump. La vraie réponse était le retour à un système monétaire international interdisant les grands excédents et les grands déficits avec responsabilisation des états sur la valeur de leur monnaie. On a préféré aggraver les choses alors que le désastre des changes flottants devenait critique.

Les changes flottants mâtinés de droits de douane violents auront fini par détruire tous les équilibres mondiaux, aidé à reconstituer les ensembles impériaux, restaurer la violence et la guerre au cœur de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe.

La capture du sinistre dictateur Maduro, assassin héritier de l’assassin Chavez, après les coups assénés au wokisme et à l’écologisme anticapitaliste, ont remis les Etats-Unis au centre du jeu.

L’Union Européenne s’ébroue et mesure sa faiblesse. L’anémie des naissances, l’impuissance militaire, le poids excessif du Wokisme, la croissance zéro, l’immigration incontrôlée, la non-répression du crime, la haine de soi et de ses racines, la diversité malheureuse et la mondialisation déséquilibrée, les désordres liés à l’Euro, forment une muraille étouffante que personne ne croit pouvoir détruire.

Que peut donc nous apporter 2026 ?

En France, on ne voit pas très bien. On commence l’année sans budget dans une ambiance de fiscalité punitive à caractère communiste et des perspectives de croissance proche de 1%. La dénatalité va se poursuivre, comme l’exode des riches. La capture de la politique par la haute fonction publique ne va pas s’atténuer. Il n’y aura aucune remise en cause du wokisme et de l’écologisme anticapitaliste. L’immigration incontrôlée va se poursuivre. L’européisme béat va demeurer à la tête de l’Etat. Rien ne changera sur l’insécurité et le justicialisme.

RN et LFI, les deux mouvements qui exploitent les rages et les frustrations, resteront dominants. La pulvérisation de la droite démocratique, du centre et de la gauche sociale-démocrate va se perpétuer malgré les tentatives d’union des droites. La manipulation massive des médias par Emmanuel Macron continuera avec comme unique objectif ; durer pour préparer le job d’après. La France, on s’en fout ! Plus exactement : il s’en fout !

Les « partis de gouvernement » resteront des parcs d’élevage d’écuries présidentielles, nourries au politiquement correct de gauche et sous contrôle de la haute fonction publique, sans aucune ambition de créer un programme consistant de redressement national qui soit unitaire au sein du parti avant de le devenir au sein de l’ensemble de la nation.

L’Europe est devenu le ventre mou du monde et la France le simple nombril d’un foldingue épris de lui-même. Le tout est un tapis troué sur lequel tout le monde peut s’essuyer les pieds.

Quel peut donc être l’objet de bons vœux pour 2026 ?

En dynamitant toutes les inhibitions qui ont conduit à cette situation, on peut espérer un esprit de contagion et de liberté permettant non seulement des critiques mais de préparer des actions décisives contre certaines idées malsaines qui nous tirent vers le bas.  2026 est l’année où il faut gagner une guerre idéologique afin de pouvoir préparer le basculement de 2027, …si une crise mondiale économique ou militaire ne vient pas tout casser à nouveau.

L’année 2026 est celle où la France doit redevenir intelligente.

Formulons-en le vœu !

Bonne année 2026.

Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile

Livre "Les Malheurs de la Vérité" - L'interview de l'auteur

Les Malheurs de la Vérité

Didier Dufau

L’interview de l’auteur,

Question : Vous avez exploré les causes de la crise de 2008 dans votre premier livre L’Étrange Désastre, édité dans le cadre du Cercle des économistes E-toile que vous présidez. Vous avez ensuite publié une histoire de la monnaie de 1919 à 2019, La Monnaie du Diable, parce que vous jugiez que peu de gens connaissaient cette histoire fondamentale. En 2021, vous avez averti dans Réconcilier Économie et Écologie, deux trains lancés l’un contre l’autre sur la même voie, qu’on entrait dans une impasse.

L’actualité donne largement raison à vos thèses. La mondialisation déséquilibrée, qui permet d’accumuler d’énormes excédents et déficits, depuis que les changes flottants ont remplacé les Accords de Bretton Woods, a vu les États-Unis tenter de réduire ses déficits par les droits de douane décidés unilatéralement. L’étouffement économique associé à un écologisme déraisonnable a conduit l’Union Européenne à desserrer les règles folles imposées par J. Timmermans.

