Vivons-nous un épisode gravissime de « l’histoire de la stupidité économique » ?

Réflexions associées à la parution du livre "A Short History of Stupidity" de S. Jeffries

Parmi les étrangetés de l’époque en matière de réflexion économique, figure au tout premier rang l’indifférence aux grands déséquilibres des balances commerciales et de paiements. Un économiste qui veut parader sur les estrades sait bien qu’il peut parler de tout sauf de cela. C’est d’autant plus paradoxal que dans l’effort d’après-guerre pour tenter de mettre fin aux désordres qui avaient ravagé l’entre-deux-guerres, la condamnation et l’interdiction des grands déséquilibres permanents des balances extérieures formaient le cœur de toutes les solutions proposées et des traités correspondants. Le résultat a été à la hauteur des espérances : les Trente Glorieuses, une période de forte croissance partout dans le monde libre et sans aucune récession de 1947 à 1972.

Depuis la destruction en été 1971 de ce système, on ne compte plus les pays dont les déséquilibres extérieurs sont massifs et permanents dans un sens ou un autre, la croissance est quasi nulle, quasi partout en Occident, et les récessions périodiques ont réapparu avec une redoutable régularité et des conséquences de plus en plus graves. Ce simple constat devrait mobiliser tous les économistes. Nous avions un système fantastique. Il a été remplacé par un système catastrophique. Cela mériterait tout de même un peu d’attention ! Économistes officiels, hauts fonctionnaires et politiques préfèrent regarder ailleurs avec beaucoup d’obstination et de bonne conscience. Une forme de chaos s’installe dans pratiquement tous les pays occidentaux du fait d’une situation économique toujours plus glauque. Mais il n’y a rien à faire : il ne faut pas regarder là où les causes majeures se trouvent, et seulement s’extasier sur des promesses mirifiques comme celles de l’Intelligence artificielle.

Dans A Short History of Stupidity (Ed. Polity Press), Stuart Jeffries dresse une « courte histoire de la stupidité » à travers les âges. Journaliste britannique au Gardian, il montre qu’elle n’est pas une anomalie passagère, mais « une force historique, sociale et culturelle qui n’épargne aucune société… la nôtre comprise ». En l’occurrence, cette réalité est parfaitement illustrée par la question qui nous préoccupe. Tout le problème vient du refus conscient ou inconscient de se pencher sur une difficulté alors même qu’elle n’est pas difficile à comprendre et qu’elle provoque des conséquences graves très visibles.

Que signifie, pour un pays, un déficit commercial ? Lorsqu’on enlève le voile monétaire, la réalité brute apparaît : une perte de travail et une perte de patrimoine. Être constamment en déficit provoque donc chômage de masse et perte d’actifs en permanence. Cette réalité peut être masquée ou différée par différents artifices, mais elle est ancrée. Au bout d’un moment le pays ne s’en sort plus et ne parvient plus à satisfaire ses ambitions. Il doit réagir soit agressivement contre le « prédateur » soit contre sa propre population. La France et les Etats-Unis donnent l’exemple même aujourd’hui de telles réactions inversées. Trump agit par les droits de douane et l’État français en ruinant fiscalement les Français, chaque méthode étant en fait destructrice pour tous.

Intéressons-nous aux excédents. Les pays producteurs de pétrole, l’Allemagne et le Japon, comme aujourd’hui la Chine et les autres dragons d’Extrême-Orient accumulent des milliers de milliards de dollars d’excédents. Qu’en faire ? Tous ces pays sont très compétitifs et n’ont pas besoin d’investir pour augmenter leur productivité chez eux et ne veulent pas le faire chez les autres pour ne pas créer des concurrents redoutables. Tous ces milliers de milliards, détenus en une monnaie étrangère qui peut sombrer, doivent être protégés et rentabilisés. On ne peut le faire qu’en les convertissant en biens réels, dont on espère qu’ils conserveront leur valeur, principalement des titres de bourse ou des biens immobiliers. Le recyclage financier des excédents vers les bourses et les marchés immobiliers occidentaux, qui, sur des dizaines d’années, ont pu dépasser plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars expliquent le niveau très élevé des bourses et de l’immobilier partout en Occident. Une autre solution est de prêter aux États déficitaires dont les dettes finissent par être asphyxiantes. On peut aussi racheter les entreprises des pays déficitaires. L’Allemagne a ainsi racheté des pans entiers d’entreprises françaises. Les imbéciles considèrent que c’est une marque d’attractivité alors que c’est une simple perte d’actifs nationaux. Quand l’Allemagne a vu que la Chine rachetait son Mittelstand, elle a considéré que c’était un grave danger. Croquer les autres, pas de problème, se faire croquer, là, « Nicht Möglich ». On peut aussi utiliser les excédents pour se doter de moyens militaires délirants comme l’Iran, la Chine, la Turquie ou financer des guerres d’annexion comme la Russie ou l’Azerbaïdjan.

Comme le cours des actifs (bourses et immobiliers) ne peut pas grimper indéfiniment, les niveaux atteints finissent par être totalement incompatibles avec l’activité économique. Se produisent donc des corrections périodiques sous forme de récessions mondiales sévères. Les pays créanciers accumulent alors des pertes sur leurs investissements. Les pays non compétitifs tombent dans le trou et aggravent leur situation, surtout si leurs mécanismes sociaux sont développés. 1973, 1982, 1992-1993, 2 001,2008, ont été des années récessives dans le monde entier. La stagnation de longue durée s’installe.

Un monde qui n’a pas une organisation arc-boutée sur l’interdiction de la permanence des grands excédents, donc des grands déficits, sombre donc dans les crises à répétition, les guerres commerciales et les guerres militaires.

Celui qui ne voit pas que la suppression des règles de Bretton-Woods, avec abandon de l’interdiction des grands déficits et excédents qui en a résulté, a provoqué tous les évènements que nous déplorons, est frappé de cécité volontaire. On retrouve la définition de la sottise et des attitudes ineptes.

Pourquoi cette cécité volontaire : sans faire de psychologie ou sociologie de bazar, probablement parce qu’une partie des élites politiques et de leurs soutiens font des fortunes en recyclant les excédents et en vendant les actifs des pays déficitaires. Et qu’ils tiennent le système d’information et … la carrière des économistes.

Ce qui est certain, c’est que nous vivons bien depuis 1971 une « période de stupidité ». Quand on ajoute, comme en France, l’effondrement de la démographie, un système réglementaire, social et fiscal démesuré, une emprise des hauts fonctionnaires sur la politique, une propagande anti-croissance, anti-industrielle, anti-agricole, antinationale, antiblanc, anti-masculinité, avec contrôle de la liberté de pensée et une information publique « construite », on obtient la rupture avec la jeunesse et une situation politique désespérante qui peut mal tourner à tout moment.

Nous vivons bien une « période de sottise », particulièrement intense !

Didier Dufau pour le Cercle des Économistes e-toile.

L’énormité de l’imposture écologiste - Une étude du Pr Emérite Patrice Boyer

En ces temps de canicule, quelques réflexions de bons sens s'miposent

Résumé de l’étude

-            L’explication du réchauffement par le CO2 ne tient pas la route scientifiquement et ne permet aucune prédiction des canicules

-            Les canicules peuvent en revanche être prédites, notamment en étudiant le phénomène El Nino.

