Monnaie et commerce : quand l’ignorance effondre le débat public !

LCI a organisé un « débat » sur l’Europe. Très bien ! Au bout d’une heure d’invectives plus ou moins ridicules, les organisateurs, en saucissonnant les questions, ont fini par obtenir des consensus :

-          Le libre-échange c’est mal et cela doit être remis en cause, en particulier la directive Bolkenstein

-          L’Euro c’est intouchable, il faut juste créer de l’argent pour sauver autre chose que les banques.

L’ennui, c’est que la monnaie et les échanges sont les deux faces du même phénomène. Pas de bon commerce sans bon système monétaire.

Si des pays sont déficitaires, il leur faut trouver le moyen de payer leurs importations non couvertes par les exportations.

Si des pays sont excédentaires, ils accumulent des moyens de paiement dont ils n’ont pas l’usage commercial et qu’ils replacent dans la spéculation, provoquant des bulles et des récessions.

Les bons systèmes de paiements permettent de maintenir les échanges en contraignant les pays trop excédentaires à refréner leur surcompétitivité et les pays déficitaires à retrouver une compétitivité externe.

L’Eurosystème, cette combinaison de monnaies nationales de même nom et de même étalon, chapeautée par un fonds de compensation et associée aux trois libertés fondamentales de circulation des marchandises, des hommes et des capitaux, ne permet pas la convergence des économies et dans la pratique trois pays seulement représentent près de 70 % des flux monétaires, l’Allemagne en représentant à elle seule près de 60 %. Comme tel, le système monétaire permet des échanges totalement déséquilibrés et ne pousse à aucune correction. Il faut toucher à la fois l’organisation des échanges et l’organisation monétaire, si on veut régler le problème. Crier haro sur le libre-échange et OK pour l’Euro n’a exactement aucun sens.

Si on avait par exemple conservé un système de changes fixes et ajustables, la trop grande compétitivité globale des pays à bas salaires aurait été corrigée par le change, en tant que de besoin. Là, on est obligé de mettre au chômage des millions de gens et de faire pression à la baisse sur les salaires. Au lieu d’avoir un rattrapage homothétique, on a une croissance par substitution dans les pays de l’EST, et nous n’avons aucun moyen de faire face facilement à la situation.

L’Allemagne privée de sa montagne d’excédents n’aurait pas pu investir à mort dans les subprimes et dans l’immobilier espagnol, grec ou portugais. Ses banques ne seraient pas ruinées. Et elles n’auraient pas imposé qu’on ruine les pays du sud de l’Europe pour que les pays prêteurs puissent retrouver un peu de leurs fonds gaspillés dans des prêts grotesques.

La coexistence de l’Eurosystème et de la liberté intégrale de mouvements crée une situation incohérente et dangereuse.

En fait on ne parle plus de l’Euro parce que les gens ont peur pour leur avoir. C’est la peur qui clôt les bouches. Sur le commerce, les exécrations sont plus faciles. Mme Loiseau a expliqué qu’elle ne voulait pas que son poupon soit concurrencé dans son travail par des salariés de pays pauvres. Mais elle n’a pas expliqué comment on faisait avec l’Eurosystème et les trois libertés constitutionnelles de l’Europe. Tout le monde est contre la directive Bolkenstein, sans se rendre compte que les productions faites dans les pays de l’est ne supportent pas les mêmes charges sociales que celles de la France. Que l’Est exporte le travailleur ou le produit, cela revient presque au même. L’important est que les échanges soient équilibrés. Et cela, dans le système monétaire existant, rien ne le garantit.

De toute façon les excédents allemands ont eu des conséquences beaucoup plus graves pour la France que les travailleurs Bolkenstein.

Pour quiconque a un minimum de connaissances en économie monétaires, c’est évident. Mais l’ignorance des politiques sur les questions monétaires est tellement crasse et ils ont pris tellement l’habitude de sortir les questions monétaires de la diplomatie économique, qu’on peut craindre que rien ne bouge.

Rappelons qu’à Bretton Woods on parlait et des échanges et de la monnaie. Un demi-siècle plus tard, quelle régression !

Quand la pensée est paralysée, l’action devient des plus aléatoires.

Que s'est-il passé en France de 2012 à 2019 ?

Le nécessaire et le réel

En 2012, le Cercle mettait dans la bouche d’un Sarkozy, à nouveau candidat, le programme suivant :

« Il appartient aux candidats à la présidence de la France de parler d'abord de la France et de son bien commun, de sa place dans l'Europe et dans le monde, de ses chances en tant qu'aventure collective.

Cela serait tout de même plus digne que d'essayer d'acheter des cohortes d'électeurs avec des promesses électorales monétisées, tout en permettant à l'électeur de se défouler sur des boucs émissaires et des minorités.

Un président n'est pas là pour faire des cadeaux à des catégories en prenant l'argent de tous, à des fins purement électoralistes. Il n'est pas là non plus pour vouer aux gémonies des catégories sélectionnées de la population.

Oui la France travaille trop peu ; dépense trop pour des corporations à privilèges et peu productives. Oui la pression fiscale est trop élevée. Oui la pression syndicale et les corporatismes étouffent la France. Oui la politique coûte trop cher. Oui il faut que les Français soient propriétaires de leur logement. Oui il faut qu'ils augmentent leur pouvoir d'achat par un surcroît de travail. Oui il faut que l'état réduise sa voilure. Oui il faut un pacte avec les plus fortunés pour qu'ils cessent de fuir la France et qu'ils retrouvent le chemin de la confiance et de l'investissement. Oui il faut pousser le plus possible d'indemnisés vers l'emploi.

J'ai fait des erreurs. J'aurais dû supprimer l'ISF et convertir euro pour euro cet impôt en une tranche supplémentaire de l'impôt sur le revenu. J'aurai dû créer immédiatement la TVA sociale. J'aurai dû aller plus loin dans la convergence entre les systèmes de retraites afin de mettre fin aux privilèges énormes et injustifiés qui lèsent les salariés du secteur privé et pénalisent la nation. J'aurai probablement dû aller plus loin dans l'élévation de l'âge légal du départ à la retraite, le passage à 65 et bientôt 67 ans étant pratiquement obligatoire.

Bien sûr j'ai payé trop cher des réformes nécessaires qui ne méritaient pas autant de douceurs distribuées aux privilégiés dont on changeait les habitudes. Jamais je n'aurai dû supprimer les charges sur les heures supplémentaires ni redonner aux fonctionnaires l'essentiel des gains liés aux suppressions de postes effectuées.

La zone Euro ne peut plus voir ses membres mener des politiques contradictoires qui creusent les écarts de croissance alors que la monnaie est unique. La convergence ne se fera pas toute seule. Alors il faut des institutions intergouvernementales fortes pour assurer que tout le monde marche d'un pas compatible avec une monnaie unique. Naturellement nous sommes ici dans l'inter-gouvernementalité et pas dans la supranationalité. Il n'appartient pas à la Commission, dont le rôle est de gérer des espaces mutualisés par la norme, de faire ce travail qui implique une forte responsabilité politique. La Banque Centrale Européenne ne doit pas non plus avoir comme seul objectif la stabilité des prix mais aussi la compétitivité de la zone et le plein-emploi. La déflation n'est pas une solution. Ce sont des changements majeurs qui impliquent fortement l'avenir. L'édifice européen a failli s'écrouler. Il faut agir et vite.

Nous ne pouvons pas non plus accepter un monde où les monnaies font le yoyo au détriment de l'épargne mondiale et des échanges. Chaque pays doit devenir responsable vis-à-vis des autres de la croissance harmonieuse des échanges. Il faut pour cela des changes fixes mais ajustables et un rôle accru du FMI comme chien de garde des grands équilibres. Le rattrapage de croissance des pays figés trop longtemps dans la misère est une chance aussi bien pour eux que pour le reste du monde. Il doit se faire de façon coordonnée sans déséquilibres permanents et guerres économiques et monétaires.

La France se battra sur ces deux fronts pour faire évoluer les mentalités, les pratiques et les organisations. L'urgence est d'aboutir à un diagnostic partagé, avant que des mécanismes structurels d'harmonisation soient mis en place.

En cas d'échec l'Europe devra prendre acte de l'impossibilité d'échanges loyaux et constructifs et cesser d'être le ventre mou du monde, qui prend tous les coups sans jamais en rendre un seul. L'Europe devra prendre des mesures conservatoires fortes tant en matière de droits de douane que de monnaie. »

Ce texte était, en creux, une critique de la gestion Sarkozy et une esquisse de ce qui pouvait se faire en 2012, avant que Hollande se mette à gérer le pays comme on le sait.

Il est intéressant de constater ce qui a bougé et ce qui est resté lettre morte dans les 7 années qui viennent de se passer.

Commençons par la fin du texte :

Tout le développement sur l’Europe et l’organisation mondiale des échanges et de la monnaie, peut être repris. Rien n’a bougé. Absolument rien. Une merveille d’inconscience collective. Le seul élément positif est que le diagnostic devient un en plus partagé. Merci Trump qui a permis la prise de conscience des conséquences inadmissibles des trop gros excédents. Mais il est tout de même rageant de constater que sur les aspects les plus fondamentaux d’une politique et d’une diplomatie de la prospérité, rien n’a frémi en France et en Europe.

Pour le reste, ne parlons plus de Hollande, mais remarquons que Macron a fait toutes les erreurs signalées.

« Il appartient aux candidats à la présidence de la France de parler d'abord de la France et de son bien commun, de sa place dans l'Europe et dans le monde, de ses chances en tant qu'aventure collective ». Il a totalement éludé ce thème et certains chroniqueurs ressassent désormais cette idée.

« Cela serait tout de même plus digne que d'essayer d'acheter des cohortes d'électeurs avec des promesses électorales monétisées, tout en permettant à l'électeur de se défouler sur des boucs émissaires et des minorités. »

Qu’a donc fait Macron sinon enchaîner les mesures d’achat de votes tout en expliquant que les retraités, les propriétaires immobiliers et les automobilistes devaient être durement frappés. Le tout sans jamais s’attaquer réellement aux problèmes de fond. Il ajoute maintenant des mesures Sarkozy parce qu’elles sont populaires comme le « déchargement des heures sup » et le « travailler plus pour gagner plus ».

Alors oui, il a fait un geste nécessaire en supprimant l’ISF et en plafonnant les revenus du Capital.

Tout le reste est cosmétique ou un simple jeu de bonneteau fiscal.

Certains disent : les Gilets Jaunes l’ont fait réfléchir. La suite sera moins bureaucratique ! Il est vrai que ce mouvement a prouvé que le revenu disponible était détruit par des réglementations excessives et fort coûteuses.

On est en train de concocter un contrôle technique qui va être deux fois plus coûteux que le précédent avec en plus des contrôles a posteriori !

On se rappelle naguère la loi démente sur le changement général de tous les ascenseurs parce qu’un enfant s’était tué dans un ascenseur d’HLM impossible à maintenir compte tenu du comportement des résidents qui pourrissaient l'immeuble. Des milliards !

Idem pour la loi sur les piscines privées, avec une coercition ridicule et inapplicable.

Le projet exigeant le changement de voiture et de chaudière a fait explorer la révolte des gilets jaunes. On verra la suite.

Un balcon s’est effondré faisant une victime. Voilà qu'on nous prépare une de ces lois extravagantes qui vont imposer des diagnostics effroyablement coûteux et des mises aux normes le plus souvent irréalisables, parce que trop globales et ne tenant pas assez compte des cas particuliers. Une loi qui ruinera les propriétaires malchanceux avec beaucoup de fenêtres. Nous revoici avec l’impôt de la Révolution sur les fenêtres.

Rien ne change. L’Énarchie Compassionnelle, arbitre, du pays impose inlassablement sa bureaucratie assise sur les lobbies et les bons sentiments. Les propriétaires paient.

En même temps on renonce aussitôt à toute baisse significative de la dépense publique et des effectifs.

Notre système est indécrottable.

D’un côté : Démagogies électoralistes, boucs émissaires, bureaucratie ruineuse par son ampleur et par le coût des mesures imposées, jeu de bonneteau fiscal, le tout caché derrière les grands principes.

De l’autre : Refus de s’attaquer aux vrais problèmes. Première place mondiale pour la fiscalité et dettes astronomiques.

Le résultat : l’hystérie.

Et cela dure depuis 1974 !

Enarchie Compassionnelle – Le faux projet de réforme

Nous sommes depuis plus de vingt ans les contempteurs vigilants de ce que nous avons appelé l’Enarchie Compassionnelle, une verrue antidémocratique greffée sur la démocratie française par la haute fonction publique, et qui a fini par dénaturer totalement la Cinquième République.

La démocratie est faussée par l’alternance des clans des classes d’Enarques, chaque banc rival arrivant successivement au pouvoir sans réels soucis des Français ni même de la France. L’important est d’atteindre le Saint Graal de la Présidence. Tout le reste est accessoire. 

L’effondrement démographique, industriel, économique et social d’une France vouée à devenir un territoire dont la population d’origine sera évincée dans les cinquante prochaines années, et dont le seul titre de gloire sera d’être le numéro un des prélèvements, au milieu des cris mille fois répétés de Vive l’Impôt, Vive l’impôt, stimulés par des entrepreneurs-acteurs de spectacles télévisés malhonnêtes ou débiles qui leur permettent de gagner des millions, alors que la culture française est abandonnée au profit des grands machins américains et que l’université sombre dans le politiquement correct le plus sectaire et le plus infect, en même temps que l’emprise islamiste s’étend au milieu de crimes plus ignobles les uns que les autres.

Il en est résulté une méfiance vis-à-vis des « élites » qui vire à la haine dans les profondeurs du pays. Chaque alternance montre que le clan vainqueur n’a aucune envie de faire quelques réformes que ce soit. Après Hollande et ses dizaines de milliards d’impôts supplémentaires dans les deux premières années de son mandat, voilà Macron avec encore plus de dizaines de milliards d’impôts supplémentaires dans les deux premières années de son mandat. Eliacin a succédé à Bidochon, mais rien n’a changé.

L’Enarchie Compassionnelle n’est pas un accident provisoire de l’histoire. C’est un système fondé sur une idéologie et une pratique.

L’idéologie prétend que seuls les Enarques, élites formées et sélectionnées, sont capables de diriger le pays, leur rôle étant d’arbitrer les conflits de la société. Patrons et salariés, actifs et inactifs, hommes et femmes, homosexuels et hétérosexuels, malades et bien portants, jeunes et vieux, producteurs et commerçants, terriens et iliens, pêcheurs et agriculteurs, hexagonaux et ultramarins, délinquants et honnêtes gens, piétons et automobilistes, immigrés et nationaux, rien ne doit échapper à l’Enarque bienveillant. Un Enarque est objectif et au-dessus du lot. Lui seul sait. Lui seul est légitime pour agir.

Agir, c’est tout noyer sous la réglementation et les subventions, donc sous les impôts.  Tout est devenu interdit ou contraint en France. Les libertés sont étouffées. Nous triomphons comme les champions du monde des prélèvements.

Commencée sous Pétain, notamment en juillet 1940, avec la création de la direction du Trésor qui va progressivement placer les siens dans tous les rouages de l’Etat, prolongée à la Libération, où la haute fonction publique impose au pays des systèmes de sécurité sociale dont ils se dispensent au profit de solutions beaucoup plus favorables à eux-mêmes, épanouie à la fin de la Quatrième où des Inspecteurs des finances accèdent enfin au poste de Président du Conseil, partiellement contenue par le Général de Gaulle qui néanmoins leur offre l’élection présidentielle et un but, l’Enarchie s’envole avec Pompidou mais surtout avec Giscard et Chirac, premier couple de hauts fonctionnaires disposant de toutes les manettes du pouvoir. Depuis Chirac, Balladur, Fabius, Rocard, Juppé, Jospin, Villepin ont tenu le rôle de premier ministre, Chirac et Hollande celui de Président.

L’Enarchie ne se contente pas d’annexer les postes politiques nationaux de premiers plans. La voilà qui s’étend partout, dans les assemblées, les régions, les grandes municipalités, et même les plus dérisoires mairies. Chirac tient la mairie de Paris, Juppé celle de bordeaux, Philippe celle du Havre, Aubry celle de Lille, Copé … celle de Meaux.

En même temps la haute administration commence ses allers et retours dans les grandes entreprises publiques, particulièrement les banques, mais aussi la SNCF, Air France, etc. Certains hauts postes européens sont aussi tentants. L’argent coule à flot.

L’affaire se complique avec la féminisation de la haute fonction publique. L’Enarchie se pratique en couples qui s’enrichissent à vue d’œil, en croisant les carrières administratives, politiques, et privées.  On l’a vu avec Hollande, Royale et ses autres maîtresses qu’il a voulu placer aux plus hautes responsabilités. Le cas de Florence Parly est le plus clair. Parly II, la fille de Parly I, se devait d’avoir une carrière fulgurante. On commence par un passage au gouvernement. Puis on tente l’élection législative. On se retrouve à la municipalité de Paris. Puis on part à Air-Fance et à la Sncf et on revient au gouvernement comme ministre. Et on a épousé un haut fonctionnaire qui fait lui une carrière au sein de l’Etat, un temps aux participations de l’Etat ce qui facilite la carrière de sa femme. Le couple se retrouve avec des rémunérations qui dépassent tout ce que le bon peuple peut imaginer, en dépit des révélations du Canard enchaîné. Certains parlent en privé de plus de 10 millions d’euros la meilleure année. Le couple Fillon peut aller se faire rhabiller chez Arnys. Hidalgo, fonctionnaire élevée par la  grâce d’une fréquentation assidue des litières énarchiques les plus élevées, avec son haut fonctionnaire de mari, se sont enrichis de façon extrême.    

Les systèmes particuliers que se sont concocté les hauts fonctionnaires, dans ce contexte, deviennent incroyablement choquants. C’est le cas des retraites.  On revient dans le statut du corps cinq jours avant la date limite et on touche non pas une retraite au prorata du temps passé mais au taux plein, même si on a travaillé moins d’un an à des fonctions administratives dans toute sa carrière.  On peut cumuler des retraites privées, des retraites européennes, des retraites de députés ou de sénateurs, des retraites municipales, ou de conseils généraux, des retraites présidentielles, des indemnisations ministérielles, etc. etc. Pour les grands seigneurs du milieu des planques permettent de toucher rémunérations et avantages annexes jusqu’à des âges très avancés (Jospin, Fabius et Juppé au Conseil constitutionnel sont les exemples les plus caricaturaux, mais Rocard et Ségolène au Pôle Nord, ce n’est pas triste non plus).

Ce réseau de prébendes totalement injustifiés, de couples d’abusifs incroyablement enrichis, d’avantages gigantesques et souvent secrets obtenus sans mérite excessif, ont fini par dégoûter le pays.  D’autant que ces privilégiés se sont tous plus ou moins réclamés du socialisme le plus rouge et n’ont que le mot égalité à la bouche.  Un Jean-Claude Trichet qui cumule les retraites statutaires, celle de la Banque de France et celle de la BCE a eu des responsabilités considérables, avec les rémunérations associées légitimement. Mais il a finalement nui au plus grand nombre, notamment en cautionnant une politique qui a poussé le chômage au plus haut. On peut comprendre qu’une personne qui, du fait de son chômage durable, a une retraite misérable, proche de 450 euros par mois, trouve que le train de vie de retraité de Trichet est légèrement abusif.

La vraie solution est connue. Il faut dissocier totalement le secteur administratif et le secteur politique.  Article constitutionnel N°1 : nul ne peut être élu dans une assemblée ou dans un exécutif qui fixe sa propre rémunération et ses conditions d’emploi. Article 2 : nul ne peut recevoir deux rémunérations de l’Etat ni cumuler rémunération d’état et celle d’une organisation internationale.

La retraite des hauts fonctionnaires doit être versée prorata temporis du travail effectué et non pas en fonction du statut.

Si un haut fonctionnaire veut faire carrière hors du service public, soit il démissionne, soit il opte pour le système qu’il juge le meilleur, mais il ne cumule pas. Une législation plus ferme sur les conflits d’intérêts qui naissent du fait de la généralisation des couples de hauts fonctionnaires doit être mise en place.

Lorsqu’on prend la vraie dimension du problème anti démocratique que représente l’Enarchie Compassionnelle en tant que système, on comprend qu’Emmanuel Macron, qui en symbolise la quintessence, ne règle pas le problème. Le faux semblant est total, l’hypocrisie majuscule et éhontée.

Arrivé au pouvoir par un pronunciamento mis en œuvre par des hauts fonctionnaires félons à leurs devoirs, entouré d’une garde proche d’Enarques, conforté par une premier Ministre énarque, un Ministre des Finances énarque, un ministre de la défense énarque, gardé à Bruxelles par un commissaire énarque qui dialogue avec un ministre de l’Europe énarque et tête de liste aux européennes, jamais l’Enarchie n’a été poussée à un tel point.

Changer le nom de l’école pour qu’on ne puisse plus parler d’énarchie est une subtilité de communiquant.  Déplacer le problème en n’évoquant que la question de l’accès à la haute fonction publique, censé ne pas faire une place suffisante aux enfants non issus de la bourgeoisie socialiste, permet de cacher la réalité.

Il faut un bon recrutement, donc sélectif, pour la haute fonction publique et la meilleure formation, et un avancement qui permet seulement après avoir fait ses preuves d’intégrer les grands corps et d’accéder aux hautes responsabilités.

Mais il faut veiller à ce que ne se crée pas, par extension abusive, un Etat dans l’Etat.

L’Enarchie Compassionnelle doit être détruite en tant que système abusif. On n’en prend pas le chemin. Quand on présente un faux diagnostic on appliquera nécessairement des faux remèdes.

Le triomphe d’Emmanuel Macron, qui appelle aussitôt Edouard Philippe, qui l’un et l’autre ont décidé d’être renégats vis-à-vis des mouvements qui les ont mis en selle, a été l’acmé du système énarchique. Lorsque nous avons vu, après quelques mois, la machine bureaucratique et fiscale s’emballer, nous avons pris le soin de la signaler sur ce blog. Ils se croyaient tout permis. Et je limite les vitesses dans demander à personne. Et je dresse un plan vélo, un plan truc, un plan machin. Pas un aspect de la vie des gens qui puisse échapper à la folie bureaucratique en pleine surchauffe. Et j’augmente les impôts et les taxes à tout va. Jusqu’à dire aux Français que l’énergie serait taxée toujours plus, qu’il faudra qu’ils changent de voitures, de chaudières… Nous avons écrit : attention à la colère du peuple.

Plus rien n’était audible dans les bureaux de Matignon et de l’Elysée. Et on a fini par découvrir que le revenu disponible, ce n’était pas le brut moins les prélèvements moins les impôts et moins les taxes, mais ce solde diminué de toutes les dépenses contraintes par la bureaucratie et les réglementations ineptes et effroyablement coûteuses.

On eut les Gilets Jaunes et le blocage des ronds-points avec l’assentiment général de la population aux premières heures du mouvement.

Macron leur livre un changement de nom de l’ENA, comme on lance un nonosse au chienchien pour qu’il cesse d’aboyer. Sans toucher à l’essentiel. Il s’agit bien d’un faux projet de réforme.

L’Etat dans l’Etat se croit assez fort pour perdurer dans son être. Il est vrai que l’opposition est muselée : Wauquiez, Philippot, Dupont-Aignan, Asselineau sont des Enarques…  Restent les extrémistes de droite et de gauche. Macron leur demande de se lever comme des orages désirés. En faisant semblant de protéger la République contre les violents, on défend en fait l’Etat dans l’Etat qu’est l’Enarchie.

Tout cela est pitoyable et n’a rien à voir avec l’intérêt général.

La Monnaie du Diable : le sommaire

SOMMAIRE

 

Préface de l’auteur

 

Première Partie : Les Trente Glorieuses

 

L’hôtel du Mont Washington

Le « moment » particulier des mois de juin, juillet et août 1940 et l’efflorescence soudaine de solutions monétaires en Europe

Les effets psychologiques du choc militaire

Le plan allemand d’organisation de la « nouvelle union européenne »

Un accueil plutôt bienveillant en Europe

John Maynard Keynes entre en scène

Le rêve de Morgenthau et le projet de Harry White

Les tractations jusqu’à Atlantic City

La France à Bretton Woods

Des projets préparatoires à la conférence de Bretton Woods et à la création du FMI

Les Trente Glorieuses

Le vice caché et la fin des Accords de Bretton Woods

Les pressions de M. Roosa

Jacques Rueff et la révolte monétaire du Général de Gaulle

Nixon et la fin des Accords de Bretton Woods

Premières leçons des Accords de Bretton Woods

Conclusion : Mars met Hermès KO !

 

Deuxième Partie : la crise

 

Les trois clefs explicatives de la période 1971-2018

Qu’est-ce que « la crise » ?

Les causes fondamentales de la crise

Les changes flottants

Le dégel et la dissolution du bloc communiste

La décision aventurée de créer l’Euro

L’Euro, monnaie commerce, monnaie puissance ou monnaie « zombie » ?

2008, l’allumette des « subprimes » fait sauter l’économie mondiale devenue baudruche

Sauver le Titanic

Et Trump est arrivé

1971-2018 : le faux triomphe du dollar roi

 

 

 

 

Épilogue : se placer sous l’aile du dieu Hermès ?

 

La zone euro est-elle réformable ?

-          L’Eurosystème, une drôle d’organisation

-          Hypothèse 1 : une transition vers le système de Keynes

-          Hypothèse 2 : La sanction automatique des grands excédents

-          Hypothèse la plus probable : les renforcements fédéralistes

-          Conclusion sur l’Eurosystème

Peut-on se débarrasser des changes flottants ?

Et si on ne changeait rien ?

 

Conclusion

Les trois manières de voir l’Europe, dont deux sont actuellement caduques

Les débats sur l’Europe sont généralement niaiseux et biaisés. On est pour ou contre mais jamais aucune réflexion précise ne peut se développer au-delà d’un « je t’aime, moi non plus » parfaitement mièvre. L’Europe est donc une terre d’idéologie et toute entame de réflexion sur un aspect soit technique, soit historique, soit politique, tourne au pugilat sans gloire.  Que le débat soit impossible montre bien la nature de ce qu’on appelle la « construction européenne ». Les cartes n’ont jamais été jouées sur table à aucun moment de l’histoire de l’Europe. Il fallait être pour. Ne pas l’être était la marque d’une forme d’ignominie dévalorisante. Point final !

Cette manière de faire a empêché que ne développent en se confrontant les différentes visions de l’Europe. S’il s’agit d’unir l’Europe par des liens qui empêchent le retour des conflits nationaux, on compte au moins trois principales orientations, symbolisées chacune par un préfixe : 

-          L’optique supra nationale

-          L’optique a nationale :

-          L’optique co nationale.

L’optique supranationale est la plus connue : l’objectif est de créer au-dessus des nations un Etat Fédéral sur le modèle des Etats-Unis. Un président, un hymne, un drapeau, un parlement, un conseil constitutionnel, une monnaie, une banque centrale, un chef de gouvernement et un gouvernement qui pilotent un budget, une diplomatie, une police et une armée.  Les anciennes nations perdent leurs fonctions régaliennes transférées à la Fédération et sont transformées en « länders » chargés d’on ne sait quoi. Ils peuvent se fractionner en régions plus ou moins autonomes, puisque le régalien n’est plus national.

Cette optique est souvent considérée comme le « projet initial des pères de l’Europe » et le débouché normal de la « construction » européenne.  L’organisation actuelle présente des facettes de fédéralisme mais les différences sont majeures. Le Conseil des chefs d’Etat est le vrai organe de décision, ce qui est incompatible avec une vraie fédération. La commission n’est pas un gouvernement. Le Parlement ne décide pas de la politique générale, des domaines entiers restant hors de son domaine d’action. Ne parlons pas du poste européen de ministre des affaires étrangères ni des efforts vers plus d’unité militaire.  Il est tout de même curieux qu'en plus de 60 ans, on soit si loin du modèle fédéral si c’était vraiment le but à atteindre. Jamais ce modèle n’a été autant récusé par pratiquement toutes les nations constituantes (peuples et gouvernements) et le Brexit a prouvé le peu d’attractivité d’une construction de ce type. Les purs fédéralistes disent : supprimons les conseils des Etats et faisons de la Commission un vrai gouvernement exécutif, dépendant du Parlement, qui serait divisé entre Chambre des députés à Bruxelles et Sénat à Strasbourg.  Même ainsi l’Etat fédéral serait incomplet puisqu’il n’y aurait pas de président. Cela suppose que les chefs d’Etats se fassent Hara Kiri et qu’il existe une nation européenne.  Cette hypothèse n’a aucune réalité. Les pays de l’Est qui viennent de recouvrer leur indépendance n’en veulent pas. L’Allemagne réunifiée n’en veut surtout pas. Les peuples disent non quand on les sollicite. Pour qu’un état fédéral se constitue, il faut un ennemi commun. La guerre d’indépendance contre les Anglais a, seule, permis la constitution des Etats-Unis. C’est un exemple unique. Sinon c’est un centre dominant qui fédère des conquêtes, comme l’URSS, modèle répulsif s’il en est. Construire un état fédéral par grignotement, sans dire que le mot « construction » signifie destruction des Etats nationaux souverains et création d’un gouvernement fédéral, dans un système d’assemblée à peu près totalement incontrôlable, est une opération saugrenue. Surtout quand on sait qu’une partie des membres possibles a opté pour un localisme puissant doublé de l’acceptabilité d’une suzeraineté américaine pour la défense et la diplomatie.

Ceci pousse à regarder avec un peu de détail la seconde approche : l’Europe apatride, a-nationale. Le ‘a ‘ privatif est la lettre importante.  Il ne s’agit pas de créer une nouvelle structure à potentiel de puissance.  L’idée est de faire de l’Europe un espace apatride, sans définition précise, ni espace fixé, ni ambition particulière. Le but est d’édenter suffisamment les nations anciennes, presque toutes des anciens empires, pour neutraliser leurs ferments d’influence internationale et leurs conflits nationaux. Les lions ayant tendance à se déchirer de façon un peu excessive et répétée, il faut leur arracher les dents et en faire sinon des veaux du moins des mâles châtrés. L’Europe a-nationale est composée d’apatrides, sans racines ni particularismes.  Elle est également a-démocratique. Le peuple est soigneusement laissé à l’écart, par des institutions d’apparence qui vide les nations de leur souveraineté mais ne sont constitutives d’aucune souveraineté de remplacement.  Cette Europe n’a pas d’armées, pas de diplomatie, pas de puissance au service d’une volonté. Elle est dirigée par une toute petite coterie cooptée qui anime des réseaux d’influence et qui contrôlent la puissance oligarchique exécutive, et tient l’information dans les grands médias.   Dans cette optique, les Parlements nationaux sont court-circuités et deviennent des chambres d'enregistrement. On cherche à diviser les nations en régions qui pourront dialoguer entre elles et avec le pouvoir central européen. Les gouvernements nationaux n’ont plus de pouvoirs, transférés soit à l’étage du dessus soit à celui du dessous. Les dirigeants nationaux sont démonétisés et impuissants. Cette Europe apatride est sous suzeraineté américaine qui veille à ce que le marché européen reste ouvert à ses entreprises et son capital à disposition de leurs fonds spéculatifs.  L’Europe ne peut plus avoir de diplomatie autonome, sous réserve de sanction. L’Europe apatride de type zombie et sous suzeraineté américaine est l’Europe de certains européens dans la main des Etats-Unis. La coulisse est tenue par des représentants sélectionnés du monde de l’entreprise et du journalisme, organisés dans des clubs ad hoc, anciennement financés par les Etats-Unis et maintenant par l’Europe et les grandes entreprises concernées. L’idéologie est mondialiste et orientée vers la spéculation. L’indifférence à la situation des classes moyennes mises en concurrence en Occident avec les masses chinoises et indiennes est totale. L’Euro est une monnaie zombie qui a surtout pour but de mettre sous tutelle toutes les banques et les déposants, et indirectement les Etats. Le symbole de cette Europe apatride et sans passé est l’absence de tout monument européen réel ou portrait d’hommes européens illustres sur les billets en Euros. L’Europe n’est pas non plus considérée par une unité géographique ou culturelle. Le flou géographique comme celui de la civilisation est totale. Elle est ouverte à tous les vents du commerce, de la finance et des mouvements de population. Cette Europe apatride et quasi totalement américanisée est celle de Jean Monnet qui se considérait lui-même comme apatride et abhorrait les nations et le mot même de patrie.  Le fait de l’avoir panthéonisé sous la bannière « la patrie reconnaissante » est tout à fait caractéristique de l’esprit de Mitterrand qui aimait corrompre. Cette Europe apatride et zombie sous tutelle américaine est celle qui fait l’objet des plus nombreux rejets, mais qui est effective.  Elle stimule à l’heure actuelle des flots de contestation, de Régis Debré et de l’extrême gauche aux populistes, des Brexiters au pays de l’alliance de Visegrad. Le côté « on a détruit et remplacé par rien » devient dominant. L’Europe est un dissolvant et ne crée plus, parce qu’elle n’est plus. Elle n’est plus une race, elle n’est plus une religion, elle n’est plus une culture, elle n’est plus une civilisation, et même plus une place libre et forte du débat social. Elle possède une langue de substitution, l’anglais, qui ne lui est pas propre.  Comme le disait récemment un grand patron d’une banque américaine : « Europe is an also run territory. Europe is no more relevant ».  Il voit l’Europe, au mieux, comme une place de consommation pour les produits des entreprises mondialisées. La vraie question pour lui est la Chine ! pendant ce temps au sein des nations, à droite comme à gauche, les cris s’élèvent contre un « système » devenu zombie, impuissant, sans passé et cultivé hors sol dans une ambiance purement individualiste et consumériste.

 

Au moment des débats fondamentaux de Maastricht, nous avions nous-mêmes défendu, dans un profond désert, une approche différente, totalement marginale mais qui correspondait au minimum garanti d’adhésion des peuples européens.  Nous pensons toujours que cette Europe putative, mais latente et partiellement mise en œuvre, est celle à laquelle les peuples ont adhéré. Ainsi s’explique à la fois le nombre d’anti Brexit au Royaume Uni et le fond d’attachement à la construction d’une Europe unie qui reste vif sur le continent. Le retour pur et simple aux nations autonomes et poussant leur avantage au détriment des autres n’est pas l’idée dominante en Europe.  

Cette troisième conception de l’Europe est l’Europe de la co-citoyenneté, des co-opérations, des co-mmunautés.  L’idée fondamentale est que les nations européennes cessent de considérer comme un étranger les membres des nations qui entrent en communauté. Un européen est partout traité comme le national du pays où il a choisi résidence. Aucune discrimination n’est autorisée entre nationaux et résidents européens non nationaux qui disposent des mêmes droits civils de contracter.  « Je ne te crains pas, donc tu es mon égal chez moi avec tous mes droits ». Chaque nation de la communauté fait en sorte d’éliminer les mesures discriminatoires qui avaient pour but de nuire à ses voisins.  Cette optique est à la fois profonde (il y a un pacte de confiance sous-jacent très fort) et légère. On n’a pas besoin d'unifier tout, dans tous les domaines. La création de régions n’a pas de nécessité particulière, pas plus que celle d’un parlement. On ne détruit pas les Etats. Mais ils ont une promesse à tenir : celle de ne pas se nuire, de ne pas discriminer leurs habitants, et de chercher partout la résolution pacifique des conflits. La co citoyenneté peut déboucher sur la co prospérité qui elle demande plus de travail d’unification ou d’harmonisation, donc un processus institutionnel plus charpenté, pour élaborer les normes communes. Les Etats restent les seuls organes habilités à les mettre en œuvre et à les contrôler.  

On trouve dans l’organisation actuelle de l’Europe des éléments des trois conceptions. Elle forme un hybride assez curieux. Certains diraient une chimère.   

Le vrai poison est la formule Monnet d’une Europe apatride et zombie. A la limite, la création d’une Europe Fédérale, puissante et indépendante peut être un objectif défendable, à condition qu’on en précise correctement les contours géographiques, l’unité culturelle et civilisationnelle, et la vocation. Aujourd’hui c’est une utopie. Mais c’est une utopie défendable, si on admet qu’elle suppose la fin de la suzeraineté américaine et une vraie indépendance, avec une armée respectable et respectée, une diplomatie et une politique économique qui part des besoins des européens et défend toutes les classes sociales.

La perte de ce que nous venons de définir comme co-citoyenneté est ce qui navre les Britanniques. Ils y tenaient à cette possibilité de circuler, de s’installer, de contracter, d’acheter, de produire, totalement librement partout en Europe.  En revanche ils ne voulaient ni de l’Europe zombie avec monnaie du même acabit, ni de l’Europe fédérale supranationale.

L’Europe de la co-citoyenneté a été malmenée par l’octroi de la libre circulation à des populations problématiques comme les ROMS, par la politique d’importation de plus d’un million de musulmans par Mme Merkel et par la tolérance de l’immigration africaine de masse, avec une prédominance des populations islamisées. Du coup, vous ne pouvez plus dire en Europe : « je ne te crains pas ».  Ces immigrations ont conduit à une « dé civilisation » et des conflits communautaires, sectaires et racistes détestables jusqu’au meurtrier.

L’Europe de la co-prospérité a été également bousculée par la suppression du tarif extérieur commun et l’acceptation d’importations étrangères de masse, non soumises aux mêmes règles coûteuses et contraignantes de production, qui ont détruit en partie l’emploi et la stabilité des classes moyennes européennes dans la partie développée. Résultat : le fanatisme libre échangiste des instances européennes est plus vu comme la soumission à des intérêts particuliers qu’à la volonté du bien commun.

Du coup le pilier le plus fort, l’Europe de la co-citoyenneté et de la co-prospérité, est fortement entamée, au moment même où l’Europe apatride et antinationale non seulement ne fait plus recette mais répugne et que l’optique Fédérale à l’américaine n’a plus de crédibilité du fait de la soumission à un Trump maniant la schlague d’une bonne partie des pays européens.

La liberté des échanges sans harmonisation des coûts de production était possible si la dévaluation des monnaies nationales permettait de rectifier des différences radicales de compétitivité. L’Euro a supprimé cette soupape de sécurité et entraîné des déséquilibres internes monstrueux, l’Allemagne pompant quasiment toute la liquidité européenne.

Dans ces conditions l’Europe est devenue plus que problématique. Ses institutions posent question ; sa monnaie est dysfonctionnelle ; son inspiration est ambiguë ; son extension est incertaine ; sa souveraineté est inexistante ; sa capacité d’action et surtout de réaction est quasi nulle. Tout changement de cap ou décision rapide lui est interdit. Elle n’a aucune capacité exécutive, sauf dans des domaines totalement délégués où elle est frénétique et agit dans le détachement total des volontés des peuples, en général en liaison avec des lobbies. Elle sait empêcher mais elle ne sait pas faire, sinon mal, lentement et à des coûts extravagants.

Comment sortir d’un tel marasme, pour ne pas dire d’un tel effondrement ?

Seules deux voies sont possibles :

-          La construction modeste mais fondé sur un fort sentiment positif des peuples de l’Europe de la co-citoyenneté et de la co-prospérité

-          La construction d’une Europe fédérale.

Dans l’optique de la co citoyenneté et de la co prospérité, il faut détruire, reconstruire et corriger.

La régionalisation forcée n’a strictement aucun intérêt européen. Il appartient aux Etats, pas à l’Europe, de définir comment chaque territoire national doit être administré. Le lien avec l’Europe se fait par les Etats et les financements directs régions à régions et Europe à régions sont bannis. 

La Commission doit être totalement redéfinie. Il faut créer un Secrétariat européen qui aurait uniquement pour but d’instruire les questions qui conditionnent la co-citoyenneté et la coprospérité. Ce secrétariat perdrait son monopole d’initiative mais pas son droit d’initiative.

Le Parlement européen disparaît au profit d’un Conseil européen des normes communes, dont la vocation est d’instruire avec le secrétariat européen, toutes les initiatives visant à rendre concret la co-citoyenneté et la co-prospérité.

Lors que des politiques communes ont été définies, elles sont gérées par des instances ad hoc, détachées de la Commission et des Etats, mais dont la gouvernance est nommée et contrôlé par les Etats.  

La zone Euro est par exemple gérée par un Chancelier de la zone Euro appuyé sur une mini assemblée consultative et un conseil exécutif. Elle n’a pas vocation à être rejointe par tous les pays de l’union.

La politique agricole peut faire l’objet d’une organisation similaire.

Etc.

Parmi les législations urgentes que ces institutions diversifiées auront à définir, trois sont fondamentales :

-          La réforme de la zone euro afin d’empêcher les énormes excédents et les déficits associés. Nous avons formulé plusieurs solutions sur ce sujet dans des articles précédents sur ce blog. L’idée est d’empêcher d’accumuler d’énormes excédents. Et de mener des politiques déflationnistes sans fini dans les pays déficitaires pour corriger les déséquilibres.

-          La redéfinition de la notion d’étranger et la mise en commun des règles de naturalisation et les politiques migratoires, avec une clarification des migrations internes de pauvreté et les règles d’expulsion des indésirables (délinquants condamnés asociaux etc.).

-          La redéfinition des politiques de concurrence et de commerce, avec la reconstruction d’un tarif extérieur commun, probablement justifié par des considérations écologiques plus que directement commerciales, et sur des règles communes en matière de définition et de taxation des bénéfices des entreprises.

Le Conseil des Nations de l’Union Européenne a essentiellement un rôle d’impulsion et de vigilance pour veiller au bon fonctionnement de ces entreprises communautaires et réfléchir aux extensions éventuelles.  

Il faut noter que la notion de fonctionnaire européen disparaît, et avec lui son statut. Les agences emploieront soit des fonctionnaires détachés soit des contractuels.

Ceux qui pensent qu’une optique fédérale doit être immédiatement consolidée, avec une politique militaire commune, avec une commission devenant gouvernement fédéral, avec une diplomatie commune et  avec un énorme budget commun n’ont rien compris à l’état de l'opinion en Europe sur fond de Brexit, de création d’un groupe de Visegrad et d'effondrement du couple franco-allemand, alors que l’Italie traite directement avec la Chine,  que la Grèce est KO, que la Hollande se révèle un pays de tricheurs phénoménaux, etc.

La posture fédéraliste du président Macron est intenable comme projet européen, même si elle peut l’être comme projet politique personnel. Elle suppose d’évacuer toutes les réalités qui fâchent du débat, pour le réduire à une lutte entre le bien et le mal. Ce qui extrêmement dangereux, en termes de politique interne français.

La politique de Trump qui pratique la suzeraineté américaine avec le big stick rend impraticable et intolérable l’Europe apatride et zombie de Jean Monnet.

Reste donc et c’est la carte unique de la France : le renforcement de l’esprit co européen avec des institutions communes allégées et éclatées, et des politiques corrigées des tares les plus visibles. Il n’est même pas exclu, dans une telle perspective, que la Grande Bretagne soit amenée à reconsidérer le Brexit.   Le sentiment de co-citoyenneté est très fort au Royaume Uni : aucun anglais ne veut se retrouver étranger sur le continent. La nécessité de la co-prospérité est évidente. Le Brexit est le fruit des effets pervers de l’Europe zombie de Jean Monnet et des tares non corrigées dans le domaine des flux migratoires, des flux commerciaux et des flux financiers dans le cadre de la monnaie unique.

Il fallait d’abord mettre fin aux désordres moraux, civilisationnels, commerciaux, financiers et migratoires, avant de crier comme un cabri « Europe, Europe, Europe !». On n’a fait que les nier et on les a amplifiés avec les conséquences que l’on sait. Quand on ne s'adresse plus à l’esprit public et qu’on laisse pourrir les difficultés, dont certaines ont été créées de toute pièce en vue de créer une dynamique anti nationale, on n’obtient que la décomposition générale et un sentiment de répulsion.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Annonce du prochain livre de Didier Dufau : La monnaie du Diable

Le vice caché de la mondialisation

La Monnaie du Diable

Deux vices cachés de la mondialisation

Par

Didier Dufau

Dossier de présentation

L’auteur

Didier Dufau est Diplômé d’Etudes Supérieures de sciences économiques (Panthéon), de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’Institut européen des affaires (Insead Fontainebleau). Sa carrière s’est partagée entre l’enseignement et le conseil stratégique. Il a été le conseiller de très grandes entreprises françaises (UAP, Monoprix, Galeries Lafayette, CGE, Banque de France, Sncf, La poste…).  Il a notamment été Maître de conférences pendant près de 20 ans à l’IEP Paris, et dirigé la société de conseils SOFIA pendant près de trente ans. Il est actuellement à la tête de la petite cellule de réflexion économique « e-toile » qui publie un blog (1 630 000 lectures depuis sa création). Il est l’auteur de L’Étrange Désastre, le saccage de la prospérité, un essai sur les causes profondes de la crise de 2008 et du marasme contemporain, paru en octobre 2015 (ISBN 979-10-95148-00-5).

Le Livre

Origine : lors des nombreuses conférences organisées à la suite de la parution de l’Étrange Désastre, l’auteur a constaté à quel point les audiences étaient ignorantes de l’histoire économique du siècle passé, et avides de connaissances. Tout le monde connaît le nom de la Conférence de Bretton Woods et en ignore presque totalement l’histoire et le contenu. Il est vrai qu’il n’y eut qu’un seul livre publié sur cette séquence diplomatique mythique en français et c’était dans les années cinquante ! Progressivement le contenu de ces conférences s’est orienté vers la comparaison entre les modalités des Accords et les systèmes actuels. Et la question suivante est devenue rituelle : pourquoi avons-nous abandonné les Trente Glorieuses ? Peut-on revenir aux principes qui avaient si bien réussi ? À force de répondre à ces questions, un livre s’est esquissé puis imposé. Après trois ans de recherches, il est écrit.

Le thème : L’étalon or a été la victime collatérale de la guerre de 14-18. On a essayé de le rétablir mais en vain. Après 20 ans de désordres économiques et monétaires plusieurs tentatives ont été faites de créer un nouvel ordre, compatible avec le triomphe des monnaies administratives multipliables facilement à l’infini. Mais la monnaie est un diable qui ne se laisse pas facilement domestiquée. Après la tentative avortée des vainqueurs allemands en juin juillet 1940, la solution américaine à Bretton Woods a apporté une solution remarquable, mais qui contenait un vice de construction dramatique. L’explosion aura lieu en 1971, date à laquelle les États-Unis ont imposé les changes flottants. Pourquoi ? Et en quoi ce nouveau système a-t-il été à la source d’une répétition de crises graves jusqu’à la grande récession de 2008 ? L’Europe a créé une solution de monnaie unique qui ne convainc pas et qui ressemble étrangement à la tentative d’organisation monétaire mise en place par les Nazis en juin juillet 1940. Pourquoi ce choix bizarre et en quoi le système a-t-il aggravé la crise en Europe ? Quelles réformes permettraient-elles de mettre fin aux deux dysfonctionnements conjoints du système monétaire international et du système monétaire de l’Eurozone ? Une grande conférence du type de Bretton Woods est indiscutablement souhaitable, mais qu’elles pourraient être les solutions sur la table ? Le diable qui fait capoter toutes les tentatives monétaires peut-il être tenu à distance ?

Actualité du thème :

-          Les désordres actuels font dire aux commentateurs que seules des décisions radicales portant sur les structures même de la mondialisation permettraient de sortir des réactions populistes qui ont profondément altéré le cours de la démocratie en Occident. Jamais ils ne disent lesquelles. Ce livre est une forme de réponse. Il dit où il faut agir, comment et pourquoi il est si difficile de le faire.

-          Donald Trump s’est engagé dans un combat pénible pour ses alliés, autour d’une idée forte : les excédents massifs de certains pays sont illégaux et nuisent aux États-Unis. En vérité ils nuisent au monde entier. Mais ils sont la contrepartie des déficits abyssaux américains, ce que le Président américain ne veut pas voir. En ce sens Trump facilite le diagnostic et complique la solution. Il est important, aujourd’hui même, de comprendre pourquoi et de mettre les concepts en ordre.

-          Alors que l’organisation multilatérale mise en place après-guerre finit de s’effilocher, il est intéressant de juxtaposer ce qu’on pensait à cette époque et ce qui se dit et se fait aujourd’hui. La comparaison est suffocante !

Nature du livre : Le livre explique le passage d’une croissance forte et rapide à un ralentissement ponctué de crises pour finir par une récession majeure et une stagnation douloureuse. Il fait remonter des faits oubliés ou méconnus pour mieux comprendre le présent. Il donne des clefs d’interprétation à tous ceux qui cherchent à comprendre les troubles de l’époque et qui s’intéressent aux réformes possibles. Le livre reste grand public à la fois dans sa conception et son écriture. Il éclaire nombre de débats en cours sur l’Europe, les projets d’E. Macron, la mondialisation.

Écriture : L’auteur écrit d’une plume alerte. La technicité est gommée et lorsqu’elle est nécessaire, elle est expliquée sans jargon. Des décennies d’enseignement ont permis à l’auteur de développer des qualités de clarté qui permettent à tout « honnête homme » de se saisir des questions évoquées.

Réactions du comité de lecture

-          « Passionnant » (unanimité).

-          « Au cœur profond des grandes questions du moment »

-          « Des surprises, dans presque tous les chapitres ».

-          « Certains rapprochements avec le passé sont stupéfiants ».

-          « Une bouée de sauvetage pour comprendre des questions qui ne sont pas traitées aussi précisément dans la littérature économique actuelle ».

-          « J’ai changé ma vision de certains évènements que je croyais comprendre ».

-          « Stupéfait par la culture économique de l’auteur et sa maîtrise de sujets que la plupart des économistes fuient avec énergie ».

-          « L’auteur invente un nouveau genre littéraire : le polar économique ».

-          « Le livre met les mots précis sur ce que nous ressentons tous de façon diffuse.  Et tout devient clair. »

-          « Un livre courageux qui mettra en fureur les marxistes et les ultra-libéraux. Partir des faits et non des écoles en compétition est la marque des vrais économistes ».

-          « On sort différent de la lecture de ce livre rare et ravageur pour la sottise ambiante »

Quelques leçons du phénomène des Gilets Jaunes

L’affaire des Gilets Jaunes est bien un phénomène particulier, et d’abord sur la méthode de contestation.

Se parer d’un gilet, conçu pour être voyant et que tout le monde est censé avoir dans sa voiture, est la nouveauté technique. Les Bonnets Rouges n’avaient pas la même généralité et plongeaient dans l'histoire régionale. Le gilet n’est pas connoté. Il l’est tellement peu que tout le monde peut le mettre. Le porteur a changé au cours du temps sans que les médias puissent mettre un nom sur les glissements successifs. On a commencé avec des infirmières libérales, des retraités, des chômeurs de longue durée et des petits patrons sur le fil du rasoir, on termine avec les militantes âgées d’Attac, des éléments du service d’ordre de la CGT et des Blackblocs jaunissants à bandes réfléchissantes, au milieu de petites frappes d’extrême droite. Le plumage unique des contestataires permet de faire l'union des lutteurs « anti-système » subrepticement, avec une intéressante substitution des acteurs.

On avait connu, à Maïdan comme lors des Printemps Arabes, la méthode des manifestations de masse violentes à répétition et de longues durées. L’idée de la « fièvre du samedi soir », millésimée, est un pas technique de plus dans la contestation radicale organisée. Certains ont-ils vraiment cru qu’ils verraient Macron fuir l’Elysée dans un hélicoptère militaire, peut-être pour un nouveau Baden-Baden ? Il manquait simplement une vraie cause. Les semis débiles mentaux que les médias d’information continue ont fait éructer depuis des semaines sur leurs chaînes, à l’instar de penseurs cosmo-planétaires, ont fait comprendre combien le système scolaire français avait dérivé vers le bas et pas grand-chose d’autre. Heureusement Zorro est arrivé pour dire ce qu’il fallait dire avec sagesse et componction : Mélenchon, qui appelait en vain à l’émeute de masse, a fini par s’imposer en tête d’un cortège étique après quatre mois d’effort, entre Blackblock et excités d’extrême droite. La bande blanche n’était plus la seule chose qui réfléchissait dans le gilet jaune. Il y avait désormais l’espoir du filet rouge sang. « Seigneur, fasse qu’il y ait quelques morts, comme en 1871, alors on sera en terrain connu ! ».

Du coup les commentateurs ne savent plus à quel saint en gilet jaune se vouer. Les infirmières libérales soignent. Les retraités s’occupent. Les petits patrons en ont marre mais petitpatronnent. Les isolés (ées) amateurs (trices) de relations émouvantes (et plus si affinités) sur les ronds-points, cherchent des permanences moins polluées. Les petits commandos autoroutiers commencent à être sanctionnés trop durement pour que cela ne gâche pas le plaisir.

Un mouvement sociologique intéressant est tombé dans la routine violente de l’extrême gauche révolutionnaire dans une France divisée mais non révolutionnaire. Cela tourne aux simagrées. La TNT veut son programme pas cher qui attire du monde et de la pub bien payée. Suivre pendant 7 heures une manif de 1 500 personnes dans l’espoir d’un incident, et en sachant que celui qui veut sortir le samedi consulte la manif comme d’autres la météo, cela peut rapporter gros. Mais aussi un mépris de même dimension. Dès qu’ils voient un gugusse (trouvé comment ?) affublé d’un gilet jaune assis à une ronde table, les spectateurs zappent instantanément. La téléréalité est toujours un spectacle falsifié, mais il faut rester dans certaines limites. La fin du mouvement va faire mal à BFM-TV. Encore un instant Monsieur le Bourreau !

La première vérité du mouvement est celle du premier mouvement. La perspective d’une hausse inconsidérée des frais de circulation et de chauffage, après le choc d’une énième baisse de la vitesse, productrice de pertes massive de points, avec l’annonce que cela serait encore pire plus tard, a provoqué un coup de colère majeur. Le saccage de la retraite des jeunes vieux avec en prime la désindexation, au moment même où la BCE cherchait à tout prix à relancer l’inflation avec un certain succès, n’a pas arrangé les choses. La photo de Jupiter « s’éclatant » avec deux petites frappes dénudées dans les Dom Tom, suivant les ricanements de l'affaire des « drag queens » à l’Elysées et le statut spécial du beau Benalla, avait créé un mépris de fond et totalement dévalorisé le jeune Président. Il avait renouvelé les interrogations sur le couple étrange qu’il forme avec une femme qui pourrait être sa mère. La colère s’est accompagnée dès le premier jour d’une demande de démission « à coups de pied dans le train » du « président-guignol ».

Derrière la colère se dessinait le portrait d’une France provinciale première victime du lent décrochage de la croissance depuis 1971, et de la perte de pouvoir d’achat évidente depuis 2008 et qui n’en pouvait plus de la hausse des impôts et des contraintes. L’évidence de la déréliction des services publics et de la contrainte de plus en plus insupportable des milles agressions administratives s’est enfin imposée. Les impôts au plus haut alors que plus rien ne marche, cela finit par fâcher.

Le mouvement a été soutenu par les Français d’abord en fonction de ce constat. Une Énarchie en pleine folie fiscale, sûre d’elle-même, manipulatrice, et dominatrice, reprenait son train-train, sur fond de déréliction générale, sans comprendre que, sur le terrain, cela ne pouvait plus durer.

Le président a imaginé un grand débat cadré et encadré pour arrêter les marcheurs-casseurs du samedi. Les doléances du peuple vont être dépouillées, avant qu’une partie du peuple ne le soit un peu plus, pour calmer la colère des frustrés. Comme aucune des vraies questions n’a été posée crûment, il ne peut y avoir que des fausses réponses. La France des 35 heures et de la retraite à 62 ans, avec des entreprises nationales à l'agonie, ses administrations pléthoriques mais inefficaces, ses impôts confiscatoires et payés par une tranche très étroite de la population, où le pouvoir a perdu son pouvoir « au profit de Bruxelles et du Comité Bildenberg », comme dirait Zemmour, où les banques rackettent les assujettis, où l’emploi bien rémunéré est devenu rare, et où le débat public se résume à subir les vomissements militants de toutes les causes minoritaires ou écologiques, où la démographie indigène s’effondre et le remplacement par l’immigration africaine s'accélère, où la mondialisation forcée met l’industrie au chômage et les perles nationales à l’encan, cette France-là est devenue à peu près ingouvernable. Surtout quand « le gouvernement des juges extérieurs », Cour de Justice, CEDH, Commissions de l’ONU, l’emporte sur son propre droit.

Un pays qui a perdu son autonomie juridique, budgétaire et monétaire, qui ne peut plus décider de sa diplomatie économique, qui voit son industrie et son agriculture agoniser, alors que le plus gros du capital de ses grandes entreprises est en des mains étrangères, est nécessairement ingouvernable. Il ne reste aux politiques ambitieux que le faux-semblant, les « cadeaux au peuple », les politiques bien-pensantes, les impôts et les dettes. Et les joies de la Com’.

Macron et Philippe ont cru qu’ils pouvaient reprendre les affaires courantes et le petit jeu de l’Énarchie Compassionnelle imbue d’elle-même et indifférente au sort des Français, cédant à tous les groupes de pression et augmentant sans limite les coûts administratifs, sur fond de déréliction générale. Le réveil a été saumâtre. Sera-t-il salutaire ? La phase haute du cycle est en train de s’arrêter. La vaguelette a été significativement très faible. Elle aidera sans doute à passer le cap.

La suite est plus qu’incertaine.

Quand on ne s’occupe pas des questions de fond, on finit par toucher le fond. Et il est vaseux. Le rebond n’est pas garanti.

Psychodrame autour de Jean Monnet et des "pères" de "l'Europe des Etats-Unis"

Philippe de Villiers vient de commettre un livre dont le succès tourne entièrement autour de la dénonciation de Jean Monnet, de Schumann et de Hallstein, une brochette de « pères de l’Europe unie », comme agents rémunérés d’une « Europe des États-Unis » et non comme les pères d’une Europe unie. Comme il en apporte des preuves incontestables, permettant de fonder les impressions préexistantes sur du solide, cela crée comme un malaise moral du côté européiste.

À chaque passage dans des émissions de télé, on voit donc des intervieweuses se muer en harpies partisanes décidées à mettre en charpie leur interlocuteur et à l’empêcher de développer des arguments ou de tirer des conclusions. Sonia Mabrouk sur Cnews Anne Sophie Lapix dans l’émission C à vous, Léa Salamé sur la 2 se sont récemment illustrées dans l’exercice. Aucune ne s’est livrée à un travail de journaliste mais plutôt de garant énervé de la pureté des oreilles des téléspectateurs.

Le but de toutes ces manipulations : empêcher Villers de démontrer que les pères de l’Europe et en particulier Jean Monnet et Robert Schuman étaient d’abord au service des Etats-Unis et que leur vision fédérale bien connue était celle d’une Europe docile, sous suzeraineté américaine permanente, et ouverte aux produits américains.

On retrouve toutes les méthodes médiatiques employées depuis des lustres pour éviter que les plus grands crimes communistes ne soient exploités contre la Cause. Léon Chaix avait démontré que face à des accusations fondées, les partisans n’avaient que la séquence suivante à disposition :

-          Occultation tant qu’on peut

-          Négation quand on ne peut plus occulter

-          Minimisation quand on ne peut plus nier

-          Exonération quand on ne peut plus minimiser.

Jean Monnet est depuis la guerre de 1914 idéologiquement opposé aux nations européennes (fauteuses de guerres) et organiquement et financièrement dans la mouvance américaine au service de laquelle il s’est engagé, après avoir servi le Royaume Uni. On le retrouve à Alger, tentant de contrer le Général de Gaulle au profit de Giraud, à Bretton Woods ou il sert les idées de White, lors du plan Marshall où il sert les intérêts des grandes entreprises américaines, notamment dans la diffusion de films. On le voit derrière l’affaire de la CECA puis à la naissance d’Euratom où il suit la politique américaine qui ne veut pas d’une filière atomique française et européenne indépendante. Etc. Etc. Villiers donne les preuves d’un financement continu par la CIA et de traités rédigés à grands frais par des cabinets américains selon les ordres reçus du gouvernement américain, souvent opposé aux desseins du gouvernement français.

Tout cela est bien connu depuis longtemps mais il est vrai que les preuves prises aux meilleures sources n’avaient pas été étalées. Elles démontrent ce que l’action même de Jean Monnet suggérait : il a été un agent d’influence financé tout le long de sa vie d’abord par le Royaume Uni et ensuite par les Etats-Unis. Les gens pudiques parlent de « Missi Dominici » (sans rappeler le sens de cette institution) ou mieux de « go between » en novlangue, à l’influence bienfaisante.

Nos trois intervieweuses, nourries aux mêmes sources et avec les mêmes consignes, ont toutes eu la même attitude, déclinant la séquence de Léon Chaix sans en manquer une étape.

On suggère que l'auteur est un complotiste. Seul un homme malhonnête peut briser le tabou de l’occultation. Mais les preuves sont là !

La négation suit, en laissant toujours entendre que tout cela c’est du pipeau outrancier destiné à « faire de l’argent », alors que les documents sont étalés et qu’on refuse de les faire voir et même simplement de les commenter en couvrant systématiquement la voix de l’invité.

La minimisation et l’exonération s’enchaînent : tout cela n’est pas grave « tout le monde » allait chercher des subsides aux États-Unis. Monnet n’est pas le seul. Alors pourquoi lui chercher des poux dans la tête ? On ne nie plus rien mais on réduit l’acte de financement à une habitude européenne ancrée qui ne lui est pas propre et si c’était pour le bien commun, quelle importance ?

L’interviewé est donc un salaud mal intentionné qui veut faire de l’argent, qui vole des informations déjà publiées et les copies sans vergogne, qui cherche à stimuler la haine contre des hommes magnifiques et à nuire à la merveilleuse cause européenne supranationale. Il est donc normal qu’on l’empêche de s’exprimer et qu’on essaie par tout moyen de décrédibiliser ses propos. Mais il faut qu’il soit là pour faire le buzz et de l’audience, donc « de l’argent ».

Le comique de la situation provient du fait que cette attitude de « chienne de garde à nonosse » est désormais dénoncée comme un des travers de la presse notamment par le livre de Mme Rocrieux. On en donne une illustration caricaturale au plus fort des critiques contre le « politiquement correct » agressif de la « gauche affairiste » dominante dans les médias.

Il est vrai que l’une est l’épouse du candidat PS aux élections européennes, l’autre épouse du dirigeant de Publicis, très proche de Macron et la troisième fille d’un haut dignitaire du régime de Bourguiba. Moix s’indigne qu’elles puissent être jugées sur leur mari. Ne sont-elles pas hautement indépendantes ? Elles doivent s’affirmer en femmes certes mariées mais totalement libres d’esprit, comme l’étaient sans doute naguère l’épouse de Kouchner ou celle de DSK… Si elles tiennent les mêmes propos jettent les mêmes anathèmes et utilisent les mêmes méthodes, c’est juste qu’elles pensent les mêmes choses heureusement politiquement correctes. Elles évitent au menu peuple d’être « trompé » par la vérité, déplaisante et attentatoire à l’image des Saints de l’Europe supranationale tout en faisant de l’audience et de l’argent. Comment leur en vouloir ? Notons au passage que la promotion des femmes dans la sphère politique et médiatique a surtout permis la promotion de couples devenus puissants, riches et influents.

Ce qui étonne dans cette affaire, c’est l’importance démesurée donnée au fait, réel, que Jean Monnet ait servi d’abord ses convictions et les États-Unis plutôt que son pays. Les Communistes faisaient de même avec l’argent de Moscou, sans que cela ait gêné grand monde.

La nature de l’engagement de Jean Monnet est assez accessoire. La vraie question est de savoir si la méthode de construction d’une union européenne et ses modalités sont satisfaisantes ou non, notamment en matière politique, culturelle, juridique, sociale, économique et monétaire. La question n’est pas de savoir d’où parlait Monnet mais d'apprécier la qualité des résultats de son action. Et, quelle que soit la part de responsabilité qui est la sienne, redresser les erreurs que l’on pense devoir être corrigées. En voulant dévaloriser la personne de Monnet, Villiers tente d’entraîner la dévalorisation de l’idée européenne supra nationale. On s’attaque aux personnes plus qu’aux idées. Il se met au niveau des trois militantes intervieweuses.

Toutes les décisions ont été prises en Europe par des gouvernements. La responsabilité des défauts de ce qui a été construit revient aux décideurs, pas aux influenceurs ni aux lobbyistes ni aux représentations diplomatiques officielles ou officieuses. Le vrai travail n’est pas de mener des guerres d’image, même si celle de Monnet en train de faire brûler son passeport français a quelque chose de terrifiant. Mais l’essentiel est de partir des faits pour voir et les défauts et les aménagements possibles, quitte à les faire valoir sans censure ni occultation partisane.

L’Eurosystème pose un problème. Il faut dire où cela blesse et ce qu’il faut faire pour réparer.

L’Europe supranationale de type fédérale s’oppose toujours à un système d'Europe des nations et des projets. Peut-on trancher la question et avec quelles conséquences ?

Emmanuel Macron pense qu’il faut éviter que ces questions ne soient posées et veut une bataille d’images, comme lors du second tour de l’élection présidentielle : le bon contre les méchants. Les marchands de sondage commencent à « vendre » ce combat gagné d’avance en ne laissant s’affronter que LREM et le RN. Faire de la chaleur et aucune lumière ! Gagnez du temps et de l’espace politique !

Gageons que le résultat sera une abstention record. On parle d’un chiffre situé entre 60 et 70 % qui serait absolument désastreux.

Rappelons que Jean Monnet est décédé depuis près de quarante ans. On peut sans doute critiquer que Mitterrand ait fait entrer au Panthéon, où la patrie est chargée d’être reconnaissante avec ses Grands Hommes, un homme qui se jugeait lui-même apatride et préférait travailler pour un gouvernement étranger contre les intérêts du gouvernement légitime de son pays. Mitterrand se flattait d’être le dernier président français de plein exercice. Ayant gâché les chances économiques de la France avec un bilan calamiteux, il pensait se faire une postérité comme constructeur fondamental d’une Europe supranationale où la France n’aurait plus de réelles indépendances. L’enterrement de Monnet en haut de la colline Sainte Geneviève sera le début de sa campagne européiste. Panthéoniser un apatride anti français, agent stipendié de l'étranger, c’est du Mitterrand tout craché. Un homme qui a réussi à se faire révérer par la Gauche après avoir reçu la Francisque des mains du Maréchal Pétain était à même de savourer la situation faite à Monnet. Les autres ne sont pas obligés de s’extasier. Cet amateur de cimetières et de cadavres était un pourrisseur et il trouvait à l’exercice sa joie profonde qui explique le nombre de suicides ou de meurtrissures dans son entourage. Lui aussi pourrit déjà depuis plus de 20 ans dans la tombe de laquelle il a chassé son épouse, sommée d’aller passer l’éternité ailleurs.

Les questions du moment, en matière européenne, sont assez éloignées des fariboles européistes passées et des manigances mitterrandiennes.

L’histoire est intéressante surtout si elle permet d'agir en toute connaissance de cause. La cause européenne a été défendue par mille courants qui n’ont rien à voir avec les États-Unis et pour de bonnes raisons. La question première qui se pose est de juger l’organisation actuelle et les politiques menées, qui donnent des résultats discutables voire désastreux et la seconde de définir vers quoi on va. Monnet ne voulait pas d’un gouvernement européen solide et concurrent des Etats Unis. Aujourd’hui Trump exerce une suzeraineté violente sur les pays européens. On fait quoi ? Mais les Etats Unis ne voulaient pas de concurrents pour le dollar et Monnet a poussé comme un malade en faveur d’une Monnaie Unique. Un traître aux intérêts américains ? Ou quelqu’un qui avait jugé que la dépossession monétaire vidait définitivement la souveraineté des nations européennes et que la gestion par des fonctionnaires nommés dans la coulisse ne serait jamais hostile aux États-Unis, la coulisse étant sous contrôle américain ?

Ces débats sont sérieux et méritent de se s'épanouir sans les entraves d’épouses de petits-maîtres de la Macronie ou de la gauche caviar.

Le Grand Débat : Un exemple au cœur de la « démocratie de l’informe ».

Il faut toujours témoigner aussitôt d’un moment historique, même s’il s’agit de la petite histoire. On oublie vite et surtout on perd le climat psychologique qui se dissipe très vite.

Le débat est organisé dans une ville industrieuse de bord de mer mondialement connue qui mélange gastronomie, tourisme, repli des retraités en quête d’une vie éloignée des grandes villes. Le maire a bien fait les choses. Quelques petits fours. Quatre zones destinées aux débats sur chacun des grands thèmes choisis par M. Macron. Quatre ordinateurs, avec rétroprojecteur et grand écran, pour inscrire les suggestions. Après des consignes de convivialité, les débats commencent. Environ cinquante personnes se trouvent dans la salle, dont une dizaine de personnes travaillant pour la mairie ou membre du conseil municipal. Les participants se dirigent principalement vers le pôle impôts et le pôle écologie. Le pôle « politique publique » reçoit une dizaine de personnes. Le pôle citoyenneté est boudé, avec 5 participants dont un Irlandais résidant en France et y passant sa retraite : « on mange mieux qu’en Irlande ! » précise-t-il.

L’assistance est principalement constituée de retraités. Deux jeunes de moins de trente ans. Quelques quadragénaires.

Nous décidons de gonfler les effectifs du pôle citoyenneté.

Le débat va porter sur une question imprévue. Deux représentantes d’associations veulent qu’on témoigne une reconnaissance financière aux bénévoles. Elles précisent : nous avons de plus en plus de délégations de service public et nos bénévoles sont amenés à faire de longues et fréquentes formations. Ils sont devenus de vrais fonctionnaires et ne sont plus des bénévoles à l’ancienne. Mais ils ne gagnent rien. C’est choquant moralement puisqu’ils donnent beaucoup à la collectivité et remplacent en fait des fonctionnaires. Si cela continue ainsi, nous n’aurons plus de volontaires et la suppression des emplois aidés nous a assommés. Avec la baisse des subventions municipales, et la complexité et le nombre des contraintes réglementaires, nous ne pourrons bientôt plus travailler. Il faut un statut du bénévole, comme il faut aussi un statut des élus, dont le plus grand nombre est bénévole. L’ennui, c’est qu’un bénévole qui n’est plus bénévole n’est plus un bénévole. La discussion s’enlise.

Ce que les participants ne savent pas c’est que l’emploi dans les associations a gonflé de 1 250 000 depuis Mitterrand. L’État Moloch qui a gagné également plus de 1 million d’emplois publics ne sait plus comment faire avec les 35 heures, la retraite à 60 ans, l’absentéisme majeur, et l’extension infinie de ses attributions. Alors il sous-traite à tout va. Et le système explose. Il fonctionne à base de retraités et de jeunes soutenus artificiellement. Et surtout de bénévoles. Mais quand c’est trop c’est trop. La vraie solution c’est de renoncer à la retraite à 60 ans pour une retraite à 67 ans et de revenir aux quarante heures, tout en transférant vers le privé les mille captations faites par l’État de façon abusive dans tous les domaines. Il faut également réduire les règles tatillonnes qui interdisent tout ou obligent à des dépenses folles et sans rapport avec leur objet. Sans le savoir, nos deux animatrices d’associations ont mis le doigt sur une tare française que Mitterrand, ses sbires et ses successeurs ont définitivement aggravé. Ces femmes de bien ne peuvent évidemment pas concevoir que la solution de leur malheur n’est pas dans plus de subventions mais dans plus de travail et moins d’interventions de l’État. L’argent public c’est le bien. L’État c’est le bien. Moins travailler, c’est bien. Partir tôt à la retraite c’est normal. Mais au bout du chemin, c’est la faillite, y compris pour les associations. Les deux à trois millions d’emplois directs et indirects créés dans les associations et les différentes fonctions publiques sont à très faibles productivités. Du coup la France n’est plus compétitive. Mais ces questions-là passent au-dessus de la tête du débat et la phrase affreuse vient naturellement : « les pauvres gens, qu’est-ce qui va se passer quand on fermera ! ».

Le vote obligatoire fait l’objet d’une analyse intéressante de notre Irlandais. L’abstention provient des jeunes, de moins en moins nombreux et des immigrés, de plus en plus nombreux. Le seul moyen de les faire venir est de rendre le vote obligatoire. Cela a été fait en Australie dans le cadre de l’action en faveur des indigènes et cela eut « des résultats intéressants ». Le seul « jeune » qui avait soudain pointé son nez proteste : « les élus sont tous des pourris et ne se font élire que pour l’argent et les avantages. Dès qu’ils sont élus, ils abusent. Ce n’est pas la peine de voter Tous pourris. Action directe ». « Voyez-vous un élu pourri dans cette salle ? » questionne un participant. Le jeune part en maugréant.

Personne ne s’intéresse au RIC, ni à l’élection par tirage au sort. La proportionnelle d’accord mais il faut qu’il y ait une majorité. Faut-il comptabiliser les votes blancs ? Oui dit la jeune en contrat aidé qui est censée enregistrer les débats et qui, depuis le début, montre qu’elle ne comprend rien, ne sait pas écrire une phrase et fait une erreur d’orthographe par mot. Ce serait juste car ces gens se sont déplacés. D’accord mais quelles conséquences ? Grand silence. Lorsqu’il est expliqué que cette prise en compte a uniquement pour but de rendre impossible l’élection et que partout où la solution est essayée, des dispositifs contrariant cet effet pervers ont été mis en place, le silence se fait.

Quelle morale tirée de cette partie du débat ? D’abord l’effondrement de l’enseignement de base. Ces deux jeunes ne savent rien et en particulier ni écrire ni parler. Ils tentent de retarder indéfiniment leur engagement, en matière économique comme en matière politique. Tout en éructant. Des Tanguy, comme on dit maintenant ou des enfants perturbés par la disparition du foyer parental.

Pour le reste, d’une façon générale on ne considère pas que les changements institutionnels soient indispensables. Nous mettons à la discussion trois thèmes qui nous sont chers : interdire d’être élus dans une assemblée qui décide de votre statut et de votre rémunération. Interdire de cumuler deux rémunérations publiques et plus. Retraite statutaire modifiée pour tenir compte du temps effectif passé dans les fonctions administratives, hors détachement. Tout le monde est d’accord. « Cela tombe sous le sens ». Mais cela ne viendra pas dans les conclusions du Grand Débat. On parie ?

Tout le monde se quitte bons amis.

Tourner manège. Nous allons vers la zone action publique, les impôts et l’écologie faisant à nouveau le plein des présents. Nous sommes quatre. L’animatrice liste les « suggestions » faites lors de la session précédente.

Surprise encore. L’essentiel du débat a porté autour d’Internet et de la généralisation forcée des « process » basés sur l’emploi de cette technique. EDF, Orange et les différentes administrations (permis de conduire, carte d'identité, carte grise, passeport, subventions diverses). C’est intolérable. Cela ne marche pas. On perd un temps fou. Il y a des bugs et après on ne peut plus s’en sortir. Internet est dangereux avec des chantages et des vols de données. La couverture 4G est pleine de trous et on ne peut pas utiliser internet partout. L’administration se cache derrière Internet. Les procédures de rendez-vous sont une catastrophe. Et il n’y a pas eu une seule réduction d’effectif dans la fonction publique inamovible. On se fout de nous. Ras le bol de ce pseudo-modernisme. Et cela conduit à plus de dépense parce que les mairies doivent maintenant mettre en place des maisons citoyennes avec des aides et des machines. Et il faut y aller en voiture !

Comme il s’agit d’une petite ville de province la discussion a également inlassablement porté sur les modalités de regroupement des communes qui font perdre leur pouvoir aux maires des petites communes au profit des plus gros bourgs tout en multipliant les postes. Au lieu de consolider en les étendant les structures, il aurait mieux valu continuer avec des mises en commun des actions du genre Sirvom. Chaque besoin aurait fait l’objet d’un organisme communautaire ad hoc (ordures ménagères, transports scolaires, salle de spectacle, patinoire ou piscine, terrains de sport, entretien es jardins…) à chaque fois que des économies auraient été certaines. La complexité du système de subventions est mise en avant. Il y en a trop et personne ne comprend le qui, quand, comment. Peu de gens en bénéficient, « sauf les secrétaires de mairie qui savent tout ». L’étouffement administratif, caché sous la prétention moderniste d’internet, et l’arrosage électoraliste avec trop de mesures sélectives dont les modalités sont incompréhensibles, sont les deux mamelles de la dépense publique locale avec les oukases administratifs dont certains sont totalement ruineux pour les communes. Ce n’est pas en rendant impossible le dialogue direct avec l’administration qu’on rendra les choses plus faciles, ni en cumulant les structures, ni en multipliant les contraintes administratives.

Peu de participants mais beaucoup de bon sens.

Tourner manège. Nous voici dans la zone de discussion Impôts.

Un seul cri : trop c’est trop ! L’État nous ruine. La hausse des impôts a été terrifiante. Surtout pour les classes moyennes. Comme le revenu n’a pas beaucoup augmenté, cela fait mal. En fait il a baissé (le PIB par tête baisse depuis 2008). Non seulement la hausse des impôts, mais aussi les coûts directs et indirects des contraintes administratives, ruinent les plus modestes. Limitation de vitesse, c’est aussi plus d’amendes et plus de frais pour retrouver des points. Changer de voiture et de chaudières, réduire les pertes énergétiques de son appartement ou de sa masure, c’est extravagant car sans rapport avec le revenu disponible.

Du coup, il n’y a pas d’amateur pour plus d’impôts quel qu’en soit le genre. Personne ne demande le retour de l’ISF. Une hausse du Smic ? De combien la souhaitez-vous ? 5 % ! Alors travailler 38 heures et vous aurez votre augmentation. Personne n’a tellement envie de jouer au mécano fiscal. Une voix s’élève : il faut que tout élu, à chacun des étages politiques, proposant ou votant une gratuité soit mis en prison pour 5 ans et inéligible à vie. Car il n’y a pas de gratuité. Simplement du gâchis et de la répression. En fait tout le monde est d’accord que la gratuité est purement démagogique et coûte trop cher. Des suggestions fusent : il faut qu’en cas de remboursement de la sécurité sociale, soit marqué le niveau de la dépense prise en charge, surtout pour les hospitalisations. En fin d’année tout citoyen devrait savoir ce qu’il a payé et ce qu’il a reçu. Un bilan fiscal comme on a le bilan carbone…

Comme tout le monde est bon, on s’interroge sur la TVA zéro sur les biens de première nécessité. Mais voilà, comment la définit-on ? La voiture n’est-elle pas, pour les infirmières qui vont à l’hôpital à 40 km, un engin de première nécessité ? Taxer plus le luxe ? Oui mais nos artisans sont les champions du luxe. Alors non.

Une de fois de plus la majorité des présents fait l’erreur classique : la TVA est payée par le consommateur, les charges patronales par le patron. En fait toutes les deux entrent dans les prix aux consommateurs. L’avantage de la TVA, c’est que l’impôt n’est payé que dès qu’on est sûr d’une recette ; pas les charges patronales qui ne sont pas payées par les concurrents étrangers et qui le sont en France dès la fabrication. Une absurdité, en système ouvert.

Une voix raconte pourquoi il y a deux fois de plus de fonctionnaires en France qu’en Allemagne par citoyen. L’hécatombe de jeunes allemands a conduit à envoyer travailler en usine les survivants. Mais les millions de jeunes français enfermés dans les stalags ont perdu 5 ans et leur employabilité. On en a fait des fonctionnaires. Sourires gênés dans l’assistance. « Maintenant ils sont morts » Cela clôt le débat.

Un autre pousse à l’extension des dégrèvements sur les heures supplémentaires. Et si on dégrevait d’abord les premières heures plutôt que les heures supplémentaires. Pour disposer d’aides publiques il faudrait au minimum fournir ces heures défiscalisées et dégrevées de charges sociales. Là on aiderait l’emploi. Ahurissement silencieux sur toutes les chaises. L’animateur reste sans voix.

Le manège s’arrête. Il n’y aura pas de nouvelle rotation. Il faut regarder sur l’écran les suggestions en matière d’écologie. Que du classique ! On est « pour », mais commençons par les vrais pollueurs (avions, bateaux) et mettons des taxes sur ce qui vient de très loin. Les hypertaxes au prétexte d’écologie, cela suffit. Peu d’accord sur les éoliennes qui devraient être écartées loin sur la mer pour qu’on ne les voit pas. Et encore uniquement si c’est rentable. Si on diminuait les importations chinoises, on réduirait la pollution. Un capitaine de la marine marchande en retraite précise que les efforts faits dans le domaine maritime payent et qu’au KG, le transport maritime ne pollue pratiquement pas, contrairement à l’avion. Le vélo, tout le monde commence à en avoir ras le bol, comme les impôts. Suffit les Cyclofascistes ! Les voies cyclistes protégées sont pour les touristes, un mois par an et coûtent cher aux locaux sans rien leur rapporter. Il faudrait des péages. Bref, l’écologie oui, mais changer radicalement et à grands frais de mode de vie, non !

Fin du Grand débat local. Au troisième tour il ne restait plus qu’une vingtaine de personnes.

Qu’en retenir ?

Convivialité, gentillesse de fond et bonne volonté. Mais « ils ont été trop loin » avec les impôts et les contraintes, contre les seniors et contre les maires. Ce qui reste pour vivre est trop faible au bas de l’échelle. Pour le reste l’ignorance des chiffres qui éclairent les grands enjeux est abyssale. Quand on signale que la dépense publique est égale à la valeur ajoutée des entreprises, c’est l’ahurissement. On ne veut pas entendre parler de la hausse de l’âge de départ à la retraite ni des trente-cinq heures. « Après tout ici cela ne va trop mal ! »

Tout le monde a constaté l’absence de gilets jaunes ou de jeunes voire de travailleurs-travailleuses. Pas un immigré. Mais ici il n’y en a pas. À part quelques Normands…

« Tout ce blabla cela ne sert à rien », entend-on, alors que tout le monde rejoint sa voiture. On veut plus de croissance, moins d’emmerdements administratifs, des services publics qui marchent et des impôts qui baissent. Ce sont les élites qui doivent être efficaces et obtenir des résultats, pas nous qui n’avons rien entre les mains pour savoir, comprendre et décider. La Crise, ce n’est pas nous.