Pourquoi un économiste croit-il devoir aborder une question aussi générale que « la Vérité » qui ressort plus de la morale ou au moins de la sociologie ?

Didier Dufau : Les grandes questions économiques sont passées au second plan depuis le Covid. La dette a créé le sentiment que peu importait la production, on pouvait vivre avec l’argent des autres ou l’argent magique. Les analyses de l’opinion et des forces sociales ont pris l’avantage. Les travaux des sondeurs d’opinion ont la priorité sur la réflexion proprement économique.

Question : Pensez-vous que le débat économique serein n’est plus possible ?

DD : C’est un constat. Le spectacle indigne donné par les Parlementaires français en ce moment est pour le moins éclairant. Nous avons créé notre petit cercle pour faire valoir des idées qu’on ne retrouvait pas toujours dans les médias où la « vérité » est « construite ». Mais entre le silence et l’injure permanente, il faut constater non pas seulement un changement d’intensité de la querelle mais un début d’interdiction du débat.

Q. : En quoi le débat sur la Vérité est-il aujourd’hui indispensable ?

DD : Michel Barnier, au début de sa courte mission de Premier Ministre a déclaré : « Moi, je dirai la vérité ». Depuis, la dénonciation du mensonge se retrouve partout, pas toujours de façon très utile. Traiter ses adversaires de menteurs est le degré zéro de la politique. Mais comment a-t-on pu cumuler autant de crises, certains en ont compté une quarantaine, et aussi graves, s’il n’y a pas eu quelques dysfonctionnements dans le système d’information des Français ?

Normalement la « conversation démocratique » aurait dû permettre d’anticiper les difficultés et d’élaborer des solutions préventives et curatives. Là est le mystère et il importe de comprendre ce qui s’est passé.

Q : Vous considérez que le système d’information français a failli ?

DD : Très clairement. À partir du moment où les drames se sont accumulés à ce point, il faut se pencher très sérieusement sur la question. Il y a un vice quelque part qu’il importe de bien comprendre et de corriger.

Q. : Quel est donc ce vice, selon vous ?

DD : Nous l’avons examiné en détail et lui avons donné un nom : le Grand Mensonge Systémique. Un GMS est une vérité qui ne parvient pas à entrer dans la conversation démocratique. Pour un observateur raisonnable, elle ne fait aucun doute. Néanmoins, elle va rester hors du système d’information. Un Grand mensonge Systémique suit toujours à peu près la même séquence. Au départ est l’occultation. Si le système d’information n’en parle pas, la vérité n’est pas débattue. Les « forces d’occultation » sur certains sujets sont diverses, nombreuses et puissantes. Deuxième phase : on ne peut plus occulter la vérité qui s’infiltre un peu partout. Alors commence la négation. « Ce n’est pas vrai ! Ceux qui le prétendent sont des vilains. Ne les écoutez pas et circulez, il n’y a rien à voir ». Troisième phase : la minimisation. C’est vrai ! Mais ceux qui en parlent exagèrent. Ne les écoutez pas. Circulez, il n’y a toujours rien à voir. Le stade ultime : l’exonération. Oui c’est vrai ! On ne peut ni le nier, ni le minimiser. Et alors ? L’affaire est complexe et de toute façon ce n’est pas notre faute. Inutile de s’attarder.

Cette séquence, dite loi de Chaix, du nom du membre du cercle qui l’a explicitée, peut durer cinquante ans et plus.

L’ennui c’est que les vérités qui subissent ce traitement sont en général associées à des conséquences très graves. Si trop d’entre elles sont ainsi stérilisées, alors les crises finissent par s’accumuler de façon inextricable comme on le constate aujourd’hui.

Q. : Comment expliquer cette multiplication des Grands Mensonges Systémiques ?

DD : Les « élites » ne veulent pas remettre en cause les institutions ou les politiques ancrées dans des rapports de force sévères et considèrent que l’éviction des problèmes les plus graves permettra de passer les caps électoraux sans trop de dommages. On « enjambe » les élections ! Et on s’en vante ! Pour ces gens, il faut présenter une information « pédagogique », « performative », construite et purifiée. Le débat public devient non seulement insipide mais faux jeton. Car il faut à chaque échec donner une explication sans remettre en cause les mensonges récurrents. Des constructions publicitaires monstrueuses de sottise sont alors proposées aux masses ignorantes qui doivent s’en contenter. Logiquement, ces derniers le répètent depuis près de trente ans : « on marche sur la tête ». Ils ne sont pas entièrement dupes. Et ils ne vont plus voter ou ils votent « protestataire ».

