"La Grève" de Ayn Rand

Il est des conjonctions amusantes.

La campagne américaine pour les présidentielles fait apparaître la France comme une sorte de repoussoir. Obama c'est la "social-démocratie à la française", la haine de l'entrepreneur, le mépris du succès, le triomphe des "pillards" qui exploitent les masses pour satisfaire des désirs qu'ils seraient incapables d'envisager sans le vol de la création des autres. En un mot l'horreur absolue. Réciproquement les journalistes de tout bord en France  font des "Tea Parties" qui ont secoué l'Amérique, le témoignage d'une sorte d'effondrement moral de la droite américaine qui aurait cessé de consentir au "politiquement correct" social nécessaire à la perpétuation du système.

Un film sur la Dame de Fer met dans la bouche de Mme Thatcher le même mépris : "vous voudriez imposer les Britanniques à 85% comme les Français". Qu'elle a été haïe Mme Thatcher, injuriée de toutes les façons par ceux-là même qui ont fait de la prédation fiscale et la récupération personnelle de l'argent des autres leur seul crédo ! "Reagan le clown et Thatcher la salope" ont été la manière convenue , on n'ose pas dire "de gauche", d'évoquer ces deux dirigeants sur les forums du net. Le film en question est magnifiquement interprété par Méryl Streep, il faut le reconnaître et techniquement sans faille. Mais il est oiseux. Laisser de Mme Thatcher l'image d'une femme touchante mais lamentable accablée par l'âge et abimée  par la maladie d'Alzheimer est une atteinte à la dignité essentielle d'une personne publique.  Si on tournait un film sur Léon Blum en pitoyable vieillard égrotant et troublé par les fuites de sa couche "Confiance", nous aurions une émeute dans tous les médias de gauche. Mais bon !

Et voici le bouquet : la parution en France, enfin  dans une excellente traduction,  du livre majeur d'Ayn Rand, La Grève (Atlas Shrugged) aux éditions Les belles lettres  grâce à la fondation Andrew Lessman (ISBN : 978-2-251-44417-8).

Ce livre n'est pas récent : il date de 1957, année de sa parution aux Etats-Unis. Il a connu un succès universel et immense. Les sondages  montrent que les américains y voient le livre  qui les a le plus influencé après la Bible, ce qui est curieux vu l'absolu athéisme de l'auteur.  Depuis qu'Obama a été élu le livre s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires aux Etats-Unis, succès renouvelé qui a conduit à sa parution en France, avec (seulement) 54 ans de retard.

Il est vrai que ce livre sera probablement reçu par la majorité des lecteurs français comme le serait en Corée du Nord un livre qui ne considérerait pas les KIM comme des dieux vivants. Il prend à revers tout le prêchi-prêcha qui justifie en France la détestation des entrepreneurs, les impôts spoliateurs, la multiplication indéfinie des "droits à", le justicialisme à la petite semaine qui veut que le faible ait raison contre le fort, le public contre le privé, le salarié contre l'entrepreneur, le client contre le fournisseur, le malade contre le bien portant, le piéton contre l'automobiliste, le fainéant contre le travailleur, l'abusif contre l'abusé, l'immigré contre le "petit blanc", le squatter contre le proprio, le délinquant contre l'honnête homme ("beauf" nécessairement "beauf"), le faucheur d'OGM contre le paysan…

Le livre n'est pas un roman mais ce qu'on pourrait appeler un conte ou une parabole philosophique. Il appartient plus à la catégorie de livres comme "Candide" ou "Les Lettres Persanes". En plus long : 1168 pages serrées !

Les personnages et les situations sont définis en fonction des thèses qu'ils doivent justifier. Ayn Rand est une intellectuelle de haute volée. Wikipedia indique justement :"Ayn Rand a, au fur et à mesure de ses écrits, constitué un mouvement philosophique intitulé l'« objectivisme » reposant sur le postulat selon lequel « ma philosophie conçoit essentiellement l'Homme comme un être héroïque dont l'éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu »".