Que remontera-t-il de ce débat qui pourrait être pris en compte dans une compilation ? Rien. Rien, en tout cas, qu’on ne savait déjà. Il n’y aura pas que l’intelligence qui sera artificielle dans le dépouillement des cahiers de doléances. « L’arbre de la connaissance [qui ressortira du dépouillement] veut saisir toute la subtilité de la pensée des Français » dit la société chargée du travail. Ceux qui ont lu Escarpit se souviendront du Litteratron, cette machine à analyser les pensées des électeurs et qui avaient accouché de phrases types sympathiques : « Plus cela change plus c’est la même chose. Si on fraudait moins il n’y aurait pas de déficit. C’est toujours les mêmes qui paient. Etc. »

Comme le dit Le Goff, « la politique n’est pas seulement affaire de bonnes intentions et de débat perpétuel ». « La crise ne provient pas du manque de débats mais de l’impuissance des politiques ». Le risque est la dissolution de ce qui reste dans une « démocratie de l’informe ».

Difficile, en sortant de ce genre de réunion, de lui donner tort.

Gilets Jaunes Supplique N°2

« C’est vrai. Mai 1968 a transformé la France en pays de Cons. Mitterrand a transformé les Français en assistés agressifs. Chirac a éteint et culpabilisé la nation.  Macron, tu as considéré que les cons, les assistés, les repentants étaient devenus à ce point jobards, qu’on pouvait les prendre pour ce qu’ils étaient.   Et nous, les gilets jaunes, nous sommes allés sur les ronds-points pour te dire : nous sommes les cons, les assistés, les agressifs, les repentants.  Regardes-nous bien !  Et écoutes :

« C’est vrai, la nation ne nous doit pas grand-chose. Dans le gilet jaune, seules les bandes blanches réfléchissent. C’est vrai, nous ne sommes arrivés à rien en partant de pas grand-chose.  C’est vrai que le troupeau de femmes esseulées sans argent et avec tant d’obligations qui peuplent nos abris de fortune, le sont parce qu’elles ont voulu être des hommes comme les autres  et acquérir le droit de ne plus être protégées par la famille. Elles l’ont obtenu. Beaucoup d’entre nous sont des enfants de divorcés qui sont sortis de l’enfance comme ils  ont  pu. Presque tous, on a un peu trop bu, un peu trop fumé, un peu trop fait n’importe quoi. Nos retraites ont été amputées par le chômage car nous avons cru qu’en ruinant les patrons ce serait épatant. Nous ne devons qu’à nous-mêmes d’être ce que nous sommes devenus, car nous avons voté pour être juste cela. Des assistés et des pensionnés, vivant sur la jante du fait de nos propres inconséquences et de nos mauvaises passions.  Bien sûr qu’en cessant de faire des enfants nous avons dépeuplé les campagnes qui ne peuvent plus garder ni poste, ni école, ni hôpital. Que de fautes n’avons –nous pas accumulées !

« Mais tu ne dois ta fortune politique qu’à nous.  Donc tu es le roi des cons, des assistés, des culpabilisés  et des jobards. Donc tu n’es rien.  Comme nous. Mais nous, on a un pouvoir que tu n’as pas. Celui de te renvoyer à ta banque, avec ta vioque, tes taxes, tes discours chiants, tes marcheurs débiles, tes énarques abusifs, tes contraintes perverses dans tous les domaines, tes fausses réformes microbiques et kilométriques. Tu nous as fait tourner en bourrique. Mais comme disait Audiard, si les cons volaient, toi aussi  tu n’arrêterais pas de tourner. Nous on tourne autour des ronds-points. Tout le monde a mal tourné. Et la France, qui, pour toi, est un vague reliquat sans culture, comme nous, et coupable de tout, comme nous, peut très mal tourner.

« Car il nous reste une chose que tu essaies de nous voler. Nos dernières libertés. Nos derniers plaisirs. Notre dernier sentiment de dignité. Cons nous le sommes. Assistés nous le sommes aussi. Notre sentiment national nous a été volé.  Mais indépendants et déterminés à sauver ce qui nous reste, nous le sommes et ce dernier pré carré sera défendu sans faiblesse. Il vous appartenait, à vous, les élites que le monde entier nous envie, de nous empêcher de sombrer, de résister à nos sottises, de contrarier nos faiblesses et de nous conserver notre surmoi national.

« Aujourd’hui , il vous appartient de nous faire rentrer à la niche à coup de lattes dans le train.

« Mais vous ne le ferez pas sans parler de la France, sans affirmer ses exigences, sans cesser de nous faire croire que le rattrapage économique des ex pays communistes doit se faire sur notre dos,  sans crier Europe, Europe, Europe comme un cabri,  alors que nous vivons depuis bientôt 30 ans dans une ambiance dépressionnaire pour en assurer la naissance puis la survie, sans cesser de glorifier une union franco allemande  quand ce dernier pays aspire toutes nos réserves d’épargne et nous pousse à un endettement constamment aggravé, qui enfle constamment et que nous devons réduire éternellement, comme Sisyphe. Nous souffrons, alors qu’on voit la générosité française s’exercer pour des gens qui ne sont même pas français et qui parfois trouvent normal de tuer des Français.

« Vous ne le ferez pas  si vous laissez des hauts fonctionnaires en folie, sous la pression de mille lobbies plus ou moins bien intentionnés, exiger de nous toujours plus de soumission à des règles illisibles et impraticables et à des mœurs répugnantes.  Vous ne le ferez pas en nous imposant des sanctions dont l’ampleur devient disproportionnée avec le but à atteindre, à nous emmerder de mille façons  avec toujours à la clef des amendes ou des coûts terrifiants par leur répétition. 

« Vous nous dites : la crise ce n’est pas moi. Et depuis 2008 nous voyons le revenu par tête baisser en France. Quel est votre diagnostic ? Quels sont vos remèdes ? Jamais vous ne nous parlez des vraies causes, des vrais drames. Si la crise revient, pleurerez- vous encore sur notre triste sort et sur les vilains étrangers ? Vous nous dites : on va réduire notre système social, ou ce qu’il en reste, pour nous conformer  aux nouveaux temps. Et quand arrive une crise liée aux nouveaux temps vous nous dites : « c’est pas moi, c’est eux. Encore un effort d’adaptation». 

« Aussi sots et limités que nous soyons, nous exigeons que vous ayez une idée sur les causes des grandes crises qui écharpent le pays et que vous ayez une diplomatie en conséquence. Si l’Europe est mal foutue dites ce qui ne va pas et ce que vous savez faire, seul ou à plusieurs. Si l’Europe ne fonctionne pas, et ne veut pas se réformer, sortez-en ! Le Pnyx, on s’en fout ! Si les systèmes d’échanges internationaux fonctionnent dans l’intérêt des autres et produisent des crises qui nous démolissent, faites changer les règles et battez-vous !

« Ce n’est pas en interdisant nos voitures, en réduisant notre vitesse sur route, en nous accablant d’amendes automatiques et contraires aux droits des gens, en mettant nos chaudières à la benne, en nous imposant de changer de fenêtres, en aggravant les taxes sur l’essence indéfiniment et en nous ruinant à petit feu tout en gâchant nos vies que vous éliminerez les causes de la crise de 2008, empêcherez les énormes excédents chinois et allemands et japonais, coréens et rétablirez la compétitivité du pays. 

« Alors cessez de faire le guignol et élevez-vous à la hauteur de vos fonctions qui ne sont ni du théâtre, ni de la com’, ni un moulin à faux semblants, ni un jardin d’enfants pour Enarques en mal de rôle, d’influence, d’honneur et d’argent.

« Sinon partez !

« Sinon nous vous ferons partir.

« A coups de lattes dans le train.

La faute première d’Emmanuel Macron

Pour ceux qui, comme nous, cherchent à alerter sur les effets délétères de certains dysfonctionnements globaux de l’organisation économique et sur les travers de la mal gouvernance, il n’y a aucune joie à constater que « ce qui doit arriver arrive ». Au contraire, il est parfaitement évident que les récessions les plus graves provoquent des troubles durables et activent des mouvements réactionnaires ou réactionnels comme on voudra qui mettent en cause les institutions politiques.

Nous avons écrit il y a bien longtemps que les « printemps arabes » étaient fils de la crise. Les réactions électoralistes partout dans le monde vers ce qu’on appelle « le populisme », et le durcissement des régimes peu démocratiques pour y faire face, sont des formes du même phénomène.

Si tous ces mouvements « facilitent le diagnostic », ils « compliquent la solution ». Dans le gilet jaune seules les bandes blanches réfléchissent. Aucune solution réellement positive ne peut sortir des petites têtes et des gros bras qu’on exhibe à la télévision au milieu des excités politiques d’extrême gauche et d’extrême droite, et à qui on cherche à faire éructer un programme et qui n’ont rien d’autre à dire que « crachons sur les riches » et « écoutez-nous ou on casse tout ».

Les émeutiers, c’est une longue tradition, n’entendent rien, ne comprennent rien et ne savent causer que des dégâts. La révolution française, ce sont des massacres et des génocides où on tuait des gens pour ce qu’ils étaient et non pas pour ce qu’ils avaient fait. On est passé directement de Robespierre à Bonaparte. La Commune, c’est une ignominie qui s’est terminée dans le sang. Le Front populaire s’est terminé par l’Occupation et la collaboration où se sont retrouvés pratiquement tous les excités du socialisme violent. Mai 1968 a débouché sur un déclin irrattrapable du pays qui n’a plus compté dans le monde depuis. Le mitterrandisme s’est terminé dans le fiscalisme délétère, le chômage de masse permanent, et l’abandon de la souveraineté française dissoute dans une union Européenne qui se montre assez peu décidée à payer les frasques politiciennes françaises.

Seulement voilà :

-          Si les instances internationales spécialisées, comme le FMI et l’OCDE, refusent d’alerter sur les dysfonctionnements manifestes du système global, si un pays, les États-Unis, refuse d’écouter par passion pour son intérêt national propre, si personne ne veut voir ni expliquer que la croissance baisse régulièrement depuis 1971 et que les crises s’aggravent chaque fois plus, alors cela finit par la crise de 2008, totalement prévisible malgré les dénégations de ceux qui se sont bouché les yeux et les oreilles pour faire carrière ou parce qu’ils sont des économistes politiciens.

-          Si l’Europe se construit sous forme d’un monstre administratif où le pouvoir est abstrait, piloté par des inconnus apatrides non élus, autour d’une monnaie unique dont personne, au pouvoir, n’a voulu voir les défauts majeurs et dont personne ne peut plus prévoir un avenir radieux, avec comme mode de fonctionnement la menace de la BCE sur les comptes bancaires des particuliers et des entreprises, tout en ouvrant les frontières à tout va,

Alors aucune « solution » n’est possible.

L’Union Européenne s’est vue comme un bouclier contre la crise et a dû subir une crise financière spécifique en lieu et place qui a aggravé la crise initiale. Les Élections Européennes n’ont jamais eu le moindre sens, puisqu’il n’y a ni programme ni responsabilité à la clé. C’est la Commission non élue qui choisit le programme d’action qui sera proposée (elle seule a le droit d’initiative). Personne ne sait à l’avance ce qu’il sera. Les parlementaires avalisent massivement parce qu’ils ont été candidats pour la plupart parce qu’ils étaient « proeuropéens » et que les majorités dans cette assemblée n’ont aucune armature. Les autres institutions n’ont pour but que d’imposer un gouvernement des juges qui empêchent les initiatives nationales qui vont contre l’idéologie globale de liberté absolue des mouvements de personnes, de capitaux et de marchandises, à l’intérieur comme vis-à-vis de l’extérieur.

On voit bien que les prochaines élections européennes n’auront aucun sens pour quiconque en France. Le projet macronien qui est de se présenter comme le parangon de la vertu européenne contre les vilains, s’est effiloché sur les ronds-points et dans les diatribes avec l’Italie et quelques autres ! Comment dit-on « french bashing » en italien ? On n’a jamais vu cela depuis l’avant-guerre de 1940. Les salves de Salvini sont reprises et amplifiées par tous les journaux du pays.

L’énarchie qui règne en France, baignée dans un reliquat de vomissements soixante-huitard (qu’on pense au « Mur des cons » que la justice fait semblant de juger ces jours-ci), et incapable de revenir sur les formes diverses du gâchis mitterrandien, repris et amplifié par Jospin et Hollande, a fait de la France « l’homme malade de l’Europe ». De Giscard-Chirac à Macron-Philippe, l’énarchie s’est complu dans l’augmentation de la dépense publique. Elle s’enorgueillit d’avoir fait de la France le champion du monde des prélèvements, tout en effondrant les services publics. La France est devenue une forme de repoussoir à l’étranger. L’incapacité du pouvoir français à faire respecter la loi fait craindre le pire en Europe. La crédibilité du pays est devenue à peu près nulle.

Les Énarques ont cru qu’ils pourraient garder le pouvoir en appuyant la geste macronienne. Dès la parution du livre Révolution, il était certain que l’aventure finirait mal.

Certains avaient des doutes dès le départ sur Emmanuel Macron, pour des raisons tenant plus de l’analyse psychologique que de l’étude du programme. Ce beau gosse, marié à sa prof deux fois plus âgée que lui, à l’époque, et suspecté d’homosexualité, leur faisait anticiper le pire.

Pour ceux qui résistaient à l’emprise d’un psychologisme que la singularité du cas pouvait en effet enflammer, certains signes étaient encourageants : il piétinait les icônes socialistes, n’hésitait pas à avoir un diagnostic ferme sur certaines des tares nationales et proposait un style direct qui ne manquait pas de panache. Il n’était fermé sur rien, contrairement à la plupart des socialistes du gouvernement et paraissait devoir un tant soit peu accélérer les mises à jour nécessaires.

Le livre programme de Macron, Révolution, sera un choc. Malgré le chic guévariste du titre, c’était déjà du pur « storytelling ». C’est un livre attrape-tout marqué par l’électoralisme et un affichage diffus de mesures contradictoires, où on affirme un « en même temps » qui deviendra célèbre, mais qui masque plus qu’il ne révèle. « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! » On connaissait. Nous avons cessé, le jour même de cette lecture, d’espérer du macronisme.

Nous venions d’écrire sur ce blog, alors que la campagne présidentielle allait commencer : « on ne peut que regretter l'inertie mise à sortir de la crise économique provoquée par des institutions internationales et européennes dysfonctionnelles. Il faut se méfier de la colère du peuple d'abord et avant tout parce qu'elle donne du grain à moudre aux activistes des "avant-gardes" menant des combats d'arrière-garde, en pariant sur le pourrissement judiciaire, culturel, national, politique, économique et social du pays ».

Le 19 novembre 2016 nous écrivions un article encore plus explicite : « attention à la colère des peuples ». Il y était écrit : « Depuis huit ans déjà nous supplions les grands dirigeants occidentaux de faire" attention à la colère des peuples". Le "bénign neglect" n'est pas seulement dans l'attitude américaine vis-à-vis du dollar. Il l'est aussi dans l'attitude des "élites gouvernementales" et leur support dans les médias vis-à-vis des classes populaires et des nouveaux entrants sur le marché du travail, pas seulement en Occident. Le retard colossal de niveau de vie accumulé par les pays ex-socialistes a créé une telle différence de coût avec l'Occident capitaliste et libéral, qu'il était tentant de l'exploiter. Mais cela ne pouvait pas se faire au détriment des masses dans les pays industrialisés. Il fallait que le rattrapage nécessaire se fasse par imitation, non par substitution. »

Un peu plus tard nous mettions en garde contre la réaction énarchienne menée par l’équipe de hauts fonctionnaires entourant E. Macron : « La novation tout à fait extraordinaire que révèle l'affaire Fillon, est la cristallisation de l'inquiétude de l'Énarchie devant la défiance populaire et sa volonté de maintenir son pouvoir coûte que coûte au mépris de tout respect démocratique. L'Énarchie montre, soudain et explicitement, un caractère factieux. »

Avant le vote nous reprochions amèrement au candidat Macron deux mesures folles :

« L’idée d’Emmanuel Macron d’exonérer 80 % de la population de la taxe d’habitation est de l’achat de vote pur et simple. Affirmer que seul 20 % de la population doit la payer est indigne. Créer une république censitaire à l’envers est la certitude d’aller vers le chaos ».

« La suggestion, par le même Macron, que la hausse des rémunérations des salariés ne sera pas obtenue par un progrès de la production mais par la taxation des retraités est également de l’achat de vote. La spoliation fiscale ciblée n’a pas pour but de concourir aux charges de la nation mais de donner de l’argent à des masses électorales ».

 

Cela ne pouvait que tourner mal. D’abord parce qu’il y avait des victimes expiatoires et qu’on leur cachait l’énormité de la hausse. Ensuite parce qu’on suggérait qu’on pouvait enrichir une catégorie de la population en lui transférant le revenu d’une autre. « Y a ka prendre à Pierre pour habiller Paul ».

Après la nomination d’E. Philippe, nous confirmions :

« Puisqu’on entre dans le concret de la nouvelle gestion publique, il devient néanmoins nécessaire de revenir sur la malfaisance et la mauvaise inspiration de certaines mesures. Il ne s’agit pas de combat électoral mais de simples réflexions économiques et « citoyenne » comme on dit aujourd’hui. Parmi les mesures honteusement démagogiques développées pendant cette campagne, deux ont été portées par le nouveau Président énarque et son Premier Ministre énarque vient d’indiquer qu’il allait les mettre en œuvre bien qu’il les ait combattues lorsqu’il n’était pas en marche vers une jolie promotion. La première est une vraie honte : pour avoir une sucette à proposer aux salariés, donc aux personnes en emploi, une forme de privilégiés en ces temps de chômage de masse, la démagogie électorale sans scrupule a conduit à proposer de transférer les cotisations salariales maladie et chômage sur… les retraités. La seconde mesure électoraliste honteuse est l'exonération de taxe d’habitation pour 80 % des assujettis. Il s’agit du même registre électoraliste : il faut donner du cash aux classes nombreuses pour répondre à la question clé de l’électeur consumériste : « que ferez-vous pour mon pouvoir d'achat » ? Que la majorité des Français ne paient en apparence aucun impôt direct, voilà l’idée ! On récupère tout sur la CSG et la TVA, impôts invisibles. Tel est le rêve des Inspecteurs du Trésor depuis des lustres. On taxe à mort les riches, qui ne peuvent pas fuir, en épargnant les très-très riches, plus mobiles, et on libère, en apparence, « les masses » de tout effort fiscal. »

Le 7 juin : « L’affaire de l’exonération de charges sociales salariales et de l’exonération de l’impôt local n’a aucun intérêt national et n’aura que des effets négatifs à court, moyen et long terme. »

La révolte sera armée psychologiquement lorsqu’il s’agira de désindexer les retraites, avec cumul avec hausse de la CSG, alors que Edouard Philippe avait, dès son arrivée, essayé de renvoyer en fin de quinquennat l’exonération de taxe d’habitation. Finalement elle sera phasée sur l’ensemble du quinquennat.

La révolte sera chauffée dans les provinces par la disparition programmée de la taxe d’habitation qui a entraîné une fronde des maires et « du terrain ». Le tout aggravé par Edouard Philippe qui a cru bon, par décret divin jamais discuté, de diminuer la vitesse à 80 km/h, gênant des millions de provinciaux parfaitement conscients que cela ferait s’envoler les amendes automatiques. Qui en effet explosèrent.

La mise en œuvre d’une fiscalité prohibitive sur le carburant avec annonce de l’interdiction de certains modèles de voitures ou de chaudières,  et la promesse que cela allait encore augmenter massivement pendant des années, ont déclenché la révolte.

La gestion de la première année du couple Macron Philippe, aura été un record absolu d’augmentation d’impôts, aucune économie, des contraintes administratives multipliées, 45 000 fonctionnaires en plus, et une dépense supplémentaire annoncée chaque jour.

La baisse du pouvoir d’achat pour tous, c’est maintenant ! Alors que la baisse de l’ISF et de la fiscalité sur l’épargne c’était aussi tout de suite.

Merci pour l’émeute !

Les solutions mises en avant pour calmer les émeutiers sont du pur jus énarchique : des exonérations de charges ou d’impôts ciblés, avec des versements cash. Mais in fine qui paiera ?

Les récupérateurs d’extrême gauche ont vite trouvé le slogan : ISF !

Puisqu’on peut augmenter le niveau de vie des uns en prenant aux autres, allons-y !

Tout le « storytelling » de Macron se retourne contre lui. Obligé de reconnaître que son système ne tient pas et s’en excusant platement, il donne raison à tous ceux qui, comme nous, pensaient qu’il était délétère et dangereux. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, son approche en trompe-l’œil (et trompe couillons) s’effondre.

La difficulté est maintenant d’en finir avec les Gilets Jaunes, les émeutiers, les pillards, alors qu’en plus le terrorisme s’exerce.

Le vice de l’élection présidentielle tous les 5 ans c’est de pousser au clientélisme électoral répétitif. Il faut avoir une réponse sur le pouvoir d’achat indépendamment des résultats de la production effective. La tentation du cadeau au peuple est très grande chauffée par les médias où on met le candidat devant un panel de Français qui disent : regarder comme je suis malheureux, qu’allez-vous faire pour moi ?

Cela se termine par plus de dépenses publiques, plus d’impôts, et une grogne fiscale générale.

La Saga Macron dans sa variante électorale initiale est terminée. Il lui faudra sans doute sacrifier Edouard Philippe qui a beaucoup fait pour casser le « storytelling » de son chef par une attitude juppéiste d’étatisme mécanique et sans pitié absolument consternant. Il a été choisi comme fusible pour reporter sur la droite les tourments prévisibles du pouvoir. Abandonné par des poids « lourds (?) » de son gouvernement et sans réserve de personnalités politiques de poids, le Président n’a personne sous la main pour le remplacer, même si Bayrou pense le contraire, lui qui se voit en sauveur du sauveur.

Il faudra bien que le cliquet politique s’enclenche pour éviter que la rue reste à l’émeute. Un couple d’Énarques, dont l’un des membres virevolte et satisfait son goût du théâtre, et l’autre décline, à tous les temps, un programme purement étatique étalé dans toutes les directions, cela n’a pas marché et ne marchera pas.

Admettons tout de même que tout cela était révisible et presque automatique. Donc évitable.

Qu’on ne parle pas de surprise, même si le moment et la forme étaient imprévisibles.

Ce qui doit arriver arrive

Retour sur l'article "Plus cela change, plus c'est la même chose"

Alors que la France s'enfonce dans la révolte, il est intéressant de republier ce que nous écrivions il y a exactement un an. L'article : "plus cela change plus c'est la même chose" a été lu plus de 4.100 fois. Difficile de ne pas relier le diagnostic qu'il faisait de la réalité d'aujourd'hui.

- Il montrait que la pauverté s'étendait et que la hausse de la fiscalité et l'extension des mesures coercitives prises à la volée par les hauts fonctionnaires qui ont capté le poouvoir politique créait une situation inacceptable.

- Il insistait sur la question de la voiture et du logement, à la quelle les classes populaires et moyennes étaient attachées  étaient matraquées.

- Il dénonçait l'hystérie médiatique irresponsable qui avait été manifeste avec l'affaire Fillon et que l'on a retrouvé avec l'affaire Benalla puis la couverture inflammatoire des exactions depuis le début de l'affaire des Gilets Jaunes.

- Il notait que la vindicte contre "les riches" était la seule réponse aux interrogations qui remontaient du terrain.

- Il regrettait que les élections étaient vidées de tout sens.

Le train bureaucratique a continué sa route : 80khm/h, contraintes partout, privations de liberté caractérisée, hausse record des prélèvements, nouvelles privations de revenu pour les retraités, bavardages, échecs diploimatiques, la diplomatie étant réduite à un bavardage...

Ce qu'on pouvait craindre est arrivée, selon des modalités et à une date imprévue. La révolte des Gilets Jaunes, comme Trump, "facilite le diagnostic et complique la solution". Faire rentrer le dentifrice dans le tube n'est jamais facile. Croire qu'on va s'en sortir en hystérisant la révolte contrfe les riches est ridicule.  Evidemment, les révoltés n'ont pas de solutions, ni diagnostic de la situation. "Des sous Manu et qu'on arrête de nous emmerder". Tous les socialistes révolutionnaires sont à la manoeuvre pour exploiter "la révolte du peuple". Nos Lénine de sous- préfecture se voiuent aux portes du pouvoir. Ils n'(ont qu'un seul pouvoir : aggraver la situation.

Hélàs, comme disait maurice Allais, que personne n'a voulu entendre, "ce qui doit arriver arrive". La France, elle, sombre. Suicide d'un nation dominée par une classe énarchique  qui n'a rien vouolu entendre et qui a mis par terre sa prospérité, son identité, son rayonnement  et ses institutions démocratiques. Qu'on ne dise pas qu'on ne savait pas.

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes E-toile

 

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PLUS CELA CHANGE, PLUS C'EST LA MEME CHOSE !

A un moment où une sorte d’extase s’empare des médias français, il est intéressant de se poser quelques questions sur l’état réel du pays.

On connaît le livre de Robert Escarpit, le Littératron,  Flammarion, 1964, chef d’œuvre méconnu de la littérature politique dont l’actualité ne saurait être trop soulignée.

Un ordinateur est gorgé des phrases que les Français adorent entendre. On choisit un individu à peu près débile et on le présente à une élection. Il se contente de débiter les phrases creuses recombinées par l’ordinateur. Il est élu haut la main.

Toute ressemblance avec la campagne d’Emmanuel Macron et le vote massif pour les inconnus de LREM ne saurait être qu'accidentelle.

L’ère des bons sentiments intéressés, la bienveillance obligatoire, le politiquement correct, le ressassement médiatique des mêmes slogans jusqu’à l’indigestion par des journalistes-perroquets, le resserrement de la richesse autour des obligés du pouvoir, la confiscation du dit-pouvoir par la noblesse étatique, ont pris une extension telle qu’il est presqu’interdit aujourd’hui de ne pas chanter les louanges du jeune Dieu qu’un destin heureux a mis à la tête de la France en le nimbant d’une vertu essentielle, la Baraka. En deux coups de serre cuillère et en un coup de Trump, il a restauré l’image de la France, enchanté l’Europe, réglé la question du Liban et recréé une dynamique économique basée sur l’optimisme et la confiance, en dépit des croassements des Insoumis déprimés par l’effondrement des mobilisations syndicales abusives et de quelques retraités grognons échaudés par la hausse massive de la CSG.  

Quelle est réalité de la situation, telle qu’on peut la voir quand on s’affranchit de considérations politiques, des transports psychologiques et des manipulations médiatiques ?

Elle est d’abord dans le ralliement presque total au « macronisme » de toute la communauté politique fermée des hauts fonctionnaires. Celui d’Alain Juppé, après celui de son protégé, Philippe, clôt la série. Symétriquement, la diabolisation de l’Enarque Wauquier, qui a le mauvais goût de ne pas se rallier, va bon train. La France vit l’acmé de l’Enarchie Compassionnelle.

Cela veut dire des impôts. En masse. 26% d’augmentation de la CSG, ce n’est pas un grignotement. Mais un coup de massue. Une hausse minimisée comme d’habitude en ne parlant que de la hausse des taux sans parler des montants globaux concernés. Regarder ma main droite : 1.7%. Ne regarder pas ma main gauche, encore des dizaines de milliards de prélèvements de plus.  Et dans les municipalités, privées des recettes de la taxe d’habitation du plus grand nombre ? Hausse de 2% dans beaucoup d’entre elles « pour compenser ». 2% ? Non, bien sûr ! Cela c’est l’augmentation du taux. Mais quel est le taux qui s'accroît ainsi : ah il était à 14% ? 2/14 = 14,28% d’augmentation. Pour ceux qui conserveront l’impôt. Merci pour eux. Pas un mot de protestation. Les retraités concernés n’ont droit qu’au silence. Ils ne sont pas représentés. « Ce sont des privilégiés qui se sont gavés tout en tuant la planète et en endettant leur progéniture», énoncera doctement sur les antennes une jeune sotte de LREM particulièrement inspirée.  Qu’ils ne se plaignent pas !

Cela veut dire du chômage. En masse. L’Insee a donné les chiffres. Ils sont malheureusement sans complaisance. Depuis l’élection de Mitterrand, la France a perdu 2.8 millions d’emplois dans le secteur marchand, principalement dans l’industrie. Et a recruté 2.7 millions de fonctionnaires sans productivité. Les hauts fonctionnaires qui dirigent la France ont fait face aux crises internationales et aux mesures prises par les socialistes élus par réaction à ces crises, les deux tares majeures de l’époque pour la France, en recrutant des fonctionnaires et en taxant. Dans la pratique les faits sont plus graves que cela. Compte tenu de l’augmentation de la population, le manque à gagner en termes d’emplois privés se situe quelque part entre 5 et 10 millions. Comment s’étonner que nous ayons 7 millions de pauvres et 5 millions de chômeurs ? Les chiffres publiés sur le chômage du troisième trimestre montrent …une augmentation. Quant aux prélèvements, ils atteindront un record en 2017 et égaleront le niveau de la valeur ajoutée du secteur marchand non financier. 100% de prélèvements ! Et ne parlons pas de la dette qui a encore augmenté massivement.

Pour faire passer la pilule on recourt aux mêmes astuces qu’en 2012 : l’injure et la mise en accusations des « riches ». Pas un instant de répit sur tous les médias. Il faut détacher l’infâme étiquette que la gauche tente de coller sur le dos du Président-gourou : Président des riches ! Vous vous rendez compte !  Macron fait du Hollande sans vergogne.  Mais sans injurier nominalement tel ou tel. Sacré progrès ! Alors qu’une des causes du Brexit est l’indignation du gouvernement anglais devant la prétention des instances judiciaires européennes de l’empêcher de supprimer les droits civiques aux condamnés aux plus lourdes peines, on voit des députés LREM, sortis tout droit du Littératron, variante 2017, proposer de supprimer les droits civiques des fraudeurs fiscaux.  C’est qu’il ne s’agit pas de voleurs de pommes, M’sieurs-dames, mais des plus grands délinquants de l’époque.  Qu’on se le dise et qu’on lise les Panama’s papers !  

De tous les bords, lors de la campagne, les candidats, tous les candidats,  y compris Emmanuel Macron, ont répété qu’ils avaient compris que les Français étaient accablés de normes, de règles, d’obligations ruineuses ou étouffantes. A peine élus, le discours change. L’isolation des appartements ne sera plus seulement encouragée mais imposée, car « les propriétaires n’ont pas à faire subir des frais de chauffage exorbitants aux locataires », comme l’affirme sur tous les antennes une ancienne socialiste ralliée à LREM et bien décidée à améliorer l’image sociale du chef.  Satané propriétaire, « tu vas voir ta gueule à la récrée ». Quant à la bagnole, ce symbole infect du beauf petit bourgeois, nécessairement petit bourgeois, acharné à défendre son surmoi mécanique, fini le diesel. « N’espère pas revendre la voiture que tu as mis tant de temps à t’acheter ».  Retour au prolback à vélo, gapette et pinces de pantalon incluses, pendant que les bobos qui le peuvent rouleront en voiture électrique coûteuse. « Les jeunes ne sont pas attachés à la propriété mais à l’usage ». Fini l’esprit de propriété bourgeoise. On va pouvoir fêter dignement les 50 ans de mai 68 ! Mais quelqu’un possède bien ce dont on fait usage et il n’entend pas y perdre…

Le nouveau mal français, aux Editions de l’observatoire, par Sophie Coignard et  Romain Gubert, fait le même constat.  Entre les observations de Peyrefitte d’il y a près de 50 ans, et la réalité d’aujourd’hui, il n’y a eu ni prise de conscience ni changement. Les exemples s’accumulent chapitre après chapitres.  Des livres déprimants de ce type, les divers éditeurs en ont produit des milliers depuis Giscard. Pour rien. Ils ne servent à rien. Les élus, une fois en place, veulent avoir la paix avec leurs subordonnés. Alors ils lâchent tout et n’importe quoi. Ne pas compromettre la réélection ! Incapables d’agir sur quoi que ce soit, ils multiplient les petits avantages.  Le Point de cette semaine faisait le recensement des avantages grotesques accordés par des municipalités à leurs salariés. On y travaille peu et pas souvent, tout en bénéficiant de mille petits avantages et de quelques gros privilèges.

La seule solution envisageable, pour un politicien français, c’est d’arracher aux propriétaires et aux riches les conditions de sa réélection. Vive l’impôt ! Si on essaie de revenir à la normale : on prend aux pauvres. Il faut dire qu’ils n’ont jamais été aussi nombreux. Pour le reste, rien ne compte. Plus rien ne marche en France. Tout le secteur public est à peu près effondré. Le j’menfoutisme est partout. Pas moyen d’espérer qu’un transport public fonctionne correctement. La banque est devenue un champ de ruines, pourri de formulaires et d’exactions contre le déposant.  Plus personne ne parvient à faire travailler correctement des salariés de plus en plus souvent étrangers, mal formés, sans éducation et rétifs. Les ascensoristes ne gèrent plus que des incidents. Les garagistes ne savent plus réparer les voitures. Les sociétés informatiques sont noyées sous les bogues. On vole et on agresse partout, généralement sans aucune sanction.  Les rues sont immondes. La compétence part à l’étranger. Une « décivilisation » s’est mise en place.

Et inlassablement le même cri retentit : « salauds de riches ; salauds de propriétaires ; vive l’impôt ; il faut savoir la société que l’on veut et nous voulons une antisociété ». La séquence budgétaire en France de septembre à décembre, est le moment à la fois le pire, tant l’espace médiatique est polluée par la propagande fiscaliste,  et le plus révélateur de ce que ce pays est devenu : un vagissement indigne, sur fond de déréliction économique désormais probablement irrattrapable. 

L’Enarchie Compassionnelle a ruiné le pays. Le triomphe de la manœuvre Macron lui permet de survivre en s’exaltant : jamais le pays n’est à ce point entre les mains des hauts fonctionnaires. Jamais la désinformation du grand public n’a été plus totale. Jamais la paralysie n’a été plus grande. Jamais les vrais problèmes n’ont été moins évoqués. Sous le joug des Enarques, la France « dénonce ses porcs » et accueille, les bras ouverts et la bouche close  les centaines de djihadistes de retour d’exactions et de crimes abjects en Syrie et en Irak.  Des victimes, parait-il ! Qui elles aussi dénoncent le porc.

L’Europe, à la suite du monde, connait une petite reprise. La France est incapable d’en profiter. Impossible de recruter malgré les millions de chômeurs. Impossible d’exporter. Et cela justifie de ne rien réformer sérieusement.  Alors les déficits se creuseront, alors que mécaniquement ils sont censés se réduire.

Pour finir, nous publions ci-dessous une photo qui résume parfaitement l’état de la France. Elle a été prise au musée Pompidou, dans le local des toilettes hommes. On y voit trois portes.  La première porte est celle qui donne accès aux toilettes des fonctionnaires, car en France, les fonctionnaires ont le droit à des toilettes spéciales, comme pour  les régimes de retraite.  Pas question de se mélanger, culotte baissée,  avec le vulgaire. Pas question d’attendre. La seconde porte concerne les handicapés. La compassion par les toilettes, il n’y a que cela de vrai. La troisième est destinée au vulgum (lotus) pecus. Mais les toilettes ne fonctionnent pas. Et cela fait plusieurs semaines que cela dure.  Et tout le monde s’en fout.

A quelle heure le musée Pompidou ouvre-t-il ses portes un samedi lors d’un grand Week-End où Paris est plein d’étrangers ?  A 11 heures. On suppose que l’on est en train de négocier 14 heures, avec une fermeture à 16 heures…

Rien ne presse. Si on ose dire. De toute façon, les musées se mettent en grève lors des périodes de pointes touristiques. Alors …

Ainsi va l’Enarchie Compassionnelle triomphante en France et ainsi meurt un grand pays.

Le « macronisme » sera-t-il une nouvelle perte de temps ?  L’automne 2017 en France ressemble un peu trop à l’automne 2012 pour qu’on ne s’inquiéte pas.  

« Plus cela change, plus c’est la même chose » énonçait doctement le Littératron.



La première défaite de l’Énarchie Compassionnelle

Attention à la colère du peuple, disons-nous depuis 1997.

En 1974, il s’est instauré en France une oligarchie administrative, les énarques de droite (Giscard-Chirac-Balladur-Juppé-Séguin, Toubon, Wauquiez…), alternant avec les énarques de gauche (Fabius-Rocard-Jospin-Hollande-Aubry), et finalement les énarques de partout et de nulle part (Philippe-Macron). Aujourd’hui, même l’opposition populiste est peuplée d’énarques, comme Dupont Aignan, Philippot, Asselineau etc.

Il aura fallu attendre 2018, c’est-à-dire 44 ans pour que ce système qui se croyait invincible connaisse sa première défaite en rase campagne.

Une démocratie qui se réduit à des combats entre militant de l’Ena est nécessairement bancale. L’Énarchie Compassionnelle comme nous appelons ce régime est fondée sur une idéologie : l’énarque a le droit d’arbitrer la société et de « dépasser les clivages habituels ». Il le fait avec les deux moyens qu’il connaît : la dépense publique et les impôts.

Cinquante ans après, les effectifs publics sont tellement gigantesques, et le système de redistribution tellement enflé, que plus personne ne peut les payer. La France est championne du monde des prélèvements. Et aucun service public ne fonctionne plus correctement.

On dira : vous oubliez Mitterrand et le socialisme qui ont fait un mal considérable au pays. C’est vrai. Mais même le socialisme a été phagocyté par des énarques et de plus en plus médiocres, à tel point que le pauvre Hamon a disparu des radars politiques aux dernières présidentielles.

Certes Nietzsche a dit avec justesse : « La décision des socialistes de trouver le monde laid et mauvais a rendu l'émonde laid et mauvais ». Il suffit pour s’en convaincre de contempler le désastre de la gestion socialiste de Paris, avec la flambée des impôts, des dettes, des dépenses en même temps qu’on stérilise les investissements du passé, qu’on laisse pourrir les équipements existants et qu’on pousse la marchandisation et la densification pour financer la création d’appartements à 12 000 euros le m2 pour loger une clientèle immigrée captive. Et le féminisme outrancier, les immigrés de seconde génération et la pédérastie militante ont plus d’influence que les anciens élèves de l’ENA. Paris est devenu une ville laide et rongée par la délinquance, envahie par les touristes, les mendiants et les traîne lattes de toute obédience.

Craint celui qui se dit ton bienfaiteur et qui agit contre ton goût, ton esprit, ton intelligence et ta dignité. C’est pire qu’un Tartuffe : un lamentable pervers polymorphe incapable de sentir, un Narcisse amoureux de lui-même et qui se sent injurié par la moindre critique, un incapable qui n’entend apporter de réponse qu’aux questions où il a une réponse, en général toute faite.

Où un pervers cynique, Comme Mitterrand qui se moque du monde et qui y trouve plaisir, qui détruit avec la satisfaction que son successeur n’aura rien de ce qui lui a été octroyé par le peuple et qui considère que son destin, et la publication de ses lettres d’amour, vaut bien la ruine du pays.

Voici donc le système par terre. Dire aux retraités : « vous êtes des privilégiés ; on va vous imposer plus, réduire vos pensions par l’inflation, et taxer vos déplacements, augmenter radicalement les coûts de votre maison, et vous empêcher de prendre votre voiture, indéfiniment, car les taxes écolos vont augmenter indéfiniment et massivement pour votre bien », ne gênait ni Philippe, ni Macron, et encore moins les ralliés de 25e heure, le fourbe Le Maire et le guignol Darmanin. C’était autrement plus facile que de réduire le champ d’une étatisation délirante. Alors les retraités se sont mis en marche. Et ils sont près de 15 millions. Ah zut !

Dire aux artisans, aux mille et une personnes qui travaillent soit à leur compte, soit au petit bonheur la chance dans les régions sinistrées : « l’écologie, c’est pour ton bien, alors raque à mort et restreint toi encore plus », cela ne les a pas gênés non plus.

Dire à ceux qui passent leur vie sur la route pour leur travail : « on limite la vitesse à 80 km/h pour ton bien et on va faire bombance avec une augmentation massive des amendes », on était prêt à l'assumer vaillamment. On était même fier comme Artaban de tant de courage.

On l’est moins. Les réseaux sociaux permettent les mobilisations et les émeutes. On l’a vu dans tout le monde arabe, mais on a cru que, comme c’était des Arabes, c’était autre chose.

Alors une année à accroître encore la dette, les dépenses publiques et le taux de prélèvement, a créé un terrain miné. Prétendre que désormais non seulement on allait continuer au nom de l’écologie et de l’Europe (et son nouveau budget pharamineux, alors qu’on n’a pas considéré qu’il fallait réduire le niveau des dépenses européennes après le départ des Britanniques) mais qu’on allait s’attaquer aux biens que les Français ont eu tant de mal à se procurer, la voiture et le domicile, a fait exploser le baril de poudre.

Vous avez dit inconscience ? La bonne conscience fiscale des Énarques a toujours été de l’inconscience.

Alors voilà que tout ce qui compte d’économistes dans l’équipe Macron, les Pisany Ferry, les Aghion, se mettent à crier c homme des cabris : faites payer les riches. Vive l’ISF. Sus à ses salopards ! Détourner la colère du peuple sur des boucs émissaires, c’est le principe même de toute monarchie et de toute oligarchie. En URSS ou en Chine, l’habitude était de jeter aux chiens quelques oligarques pour donner à la meute quelque chose à se mettre sous les crocs.

On a ruiné le pays avec ce genre de sottise. Plus personne ne peut investir avec une imposition marginale sur le revenu de plus de 65 % et d’une imposition globale qui pouvait être proche ou supérieure à 100 %. Il était légitime de supprimer l’ISF et de revenir à une taxation plus raisonnable des revenus d’épargne. Le faire en taxant les retraités à la CSG était une sottise. Nous l’avons écrit ici même dès novembre 2017.

L’Énarchie a voulu un narratif pour calmer les masses. Ils ont récolté les Gilets Jaunes.

Emmanuel Macron, mal conseillé par des économistes partisans et nullissimes, et prisonnier de ses propres « narratifs », n’a pas profité de l’embellie conjoncturelle internationale pour réduire drastiquement la dépense publique dès la première année et rétablir la compétitivité du pays. Il a mené de petits combats sur des questions non prioritaires. Augmenter l’âge de la retraite, réduire le champ de l’action de l’État, plafonner les très hauts salaires de la fonction publique, qui se sont emballés, rétablir les quarante heures par semaine pour tous, telles étaient les urgences de la première année, empêcher l’envol des subventions à des catégories de population non prioritaires, revoir les dysfonctionnements européens et exiger que la perte des recettes britanniques soit compensée par une baisse du budget européen, mener une diplomatie de la prospérité en évitant que les pays à gros excédents ne provoquent crises financières et chômage de masse, voilà où on l’attendait.

Bavasser sur la Pnyka, c’est bien : l’écho est venu des ronds-points, symbole d’une des folies du temps et d’une tenue ridicule dont l’achat été imposé par l’Europe (norme européenne EN 471) à des dizaines de millions de gens, au nom de leur bien supposé, grand symbole avec les horodateurs normalisés et les drapeaux bleus, des bienfaits radicaux de l’Union Européenne.

Et maintenant ? On va où ?

Supplique

Laissez-nous vivre !

De temps à autres sonne une heure de vérité. Le complet malentendu entre la classe de hauts fonctionnaires qui a usurpé le pouvoir en France et le pays « profond » ne pouvait pas indéfiniment perdurer sans réactions. Le « dégagisme » de l’élection présidentielle signifiait que le pays en avait assez de la surenchère d’énarques de gauche contre les énarques de droite. Ce message a été gommé par les conditions lamentables de l’élection. Aujourd’hui les Français qui manifestent après une nième augmentation d’impôts « pour votre bien » sont traités de fascistes et les hauts fonctionnaires au pouvoir tente de désamorcer ce qu’ils appellent la grogne en rejouant le second tour de l’élection présidentielle et en proposant des petits cadeaux au peuple.

Et curieusement, ces Français disent : on ne veut pas de votre argent et de vos bonnes idées. Laissez-nous vivre et bas les pattes ! C’est déjà assez dur comme cela, alors que toutes les décisions que vous avez prises depuis 1973 l’ont été à notre détriment. Vous nous avez mis en concurrence avec la Chine et les pays à très bas salaires ; nous n’avez vu arriver aucune crise ; vous avez créé des millions de postes de fonctionnaires ou de salariés subventionnés dans les associations ; vous avez constamment aggravé les privilèges de l’administration ; vous avez constamment accru le domaine de l’action publique ; vous avez encadré nos vies avec un détail et une persévérance digne d’une meilleure cause. Les libertés en France se sont réduites comme une peau de chagrin. 

Vous vous êtes cru malin de chevaucher la mondialisation financière, à notre détriment puisque nous sommes en déficit partout depuis 1973.  Vous avez cru astucieux de créer Europe, Europe, Europe, comme un cabri, et vous voulez même créer un impôt européen gigantesque. Vous avez laissé entrer des millions d’immigrés pauvres, en déstabilisant tous les systèmes sociaux et en leur accordant des avantages phénoménaux, comme ces logements à 12.000 euros le m2 dans les zones les plus chères de Paris ; Plus aucune administration ne fonctionne ; La justice  est débordée par la délinquance qu’elle ne poursuit même plus ; les armées jouent leur rôle avec des bouts de ficelles et les munitions fournies par l’étranger ; notre diplomatie a disparu depuis longtemps ; on tue dans nos villes .

Et maintenant voilà que vous enfourchez les thèmes écologiques pour vous attaquer à nos biens, qu’il s’agisse de nos maisons et de nos voitures et de notre travail, au moment même où vous décidez de donner des droits hystériques à toutes les minorités qui le demandent.  

Foutez-nous la paix !

Tout est dur dans nos vies.

Nous n’avons plus de médecins proches et ils sont de plus en plus étrangers ; les médicaments essentiels sont de plus en plus souvent en rupture de stocks ; les vols sont répétés avec des voyous jamais condamnés malgré des dizaines d’exactions ; notre travail et notre revenu, faible, demandent une énergie et une détermination sans faille, alors que nous voyons trop de petits malins vivre uniquement avec l’argent public. Chaque jour, près de chez nous, une entreprise ferme, concurrencée par des produits chinois à prix cassés vendus par Amazon ou la grande distribution.  Chaque jour l’école, l’hôpital, l’administration s'éloignent un peu plus. Vous exigez de passer par Internet alors que les réseaux sont totalement insuffisants et les progiciels publics immondes de bêtises, de bugs, d’incompréhension des besoins des usagers. Avoir un passeport et une carte d’identité, c’est quatre mois ! Perdre son permis de conduire : quatre à six mois ! Il n’y a plus personne qui réponde dans les services administratifs, bien qu’ils soient souvent pléthoriques. On y travaille peu, avec un absentéisme insoutenable, et une présence le plus souvent à côté de la machine à café.

Sur tous les sujets où on vous attend, sécurité, dynamisme économique, santé, école, vous n’êtes pas là ou de moins en moins là.  Mais pour les amendes, les contrôles, les impôts, les taxes, c’est tous les jours la fête.

Alors oui, bas les pattes !

Et démission ! Retournez dans vos administrations et essayez d’y être un peu utile., au lieu de nous pourrir la vie en gros et en détail.

 

Pcc Un Gilet Jaune

Faut-il traiter la Chine en interlocuteur "normal" ?

La Chine exerce une vraie fascination sur les intellectuels de gauche occidentaux (eh bien au de-là) depuis des décennies. Amélie Nothomb, dans la gens écrivassière, est sans doute le seul exemple de ferme lucidité vis-à-vis d’un empire qui impressionne depuis toujours par le nombre. Pour elle, aimer la Chine pour son gigantisme, c’est à peu près aussi intelligent que détester le Vanuatu pour son nanisme ; une erreur de perspective dommageable !

Le Parti communiste chinois détient le record absolu des massacres et des génocides. La révolution, puis le grand bond en avant, puis la révolution culturelle, puis les guerres d’annexion, puis la répression des populations, ont provoqué plus de 60 millions de morts (certains avancent des chiffres très supérieurs). Des milliards de vies ont été radicalement gâchées. La dictature communiste reste féroce et totalitaire, comme elle l’est depuis de la prise de pouvoir par Mao. La répression sanglante des étudiants à Tien An Men, le 4 juin 1989, a bien montré qu’il ne s’agit pas, pour les « libéraux et pragmatiques » qui ont succédé au criminel génocidaire Mao, d’aller dans le sens de la démocratie.

N’espérez pas, comme pour Hitler et le national-socialisme, une chaîne spécialisée sur le maoïsme. Il faut tout de même se souvenir que les occupants de la Sorbonne en mai 1968 avaient déployé une immense bannière avec le portrait de Mao, à une époque où les massacres allaient bon train en Chine. Pendant des années la gauche révolutionnaire a bassiné le pays avec « le petit livre rouge », sorte de bréviaire du génocide opportun et nécessaire, et avec la « révocu », la destruction de la bourgeoisie et des forces de domination. Quinze Shoahs ne les ont pas effrayés. Comme disait Aragon : versons le sang de la purification. Quelques éminents maoïstes sévissent toujours sur les chaînes de télévision, entourés d’une aura que l’odeur des cimetières chinois et des camps de la mort du Lao Gaï ne semblent pas gêner. Un écrivain pornocrate a fait son « outing » maoïste en expliquant qu’il fournissait de la poulette occidentale blondissime au Grand Timonier. Sourires gênés dans les rédactions et l'édition. Mais pas plus. Imaginons qu’il ait fourni Pinochet ou Hitler ! Le légendaire fume-cigarette séduirait moins.

Lors que réalisateur René Viénet présente son film « Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires ! » à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes dans les années soixante-dix, il est occulté ou vilipendé par la critique de gauche. Il déclarera : « Il était difficile à l’époque de remettre en cause l’aura de Mao Tse Dong ». Simon Leys mentionne l'intervention, dans les deux cinémas qui projettent le film, de perturbateurs du « social fascisme à caractère féodal » au moment précis de la projection des manifestations d'avril 1976 où le peuple chinois décida « d'enterrer le Grandiose Timonier avant même qu'il ait rendu l'âme », voilà ce que nos biens pensants ne sauraient accepter. Le retour de Simon Leys dans la catégorie des bons auteurs acceptables dans la communauté des croyants de gauche n’aura lieu qu’en 2018, signé par une double page dans le Monde.

Les massacres socialistes créent des joies morbides chez les adeptes mais ne mènent pas la création de richesses. Les réalistes chinois ont fini par débarrasser le pays du « romantisme » de la révolution totale où les fils crèvent les yeux des pères devant des foules extatiques et sous les applaudissements d’une gauche occidentale énamourée. Une fois « la bande des quatre » éliminée, la réalité était claire : les Tigres et Dragons, tout comme le Japon avaient fait leur décollage et l’économie chinoise était à peine digne du PIB de la Lozère ! Sous la direction de Deng XiaoPing, la Chine décide de rattraper son retard économique.

Les Américains et notamment le business américain se montrent à nouveau victimes du « syndrome chinois » et croient que le temps est venu d’aider la Chine à revenir dans le jeu. Ils se font d’immenses illusions. Les Chinois ont constaté qu’ils ne pouvaient même pas « donner une leçon au Vietnam », lors du conflit frontalier qui tourna à leur désavantage. Le pays a besoin de richesses pour reprendre rapidement leur rang militaire. Le régime ne cédera rien en termes de démocratisation. En revanche il permettra au pays de suivre la voie du Japon, de la Corée, de Formose. Il ne s’engage pas « à jamais » à respecter les droits démocratiques à Hong Kong, restituée à la fin du siècle, mais pour cinquante ans. Et on voit que la dictature chinoise commence à serrer le lacet à peine 20 ans plus tard. L’accord n’est qu’un écran de papier qui sera déchiré en dû temps. C’est-à-dire dès que la puissance militaire aura été rétablie au niveau suffisant. Taïwan n’a qu’à bien se tenir, car le retour dans le giron chinois reste un objectif prioritaire.

La Chine est parvenue a devenir l’atelier du monde du fait de la cupidité américaine et de celles des grandes entreprises qui ont voulu croire que « qui tenait le marché chinois tenait le marché du monde ». L’ennui est que la Chine a pris toutes les précautions pour éviter que les entreprises étrangères ne dominent leur marché intérieur. En forçant les étrangers à partager le capital des filiales en Chine, en volant les secrets industriels, en refusant toute législation sur les copies illicites, le Parti Communiste a réussi à éviter une colonisation économique par les Occidentaux.

L’intelligence chinoise a compris que les défauts du système monétaire international leur donnaient des chances supplémentaires d’aller vite en abusant de l’arme monétaire. Dans le cadre des accords de Bretton Woods, la Chine aurait dû respecter certains équilibres et rendre sa monnaie totalement convertible. Il lui aurait été interdit d’accumuler des milliers de milliards d’excédents. Puisque la règle implicite était : « que chacun se débrouille et que le meilleur gagne », la Chine s’est mise en position de gagner en tablant sur la cupidité des capitalistes occidentaux et l’évanouissement du pouvoir de régulation des institutions internationales.

En faisant miroiter l’énormité de leur marché et en gérant leur monnaie de façon offensive, les Chinois, nourris par un déversement de capitaux internationaux gigantesques et la faiblesse insigne des salaires, ont réussi leur coup. Ils ont accumulé de quoi reconstituer d’une part une influence économique et d’autre part et surtout leur puissance militaire. Sur tous les fronts de la guerre militaire possible, les Chinois sont sur la crête : les armes, l’espace, l’intelligence artificielle, les guerres numériques, etc. Du coup la Chine se retrouve en querelle frontalière avec tous ses voisins sans exception. Le Japon est poussé au réarmement nucléaire.

L’exaltation nationaliste, arme obligatoire de tous les socialismes violents, qui sont tous peu ou prou des pratiquants du national-socialisme hyperbolique, a été renforcée par des opérations de prestige, comme les jeux Olympiques mais aussi par des opérations bien moins exaltantes comme les campagnes anti japonaises.

Les excédents majeurs de la Chine ont eu des conséquences économiques dramatiques. Ils ont nourri la transformation de l’économie mondiale en économie baudruche, les dollars en excédents étant reversé sur le marché américain et amplifiant la dette dans des proportions déraisonnables, en interne comme ailleurs, selon les règles de la double pyramide de crédits de Jacques Rueff. La gravité de la crise de 2008 trouve une large part de ses causes dans les excédents abusifs chinois.

Après l’éclatement de la crise, la Chine a vu ses circuits financiers et économiques perturbés. Elle a été morte de trouille à la perspective de perdre la valeur de ses avoirs en dollars. Elle s’est donc lancée dans des investissements de précaution, en investissant notamment dans de nombreux achats de matières premières et de produits agricoles. Certains pays comme l’Argentine ou le Brésil ont profité de cette manne improbable, leur laissant croire qu’ils avaient réussi un décollage économique alors qu’ils bénéficiaient seulement d’un spasme de précaution du géant chinois. Du jour, où le rétablissement de la conjoncture internationale l’a rassuré, ces achats ont ralenti ou cessé projetant ces pays dans la crise.

La stratégie chinoise est désormais de mettre la main sur des terres arables, comme en Afrique où les dirigeants corrompus ont laissé la Chine s’octroyer des richesses importantes qui passent désormais totalement sous le nez des populations mais engraissent les décideurs. Un peu partout la stratégie est de mettre la main sur le capital d’entreprises d’importance critique, notamment dans l’énergie et les transports. Rien dans les règles économiques mondiales n’autorise un pays à accumuler des capitaux par une politique mercantiliste qui tue les entreprises adverses puis à racheter les pépites des autres avec des devises accumulées.

Les Allemands ont tout d’un coup constaté que son Mittelstand était la proie des investisseurs chinois. Ils se sont rebiffés sans voir qu’eux-mêmes pratiquaient la même politique notamment vis-à-vis du voisin français.

Les investissements massifs dans les ports et les communications, avec par exemple le rachat de la moitié du port d’Athènes ou celui de l’aéroport de Toulouse, les tentatives (bloquées) de rachat de port aux États-Unis, les investissements autour d’une nouvelle « route de la soie », vont dans le même sens.

L’Europe est obsédé par les traités de libre-échange et a les mains liées du fait qu’elle accepte les énormes déficits de l’Allemagne réunifiée, qui exporte comme un malade vers la Chine ses machines-outils et ses voitures de luxe. Elle a laissé faire les Chinois au-delà du raisonnable. Elle a perdu les marchés critiques comme celui des panneaux solaires en acceptant des politiques de dumping choquantes. Mais bien d’autres domaines économiques sont concernés.

On voit maintenant en France des achats stratégiques de terrains agricoles, en dépit de toute l’armature quasi communiste qui règle la propriété paysanne en France (Le Modev est une institution communiste !). Cela concerne aussi bien le lait que les vins.

La France est désormais considérée par les Chinois comme un pays sous développé où l’on peut se servir.

Pire encore, les pays de l’est qui ont intégré l’Europe après la chute de l’URSS, ont quémandé l’appui Chinois pour équilibrer le pouvoir de Bruxelles.

Autant dire que la Chine est désormais un pays déstabilisant qui provoque de multiples tensions, alimente l’instabilité financière et commerciale, concentre une puissance risquée pour ses voisins et l’Occident, tout en présentant un visage avenant.

On peut penser ce que l’on veut du style de Donald Trump, mais en cassant le fil des illusions qui lient les Occidentaux à la Chine, il rend un grand service à tout le monde. Naturellement, il n’a pas voulu comprendre que les excédents chinois étaient l’image inversée de ses propres déficits et que ceux-ci sont directement liés au rôle mondial (voulu par les États-Unis et dont ils tirent privilège en payant leurs déficits dans leur propre monnaie). Mais l’anomalie des excédents excessifs de la Chine est un problème réel. Xi Jinpin est obligé de mettre sur la table des offres mirifiques, comme cette ouverture aux achats chinois pour une valeur de 30 mille milliards. Il cherche à monter une organisation commerciale et de coopération asiatique, afin de créer une alternative aux Occidentaux. Bref, il joue ses cartes.

En même temps ses services secrets sont partout à la manœuvre pour piller tout ce qui peut l’être, déstabiliser les concurrents, et tirer avantage du laxisme européen, notamment. Il se dit même que la bulle qui a touché le Bitcoin a été fomentée par ces mêmes services secrets qui ont trouvé là un moyen de récupérer des milliards de dollars sans vraiment se fatiguer. Les principales fermes à Bitcoins sont en Chine alors que l’emploi du Bitcoin y est interdit ! Comme c’est curieux !

Il faudrait être bien innocent pour croire que la Chine est le parangon de la coopération et du multilatéralisme. Elle n’a pas encore acquis suffisamment de puissance économique et militaire pour ne pas avoir à concéder. Elle annonce plus qu’elle ne concède. Le marché chinois est totalement verrouillé en dépit des apparences ; le vol de secret industriel continue ; la guerre électronique continue ; le système de la double propriété dans les faits continue ; les excédents ne cessent de gonfler. Il n’y a pas un jour sans un article soit sur une manipulation des services secrets chinois, soit sur une répression sordide en Chine. Xi Jinping mène une répression de la corruption ? Dans tous les pays communistes depuis 1925, le renforcement du pouvoir central se fait par ce moyen qui offre une soupape pour calmer le peuple. Il a remis le Parti Communiste au centre du pouvoir. Il s’est mis en position de conserver le pouvoir à vie et crée les bases d’un culte de la personnalité. Il réprime même les étudiants marxistes alors qu’il a organisé des commémorations monstres pour le bicentenaire de la naissance du Grand Karl. « Le socialisme aux caractéristiques chinoises » est un national-socialisme féroce à l’intérieur (demandez aux peuples colonisés) et d’une grâce hypocrite à l’extérieur.

Il fallait mettre le commerce avec la Chine sous conditions et notamment celle de ne pas accumuler d’excédents excessifs. L’obligation de faire des sociétés mixtes a été une occasion de vol réitéré de secrets de fabrication occidentaux. Il faut interdire le rempli des excédents chinois dans le rachat de terres ou d’entreprises (essayez d’acheter de la terre en Chine). L’erreur de Trump est de reprendre la politique d’expansion du commerce américain sur le thème : achetez-nous plus ! Ce n’est pas la bonne méthode. Ce qu’il faut c’est limiter un certain nombre d’activités chinoises à l’extérieur tant que des garanties sérieuses ne sont pas obtenues notamment sur des questions géopolitiques graves.

L’Europe dans cette affaire est dans une position intenable. Les positions libres-échangistes religieuses de la commission lui interdisent de prendre la Chine pour ce qu’elle est : une dictature avec des objectifs pas gentils du tout. La différence de position de l’Allemagne et des autres pays est telle qu’aucune diplomatie n’est possible.

Sans changer le système monétaire radicalement afin d’éliminer la possibilité d’accumuler d’énormes excédents et d’énormes déficits, c’est l’impasse.

L’esquisse d’une solution devrait venir du FMI. Mais sa présidente est à la fois coincée par la domination américaine, la mauvaise volonté chinoise de rejoindre les règles du FMI et sa propre volonté de regarder ailleurs et de mettre ses priorités du côté de l’aide aux femmes dans les pays sous-développés qui n’est pas dans les prérogatives du FMI.

La France n’a pas de pouvoir du fait de sa situation économique lamentable. Le président MACRON peut parler sur la Pnyka ou à la Sorbonne sur le mode lyrique. Que peut-il faire avec un pays déficitaire de tous les côtés, gangrené par la dépense publique de masse, champion mondial des impôts, meurtri par un chômage incoercible et à la remorque financière du monde ?

La voix de la France est d’autant plus fluette qu’elle ne dispose d’aucune crédibilité économique, coincée qu’elle est entre une école quasi marxiste qui ne réfléchit qu’en termes d’inégalités et « d’affranchissement » (au sens marxiste, c’est-à-dire au prix d’une perte quasi-totale d’autonomie des agents économiques) et une école plus libérale qui n’a accès à aucun média, sauf à titre homéopathique et qui, de toute façon, refuse d’aborder les questions monétaires internationales qui, chacun le sait dans les médias, font baisser de 80 % l’audience des émissions qui s’y risquent.

Nous sommes donc dans une impasse. Une vraie impasse ! Certains voudraient en sortir en faisant reculer Trump mais pas la Chine ! Parfaite sottise contre-productive. La vérité est qu’il faut démolir le fond de l’impasse et construire une nouvelle route.

Pas de solution sans une réforme sérieuse du système monétaire international et une louche plus longue pour négocier avec le pays le plus dictatorial du monde, qui foule aux pieds toutes les valeurs de liberté et dont l’objectif est des plus clairs : la puissance militaire par la guerre économique ! Au moins ne nous donnons pas le rôle idiot du bisounours utile.

 

PS : profitons de l’occasion pour énoncer une évidence qui semble échapper à nos médias nationaux. La Corée du Nord est dans la même situation que la Chine de 1978. Son dirigeant adulé cherche à rejoindre les Tigres et les Dragons et de restaurer une puissance économique…et militaire. Notamment pour résister à …la Chine.

L’histoire contemporaine : disruption ou continuité ?

Un débat fondamental

Certains refusent absolument de considérer les points de ressemblance entre la période d’entre-deux-guerres et la situation actuelle, tout comme les mêmes refusent de voir dans la guerre de 40 la suite logique de la guerre de 14.

On peut imaginer que l’histoire soit totalement libre et que les mouvements qui s’y produisent soient toujours sui generis. En un mot l’histoire serait toujours différente et il serait vain de rechercher des constantes, des enchaînements, des retours en arrière voire des retours de bâtons. Ceux qui proposent ces interprétations sont tous du même bord, en général à l'extrême gauche, très majoritaire dans l’université française, dans les matières historiques et économiques, en contradiction totale avec la pensée intéressante qui se développe à travers le monde. La fixation marxiste en Amérique du Sud et en France est tout à fait étonnante, 40 ans après l’effondrement du « socialisme réalisé ». Pour ces courants de pensée, des vilains qui auraient pu être contenus et qu’il importe de vaincre encore aujourd’hui, étaient à l’œuvre et rien n’était automatique. La seule continuité est la nécessité des luttes contre le beauf, le fasciste, le Versaillais et le « lecteur du Figaro Magazine ». Cet effondrement de la pensée universitaire dans un prêchi-prêcha politique débilitant et partisan est une des marques du « suicide français ».

Si on s’en tient au dernier siècle, la continuité est totale entre l’introduction du virus bolchevique en Russie par les Allemands soucieux de libérer des forces à l’est pour vaincre à l’ouest, la révolution allemande qui pousse les militaires prussiens à rechercher un armistice très rapide, la répression du spartakisme, la montée du fascisme en Italie et du national-socialisme en Allemagne, les excès de la révolution bolchevique de Lénine à Staline, avec la multiplication des massacres de masse et des génocides, les tensions politiques entre socialistes et droite libérale repoussée sur sa droite et la guerre de 1940.

La guerre de 14-18 changes totalement la donne économique et monétaire. Les troubles monétaires post « grande guerre » expliquent largement la crise de 1929 qui aggrave tout. Ils se croisent avec les mouvements politiques cités précédemment. Le monde occidental ne parvient pas à retrouver une organisation correcte dans une optique de monnaie de papier multipliable à l’infini par les États et d’accumulation gigantesque de dettes.

La convergence entre les troubles sociaux, économiques et politiques, nimbée par la violence issue de la guerre de 14 et de la révolution bolchevique, finira bien par provoquer la Guerre de Quarante.

Alors, bien sûr, il y a des surprises et des gambits qui ont fait tourner le sens de l’histoire de façon imprévisible. La paix a été ratée à Versailles du fait des Alliés de la France qui n’ont pas souhaité que le vainqueur prenne une place trop grande en Europe. Mais Clémenceau fait ralentir les troupes alliées victorieuses partout pour ne pas avoir à réprimer la révolution qui s’annonce en Allemagne. L’armée allemande s’en est chargée. Mais du coup l’Allemagne n’a pas été dépecée comme il aurait fallu en séparant la frontière rhénane et la région de Munich du bloc prussien. La destruction de l’Autriche-Hongrie aurait pu être évitée dans les modalités extrêmes retenues. De même le retrait des États-Unis de la SDN, qu’ils avaient portée sur les fonts baptismaux, a été une immense surprise qui a changé bien des choses. À beaucoup de moments dans les vingt ans qui séparent les deux guerres on constate que des virages ont été pris qui auraient pu être évités ou négociés autrement. Hitler a été totalement surpris lorsque les Français et les Anglais lui ont déclaré la guerre en 39. Il pensait pouvoir digérer ses conquêtes comme toutes les précédentes, et se ruer vers les ressources de l’est européen afin de se constituer l'hinterland nécessaire à la conquête du monde. Il s’en est fallu de bien peu pour que la paix ne soit signée par l’Angleterre après la défaite de la France. La personnalité de Churchill a joué le rôle principal. On pourrait dire que « Jamais l’avenir d’un si grand nombre n’a dépendu autant d’une seule personne ». Les auteurs d’un film récent sur Churchill ont été obligés d'inventer une scène baroque dans le métro londonien pour faire coïncider la ténacité de Churchill avec celle ainsi exaltée du peuple anglais.

Bien sûr l'histoire n’est pas un flux mécanique d’événements qui s’enchaînent de façon obligatoire. Mais il y a des constantes et des mouvements qui se répètent. Certains aspects de la situation actuelle s’apparentent à la situation de l’entre-deux-guerres, mutatis mutandis.

Le discours et la méthode Mélenchon, pour prendre un sujet mineur, sont le décalque des positions d’un Marcel Déat pour le fond et de style de Jacques Doriot pour la forme. On retrouve parfois les mêmes mots et même quasiment les mêmes phrases.

Dans le cas des monnaies et des échanges, on retrouve les mêmes troubles face à un système monétaire international qui ne sait plus comment gérer les immenses créations de monnaies, depuis que la création monétaire est devenue quasi totalement administrative, et qu’il n’existe plus de régulation des grands excédents et des grands déficits. Il n’y a pas de bon commerce sans bonne monnaie.

Quand les banques centrales sont conduites à émettre, des dernières années, plus de 15 mille milliards de dollars de monnaie administrative qui servent de support à la création de plus de 60 mille milliards de dettes supplémentaires, c’est que le système monétaire global est une fantaisie. « Donald Trump simplifie le diagnostic et complique la solution ». Les énormes excédents Chinois, Allemands, Japonais etc. sont interdits par les grands traités internationaux mais tout le monde s’en moque depuis la fin des Accords de Bretton Woods. Ils ont provoqué la crise de 2008 et sont à l’origine des querelles commerciales actuelles.

La révolte des classes moyennes en Occident, qu’elle prenne des formes électorales ou celle de jacqueries, ressemble partiellement à celles de l’entre-deux-guerres, le socialisme révolutionnaire en moins, depuis qu’on sait qu’il ne mène à rien, sinon au crime et à la misère.

On retrouve en France, les dégâts provoqués par la dénatalité dans les années trente. Rappelons que la France était dans l’entre-deux-guerres un pays dont la population baissait, en dépit de l’afflux de nombreux immigrés fuyant soit les révolutions à l’est soit le fascisme italien, soit le nazisme, soit le franquisme, soit les massacres turcs. Qu’on se rappelle Mitterrand criant « Haro sur les Métèques » dans les années trente ! Les aspects démographiques sont tout aussi importants aujourd’hui. Il est clair que la population blanche baisse en France de 100 000 à 150 000 unités chaque année, avec une perspective de remplacement des autochtones par les populations immigrées venant d’Afrique dans les 50 années qui viennent. Depuis trois ans, le décrochage de la natalité globale mène à la baisse de population connue en Allemagne et au Japon.

L’ordre rooseveltien est en train de s’effacer totalement. L’ONU est décrédibilisé comme les sont le FMI et la banque mondiale. Le multilatéralisme s’effondre. L’Union européenne est traversée par des courants qui poussent à sa destruction. Les peuples veulent reprendre la main sur leurs responsables nationaux. La coupure entre dirigeants et pays profond est, comme dans les années trente, extrêmement profonde, ce qui conduit à des réactions violentes. Cette désagrégation conduit à l’apparition de « seigneurs de la guerre », façon Poutine ou Erdogan, comme de voix tentées par l’exaltation prophétique sans influence sur la réalité. Il y a du Briand chez Macron !

Pour les économistes conséquents, la question centrale doit être celle de la monnaie et des systèmes monétaires. La crise globale actuelle n’est pas due seulement aux troubles consécutifs aux dysfonctionnements du système monétaire international et à la gestion de la zone Euro. Mais elle en est le noyau dur, et c’est là qu’il faut agir pour obtenir un vrai socle de renouveau.

Il est intéressant de noter que les premières réformes imposées par les vainqueurs, à la fin de l’entre-deux-guerres, d’abord par les Nazis après leur victoire surprise en France puis par les Américains à Bretton Woods dès que la victoire est devenue certaine, à Bretton Woods, ont été des réformes monétaires. Les idées qui ont bouillonné en juin et juillet quarante, sous pression nazie, se sont retrouvées dans les débats de Bretton Woods, sous pression américaine, et la rupture de ton imposé par Donald Trump réactualise les débattre d’alors. Certaines des suggestions qui se discutent en Europe sont comme la réplique de certains débats de juin quarante. Les conflits et suggestion de l’époque portent leçon actuelle par leurs résurgences.

Tout se passe comme si la stabilisation d’un système monétaire mondial après la généralisation des monnaies fiduciaires d’état avait fait surgir des idées-forces constantes, qui traversent le cisèle, qui n’avaient jamais pu s’exprimer totalement du fait des relations de pouvoirs, les conflits entre puissances majeures cassant ce qui avait pu être mis en place de bon et alimentant des remises en cause continuelles et des politiques défectueuses. Ne peut-on pas, en faisant apparaître le lien fort entre les meilleures idées et des meilleures pratiques qui ont traversé le siècle, définir une véritable organisation monétaire, financière et commerciale mondiale ?

Notre prochain livre à paraître en 2019 portera justement sur cette question. Il nous semble que nous disposons là d’un terreau très riche pour envisager un avenir positif.

Didier Dufau pour le Cercle des Économistes E-toile.

 

 

 

 

 

Gilets Jaunes et Énarchie Compassionnelle

Les « réseaux sociaux » ont croisé un mécontentement de fond qui a mis dans la rue avec des gilets jaunes 200 à 300 mille citoyens français. Il s’agit bien d’une forme inédite de jacquerie, évènement improbable et imprévisible. Option 1 : « Une révolte ? Non, Sire, une révolution ». Option 2 : « Un énervement, Sire ; même pas une émotion ». On verra bien.

Mais que les explications sont faciles à trouver. Internet est souvent le moyen de mesurer les passions qui secouent un pays. Il révèle des attitudes et des ressentiments. Le billet le plus lu sur ce blog, ces derniers mois, dans des proportions réellement anormales était intitulé : « Plus cela change, plus c’est la même chose » (http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2017/11/21/Plus-cela-change-plus-cest-la-mme-chose). Cet article qui date d’exactement un an a atteint 3 955 lectures alors que l’article le plus lu après lui n’en dépasse pas 1 000.

Ce sentiment est d’abord le fruit d’une élection présidentielle escamotée. Il n’y a pas eu de campagne électorale, sinon, de façon partielle, au moment des primaires. L’échec de Juppé et Sarkozy signifiait qu’à droite on voulait une vraie rupture, notamment dans le domaine fiscal et économique. Le trouble à gauche paraissait suicidaire (http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2017/1/5/Socialisme--la-dcomposition-dlirante).

La réaction populaire très négative aux projets allégués de réforme de la sécurité sociale avait sonné une sorte de tocsin. Le pays devenait plus que chatouilleux sur ses droits. La santé, c’est sacré, surtout si on est pauvre.

Ensuite tout s’est arrêté. L’affaire Fillon a bloqué tous les médias dans le délire et l'antinazisme bidon a créé un faux débat ridicule au second tour, aggravé par l’effondrement radical de la candidate du FN lors du débat, surprise à dire littéralement n’importe quoi en matière monétaire. Le résultat a été un record d’abstentions.

Il faut garder à l’esprit que depuis 2008, le revenu par tête française a constamment baissé. Nous verrons bientôt si c’est encore le cas en 2018. Le phénomène est majeur. La première crise de ras-le-bol fiscal, dite des bonnets rouges ou des pigeons, selon les modalités qu’on privilégie, avait montré que le pays n’acceptait plus d’être tondu ras par des hauts fonctionnaires politiciens. L’Énarchie est d’abord un excès fiscal majeur. Son triomphe a valu à la France d’être le pays le plus taxé du monde. Bravo ! Mais gare ! Il est interdit de trop insister sur la grogne fiscale dans les médias (gavés de subventions publiques). Les Français savent compter. Le décalage entre la chanson des médias et le ressenti de la population est devenu abyssal.

Dans la confusion de la campagne présidentielle, les Français ne se sont pas rendu compte des dangers de la démagogie du candidat Macron qui avait choisi cyniquement une option « d’achat de vote » sans vergogne. Le pays a peu réagi à une hausse de la CSG qu’on leur présentait comme microscopique et ciblée alors qu’elle était massive et générale. Mais l’idée de ne plus pays de charges sociales sur le salaire ni de taxe d’habitation, a fait saliver les babines. D’autant qu’on gratifiait le pays de nouveaux remboursements gratuits pour les lunettes et les sonotones.

Cette démagogie a payé à court terme mais c’est révélé désastreuse aussitôt après l’élection.

Ces mesures ne pouvaient pas avoir d’effet économique majeur parce qu’elles ne renforçaient pas la compétitivité. Il fallait comme nous l’avons indiqué, transférer sur la TVA une partie des charges patronales (celles concernant la maladie) et cesser de parler de charges salariales et patronales pour un concept de charges sociales uniques. L’effet aurait été celui d’une minidévaluation. En supprimant complètement l’ISF sans se laisser aller à un « storytelling » débile qui sépare la bonne finance et la vilaine tentation immobilière, on ajoutait une prime à l’investissement. Dans la phase haute du cycle où nous sommes depuis 2016, cette politique aurait permis des résultats immédiats. Les indispensables mesures que sont la taxation forfaiture des revenus du capital (qui aurait dû être étendu à la rente immobilière) et une moindre pénalisation des relations sociales dans l’entreprise, dans un contexte favorable d’intérêts très bas et de prix du pétrole au plancher, auraient aidé à obtenir des résultats encore meilleurs

Au lieu de cela, le Trésor a repris la main et a commencé à jouer au bonneteau fiscal en matraquant les propriétaires, les retraités et les automobilistes.

Au lieu des cadeaux attendus (bêtement), les Français, notamment dans la France la moins bien dotée en matière de revenu et d’emplois, ont vu une dégelée d’impôts, taxes et oukases divers pleuvoir sur leur vie quotidienne.

Pour les classes moyennes, la voiture et la maison sont les deux actifs fondamentaux. Ils sont achetés à crédit. Le poids des remboursements pèse lourdement sur le ménage et crée une dépense fixe incompressible importante.

Si on aggrave les impôts en période de hausse des cours internationaux, du pétrole, en annonçant que cette aggravation continuera et s’amplifiera dans les années suivantes, tout en précisant que la voiture qu’on a ou qu’on vient d’acheter perdra bientôt toute valeur à la revente, alors que l’emprunt court, on crée une haine farouche. Ajoutons un Oukase jamais débattu nulle part qui réduit de 10 km/h la vitesse sur route, et vous touchez à l'intime une grosse partie de la population, surtout en province où les points ont commencé à disparaître à grande échelle (d’après les on-dit, chaque utilisateur régulier de sa voiture en province aurait déjà perdu deux points depuis la mise en place de la mesure).

Quand vous alourdissez massivement les coûts de chauffage, annoncez qu’il faudra remplacer la chaudière au fuel qui sera interdite à court terme, tout en imposant des normes hypercoûteuses, tout en aggravant les impôts locaux et l’IFI (l’exonération de taxes d’habitation étant réparti dans le temps pour ceux qui l’espèrent), vous reperforer l’intime des ménages.

La bagnole et la maison sont les deux armatures du bonheur populaire. C’est la garantie de ne pas être à la rue et de pouvoir travailler. Sans maison ni voiture, on entre dans la précarité.

Pour les retraités qui voient la CSG augmenter massivement, qui constatent que les retraites ne sont pas revalorisées, alors que l’inflation repart, que leurs coûts d’habitation augmentent et que leur voiture va bientôt leur être arrachée (alors qu’ils n’ont aucun moyen de faire face à la hausse de coûts des nouvelles voitures fortement aggravées par une fiscalité verte débridée), alors que l’IFI rode sur le patrimoine qu’ils ont pu accumuler, la situation est infâme.

Les médias ont tort de voir uniquement l’aspect « pouvoir d’achat » ; L’aspect « patrimoine » est tout aussi important. Pour les ménages pauvres ou au bas de l’aisance, les deux réalités sont confondues.

Macron s’est mis dans les pas de Hollande. « C’est Hollande sans l’extrême gauche » répètent les observateurs, avec un tabassage fiscal initial encore supérieur. Naturellement, aucun des Énarques qui nous gouvernent n’a songé à baisser la dépense publique. Au contraire on l’augmente !

Devant la grogne, ils ressortent le vieux truc de la compassion et de l'insuffisance de communication. L’Énarchie compassionnelle n’est pas un vain concept. Cela fait maintenant 45 ans que cela dure. Edouard Philippe en est l’acteur le plus caricatural. Droit dans ses bottes comme son mentor Juppé, il décide seul souverainement de mesures qui impactent directement la vie des Français. La limitation à 80 km/h, c’est lui. L’impôt à la source c’est toujours lui. La suppression à terme des chaudières et des voitures diesel, c’est encore lui. L’Énarque est l’arbitre de la société. Face à la grogne il propose des subventions, augmentant à la fois les impôts et les cadeaux, (une technique qui a tué le bâtiment). Toujours la même méthode. On impose et on lâche du lest. Ensuite on déclare que le lest est une dépense fiscale qu’il faut supprimer. La technique, institutionnalisée depuis juillet 1940 et la création de la direction du Trésor, est parfaitement au point.

Le joli pronunciamiento réussi par l’Énarchie, les achats de votes cyniques mais réussi du candidat Macron, le retour aux pratiques détestables qui ont conduit la France dans le déclin et la dérive fiscale absolue, collent si étroitement à l’équipe d’énarques qui gouvernent qu’ils ne peuvent pas s’en dédouaner sur un quelconque bouc émissaire. Le gilet jaune leur colle au dos comme la tunique de Nessus.

La jacquerie peut s’étioler et finir en eau de boudin. Mais désormais un fond de haine traîne dans toutes les couches de la population contre les dirigeants fonctionnaires qui accaparent le pouvoir et considèrent que les biens et le revenu des Français leur appartiennent et qui pensent pouvoir multiplier les contraintes contre leurs administrés. Elle est là pour longtemps.

Comme nous l’avons déjà écrit souvent, c’est l’immense erreur de LR d’avoir mis à sa tête un Énarque, antipathique de surcroît. La droite ne peut se reconstituer qu’avec un autre modèle de gouvernance que celui proposé depuis 1974 avec Giscard et Chirac, et repris aujourd’hui par Macron et Philippe.

Au moment où Énarchie et anarchie se rejoignent, il n’y a plus d’opposition raisonnable possible.

Quel gâchis ! La seule solution durable serait l'éviction d’Edouard Philippe et de l’équipe qui gère les finances (Le Maire et Darmanin) et leur remplacement par de nouvelles têtes capables de porter un message de retraite fiscale. Un nouveau Monory, qui s’était révélé excellent.   Sinon, on peut craindre que ce soit Macron qui soit totalement démonétisé et conduit plus ou moins rapidement à la paralysie.  

Agnès Verdier-Molinié : « en marche vers l’immobilisme »

Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’Ifrap, publie chez Albin Michel : « En marche vers l’immobilisme ».  C’est le quatrième volet de notre réflexion sur la malgouvernance en France, après la mise en cause de la gestion de la Capitale Française par le groupuscule rassemblée autour d’Anne Hidalgo, les éléments de réflexion sur le « destin français » d’Eric Zemmour, et les inquiétudes démographiques et civilisationnelles autour d’un « grand remplacement »exprimées par L. Obertone.

L’Ifrap est une institution que nous approuvons et soutenons et dans sa démarche et dans ses résultats. Beaucoup de ce que nos intuitions suggèrent ou font craindre se trouve confirmé par les études de l’Ifrap. L’équipe est bien informée et sa directrice est une fille crane et courageuse qui n’hésite pas à se livrer à un exercice d’expression publique qui lui vaut insultes et crachats. Il faut du courage dans ce genre d’entreprise et la tenace Agnès en a. Bravo !