Comme le disait Muyzenberg, l’astucieux théoricien de la dialectique communiste, « devant des ignorants, la vérité et le mensonge sont à égalité ». Alors ? Pourquoi se priver de mentir utile ? Mais l’auditoire décroche vite.

Q. Pourriez-vous nous donner des exemples ?

DD : Faire un inventaire de la sottise économique qui s’étale dans les médias serait amusant mais sans fin. Ces « narratifs » dont nous sommes accablés tous les jours sont consternants. On le jugera à ces petits exemples :

-            Les 35 heures ont créé de l’emploi

-            L’Union Européenne nous protège

-            La conversion énergétique va créer de l’emploi en France

-            Le wokisme est un fantasme

-            Le capitalisme est la cause de la dénatalité

-            Les éoliennes sont une solution évidente

-            La SNCF fait des bénéfices

-            Il faut être heureux de la crise immobilière, car la hausse a été « scandaleuse ».

-            La dette démente, c’est bien.

-            Le retour à la retraite à 62 ans est possible.

-            La dette française ne pouvant plus croître au même rythme, il faut que l’Union européenne prenne le relais et finance les transitions militaires, numériques, écologiques par d’immenses emprunts.

-            Un système de retraite par répartition est compatible avec le vieillissement de la population et la disparition progressive de la jeunesse.

-            Le néoféminisme politique n’a rien à voir dans la baisse des naissances.

-            Cela ne coûte rien c’est l’État qui paie.

-            Toute immigration est heureuse.

-            Le classement Pisa ne donne pas une vraie indication des progrès de l’éducation nationale.

-            La notation de la dette de la France n’a pas d’importance.

-            On a supprimé la taxe d’habitation et donc réduit les impôts (alors qu’on n’a fait que transférer le financement sur d’autres et la dette).

-            Macron nous protège.

-            Certes nous baissons régulièrement pour le rang dans le monde pour le rapport PIB par tête. Mais l’indice est mauvais. En matière de bonheur par tête nous sommes bien placés.

-            La prison conduit à la récidive. Les récidivistes ne doivent donc pas aller en prison !

-            On peut contrôler le trafic de drogues sans s’attaquer sérieusement aux jeunes immigrés qui s’y livrent quasiment impunément. Ni à leur famille.

-            Les ARS ont amélioré la gestion de la santé.

-            Les faits sont fascistes

-            Le calendrier prévu par l’Union Européenne pour décarboner totalement son économie est tenable.

-            La politique écologique n’a pas besoin d’étude d’impact. Les conclusions du GIEC suffisent.

-            Installer des champs d’éoliennes ou de plaques photovoltaïques n’est pas une artificialisation des sols

-            Exproprier progressivement chaque année et sans indemnité 2 % du capital des entreprises importantes n’a pas de conséquences sur le fonctionnement de ces entreprises

-            Redistribuer par les prélèvements l’équivalent de la valeur ajoutée globale des entreprises est durable. (1 600 milliards d’euros dans les deux cas en 2024).

Q. : Faire la chasse à toutes ces sottises vous paraît-il un travail surhumain ?

DD : Surtout inutile. La puérilité de toutes ces affirmations défie tout débat. Il faut se concentrer sur les Grands Mensonges Systémiques qui doivent être exposés en pleine lumière et qualifiés comme tel, afin que plus personne n’ose s’en emparer sans être ridicule.

Q. : Quels sont donc ces Grands Mensonges Systémiques ?

DD : Nous en avons isolé une demi-douzaine, en se concentrant sur ceux qui ont une influence directe sur les difficultés criantes que nous rencontrons et sont encore largement exclus du débat démocratique utile. Pour chacun d’entre eux nous avons d’abord clairement défini la vérité concernée et le mensonge associé. Nous avons fait l’historique de son apparition et de son développement, phase par phase, et clairement établi le lien avec les difficultés actuelles. Ce lien est tellement fort que nous avons eu du mal à finir le livre. Chaque semaine apporte son lot de confirmations et d’illustrations. On est tenté de rester coller à l’actualité !