-            La réponse face au réchauffement extrême constaté n’est ni de réduire le CO2 produit en hiver pour se chauffer ni de végétaliser les villes.

-            La climatisation d’été est indispensable.

-            Les écologistes empêchent de développer les bonnes réponses à un phénomène complexe et provoquent des drames.

 

L’énormité de l’imposture écologiste

Patrice Boyer, juillet 2026

 

1. Les deux crédos indépassables des écologistes dans la lutte contre » le dérèglement climatique », ces 30 dernières années ont été :

- l’incitation frénétique à la « transition énergétique » (recours massif aux énergies non renouvelables, ENRs) ;

- et l’appel à un contrôle « naturel » du réchauffement (surtout pas de climatisation).

Ces deux orientations sont une catastrophe absolue, qui fait trop souvent consensus  dans trop des milieux politiques et sociaux sans connaissances scientifiques.  

a. La prétendue transition énergétique

La transition énergétique (recours aux ENRs, non pilotables) a un impact économique entièrement négatif. Comme le font remarquer nombre d’analystes, la France affichait déjà des performances remarquables en matière de rejets polluants grâce au nucléaire. Pourtant, on a développé massivement les ENRs alors même que la consommation d’électricité diminuait depuis les années 2010. On a ainsi installé près de 50 GW de puissance renouvelable intermittente (soit, en production effective, l’équivalent de 20-25 % de la puissance du parc nucléaire) en augmentant l’éolien. En clair on a augmenté l’éolien pour flatter l’hyper-écologisme (et remplir certaines poches), alors que c’était totalement inutile. Et ça a eu un coup : le retrait partiel de la fourniture continue du nucléaire (25 % donc) a fait bondir le prix de l’électricité dans des proportions considérables (le prix de l’électricité a doublé depuis 2010, alors qu’il était auparavant hyper-compétitif). L’argent investi dans ces ENRs aurait pu servir à électrifier l’économie, comme le souligne Jean-François Raux et comme cela avait été fait dans les années 1970-1990, et ainsi réduire les émissions (si c’était vraiment l’objectif) en diminuant l’usage du gaz et du pétrole.

On le sait, derrière cette pression, il y a eu une volonté des industriels allemands de réduire la compétitivité apportée par le nucléaire français et les écologistes français ont poussé à la roue ! Rappelons que Mme Borne a déclaré que le but était d’éradiquer le nucléaire français autour de 2 050.

La transition énergétique (recours aux ENRs, non pilotables) a un impact direct sur la fourniture efficace d’électricité. Les limites techniques (indépassables) des ENRs sont bien connues (énergies non pilotables). Mais, il y a pire. En développant les ENRs pour des raisons de soumission à l’Europe (donc à l’Allemagne), on a non seulement réduit le taux d’utilisation du nucléaire, mais on a aussi accru sa modulation (bascule du nucléaire vers les ENRs et réciproquement). Or, cette modulation fatigue les installations de réacteurs (fissures) et réduit leur durée de vie. Le parc nucléaire français est très fragilisé. Après quelques alertes, on pourrait un jour connaître une situation d’effondrement « à l’espagnole ».

Le recours aux ENRs photovoltaïques a des conséquences économiques aberrantes en période de canicule ! En effet en période de canicule il y a une surproduction photovoltaïque. Il faut donc se débarrasser de cette surproduction non stockable qui survient bien sûr dans la journée. Et souvent elle est vendue à perte (les prix résultants sont négatifs puisqu’on doit alors arrêter la production nucléaire qui continue de coûter !). Par contre l’énergie photovoltaïque ne peut pas être récupérée pendant les nuits de chaleur, où, même en sous-équipements, les moyens de climatisation et de ventilation marchent trois fois plus qu’en temps normal. Cette aberration des prix négatifs a fini par être reconnue dans la presse.

L’installation d’ENRs (principalement les éoliennes) est une catastrophe pour l’environnement.

La catastrophe est double : la construction d’éoliennes est une monstruosité écologique. L’installation d’éoliennes est un cauchemar environnemental.

Monstruosité écologique : Trois des quatre éléments constitutifs des éoliennes (la nacelle, les pales et le socle en béton) ont un impact écologique majeur. Les terres rares représentent une des matières indispensables à la production des nacelles éoliennes, en particulier à celle des aimants permanents servant à la fabrication des rotors qui vont transformer le vent en électricité. L’extraction des terres rares conduit à la destruction du tissu végétal des terres agricoles avoisinantes, à la pollution des sols et des nappes phréatiques par des eaux usées contenant des produits chimiques, mais aussi à la production de déchets radioactifs et au rejet de métaux lourds tels que le plomb, le mercure ou le cadmium (on retrouve le même problème que pour les batteries électriques).

Fabien Bouglé cite la mine de terres rares de Baotou et son lac toxique, en Mongolie intérieure, où la radioactivité mesurée est trente-deux fois supérieure à la normale, là où celle de Tchernobyl est « seulement » quatorze fois supérieure. Mais le désastre écologique ne s’arrête pas là.

L’augmentation progressive de la taille des pales nécessaires pour aller chercher des vents plus hauts, permettant une plus grande productivité, a conduit à une explosion de la demande de balsa (le bois de construction hyperléger utilisé) dont l’Équateur est un centre de production stratégique avec 75% de la production mondiale. Une hausse de la demande de balsa à laquelle les plantations existantes sont incapables de répondre entraîne une multiplication du trafic et des coupes sauvages dans la forêt amazonienne équatorienne. Les pales d’éoliennes contiennent également des fibres d’époxy entraînant le rejet de substances chimiques de synthèse tels que le Bisphénol A ou BPA dans l’atmosphère. Enfin les fibres de carbone qui ntrent dans la composition des pales des éoliennes ne sont pas recyclables, ce qui contraint les promoteurs éoliens à enterrer dans les sous-sols les pales des machines arrivées en fin de vie.

Quant à l’impact de l’installation d’éoliennes sur l’environnement (bruit, chaleur, massacre d’oiseaux), le consensus est tel que tout commentaire est superflu.

Les éoliennes sont une monstruosité écologique, ce qui confirme ce que nous soutenons depuis des années : les écologistes sont les pires ennemis de l’écologie, ce ne sont que des idéologues fanatiques et destructeurs.

Un autre impact est d’ailleurs soigneusement passé sous silence : celui sur la santé des habitants proches. L’aspect toxique des infrasons et des sondes électromagnétiques générés par les éoliennes (qui se propagent sur plus de 20 kms) est connu. Il faut maintenant procéder à de véritables études de cohortes de ces populations. Certes. Qui va le faire quand on connaît la puissance démesurée du lobby éolien ?

La question principale reste bien sûr : la transition énergétique va-t-elle avoir un impact sur le dérèglement climatique ?

On vient de le voir les aspects économiques, techniques, environnementaux, de santé publique de cette transition sont tous négatifs. Mais ce serait un sacrifice justifié eu égard au péril climatique, expliqué officiellement par le GIEC comme entièrement lié à la combustion d’énergies fossiles, au rejet de CO2 et au réchauffement par effet de serre (modèle qu’il est interdit de contester). Si c’est exact le meilleur moyen de lutte est alors l’énergie nucléaire : la moins polluante, la moins chère, la plus souple, celle avec le meilleur rendement, la plus efficace etc. Oui mais elle est la plus dangereuse disent les écologistes. Donc une seule solution, les ENRs.