Le livre confirme ce que nous avons anticipé dès la campagne électorale d’E. Macron. On fera peu et relativement insignifiant, même si quelques mesures vitales seront tout de même prises. Pour l’essentiel, l’équipe d’Enarques réunie par l’Enarque Macron aura plus de mal à se sortir des conséquences de sa démagogie électorale,  et à se dépatouiller des médias, qu’il ne passera de temps à atteindre les objectifs quantifiés qui avaient été annoncés pour contrer les annonces de F. Fillon.

Sept ministres dont trois d’Etat ont démissionné, dans des conditions le plus souvent bizarres voire franchement déplorables, soit parce qu’ils étaient rattrapés par leurs propres turpitudes après avoir appelé à laver plus blanc que blanc, soit parce qu’ils voyaient bien que la fine équipe d’énarques qui dirigeaient tout ne leur laissait aucun espace d’action. Quant aux programmes, on voit qu’ils sont d’abord et avant tout des affichages, la réalité révélant une suite infinie de petites mesures ou de demi-mesures. 

Il était strictement indispensable de revenir sur l’ISF et de remettre une taxation forfaitaire sur l’épargne. Au lieu de défendre ces mesures simplement  en expliquant que les gouvernements socialistes avaient été trop loin et que les effets pervers étaient accablants et irresponsables, E. Macron a tenté de justifié une demi mesure de libération fiscale sur l’épargne en accablant l’immobilier. C’était du n’importe quoi démagogique. Il a tenté d’expliquer qu’il donnait du pouvoir d’achats aux pauvres, avec les mesures d’achat de votes démagogiques sur les cotisations sociales des salariés et la suppression de la taxe d’habitation sur une partie des assujettis. Cette farce se retourne contre lui au point qu’il vient dans son dernier discours d’avouer qu’il n’était pas en son pouvoir d’enrichir et de rendre heureux chaque Français !

Ce que montre le livre de notre auteur, c’est que dans le fatras de mesures qui ont été prises, rien de permet d’atteindre les objectifs affichés. Non, il n’y a pas de baisse des prélèvements ; non il n’y a pas de baisse de l’endettement ; non les réformettes prises n’ont pas les effets prévus car presque toutes laissent la place à des préoccupations corporatistes qu’on considère normal de prendre en compte. Le nombre des fonctionnaires ne baissent pas. Les syndicats bloqueurs bloquent toujours à peu près tout. On voit avec l’affaire qui secoue la tête de FO que les mauvaises habitudes ont la vie dure : népotisme, détournement de l’argent public, méthodes infectes.

Les économies sont fictives. Le prélèvement à la source est un voyage en Absurdie administrative. La réforme du CESE est une farce (l’auteur dit un trompe-l’œil). Les abus dans les collectivités locales sont toujours majeurs. AVM a beau jeu de montrer que dans la ville natale du Président, Amiens l’absentéisme est toujours stratosphérique : 49 jours ouvrés, s’ajoutant à un temps de travail quotidien faible et une durée annuelle très basse. Quand, de façon régulière, une partie des salariés publics ne travaillent que 6 mois payés 12, avec une rémunération moyenne supérieure à celle du privé, nous ne sommes plus en république.  L’accès aux données est toujours aussi bloqué. On ne doit pas savoir. Quant on voit que le président du syndicat FO, principal syndicat de la fonction publique, se met en congé maladie parce qu’on a découvert quelques unes de ses turpitudes, on comprend tout.

La grande affaire qui s’annonce est la réforme des retraites. Tout le monde sait que le système de retraite des fonctionnaires est totalement abusif. Le livre donne les chiffres et ils sont à frémir d’indignation : les fonctionnaires ont un avantage de 21% en montant  par rapport au privé, avec une retraite moyenne de près de 28.000 euros contre 22.000 pour le privé. Et la manière dont la réforme est conduite aboutira nécessairement sur un nouveau « trompe l’œil ».

Les « rentiers de la République laissent les citoyens dans l’illusion du redressement économique. Avec le risque majeur de dérouler le tapis rouge aux populistes autres bonimenteurs ». « Nous vivons en plein choc de complexité avec ce qui va de pair, l’opacité reine ». « Le risque est de dégoûter nos concitoyens de la démocratie ».

C’est là qu’on rejoint la malgouvernance parisienne, parodie de démocratie, les livres de Zemmour et d’Obertone et plus encore celui de Yascha Mounk « le peuple contre la démocratie (L’observatoire),». « Pour sauver la démocratie, nous avons besoin d’unir les citoyens autour d’une vision commune de leur nation, de restaurer leur espoir en l’avenir économique  et des rendre plus résistants aux mensonges et à la haine qu’ils rencontrent tous les jours sur les réseaux sociaux ». Nous-mêmes, depuis 1977, ne cessons de répéter dans l’indifférence générale : « attention à la colère des peuples ».  La malgouvernance générale et les dysfonctionnements économiques jamais réparés ont un coût qui n’est pas seulement économique.

Maintenant les avertissements viennent de partout. Il est bien tard.

 

Laurent Obertone, et la fin programmée de la France blanche

Laurent Obertone s’est fait connaître par un livre choc et méritoire : La France orange mécanique. Il démontrait de façon convaincante que la sécurité des Français n’était plus assurée et que le développement de la délinquance et de la « sauvagerie » avait atteint de tels niveaux que le phénomène devenait incontrôlable. C’était l’époque où les gouvernements et la presse étaient obsédés d’occulter, de nier, de minimiser les faits et d’en exonérer les auteurs, en enveloppant le tout d’une explication psychologisante : le-la « bourge de base » avait un sentiment d’insécurité mais tout montrait qu’il s’agissait là d’un sentiment. Sentiment malvenu car sans aucune réalité et probablement nourri par la xénophobie et le racisme ordinaire du « beauf » français à tendances pétainistes et pro nazis etc. La ritournelle est connue. L’ennui, c’est que la méthode de l’auteur était imparable : collecter toutes les informations sur la situation réelle et les mettre bout à bout pour dresser un tableau sans fard de la réalité. Ce que le lecteur des feuilles province savait de sa situation locale, l’auteur l’a généralisé à la région et au pays tout entier. Avec trois constats fracassants :

-          La violence était de plus en plus évidente et atteignait des sommets, notamment contre les femmes blanches, avec plus de 100 000 viols par an

-          Lex crimes et délits étaient à plus de 75 % le fait de l’immigration africaine et maghrébine.

-          Les juges ne condamnaient pas. Il est vrai que c’était l’époque du « mur des cons » (que l'on va d’ailleurs juger bientôt), et du « justicialisme » qui décrétait que l’immigré devait toujours avoir la prime sur l'autochtone.

Ce livre a dérangé à la fois les dirigeants de la presse écrite, radiophonique et télévisée, habitués à l’idée que leur rôle était de favoriser le « vivre ensemble » en minimisant tout ce qui pourrait « stigmatiser » et mettre le feu aux poudres, la haute administration désireuse de pas avoir ce bébé sur les bras, d’autant que cet enfant illégitime de la République leur aurait coûté leur réputation, et les dirigeants politiques conscients d’être à peu près impuissants face au « gouvernement des juges », dont les sources sont le Conseil d‘État, le Conseil constitutionnel et, la Cour de Justice Européenne et la CEDH. Le terrain étant occupé par le Front national, le risque était également politique.

L’acceptation de l’impuissance devait être effacée par quelques éructations contre les fâcheux qui la mettaient en évidence. Les cultureux gauchistes subventionnés (nous nous excusons du double pléonasme) de leur côté renforcèrent leur pression en faveur du bon immigré contre le vilain blanc machiste et dégénéré. Le bourgeois à dénoncer des années soixante-dix a laissé la place au mâle blanc dénaturé qui se devait d’être régénéré par des apports immigrés, auprès desquels il fallait prendre une posture d’excuse et d’accueil.

Exit Obertone et Orange Mécanique dans les poubelles de l’actualité maquillée des médias. Il a donc repris le flambeau avec deux livres plutôt mauvais sur l’aspect orwellien de la réaction des dirigeants politiques et médiatiques, puis sur les risques de guérilla urbaine. N’est pas Houellebecq qui veut !

Le revoici avec un livre qui renoue avec la méthode de son premier livre : une compilation journalistique bien faite des faits et des analyses relatifs à l’immigration de pauvreté de masse. Le but est de répondre à des questions majeures du temps, non pas sur la base des intentions ou des désirs, mais des faits. Est-ce que le grand remplacement a lieu ? À quelle vitesse ? Quand sera-t-il effectif ? Est-il bénéfique ? Les mesures prises pour contenir les conséquences sont-elles efficaces ? Il est de fait que ces questions ne sont traitées ni par les instances gouvernementales, ni par les universités, ni par les journaux. Plus curieusement, il est interdit de les traiter et les mesures sont prises tous les jours pour empêcher toute étude sérieuse permettant de connaître la réalité.

L’idée que la population européenne blanche puisse être éliminée par la population africaine noire et maghrébine est ravalée à une hypothèse purement raciste qui déshonore qui ose aborder la question. « Si c’est la réalité, ainsi soit-il, pauvre xénophobe et sale raciste ! » Du coup l’écart entre ce que montrent les médias et la réalité n’a pas cessé de se transformer en immense fossé. Le gouffre est tellement énorme qu’il devient comique ou tragique, comme on voudra.

La France interdite essaie, comme la France orange mécanique, de faire ressortir des faits largement occultés, enfouis, et disséminés dans des centaines d’études jamais citées ni jamais synthétisées dans la presse. Le travail est remarquable par l’ampleur des recherches dépouillées et par le caractère sourcé de tous les faits mis en évidence.

La question cruciale est évidemment démographique. L’étude des composantes de la population étant interdite, la recherche a pris des détours astucieux pour parvenir à répondre à cette simple question : quelle est la part de la population d’origine indo-européenne dans la population installée en France, son évolution et la prévision qu’on peut en faire dans les quelques années et décennies à venir.

Voici les chiffres qui devraient faire consensus : la population non indo-européenne représente aujourd’hui autour de 20 % de la population française métropolitaine. Inégalement répartie sur le territoire français, elle représente dans de nombreuses parties du territoire plus de 75 %, avec une éviction croissante des populations blanches. De façon dynamique on passe de 2 millions de personnes non indo-européennes en 1970 à 12 millions en 2020. Cette multiplication par six est camouflée sous le vocable mensonger imposé par les médias et les politiques de « stabilité de l’immigration ». L’auteur compare ces chiffres avec deux des Français de souche installés dans les anciennes colonies qui n’ont jamais dépassé 1.5 millions de personnes et jamais plus de 10 % de la population totale. On parle de « colonie de peuplement » pour l'Algérie, avec 10 % de non autochtones. Pour l’auteur les Français autochtones sont donc victimes d’une hypercolonisation de peuplement. D’après l’INED et l'INSEE, de 1999 à 2015 la population française de souche a augmenté de 4.6 %, les Turcs de 40 %, les Maghrébins de 46 % et les Africains subsahariens de 138 %.

La grande question est la suite des évènements : va-t-on vers une augmentation de la proportion d’émigrés africains et maghrébins et jusqu’où ? La réponse est naturellement dans le différentiel de fécondité entre population indo-européenne et africaine, et dans l’évolution des nouveaux flux d’immigration. Grâce aux enquêtes épidémiologiques traçant la drépanocytose, une caractéristique non présente dans les populations indo-européennes, au moment des naissances, on sait que la part des naissances dépistées comme porteuse de cette caractéristique raciale est passée de 25 % en 2006 à près de 40 % en 2016. En Ile de France elle est désormais autour de 75 %.

La triste vérité est que le taux de fécondité des femmes françaises blanches baisse comme partout ailleurs et se situe entre 1.2 et 1.4, comme en Italie, en Pologne ou au Japon. Le nombre de femmes blanches en âge de procréer baisse continûment et en secret. Nous avons alerté sans cesse sur ce mouvement mortifère. Le cumul des deux évolutions impose une baisse des naissances qui est très marquée. Près de 100 000 bébés blancs manquent à l’appel en dix ans à peine.

Les projections font peine à lire. On est sûr désormais que la France dans 20 ans aura perdu 3.72 millions de natifs. 100 000 natifs sont remplacés chaque année  par 150 000 divers dès maintenant. « À ce rythme-là les natifs européens seront minoritaires en 2 060 ». C’est-à-dire en une génération. On assiste à la disparition du peuple Français qui sera consommé avant la fin du siècle. La France sera devenue un territoire africain et maghrébin.

C’est devenu la situation générale en Europe qui elle aussi est frappée de disparition programmée, dans sa composition ethnique historique.

Ces faits, car il s’agit de faits et non d’élucubrations xénophobes et racistes, posent la question du « destin national » comme l’écrit Zemmour. On peut ou non considérer que la question est grave sur une base individuelle. Mais il est difficile de ne pas poser la question à l’ensemble de la nation au même où il est encore possible de renverser la tendance.

Obertone ouvre le débat sur des bases larges : cette émigration est-elle inéluctable ? Il montre que non. Est-elle bénéfique ? La réponse est encore non sur presque tous les critères. Peut-on la rendre bénéfique par des versements sociaux de plus en plus colossaux. Eh bien non ! Au contraire les déversements d’argent permettent à une part massive de la population qui s’installe de vivre sans travailler en quémandeur agressif et leur évite d’avoir à s’intégrer et accepter les règles de la société qui les accueillent qu’ils détruisent allégrement.

Du coup voilà l’auteur obligé de dénoncer le « socialisme », cette idée qui veut qu’une partie de la population doive vivre avec l’argent des autres, au moins le temps où les autres n’ont pas disparu. « En offrant de profiter de la nation sans s’y fondre, le socialisme renforce la communauté et la communauté devient un droit dans le droit ». « L’état providence est le meilleur moyen d'accélérer la réclusion sociale, la destruction d’une société hétérogène, et l’effondrement du capital social, en figeant quantité d’individus dans leur attente parasite ». « L’asociabilité n’est plus honteuse mais elle est attractive et branchée ». « C’est bien le socialisme inconditionnel qui crée le ghetto ». On déverse des sommes de plus en plus gigantesques sur des quartiers qui ne changent pas. Au contraire les zones à problèmes se multiplient à l’infini. « Pas question de changer une politique qui perd : l’avenir sera fait d’investissements, de rénovation, de social. Donc de communautarisme, d’allocataires et d’émeutes ». « Être social avec des asociaux, c’est être antisocial » démontre avec moult exemples l’auteur du livre. « La loi perd en importance, l’état en respectabilité, ses serviteurs en estime, la république en dignité. La non réciprocité devient une tentation générale ».

La corrélation entre le grand remplacement et la lourdeur constamment aggravée des impôts paraît évidente à Obertone. Le contrat fiscal se détruit à proportion de la destruction du contrat national.

Mais c’est évidemment la vie quotidienne traditionnelle qui est totalement détruite. « « Le vivre ensemble » avec une hétérogénéité massive détruit peu à peu l’attractivité d’immeubles, de rues, de quartiers, puis de villes entières, de département et enfin de pays ».

Les conséquences politiques de la montée de l’africanisation de la France sont aussi examinées par le livre. La régularisation massive et rapide des entrées clandestines (le plus souvent on entre avec un visa court et on reste et on attend la régularisation) et la naturalisation expéditive des nouveaux arrivés permettent d’enrichir le capital électoral de certains partis. « Cela renforce le lien entre le socialisme, l’assistanat et l’immigration. L’immigration et l'assistanat votent socialiste, le socialiste vote l’assistanat et l’immigration. Le tout devient irréversible ». « Le monstre s’auto alimente ».

Le livre reprend la question de la sécurité. « Fin 2017 il a fallu 170 000 policiers et gendarmes pour « sécuriser » le réveillon. Ils étaient 100 000 en 2016, 55 000 en 2014, 35 000 en 2009 et 28 000 en 2007. Aucun doute nous allons vers l’apaisement ».

On repasse aussi en revue toutes les analyses de la France Big Brother pour tenter de comprendre pourquoi les faits sont niés et cachés, les leçons des politiques inefficaces jamais tirées, la culpabilisation de l'autochtone toujours aussi abusive, les crimes des immigrés toujours excusables.

« Tous les indicateurs montrent que l’immigration de masse n’est pas une chance pour l’Occident » démontre l’auteur dans plusieurs chapitres successifs très documentés.

Il s’attaque alors à un problème beaucoup plus large : la disparition des Blancs sur la planète. La démographie ici encore est dirimante. La logique des taux de natalité est imparable. On parle de la disparition d’un milliard d’humains blancs, au moment où la population mondiale atteindra les 10 milliards ! Obertone cite les mille et une occasions où les principaux intervenants sur les télévisions se sont félicités de cette disparition, le plus souvent en accablant les Blancs de tous les maux du monde. « Vive le métissage » est le leitmotiv des médias. « Les thèses racialistes à la mode n’ont pas besoin de preuve. Le métissage est bon voilà tout ». Et dire le contraire serait une insulte aux nombreux métis qui le vivraient très mal. « Je critique cette idéologie parce qu’elle me semble comme toutes les autres hypocrites, absurde et totalitaire ». Si nous sommes tous égaux, pourquoi le métissage serait-il un mieux ? Le métissage suppose que l'homogénéité est moins bien et que le blanc de souche est un inférieur. Quelle valeur de la République soutient ce gendre d’élucubration ?

Pourquoi diable les « élites » se comportent-elles ainsi ? Ce sont les pages les moins convaincantes. L’auteur une explication psychologisante qui vaut ce qu’elle vaut. Il souligne aussi le bénéfice social et économique qu’il y a à seriner la bonne cause du vivre ensemble. La contre diabolisation n’est pas plus convaincante que la diabolisation pratiquée par les adeptes de la fin heureuse de la France blanche. Dire : arrêter l’immigration de masse africano-maghrébine est possible et si on ne le fait pas, c’est parce qu’on est un malfaisant qui se croit une âme supérieure ne fait rien avancer du tout. « La plupart de nos journalistes et universitaires se comportent comme ces éponges de mer qui, une fois fixées sur leur rocher, mangent leur propre cerveau, devenu inutile ».

La réalité est plus simple : pour arrêter le flot massif d’immigrés « indésirables », il faut déjà en définir les critères. Celui de la race et de la couleur de peau est problématique, en soi, il s’agit d’un racisme, bien intentionné peut-être mais un racisme tout de même. Il s’agit de la survie de ce que nous sommes. Si la survie est en jeu pourquoi ne pas transcender l’interdit du racisme ? Tel est la thèse sous-jacente de l’auteur. « Sinon c’est la guerre civile » dit Zemmour. Actuellement les traités et la Constitution empêchent de mener de telles politiques. Il faut donc sortir des traités européens et changer la constitution dans un sens clairement xénophobe et raciste. Affirmer que c’est une attitude facile à endosser n’est rien moins qu’exagéré.

L’auteur a beau jeu de montrer que les racistes anti-blancs n’hésitent pas dans leurs propos extrêmement violents et que cette violence verbale est partout dans les médias, sous applaudissements. Mais comment devenir raciste pour contrer les méfaits de l’antiracisme outrancier et raciste ?

On cherche à contourner le dilemme moral en soulignant que les thèses immigrationnistes font monter les populismes. Le danger populiste devient une arme contre le danger de submersion !

« Rien n’est impossible sauf si nous décidons que cela l’est. Et quand la survie de la nation est en jeu, la Constitution suivra », écrit l’auteur. Mais il se garde bien d’énumérer les mesures à prendre.

Si on le fait, la situation commence à se durcir pas mal :

-          Interdiction de régulariser des personnes entrées clandestinement ou restée en France au terme de leur visa et expulsion immédiate avec interdiction de visa à vie.

-          Suppression de toutes assistances médicales sauf urgences avec remboursement par le pays d’origine.

 

-          Exclusion de la solidarité nationale des étrangers non indo-européens

-          Non-naturalisation des personnes non indo-européennes

-          Expulsion des délinquants avec regroupement familial inversé (toute la famille d’un terroriste seraient par exemple expulsée)

-          Expulsion pour comportement contraire aux traditions nationales et injurieux vis-à-vis de la France et des Français

-          Expulsion des logements sociaux avec obligation de se loger dans le secteur des loyers libres.

-          Interdiction d’envoyer des capitaux vers le pays d’origine.

-          Nationalité obtenue par la loi du sang…

-          Aggravation des peines lorsque commises par un étranger

-          Expulsion des enfants et des adolescents

-          Interdiction du vagabondage et de la mendicité

-          Sanctions collectives en cas de révolte urbaine.

-          Camps de travail sévères pour les étrangers qui ont détruit leurs papiers

-          Exclusion du champ médiatique et universitaire des défenseurs de l’immigration africaine de masse.

-          Frexit

-          Abandon de la CEDH

-           

En gros, un étranger africain qui moufte et ne travaille pas est expulsable ; s’il est délinquant il peut perdre la nationalité qu’on a pu lui accorder antérieurement. On sort la sanction des mains de la justice pour la rendre à l’administration.

Toutes ou partie de ces mesures sont mises en œuvre dans des pays que nous respectons, comme Israël par exemple .

Certains imaginent plus.

L’auteur se garde bien d’entrer dans cette discussion. Il préfère morigéner les Français blancs eux-mêmes qui ne font plus d’enfants, rêvent de quitter la France, ou se résignent sans réagir. Et il ne cherche pas à comprendre ce que seraient les conséquences de toute nature de mesures efficaces. « Il n’est pas question de remplacer un délire progressiste par un autre délire ». On voudrait avoir plus d’explications.

Il est peut-être utile ici de faire intervenir deux expériences personnelles.

Parti à l’étranger cet été, le chauffeur de taxi était noir (un sympathique haïtien). L’hôtesse Transavia pour l’enregistrement des bagages était noire. Le contrôle de sécurité était opéré par une triplette noire (deux femmes et un homme). La caissière du marchand de journaux était noire. La serveuse du café était noire. L’hôtesse dans l’avion était noire. Au retour : idem. Ajoutons que les caissières du G20 pour acheter un en-cas étaient également noires. 100 % noires !

Aller en métro à la Courneuve où se trouvent les archives du ministère des Affaires Étrangères est une aventure du même type. À partir de la station Chatelet l’intégralité des passagers n’est pas indo- européenne. Mais oui, encore 100 %

Sur la passerelle qui rejoint l’école de la rue Vercingétorix à la gare Montparnasse, le 5 octobre 2018, un enfant blanc supplie un gamin noir de jouer avec lui. Réponse du petit négrillon : « de toute façon je ne joue pas avec les Français ». Ladite école, à quasiment à 100 %, reçoit des élèves de couleur. Du coup plus un blanc ne veut y mettre ses enfants, quand ils en ont. La ségrégation n’est pas univoque.

Le grand remplacement ne concerne pas seulement la banlieue parisienne. Grâce aux efforts de la municipalité de paris, dirigée par des immigrés indo-européens, pour le coup, des quartiers entiers du Paris intra muros virent leur cuti.

Il serait donc malhonnête d’affirmer que le livre affirme des choses fausses ou que nombre de ses observations ne soient pas pertinentes. Ce qu’il décrit est bien ce qui se passe et son livre est même largement en dessous de la réalité, car les évolutions vont désormais très vite. Un recrutement d’hôtesse d’accueil : pas une réponse indo-européenne ! Un recrutement de codeurs ? Pas une candidature « blanche ». Une demande en intérim de personnel de sécurité : pas une candidature blanche. Idem pour les caisses en magasin. Nous parlons de Paris intra muros.

L’auto destruction démographique de la population autochtone est un fait très avancé . Elle n’est pas due à l’immigration ! La consomption française est largement endogène. Elle est la même que celle du Japon, de la Pologne, ou même de l’Allemagne.

L’ennui de notre époque est que nous sommes confrontés à des difficultés que nous pensons inéluctables et sans solutions :

-          Le drame écologique potentiel qui porte sur la survie même de la terre

-          Le drame démographique dans de nombreux pays qui entraînent soit un dépérissement grave soit une submersion par des allogènes

-          Le drame économique qui voit l’organisation économique du monde fondée sur des modalités qui brisent la croissance et la prospérité.

Sortir par le haut de ces drames est possible mais demande de telles remises en cause que nous ne nous en croyons plus capables. Nous cédons facilement à l'inéluctable.

Il est intéressant de noter que sur ces trois sujets, les dirigeants français actuels n’ont aucune politique significative. Ils se contentent de subir. Il est vrai que si la prise de conscience des difficultés inhérentes au réchauffement de la planète, l’épuisement des ressources et l’envahissement par les déchets nocifs est faite, les solutions pertinentes sont loin d’être évidentes (les énergies renouvelables et la réduction des transports ne peuvent pas  être la solution), et que le grand remplacement commence à faire des dégâts électoraux, les deux drames que sont le dysfonctionnement du système monétaire international et celui de l'organisation économique européenne ne sont même pas perçus.

Ce sont des dimensions fortes de la mal gouvernance occidentale.

Hidalgo : la prise en grippe (espagnole)

La démission de Bruno Julliard, promu au PS pour sa conduite de grèves de scolaires, l’animation des CAL et la direction du syndicalisme étudiant politisé, caution « jeunes » du minuscule appareil Hidalgo et symbole de l’homosexuel marié, est moins symptomatique par elle-même que pour la manière dont elle a été accueillie par la Maire de Paris et ses sbires. On connait la manie de l’excommunication et du pilori qui défigure la gauche depuis sa fusion avec les extrêmes gauches communistes et trotskistes. Le pauvre Bruno Julliard est donc devenu, selon les extraits donnés par la presse :

-          Un « sale petit ambitieux qui comme les rats quitte le navire pour rejoindre Macron »

-          Un « traître de comédie » qui se désolidarise par opportunisme d’une politique qu’il n’a pas cessé de cautionner.

-          Un « lâche », dont « la démission ne témoigne pas d’un grand courage dans l’adversité ».

-          Une forme de « néant » (« même pas un Hulot », c’est dire ;  Ce qui rappelle Mme Chirikou dénonçant l’extrême brutalité de ses opposants d’extrême gauche ; N’avaient-ils  pas été jusqu’à la comparer à une « Rachida Dati de gauche » ?

-          Un « agresseur caractérisé et isolé » animé par la volonté de nuire et la haine 

-          Un « fou » qui a des « problèmes psychologiques ».

-          Un « paumé ».

-          Un « inconnu ».

-          Un « bourgeois » qui retrouve son milieu et ses inclinations pétainistes. 

-          Un traître à la « classe ouvrière » poignardant dans le dos les progressistes.

-          Un « type violent et sournois ».

-          Un ambitieux frustré « qui n’a pas eu sa Rolex à quarante ans et qui considère qu’il a raté sa vie ».

-          « Un type qui refuse mon autorité et qui doit faire face à sa conscience.  Un déloyal qui craque avant la bagarre ». (Mme Hidalgo)

-          …

Ces insultes, toutes extraites de différents journaux, ne sont pas le fait exclusif des « porte-flingues » de l’équipe municipale, mais aussi de Mme Hidalgo elle-même, pour qui les propos injurieux et les pleurnicheries victimaires, sont une habitude. Le plus souvent réservées à une opposition inexistante (Mme Hidalgo aime le shadow-boxing), ces injures violentes déclassent cette municipalité en secte et l’abaissent autant que les échecs à répétitions des initiatives mises en œuvre de façon non concertée et violente.

Mme Hidalgo, française récente, avait choisi un noyau dur lui-même composé d’étrangers devenus récemment français et sans passé national ni même parisien : l’homme de communication Jean Louis Missika et l’homme sans communication, un certain Nadjovski, connu pour avoir « un petit vélo dans la tête ». Pour le reste elle s’était calée avec des nominations politiciennes : Un fils d’ancien dirigeant de la LCR, communiste de banlieue monté à Paris et homosexuel marié (une véritable icône de la bien-pensance) ; plus quelques comparses censés représenter qui, l’aile gauche du parti socialiste, qui, les associations homosexuelles ; qui les artistes engagés ; qui les copains ; qui l’animation de la clientèle du PS.

Les Parisiens n’ont pas vu que les mairies locales étaient, elles, laissées à des hommes et des femmes d’extrême gauche. Ils ont voté pour une femme et des bobos et ils ont récolté ce qui se fait de pire en partisans( anes) exaltés-es vindicatifs-ives.

Comme toutes les sectes, celle montée par Hidalgo est fondée :

-          Sur l’excès de pouvoir permanent du chef, enfermé et solitaire, qui considère que « ses » troupes doivent marcher au pas de l’oie espagnole.

-          Sur le secret.

-          Sur le n’importe quoi.

-          Sur les changements de cap à 180°.

-          Sur la communication la plus dévoyée. On déforme le vocabulaire pour masquer les objectifs réels ou les résultats désastreux des mesures prises.

-          Sur l’absence totale de dialogue avec les représentants de la population concernée avec une imagination dans la fausse concertation digne d’un meilleur objet. Faire dire ce que les « gens » veulent à de faux enquêteurs qui ne tiennent compte que des « éléments de langage » préétablis qu’il s’agit de faire passer pour la volonté des Parisiens, demande un peu de savoir faire. « On fait de la politique et on n’a pas besoin d’être idiot ». On pourrait aussi être honnête, disons intellectuellement, mais c’est un mot qui n’existe pas à la ville de Paris, où le faux semblant et la tromperie arrogante sont de règle.

On le voit par exemple sur les initiatives grotesques censées être symboliques comme ces « Urinalgos », ces pissotières fleuries qui voient des hommes se débraguetter en public et pisser devant les badauds effarés.  Quel pédéraste inspiré a-t-il inventé cette saloperie ? Toujours est-il que France 3 a trouvé le moyen d’interviewer un touriste italien totalement émerveillé par l’audace dégoulinante de cette innovation sordide. Evidemment personne n’a sollicité l’avis des Parisiens ni avant la mise en œuvre de ces urinalgos ni après. « J’ai de l’instinct politique » affirme Mme Hidalgo, un instinct « forgé par ses rencontres avec des intellectuels et des artistes ».  Et des énurésiques.  L’instinct hidalgien l’a conduit à tout oser. On se rappelle la phrase d’Audiard sur « ceux-celles qui osent tout ».  L’urinalgo est l’œuvre suprême de Mme Hidalgo, celle qui restera comme son écusson, son symbole, l’exemple parfait de sa gestion municipale, vulgaire, énervée, déplaisante, capricieuse, perverse, déplacée et finalement ruineuse car ces pissotières d’un nouveau genre finiront nécessairement à la poubelle (ou à Beaubourg).

Le propre des dirigeants inaptes est de se cacher derrière des projets plus grands qu’eux et de promouvoir des « audaces » d’autant plus perverses qu’elles sont conduites par des gens qui se croient tout permis. Naturellement ces projets sont menés dans la précipitation et le secret, afin de créer des faits accomplis irréversibles, avec pléthore d’effets pervers que l’on nie et qu’on laisse s’épanouir. Les protestations sont considérées comme des fautes impardonnables de vilains réactionnaires infects qui s’opposent pour des intérêts particuliers ou parce qu’ils « sont » ce qu’ils sont, des machistes, des amoureux de la bagnole, des bourgeois, des homophobes, des racistes, des xénophobes, des pétainistes d’extrême droite, des pinochétistes et des génocidaires qui ne pensent qu’à Hitler, ... la « reductio ad hitlerum » est un réflexe mécanique, chez Mme Hidalgo.

La réélection est la seule motivation. Elle qui s’est beaucoup enrichie et qui, selon les rumeurs et témoignages, se fait construire un appartement Bd Raspail de 300m2 dont la valeur de marché est de 4.500.000 Euros, sans familles noires de 15 enfants sur le palier, sans centre de shoot à l’étage, sans clochards devant la porte, sans bandes de voyous dealers dans les couloirs. Mme Hidalgo aime les sorties avec les grands et les riches de ce monde. Cela flatte son côté « immigrée qui a réussi ». Bien sûr sa carrière doit tout à son intimité avec quelques énarques bien placés et pas grand-chose à des succès professionnels antérieurs qui auraient prouvé une compétence quelconque. Elle se pousse du col dans les réunions internationales et rêve d’un triomphe encore plus grand : la présidence de la République française, alors que ses administrés préféreraient la voir ambitionner un poste de conseiller municipal à, par exemple, Valladoid , si elle en est capable.

Pour continuer à jouer dans la cour des grands, elle ne compte plus sur l’alcôve mais la démagogie la plus totale. Voici un livre qui répète : la santé c’est moi. Alors qu’aucune de ses mesures n’a eu un effet quelconque sur la santé des Parisiens. Au contraire jamais on n’a compté autant d’accidents à Paris du fait de la généralisation des deux roues et la suppression des feux rouges qu’elle impose.  Mais là silence sur les chiffres. Elle ne voulait pas de jeux olympiques, la voici en tête des fans ; elle ne voulait pas de police municipale, elle parle déjà de les armer ; elle bloque les rues, avenues et boulevards en divisant par deux le nombre des voies de circulation, mais elle impose des centres commerciaux gigantesques et la création d’hôtels qui imposeront une circulation de camions et de cars aggravés. L’incohérence est partout. La raison nulle part. Seulement des petits calculs politiciens. Attitude et inaptitude ; posture et imposture !

La voilà bien seule : Missika, son Maître Jacques, lorgne vers Macron et se concentre sur la promotion de son livre ; Le communiste homosexuel marié, Ian Brossat, se recase au Parlement de Strasbourg après avoir ruiné la ville par ses rachats d’immeubles effroyablement coûteux pour installer des immigrés dans les beaux quartiers. « Il me reste mes maires de quartiers », affirme Hidalgo : souvent des idéologues psycho-rigides et narcissiques qui se sont vu attribuer des places inespérées et qui savent aujourd’hui qu’elles n’ont plus d’avenir électoral, après avoir multiplié les décisions détestables et rendus fous leurs concitoyens.

Que dit Bruno Julliard : la gestion « instinctive », entièrement faite de petits calculs d’Hidalgo et de grands désastres qui ruinent des siècles d’investissement et d’effort, « témoigne d’un déficit d’échange et d’écoute dans la prise de décision. C’est aussi vrai dans le rapport aux Parisiens. Un maire doit rassembler pour avancer. Les crispations générées par nos choix sont inévitables. Face aux mécontentements  j’ai eu l’occasion de regretter  un déficit d’humilité  et de compréhension. J’y vois un manque d’authenticité  dans le rapport à l’altérité démocratique ».

En un mot Mme Hidalgo est une virago qui veut n’en faire qu’à sa tête et qui se moque totalement des conséquences de ces actes, tout en insultant toute personne qui émet une réserve et une critique. 

Résultat plus personne ne moufte et les maires locales deviennent à leur tour des viragos sournoises qui se cachent et ne cherchent même plus à prendre à bras le corps les conséquences sinistres des foucades de leur patronne, conséquences souvent aggravées par leurs propres délires, comme dans le XIVème arrondissement de Paris, devenu une sorte de ZAD (Zone à Détruire) où les habitants sont devenus des PMR (Parisiens à mobilité réduite), majoritairement immigrés, abandonnés aux provocations islamistes, aux clochards, aux bandes de voyous, aux camions  et à une saleté repoussante.  Au nom de l’urbaculture et des petits oiseaux.

Rien n’est plus important que l’alternance à Paris. Près de 21 ans de gestion par la gauche socialiste puis l’extrême gauche, ont changé le visage de Paris et pas en bien.  La saleté est partout. Les chaussées, percées de partout par les nids de poule, sont laissées à l’abandon. Les trottoirs sont noyés sous les mauvaises herbes, la pisse de chien (pas seulement) et les chewing-gums, les Roms en famille, les clochards et les deux roues en stationnement illégal. Les équipements publics sont en panne et jamais réparés. Partout des travaux délirants bloquent la circulation et gâchent la vie de quartier. Les étrangers regrettent d’être venus dans une ville qu’on leur annonçait comme « lumière » et qui est devenue indigne de son passé. Il a fallu mettre une cellule psychologique pour les touristes japonais frappés au cœur par la saleté et l’insécurité. Les transports privés sont devenus très lents ou dangereux. Les transports publics sont des égouts. Les rats sont partout.

Les rats et les urinalgos, quel legs aux Parisiens et à la Capitale de la France !

La mal gouvernance municipale parisienne et la maltraitance des administrés par des malfaisants qui se cachent constamment derrière des causes exaltées, qu’ils ne font jamais progresser du fait d’une mentalité qui les rend inaptes à toute réelle réflexion et à toute modeste concertation, est une des dimensions du « suicide français ».

Mme Hidalgo et ses équipes laisseront une ville abîmée, répugnante, répulsive et une population écœurée qui ne reconnaît plus dans ce qu’elle devient, et dont un nombre croissant de ses membres traditionnels ne songent plus qu’à partir, laissant la place aux embouteillages monstres, aux immigrés et aux touristes. Des équipes municipales pléthoriques et inefficaces abandonnées aux mains des syndicats, un budget délirant et une dette abyssale sont la conséquence logique de cette absence totale de sérieux et de dignité des dirigeants municipaux. L’esprit partisan de manipulateurs qui ont rodés leur ascension dans les mouvements trotskistes, communistes ou socialistes, interdit tout espoir d’amélioration.

On pourrit toujours par la tête. Pas besoin de dicton chinois pour le constater. Paris, capitale de la France, doit être sauvé. Si la Capitale est abaissée plus avant, alors c’est tout le pays qui sombrera avec elle.

Fluctuat et Mergitur.

Sirius



L’effondrement de la gouvernance politique

La démission de Bruno Julliard, après celle de Nicolas Hulot et avant celle de Gérard Collomb, marque l’effondrement accéléré de la gouvernance politique. Alain Duhamel a de nouveau (Zemmour et Naulleau du 3 octobre 2018) constaté que le niveau et la qualité des politiques avaient chuté dans des proportions spectaculaires et que la politique n’attirait plus les meilleurs. Les explications sont controversées, pas le constat.

Il est clair que la politique de quota pour les femmes a provoqué l’apparition de candidates élues plus par la force de la loi et l’opportunisme que par l’attrait de la compétence. Beaucoup d’entre elles ne se comportent pas comme des édiles, des députés ou des ministres ayant choisi un parcours politique long. L’émergence d’une forte minorité homosexuelle pratiquement dans tous les rouages politiques joue dans le même sens. Le genre l’emporte sur la politique. De même, la « diversité » incorporée pour des questions d’image et d’affichage, ne produit pas véritablement des politiques mais trop souvent de l’insuffisance (par exemple Harlem Désir à gauche) et de la suffisance (par exemple Rama Yade à droite).

Il est tout aussi clair que l’impuissance qui frappe désormais les exécutifs locaux, régionaux et nationaux, du fait, globalement de la mondialisation incontrôlée et des grignotages de l’Europe institutionnelle et du gouvernement des juges, a accusé le phénomène. Des politiques faibles ont permis aux juges, aux journalistes, aux lobbies, aux minorités agissantes d’occuper le terrain. L’apparition des « réseaux sociaux », appuyés sur l’instantanéité des images et des sons, et les forces de l’émotion, joue désormais son rôle dans l’abaissement général par « la médiasphère ».

La politique française est dominée par la corporation des Énarques, totalement à l’échelon national et presque totalement aux échelons importants des collectivités territoriales (voir Le Havre et Bordeaux). Les préoccupations de caste l’emportent le plus souvent sur le reste.

Les électeurs ont été abaissés à un magma de clientèles fragmentées sans pouvoir autre que de protester, de gémir et de réclamer des prébendes. La honte qui s'empare de beaucoup d’entre eux devant la médiocrité des candidats, de la faiblesse de leurs projets et souvent du caractère douteux de leurs procédés, a conduit à une montée gigantesque de l’abstention.

L’effet de cet effondrement est parfaitement visible à l’échelon national avec les résultats dramatiques de la gestion centrale du pays en termes de chômage, d’exportation, de dettes, d’impôts, d’immigration, de démographie. Tous les ministères sont peu ou prou en catalepsie et ceux qui résistent le font dans l’hostilité et avec des bouts de ficelle. L’effondrement de la gouvernance est particulièrement marqué à Paris, où la gestion municipale s’apparente à la destruction de la capitale de la France par des minorités agissantes, des abusifs, et une clique qui marque tous les jours son mépris pour les habitants (sales, amoureux de leur bagnole, racistes, xénophobes, bourges, etc.), population infecte qu’il faut redresser par des mesures violentes et non concertées.

Le résultat est le triomphe de la malhonnêteté intellectuelle, des coups dans le dos, et des comportements violents et injurieux. Il n’y a plus de dignité politique.

Un Ministre de l’Écologie qui démissionne à la radio en laissant entendre qu’avant d‘entrer dans le studio il n’était pas vraiment décidé à partir et qu’il n’a prévenu personne, quel abaissement de la fonction !

Un Président de l’Assemblée Nationale qui après avoir constaté l’inanité du rôle de second personnage de l’État préfère être ministre dans une fonction secondaire par les moyens qu’on y met, traduit également une forme de difformité démocratique.

Comble des combles, un ministre de l’intérieur quitte son poste dans des conditions conflictuelles pour retrouver un poste de maire, tout en expliquant que le pays est en proie à un début de guerre civile, la république n’étant plus dominante dans de nombreux quartiers, tout en expliquant qu’il n’a aucun conflit avec l'exécutif…

La République du « quand je veux, si je veux », impuissante au pouvoir mais cherchant des postes par caprices, vanité ou intérêt, et les quittant par caprice, vanité ou intérêt, offre un visage déplorable. Les conséquences sont désastreuses aussi bien au niveau local que national.

On définit des projets électoraux entièrement construits sur la com’ et la démagogie à court terme. On méprise l’électeur dès le départ. Il vous le rend bien. Alors on essaie de l’entortiller dans une fausse démocratie collaborative honteusement hypocrite et racoleuse concentrée sur la crotte de chiens. Ou on lui la baille belle avec des discours enchantés alors que ces églogues s'avèrent totalement impuissantes à faire avancer utilement quelque projet que ce soit.

Le règne des effets pervers est devenu absolu. L’écart entre projets et réalité est devenu abyssal. Il déchaîne la susceptibilité des élus, tellement médiocres qu’ils ne comprennent pas pourquoi la réalité tourne au cauchemar, ce qui les conduit à se cacher encore plus derrière la com’, le déni et finalement l’injure. Si un observateur sérieux constate : c’est nul, ils traduisent : « il m’a traité de nul ». Faisons-le taire ! Abattons-le ! S’il ajoute : regarder les conséquences dramatiques ! Alors c’est un infâme ennemi. Déshonorons-le afin que sa voix ne porte pas.

Les piloris s’élèvent partout au milieu des décombres. L’injure et l’injustice ne viennent pas de la base mais du sommet, à la mesure de la faible qualité effective et objective des dirigeants et l’impropriété de leurs ambitions et projets. On l’avait bien vu avec Hollande qui, de son cabinet, avait lancé des campagnes de haine, relayées par les médias, contre des personnalités (Arnault, De pardieu). On le revoit dans la manière injurieuse dont Mme Hidalgo traite la démission de son principal adjoint.

Ces tendances malsaines empêchent tout réel débat sur des questions fondamentales de démographie, de prospérité économique ou d’aménagement urbain. C’est la pensée, le savoir, l’esprit critique, son compagnon naturel et  la compétence qui sont étouffés. La politique perd alors tout sens. M. Macron court après les conséquences de la démagogie qu’il a mis en avant pour se faire élire. La hausse de la CSG associée à l'exonération de la taxe d’habitation et d’une partie des charges salariales était un cocktail électoral habile mais un drame national dont il ne parvient plus à sortir. La destruction de la mobilité à Paris tout en densifiant à mort, avec des projets pharaoniques et en rachetant à prix d’or des immeubles dans les endroits les mieux situés pour loger des immigrés africains, a non seulement poussé les impôts parisiens à des sommets, mais accru la dette de façon irresponsable, au point que la ville est asphyxiée de partout, alors que les fonctions municipales de base ont été abandonnées. La seule chose qui compte est la réélection et on écrit des livres en se présentant comme le sauveur de la santé de la population, alors que cette dernière fuit ou vit dans le dégoût.

Il faut mettre fin à cette course sans fin entre démagogie et effets désastreux. L’affaissement de la gouvernance aussi bien à la tête du pays qu’à celle de la Capitale est inacceptable, en soi et pour ses résultats.

Nous avons donc décidé d’ouvrir le blog à l’analyse des trois livres quasiment proscrits et à la mise en cause de l’action municipale telle qu’elle est menée dans la capitale. Bien entendu, les positions parfois sévères qui y sont exprimées, et parfois sous une forme tonique, ne correspondent pas nécessairement à toute la pensée des membres de notre Cercle mais tous sont d’accord sur cette évidence qu’il faut en finir avec la mal gouvernance publique aux échelons supérieurs du pays.

Il faut maintenant sonner le tocsin.

Avec force.

 

Admin

Impôts à la source : une réforme mal intentionnée ; le symbole d’une France perdue ;

La première grande erreur d'Emmanuel Macron

L’impôt à la source n’a strictement aucun intérêt pour le citoyen. Le seul gagnant à cette mesure est la direction du Trésor. 

Il est logique que le citoyen constate d’abord son revenu et son avoir puis paie sur ces bases établies sa contribution. Il s’agit bien de SON revenu et de SON avoir. Il a le droit d’en disposer comme il l’entend jusqu’au moment de payer son écot. Il fait une déclaration, qui sera vérifiée, et il paie.

Nous sommes là dans la normalité républicaine la plus absolue.

Changer ce système fait entrer dans l’anormalité tout aussi absolue. L’idée du Trésor est de cacher au contribuable son revenu, pour qu’il ne raisonne plus que sur le net. On l’a fait avec les cotisations sociales et la CSG ; On continue avec l’impôt sur le revenu. La TVA, l’impôt le plus lourd, était déjà caché. Un citoyen qui ne connaît que son revenu net-net (net des charges et des impôts) et des prix TTC, voilà l’idéal du Trésor.  Habituez-vous, cher citoyen contribuable à penser dans le cadre étriqué de ce qui vous reste. Et surtout ne vous occupez plus de rien. C’est nous, les hauts fonctionnaires que le monde nous envie, qui feront tout à votre place.  

On sait que les prélèvements en France sont les plus élevés du monde. On nous rabâche, dans la presse dans la dépendance de l’Etat, c’est-à-dire l’ensemble des journaux, revues, radios, télévisions, combien nous devons être heureux de ce record fantastique. Vive l’impôt ; Vive l’impôt ; Vive l’impôt. Le journaliste cabri, inféodé à Bercy, et doté d’exemptions fiscales, ne manque jamais de souligner combien il est indigne de ne pas crier ce slogan formidable ; L’égoïsme petit-bourgeois fait vomir ses dames et ses messieurs bien payés et favorisés, qui savent que s’ils ne crient pas avec les loups de Bercy leur carrière est sans issue. Contester quoi que ce soit de fiscal est une impropriété, presqu’un crime.

L’impôt, c’est le bien collectif ; le revenu des plus faibles ; le bonheur des malades et des gens âgés ! Contester la spoliation fiscale ?  C’est tuer le malade, réduire la gamelle du pauvre, supprimer des enseignants. Salauds de riches qui « ont fait leur sécession » vis-à-vis de la société !   

Alors cachons qu’en France le prélèvement global est égal à la valeur ajoutée des entreprises du secteur industriel et commercial (hors secteur financier et autoentrepreneurs). Ils prennent TOUT ce que nous appelons couramment « les entreprises » créent comme valeur. TOUT.   On a caché cette réalité en comparant toujours les prélèvements avec le PIB qui contient … une partie de la dépense publique. Bien que l’on prenne TOUT, il faut tout de même emprunter.  Et la dette d'état représente deux fois la valeur ajoutée des entreprises.  DEUX ANNEES PLEINES DE PRODUCTION !

Il s'agit d’une invraisemblable gabegie. Une véritable honte nationale déguisée en formidable aventure collective.  On voit que l’Enarque Macron, avec l’Enarque Philippe, n’ont strictement aucune envie de réduire la dépense publique.  Comme avant eux l’Enarque Giscard et l’Enarque Chirac, et tout le paquet de petits maîtres de l’ENA qui ont fricoté dans l’entre deux. L’impôt est la maladie mentale de l’Enarchie.

Son rêve se réalise enfin. Le Trésor touchera le revenu français avant les citoyens. Qu’ils se débrouillent avec le reste. De toute façon leur agent est une concession, une libéralité fiscale, une « dépense fiscale » comme on dit à Bercy, que l’on peut révoquer à tout moment. Ce sera facile : ils ne verront que du feu. Ils ne sauront même plus qu’elle était leur revenu initial, ces moutons tondus et consentants.

Vous avez un locataire. L’impôt mensuel ou trimestriel, on vous laisse le choix, sera prélevé le 1er du mois. Votre locataire a jusqu’aux 15 pour payer. Et parfois il ne paie pas ou avec retard.  Tant pis pour ce salopard de propriétaire. Il sera directement prélevé sur son compte en banque (on a pris soin que tout passe par les banques où une pompe automatique peut être branchée). Mais il s’agit d’un prélèvement sans cause ! Tant pis. Faudra discuter.  Tant pis si cela met votre compte dans le rouge et risque de faire de vous un interdit bancaire. Vous devez l’impôt sur un revenu virtuel et prévisionnel. Vous imaginez que partout dans la presse on s’inquiéte de cette abomination. Pas du tout. Pas un mot. L’impôt à la source c'est bien et tout le monde fait comme cela. Les éléments de langage vous sont régurgités sans l’emballage par des perroquets qui se croient journalistes. On dirait les poupées fardées qui présentent le journal télévisé nord-coréen.

Lorsque l’Enarque Hollande, avec l’Enarque Moscovici et l’Enarque Macron, avaient proposé la retenue à la source tout le monde avait remarqué, sans être contredit, qu’il s’agissait d’un premier pas vers la fusion avec la CSG.

Jean-Marc Daniel, dans son dernier livre, qui vient de paraître, pense que l’opération globale serait excellente si on renonçait à la progressivité.  Renoncer à la progressivité !!!!!!!!!!  Mon cher Daniel, vous rêvez tout debout. Nous aurons la fusion avec la progressivité. Ce n’est qu’une question de temps.

On peut toujours rêver d’un impôt unique de 25% sur toutes les formes de revenus et une TVA à 25% sur toutes les formes de dépenses, avec suppression de l’ensemble des autres impôts et prélèvements, sinon une surtaxe de 5% pour les très riches.  Mais cela signifie pratiquement que l’on baisse des deux tiers la dépense publique, alors qu’on n’est même pas capable de revenir à 50% du PIB (comprenant une part de la dépense publique).

Alain Minc a raison. Le prélèvement à la source est une énorme erreur et une marque indélébile de l’effondrement français. Et irrattrapable. Car il ne peut pas y avoir de retour en arrière.  La première victime sera le Président de la République. Sa prétention hypocrite à « donner » de l’argent aux Français, alors qu’il ne fait que transférer d’un groupe à un autre dans le plus parfait arbitraire, ne résistera pas à la baisse que les salariés verront sur leur feuille de paie.  La baisse c’est « ici et maintenant ». Le reste ? Quel reste ?

Le ras le bol fiscal toujours minoré, jamais évoqué (sinon pour le nier ou le condamner dans les débats bienséants de la TNT et dans les articles de presse) est latent. Le retournement cyclique de la conjoncture a été retardé, il n’a pas été supprimé. On va donc vers une situation extrêmement difficile, entre hystérie fiscale et abandon de toute dimension nationale.  Le citoyen français est en train de perdre la France, devenue un magma informe livrée sans limite au gauchisme antinational, à la substitution de population et à l’islamisme militant. 

Et notre président exige qu’on crée un impôt européen majeur, en plus !

Européisme fiscalisant, prélèvement des ressources avant que les Français ne les touchent, allocation universelle pour les millions de personnes qui ne travaillent pas et attendent des autres leurs consommations, refus de la baisse des dépenses publiques en même temps que tous les services publics vitaux sont effondrés, changement désormais définitif de population à Paris, islamisme non combattu, soumission totale aux Etats-Unis, insouciance vis à vis des manœuvres de la Chine, …

Si la récession périodique, même faible, frappe, que deviendra ce fatras ? Si l’Europe et l’Euro vacillent alors que la convalescence des finances européennes n’est pas achevée, comment ferons-nous ? Si les tensions internationales s’aggravent encore, où serons-nous ?

 Le Français né malin, et qui était encore, il y a peu, universellement admiré pour sa société et son apport à la civilisation, et qui est devenu un peu partout un objet de risée et d'indifférence, ressemble de plus en plus à ce clochard de Buñuel qui se masturbait dans une robe de mariée au milieu des rires gras, trop contents de mettre en pièce ce qui faisait la force et la grâce du pays.

Il ne peut plus y avoir de suicide français : il n’y a plus de France ni de Français.  On célèbre les traîtres membres de réseaux communistes qui tuaient des Français ; on commémore la victoire de 1918 en passant « ad nauseam » la chanson Le Déserteur de Boris Vian et en rigolant des chansons antimilitaristes chantées sous le manteau à l’époque. Il n’y a plus en France que des assujettis qui fêtent leur effondrement.  Les Français étaient une source où s’abreuvait le monde. Ils ne sont qu’un puits où s’abreuvent le fisc et avec lui tous les prédateurs.

Emmanuel Macron, en acceptant une mesure qui n’est pas à son programme et qui ne lui apporte exactement rien, vient de faire sa première grande faute. Il laisse penser que la seule chose qui l’intéresse, lui, son Etat, ses dirigeants, sa presse, est le format et la nature de la pompe à fric qu’on ne met même plus dans la poche du citoyen, mais partout où il le faut pour lui prendre l’argent avant même qu’il ne le touche.

Le retour de bâton sera sévère.

Macron : une politique économique obscurcie par l’électoralisme

Le Président de la République a donc fixé les grandes lignes de son action économique et fiscale pour 2019. Comme en 2017 et 2018, il est prisonnier des moyens employés pour être élu et contraint par ceux qu’il veut mettre en place pour être réélu.  Le « story telling » électoral devient obsessionnel depuis la réduction à 5 ans de la durée du mandat présidentiel. Macron s’est engagé à augmenter le pouvoir d’achat « des masses », conformément au clientélisme politique le pire qui veut que l’électeur soit une sorte d’ayant-droit de la République, un consommateur de biens distribués d’en haut. 

La sagesse et le réalisme s’associent dans l’idée que le niveau de vie dépend principalement de l’activité économique et qu’il faut pour l’accroitre, une bonne conjoncture nationale et internationale, qui échappe largement aux autorités. La démagogie veut qu’on puisse enrichir la majorité soit en s’endettant soit en prenant l’argent de minorités. La France est le premier pays au monde à capter presqu’exactement ce que ses entreprises du secteur marchand privé créent comme valeur ajoutée.  Ses dettes sont colossales. Cela ne laisse que peu de place pour la démagogie socialiste classique, surtout dans l’environnement contraint de la monnaie unique et des traités qui l’enserrent.  Hollande l’a essayé et le ras le bol fiscal en retour lui a explosé à la figure, le forçant à une retraite piteuse.

Emmanuel Macron a tenté et réussi le coup de l’augmentation du « pouvoir d’achat octroyé », en supprimant la taxe d’habitation et en transférant sur les retraités certaines des charges pesant sur les salariés en poste. Ces deux mesures sont absurdes. Les salariés sont ceux dont le revenu est assuré et en croissance. Dès que la conjoncture se redresse, les salaires montent. En France, les salaires ont plutôt monté plus que la mauvaise conjoncture l’aurait justifié. Les entreprises ont préféré restreindre leurs investissements et maintenir leurs marchés principaux en retenant les meilleurs et en soignant les rémunérations et les actionnaires (voir l’article sur les rachats d’actions).  Il n’y avait donc aucune nécessité proprement économique d’ajouter des bonus fiscaux, surtout en les prenant sur les retraités, dont le revenu diminue régulièrement du fait de la non indexation ou de l’indexation partielle des pensions sur les prix. De même, la taxe d’habitation, qui devrait financer les tâches municipales de base, est le seul impôt dont il est juste qu’il soit payé par la quasi-totalité de la population.

La difficulté pour l’Enarque Macron est l’Inspection des finances. Elle veut que les impôts gigantesques escroqués aux pays soient le plus indolores possibles, c’est-à-dire le moins visibles possibles.  Elle se dit, à juste titre, que si les Français savaient vraiment que les hauts fonctionnaires qui gouvernent le pays prennent 55% de l’argent des pauvres et parfois plus de 100% du revenu des riches, ils les mettraient au bout d’une fourche. Elle exige depuis longtemps l’impôts à la source qui permet à l’Etat d’être le premier servi, avant même le producteur, sur tout gain de revenu. Le salarié regarde son net et ne sait même pas ce qu’il a perdu.

La contradiction est totale entre effort d’invisibilité et nécessité électoraliste d’un affichage de libéralités.

Le président est donc incité à remettre au pot pour que ses « cadeaux au peuple » restent crédible, sachant que la reprise d’une inflation significative, en route vers les 3%, mord gravement le revenu de tous mais surtout celui des victimes expiatoires du régime, les retraités. D’où la reprise de l’idée honteusement démagogique de Nicolas Sarkozy d’exonérer les heures supplémentaires. L’état des finances du pays étant ce qu’elles sont, on ne le fait qu’à moitié, en laissant les impôts mais en supprimant les charges. On espère que les intéressés ne s’apercevront pas du tour de passe-passe.

Nous avons toujours affirmé ici que le dégrèvement sélectif sur les heures supplémentaires était une hérésie économique et une absurdité en termes d’emploi.  Redistribution à l’envers d’un côté, et inversion de la progressivité de l’autre, sapent toutes les bases du pacte économique et social qui est défendu par ailleurs. On le voit quand on compare la situation du salarié à celle du travailleur indépendant qui, lui, reste surtaxé quand il dépasse 35 heures de travail. Notre solution serait plutôt de défiscaliser et décharger les dix et même vingt premières heures de travail, quelque soit le mode d’organisation du travail.  

Si on estime nécessaire de restituer du pouvoir d’achat en diminuant les impôts, la vraie solution est de baisser la dépense publique, ce qui ne peut venir que d’une réduction drastique du champ d’intervention de l’Etat et des collectivités locales qui s’est étendu de façon totalement déraisonnable, et la remise en cause des vaches sacrées que sont le pouvoir syndical, les 35 heures, la retraite à 60 ans, les privilèges de la haute fonction publique, les diverses gratuités, etc. Ce n’est pas en donnant un troisième nom à la RGPP qu’on obtiendra le moindre résultat.

Comme toujours avec Emmanuel Macron, on trouve « des petits pas dans la bonne direction », qui laissent entendre que l’avenir sera tout de même meilleur que ce que les débuts pénibles et mollassons ne le laissent penser. Les collectivités locales sont bien obligées de réduire leur train de dépense qui s’était emballé. On a supprimé le seuil réglementaire des 20 salariés et on a considéré qu’il fallait avoir passé 5 ans au moins au-dessus des autres seuils pour que les effets se déclenchent. Il faut se rappeler que ces seuils concernent des financements imposés à l’entreprise pour des dépenses qui ne sont en général pas de son ressort et dont les entreprises du monde entier se passent. Les transports publics et l’habitat ne doivent pas être financés par les entreprises, au-delà des paiements faits au titre des impôts locaux. De même, il importe aux syndicats, politisés comme ils le sont en France, de se financer et de s’organiser par eux-mêmes sans dépendre de l’argent des entreprises ni de l’Etat. On a bien vu que le paritarisme sous égide publique ne menait qu’à un gaspillage inouï des ressources et à l’organisation de mafias. L’Etat s’est arrogé de prendre en charge directement ce qui faisait le fond de sauce des négociations sociales, le salaire minimum, la durée du travail, la longueur des vacances. Les socialistes ont par ailleurs rendu presque tout pénal, dans la vie de l’entreprise et mis les juges au service des salariés abusifs. On voit que la suppression des seuils implique une toute autre dimension de réflexion. Dans un monde où on a voulu que les entreprises françaises soient en compétition avec le monde entier, la seule solution est de cesser de charger la mule. 

On fait évidemment le contraire. Le cas du financement du Grand Paris est typique. Ce projet dément est évidemment incontrôlable. Les coûts dérapent dans des proportions terrifiantes sans que personne ne soit en mesure d’empêcher que cela ne se poursuive au même rythme. Plutôt que de remettre en cause ce qui ne marche pas et ne marchera jamais, on parle de « ressources nouvelles ». Eh oui ! C’est nouveau, la ressource nouvelle.  On va donc charger la mule une fois de plus en s’en prenant aux bureaux. La taxe sur les bureaux, qui n’a aucun sens économique et aucune logique quelconque, sinon de trouver une nouvelle assiette pour des impôts, va donc doubler et s’étendre aux parkings. En même temps la folle Hidalgo a demandé à un nègre de justifier par un livre débile sa politique de suppression de la voiture (donc du besoin de parking). Financer par une chose qu’on supprime des réseaux d’avenir, là est le génie de l’Enarchie soutenue par la démagogie des pseudos économistes socialistes. Il est étonnant qu’un quelconque Pisani Ferry n’ai pas encore proposé qu’on crée un impôt progressif sur les parkings en fonction de leur proximité de la Seine et du numéro de leur arrondissement. Rappelons qu’un parking, à Paris, paie la taxe spécifique d’enlèvement… des ordures ménagères.

Dans le même ordre d’idée, le départ de la grande Bretagne de l’Union Européenne crée un trou béant dans le budget de Bruxelles. La sagesse serait de redimensionner les budgets européens pour tenir compte de cette baisse. Pas question ! Il va falloir se retourner vers « des ressources nouvelles et novatrices ».

Au total, la politique économique d’Emanuel Macron devient illisible. L’obsession du « story telling » politicien se mêle aux bonnes habitudes de l’Enarchie et de la direction du Trésor, pour faire perdurer un système incohérent, antiéconomique et mortifère.

Si, comme c’est probable, la récession périodique usuelle se produit, même légère et retardée, avec chute de la bourse et hausse des taux d’intérêt, on regrettera que le temps des réformes ait été celui des illusionnistes de l’énarchie compassionnelle aggravée et triomphante.

L’affaire Macron n’aura démontré qu’une chose : si on ne peut pas extirper du corps électoral l’idée qu’il doit recevoir des cadeaux en contrepartie de son vote, alors il est juste de ne jamais tenir ses promesses électorales…

Un anniversaire saumâtre : le déclenchement de la Grande Récession

Une crise encore largement incomprise.

Au fur et à mesure que l’on se rapproche du 15 septembre, dixième anniversaire du déclenchement spectaculaire de l’effondrement bancaire international de 2008, avec la faillite acceptée par Paulson de Lehman-Brothers, la presse revient de plus en plus largement sur son déroulement et sur le comportement des uns et des autres des dirigeants aux manettes à ce moment décisif.

Il est intéressant de constater combien les causes de la crise restent appréciées avec courte vue et légèreté.

« C’est une crise des « subprimes » américaines et de la finance mondialisée et dérégulée.   Un incident grave mais finalement bien cerné. Maintenant qu’on a étouffé les banques sous les réglementations diverses, les causes sont sous contrôle et il ne reste qu’à éliminer progressivement les conséquences de ce choc violent. On est sur la bonne voie mais il faut faire attention car les mêmes forces financières peuvent à nouveau se déchaîner, si on relâche la garde ». 

Tel est le mantra de pratiquement tous les articles écrits sur le sujet, que ce soit les propos tenus par les personnes interviewées ou les commentaires des journalistes.

Nous pensons que cette analyse est trop partielle. Elle fait l’impasse sur trois faits majeurs :

-        Les crises de 73-74, 92-93, et 2008 sont de même nature et ont les mêmes causes

-        Le taux de croissance n’a cessé de baisser depuis 1971 de décennie en décennie

-        Le taux de dettes n’a cessé de monter depuis 1971.

D’autre-part, on ne comprend pas pourquoi les banquiers se seraient mis tout soudain à faire n’importe quoi, même si la dérégulation bancaire et l’acceptation d’innovations financières dangereuses accélérèrent les difficultés à partir de la seconde partie des années 90.

Dans notre livre « l’Etrange Désastre » nous avons tenté de montrer que ces crises à répétition provenaient des énormes excédents et déficits de balances de paiement acceptés après l’abandon des disciplines des accords de Bretton Woods. Le recyclage d’excédents aussi massifs a créé une liquidité internationale délirante qui a transformé l’économie monde en économie baudruche. A chaque mini explosion, les banques centrales ont alimenté la machine pour qu’elle ne sombre pas et tout a recommencé un peu plus tard en plus grave, avec un gonflement de valeur d’actifs spéculatifs tout à fait artificiel. Les « subprimes » sont bien l’allumette qui a fait sauter la bombe, mais la bombe était constituée par une accumulation de dettes spéculatives autrement plus massives.

Le trou sur les « subprimes » était en 2008 de près de 600 milliards de dollars et d’après des estimations (dont on ne sait trop comment elles ont été faites et qui varient) la perte finale serait située entre 200 et 300 milliards de dollars. Et il a fallu que les banques centrales créent près de 16 mille milliards de dollars de monnaie et au total c’est environ 60 mille milliards de dettes nouvelles qui ont été générées pour passer le cap !   La perte instantanée était en septembre 2008 probablement proche de 10 mille milliards de dollars, vingt à quarante fois les pertes potentielles sur les « subprimes ».

Dans son interview au Figaro (29 août 2018), Nicolas Sarkozy indique « qu’il fallait avoir une cécité complète pour ne pas s’alarmer » des incidents financiers de l’été 2007, en particulier le blocage des trois fonds de la BNP. Mais lors de la campagne de 2006, il ne voyait rien venir. Nous avons écrit à son équipe de campagne de « ne pas annoncer qu’il allait redresser spectaculairement la croissance, alors qu’une crise majeure allait frapper son quinquennat ».  Sans réaction de sa part. Nous avons publié une version allégée sur le site du forum du Monde pour bien marquer que la crise arrivait et qu’il fallait s’y préparer. 

On sait que Mme Merkel, au moment de l’effondrement, était totalement larguée et continuait de raisonner en gardien du coffre-fort allemand. « La crise est la faute des autres qui ne devaient pas compter sur l’Allemagne pour payer les pots cassés ».  Sarkozy a raison de le rappeler. Mais ce que ni lui ni Merkel n’avait vu, c’est que les banques allemandes étaient automatiquement les plus atteintes puisque c’est elles qui recyclaient les prodigieux excédents allemands. Ce n’est pas seulement HRE qui est en faillite virtuelle en septembre 2008, mais toutes les landesbanken, la Dresdner et la Deutsche Bank, comme la suite le montrera. Merkel n’avait rien vu venir. « Les excédents c’est bien, c’est fort et les banques allemandes sont bonnes et fortes ». En fait elles étaient le moteur du recyclage des excédents et sont largement responsables des investissements douteux dans les pays du Club Med et surtout aux Etats-Unis, dans les subprimes et divers autres marchés spéculatifs.

La corrélation entre trop gros excédents et fragilité bancaire n’est toujours pas faite par les autorités. Dans la même édition du Figaro, Olaf Scholz (vice chancelier SPD de Merkel) considère que l’excédent du commerce extérieur allemand de 265 milliards de dollars, qui a déclenché la crise récente avec les Etats-Unis, ne sont pas un problème. Pour lui, l’Etat allemand n’est pas en cause. C’est juste le résultat de la bonne santé des entreprises allemandes qui sont bien intégrées dans la mondialisation.  « La croissance et la réussite d’un pays sont bonnes pour tous ». Quant au change, il n’est pas sous la direction de l’Etat allemand. Circulez, il n’y a rien à voir, surtout que nous menons une « politique social-démocrate intelligente ».

Nicolas Sarkozy, dans son interview, considère qu’il n’est pas nécessaire de connaître Ricardo, Keynes et Milton Friedmann, pour gérer une crise financière. C’était sans doute vrai au moment de l’explosion du système bancaire et son action en faveur d’une « bombe atomique » lancée contre la spéculation par la BCE a été salutaire, alors que Trichet était dépassé. Mais il devrait tout de même lire le discours aux communes de Keynes expliquant le lien entre désordre monétaire, crise et trop gros excédents commerciaux. Du coup il comprendrait pourquoi la crise est survenue et surtout pourquoi elle risque de revenir. Car s’il craint le retour de la crise il ne dit pas pourquoi les mesures prises ne suffisent pas à l’empêcher. Ricardo a aussi quelques très bonnes pages sur la confusion entre mercantilisme accumulant de l’or et création de richesses. Quant à Milton Friedman, une bonne partie des critiques faites à l’organisation de l’Euro était pertinente. Ce qu’on a vu en 2011.

Il se trouve qu’Emmanuel macron vient d’annoncer et son plan économique interne et son orientation européenne. En route pour une diplomatie économique !  Elle n’est conçue que comme une aide aux exportations. Si le pays n’est pas compétitif, c’est un leurre. Le premier acte d’une diplomatie de la prospérité est d’abord de restaurer la compétitivité du pays et redresser ses comptes. Ce que jusqu’ici, il n’a pas osé faire.   Ensuite de bien comprendre ce qui ne va pas en Europe et dans le monde. Dans une ambiance qui a vu la croissance baisser chaque décennie, ponctuée à chaque fois par une crise toujours plus grave, il importe d’avoir compris pourquoi. Le président n’a jamais énoncé de diagnostic précis sur cette question. Voici que justement Donald Trump frappe la France à cause des énormes excédents allemands. Et que le FMI rappelle que les gros excédents posent un problème. Il serait donc temps d’avoir une vision claire de ces questions. D’autant que Mme Merkel veut imposer un candidat allemand à la présidence de Commission Européenne.

Une diplomatie de la prospérité passe obligatoirement par une stratégie pour mettre fin aux dysfonctionnements globaux du système monétaire international et à ceux de la zone Euro. Sur ces deux questions le silence est total aussi bien dans les propos du Premier Ministre que dans ceux du Président.

Nous sortons en loques d’une crise internationale d’une rare violence et d’une période où l’Europe a fait pire que tout le monde ; les Etats-Unis nous agressent ; les Chinois utilisent leurs excédents colossaux pour acheter notre capital et des entreprises stratégiques dans l’énergie.  Et nous n’avons rien à dire, rien à faire et aucun but diplomatique ?

Nous sommes de ceux qui pensent que c’est une honte française. On peut être en difficulté. On n’a pas le droit de ne rien comprendre et de ne rien faire de véritablement efficace par crainte des réactions syndicales et électorales. Surtout quand tous les mécanismes de la crise ont été explicités par des économistes français de grand talent : Jacques Rueff et Maurice Allais que nos Présidents seraient bien inspirés de relire. 

Une de fois de plus les économistes ne facilitent pas la conversion des politiques.  Un rapport dont toute la presse s’extasie une fois de plus explique la crise par des éléments non significatifs : la prétendue baisse structurelle de la productivité avec des innovations qui ne créent pas d’emplois, ou même, comme les développements récents de l’intelligence artificielle, en supprimeraient l’essentiel, le vieillissement de la population, les écarts de rémunérations. Ce qui est déclaré comme des causes sont pour la plupart des conséquences. Dans une économie baudruche les actifs sont grossièrement surévalués et donc les possédants paraissent avoir une part augmentée. Mais c’est toujours la même maison et toujours le même portefeuille boursier. L’échelle de mesure a changé ( la valeur réelle des principales monnaies a chuté de plus de 95% depuis 1971 ), mais les biens eux-mêmes sont quasiment les mêmes. L’innovation ne produit de productivité et ne crée de l’emploi que si la conjoncture est bonne. Elle ne l’est que de façon artificielle dans une économie baudruche.

Si on restaurait des institutions économiques et financières correctes dans le monde et en Europe, on verrait que la croissance est possible avec une régularisation de bien des excès actuels. La vraie question apparaîtrait alors : le caractère fini des ressources naturelles consommées et les effets globaux des déchets de production et de consommation. Ces deux questions ne peuvent trouver de solution que dans un cadre économique global sain.

Sortir le monde de l’économie baudruche est actuellement le seul combat économique qui vaille. Il faut bien reconnaître que, malgré des progrès, le monde regarde ailleurs.

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes E-toile.

Deux expériences socialistes très pédagogiques

Le retour des hyperinflations

Dans un monde de changes flottants qui s’internationalise brutalement depuis 1971, certaines expériences font figure de leçons de choses monétaires.

Le Zimbabwe, de tous les pays de l’Afrique australe, est celui qui est sorti de la guerre d’indépendance avec les meilleures chances de prospérité. L’ex-Rhodésie est un pays riche. Salysbury, devenue Harare, sa capitale, est une ville charmante, bien desservie et moderne. L’agriculture est prospère, équilibrée entre production vivrière et productions exportatrices. Elle couvre les besoins alimentaires du pays et peut même participer aux plans mondiaux de fourniture assistée de nourriture. Sa place dans la vente de tabac sur le marché international est importante. Le pays est, malgré les drames de la guerre d’indépendance, comme une sorte de Suisse africaine avec un climat favorable et de très bonnes terres.  Les ressources naturelles sont gigantesques et intéressantes parce que largement inexploitées, en dehors du zinc et de l’or, dont on sort des tonnes chaque année d’un sous-sol prodigue. Robert Mugabe, le dirigeant du parti dominant qui avait guerroyé contre les colonisateurs britanniques, et représente l’ethnie principale, se pose en modéré et dispose dans les milieux de gauche, notamment français, d’une mansuétude tout à fait exceptionnelle.  La transition est bien organisée par la Grande Bretagne, avec une apparence de bonne volonté générale qu’on retrouvera plus tard en Afrique du Sud.

Tout le monde croit un instant que la transition vers une démocratie qui tienne compte de la majorité noire sans rejet de la minorité blanche va bien se passer. Le rêve ne durera pas.

Le « progressiste » Mugabe va se transformer rapidement en tyranneau africain caricatural, riche à milliards et cherchant d’inlassables réélections par la force et les exactions. Tout commence par un génocide atroce, la race minoritaire qui avait fourni sa quote-part du mouvement indépendantiste est décimée. La Corée du Nord fournit, contre rémunération, les cadres techniques militaires de ce génocide. Par intérêt personnel, l’équipe Mugabe se mêle de la guerre au Congo en contrepartie de mines (une mine de zinc lui est offerte à titre personnelle !) et d’argent. Le régime s’attaque ensuite aux Blancs, propriétaires de la majorité des exploitations. On en tue une partie tout en expropriant les autres. Les meilleures terres sont confisquées par la famille de Mugabe et des dirigeants proches. Les milices du Zanu-PF, le parti du président, sont dirigées par un reître répondant au nom évoczteur de « Hitler ». Evidemment tout s’écroule. Les mines ne produisent plus. Les champs deviennent stériles. Entre un quart et un tiers de la population fuit le pays et sa misère pour tenter sa chance ailleurs.  La planche à billets est mise contribution.  L’inflation qui oscillait entre 20 et 50% passe soudain le cap de 100% en 2001. On est à plus de 1000 % en 2006, 66.000 % en 2008 et finalement 80 milliards % en novembre 2008. Le tout forme le plus bel exemple d’hyper inflation depuis celle qui a ravagé l’Allemagne un siècle plus tôt. Les institutions internationales chargées à la fois d’éviter les génocides, d’aider au développement et d’assurer la stabilité monétaire ont été totalement impuissantes.  Le régime vend alors des pans du pays à la Chine, pour maintenir les revenus somptuaires de ses dirigeants. Gorgée de réserves en dollars, grâce aux changes flottants et l’acceptation par la communauté internationale de ses énormes excédents, réserves dont elle craint la volatilité, la dictature communiste Chinoise s’installe et commence à récupérer les richesses du pays, pratiquement sans utiliser aucune main-d’œuvre locale. Le dollar devient la monnaie du pays. Mugabe, devenu un vieillard sénile, sera forcé à la démission lorsque sa femme, beaucoup plus jeune, entendra lui succéder. Ce sera un des responsables du génocide initial qui parviendra au pouvoir.

Retenons les caractéristiques de cette histoire : génocide et crimes contre l’humanité, fausse démocratie et vraie dictature, appel à des dictatures communistes pour installer son pouvoir, épuration ethnique et sociale, corruption absolue, ruine du pays, crise humanitaire, émigration de masse des populations, hyperinflation, et finalement affermage partiel du pays à la Chine pour sauver la fortune des dirigeants. Cette descente aux enfers sera presque totalement occultée par la presse française, jusqu’à un revirement récent, Robert Mugabé trouvant en permanence des soutiens actifs auprès de la presse de gauche, plus soucieuse de stimuler la repentance occidentale vis-à-vis des « victimes de la colonisation blanche, génocidaire et inexcusable » que de faire connaître et condamner les dérives ignobles d’une figure idéalisée du tiers-mondisme africain.

On retrouve exactement les mêmes caractéristiques dans l’évolution de la situation du Venezuela. Le pays est extrêmement riche. Il dispose de réserves pétrolières gigantesques. Son potentiel agricole est excellent, avec des possibilités vivrières pour la consommation locale et des produits d’exportation. La hausse vertigineuse des prix du pétrole après 1973 offre au Venezuela la possibilité d’une prospérité unique.  Après l’élection de Chavez, un ancien dirigeant des mouvements révolutionnaires communistes, le pays se lance dans la construction d’un « socialisme bolivarien » assis sur la rente pétrolière.  Le chavisme détruit progressivement la démocratie et la propriété privée. Il arme des milices. Les entreprises étrangères sont nationalisées. La destruction de la production, le développement de l’insécurité, les exactions répétées du pouvoir, finissent par avoir raison de la prospérité du Venezuela. Chavez a fait appel à la dictature cubaine pour épurer l’armée et en contrôler les rouages de commandement. Les nouvelles entreprises nationalisées sont incapables de maintenir la production. Rapidement tout manque dans un pays où la rente pétrolière permettait naguère de fournir à la population les produits de première nécessité qui n’était pas produit localement. Lors que le cours du pétrole s’effondre, le régime est pris de panique. Chavez décide de s’affranchir de toutes les règles et institutions internationales. Il quitte le FMI et met la banque centrale sous tutelle du gouvernement. La planche à billet commence à tourner à plein régime. Les prix enflent en même temps que les pénuries s’aggravent. A sa mort, le pouvoir passe à son adjoint Maduro qui aggrave tout.  Il met fin de facto à la démocratie en imposant une chambre constitutionnelle dictatoriale, élue dans des conditions telles que les députés pro-régime ne pouvaient être que majoritaires. La misère commence à s’installer en même temps qu’une émigration de masse commence. Plus de deux millions de personnes fuient un pays où la sécurité disparait. La criminalité explose. Les meurtres sont quotidiens. Le gouvernement est aux abois. L’inflation s’installe et s’emballe. Elle tourne à l’hyper inflation à partir de 2017. En 2018, elle atteint un million de pourcent. Les dirigeants « socialistes bolivariens » se tournent vers la Chine qui fournit les dollars nécessaires à la survie du régime, contre pétrole et matières premières.  Contrairement à Mugabe, Maduro décide d’innover en créant à l’été 2018 une « crypto-monnaie », le Petro, dont le prix unitaire est celui d’un baril de pétrole, et un Bolivar dit souverain « basé » sur le Pétro. On en est là, avec une crise humanitaire et une émigration qui déstabilise les pays voisins, notamment le Brésil et la Colombie.

On notera aussi ici le soutien indéfectible des médias socialistes et tiers-mondistes français à cette nouvelle expérience socialiste tragique et criminelle, au point qu’un candidat à l’élection présidentielle française de 1917 crut devoir se déclarer un partisan farouche de la « révolution bolivarienne ».  

Il est vrai que les deux « expériences » socialistes présentent d’autres parentés : même ruine du pays ; même destruction de la démocratie ; même émigration ; même recours aux militaires de dictatures communistes pour mater le pays (Corée du nord ou Chine) ; même hyperinflation ; même recours final à une Chine gorgée de dollars par ses énormes excédents ; même haine des pays occidentaux qui avaient fait la richesse des deux pays ; même impuissance des institutions internationales.

Ces deux histoires sont sordides. En dehors des aspects idéologiques et politiques de ces désastres, une réflexion s’impose sur les conséquences du système monétaire international boiteux qui a été mis en place et l’effondrement des institutions multilatérale mises en place par Roosevelt. L’évolution interne des deux pays est certes dictée principalement par les mouvements politiques qui s’y déroulent et la logique de destruction de l’économie et de la démocratie qui est le propre de ces expériences socialistes radicales, mais le système global, totalement déséquilibré, qui s’est mis en place à partir de 1971, a aussi un rôle. Les deux pays étaient parfaitement insérés dans l’économie mondiale et prospères. Ils étaient membres des institutions internationales. Merveilleusement dotés par la nature pour triompher dans la mondialisation, ils devraient être aujourd’hui des exemples de réussite sociale et économique. L’intégration des populations noires et indiennes et leur promotion sociale auraient été faciles à réaliser dans le cadre des Trente Glorieuses.  

Le fait que le monde soit entré dans un système qui a vu une baisse constante du taux de croissance mondial, le déchaînement de crises périodiques de plus en plus graves et la concentration d’excédents massifs dans certains pays, ont eu des conséquences aggravées dans les pays ayant fait le choix d’un socialisme radical. Les crises ont permis l’arrivée démocratique de partis qui ne l’étaient pas ou ont entraîné les dictateurs à rechercher des moyens de faire face à des pertes qui affectaient directement leur fortune et leur maintien au pouvoir. Les deux hyperinflations surviennent après que le chaos sur la scène internationale se soit installé. La Chine n’aurait pas pu mener sa politique actuelle si on lui avait interdit d’accumuler des excédents monstrueux en dollars.

Logiquement, les pays qui ont réussi à sortir du socialisme ont vu leur niveau de vie augmenter et ceux qui ont été forcés à y entrer se sont retrouvés dans la misère.  

Les institutions multilatérales se sont montrées totalement incapables de juguler l’effondrement démocratique et économique des malheureux pays concernés. L’ONU, la Bird, le FMI, le Tribunal Pénal international ont été aux abonnés absents.

Les deux exemples cités sont aussi symptomatiques d’une double faillite du système monétaire international et de du multilatéralisme. Ces deux drames méritent mieux qu’une simple dénonciation de dirigeants-voyous et de leur idéologie délétère. Une économie mondiale mieux organisée et une action internationale plus ferme, excluant de ses instances les nations tentées par ces expériences et interdisant à ses membres tout commerce et aides financières, auraient permis de sauver du drame humanitaire généralisé que l’on constate les populations civiles sacrifiées.