Il ne faudrait pas croire que cette préoccupation philosophique rend le livre pénible et verbeux. Au contraire. Il se lit d'une traite avec de nombreux "morceaux de bravoure".


Nous n'aurons pas ici la prétention de le résumer.  Nous conseillerons plutôt de le lire, car indiscutablement l'œuvre est majeure et d'une grande actualité. 


Ayn Rand considère comme amoraux les cyniques qui, au nom de la haine de soi, essaient de détruire ceux qui méritent, par leur succès, l'estime de l'humanité, provoquant une totale inversion des valeurs. Elle juge intolérable ceux qui utilisent la force, non pas pour protéger la société, mais pour satisfaire les désirs de groupes prédateurs sur le dos des producteurs compétents, généralement en prenant la défense des besoins de la masse des incapables frustrés et envieux qui attendent des autres des satisfactions qu'ils seraient bien incapables de s'offrir sur leurs seuls mérites.


En un mot une forme d'égoïsme est salvatrice. Si les héros qui portent le monde à bout de bras, Atlas dans son image figurée, faisaient grève (d'où le titre) , la collectivité des pillards en serait pour sa violence stérile. Elle crèverait la bouche ouverte.  Sans la gamelle remplie par ceux qu'ils méprisent tous les grands prêtres du pillage organisé de ceux qui travaillent et réussissent seraient réduits au néant.


Ayn Rand frappe les religions toujours promptes à condamner "le profit" et à culpabiliser la vie, et les adeptes d'un pouvoir politique imposant le vol systématique des individus méritants. Disons que ce qu'on appelle parfois les "christo-cocos" n'ont pas particulièrement les faveurs de Mme Rand, juive agnostique qui a réussi à s'échapper d'Union soviétique au milieu des années 20 !


L'originalité de l'œuvre de Rand est justement qu'elle ne cherche pas à faire la critique facile d'un enfer mythifié dans le répulsif comme l'URSS. Ce sont les forces internes mortifères qui selon elle travaillent la société occidentale qu'elle met en scène pour démontrer leur caractère intolérable. 


Elle ne condamne pas "les autres", mais ce qui en nous trahit la vie et la grandeur de l'humanité et pour commencer la raison. "La Grève" est un immense salut à la puissance créatrice de l'homme rationnel qui dompte la nature et se construit un destin. Le savant qui a trouvé, l'entrepreneur qui a innové, l'ouvrier ou le cadre qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes dans le cadre d'un projet qui exige qu'ils se dépassent et qu'ils fassent preuve de compétences rares, sont les héros de l'humanité, pas les curés ni les commissaires politiques qui ne pensent qu'à les entraver. Ils ont droit à la juste rémunération de leurs apports et la force publique n'a aucun droit de les spolier.


On pourrait citer des dizaines d'extraits et il est difficile de trouver la citation courte qui permettrait de bien introduire à la pensée d'Ayn Rand. L'auteur est prolixe et dans ce conte, lorsqu'un personnage réponds à une question, il peut le faire sur 10 pages !


Essayons avec ces quelques lignes (p.1062 de l'édition française) :


"Un gouvernement qui emploie la force  sans être agressé et sans la contrainte par les armes contre de victimes désarmées est un cauchemar, une machine infernale conçue pour annihiler la morale. Ce gouvernement niant sa légitimité passe du rôle de policier protecteur à celui de criminel, ennemi du genre humain, investi du droit d'exercer la violence contre des victimes privées du droit de se défendre. A la morale, ce gouvernement substitue une règle de conduite selon laquelle tout est permis à condition d'être du côté du plus grand nombre. Il faut être une brute, un fou ou un lâche, pour accepter de vivre dans ces conditions, pour signer des chèques en blanc sur sa propre vie et son propre esprit, pour admettre que certains aient le droit de disposer des autres à leur guise, que le désir de la majorité a force de loi, que la brutalité se substitue à la justice, à la réalité, à la vérité. Nous les hommes de l'esprit qui ne sommes ni maîtres ni esclaves mais qui vivons du commerce avec autrui nous n'émettons ni n'acceptons de chèques en blanc. "


