Deux mots sur la paradoxale « haute productivité française »
Depuis des années maintenant on voit fleurir un « marronnier », une information que la presse reprend inlassablement à date fixe, juste au moment où commence la période d’examen du nouveau budget. Les radios ce matin viennent TOUTES d’en faire bruisser le feuillage avec son entrain coutumier, en attendant les journaux et la télévision.
La France aurait « une magnifique productivité, quasiment la meilleure du monde ».
La chanson sur la productivité exceptionnelle de l’économie française précède généralement les tours de vis fiscaux. « Rassurez-vous donc chers contribuables, vous pouvez payer ! », tel est le message peu subliminal qu’il convient de véhiculer aux Français détendus qui commencent à s’affaler sur les plages.
Procès d’intention alors que la réalité de cette forte productivité est avérée ? Regardons les faits avec un peu d’attention.
La France est le pays développés qui a le taux d’emploi le plus faible globalement et dans toutes les catégories fragiles. Il ne se passe pas un jour sans qu’un rapport, un commentaire, une étude, n’expliquent aux Français qu’il a le taux d’emploi des jeunes le plus bas (rappelez vous le CPE), le taux de chômage des femmes le plus sévère, une population immigrée loin de l’emploi à près de 20%, et des « seniors » sans activité économique en très grande proportion.
Hier encore ce taux d’inemploi des Seniors faisait l’actualité avec un rapport de la CNAV expliquant que le Plan Fillon d’emploi des seniors n’avait eu aucun impact. Tout au long de l’année des incidents en banlieue ont rappelé que les jeunes immigrés sont sans boulot. Une nouvelle loi a fait l’actualité pour commenter le durcissement des conditions d’indemnités avec l’obligation d’accepter des propositions peu alléchantes, les chômeurs restant trop longtemps au chômage. Un autre rapport récent indiquait que la loi sur la « prime fiscale à l’emploi » n’avait aucun effet.
Etc. Etc.
La vérité commence alors à se découvrir. Les entreprises françaises, accablées de charges, ne peuvent employer que la fraction de la population la plus productive. La proportion de salariés dans la population totale française tourne autour de 16%. Elle est entre 25 et 35% dans tous les pays dynamiques. On voit l’énormité du déficit. La France ne permet pas les « petits boulots » ou les activités à productivité réduite. Seul le noyau dur des activités potentielles a été conservé au prix du sacrifice de millions d’emplois.
L’Etat bon Samaritain a été obligé de prendre en charge (et si mal) les exclus. C’est une des raisons d’un budget de 25% supérieur dans ses dépenses à ses recettes depuis des lustres, et une des explications de la pression fiscale globale et de l’endettement. La spirale se renforce de sa propre force. Et nous n’arrivons plus à nous en sortir.
L’étranglement fiscal est la principale raison, avec la rigidité des réglementations, de la réduction de l’emploi aux seuls postes productifs. Le fait qu’on ne puisse plus employer une masse de gens ne signifie pas que nous sommes meilleurs que les autres. Le noyau dur des autres économies est tout aussi productif et parfois bien plus que le moignon qui nous reste.
Cet abusif cocorico sur une fausse comparaison est lamentable. Parions qu’il ne sera dénoncé NULLE PART DANS LA PRESSE. Il faut crier « Vive l’Impôt », se taire sur les manipulations de l’information et soutenir la campagne qui est lancée pour faire passer en douceur dans la torpeur estivale les mauvaises nouvelles fiscales qui s’annoncent.
Didier Dufau
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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef, aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants, explications sur le retard français, analyses de la langueur de l'Europe, réalités de la mondialisation, les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable. Membres du Cercle :
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C'est bien l'été quand la canicule frappe et que les Français sont sur les plages.