Défis de la réforme de l’enseignement de l’économie au lycée

On connait la démarche classique de la construction d’un programme de lycée, en matière de sciences. Les plus hautes autorités universitaires de la discipline sont invitées à adapter les programmes en fonction des dernières découvertes et à transformer le lycée en nouvelle propédeutique préparant le passage à l’université. On bouleverse en général et le savoir et la démarche intellectuelle qui a permis de l’acquérir. En même temps, le processus est laissé à la cogestion avec les syndicats d’enseignants, en général marxistes d’inspiration et de transpiration, qui viennent ajouter la pincée d’idéologie mortifère habituelle au nom de la « non reproduction des élites » et de la conscientisation des masses sur les méfaits du capitalisme.

Les résultats sont généralement désastreux. L’orthographe a été massacrée. L’histoire a été presque totalement détruite. Les mathématiques modernes ont été l’échec dramatique que l’on sait. L’économie a été réduite à une critique du capitalisme et une ode à la justesse des revendications sociales.

Comme, en plus, on ne veut pas que les parents puissent interférer avec « la puissante construction républicaine d’une jeunesse émancipée » et surtout conforme aux canons du socialisme avancé, cela donne un brouet qui tourne à l’infâmie. L’édition scolaire étant largement tenue par des gauchistes ou même carrément des communistes, comme Nathan, et les parents n’achetant plus les livres, qui sont fournis gratuitement par l’Etat Moloch et choisis par des « enseignants »  (il n’y a presque plus de vrais professeurs dignes de ce nom) ou plutôt, à 85% par des enseignantes, dont le seul mérite est d’avoir milité dans des CAL puis trainé à l’université avant de passer entre les mains des « pédagogos », le spectacle final est sinistre et explique largement l’effondrement du niveau général.

Quiconque a été invité à exposer devant des lycéens le sait : connaissance nulle ; moraline et politiquement correct envahissant.

En matière économique, le caniveau scolaire charrie une telle quantité d’idéologie anticapitaliste que cet enseignement ne sert ni la connaissance de la discipline, ni la formation du citoyen, mais parvient tout juste à fournir quelques abrutis conditionnés pour « nuits debout » et l’alternimportequoi. Les ceusses qui choisissent de devenir journalistes de radio sont nourris à la même mamelle.  On voit le résultat tous les jours dans les radios et sur la TNT : exaltation de la critique du capitalisme ; privilège accordé à tout ce qui est contre ; luttes sociales sacralisées ; blabla ininterrompue sur les inégalités ; cris sans cesse répétés de Vive L’impôt ;  obligation d’équilibrer toute présence d’un commentateur « libéral » par quatre à cinq énergumènes de gauche qui couvriront sa voix pour éviter qu’il n’entache la foi du peuple.

La France a donc atteint en économie le niveau affligeant que tous les observateurs ont bien été obligés de relever. On parle de notes en dessous du zéro Kelvin.  En résumé : capitalisme = beurk ; capitalistes = salauds. Les écolos verts-rouge ont ajouté leurs strates : « la croissance assassine la terre. Il est trop tard pour réagir.  Nous allons assister à l’effondrement proche de la société thermo-industrielle ». Cet économisme écolo-socialiste, à tendance catastrophiste et fin du monde, est à la mode chez les « gnangnantes » qui veulent épargner aux chères têtes brunes qu’on leur a confiées le soin d’accepter la société où ils sont nés et que leurs parents ont rejoint parce qu’elle était prospère.

La production, c’est mal. La consommation ; c’est mal. L’exploitation des autres pour ses petits besoins, c’est mal. Vive la fin du salariat. Les entreprises sont des engins malsains. Rien que des voyous qui fraudent le fisc, trompent le consommateur et tuent l’environnement. Mais, zut, quand est-ce qu’on nous augmente, nous pauvres persécutées et déclassées ? Et où ais-je mis mon téléphone portable hyper sophistiqué qui m’est si nécessaire pour préparer la prochaine festouille, pardon, manif ? Toutes ensemble ! Toutes ensemble !

On dira : vous caricaturez. C’est vrai, mais à peine. Disons que le trait est un peu forcé pour bien souligner le visage de la réalité. La plupart des personnes qui enseignent l’économie sont en général profondément ignorants et n’ont même pas de passion partisane. Tout ce petit monde flotte comme les yeux dans le potage. De temps en temps, un passionné arrive à intéresser son auditoire captif.

Les économistes universitaires ont tenté de sortir du piège de leur mise à mort sociale comme agent de la domination capitaliste et de l’assassinat de Gé, en sombrant dans la mathématique approximative et les modèles. On privilégie la microéconomie en l’agrémentant de formules mathématiques plus ou moins complexes. Dès les années soixante la réforme des programmes universitaires a été de les charger en mathématiques, mal enseignées avec des polycopiés indignes, pour donner du sérieux à la discipline, faire de la sélection et éviter de tomber dans la sociologie politique sous domination syndicalo-gauchiste.

Les projets connus annoncent qu’on pourra faire des exercices de maths avec de l’économie à l’école. Plus neutre tu ne peux pas !  Dès qu’on affirmera une loi un peu trop libérale, on s’excusera, en montrant qu’en effet le modèle est pur mais la réalité impure.

Tout cela est parfaitement ridicule. Le conflit entre économie libérale et économie marxisante n’a pas d’objet : il n’y a pas d’économie marxisante qui tienne !  Cf l’URSS, Cuba, le Zimbabwe, la Corée du Nord, le Venezuela post Chavez et le régime de M. Ortega.

Alors on reprend le débat en opposant keynésianisme et néolibéralisme, qui n’a pas plus de sens car tout le monde connait les résultats des excès des émules étatistes de Keynes, comme les échecs récurrents de l’application des préceptes de Milton Friedman.  On ne fonde pas une formation scolaire sur des théories problématiques qui ont échoué, ni sur des querelles.  

L’enseignement de l’économie doit d’abord s’assurer que les élèves comprennent les principales notions et possèdent les chiffres clés. Enseigner quelques mécanismes fondamentaux et décrire les grands évènements économiques devraient être la seule ambition de l’enseignement économique au lycée.

La mathématique microéconomique est une facilité et un piège. Elle permet de « neutraliser » la discipline mais du coup elle n’a plus aucun caractère intéressant, ni même utile, étant totalement coupée des réalités.

Le terrain scolaire est tellement verrouillé par des syndicats politisés, qu’il parait peu probable que les réformes envisagées soient utiles. De toute façon, l’édition scolaire se chargera de maintenir le climat de domination idéologique gauchisant qui prévaut. Ne jamais oublier qu’une enseignante a la liberté de choisir le manuel mais que les syndicats veillent.  Ne pas acheter le bon manuel vous classe. Ou vous déclasse. Les syndicats gèrent votre carrière. La coercition sociale existe en France dans l’Edunat. Pour avoir la paix, la facilité est de rester dans le courant dominant.  Comme les enseignants (tes) actuels (lles) d’économie qui ont une formation mathématique sont une espèce quasiment inexistante, croire qu’ils vont enseigner des équations plutôt que de prêcher la bonne parole est d’une parfaite drôlerie !

L’Economist dans un numéro récent explique qu’il est extrêmement difficile d’enseigner la macro-économie, (assimilé à une escroquerie intellectuelle par une grande partie des économistes en provenance des grandes universités américaines). L’ennui, c’est qu’ils n’ont pas d’explications de la crise de 2008, sinon pour expliquer que ce sont des vilains et les Etats qui ont faussé le libre et bénéfique jeu du marché.  Il faut se rappeler le diagnostic du premier G.20 après le déclenchement de la chute des banques. Les normes comptables, les bonus, la cupidité des banquiers, tels étaient les causes !  Une « explication » qui n’est qu’une « expiation » sur le dos des autres.  

La science économique est en difficulté, comme science dure. Il est normal que son enseignement ne soit pas facile. En France, la difficulté est multipliée par les résidus d’idéologie qui enserrent encore les esprits et animent les syndicats. Et une partie des enseignants : M. Alexis Corbière et Mme Nathalie Arthaud dont tout le monde a eu l’occasion de méditer la modération dans l’engagement gauchiste, donnent une bonne idée du problème.

L’important est de donner des connaissances indiscutables et il y en a beaucoup. Et de ne jamais transiger sur la neutralité scolaire, sans sombrer nécessairement dans l’abstraction mathématique.  

Commerce extérieur français en déficit : une surprise ?

Le commerce extérieur français continue sur sa belle trajectoire de déficits. Quelle est la cause première de ces déficits récurrents ? Le manque de compétitivité et de productivité. Quelle est la cause de ces manques : la réduction administrative du temps de travail et l’excès de dépenses publiques et d’impôts.

En dépit de tous les articles et éructations, sur la TNT, des collectifs d’économistes socialisants, l’effondrement du commerce extérieur suit inéluctablement le passage forcé aux trente-cinq heures. Dans un pays où l’Etat collecte près de cent pour cent de la valeur ajoutée des entreprises non financières de plus d’une personne, ce qu’on appelle les entreprises, et détourne à son propre profit et celui de ses agents, l’essentiel de la richesse produite, il est normal que la production vienne pour une bonne part de l’étranger et que l’exportation soit difficile. Pour corser l’affaire, sous l’influence des communistes depuis la Libération, le gros des charges sociales et de l’impôt pèse sur la production. On importe des produits sans charges sociales contre des produits avec charges sociales.  Si celles-ci étaient faibles, ce serait déjà un problème, mais ce sont les plus lourdes du monde. On a par ailleurs chassé « les riches », mettant notre industrie entre les mains de l’étranger.

Comme nous sommes nés malins, nous avons multiplié l’importation d’étrangers inactifs en faisant fuir nos actifs nationaux.  Nous avons confié les règles du commerce extérieur à des étrangers, via l’Union Européenne qui n’a d’autre envie que de passer des contrats de libre échange qui met nos industries directement en concurrence avec des pays à salaires misérables et population innombrable, et ceux techniquement les plus avancés.  

Il faut bien voir que des déficits commerciaux se traduisent par la captation de l’épargne nationale par l’étranger ce qui nous impose, pour maintenir notre niveau de vie, de recourir massivement à l’emprunt. Emprunt de l’Etat éternellement en déficit et des particuliers qui n’ont pas le choix. Heureusement, pour sauver les banques de l’explosion de l’économie baudruche mise en place en 1971, la BCE maintient depuis des années les taux à un niveau ridiculement bas, propice à toutes les bulles. Il permet à l’étranger de piller ce qui reste de nos entreprises.

La France dispose donc d’une économie totalement voilée, faussée, la production suivant les dépenses publiques plus que les besoins exprimés par la population. Quand on sert la dépense publique on n’exporte pas. Quand on construit des milliers de ronds-points, on n’exporte pas. Quand on investit indéfiniment à pertes dans des lignes de chemins de fer sans rentabilité, on n’exporte pas.  Quand on cherche à réduire les dépenses de santé « gratuites », en allant importer des pays à bas salaires la presque totalité des spécialités, on détruit son industrie du médicament et on n’exporte pas.

Il est désormais parfaitement clair que le gouvernement actuel est ce que nous dénonçons depuis le début : le champs clos de l’Enarchie Compassionnelle triomphante, qui a gagné la dernière présidentielle grâce à une démagogie sans limite et l’astucieuse destruction orchestrée du candidat Fillon.

Depuis maintenant un an, aucune mesure de fond permettant de restaurer la compétitivité et réduire la dépense publique n’a été prise.  Aucune sérieuse.

On parle de quelques centaines de postes de fonctionnaires supprimés. La dépense publique a fortement augmenté. Aucun effort de réduction des charges sociales portant sur l’entreprise (on a évacué sur les retraités une partie des charges sociales salariales). Les grandes entreprises publiques du passé (Air France, EDF, France Telecom, la Poste, la SNCF, la SNCM…) restent des boulets syndicalisés qui multiplient les pertes et les exactions contre les Français.  Les prélèvements fiscaux de cette première année sont supérieurs à ceux de la première année de l’hystérique fiscal Hollande !  Personne au gouvernement ne sait comment se sortir du piège de la suppression de la taxe d’habitation et de la révolte des collectivités locales accros depuis des années à des dépenses démagogiques sans limite, voire à une hystérie vélo-bobo-socialo-gaucho destructrice, comme à Paris.  

Alors tout le monde emprunte et importe, sans le savoir. 18 ans de ce régime a mis la France au rang de puissance marginale et la phrase la plus entendue dans les milieux qui ont les moyens de compter est : « la France, c’est fini ; ce n’est plus là que cela se passe ».

Nos exportations sont le plus souvent le fait de grands marchés vulnérables. Dassault est sous la menace d’un embargo américain sévère, comme Airbus. L’affaire iranienne montre la vulnérabilité de Total et des constructeurs automobiles français. Comme nous avons systématiquement empêché les PME de grossir, du fait des effets de seuils et des prélèvements abusifs sur la réussite, même petite, nous n’avons pas de Mittelstand permettant d’exporter des produits ciblés et mondialisés. Nous avons été sortis et depuis longtemps des marchés technologiques de pointe.

Virés de l’informatique, virés d’internet, virés de la téléphonie mobile, virés de la mécanique, virés de l’électronique, virés des réseaux sociaux, absents des technologies vertes, ridiculisés par les Chinois dans le nucléaire, anglosaxonisés et marginalisées dans l’industrie musicale et plus généralement la Culture, où est donc la France qui innove et qui prend des places de n° 1 mondial ? L’édition proprement française est quasi morte comme la presse d’ailleurs. L’agriculture française commence à montrer des béances de compétitivité, du fait de son organisation presque purement administrative, voire communiste (Modev etc.). Même l’agroalimentaire, le vin, la mode, le luxe et le tourisme commencent à souffrir. La plupart de nos grands hôtels appartiennent désormais à l’étranger. Les grands groupes qui marchent vivent la main dans la main, et la main dans la bourse, de l’Etat et des collectivités locales, ou ont été rachetés par l’étranger ou sont à la veille de l’être.

Quant à nos grandes administrations, elles sont toutes dans le désarroi depuis longtemps. La justice est effondrée sans espoir depuis qu’elle s’est mise au service de la délinquance (qui n’est coupable de rien puisque victime de la société bourgeoise)  et a choisi de chasser le bourgeois (la source de tous les maux) ; l’école n’est pas loin du néant comme l’université ; la police est dépassée par la délinquance des vrais voyous; les armées fonctionnent avec des bouts de ficelle (et des fournitures venant de l’étranger ; la diplomatie française gère la fermeture de toutes les institutions qui faisaient notre rayonnement et accélère la marginalisation du français comme langue utile.  Notre langue cesse même d’être une langue enseignée dans de multiples pays.  C’est peu dire que le régalien en France est à la dérive. Quant aux naissances, elles ont commencé leur baisse historique, à force de démanteler les dispositifs natalistes.

On dira : M. Blanquer a commencé à redresser l’école. On a supprimé quelques abus avec la nouvelle loi sociale. On a supprimé pour l’avenir (lointain) le statut de cheminot. On a réduit l’ISF en IFI. Le forfait sur les revenus de l’épargne a mis fin à une mesure dramatique pour l’épargne. C’est vrai, c’est bien, mais c’est peu.

Compte tenu du coût aberrant des réactions syndicales communistes, il aurait peut-être mieux valu aller beaucoup plus loin tout de suite, après avoir réformé lourdement le droit de grève et les financements syndicaux.   

La haute fonction publique qui tient l’Etat et la Nation, en les ruinant tous les deux, à la manière de l’aristocratie d’ancien régime, est d’abord soucieuse de sa propre conservation. Elle considère qu’elle ne passe pas par une meilleure productivité du pays, trop rugueuse à imposer tant les remises en cause sont nombreuses et importantes.

Nous conserverons donc des millions de chômeurs et des millions de fonctionnaires ou de personnes dépendant directement de la dépense publique (près de 15 millions de foyers tout de même, sans compter les retraités, plus de trente millions avec).

Notre déficit extérieur restera, pour sa part, majestueux. Un pays qui n’a jamais su avoir des finances publiques équilibrées depuis le triomphe des Enarques lors de l’élection de Giscard comme Président de la République et de la nomination de Chirac comme Premier Ministre, jusqu’à l’élection de Macron à l’Elysée et de Philippe à Matignon, ne peut pas espérer avoir un poids économique mondial positif. Supprimer les déficits abyssaux, les impôts confiscatoires, les dépenses folles, la cogestion syndicale des administrations, de la santé, de l’agriculture, de la culture serait, pour l’Enarchie, la même horreur que vider l’eau du bocal pour le poisson rouge.

La réforme de la Constitution est désormais morte avant d’être enterrée. Il est vrai qu’elle ne servait à rien. Elle n’aurait eu de sens que si ces trois articles avaient été ajoutés :

-        Nul ne peut être élu dans une assemblée qui fixe l’essentiel de sa rémunération et de ses conditions d’emploi.

-        Nul ne peut bénéficier de deux rémunérations de l’Etat ni cumuler une rémunération d’Etat et une rémunération privée.  

-        Ne peuvent bénéficier d’un statut de fonctionnaire que les très hauts fonctionnaires dont l’emploi par l’Etat est discrétionnaire et qui doivent être protégés du risque politique (soit pas plus de quelques milliers, tous les autres devenant contractuels).

A la benne Benalla et la réforme constitutionnelle ! Pendant ce temps-là M. Juncker, sans mandat, va à Canossa-Washington négocier avec M. Trump.  Le story telling avait été grandiose : « on ne pouvait rien espérer. Mais un accord miraculeux a été signé. Merci qui ? ». Communication quand tu nous tiens ! Comment peut-on représenter en même temps les intérêts d’un pays excédentaire jusqu’à l’indécence et la France ? La question ne sera pas posée.

Dans ces conditions, comment croire que les comptes extérieurs français se corrigent tout seuls ?

Ce blog a dix ans

Nous fêtons le dixième anniversaire de ce blog, créé en 2008 à la suite d’une première approche, lancée 11 ans plus tôt sur le forum du Monde, avec les mêmes ambitions. En 1997, nous pensions que l’économie était mal traitée dans la presse dominante et que Maurice Allais n’avait pas été compris. Une crise grave était en préparation dans l’inconscience générale, alors qu’une « économie baudruche » s’était installée sur les décombres des Accords de Bretton Woods. L’Europe de l’Euro étaient en marche avec des risques très sérieux, totalement minorés ou ignorés. La France s’enfonçait doucement alors que triomphait ce que nous appelons l’Enarchie Compassionnelle, sous l’effet du poids excessif de la dépense publique, d’une perte de compétitivité massive liée aux 35 heures, de l’étouffement des entreprises soumises à la dictature des juges, de la taxation confiscatoire des « possédants » et du bannissement des « riches ».

L’opinion telle qu’elle était exprimée dans la presse semblait incapable de sortir d’un discours obscurantiste déplorable mêlant les reliques de la domination marxiste à gauche et les délires du « politiquement correct » issu des universités américaines. Le gauchisme et la posture antibourgeoise étaient désormais la doctrine dominante et obligée chez les journalistes, avec de moins en moins de freins. Le forum est une technique qui vous informe très vite des mouvements d’opinion et dès 1999 l’exaltation de la haine, reconnue aujourd’hui comme la marque des « réseaux sociaux », était perceptible, rendant très difficile les dialogues positifs. Les concours de postures valorisantes et moralisantes, sans valeur et sans morale sous-jacentes, avec appel à la meute contre les vilains, étaient déjà parfaitement perceptibles en 1997. 20 ans après, ils ont pris une ampleur démentielle, tuant radicalement toute réflexion de bonne foi et construite sur les faits et non sur des actes de foi ou des marques de soumission idéologiques.

Incapacité de comprendre les dangers des changes flottants et des grands déséquilibres, incapacité à comprendre la crise argentine et plus généralement la crise appelée à tort des pays émergents, incapacité à voir venir l’effondrement du début des années 2000, incapacité à voir les conséquences délétères des 35 heures, incapacité à comprendre le caractère dépressionnaire de l’Eurosystème, incapacité à juger la politique Schroeder à sa juste valeur, incapacité à comprendre l’effet sur la classe ouvrière occidentale de la promotion des peuples anciennement soumis au communisme, incapacité à comprendre que les marchés ne règleraient pas tout et que la finance était devenue folle, tout cela était manifeste entre  1997 et 2005 mais très mal compris. Les éructations chauffées à blanc et les analyses sous prismes idéologiques déformants, témoignent de l’état mental de ceux qui s’y laissent aller, mais ne disent rien sur les réalités.

L’abandon à plusieurs reprises des historiques du forum du Monde, empêchant de faire le lien entre des projections et la réalité, a contraint notre petit groupe à se réunir et à créer un site spécialisé. L’arrivée d’une crise majeure de type 1929 était tellement aveuglante que nous voulions l’annoncer sans ambiguïté. C’est ainsi que nous avons publié notre bulletin de conjoncture semestriel qui était sans équivoque. Nos dernières interventions sur le forum Le Monde prévenaient Nicolas Sarkozy qu’il ne fallait pas annoncer qu’il allait redresser spectaculairement la croissance car il aurait rapidement à traiter une crise majeure et une récession dont on sentait qu’elle serait encore plus grave que celle de 1992-93 qui avait déjà été très forte. Nous avons envoyé une lettre en ce sens à son staff. Sans effet naturellement. Nous en avons publié l’essentiel dans un ultime message sur le forum du Monde, où il était encore récemment consultable.

Dix ans après sa création, notre blog fait l’objet chaque année d’environ 260.000 lectures. Il a dépassé 1.500.000 lectures cumulées.

Les articles les plus lus répondent à trois types de préoccupation :

-        L’explication de la crise et de ses développements

-        La présentation des pensées de Jacques Rueff et Maurice Allais, totalement ignorées par la presse et l’université, alors qu’elles sont remarquablement pertinentes pour comprendre les évènements

-        Les articles qui complètent et précisent « des questions de cours » souvent mal traitées dans l’enseignement scolaire et universitaire actuel avec parfois l’enseignement d’erreurs « magistrales ».  La monnaie est en particulier un domaine très mal enseigné.

Un des thèmes majeurs que nous avons constamment enrichi d’analyses et de témoignage se résume dans cet avertissement : « attention à la colère des peuples ! » Nous considérions (et nous persistons dans cette analyse) que le refus absolu de voir les causes et donc d’anticiper les conséquences auraient de graves conséquences sur la majeure partie de la population des pays occidentaux et qu’il fallait donc se préparer à des réactions sévères.  Savoir lesquelles étaient plus difficiles.  On voit que la colère s’est défoulée par le canal politique avec l’arrivée de gouvernements folkloriques et /ou populistes dans un grand nombre de pays européens, les explosions de colère dans les pays arabes, le renforcement des autocrates sans scrupules et indifférent à l’opinion mondiale, le Brexit et finalement l’élection d’un Trump à la présidence des Etats-Unis, qui donne à la notion de « leader du monde libre » des couleurs passablement grisâtres.

L’impossibilité à gauche de se dégager des analyses gauchistes qui laissaient miroiter que les difficultés seraient riches de possibilités de prise du pouvoir et à droite à s’élever au-dessus de médiocres soumissions au diktat américain, laissait l’analyse de la crise qui sévit depuis 1971 totalement orpheline. Les rares autorités officielles qui oseront se lever pour défendre la thèse qu’on ne pouvait plus continuer comme cela, en fait uniquement Maurice Allais, seront balayées à gauche comme à droite et ensevelies sous un fumier de mépris d’épaisseur majestueuse.

Une organisation mondiale défectueuse, dont les institutions communes, totalement dégénérées ne tenaient plus leur rôle, et dont les règles étaient violées tous les jours, se cumulait à une organisation européenne de la zone euro problématique et potentiellement récessionniste, dans l’indifférence générale, sinon des combats faciles à gagner contre des trublions sans solutions alternatives. La France, elle, faisait le choix suicidaire de la dépense publique sans limite, des impôts confiscatoires, des gouvernances locales hystériques et désireuses d’en découdre avec leurs propres électeurs « pour leur bien » et de frapper durement les autres dans leur vie quotidienne, de la chasse aux « dominants » en mettant la justice au côté des « dominés » ou prétendues tels.

Le justicialisme, le gauchisme judiciaire issu de mai 1968 qui veut que le juge prenne toujours la défense de la femme contre l’homme, du salarié contre le patron, du piéton contre l’automobiliste, du malade contre le médecin, de l’acheteur contre le vendeur, du locataire contre le propriétaire, etc., a été renforcé par des lois dites « d’affranchissement » qui ont bloqué toutes les possibilités de relations équilibrées dans la société. La puissance agissante, qui est la source de tout dans une nation, car il n’y a pas de progrès sans polarisation des efforts ni de polarisation des efforts sans un minimum d’autorité, a été partout entravée. Les relations sociales sont devenues impossibles. Avec l’arrivée des « réseaux sociaux » s’ajoutent une coercition « sociétale » qui réduit les anciens « papas morale » et les « mères-la-vertu » à des exemples de discrétion et de câlinerie. Jamais la réprobation morale, basée sur aucune morale, mais les lubies du temps, n’a été plus valorisante pour ceux et celles qui en emplissent leur bouche. Avec à la clé un spectacle de plus en plus grotesque et décourageant. Il ne faut plus de signe religieux dans l’espace public mais une symbolique pédérastique doit être peinte le long des passages piétons, dans un « quartiers pédé », alors qu’on interdit les concentrations sur la base d’affinités au nom de la mixité. Il ne faut plus de courses de taureaux ni de chasses au renard, mais on accepte que 400 loups tuent 12. 000 brebis. Il faut plus d’ouverture mais moins de circulation. Les handicapés doivent être mêlés dans des classes qu’ils ne peuvent pas suivre et qui, dans les configurations ethniques des banlieues noires et arabes, génèrent des situations disons incontrôlables et déplorables pour tous, en dépit de création de dizaines de milliers de postes « d’accompagnants » mal pourvus et sans doctrine.  Comme le « chante » un rappeur :

« Les Gaulois nous envoient leurs tarés ;

Tarés les Gaulois, tarés les Gaulois.

Fuyons l’école et vive la rue. 

Fuyons l’école et vive la rue.  

Ils n’ont rien à nous donner,

Nous devons tout arracher. 

Fuyons l’école et vive la rue.

Fuyons l’école et vive la rue ».

 

Et vive la mixité.

Pour un observateur français, la situation est particulièrement délicate. Les dysfonctionnements mondiaux et européens peuvent être décrits mais, il n’existe aucun levier pour lever les obstacles. L’effondrement français peut être dénoncé dans ses nombreuses composantes, mais les forces politiques en présence et les effets de dominations idéologiques qui prévalent dans la presse, ne permettent aucune vraie réaction. Les Français ont glorifié l’impuissance et la soumission. Maintenant qu’ils sont et impuissants et soumis, accablés de chômage, d’immigration sauvage, de dettes et d’impôts, sous la pression, dans la rue, des « sociaux-fachistes » et, dans les médias, des « christo-cocos », quelle voie de sortie vers le haut ?

Cette situation force l’analyste économique à s’éloigner de temps à autres de l’économie pour étudier les fantaisies malsaines de l’idéologie et de la politique.

Dix ans après, est-ce que certaines de nos thèses ont progressé ? Ce n’est pas tant notre force de conviction qui est en cause. Nous n’avons jamais pensé à autre chose qu’à une forme de témoignage actif, en espérant que les réalités auraient leur propre force de démonstration.

Le nouveau président a impulsé un retour en arrière sur la judiciarisation des relations sociales et un début de démontage de l’appareil de destruction fiscale mis en place par ses collègues énarques dans les 30 années précédentes. On n’est pas au milieu du gué. Peut-être au dixième du chemin à parcourir pour retrouver une situation acceptable. C’est un mieux.

Trump a été un révélateur « facilitant le diagnostic et compliquant la solution ». Désormais les grands déséquilibres sont sur la sellette. Le lien n’a pas encore été fait entre énormes déficits et énormes excédents, ni entre énormes excédents et création d’une économie baudruche, ni entre économie baudruche et explosion économique de 2008, mais cela vient.

Le malaise est complet entre les projections européistes grandioses de M. Macron et la triste situation d’un Juncker allant à Canossa et à New York pour voir Trump la queue basse et le verre haut. Il est obligé de défendre les excédents allemands qui sont indéfendables ! L’Europe est prisonnière des excèdents Allemands. La France est taxée au nom des excédents allemands. Que signifie encore le couple franco-allemand ? Des réformes majeures sont indispensables pour rendre l’Europe audible dans le monde et confortable pour ses membres. Personnes n’a su détailler lesquelles, parce que justement, la première d’entre elle est de trouver un moyen automatique et contraignant de ne pas accumuler de gros déficits ni de gros excédents.  Ne pas le faire revient à un combat idiot entre démantèlement de l’Union Européenne ou saut fédéraliste refusé par les peuples.

Personne ne sait comment contrer Trump, parce qu’il a en partie raison. Les grands excédents Japonais, Allemands, Chinois sont condamnables. Au lieu de chercher à savoir comment les inactiver, les grandes institutions habituées depuis quarante ans à la soumission et au viol de leurs propres statuts, se taisent.

Les économistes officiels se complaisent toujours dans la pusillanimité et les discussions microbiques sur des points de détail qui ne peuvent fâcher personne. Le reste du temps ils s’insultent selon des lignes de fractures idéologiques. Ils sont inaudibles. Cela dure depuis longtemps, mais maintenant cela se voit.

Notre satisfaction est d’avoir correctement détecté et analysé les mouvements des grandes plaques tectoniques qui sont le soubassement des faits économiques et sociaux de ces 20 dernières années.

On se rapproche aujourd’hui du moment où il faudra bien cesser de ne rien voir et de rien faire.

Trois exemples de ce qui ne va pas en France.

Le ridiculetue mais lentement.

Tout le monde vous le dira : nous sommes entrés dans un nouveau monde, peuplé d’êtres nouveaux, pour qui le bien commun, le souci de la nature, le respect des bêtes et des minorités, la moraline suave, la mentalité des bisounours les mieux maternés et la repentance vis-à-vis des péchés de l’Occident, forment la base d’une bouleversante nouvelle humanité française.

Depuis que la contestation, c’est-à-dire la protestation gratuite et moralisante, a été doublée par la défense judiciaire et administrative des « faibles », le devoir politique est de les « affranchir », c’est-à-dire de leur redonner la supériorité dans le « rapport de force », par la loi et le règlement, par le fonctionnaire et par le juge.  Une situation hypocrite s’est ainsi crée où toutes les relations entre fausses « victimes » et faux « puissants » deviennent problématiques et malhonnêtes. En même temps, les élus s’octroient le pouvoir de nuire à des catégories de population d’une façon haineuse et radicale. Le citoyen blanc indigène de centre ville, le propriétaire, le conducteur automobile, l’employeur sont des « salauds au sens sartrien du terme » qui doivent savoir qu’on ne leur fera aucun cadeau, au nom du bien commun naturellement.  On voit sortir de nulle part des excités, souvent français récents, qui se font élire sur des programmes de haine dont ils attendent argent et pouvoir, inaccessibles sur leurs capacités propres.  Ils ne savent rien mais ne doutent de rien. Leur seule préoccupation est de forcer les décisions les plus saumâtres, tout en essayant par mille combines de sauver leur siège. « L’ais-je bien descendu » est leur questionnement unique, en parlant du bourgeois naturellement, pas de l’escalier des Folies Bergère.

Après 40 ans de ces délicieux délires, la situation de la France est naturellement totalement désespérée. Chômage de masse, déficits monstrueux, productivité évaporée, relations sociales épouvantables, fuite des cerveaux, exil fiscal, intégration impossible, tous les symboles d’un pays malade sont affichés en France. Les Britanniques qui avaient le français en seconde langue l’abandonne (pour l’espagnol), constate la Presse du jour, comme d’ailleurs tous les autres pays qui avaient fait du français une langue de culture indispensable. Aux Etats-Unis, la France est devenue « irrelevant ». En un mot, les Français font rire tout le monde et la prétention de son Président d’en faire le pays phare de la galaxie, grâce à cette administration que tout le monde nous envie, paraît pour le moins farfelue. D’objectifs diplomatiques affichés de façon grandiloquente en claques diplomatiques reçues à répétition, nos dirigeants énarques font visiter sans grands résultats le patrimoine historique aux grands dirigeants mondiaux en tentant d’expliquer qu’eux-mêmes en sont les dignes héritiers.

Trois exemples du jour prouvent que cet optimisme est légèrement abusif.

A Nantes, les « quartiers » flambent.   Il faut lire les pleurs de crocodile de Ouest-France, Ouest-plouc pour les intimes, temple de la bisounurserie christo-socialiste, découvrant avec horreur que la Nantes socialiste de Jean-Marc Ayrault, ce premier ministre flamboyant que tout le monde regrette au Nouvel Obs et à Libération, possède une banlieue africaine inflammable comme les autres grandes villes françaises.  Bien sûr, le journal regrette, comme la famille du dénommé Aboubakar Fofana, tué malencontreusement en tentant de fuir un contrôle de police, que les médias osent dire qu’il s’agit d’un voyou en fuite après une suite infinie de délits. Non pas que cela soit faux. Mais pourquoi « stigmatiser » ? Ah ! Que la ville des immigrés était belle avec ces centaines de bâtiments rénovés, ces équipements publics du dernier cri, ses associations bienveillantes gorgées de subvention ! Les voilà tous brulés comme les 200 voitures de voisins. Détruite l’école, la bibliothèque, la mairie annexe, la Poste. Même le bar PMU a brulé. Ils ont raté la station essence. La Mairie de Paris aurait été plus efficace. On observe tout d’un coup que la ville n’est plus seulement victime des Zadistes et autres extrèmistes de gauche, « qui ne s’en prenaient qu’aux abribus ». Des gentils, quoi ! La Maire socialiste ne comprend pas : « La maison de quartier de Malakoff, entièrement rénovée à grands frais est détruite ! ». Le quartier avait vue sur la Loire et n’avait rien à envier aux quartiers « bourgeois ».  Loger luxueusement des populations immigrées africaines ne suffirait donc pas ?  

On avait pourtant laissé une rue totalement libre pour les trafiquants. Sympa non ? Les chefs des trafics n’ont pas admis qu’on tue l’un des leurs.  Si une ville ne peut plus être épargnée par ces gens alors que la mairie est socialiste, béni-oui-oui, et pleine d’argent à mettre à disposition des immigrés, où va-t-on ? Ils n’ont pas de reconnaissance pour les gentils ?  Les « Fascistes auraient donc raison. Les banlieues en folie ne le seraient pas pour des questions sociales mais pour un sentiment de rejets du Gaulois par des immigrés musulmans devenus majoritaires et méprisants pour les « croisés » et ses lois ? ». Sidérant ! Mais la bondieuserie d’Ouest-France reste ferme sur ses a priori : grâce au football et aux performances de l’équipe majoritairement noire de la France, « le baume tricolore sur les cicatrices sera une première étape vers la guérison nationale » (sic). Car la crise des banlieues africaines des grandes villes française est une maladie de la nation blanche qu’on se le dise. Heureusement que le mot race disparaît de la Constitution ! Et tendons la joue indemne, s’il en reste une.  

Passons à un autre exemple de dériv et d’effet pervers.

Impossible de vendre un immeuble sans vendre le gardien avec, quand il y en a un. La loi est devenue tellement favorable à cette catégorie sociale, que tout est verrouillé en sa faveur, à charge pour les propriétaires de payer et de subir.  Et désormais, s’il n’est pas d’accord, impossible de vendre l’immeuble ce qui donne au gardien un pouvoir de négociation totalement disproportionné. Que faire quand l’acheteur exige que le sieur en question soit licencié avant l’achat ? Pas fou, l’acheteur : il ne veut pas reprendre l’ancienneté, les frais de départ à la retraite etc. Ce qu’il veut est simple : recruter des intérimaires et ne jamais garder le même plus de six mois. « La loi est intolérable ; alors soyons encore plus intolérables ». Le malheureux qui croyait avoir été merveilleusement servi par les gouvernements socialistes et ses « cadeaux au peuple » ne se rend pas compte que la précarité en a été l’effet pervers obligé. Que faire du gardien ? Négocier. Il est d’accord : il peut espérer un gros chèque et trois ans de chômage payé. Et c’est l’état qui paiera sous forme d’un accord négocié. Le vendeur jure mais un peu tard qu’il aurait du prendre des intérimaires au lieu de rechercher une relation de longue durée avec un salarié compétent et connaissant l’immeuble. Çà c’était l’ancien monde et ce paternalisme odieux que tout le monde méprise. Une vision bourgeoise du plus mauvais ton. Voici un chômeur de plus et un trou pour la sécurité sociale et les finances de l’Etat. On travaillera moins et mal en bas d’immeuble. Tout le monde haïra tout le monde : Les utilisateurs de l’immeuble qui n’auront plus le service d’un gardien efficace ; L’intérimaire qui passera son temps à se demander ce qui va lui arriver à la fin du contrat. Le gardien fainéant et cupide qui se retrouvera sans perspective d’emploi à la fin de sa longue période de chômage.  On a décrit l’hypothèse heureuse. Car si le gardien est teigneux ce seront les juges et les avocats qui pendant des années prendront le haut du pavé avec des frais et des charges considérables qui décourageront finalement les investisseurs loueurs.  Et n’oublions qu’une mairie inspirée pourrait préempter l’immeuble pour en faire des appartements pour immigrés à 1 millions d’euros l’unité, après conversion des bureaux en logement sociaux, ce qui aura l’effet d’endetter la ville pour des décennies tout en la privant des recettes associées à l’activité de bureaux. Qui a parlé de la préférence française pour le chômage et l’endettement ? Le nouveau « monde bienveillant » a fait décidément une rupture heureuse avec ces terribles bourgeois qui aimaient la discipline, cultivaient le respect des personnes et de la propriété et repoussaient la dette comme un expédient diabolique. 

Restons dans l’urbanisme pour un troisième exemple.

La Ville de Paris, toujours à l’affût d’initiatives anti-bourgeoises, mais propres à stimuler les démarches dites « citoyennes », un synonyme en novlangue pour « attrape-couillons », vient de lancer un vaste projet de « re-création » (on ne rénove pas un passé révolu, on recrée une ville enfin pertinente, sociale, écologique, etc.) du quartier Montparnasse, à Paris. Mme Hidalgo et sa garde rapprochée d’opportunistes, de fils à papa chrétiens de gauche, d’apparents malades mentaux, ou de rejeton du trotskisme banlieusard à tendances pédérastiques assumées, savent qu’ils sont haïs à hauteur du mépris qu’ils ont prouvé à l’égard d’à peu près toutes les catégories de la population parisienne. Tous les médiocres en difficulté croient qu’ils ne s’en sortiront qu’en se cachant derrière des projets plus grands qu’eux. Ils confondent audace et démesure, volonté et hubris, petits calculs et grands desseins.

Pour une bonne partie de la zone de « recréation », les choix urbains sont déjà faits et ils sont catastrophiques. La mairie veut interdire la voiture, électrique ou non, à Paris et pour cela a déjà entrepris deux types de suppressions de voies de circulation même lorsqu’il s’agit de grands boulevards :

-        Par élargissement des trottoirs,

-        Par création de double-voies de circulation réservées aux cyclistes.

De subtiles inversions de sens unique de circulation permettent de créer des trappes à voitures. Par exemple la place de Catalogne s’est retrouvée impraticable en supprimant une voie de circulation sur la rue Alain et la rue Vercingétorix.  On ne peut plus prendre ce chemin pour sortir commodément de Paris. Le trajet pour rejoindre le périphérique prend actuellement trois fois plus de temps qu’avant et bientôt quatre avec les nouveaux investissements prévus. Du coup la place est bloquée à certaines heures avec pollution sonore et gazeuse : merci pour les riverains, dont on se moque totalement. Eux-mêmes ne peuvent plus sortir travailler en banlieue.  Ils sont enfermés dans leur quartier. La mobilité n’est plus une fonction urbaine !

En même temps la municipalité a accepté la création, dans un tout petit espace, de 226 boutiques dont un centre Leclerc, de deux hôtels et demi de plus, avec une augmentation de près de quarante pour cent du trafic gare (autocars, voitures de locations, taxis, VTC, …) et un quintuplement du trafic du livraison des magasins, soit 200 camions en pointe dont un « 19 tonnes » tous les quarts-d ’heure, sans prévoir où les camions en attente de livraison stationneront. En vérité ils bloqueront les voies uniques de circulation imposées par la mairie. Plus rien ne sera possible pour personne. Le risque est de tuer les centres commerciaux après avoir fait fuir les habitants.

Toujours égaux à eux-mêmes, les sieurs Missika et Nadjovski, un opportuniste assumé et un autiste content de son petit vélo dans le ciboulot, les deux adjoints emblématiques de Mme Hidalgo, ont annoncé aux foules émues qu’ils envisageaient de mettre tous les boulevards avoisinants sur une voie, y compris l’avenue du Maine qui est une voie entrante stratégique pour Paris.  Réduire les voies de circulation de moitié en multipliant les besoins de transport est le genre de politique qui laisse des doutes sur la santé mentale des dirigeants parisiens. Il faut dire qu’ils veulent faire une autoroute à vélos, centrale, dans la rue du Ct Mouchotte. Du coup cette rue de 400 mètres où débouchent 5 ou 6 parkings, deux hôtels, une gare, une station d’autocar Air France, et deux centres commerciaux majeurs sera inutilisable pour complaire à 4% des usagers de la voirie. Les riverains ? Quels riverains ?

Tous les efforts faits depuis des dizaines d’années pour éviter que le quartier ne soit « un quartier de gare mal famé et répugnant » et pour qu’il devienne un quartier urbain et civilisé, seront réduits à néant.

Pratiquement toutes les décisions sont déjà prises, même si elles ont été partiellement remises à plus tard faute d’argent. L’équipe Hidalgo a ruiné la ville. On court vers les 7 milliards de dettes en dépit d’une hausse catastrophique des impôts depuis l’arrivée des socialistes. On maintient pour 2 millions d’habitants une équipe municipale (fonctionnaires et associations liées) de plus de 50.000 personnes là où Tokyo et ses 12 millions d’habitants se contentent de 12.000 employés municipaux.

Alors à quoi rime de faire appel à une société d’animation et d’enquête censée déterminer les desiderata de la population ?  Ce genre de sociétés vit dans la mouvance des mairies socialistes à l’aide de contrats plus ou moins fantaisistes mais dont la rondeur d’honoraires n’est pas perdue pour tout le monde. Technicité égale à zéro ; honnêteté à prouver. Voici donc quelques militantes socialistes, ex militantes probables des Cal, comité d’action lycéennes, auto bombardées « urbanistes » et organisant des visites à pied et des « réunions citoyennes ».

Ceux qui auront la chance inouïe de participer à ces « ateliers » (seuls les initiés les connaissent) verront avec envie les relevés de conclusion qu’on leur sert. Pas une contestation des projets réels (il faut conserver « la confiance de la mairie » qui a des politiques impopulaires à justifier et qui paie ces sottises). On apprend que les premiers « dialogues » ont montré que les vélos sont mal traités notamment sur la place de Catalogne (qui vient d’être saturée par les aménagements malthusiens de la rue Alain, mais cela il ne faut pas le dire et encore moins l’écrire). Ordre a visiblement été donné par la mairie de justifier l’autoroute à vélos que tout le monde juge désastreuse. Au terme de l’étude elle sera naturellement le fruit « d’un désir manifeste de la population » et les « citoyens » se seront exprimés de façon « unanime ». Quiconque s’exprime dans ces ateliers qui connait un peu les projets « doit laisser parler les autres », qui eux visiblement ne savent rien de ce qui est déjà décidé. On évoque la suppression totale de la circulation dans la rue de la Gaîté (Merci pour les riverains dont aucun n’est présent et qui découvriront bientôt qu’ils veulent unanimement la fermeture). En revanche on rétorque que les boutiques pornos de la rue sont du folklore local sympathique et que si les magasins de légumes de proximité ont disparu, c’est que c’est comme çà. On n’aura donc parlé, officiellement, que de limitations de circulation et de priorité aux vélos. Deux gugusses qui se font remarquer par leur soutien sans faille au discours de la mairie, s’ils ne sont pas en mission commandée et payée, font seuls « la réponse citoyenne à la démarche novatrice de consultation des Parisiens » qui fera l’objet d’un relevé de conclusions.  

Faut-il en rire ?

Un intervenant rappelle que la gare a été cachée justement pour éviter que le quartier ne souffre des troubles habituels du voisinage d’une gare et contredit l’affirmation de l’animatrice selon laquelle, il y a peu d’habitants. En fait il y en a plus de15.000 dans la zone de consultation, dont 4000 dans la seule rue Mouchotte. L’urbaniste ne le savait pas. Les droits de ces riverains ? Rien à cirer. Parlons plutôt des initiatives de culture agricole coopérative sur les trottoirs !

Cette enquête est une farce de bout en bout et une tentative frelatée de la mairie de tenter de justifier ses âneries idéologiques par la « volonté populaire » recueillie par une société amie financée par elle-même. 

Une malhonnêteté politique de plus de la part d’une mairie méprisant profondément les habitants (ses dirigeants n’ont aucune racine dans la Capitale, ni même en France d’ailleurs).

Ces trois exemples touchent à la ville et sont fort significatifs. Voici comment est gouvernée la France, dans la moiteur du bel été 2018 selon les méthodes du nouveau monde. Délitement social, immobilier et urbain sont les trois aspects de la même approche post soixante-huitarde, anti bourgeoise et socialisante.

On préfèrera nettement « l’ancien monde ». Jamais les effets pervers des nouvelles politiques des émules de Zazie, celle qui voulait être institutrice « pour faire ch… les mômes », n’ont été plus flagrants. Jamais les tentatives de faire oublier ces âneries n’ont été plus manifestes dans certains milieux politiques et médiatiques. Jamais la population, massivement trompée, n’a jamais été plus loin des prises de conscience nécessaires et des changements de cap indispensables.

Pour leur suicide collectif les Français ont choisi la mort lente. Le ridicule tue tout de même, mais à petit feu.

Le Monde : un article "collectif" d'économistes officiels décalés des vraies réalités et problèmes

C'est presque toujours le cas.

Nous n’avons jamais été très favorables aux suppliques de collectifs d’économistes. Si une idée est bonne elle n’a pas besoin d’être cautionnée par des masses de catéchumènes. Les arguments d’autorité sont rarement pertinents. L‘histoire montre qu’en France ces protestations collectives publiées par Le Monde ont toujours cherché à cautionner des âneries et à promouvoir des mesures politiciennes ou corporatistes.

Les économistes ne peuvent intervenir dans le champs politique que pour apprécier les risques ou avantages d’une mesure particulière pour la prospérité générale et notamment d’avertir sur les effets pervers. L’économie n’est pas une discipline simple et ses lois sont souvent contre-intuitives. Par exemple : la productivité ne tue pas l’emploi, ce que le non initié ne peut pas comprendre puisqu’il ne voit que la perte d’emploi immédiate et localisée. Ils n’ont qu’une fonction de conseil et d’expertise. Le conseil et l’expertise ne gagnent pas à la collectivisation ni aux tracts. 

On se souvient qu’une collection d’imbéciles motivés par des considérations purement politiciennes avaient cru devoir saluer le passage aux trente cinq heures comme une mesure formidable. Dès qu’elle a pu développer ses effets, c’est-à-dire à partir de 2001, cette mesure a contribué à enfoncer la France dans les déficits extérieurs et intérieurs, sans espoir de solution. Quant aux résultats sur l’emploi qui devaient être mirifiques, nous en sommes toujours autour de 10% de chômeurs, des millions de personnes, souvent enfermées depuis des années dans la trappe à pauvreté. Aucun des signataires ne souhaitent d’ailleurs triompher en se vantant de sa participation à cet exercice techniquement malhonnête et politiquement un tantinet putassier, puisqu’intéressé par des places à prendre alors qu’on savait le résultat garanti comme déplorable.

Ce côté « places à prendre », « carrières à faire » et « budgets à trouver » est maintenant une des « impropriétés » les plus lourdes de la démarche des « collectifs ». Ils veulent collectivement qu’on leur crée une boutique subventionnée au nom d’une bonne cause. L’exemple de ce qui s’est passé pour le climat obsède tout le monde. Des budgets massifs, des passages à la télé, des décorations, des voyages…

On a ainsi vu des géographes exiger une COB immigration, des économistes vouloir la création d’un institut qui irait voir les produits financiers créés par les banques etc…

Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit plus prosaïquement de « briser des tabous ». C’est le rôle nouveau et imprévu des économistes, du moins de ceux qui, par magie, sont immunisés contre le risque vulgaire de se soumettre à des tabous. Cette prétention à considérer que les mauvaises mesures ne sont pas le fruit de conflits d’intérêts, de pressions de lobbies, et d’influence des idéologies est assez drolatique.

Pour briser des tabous européens il faut réunir des économistes immunisés venant des quatre coins du monde et pas seulement d’Europe. 5 sur 16 des signataires viennent de l’extérieur de la zone euro ce qui leur permet une juste appréciation des choses. Evidemment, pas de Bulgares, de Grecs, de Lettons, de Polonais ni de Tchèques. Pas plus de représentants des pays du Club Med.

Nos pétitionnaires sont tous des européistes à tout crin en goguette pour appuyer les efforts de l’homme de la Pnyka et de la Sorbonne pour une relance de l’Europe, et qui cherchent à émerger auprès du pouvoir ou à consolider leur rôle existant. Des économistes officiels donc, de ceux qui n’ont pas vu venir la crise et qui, comme Pisani-Ferry n’ont jamais été en manque de suggestions grotesques comme de rétablir dans l’assiette imposable « l’économie de loyers » dont bénéficient les propriétaires de leurs logements !

Qu’affirment-ils dans leur article de la page « idées » du Monde du 11 juillet 2018 ?

D’abord qu’une « véritable union bancaire » est en vue depuis qu’on a brisé le tabou qui bloquait la garantie européenne des dépôts. Mais qu’il faut aller plus loin en brisant un autre tabou, « l’excessive concentration des dettes publiques détenues par les banques nationales ». En quoi est-ce un tabou ? Personne ne se croit obligé de l’expliquer. Ni d’ailleurs pourquoi il faudrait que ces dettes soient portées par des banques non nationales.  A l’heure actuelle une bonne partie de ces dettes a été renvoyée sur la BCE par les banques européennes pour se sauver de la faillite.   Créer un titre de dette publique européen garanti de façon centralisée aurait l’effet pervers de laisser les pays aimant le déficit public comme la France ne plus craindre les réactions négatives des marchés. Le seul bénéficiaire serait le trésor français.  Proposera-t-on qu’ils soient portées par des banques non européennes pour être logique avec le concept de malfaisance pour les banques européennes de porter de la dette européenne ? Si certains pays ne veulent pas de la garantie collective, ce n’est pas parce qu’ils sont victimes d’un tabou mais parce qu’ils ne veulent pas payer pour les pays laxistes qui comme la France nourrissent un déficit public depuis près de 50 ans. 

Il faudrait ensuite revoir les règles budgétaires de l’Union. On sait que les milieux européistes les ont fait voter pour presqu’aussitôt après les déclarer « stupides » et demander d’aller plus loin. Là encore où est le tabou ? Il ne s’agit que d’une tactique partisane. On a mis la charrue avant les bœufs et maintenant que la charrue est cassée pour avoir été abondamment piétinée, on affirme qu’il faut aller encore plus loin. C’est la crise de 2008-200x qui a fait exploser le système et l’a conduit pour se sauver à des politiques coercitives déplorables. Pour les auteurs, « la crise ? Connais pas !». Il faut simplement donner plus de pouvoirs aux économistes qui font carrière dans les conseils budgétaires.  « Des places, du pognon et vite » !

Le troisième tabou concernerait « la stabilité macroéconomique ». Cela devient plus intéressant mais que veulent dire ces termes ? Rien. L’article est vide de réelles suggestions et se contente de commenter des projets plus ou moins élaborés, comme une assurance chômage européenne, ou de déplorer que le recours au MES soit « stigmatisant ». Pas plus de « tabou » que de beurre en branche dans tout cela. Mais nos signataires sont prêts à mettre leur science au service de l’approfondissement des sujets en cours de débat. C’est gentil de leur part.

Rappelons ici les vrais enjeux. La récession mondiale qui a développé ses effets notamment en Europe est le vrai phénomène à comprendre pour en supprimer la cause. Aucun système européen quel qu’il soit aurait supporté ce choc facilement et nous n’en sommes toujours pas sorti. Un article du jour, de Reuters,  signale que le système bancaire allemand est encore malade et tarde à guérir. Rien d’utile ne peut être défini sans d’abord proposer de réduire les causes. Il deviendrait alors possible de réduire les conséquences.  Comme d’habitude l’article des économistes officiel n’a RIEN A DIRE sur ce sujet.

La principale faiblesse de l’Eurosystème est qu’il ne permet pas de juguler les énormes excédents de certains pays membres, alors que ces excédents sont mortifères. Ce sont eux qui expliquent notamment les difficultés du système bancaire allemand. Ces banques ont drainé l’épargne européenne et faute de réemplois en Allemagne, déjà hyper compétitive, ni dans les industries européennes (en désinvestissement, puisque non concurrentielle vis-à-vis de l’Allemagne), elles l’ont réinvestie, ainsi que la création monétaire bancaire associée, dans la spéculation, en Europe et dans le monde. Les landesbanken sont quasi mortes de leur excès de subprimes. Les investissements immobiliers inconsidérés en bordure de Méditerranée pèsent encore dans les comptes de toutes les banques d’investissements. La Deutsche Bank, comme la Dresdner et un quarteron d’autres banques plus modestes, ne s’en sortent que très difficilement du fait de leurs engagements dans le shipping et dans bien des projets exotiques et aventureux. Reuters indique qu’elles craignent de ne pas passer les nouveaux crashtests de la BCE.

La question de ces énormes déséquilibres n’est même pas évoquée, alors qu’elle est pleine d’actualité avec la visite proche de Donald Trump dont la réclamation vis-à-vis de l’Allemagne porte justement sur ses énormes excédents alors que ce pays ne paie pas sa sécurité et mène une politique mercantiliste agressive désagréable pour tout le monde et interdite par tous les traités internationaux.

Le refus par les économistes officiels ou universitaires de porter le regard sur les questions réellement brûlantes, la pusillanimité affichée et intéressée, sont deux tares récurrentes. Elles trouvent une nouvelle illustration dans cet article collectif totalement débranché des réalités importantes.

Navrant mais typique.

Macron : la difficile levée des hypothèques électoralistes

Le problème des processus électoraux est toujours la liquidation des promesses inconsidérées qu’on se croit obligé de faire, surtout quand on a fait sien le mantra : « j’ai dit ce que je ferai et je le fais », une grave erreur de gouvernance.

Cela parait loin aujourd’hui mais la faute démagogique originelle du candidat Macron, du point de vue national, même si le résultat électoral a été obtenu, est d’avoir faussé le vote avec deux promesses qui étaient deux achats de votes caractérisés, moralement et politiquement condamnables .

-          La suppression de la taxe d’habitation, pour 80 % de la population, afin de « donner du pouvoir d’achat », était une infamie que nous avons dénoncée comme telle dès son annonce. Elle lançait une dynamique incontrôlable, faussant des principes simples et admis (on doit contribuer au moins tous aux charges locales du lieu où l’on vit), des principes constitutionnels (égalité devant l’impôt, autonomie des collectivités locales) et creusant des déficits tous azimuts.

Emmanuel Macron ne parvient pas à dominer cette dynamique qui avale toutes ses tentatives de déboucher sur quelque chose de convenable. Il est coincé par le Conseil Constitutionnel qui n’admet pas que l’impôt soit payé par seulement 20 % des contribuables locaux ; il est coincé par le trou financier creusé, les tentatives de le compenser par des taxes nouvelles ayant périclité. La dette va s'accroître.

-          Le transfert des retraités vers les actifs est le genre de solution qui n’a aucun fondement rationnel. Dire, dans un pays où on a imposé un système de répartition qui veut que les actifs paient pour les retraités, que les retraités doivent restituer l’argent pour donner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent est une parfaite incohérence. Soit on recule l’âge de la retraite, avec une baisse des cotisations, soit on associe baisse des cotisations et baisses des retraites, soit on fait les deux, mais on ne prend pas le chemin injuste et stigmatisant qui a été choisi par pur électoralisme. Les retraités voient le pouvoir d’achat de leurs retraites baisser chaque année du fait de la non-indexation des retraites. Le retour d’une inflation supérieure à 2 % signifie une accélération de cette baisse. Agiter de surcroît, la perspective de la baisse importante des pensions de réversion, seules ressources des femmes qui ont choisi de rester au foyer, et qui sont généralement très basses, revient à ajouter l'infamie à l’électoralisme. On sait que la natalité baisse et que le remplacement des générations ne se fait plus, même avec les classes immigrées que l’on a massivement fait venir. Dire aux jeunes femmes : travaillez car sinon vous n’aurez pas de retraites est un message plus que discutable. Tout le monde sait, en matière de retraite, qu’il faut passer la date de départ à 66 ou 67 ans tout de suite, et supprimer tous les régimes spéciaux qui ne correspondent pas à des sujétions très particulières (essentiellement l’armée et la police). Au lieu d’attaquer bille en tête ces sujets cruciaux, le gouvernement a d’abord augmenter de façon totalement inconsidérée la CSG et il tente de faire passer l’idée que la hausse de pouvoir d’achat est bien effective pour la clientèle électorale qu’elle a séduite, en dépit du passage au prélèvement à la source, une redoutable imbécillité imposée par le Trésor et qui n’a aucun intérêt national.

L’achat de votes a été efficace. Les gogos ont voté. Mais ces mesures étaient malheureuses et il est politiquement moral qu’elles se retournent contre les équipes qui ont cru bon de les mettre en œuvre.

Comme d’habitude les élections présidentielles ont coûté entre 30 et 40 milliards d’euros aux Français et 2 018 après 2 017 verront encore une augmentation de la dépense publique et de la pression fiscale. Il est même annoncé que la période 2 017-2 018 verra une augmentation des impôts supérieure à la période 2 012-2 013, chef-d'œuvre de bouffonnerie antiéconomique de F. Hollande.

Ce désastre qui pèse naturellement sur tous les comportements actuels et pèsera encore plus dans le futur, ne peut pas être effacé par des exercices de Com’.

Toute la gymnastique présidentielle actuelle dans ce domaine est désarticulée.

Le service national d’un mois est une farce sinistre.

La construction de piscine à Brégançon est ridicule.

L’effort vers les d’jeuns lors de la fête de la musique était grotesque.

L’idée que la télévision publique a pour objet de développer le politiquement correct et proposer des images d'Épinal bien intentionnées, a été considérée comme une copie servile et inutile de l'Amérique. À juste titre.

La révision constitutionnelle tourne au ridicule avec des inclusions qui n’ont pas lieu d’être et l’absence des vraies réformes qui changeraient réellement quelque chose. Nous proposons depuis des lustres d’ajouter deux lignes :

-          Nul ne peut être élu dans une assemblée qui détermine sa rémunération et ses conditions d’emplois

-          Nul ne peut recevoir deux rémunérations de l’État ou des organismes recevant des fonds publics.

Morigéner les Italiens et accueillir au compte-gouttes des migrants, alors que l’Europe sombre dans l’insignifiance, était ridicule.

Le projet de budget européen massif, dont Merkel aurait actouillé le principe sous bénéfice d'inventaire, est injouable tant que la France maintiendra ses déficits budgétaires et commerciaux, et tant que les réformes fondamentales de la zone Euro n’auront pas été mises en œuvre.

La réponse à Trump, à Poutine et à l’ensemble des tyranneaux du moment (de Damas à Pékin) patine dans le verbiage et dans l’inefficacité à peu près totale. Le couple tant vanté Franco-Allemand se bloque du fait de l’excédent commercial allemand supérieur à 8 % qui est totalement contraire à la légalité internationale, et de l’absence presque totale de réduction de la dépense publique en France.

L’idée se développe que Macron parle trop là où il est impuissant et n'agit pas assez là où il en a le pouvoir.

On raconte dans les médias que les troupes LREM sont désorientées, car elles ne comprennent plus où l’on va. Elles ont bien raison. La liquidation boiteuse de promesses électoralistes ne fait pas une politique. Les beaux discours dans des lieux inspirés non plus. Emmanuel Macron a pris trois demi-mesures indispensables mais trop faibles :

-          Il a supprimé partiellement l’IF et liquidé l’intégration des revenus du capital financier dans l’impôt sur le revenu. Ces deux mesures étaient strictement indispensables. Vous n’investissez plus quand on vous prend les deux tiers du gain potentiel et que le résultat résiduel sera repris pourcent par pourcent le reste de votre vie. Tout le monde comprend qu’il aurait fallu totalement supprimer l’ISF et sortir les revenus locatifs de l’IR avec les mêmes règles que pour les revenus du capital financier. L’opposition entre capital financier bénéfique et capital immobilier néfaste est totalement ridicule. Tenter de raconter et justifier médiatiquement cette histoire est un effort désespéré et perdu d’avance.

-          Les socialistes depuis Mitterrand, avec aggravation sous Jospin et Hollande, ont bloqué les relations entre employeurs et salariés, sous prétexte d’un affranchissement qui n’avait pas de sens, en mettant les juges au côté des salariés abusifs. Emmanuel Macron a partiellement levé cette mise sous tutelle abusive. Mais là encore, trop peu, tout en cédant à la démagogie des ONG partisanes.

-          Le statut de cheminots qui permet de maintenir des sureffectifs démesurés qui tuent l’entreprise devait être supprimé. On ne l’a fait que pour les nouveaux entrants. Ce qui est une demi-mesure. Même si elle va « dans le bon sens ».

Les difficultés de la France sont si importantes, avec un risque si grand de retour de bâton violent dès qu’on quittera le sommet du cycle conjoncturel, et que les taux d’intérêt se remettront à la hausse, qu’il est plus que regrettable que les grandes mesures de fonds n’aient pas été prises.

-          Oui, il faut revenir aux quarante heures

-          Oui, il faut passer l’âge de la retraite à 66 ou 67 ans, tout en alignant tous les régimes de retraite sur celui du privé, sauf rares exceptions.

-          Oui, il faut revoir le droit de grève et le financement syndical

-          Oui, il faut empêcher que les municipalités puissent endetter massivement leurs administrés tout en poussant à des niveaux absurdes les prélèvements locaux, comme à Paris.

-          Oui, il faut réduire drastiquement le nombre des contrats de fonctionnaires, en renvoyant à la contractualisation l'ensemble des personnels actuels, sauf le 1 à 2 % d’encadrement stable qu’il faut maintenir et renforcer.

-          Oui, il faut réduire de plus de 250 000 unités en cinq ans les effectifs publics et parapublics.

-          Oui, il faut réformer lourdement le financement du chômage qui maintient trop de personnes trop longtemps dans la trappe à pauvreté subventionnée.

-          Oui, il faut réformer la couverture du petit risque et réduire les abus de la gratuité (personnes allant voir 30 ou quarante fois par an un médecin sans être malade ; abus d’arrêts de travail, médecine du travail inutile et trop coûteuse ; etc.).

-          Oui il faut réformer la gouvernance soviétique du secteur médical en France, avec un gonflement gigantesque des postes fonctionnels au détriment des postes opérationnels.

-          Oui, il faut déplacer massivement le financement de la sécurité sociale de l’entreprise vers les ménages, comme en Suisse. Un citoyen doit savoir dès le départ qu’il aura à payer quoi qu’il en pense et sa taxe locale et sa sécurité sociale mutualisée.

-          Oui il faut supprimer le SMIC national et revenir à des minima par branches et régionalisés, négociés par les parties prenantes, supprimant toute tentation d’augmentations politiques.

-          Oui, il faut transférer sur la TVA une bonne part des charges patronales.

-          Oui il faut baisser massivement les taux et étendre à tous l’assiette de l’IR.

-          Oui il faut se mettre en position de mener une diplomatie de la prospérité ce qui implique d’avoir des propositions de réformes lourdes de la zone euro (avec confiscation des trop gros excédents) et du système monétaire international.

-          Oui, il faut reprendre une politique nataliste en France.

A cela devrait s’ajouter quelques mesures de souveraineté afin de pouvoir retrouver la possibilité d’agir au lieu de subir.

-          Oui, il faut revoir le code de la nationalité et le code des étrangers, pour permettre une véritable intégration sans substitution de population, tout en palliant partiellement la crise de natalité.

-          Oui, il faut mettre fin au « gouvernement des juges », au « justicialisme » et à la pénalisation sans fin de la vie courante des Français.

-          Oui, il faut donner au souverain le pouvoir de surpasser les règles énoncées par le CEDH

Au lieu de se lancer franchement sur ces pistes où des réformes massives sont indispensables sous risques proches d’effondrement lors du retournement de conjoncture et de la hausse des taux, Emmanuel Macron fait du surplace tourne en rond. Sa boussole s’affole. Ses partisans sont désorientés. Les citoyens attendent, avec de moins en moins de bienveillance.

Macron paie sa campagne électorale démagogique et comme Hollande, la mollesse des réformes entreprises sous fond d’emprise aggravée de l’Énarchie Compassionnelle et de fiscalité aggravée de façon démentielle. Il doit donc s'exprimer devant le Congrès pour fixer un nouveau cap. Gageons qu’il essaiera à nouveau de gommer son image de « président des riches », et qu’il cédera à ceux qui lui demandent de marcher sur une jambe de droite mais surtout une jambe de gauche. Malheureusement la jambe de gauche est un pilon qui s’enfonce dans la bouillasse de la pauvreté et du chômage. Et la droite, affolée d’avoir été éjectée par des mesures totalement démagogiques qu’elle n’avait pas osé suggérer, tente de se relancer par plus de démagogie encore, comme ce coup de pouce au Smic qui a fait tant de mal à l’emploi dans ce pays.

Nous ne pouvons que lui suggérer d’ignorer ces approches de petite politique. La vraie question est de sortir la France de ses tares anciennes et de faire face aux nouvelles menaces qui sont déjà actives.

Plus questions d’enfantillages.

Grandes écoles : une enseignement économique problématique

L’économie est une discipline difficile qui tente de comprendre une réalité capricieuse et changeante où se mélangent des choix individuels et des actions collectives, dans un monde morcelé par les structures étatiques et les idéologies. Elle est traversée d’incertitudes et de contradictions internes qui n’ont été ni réduites ni levées. Du coup son enseignement est une gageure.

On connait les polémiques qui s’attachent à l’enseignement de l’économie dans le cycle secondaire. Du fait de la maîtrise de l’université par l’entrisme communiste, d’abord subrepticement mais massivement au début des années 60, plus officiellement sous Mitterrand et plus encore pendant la période Jospin, alors que l’URSS était tombée depuis près de 10 ans ( ?!?). Le résultat est un « enseignement » anticapitaliste grotesque de type bréviaire pour militant d’extrême gauche. Tout cela est passé par un CNU maquereauté de façon caricaturale.

On connait moins la difficulté de cet enseignement dans les grandes écoles et les grands instituts para universitaires.

Là, la difficulté est le temps, qui est compté dans les programmes. L’économie est enseignée à l’économie. On ne peut pas trop fouiller les concepts ni approfondir les aspects théoriques. Du coup, on privilégie le vernis sur l’assimilation des théories de base, toujours un peu complexes et discutables. Et, pour marquer sa distance avec le contrôle socialiste et communiste qui règne à l’université, on trouve des enseignants sympathiques et sympathisants aux thèses du business, mais pas toujours baignés par la rigueur scientifique de la discipline.

Ce phénomène est particulièrement voyant dans un article du Monde du 27 juin 2018 commis par un intervenant présenté comme professeur d’économie à HEC et qui va multiplier les erreurs et les à-peu-près pratiquement à chaque ligne. Qu’écrit ce brave garçon, attaché tout entier à dénoncer les atteintes de Donald Trump au libre échange ?  

« Il est facile de prouver que toute tentation (l’auteur doit vouloir dire « tentative » NDLR) de protectionnisme  et d’entrave à la libre circulation des biens et des homme est destructive de valeur. […]Théoriquement c’est une évidence que faciliter les échanges est une condition nécessaire pout créer plus de valeur. Pour que deux parties décident d’échanger, il faut que les deux parties partagent un intérêt ; en d’autres termes, que l’échange crée de la valeur. Supprimer une possibilité d’échange  revient donc à détruire de la valeur ».

Un vrai professionnel de l’économie serait sévère avec ces affirmations  et pourrait considérer que le discours est doublement faux. D’abord parce qu’il s’appuie sur une stylistique d’autorité (« Il est facile de prouver », ce que l’on s’abstient de faire ; « c’est une évidence, alors que la complexité règne », alors que l’évidence est justement le contraire de ce que fait naître la complexité). Ensuite parce que les affirmations elles-mêmes sont controuvées.  Quiconque s’est un petit peu informé de la théorie des prix et notamment de l’apport de l’école marginaliste, sait que, dans l’échange, la valeur marginale des bien échangés est égale. Dans un échange, aucune des parties n’accepte de perdre. Si l’échange a lieu c’est qu’il est en iso valeur pour les deux acteurs. Pour chacun, ce qu’il perd est égal à ce qu’il gagne.  Sinon il ne procéderait pas à l’échange. L’échange ne créée donc pas de valeur en lui-même. Ce qui est cédé à la même valeur que ce qui est acquis. De part et d’autre.

L’échange ne va créer de valeur qu’à certaines conditions. Tout le problème de l’économie est l’étude de ces conditions.

Donnons un exemple caricatural : une tribu de Goths veut fêter dignement le mariage d’un de ces princes. Il lui faut trouver de l’or. Elle va confisquer tous les outils en métaux sur lesquels elle peut mettre la main afin de faire l’échange contre de l’or. Lors de l’échange, les égyptiens cèdent de l’or et en contrepartie ils reçoivent du métal qui va leur permettre de faire des flèches et lancer une campagne militaire en du temps.

L’échange aura eu comme conséquence la misère dans les campagnes privées d’outils nécessaires et la misère dans les pays traversés par la guerre. Autant pour « l’échange [qui] crée de la valeur ».

Si on change d’échelle et que l’on prend une collection d’échanges, à l’intérieur d’un pays, le niveau de complexité augmente brusquement. L’échange n’étant pas fait en mode troc mais en mode monétaire, les arbitrages d’utilité marginale deviennent d’une complexité rapidement effarante qui rend le passage de la microéconomie à la macroéconomie quasiment impossible.  L’introduction de la monnaie ajoute une dimension nouvelle. Il n’est pas sûr que l’équilibre monétaire global se produise et que le bouclage du circuit économique se fasse de façon satisfaisante. Tout dépend de l’organisation monétaire. Et tout dépends de la conjoncture. Un déplacement de consommation veut dire qu’une partie du revenu qui a été créé ne reviendra pas vers son émetteur primaire qui subira une perte, une autre accusant un bénéfice. La digestion des pertes et le bon réemploi des bénéfices se produisent totalement différemment en haut et en bas de cycle, en économie administrée ou libre, avec un système bancaire efficace ou lorsque la finance est en crise.

Entre deux pays, la situation devient encore moins « évidente ». Si les échanges ne sont pas globalement équilibrés, alors le revenu distribué dans le pays déficitaire ne se retrouve pas en face des produits dont la production a été la contrepartie du revenu. Il va y avoir une pression dépressionnaire. Elle sera traitée de façon différente selon les régimes de change, la structure bancaire et financière et l’implication de l’Etat. Dans la pratique, un Etat comme celui de la France capte à peu près la totalité de la valeur ajoutée de ce qu’on appelle les entreprises et le redistribue. En plus il emprunte à tout va pour financer des déficits. Le déséquilibre des échanges va finir créer d’énormes déséquilibres un peu partout, en particulier sur le marché de la dette et sur celui de l’emploi.

Ce que ne voit pas du tout notre enseignant d’économie affilié à HEC, c’est que l’échange individuel ne crée pas de valeur  mais que les déséquilibres globaux créent des difficultés qui peuvent impacter lourdement le revenu, l’emploi, la dette etc.

Donc il parle pour ne rien dire. Car tout le problème posé par les réactions politiques contre la mondialisation est qu’elles sont fondées sur des difficultés réelles qui proviennent d’erreurs d’organisation et de politiques économiques, trop lourdement déséquilibrées. C’est justement parce que ces conditions globales ne permettent pas aux vrais mécanismes de création de valeur associés à l’échange (principalement la baisse du coût unitaire de production si des deux côtés il y a possibilité d’ouverture de débouchés plus importants) que ces réactions politiques ont lieu.

Evidement l’article passe à côté de toutes ces dimensions et notamment gomme les déséquilibres et les conditions d’organisation monétaire de la croissance. Donc l’impact intellectuel et pratique de l’article est nul.

Malheureusement l’article est très révélateur d’une certaine manière de traiter de l’économie dans la Presse. Au lieu de développer des raisonnements, associés à des faits, avec des arguments, les auteurs préfèrent afficher des postures et les illustrer d’arguties.  

Cette tendance rejoint le défaut des enseignants en France qui privilégient le discours moral et ignorent la démarche explicative.  Le bien et le mal, plutôt que le pourquoi et le comment. Cette curetonnerie tourne évidemment à la déviance idéologique et politique. A Sciences-po, ce sera avec son institut économique « vive l’impôt, vive la dépense publique ». A HEC ce sera, « vive les échanges libres et non entravés ».

Osons le dire : ce n’est pas de curetons idéologisés dont nous avons besoin, mais d’observateurs avisés.  Malheureusement la presse française est totalement politisée au mauvais sens du terme et elle privilégie les curés présentant l’imprimatur des diverses Observatore Romano du moment. Quant à la TNT elle aime mettre en scène les conflits de chapelles pour faire de la chaleur et elle ne fait jamais de lumière.

Conseillons tout de même aux grandes écoles de mieux cerner le champ de leur enseignement économique, la synthèse ne pouvant se passer d’un certain approfondissement des concepts de base. Elles devraient également mieux apprécier les qualités de leurs enseignants, dans cette optique là, plutôt de chercher quelques prélats zélés de la mondialisation heureuse.  On a dit lors du dernier quinquennat : « Hollande a fait HEC, il ne doit pas être nul en économie ». On a bien vu ce qu’il en était. Nul, il l’était. Cela n’a pas été bon pour la réputation de l’école.

Avis aux jeunes socialistes, vraiment socialistes

Pour ceux qui ont vécu les années cinquante et soixante, ce titre du Monde "éco&entreprise" du 18 juin 2018 est tout à fait savoureux.

« La Russie a déjà gagné le mondial 2018 …du blé ».

Elle a écoulé 40 millions de tonnes de blé à l’export, soit plus que la récolte française de l’année.

Il faut se rappeler que pendant toute la période soviétique, et surtout depuis le génocide paysan de 1932-1933, environ deux Shoah en nombre de victimes directes, juste pour fixer les ordres de grandeur, l’URSS a dû importer massivement du blé pour éviter les famines et les disettes successives.

L’organisation « vraiment socialiste » et conforme aux canons du marxisme-léninisme a mis des centaines de millions de pauvres gens à la gamelle occidentale. Et le glorieux journaliste géographe « actif » communiste du Monde, Pierre George, idole des esprits faux, radotait que ces résultats pitoyables n’avaient rien à voir avec le socialisme réalisé, qui d’ailleurs n’avait jamais tué le moindre paysan et que les difficultés ne provenaient que du mauvais temps et du blocus de l’Otan. Il faut savoir que le Monde et la majorité de la presse française, sous tutelle des Ouvriers du Livre, n’a cessé de mentir sur ce sujet, vendant le communiqué de l’ambassade soviétique relayé par le PCF, aux masses à conscientiser d’urgence. Même dans les universités et notamment, hélas, à Sciences-po, où sévissait le communiste susnommé, on a toujours décrit l’économie de l’URSS non pas à partir de ses réalités mais du livret de propagande servi par l’Union soviétique. Même en 1998 sur le forum du Monde, quiconque disait la vérité sur l’URSS était aussitôt traîné dans la boue, et accusé d’une litanie de perversités dont la plus spectaculaire était d’être à l’évidence un "lecteur du Figaro Magazine".

Les merveilleux résultats de l’agriculture « vraiment socialiste » se sont retrouvé partout où la formule a été implémentée, en général en tuant encore plus de monde (3 à 4 Shoah en Chine par exemple). Mengistu, l’homme qui laissait pourrir les enfants massacrés au long des rues pour l’édification socialiste des foules, a fait aussi très fort pour massacrer son peuple tout en affamant les survivants.

Il serait peut-être bon que les Black blocks et autres Zadistes, de même que les émules de Mélenchon, soient mis au courant des conséquences de leurs doctrines chéries et qu'ils apprennent le résultat qu’elles ont donné.  

En tout cas, ceux qui avaient toujours affirmé que la Russie et l’Ukraine étaient des greniers à blé détruits stupidement par le socialisme et maudit le Monde d’aérer des mensonges aussi hallucinants sur la question, profitent pleinement du sel de la situation. Qui osera lancer un épi de blé russe sur la tombe de Pierre George et Hubert Beuve-Méry ?  

Monnaie et libre échange

Dans les discussions sur le commerce mondialisé et les monnaies, il est sans doute intéressant de revenir à l’acte fondamental : l’échange.  Dans une transaction internationale, l’échange se fait à iso valeur. Le bien cédé a la même valeur pour le cédant que le produit acquis et réciproquement. Les marginalistes ont raffiné la question en montrant que ce sont les valeurs marginales qui s’équilibrent, mais on en est toujours là : on ne fait un échange que si les deux y trouvent le même niveau d’intérêt. Sinon on ne voit pas pourquoi une partie accepterait d’y perdre.

Les transactions d’échange de produits sont donc par construction équilibrées en valeur.

La question qui se pose aussitôt est de savoir où se trouve la création de valeur globale qui justifierait de pareils échanges. La réponse est double :

-          La valeur relative des biens échangées n’est pas la même dans les deux sphères. L’échange opère un accroissement de satisfaction donc de valeur d’un produit donné dans sa sphère. Il y a accroissement de la valeur d’usage dans les deux pays.

-          Le débouché nouveau permet d’allonger la série de production. En cas de coût unitaire dégressif, il y a à nouveau création de valeur.

Le libre échange est créateur de valeur des deux côtés. Bloquer le libre échange réduit la prospérité.

Ce schéma résumé et un peu caricatural, est la base de la philosophie de la libre circulation des biens entre les pays. Imaginons un pays qui produit du lait mais pas de voitures et un autre qui produit des voitures et pas de lait. Il peut être intéressant de produire un peu plus de voitures pour obtenir du lait et accroitre la production de lait pour avoir des voitures. L’affaire est dynamique pas statique.

Les flux d’échanges créent plus de valeur et plus d’emplois dans la mesure où les conditions de production nationale des deux produits concernés ne soient pas identiques. Il n’y a pas de doute que ce surcroît de production est bénéfique aux deux parties.

Ce bénéfice est obtenu sans déficit ni excédent.

Les déséquilibres de balances commerciales signifient toujours qu’il y a une fuite quelque part dans la valeur réciproque des échanges, fuite qui fausse l’équité des transactions.

En maintenant la production dans les pays de l’Est ridiculement bas, le communisme a privé de possibilité d’échanges bénéfiques les pays européens non communistes, tout en ruinant les peuples soumis à sa dictature. Un régime qui tue la production et qui limite les échanges fait du tort à ses citoyens mais aussi aux autres avec qui des relations économiques positives auraient pu s’installer. Nous avons estimé au Cercle des Economistes e-toile, que la perte de revenu pour les Européens de l’Ouest était d’environ 40% du revenu médian. En un mot, sans le communisme, notre revenu français serait plus haut de quarante %.

Ceux qui dénoncent de façon permanente la « religion » du libre échange, devraient d’abord faire le calcul des pertes de revenu qu’ils envisagent, des deux côtés. Ce qu’ils ne font jamais.

Beaucoup de mécanismes viennent contrarier cette belle mécanique. On peut en citer quelques uns, parmi beaucoup d’autres.

-          Beaucoup de pays n’ont aucun avantage comparatif autre que le niveau des salaires. Les fabricants pourraient transférer leurs moyens de production pour  produire à bas coûts dans le pays pauvre des biens revendus à la même valeur dans l’ancien pays de production. Il va y avoir un flux de capitaux d’investissement dans un sens et un flux de production dans l’autre. On n’échange plus des produits mais des capitaux contre des produits. Les produits exportés le sont en contrepartie d’une valeur en monnaie du pays de destination.  Alors qu’ils sont payés en monnaie du pays de production. L’aspect monétaire devient fondamental, par le double jeu du taux de change et des taux d’intérêt. Le gain de l’échange devient dépendant du bon fonctionnement du système monétaire et financier entre les deux nations.

-          Dans un système d’étalon or, l’or quitte le pays déficitaire pour le pays excédentaire. La dynamique des prix est censée faire monter les salaires et les prix là où l’or arrive et les faire baisser dans l’autre. A terme, les niveaux de compétitivité se rééquilibrent. Les sorties d’or créent une déflation qui créent une dynamique problématique  dans le pays concurrencé par le pays pauvre. Cette déflation fait aussi du tort au pays exportateur. Les mouvements financiers ont par le passé, chercher à compenser ces effets néfastes. Mais au final on n’échappe pas à une crise mondiale. On a donc écarté la formule de cet étalon qui poussait à des crises profondes.

-          Dans un système de monnaies fiduciaires nationales, l’avantage compétitif du pays pauvre est entièrement lié à la qualité de sa monnaie et au cours  des changes entre les deux monnaies dans l’échange. Le mode de gestion de la valeur de la monnaie dans chaque pays peut  tout fausser. Les conséquences sur l’emploi peuvent être intolérables dans le pays riche. Un système de change fixe mais modifiable permet de limiter l’avantage économique et les mouvements de capitaux par un arbitrage d’état entre la satisfaction de consommateur et la prospérité des producteurs.  Dans un système de changes flottants, une incertitude sur le change se cumule avec les variations de salaires pour créer une dynamique qui devait selon Friedmann rééquilibrer les comptes mais qui dans les faits a conduit à des situations explosives. Dans un système de monnaie unique, le plus fort l’emporte en imposant la loi d’airain du possesseur de l’outil de production  le plus solide et du stock de capitaux le plus grand. Il fait tous les arbitrages à son avantage et les Etats sont en grande difficulté pour en gérer les conséquences.