Certes, mais pour affirmer que les ENRs sont la seule solution, il faut être sûr à 100 % que le réchauffement est dû au CO2 et à l’effet de serre. Or depuis des années, aucune preuve expérimentale n’a été produite dans ce sens. Il faut donc signer un chèque en blanc à la solution ENRs, ruineuse, écologiquement catastrophique, techniquement faible, scientifiquement non validée, et aux effets totalement inconnus sur le réchauffement.

b. Une tragédie : la comédie du contrôle « naturel » du réchauffement versus climatisation

Là on ne peut qu’incriminer l’inculture scientifique abyssale des écologistes, de notre pauvre peuple et de ses politiques. On entend en permanence que le meilleur moyen de lutte contre les canicules est la « végétalisation des villes » et non la climatisation !

Le b.a-ba de l’analyse climatique commence par la définition de l’albedo. L’albedo est l’indice de réflexion (ici par la planète) de l’énergie solaire entrante. Un albedo élevé correspond à un indice de réflexion intense, donc à un renvoi de chaleur important vers l’atmosphère et à un bon refroidissement de la surface de la terre. L’albedo est mesuré entre 0 et 1. L’albedo de la terre est actuellement de 0,3. Lorsque l’albedo est très bas, il n’y a pas de renvoi d’énergie thermique et le réchauffement est très élevé (l’albedo d’un corps noir est à 0). Or l’albedo végétal est très bas !!! Celui d’une forêt par exemple est de 0,05. Une forêt ne renvoie pas la chaleur mais la capte (et la diffuse la nuit !).

Les villes sont des îlots de chaleur du fait de leur concentration d’habitants et d’activités (rejets thermiques multiples), de leurs toits trop sombres et du bitume très sombre lui aussi. Blanchir les terrasses et les pavements a un effet. Mais végétaliser les villes en réduisant considérablement l’albedo les réchauffe, notamment la nuit où ce surcroît de température est particulièrement dommageable !

Le pire reste l’orientation quasi criminelle prise par la France à la suite de ce mythe écologique de la végétalisation des villes : tout sauf la climatisation

En France 7,5 % des écoles sont climatisées, moins de 12 % des bâtiments administratifs le sont, la plupart des immeubles privés en chantier ne le sont absolument pas et la situation des hôpitaux (ce qui est stupéfiant !) est la pire : on continue à construire des hôpitaux non climatisés. Dans les autres pays européens, et pas seulement au sud, le taux de climatisation se situe entre 50 et 75 % ; il est de 95 % au Japon. Bien sûr un tel blocage criminel est idéologique avec des canicules au-dessus de 40°. Cette idéologie, non ouvertement avouée, est tellement folle qu’elle méritera une analyse psychiatrique.

 2. L’autre lutte écologique aberrante a concerné les dépenses d’énergie contre le froid.

Avoir obsessionnellement privilégier les économies de chauffage pendant les phases de froid alors que l’impératif majeur était de prendre des mesures contre le réchauffement non viable de l’habitat est une aberration totale. Le rationnel aurait pu être : « on va consommer plus d’électricité à cause de la climatisation l’été, essayons de réduire la consommation hivernale ». Non, pour les écologistes le principal était de consommer moins d’électricité tout court.  Comme le nucléaire était à éradiquer, la seule issue était de consommer le moins d’électricité possible. On connaît l’impact catastrophique de la loi de Mme Duflot sur les « passoires thermiques » pour l’industrie du bâtiment et le logement : ralentissement majeur de l’activité, coûts de construction et de travaux ayant explosé, locations introuvables. Ce qui ne l’empêche pas de hurler qu’elle avait raison sur tout ! Résultat incontestable : les citoyens français ont de plus en plus de mal à se loger (raréfaction considérable de l’offre) mais ils sont sûrs d’une chose : mourir de chaud l’été. Et ces deux constats sont liés, il faut le répéter, à un dogmatisme écologique moralisateur et quasiment religieux, loin des réalités et de la science, soutenu par quasiment   tous les politiques au pouvoir ces dernières années soucieux de rester dans les limites d’un écologiquement correct protecteur.

3. Question naïve et évidente : pourquoi les politiques ont-ils privilégié à 100 % les orientations écologiques les plus néfastes ?

Une réponse en une phrase suffit : parce que, dans une République qui devient bananière, tant les marchés aidés par l’Etat prolifèrent, le pactole correspondant aux ENRs et à la transition énergétique est monumental ! Et si on peut à la fois jouer les grands donneurs de leçon de « responsabilité écologique et citoyenne » et s’en mettre plein les poches (ou avoir le soutien inconditionnel de ceux qui s’en mettent plein les poches), il n’y a pas à hésiter.  Les milliards d’euros empochés à l’échelle européenne par les promoteurs des ENRs sont bien documentés. Un business d’initiés sans le moindre risque !

4. Les causes des vagues de chaleur record

Pour les écolos, analyser des observations est inutile, puisque tout s’explique par le réchauffement anthropique lié aux émissions de CO2. Le problème est que répéter inlassablement ce mantra ne permet pas d’anticiper les périodes de chaleur extrême. Bien au contraire : l’augmentation (et la dilution atmosphérique) des taux de CO2 étant un phénomène continu, progressif et global, l’augmentation des températures devrait être continue, progressive et globale. Or c’est exactement le contraire. Ce n’est pas continu mais chaotique, ce n’est pas progressif-linéaire mais stochastique (il existe à l’échelle des décennies des découplages massifs entre augmentation des taux de C02 et augmentation des températures), ce n’est pas global mais centré avant tout sur l’Europe (qui est le continent qui se réchauffe de loin le plus vite) et le sous-continent indien.

Une parade est utilisée en permanence dans les médias : les vagues de chaleur sont exceptionnelles parce qu’elles viennent se superposer au dérèglement climatique global, qui reste le phénomène de base dont le mécanisme est le rejet anthropique du CO2. Circulez, on connaît déjà la réponse avant d’avoir analysé quoi que ce soit ! Si on ne veut pas se résoudre à ce viol de la science, alors donnons au moins une description crédible des interactions entre effet CO2 et naissance des canicules. Il n’existe aucune ligne dans la presse scientifique sur le sujet.  Pourtant passer d’un phénomène général, lent et régulier à une crise brutale et localisée est une bizarrerie qui mériterait quelques explications ! N’en espérez aucune ! Pour le moment, rien n’a été publié et on sent que cela ne va pas être simple…

Les canicules de mai et juin 2026 ont été prévues par le NOAA (amplitude d’El Nino).