Ayn Rand condamne aussi de façon sévère les profiteurs qui font du business en liaison avec l'état en profitant de leurs relations au sommet pour se créer des occasions de profits indignes sur le dos des autres. Les "brillantes réussites" construites dans la coulisse des palais nationaux sont pour elle méprisables. Elles sont factices et n'appellent que "des approbations qui ne reposent sur aucune valeur, des hommage sans contenu, des honneurs sans cause, une admiration sans raison, …".  Toute ressemblance avec la situation oligarchique française ne saurait être qu'une coïncidence, bien sûr.


L'actualité d'Ayn Rand en France est certaine. La France est le pays qui a trouvé normal de confisquer la totalité du revenu d'une vingtaine de milliers de ses citoyens pendant trois décennies, où le petit salarié est l'occasion d'un prélèvement fiscal de près de 60% et où les entrepreneurs et les cadres dirigeants voient leur rémunération subir une amputation souvent supérieure à 85% (Thatcher avait raison !).  C'est le pays où hauts fonctionnaires et camarillas politico-bancaires ou politico industrielles se gavent, se nomment et se répartissent des gains douteux qui doivent plus au soutien de l'état qu'à leur talent propre.  


Arcboutés sur leurs privilèges ils multiplient les "cadeaux" démagogiques aux masses et s'acoquinent avec les syndicats dans leurs pratiques les plus douteuses. Ils sanctifient, la bouche pleine,  les Restos du cœur. Ils crient inlassablement Vive l'impôt (des autres, car stock options et parachutes dorés bénéficient d'une fiscalité favorable). Ils massacrent le train de vie de la population moyenne aisée tout en organisant des sources de revenus dégrevées et massives pour quelques happy few, dont eux, en premier.


On a d'un côté le Baron Seillières qui organise sous l'aile de l'état ce qu'il faut, semble-t-il, appeler le pillage de sa parentèle et des contribuables, de l'autre des Pérol qui à prix d'or font des allers et retours entre le public et le privé, cumulant les avantages en fraude des règles, des syndiqués de la Sealink qui volent impunément, des comités de grandes entreprises ex publiques qui sont dans la délinquance perpétuelle payée comme pour EDF par un impôt sur les pauvres, des sénateurs qui se sont organisés une pantoufle en or massif, des oligarques qui ont créé leur fortune lors des dénationalisations  et qui vivent en symbiose avec le pouvoir, quand ils ne se battent pas comme des chiffonniers (voir l'affaire Areva ou l'affaire Renault). 


Les honnêtes entrepreneurs privés du bénéfice de leur travail ne pensent qu'à partir ailleurs devant la perspective effarante de nouvelles spoliations, cette fois ci définitives. Ainsi que les générations nouvelles talentueuses (cuisinier ou diplômé de grande école) qui rêvent d'un ailleurs où la vie réelle et morale serait possible par le travail, le talent, l'énergie, l'esprit d'entreprise. 


Ayn Rand a écrit un roman pour montrer ce qui adviendrait si ceux qui font marcher la machine cessaient de jouer le jeu et d'accepter le viol continu de leur vie. Il n'était pas trop difficile de prouver que l'incompétent et le parasite ne font pas couler des "fleuves de lait".   La France, dont les dépenses publiques excédent la production de ses entreprises privées du secteur marchand , et les Français, nés malins, essaient de prouver la même chose sur la base de travaux pratiques exaltés depuis 30 ans. Ils y arrivent très bien.  la France  vient de perdre son triple A !  Surement un coup des Tea-Parties et une manœuvre occulte du fantôme de Mme Thatcher!