Conclusion : le système monétaire et financier compte dans le commerce international. La qualité de l’ensemble dépend de celle du système monétaire international.

-          A partir du moment où on échange des produits contre des devises et non plus contre d’autres produits, la manière dont sont gérées les devises devient fondamentale. La spécialisation qui s’est faite entre institutions monétaire et commerciales, après Bretton Woods, est absurde. Il n’y a pas d’un côté des gens qui causent commerce et d’autres qui parlent monnaie. Les questions sont intimement liées. C’est une des tares de notre époque de voir par exemple l’Europe fabriquer des traités de commerce sans jamais s’inquiéter des aspects monétaires. C’est pourquoi nous avons affirmé qu’il fallait lier l’acceptation de certains traités à un préalable de réforme du système monétaire international.

-          Alors que le système de Bretton Woods jouait sur les deux aspects en même temps, le change étant mis au service de l’équilibre des échanges, les changes flottants ont tout déréglé et les marchés financiers se sont avérés de facto incapables de rétablir des situations équilibrées. 

-          Il faut voir qu’un pays qui poursuit des objectifs mercantilistes accumule de la monnaie internationale qu’il ne peut pas utiliser chez lui. Il va rapidement s’inquiéter de la valeur de la cassette qu’il accumule. Un élément de peur entre dans le système. Il souhaite rentabiliser son avoir donc il va le placer. Mais dans quoi, s’il est super compétitif ? Les autres n’offrent pas de perspectives de production sympas.  Il n’a le choix qu’entre des opérations spéculatives et des achats de capital dans les pays déficitaires. Les pays en question ne veulent pas voir partir leurs bijoux de famille. Les tensions arrivent. Le Japon a préféré acheter des golfs et de l’immobilier. Il a beaucoup perdu lors des krachs successifs. Les Allemands ont joué massivement l’immobilier méditerranéen et les subprimes. Ils se sont fait ratisser. Les Chinois vivent dans la peur de perdre leur trésor. Alors ils rachètent des terres en Afrique et des vignobles en France. Sans aucun avantage pour le pays où ces biens sont rachetés. Ce ne sont que des échanges de propriété.

-          A la fin des années trente, tout le monde avait compris qu’il fallait jouer le commerce des biens tout en équilibrant strictement les mouvements. C’est la raison pour laquelle toutes les lois monétaires et commerciales, synchronisées, prévoient des relations équilibrées.

-          La rupture des accords en 1971 a cassé ces mécanismes. On a vu d’énormes déficits et de gigantesques excédents s’accumuler avec comme conséquences l’apparition d’une économie baudruche, une baisse du trend, une aggravation du niveau d’endettement global et l’accroissement de la gravité des crises économiques.

-          Il faut donc revenir aux règles qui prévalaient avant 1971 et qui sont toujours la légalité internationale de référence.

-          Si un pays accumule d’énormes excédents, c’est le symptôme d’une gestion de politique économique mercantiliste et hostile à l’échange équilibrée. Les libéraux considèrent que l’état ne sait pas piloter l’économie et que par conséquent lui demander des politiques d’ajustement est absurde. Tout se passerait à l’échelon individuel. La micro économie est la seule vraie. Il n’existe pas de macro économie. L’ennui est que cette théorie est contredite par les faits. La politique du Zimbabwe ou du Vénézuela  a radicalement tué la capacité d’échange positif de ces pays.  On a vu que c’était le cas des pays socialistes,  tout le temps où il a fonctionné. Plus près de nous les politiques inverses de Jospin et de Schroeder ont donné un désavantage compétitif à la France qui a fait sombrer les balances extérieures. C’est bien que les macro-décisions d ‘états jouent sur la compétitivité. Ce ne sont pas les décisions individuelles des consommateurs allemands et français qui ont provoqué, par le jeu des préférences sur les marchés, les déficits et les excédents. Mais des politiques économiques et sociales contradictoires, non corrigées par un système monétaire convenable. 

-          Les politiques massivement mercantilistes nuisent aussi bien aux pays spoliés qu’aux pays spoliateurs. Les politiques qui conduisent à des pertes de compétitivité nuisent également à tous. C’est pour cela qu’elles sont proscrites. Les pays en excédents ne peuvent pas dire aux autres : faites comme nous ! Car il est impossible que tout le monde soit en excédent. Les pays en déficits ne peuvent pas dire : laisser moi sombrer, car leur récession pèsera sur la prospérité générale.  Le cas américain est distinct parce qu’ils tiennent encore aujourd’hui la monnaie du monde et peuvent négliger leurs déficits qu’ils paient en monnaie nationale. Ils l’ont cru longtemps et on finit par constater dans les urnes que les conséquences n’étaient pas nulles sur l’emploi et les salaires.

-           Les conclusions à tirer sont claires. Les échanges doivent être équilibrées et il appartient aux Etats d’y veiller. Les systèmes monétaires doivent imposer la vertu. Pas de monnaie nationale comme monnaie internationale ; corset pour les pays déficitaires qui risquent de partir en sucette mais avec aide pour faire un retour tranquille à l’équilibre ; mécanismes automatique de stérilisation des excès d’accumulation de monnaie internationale par des pays ouvertement mercantilistes. Il faut supprimer l’envie de mener de telles politiques.

Avec ces considérations en tête, on comprend mieux l’impasse où se trouve l’Europe et on peut analyser la nature des convulsions en cours. En prime, s’esquisse une solution gagnante pour tout le monde.
 
SD

L’impuissance de M. Macron dans l’affaire Trump

A force de ne pas regarder les vrais problèmes, on se trouve bien dépourvu quand les faits se revanchent et que l’on se trouve aux abois.

Le règlement international dans ses multiples facettes est absolument clair : il est interdit d’avoir de gros excédents et de gros déficits.

Lorsque Donald Trump pointe les excédents allemands il a parfaitement raison du point de vue du droit international. Ces excédents sont abusifs et proscrits. Quand il pointe les mêmes excédents suisses ou Chinois, il a toujours raison.  Ces excédents sont totalement abusifs. Lorsqu’ils servent à acheter le capital des entreprises non ruinés par une concurrence déséquilibrée, ils apparaissent justement inacceptables. Trump n’a eu aucun mal à mobiliser le vice-président américain du FMI pour soutenir ses thèses. L’absence de gros excédents est statutaire au FMI.

Venir pleurnicher qu’on est des bons alliés et tout et tout, comme Bruno Lemaire dans le Figaro de ce jour, ne peut rien infléchir et nous fait passer pour des pleureuses. Prévoir une guerre commerciale n’a pas de sens : la vraie solution est que l’Allemagne cesse sa politique mercantiliste et réduit ses énormes excédents. Il ne peut donc pas y avoir de réaction franco-allemande homogène.  De même au Japon, en Corée, en Chine et dans tous les pays qui maintiennent des balances excédentaires supérieures à 3% de leur PIB.

La seule réponse pour Macron, est d’acter que les gros excédents sont interdits et sommer l’Allemagne de revenir dans les clous tout en rappelant à M. Trump, que les excédents sont le miroir des déficits et que les déficits américains sont également illégaux. Cette position aurait été plus facile à porter si les économistes officiels avaient correctement expliqué les conséquences malfaisantes des déséquilibres commerciaux et financiers.

 En vérité ce serait la responsabilité de l’ UNCED, du FMI et de l’OCDE, ainsi que de la commission de Bruxelles de rappeler ces vérités à tous. Ne pas l’avoir fait pendant près de 50 ans est leur grande faute impardonnable. Perseverare serait diabolicum.

Commerce et monnaie vont ensemble. Aucun traité commercial ne devrait être accepté avant une réforme globale du système monétaire international.

On comprend que pour le président Macron il soit plus difficile de mettre le nez des Chinois et des Allemands dans leurs excédents et des américains dans leurs déficits, que de faire un beau discours vain sur la Pnyka ou à la Sorbonne. Mais c’est la seule position tenable. Encore aurait-il fallu redresser les comptes extérieurs du pays et réduire la dépense publique au lieu de l’augmenter. Le donneur de leçon doit être impeccable.

De même la seule voie possible en Europe n’est pas de demander un budget fédéral faramineux dont personne ne veut. Il est de mettre en place des mécanismes qui rendront vaine l’accumulation d’Euro par un pays structurellement excédentaire.

 

 

 

 

 

Deux mots à Paul Tucker, ancien banquier central.

Rien de plus intéressant que l’interview de Paul Tucker, ancien numéro 2 de la Banque d’Angleterre et fin connaisseur des arcanes de la pensée dominante dans les milieux anglo-saxons en matière d’organisation monétaire.

Il y a maintenant longtemps que la fable qui prétendait voir dans les marchés et les seuls marchés, sous la surveillance bienfaitrice des banques centrales, la solution magique aux diverses équations monétaires européennes et mondiales, a sombré dans l’insignifiance. La crise de 92-93, puis celle dite des pays émergents en 1998, puis celle des valeurs technologiques, au début du siècle puis l’effondrement de 2008, ont emporté les dernières illusions. Alan Greenspan, gourou déchu, a lui-même concédé le point depuis au moins dix ans : des marchés libres de toutes entraves, qu’il s’agisse de celui des monnaies, des titres, des dettes diverses, sont incontrôlables.

Le trou monumental percé dans les comptes par l’explosion de l’économie baudruche a été comblé par les banques centrales au prix de plus de 14 milliards de créations monétaires, par reprise d’actifs financiers bancaires plus ou moins douteux, l’apparition de taux d’intérêt négatifs et mille mesures totalement contraires à la pensée dominante. Nécessité fait loi. Les États gorgés de dettes ont vu ainsi le coût budgétaire des déficits effarants ont pu continuer à se financer.

Les peuples ont trinqué. Comme nous le répétions inlassablement depuis 1997 : attention à la colère des peuples. Nous voilà avec le Brexit, les troubles italiens, la défonce espagnole, le numéro de cow-boy de Trump.

On a fait jouer aux banques centrales un rôle étranger aux apparences de leur mandat. En Europe, c’est la BCE qui a signifié à la Grèce qu’elle pouvait arrêter le refinancement des banques et mettre en faillite tout le pays. Ne parlons pas de Chypre. La BNS a cru pouvoir créer le même montant en monnaie que la valeur du PIB suisse ! Avant de renoncer. Le FED a créé à elle seule 4 000 milliards de dollars de billets verts.

Un système qui finit par faire tout ce qu’il était censé ne jamais faire, est une farce. La chanson qu’on répète depuis 1973, selon laquelle les banques centrales ne sont là que pour maintenir l’inflation en monnaie officielle dans des limites étroites, sans s’occuper des changes ni du financement des États, est apparue pour ce qu’elle est : une fable risible. Les dettes d’État et le change des devises ont été constamment dans le collimateur des banques centrales.

Lors d’une conversation sur le forum du Monde avec un certain Dodds, nous avions souligné que le dressage des gouvernements par « les marchés » était un rêve techno et un cauchemar démocratique. On a vu que ce sont les États qui sont venus, à grands frais, sauver les marchés de leur propre déchéance.

Le propos d’un commissaire européen allemand suggérant que les marchés allaient dresser le gouvernement clownesque italien a provoqué un juste scandale. La démocratie était à l’encan sur les marchés !

En vérité c’est le précédent grec qui est important : si l’Italie s’engage dans une politique de cinglés, alors les banques italiennes ne seront plus approvisionnées par la BCE et on organisera, comme en Grèce, un « corralito », une consignation des dépôts devenus non utilisables à volonté : les agents économiques seront priés de se contenter de quelques euros par jour !

La banque centrale européenne sera devenue l’arbitre des élégances politiques en Europe. Une bande de fonctionnaires non élus remplaceront ouvertement le choix de millions de citoyens.

Paul Tucker, l’ancien numéro 2 de la Banque d’Angleterre a senti immédiatement le danger.

« Les banquiers centraux doivent battre en retraite » et ne pas sortir de leur rôle. Ce n’est pas à elle de garantir la survie de l’Euro, question essentiellement politique. Il sent bien qu’un tel rôle met la banque dans une situation précaire. « Le danger est qu’elles aillent trop loin ». Il reconnaît que la BCE joue un rôle quasi budgétaire, bien loin des élucubrations de 1973. Et il note avec justesse que plus les pouvoirs des fonctionnaires internationaux s’étendent, plus ceux des politiques s’étiolent et avec eux leur réputation. Le rejet des « élites » a en effet une cause dans leur abandon de pouvoir aux mains de fonctionnaires irresponsables (juges, banquiers centraux, commissaires européens).

Jusqu’ici tout va bien. Mais la conclusion fait rire. « Il importe que les banquiers centraux restent dans le domaine de leur mandat : le niveau des prix et la stabilité du système ». Ce n’est pas eux de donner leur opinion sur des questions générales qui ne dépendant pas de leur mandat mais ils devraient parler plus souvent de leur mission devant les instances démocratiques et recruter plus de femmes.

S’ils sont sortis de leur mandat, c’est parce que le système monétaire international et l'Eurosystème sont dysfonctionnels. Ils ne l’ont pas expressément voulu. C’est l’explosion de l’économie baudruche qui s’est créée depuis 1971 qui les a mis là où elles sont. Elles sont OBLIGÉES de jouer un rôle budgétaire, compte tenu de l’énormité des dettes publiques ; elles sont OBLIGÉES de regarder du côté des changes et du recyclage des énormes excédents.

Quant à la suggestion que la nomination de femmes changerait tout, on a vu avec Mme Lagarde et ses campagnes féministes totalement étrangères à l’objet de l’institution, que cela aggrave plutôt la pusillanimité des institutions économiques officielles.

En n’abordant aucune des tares structurelles de la zone euro et du système monétaire international, Tucker parle pour ne rien dire. L’autisme des banquiers centraux sur les vraies questions est plus grave que les divagations d’un commissaire européen allemand.

Qu’il aborde les déséquilibres monstrueux des balances de paiement aussi bien dans le monde qu’au sein de la zone Euro et on commencera à entrer dans le dur des vraies réformes. Là, on ne voit qu’une tentative un peu enfantine, de masquer le déni de démocratie propre au système. « Planquez-vous et taisez-vous devant le grand public. Mais ne changez rien ». L’hypocrisie au service de la survie.

Pathétique.

Petit rappel en passant

(pour bien suivre les négociations à venir).

Alors que démarre les réflexions sur la réforme des retraite, bien retenir que la pénibilité est le moyen trouvé par les politiques pour permettre aux salariés de l'EDF, de la SNCF et autres privilégiés de maintenir leurs avantages.

Argentine : monnaie et mensonges

La monnaie argentine est à nouveau sur le toboggan.  Comme d’habitude, l’examen de cette nième catastrophe monétaire ne fait pas l’objet d’une vraie analyse mais de postures. L’historien-économiste officiel Mario Rapoport en donne une nouvelle illustration. Il ment effrontément dans son analyse du passé comme dans son explication du présent.

Prenons le premier mensonge avéré qui concerne l’effondrement monétaire de la fin de siècle dernier. Les marxistes tiers-mondistes et les nationalistes argentins, deux composantes essentielles de l’opinion publique argentine, se sont mis d’accord pour affirmer que le FMI et les monétaristes américains, Milton Friedman en tête, le « pinochétiste » bien connu,  étaient la cause de ce grand malheur.  Tout le monde sait que nous ne faisons pas beaucoup de concessions au FMI depuis l’abandon des accords de Bretton Woods et que nous contestons beaucoup des suggestions de Milton Friedman et notamment sa défense des changes flottants.  Dans le cas d’espèce, il faut les réfuter les accusations qui les concernent.  

Il faut savoir qu’au début des années 70, l’inflation était telle, et la volonté d’en gérer les effets par des blocages divers tellement folklorique, qu’on en était arrivé à des situations totalement ridicules. Par exemple le prix des voitures étaient bloqués mais pas celui des volants. On vendait donc, à part, la voiture, au prix bloqué, et le volant, au prix libre, et le volant valait le même prix que la voiture. Naturellement on imposait que le volant soit acheté en même temps que la voiture. Le pays était hors de tout commerce international autre que de troc (on appelait cela la « compensation »)  et le marché des capitaux était totalement local, personne ne voulant risquer un sou dans une économie de ce type.

Pour mettre fin à cette situation et après les évènements politiques que l’on sait, les jeunes dirigeants formés à l’étranger qui prirent le pouvoir, au tournant des années 90,  décidèrent de mettre en place un « currency board », en s’appuyant sur les suggestions d’un économiste américain qui n’avait rien à voir avec Milton Friedman. L’idée, radicale et exotique, était d’éviter par ce moyen le retour à un financement monétaire exagéré de la dépense publique par la banque centrale.  Ce système très particulier et dangereux, imposait une parité fixe entre peso et dollar, la création de monnaie étant régulée par la balance des paiements. Le système a commencé par marcher très bien. L’inflation a cessé. Les exportations ont repris. L’Argentine est entrée dans la finance internationale avec de nombreux investissements étrangers. La prospérité a commencé à s’installer. Il faut savoir que l’essentiel des ressources d’exportation  provient, en Argentine, du Campo et qu’elles se finançaient depuis toujours en dollar, compte tenu de la faiblesse récurrente du peso. Peu à peu, les grands commerçants ont cessé de mettre leur fortune à l’abri aux Etats-Unis et une certaine normalité s’est installée en Argentine.

Qu’est-ce qui a fait sauter le système ? Les changes flottants. Dans un système de changes fixes, du type Bretton Woods, le « currency board » avait une chance. Lorsque le dollar a été projeté vers les sommets avec la crise faussement appelée « des pays émergents », les monnaies faibles ont successivement dévalué. Le real brésilien s’est effondré. Du coup, les prix, en dollar, des produits du campo devinrent impraticables pour exporter vers le Brésil, principal débouché. L’arrêt des exportations a provoqué l’arrêt de la création monétaire. Une déflation mortelle s’est installée en Argentine, avec des contournements folkloriques comme l’Argentino.

Pour essayer de tenir malgré tout, le temps que le dollar redescende, ce qu’il ne manquerait pas de faire, les autorités ont demandé l’aide du FMI qui au départ ne voulait pas y aller. Le « currency board » n’avait jamais été son idée. Et il n’y avait aucune logique à compenser un défaut structurel par des mesures conjoncturelles, traditionnellement associées à une déflation contrôlée, alors que le pays était déjà en déflation. Le currency board n’a pas de porte de sortie. On sait y entrer mais non en sortir, comme dans le cas de l’Euro.  La seule solution était une dévaluation massive du peso pour rendre à nouveau compétitif le campo. Les comptes en dollars ont été convertis de force en compte en pesos, après un épisode de « corralito » qui ressemble beaucoup à la situation imposée aux banques grecques, contingentant les sorties en numéraires. Puis on a tout cassé. Les investisseurs étrangers ont perdu très gros, de nombreux argentins ont été ruinés par la perte de la quasi-totalité de leurs avoirs, mais la dévaluation a permis de relancer les ventes du campo. Après un moment d’euphorie, le populisme a repris ses droits et nous sommes arrivés à nouveau à la situation traditionnelle en Argentine, après le règne détestables des Kirchner, qui se sont formidablement enrichis (les mauvaises langues les décrivent comme « pourris jusqu’à l’os », ce que nous nous ne permettrons pas de penser),  d’un pays sans monnaie avec fuite des capitaux et dévaluations ravageuses.   Et qui fait appel au FMI qui n’a strictement aucune autre solution à proposer, sauf à alimenter un puits sans fond, que de mettre sous contrôle la dépense publique.

Plutôt que de s’interroger sur les vraies causes des difficultés argentines, une ambiance populiste et socialiste qui n’accepte que des dépenses publiques non financées et espère s’en tirer avec l’argent des autres, après avoir vilipendé les investisseurs et les donateurs, avec une frénésie médiatique anticapitaliste, et une corruption majestueuse, les économistes officiels se croient constamment obligés par nationalisme étroit, d’entrer dans un travail de dénonciation totalement arbitraire de boucs émissaires étrangers. Diabolisation et mauvaise foi sont les deux mamelles de cette attitude qui ne mène strictement à rien.

L’Argentine est d’abord la victime d’elle-même et ensuite du système des changes flottants. Le FMI qui avait, rappelons le, comme seul rôle, de gérer les changes fixes, n’a rien à faire dans ce contexte.  Nous sommes à nouveau dans une phase de dollar fort. Les taux d’intérêts américains remontent. Le FMI ne dit rien. Mme Lagarde se contente de discours sur la libération des femmes dans le monde. On ne sache pas que la femme argentine soit particulièrement maltraitée. En intervenant en Argentine, le FMI servira à nouveau de bouc émissaire et permettra d’évacuer la tension politique liée à la gestion économique désastreuse qui y prévaut. Alors on veut que le FMI donne de l’argent, sans espoir de retour et surtout sans conditions. « Aboule le fric et tais-toi, pour la suite on te conchiera et on verra ce qu’on fait ». Voilà le résumé exact de la pensée forte de ce M. Rappaport.

Les journalistes français, conditionnés aux dénonciations du FMI, et capables de répéter comme des perroquets les pires articles de propagande, pourvu qu’elles sentent bon l’anticapitalisme primaire tiers-mondiste (il n’y a plus de couverture correcte de la situation de l’Amérique Latine depuis plus de soixante ans dans les journaux français,  le ton des élégances étant donné par le Monde Diplomatique dont on connaît l’inspiration fraîche, joyeuse et totalement indépendante du marxismes léniniste tiers-mondiste), répètent et répéteront encore les analyses des Rappaport du moment, sans jamais se soucier ni des réalités locales, ni des aspects délétères de la propagande qui règnent sur tous les sujets économiques dans ce continent, ni des mensonges caractérisés qui y sont régulièrement diffusés.

Dans un système mondial de changes flottants, il ne sert à rien de demander à la collectivité mondiale de financer un pays dont la politique malsaine, faite toute entière de dépense publique incontrôlée, conduit à une fuite devant la monnaie. Il faut exiger une réforme du système mondial des changes et imposer des règles de gouvernance strictes aux pays qui ont fait du laxisme pseudo social un mode de fonctionnement permanent.

Plus précisément la bonne attitude serait de s’opposer aux dérives de la politique mondiale des Etats-Unis et à la « chienlit socialisante et populiste », comme on commence à le dire devant les jolies photos des Black Blocs. Comment voulez-vous qu’un économiste officiel se risque dans une telle aventure qui le met en face des deux puissances majeures du moment ?  Et plus encore, un journaliste…

Des idées qui progressent

Depuis désormais plus de 20 ans nous défendons publiquement de façon constante une thèse fondamentale :

-          Il n’y a pas de bon commerce sans bonne monnaie

-           Il n’y a pas de bonne monnaie sans un équilibre relatif des balances de paiement.

Le système des changes flottants imposé par les Etats-Unis après l’effondrement des Accords de  Bretton-Woods a conduit à l’abandon de règles fondamentales d’équilibre économique au profit d’un système spéculatif  dont tous les rouages ne pouvaient que se gripper. Enormes excédents commerciaux et  énormes déficits de balances de paiement ont transformé le monde en une économie baudruche dont la vocation était d’exploser un jour ou l’autre. Comme l’écrivait Maurice Allais, « ce qui doit arriver arrive ».  C’est ainsi que nous avons défini la crise comme la composante de trois évolutions :

-          Une baisse tendancielle du trend

-          Une aggravation des récessions « décennales »

-          Une montée permanente de la dette globale,

Et tenter de démontrer que cette crise avait une cause principalement monétaire.

Nous avons prévenu depuis 1977 : attention à la colère des peuples, car la stagnation économique, la baisse du pouvoir d’achat, et le chômage déstabilise les sociétés.

Il a fallu l’explosion de 2008, parfaitement annoncée et prévue, et la montée électorale des « populismes » pour que, soudain, ces réalités éclatent à la figure de dirigeants tétanisés mais englués dans la routine.

Nous avons prévenu, les premiers, sur les dangers du Tafta (pratiquement jamais commenté dans les medias français)  et l’offensive américaine, qui s’appuyant sur les principes des statuts du FMI, entendait rétablir de force, avec des taxations lourdes, leurs équilibres extérieurs.  C’était bien avant l’arrivée de Trump.

Le style cow-boy de Trump n’a fait que révéler un peu mieux les forces sous jacentes. Trump a parfaitement raison, comme l’avons déjà écrit ici, de considérer que les excédents Chinois sont extravagants et que les excédents allemands ne sont pas convenables. Là où il est incohérent est qu’il ne voit pas qu’ils sont largement la conséquence des énormes déficits extérieurs américains.  Si on veut que le dollar soit la monnaie du monde alors le déficit américain est automatique puisque c’est lui qui alimente la liquidité mondiale. Il faut donc changer de système et proscrire toute monnaie mondiale qui soit une monnaie nationale. Là Trump n’est plus d’accord. C’est pourquoi nous professons que Trump « facilite le diagnostic mais complique la solution ».  

Hier, c’est Macron, recevant son prix Charlemagne de bon élève du fédéralisme européen, qui a dénoncé publiquement, et en la présence même de Mme Merkel, les excédents allemands et suggéré qu’elle abandonne son « fétichisme » des excédents de balances de paiements, soulignant que cet excédent avait pour conséquence un dommage pour ses partenaires.

Voici donc les excédents extravagants de balances commerciales et de paiement politiquement et diplomatiquement mis en cause. Vingt ans que nous attendions ce moment.

La faiblesse de ces annonces est double :

-          Il n’y a pas d’explication de la nocivité des ces déséquilibres et de lien causal effectué avec la récession explosive de 2008 et ses suites difficiles

-          Il n’y a pas de schéma d’organisation proposé qui mette fin au double dysfonctionnement du système monétaire international et du système de l’Eurozone.

Dans notre premier livre sur le sujet, «L’Etrange Désastre », nous nous sommes attachés à répondre en détail à la première faiblesse.

Dans notre second livre à paraître, nous cherchons à dégager les lignes d’un nouvel ordre monétaire mondial congruent avec un nouveau système européen, en le replaçant dans l’histoire monétaire internationale des 100 dernières années.

Didier Dufau

La prétendue « sécession » des « zélites mondialisées »

Ainsi tous les malheurs du monde viendraient de la trahison d’une classe sociale qui, soudain, aurait vu l’opportunité de se débarrasser du peuple pour s’enrichir dans un monde économique hors sol et hors démocratie. Cette nouvelle classe dangereuse de « salauds de riches » aurait fomenté un complot contre les peuples pour les asservir et s’affranchir des devoirs légitimes qu’ils doivent à leur patrie et aux classes malheureuses et exploitées.  

Pour qui connait l’histoire, on retrouve exactement l’affaire des « koulaks » qui a dominé l’histoire soviétique de 1925 à 1935, période où 10 millions de paysans ont été exterminés pour expier l’échec économique radical du communisme. Jamais dans l’histoire on avait vu une telle exploitation de boucs émissaires. L’abomination économique du communisme exigeait une abomination socialo-politique encore plus monstrueuse. Au Kazakhstan c’est la quasi totalité de l’agriculture qui disparaîtra avec ses paysans.  En Ukraine, la rage antinationale s’ajoutant à la frénésie révolutionnaire, c’est un véritable génocide par la faim qui sera commis, des villages entiers, avec hommes, femmes, enfants et bétail, étant exterminés sans faiblesse (mais oui, certains villages ont perdu la totalité de leurs habitants !).  Jamais l’agriculture ne se remettra de ces massacres. Koulak est un mot qui ne voulait rien dire de précis. Etymologiquement, il était employé en patois par les paysans en difficulté pour qualifier les paysans mieux dotés qui leur faisait crédit après une mauvaise récolte. Les voyous lancés par le Parti  Communiste dans les campagnes, les fameuses troïkas, le pendant soviétiques des commandos d’extermination nazis,  ont agrémenté leurs crimes en injuriant leurs victimes sous ce vocable.

A la mondialisation partiellement ratée de l’économie correspond la globalisation de l’insulte contre des boucs émissaires allégués et la vitupération contre des diables insaisissables qui se seraient détachés des liens nationaux.  Certains voulaient abaisser les nations. Elles le sont. Les mêmes qui le souhaitaient se plaignent désormais des conséquences, non pas en se remettant en question mais en accélérant dans la dénonciation outrancière de boucs émissaires. 

Nous disons : attention danger !

La perversité de l’attaque de boucs émissaires est qu’elle traverse toutes les couches sociales et toutes les strates politiques. La dénonciation peut trouver à exciter la haine aussi bien  chez les adeptes du communisme, de Mélenchon, des extrêmes gauches, de la gauche socialiste que chez ceux de Marine Le Pen et de la droite classique. Il ne s’agit pas seulement de « populisme », mais d’instrumentalisation ciblée de la haine. Certes la cible est floue mais cela permet de décupler la haine sans trop de risque. Jusqu’au jour ou des personnes ou des groupes très concrets sont visés expressément dans la plus totale injustice.

Si l’on veut réduire les maux de l’époque, il faut d’abord les comprendre. Sans explication pas de véritables solutions, seulement des vaticinations.

Le monde a connu quelques grandes révolutions depuis 1971.

-          La destruction du système monétaire international avec la création d’une économie baudruche est la plus importante. Elle a conduit à un endettement prodigieux, un chômage de masse et une baisse constante, chaque décennie, du taux de croissance, avec une aggravation constante des récessions.

-          L’effondrement communiste et l’arrivée de milliards d’humains dans l’économie marchande mondiale a provoqué une secousse également formidable. Elle s’est traduit par une réduction des inégalités mondiales sans précédents et a sorti de la misère plusieurs centaines de millions de personnes. Mais la concurrence des bas salaires a eu des effets délétères dans les pays développés  et l’apparition de difficultés sociales dans les classes populaires et moyennes. C’est la double peine du « socialisme dans un seul pays » qui affecte les autres quand il s’instaure et leur nuit quand on en sort.

-          La guerre islamique, initiée d’abord par la décolonisation générale, alimentée par la colonisation israélienne et ses guerres d’annexions successives, cimentée par la guerre civile atroce du Liban, financée par le pétrole au prix de la création d’un cartel qui allait en multiplier le prix, mutée en guerre religieuse et idéologique par l’Imam Khomenei en Iran, régionalisée par la guerre Iran-Irak, mondialisée par la guerre d’Afghanistan,  orientée contre les Etats-Unis par Al Khaïda,  transformée en une guerre terroriste universelle à partir de la destruction de l’Irak et de la Lybie, et portée désormais par le terrorisme islamiste au cœur des démocraties occidentales.

-           Le choc démographique qui a vu les naissances s’effondrer dans la plupart des pays occidentaux et s’emballer en Afrique noire, provoquant des vagues migratoires de moins en moins bien supportées.

-          Le choc technologique qui a vu s’ouvrir l’âge de l’information avec les inventions successives du « temps réel » puis des micro-ordinateurs, puis d’Internet, avec des terminaux téléphoniques portables et quelques transformations importantes des modes de production qui permettent à quelques entreprises  et une poignée d’entrepreneurs d’accumuler des bénéfices colossaux tout en détournant la matière fiscale des états.   

-          Le choc climatique et la prise de conscience de l’épuisement des ressources naturelles qui implique des stratégies nouvelles et posent de nouvelles contraintes.

Les trois premières sont les plus importantes, pour l’explication du passé. Les trois dernières sont celles qui risquent d’avoir le plus d’impact dans le futur.

Faisons maintenant le petit exercice suivant : en quoi les « zélites mondialisées » sont elles en cause dans ces phénomènes ?

La destruction du système de Bretton Woods est le fait des dirigeants américains qui ont imposé leur puissance. C’est un phénomène de domination. Le suzerain écrase le féal. Et se fait du tort au passage. Que l’on milite pour un système plus équilibrée et moins dommageable, voilà la solution. Et là, il n’y a plus personne. Les solutions sont indicibles, semble-t-il, ou inaudibles.

L’effondrement communiste est lié à la dynamique délétère du régime, pas à l’action des « zélites mondialisées ». Il n’était pas possible de ne pas répondre aux aspirations des populations de rejoindre le niveau de vie des occidentaux libres, même si les modalités auraient du être différentes. L’économie baudruche n’a pas aidé. Mais quelles réductions incroyables d’inégalités ! Combien de centaines de millions de personnes sorties de la pauvreté !

La guerre islamique n’est pas le fait des élites économiques. Si on met de côté le soutien occidental à Israël, qui ne peut guère être attribué à des « zélites mondialisées », mais à des forces politiques identifiables, confortées par de larges parties de l’opinion, c’est la dynamique interne du monde musulman qui est en mouvement.

Le choc démographique n’a jamais été piloté.  En tout cas pas par des élites mondialisées.

Le choc technologique est une évolution endogène du monde économique, avec comme toujours des aspects positifs et des contrariétés à maîtriser.

Le choc climatique s’impose à tous progressivement, élites ou pas élites, avec des stratégies nationales plus ou moins convaincantes et internationales de plus en plus prégnantes.  

On voit qu’il n’y a rien dans tout cela qui peut être imputé de façon simple et univoque à une seule classe dite « élite mondialisée ». Cette imputation est tout simplement grotesque.

On pourrait affirmer de façon tout aussi convaincante que :

-          Ce sont des élites intellectuelles qui luttent contre l’économie monétaire boursouflée et explosive mise en place en 71 et qui cherchent à trouver d’autres modalités.

-          Ce sont des élites intellectuelles, morales, militaires et économiques qui ont préparé la chute bienvenue  de l’horreur communiste

-          Ce sont des élites intellectuelles et militaires qui cherchent à contenir la vague islamiste et terroriste.

-          Ce sont des élites intellectuelles et économiques qui cherchent à développer la révolution internet tout en gommant ses aspects éventuellement dangereux.

-          Ce sont des élites intellectuelles et écologiques qui cherchent à sauver la planète.

En revanche la question des migrations reste un no man’s land intellectuel, moral et politique. On  manque dans ce domaine d’une réflexion globale un peu sérieuse.

La dénonciation globalisante des zélites mondialisées, que ce soit par M. Zemmour, Madame Polony, Mme Le Pen ou M. Mélenchon, ne mène strictement à rien.

La bonne approche, sur chaque sujet, est de voir qui propose quoi et de dénoncer les erreurs et les horreurs en ciblant précisément l’ennemi intellectuel ou autre.

De toute façon, si de bonnes mesures sont enfin prises, elles le seront par des élites.

La question de l’Europe supranationale est une autre question. Il est vrai que la dépossession démocratique, associée à l’ineptie économique de son organisation, pose problème. Clarifions-le et offrons des solutions ;  dénonçons à l’occasion les « fédérolâtres » béats. Mais les fédéralistes européens ne sont pas nécessairement des élites et encore moins mondialisées. Et ils n’ont pas non plus de champs de réflexion unifiés pour l’avenir. Rien n’est moins net que le chemin d’évolution future de l’Europe.  

La question de la France est encore une autre question. La politique a été captée par un groupe social, l’Enarchie Compassionnelle, qui domine l’Etat, la politique, la presse et la finance. Il ne s’agit pas d’une élite mondialisée mais d’une oligarchie qui a auto organisé un pouvoir sans partage et qu’il s’agit de faire rentrer dans le rang.  Elle a réussi à capter la quasi-totalité du PIB marchand par l’impôt et accumule la dette sans scrupule. Elle s’est enrichie sans limite et sans mérite, surtout dans sa frange socialiste (voir les familles Attali, Hollande, Lang,  Hidalgo ou Parly). Le triomphe de Macron  a été son triomphe. Les impôts continuent de croître, presqu’autant voire plus pour certains groupes que la première année du quinquennat fiscal de Hollande et cela, sans aucune réforme de la dépense publique ni frein à l’embauche de fonctionnaires, ni réduction de l’emprise administrative sur la nation. La France est bien prisonnière d’un groupe particulier dont une fraction s’est échappée de son cadre normal avec des conséquences fâcheuses. Ce groupe est certes diplômé et donc sélectionné. Mais il ne forme qu’une fraction ridiculement faible des élites universitaires et économiques nationales.

En globalisant les critiques, les promoteurs de la haine des « zélites » ne font que conforter les comportements de domination, tout en créant un climat général détestable. Ce n’est pas à Tolbiac que l’espérance française renaîtra.  Il nous faut des élites médicales, scientifiques, économiques, entrepreneuriales, techniques, sociales, agricoles, administratives, militaires, culturelles et politiques, qui soient capables de penser et de panser le monde et de tirer parti des grandes évolutions en cours pour le plus grand bien national.   

Pas d’agitateurs stupides de haines déplorables et polyvalentes contre des boucs émissaires diabolisés. 

Macronisme : un curieux fond de sauce

Labellisé « président des riches » pour avoir pris une demi-mesure sur l’ISF et forfaitisé la taxation de l’épargne, Emmanuel Macron se tortille dans tous les sens pour décoller ce vilain sparadrap. Le fait de s’attaquer à la forteresse syndicale communiste qu’est la SNCF, aggrave encore les convulsions. LREM étant, pour les deux tiers, une organisation d’anciens socialistes, il n’est pas difficile de trouver en son sein abondant des candidats convulsionnaires pour lancer des ballons d’essais. Les soutiens initiaux étaient en général des socialistes durs, comme Pisani Ferry, et leurs idées particulièrement toxiques.

Le tout fait un fond de sauce assez peu appétissant. Trois mesures aussi vite annoncées que retirées en donnent le remugle.

-          Intégrer dans le revenu imposable la valeur locative de leur appartement pour les propriétaires ayant économisé pendant toute leur vie pour se loger était l‘étendard sacré de Pisani Ferry. Il a fallu éteindre l’incendie dès la campagne électorale présidentielle.

-          Remplacer la taxe d’habitation calculée sur l’empreinte économique de son habitation dans la commune par une taxation sur le revenu a tout d’un coup surgi sur la surface des eaux médiatiques, avant de d’être rapidement mis sous le tapis. Il est vrai qu’il faut bien transférer sur quelqu’un la « suppression » de l’imposition ancienne pour 80 % de la population, « cadeau électoraliste » fait sans scrupule lors de l’élection. Impraticable pour les étrangers, cumulative pour tous les multipropriétaires, et provoquant donc une exaction fiscale délirante, la mesure a été rapidement retirée.

-          Supprimer le quotient familial vient juste d’arriver pour être immédiatement ravalé devant le scandale. La natalité est désormais sur le toboggan grâce aux mesures Hollande contre la famille. Dans quelques années notre population va baisser. Et la seule chose que trouve à écrire, probablement sur ordre, un marcheur ex-socialiste de LREM, c’est : « Je suis Chiche de supprimer le quotient familial », symbole de la politique nataliste d’après-guerre déjà bien malmené par les hauts fonctionnaires qui considèrent que l’argent des Français est une « dépense fiscale » douteuse qu’il faut réduire. Dès l’origine il était parfaitement clair que la politique familiale n’avait pas un but redistributif. Il fallait casser ce tabou. Absolument ! Trois secondes pour obtenir un effet médiatique d’image. Avant que l’actualité ne passe à autre chose.

Ces trois bubons sont significatifs. Le fond de sauce macronien n’est pas très sain et la propension du Président à croire qu’il peut tout imposer pour de simples questions d’image est préoccupante. Bien sûr, ces trois mesures ont été rapidement éliminées du décor médiatique. Savoir que des mesures de ce genre bouillonnent dans le cerveau reptilien du macronisme n’est tout de même pas très rassurant.

La maladie de la cagnotte

Il est intéressant de noter que personne collectivement n’apprend jamais rien. L’erreur comme le chiendent repousse inlassablement et il n’y a pas de désherbant spécialisé.

Prenons cette affaire de cagnotte, l’exemple même d’une illusion d’optique tout à fait remarquable.

L’activité est cyclique. La fiscalité française est progressive. La conjoncture est bonne et les recettes prennent l’ascenseur pendant que l’économie prend l’escalier. La pression fiscale globale augmente. Personne n’a jamais voulu publier ce multiplicateur mais il est intégré dans tous les modèles de prévision fiscale fonction de l’activité.

Pendant les récessions le phénomène inverse se produit. Les recettes freinent brusquement et quand la récession est grave elles s’inversent.

L’État considère toujours que le maximum de recettes atteint est un acquis perpétuel. Donc ses sbires qui tiennent le pouvoir, ce que nous appelons l’Énarchie Compassionnelle, exigent aussitôt des hausses d’impôts massives pour compenser. Cet effet de cliquet est structurel dans Ve République du fait de la mainmise des hauts fonctionnaires, toutes couleurs politiques fondues, sur la politique.

Lorsque l’effet de ces nouveaux impôts s'ajoute aux précédents, lors de la phase d’expansion suivante, l’argent coule à flots dans les caisses. On le dépense aussitôt. Et le cycle repart.

Ce mécanisme est splendidement apparent notamment depuis 1973. C’est comme cela que la dépense publique dépasse désormais la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand non financier. Et que notre dette publique dépasse de deux fois cette valeur ajoutée, une situation qui explique l’énormité de notre chômage et de notre pauvreté.

Le couple Macron-Philippe, avec le coadjuteur Le Maire et l'idiot utile Darmanin, a décidé d’augmenter sauvagement les recettes fiscales, conformément à cette habitude funeste. La phase de haute conjoncture internationale arrive avec retard et moins d’élan que d’habitude mais elle arrive. Le résultat est évidemment un flot énorme de recettes supplémentaires, d’autant plus violent que ces loustics ont littéralement matraqué le pays avec des hausses de taux phénoménales.

On a déjà montré que la hausse du taux de prélèvement sur la CSG déductible était de plus de 40 % ! Mais il y a mieux. Le malus sur l’achat de voiture est passé de 0 à 140 euros pour un taux de CO2 de 126 unités. De 90 à 353 pour un taux de 131, soit une hausse légère de 392 %. Si vous atteignez 162 Unité, la taxe passe de 3 313 à 4 460, une toute petite somme qui a fait passer le coût des voitures de cette catégorie au-dessus de 30 000 euros. À partir de 180 unités, vous voilà dans le monde de rêve des voitures qui paient plus de 9 000 euros de malus et même 10 500 au-delà de 191. Les SUV à la mode sont désormais tous passés au-dessus de 45 000 euros ! Comme il y a actuellement une frénésie d’achats de voitures, combinaison du cycle automobile et du niveau très bas des taux de crédit, le rendement de cette taxe est gigantesque.

La voiture et le logement sont les deux équipements les plus lourds et évidemment les plus taxés.

Pour être juste cette manie de la conservation de toute recette et donc de toute dépense acquise est aussi le fait des collectivités locales et des institutions internationales.

Voyez l’Europe : le Royaume Uni s’en va. Cela fait un trou dans les recettes. Pense-t-on à ajuster les dépenses ? Pas du tout. Les dirigeants de l’UE exigent de nouvelles ressources et une hausse « très importante des impôts européens » que Macron leur a promis à l’avance.

Voyez les mairies. Les recettes sont ponctionnées. Va-t-on baisser la dépense. Pas du tout. On va augmenter de 200, 3000, 500 % les amendes de stationnement, taxer jusqu’à 1 000 euros les cabanes à lapins, augmenter massivement la taxe foncière. Réduire la dépense ? Jamais ! Non Mais ! Peut-être va-t-on laisser filer l’entretien des routes… Quand les inconvénients seront devenus visibles, il sera bien tant de faire un « impôt nids-de-poule ».

Lorsque la BCE a décidé de récupérer le contrôle des principales banques européennes, elle a recruté comme un malade. Les banques centrales elles n’ont pas adapté leurs effectifs à la perte des contrôles nationaux. « Quelle horreur ! Vous êtes dingues ».

Les élections présidentielles ont été dominées par la question de la réduction des effectifs publics et des postes subventionnés. Le résultat : la hausse de ces effectifs est très importante en 2017 et le restera en 2018. À fin 2018 jamais les recettes publiques n’auront atteint de tels sommets.

Pendant ce temps-là, les politiciens démagogues regardent la cagnotte et crient : « donner là, donner là, donner là ! Nos clientèles attendent ».

Le revenu et le capital des Français ne leur appartiennent pas. C’est une concession qu’on leur fait et il faut qu’ils paient pour en disposer. Vive l’impôt ! Il faut savoir la société que nous voulons ! Des bonnes intentions sans recettes massives affectées, cela n’a pas de sens. Il faut 1 % du PIB pour la Culture, le Handicap, le Sport, les Femmes, la Pureté de l’eau, la Pureté de l'air, les Maternelles, les Homosexuels-lles, la Francophonie, l’aide aux pays sous-développés, la promotion de l'artisanat, la sauvegarde des fermes authentiques, la sauvegarde des cirques, la suppression des trous noirs téléphoniques, ad libitum. Il faut 4 % du PIB pour l’Armée, la Justice, le logement, le rail, l’Europe… Il faut 40 % du PIB pour la sécu et 40 % l’Éducation nationale.

C’est sûr

Quand vous serez autour de 300 % du PIB, arrêtez-vous et reposez-vous un peu. Ah zut vous avez oublié le 4 % pour la recherche scientifique et le 1 % pour le développement du codage dans les maternelles ! Et puis attendez, nous allons avoir les jeux olympiques, le championnat du monde de football et celui de rugby.

Le plus drôle est qu’il ne se passe pas une journée sans qu’un abruti vienne dans les médias en fonction de l’actualité pour souligner combien les ressources manquent pour à peu près tout et qu’on ne s’en sortira pas sans une hausse vertigineuse des ressources à dépenser sur le sujet. Mais oui, n’oublions pas : il faut créer un quatrième risque pour les petits vieux. Quant à nos prisons elles sont infectes, nos hôpitaux, nosocomiaux, nos passages à niveau, dangereux, nos urgences, saturées, nos greffiers, submergés, nos bombes, achetées à l’étranger, nos migrants, mal traités,

Le plus consternant est qu’il ne se passe un jour sans qu’un démagogue ne suggère une nouvelle gratuité. Mme Hidalgo qui s’est construit patiemment une réputation de démagogue, d’idéologue et d’allumée gauchiste capable de tout, propose, ce jour, la gratuité des métros et des bus. Il faut dire qu'ayant supprimé les voies de circulation et de stationnement, monté à des sommets hystériques les PV de stationnement, et n’ayant augmenté aucune capacité de transport public, elle ne peut rabattre le troupeau que vers des métros saturés, où les femmes se font pincer les fesses et où la pollution aux particules fines est dix fois plus élevée qu'en surface, et des bus erratiques et inconfortables. Le proposer la veille d’une grève perlée des transports montre un sens de l’opportunité qu’il faut souligner.

La gratuité, tout le monde sait cela, c’est ce qui coûte le plus cher. Séparer le coût de la consommation, c’est la source principale du gaspillage. « Puisqu’on vous dit qu’il faut savoir la société que vous voulez ». Bien entendu une société où tout est gratuit est une société où personne n’a rien, sauf la nomenklatura qui la dirige.

Alors, dans les années quatre-vingt-dix, on disait : La justice est effondrée ; l’armée tient avec des bouts de ficelles ; l'éducation nationale est sur le toboggan. L’hôpital tient, mais jusque quand ?

Maintenant on dit : la justice est effondrée ; la diplomatie extérieure et l’action culturelle française à l’étranger sont effondrées ; l’Éducation nationale est effondrée ; l’Université est effondrée ; la médecine libérale est presque totalement effondrée ; L’hôpital est très malade ; les Ephad sont effondrés ; Les Armées sont au bout du rouleau ; La police est dépassée par les évènements et les zones de non droits s’étendent ; la prison est effondrée (les matons demandent qu’on les défende des prisonniers) ; la formation professionnelle est effondrée ; l’industrie est effondrée ; l’art a quitté la France ;

La « transformation » est en cours paraît-il. « On a interdit aux juges de ruiner les entreprises et aux députés d’employer leurs proches. Tout de même ce n’est pas rien ». Tout cela est évidemment dérisoire et tient plus de la comédie politicienne que du destin national.

On sait parfaitement ce qu’il faut faire :

-          Interdire à un fonctionnaire d’être élu dans une chambre qui vote ses conditions d’emploi.

-          Interdire le versement de deux rémunérations publiques à la même personne.

-          Modifier la procédure budgétaire pour que le budget ne soit augmenté que du montant de la croissance moyenne du PB dans les trois précédentes années.

-          Pour les régions et les collectivités locales, ne permettre une hausse du budget complémentaire qu’en fonction de la hausse de la population.

-          Les grands équipements locaux ou régionaux doivent être contrôlés par une chambre spécialisée du parlement.

-          Interdire toute gratuité, une prestation devant toujours être gagée sur un droit acquis par cotisation. Coller 20 ans de prison ferme à quiconque en proposera une.

-          Plafonner le taux d’endettement des collectivités locales et des administrations et des dépendances de l’État. Coller 20 ans de prisons à ceux et celles qui endettent leur ville pour des décennies.

-          Consigner les plus-values fiscales des périodes de vaches grasses pour les réutiliser pendant les périodes de vaches maigres.

Mais qu’on ne parle pas de miraculeuse cagnotte qui permettrait tout soudain de faire du social à tout va ! C’est de l’escroquerie.

Et de la bêtise crasse.

Le droit de propriété immobilière en déshérence

On sait la haine du retraité propriétaire que nourrit l’actuel Président de la République. Le fait que 75% des retraités soient propriétaires envenime la situation. Il faut leur faire rendre gorge, car ce sont des « privilégiés ». N’ayant pas dépensé instantanément les millions d’Euros gagnés en deux ans comme intermédiaire financier, sans jamais rien investir dans l’immobilier, comme Emmanuel Macron,  les retraités qui ont mis une vie à accumuler de quoi acheter leur maison et à espérer transmettre quelque chose à leur progéniture sont un peu agacés de voir qu’on les saque fiscalement par le maintient de l’ISF sur l’immobilier et  la hausse hyper massive de la CSG (plus de 40% de hausse sur la CSG déductible). Ils savent que le nouvel impôt local annoncé aggravera encore la situation.  Les retraités propriétaires ne sont pas seulement les vaches à lait du « macronisme » mais aussi des « salauds  au sens sartrien du terme » à qui on peut faire tout subir, y compris un flot d’insultes sur de prétendus privilèges qui n’existent que dans l’esprit des profiteurs du régime. Faute d’avoir eu le courage de remonter à 67 ans l’âge légal de la retraite, qui aurait aussitôt rétabli les comptes, on saccage la fin de vie des aînés, après avoir anéanti la fécondité. Le nombre des naissances baissent continûment, avec bientôt comme en Italie une baisse de la population qui aggravera tout, alors que la population vieillie, une évolution démographique dramatique. Il est vrai que ce Monsieur Macron n’aura jamais d’enfants.   

Etre retraité, c’est mal. Mais être propriétaire, c’est proprement infâme. On se rappelle les suggestions de M. Pisani-Ferry, l’âme damnée économique du jeune Macron, qui voulait qu’on intègre dans le revenu taxable des propriétaires (IR +CSG) le loyer théorique de la location de leur logement : marginalement 65%  de ce pseudo revenu aurait été prélevé, en sus de la taxation existante, les traites de l’achat de la demeure n’étant naturellement plus déductibles.  Une mesure totalement aberrante et spoliatrice digne d’un cinglé bolchevique de la meilleure époque (et naturellement proposée par quelqu’un vivant sur l’argent public prélevé sur les autres).

L’idée que la propriété est un accident du tissu social qu’il faut raccommoder au plus vite par la collectivisation ou la contrainte fiscale ou réglementaire n’est pas l’apanage du seul Macron et de sa camarilla de hauts et petits fonctionnaires.

Rue Jolivet, à Paris, au coin de la rue de la Gaîté et de l’avenue du Maine, pourrit depuis des années un immeuble dont le propriétaire voulait faire une jolie promotion. Il est vrai que l’immeuble est situé près d’Edgard Quinet, une place qui a fini par devenir à la mode et qu’il donne sur la place Poinsot qui a son charme, en dépit des envahissements de clochards. Pas question insistent les trotskistes, les communistes, les verts-rouges  et les socialistes d’extrême gauche qui ont envahi la mairie centrale et celle du XIVème arrondissement de Paris.  Alors ils ont rejeté tous les permis de construire déposés par l’ignoble propriétaire, alors que le projet était plutôt pas mal. Ils ont abaissé les hauteurs de construction dans le PLU pour empêcher toute construction rentable. Et dix ans après ces exactions réglementaires, on exproprie. Cela s’appelle : « respecter le droit de propriété ». Le projet d’expropriation de la mairie est désormais voté avec un budget de 10 millions d’euros, qui sera comme d’habitude dépassé. Surtout quand on sait que les coûts d’expropriation ne dépendent pas de la mairie.  Le coût est, pour la moitié, du foncier hors de prix. On sait que la construction sera hideuse, car, comme d’habitude, on choisira un architecte mal lavé et nullissime mais ami des cellules d’extrême gauche du coin, comme en 2008, au 25 rue de la Gaité, où une précédente préemption avait conduit à construire une « merde » (en langage d’architecte) sinistre et stalinienne. Il est intéressant de rappeler que lorsque ce projet hyper médiocre a été présenté au Comité de Quartier tout le monde s’était récrié : c’est immonde ! La concertation étant ce qu’elle est avec Mme Hidalgo et ses sbires, on a construit cette horreur qui déshonore la rue. On en aura une deuxième.

N’espérons pas savoir à qui on va offrir un appartement à 2.500.000 Euros pièce en plein Montparnasse, les familles nombreuses zaïroises servant souvent de prétexte temporaire, alors qu’on finit par placer des copains socialistes méritants aux yeux de la mairie qui a pris soin de mettre ses hommes à la tête des bailleurs sociaux (en jetant dehors sous les insultes les anciens dirigeants : c’est le style chez ces gens là).

Mais notons que cette politique est insoutenable car totalement ruineuse. Au lieu de toucher les recettes liées à une construction libre puis à une occupation normale, la municipalité doit débourser immédiatement du capital puis subventionner indéfiniment. C’est comme cela que « la Reine des rats », « la Princesse des nids de poules », la « Mairule », « Notre-Drame de Paris »,  comme les Parisiens appellent désormais Mme Hidalgo, conduit la ville à tombeau ouvert vers les 7 milliards de dettes, tout en exigeant des « infects bourgeois propriétaires racistes, xénophobes et anti sociaux », des « Versaillais lecteur du Figaro Magazine » ( comme ont chez les amis de Ian Brossat, banlieusard communiste tendance homosexuel marié, fils d’un ex leader déjanté de la LCR, promu es qualité chargé du logement à la mairie de Paris et pour qui les « 100 millions de morts du communisme », comme on dit à l’Obs, n’ont aucune importance), qu’ils paient la corde avec laquelle il  les pend.      

Revenons à nos « marcheurs », à 75% socialistes comme chacun sait.

La désastreuse Cécile Duflot, dont tout le monde a pu voir que le vert n’était qu’un petit vernis et l’extrême gauchisme la mentalité foncière, avait commis dans l’indifférence d’un président médiocre et absent, savourant la jouissance d’être Président sans l’avoir jamais mérité, une loi ALUR qui mettait les juges au secours des locataires malhonnêtes. En gros, il fallait en finir avec la liberté contractuelle. Sa loi est un chef d’œuvre de bureaucratie socialiste hargneuse et délirante. Les fonctionnaires spécialisés ont bourré la loi de tous leurs fantasmes de contrôleurs administratifs de détail, tout en l’agrémentant des folies communistes du ministre. Ce bloc est une horreur qu’il a fallu tenter de détricoter pour ne pas tout paralyser.  Les fonctionnaires n’ont pas été contents : toucher à leurs pyramides d’injonctions délirantes, de paperasserie étouffante, de contraintes paralysantes, de coûts cachés, de blocages sournois, c’était de la pure provocation. Alors ils se sont mis « en marche » pour faire pire et ils ont pris leur ELAN, le nom de la nouvelle loi ALUR.

Un tel chef d’œuvre de loi bavarde, technocratique, mal intentionnée, illisible et incompréhensible, est une rareté qu’il faut apprécier à sa juste non-valeur. Il faut un texte « en clair » de près de 120 pages pour simplement en donner les intentions. Ah qu’elles sont nobles ces intentions ! Construire, protéger, numériser. Du pur Macron ! Du pur baratin.

Les propriétaires n’ont qu’à bien se tenir. S’ils louent, leurs loyers seront encadrés avec un maximum et un minimum, des dérogations étant permises en cas de « circonstances exceptionnelles ». Duflot l’a décrété. Il faudra désormais détailler dans le contrat ces éléments exceptionnels. Le locataire pourra signer, s’installer et dès qu’il le jugera bon se tourner vers les juges pour contester ces caractères exceptionnels et faire rebaisser son loyer. Le but est naturellement « de récréer des relations confiantes entre locataires et propriétaires » ! La dessus on frappe fiscalement à mort l’immobilier à louer par des particuliers,  de telle façon que le rendement soit négatif pour la plupart de ceux qui se livreraient à cet exercice (sauf AIRBNB, mais on va les saquer aussi, faites confiance). Il  n’y a aucun intérêt à investir dans l’immobilier locatif, sauf via des mesures d’exception et des mécanismes dérogatoires incompréhensibles qui servent des intérêts particuliers, notamment ceux des banques.  

A croire que pour Macron comme pour les différentes strates de socialistes extrémistes parisiens, il faille mettre en place la solution magique qui régnait en Union Soviétique : tous les immeubles appartiendront à des collectivités publiques et les politiciens sauront répartir les familles dans les lieux. Les trois quarts de la loi précisent justement comment construire des logements publics avec l’argent des contribuables. Quel élan !

Naturellement, l’énarque Macron a voulu mettre sa patte : quasiment toutes les mesures seront prises dans le détail entre deux ou trois haut-fonctionnaires dans le cadre d’ordonnances que le troupeau des Marcheurs  votera sans discuter.  

On sait comment cela va se terminer : par une pénurie aggravée de logements et la faillite de municipalités.

La pénurie, c’est d’ailleurs ce qu’on trouve un peu partout en France grâce aux mesures prises ces dernières décennies. On appelle cela des « zones tendues ». Nos hauts fonctionnaires se sont mis en tête d’en faire la liste, comme le criminel en série compte ses victimes.   Les citoyens ne le sont pas moins, tendus, et cela ne va pas s’arranger.

Les observateurs qui, dans quelques décennies, chercheront à savoir comment la France s’est suicidée, devront se pencher sur la législation du logement, notamment depuis Giscard, avec un soin spécial pour ALUR et ELAN et la politique délirante de certaines municipalités, comme celle de Paris, depuis Delanoë.  

Observations sur la répression des inégalités de salaires "genrées"

Les débats sur l’égalité sont toujours passionnels ; ceux sur l’égalité hommes femmes encore plus. Les droits formels s’appliquent à tous et toutes sans exceptions. Les réalités concrètes dépendent moins de la loi que de bien d’autres considérations. Les hommes ne sont pas des femmes et réciproquement. Le chemin de vie des uns n’est pas ceux des autres. Leur contribution à la survie biologique de l’espèce est radicalement différente. Leur statut dans la société n’a jamais été identique. Est-ce que l’histoire et l’économie ont des éléments à nous apporter pour sortir des simplismes habituels ?

Les femmes ont toujours travaillé et beaucoup. Mais leur sphère de travail était en dehors des circuits marchands. Le mariage était leur vocation et dans ce cadre elle sortait de la production marchande comptabilisée dans le PIB. Le célibat n’était pas bien vu et les hommes célibataires considérés comme d’affreux égoïstes et était l’objet d’une répression sociale douce mais ferme. En fait la situation n’était pas exactement conforme à cette image d'Épinal. Dans les faits entre la sortie de l’école communale jusqu’au mariage, la majorité des femmes travaillait. À la campagne, on travaillait tout le temps. Dans le petit commerce la femme travaillait presque toujours. Les Catherinettes qui ne trouvaient pas mari à 25 ans, travaillaient également, comme toutes celles qui avaient choisi un métier artistique. Elles pouvaient se retrouver dans des organismes à caractère religieux si leur situation était sans issu. Ne parlons pas de celles qui « s’en sortaient » de façon plus triviale.

Ce faisant les salaires féminins et masculins n’avaient strictement aucun rapport. Dans un très grand nombre de cas le revenu des femmes était un revenu de redistribution et non un salaire, en très grande majorité, même dans les ménages ouvriers.

La société faisait devoir aux hommes de travailler et d’épouser, et de nourrir la famille. Les entreprises familiales (agriculture, commerce, artisanat, petits métiers des villes) occupaient encore, dans les années quarante, plus de trois familles sur quatre. Ne parlons pas de la bourgeoisie aisée où l’on considérait que le travail des femmes était absurde, comme d’ailleurs leur besoin de faire des études supérieures, attitudes qui n’ont pas toutes disparu.

Trois phénomènes vont littéralement disloquer ce système millénaire.

Le premier est l’exode rural. Il commence en France sur une base massive avec l’arrivée du tracteur et des engrais qui changent la productivité dans l’économie rurale et de la mobylette… Cette dernière permet d’aller loin du village jusqu’au bourg et même à la ville. Les adolescentes rêvent de quitter la campagne et le font. En France cette révolution se fait au milieu des années cinquante, juste après la myxomatose. Comme le disait le Père Lucas, Raoul pour les intimes, à Bazainville en 1957 : « Pourquoi voulez-vous que cela marche si les lapins et les poulettes ont disparu ? C’est la mort programmée des villages ». Il avait vu juste.

Du coup un exode de femmes se met en place qui commence dans la France hercynienne, la moins productive du fait de sols ingrats (Vosges, Bretagne, Massif Central) qui conduira à un emploi massif de gens de maison dans les villes et, malheureusement, au développement d’une prostitution « régionale » autour des gares. Se constitue dans les villes et les banlieues une réserve féminine de travail qui est très mal vu des mouvements ouvriers et des syndicats, parce qu’elle « pèse sur les salaires ». Toutes les arrivées de migrants sont mal vues par les personnes en place. De plus les hommes regimbent car on leur fait devoir d’épouser et d’assurer la matérielle du ménage. Comment maintenir ces devoirs si la femme leur fait concurrence au travail ?

Le second phénomène est la guerre de 14-18 et la disparition ou la mutilation de trois classes d’âge masculines. Cela veut dire que trois classes d’âge féminines ne vont pas trouver « chaussure à leur pied ». Le mécanisme familial traditionnel ne fonctionne plus. Dans les faits ce sont près d’un million de personnes qui sont concernées. On sait que l’industrie de guerre a beaucoup fait appel aux jeunes femmes. Un problème de reconversion considérable se fait jour, et peu après la crise de 1929 frappe. En même temps les métiers tertiaires se développent à toute vitesse dans l’entre-deux-guerres et offrent des débouchés réels, d’autant que beaucoup de métiers nouveaux sont quasiment réservés aux femmes.

Donnons un exemple : le développement du grand commerce (Monoprix et Prisunic entre les deux guerres) voit se créer d’énormes services centraux. Le transport et le stockage sont réservés aux hommes pour des raisons qu’on peut considérer comme évidentes. Le travail administratif qualifié et non qualifié aux femmes. Les services sont dirigés par des mesdemoiselles. De plus en plus âgées. Elles sont assistées par des « secondes » et tout le personnel est féminin et très jeune. La très grande majorité quitte avant 25 ans, au mariage. Ce ne sont pas de petits services. La comptabilité fournisseurs, marchandises et générale des grands magasins et magasins populaires occupent près de 10 000 femmes à Paris en 1970. Les vendeuses dans les magasins forment des légions encore plus importantes. Toutes les grandes villes connaissent le même phénomène. Les caissières de supermarchés sont toutes des femmes, jusque très récemment.

Ces cohortes féminines ont permis le développement de ces secteurs commerciaux. La comparaison avec les salaires masculins n’a strictement aucun sens, puisqu’il n’y a pas d’homme dans ces métiers. Les salaires sont relativement faibles en valeur absolue par rapport aux hommes pour une raison simple : l’équilibre du marché. Il y a plus de demandes de travail que d’offres du côté des femmes et c’est l’inverse du côté des hommes. Les faibles salaires permettent un emploi féminin de masse et le développement d’activités qui sinon auraient été bridées. Les syndicats veillent à ce que les métiers soient bien séparés. Pas question de femmes à la SNCF dans l’effectif de « roulants ». D’ailleurs peu de femmes le souhaitent. Pas question de femmes non plus dans les métiers du bâtiment. Là encore, peu le souhaitent.

Ce phénomène durera longtemps, même dans les métiers nouveaux. En informatique les femmes investissent la perfo-vérif et la codification, les hommes la salle informatique et la manipulation des bacs à cartes perforées, avec un travail de nuit peu souhaité par les femmes. Encore en 1980, la vérification des radios chez Kodak, qui se fait « au noir » était un monopole féminin. Pas question de mélanger hommes et femmes dans le noir !

Même dans les métiers où la confrontation directe des hommes et des femmes est possible, les écarts de salaires perdurent parce que la disponibilité aussi bien quotidienne que de carrière n’est pas la même et qu’il y a plus de femmes pour postuler que d’hommes. Ce sera le cas notamment pour les analystes-programmeurs pendant très longtemps. En revanche dans les métiers de démarchages commerciaux, les femmes ont souvent des commissions supérieures aux hommes du fait d’une séduction supérieure de clients en général masculin et âgé. La vente de matériels de bureau, de matériels médicaux et d’encarts de publicité est largement conquise par les femmes, qui sont majoritaires et gagnent plus que les hommes.

Parler d’égalité homme femme n’a strictement aucun sens dans toutes ces évolutions. En fait ce sont les lois du marché qui règnent. On a voulu « marchandiser » le travail des femmes. Les choses s’ajustent. Les hommes et les femmes sont, en fait, rarement en concurrence. Ni les uns ni les autres ne le souhaitent.

La dernière évolution majeure est la mesure de Giscard qui détruit le mariage en autorisant le divorce à tout va. Cela brise totalement le système de protection de la famille. Les femmes peuvent se retrouver du jour au lendemain sans rien. Les hommes craignent que leur femme cède aux tentations qu’offre une vie loin de la maison. Les femmes qui ont choisi de « rester à la maison » s’ennuient, sont isolées et passent pour des gourdes. Elles se mettent à chercher du boulot. Leurs filles se lancent dans les études et les métiers dont beaucoup se féminisent à toute vitesse. Le droit, l’éducation, la médecine deviennent des secteurs à dominante féminine. Les Urssaf et autres administrations sociales sont des fiefs féminins. Du coup les hommes ne recherchent plus les métiers « gâchés », à leurs yeux, par l’arrivée massive d’une concurrence qu’il juge anormale. Mais puisqu’on ne demande plus aux hommes de se marier et de protéger le gynécée ! La recherche de postes stables dans l’administration est l’exercice de base de beaucoup de jeunes femmes dans les provinces comme à Paris. L’État est d’accord car c’est moins cher… La féminisation accompagne la prolétarisation des métiers d’enseignants.

Au carrefour de ces trois évolutions, dans un contexte de baisse de la croissance et de crises, il était inévitable que les différences de salaires soient importantes. Aujourd’hui s’ajoute la question de l’immigration. La question des différences de rémunération et de statut entre homme et femme se complique d’une question ethnique. Les stratégies d’emplois qui étaient différentes entre hommes et femmes se teintent de choix de vie où l’origine du collègue prend une place sérieuse.

L’Europe s’y met. Le travail détaché en Europe est de plus très majoritairement masculin. Les Chantiers de l’Atlantique emploient de masses d’étrangers masculins et relativement peu de femmes. L’immigration africaine est majoritairement masculine et les femmes africaines se placent dans des métiers de service à la personne où les hommes ne sont pas. Les métiers de sécurité absorbent une part importante des hommes noirs et là, pas de femmes.

Vouloir, au milieu de toutes ces tendances forcer les entreprises à prouver qu’elles pratiquent l'égalité des salaires est une simple concession démagogique et politicienne à des mouvements militants et n’a de sens que pour les métiers « normés » où l’interchangeabilité des hommes et des femmes, aussi bien à court terme qu’à moyen terme est possible. Les hommes infirmiers ont le même salaire que les femmes, mais les brancardiers sont des hommes ! Les enseignantes et les enseignants ont le même salaire, mais il n’y a plus d’hommes et les femmes laissées seules devant les jeunes, disons, turbulents de l’immigration exigent « des hommes, des hommes ». Au mieux cette politique répressive se retournera contre les femmes comme d’habitude, parce qu’on alignera sur les salaires les plus bas, là où l’offre nouvelle de bras est la plus grande.

L’activité économique préfère que les femmes travaillent : deux revenus font plus de clientèles et deux fois plus de travailleurs pèsent sur les coûts. C’est gagnant-gagnant. Mais les hommes et les femmes ont des stratégies économiques différentes. Les carrières ne s’insinuent pas dans les mêmes lieux et ne suivent pas les mêmes motivations, même si l’Unisexe s’est largement répandu. On peut le voir avec l’exemple de l’emploi homosexuel qui s’est largement spécialisé dans l’antiquité et l’art, les médias et la politique. Les minorités ont toujours des stratégies spéciales.

Il y aura donc toujours des différences de salaires et de rémunérations « genrées ». Mais différences ne veut pas dire inégalités. La violence bureaucratique ne peut que compliquer les évolutions en créant des frustrations qui auront, elles aussi, des conséquences. On retrouve les mêmes mécanismes que dans la politique de mixité sociale forcée.

Retour de l’ambiance des années trente ?

Comme dans les années trente, on voit se tendre les conflits et s’abaisser les âmes. Entre la dévaluation anglaise de 1932 qui fit entrer le reste de l’Europe continentale dans la vraie crise et la défaite française militaire quasi instantanée de mai 1940, on a vu se développer le même phénomène. Le chaos dans les esprits a suivi le chaos dans l’économie et les tensions entre les Etats. L’idée de politiques associatives ou coopératives en interne comme dans les relations internationales s’est évanouie. Le sentiment que la douceur démocratique ne permettait plus de dénouer les nœuds gordiens s’est imposé. La dénonciation, la rancœur, la recherche de boucs émissaires sont devenus les expressions dominantes.

Les vaticinations des Etats-Unis depuis Obama et surtout Trump, déclinent un « nous d’abord » qui met fin à l’esprit rooseveltien. Le Brexit en rajoute. Les deux remettent en lumière le conflit entre les « continentalistes » européens et les « mondialistes » anglo-saxons.  Avec le Coréen Kim on retrouve le guignol menaçant et gémissant qu’était Adolf Hitler. La Chine devient une dictature capitaliste d’état avec des tendances militaires et impériales affirmées. Le Japon a peur et parle armement atomique. Les tensions entre Inde et Pakistan sont tendues. L’ONU est devenue un « machin » sans importance et un peu méprisé. Ne parlons pas de l’OMC et du FMI, deux institutions en crise de vocation profonde, l’une du fait de la mise en cause du libre-échange et des déséquilibres monstrueux de balances de paiements, l’autre du fait des changes flottants qui le privent de son rôle statutaire (gérer les changes fixes).

Oui nous avons bien une forme de chaos dans l’économie où les causes profondes de la crise qui englue les économies depuis 1971 n’a toujours pas fait l’objet d’un diagnostic sérieux reconnu internationalement, ni de solutions appropriées.  On voit bien avec l’affaire des banques lettones que tout ce qu’on nous a dit sur les bienfaits de la supervision centralisée à la BCE n’avait pas l’importance affirmée. La baisse soudaine des bourses de valeur a atteint près de 10% en deux jours. Cela tangue toujours malgré la reprise conjoncturelle qui est très en retard par rapport aux évolutions du cycle antérieures.

Oui nous avons bien un nouveau chaos dans les relations internationales entre Etats. Il ne s’agit plus de conflits statiques. Ce qui se passe au Moyen Orient peut dégénérer à tout instant. Ce qui frappe, c’est qu’absolument tous les belligérants sont en tort vis-à-vis des principes et des chartes mises en place après la seconde guerre mondiale.

Et nous voyons bien arriver le même chaos dans les âmes. On le voit, à droite, où une fraction importante de l’opinion ne ressent plus aucune honte dans sa majorité à exiger la fin de la « colonisation africaine » de l’Europe, en refusant qu’on parle de xénophobie et de racisme, au motif de sauvegarder une identité européenne malmenée et de conjurer un risque de guerre civile avec un islam violent, irrédentiste et suprématiste.  On le voit surtout à gauche où tous les freins ont lâché avec la défaite radicale du PS et le risque de totale marginalisation.  Nous avons déjà donné l’exemple effarant de Mediapart qui témoignait que le trotskisme délirant d’Edwy Plenel peut l’emmener sur les chemins d’un racisme social de dimension hitlérienne autant que stalinienne.   

Maintenant c’est le Monde qui reprend les délires usuels du Monde Diplomatique et se coule dans la violence d’un racisme social assumé. Que l’on veuille bien prendre en main l’exemplaire du jeudi 22 Février 2018.  En première page un titre alléchant : « Comment les classes aisées ont rompu avec le reste du pays ». Salauds de riches, les voilà qui lâchent les braves Français ! A l’intérieur, une page entière avec comme titre : « la sécession des citoyens les plus aisés ». Comme on a la honte au bord des lèvres, on met le mot sécession entre parenthèses, ultime hommage du vice à la vertu. La conclusion suggérée : ces salauds de riches sont en train de casser la démocratie et détruisent la nation.

Le plus drôle est qu’il s’agit simplement d’une insinuation du titre. Car le titre ne correspond pas au contenu de la page entière consacrée à ce thème, qui va souvent à l’inverse de ce qu’il suggère : c’est là où il y a des riches que la mixité urbaine est la meilleure !  Et le journal admet que l’étude de la très socialiste fondation socialiste Jean-Jaurès propose des conclusions « un brin provocatrices », et « discutables, faute de preuves suffisamment tangibles ».

Suggérer que ce sont « les Riches » qui tiennent le pouvoir et  qui ont décidé, dans un grand élan d’égoïsme intéressé et sordide, de se couper de la nation ; Les dénoncer comme classe désireuse de démolir volontairement la démocratie du pays, est tellement contraire à la vérité, tellement haineux dans son principe même, tellement abject dans son inspiration, qu’on ne peut trouver qu’un seul exemple équivalent de rancœur officielle contre une classe désignée à la vindicte publique  dans l’histoire : la dénonciation des Koulaks par Staline et tout le camp socialiste. Elle sera suivie par leur extermination (10 millions de morts tout de même dont le quart en Ukraine, poussant l’affaire aux limites du génocide). 

Car cette accusation majeure ne peut déboucher que sur des mesures fortes contre cette classe honnie qui trahit la nation. Mais là on reste silencieux au Monde. Faire chauffer la haine d’accord : préciser où cela mène, prudence. Le génocide Juif avait pourtant servie cruellement cette leçon que l’incitation à la haine pouvait mener à des actes atroces.

La caution du Monde vont permettre à toutes les bouches à feu du socialisme bien-pensant de rabâcher que les « riches » tuent la nation et qu’il va bien falloir faire quelque chose contre ces lâcheurs. N’oublions pas que Macron est présenté comme le « Président des riches », comme le fut Sarkozy et qu’un procès en illégitimité démocratique est conduit contre lui par la gauche extrémiste. Wauquier subit à son tour « la jurisprudence Fillon » : un conchiage en règle, minutieux, inlassable, coordonné et sans appel.  Il suffit de voir son « interview » récente par Ruth Elkrief sur BFM TV pour constater à quel niveau se situe désormais le rôle des « journalistes » d’opinion. Lea Salamé avait déjà montré l’exemple. Ce sont des juges, des commissaires politiques, des destructeurs d’image, des relais des arguments politiques supposés « de gauche » les plus bas et les plus médiocres, pas des journalistes. Et tout cela toujours au profit des mêmes intérêts et des mêmes mouvances.

La gauche, se faisant, s’abaisse au niveau de tous les partis qui cherchent des avantages idéologiques et politiques en dressant des piloris et en injuriant des boucs émissaires. Les organes de presse de gauche qui s’y livrent y perdent leur honorabilité.

Le septennat Giscard a été tout entier un septennat fiscal qui a fait monter les prélèvements sur les classes aisées à un niveau intolérable. En même temps toutes les exactions possibles contre « les riches » sont devenues possibles. Le squat a cessé d’être poursuivi sérieusement. Les juges ont commencé à publier des livres disant leur mépris pour la clémence qu’ils avaient pu constater contre les crimes de « la haute ». L’affaire Lip a mobilisé tout ce que la première et aussi la deuxième gauche et une partie du patronat prétendu social, liguées avec les dénonciateurs gauchistes les plus extrêmes, pour dénoncer un homme, Lip, abaissé, humilié et fustigé par tous les moyens possibles sur le plus maoïste des piloris. Mme Mao était battue à plates coutures par nos maoïstes français dans cet exercice habituel chez elle surtout lorsqu’elle avait constaté une des innombrables calembredaines du « porc » Mao (alimenté en chair fraîche blonde par un maoïste français spécialisé). Ensuite les juges rouges ont mis en place leur doctrine justicialiste pour affirmer qu’ils se mettraient toujours du côté du faible quelque soit la responsabilité du faible. Cela a été suivi par une épidémie de mises en prisons de cadres d’entreprise pour des motifs divers et souvent alors qu’ils n’étaient strictement pour rien dans les faits pour lesquels on les a incriminés. L’arrivée de Mitterrand a aggravé les choses en mettant carrément la justice au service des syndicats et des associations de gauche contre les « riches infâmes ».

Impôt « symbolique », l’ISF a été créé explicitement comme stigmatisant les riches.  Certains ont parlé d’étoile jaune.  Bien sûr l’extermination des Juifs par Hitler est d’une autre gravité qu’une spoliation fiscale, mais la volonté de stigmatisation était bien là. La kalachnikov fiscale a été déployée avec énergie, faisant fuir une première génération de réprouvés.

Paradoxalement, l’ouverture financière et la création d’une économie baudruche a été conduit entièrement par des socialistes, pas par « les riches ». La création d’une union Européenne qui met en danger les classes populaires a été organisée par Mitterrand, pas par « les riches ». Jospin a étouffé l’entreprise et lui a fait perdre sa compétitivité. Où est l’action des « salauds de riches » dans cette décision qui a provoqué l’effondrement des comptes extérieurs et une belle poussée du chômage après l’épuisement des effets d’aubaine.  Les deux premières années de présidence Hollande se sont traduit par un déchaînement fiscal centré sur le « riche infect » et l’organisation d’attaques ad hominem contre des personnalités de droite et des entrepreneurs en vue, directement à partir du bureau présidentiel, ce qui ne s’était jamais vu. Les campagnes contre Bernard Arnaud ou contre Depardieu ont été ignobles, concertées, menées sans vergogne par des ministres, y compris le premier, et évidemment de nombreux journalistes complices.

Le capital a été tellement taxé par François Hollande qu’il n’était plus possible d’investir en France.  Les impôts ont dépassé les 100% dans un nombre significatif de cas. Et on vient nous dire que les victimes de ce déferlement de haine et d’exaction fiscale ciblée sont la cause de la dissolution de la nation ? Comme Staline disait que les Koulaks massacrés étaient non seulement la cause de leurs malheurs mais aussi des difficultés qui ont suivi.

La mondialisation heureuse a été le leitmotiv de l’énarchie à dominante de gauche (Minc, Attali, Rocard, Moscovici, Guigou, Jospin…) soutenue par des personnalités comme Delors et la gauche catholique façon Julliard, ou des politiciens comme DSK.

La politique d’ouverture totale à l’immigration n’a pas été exigée par « les riches » (quand ? qui ?) mais largement par la gauche au nom des droits de l’homme. C’est elle, après un premier effort de Giscard, qui a mis le prolétaire français en concurrence directe avec l’immigré de première et de seconde génération. La fracture territoriale est plus le fait de la désertification des campagnes et de la perte de compétitivité des entreprises françaises que d’une politique volontariste « des riches » dont on ne voit véritablement où serait l’intérêt. Des dizaines de milliers d’entreprises ont fait faillite dans les 15 dernières années. Quels masos ces riches !

Alors oui, beaucoup de familles en ayant les moyens ont mis leurs enfants à l’école privée, comme la grande majorité… des dirigeants socialistes. Cela tient plus à l’effondrement de l’enseignement public qu’à une volonté de ségrégation.  Alors oui, beaucoup de Français ont fui la France pour des raisons fiscales mais aussi parce que ce n’était plus là que cela se passait et que l’ambiance y était insupportable. Ce ne sont même pas majoritairement des riches qui sont partis. Souvent des jeunes qualifiés qui ne veulent pas rater leur vie, des retraités qui ont compris qu’on les traitait de privilégiés et qui ont essayé de sauver les meubles, des créateurs d’entreprise qui n’ont pas aimé l’écosystème énarchique mâtinée de dégueulis gauchiste où les mesures de soutien annoncées, comme la défiscalisation de la recherche, se traduit par des redressements démentiels parce que le Trésor a ses propres définitions de ce qu’est la recherche. 

Comment nier que M. Mélenchon est follement attrayant ; que Mme Hidalgo, la fameuse reine des rats, a bien raison de transformer Paris en piège fiscal et de pourrir par tout moyen la vie de ses administrés ; que M. Hamon montre un chemin rayonnant vers l’avenir radieux ; que la multiplication des mendiants ROM dans toutes les grandes villes de France n’est pas un progrès de la civilisation, que les attentats musulmans ne sont pas un exemple merveilleux de progrès de la nation. Comment oser croire que nos grèves, nos manifs, nos déficits, notre recul du niveau de vie par tête, notre SNCF toujours en panne, symbolique d’un pays où « rien ne marche », plus personne, apparemment, ne sachant travailler, notre effondrement dans tous les classements, et dans tous les domaines, ne sont pas délicieux.

Si certains ne voient pas tout cela, c’est qu’ils sont riches, peut-être même retraités (le fond de cuve ranci de la manif du Trocadéro, selon les médias et M. Fourquet), et qu’ils n’hésitent pas à défaire notre démocratie. Mais on va s’occuper d’eux, ces vils égoïstes qui sont la cause de tous nos malheurs.

Voilà où en est le journal Le Monde, pas loin de « Je suis partout » (il suffit de remplacer le mot riche par juif). Hélas ! Hélas ! Hélas !  C’est un retour vers les années trente dont on se passerait bien. Pour ceux qui comme l’auteur de ces lignes, ont toujours eu de l’amitié pour ce journal, c’est une désolation. 

Une hypothèse serait que l’article soit une vengeance larvée de la rédaction contre ses deux « riches » propriétaires ? Là, cela deviendrait drôle.

Malheureusement, on peut craindre que l’affaissement de ce journal soit un symptôme de plus du retour à l’ambiance des années trente.