Le NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) est l’agence gouvernementale américaine de prévision des modifications climatiques. Dans son bulletin de début d’année NOAA estimait qu’il était possible que le phénomène El Nino soit d’une amplitude exceptionnelle en 2026 (« El Nino forms, expected to strengthen », rapport disponible en ligne) avec des conséquences redoutables sur le réchauffement de l’Atlantique nord. NOAA précisait même : si El Nino rencontre des anticyclones majeurs sur son parcours surviendront alors des canicules jamais observées. En plein dans le mille. Reste à expliquer ce qu’est El Nino. El Nino est en fait la seule variable climatique actuellement observable à l’origine du réchauffement (ce qui n’exclue pas, bien sûr qu’elle dépende elle-même d’autres variables hiérarchiquement supérieures). Au niveau de l’océan Pacifique équatorial les vents soufflent théoriquement vers l’ouest (alizés), entraînant l’air chaud et humide vers l’Indonésie et refroidissant les côtes équatoriennes (courant de Walker). Les pêcheurs d’Amérique du Sud connaissent bien ce phénomène : le refroidissement des eaux côtières leur permet d’avoir une pêche abondante. Par contre tous les 7 ans (ou parfois avant) les alizés faiblissent et le courant s’inverse : l’air chaud est poussé vers l’est, les côtes se réchauffent et la pêche est moins abondante. Ce sont les pêcheurs eux-mêmes qui ont décrit cette inversion, et comme elle s’amorce souvent en fin d’année pour Noël ils l’ont appelé « El Nino » (l’enfant Jésus). Depuis l’amplitude thermique de ce phénomène est chiffré, allant le plus souvent de 0,5 à 2°C. Mais pour 2026 NOAA estimait qu’un El Nino exceptionnel, d’amplitude 3°C (super El Nino), était possible. Ce qui s’est produit (les relevés sont disponibles sur le site de NOAA).

Théoriquement l’air chaud d’El Nino atteint l’Atlantique mais ne remonte pas jusqu’à l’Europe. Mais cette fois-ci en remontant vers le nord et l’Europe, il a rencontré des anticyclones exceptionnellement puissants et immobiles en mai et juin (et peut-être malheureusement en juillet). S’est alors déclenché le mécanisme bien connu du dôme de chaleur. L’air chaud de El Nino, bloqué par l’anticyclone, est redescendu vers le sol. Cet

air était déjà exceptionnellement chaud, et en descendant il s’est comprimé et encore plus réchauffé (la fameuse pression adiabatique). D’où les 40°C ou plus en arrivant au sol. Les longues journées de juin et juillet ont fait le reste.

Le phénomène El Nino est-il une explication suffisante ?

Le phénomène El Nino 2026 explique parfaitement les canicules actuelles. Reste bien sûr à comprendre pourquoi El Nino a eu cette intensité exceptionnelle d’amplitude 3°C. El Nino est un phénomène lié aux possibles ruptures de la symétrie est/ouest de l’albedo (l’albedo on l’a vu est le réfléchissement de l’énergie solaire entrante, soit 30 % pour la terre), symétrie liée elle-même aux régimes des vents de très haute altitude (« jet stream » ou « courant jet », ici tropical de l’hémisphère sud). Lorsque ces régimes de haute altitude modifient la couverture nuageuse, l’albedo change et les changements induits du réfléchissement thermique déséquilibrent et inversent les températures du pacifique (l’ensemble constituant le phénomène ENSO).

Ces « courant-jet » circulent à la limite supérieure de la troposphère/limite inférieure de la stratosphère. Qui plus est, ce sont ces mêmes courants, mais ici dans l’hémisphère nord subarctique) qui sont à l’origine de la formation des anticyclones au-dessus de l’Europe. Cette circulation est donc impliquée à la fois dans El Nino pour le pacifique sud et dans la formation d’anticyclones prolongés au-dessus de l’atlantique nord et l’Europe, c’est à dire précisément dans ce qui est survenu en mai, juin et juillet 2026. Une analyse détaillée des modifications des courant-jets est donc indispensable. Les tenants de l’hypothèse CO2 arguent évidemment que le phénomène El Nino ne fait que pousser un air déjà réchauffé par l’effet de serre. C’est faux quand le phénomène inverse survient (La Nina) puisqu’au même niveau du pacifique les eaux sont alors trop froides et renforcent le courant de Walker. Dans l’hypothèse « effet de serre » la température de l’air ne peut pas varier aussi rapidement. L’autre hypothèse du GIEC est que l’air au sol sous le dôme de chaleur est déjà chauffé à blanc par l’effet de serre. Ce n’était pas le cas au mois de mai.

c. Une hypothèse négligée et peut-être essentielle : les modifications de la pression adiabatique.

C’était l’hypothèse du plus grand climatologue américain (Richard Lindzen). L’intensité du réchauffement est liée à la compression de l’air descendant, donc à la pression adiabatique (cf supra). Si cette pression est anormalement haute du fait d’une pression supplémentaire exercée par les très hautes couches atmosphériques, dont le mécanisme reste à expliquer, alors l’air descendant sera encore plus chaud. Expérimentalement c’est ce qui s’est passé lors des incendies dévastateurs de Los Angeles en 2024.

d. L’exploration du phénomène El Nino est donc essentielle autant que complexe.

Il a été entièrement prévu par NOAA que le El Nino 2026 serait le plus fort depuis 100 ans. Rappelons que le El Nino de 1876 a tué par ses conséquences 3 % de la population du globe. Se contenter du modèle effet de serre n’est pas raisonnable, d’autant que les  résultats des mesures prises jusqu’à présent pour réduire cet effet de serre n’ont rien eu de probants.

5. Encore une fois, les limites de la théorie du CO2 anthropique

Néanmoins le « consensus scientifique général » (???) repose sur l’existence première d’un effet de serre lié au CO2 anthropique, le phénomène El Nino étant une cause secondaire. On peut lire actuellement dans les faux journaux d’information scientifique (type « Futura Science ») qu’il ne faut pas s’appesantir sur El Nino, le seul responsable est le CO2. Comme c’est tout de même El Nino qui est responsable des canicules actuelles et qui tue, il faudrait au minimum pouvoir modéliser les interférences effet de serre/ElNino, c’est un impératif scientifique de base. Et c’est là que le bât blesse. La théorie du CO2 anthropique suppose une dilution homogène du CO2 dans l’atmosphère au bout de 2 à 5 ans, et donc un renforcement global et homogène de l’effet de serre autour de la planète. Il n’y a pas de raison, en lien avec cette hypothèse, que des régions se réchauffent beaucoup plus vite que d’autres. Il n’y a pas de raison, qu’en raison du seul effet de serre, le Pacifique équatorial se réchauffe plus vite que l’Atlantique nord par exemple. Il n’y a aucune raison non plus pour qu’un effet de serre provoque une inversion des alizés du pacifique équatorial tous les deux ou sept ans (en clair que le CO2 rompe la symétrie est/ouest). L’effet de serre ne peut pas expliquer des événements avant tout locaux. L’effet de serre ne peut pas non plus expliquer l’augmentation de la pression adiabatique lors de dômes de chaleur. L’effet de serre correspond à une captation de longueurs d’onde des rayonnements dans l’infra-rouge et ne peut pas provoquer d’augmentation de la pression gazeuse (qui n’a d’ailleurs jamais été mise en évidence lors de telles captations).

Ainsi la théorie dominante (unique) ne permet ni de modéliser, ni de prévoir, ni de connaître l’amplitude, ni bien sûr de combattre la survenue de canicules. Décréter que l’effet de serre est la toile de fonds est une pétition de principe qui n’explique rien.

 6. Toutes les mesures prises reposent sur une théorie incertaine et ont des conséquences catastrophiques

Pourtant pratiquement 100 % des mesures prises par l’Europe REPOSENT UNIQUEMENT sur la théorie de l’effet de serre et de l’augmentation du CO2 anthropique : décarbonation massive, taxation maximale des énergies fossiles, passage aux véhicules électriques, transition énergétique vers les ENRs, réduction drastique de la consommation énergétique (surtout l’hiver), absence de toute lutte contre la chaleur autres que les moyens naturels (végétalisation, etc.).