En dehors du plaisir de la lecture de ce livre, souvent jubilatoire,  diffuser la pensée de Ayn Rand ferait beaucoup de bien en France où l'on préfère la chaleur du prêche à la lumière de la raison. Même si naturellement nous ne partageons pas toutes les théories de l'auteur, allant très au-delà de la simple économie, la dénonciation du tout état, tout impôt, tout dette, tout copain, ne saurait faire du mal à ce stade de l'effondrement français.  


Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile


PS : la sortie de ce livre a été pratiquement occultée en France dans les grands médias nationaux.

Note à l'éditeur : l'abréviation de Monsieur en Français est M. (M point). Mr (sans point), abréviation de Mister,  serait un anglicisme, parfois toléré.  Mais Mr. (Mr point) est un solècisme qu'on regrette de voir répété ad infinitum dans l'ouvrage. On met un point à une abréviation en Français si et seulement si la dernière lettre du mot abrégé ne figure pas. Mme, Mlle, Mgr n'ont pas de point car la lettre terminale apparait.

Commentaire
Julien L.'s Gravatar Vous avez raison de citer ce livre et son actualité proprement française. Il est tellement à l'opposé du discours déversé dans les médias français que cela en est drôle. Ayn Rand est la femme des paradoxes. C'est une russe qui fait la leçon de libéralisme aux américains ; c'est une juive de naissance qui est devenue entièrement athée et qui explique le rôle néfaste des valeurs de sacrifices et d'altruisme du judéo-christianisme ; c'est une intellectuelle qui au delà d'un système philosophique défend le "business" et la fierté de la réussite matérielle.

L'essentiel de sa doctrine économique se tient dans une phrase : aucune puissance ne doit imposer par la force quoi que ce soit à qui que ce soit dans le domaine économique. Le politique doit se contenter de la police de la justice et de la défense. Pas d'action économique SVP car toutes les crises proviennent d'actions économiques déformantes des états. Laissons les agents économiques être responsables d'eux mêmes et contracter. Seul le libre contrat compte.

C'est passablement éloigné des idées que vous défendez ici, notamment en matière monétaire. J'aimerai savoir comment vous réconciliez la doctrine d'Ayn Rand et vos propres vues, qui si je vous comprends, laissent entendre que les contrats libres en matière de monnaie et de finance sont problématiques.
# Posté par Julien L. | 17/01/12 00:33
SD's Gravatar Il est clair que nous n'attendons pas d'Ayn Rand une politique monétaire pour 2012 ! Nous ne savons même pas si elle a écrit quelque chose sur la monnaie. Il me m'étonnerait pas que ses idées la rapprochent d'un Paul qui ne veut pas de monnaie papier et seulement des créances circulantes gagées par des émetteurs disparates à leurs risques et périls exclusifs et le paiement des échanges internationaux en or.

Il est parfaitement exact que l'émission monétaire débridée de certaines banques centrales sont la cause des difficultés actuelles. Et tout aussi exact que la cause étant largement d'essence étatique seuls les états peuvent réparer ce qu'ils ont cassé. L'important étant que la solution soit efficace et ne crée pas les conditions de la prochaine crise.

L'intérêt d'Ayn Rand pour les Français est son attitude qui est l'exact opposé de ce qu'une propagande inlassable et obscène assène aux Français qui sont sommés d'être solidaires de tout et de tous, de se sacrifier par altruisme, de travailler jusqu'au mois de novembre pour la collectivité, bref d'être "des esclaves des désirs des autres" tels que des petits maîtres intéressés les voient ou en tout cas les annoncent en se servant massivement au passage. L'argent gagné par chaque Français n'est à lui que si on le veut bien. Chacun croit qu'il va arracher à l'autre une part de son propre confort sans voir qu'on lui arrache l'essentiel : sa dignité et celle de ses victimes. Ce qu'on laisse à chaque Français est une niche fiscale par définition. Après tout on aurait pu tout lui prendre comme on l'a fait pendant des années à une trentaine de milliers de compatriotes spoliés d'une façon qui met en cause le pacte républicain et sans que personne ne proteste. On le voit bien avec l'affaire du quotient familial : pour certains l'enfant a un poids fiscal unitaire arbitraire fixé par l'état. Cette logique voudrait que l'adulte entre dans la même synergie : nous t'accordons xxx Euros (tant qu'il y en a) et on te prend tout le reste. Et on le ventile à tout le monde. Tout et tous sont subventionnés en France. Pour justifier et pérenniser le système. Avec une petite nomenklatura qui vit bien autour de privilèges d'état et de détournements de fonds (les rétrocommissions ne sont pas perdues pour tout le monde et elles sont gigantesques ! L'empilement des rémunérations d'état non plus. ).