Les causes du drame de la SNCF

On peut faire remonter le drame de la SNCF à différents moments : la crise de 1929 dont une des conséquences sera les difficultés financières sévères dans les industries de réseau comme le chemin de fer, dont les frais fixes sont importants et la recette très dépendante de la conjoncture ; la manie planiste du Front populaire et ses nationalisations qui voient un État laxiste, nécessairement laxiste, dépenser sans compter et épuiser les ressources du pays ; la guerre de 40 qui verra, lors de la préparation du débarquement et son exécution, une destruction systématique des gares et des ponts, après que les Allemands aient volé une grande part du matériel ; le choix politique de laisser la SNCF au Parti communiste et à sa dépendance Cégétiste à la Libération… Les clous dans le cercueil n’ont pas manqué.

La particularité de la France est de subir des crises économiques importées et d’y répondre en votant pour le socialisme qui aggrave les choses. Les Français adorent la double peine. Ils l’ont fait après la crise de 1922 en élisant le bloc des gauches et en 1936 avec le Front Populaire. Ils recommenceront après la crise de 1973 qui amènera Mitterrand, la crise de 1992 qui amènera Jospin et celle de 2008 qui nous vaudra Hollande. À chaque fois l’affaissement de la France en aura été accéléré. Et cela fait quatre-vingts ans que cela dure.

Quand on voit les choses avec un esprit uniquement pratique, une mesure aura été particulièrement dramatique : rendre impossible le licenciement des salariés de la SNCF. Il ne faut pas oublier que besoin de reconstruction et recrutement communiste aidant, la SNCF payaient directement ou indirectement 750 000 personnes en 1946, dont environ 500 000 cheminots. À l’époque, la SNCF était le premier employeur de France avec l’Éducation Nationale.

L’ennui, c’est que l’électrification du réseau et la poussée de l’automobile allaient conjuguer leurs effets pour réduire de façon drastique les besoins de personnels. Dès les années cinquante, la SNCF est obligée de porter un excédent de personnel supérieur 100 000. Bien sûr le personnel va diminuer mais très lentement et par mise à la retraite, rendant le régime de retraite incroyablement déficitaire.

Le résultat sera parfaitement conforme à ce qu’on pouvait imaginer : des déficits majeurs permanents ; la restriction constante du réseau ; le maintien de services inutiles pour conserver un maximum de personnes au travail et plus généralement aucun effort de productivité ; les déficits majestueux ; un sous-investissement constant ; aucune adaptation aux évolutions du marché.

« En même temps » l’organisation se dualise. D’un côté la Direction centrale, polytechnicienne pour l'essentiel, et les différentes équipes qui gèrent les silos de pouvoirs ; de l’autre le terrain, laissé à la cogestion syndicale.

La direction centrale s’emploie à empêcher toute concurrence, interdit la fabrication de camions et limite drastiquement les lignes d’autocars. Il faut « protéger la SNCF ». Mais la voiture et l’avion prennent leur essor. Contre la voiture, on a résisté des années à la construction d’un réseau d’autoroutes, fierté d’abord de l’Allemagne mais aussi de l’Italie avec l'Autostrada del Sol. Pompidou cassera ce tabou et la création d’un réseau d’autoroute devient un fait majeur. De même l’avion décolle comme moyen de transport de masse dans la même période, avec l’avion à réaction civil.

Devant ces évolutions qui ringardisent une institution qui non seulement commence à crouler sous les dettes mais aussi apparaît de plus en plus coûteuse et dépassée, les ingénieurs poussent à la création d’un réseau à haute vitesse, et s’inquiètent des projets d’aérotrain de l’ingénieur Bertin qu’ils s'évertueront à tuer dans l’œuf. D’autre part ils veulent tenir de nouveaux secteurs comme la location de voitures, la messagerie, tout en gérant des excroissances maritimes comme la SEALINK et la SNCM etc. Avec la mentalité cheminote ! Le résultat : des déficits géants.

Alors que l’exploitation quotidienne sombre, les équipes de direction exigent du pouvoir politique la création d’un TGV. Cela se passe juste au moment de l’arrivée de Giscard et… de la crise du pétrole.

Giscard a la réaction d’un énarque polytechnicien : oui à la technique mais gérez mieux et proposez des économies significatives. Une forme de Oui-Mais caractéristique du personnage.

Comme chacun sait le besoin d’énergie croît de façon exponentielle avec la vitesse. Passer de 140-160 km/h à 300-320, multiplie les frais d’exploitation par plus d’un facteur quatre. Il faut un réseau nouveau à construire en parallèle de l’ancien, car on ne peut pas techniquement aller à ces vitesses nouvelles sur l’ancien équipement au sol et il ne faut pas arrêter le transport marchandise et voyageurs. Il faut prévoir des budgets d’équipement insensés dont on sait dès le départ qu’ils ne peuvent pas être amortis. Les technos de la SNCF alliés aux hauts fonctionnaires de l’ENA vont décider de passer outre avec des conséquences dramatiques.

Pendant les dix ans d’investissements initiaux la SNCF va faire diminuer son effectif d’environ 40 000, au profit du régime de retraite… Des lignes non rentables sont fermées (pas toutes puisque pratiquement toutes sont déficitaires…). Les villes de passage et les départements desservis sont mis à contribution. On vend Europcar. Le fret s’effondre car on ferme de très nombreuses voies desservant des sites industriels. Par exemple le bois qui transitait majoritairement par le fer passe au camion. La messagerie commence à flancher. Les quelques efforts faits ne compensent pas la hausse du coût de l’énergie. Stop ou encore ? Ce sera encore, malgré la certitude d’un puits sans fond financier.

Avec l’arrivée de Mitterrand, les effectifs, qui diminuaient régulièrement augmentent à nouveau On passe de 248 à 252 000. Les socialistes ont rouvert des puits de mines dans le Nord, à la même époque en dépit de leur absence totale de rentabilité ! Cela durera deux ans. Les 4 000 cheminots recrutés pour la vie pèseront pour 25-30 ans dans les comptes de la SNCF et pour la même durée dans ceux du système de retraite, alors qu’on n’en avait absolument pas besoin. Une décision politique de gaspillage électoral à 10 milliards d’Euros. Pour les mines, il faudra dépenser 200 000 F pour liquider chaque poste créé ! Et allons-y !

Évidemment tout cela n’a qu’un temps. La direction de la SNCF est confiée à des socialistes bon teint et de plus en plus à des Énarques. La direction financière prend une place croissance. L’État, après des rapports alarmistes de la Cour des Comptes, exige dès 1984 que l’on mette en place une comptabilité analytique notamment dans les filiales. Comme des accidents ont commencé à endeuiller le réseau, la SNCF est obligée de se pencher sur le « vieux réseau » celui qui n’intéresse pas sa superstructure. Il va naturellement se retournez vers l’État pour se faire payer l’investissement nécessaire à la sécurité.

Pendant deux décennies la SNCF va continuer à fourguer les filiales non rentables, réduire son réseau, augmenter massivement ses prix, laisser tomber ou quasiment ses réseaux urbains, gonfler ses déficits et sa dette, tout en réduisant par transfert sur le régime de retraite ses effectifs à un rythme de limace. Vingt ans après les exigences d’effort de Giscard on a toujours 185 690 cheminots. Pour situer les idées, la « recette comptée » c’est-à-dire l’argent frais payé par les usagers, ne permettrait dans le privé, pour l’industrie du transport, que de justifier 45.0000 salariés. Le calcul du chiffre d’affaires est un peu alambiqué à la SNCF du fait de multiples « compensations » payées par l’état. La vérité est simple : on a toujours 100 000 salariés de trop. Et un peuple de jeunes retraités absolument démentiels.

Cet effectif travaille peu, moins de 28 heures pour les roulants, à peine 32 heures pour les autres, quand on tient compte de l'absentéisme et des décharges syndicales. En fait tout le monde s’en fiche, puisque de toute façon on ne peut pas licencier. Alors autant calmer les troupes avec le temps de travail, les heures syndicales, les jours d’arrêts maladie, les autres absences et divers avantages.

Seulement voilà, la crise de 1992 frappe le pays et met l’État dont les finances ont été désagrégées par Mitterrand et ses petits camarades socialistes, dans une situation désastreuse et très dangereuse. Balladur n’a pu que faire jouer les « amortisseurs sociaux » et lâcher la dette. Chirac, élu sur la réduction de la fracture sociale, est obligé d'envisager des plans drastiques de retour dans les clous, et cela d’autant plus que le Traité de Maastricht impose ses contraintes.

On aura Juppé et les grèves historiques que l’on sait, avec baissage de culotte généralisée et aucune réforme de la SNCF. On ne fera qu’abandonner les filiales et partiellement l'entretien des voies et du matériel roulant qui devient dégoûtant, tout en concentrant un investissement infinançable sur le TGV.

La pire décision sera d’investir dans le TGV Est, vers Strasbourg. L’investissement est colossal ; la recette d’exploitation ridicule en comparaison. En dépit de tout le lobby formé par la SNCF et les grosses entreprises qui fournissent le matériel parvient à sauver le plan d’extension des lignes TGV. La dette s’envole. Les Énarques arrivent de plus en plus nombreux. Ils y ont un double avantage : ils pourront cumuler les retraites et obtiennent des salaires mirifiques (pensons aux 52 000 euros par moi de Parly 2). Les directeurs nommés par l’État ont une consigne claire : pas de tensions sociales.

En même temps l’Europe au nom de la concurrence libre et non faussée exige que la SNCF perde son monopole. Sarkozy nommera un socialiste, membre actif de la communauté homosexuelle énarchique, pour mettre en place un plan d’apparence avec la transformation de la SNCF en Epic. Recommence la grande rigolade de la reprise de la dette par l’Etat pour créer les conditions d’une entreprise faisant des bénéfices et vouée à la bonne gestion !

Arrive la crise de 2008 et tout explose à nouveau. L’arrivée de Hollande a le même effet que celle de Mitterrand : les effectifs réaugmentent ! La hausse est légère : 152 652 en 2012 contre 152 454 en 2011.

Avec Pepy les pépins graves s’accumulent. Les accidents se multiplient. Le réseau francilien sombre. Les régions qui ont repris stupidement l’exploitation des lignes locales se sentent flouées : les raccordements au TGV se font à la discrétion de la SNCF ; il est impossible de rentabiliser les lignes avec le personnel détaché par la SNCF. Certaines régions vont faire des folies furieuses : Dieppe la communiste rachète les bateaux de Seafrance et le terminal anglais de Newhaven : les pertes abyssales s’enchaînent dénoncées avec ferveur par la Cour des Comptes. Rien n’y fait. Des rames vides circulent dans l’indifférence des électeurs. Le TGV commence à perdre beaucoup d’argent en dépit d’une gestion reprise de celle des avions. Il n’y a plus de prix. La complexité est partout et l’usager ne comprend plus rien.

Les lignes secondaires sont désormais le terrain de retards phénoménaux. Les accidents se multiplient. Les rames sur le réseau secondaire sont immondes, les pannes innombrables. Pépy a consigne de calmer le jeu. Il se lance dans la Com’ et s’avère pleurer très bien à la télé quand les drames surviennent ou faire du passionnel médiatique quand tout est paralysé. Beaucoup traitent le Président de roi de la com’ et d’incapacité chronique, mais ce n’est qu’un impuissant, puisqu’il a ordre de ne rien toucher qui puisse relancer les grèves de 1995, ce qui explique sa longévité, malgré la faillite.

Pour rire un peu rappelons que Hollande ira malgré tout jusqu’à proposer de créer une ligne de TGV desservant Tulle ! Le délire total. Lorsque le Président de la République est un guignol, les présidents d’Epic le sont aussi. Ces choses-là sont fractales.

Lorsqu’en 1997 j’écrivais sur le forum du Monde qu’il fallait supprimer d’urgence le statut de cheminots et faire descendre les effectifs de la SNCF au plus près des possibilités de recettes, c’est-à-dire autour de 100 000 personnes, les réactions furent, disons, énergiques. Vingt et un ans après on en est probablement entre 135 000 et 150000, preuve à la fois qu’une réduction massive était possible et qu’on est encore en sureffectif.

La comédie reprend comme en 2008 avec Macron. Comme avec Sarkozy, revient le thème d’un changement de statut. Pourquoi pas une société anonyme ? Et l’idée de limiter l'obscénité du statut de cheminot à ceux qui l’ont, les nouveaux arrivants devenant des contractuels. Comme toujours lorsque des projets de réforme de la SNCF sont engagés la presse est inondée d’informations qui montrent la nécessité de ne rien faire. Par exemple le bon peuple apprend que la SNCF ne parvient pas à recruter assez de conducteurs de trains ! Un comble : c’est normalement l’emploi roi. Et pourquoi réduire les effectifs alors qu’on manque de conducteurs ?

Parce qu’on est en présence d’un sophisme.

Il est sûr que si on recrute un garçon de 25 ans, (les filles trouvent majoritairement que les contraintes d’horaire d’un conducteur sont incompatibles avec une vie de famille), qu’on le forme pendant 5 ans, et qu’il part à à 52, la durée de vie active devient ridicule : à peine 25 ans en moyenne. Si on ajoute une durée de travail qui est proche, dans les faits, de 24 heures en moyenne seulement par semaine, disposer à tout moment du nombre de conducteurs nécessaires devient une gageure. D'autant qu'il y a désormùais mille combines pour ne pas aller au travail sans risque. Ne pas se présenter à l'heure dite pour un conducteur ou un contrôleur est pratiquement sans danger. La discipline n'existe plus depuis longtemps. Il faut dire que travailler dans des trains où on est seul et obligé de gérer des pannes continuelles n’a rien de folichon. Se voir confronter à des suicides, des accidents aux passages à niveau et la mort de migrants morts d’avoir pris trop de risques, n’a rien d’agréable.

Le délitement de l’entreprise pèse obligatoirement sur tous les postes de travail et la colère des « usagers » est désormais incontrôlable. Le plus curieux est la difficulté de trouver des candidats aptes : les nouvelles générations ont les oreilles défoncées par les sons trop forts dans leurs oreillettes, dans les salles de cinéma et de concert comme dans les boîtes de nuit. Or il faut avoir de l’oreille pour conduire des trains rapides. D’autre part la proportion de fumeurs de cannabis est excessive. Les destructions du niveau à la sortie de l’école ont leurs conséquences : il faut tout de même savoir lire et comprendre des textes, souvent réglementaires. L’éducation nationale n’arrive même plus à fournir en nombre suffisant des jeunes capables d’être conducteurs de train ! Encore bravo aux « pédagogistes » et à ceux qui à la télé, tels Ardisson ou Ruquier, militent pour ringardiser ceux qui lutte contre ile cannabis.

Par démagogie, on n’a même pas osé mettre fin à la SNCM, ce puits sans fonds irréformable. En même temps on a multiplié les investissements à l'étranger pour faire Entreprise mondialisée leader sur son marché, avec des rentabilités, disons, incertaines. Et on a augmenté les rémunérations de façon massive. C'est le grand avantage des EPIC : on peut faire ce qu'on veut en matière de rémunération. la respiration du portefeuille, pour les Enarques, est bien mieux ventilée.

Aujourd’hui on arrive au bout du chemin de croix. La France ruinée ne peut plus supporter une SNCF ruineuse. Il faut évidemment comme tous les autres l’ont fait partout à travers le monde, revenir à un contrat de travail normal tenant compte simplement des spécificités du métier dans le cas des roulants (mais pas des personnels administratifs). Il faut pouvoir réduire encore de 50 000 à 60 000 l'effectif de l’entreprise et changer le régime de retraite et la durée de travail, sachant que si on revient à la normale et à la concurrence une bonne partie des roulants pourra être repris hors du cadre SNCF.

Le plan Macron, comme le plan Sarkozy, est très en deçà du nécessaire. On voit poindre les demi-mesures et les compensations ruineuses. Ramener la dette SNCF dans le giron de l’État nous fait sortir des règles de déficit européennes tout en ruinant un peu plus l’Etat. L’idée d’un donnant donnant est absurde parce que la SNCF veut le beurre social et l’argent de la modernisation, ce que l’État n’a plus les moyens de faire. Alors on abandonne le tout TGV, sans que la modernisation du trafic local soit réellement confortée. Alors on propose la demi-mesure d’un abandon du statut pour les nouveaux entrants. Le nouveau conducteur recruté à 25 ans partira à la retraite six ans après la secrétaire de 20 ans recrutée un an plus tôt sous statut de cheminot ancien. Juste ? Alors, on ne parle que de pénibilité pour faire durer le régime de retraite absurde des cheminots et assimilés dans le nouveau système global.

Comme pour la loi Macron 1, dont le bilan n’a jamais été fait, comme pour la réforme du Code du travail, la nouvelle réforme sera l’occasion d’un nouveau bras de fer et n’aboutira après toutes les crispations qu’on peut prévoir qu’à des réformes de principes sans grandes conséquences sur les tares du système actuel, parce qu’on aura cédé dans l’arrière-cour des négociations pour éviter un blocage du pays.

Il est intéressant de relire les communiqués triomphant de Mme Parly alors directeur des finances de la SNCF en 2016.  Ils sont disponibles sur Internet.  Deux ans après on explique exactement l'inverse, alors que la conjoncture est meilleure. Où est madame Parly ? La communication autour de la SNCF est toujours du "foutage de gueule".Qu'on se rappelle les mirifiques projets de transport par rail des remorques de camions qui traversent la France pour aller vers l'Italie et l'Espagne ? Des semaines de promotion à la télé. Sauf qu'aucun proporiétaire de remorque ne voudra jamais la confier à la CGT ou à SUD Rail. Qu'on se rappelle également toutes les palinodies autour de l'écologie.  L'affaire Notre Dame des landes a bien montré que le rail est en fait moins écologique que l'avion ! L'usure des rails quand un TGV passe envoit tellement de particules fines que tous les projets sont bloqués quand il y a des vignobles ou même des vaches en grand nombre : le lait et le vin perdent leur qualité ou deviennent dangereux à consommer.

Certains voient dans le dépôt de bilan de la SNCF la seule solution. Espérons qu’on ne soit pas obligé d’en arriver là. À court cela n’arrivera pas : deux des ministres énarques de Macron ont fait leur fortune en travaillant à la SNCF. Les Énarques aiment bien cet abreuvoir.

Dans 10 ans, cela sera peut-être obligatoire. Ce n'est pas l'employé de la SNCF qui est en cause, ni même la majorité des cadres. La cogestion entre des démagogues à la tête de l'Etat et des régions, les intérêts de l'Enarchie, les ambitions de la technostructure, et l'absolue indifférence aux usagers ont été la cause des deux tares de la SNCF, le surinvestissement permanent et l'impossibilité d'adapter les effectifs au marché. Une recette efficace pour ruiner n'importe quelle entreprise.

 

Didier Dufau pour le cercle des Economistes e-toile

Le péché originel d’Emmanuel Macron

La démagogie électorale a ceci de délicat qu’il faut bien faire le contraire de ce que l’on a promis au moment de gouverner, tout en affirmant solennellement que, pour une fois, « on fait ce qu’on a dit après avoir dit ce qu’on allait faire ». Ou alors on croit devoir mettre en œuvre les sottises que l’on a imprudemment annoncées pour se faire élire. Il faut alors ramer à la godille pour éviter les conséquences les plus graves, ce qui est une autre forme de tromperie, puisqu’on avait oublié de dire que les mesures étaient intenables ou pourries d’effets pervers.

 Une des habitudes les plus malsaines des écuries présidentielles françaises depuis 1974 est de rechercher des mesures qui répondent efficacement à la question de ce qu’ils imaginent être l’électeur lambda : « qu’est-ce que vous allez faire pour mon pouvoir d’achat et mon revenu » ?  Le clientélisme électoral est, parait-il, devenu la règle : l’électeur exigerait désormais qu’on l’achète. En tout cas, telle est l’image qu’en veulent donner les médias. La question n’est plus : comment allez-vous élever le pays, résoudre les grandes questions nationales et progresser sur le chemin du bien commun ?  Le nouveau genre impose ce questionnement fondamental : « Qu’allez-vous faire pour Moâââââ ? » Les livres qui font l’histoire des récentes élections présidentielles montrent bien que toutes les équipes, sans exception, étaient mobilisées sur exactement les mêmes hypothèses de « cadeaux au peuple ». Comme si le débat national se résumait à qui aurait le culot d’aller le plus loin dans la plus sombre des démagogies.

Puisqu’on parle de pouvoir d’achat, rappelons que le niveau moyen de revenu ne peut progresser que si le PIB progresse. Par conséquent, le vrai débat doit porter sur la croissance et les conditions à réunir pour qu’elle se produise. Si on ne part pas de là, on n’opère que des transferts soit de revenus soit de capitaux, entre générations (via la dette) ou entre groupes sociaux (via la fiscalité) ou en utilisant les deux moyens. Si l’on cherche à prendre à un groupe pour donner à l’autre, il faut généralement dévaloriser le groupe puni et survaloriser le groupe aidé. L’enflure dans un sens comme dans l’autre accuse tragiquement les divisions du pays. On voit la jambe dénoncer la main, la cuisse dénoncer la tête, le pied dénoncer le ventre etc. Ce spectacle pitoyable pousse à la « haine de l’autre » à la fois le spolié qui trouve la punition injuste et le bénéficiaire qui s’énerve à la pensée qu’on aurait encore pu en prendre plus aux autres pour le lui donner, puisqu’il est le bon et l’autre le mauvais, et cela d’autant plus que, rapidement, il devient incapable d’envisager de gagner lui-même ses moyens d’existence et entend pérenniser « ses » allocations.

La situation est aggravée en France parce que la dépense publique est supérieure à la valeur ajoutée des entreprises du secteur privé hors banque et entreprise individuelles et que la dette publique est grosso modo égale à deux fois cette valeur ajoutée. Mais oui, l’Etat français dépense plus que ce que produit ce qu’on appelle communément l’entreprise !  

Le Programme Commun de Gouvernement de Mitterrand et de ses affidés a arrêté brutalement le rattrapage du revenu médian des Américains par les Français. On est passé de 2/3 du revenu américain médian en 1980 à un tiers en 2016 ! Bravo à tous ! Depuis 2008, le revenu par tête baisse régulièrement en France en même temps que la dette par tête explose. Quant aux impôts, les hausses sauvages pratiquées par Hollande, après les premières hausses de Sarkozy, ont fait de la France le numéro 1 dans le monde pour la dépense publique et la fiscalité confiscatoire. On sait que la compétitivité française avait été détruite radicalement un peu plus tôt par le gouvernement Jospin avec notamment les 35 heures, même si de nombreuses bouches intéressées expliquent le contraire et si d’autres causes agissent dans le même sens comme l’énorme poids fiscal portant sur le travail et le capital qui handicape toute entreprise confrontée à la compétition extérieure et l’inadaptation structurelle de notre population active, frappée par l’effondrement de notre système scolaire, confiée à des gauchistes irresponsables, et encouragée au non travail et à l’assistanat par le goût de la réélection de députés indifférents au destin de la nation. 

On voit le résultat, comme annoncé mille fois sur ce blog : à la première poussée de croissance, le déficit du commerce extérieur français gonfle démesurément, … comme le nombre d’emplois non pourvus.

La sagesse programmatique impose certaines évidences :

-        Ce n’est pas l’impôt qu’il faut faire baisser, mais la demande de financement, donc le besoin.

-        Ce n’est pas à l’Etat de proposer des hausses de revenus mais à l’économie et pour cela il faut d’abord viser la compétitivité et le succès commercial dans une bonne conjoncture globale

Le jugement à porter sur les programmes des candidats était facile à établir, avec ces deux critères. On sait parfaitement ce qu’il faut faire, tant les livres et les rapports l’ont rabâché. Le seul qui allait réellement dans la bonne direction était François Fillon.  Le plus démagogique des programmes était celui d’Emmanuel Macron, avec deux mesures indécentes : l’exonération sélective de taxe d’habitation et la suppression des cotisations maladies des personnes ayant un travail. Dans les deux cas il s’agit d’un transfert, pas d’une suppression, puisque la matière financée ne fait l’objet d’aucun gain de productivité.  Le transfert, dans le cas d’espèce, s’est fait sur les retraités, la génération passée, et sur la dette, les générations futures.

Aucun domaine où se manifeste une demande de financement public n’a fait l’objet du moindre aménagement. On a bien vu que la dépense publique a continué de grimper en 2017 et qu’elle persistera dans cette direction en 2018.  Aucune des causes de sous-productivité du secteur industriel et commercial n’a fait l’objet de la moindre réforme. Le manque de compétitivité reste exactement le même.

Pour financer partiellement sa démagogie, le candidat Macron a choisi d’augmenter massivement la CSG, en présentant cette augmentation comme minime. On a vu les ralliés Darmanin et le Maire en remettre dans l’utilisation trompeuse d’une présentation en points plutôt qu’en pourcentage. Les retraités découvrent ce que nous ne cessons d’écrire sur ce blog : la hausse pour eux est de plus de 44%, pour la CSG déductible. Mais oui, plus de 44%. Pourquoi pas 100% !  Du coup le gouvernement est obligé de ramer pour expliquer que les retraités sont des privilégiés et qu’il est normal de les saquer au profit des gens qui travaillent. Cette normalité n’a rien d’évident puisque les retraités sont des gens qui ont travaillé en payant plein pot toutes les cotisations notamment pour la maladie (des autres, ce sont les retraités de leur époque de travail qui ont bénéficié de 80% de la dépense médicale) et des retraites (des autres, du fait qu’il s’agit d’un système de répartition).

A démagogue, démagogue et demi : voici l’opposition dans la surenchère sur la question du pouvoir d’achat. Ce sera « le sparadrap du Capitaine Haddock pendant toute sa mandature », explique Wauquier.  Du coup LREM cherche plus de démagogie encore, en reprenant une mesure injustifiable économiquement de Sarkozy : le déchargement des heures supplémentaires, avec un débat pour savoir s’il faut ou non ôter aussi l’impôt sur le revenu ! Quand on regarde froidement les choses, les retraités perdent de l’argent chaque année depuis qu’on a bloqué l’indexation sur les prix (et l’inflation s’accélère) alors que les salariés ont tous connus des hausses régulières de rémunérations avec un pic depuis deux ans et une nouvelle accélération en cours.  Nouvelle logique : ceux qui perdent du revenu doivent donner de l’argent à ceux qui en gagnent.

D’un point de vue strictement économique il vaudrait mieux supprimer les charges et les impositions sur le revenu des 10 premières heures de travail et réformer le système d’assistance des personnes en âge et état de travailler afin de garantir un revenu minimal uniquement à ceux qui auraient travaillé au moins ces 10 heures.

Le péché originel d’Emmanuel Macron est entièrement dans ces mesures démagogiques d’achat de votes qu’il n’arrivera jamais à justifier malgré toutes les contorsions des spécialistes de la communication politique charger de « construire une histoire ».

On dira, comme LREM : il « fallait faire ce qu’il faut » pour se mettre en position de « faire ce qu’il faut » pour « transformer » le pays. Un prix initial à payer en quelque sorte. Une « tradition » qui coûte tout de même entre 20 et 40 milliards d’euros aux Français à chaque élection. Le passage au quinquennat nous coûte cher !

Cette « transformation » se concrétisera-t-elle ?

La réforme du droit social a partiellement remis en cause la politique de Mitterrand et des socialistes qui ont « imposé les juges aux côtés du salariés et de lui seul ». Un juge ne pourra plus, 5 ou 10 ans après la liquidation d’une filiale, exiger qu’on réembauche les salariés pour un minuscule vice de forme. Des abus de ce type ne sont plus possibles. Dans les dizaines d’articles de la dernière loi se cachent de nombreuses mesures dont toute l’importance n’a pas été totalement appréciée.

Lisser des abus n’est tout de même pas une « transformation » fondamentale, même si c’est indispensable. La véritable révolution aurait été de dépénaliser le droit du travail. Si embaucher n’est pas criminel, licencier ne peut pas l’être.

La suppression partielle de l’ISF et la « flat tax » étaient de même des mesures inévitables : plus rien n’est possible dans un pays si le revenu du capital est frappé à 70% et si le taux de l’imposition globale peut atteindre 80% de façon fréquente et plus de 100% à l’occasion. Il fallait agir. Le gouvernement l’a compris mais a choisi une demi-mesure, fraction qui n’a pas de vraie justification. La distinction entre investissement productif et immobilier est totalement artificielle et ne résiste pas à un examen même superficiel.  Les porte-voix du président soulignent son courage politique d’encourir le bonnet infâmant pour les médias français de « Président des riches » et annonce qu’à terme on finira l’affaire mais qu’il fallait y aller prudemment et avoir ici aussi « une histoire à raconter » pour faire passer la première phase. On s’aperçoit que, dans le détail, les hauts fonctionnaires du Trésor ont souvent repris de la main gauche ce qu’ils avaient accordé de la main droite, comme le permet l’extrême complexité fiscale française.

Supprimer un abus fiscal destructeur est un acte qu’il faut saluer mais la « révolution » aurait été d’aller jusqu’au bout : supprimer totalement l’ISF qui est l’impôt le plus injuste, le plus sot et le plus contraire à l’intérêt national, puisqu’au final il est payé par la vente progressive du capital français à l’étranger. 

Avec le statut des cheminots, on entre dans le dur. Un tel statut empêcherait radicalement toute gestion équilibrée dans n’importe quel secteur où il serait imposé. Il a ruiné la SNCF, en interdisant d’ajuster les effectifs aux besoins. L’énorme sureffectif, porté pendant des décennies, a empêché de maintenir des services efficaces et d’investir de façon productive, tout en gonflant la dette dans des proportions ingérables. Tout le monde sait depuis le début qu’il faut revenir à un statut civil contractuel normal avec possibilités de licenciement si l’activité se réduit. Il faut liquider ce statut délétère et permettre une gestion normale de l’institution, avec mise au pas des syndicats trop puissants.  Pourquoi conserver un statut de cheminot aux employés administratifs et aux secrétaires du siège ? Depuis près de trente ans, certains propose la mise en faillite de la SNCF et la création d’un organisme nouveau fonctionnant sur des bases raisonnables. L’Europe ajoute l’idée de plusieurs opérateurs avec mise en concurrence. Les grèves de 1996 semblent paralyser tout le monde.

Pas Emmanuel macron qui prétend obtenir le renoncement au Statut des nouveaux embauchés contre la reprise de la dette par l’Etat. Où est la logique économique ? Où est même l’équité ? Pourquoi un conducteur de train de trente ans dans le nouveau cadre partirait-il à la retraite normale de 63 ans si la secrétaire de 25 recrutée deux ans avant le changement de régime peut partir à 57 ans ?  Quand on sait que deux ministres du gouvernement actuel ont eu des responsabilités majeures à la SNCF (qui leur a permis des rémunérations superbes et un cumul futur de retraite des plus coquets) sous la direction de l’incapable Guillaume Pepy, roi de la com’ gémissante et de rien d’autre, on peut s’attendre à des réformettes plus symboliques que réelles. Mais attendons. Avec Emmanuel Macron, c’est « la promesse de l’aube » qui compte. Mais la nuit a un peu tendance à durer.

L’abandon du projet de Notre Dame des Landes comme celui de la sélection par le hasard à l’université, et désormais celui du bac traditionnel multi-matières sont des mesures de renoncement. Pas de construction. 

On sait que le bac n’a plus de sens et que l’université ne sait pas gérer la masse. Les réformettes ne règlent aucune question de fond. On se faisait peur avec de faux symboles. On est passé outre. Très bien. On ne sait toujours pas gérer la masse à l’université et le bac n’a toujours aucun sens.

A Nantes, les possibilités d’extension du trafic dans l’aéroport actuel sont considérables. A San José, en Californie, on traite 30 millions de passagers sur une piste, trois fois le trafic actuel. L’abandon d’un nouvel aéroport aura peu de conséquences sur le transport aérien.  Le voisinage de l’aéroport ancien souffrira au lieu des grenouilles. Seules conséquences économiques :  les terres qui auraient été libérées pour l’urbanisation à Nantes valent un peu plus que celles de NDDL. Cette plus-value est perdue. Le manque à gagner est important. L’immobilier ira ailleurs, le nouveau résident paiera…en transport plus long.  

La hausse massive du coût de l’essence par aggravation des taxes, associée à une limitation drastique des vitesses sur le réseau secondaire n’avaient pas été annoncée. « Je fais ce que j’ai dis mais aussi ce que je n’ai pas dit ». Concrètement cela diminuera les importations de pétrole donc les déficits extérieurs qui sont si majestueux que cela se verra à peine. L’effet sur la pollution sera nul. Le coût de changement des panneaux sera important. Plus personne ne pourra plus doubler. Vive la circulation derrière camions ! La recette des contrôles routiers automatisés sera augmentée massivement comme on le fait par ailleurs pour les amendes de stationnement en ville.  S’attaquer à l’automobiliste ne peut pas être considéré comme une « révolution ». Même si la brutalité du traitement est exceptionnelle et commence à avoir des effets sur l’opinion car, là aussi, on se retrouve avec des hausses en taux gigantesques : jusqu’à 600% pour les amendes dans certaines villes !

S’attaquer aussi rudement à la mobilité (moins d’avions, moins de trains, moins de circulation automobile en province, moins de voitures dans les villes) n’indique pas un dynamisme nouveau. Plutôt une congélation.

S’attaquer aussi rudement aux retraités au seul bénéfice électoral de l’élu présidentiel et du Trésor Public, tout en laissant s’effondrer les naissances, et en ralentissant les actifs, n’est le symbole d’aucune révolution mais d’une liquidation, lente mais certaine.

Reste quatre ans à Emmanuel Macron pour faire mieux que cela et justifier les conditions discutables de sa prise du pouvoir, le péché originel d’Emmanuel Macron.

Espérons que l’on n’attend pas Godot.

Les Intouchables d’État de Vincent Jauvert - Robert Laffont

Depuis des lustres nous combattons la dérive antidémocratique gravissime qu’est devenue l’Énarchie Compassionnelle, c’est-à-dire la prise du pouvoir par les hauts fonctionnaires non seulement sur les rouages de l’État mais sur l’ensemble du champ politique et économique. Depuis des lustres nous militons pour que soient intégrés dans la Constitution Française deux articles fondamentaux :

-          Nul ne peut recevoir deux rémunérations de l’État

-          Nul ne peut être élu dans une assemblée qui fixe ses conditions d’emploi et de revenu.

Depuis que le couple d’Énarques Giscard-Chirac a pris les choses en main, la conquête de la sphère politique par les hauts fonctionnaires n’a jamais cessé. Il en est résulté trois conséquences :

-          La France a décroché par rapport au reste du monde de façon de plus en plus accélérée

-          Les taux de prélèvements sont devenus les premiers du monde, avec une dépense publique incontrôlable et les dettes en rapport.

-          Nous avons fait fuir les élites non-fonctionnaires et accumulé un chômage structurel phénoménal.

Nous avons montré dans de nombreux articles comment s’était faite cette transmutation de la France en bureaucratie invoquant en permanence les bons sentiments et son caractère irréformable. Le « coup d’État » qu’aura été l’élection d’Emmanuel Macron, basée sur l’exploitation d’informations confidentielles par des hauts fonctionnaires félons pour tuer la candidature Fillon, est en quelque sorte l'acmé de cette évolution.

Il était donc inévitable qu’assez vite paraissent un flot de livres qui feraient l’inventaire de l’incroyable privilégiature qui s’est installée dans le fromage de la République comme des rats repus et sans vergogne.

Les intouchables d’État de Vincent Jauvert - Robert Laffont, est un des plus complets, car il ose donner les noms, les montants, les mécanismes. « Je ne m’attendais pas à découvrir un tel déclin de l’esprit public, un tel mépris des règles éthiques ». Il ne s’attendait surtout pas à voir les revenus extravagants que certains couples, toujours autodéclarés « de gauche », ont réussi, sans mérite ni risque, à accumuler. Le couple Hidalgo se fait construire un appartement de 300 m2 Bd Raspail (valeur 4 500 000 euros). Le couple Parly a probablement accumulé en 17 ans plus de 10 millions d’euros de revenus. Globalement la haute fonction publique qui gagnait moins que les ténors du privé a pris sa revanche. De même que la rémunération médiane du secteur public est passée devant celle du privé (« les crises ? Connais pas »), celle des 1 000 hauts fonctionnaires les mieux rémunérés est également supérieure à celles 1 000 cadres privés les mieux payés. Et cela d’autant plus que la connivence entre finance, grandes entreprises du CAC et hauts fonctionnaires est devenue organique, les énarques prenant carrément la direction de la plupart des grands groupes français.

L’auteur est le premier à montrer combien la féminisation de la haute fonction publique a changé le décor. Le népotisme, les relations familiales, les amitiés sexuelles, les clans, ont remplacé les relations fonctionnelles. Ces clans familiaux enrichis qui se reproduisent de mère en fille (Parly puis Parly II) ou de père en fils (les Rocard naguère), se sentent totalement au-dessus de tout. Leurs membres passent de l’État aux entreprises parapubliques et retour, cumulant les rémunérations et les retraites, comme de l’administration à la politique, comme du public au privé. On les retrouve dans les instances dirigeantes des partis et aux sommets des postes politiques. Jamais on ne pose la question de la compétence. Jamais on ne sanctionne les dérives. L’argent vient de postes qui sont disponibles par la faveur du clan.

Le parcours de Parly II est tellement significatif. La voilà projetée par la faveur familiale au gouvernement. Elle tente une élection à la députation qu’elle rate. On la retrouve à la mairie de Paris avec Sautter. Puis elle file à Air France, où son mari a de l’influence. Elle finit par y gagner des sommes fabuleuses alors qu’elle n’y a rien fait de remarquable (52 000 euros par mois). Elle est recyclée aux Chemins de fer où elle dirige des finances qui se sont totalement effondrées sous son règne. Qu’importe ! La voilà Ministre des Armées. Elle fait comme son mari parti de tout ce qui compte comme comité Théodule  d’influence. Elle est lancée en ville comme l'était une Nahed Ojjeh !

On les retrouve partout. Rien ne leur échappe : la politique nationale, régionale, municipale, les groupes parapublics, les postes publics. Et la retraite du corps qui continue de s’accumuler, ce qui fait qu’à la fin des fins, on vivra bien. Sans avoir jamais montré la moindre qualité par des résultats probants.

Évidemment on n’évoque les personnes ici que pour ce qu’elles représentent de démonstratif. Mme Parly II est certainement très charmante et ne manque certainement pas de vista ni d'entregent.

Naturellement cette capture de l’ensemble de la sphère politique et économique supérieure, en sus de la sphère administrative, se fait dans le secret. Alors que les rémunérations sont devenues publiques pour le CAC 40, tout est secret dans la haute administration alors qu’on sait que les rémunérations de plus de 200 000 euros sont légion et que de très nombreuses organisations parapubliques, permettant de s’affranchir de toutes contraintes, ont été créées pour gagner encore plus d’argent.

Alors le livre a beau jeu de passer au laminoir les conseillers d’État qui monnaient leur carnet d’adresses, les hauts fonctionnaires du trésor qui se font recruter dans le privé pour expliquer comment ne pas payer d’impôts, les membres de la cour des comptes qui se répartissent les postes culturels les mieux rémunérés, les inspecteurs des finances qui deviennent banquiers d’affaires, les énarques dont les erreurs de gestion coûtent des milliards d’euros et qui ne sont jamais sanctionnés, des chefs de grands corps qui verrouillent tout pour éviter qu’on touche à leur privilège, les couples qui se font la courte échelle tout au long de leur carrière avec succès…

On a honte pour la France au sortir de cette lecture.

L’élévation de Macron, après celle de Hollande, est en quelque sorte le triomphe de cette main mise.

Ce que le livre ne dit malheureusement pas, c’est que l’effondrement français a été largement provoqué par cette dérive bureaucratique et la création d’une aristocratie prédatrice et népotique, obsédée par l’argent et le pouvoir, masquée derrière des postures compassionnelles ou socialistes, et à peu près totalement indifférente au pays.

Avec E. Macron nous sommes entrés dans l’ère de la pub à haute dose, de la communication permanente, de l’optimisme obligatoire contre les esprits chagrins, dans la mise en scène des succès formidables de l’Énarchie compassionnelle et suintante de démagogie, du triomphe joyeux des petits-maîtres et de la confusion des genres.

La haute fonction publique va vous en donner pour votre argent. Et s'enrichir à tout va sans rien réformer de profond.

Tout obstacle, toute initiative qui ne vient pas d’elle, sera mis sous le tapis. Aucune mesure réellement difficile ne sera prise. Adieu Fessenheim sacrifié pour rien (des milliards), adieu Notre Dame des Landes (un milliard), adieu L’expo Universelle. Dès que c’est chaud on laisse tomber. Pas une baisse de la dépense publique ! Pas une réduction d’effectif ! Pas une réforme de la démocratie française à espérer et surtout aucune remise en cause du pouvoir gangréneux et cancérigène des métastases de la haute fonction publique hors de son domaine réservé.

Derrière tout le cinéma et toute l’anglophonie macronienne, se cachent un grand vide national et la confirmation de l’étouffement et la mise à sac du pays par un clan et désormais par des familles abusives.

On peut se moquer du Maroc, de l’Iran et de Poutine.

Delenda est.

En écoutant Louis Gallois

Louis GALLOIS, qui va fêter ses 74 ans, n’est pas seulement le titulaire des plus belles oreilles de toute la communauté des Énarques. Il en est aussi un des éléments les plus brillants. D’une famille militaire installée à Montauban par son père et issu de la bonne bourgeoisie juridique du sud-ouest par sa mère, il entre à HEC puis à l’ENA avant de devenir administrateur du Trésor. Il joue la carte socialiste, entre au PS et connaîtra le coup de booster provoqué par l’élection de F. Mitterrand, bien qu’il opte vite pour le clan Chevènementiste, le moins cynique et le plus pragmatique. Il devient Directeur de l’Industrie, un poste crucial en France, pour le carnet d’adresses qu’il fournit. Passant par toutes les cases du mécano industriel parapublic français, de la Snecma à Airbus et à la SNCF, il est devenu président du Conseil de Surveillance de Peugeot, désormais dans le giron du gouvernement et du capital Chinois.

Ses options socialistes n’ont eu que d’heureuses conséquences sur sa carrière qui a été autant soutenue par le PS que par Chirac, Juppé et Sarkozy pour s’épanouir à gauche avec Hollande et aujourd’hui Macron. L’Énarchie ne connaît pas les frontières politiques. Les étiquettes ne concernent que les électeurs qui veulent bien y croire. La haute administration affichée « de gauche » et socialiste est trans-politique. De ce point de vue-là, l'élection d’E. Macron a rendu officielle une connivence qui était factuelle depuis des décennies.

Toutes ces carrières sont menées ès qualités et jamais en fonction des résultats. La SNCF accumulera les retards qui sont aujourd’hui dénoncés. Airbus connaîtra les difficultés que l’on sait. La SNCM coulera corps et biens après Seafrance. Le fret de la SNCF s’effondrera, ainsi que la santé de la majorité des autres filiales. L’image de sérieux de Louis Gallois n’en sera pas une seconde affectée.

Son engagement précoce dans le syndicalisme, à la CFDT, lui permet une connivence assez grande avec les syndicats. La consigne gouvernementale donnée est toujours la même  : pas de vagues. Il saura ne jamais faire de vagues.

Mais pas d’énarchie réussie sans compassion. Louis Gallois va devenir à la fois un des PDG les mieux payés de France et le plus engagé dans les causes sociales, suivant l’exemple de Louis Schweitzer, qui lui aussi a cumulé son engagement à gauche avec la direction très rémunératrice de Renault avant de prendre la tête de la Halde. Les deux se sont d’ailleurs succédé à certains postes. Sa vocation compassionnelle, Louis Gallois l’exerce en prenant la tête de la FNARS, fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale, qui se signale ces derniers jours en refusant l’enregistrement des immigrés clandestins qui séjournent dans ses centres.

Louis Gallois est un homme affable et sympathique, ouvert et abordable ; il n’a pas du tout l’orgueil délirant d’un Haberer par exemple.

C’est un haut fonctionnaire qui a tenu récemment un rôle éminent dans la formulation de la politique économique générale, puisque le Rapport portant son nom a fixé en partie les règles du jeu économique des gouvernements Hollande et qu’il était de la commission d’experts chargés de proposer les réformes du secteur bancaire.

Alors qu’une reprise économique modeste mais certaine est en cours, il était intéressant de l'entendre exposer ses positions sur une question qui intéresse presque exclusivement les Français et les instances économiques animées par des Français : la prospérité supporte-t-elle l’inégalité ?

La conférence a été aimable et rapide. Le thème principal : même si nous nous plaçons hors de tout contexte moral, la croissance doit être inclusive et ne laisser personne le long du chemin. Plus la croissance est lente, plus il faut être égalitaire. L’expression de M. Macron sur les « premiers de cordée » est mal venue. La théorie du ruissellement qui veut que la richesse parte de ceux qui la créent pour cascader est fausse. Il faut que la rémunération les pauvres soit toujours associée à un travail même minime car les tâches utiles sont en nombre infini, si on les subventionne, donc les sorties Hamon et Dray sont ridicules. Par exemple on peut remettre en marche les mirabelliers non rentables de la région de Metz et faire des confitures puisque les alcooliers ne veulent pas qu’on touche à leurs droits de distillation. Dans le Sud on peut faire essarter la garrigue. Ce faisant on peut éviter le chômage total de longue durée et permettre aux personnes de garder leur image d’eux-mêmes, en dépit des difficultés. Pour le reste il faut avouer qu’on a été jusqu’au bout du bout en matière de baisse des charges sociales sur le SMIC et que pourtant l’emploi ne croît pas au rythme de la reprise parce que l’enseignement et la formation professionnelle sont défaillants. Il ne faut pas cependant se décourager car même dans les banlieues il y a des tâches de dynamisme, comme Uber l’a montré. En revanche l’inégalité qui a été signalée par des rapports de l’OCDE et le FMI limite la croissance. La France n’a jamais su s'adapter depuis la crise du pétrole à la mondialisation. Cela explique l’effondrement de nos campagnes et petites villes qui ne vivent plus guère dans de nombreuses parties de la France que de transferts. Même aux États-Unis, le revenu de la classe moyenne inférieure a diminué. Donc il faut réfléchir aux inégalités et travailler à les réduire. Vive l’impôt et la solidarité et "à titre personnel, conclut le conférencier, je suis pour un impôt plus important sur les successions". La richesse doit aller à ceux qui la produisent mais pas à leurs enfants.

C’est tout ? C’est tout.

C’est gentil, mais c’est tout.

Rappelons que Louis Gallois est ce qui se fait de mieux en matière d’élite nationale, en même temps que d’énarchie compassionnelle. On est loin des petits-maîtres cupides, souvent en ménage, qui font carrière entre les postes publics, parapublics et privés, tout en cumulant tous les prébendes et privilèges possibles et imaginables, sans aucun mérite autre que de faire partie des bonnes sectes et des bons clans, parfois avec un zeste de népotisme pour corser l’affaire. On est loin des mêmes qui portent leur socialisme en bandoulière pour masquer ou alimenter leur carriérisme et leur cupidité. La sincérité de Gallois ne saurait être mise en doute. Ce brave homme veut le bien public. Nul doute là-dessus.

Comment se fait-il qu’on sorte aussi totalement déconcerté d’une telle conférence ? Après tout un petit prêche de temps à autre ne peut pas faire de mal. Qui ne peut être d’accord sur le fait que la croissance doit profiter à tous et qu’il faut faire des efforts pour atteindre cet objectif qui ne va pas de soi ?

La première raison est terrifiante : même le gratin de l’élite la plus en prise sur la formation de la décision publique n’a rien compris à la crise qui s’est formée au tournant de 1971. Rien ! Rien du tout ! ILS NE COMPRENNENT RIEN !

La baisse tendancielle de la croissance chaque décennie depuis les années soixante-dix ? « L’effet d’une baisse générale de la productivité ». C’est tout ? C’est tout ! Mais pourquoi diable la productivité se serait mise à baisser tout d’un coup ? Mystère. L’économie aurait été saisie de langueur, une forme de dépression dont on ne saurait comprendre les ressorts et qui s’imposent à l’observateur comme au dirigeant.

L’effondrement du monde communiste et la libération soudaine de milliards d’êtres humains désireux de participer à la fête économique de « l’après-guère » ? Connais-pas !

La conjonction des deux phénomènes, avec l’apparition de déficits colossaux et d’excédents parallèles, marquant un déménagement trop rapide des moyens industriels vers les pays d’Asie et de l’est européen et l’apparition d’une économie baudruche fragile et explosive ? Sais pas !

Du coup tout devient obscur et on multiplie les contradictions.

L’effet de contagion de richesses à partir des pays riches vers les ex-pays pauvres, avec le double mouvement d’imitation et de substitution, a bien provoqué une réduction phénoménale des inégalités. Le revenu en Pologne a été multiplié par quatre chez les diplômés. Le salaire ouvrier qui était de 100 euros environ en Tchécoslovaquie est désormais de 500 euros en Tchéquie. En Chine un directeur informatique à Shanghai gagne l’équivalent de 5 000 dollars par mois, quand son homologue militaire des années quatre-vingt était à 80 dollars. La croissance massive dans ces pays a bien réduit massivement les inégalités. Le revenu médian en Pologne est revenu au tiers de celui des Français.

Cet effet de réduction des inégalités a bien eu un effet de bascule. L’occident industriel a perdu une grande partie de son industrie qui s’est concentrée notamment en Allemagne et au Japon, avant de migrer vers les Chine, les dragons asiatiques et en partie l’Inde. Et il explique pour une bonne part la baisse relative des revenus des classes moyennes aux États-Unis et en Europe. Ouvrir totalement les échanges lorsqu’il existait une telle différence de potentiel garantissait cette évolution.

Avoir mis en place un système monétaire qui a multiplié les dettes et les fait gonfler l’offre monétaire à des sommets historiques ne pouvait qu’aggraver les choses. Du coup, les salaires étant bloqués par la compétition des émergents, cette création monétaire a inondé les « actifs », faisant s’envoler les prix de l’immobilier et les cours de Bourse comme des valeurs refuges, et provoquant des crises périodiques gravissimes qui ont tout aggravé.

Pas besoin d’aller chercher plus loin la stagnation relative de l’investissement qui explique la perte de productivité., résultante plutôt que cause.

Si les « possédants » voient leurs actifs grimper en valeur du fait des déséquilibres majeurs du système financier international, vous obtenez mécaniquement une croissance de l’inégalité de fortune avec ceux qui n’ont pas d'épargne.

Les salariés des groupes qui se sont mondialisés et surtout leurs équipes dirigeantes, qui ont branché leur rémunération sur les cours de Bourse, ont vu leur revenu grimper à des sommets vertigineux alors que le salaire de base croissait beaucoup plus faiblement.

Ces inégalités auraient été bien moins grandes si la croissance mondiale n’avait pas été gâchée par les errements du système monétaire international, si les pays émergents avaient dû maintenir des balances extérieures équilibrées, ou moins déséquilibrées et si les crises périodiques avaient été moins graves.

Militer pour une réduction des inégalités revient donc d’abord à professer des réformes du système monétaire international sur une base plus équilibrée et plus coopérative.

Mais là, il n’y a plus un Énarque. Et adieu la vraie compassion.

Il ne sert à rien de constater que la croissance s’est concentrée dans les grandes villes et de retomber dans les sornettes du livre de Gravier sur Paris et le Désert Français. Ce qu’on y constate, c’est une croissance résiduelle et résistante. Si l’organisation mondiale précédente avait pu être corrigée à temps, on aurait constaté une croissance bien plus grande et une meilleure tenue de la « France périphérique » comme on dit maintenant et une moindre difficulté pour les classes moyennes.

Il ne sert à rien de constater que partout en Occident les classes moyennes inférieures ont souffert. Mises en concurrence directe avec le milliard de personnes qui dans le monde sont sorties de l’extrême pauvreté, sans aucun frein ni aucune frontière, il ne pouvait en aller autrement.

De même la création d’une monnaie unique sans mettre en place les conditions organisationnelles d’un tel système ne pouvait qu’accroître les déséquilibres et donc les inégalités. Si d’un côté l’Allemagne prend des mesures radicales de redressement de la productivité pendant que la France fait exactement l’inverse, on s’aperçoit vite des conséquences : une pleine santé économique du côté de l’effort et un désastre du côté de la démagogie.

Le plus grand paradoxe est que Louis gallois est bien obligé de constater que le pays qui s’en est le plus mal sorti est justement celui qui a décidé de devenir le plus lourdement imposé et qui s’est doté d’un quadrillage administratif d’une taille obscène, associé à une réglementation étouffante.

Il a bien vu les méfaits de la surimposition des capitalistes français puisqu’il dirige le conseil de surveillance d’une grande entreprise familiale dont l’actionnariat familial a été ruiné par l’impôt et qu’il a fallu faute de capitaux locaux, aller chercher du capital chinois pour relever l’entreprise, avec le secours de l’état, ce qui a permis à l’énarque Gallois de disposer d’un poste, disons, bien rémunéré, qu’il n’aurait peut-être pas pu envisager dans un autre contexte fiscal.

Ne parler des inégalités qu’à l’intérieur d’un pays, sans voir la réduction des inégalités entre pays est déjà une forme de myopie. Ne pas voir que le socialisme a été la source principale de la pauvreté et des énormes inégalités de revenu dans le monde et en France, est un aveuglement. Ne pas comprendre que les délires monétaires ont jeté les économies occidentales dans des phénomènes spéculatifs grotesques et qu’il faudrait peut-être commencer à réfléchir à quelques réformes, est une forme d’inconscience. Ne pas voir que la surfiscalité française n’a profité qu’à la classe des fonctionnaires et des hauts fonctionnaires en particulier, et venir donner des leçons de morale aux « riches » est un miracle d’obscurantisme intéressé, quand ce n’est pas du cynisme.

Le ménage Parly, énarques claniques qui n’ont jamais rien prouvé, ni rien fait de particulièrement méritant, a probablement accumulé entre 500 000 et un million d’Euros de revenu pendant près de 15 ans. Sans prendre le moindre risque. Le ménage Hidalgo, selon le Parisien, a réussi à accumuler de quoi acheter un appartement boulevard Raspail de 300 m2. Valeur : 4 à 4.5 millions d’euros. Ces couples s’affichent naturellement « vraiment socialistes ». Naturellement les personnes ne sont pas en cause. Seuls comptent ici les mécanismes qui ont permis d’accumuler des fortunes sans risques ni mérites particuliers. Pour ne s’en tenir qu’à F. Parly, elle est parachutée aux élections législatives qu’elle perd. Pas de conséquence : elle revient dans le giron public. Elle va faire fortune à Air France, en quasi-faillite permanente où elle touche jusqu’à 52 000 par moi. Son mari gère les participations de l’État, dont Air France ! Conflits d'intérêts ? Elle entre à la SNCF où sous sa direction financière les dettes s’accumulent à un niveau intenable. Une hésitation de carrière ? Pas du tout. La voilà à la tête de la division « voyageurs ». Un bref instant puisque la voilà Ministre des armées. On a moqué Fillon et son épouse. Mais en comparaison, ce sont des bricoleurs et ils n’avaient pas de parachute doré en cas d’échec politique.

Les hauts fonctionnaires ne peuvent plus comme naguère, prétendre qu’ils gagnent moins que dans le privé. Ils se sont gorgés d’argent et de sinécures, simplement par captation parce que l’Énarchie est parvenue à tenir et le politique et l'administratif., ce qui est une atteinte massive à la démocratie. De même que tout le monde sait que les trois grandes crises de 74, 93 et 2 008 ont été payés par le secteur privé, le haut secteur public ayant continué à se goberger comme si de rien n’était.

En 1970 la rémunération moyenne des fonctionnaires était inférieure à celle du privé. Elle est désormais très supérieure. De même pour les très autres rémunérations. Si on enlève les quelques entreprises du CAC 40 (où les hauts fonctionnaires sont souvent dans les conseils d’administration), les rémunérations de la haute fonction publique sont supérieures à celle des patrons, avec la particularité d’être constamment croissante et de correspondre à des fonctions sans risques.

Si on veut mener une politique de réduction des inégalités en France, il faut commencer par une réforme de la Constitution qui sépare la haute administration de la politique. On ne peut pas être élu dans une assemblée qui fixe vos conditions de rémunération et de travail.

La seconde condition est de sortir de la surfiscalité et de la suradministration, avec une réduction progressive mais massive des fonctions publiques et la suppression de statuts tellement privilégiés qu’ils font honte à ceux qui en profitent.

La troisième est de réformer le système monétaire international et le régime des échanges pour imposer qu’aucun pays n’accumule des milliers de milliards d’excédents ou de déficits.

Un chauffeur de taxi marocain expliquait ainsi la nervosité des jeunes au Maroc : quelques familles verrouillent tous les secteurs. Rien à faire pour créer son entreprise sans se heurter à ces familles. Un autre, iranien explique les désordres actuels par le verrouillage de l’économie par quelques clans d’imams qui ont fait fusiller des dizaines de propriétaire de PME pour capter leur business. Plus moyen de créer quoi que ce soit sans se heurter à ces abusifs violents. La France est entrée dans ce mécanisme de frustration générale où quelques dizaines de familles de hauts fonctionnaires verrouillent tous les postes importants et règnent en plus sur le gouvernement, avec un cynisme clanique sans limite. De plus en plus d’élèves de l’ENA se marient entre eux. On devient énarque de père et de mère en fils et en fille. Le népotisme remplace progressivement la méritocratie. Hollande se faisant une coquetterie de tenter de placer ses maîtresses aux principaux postes de l’État est-ce vraiment mieux que Weinstein ?

Le sociologue politique qui se penchera sur l’histoire de la France entre 1970 et 2020 verra que ce demi-siècle aura permis à une mini classe de hauts fonctionnaires de s’emparer de l’argent et du pouvoir sur fond de déréliction nationale presque totale.

Il faut mettre fin à cette dérive. L’élection d’Emmanuel Macron qui est le symbole même de cette capture antidémocratique n’en montre pas le chemin.

L’Énarchie en (in) action

La revue de presse du jour

Si un observateur avait réellement besoin de fixer son idée sur ce qu’est l’Énarchie, il lui suffirait de suivre le Président Macron à la trace.

Élu non pas sur la promesse d’un changement comme l’Énarque Giscard mais sur celles de « révolutions », il faut bien forcer les doses, le jeune élu a prétendu changer tout ce qui devait l’être avec l’énergie et la détermination sans faille que son âge et son tempérament permettaient.

Le voici donc qui abandonne le projet de Grand Aéroport de l’Ouest de la France au profit de hors-la-loi.

Le voici donc qui met des péages à l’entrée des grandes villes.

Le voici donc qui gorge à ce point d’impôts le pays, tout en prétendant le contraire, que plus personne ne sait si, au final, le prélèvement global de 2018 ne sera pas supérieur à celui de 2017 fortement augmenté par rapport à 2016.

Le voici donc qui se satisfait de la troisième baisse de la natalité consécutive en France avec une nouvelle baisse de la fécondité. L’énarque président précédent avait mis fin au principe même des allocations familiales. Entre un Énarque qui n’a jamais voulu se marier et un Énarque qui n’aura jamais d’enfant, la politique familiale aura toujours été un peu hésitante. Mais on permettra aux homosexuelles d’acheter des bébés.

Le voici donc qui prend des mesures invincibles sur le front de l’immigration sauvage : contrôler l’identité des immigrés dans les centres de secours que les fonctionnaires ont concédé à des associations qui ne vivent que de cela et qui crient inlassablement « toujours plus ».

Le voici donc qui laisse augmenter encore le nombre de fonctionnaires, alors qu’il avait promis plus de 120 000 suppressions de poste.

Le voici donc qui laisse grimper sans vergogne la dépense publique puisque la conjoncture internationale est meilleure, sans aucune réforme de compétitivité.

Les grandes entreprises para-étatiques ou étatiques françaises sont toutes à l’agonie. Mme Borne, énarque, ancienne directrice de la stratégie de la SNCF, est censée tancer son ancien président, M. Pepy, « l’homme qui rit dans les cimetières » de la SNCF, homosexuel déclaré dont on évoque les relations avec le directeur de Radio France, beau jeune homme également ami du Président, condamné pour favoritisme à de la prison. Le bon Pépy viserait la présidence d’Air France, quasiment en ruines. De même que l’énarque Parly après avoir ruiné vraiment les finances de la SNCF s’est retrouvée Ministre des armées. Aucun échec, aucune faillite ne sauraient arrêter un ou une Énarque « spécialiste de l’industrie et du privé ». Airbus abandonnera l’A380, dont, dès le départ les études montraient que le marché de ce bel avion n’était pas là, après avoir enchaîné les échecs avec son transporteur militaire. La filière nucléaire est ruinée. Engie est une catastrophe qui survit en utilisant ses possibilités de prélèvement pour assommer l’usager de factures aussi délirantes dans leur montant que dans l’absence de justifications sérieuses. Ne parlons pas de l’ex France-Telecom.

Tous ces thèmes sont repris de la presse du jour. Sans exception. Une revue de presse des plus significatives.

« C’est la révolution du plumeau et de la plume dans le… » pérorait hier un pilier de bistrot de Montparnasse. On époussette et on recule (nous avons censuré le mot effectivement employé, bienséance oblige), en se maintenant comme on peut, dans la connivence générale d’un tout petit monde de parasites enkystés sur la bête. Le journaliste de base lit le communiqué, en s’exaltant de sa gauchitude qui lui fait pisser quotidiennement la moraline comme un ancien curé n’aurait jamais osé le faire.

A droite l’Énarque Wauquiez doit faire face au « non-paiement de cotisation » de l’Énarque Juppé. Stupeur et tremblement, chez tous ceux qui adorent pédaler dans le vide en croyant soulever des montagnes.

Aux extrêmes, des guignols extrémisent. Ils offrent la caution nécessaire aux Énarques de gouvernement pour qu’ils se maintiennent au pouvoir.

Le Français, né malin, aime l’Énarchie.

Tableau.

Un aspect du drame français : l'agriculture

La télévision permet parfois d’ouvrir une fenêtre sur les difficultés de fond de la société française. Lors de l’émission L’Angle Eco, de F. Lenglet, on présente une ferme en Ukraine dirigée par quatre paysans français, exploitants d’une très grande exploitation de Haute-Marne, si mon souvenir est exact.

Dans l’esprit de déréliction et de médiocrité qui baigne l’information et la politique française, l’idée que des paysans français aient pu réussir en Ukraine est une éclaircie.

J’étais sur place à Kiev, au début des années 2000, lors d’un congrès rassemblant une multitude de paysans français qui avaient fait le voyage pour étudier les possibilités locales. Déjà, à l’époque, tous plaisantaient qu’on ne pouvait plus rien faire en France, et que le salut était là où le socialisme avait enfin disparu et où les possibilités étaient donc immenses.

Pour avoir écrit un livre sur la grande famine génocidaire de 1932 en Ukraine, il se trouve que je connaissais bien l’histoire de ces campagnes. Avoir réussi à faire des terres noires de tchernoziom, parmi les plus riches du monde, une zone de famine où moururent des millions d’enfants, de femmes, d’hommes et… d’animaux, seuls le Socialisme Réalisé pouvait le faire. Ce crime immense est caché en France et la seule préoccupation des historiens officiels n’est certes pas d’en parler mais d’éviter la qualification de génocide, tout en expliquant que le drame, surjoué, a été provoqué par les paysans eux-mêmes. C’est le fameux syndrome de Léon Chaix : occulter, nier minimiser, s’exonérer. Dans tous les cas mentir pour sauver la cause et de pas laisser d’arguments aux vilains.

L’agriculture ukrainienne, ancien grenier à blé du monde, ne s’est jamais remise de ces crimes atroces prolongés sur des décennies. Rappelons qu’il y eut une première famine en 1916-2017, puis une seconde en 1932-1934, puis une troisième en 1947. Au total, selon les chiffrages entre 6 et 10 millions de morts sur une population de 25 millions de paysans. Seul, Mao Tse Dong réussit à faire mieux lors du Grand Bond en Avant. Toutes proportions gardées, c’est comme si un « Vrai socialisme vraiment de gauche » avait liquidé toute la Région Parisienne, pour apprendre à vivre aux Franciliens. Un rien qui ne mérite évidemment pas un commentaire, jamais, nulle part.

L’agriculture ukrainienne en est restée comme pétrifiée. L’Urss a importé du blé américain. À La chute du régime génocidaire socialiste, les terres ont été réparties., dans des conditions pas toujours très nettes. Les Chefaillons du Parti en ont profité un peu plus que les autres. Tout le monde s’est mis d’accord sur un principe. On ne règle pas la question de la propriété de la terre. On accorde simplement un droit d’exploitation. Impossible d’exploiter utilement ces parcelles. Les nouveaux ayant droit n’avaient ni les capitaux, ni le savoir, ni les débouchés, ni les surfaces, pour mener une exploitation rentable.

La seule solution : permettre la constitution d’énormes fermes louées à des étrangers. On aboutit à cette situation étrange : les étrangers exploitants en apportant tous les capitaux et les savoirs utiles ; les locaux touchent les royalties en ne faisant rien. Les Ukrainiens intelligents travailleurs et motivés, souvent venus des villes, deviennent les techniciens locaux nécessaires pour faire fonctionner l’ensemble. Des multinationales achètent le blé, comme avant 1914, où une société comme Dreyfus pouvait acheter toute une récolte annuelle ukrainienne.

Ce qui frappe, lors du reportage, c’est la liberté. Ces paysans sont libres. Enfin libres. Il s’agit ici des paysans français. Ils peuvent enfin réfléchir, agir, réagir seuls devant les nouvelles réalités humaines et techniques. Et cela marche.

La France ? C’est foutu la France. « D’ailleurs notre exploitation ukrainienne a dépassé maintenant de façon irrattrapable notre exploitation française qui s’effondre progressivement ». Le socialisme et l'étatisme délirant français ont réussi, sans assassinat, à obtenir les mêmes résultats que les Bolcheviks. Ils sont fortement aidés par les Écologistes qui sont parvenus à tout bloquer. La France qui était le grenier agricole de l'Europe de l'Ouest n’est plus la première puissance du secteur. Elle commence à être dépassée de partout, y compris par les Allemands qui ont des sols pauvres. La Hollande, l’Italie, l’Espagne lui taillent des croupières épatantes. La grande distribution étrangle ce qui reste. La mondialisation a bon dos. Les paysans et les politiques ont voulu un régime totalement cadenassé. Ils l’ont. Les juges ruinent les propriétaires non paysans. Il n’y a aucune vraie liberté nulle part dans le petit monde de l’agriculture. On vise bas. On subventionne. On empêche. On subventionne. On surréglemente. On subventionne. Les paysans se pendent. On subventionne. Tout le monde s'effondre au milieu des applaudissements des Jocrisse. On vous explique que les Énarques Chirac et Lemaire étaient « a-do-rés » par le monde agricole. Et on espère que l’Europe va payer.

Avez-vous écouté les radios ce matin ? Mille voix viennent vous expliquer qu’il est formidable que le projet d’aéroport nantais soit arrêté, mais que l’inquiétude se porte sur le phalanstère de trois ou quatre familles qui se sont installées sans droit sur des terres où se pratique une formidable agriculture d'avenir. Refaire le Larzac en permettant à de nouveaux Bové de ne pas élever de beaux veaux…

L'agriculture-socialo-misérabiliste alternative et illégale, voilà ce qui arrache des larmes à nos journalistes. Et surtout pas de répression. Si on ne peut plus squatter et menacer en France, même quand les électeurs ont tranché, où irait-on ? Élections pièges à cons ! Tout le monde sait cela par cœur, dans les salles de rédaction.

Laissons ces sornettes pour revenir à nos paysans. L’affaire est claire. Aucun enfant ne reprendra de terres en France. Trop de haine, trop de passions politiques, trop de réglementations, changeantes qui plus est, trop de personnes qui vous disent ce que vous devez faire, trop de menaces, trop de contraintes de tout genre, trop de fiscalités, une MSA à caractère « fasciste », trop de complexité. Aucune liberté.

Pour Notre Dame des Landes, la solution est toute trouvée. Distribuer gratuitement des lopins aux Zadistes. Qui, comme en Ukraine, les feront exploiter par de vrais paysans organisés. Rien de tel que de transformer un militant en rentier, pour qu’il se mette soudain à défendre sa rente avec encore plus d’énervement que son idéologie partisane passée !

Mais pour cela, il faudrait sortir du justicialisme, dans notre système judiciaire, de l’étatisme, du socialisme larvé, des prélèvements sociaux hystériques et de la fiscalité confiscatoire.

Ce n’est pas pour tout de suite. Il faut encore quelques degrés d’effondrement.

En attendant nous pouvons tirer une leçon très utile et si simple : l’importance de l’organisation.

En Ukraine nous avons vu un grenier à blé devenir une terre stérile avec une organisation désastreuse. Toutes les réformes ont été essayées. Elles ont toutes marché. À chaque fois elles ont été abandonnées car contredisant trop l’idéologie du régime. On change de système et voilà que cela repart.

En France nous sommes en train de saler nos champs avec une énergie bureaucratique et socialiste phénoménale qui nous expulse du marché agricole mondial, où nous reculons chaque année avec des frémissements de bonheur en pensant à tout ce que les Zadistes vont pouvoir faire pour nous.

Et nous arriverons à faire de cette terre de paysans un désert aussi stérile que la campagne ukrainienne soviétique.

Encore un effort !

Les leçons des difficultés d’Uber

Le marché des opérations de particulier à particulier existe depuis le début de la Presse (comme la publicité, l’exploitation du sexe et les jeux concours bidons). Un medium met toujours en communication des individus. Organiser la rencontre de deux personnes qui peuvent interagir pour leur intérêt propre est un sport typiquement « médiatique ». Il a pris de l’ampleur avec  la radio, puis la télévision, puis Internet, puis le terminal portable. L’offre et la demande peuvent se confronter à une échelle inconnue jusqu’ici. La notion de « centrale de particuliers » a pris naturellement un essor considérable, un logiciel bien fait  permettant à un intermédiaire astucieux de trouver rapidement des milliers voire des millions de personnes intéressées. Le phénomène s’est développé d’autant plus que l’ubiquité d’Internet  et l’ambigüité des contrats permettaient d’échapper aux taxes et impôts, aux droits sociaux et aux législations contraignantes.

L’internet « disruptif », qui mettait en difficulté le commerce traditionnel, prétendait s’étendre en cassant tous les codes anciens et balayer des marchés entiers dans le monde des services à la personne. On a vu d’abord la destruction du droit d’auteur et la disparition du commerce traditionnel des œuvres musicales  et cinématographiques. Amazon était l’exemple dans le domaine de la distribution, mettant en cause des modèles bien établis comme celui des centres commerciaux. Ce modèle prétendait qu’on pouvait faire des pertes immenses tant que le nombre des clients croissait par millions. Facebook démontrait qu’on pouvait toucher des milliards de personnes, en cassant le marché de la publicité médiatique. Airb&b modifiait radicalement la location temporaire immobilière. Uber était annoncé comme la force qui allait tout changer dans celui des transports.

Et patatras, la fête commence à mal tourner. Non seulement Uber continue à consommer du capital à un rythme phénoménal, en perdant 50 cts à chaque euro de chiffre d’affaire (presqu’autant que la SNCF), mais le vide juridique et fiscal se comble progressivement. Le jugement de la Cour de Justice d’en faire une entreprise de transport comme les autres la soumet à la fiscalité et la réglementation du transport. Les chauffeurs deviennent des salariés. Les clients doivent payer les taxes. La répression pénale se met en place contre Uber, ses chauffeurs et aussi ses clients. L’avantage compétitif de la course Uber disparait s’il faut payer les charges sociales sur les chauffeurs, la TVA et respecter des règles de formation pour recruter les chauffeurs, et si les chauffeurs doivent être soumis à l’impôt sur le revenu, la CSG etc.

On sort toujours à son détriment de l’ambiguïté fiscale et réglementaire.  Internet a permis l’évasion fiscale et règlementaire à grande échelle, jusqu’à ce que les Etats se réveillent. Ce qu’ils font à leur rythme pachydermique. La disruption se retourne. L’avenir d’Uber n’est pas nécessairement compromis. Mais désormais la course au chiffre d’affaire est entravée et le sera de plus en plus dans les grands marchés solvables. La banalisation rendra le souci des pertes de plus en plus prégnant. Contrairement à Amazon, dont le modèle n’est pas uniquement fondé sur le contournement des lois et du fisc (encore que…), Uber manque de raisons fortes de s’étendre voire d’exister si ce niveau de pertes se maintient.  

Tous les pseudos penseurs et les gourous patentés qui faisaient de l’ « ubérification disruptive » de la société l’avenir du monde, en seront pour leurs frais. Ils se reconvertissent à toute vitesse dans le « big data » et l’intelligence artificielle, sans même se douter que l’IA a commencé son chemin dans les média dès les années soixante-dix (cinquante ans déjà) et a été la plus grande déception pour les investisseurs, même si l’ordinateur bat désormais l’homme aux échecs et aux dames.  Non pas que ces disciplines n’aient pas un énorme potentiel mais il est très difficile à faire naître et à développer. En tirer des prévisions à long terme est simplement impossible.

Rappelons qu’Internet a plus de quarante-cinq ans d’existence, associé à la norme TCP-IP,  et qu’il a explosé comme média commercial à partir des années 90 et l’introduction du World Wide WEB, il y a plus de 25 ans.

Quelle est la grande  leçon à tirer des mésaventures d’Uber ?

La première est l’immense dynamisme qui s’installe dès lors que le fisc et la réglementation ne sont pas présents. Dans les banlieues du nord de Paris, Uber a fourni plus d’emplois que toutes les autres industries réunies.  Il y existait un énorme potentiel d’emplois qui n’était pas exploité.  En France notamment, la fiscalité et la réglementation, qui empêchent pratiquement toutes les libertés et tout profit, stérilisent de façon inouïe le potentiel d’énergie, de travail et d’emplois qui est présent partout, y compris dans ce qu’on appelle les banlieues difficiles et les zones dites de non-droit.

Le malthusianisme intrinsèque à « l’Enarchie compassionnelle » qui ne survit que par l’impôt confiscatoire et la sur-réglementation, a des conséquences dramatiques sur l’emploi et le dynamisme de l’économie. Dès qu’une faille s’ouvre, la vie économique s’engouffre. Au lieu de s’emberlificoter dans des analyses internet foireuses et des prévisions aventurées, les journalistes devraient lancer leurs analyses dans cette réalité parfaitement claire « ici et maintenant » : la stérilisation du dynamisme,  par l’impôt et la réglementation, d’énormes possibilités latentes d’échanges et de travail. Et aussi d’intégration : comme le disaient les Otkazniks en URSS, le « socialismus », appuyé sur un culte de la violence issu de la révolution française de 1789, ne permet ni liberté, ni égalité et naturellement aucune fraternité.

C’est cette vérité fondamentale qui est à l’œuvre : bureaucratie et fiscalité (qui est une violence d’Etat)  ruinent la prospérité et interdisent toute liberté, toute égalité et toute fraternité.  Notamment en France, où l’extase macronienne fait oublier les hausses massives d’à peu près tout ce qui peut augmenter comme contraintes administratives, tarifs et taxes, « en même temps » qu’on étouffe les possibilités d’échanges de travail et de biens offertes par Internet dans le cadre de relations de particulier à particulier.

“Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.”

Lorsqu’en 1997, j’ai sorti cette citation de Bossuet sur le forum du Monde, elle n’était pas aussi connue qu’aujourd’hui, reprise qu’elle l’a été, par exemple, par Eric Zemmour. Il est amusant ou consternant, comme on voudra, de se rappeler qu’elle accompagnait une réflexion sur certains sujets qui sont aujourd’hui encore au cœur de l’actualité.

-          Le SMIC

Le SMIC est une machine à créer du chômage structurel. Il fallait rester dans la philosophie de SMIG par branche et décentralisée par bassin d’emplois. Pourquoi ? D’une part pour laisser ces discussions au dialogue entre patronat et syndicats salariés. En transférant la fixation des minima aux gouvernements, on privait de matière première le dialogue social et on se mettait entre les mains de la démagogie. Les démagogues du « coup de pouce » n’ont pas tardé à se manifester et le salaire a cessé d’être le prix d’équilibre du marché du travail. Cela d’autant plus qu’on n’a pas cessé de le « charger », avant de cesser les coups de pouces devant les conséquences, et de le « décharger » artificiellement, en transférant les charges à d’autres. Le coût de la vie n’est pas du tout le même en province et à Paris et dans les autres zones de haut revenu. La conjoncture varie. Il est tout à fait normal que les décisions soient prises à l’échelon le plus opérationnel où le contact avec la réalité est le plus net.

-          La retraite

Il fallait revenir le plus vite possible à la retraite à 65 ans puis la porter à 67 ans. Cela fait maintenant quarante ans qu’on tergiverse. En ruinant le pays et maintenant les retraités, soumis à la double peine CSG augmenté de 26 % et inflation qui remonte à 2 %. 28 % de baisse de revenu en une année ! Et ceux qui avaient investi dans la pierre pour compléter leur retraite seront massacrés. Bravo pour la justice sociale !

-          La gratuité de la sécu

Tout le monde devrait savoir que la fausse gratuité, en vérité la séparation entre les payeurs et les bénéficiaires, aboutit automatiquement à un déchaînement des dépenses qui devient vite intolérable. Il suffit de se remémorer « la gratuité du pain » édictée par Fidel Castro pour montrer que le socialisme c'était la fin de la faim. Au bout de trois jours, les paysans ont commencé à donner du pain à leur cochon et d’une façon générale la demande s’est envolée. Le gouvernement n’a plus pu payer. On a condamné à mort et exécuté quelques paysans et quels consommateurs abusifs, et on a mis fin au système. Ce type de gratuité a toujours le même effet : constriction du producteur et disparition de l’offre ; débordement de la consommation que le payeur public ne peut plus payer. Ajouter une organisation soviétique et vous mettez par terre le secteur où s’exerce la gratuité. Voici donc qu’il n’y a plus de médecins, qu’on attend des mois une visite chez les spécialistes, que les erreurs médicales deviennent légion, qu’on accouche à 40 km de chez soi, que tous les médicaments sont produits à l’étranger selon des normes qu’on préfère ne pas trop regarder de près (L’Inde et la Chine ont désormais le monopole des excipients et d’une bonne partie des molécules), alors que les populistes vomissent la mondialisation (sauf quand elle permet de retarder l’explosion de la sécu).

L’attaque de Juppé contre la partie sécu du plan Fillon a montré que toucher à cette vache sacrée avait des effets électoraux monstrueux. Alors laissons mourir en paix le remarquable système de soins mis en place depuis le XIXe siècle.

-          L’orthographe

Depuis mai 1968, elle est « fasciste » et le moyen de la « reproduction sociale » et « du gonflement des inégalités ». À peine 10 ans après 68, à l’Institut d’Etudes Politiques de paris, les maîtres de conférences et professeurs ont reçu une directive de la direction exigeant de ne plus tenir compte des fautes d’orthographe. Maintenant on ne veut plus de dissertation parce que les élèves n’ont pas été instruits de cette discipline. Il est vrai que les dernières que j’ai pu corriger présentaient des défauts incroyables : jusqu’à 50 fautes dans 8 pages ; pas de plan ; des fautes de français à n’en plus finir ; des mots à la place d’autres. Quand on se rappelle des règles « zéro pour 5 fautes », « pas de correction après la dixième faute », cela faisait bizarre.

Nous avions dit en 1997 que le système scolaire était dans une spirale descendante, les nuls engendrant de plus nuls encore dans le corps enseignant. Aujourd’hui la masse des « enseignants ignorants » veut mettre à l’index ceux qui ont de l’orthographe et qui sont un reproche quotidien ! On s’est effondré dans tous les classements. Et les demi-intellectuels (demi est plutôt emphatique) de gauche qui peuplent les médias continuent à chanter à tue-tête : « reproduction sociale » et « gonflement des inégalités » pour critiquer et empêcher toute mesure de redressement.

Sur ces quatre sujets la classe médiatique et les politiques ne veulent pas céder, alors que le gouffre s’est ouvert sous leurs pieds (chômage délirant, déficits abyssaux, déserts médicaux, ruine des retraites, dégringolade culturelle absolue et relative).

Tout était connu il y a vingt ans. Mais dès 68, il y a un demi-siècle, on savait quelles seraient les conséquences. Comme on savait que le déchaînement de la pornographie et de la libération sexuelle se retournerait contre les enfants et les femmes. Il y a eu Dutroux et la réaction contre la pédophilie. Désormais on « dénonce son porc » et on fait des reportages télévisés sur les « frotteurs du métro », en même temps que les suprémacistes musulmans dénoncent la société occidentale corrompue et fait sécession.

Mais oui, l’immense Bossuet, probablement le dernier grand maître de la langue française, qui savait dire en dix lignes ce qui prend un livre entier aujourd’hui, avait raison. Dieu rit peut-être. Pas nous !

Perseverare diabolicum !

Amen.

À propos du livre « Déflagration » de Patrick Stefanini

« Déflagration », chez Robert Laffont, dialogues entre Patrick Stefanini et Carole Barjon, est à ce jour le meilleur livre écrit sur le désastre présidentiel de 2017. Il devra être étudié par tous les étudiants en sciences politiques avec le plus grand soin tant il est honnête et précis. Stefanini est un Énarque, bien sûr, de la race des organisateurs doués. Il avait toujours tout réussi. Il se met au service de François Fillon, pour des raisons de projet, alors qu’il était proche de Juppé. Et voilà soudain la défaite, la vraie défaite, horrible et terrifiante, humiliante et irrattrapable, avec un risque réel de démembrement définitif de son camp politique. Après la « déflagration », ne reste qu’un champ de ruines. On comprend son envie de comprendre et aussi celle d’en tirer quelques leçons.

Il le fait avec humilité, s’associant à toutes les erreurs tactiques du candidat, sauf, naturellement, celles qui lui sont propres. Le portrait de François Fillon n’est pas à charge, même si des défauts apparaissent en filigrane du fait de certains comportements. Le premier est un manque d’empathie et de charisme de chef de bande. Ce n’est pas rédhibitoire pour diriger un pays, mais cela impose d’être d’une haute tenue morale et un exemple de tout sauf d’« hédonisme ». Un candidat à la présidentielle, tendance sombre et « larmes et sueurs », qui, la veille d’une campagne importante va à Capri s’amuser avec le président de Ferrari et qui se blesse en Vespa, cela pose problème. Ce n’est pas dit dans le livre mais nous l’avions ressenti à l’époque. Cette faille va s’agrandir jusqu’à déchirer la campagne et provoquer son échec, malgré un triomphe aux Primaires. Une attitude politique ne peut pas être constamment une posture.