Quelles ont été les conséquences pratiques de ces mesures dans la vie quotidienne ?

- une augmentation sans frein du coût de l’énergie ;

- une vulnérabilité complète aux fluctuations du coût de cette énergie liées aux barèmes de taxation intangibles ;

- un recours à des outils présentant un impact environnemental catastrophique (cf plus haut les éoliennes ; les batteries électriques sont du même acabit) ;

- l’élaboration de postulats délirants sur la végétalisation des villes ;

- une soumission suicidaire à l’économie chinoise (les voitures électriques et la folie de l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 en est le meilleur exemple) ;

- l’absence de toute lutte pratique contre le réchauffement (cf la situation actuelle) ;

- et surtout, ce qui n’est jamais souligné, mais ce qui pour un scientifique est le plus grave, l’impossibilité d’explorer d’autres pistes étiologiques du réchauffement. 

Le niveau scolaire a-t-il baissé comme il se dit un peu partout ?

Exemple d'exercice de calcul de 1953 en 6ème.

Problème de calcul proposé en sixième au lycée Henri IV en vue de préparer au BEPC l’année suivante, en 1953.

Enoncé : Le savon de Marseille est un cube de 5 cm de côté. Son usage familial quotidien, mesuré le premier jour d’emploi, a vu chaque arête du cube perdre un millimètre.

Questions :

  1. En combien de temps le volume du savon aura-t-il diminué de moitié (durée exprimée en en jours, heures, secondes).
  2. Combien de jours après l’achat faudra-t-il en racheter un autre.

Vous devez répondre en moins de 5 minutes !

Pour les meilleurs : hauteur du cube après 10 jours d’utilisation. Règle à calculs autorisée.

Heureusement, c’était un devoir à faire à la maison et non un exercice-surprise au tableau avec opérations par calcul mental sans poser les opérations. Cela aurait pu l’être ! Il n’est pas sûr que tous les enseignants actuels du collège unique soient capables de donner un corrigé correct, même en plus de 5 minutes !  Heureusement le test n’est pas inclus dans l’épreuve Pisa !

La fin bouffonne de l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante

Lorsque la crise de 1929 a frappé le monde, les Polytechniciens ont réagi avec le mouvement X-Crise. On ne pouvait pas laisser à des parlementaires ignares le soin de diriger le pays et il fallait que les scientifiques reprennent à leur compte le soin de l’économie. Date de ce moment la promotion d’économistes polytechniciens, dont le modèle sera Maurice Allais major de sa promotion et premier prix Nobel. Depuis la filière s’est un peu cassée avec des représentants qui se renouvellent mais loin de l’examen des questions importantes.

Lorsque la France, considérée comme la première armée du monde, a sombré devant l’offensive de Guderian, en moins de trois semaines, ce sont les Inspecteurs des finances qui se sont rebellés et qui ont pensé à leur tour qu’on ne pouvait pas laisser la politique entre les mains d’avocats ou de politiciens ignares et qu’il fallait redonner une vraie armature à la démocratie. Le mouvement commence dès le dernier gouvernement de la troisième République et s’amplifie sous le premier gouvernement Pétain. Des plans sont élaborés qui formeront l’essentiel de ce qu’on appelle avec une révérence sans doute excessive le programme du CNR, avec la création de la sécurité sociale moderne et celle de l’ENA. Mendès-France a été appelé par de Gaulle pour participer aux discussions qui conduiront aux accords de Bretton-Woods et pose une marque de sérieux économique dès les premiers pas de la Quatrième. Keynes de son côté et devenu le gourou du « dirigisme économique intelligent », par opposition à la nullité supposée des obsédés de la déflation salvatrice. On croit que l’on sait désormais éviter les grandes crises économiques. Rions ensemble, mes bien chers frères !

Dès la Quatrième, les hauts fonctionnaires se mettent en place pour conquérir le poste de Président du Conseil : Mendès-France sera le premier à y réussir et son parcours sera glorifié de façon un tantinet exagérée jusqu’à aujourd’hui. Il reste la référence de tous les hauts fonctionnaires voulant réussir en politique. Après le polytechnicien Bourgès-Monoury, Félix Gaillard (devenu inspecteur des finances en 1943) réussit à s’imposer, avant que la Quatrième ne s’effondre. Avec Michel Debré c’est le fondateur de l’ENA qui prend le poste de premier Ministre. Les jeunes diplômés de l’ENA commencent alors à peupler les cabinets et les partis, surtout à partir de mai 1968, sous Pompidou. L’objectif : la présidence de la République devenue le pilier du pouvoir politique. Jacques Chirac se singularise lors des négociations débouchant sur les accords dits de Grenelle : il lâche tout pour avoir la paix sociale, une habitude qui deviendra un dogme énarchique. Le pays paiera, mais surtout pas de risque de révolution donc pas de résistance excessive. On baisse d’abord sa culotte (de plus en plus vite) et en suite on hausse les impôts (de plus en plus fort) !

La grande bascule se produit avec Giscard, énarque polytechnicien, qui a réussi à intégrer ces deux écoles sans passer par les procédures d’admission normales. Il appelle Jacques Chirac qui crée un précédent : la trahison massive et éhontée de son parti d’origine pour obtenir le poste de premier ministre un procédé qui aura de l’avenir. L’ennui, c’est l’explosion de la première grande crise économique de l’après-guerre suivant la destruction par les Etats-Unis des accords de Bretton-Woods. Personne n’a compris qu’en régime de changes flottants les recettes keynésiennes pour sortir d’une récession ne marchent pas. Le plan de relance de Giscard-Chirac est délirant : autorisation administrative de licencier ; deux ans d’indemnités chômage à 90% du dernier salaire. La fiscalité devient de plus en plus délirante. Le septennat de Giscard sera fiscal de bout en bout. Peu de gens savent que le projet d’ISF a été conçu sur son ordre et qu’il devait passer aussitôt sa réélection acquise. La fiche de paie qui tenait sur un ruban de papier devient un document multipage.

Giscard signe les accords de la Jamaïque qui organisent la plus grosse catastrophe économique pour l’Occident : les taux de croissance s’effondrent avant que les crises financières ne s’enchaînent.

Pire, il décide avec Jacques Chirac que les réformes sociétalistes doivent se substituer aux politiques régaliennes classiques. L’avortement légalisé, et la destruction du mariage classique avec le divorce par consentement mutuel, signent la fin de la natalité en France. La loi Haby signe l’effondrement à venir de l’école. Le blocage de l’accès à la filière de formation médicale signe l’asphyxie à venir de la Santé. Raymond Barre prend l’avion pour constater que les « bourgeois avec piscine » prolifèrent et qu’il va falloir agir. Ils n’avaient sans doute pas de comptes en Suisse ni acheté leur maison avec les fonds secrets. Des « salauds » ontologiques ! On laisse l’immigration se développer sans frein et on l’accélère avec le regroupement familial qui transforme une immigration de travail en immigration familiale de masse.

Pendant ce temps-là la stagflation s’est imposée dans le monde et provoque la montée de la réclamation socialiste en France. Giscard croit intelligent d’humilier Chirac qui va s’employer à ce qu’il ne soit pas réélu. Les Enarquillons sortis de l’école se ventilent entre droite et gauche avec une forte tentation pour le PS : Rocard, Jospin, Fabius, bientôt Hollande et Ségolène, se haïssent et se préparent.