G. : Pourriez-vous donner un exemple

DD : Le plus démonstratif est le Grand Mensonge Systémique démographique. Pendant cinquante ans le narratif public a voulu que la pilule, l’avortement, la remise en cause de la famille traditionnelle, le néoféminisme exalté et le Wokisme n’entraînent aucune conséquence sur la natalité. Tout allait bien en France qui faisait mieux que tous les autres pays développés. Jusqu’à ce qu’on constate que les moins de 20 ans sont 15 millions en 2025 alors qu’ils étaient 30 millions en 1971. Une division par deux. Un terrible effondrement. À ce rythme, ils seront 5 millions en 2 100 ! Souhaitable ? Et on découvre soudain que la classe des 20-60 ans a baissé dans les dix dernières années et n’a pas pu financer  les retraites de près de 3 000 000 de plus de 60 ans supplémentaires. Qui avait prévenu, anticipé et proposé des solutions ? Pas un mot ! Chut !!! L’occultation a été totale avec la complicité de l’INED. Il a fallu attendre 2 024 pour qu’on sorte de l’occultation, de la négation et de la minimisation en deux ans. Depuis mai 2025 le remplacement générationnel ne se fait plus. Difficile de ne pas voir le lien avec :

-            L’impossibilité de boucler les budgets sociaux et nationaux,

-            La stagnation de la croissance

-            La difficulté de trouver des collaborateurs et pire encore de réindustrialiser

-            La complexité de mobiliser une force militaire plus solide,

-            La baisse relative du PIB par tête,

Cependant les politiques suivies depuis 2013 ont été toutes contraires à la natalité. Hollande baisse le quotient familial et les allocations familiales. Macron et le Parlement constitutionnalisent le doit inconditionnel et gratuit à l’avortement. Rassurer le mouvement LGBTIA leur paraît plus important que de redresser la natalité.

Depuis cinquante ans, le Grand Mensonge Systémique démographique ne permet pas de laisser entrer pleinement dans le débat public la vérité de la dénatalité catastrophique. Aujourd’hui la vérité est bien exposée mais curieusement, les politiques considèrent que cela ne change rien et ne proposent toujours rien de sérieux. C’est le prototype d’une phase d’exonération. « C’est comme cela. C’est complexe et on n’y peut rien ». Luc Ferry explique la dénatalité par le mariage d’amour ! On ne va tout de même pas proscrire l’amour ! Circulez, il n’y a toujours rien à voir…

Q.  Restez-vous optimiste ?

DD : La pédagogie par l’exposition sans fards de la réalité est difficile. Tout le monde connaît le livre de J.-F. Revel sur « la connaissance inutile ».

Casser le cadre totalement fictif de certains « narratifs » politiques, alors que les médias n’osent pas faire véritablement leur travail et acceptent souvent de participer à la construction d’un habillage totalement insincère de la réalité, n’est pas simple. Mais lorsqu’un journaliste fait le lien entre les difficultés de plus en plus insurmontables et le discours dominant, il a en général honte de participer à ce jeu sinistre. Les journalistes ne sont pas des voyous, même si on voit que les lignes idéologiques sont très formées dans les différents médias et que le jeu des forces dominantes y est très présent.

Personne n’a réellement envie de participer à l’occultation d’une vérité nécessaire ou sa négation ou sa minimisation, dès lors qu’il est établi qu’il s’agit d’un Grand Mensonge Systémique qui provoque des conséquences dramatiques.

Tant que la nécessité d’arrêter la complaisance au mensonge ne s’est pas radicalement imposée dans les différents milieux qui participent à la construction de l’opinion, les logiques d’occultation, de négation, de minimisation et d’exonération resteront prégnantes. Il faut aussi étendre cette pédagogie au plus grand nombre. Les Français ont le droit et la capacité de savoir. Ils doivent se révolter contre les Grands Mensonges Systémiques qui les conduisent droit à la catastrophe.

C’est le message qu’il faut nourrir et faire passer dans les mentalités ! Je crois que personne lorsqu’il refermera le livre, ne pensera jamais plus qu’il faut perpétuer les Grands Mensonges Systémique. Les malheurs de la vérité sont d’abord des malheurs tragiques pour les Français.

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