Les Primaires furent-elles une mauvaise idée ? Non réponds Stefanini, car elles ont permis un travail de programmation qui n’avait jamais été fait à ce point jusque-là. Beaucoup de questions ont été brassées qui auparavant restaient dans les limbes tant que le parti n’était qu’une bataille de leadership menée en interne, les militants étant transformés en simple claque pour le plus malin. Bien sûr un travail de fond impose de faire apparaître des différences voire des conflits de ligne. Mais justement, il en résulte une clarification qui est de nature de solidifier ultérieurement celle qui sera appliquée à la présidence de la République en cas de succès. Fillon a gagné les primaires sur son programme autant que par sa maîtrise dans les débats télévisés. Juppé s’est tué avec son « identité heureuse », Sarkozy n’avait pas de programme, Le Maire avait un programme délirant dans l’ampleur des détails qu’il accumulait, NKM n’a su que froufrouter.

C’est l’engagement surprenant de plus de quatre millions de personnes sur ce programme et non sur la personnalité de François Fillon qui a fait le résultat des primaires et aussi la Manifestation du Trocadéro. Stefanini s’oppose radicalement et avec raison aux commentaires de la presse qui font du succès de F. Fillon le fruit de l’engagement des retraités ultra-catholiques du XVIe, que l’on retrouvera au Trocadéro. Bien sûr les Primaires ouvertes ne le sont jamais assez. Leur champ sociologique est nécessairement déformé par rapport à la diversité nationale. Mais elles indiquent un champ de force. Nous pensons, nous aussi, qu’il y avait là une vraie force, qui demeure, et qui explique que le report sur Macron des espoirs portés par Fillon ne s’est toujours pas fait.

C’est là que le politique rejoint l’économie. Oui le programme économique de Fillon était le meilleur. Il valait mieux augmenter la TVA que la CSG. On ne peut faire l’économie d’une augmentation du temps de travail et du retardement des départs en retraite. La dépense publique doit être jugulée. L’attitude grotesque qui consiste pour un candidat de chercher à séduire des catégories en poussant des mesures intolérables et démagogiques, a été évitée par le candidat Fillon. Il a refusé par exemple de remplir la case : « donner quelques choses aux classes populaires » en supprimant la taxe d’habitation, une idée qui sera récupérée par le clan Macron et dont on voit aujourd’hui toute la perversité. Plus généralement, faute de vouloir s'attaquer réellement à la dépense publique, le gouvernement annonce pour 2018 un record d’emprunts : près de 200 milliards d’euros. Faute de vouloir s'attaquer aux charges pesant sur les entreprises, le rebond de conjoncture se fait au prix d’un déficit extérieur abyssal.

Telle était la certitude des soutiens de F. Fillon, en dépit des défauts du candidat, jugés véniels par rapport à ces exigences nationales dirimantes. Et ils avaient raison.

L’auteur multiplie les analyses plus proprement politiques. Les élections primaires auraient dû être organisées plus tôt, au printemps, afin de permettre une réconciliation réussie après les tensions de l’affrontement de lignes et de personnes. Cette réconciliation doit être activement et sincèrement recherchée par le candidat élu. Les groupes parlementaires doivent être mis au pas pour éviter des interférences corporatistes qui troublent la campagne. Le programme du candidat doit être élargi et adapté pour séduire non plus seulement une frange partisane active mais la majorité du pays, mais sans reniements des forces essentielles qui se sont manifestées. Il faut associer toutes les forces politiques qui peuvent s’allier. Avec une vraie volonté et un complet entêtement. Il faut atteindre et mobiliser toutes les couches de la population et en particulier la jeunesse. Et il faut naturellement détruire le camp d’en face. Donc faire de la politique sans arrêt ni circonspection. Et mouiller la chemise, tout en cherchant le plus possible de nouer une vraie « coproduction » avec la population.

Et si votre candidat n’est pas élu, il ne faut pas jeter son programme aux orties et faire de la démagogie foraine pour sauver des sièges, pendant qu’une partie des élus retournent leur veste pour prendre des postes imprévus en urgence dans le camp d’en face.

En creux, vous avez toutes les erreurs faites entre décembre 2016 et mai 2017.

Naturellement, un candidat irréprochable serait optimal. Si cela existe. La politique n’est pas le monde des anges et on est toujours le diable de quelqu’un. Comme disait Edgar Faure, le métier politique est le seul « où l'acrobatie est de règle, le risque total, et où l’on est sûr de passer son temps à être injurié, calomnié, vilipendé, menacé, poursuivi et parfois condamné. Regardez De Gaulle, condamné à mort qui plus est par ses compatriotes et même gravement menacé pénalement par la justice anglaise, lors de l’affaire Dufour, parce qu’il gênait Churchill ! ». Enfant de chœur, s’abstenir !

On dira que l’économie n’est pas tout. Ce qui est vrai. Sauf que nous vivons depuis 1971 une descente progressive aux enfers économiques qui méritent tout de même d’être arrêtée et qu’il s’agit d’une des vraies priorités nationales. Ce qu’on peut critiquer dans la candidature de Fillon et plus généralement dans celle de la droite (pour ne rien dire des autres) c’est que les programmes ont largement fait l’économie d’un diagnostic de cette crise, et se sont contentés de regarder ce qui pouvait être envisagé en interne. « Après tout faisons déjà aussi bien que ceux qui font mieux dans le même contexte européen et international », tel est le mantra.

Pour nous, c’est une grave erreur. Il n’y a pas de cure sans diagnostic, on ne peut pas sortir de là. Si on soigne l’eczéma sans tenir compte du cancer, on ne va pas loin. L’échec Macron qui se dessine, si de gros changements ne sont pas opérés rapidement, sera la manifestation de cette règle.

On retrouve cette vérité de fond lorsqu’on regarde le dernier chapitre du livre : « Quel avenir pour la droite », la partie la moins convaincante.

« La droite a perdu la classe ouvrière et de façon générale l’électorat populaire […] frappé depuis deux générations de plein fouet par la mondialisation scandée par les crises successives de 1974, 1976, 1 992 et 2 008. Puis les classes moyennes hantées par le chômage et la perspective d’un déclassement ».

Cette explication globalisante et sans analyses pertinentes des mécanismes en œuvre est insuffisante et trompeuse. Elle laisse penser que notre seule chance est de s’adapter, coûte que coûte, sans même envisager une diplomatie de la prospérité. Nous sommes en total désaccord. « Les primaires ont déverrouillé le débat d’idées » dit justement Stefanini, mais pas assez. Il demeure encore de nombreux blocages qui sont ceux d’ailleurs de la classe énarchique qui se croit formée en économie mais qui est en fait totalement incapable d’affronter les problématiques monétaires européennes et mondiales.

Sur le reste, on est dans la pensée dominante, girondine en ce moment.

« C’est l’absence d’autonomie fiscale qui rend les collectivités territoriales moins responsables ». On se tapote le menton. Il suffit de voir ce qui se passe à Paris pour se rendre compte que le délire n’est pas lié à l’autonomie fiscale. Paris va vers 7 milliards de dettes. Ce sera une ville ruinée et gâchée, de façon totalement indépendante du système fiscal.

Sur l’immigration et la sécurité, l’auteur constate que l’on ne peut rien dans le lacis des contraintes juridiques qui sont les nôtres, du fait notamment des traités que nous avons signés. On propose de trancher des « nœuds gordiens », mais, en fait, on bricole.

Le social ramené au « revenu universel » de M. Gaspard Koenig, c’est un peu bref.

Que notre système scolaire « ne soit pas mieux de sa forme » est une évidence. Mais quelle différenciation avec le programme Blanquer ?

« Croire en l’Europe, ce n’est pas un raisonnement d’« Énarques crétins » pour citer l’anathème d’Emmanuel Todd ». Certes, certes ! Mais si Todd était le gourou de la nouvelle droite, cela se saurait. On n’avance pas beaucoup lorsqu’on affirme qu’on doit créer une Europe « en faveur des Européens » et « qu’on ne pourra le faire qu’avec les autres peuples européens ». « Le triomphe du principe de subsidiarité » est sans doute souhaitable, mais la subsidiarité est nulle part en Europe, sinon dans les mots. De même imaginer que l’Europe pourra limiter l’immigration par une « vigoureuse politique de co-développement » est parfaitement ridicule. C’est la Chine qui a pris la main sur des pays qui pour beaucoup sont en croissance extrêmement rapide, et qui n’attendent pas tellement de l’Europe pour que cela continue. La pression démographique ne sera pas contenue. Et si l’Afrique fait naître ce milliard d’enfants de plus qui est annoncé pour 2050, c’est 400 millions de migrants qui forceront les barrages de papier et de bonnes intentions en direction de l’Europe.

Si on en reste, là, alors oui, « Bonne chance ! », la formule finale du livre.

 

Didier Dufau pour le Cercle des Économistes Étoile.

La pauvreté et immigration de pauvreté

Le pourquoi du grand silence des économistes

Peut-on parler de la pauvreté et de l’immigration de pauvreté sans provoquer aussitôt des crispations idéologiques et partisanes majeures qui rendent toute réflexion partagée impossible ? C’est un de ces sujets qui vous amènent au point Godwin en un instant. Nous savons les risques d’incompréhension que nous prenons, à vouloir aborder ce thème.

Toute l'économie politique est basée sur la création de richesses : lorsque la richesse globale augmente, la pauvreté recule. On ne parle plus alors de pauvreté absolue mais seulement de pauvreté relative, par nature impossible à corriger, puisqu’elle glisse avec le taux de croissance par sa définition même. On est toujours le pauvre de quelqu’un. Lorsque des mesures politiques sont prises pour réduire la production globale, la pauvreté augmente. Réciproquement la création de richesses se produisant quelque part et pas ailleurs, provoque immédiatement une inégalité de la richesse par tête. On en a déduit presque partout depuis l’accélération de l’enrichissement économique des nations, c’est-à-dire depuis au moins 200 ans, qu’il fallait accepter cette inégalité quitte à la corriger pour ne laisser personne dans la misère. Ce qui a été fait pratiquement dans tous les pays développés, même si les modalités divergent.

Depuis la révolution française et surtout depuis Marx, certains ont considéré qu’il fallait liquider les classes possédantes pour permettre à la masse de quitter l’état de pauvreté, l’égalité étant le seul vecteur de la vraie richesse. L’URSS et les différentes républiques populaires ont tenté de mettre en œuvre cette idée. Avec les résultats que l’on sait : 100 à 150 millions de morts, des milliards de vies gâchées et un effondrement complet dans les années 1980, la Chine se convertissant à un capitalisme d’état, sous férule dictatoriale, et l’URSS disparaissant. L’Inde et l’Indonésie, qui végétaient en pratiquant une sorte de socialisme d’État mâtiné d’archaïsmes divers, ont également décidé de se lancer dans l’économie de marché.

En une trentaine d’années, 1 000 000 de personnes qui étaient maintenues dans la misère (moins de 55 euros par mois), sont sortis de l’extrême pauvreté dans les ex-Républiques Populaires et dans les pays qui suivaient les recettes soviétiques.

L’extrême pauvreté est encore très générale en Corée du Nord. L’immonde Mugabe, star de la gauche socialiste tiers-mondiste, a ruiné son pays et réduit son peuple à la misère. En Amérique du Sud, Chavez et Maduro ont ruiné un pays riche, le Venezuela, et ont réduit à la misère des centaines de milliers d’habitants.

On en conclura que le « socialisme réalisé » aura été un vecteur effroyable de misère et que la meilleure solution aura été d'en sortir, en espérant que les derniers pays victimes puissent le faire assez vite.

La misère est, sinon, essentiellement le fruit des guerres internes ou externes. En Europe, dans les zones de combat comme l’est de l’Ukraine ou le Kosovo, pseudo-État dirigé par des criminels sordides et avérés, la pauvreté s’est accrue, provoquant l’exode des Kosovars (ce qui est un comble pour des gens à qui on a attribué le pays d'une autre nation) et des tensions extrêmes sur les marges de la Russie.

En Afrique et au Moyen Orient, les deux sources de pauvreté généralisée ont été les guerres islamistes et les guerres tribales. Pour simplifier, tous ceux qui poussent à la guerre extérieure ou intérieure sont les responsables principaux de la pauvreté. Dès que l’on quitte le socialisme, le terrorisme et le bellicisme, la prospérité revient peu à peu.

Il est vrai que ces constats sont rarement faits dans la presse française, les journalistes considérant que, pour avoir les postes qui rapportent gros, il faut faire sa révérence aux thèses gauchistes les plus rétrogrades, syndrome d’un « complexe de gauche » qui n’a jamais été guéri en France. Cela pourrait n’être que ridicule. Malheureusement les idéologies violentes s'enchaînent : après le socialisme violent et criminel, voici, avec les mêmes procédés, l’islamisme violent et criminel où la barbarie insigne est assumée, avec les mêmes méthodes, parfois avec les mêmes suppôts, comme le montre l’exemple d’un Edwy Plenel qui a glissé du socialo-fascisme à l'islamo-fascisme avec la facilité du « Pied Rouge » trotskiste sûr de lui-même et dominateur.

Désormais la mouvance socialiste ne parle plus de pauvreté mais d’égalité. Le socialisme militant n’est plus une lutte contre la pauvreté (un thème qui a été laissé à l'Abbé Pierre et aux Restos du cœur) mais un combat contre les riches. Le nouveau Doriot, un certain Mélenchon, a hier encore hurlé à la mort des riches « dont la France n’a pas besoin », avec les accents de Staline dénonçant les Koulaks, avant d’en tuer une dizaine de millions. Et la presse s’extasie. Le pauvre Merluche (soumis à l’ISF tout de même) était, paraît-il, déprimé. Une larme de compassion, SVP, pour un cyclothymique bipolaire qui parle si bien. Le voilà requinqué d’avoir incité de la façon la plus outrancière à la haine sociale. La presse applaudit cette magnifique résurrection par l’abjection hystérique.

Pas les pauvres. Ils n’espèrent rien de notre Chavez national. Ils ont raison.

Est-ce que cela clôt la question ?

Certainement pas.

Une source indiscutable de la pauvreté est à chercher dans la violence des crises périodiques. Ces crises internes au capitalisme financier doivent être comprises, prévenues et jugulées. C’est une des vocations de blogs de chercher les causes et les solutions. Ce qu’a prouvé le socialisme « réalisé », c’est l’influence de l’organisation. Une organisation défectueuse crée de la pauvreté. Nous prétendons que les crises récentes ne sont pas « intrinsèques » ni « constitutives » du capitalisme financier, mais le résultat de défauts majeurs d'organisation, provoqués par des conceptions erronées, en général fille d’objectifs politiques d’où l’économie est en tout ou partie absente.

Dénoncer les dysfonctionnements et proposer des remèdes est, pour nous, le propre de la réflexion économique et la seule qui peut conduire à la réduction de la pauvreté et la misère là où elle demeure, tout en sachant qu’il s’agit d’une condition nécessaire mais pas suffisante.

En dehors de ces phénomènes globaux, il peut exister des modalités d’organisation de détail plus ou moins défavorable à la sortie de la pauvreté.

L’État, en France, ne sait pas gérer la pauvreté. Il se débarrasse de la question sur des associations par un arrosage financier qu’il répugne à contrôler, et en abandonnant la répression des attitudes anciennement dites « asociales ». La mairie de Paris loge désormais des clochards au milieu des HLM, ou dans des appartements de luxe rachetés à prix d’or, faisant deux victimes, les voisins et le clochard lui-même qui est en général totalement incapable de s’assumer dans un tel cadre. La carte de paiement qu’on leur donne est appelée par eux-mêmes : le « RSA-pinard ». Et ils campent devant les supérettes où ils viennent acheter leur boisson favorite.

On sait que près de 2 millions de jeunes traînent hors de toute activité ou scolaire ou de travail. Ces « disoccupati » sont à l’origine d’une délinquance dite « légère » mais qui n’est plus ni poursuivie ni sanctionnée. L’assistanat permet de maintenir ces groupes hors de la vraie pauvreté mais pas hors de la rue.

En Europe, la règle a été qu’il fallait traiter les Européens étrangers comme ses propres citoyens. L’élargissement de l’Union Européenne aux ex-pays socialistes de l’est du continent a provoqué un afflux de pauvres. Il y a six millions de Roms ou équivalents entre la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et les pays voisins. Leur migration n’a pas cessé notamment depuis l’an 2000. En France le nombre de bidonvilles Rom croît régulièrement : 100, puis 200, puis 400 et plus de 500 aujourd'hui, avec près de 500 000 Roms. Il n’y a plus une boulangerie ou une supérette sans son mendiant Roms, en même temps que s’étalent sur les trottoirs les plus fréquentés des grandes villes des « familles » entières, alors que quêter avec enfants est strictement interdit. Lorsqu’un bidonville crée un abcès trop grave, on le détruit. Il se reconstruit un peu plus loin. Il y a plus de mendicité aujourd’hui à Paris qu’à Calcutta ! Au rythme actuel nous aurons 1 million de Roms en France dans 20 ans. L’Allemagne, la Suisse, l’Italie connaissent des situations comparables. Un tiers des populations Roms d’Europe centrale se sont déplacées vers les parties riches du continent. Dans un silence de plomb. Pas question d’évoquer cette migration forcenée pour ne pas être accusé de racisme et de promotion de nouvelles chambres à gaz. Chut !!! Les gouvernements Hongrois, Bulgares et Roumains sont aux anges. Ne restent au pays que les riches chefs de clans et gangs, dans des palais somptueux. Les subventions européennes peuvent être détournées à d’autres objets. Chut !!!

Dans le monde, l’ONU a déclaré que la natalité n’était pas de la responsabilité des États et qu’il appartenait aux migrations « souhaitables » de réduire les tensions qu’une surnatalité provoquait. On voit donc des États africains qui laissent se développer une natalité galopante qu’ils ne peuvent plus et ne veulent toujours pas maîtriser. On sait qu’en 2050, à ce rythme, l’Afrique aura 1 milliard d’enfants de plus et qu’environ 400 millions chercheront à sortir de la misère obligée en migrant vers l’Europe, qui, elle s’enfonce dans la dénatalité généralisée. Les dispositifs d’aide sociale ne peuvent absolument pas absorber un tel afflux. On a vu qu’en France, on était totalement incapable de régler correctement un afflux de 500 mille pauvres en vint ans. Et que les populations, partout en Europe, n’étaient pas d’accord pour ce « grand remplacement de population ». Le cas de l’Allemagne et les difficultés de Mme Marcel sont aussi clairs que les réactions « populistes » en France, en Pologne, en Hongrie, en Autriche, etc.

Le transfert de la misère dans un contexte où il est interdit d’interdire et où l’économie mondiale ne connaît plus de croissance rapide est un des grands enjeux du temps. D’autant plus en Europe qui croît encore moins que le reste du monde. D’autant plus en France qui est à la traîne du reste de l’Europe. On vient d’y connaître 8 années de baisse du revenu par tête, la montée du chômage à 4 ou 5 millions et le développement d’un groupe de 7 millions de personnes économiquement fragiles. L’afflux d’immigrants pauvres est évidemment très mal vécu. La pauvreté importée met à l’épreuve toutes les tentatives faites pour maîtriser la misère locale et crée évidemment une « dé civilisation » qui se voit tous les jours dans la rue et dans les déficits publics.

L’économie ne fait pas de différence entre les races, les religions et les nationalités. Un afflux de nouveaux entrants est toujours considéré par les économistes comme favorable dès lors que les entrants deviennent producteurs et épargnants et investisseurs et consommateurs. L’important est qu’ils travaillent. En économie, « plus on est de fous plus on rit », plus on est nombreux plus on échange, plus on est riche, lorsque l'augmentation de population est graduelle et son insertion organisée. L’erreur de Malthus, qui ne l’avait pas compris, est désormais bien assimilée. C’est sans doute ce qui explique la mise en accusation de « l’économisme » par des gens qui regrettent, comme Eric Zemmour, le grand remplacement, mais aussi par les écologistes qui voient dans la hausse de la consommation la mort de la Terre.

La démographie est la partie la plus riche en mythes de toute l’économie politique. Alfred Sauvy l’avait bien compris. On voit tous les jours s’étaler dans la presse l’idée que la productivité crée du chômage, que les solutions chères sont les meilleures car elles créent de l’emploi. La numérisation et les robots, avec l’intelligence artificielle, tueront l’emploi hurlent les imbéciles qui sont incapables de remarquer que les pays où le chômage est le moindre sont ceux qui ont le plus informatisé leurs processus et qui ont le plus grand nombre de robots.

Le problème n’est pas dans l’emploi détruit mais dans celui qui n’est pas créé. Un pays qui voit l’État confisquer 100 % de la valeur ajoutée des entreprises ne peut pas créer les emplois nouveaux nécessaires en nombre suffisant.

La France, contrairement à ce qu’on croit, est un pays sous-peuplé, n’en déplaise à tous les malthusiens qui croient que nous y sommes trop nombreux. L’exode rural et la dénatalité ont conduit en partie à la désertification de certaines zones mais surtout à cette réalité délicate : l’existant ne peut plus être financé, dans la mesure où le niveau de vie des intervenants fonctionnaires ou non doit être augmentée régulièrement.

C’est la raison principale du manque de rentabilité des trains régionaux, de la poste, des agences bancaires, des métiers médicaux, des commerces. À ces causes s’ajoutent naturellement des évolutions aggravantes : la Sécurité Sociale qui veut paupériser les généralistes et centraliser les spécialistes, le régime insupportable financièrement des cheminots, le grand commerce qui s’est installée dans les banlieues des villes moyennes, la hausse du coût du pétrole, les DDT ex DDE qui gâchent l’argent public en enlevant puis remettant les haies et en créant des ronds-points, l’organisation soviétique de la campagne avec les Modev et la ruine des propriétaires terriens, accélérée par les décisions de justice à sens unique, Les églises ferment faute de paroissiens mais aussi de vocations. L’écologie fascisante qui prône un immobilisme total et le blocage violent de tout équipement régional, joue également son rôle détestable pour conduire à la déréliction des villages et des provinces.

On comprend que tous les maires des petites villes et leur population veulent simplement vivre aux crochets de l’État. Si le nombre des fonctionnaires locaux et régionaux a explosé, c’est largement pour ces raisons. Ce qui n’a fait qu’aggraver les choses. Le goût pour la maison Sam’suffit a joué également son rôle. Le pays est mité de constructions qui imposent des déplacements en voiture et un approvisionnement hors des centres-villes. La population française est partiellement responsable de ses propres problèmes. Une des raisons du chômage de masse en France est l'impossibilité de recruter dans de nombreux villages de France, parce qu’il n’y a plus assez de naissances, que les jeunes sont partis et que l’immigration est absente. On a trop de jeunes immigrés dans les banlieues pas assez dans les provinces. L’imbécillité de la politique de Mme Hidalgo qui charge certains quartiers parisiens d’immigrés (35 % dans le 14e arrondissement de Paris par exemple), alors qu’il faudrait les envoyer dans les villes petites et moyennes françaises, est remarquable d’inconséquence.

Le Japon, qui est passé de la baisse de la natalité à la baisse de la population, étudie depuis plusieurs années les conséquences dramatiques sur l’impossibilité d'entretenir le bâti et les structures existantes. Il refuse toute immigration. Jusque quand ?

Concluons. Traiter les questions de pauvreté et d’immigration pauvre est comme passer une charrue dans un champ de mines. Comptons le nombre de faits évoqués dans ce simple message qui peuvent déclencher d’horribles polémiques.

-          Le meilleur moyen de sortir de la pauvreté est de sortir du socialisme

-          La transplantation de l’ensemble des Roms des pays centraux vers la France et les pays riches conduit à une forme de dé civilisation

-          La technologie n’est pas la cause du chômage

-          On manque de bras en France qui est dépeuplée dans la plus grande partie de son espace

-          La Sécu aggrave les choses en massacrant l’offre de soins

-          Le goût de la maison individuelle aggrave tout

-          La grande distribution est inévitable dans une France rurale dépeuplée.

-          Il faudrait plus d’immigrés en province dans les villes moyennes.

-          On n’en saura pas accueillir en Europe les 400 millions de nouveaux Africains.

-          La surfiscalité aggrave tout

-          Le système monétaire est dysfonctionnel

-          L’euro est un système également dysfonctionnel

-          …

Il y a là de quoi se faire assassiner vingt fois. Ou cent ou mille ! De tous les côtés. Aucun ménagement à attendre :

-          Des socialistes

-          Des Libéraux

-          De l’extrême gauche

-          Des Verts et assimilés

-          De l’extrême droite

-          Des racistes et xénophobes

-          Des féministes

-          Des anti racistes

-          Des européistes

-          De Zemmour

-          Des fonctionnaires

-          Des paysans

-          Des Américains

-          Du monde de la finance

-          Des Européistes

-          Des organisations syndicales

-          Des maîtres-penseurs

-          Des banquiers et des maîtres de la finance

-          De l’Inspection des finances

-          .

Cela finit par faire beaucoup.

Donc les économistes officiels ne peuvent que se taire. Et ils le font très bien. Le thème de la pauvreté est réservé au tiers-monde « ruiné par la globalisation » alors que c’est l’inverse. En France on s’étripe sur les inégalités par déciles ! Vive les études sur le microcrédit, les monnaies « citoyennes » et les initiatives microlocales d’autosuffisance et les toilettes sèches.

Donc les démographes ont déserté le terrain se contentant comme Le Bras d’alimenter le politiquement correct dominant en études malhonnêtes tant les partis pris sont prégnants.

Donc les politiques grattent les plaies sans chercher de vraies solutions.

Une honte intellectuelle et nationale, mais des blocages invincibles.

"Plus cela change, plus c'est la même chose"

Deux mots sur l'état du pays.

A un moment où une sorte d’extase s’empare des médias français, il est intéressant de se poser quelques questions sur l’état réel du pays.

On connaît le livre de Robert Escarpit, le Littératron,  Flammarion, 1964, chef d’œuvre méconnu de la littérature politique dont l’actualité ne saurait être trop soulignée.

Un ordinateur est gorgé des phrases que les Français adorent entendre. On choisit un individu à peu près débile et on le présente à une élection. Il se contente de débiter les phrases creuses recombinées par l’ordinateur. Il est élu haut la main.

Toute ressemblance avec la campagne d’Emmanuel Macron et le vote massif pour les inconnus de LREM ne saurait être qu'accidentelle.

L’ère des bons sentiments intéressés, la bienveillance obligatoire, le politiquement correct, le ressassement médiatique des mêmes slogans jusqu’à l’indigestion par des journalistes-perroquets, le resserrement de la richesse autour des obligés du pouvoir, la confiscation du dit-pouvoir par la noblesse étatique, ont pris une extension telle qu’il est presqu’interdit aujourd’hui de ne pas chanter les louanges du jeune Dieu qu’un destin heureux a mis à la tête de la France en le nimbant d’une vertu essentielle, la Baraka. En deux coups de serre cuillère et en un coup de Trump, il a restauré l’image de la France, enchanté l’Europe, réglé la question du Liban et recréé une dynamique économique basée sur l’optimisme et la confiance, en dépit des croassements des Insoumis déprimés par l’effondrement des mobilisations syndicales abusives et de quelques retraités grognons échaudés par la hausse massive de la CSG.  

Quelle est réalité de la situation, telle qu’on peut la voir quand on s’affranchit de considérations politiques, des transports psychologiques et des manipulations médiatiques ?

Elle est d’abord dans le ralliement presque total au « macronisme » de toute la communauté politique fermée des hauts fonctionnaires. Celui d’Alain Juppé, après celui de son protégé, Philippe, clôt la série. Symétriquement, la diabolisation de l’Enarque Wauquier, qui a le mauvais goût de ne pas se rallier, va bon train. La France vit l’acmé de l’Enarchie Compassionnelle.

Cela veut dire des impôts. En masse. 26% d’augmentation de la CSG, ce n’est pas un grignotement. Mais un coup de massue. Une hausse minimisée comme d’habitude en ne parlant que de la hausse des taux sans parler des montants globaux concernés. Regarder ma main droite : 1.7%. Ne regarder pas ma main gauche, encore des dizaines de milliards de prélèvements de plus.  Et dans les municipalités, privées des recettes de la taxe d’habitation du plus grand nombre ? Hausse de 2% dans beaucoup d’entre elles « pour compenser ». 2% ? Non, bien sûr ! Cela c’est l’augmentation du taux. Mais quel est le taux qui s'accroît ainsi : ah il était à 14% ? 2/14 = 14,28% d’augmentation. Pour ceux qui conserveront l’impôt. Merci pour eux. Pas un mot de protestation. Les retraités concernés n’ont droit qu’au silence. Ils ne sont pas représentés. « Ce sont des privilégiés qui se sont gavés tout en tuant la planète et en endettant leur progéniture», énoncera doctement sur les antennes une jeune sotte de LREM particulièrement inspirée.  Qu’ils ne se plaignent pas !

Cela veut dire du chômage. En masse. L’Insee a donné les chiffres. Ils sont malheureusement sans complaisance. Depuis l’élection de Mitterrand, la France a perdu 2.8 millions d’emplois dans le secteur marchand, principalement dans l’industrie. Et a recruté 2.7 millions de fonctionnaires sans productivité. Les hauts fonctionnaires qui dirigent la France ont fait face aux crises internationales et aux mesures prises par les socialistes élus par réaction à ces crises, les deux tares majeures de l’époque pour la France, en recrutant des fonctionnaires et en taxant. Dans la pratique les faits sont plus graves que cela. Compte tenu de l’augmentation de la population, le manque à gagner en termes d’emplois privés se situe quelque part entre 5 et 10 millions. Comment s’étonner que nous ayons 7 millions de pauvres et 5 millions de chômeurs ? Les chiffres publiés sur le chômage du troisième trimestre montrent …une augmentation. Quant aux prélèvements, ils atteindront un record en 2017 et égaleront le niveau de la valeur ajoutée du secteur marchand non financier. 100% de prélèvements ! Et ne parlons pas de la dette qui a encore augmenté massivement.

Pour faire passer la pilule on recourt aux mêmes astuces qu’en 2012 : l’injure et la mise en accusations des « riches ». Pas un instant de répit sur tous les médias. Il faut détacher l’infâme étiquette que la gauche tente de coller sur le dos du Président-gourou : Président des riches ! Vous vous rendez compte !  Macron fait du Hollande sans vergogne.  Mais sans injurier nominalement tel ou tel. Sacré progrès ! Alors qu’une des causes du Brexit est l’indignation du gouvernement anglais devant la prétention des instances judiciaires européennes de l’empêcher de supprimer les droits civiques aux condamnés aux plus lourdes peines, on voit des députés LREM, sortis tout droit du Littératron, variante 2017, proposer de supprimer les droits civiques des fraudeurs fiscaux.  C’est qu’il ne s’agit pas de voleurs de pommes, M’sieurs-dames, mais des plus grands délinquants de l’époque.  Qu’on se le dise et qu’on lise les Panama’s papers !  

De tous les bords, lors de la campagne, les candidats, tous les candidats,  y compris Emmanuel Macron, ont répété qu’ils avaient compris que les Français étaient accablés de normes, de règles, d’obligations ruineuses ou étouffantes. A peine élus, le discours change. L’isolation des appartements ne sera plus seulement encouragée mais imposée, car « les propriétaires n’ont pas à faire subir des frais de chauffage exorbitants aux locataires », comme l’affirme sur tous les antennes une ancienne socialiste ralliée à LREM et bien décidée à améliorer l’image sociale du chef.  Satané propriétaire, « tu vas voir ta gueule à la récrée ». Quant à la bagnole, ce symbole infect du beauf petit bourgeois, nécessairement petit bourgeois, acharné à défendre son surmoi mécanique, fini le diesel. « N’espère pas revendre la voiture que tu as mis tant de temps à t’acheter ».  Retour au prolback à vélo, gapette et pinces de pantalon incluses, pendant que les bobos qui le peuvent rouleront en voiture électrique coûteuse. « Les jeunes ne sont pas attachés à la propriété mais à l’usage ». Fini l’esprit de propriété bourgeoise. On va pouvoir fêter dignement les 50 ans de mai 68 ! Mais quelqu’un possède bien ce dont on fait usage et il n’entend pas y perdre…

Le nouveau mal français, aux Editions de l’observatoire, par Sophie Coignard et  Romain Gubert, fait le même constat.  Entre les observations de Peyrefitte d’il y a près de 50 ans, et la réalité d’aujourd’hui, il n’y a eu ni prise de conscience ni changement. Les exemples s’accumulent chapitre après chapitres.  Des livres déprimants de ce type, les divers éditeurs en ont produit des milliers depuis Giscard. Pour rien. Ils ne servent à rien. Les élus, une fois en place, veulent avoir la paix avec leurs subordonnés. Alors ils lâchent tout et n’importe quoi. Ne pas compromettre la réélection ! Incapables d’agir sur quoi que ce soit, ils multiplient les petits avantages.  Le Point de cette semaine faisait le recensement des avantages grotesques accordés par des municipalités à leurs salariés. On y travaille peu et pas souvent, tout en bénéficiant de mille petits avantages et de quelques gros privilèges.

La seule solution envisageable, pour un politicien français, c’est d’arracher aux propriétaires et aux riches les conditions de sa réélection. Vive l’impôt ! Si on essaie de revenir à la normale : on prend aux pauvres. Il faut dire qu’ils n’ont jamais été aussi nombreux.  Pour le reste, rien ne compte. Plus rien ne marche en France. Tout le secteur public est à peu près effondré. Le j’menfoutisme est partout. Pas moyen d’espérer qu’un transport public fonctionne correctement. La banque est devenue un champ de ruines, pourri de formulaires et d’exactions contre le déposant.  Plus personne ne parvient à faire travailler correctement des salariés de plus en plus souvent étrangers, mal formés, sans éducation et rétifs. Les ascensoristes ne gèrent plus que des incidents. Les garagistes ne savent plus réparer les voitures. Les sociétés informatiques sont noyées sous les bogues. On vole et on agresse partout, généralement sans aucune sanction.  Les rues sont immondes. La compétence part à l’étranger. Une « décivilisation » s’est mise en place.

Et inlassablement le même cri retentit : « salauds de riches ; salauds de propriétaires ; vive l’impôt ; il faut savoir la société que l’on veut et nous voulons une antisociété ». La séquence budgétaire en France de septembre à décembre, est le moment à la fois le pire, tant l’espace médiatique est polluée par la propagande fiscaliste,  et le plus révélateur de ce que ce pays est devenu : un vagissement indigne, sur fond de déréliction économique désormais probablement irrattrapable. 

L’Enarchie Compassionnelle a ruiné le pays. Le triomphe de la manœuvre Macron lui permet de survivre en s’exaltant : jamais le pays n’est à ce point entre les mains des hauts fonctionnaires. Jamais la désinformation du grand public n’a été plus totale. Jamais la paralysie n’a été plus grande. Jamais les vrais problèmes n’ont été moins évoqués. Sous le joug des Enarques, la France « dénonce ses porcs » et accueille, les bras ouverts et la bouche close  les centaines de djihadistes de retour d’exactions et de crimes abjects en Syrie et en Irak.  Des victimes, parait-il ! Qui elles aussi dénoncent le porc.

L’Europe, à la suite du monde, connait une petite reprise. La France est incapable d’en profiter. Impossible de recruter malgré les millions de chômeurs. Impossible d’exporter. Et cela justifie de ne rien réformer sérieusement.  Alors les déficits se creuseront, alors que mécaniquement ils sont censés se réduire.

Pour finir, nous publions ci-dessous une photo qui résume parfaitement l’état de la France. Elle a été prise au musée Pompidou, dans le local des toilettes hommes. On y voit trois portes.  La première porte est celle qui donne accès aux toilettes des fonctionnaires, car en France, les fonctionnaires ont le droit à des toilettes spéciales, comme pour  les régimes de retraite.  Pas question de se mélanger, culotte baissée,  avec le vulgaire. Pas question d’attendre. La seconde porte concerne les handicapés. La compassion par les toilettes, il n’y a que cela de vrai. La troisième est destinée au vulgum (lotus) pecus. Mais les toilettes ne fonctionnent pas. Et cela fait plusieurs semaines que cela durent.  Et tout le monde s’en fout.

A quelle heure le musée Pompidou ouvre-t-il ses portes un samedi lors d’un grand Week-End où Paris est plein d’étrangers ?  A 11 heures. On suppose que l’on est en train de négocier 14 heures, avec une fermeture à 16 heures…

Rien ne presse. Si on ose dire. De toute façon, les musées se mettent en grève lors des périodes de pointes touristiques. Alors …

Ainsi va l’Enarchie Compassionnelle triomphante en France et ainsi meurt un grand pays.

Le « macronisme » sera-t-il une nouvelle perte de temps ?  L’automne 2017 en France ressemble un peu trop à l’automne 2012 pour qu’on ne s’inquiéte pas.  

« Plus cela change, plus c’est la même chose » énonçait doctement le Littératron.



Emmanuel Macron et la CEDH : hauteur nécessaire ou rafistolage ?

L’exaltation des grands principes et la fréquentation des lieux inspirés sont deux aspects  remarquables  de la méthode Macron.

Discours du Louvres, discours devant le Congrès,  dégagement européen  sur le Pnyx et à la Sorbonne,  méditation aujourd’hui à Strasbourg  sur le rôle de la CEDH, Emmanuel Macron confirme ce qui avait déjà marqué ses discours électoraux : un évangélisme  « inclusif » qui place son action dans un bain de bons sentiments  sur des sujets où les principes ne sont pas en cause mais les modalités plus que problématiques et de plus en plus mal vécues par les peuples.  

La presse a rendu compte de cette visite en soulignant uniquement que le Président avait été faire l’après-vente de sa loi sur la sécurité, censée éviter un état d’urgence permanent. L’explication est contredite par le discours d’accueil du président de la CEDH qui rappelle dans  son exorde que le nouveau président, à peine une semaine après son sacre, l’avait reçu pour envisager cette réception en grande pompe. 

Emmanuel Macron avait dans la tête depuis longtemps cette visite qui est une première, alors que la CEDH a été instituée il y a des lustres (67 ans). Pourquoi personne, dans aucun pays,  n’avait songé à la faire ? Pourquoi le Président français la fait-il et pourquoi maintenant ? Est-ce le début d’un rite ? Où est-ce un « coup  médiatique » ? Quel serait alors sa cible et son objet ?

La CEDH est dans le collimateur de certains observateurs pour plusieurs raisons :

-          Le référendum sur l’Europe organisé par Cameron au Royaume-Uni a largement posé la question du fondement démocratique des lois, si un quarteron de juges de la CEDH provenant pour l’essentiel de pays minuscules,  pouvait les remettre en cause. La condamnation par la CEDH  de la perte des droits civiques édictée de tout temps au Royaume uni pour tout condamné à de lourdes peines de prison a été un choc. Au nom de quoi quelques personnes étrangères peuvent-elles contredire ce que veut le souverain ? N’est-ce pas là instituer le gouvernement des juges ?

-          Les lois « sociétalistes » portant sur de nouveaux « droits à », notamment en matière de mariages homosexuels ou de procréation artificielle ou externalisée,  sont désormais systématiquement  renvoyées  aux juges des droits de l’homme si les lobbies concernés rencontrent une résistance nationale. A quel titre peuvent-ils trancher mieux que le souverain ?

-          Le « droit-de-l’hommisme » ou prétendu tel, soutenu par exemple par Eric Zemmour comme on l’a vu dans l’article précédent, ou Rioufol au Figaro, conduirait au grand remplacement et à la victoire de l’Islam, qui contredit tous les fondements de l’Europe. La CEDH par sa jurisprudence empêcherait toute action contre cette invasion barbare et abaisserait les défenses européennes  contre le terrorisme. La CEDH a en particulier jugé que le fait d’entrer dans un pays en violant les règles ne pouvait pas être un délit pénal. On ne peut donc prendre aucune mesure d’expulsion immédiate ou d’internement.  De même elle a condamné la France pour son contrôle des populations non sédentaires et en particulier le fameux carnet que les romanichels devaient faire signer à la gendarmerie la plus proche d’un nouveau lieu de séjour. Elle a jugé que la notion de vagabondage et sa sanction éventuelle devaient disparaître. Le regroupement familial est vu comme un droit élémentaire de l’homme. Etc.

Il est intéressant de noter que la CEDH n’est pas une institution de l’Union Européenne. Elle dépend de l’Union Européenne Occidentale et avait en vue de calmer les répressions soviétiques à l’est et les excès des régimes autoritaires à l’ouest. Progressivement elle a réussi à changer ses objectifs pour devenir le référent des droits de l’homme en tout domaine. Elle l’a fait dans le silence général des politiques comme des médias. Etouffant sous les réclamations les plus multiples, elle a du  filtrer l’avalanche de recours et concentrer ses décisions sur les grandes questions de principe. Elle souhaite devenir plus que cela et agir antérieurement à toute saisine. Cela va lui être accordé. Ce qui veut dire que les gouvernants, les juges constitutionnels et les chambres juridictionnelles les plus hautes pourront la consulter avant d’agir ou de juger eux-mêmes.

Ne sommes-nous pas là en plein « gouvernement des juges » ?

Dans le cas de la France, le Conseil Constitutionnel, par un « coup d’état » audacieux, s’est donné le pouvoir de juger de l’application des principes généraux du préambule de la constitution donc des droits de l’homme. C’est, à nouveau,  une instance de cassation des lois qu’elle juge contraires aux droits de l’homme. Mais au moins le souverain peut changer la constitution et bloquer la jurisprudence du CC. Ce qui n’est pas le cas pour la CEDH.

La Cour de Justice de l’Union Européenne est chargée de la bonne application des traités.  Dès l’arrêt du 14 mai 1974 dans l’affaire Nold, la Cour affirme que les droits fondamentaux sont partie intégrante des principes généraux du droit dont elle assure le respect.  Depuis le traité de Lisbonne, les droits de l’homme sont devenus un critère de cassation encore plus explicite auprès de la cour. Elle peut donc s’immiscer dans le processus législatif d’un pays pour juger qu’un texte n’est pas conforme aux principes qui fondent l’Union Européenne tels que définis dans les traités. Voilà un troisième larron chargé de définir la signification concrète des droits de l’homme. Elle peut donc juger qu’il est contraire aux traités et à ses principes, de renvoyer chez lui un Rom expatrié qui fait la manche  en ville tout en dormant dans les taudis innommables.  Où pourquoi pas qu’un djihadiste  né en Europe prisonnier en Syrie ne peut pas se voir interdire de revenir en Europe pour y être jugé…

 Comme on le voit, ce n’est pas tant la CEDH qui est en cause mais la multiplication d’instances  permettant d’installer un gouvernement des juges au dessus de pays européens déjà largement dépossédés de leur souveraineté concrète dans le cadre de l’Union Européenne.

Pour certains, cette multiplication conduit au « gouvernement des juges », à la perte de souveraineté des nations et leur soumission à des mouvements  de population qui altèrent leur identité et leur survie démocratique au nom d’un droit hors-sol et loin des réalités concrètes du terrain.

DAESH se moque assez de la CEDH, affirment-ils,  et l’islamisation de l’Europe et le passage à la Charia signifieraient sa disparition.  Le texte du Coran « dicté par Dieu lui-même via l’ange Gabriel »  est au dessus des Constitutions et des Cours.  

Ces thèses sont désormais portées publiquement par des journalistes ou des essayistes qui connaissent un certain succès malgré la répression médiatique et a trouvé un débouché politique non seulement au FN mais dans le discours d’innombrables petits candidats  lors des dernières présidentielles.

Il était donc légitime qu’Emmanuel  Macron, qui s’était fait récemment juge des atteintes au droit  européen commis par des pays de l’Est et notamment par  la Pologne, se saisisse de ces questions et pourquoi pas en se faisant recevoir au siège de la CEDH, puisque désormais, la question des droits de l’homme n’est plus seulement posée par la brutalité des pays communistes.  

Il aurait  été bon que les grands partis politiques s’expriment sur ces sujets qui sont, en fait, tabou chez eux depuis des lustres. Que le président réveille le débat et le fasse sortir du non-dit, pourquoi pas ?  

Le seul ennui est que le discours du Président Français ne pose aucun des problèmes évoqués.  Il place la France en Europe, et lui-même au sein des dirigeants européens, comme Le défenseur des droits de l’homme. On peut juger que la stature diplomatique de la France en est fortifiée et que celle du Président aussi.  On rejoint le discours sur le Phnyx et à la Sorbonne.  Le Président est un champion qui se place tout en haut des ambitions nobles en Europe et il pense sans doute que la force et la solennité des lieux où cette ambition est exaltée à répétition, l’aideront à être reconnu comme tel par ses pairs.

Pour cela il fallait naturellement balayer devant sa porte : l’état des prisons est une atteinte aux droits de l’homme constamment dénoncée par les instances européennes et la CEDH. Il doit donc s’incliner devant la nécessité de faire quelque chose et il annonce carrément qu’il va mettre moins de monde en prison... Retour aux propos de Madame Taubira sur la prison qui corrompt et entraîne à la récidive. Cette fois-ci dans le silence des médias et sans grognements simiesques dans le Landernau.

Au final, on voit mal quelles conséquences auront ces actes ainsi « posés », comme on dit maintenant chez les analystes et les sondeurs, sur la réelle question de la souveraineté et des conflits entre essentialisme juridique et nécessités immédiates de résoudre des difficultés de plus en plus graves.

Le « malaise démocratique » n’est en rien adouci. La contradiction entre « une Europe qui protège » et  une Europe « qui interdit de se protéger » n’est pas réduite.

Reste l’image. Elle est noble et sympathique, d’autant qu’elle a permis de rappeler tout ce que la CEDH doit à la France et que le français y est la langue officielle. On est loin du comportement  médiocre jusqu’au catastrophique de MM. Sarkozy et Hollande.

Mais au-delà de la posture, on fait quoi ? La cérémonie ne pourra pas être répétée. L’effet d’image va se dissiper en quelques mois, sans doute moins. A voir l’inexistante couverture médiatique, on peut se demander si, en France, l’évaporation  n’est pas déjà acquise.

La Justice est un des grands sujets : justicialisme et gouvernement des juges sont deux tares qui ont des impacts  lourds sur bien des aspects de la vie nationale, y compris dans le domaine de l’économie.

En sortant partiellement le droit social des griffes des juges, E. Macron a montré qu’il voyait les dangers. En exigeant la réforme du régime des travailleurs détachés, il sort partiellement  de la légalité européenne une mesure de liberté économique jugée pénalisante.  En projetant une réflexion sur la CEDH, il aborde l’immense difficulté du conflit entre individualisme libertaire et législation collective oppressante. La triple liberté de mouvements des marchandises et services, des capitaux et des personnes, est contestée aussi bien à gauche, qui s’affiche comme structurellement antilibérale, et à droite, qui croit à la répression des libertés quand elles tournent à la licence et détruisent la prospérité,  l’identité et la sécurité nationales.

Une catharsis française et européenne  est nécessaire. Est-elle dans les intentions  et dans le pouvoir d’Emmanuel Macron ? Ou enfile-t-il,  une nouvelle fois, une veste trop large pour lui, et s’engage-t-il dans une quête qui n’a pas vocation de finir autrement que dans des arbitrages minuscules qui ne changent pas grand-chose, mais qui, comme le paratonnerre, fait baisser le risque d’une situation  trop électrique ?

Le « mystère Macron » est savamment orchestré.  La population, sans être séduite,  « ne veut pas juger encore et attends de voir ». « Il est délicat de se lancer à ce stade dans des procès d’intention », car les intentions sont belles.  Evangélisme et angélisme sont deux doux moyens du silence des agneaux. Les mauvais esprits verront une ultime tentative de sauver par le haut l’Enarchie compassionnelle.  On enlève la poussière  là où elle commence à faire bouchon ; on soigne les plaies  comme si ce n’était qu’écorchures dignes d’un peu de pommade. Les bons esprits souligneront la beauté des intentions et du verbe, en rappelant  qu’on ne fait pas nécessairement de bonne politique avec de mauvais sentiments. Ils prétendront que ce n’est qu’en flattant l’Europe communautaire qu’on pourra la réviser ou qu’en flattant les juges internationaux qu’on pourra limiter « le gouvernement des juges ».

Saluons une hauteur de vue bienvenue ! Craignons un rafistolage sans lendemains.

Les Énarques compassionnels : de sacrés fortiches

On assiste, en ce moment, à une propagande hyperbolique soulignant que l’action des Énarques qui nous gouvernent « nous font passer dans une nouvelle ère » et que des problèmes anciens seront bientôt totalement résolus, comme le déficit de la Sécu (grâce à la hausse du prix de vente du tabac et à la suppression des allocations familiales aux riches !) et que contrairement à ce que prédisaient les grincheux, nous entrons dans l’ère de l’Europe qui protège (les détachements de salariés aux conditions du pays d’origine, se feront d’année en année et non plus tous les deux ans, ce qui ne change exactement rien : on fera deux contrats au lieu d’un !).

On serait donc passé une nouvelle fois de l’ombre à la lumière. Avant, ces propos outranciers jusqu’au ridicule étaient tenus par des hommes politiques un peu trop inspirés. Ils le sont toujours. Maintenant les journalistes flagorneurs ont pris le même pli. Ils chantent les louanges du nouveau Messie Interplanétaire sans qu’on les sollicite. L’affaire serait charmante si quelques réalités saumâtres ne venaient troubler ces marivaudages.

La pénurie de lait.

On a du mal à croire que la France des torrents de lait européens soit désormais privée de lait, de beurre et de fromage. Mais si, mais si ! On a même réussi cela ! Nos félicitations aux petits-maîtres en France comme en Europe qui nous ont concocté cette singularité.

La pénurie de médecins

Évidemment, lorsqu’on méprise et que l’on saque les médecins, ils finissent par disparaître. Le tiers payant est la goutte qui fait déborder le vase. Il est devenu absurde d’être médecin généraliste. Alors on voit les calicots fleurir partout, notamment en Bretagne : « on cherche médecin ; nombreux avantages ». Si on veut payer le médecin libéral moins que le plombier, comment croire que les vocations vont se multiplier ?  La gratuité, sur tout marché, conduit à la répression du producteur et la constriction du consommateur. La collectivisation des coûts de médecine et leur gestion soviétisée ont abouti à la disparition des généralistes. Nos félicitations aux petits-maîtres qui nous ont concocté cette particularité.

L’excès d’éoliennes

Tous les spécialistes savent que les éoliennes sont un désastre à multiples facettes. La technique n’est pas rentable. Le coût de la puissance installée est sans rapport avec la production utile, c’est-à-dire utilisable au moment où on en a besoin (on stocke très difficilement l’électricité). Le fait de l’acheter à tarif fixe subventionné, même quand on n’en a pas besoin, ruine le pays. Les paysages sont gâchés sans raison, comme la vie du voisinage. Tout le monde a compris en Europe qu’on ne peut guère dépasser la satisfaction de quelque pourcent des besoins. Avoir fait une loi imposant la construction de machines importées en quasi-totalité, et assurant des rentes de situations aux paysans, est une saumâtre imbécillité à laquelle il serait heureux de renoncer sans délais. Les escroqueries sur ce marché sont d’ailleurs la règle. Cela moraliserait l’ambiance.

On cite le cas du Danemark pour montrer un, pays qui a réussi sa « conversion au renouvelable ». L’exemple n’est pas significatif car toute l’énergie non éolienne provient des… pays voisins. Le pourcentage d’éolien dans la puissance installée, dans ce cas, n’a strictement aucun sens.

Le cycle du feu rouge à Paris

De 1960 à nos jours, on a vu fleurir à Paris des feux à tous les carrefours, puis au milieu des tronçons de boulevards et de rues. Un marché juteux, réservé aux mêmes qui touchaient une belle rente de situation et une pratique qui alimentait la rumeur de commissions aux édiles de la ville de Paris (ce que nous ne pouvons croire). Seulement voilà : on n’a plus le moindre endroit où coller un feu. Que faire pour ne pas perdre ce juteux machin ? Facile : il suffit de les désinstaller progressivement. Faire et défaire, c’est toujours faire. La Mairie d’Hidalgo, la foldingue inspectrice du travail devenue mairesse par une étrange faveur hollandaise, a compris le système et pris les décisions en conséquence.

Au passage notons que l’appartement de 300 m2 Bd Raspail de notre charmante immigrée espagnole de première génération témoigne qu’on peut gagner très gros en politique (à 15 000 euros du m2, on voit la belle pelote que représente un appartement de 300 m2) même quand on est un fonctionnaire de bas niveau, (mais le mari est un énarque) ; gageons qu’il n’y aura sur le palier ni immigrés, ni Roms, ni alcooliques dignes des Anneaux de Bicêtre,

Remplacer des taxes abusives par de nouveaux abus

Comme nous le savons tous, nous avons l’inspection des Finances la plus majestueuse et révérée en France. On nous l’envie dans le monde surtout lorsqu’il s’agit du sein immaculé des saints : le Trésor. Le malin Eckert, petit prof de maths de province voulait être ministre. Nommé (parce qu’il avait une grande gueule sur un corps épais et qu’il dégueulait avec énergie contre le capitalisme infâme) à la tête de la Commission des Finances de l’Assemblée, il y fit passer un amendement qui aujourd’hui coûte 10 milliards à l’État français. Nommé au budget où il a été silencieux comme une carpe pendant toute sa tenure, il n’a évidemment rien fait pour arrêter les frais au plus vite. Tous les Énarques du trésor se sont couchés à plat ventre comme des limandes. Ils se demandent seulement par quel nouvel abus on pourrait éviter de rembourser (ou comment faire payer le remboursement par quelques autres victimes). Les braves gens ! Dix milliards, c’est cinq années d’Impôt sur la fortune immobilière …

Les nouveaux malheurs de Sophie (chez nos bien-aimés dirigeants)

J’espère qu’un écrivain de talent racontera l’histoire étonnante de la très intéressante Nahed Ojjeh qui couvre toute la période de Mitterrand à nos jours. Fille du Général Tlass, un boucher syrien qui a commis quelques crimes contre l’humanité pour établir et maintenir le pouvoir des Assad, le responsable des services secrets du régime et à ce titre principal parrain de la Bekka, pour toutes sortes de trafics et notamment la drogue, la belle Nahed avait épousé Akkram Ojjeh, d’âge avancé, principal acteur dans le jeu des commissions entre la France et le Moyen-Orient sunnite. Lorsque l’Alzheimer frappa ce grand humaniste, l’épouse éplorée chercha à Paris, dans notre belle administration médicale, un éminent neurologue pour expliquer qu’il fallait lui confier désormais les rênes à elle, au détriment des autres ayant droit. Un don colossal de la part d’une de ses fondations et quelques suaves satisfactions données à un fonctionnaire médecin chercheur plus tard, l’affaire été réglée.

On vit une singulière coutume se répandre dans le tout-Paris. Lorsqu’un homme en vue se mettait à porter des chemises roses, on savait que la belle avait fait une nouvelle conquête. Certaines de ces personnalités des affaires, du journalisme ou de la politique ont été cités dans la presse comme ayant fait un bout de chemin. Rien que du premier choix, souvent énarque ou fonctionnaire mais pas seulement. Après le moment d’égarement, ont suivi hélas, dans bien des cas, des revers familiaux ou professionnels bien tristes. Merci pour le moment !

Nahed a toujours été une convive parfaite et ses salons ont été fréquentés pendant des lustres par tout ce qui compte à Paris. Elle a, par ses dons, honoré la France et pas seulement quelques Français, de sa fortune.

Seulement voilà : la Syrie est en guerre et le statut diplomatique de la belle, vivant à Paris en franchise de tout et notamment d’impôts, a disparu. La Dame a donc demandé la nationalité française. Un cas unique pour une milliardaire. Elle lui a été refusée, après quarante années de services rendus « de vivo et de argento ». Et voilà qu’on inculpe son frère comme intermédiaire dans l’affaire Daesh-Lafarge. Il est vrai que la famille Tlass était au carrefour de tous les intérêts croisés entre la France et la Syrie et possédait des parts de la filiale locale de Lafarge. Nahed est fâchée. Très fâchée. On le comprend. Tant d’assiduité en vain, c’est moche. Il paraît que Valls est à la source de ces difficultés. Que s’est-il passé ?

Souhaitons le meilleur à Nahed, car elle a beaucoup donné. Mais quel éclairage détonnant sur la vie des élites administrativo-médiatico-politiques qui nous dirigent et la facilité extrême avec laquelle ses membres se laissent, disons, séduire, voire griser.  Puis jettent au panier ce qu’ils ont adoré au temps où il y avait quelque chose à gagner.

En écoutant Éric Zemmour

Éric Zemmour a été invité par le Cercle Interalliés à discourir sur le bilan des six premiers mois de la mandature Macron. On connaît Éric Zemmour. Son exposé n’a, en rien, concerné la question posée mais le discours fut charpenté, ancré dans l’histoire, dans la continuité de ses combats et agrémenté non pas tellement d’humour mais de ce rire de crécelle qui est sa marque. L’idée directrice : Macron, c’est Louis Philippe, donc un objet politique déjà vu, dont les contradictions internes sont fortes et dont la vocation est de finir mal. Emmanuel Macron a réconcilié les « gagnants de la mondialisation » qui ignore les deux sous populations critiques : le périurbain malheureux, la banlieue islamiste irrédentiste. La réunification de la « bourgeoisie bohème » et de la « bourgeoisie bourrin » nous mène tout droit à la confrontation et finalement à la guerre ouverte. La « trahison des élites » mène la France à la disparition et au chaos. La seule mesure qu’aurait dû prendre Macron, c’est de mettre fin au regroupement familial cette erreur magistrale de Giscard, un « proto macroniste » qui avait à faire face aux forces communistes et gaullistes résiduelles, ce qui laissait de l’espoir. Comme ces deux forces ont disparu, le « vrai peuple » n’est plus représenté et « l’économisme » et « le droit-de -l'hommisme » règnent sans limite, avec la guerre civile comme perspective finale.

L’invitation d’un Éric Zemmour provoque souvent rejet ou au minimum quelques états d’âme. On se souvient de la chasse au Zemmour qui s’était organisée lorsque le succès de son livre sur le « suicide français » l’avait conduit à multiplier les conférences. Le prix Combourg qui lui avait été attribué a suscité, on s’en souvient, une hystérie dans les colonnes bien pensantes d’Ouest France et justifié la suppression de la participation de la ville de Combourg à l’organisation de ce prix dans la ville de naissance de Chateaubriand.

Inviter Éric Zemmour pouvait passer pour une provocation au Cercle Interallié. La salle était comble.

Pour nous, c’était heureux. Un lieu de débat est un lieu de débat. Un penseur réfléchi doit toujours être écouté. Les condamnations a priori sont absurdes. La France n’aime plus débattre. Sous la pression socialiste et celle du politiquement correct américain, elle se complaît dans la chasse à l’homme et l’érection de piloris, deux sports qui font vomir et qui signent la mort d’une certaine liberté de pensée en France.

Va donc pour le débat. Il n’a pas eu lieu au Cercle, les questions posées étant bien trop convenues. Pourquoi pas sur ce blog ?

Écouter Zemmour, c’est sentir monter en soi un sentiment rampant et constant de malaise. Analyser la source de ses sentiments n’est pas si facile. À la réflexion, on se rend compte que la dénonciation de « l’économisme » et du « droit-de -l'hommisme » est le nœud de l’affaire.

Qui peut douter que les économies mondiales, européenne et française soient en crise depuis 1971 ? Nous avons-nous même théorisé cette crise, cherché ses causes, proposé des solutions. Pour Zemmour il n’y a pas de crise. Seulement une mondialisation qui a ses gagnants et ses perdants. Macron représente les gagnants et « l’économisme » est son idéologie qui veut qu’on s’adapte à l’extérieur et que l’on se soumette à l'altérité par la souffrance du peuple. En vérité tout le monde est victime de la crise sauf les économies libérées du communisme qui connaissent, sous une forme atténuée, les « miracles » économiques caractéristiques des Trente Glorieuses en Europe.

Il faut certainement éliminer les causes de dysfonctionnements qui prévalent dans l’organisation mondiale, dans celle de la zone euro et surtout dans la sottise économique française. L’économie est un sujet crucial. L’abandon des « zones périphériques » tient plus au fait que depuis 8 ans le revenu par tête baisse en France. Plus généralement les réactions populistes proviennent de cette carence économique et même la géopolitique est liée largement à la crise économique. L’explosion financière de 2008 est la cause immédiate des « printemps arabes » et des guerres qui ont suivi. L’élection de Trump provient également des effets de la crise aux États-Unis même., bien qu’ils soient moindres qu’ailleurs. La question économique est donc cruciale et les vaticinations sur « l’économisme » n’ont exactement aucun sens. Il faut sortir de la crise, pas de « l’économisme ».

Les critiques contre le « droit de l’hommisme » provoquent le même malaise. Les droits de l’homme sont un acquis démocratique fondamental et une dimension de l’identité française. Zemmour a indiqué hier soir qu’il ne se sentait pas démocrate. Bon à savoir, mais on peut répugner à le suivre sur ce terrain. Il est parfaitement exact que le gouvernement des juges pose problème, surtout quand ces juges sont des fonctionnaires internationaux totalement déracinés et coupés du peuple. La question du juge constitutionnel est posée en France et en Europe. On se souvient que le déclenchement de la révolte « Tory » contre l’Europe est né de la condamnation par la CEDH de la privation des droits civiques pour les condamnés à de longues peines. Cameron a accepté de reprendre à son compte le combat contre le justicialisme européen en prétendant rendre par la négociation le droit du peuple britannique à fixer les règles du droit pénal. La Cour de Justice Européenne, autres instances, s’est également arrogé le droit de dire ce qui est conforme aux « principes des traités européens ». Les Britanniques ont considéré qu’il fallait qu’ils retrouvent leur souveraineté en ces matières et qu’ils n’avaient pas à se soumettre à des oukases non démocratiques qui, dans le cas de-là CEDH, sont souvent le fait de représentants de pays minuscules. Savoir qu’un juge monténégrin, associé à un juge du Liechtenstein et adossé à un juge luxembourgeois peut contredire des règles que plusieurs siècles de démocratie, et de millions de votes citoyens ont fixées n’est pas un faux problème.

Mais les droits de l’homme ne sont pas en cause. La solution est à chercher dans l’organisation. En France le juge constitutionnel a beaucoup élargi ses compétences, dont le droit d’interpréter le préambule de la Constitution, mais le référendum peut surpasser ses décisions. Il existe une voie pour éviter la dictature des « sages ». Il n’y en a pas en Europe parce qu’il n’y a pas de recours contre les décisions des juges de la CEDH et de la CJE. Des réformes sont nécessaires. Les droits de l’homme, indispensables, ne sont ans en cause. En revanche il faut agir, pour redonner au peuple un droit final et souverain sur les règles constitutionnelles.

Au final, dénoncer « l’économisme » et le « droit de l'hommisme » ne mène à rien sinon à des réactions contre productives en empêchant toute action.

À écouter de vive voix Éric Zemmour, on se rend compte que son combat est ailleurs. Il ne veut pas de la submersion du pays par les Maghrébins et les Noirs. Le Medef est vu comme un importateur de main-d’œuvre. « L’économisme », c’est l’immigration. De même le « droit de l'hommisme », c’est l’interdiction d’interdire l’immigration et de réagir contre l’irrédentisme religieux musulman.

La solution des Birmans contre les Rohingyas serait-elle celle suggérée par Zemmour ? La question n’a pas été posée. Heureusement ! La réponse aurait pu heurter les âmes sensibles.

Du coup, on sort d’une conférence d’Éric Zemmour à la fois séduit par le courage, la culture, la qualité d’expression, d’un journaliste qui est mieux qu’un journaliste dès qu’il décortique et qu’il réassocie le présent et le futur, et déconfit de constater que tout cela se réduit, au final, à la volonté d'expulser les noirs et les Arabes avant qu’ils nous envahissent et nous soumettent totalement, sans aucune véritable solution ni sur le front économique ni sur le front institutionnel, sinon la suppression du regroupement familial.

Le racisme social hystérique, une dimension bien française

L'exemple utile de Médiapart et d'Edwy Plenel

Citation :

"Il y a une « haine des juifs en France ». C’est ce que disent les éditorialistes environ tous les six mois. Espérons qu’ils aient raison ! C’est tellement plus efficace que la haine de l’immigré ou la haine de « l’assisté » ! Peut-être que votre égal ou votre inférieur vous bouscule dans le métro ou vous a grillé la priorité à droite, mais c’est le juif qui détourne vos impôts, ferme vos industries et détruit peu à peu votre modèle social. Malheureusement, non content de dicter nos politiques, ils possèdent un monde médiatique qui favorise en nous le dégoût du semblable plutôt que la haine du puissant.

De nombreux intermédiaires, notables et autres amoureux de l’ordre établi, soumis et admiratifs, nous incitent à les encenser. Le juif a pourtant mille fois plus de pouvoir sur l’intégralité de votre vie que n’importe quel autre pékin moyen qui peut, à la limite, vous la pourrir pendant quelques heures. Voici pourquoi il est temps de rétablir à sa juste valeur un sentiment des plus respectables : détester les Juifs.

 Pourquoi les juifs posent problème ? À cause de leur tronche ? Non. À cause de leur mode de vie ? Un peu, si l’on considère ce que les 10 % des juifs polluent en voyages intercontinentaux et en grosses cylindrées. Mais c’est peu comparé au mode de production dévastateur dont ils sont les actionnaires et au pouvoir dont ils disposent. Car leur fortune, leurs privilèges ne sont rendus possibles que par la relative pauvreté de la majorité de la population, avec ou sans la crise. En outre, si leur argent leur servait uniquement à s’acheter des Jaguar, ça irait. Mais non, ça leur permet de contrôler la presse, de payer des lobbyistes, d’influencer les politiques nationales et européennes plus que n’importe quel citoyen. Ce qui leur permet en retour d’assurer leurs intérêts financiers lesquels nécessitent que nos salaires restent bas. C’est pourquoi il leur est utile de contrôler les politiques relatives à la législation du travail. Ce qui pose donc problème, c’est que les juifs sont plus puissants que vous et moi, qu’ils sont plus puissants que 90 % des électeurs de ce pays et de l’Union européenne, dans la même proportion."

Fin de citation.

Nous n'avons fait que remplacer le mot riche par le mot juif. Vous pouvez faire le même exercice avec les mots "arabes", "femmes", "musulmans", "noirs".  On voit apparaître aussitôt l'ignominie du propos. Bien sûr il ne faut pas comparer le sort abominable fait aux juifs par Hitler et ses sbires avec l'exécution fiscale des riches qui est exigée par Médiapart et tant de bouches à feu d'un socialisme violent pour qui la kalachnikov a été remplacée par la fiscalité confiscatoire. On ne meurt pas de l'ISF et de la surfiscalisation. Mais rappelons les massacres insensés commis par les socialismes violents, 150 millions de morts tout de même et des centaines de millions de vies gâchées. Ces massacres à caractère génocidaire ont été occultés, niés et minimisés et le sont encore. Il est interdit d'en parler et de les qualifier pour ce qu'ils sont. On a le droit de tuer les prétendus Koulaks (10 millions tout de même), les riches, l'oligarchie. Ce ne sont pas des meurtres mais une libération. Qu'on lise le texte de Médiapart qui est d'hier, pas de 1932. Il faut détester. La haine est légitime. Ce sont des voleurs.  Des pollueurs. Ils provoquent la misère.  En France pas de "richophobie". On peut leur faire tout subir aux riches et ils n'ont pas à se plaindre parce qu'ils sont riches. Et les procédés à la  Goebbels sont les bienvenus. Quelle différence entre le patron de Médiapart et Doriot  dans la méthode d'expression, dans l'appel à la haine et à la discrimination, à l'exaction ? Il est vrai que Doriot a commencé comme communiste militant comme Edwy Plenel et qu'il a juste changé de cibles prioritaires. 

Il y a une abjection socialiste en France, surtout chez les Trotskistes  qui croient que parcequ'ils ont été liquidés par Staline ils ont le droit de reprendre les crimes de masse initiés par Lénine et Trotsky qui sont les vrais pères de la terreur sociétique comme le dernier livre de Wolton le démontre. 

A quand une législation contre la haine sociale et aux appels à la détestation d'une partie des Français par une autre ?

Rappelons l'hypocrisie de tout ce petit monde.

M. Mélenchon est un super riche comme Edwy Plenel et il n'a pas hésité à tricher avec les règles d'emplois fictifs. Son adjointe chilienne est désormais riche de ses contrats médiatiques et ne paie pas ses impôts et cotisations. Mme Hidalgo s'offre un appartement de 300 m2 Bd Raspail à 15.000 euros du m2, sans clochards et sans immigrés sur son palier. "Otes-toi de là que je m'y mette" est le cri de guerre de tous ces Jocrisse. 

Curiosité tout de même  que ce pays où il est interdit de dire un mot désagréable sur quantités de groupes humains sous peine de poursuites pénales mais où la haine est légitime dès lors qu'elle porte sur le "riche" et le "bourgeois", alors qu'en France, même les pauvres relatifs sont riches comparés aux vrais pauvres des pays en difficultés et notamment des pays qui ont subi la dictature des socialistes violents. Rappelons que dans une campagne ukrainienne, le revenu d'une femme isolée est autour de 500 euros par an. Celui d'une retraitée de kolkhose, de 250. Oui, oui, par an ! Là sont les Sans-dents.

Pour les jeunes, ce conseil : constatez-bien ce qu'est un appel à la haine. Vous avez l'occasion de vivre ce qu'ont vécu au XXème siècle des centaines de millions de gens qui ont été appauvris ou massacrés. Méditez-bien cet appel direct à la haine :

"Voilà pourquoi il est temps de rétablir à sa juste valeur un sentiment éminement respectable : la haine du riche".

Et arrêtez de vomir quand vous le pourrez.

Médiapart : la "Radio Mille Collines" de l'Extrême-Gauche française, subventionnée par nos impôts. L'acteur direct d'une abjection bien française.

 

ppc Léon Chaix

Un Fonds Monétaire Européen, pour quoi faire ?

M. Macron ayant décidé de contrer les mauvais esprits qui contaminaient l’atmosphère par leur emphase antieuropéenne, notamment lors des précédentes élections européennes, a proposé une relance de l’Europe Fédérale basée sur trois nouvelles institutions : un ministre des finances européennes, un budget européen « très significatif » et un fonds monétaire européen. Mme Merkel a commenté :

- « Pourquoi pas ? Mais il faudrait tout de même que vous précisiez ce que vous entendez par ces trois mots ».

- « Ah bon ? » a répondu le positif et non grognon Emmanuel.

La pensée complexe s’accompagne si naturellement de concepts flous et de mots indéterminés qu’il n’était pas tellement illégitime d’avoir pensé que ceux-là pourraient prendre leur sens plus tard, « en marchant », du moment que le mouvement était lancé. Cette méthode est à l’œuvre à peu près dans tous les domaines en France depuis cinq mois, ce qui, certes, rend à peu près tout le monde hystérique, mais a au moins l’avantage d’animer les émissions de commentaires sur la TNT.

Malheureusement, dès qu’il s’agit d’aborder la question du FME, c’est un silence de plomb qui s’installe. Pas un mot dans la presse. Pas un commentaire sur Cnews ou I-telé ! La règle est de fer : les questions monétaires ennuient tout le monde. Les questions monétaires internationales n’intéressent pas la ménagère de moins de cinquante ans et font fuir le lectorat comme les téléspectateurs.

Déjà en juillet 1944, Roosevelt qui venait d’organiser les Accords de Bretton Woods et s’attendait à un raz de marée dans la presse (en perspective des élections présidentielles de novembre), avait dû en rabattre : décidément cela n’intéressait personne.

Il n’est pas mauvais de se remettre dans l’esprit des Accords qui ont créé le premier Fonds Monétaire, le FMI.

À cette époque Roosevelt et ses amis étaient bien décidés à casser les grandes puissances européennes, concurrentes des États-Unis, colonialistes, et malheureusement sujettes à des accès belliqueux malvenus qu’il s’agissait de faire cesser définitivement. Il a fallu toute la férocité intraitable de Winston Churchill pour éviter la suppression des accords d’Ottawa qui organisaient la préférence impériale, mais en contrepartie d’un désengagement planifié des Indes et des autres colonies. Il a fallu toute la hauteur d’un de Gaulle pour éviter l’Amgot. L’Italie et l’Allemagne seront dépecées, cette dernière échappant de peu à un destin pastoral contraint, ardemment désiré par Blumenthal et Harry White (les négociateurs de Bretton Woods).

Jean Monnet, dont le fait qu’il ait été un agent américain stipendié à cet effet est confirmé par les textes « déclassifiés », pensait l’Europe comme un conglomérat de régions et la Commission européenne comme un ferment de destruction progressive des Etats-nation, en attendant qu’une fédération européenne sans pouvoir et donc sous protectorat américain, les dissolve définitivement. La monnaie unique a été le levier le plus puissant d’une mise sous tutelle irrévocable des budgets nationaux.

La monnaie, ce n’est pas un thème très sexy pour la presse, mais c’est un vecteur politique capital.

On voit aujourd’hui où mène cette politique :

-          Une gestion de l’euro dépressionnaire consolidant l’Allemagne et ruinant les périphéries.

-          Une poussée des mouvements populistes et des réactions indignées qui poussent à la fois le Royaume-Uni vers la sortie et les micronationalismes vers la sécession.

Le Brexit et l’affaire catalane sont les effets décalés des pensées rooseveltiennes de la fin de la Guerre de Quarante.

Les citoyens européens soumis à des hommes politiques ayant perdu le sens de la nation et confrontés à des crises à nouveau très sévères ont subi les effets pervers de l’interdiction d’interdire généralisée en matière de circulation des personnes, des produits et des capitaux. Ils se replient soit sur leur ancienne gloire nationale soit sur un racisme régionaliste destiné à échapper à la pression « des autres », qu'elle soit démographique, fiscale ou économique.

La confusion est totale. Le FMI a perdu tout sens concret dès 1971 avec l’abandon des Accords de Bretton Woods. Il était là pour réguler les changes fixes et permettre des ajustements des balances extérieures sans récession. Nous vivons dans un monde de changes flottants et les déséquilibres de balances des paiements sont la règle. On sait qu’ils sont à l'origine de la Crise (que nous définissions comme la baisse tendancielle du trend, la montée de l’endettement et la violence des crises périodiques). En revanche les anciennes intentions américaines d’effondrement des nations européennes se concrétisent, à un moment où leur chef s'en moque un peu.

Que signifierait un fonds monétaire européen alors que les changes flottants ont fait perdre son rôle au Fonds Monétaire International et que la zone Euro est une zone de changes fixes où la dévaluation monétaire est devenue impossible ?

Oublions que Nicolas Sarkozy s’était vanté d’avoir créé un fonds monétaire européen, lors de la création du MEF (Mécanisme européen financier). À l’instar de Mme le Pen, la très grande majorité des hommes politiques ont du mal avec les questions monétaires.

Une première hypothèse est qu’on revienne aux changes fixes mais ajustables et que le nouveau FME remplace le FMI pour aider aux ajustements des balances extérieurs par des ajustements monétaires. Après tout le Système Monétaire Européen est basé sur deux conventions :

-          Toutes les monnaies nationales s’appellent l’Euro

-          Une convention de change fixe les lie entre elles.

En sous-jacent, c’est le système monétaire national qui persiste. Sortir de l’euro est juridiquement assez facile puisqu’il ne faut que supprimer ces deux conventions. Mais économiquement, les conséquences seraient durablement difficiles. On peut donc en conclure que ce n’est pas un FMI façon 1944 que l’on compte créer.

Une seconde possibilité est d’inventer un simple organisme de prêts, extension du MEF avec des attributions étendues. Ce serait alors plus une banque d’investissement, façon Banque Mondiale (ex Bird des accords de Bretton Woods), qu’un fonds monétaire selon l’acception classique. On a déjà la Berd.

Une troisième hypothèse est de faire de ce FME  l’administration du Trésor supra européenne, au service du nouveau Ministre des finances européen et responsable du budget européen. On peut penser que telle est l’idée de M. Macron. L’idée heurte de plein fouet le président de la Commission européenne qui veut que les institutions nouvelles abaissent un peu plus les États et augmentent son rôle de Président de l’Europe et plus seulement de la Commission.

Quand on y réfléchit le projet Macron n’est pas celui d’un Fonds Monétaire Européen. C’est plutôt un saut vers un fédéralisme budgétaire avec péréquation des financements entre pays riches et pauvres, mais dont les institutions ne seraient pas sous la coupe de Bruxelles. Ni Merkel ni la Commission n’en veulent.

Tout cela risque donc de tourner en eau de boudin, ce qui est malheureusement le destin de beaucoup des initiatives de M. Macron, à l’intérieur comme à l’extérieur, sachant que lors cette eau sèche, il ne reste plus que des impositions supplémentaires.

C’est d’autant plus dommage que faute de pouvoir sortir sans dangers de l’Euro, il faut changer radicalement la gouvernance de la zone Euro, si on n’en veut pas voir se prolonger le sous-développement de cette partie du monde, avec son cortège de dettes et de chômage.

Nous avons nous-mêmes proposé un Chancelier de la zone euro qui aurait pour mission de coordonner les politiques ayant un impact sur la valeur de l’euro, de représenter l’Union dans les instances monétaires internationales et de gérer au jour le jour les mécanismes d’urgence existant. La BCE, resterait indépendante mais comme aux États-Unis, serait obligée de tenir compte des orientations politiques d’un comité monétaire à dimension politique et plus seulement bancaire.

Ce Chancelier pourrait se voir confier la supervision d’un fonds monétaire européen construit sur la base de la proposition Keynes qui n’avait pas été retenue à Bretton Woods mais qui est parfaitement adaptée à un système de monnaie unique et de centralisation des balances en euros. Le but est de priver les pays en très gros excédents de la possibilité d’utiliser une partie de leurs réserves accumulées. Le recyclage de ces énormes excédents provoquent la montée de la dette, de la spéculation et des bulles, tout en permettant le rachat indu du capital des économies déficitaires. Le FME serait cette chambre de compensation chargée de réguler les balances internes et d’assurer que la croissance de la zone se fait de façon équilibrée. Nous avons donné un schéma de cette solution dans quatre articles (http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2017/4/7/La-rforme-fondamentale-base-de-toute-diplomatie-de-la-prosprit et suivants).

Lorsqu’on annonce une réforme il faut en préciser l’esprit, l’objectif et le moyen.

Pour nous le seul esprit qui vaille a nom : coopération.

L’objectif est de mettre fin aux énormes excédents et à leurs pendants déficitaires au sein de la zone Euro

Le moyen est la stérilisation provisoire des gros excédents au sein d’un fonds de régulation que l’on peut appeler Fonds Monétaire Européen.

Il faut aussi imaginer un principe et une modalité qui puissent s’exporter. La réforme du FMI pourrait s’inspirer du nouveau FME. Après tout, la stérilisation des énormes excédents de la Chine et des pays pétroliers est également nécessaire.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

La diagonale du flou.

Réflexion sur la méthode Macron

Le livre Révolutions d’Emmanuel Macron était une terrible déception : pas une seule mesure concrète ; pas une aspérité ; l’exaltation des grands principes dans un unanimisme suspect ; l’audace dans les mots mais des concepts incertains. Le programme présidentiel qui a suivi était, lui, carrément démagogique avec deux mesures catégorielles fondamentales : la suppression de la taxe d’habitation et le transfert de revenus des retraités vers les salariés. Les premiers pas du président élu furent marqués par le goût des discours ambitieux jusqu’à la grandiloquence, mais ennuyeux par leur imprécision, émis sans grand élan et de façon souvent terne et répétitive dans des lieux trop grands pour ce niveau d’inspiration, du Louvres à Versailles, du Pnyx à la Sorbonne. Cela flottait un peu dans un costume trop grand.

La démarche en canard d’Emmanuel Macron commence à se fixer : Exaltation des grands principes ; baignade franche et joyeuse dans le politiquement correct ; mots forts mais d’interprétation contradictoire ; textes finaux finauds avec beaucoup de demi-mesures, voire de fractions encore plus petites mais accumulées qui donnent l’impression d’avoir fait des pas de géants du côté des principes même si les mesures effectives sont le plus souvent des mesurettes sans grandes conséquences.

Finaud est aussi le qualificatif qui vient lorsqu’on regarde la solution choisie pour revendre les Chantiers de l’Atlantique. On voulait un acheteur à 50/50 dans le capital auprès de l’État français. On prête un temps 1 % du capital aux Italiens pour satisfaire leur envie d’être des dirigeants effectifs, sans contraintes excessives. Cinq mois de contorsions pour cela !

Il s’applique de la même façon à toutes les lois ou ordonnances proposées.

La loi de moralisation est un exploit symbolique, puisqu’on a obtenu des députés des abandons de privilèges, ce qui n’est pas simple. Mais c’était des privilèges assez médiocres, comme le pouvoir d’embaucher des membres de sa famille et de distribuer un petit budget propre. Au total cela ne change pas grand-chose sinon de rendre l’engagement politique plus difficile pour les non-fonctionnaires. Les hauts fonctionnaires peuvent toujours accumuler des années de retraites sans aucun travail pendant tout le temps où ils se détachent d’eux-mêmes dans des instances politiques ou dans de grandes entreprises parapubliques, et cumulent au final les retraites, ce qui est l’aspect le plus choquant et le plus abusif de notre vie politique (Voir l’affaire Wauquier).

 

La réforme du Code du travail est un exploit symbolique puisqu’on revient partiellement sur la pénalisation des relations du travail. Mais le rapport avec la création d’emplois est inexistant. On supprime quelques risques de situations ubuesques dans les décisions prises par les juges du « mur des cons » mis bien imprudemment en position de faire n’importe quoi. Dans l’avalanche de mesures, certaines sont excellentes d’autres insignifiantes, comme dans la loi Macron 1, lorsque son auteur était Ministre de l’Économie. Mais au final, cela ne changera pas grand-chose (au fait qui a dressé le bilan de la loi Macron 1 ?). On ne demandera plus à Peugeot de recréer une filiale Vélos cinq ans après sa liquidation et on échappera à ces jugements du même tabac qui ont déshonoré la Justice. En attendant les frais de licenciement ont été augmentés de 25 % ! On achète chaque mesure par des versements au comptant. Comme le faisait Nicolas Sarkozy.