La récession de 78-81 permet à Mitterrand de gagner l’élection présidentielle avec un programme dément de nationalisations à 100 % et de mesures démagogiques. Cette gabegie fait tomber la France de son poste de troisième pays pour le PIB par tête. La déchéance commencée sous Giscard s’accélère. Les taux de croissance s’effondrent. Les naissances commencent à fondre. L’éducation nationale et la médecine commencent à souffrir de façon visible. Les budgets sont toujours réalisés en déficit. La dette commence à grossir. Les conflits d’Énarques à gauche comme à droite deviennent la marque de la politique française. Fabius Rocard et Jospin à gauche, Balladur et Chirac à droite. Chirac devient président avec Juppé en premier ministre avant de dissoudre sous la pression de l’Énarque Villepin, de perdre et d’appeler l’énarque Jospin. L’effondrement français se confirme. Le sociétalisme s’étoffe en même temps qu’on répond aux sirènes de l’européisme avec les accords de Maastricht et de l’écologisme, avec la nomination de Voynet qui commence à saccager l’industrie nucléaire française. Les naissances commencent à devenir inquiétantes. Le système social français cesse d’être finançable. La dette explose. Chirac et Jospin s’accordent pour réduire à 5 ans le mandat présidentiel et relèguent les législatives comme conséquence du choix présidentiel.

Le premier quart du XXIe siècle est dominé par les quinquennats de Chirac, Hollande et Macron (deux fois), avec la parenthèse Sarkozy qui finira en prison, pour bien marquer qu’en France seuls les Énarques ont le droit d’être président. François Fillon et Marine Le Pen découvreront cette règle non écrite.

L’européisme, le justicialisme, l’étatisme, le wokisme, le fiscalisme, le contrôle des médias, l’emportent sur l’intérêt national. Le macronisme voit son avenir dans l’énarque Philippe qui a fermé Fessenheim et déclenché l’affaire des gilets jaunes. Le PS est sous la houlette de Vallaud et Hollande, deux énarques sans grands scrupules. Le premier a fait nommer sa femme à la Cour des comptes permettant au couple de gagner des sommes d’argent public somptueuses, à vie. Le second a placé une de ses maîtresses à la mairie de Paris en lui accordant des pouvoirs spéciaux dont elle abusera. Il vit grassement des rentes de la République en savourant la joie d’avoir distribué sans limite des gratuités : « c’est gratuit, c’est l’État qui paie » disait-il. 3 500 milliards d’euros de dettes ne le font pas réfléchir.

Ne parlons pas de la décennie toxique du pervers narcissique Macron, symbole de l’effondrement de l’énarchie compassionnelle et bienveillante dans le n’importe quoi honteux, jusqu’à se présenter comme anti-français. Versailles est fournie en RBnB à Trump pour signer un traité dont la France est absente. On fournit à l’œil les Champs Elysées pour transformer une fête nationale en démonstration militaire européenne. La seule urgence du gouvernement factice de l’insignifiant Lecornu est de voter le suicide assisté exigé par les Francs-Maçons et eux seuls ! Comme si cela était une urgence voulue par la nation tout entière.

Il faut désormais acter la mort nécessaire de l’énarchie « compassionnelle et bienveillante ». Cette escroquerie a assez duré. La République est fondée sur la séparation des pouvoirs. Le politique et l’administratif doivent être séparés par des cloisons étanches. Les espoirs de 1940 ont totalement sombré dans la quête de pouvoir et d’argent d’une caste devenue sans principe, qui a cédé le pouvoir aux juges et à l’Union européenne et ne pense plus qu’à se servir en famille.

Une réforme constitutionnelle doit poser les règles nouvelles :

-            Nul ne peut disposer de deux rémunérations de l’État

-            Nul ne peut être élu au Parlement s’il est fonctionnaire.

-            Tout fonctionnaire détaché auprès d’organismes dépendant de l’argent public doit l’être à ses conditions de rémunérations statutaires.

Il faut se rappeler que la multiplication des hautes autorités et autres machins a eu d’abord comme objectif de faire sauter les limites de rémunération.

Personne n’est choqué de voir  un couple de hauts fonctionnaires, pousser  sa fille, à la sortie de l’ENA, dans un cabinet à la mairie de Paris, où sa mère travaille comme haut fonctionnaire, puis dans une équipe ministérielle, avant de la voir nommer à un secrétariat d’Etat puis au poste de ministre. Qui peut faire cela dans le privé ? On peut alors essayer de lui tailler une circonscription électorale. En cas d’échec on la fait nommer à la tête d’une agence dont le président touche 700 000 euros par an, tout en vivant aux frais de Nicolas-qui-paie ! Magnifique, non ? Pourquoi se gêner ? Ne parlons pas de Parly 2 !

Les Enarques qui veulent faire une carrière politique devront démissionner de leur statut. Ce n’est pas une condition suffisante : on a vu que Bruno Le Maire, à la suite d’un mariage avantageux financièrement, a démissionné de son statut de haut fonctionnaire et cela ne l’a pas empêché de ruiner le pays par des dettes astronomiques et insupportables. Mais tout le monde a vu lors du passage de témoin à son successeur qu’il était révéré comme un pape de l’Enarchie.

L’obligation de démissionner de la fonction publique pour se lancer dans la politique est mesure insuffisante mais nécessaire. Aurait-elle été prise, on ne verrait pas Wauquiez, Copé, en attendant Pécresse, trahir leur propre camp en faveur de l’énarque Philippe. Vallaud et Hollande seraient hors-jeu. Macron perdrait jusqu’à l’espérance d’un retour et Philippe devrait se trouver un rôle de haut fonctionnaire. Par exemple, libérer les ports français de l’influence de la CGT et éviter que toutes les importations européennes et françaises ne passent par Rotterdam !

Tout le monde en France respirerait un peu mieux !

L’énarchie compassionnelle et bienveillante est morte de ses excès. Il faut acter cette réalité navrante.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

La disparition d’Alan Greenspan : une occasion escamotée de réfléchir un peu

Alan Greenspan est un parfait inconnu lorsqu’en été 1971, les Etats-Unis ont décidé de jeter à bas l’organisation monétaire concertée mise en place par les Accords de Bretton Woods.

Pendant des années entre 1941 et 1947, les meilleurs économistes ont travaillé sur une question clef : comment éviter les crises périodiques dont le drame de la récession de 1929 avait montré les conséquences fâcheuses. Il fallait que les Alliés, à la fin d’une guerre mondiale acharnée, et dévastatrice organisent une paix durable et sans crises économiques répétitives.

Absolument tous les participants ont dénoncé les errements monétaires, provoquant des déficits et des excédents commerciaux intenables, comme la cause profonde des dérèglements d’avant-guerre. Les grands déficits et les grands excédents devinrent des tares à extirper et les monnaies devaient être stables et ajustables par accord général. Pour éviter des ajustements trop violents, un Fond Monétaire International devait à la fois surveiller la situation dans chaque pays pour prévenir les dérapages et fournir des ressources temporaires aux pays en grands déficits pour y éviter des récessions qui entraveraient l’ensemble de l’économie mondiale.

Ce schéma a parfaitement fonctionné. Il y a eu deux ralentissements mondiaux en 1952 et 1963 mais aucune récession jusqu’à la décision unilatérale des Américains de casser le système à l’été 1971.  