La France a été bien trop loin dans cette folie et aura le plus grand mal à s'en dégager : les créanciers abusifs sur l'argent des autres veulent leur têtines et ils sont violents. Et majoritaires.

Comme tous les prébendiers ils vivent dans la crainte que l'abus cesse ou soit rogné. Alors que les hommes libres qui travaillent et réussissent n'ont qu'une crainte : ne pas être suffisamment bons pour continuer d'être prospères et d'entraîner la prospérité autour d'eux. Nous préférerons toujours la crainte du lendemain d'un entrepreneur à la crainte du prébendier sans scrupule qui, soit doit sa fortune à son entregent politique, soit tient sa gamelle de ce que l'état a arraché à d'autres. Pour avoir un temps aidé les Restos du coeur, je me suis toujours demandé s'il fallait vraiment servir les demandeurs venus en voiture, qui utilisent leur téléphone portable dans les files d'attente et dont on sait qu'ils font des heures au noir à l'occasion !

L'avantage d'un livre comme celui de Ayn Rand c'est qu'elle vous conforte dans l'idée que vous n'avez pas à culpabililiser quand vous êtes indigné de voir qu'un bel immeuble en plein coeur de Monparnasse va être mis à la disposition d'une masse de délinquants juste sortis de prison alors même que les augmentations gigantesques et sans cause légitime d'impôts d'un Delanoë vous mettent en danger de quitter vous même un quartier devenu fiscalement intenable.

La France a été trop loin, bien trop loin dans la redistribution sans cause des richesses. Elle le paie aujourd'hui d'un prix très élevé et cela n'est rien quand on songe à ce vers quoi on s'oriente.

Il faut totalement abandonner cette dérive mortifère. Le sevrage des drogués à l'argent des autres fera crier les intoxiqués. C'est bon signe. Ce sera la preuve que le traitement marche.

Sylvain
# Posté par SD | 17/01/12 01:56
Latham's Gravatar Je viens de finir le livre ; excellent. Merci du conseil.
# Posté par Latham | 23/01/12 00:52
stéphane's Gravatar Bonjour,

Il faut bien comprendre le terme "égoïsme" défendu par Ayn Rand.

Ayn Rand est contre l'altruisme et l'égoïsme comme valeurs pour une société, mais pas pour un individu, libre d'adopter les valeurs qu'il veut.

Ayn Rand est contre l'altruisme au sens " je dois me sacrifier pour les autres".

Ayn Rand est contre l'égoïsme véritable qui correspond à " les autres doivent se sacrifier pour moi".

Ayn Rand prône un "égoïsme" qui n'en est pas un : " je vis pour moi sans demander aux autres quoi que ce soit".
# Posté par stéphane | 26/01/12 15:56
DD's Gravatar Vous avez parfaitement raison. L'égoïsme randien ne consiste pas à prendre à l'autre.

Il suppose cependant que l'on ne donne que si on le souhaite expressément et il y a nécessairement des besoins collectifs à satisfaire où on ne peut pas négocier individuellement l'accord avec chaque citoyen. Ayn Rand réduit la question en indiquant que seules les grandes fonctions régaliennes (justice, police, armée, diplomatie) sont à financer ainsi. Ce qui laisse ouvertes de nombreuses questions : comment prélève-t-on (proportionnellement ou progressivement), quel niveau de dépenses et où sont les frontières ? La monnaie et l'économie ne sont plus des réalités manageables globalement.