Le budget est de la même inspiration. Il est un exploit puisqu’on remet enfin en cause l’impôt le plus stupide et destructeur, l’ISF, tout en revenant sur le principe spoliateur de l’incorporation des revenus du capital et des plus-values dans le revenu imposable à l’IR. On sait que cela impliquait des impositions marginales colossales, jusqu’à 70 % dans certains cas et qu’avec l’ISF, en dépit du plafonnement, on pouvait dépasser 100 % d’imposition, ce qui était du vol pur et simple. Mais que de contreparties ! Les retraités voient leur CSG augmentée de 25 %. On augmente massivement la taxation du diesel. On maintient une taxation trop lourde du capital immobilier. On ne touche pas à l’État qui ne fait aucun effort et dont les déficits croissent. Comme Hollande, Macron frappe les dépenses qui ne dépendent pas directement de lui : celles des collectivités locales et de la Sécurité Sociale. Au total, on freine la hausse et c’est tout, et on augmente la dette d’État sans vergogne.

Toutes ces lois mettent fin à quelques abus manifestes. Mais il ne s’agit que de quelques arbres abattus dans une forêt dense. On nous dit : regarder la clairière : un peu de lumière, cela fait du bien ! Certes ! Mais ces petites coupes dans le taillis socialiste obscène qui étouffe le pays ne créent aucune dynamique certaine. Aucune des décisions lourdes qui auraient pu mettre en branle une dynamique naturelle n’a été prise. On l’admet en annonçant des prévisions à cinq ans qui se révéleront fausses naturellement, mais, même si on les prend pour leur valeur faciale, ne font apparaître qu’une réduction ridicule des taux de prélèvements monstrueux qui accablent la France et les Français.

E. Macron ne veut pas mettre en marche une contestation de masse. Alors il ne frappe que des corps intermédiaires ou des catégories qui ne manifestent que modérément, comme les retraités. Et il demande aux catégories dangereuses de compter les versements cash qu’il leur fait. Cette espèce de jeu de bonneteau n’aura de sens que si les vraies mesures sérieuses suivent à un moment ou à un autre. C’est aussi une des dimensions de la méthode Macron : ne faire que des fractions d’annonces en expliquant que plus tard le détail suivra. D’annonces partielles en demi-mesures, il garde une forme de suspense sur ce que sera réellement son action présidentielle.

On peut se demander si la méthode permet autre chose que d’écheniller les absurdités les plus flagrantes tout en servant les intérêts qui ont sponsorisé son Blitzkrieg présidentiel réussi. Car s’il faut à chaque fois payer cash pour des réformettes, on risque de revoir apparaître le syndrome Sarkozy : des réformes annoncées comme gigantesques et significatives qui, en fait, ont été acceptées contre des « compensations » qui coûtent plus cher que le système précédent. Beaucoup des moyens mis en œuvre sont « one shot » comme on dit dans l’ambiance managériale macronesque. Va-t-on par exemple à nouveau taxer les retraités pour calmer les mauvaises humeurs potentielles d’une catégorie électorale ?

D’autant que certains risques sont difficiles à apprécier : une remontée des taux serait terrible et aucune des mesures prises ne permet d’y faire face. Au contraire. L’accroissement des déficits de l’État, en dépit d’une conjoncture meilleure, est un signe inquiétant. On retrouve la méthode Rocard : profiter du fait que la fiscalité est progressive et que les recettes entrent plus vite que la croissance, quand il y en a une, et reporter indéfiniment les réformes lourdes tout en augmentant les impôts : diesel, CSG etc.

Les économies annoncées dans la dépense publique d’État, comme toujours avec E. Macron, restent entièrement secrètes. Impossible d’en avoir le détail et d’en mesurer la crédibilité. Ce sera précisé au fur et à mesure de l’exécution du budget !

Avance-t-on vraiment en chevauchant avec jactance la ligne pointillée de la diagonale du flou ? On prétend que seuls les esprits chagrins et bougons répondront négativement. Reste à savoir s’il s’agit seulement d’un hors-d’œuvre ou du plat de « résistances », comme dirait le sinistre Mélenchon, dans son bocal médiatique pour socialiste radicalisé (pour le style on dirait Doriot au moment où il voulait s’imposer à Sigmaringen).

L’ébranlement est réel mais il est si modeste et si précaire qu’il ne pourra être jugé positivement que si suite il y a et d’une autre ampleur. Ce n’est pas de Gaulle en 1958. Au moins revient-on, probablement sans retour, sur la catastrophe du « programme commun de gouvernement » qui a assommé le pays à partir de 1981. Nous rattrapions le niveau de vie par tête des Américains et nous n’en étions plus tellement éloignés. Ce mouvement heureux cessa dans l’instant. Aujourd’hui le revenu médian américain est autour de 45 000 euros par an et celui des Français autour de 15 000. Et nous venons d’aligner la neuvième baisse du revenu par tête depuis 2007, alors que, pour la seconde année consécutive, le nombre des naissances baisse également (une première depuis 1944). Le socialisme fiscal adoré des médias (voir le comportement d’une Léa Salamé face à Édouard Philippe hier à la télévision, acharnée à faire en faire le chef du gouvernement des riches, alors qu’elle gagne des dizaines de milliers d’euros à cracher dans la soupe sur une chaîne nationale) veut que la kalachnikov fiscale ait remplacé les crimes de sang et les génocides. L’Énarchie Compassionnelle de droite comme de gauche, n’a pas voulu s’opposer au mouvement qui favorisait les hautes fonctions publiques. Ensemble ils ont eu raison de la prospérité française.

 Au lieu de continuer à glisser vers le précipice dans la joie et l’exaltation, nos dirigeants Énarchiens, voyant le danger d’un effondrement, tentent, hyper modestement, de freiner la course à l’abîme. Les habituels démagogues de médias et des partis, à droite comme au centre et à gauche, les poussent à précipiter la chute. Ils résistent encore un peu. Et céderont sur les yachts et les belles voitures. On ne peut les en blâmer si cela contribue à sauver l’édifice mais il faut leur recommander un peu plus d’audace et un peu moins de soumission au socialisme verbal violent.

Au final il est juste de remarquer que ces toutes petites mesures ne sont pas à la hauteur des enjeux et qu’on ne s’est pas éloigné tellement de la « falaise grecque ».

Macron : prisonnier de son conseiller économique ?

En juillet nous avions écrit :

« Les débats qui n'ont pas eu lieu pendant la campagne commencent. Mieux vaut tard que jamais. On découvre que le programme Macron était de pure accroche électorale et que lui donner de la cohérence est impossible. L'électoralisme cynique et les nécessités nationales ne se marient jamais de façon évidente. Comme pour l'Union Soviétique pendant 75 ans, les médias n’ont jugé la République en Marche que sur ses intentions et jamais sur la réalité. La chute du mur avait découvert un désastre inouï. La chute dans les sondages découvre un vide programmatique inouï. »

Ce thème est repris par Erwann Seznec, dans le N° 049 de Causeur, qui dénonce un « stratège à la petite semaine ». Il en donne des exemples plutôt significatifs, notamment en soulignant les risques d’inconstitutionnalité de plusieurs mesures comme les transferts mal maîtrisés entre ce qui est du domaine de l’impôt et ce qui est du ressort de la cotisation sociale.

D’autres soulignent l’inexistence de LREM comme parti ayant une doctrine. Les membres de ce mouvement, même élus, ne savent absolument pas où on les emmène et sont totalement incapables de décrire les projets, encore moins de les expliquer et encore moins de les justifier. Quand on ne sait pas, on ne sait pas !

Le gouvernement ne revendique aucun schéma d’ensemble, sauf pour les ralliés de l’ex UMP à chanter la vertu démagogique des deux mesures électoralistes qui ont servi de ciment à la candidature Macron : le transfert autoritaire de revenu entre les retraités et les salariés en poste ; le transfert de la taxe d’habitation de 80 % des Français vers les Français payant l’impôt sur le revenu et la dette. Voir Bruno Le Maire et Darmanin faire la promotion, les larmes à l’œil, de ces deux mesures démagogiques doit effectivement faire grincer quelques dents dans leur parti.

On reste encore aujourd’hui, au moins en apparence, dans le même mouvement de démagogie électorale. Et ceux qui reliront Révolutions ne seront guère avancés. Le livre est absolument vide d’indications suffisantes pour comprendre où on veut mener le pays. Du coup les thèses complotistes prennent leur élan et stigmatisent « l’agenda caché » de différents diables secrets, comme la finance internationale ou quelques grands patrons intéressés.

Compte tenu du caractère très progressif des dévoilements et de la tendance naturelle d’Emmanuel Macron à proposer des textes foisonnants de centaines de mesures disparates, empêchant de juger la direction de l’ensemble (ce qui n’empêche nullement les opposants séduits par certaines d’entre elles de parler de « pas dans la bonne direction »), il est difficile de prétendre déceler quelques lignes directrices que ce soit. Le risque d’être aussitôt démenti un peu, beaucoup ou passionnément par une autre rafale de mesures contradictoires est trop grand. On avance à la godille, mais on avance ! Même si on ne va jamais loin.

Ces impressions doivent être relativisées. Comme tous les Énarques, Emmanuel Macron n’a aucune vision économique claire. Mais il a des conseillers et en particulier Jean Pisani-Ferry qui était jusqu’en janvier de cette année, Commissaire général de France Stratégie, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective. Il était le membre de l’équipe électorale chargé du programme économique. Il a été récompensé en devenant le coordonnateur du « grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros dans les domaines de la transition écologique, du développement, des compétences, de la santé, des transports, de l’agriculture et de la modernisation de l’État ». Le Premier Ministre l’a missionné « pour le concevoir et préparer son déploiement », une jolie sinécure de cinq ans au moins.

Jean Pisani représente, au même titre que Rocard ou Florence Parly, le succès des fonctionnaires « fils ou fille de » hauts fonctionnaires, pourvu qu’ils soient politiquement corrects, c’est-à-dire « de gauche », « étatistes » et « pro européens ». Ce népotisme féodal est la marque de l’Énarchie Compassionnelle. Naturellement on ne doit pas s’abaisser à se prétendre de purs socialistes. Le politiquement correct suffit. Pisani Ferry est donc directeur général du groupe Breughel, dirigée par J. P. Trichet : voilà la caution bruxelloise. Il a usiné sur le CICE, après avoir été avec Sautter et DSK : voilà la caution sociale libérale. Il symbolise à lui tout seul les accusations de recyclage de la haute fonction publique compromise avec Hollande dans les fourgons du Macronisme.

Emmanuel Macron l’a remisé du devant de la scène à la suite de la polémique sur les « loyers fictifs ». On sait qu’une partie des économistes fonctionnaires d’extrême gauche sont en faveur de l’idée que l’égalité exige que les possesseurs de leur appartement paient un impôt équivalent au loyer qu’ils ne paient plus à la suite de leur effort d’épargne. Cette folie à caractère communiste, est une des lubies de Jean Pisani-Ferry. Cette mesure qui tentait le futur président, a été si violemment reçue qu’il a fait rapidement machine arrière.

Cela n’empêche pas que Pisani-Ferry a réussi à imposer les deux mesures phares proposées par Emmanuel Macron :

-          Le transfert des retraités vers les salariés d’une partie de leur revenu.

-          La suppression du concept de cotisation au profit de l’impôt général pour le paiement des allocations sociales.

Il en fait aujourd’hui même la propagande dans le Journal du Dimanche. Le but, après avoir servi d’appâts électoraux, est désormais d’éviter que les mesures en faveur de la finance et de la flexibilité ne soient considérées comme des « cadeaux aux riches ». La préoccupation est typique des Enarques. Il est normal que la réduction de l’étouffement fiscal des « possédants » concerne d’abord cette catégorie et nul n’a besoin de trouver des compensations. Sauf pour les fonctionnaires étatistes et socialistes qui veulent trouver un moyen de verrouiller les débats. Sous Jospin où Pisani-Ferry avait de l’influence on a trouvé cette formule imbécile de la « prime d’activité ». On recommence. Même conseiller, même mesure.

Il faudrait garder en mémoire la fin de l’interview. « Je pense que Macron va choisir l’option de ne pas ramener au-dessous de 3 % les déficits et va proposer des réformes de l’Europe ». Cela avait été la formule de Mitterrand : fuite en avant européenne contre le n’importe quoi économique en interne. Le titre de l’article est drôle : Importons les succès allemands. À l’intérieur, concernant le modèle allemand : « Ce n’est pas le modèle pour nous ».

Le problème n'est pas que Macron n’ait pas de véritables perspectives économiques. C’est que son conseiller en a, mais ce sont les idées les idées qui ne marchent pas depuis Mitterrand et qui représentent uniquement l’approche des hauts fonctionnaires socialisants. Quand on s’appuie sur un conseiller qui a promu des erreurs majeures pendant 20 ans, on ne peut pas espérer beaucoup des « transformations » censées adapter notre pays au nouveau monde.

La lancinante question européenne

On peut justement critiquer l’opération de com’ menée sur le PNYX par Emmanuel Macron. Certains ont trouvé de mauvais goût de cautionner le gouvernement Tsipras, qui ruine consciencieusement les entrepreneurs et les PME familiales, tout en passant à la paille de fer la classe moyenne grecque qui est en train de disparaître corps et biens. Plaindre la malheureuse population grecque sans rien proposer pour la soulager a été considéré comme une moquerie par beaucoup de Grecs qui n’ont pas non plus aimé qu’on vienne avec des chefs d’entreprise chargés de faire leur marché à bas prix dans les ruines économiques de la Grèce. Venir sur la Pnyka, un lieu national sacré, pour faire l’apologie de l’Europe, alors qu’elle a très durement traité le pays, n’a pas été ressentie localement comme un hommage mais plutôt comme une profanation. Le lieu était celui du débat et la foule pouvait critiquer. Le Pnyx n’est pas le lieu des monologues. La symbolique était tentante mais fausse. Les médias grecs ont haussé les épaules comme d’ailleurs l’intégralité de la presse non française.

Le débat institutionnel européen est pourtant au cœur des préoccupations du moment, et notamment l’articulation entre les institutions de Bruxelles et les instances nécessaires pour faire sortir la zone euro de sa stagnation relative.

Le Président français a proposé une organisation spécifique à la zone Euro. Le président de la Commission a réfuté cette orientation et plaidé pour un renforcement des pouvoirs de l’organisme qu’il préside. Comme personne ne daigne débattre des fondements moraux et politiques des institutions de l’Union Européenne ni des raisons et modalités d’une gestion différente de la zone Euro, le conflit se réduit à une querelle d’attributions bureaucratiques particulièrement médiocre.

La conception qui a conduit à la création de la Commission est assez claire : chaque pays membre de la « communauté » renonçait à traiter les étrangers des autres membres du club différemment que ces citoyens et s’engageait à démanteler tous les dispositifs qui permettaient en fait de créer des barrières contre les autres. La Commission avait pour but de supprimer tous ces obstacles, d’abord en préparant les décisions nécessaires et ensuite en les faisant appliquer. Cette conception conduit la Commission à être à la fois un garde-chiourme et un promoteur. Mais ce sont les nations qui gèrent et finalement prennent les décisions.

On a donc vu la Commission rechercher avec attention tout ce qui pourrait être discriminant entre les nations de l’Union. Bien entendu, elle a été très loin dans le détail. Mais comment lui en faire le reproche puisqu’il s’agissait effectivement d’une traque et que le diable en ces affaires est justement dans les détails. Oui, il y a bien un disque pour stationnement automobile à la norme européenne, pour que les Européens puissent toujours répondre sans distinction d’origine aux demandes réglementaires locales. Oui, on a bien entendu ces derniers jours la Commission menacer de sanctions la France parce que les pâtres pyrénéens français tolèrent mal la destruction de milliers de brebis par des ours importés. Comme on le sait, les ours, comme les loups, ne reconnaissent pas les frontières. Il fallait donc une règle européenne vérifiée et sanctionnée par la bureaucratie bruxelloise.

La Commission est un gendarme mobilisé contre les États, dès lors que les règles sont violées. Que l’on ait voulu ajouter, pour faire beau, un Parlement élu de la même façon et le même jour par les populations des pays de l’Union, après tout pourquoi pas. Le poste de député européen est ennuyeux au possible. Car fixer la norme dans des tas de domaines techniques n’a rien de rigolo. C’est pour cela que les candidats sont presque toujours de type « alimentaires » ou des européistes fanatiques. Quand on sait comment se passent les débats et les votes à Luxembourg, on n’a pas trop envie de s’y investir, soyons clairs ! L’autre vocation de l’Assemblée est de permettre à des politiques de tous les pays membres de se connaître et d’échanger. Cela permet d’avoir quelques spécialistes des questions européennes. On aurait pu trouver d’autres moyens moins couteux.

Quelles sont les dérives du système ? La première est de dépasser le cadre des normes raisonnables et d'importance « régionale » pour s’enfoncer dans les microdétails en élargissant le champ d’action des ordonnances sans limite au prétexte que « tout est dans tout ». Oui un pays a le droit de fabriquer des fromages au lait cru, quoi qu’en pensent les autres. Oui le régime certaines chasses n’intéresse pas les autres pays. Une seconde dérive presque structurelle est la quasi-impossibilité de corriger les ordonnances. Il faut des années et des combats homériques pour changer une virgule. La troisième dérive est liée au monopole d’initiative de la commission. Si tous les ministres techniques de l’ensemble des pays de l’Union se sont mis d’accord pour une initiative commune, le Commissaire ad hoc peut empêcher toute discussion du projet. La Commission peut donc asphyxier des projets qui font l’unanimité : pourquoi ? Une dernière tentation nocive est d’outrepasser la mission de base, qui consiste à empêcher les règlements et lois nationalistes discriminatoires, et de vouloir unifier les législations. Comme tout est dans tout, il est facile, de « coups d’État en coups d’éclat »,  d’en venir à priver les Parlement nationaux de tout rôle, sinon la mise en conformité des lois nationales. L’unification générale des lois n’est pas un objectif de l’Union Européenne, sauf quand l’avantage est évident pour tout le monde, ce qui est rare.

Le système européen, si les abus que nous venons de citer étaient réglés, serait assez adapté à son objet : permettre à tout européen de contracter partout dans l’espace communautaire sans que son caractère « d’étranger » ne vienne se mettre en travers de ses projets. Cet objectif est une avancée formidable et recommandable. On le voit avec le Brexit, qui provoque déjà des attitudes hostiles et des interdictions de fait pour les continentaux en Grande Bretagne.

Une autre difficulté provient de la volonté de mettre en commun certaines politiques vues comme plus efficaces à l’échelon européen. Le nombre de ces politiques est remarquablement bas. La première est la politique agricole commune. Dans un premier temps, elle avait conduit à empiler des stocks invendables tout à fait remarquables, pour les liquider à bas prix sur le marché mondial, en cassant les agricultures locales des pays sous-développés. On conduit maintenant des politiques qui peuvent être contestées mais qui sont légitimement de la responsabilité européenne, car sinon les mesures discriminatoires peuvent venir très vite avec les agriculteurs. Méline rode toujours !

On aurait pu imaginer que cette politique commune soit gérée par un organisme ad hoc avec des moyens de contrôle démocratique spécifique. On a cru devoir l’attribuer à la Commission. Cela pousse malheureusement à l’idée d’un « gouvernement européen contrôlé par le Parlement européen, donc démocratique ». Du coup on constate une dépossession des États au profit du Président de-là Commission et de son commissaire qui devient le Tsar et peut n’en faire qu’à sa tête, alors qu’il n’est qu’un technocrate. La solution d’une agence agricole européenne est celle que nous aurions proposée.

Une autre politique commune s’applique à la concurrence. Elle est légitime, en ce sens que la proximité est grande entre concurrence libre et non faussée et non-discrimination.

De même, il est logique que les négociations portant sur les normes internationales en matière commerciale se fassent à l’échelon européen. Le pouvoir de négociation est évidemment plus fort. À condition qu’il soit exercé ! La suppression du tarif extérieur commun a été une grande erreur. On évoque la « naïveté » de la pratique bruxelloise. Quand on a pour rôle spécifique de négocier, on se lance dans des négociations et on se moque de savoir ce qu’en pensent les États avant la fin du processus quand plus rien ne peut être changé. Il est certainement important d’imposer de nouvelles règles de délégation qui permettent un meilleur suivi par les élus européens mais aussi par les gouvernements et les élus nationaux. Ici encore, on aurait pu imaginer que ces négociations soient menées par une instance ad hoc et non par la commission et raccorder aux autres difficultés internationales. Déconnecter le commerce et la finance internationale est une grave erreur.

La tension institutionnelle actuelle porte sur la nature de la Commission. Celle-ci se voit comme le gouvernement de l’Europe. Alors qu’elle n’est que le secrétariat de la conférence des chefs d’États et de gouvernement. Elle cherche constamment à renforcer ses pouvoirs et de fait, elle en vient en permanence à grignoter les légitimités politiques nationales, menant au clash entre souverainiste et européistes.

Les Européistes souhaitent donner plus d’apparence démocratique à la Commission qu’ils voient comme un gouvernement avec un premier ministre et un ministère élu par un Parlement. Élection au suffrage universel du président de la commission, scrutin de liste multinationale pour les députés, les suggestions ne manquent pas. Mais ces suggestions se heurtent au fait qu’on singe la démocratie plus qu’on ne l’organise, faute de peuple européen et de véritable critère européen de différenciation politique.

Le but de la Commission est de créer du consensus autour d’initiatives communes, pas de définir les options politiques clivantes et encore moins de choisir entre elles. C’est un secrétariat en même temps qu’un organe mandaté. Le président n’a pas besoin d’une onction transnationale. Il n’est là que pour coordonner et animer, pas pour trancher des options politiques qu’il imposerait aux autorités nationales en prétendant avoir une légitimité démocratique supérieure. Le départ des Britanniques s’explique certes par l’impossibilité de contenir des vagues migratoires considérées par leur nature et leur volume comme insupportables par les électeurs, mais aussi par le refus d’indiquer constamment lors de chaque projet qu’on vise un super gouvernement fédéral.

En voulant changer la nature actuelle de la Commission pour en faire un gouvernement fédéral, Juncker prend le risque d’une crispation anti-européenne encore plus forte que ce que l’on a vu dans les élections récentes. Rappelons qu’à chaque élection européenne on peut constater que les projets de la législature à venir sont constamment inconnus et que la critique des projets passés ne se fait pas. D’abord on ne parle pratiquement pas de la législation qui a été passée sauf au moment où elle entrera en vigueur souvent 10 ans plus tard, alors qu’on avait totalement oublié ces questions. Ce processus est déjà problématique s’agissant de normes. Il serait indécent s’il concernait des options politiques chaudes.

La véritable question aujourd’hui concerne la gouvernance économique de la zone Euro. On a le choix de gérer  l’Euro en s’appuyant sur la méthode européenne classique : la production de normes. L’ordo-économie européenne, qui suppose qu’on sanctionne le manquement à des règles acceptées par traité, est tout ce qu’on veut sauf flexible et se montre bien incapable de piloter la conjoncture. La crise de 2008 puis celle plus spécifique de 2011 ont démontré que la règle de 60 % d’endettement public et de 3 % au plus de déficit budgétaire, n’avait aucun caractère ni prophylaxique ni curatif. Tous ces interdits ont été bafoués par tous, nécessités faisant loi. Le retour à la norme sous peine de sanction a été dépressionnaire. La seule chose dont a été capable l’Europe a été de laisser l’agence chargée de la gestion de la monnaie commune, la BCE, débonder totalement la politique monétaire jusqu’à créer de milliers de milliards d’euros et de provoquer l’apparition de taux d'intérêt négatifs. La Commission a, elle, créer le « six pack » qui est un dispositif répressif, la seule chose qu’elle sait faire.

La vérité est toute simple : il n’y a pas de communauté si on permet à des pays d’aligner d’énormes déficits et à d’autres d’effroyables excédents. Ces déséquilibres croisés entraînent des phénomènes d’endettement croisés intenables et des opérations de rachat du capital productif des pays en déficits totalement contraire à l’intérêt de ces pays. L’Allemagne a financé des bulles phénoménales en Italie, en Espagne, au Portugal, tout en permettant à des pays sans ressources de financer des équipements t disproportionnés, comme l’aéroport d’Athènes qui possède, bien inutilement, la plus grande piste du monde !

Les énormes déséquilibres internes de la zone Europe ne permettent pas aux pays membres d’avoir un taux de change réaliste vis-à-vis du reste du monde. Si l’Allemagne possède à la fois un énorme excédent interne à la zone Euro et le même vis-à-vis du monde entier, le cours de change de l’Euro sera automatiquement intenable pour l’ensemble des pays en déficit.

Une monnaie unique gérée uniquement par une banque centrale, appuyée sur des contraintes imposées aux États, est une incongruité qui montre tous les jours sa malfaisance. Avoir permis que la France se lance avec Jospin dans une politique totalement malthusienne, avec les 35 heures, la pénalisation agressive des relations du travail et une fiscalité punitive et délirante, en dépit de la prise de conscience tardive due à Fabius, pendant que l’Allemagne faisait exactement l’inverse a fait sauter tous les verrous juridiques. La valeur de la monnaie ne dépend pas seulement des déficits budgétaires. La compétitivité d’un pays est fonction de toute la politique sociale et économique.

La zone Euro a montré son incapacité à réduire les déséquilibres internes qui au contraire se sont amplifiés avec une politique de répression tournée uniquement vers les pays en déficit, ralentissant encore plus la correction des effets de la crise mondiale de 2008.

Juncker dit : « C’est vrai. Allons vers un véritablement gouvernement fédéral avec des moyens élargis. Mais comme personne ne le veut, allons-y sans faire de vagues, par petits pas ». En gros : « Donnez-moi le pouvoir sur les États et après on verra. Comme le supranational prendra des décisions politiques sensibles, mon élection au suffrage universel fera taire ceux qui s’opposent à l'euro au nom de la démocratie ». Macron de son côté affirme que cette approche n’est pas la bonne et qu’il faut une agence spécifique, avec un contrôle démocratique spécifique. C’est la doctrine que nous avons proposée dans notre livre « l’étrange désastre » mais avec plusieurs différences.

Emmanuel Macron veut transférer d’énormes ressources budgétaires vers ce nouvel organisme, conscient que le rééquilibrage social des économies en déficit de compétitivité exige des aides budgétaires considérables, même s’il s’agit, dans son esprit, plus de capacité de prêter que de financer de la dépense courante. Il suit les recommandations de Mundell qui, lors de la création de la zone Euro, avait pourtant expliqué que la monnaie unique permettrait de rééquilibrer les divergences de productivité grâce à la liberté totale des mouvements de capitaux et de personnes. Devant l’échec de ses idées, il corrige sa pensée en ajoutant une gestion budgétaire centrale, identique à celle pratiquée par les États Nationaux pour gérer les écarts de croissance interne. La Grèce devient à l’Europe ce qu’est la Lozère à la France…

Rien de tout cela n’est raisonnable. Bien sûr cela plaît aux fédéralistes à tous crins qui voient, avec régal et exaltation, les États encore plus dépossédés, au risque d’un démantèlement ultérieur des efforts européens du fait des réactions électorales des peuples.

La solution la meilleure serait de s’appuyer sur quelques principes forts :

-          Il ne faut pas parler de pilotage mais de coordination.

-          Le coordinateur de la zone euro que nous appelons Chancelier de la zone euro pour éviter le terme connoté de Ministre des finances ne doit pas dépendre de la Commission et de son environnement administratif, au même titre que la BCE, qui vit son indépendance de la Commission sans que cet aspect de duplication institutionnelle ne gêne personne.

-          Il étudie en amont les politiques ayant un effet sur les équilibres internes et externes de la zone, et s’appuie sur une représentation démocratique issue des Parlements nationaux. Une forme de Sénat économique qui n’a pas d’élections propres mais qui est alimenté par des détachements des parlements nationaux.

-          Il coordonne l’action des différentes agences économiques européennes : Eurostat, le MEF, la BCE et dispose du monopole des relations économiques externes de la zone Euro, notamment en vue de réformer le système monétaire international. C’est lui qui représente les pays de la zone Euro au FMI.

-          Il faut créer un FMI européen chargé des questions de prévention et de cure des déséquilibres internes extrêmes de la zone, sans avoir à recourir au FMI dont la vocation n’est pas de s’ingérer dans les problèmes internes d’une zone monétaire. La base de ce fonds sera un mécanisme automatique de gestion des excédents de balance interne de capitaux. Comme nous l’avons expliqué dans trois articles avant l’été, les pays qui accumuleront des excédents seront automatiquement privés d’une partie d’entre eux qui seront gérés par le Fonds Monétaire Européens à des fins de rééquilibrage progressif. Ces appropriations auront deux effets : induire un changement de comportement des pays à forts excédents qui n’auront que des inconvénients à continuer dans cette voie, éviter les effets cumulatifs et prévenir les crises.

-          Si la commission veut conserver, pour l'ensemble des pays de l’union les surveillances actuelles, qu’elle le fasse. Cela n’aura plus aucune importance.

Les Européistes ne veulent pas entendre parler de cette solution et souhaitent uniquement profiter de la crise pour conforter la dépossession des États. Cette ambition entraînera de façon certaine l’explosion du projet européen.

La sagesse est de réparer ce qui ne marche pas et de progresser en conservant le pivot démocratique national et en laissant à la Commission que l’étude des initiatives de convergence des législations dans la mesure où des accords peuvent être obtenus entre autant d’États souverains.

Le projet Juncker est trop évidemment européiste ; le projet Macron est, comme d’habitude, enchanté dans les mots mais contradictoire dans les termes.

Il faut aller au-delà de ces deux projets.

Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile.

Le désastre Hidalgo. Le livre "Notre Drame de Paris" est en dessous de la vérité

L'abaissement irrémédiable de l'ancienne "Ville Lumière"

Le livre d’Airy Routier et Nadia LeBrun, Notre-Drame de Paris, chez Albin-Michel, met, enfin, le doigt sur la déroute invraisemblable de la gestion municipale à Paris. Paris est la capitale d’un pays qui n’a tout de même eu un certain rayonnement. En arriver là où nous sommes tombés est proprement honteux et scandaleux.

Dans notre article du 12 février 2014 : « Un déclin programmé ? Paris : la mort lente », nous avions souligné l’absence totale de discussion sur l’avenir de Paris lors de la campagne des élections municipales. On savait que la politique dérisoire suivie par Delanoë serait amplifiée par celle que la faveur de M. Hollande, alors Président, mettait sans autre raison qu’une passion personnelle, sur le pavois. Il ne fallait pas le dire et surenchérir.

Du coup nous avons pris soin d’écrire à NKM pour la supplier de ne pas jouer à la « bobo de service de droite » et de ne pas foncer « cliché contre cliché ». L’UMP avait considéré qu’il fallait une femme pour combattre une femme et une femme écolo et socialo compatible. C’était déjà se couler dans le lit de l’adversaire. Une première erreur était d’avoir imité le PS en organisant des primaires. Elles avaient permis au jeune Pierre Yves Bournazel de tirer (déjà) contre son camp et de démolir la candidate de son parti ! Il le trahira à nouveau, pour Macron, peu après. C’est dur une carrière politique quand on n’est rien ! La campagne de NKM, malheureusement, sera nulle. Elle n’avait rien préparé. Le « cœur » décliné sous toutes ses formes, encore une concession au règne de la com’, n’était pas ce qu’attendaient les Parisiens. La « super bobo de droite » parut sucrée et ridicule. Le tout se terminera par un grotesque crêpage de chignons lors du « débat » avec Hidalgo, une spécialiste. Et un peu plus tard, par la violence d’un maire de banlieue contre NKM. Il lui balancera ses tracts à la figure et l’enverra un temps à l’hôpital. Il ne se remettait pas de l’arrivée d’Hidalgo au pouvoir... L’incident était révélateur : la haine était là, suscitée par la politique infâme et clivante de la Mairie de Paris !

La haine, nous l’avons retrouvée dans un bistrot du XIVe arrondissement il y a quelques jours, lorsque l’effarante décision prise en secret et exécutée durant l’été, de remplacer sur plusieurs kilomètres une voie sur berge d’entrée dans Paris par une double piste cycliste, provoquant des embouteillages inouïs, a été découverte par les Parisiens. « Comment veux-tu que la capitale française soit bien gérée par une immigrée espagnole inspectrice du travail, un immigré juif d'Europe centrale, un écolo psychopathe d’origine polonaise qui a un vélo dans le citron, un homosexuel communiste et un fils à papa de gauche dont le seul mérite est d’avoir mené une révolte étudiante » disait l’un. « Les socialistes viennent de prendre une br… aux élections législatives, ils ne représentent pas 6 % de l’électorat et ils continuent comme si de rien n’était à em… les Parisiens ». « Hidalgo se fait construire un palais personnel Boulevard Raspail ; sûr qu’elle ne mettra pas d’immigrés sur son palier ». « Ni de clochards alcooliques devant la porte de l’immeuble ». « Triste temps ». « Cela me rappelle l’occupation ».

Arrêtons là ! Ce genre de propos, on l’entend partout. Il fait le jeu d’Hidalgo et de sa secte qui sont trop heureux de dénoncer les racistes, les antisémites, les fachos, les bourges égoïstes, les Dupont- la-joie indécrottables, les pétainistes de seconde génération, etc. ad libitum. Cela ne fait pas avancer les débats. Mais cela signale la haine installée et chauffée à blanc par l’action municipale. Hidalgo n'est pas seulement clivante ; elle provoque et ses provocations alimentent la haine des Parisiens. Partout ailleurs, l’action municipale cherche à unir la population et en général l’intérêt municipal est relativement facile à rechercher et tout finit dans une certaine unanimité. Les grandes villes françaises essaient de forger du consensus et l’obtiennent généralement. Il fallait que l’équipe parisienne se démarque par le sectarisme.

Le livre de Routier met les pieds dans le plat. Et tout ce qui est dit est vrai et peut être vérifié sauf quelques détails sans importance comme le statut marital de l'adjoint communiste (une faute absolument énorme selon Libé !).

Oui, Hidalgo et ses sbires sont totalement indifférents à la transformation de Paris en porcherie. La saleté est partout. Les rats prolifèrent ainsi que les souris et la gale a bien fait son retour, avec également des maladies qu’on croyait disparues. De retour de Tokyo, l’auteur de ces lignes a eu un véritable « choc de saleté » en revenant à Montparnasse. La seule réponse d’Hidalgo : « les Parisiens sont des porcs qu’on va sanctionner ». Suivra une campagne d’affichage. Pour ne pas toucher aux employés qui font mal le travail de nettoyage.

Oui Hidalgo, suivant l’exemple de Delanoë, a bien multiplié les postes offerts au copinage et à la connivence. Tokyo : 12 millions d’habitants et 12 000 fonctionnaires municipaux. Paris : 2 millions d’habitants et 75 000 personnes rémunérées par la municipalité directement ou via des associations « amies ». Trente fois plus ! Une enquête américaine montre qu’en général une ville de 2 millions d’habitants finance 20 000 postes d’agents municipaux au maximum. Le quart de Paris !

Oui Hidalgo bloque Paris en traitant l’automobiliste en ennemi et l’automobile en diablerie qu’il faut supprimer. On ferme des voies. On rend impraticable ce qui reste accordé à la voiture. Le résultat : le développement anarchique des deux roues motorisés dangereux et polluant. Des livreurs et des automobilistes énervés qui ne respectent plus rien. Et une vie devenue intenable pour les Parisiens interdits de mobilité ou bloqués dans les embouteillages. Et la réaction des banlieusards qui ne peuvent plus se rendre facilement à leur bureau.

Oui Hidalgo utilise bien l'officine Airparif, bourrée de partisans Verts jusqu’à la gueule, comme un instrument non pas de vérité mais de propagande.

Oui Hidalgo est bien « en cheville » avec Unibail et quelques grandes fortunes qui ont besoin de la Ville de Paris et qui offrent à la fille d’immigrés l’impression de faire partie du grand monde.

Oui Hidalgo est prête à toutes les provocations pour paraître en faveur de toutes les actions politiquement correctes, ou considérées comme telles par la gauche germanopratine et gauchiste. Les immigrés, les Roms, les drogués, les clochards, les routards, les groupements homosexuels, les jeunes délinquants, les trotskistes, et l’extrême gauche culturelle, en même temps que les activistes internationaux contestataires ont tous les droits à Paris. On chasse les classes moyennes au profit de tout ce petit monde sans la moindre vergogne.

Oui Hidalgo a bien mis Paris sur la trajectoire d’un endettement phénoménal et impossible à rembourser, tout en poussant la fiscalité à des sommets imbéciles et intenables.

Oui Hidalgo est bien une favorite, placée là par la faveur du prince, et qui a atteint et dépassé depuis longtemps son niveau de compétence. Elle pourrait être, avec plusieurs des maires d’arrondissement, souvent de tout petit niveau, genre prof de gym, l’occasion d’écrire un chapitre entier sur le Principe de Peter.

Oui Hidalgo a bien cumulé les rémunérations publiques sans apparemment avoir fourni, dans le cas de l’inspection du travail, une activité connue. Pénélope Fillon est une enfant de chœur.

Oui Hidalgo ne raisonne qu’en termes de pouvoir, d’image et de communication, entourée d’une secte injurieuse et cupide.

Oui Hidalgo est bien incapable du moindre débat, de la moindre considération pour les Parisiens et de la moindre convivialité. Elle est devenue une virago inaccessible, méprisante, violente, clivante, haineuse et injurieuse. Sauf quand elle singe la grande dame auprès de MM Arnaud, Pinaud et Cie et quand elle minaude devant une presse complice (car soignée au petits oignons).

Oui Hidalgo est une catastrophe navrante qui détruit Paris et déclasse la Ville Lumière en vile poubelle dispendieuse et en sous banlieue, lui faisant perdre toute son attractivité.

C’est en résumé, ce qu’invite à penser le livre d’Airy Routier. Mais ce livre est en dessous de la vérité.

Nous allons ci-dessous lui ajouter un chapitre, tiré de l’actualité la plus récente et qui démontre bien les rouages, ruses et méthodes douteuses de la Mairie sous Hidalgo.

On dénonce les liens entre Hidalgo et Unibail, en s’appuyant sur l’affaire de la tour Triangle et les errements du Forum et de sa jaunasse canopée. On ne sait pas que Mme Hidalgo et Unibail se sont mis d’accord pour entreprendre un chantier colossal sur l’îlot Vandamme, à Montparnasse. Unibail possède un centre commercial qui a toujours vivoté et les murs d’un hôtel de 1 000 chambres qui n’est plus aux normes internationales depuis quelque temps. Le Centre de Conférence, créé en remplacement d’une patinoire et d’un bowling, est en sous-sol et peu attrayant. Unibail a donc légitimement pensé à rénover l’ensemble. Mais comment le faire sans se ruiner ? En obtenant la propriété de milliers de m2 nouveaux à construire, en bourrant le site. La plus-value immobilière compensera et au-delà les frais de la rénovation. À 12 000 euros le m2 du neuf, la multiplication par plusieurs milliers fait monter la plus-value globale à des montants coquets. Merci Mme Hidalgo qui a évidemment demandé en contrepartie la création de logements sociaux, ce qui lui permettra d’affirmer qu’elle tient ses objectifs tout en sachant que l’attribution des meilleurs de ces logements passera par des arcanes à peu près obscurs et qu’ils ne seront par perdus pour tout le monde.

Unibail en profite pour mettre en place un centre commercial sur deux niveaux avec 220 boutiques ! Soit ! Chacun sait que les grands centres commerciaux sont en totale perte de vitesse. Aux États-Unis, ils ferment les uns après les autres. Après tout ce sont les boutiquiers qui supporteront la casse. Unibail continue donc à multiplier les centres un peu partout. Le seul problème, c’est qu’il faut livrer les marchandises et recevoir les clients. Aucune étude d’impact n’a été faite. Les habitants n’auront qu’à supporter le choc. On leur a donc allègrement menti, cachant les solutions retenues en secret. La dissimulation est la caractéristique principale de la Maire de Paris. Les fourbes ont donc caché aux habitants ce qu’ils allaient faire. Pour au final percer une nouvelle entrée dans la rue du Ct Mouchotte, à côté de la sortie du parking Vinci. Comme le centre ne pourra pas traiter plus de 4 camions à l’heure, où donc attendra, à six heures du matin, la file d’attente des camions de livraisons ? Sous les fenêtres des habitants du 33 ! Pendant quatre heures, si les horaires sont respectés (ils ne le sont jamais), les résidants de l’immeuble Les Balcons de Montparnasse, le bien nommé, pourront contempler avec amour la noria de camions polluants et sonores, certains avec des climatiseurs bruyants. Partir au travail en voiture sera impossible, car la file bloquera la sortie du parking. Dormir après 6 heures également. Tout l’immeuble sera asphyxié par les vapeurs d’essence et la pollution des pots d’échappement des camions (des semis remorques sont au programme). La noria enserrera entièrement l’immeuble, et lui seul, cerné comme avec un lasso.

On a menti aux habitants de cet immeuble et à ses représentants. Non seulement il n’y a eu aucune concertation, mais les réponses aux questions posées de ci de là ont toujours été mensongères. Au point qu’à l’enquête publique la Mairie a diffusé des images du futur aménagement sans la trémie d’entrée des camions. Dans aucune réunion publique la nouvelle organisation n’a été montrée alors que des dizaines de « slides » ont été projetées pour "calmer les angoisses". Il fallait, pour savoir ce qui allait se passer, trouver dans l’immense dossier de l'enquête publique et du permis de construire, les 2 cm2 où une trace de la nouvelle entrée était signalée. Bien joué diront les cyniques. Un tel mépris des habitants fait malgré tout frémir. Ce sont des mœurs de voyous, pas d’édiles.

La SNCF pour sa part entend transformer également la gare Montparnasse en centre commercial. Le projet architectural est d’une pauvreté inouïe. Une boîte de sardines semble avoir été le modèle. Les graves difficultés que la gare cause aux riverains ne sont pas traitées. Cette gare cachée n’a pas de dépose connue du grand public. La dépose se fait donc de façon sauvage dans la rue du Ct Mouchotte, bloquant la rue et provoquant pollution et conflits sonores. On rajoute maintenant une zone de livraison pour la gare ! Les nouveaux magasins seront alimentés par la rue Mouchotte, aggravant la congestion provoquée par notamment les semis remorques de retour des voitures de location, les cars qui amènent les touristes dans les deux grands hôtels de la rue, et la sortie des parkings de la gare et du parking Vinci qui provoquent une noria permanente sur les trottoirs et dans la rue.

L’organisation d’une rue déjà surchargée à laquelle on rajoute autant de trafic client et fournisseur devient évidemment critique. La mairie organise donc une réunion publique pour « informer la population de ses projets ». Voici MM. Nadjovski et Missika, les deux porte-flingue d’Hidalgo devant une assemblée de riverains inquiets.

Missika, on le connaît : intelligent, cynique, provocateur. Depuis le temps que les projets de la mairie suscitent la haine, il a pris la tête et le style de l’emploi. « Rien à foutre et je dis le maximum de conneries qui n’engagent que ceux qui voudront y croire ». Nadjovski est visiblement un malade. Il est blanchâtre, l’œil vide, la moue méprisante. Le projet tombe : on supprime deux voies de circulation et on fait une autoroute à vélos. Une voix s’élève : « on ne va pas prendre le train, avec des bagages et sa famille, à vélos ». Rires dans l’assistance. L’œil de Nadjovski se voile. La haine emplit sa voix. « On imposera les circulations de vélos et on fermera le tunnel qui passe sous la gare Montparnasse pour y faire un garage à vélos ». Stupeur dans l’assistance. L’avenue du Maine débouche dans Paris par ce tunnel très emprunté. Ce sera un embouteillage infâme au croisement de la rue Mouchotte et de l’avenue du Maine. « On continuera à bloquer l’accès de la ville aux voitures en supprimant des voies de circulation sur l’avenue du Maine qui aura aussi son autoroute à vélos ». On croit rêver. Ce type est bien un autiste monomaniaque, cinglé, selon toute apparence. Devant les réactions houleuses de la foule, Missika rigole. Il a l’habitude. Un des « citoyens » pose la question qui tue : « si vous n’avez plus que deux voies de circulation, que fera-t-on quand les semi-remorques livreront leurs voitures de location. Ils viennent en général à quatre et bloquent déjà la rue ne laissant qu’un couloir étroit pour les bus, les cars, les camions. Missika rigole encore plus : « faux problème ! Les voitures de locations vont bientôt rentrer toutes seules au parking ! » Des cris s’élèvent dans la foule : « Vous vous moquez ! ». Missika rigole encore plus, de façon provocante. La séance est levée car il y aura « naturellement » d’autres réunions de « dialogue et d’échanges citoyens ». Toujours cette enflure des mots pour cacher qu’on impose de façon hystérique et fasciste des décisions débiles aux dits citoyens sans possibilité de changer quoi que ce soit. Parler de circulation « douce et apaisée » quand on bloque la circulation sur les trottoirs (coupés d’entrées et de sorties de voitures et de camions) et dans la rue, tout en empêchant les propriétaires de voitures particulières de sortir de chez eux, est un exercice tout en vice qui amuse la municipalité et ses principaux dirigeants. Et suscite la haine des habitants qui s’énervent d’être pris pour des imbéciles et des cobayes.

Résumons-nous ! Pour complaire à Unibail, son sponsor, Hidalgo lui permet de faire une opération qui transformera le quartier Plaisance en un enfer de camions et de clients motorisés, de compresseurs à emballages, de poubelles, alors que l’endroit est déjà surchargé par la gare de chemin de fer et les cars qui alimentent les nombreux hôtels existants, plus celui à venir. En prime on bloque la rue pour faire une autoroute à vélos alors que la pente du Mont Parnasse est forte et répugne au cycliste non doué d’une capacité certaine de montée en côte.

Ce magnifique projet touche un quartier et une rue qui a déjà eu beaucoup à souffrir des négligences et des politiques de la mairie.

Il existe une passerelle rue du Ct Mouchotte permettant de relier l’îlot Vandamme à la Gare et au Jardin de l’Atlantique. Lors de la campagne pour la mairie, les équipes du PS ont multiplié les affichages sauvages sur les glaces. Quand il a fallu les enlever, impossible : ce n'était pas verre mais du plastique et la colle avait réagi et s’était amalgamée. Décision de la mairie : enlever les « glaces ». Aux usagers de prendre la pluie et le vent ! Qu’on ne vienne pas dire que la Hidalgo n’est pas en cause : c’est elle qui présidait la Semea XV chargée de l’entretien de cette passerelle et elle aussi l’organisatrice du meeting dans le gymnase Mouchotte qui a été l’occasion de ce déchaînement de collages.

Cette passerelle est desservie par un ascenseur également sous la responsabilité de la même Hidalgo. Il est en panne depuis deux ans sans qu'aucun entretien ne soit prévu. Merci pour les piétons et les circulations « douces et citoyennes ».

La place de Catalogne dispose d’une fontaine unique à Paris, une des rares fontaines construites dans les 50 dernières années à Paris. L’ennui est qu’il faut l’entretenir. Pas question. Elle est donc à sec depuis des mois et laissée sans entretien ce qui permet le pullulement des rats et des souris (la surface de la fontaine est de plus de 60 m2 et ne manque pas de canalisations) !

Mme Hidalgo se moque d’entretenir les équipements dont elle a hérité et qui exigent des dépenses sans aucun avantage d’image pour elle. Que compte le mépris des 2 000 riverains ?

En revanche la municipalité a multiplié les parcs à motos et le stationnement sauvage est tellement envahissant et hideux, gâchant tout plaisir de passer à pied, que de temps à autre un maniaque fait flamber une centaine de motos laissant les lieux au format Raqqa.

Le trottoir est huileux et maculé. Il faut dire qu’on n'entretient pas la rue du Ct Mouchotte qui est marquée en permanence de traces d’urine, d’ordures, de papiers gras et de déjections diverses. Une réunion avec la prof de gym trotskiste qui joue le maire du XIVe au milieu de ce marécage ne semble pas l’avoir troublée. Ces gens, qui n’ont que le mot d’écologie dans la bouche, n’ont pas l’air de comprendre que l’urine et les crottes de chien ne font pas partie de la discipline.

Plus grave, la municipalité a décidé de loger des clochards irrécupérables dans les logements sociaux de la place de Catalogne, mélangés avec les populations aidées précédentes (du moins celles qui n’ont pas été expulsées). On imagine la coexistence sur le même palier. Ils s’agglutinent devant le G20 où ils viennent acheter bière et pinard. Parfois ils ont des chiens. Ils sont en général saouls et agressifs et lancent les chiens contre les passants qui protestent, surtout des habitants du 33 dont le hall est envahi régulièrement par des clochards éructant, vomissant et couchés dans le passage. Les striures d’urine qui maculent la rue viennent autant des hommes que des chiens. Merci Mme Hidalgo !

Ne parlons pas des Roms qui mettent des esclaves devant toutes les supérettes et envoient des nervis patibulaires pour les imposer.Il est vrai que cette partie du XIVe a été sélectionnée par Mme Hidalgo pour multiplier l’implantation de populations immigrées en provenance du Maghreb et d’Afrique noire. Le résultat peut se lire sur les prix du m2 : il a partout augmenté à Paris de plus de 4 % sauf dans ce quartier qui a désormais ses mosquées improvisées, accueillant des centaines de barbus en tenue moyenâgeuses.

Des « bandes de jeunes » « de couleur » s’en donnent désormais à cœur joie, rendant la vie des habitants intenables : envahissements de hall, interpellation dans la rue, tapage, bagarres, trafics en tout genre. Le quartier ne se distingue plus des banlieues les plus à l’abandon.

La délinquance est devenue un fait constant et grave. Le nombre des actes de violences s’est envolé comme les vols. Il devient de plus en plus difficile d'empêcher les pénétrations dans les immeubles. La Gardienne du 33 rue du Ct Mouchotte a été violemment agressée. La mésaventure arrivée à un élu Vert, frappé et dévalisé par trois voyous, devrait pourtant alerter la mairie sur le fait que ce qui croît n’est pas seulement « le sentiment d’insécurité ». Par an, on compte plus de 90.000 plaintes. Soit plusieurs centaines par jour ! Vive les circulations piétonnes citoyennes et apaisées !

Hidalgo renvoie toutes les responsabilités sur la Préfecture de police. Mais qui a imposé ces populations problématiques ? Qui refuse de créer une police municipale ? Le tout en injuriant les critiques ?

La triplette tragique Hidalgo-Missika-Nadjovski est bien responsable d’avoir pourri gravement et durablement la vie des habitants, d’avoir porté atteinte à la sécurité publique, d’avoir détérioré les équipements publics, d’avoir propulsé les rats et autres pestilences à des niveaux inconnus, d’avoir porté atteinte par tout moyen aux droits élémentaires de propriété, d’avoir réduit la valeur du parc de logements, réduit la mobilité et transformé le quartier Plaisance, dont le nom dit le charme passé, en sous-banlieue difficile.

Comme l’a écrit un des présidents de conseil syndicaux de la rue à Karine Petit, la prof de gym qui fait semblant d’être maire du quartier entre deux réunions de soutien aux « folles de mai » et autres gauchistes sud-américains, « le rôle des édiles municipaux n’est pas de pourrir la vie des habitants ».

Hidalgo et ses sbires ont créé les conditions d’une haine tenace.

Il eût fallu s’élever un peu et faire appel aux meilleurs architectes et urbanistes pour tenter de régler par le haut le destin de la rue du Ct Mouchotte, au lieu de la détruire sans vergogne pour satisfaire Hidalgo et ses amis, les idées fixes d’un Vert délirant, et le clientélisme outrancier du PS.

Ces démocrates préféreront se défouler en criant au beauf, au raciste, à l’antisémite, au fasciste, à l’islamophobe, au bourgeois bourrin, à l'amoureux de sa bagnole, à la salope blonde en 4x4, etc. ad libitum. En espérant que les populations implantées les rééliront.

Paris est bien devenu la ville des rats. On préférait la ville lumière. Et comme le nôtre, des dizaines de quartiers pourraient ajouter leur chapitre au livre « Notre Drame de Paris », parfois avec des réalités encore pires.

Il faudra un jour se débarrasser de ces malfaisants. Les élections législatives ont fait une partie du boulot. Il faut le finir et vite. Car la rage de la défaite probable a poussé ces infects à accélérer encore leurs mesures délétères pour les rendre irréversibles tout en rêvant que les bénéfices d’image des jeux olympiques leur permettront de survivre aux désastres qu’ils ont créés.

Plan Macron : accords et désaccords

Nous avons connu plusieurs Macron. Le Macron ministre contestataire de la contestation interne du PS, tentant d’introduire un peu de réalisme dans l’enflure idéologique du PS. Le Macron de Révolutions, un livre vide et attrape tout qui ne pouvait que laisser sur sa faim le lecteur un peu attentif. Le Macron candidat avec un programme honteux d’électoralisme et s’appuyant sur une conjuration d’énarques. Le Macron élu, tenté par la posture. Le Macron tacticien politique, tentant la destruction totale des Républicains et du PS dans toutes les assemblées. Nous connaissons aujourd’hui le Macron de rentrée, qui, après un tassement sensible dans les sondages et un été à la godille, compte tenu du caractère contradictoire de son programme électoral, se replace au centre de l’échiquier politique en donnant les orientations détaillées de son mandat.

Que penser de ce nouvel avatar ?

« On ne fait pas les choses en cent jours ». D’accord ! Nous avons ici même dénoncé cette croyance idiote qu’un programme lourd devait être exécuté en trois mois dont deux d’été. Cette faribole qui date de Guéna en 1988 peut être écartée.

On a vu que le programme de « restauration de la confiance » ne proposait que des mesures propres à rendre impossible une carrière politique pour les non-fonctionnaires. Supprimer les cumuls, les emplois de proches, les attributions de subventions aux parlementaires, modifie certainement le paysage politique. La qualité du personnel politique en sera-t-elle améliorée ? On peut en douter. Seuls pourront faire carrière ceux qui ont de solides appuis financiers extérieurs ou qui peuvent continuer à travailler en valorisant leurs mandats.

La loi travail a abandonné ce qui faisait l’ineptie de la loi El Khomry : l'affirmation de principes clivants accompagnée de mesures dérisoires. On offre une loi mille feuilles, type première loi Macron, avec un flot de mesures, allant du nécessaire au marginal, avec peu d’effets réels à en attendre, mais qui détendent un peu le cadre pénal mis en place par le PS pour museler l’entreprise. On en revient à la négociation par branches avec quelques possibilités virtuelles de s’organiser dans l’entreprise. L’effet sur l’emploi sera infinitésimal. Mais on aura, un peu, débloqué « la machine à interdire sous peine de sanction » qui a été construite par Mitterrand, Rocard, Jospin et Hollande.

Le troisième trimestre aura donc été une démonstration qu’on pouvait faire bouger des petites choses qui n’avaient en fait pas trop d’importance mais dont l’effet à terme sera non seulement modeste mais parfois problématique. Les vraies réformes, celles qui auraient eu un impact fort, ont été ignorées.

Il fallait faire sauter les seuils afin de mettre fin à la tentation de ne jamais dépasser 50 personnes et dépénaliser les relations courantes du travail.

Il fallait interdire à un fonctionnaire de toucher deux rémunérations et d’être élu dans des instances qui gèrent sa rémunération.

Certains principes ont été affirmés qui sont inacceptables : on continue de surpénaliser les licenciements dès qu’une « minorité » est en cause. Les homosexuels, les femmes, les Juifs, deviennent des sur citoyens. Tous les contentieux vont donc tourner autour de ces caractéristiques. J’ai été licencié par ce que je suis juif ou arabe ou noir. J’ai été licenciée par ce que je suis une femme. Résultat : les entreprises vont éviter de les recruter. Et il faudra les « dénoncer » pour discrimination. Exactement comme pour le marché de la location d'appartement.

Macron a toujours cédé au politiquement correct et il persiste. « Pas d’ennemi du côté des minorités sociétales agressives ». Il se coule dans la tendance vertueuse venue des États-Unis en faveur des tous les affranchissements. Le Macronisme est un conformisme. Mais ce n’est plus l'Observatore Romano qui donne le la. On a changé de curé. La peur du qu'en-dira-t-on a changé de sujet pas de force de contrainte.

« Nous sommes un pays de conquête et il ne faut pas céder un pouce aux esprits chagrins ». Donc il ne faut pas écouter Monsieur de premier Ministre qui parle de « réparer la France ». Le Président en rajoute : « Nous sommes le seul pays qui n’a pas vaincu le chômage de masse ». Elle serait donc cassée et « incapable de se réformer » ? Voilà bien des concessions aux « déclinistes honnis » !

 Il faut comprendre la cause des difficultés pour les résoudre. Où est le diagnostic ? Macron ne fait jamais aucun diagnostic. Le « hourra football » a ses vertus comme la « hourra politique ». Qu’on nous permette de nous tapoter le menton.

« Nous sommes entrés dans une économie de l’innovation, de la compétence et du numérique ». Toute l’économie moderne depuis le début du XIXe est une économie de l’innovation et de la compétence (qui est l’art d'accommoder l’innovation). L’informatique, elle, est passée de la mécanographie dans les années cinquante, aux systèmes centraux dans les années soixante, au temps réel dans les années soixante-dix, à la micro-informatique dans les années quatre-vingt, à l’internet dans les années quatre-vingt-dix, à la jonction avec le monde du téléphone dans les années 2000. Cela veut dire que le numérique est là depuis… soixante-dix ans. Surjouer le « modernisme » en affirmant que tout a changé est de pure tactique politicienne. Si on doit changer, c’est surtout à cause de l’étouffement socialiste qui a bloqué l’économie française. Le fait qu’on ne dise plus programmeur mais codeur ne change rien à l’affaire.

« Je veux passer d’un système Bismarckien d’assurance sociale financée par des cotisations au modèle de solidarité par l’impôt ».

Au nom de quoi ? Cette approche détache totalement la dépense de son financement et ne permet plus aux réflexes individuels d’économies de jouer. Elle donne le sentiment qu’il suffira de demander plus « à l’autre » pour avoir plus d’avantage. Elle conduit donc au gâchis et à la haine sociale. C’est sur ce point doctrinal qui explique pas mal des mesures démagogiques de Macron qu’il faut réagir. Le premier point d’application est la taxe d'habitation. On la transfère sur la CSG, sur l’impôt sur le revenu, et sur la dette. Ce sera la même chose pour la maladie, la retraite, etc. On entre dans un système de type soviétique où plus aucune responsabilité individuelle n’est évoquée, puisque tout est apparemment gratuit et « qu’il s'agit de savoir quelle société on veut ».

Là nous touchons un vrai noyau dur et spécifique du Macronisme que personne n’a vraiment commenté. À notre avis il est désastreux. La vraie solution est celle des Suisses : faire sortir de l’entreprise tout ce qui dépend du citoyen et créer un lien étroit entre dépense et financement.

On ne peut pas imaginer divergence idéologique plus forte et désaccord plus profond.

« Une indemnisation plus forte du travail ». Curieuse phrase. Le travail doit donc être indemnisé, comme le non-travail. Cette vision est totalement folle. Que personne ne le relève est une curiosité. Cette philosophie politique nouvelle, unique au mode, justifie que l’on prenne leurs économies aux retraités, qui ne peuvent plus travailler, pour gonfler la feuille de paie de ceux qui travaillent. Une hausse de 25 % de la CSG y pourvoira. On va continuer comme cela ? À quel rythme ?

Une fois encore nous sommes totalement opposés à cette vision : la hausse des rémunérations du travail ne peut venir que d’une hausse de la productivité et d’une baisse des dépenses publiques financées par le revenu des citoyens y compris au travail. Ne faire aucune hausse de productivité, faute de réformes de structure, et transférer de l’impôt d’un groupe social à l’autre ne conduit à rien de positif, ni de durable.

La question sociale sera réglée par « l’accès et la formation », pense M. Macron. On retrouve le verbiage sur la croissance « inclusive ». D’accord pour démanteler le système de formation mis en place dans les années soixante-dix, encore une erreur de Giscard, qui n’a jamais servi à rien sinon à financer les associations patronales et syndicales. Mais bonjour les dégâts si seule la formation est la clé de l’emploi et l’emploi la seule solution à la misère.

« Un plan d’économie de 20 milliards est prévu en 2018 avec 10 milliards pour l’État, 7 sur la Sécurité sociale, et 3 sur les collectivités ».

Rappelons que la dépense publique en 2018 sera proche de 1 300 milliards. C’est un effort de 1 % sur un an qui sera obtenu surtout en retouchant les systèmes de subventions au logement, à l'emploi et à la santé.

Il n’y a aucune réforme lourde des structures ni de l’ampleur de l’action étatique. Les résultats seront sans doute différents de ceux annoncés, puisqu’on va compliquer la vie de ceux qui sont habitués aux systèmes d’aides actuels, qui vont hurler, sans réduire ce qui compte : l’extravagance du champ des politiques publiques et le nombre des étages administratifs.

En ne touchant pas aux fonctionnaires et à leur temps de travail, on ne fait que reporter sur les Français les efforts financiers d’économie.

Tout cela est très insuffisant.

François Bayrou, dans un rare éclair de lucidité, a bien vu que « les hauts fonctionnaires ont pris le pouvoir ». Ceux qui lisent ce blog savent que ce diagnostic est le nôtre. La France a subi un « pronunciamiento des hauts fonctionnaires ». L’Énarchie Compassionnelle triomphe.

Qu’en dit notre Président ? « Cette République a très bien fonctionné à une époque où les fonctionnaires devenaient ministres ». « J’ai voulu redonner de la dignité à la haute fonction publique ». « Ce sont les politiques qui décident des textes préparés par les hauts fonctionnaires ».

La prise du pouvoir par la haute fonction publique date de l’arrivée de Giscard et Chirac au sommet de l'Etat. Depuis tout a été de mal en pis. On ne savait pas que la dignité des hauts fonctionnaires fut à ce point malade. Naturellement si les politiques sont aussi des hauts fonctionnaires (Par exemple, Macron, Philippe et Le Maire) le travail des hauts fonctionnaires est validé par des hauts fonctionnaires. C.Q.F.D. !

Moins convaincant, on ne peut pas.

« L’Europe s’est spécialisée dans l'immixtion bureaucratique » alors que « L’Europe est le niveau approprié pour retrouver notre pleine souveraineté ». Il faut « un budget européen qui représente plusieurs points de PIB » Il sera « gagé progressivement par l’attribution d’une part de fiscalité nationale ».

La fuite en avant européiste est une idéologie. Pour la rendre possible et acceptable, Macron tire sur le plombier polonais.Il veut mettre des limites à l'idéologie de la concurrence totale en interne comme à l’extérieur, et croire que l’Europe ne sera plus seulement un espace où on ne prend pas de mesures discriminatoires contre les autres européens, mais aussi une zone où les règles fiscales et économiques seront unifiées.

Cela veut dire céder un peu plus le pouvoir à un gouvernement de Bruxelles travaillant en solo avec les députés de Strasbourg, les politiciens français devenant inaptes à changer le cours de quoi que ce soit.

Ce serait cela la « nouvelle souveraineté », une absence devenue totale de souveraineté (avec la perte de la monnaie, du droit, transféré aux cours européennes, des lois touchant le quotidien, de la diplomatie économique externe, et désormais du budget, partiellement transféré et sous tutelle pour le reste).

Tout cela est dans les limbes et devra être observé au fil du temps. Mais on doit déjà s’inquiéter : quand on règle les problèmes par des antiphrases, c’est mal parti. Le souverainisme français passant par Bruxelles est un concept qui reste à explorer.

À total le Macronisme est bien une doctrine : gratuité sociale financée totalement par l’impôt payé par une minorité, européisme débridé, maîtrise de la nation par les hauts fonctionnaires. Cela commence à être une pratique. La doctrine permet tous les opportunismes, pourvu qu’on respecte les vaches sacrées et le politiquement correct. Les partis politiques ont maintenant de quoi fixer leur réflexion.

La vraie question est de savoir si cette conception permet de sortir la France « cassée » de son itinéraire délétère. Nous verrons mais nous sommes très sceptiques. Réparer le doigt cassé d’un conducteur accidenté en train de mourir de traumatismes multiples et incarcéré dans sa voiture, est certes « un pas dans la bonne direction ». Est-ce que cela suffit ?

Le régime des travailleurs détachés : un psychodrame révélateur

Le 16 décembre 1996 a été édictée la directive des travailleurs détachés. C’était le début du forum du journal le Monde, encore sous Compuserve, un nom qui ne dit plus rien à personne, et la tonalité générale des commentaires, sur un forum dominé par les intervenants de gauche, était totalement négative. Admettre que l’on puisse travailler dans un pays sans suivre les lois sociales du pays leur paraissait un crime contre le progrès social et la preuve d’une dérive « néolibérale » des hauts fonctionnaires de Bruxelles.

La réaction était intéressante par ce qu’elle montrait de la mentalité de la gauche française et aussi du caractère étrange de la procédure des directives européennes. Proposées par la Commission et elle seule, les firectives étaient travaillées dans le silence médiatique et votées presque automatiquement par le Parlement, où les européistes étaient majoritairement élus, puisque notamment en France on choisissait les candidats dans les partis de gouvernement uniquement dans la frange la plus fédéraliste, et les gouvernements étaient bien obligés de suivre pour ne pas bloquer une procédure de plusieurs années. Les médias français se désintéressaient totalement de la procédure jusqu’au jour où, tout étant fini, on entendait des protestations enflammées en tout point de l’échiquier lorsqu’il fallait intégrer la Directive dans le droit national.

Rappelons que le 16 décembre 1996, le gouvernement Jospin tenait les manettes. Et voici que la gauche de forum lui reprochait d’avoir autorisé « une arme de destruction massive contre les droits sociaux ». Des propos que l’on retrouvera lors du vote de la directive Bolkestein sur la libéralisation des services « faits à l’étranger avec les règles sociales du pays d’origine ».

La droite de son côté, après la calamiteuse gestion des Énarques Chirac et Juppé, terminée comme on sait, n’avait absolument rien à dire sur le sujet.

Sic transit gloria gallica.

Alors que se posait de façon criante la question de l’organisation du marché unique imposé par Mitterrand, alors que l’effondrement du bloc socialiste de l’est de l’Europe créait une situation pour le moins nouvelle et complexe, compte tenu de l’énorme écart des salaires, les grands partis français n’avaient rien à dire et n’avaient absolument jamais discuté au fond la manière de faire face à cette situation très délicate.

Le Commission a été laissé seule à formuler ses solutions. Elle l’a fait comme elle sait le faire : non pas sur la base réaliste des rapports d’intérêts mais sur celle essentialiste des trois libertés fondamentales de circulation des biens, des personnes et des capitaux. Et adviennent que pourra !

Comme les principes ne se discutent pas, l’essentialisme européiste a triomphé dans le non-débat auprès des instances politiques et médiatiques. Ensuite, plus de débats possibles et seulement des grognements vains. Les européistes se sont contentés de crier à une victoire formidable du droit et des bons sentiments. Les autres ont gesticulé pour rien.

Et voilà comment 20 ans plus tard, on essaie de changer une directive qui a naturellement connu un grand succès mais qui, dans le cadre d’un chômage désastreux, a pris l’allure d’une provocation. La campagne électorale a montré que tous les candidats étaient pour un durcissement ou une suppression de la Directive ! L’essentialisme est incompatible avec les élections nationales. On découvre qu’il est presque impossible de modifier un directive. Il faut reprendre tout le processus , aboutir à une quasi-unanimité, alors que les règles mises en place ont créé des avantages acquis et des divergences marquées entre les pays signataires. Le seul argument des pays demandeurs est que  la directive pousse à des conséquences électorales « populistes ». Macron n’a guère d’autres arguments que de dire : c’est cela où un gouvernement populiste et antieuropéen sera élu au prochain coup en France ! C’est peu.

La vérité est si simple. Il y a toujours eu des accords de détachements entre les pays, même si les régimes sociaux étaient très différents. Les Algériens ont par exemple commandé à la Chine la construction de milliers de logements clefs en main, intégralement réalisés avec de la main d’œuvre chinoise. Quiconque a voyagé beaucoup sur les lignes orientales sait que depuis les années soixante- dix on y voit des cohortes d’hommes venant tous du même village aller vers des pays d’accueil temporaire pour y faire des travaux à bas prix. Des groupes d’Indiens, de Pakistanais, de Coréens, d’Indonésiens, ont ainsi rayonné pendant des décennies un peu partout et notamment dans les pays du Golfe.

La France, elle-même, a longtemps pratiqué le recours aux travailleurs temporaires maghrébins, dans l’industrie automobile, dans le bâtiment et dans l’agriculture, jusqu’à l’erreur magistrale de Giscard, qui, inquiet des conséquences électorales de la montée du chômage, a interrompu ces contrats et privilégié l’immigration permanente et le regroupement familial.

Une écluse vaut toujours beaucoup mieux qu’un mur ou une liberté totale.

Ajoutons, et c’est un des arguments que nous avions défendus à l’époque, qu’il est des situations où il est impossible de faire autrement que d’envoyer temporairement à l’étranger des techniciens aux conditions du pays d’origine. Si vous avez conçu un logiciel très performant et dominant sur un créneau donné, vous allez le vendre partout dans le monde et le soleil ne se couchera plus sur votre zone de chalandise. Nécessairement l’installation et la formation des utilisateurs se feront au moins tant que la masse de clientèle n’aura pas atteint un certain niveau, par vos techniciens. Ils seront détachés à vos conditions dans le cadre d’un contrat global où vous aurez défini votre prix accepté par l’autre partie contractante. Il est strictement impossible de l’empêcher et ce serait dommageable : si le client a investi c’est que c’est son intérêt et donc celui du pays importateur du service.

Dans le cadre européen il était parfaitement légitime de définir un cadre réglementaire libéral permettant que ces activités soient parfaitement légales et inattaquables. Sinon elles se seraient développées « au noir », ou elles auraient été réduites, ce qui aurait privé les économies de solutions utiles.

Dans le cas de la directive sur les travailleurs détachés comme sur celle sur les services (dite Bolkestein), la légitimité de l’élaboration d’un cadre commun est parfaitement compréhensible, et le principe de la conservation des conditions sociales du pays d’origine n’est pas attaquable.

Restent les modalités, dans un cadre où les écarts de niveau de vie et de compétences sont aussi extrêmes qu’entre l’ouest et l’est, le nord et le sud de l’Europe !

Dans le secteur informatique, il est vite apparu que le coût des logiciels par exemple français, ne permettait pas des ventes de masse au Portugal ou en Roumanie. La solution aurait été de recruter des informaticiens de ces pays, à leurs conditions d’origine, pour écrire à bas coûts des logiciels moins chers. Au passage, le mécanisme aurait permis d’équilibrer les comptes extérieurs de ces échanges. Mais là il fallait créer une filiale dans le pays le plus pauvre, ce qui impliquait des délais et des coûts. Pendant ce temps-là, les États-Unis acceptaient sans états d’âme de faire venir chez eux des programmeurs indiens et attaquaient les marchés européens…

Dans un système de liberté générale des échanges, seule la souplesse paie.

Il est évident que le gros du marché du travail détaché concerne les ouvriers et la main d’œuvre non qualifiée à faible productivité. Dès le début de l’année 1997 on a vu débarquer sur la Côte d’Azur des « jardiniers » anglais offrant leurs services sans charges sociales. Ils ont clairement déréglé le marché local et… permis à des tas de gens de faire des travaux qu’ils n’auraient pas fait autrement. Le marché de la rénovation d’appartement a bénéficié du même engouement pour des travailleurs deux fois moins chers que les artisans français. L’agriculture a également bénéficié des salariés moins coûteux. On ne voit que l'aspect « concurrence déloyale ». On ne voit pas que beaucoup des travaux faits ne l'auraient pas été autrement. Il ne faut pas non plus trop crier à la concurrence déloyale : beaucoup des travailleurs détachés sont utilisés par les artisans locaux les plus performants…

L’équipement des bateaux construits à Saint Nazaire repose, pour être compétitif, sur le recours massif aux emplois détachés. C’est cela ou la fermeture des chantiers.

La construction, accablée de règles contraignantes et absurdes, et en disette de candidats depuis des lustres, a évidemment usé et abusé des travailleurs détachés. Cela a permis le boom de la construction que l’on a connu, sans altérer la santé des artisans locaux, qui sont, aux endroits où la demande est forte, quasiment en manque permanent de professionnels compétents. Que l’on regarde ce qui se passe par exemple en Bretagne où le marché a surmonté la crise de 2008-2009 sans drame.

Revenir sur les deux directives est une orientation malthusienne et politicienne.

La France a répondu aux trois crises majeures (1 974, 1 993 et 2 009) en faisant venir au pouvoir des socialistes qui ont incroyablement bloqué les relations sociales, réduit le travail et accru les coûts. Ces mesures ont largement tué la compétitivité française, comme on le voit en ce moment même avec l'accroissement des déficits au moment où l'euro et le Monde connaient une petite reprise. Il est sûr que le problème des travailleurs détachés (comme celui du travail au noir, où celui de l'immigration clandestine) aurait été bien moins présent sans ces politiques désastreuses.

Il ne faut en aucun cas revenir sur le détachement d’accompagnement des grands et petits investissements. En aucun cas. C’est la condition de la survie de nos fournisseurs sur le marché intérieur comme extérieur dans l’environnement ouvert qui est le nôtre.

En revanche l’intérim de longue durée, massif et organisé, d’ouvriers étrangers à bas coûts par des entreprises ad hoc devrait être autorisé au coup par coup au sein de l’Europe comme il l’est sur une base bilatérale avec de nombreux pays.

La France aurait par exemple intérêt à passer des contrats de ce type pour les constructions associées aux jeux olympiques dont elle a obtenu l’organisation. Elle ne disposera pas des capacités nécessaires sur une base purement nationale, et s’agissant de travaux massifs et très concentrés dans le temps, aurait-elle pu rassembler de telles capacités, elle se serait retrouvée avec un chômage de masse à la fin des travaux.

Autant dire que la démarche Macron, d’inspiration purement politicienne (cela faisait plaisir aux électeurs d’entendre la condamnation des directives sur les travailleurs et les services détachés, notamment à gauche), se heurtera nécessairement à de vraies résistances parfaitement fondées. Les commentateurs de TNT n’y voient d'ailleurs qu’un enjeu politicien (l’Europe est-elle vraiment indéformable comme le disaient le FN et une myriade de petits candidats lors des récentes élections présidentielles).

Le débat de fond sur les vrais enjeux est, lui, toujours inexistant.

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile

Lord Adair Turner : l’erreur comme un grand art politico social

Une forme aigüe de l'imposture économique

Adair Turner est probablement ce qu’on trouve au Royaume Uni de plus proche d’un Énarque Compassionnel français. Il est passé des postes publics aux postes privés et retour dans une belle chorégraphie, digne de nos meilleurs Inspecteurs des finances. Il a trempé dans tout et rien et cautionné toutes les imbécillités à la mode, un temps, avant de les dénoncer. Il restait à mettre tout cela dans un livre ce qu’il fit avec Between Debt and the Devil : Money, Credit, and Fixing Global Finance, Princeton University Press, 2015, 320 p. (ISBN 978-0691169644) qui a été traduit et publié en France sous le titre : « Reprendre le contrôle de la dette. Pour une réforme radicale du système financier » ; Édition de l’Atelier. (ISBN 2-7082-4513-6).

« Turner est Directeur général de la Confédération de l'industrie britannique (CBI) de 1995 à 1999. Dans ce rôle, il est l'un des principaux promoteurs de l'adhésion britannique à l'euro -- une position qu'il a avoué plus tard être erronée », écrit Wikipédia.

De 2000 à 2006 il est vice-président de Merrill Lynch pour l'Europe. Il est donc banquier au pire moment des folies bancaires. En vérité il a un poste politique et peu financier. Ce qui lui permettra de faire feu sur la finance en quittant le poste.

Plus tôt il avait été un fanatique de la taxe Tobin, une erreur majeure.

Plus tard il sera pour 5 ans président du FSA, la Financial Services Authority, qui supervise les marchés financiers, ce qui est bien normal pour un homme de Merrill Lynch.

C’est cette expérience qu’il monétise par des conférences et ce livre.

Une telle girouette est toujours dans le politiquement correct du moment et l'originalité de ses réflexions est exactement nulle. Son intérêt doit se chercher dans une capacité presque surhumaine à cumuler toutes les sottises que l’on a pu écrire sur la crise et ses solutions, alourdie par un art très particulier d’aller les chercher et dans les milieux anglo-saxons et dans le fond de sauce social-démocrate  européiste.

Anobli pour ce talent unique, il est le témoin presque emblématique de l’idiotie de l’époque.

Nous avions décidé de ne jamais traiter sur ce blog de cette noble figure pour ne pas aggraver votre tendance naturelle à la critique. Mais la couverture de cet ouvrage est telle dans les médias français qu’il faut bien faire un certain travail de correction.

Comme toujours on met en avant des chiffres exacts mais avec une interprétation fausse.

Citons : « dans les années 1990-2000 la dette privée augmentait de 15 % d’an. On croyait que cette augmentation était indispensable pour atteindre un tel niveau de croissance [5 %] ».

L’auteur ne comprend absolument rien à la cause de la hausse de la dette privée et accuse un « on » dont il ne donne aucune composante. À cette époque de très nombreuse voix se sont élevées pour contester les mécanismes qui poussaient à cette hausse indécente, dont celle de Maurice Allais qui a été particulièrement forte et précise. Ce sont les énormes excédents et déficits croisés de l’époque qui ont créé la bulle de crédits mais il est hors question ni de le voir, ni de le critiquer. Cela forcerait à aller trop loin dans la remise en cause des idées communes et ferait perdre tous les beaux postes publics, privés et parapublics.

Citons : « Les crédits ne financent pas les investissements productifs » Ils « alimentent la distribution de crédits immobiliers ». Là encore, c’est parfaitement exact. Nous avons théorisé cette forme d’économie, sous le nom d’« économie baudruche » car elle finance la recherche spéculative de gains en capital, donc des bulles alimentées par la création monétaire.

Au lieu de voir la vraie cause, l’auteur sombre dans le politiquement correct à trois balles en incriminant la montée des inégalités. On retrouve le keynésianisme pour enfant de chœur qui explique que les riches consomment moins que les pauvres et donc perdent les ressources rares dans des spéculations honteuses. Comme pour la « cupidité des banquiers », il semblerait que dame nature ait voulu que les riches entre 1990 et 2 000 se soient mis spontanément à investir comme des malades dans l'immobilier.

L’auteur manipule des « marqueurs » de gauche, nécessaires à sa crédibilité dans l’ambiance du moment, rejoignant Krugman et tous les keynésianistes américains. L’explication est totalement fausse. La France n’a pas connu d’amplification de l’écart de richesses entre riches et pauvres et l’immobilier est tout de même monté à des sommets. La plus grande crise immobilière a eu lieu avant : avec la spéculation mondiale sur les bureaux de 88 à 91, source de la gravité de la crise de 92-93. L’auteur de toute façon est incapable de couvrir la période 1 971 – 2 008. Les dettes créées n’ont, nulle part ailleurs qu’aux États-Unis, avec les subprimes garanties par l’État, servi à financer les achats des pauvres.

La création monétaire forcenée des banques centrales a fait baisser les taux d’intérêt si bas que tout le monde a cherché à emprunter, les plus gros emprunteurs étant les états et les fonds spéculatifs.

Citons : « Je vous défie de trouver une seule entreprise allemande ayant augmenté un tant soit peu ses plans d’investissement du fait de l'annonce de l’assouplissement quantitatif de la BCE ». « Si elle a un tant soit peu fonctionné c’est uniquement parce qu'elle permet de relâcher les politiques budgétaires ».

Ce que notre auteur oublie c’est que cette politique a eu pour but principal de sauver les banques (et les dépôts du grand public) confrontées à une perte globale supérieure à 10 mille milliards de dollars et les États sur endettés. On ne voit pas trop où a été le relâchement des politiques budgétaires. Demander aux Grecs.

Le sous-investissement a été la caractéristique principale de toute la période 1971-2016, et correspond à l'installation de l’économie baudruche par les accords de la Jamaïque.

Citons : « [les banques centrales] doivent financer les déficits de façon permanente en monétisant la dette des États. En clair en faisant marcher la place à billets ».

Eureka, j’ai trouvé ! Youpi, c’est facile ! Le Graal, j’ai trouvé le Graal ! Vive la planche à billets !

En revanche il faut contraindre les banques pour qu’elles ne prennent pas de risques insensés. On oublie d’expliquer pourquoi elles ne finançaient pas l’investissement ni pourquoi l’investissement ne serait pas risqué.

Tout cela est de la posture et n’a strictement aucun intérêt ni explicatif ni curatif. On fournit à tous les « marqueurs » idéologiques qu’ils attendent et on les présente « en même temps » comme tout bon haut fonctionnaire ambitieux, sans se soucier de rien, ni des explications ni des contradictions. Cela permet d’être édité, puisqu’on n’a aucun ennemi, et de briguer les postes les plus éminents, puisqu’on défend l’État, les petits pauvres et la facilité, tout en se flattant d’être « pro business ».

Et d’être fait Lord. Une pensée nulle servie par une sorte d’imposteur sympathique, à éviter absolument comme dirait le Canard Enchaîné !

France : encore des statistiques accablantes.

Et aucune réaction du bon niveau

Les résultats du commerce extérieur pour juin viennent d’être publiés. Ils sont dramatiques. La France a vu son déficit commercial monter à 4.7 milliards d’euros. Sur les six premiers mois de l’année, le cumul des déficits est de 34,3 milliards. La hausse est de 50 % sur l’année dernière. Depuis les mesures Jospin-Aubry de la fin du siècle dernier, la France a totalement perdu sa compétitivité ; Pas une année à l’équilibre ou en excédent ; En 20 ans près de 1 000 milliards de déficits, c’est-à-dire de besoin de devises qu’il a fallu emprunter, d’assèchement de la demande