Il avait néanmoins un défaut de construction : les Etats-Unis avaient imposé que le dollar soit considéré comme équivalent de l’or comme base d’évaluation des monnaies et liquidité internationale. La raison était simple : tout l’or était aux Etats-Unis ! Cela imposait au dollar de maintenir sa valeur en or. A 35 dollars l’once, cela supposait pour les Etats-Unis une politique budgétaire plutôt restrictive. La guerre du Vietnam, la compétition dans l’espace avec l’URSS et les plans de développement internes très ambitieux des Démocrates ont rendu cet objectif intenable. Pour ne pas être grugées, les nations ont demandé le remboursement en or de leurs créances en dollar. Pour éviter de voir leur réserve asséchée, les Etats-Unis ont décidé de faire carrément défaut sur leurs obligations. « Le dollar est notre monnaie et votre problème ».

Cela provoquera dès1972 une récession aux Etats-Unis qui gagne le monde en 1973. La crise du dollar entraîne au bout d’un an la formation d’un cartel de pays pétroliers soucieux d’enrayer la chute verticale de leurs recettes en dollars. Cette décision aggrave la crise. Les Accords tragiques de la Jamaïque en 1974 établiront le régime des changes flottants qui allait détruire la croissance mondiale et conduire à la stagnation toutes les économies occidentales.

Ces décisions n’ont pas été conduites par une doctrine établie et consensuelle. Les changes flottants étaient considérés dans tous les grands manuels comme une fantaisie qui ne méritait pas plus qu’un paragraphe moqueur.

Mais il n’était pas possible de ne pas donner un semblant de légitimation théorique aux accords de la Jamaïque. On a sorti du néant le seul livre qui justifiait, un peu, les changes flottants dont l’auteur était Milton Friedman et ouvert une carrière à Alan Greenspan qui adhérait totalement à cette doctrine. Le premier est devenu le penseur économique et monétaire à la mode autour du concept qui fait de la monnaie est « une marchandise comme les autres » dont le prix doit se former librement sur un marché où l’interférence des Etats doit être interdite. Le second a pris les progressivement les commandes au sein du système financier américain.

On a inscrit cette doctrine dans un mouvement néo-libéral, portant sur l’ouverture générale des marchés et l’abaissement des frontières, avec in fine l’intégration de la Chine dans le système.

Les effets tragiques ont été immédiats. Les crises financières périodiques sont revenues : 1973, 1982, 1992, 1998-2001, 2008… Le taux de croissance global s’est effondré. On tourne en Occident autour de 0.5% actuellement, là où on était entre 4 et 7% avant 1971.

On fera de Greenspan un président de la FED. Il finira par avouer que tout ce qu’il pensait s’était finalement avéré erroné et qu’il s’était trompé sur toute la ligne. Il restera dans l’histoire pour une phrase amusante : « si vous avez compris ce que voulais dire, c’est que je me suis mal exprimé ». Et c’est tout, ce qui explique l’absence quasi-totale de commentaire approfondie à l’occasion de sa disparition. La crise des subprimes a balayé son souvenir comme référence sérieuse.

L’ennui, c’est que les conséquences économiques des changes flottants ont été tragiques sans que personne ne veuille rouvrir la question de l’organisation monétaire.

L’union Européenne a profité du désordre pour créer l’Euro, une monnaie fixe que ne permet plus de gérer les ajustements des balances de paiement par la révision des parités monétaires. Après près de quinze ans de restriction monétaire pour entrer dans les critères de l’Euro, qui a tué une bonne partie de notre industrie, la crise de 2011, propre à l’Euroland, allait encore aggraver la situation, faisant de l’Europe la zone la moins dynamique du monde en matière de PIB et laissant emploi et industrie à la disposition de la Chine, de l’Inde, de la Turquie et en fait du monde entier. La récession est le seul moyen d’ajustement pour un pays en déficit si les pays en excédent ne sont pas associés à la manœuvre. Se souvenir du cas grec !

Deux systèmes monétaires foireux, propices aux crises périodiques sévères et sans moyens d’ajustement autre que la stagnation, coexistaient dans l’absurdité et le silence jusqu’à ce que les Etats-Unis réagissent à nouveau et procèdent aux ajustements qu’ils jugeaient nécessaires, non plus par les monnaies mais par les droits de douane, le pire des moyens, avec en prime une guerre au Moyen Orient provoquant le blocage de l’approvisionnement en matières premières vitales pour l’Europe.

Première conséquence ; le multilatéralisme est mort et on sait qu’une organisation monétaire internationale saine passe d’abord par le multilatéralisme. On va donc subir inlassablement les conséquences économiques lamentables des deux systèmes monétaires internationaux.

La mort d’Alan Greenspan s’est produite alors que le chaos de la doctrine aventurée qu’il a longtemps soutenue atteint son acmé. Il serait injuste et de mauvais goût d’ironiser sur le décès du fossoyeur de la prospérité occidentale. En vérité, il n’a été que la caution et l’acteur momentané de voies de fait qui l’ont toujours dépassé. On a expédié son décès pour ne pas insister sur le désastre des changes flottants qui restent un tabou dans la presse française et internationale, au moment où il atteint des formes catastrophiques et même ahurissantes.

Ce tabou doit tomber. C’est la grande leçon à tirer de la disparition d’Alan Greenspan. Dans le système d’information « construite » dominant, elle ne le sera pas. C’est une preuve évidente de la déchéance de la pensée économique contemporaine et de l’ineptie routinière de la politique en France et en Europe.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Ce blog fête ses 18 ans.

Ce blog fête ses 18 ans, plus de 5 millions de lectures et plus de 1 100 articles, représentant plus de 5 000 pages de textes sur tous les sujets qui fâchent.

Il a accompagné une des périodes les plus sinistres pour la France, marquée par son effacement et sa marginalisation dans une mondialisation déséquilibrée, un Occident en crise, une Europe soumise aux lobbies, hyper normative, autodestructrice et où l’Allemagne a reconstitué sa proéminence. Nous avons connu en 2008 la pire crise financière mondiale depuis 1929, puis, en 2011, la première crise spécifique de la zone euro. Nous vivons un effondrement des naissances avec une perspective de disparition du pays avant la fin du siècle. Un socialisme totalement débridé veut faire de tout propriétaire « un salaud détournant un bien public à récupérer d’urgence ». La France est devenue le leader mondial pour la spoliation fiscale. Nous avons importé sans révolte un wokisme faisant du couple hétérosexuel une horreur. Nous avons accepté la prise de pouvoir sur le politique d’une phalange de hauts fonctionnaires étatistes, européistes et socialisants par (dé)construction. Nous avons laissé s’installer un système d’information biaisé, forgeant des mensonges à répétition pour « construire l’opinion ». Nous avons importé sans réaction une hystérie « escrologique » à la fois intéressée (le lobby international des éoliennes et des plaques photovoltaïques domine l’Europe) et ruineuse. Nous avons consenti à l’abandon de la sécurité intérieure et extérieure pour complaire à une vision charlatanesque de la bonté universelle.