Une chose est de dire qu'on a été beaucoup trop loin dans l'étatisation et la fiscalisation de la société, une autre est de dire qu'il n'y a pas lieu à politique étatique dans le champ monétaire et économique.

Ayn Rand est une lecture à recommander parce qu'elle montre que l'argent des citoyens n'appartient pas à l'état et que ceux qui créent les richesses doivent en rester les maîtres. Elle démontre parfaitement bien que si les compétents disparaissent la richesse disparait avec eux.

Mais aussi bien sur le plan économique que philosophique, ses raisonnements sont un peu courts, ce qui explique en partie son peu de notoriété. En revanche quel élan, et quel flamme !

Il faut lire Ayn Rand. En sachant que ce n'est pas la fin du voyage.
# Posté par DD | 05/02/12 22:48
stéphane's Gravatar Sur la monnaie, ayn Rand prône l'étalon-or, et la non existence d'uen banque centrale.

On peut penser, à l'instar de Milton Friedman, qu'une banque centrale n'est pas nécessaire, vorie nuisible, car gérée tout letemps en dépit du bon sens, et préférer une variation annuelle à la hausse de la masse monétaire afin de ne pas perturber le jeu économique.

Sur le plan philosophique, je suis en désaccord avec vous sur la "courtesse" des raisonnements de ayn Rand.

L'objectivisme est me semble-t-il l'acmé des pensées libérales individualistes, où l'être humain comme vous le précisez, est un être héroïque, dont le seul but dans la vie est la recherche de son bonheur (comme dans le préambulede la constitution américaine), et la raison son seul absolu.

A ce titre, le travail, "la fonction de production" n'est que l'application pratique de la raison.

Comme les droits de l'homme sont l'application réelle du libéralisme et de l'individualisme, ce sont auprès d'eux que nous avons des tas de réponses : l'impôt doit être proportionnel (art 13), le but de toute association (dont l'état) est la protection de la propriété privée, qui est l'autre nom de la liberté, etc etc etc ...

Excusez moi pour ce long post.

Bien cordialement
Enfin, sur la relation entre hommes et femmes, Ayn Rand a une vision très personnelle de l'amour, mais qui se défend (cf les explication de francisco d'anconia sur ses rapports avec les femmes, l'explication de james taggart à sa femme cheryl)
# Posté par stéphane | 13/02/12 18:45
Kohler's Gravatar A noter : la longue diatribe de Krugmandans le IHT contre le livre de Ayn Rand qui decidemment prend une place interessante dans les debats actuels 60 ans apres avoir ete ecrit . Une curiosite:
# Posté par Kohler | 20/02/12 11:26
Frogman's Gravatar @Kohler

Si vous regardez ce qui se passe dans la France de fin 2012 vous voyez se passer exactement ce qui est décrit par Ayn Rand : les patrons, les grands sportifs, les grands talents, les responsables aisés, les jeunes dynamiques ne font pas "grève" comme décrit dans son livre mais partent. Ils fuient la médiocrité d'accusations honteuses, de taxations spoliatrices, de perspectives françaises nulles, de bêtise navrante étalée dans tous les médias, d'excitations de l'envie et de la rancune et d'un effondrement moral national à peu près total.

Au fur et à mesure que la décapilotade devient manifeste, 5 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres et de précaires, plus d'industrie, les meilleurs biens nationaux vendus aux étrangers, l'envahissement du pays par des mendiants étrangers, la multiplication des voleurs et des criminels, les mécanismes mentaux et politiques qu'explicitent Ayn Rand deviennent de plus en plus manifestes.

On assiste en direct au suicide d'une grande nation par la sottise haineuse socialiste.

La France n'existe plus que comme ex Capoue à dépouiller.
# Posté par Frogman | 15/12/12 10:12
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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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