Constatons les grands traits de la situation française : stagnation de longue durée frôlant la récession permanente, perte de 700 milliards de PIB chaque année en abandonnant notre troisième place de 1971 pour le PIB par tête, dette publique abyssale de plus de 3 500 milliards d’euros, crise énergétique, crise industrielle, crise agricole, crise dans l’immobilier et la construction, blocage des circulations urbaines, décroissance démographique, triomphe de l’islamisme et de l’antisémitisme, assassinats politiques, émeutes de rue répétitives, poussée délirante de la délinquance, services publics asphyxiés, plus d’armée digne de ce nom, justice démolie en profondeur, santé publique à la dérive, école détruite, information publique idéologisée, malhonnête et partisane, numérisation fragile tenue par des sociétés étrangères avec une vulnérabilité croissante de tout le système, grèves systématiques dans les secteurs publics, disparition de l’autorité…

La descente aux enfers est marquée depuis 50 ans par la fatuité de Giscard, la figure de pourrisseur de Mitterrand, la mollesse de Chirac faisant de l’incapable destructeur Jospin un leader de « dream team », le triomphe du centrisme impuissant, le n’importe quoi sarkoziste, puis de Bidochon-les-petites-blagues, sur fond de massacre du Bataclan et pour finir le nihilisme destructeur du pervers narcissique Emmanuel Macron. D’où la tentation fréquente de mettre en cause l’élection directe du président de la République.

Il est vrai qu’il faut se pincer pour constater que le toxique M. Macron a été réélu, comme l’a été Mme Hidalgo, qui a engagé la destruction de Paris par asphyxie des circulations et de l’habitat, l’hyper déséquilibre des finances municipales et la substitution intéressée de la population

Le Cercle des économistes e-toile s’est formé justement parce que tous ces dégâts étaient envisageables dès 1997. Les malheurs qui se sont abattus sur l’économie mondiale, sur l’Europe et sur la France étaient inscrits dans les institutions et les pensées dominantes dès les années quatre-vingt-dix. Elles ont ravagé le quart de siècle suivant sans qu’il ait été possible de faire prendre conscience des délires désastreux qui allaient suivre, largement du fait du blocage de l’information par ceux qui la dominent. Forum et blogs se sont révélés finalement impuissants à changer le cours des choses et la pédagogie des catastrophes n’a pas joué non plus.

La terrible récession de 1992-1993 était un tocsin, mais personne n’a voulu l’entendre. Elle marquait de façon explicite le désastre du système des changes flottants et des déséquilibres commerciaux et financiers acceptés. Greenspan vient de décéder à 100 ans. Paix à son âme mais la caution qu’il a donnée à un système tragique est un leg difficilement pardonnable. L’intégration de la Chine dans une mondialisation sans règle fournissait le cercueil de l’économie occidentale. La conférence de Rio en 1992 marquait le succès de Maurice Strong et de sa bande et lançait l’hystérie « escrologique » mondialisée. Le traité de Maastricht annonçait clairement ses conséquences. Les effets de la pilule, de l’avortement et du planning familial, associés à la destruction du couple traditionnel étaient déjà patents en 1990 mais la suite s’est révélé catastrophique. Mais chut ! Il ne fallait pas le dire. .

Quant à la gauche révolutionnaire, elle continuait à sacraliser tous les tueurs passés à l’action, le maoïsme et ses millions de morts, Pol Pot et les Khmers rouges, Prachandra, au Népal, les Farc en Colombie. Pas un tueur en série ne devait échapper à la dévotion militante. La gauche dite par antiphrase de gouvernement, conquise par l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante, entendait gérer le capitalisme avec le soutien des Eurolâtres de la finance mondialisée, quitte à abandonner les ouvriers sacrifiés au profit de l’immigré africain. « Touches pas à mon pote », disait-elle, en construisant les planches de nouveaux piloris destinés au « petit théâtre antifasciste », à la lutte contre les restes de l’Eglise catholique, et la chasse aux juifs sionistes. L’Occidental, chargé de tous les péchés, devait se couvrir la tête de cendres et entrer en repentance. Il devait se prosterner devant l’Islam régénéré dans la violence terroriste par l’assassin de masse iranien Khomeini, adulé par une certaine gauche.

Tout était donc en place pour le désastre du premier quart de siècle suivant. Pour l’observateur, tout était facile à constater et à analyser à condition de ne pas refuser de voir et de comprendre.

Les deux auteurs d’utilité publique, Alfred Sauvy et Maurice Allais, ont été marginalisés, le dernier étant jeté aux orties sans ménagements. L’information construite et aseptisée est devenue totalement asphyxiante. Le mensonge organisé s’est installé dans l’information française. Il a atteint par son intensité et ses formes invasives et perverses un niveau totalement insupportable. Il est désormais protégé par des lois qui interdisent de protester. Tout est pénal mais on n’a pas construit de prison pour juguler la délinquance avérée, celle qui s’en prend aux biens et aux personnes et qui fait l’objet d’une compassion victimaire délirante. L’inversion victimaire est partout. La soumission est organisée. L’islamisme triomphe sur les ruines de la Renaissance. La culture française est en lambeaux et abandonnée. « Elle n’existe pas » dira Emmanuel Macron, un président indigne et toxique, tellement représentatif de l’époque.

Constater qu’après ce quart de siècle de délire autodestructeur, le choix présidentiel n’est plus qu’entre la famille Le Pen et l’ignoble Mélenchon, entré en trotskisme sous le nom de Santerre, le tueur génocidaire de la Révolution française en Vendée et l’inventeur du gazage des populations, dont l’exemple sera repris par Staline qui fera gazer des « koulaks » avec des gaz d’échappement de camion, avant que l’ex militant communiste Hitler systématise la méthode, a quelque chose de fascinant par l’ampleur de la dégringolade mentale et politique française qu’il révèle.

L’État français a perdu tout pouvoir sauf celui de voler les Français et de les accabler d’obligations intenables. Le gouvernement des juges triomphe, fondé sur la captation au sommet de l’interprétation des préambules constitutionnels et par le bas par le justicialisme débridé pratiqué par des juges de gauche, certains de l’impunité. Le peuple gronde et marque sa colère contre une corporation qui l’a trahi et qui l’a affiché sur un Mur des Cons qui n’a rien de virtuel et tout de permanent. L’Union Européenne, laissée sans contrôle par un président foncièrement anti-français, a réussi à détruire notre industrie, notre agriculture, et notre politique énergétique et même, la construction immobilière. Les cadeaux au peuple sans production et entièrement payés par la dette se sont imposés comme exclusif moyen de gouvernement. Demandez à M. Hollande, le gros malin qui joue au cheval de retour : « C’est gratuit c’est l’État qui paie » et qui aura droit sur le service public à une émission dirigée par la femme de M. Glucksman où il a étalé pendant les heures ses cadeaux au peuple à base de gratuité fictive.

L’inversion est partout. On veut consommer et redistribuer sans produire ; asseoir la sécurité sur la protection et l’excuse des assassins, assurer le destin français en niant la France et en la dissolvant dans une Europe fédérale chimérique dominée par l’Allemagne, électrifier les usages en s’appuyant sur une énergie imprévisible et incontrôlable, renforcer l’Éducation nationale en liquidant l’enseignement national. On pense assurer la promotion des nuls en détruisant les méritants, des pauvres en détruisant les riches, des femmes en détruisant une virilité déclarée toxique, des régions en détruisant les grandes villes, des pays sous-développés en accablant les autres, des immigrés en saquant les nationaux etc.

La grande question est devenue poignante  : que sera la France dans 25 ans si on continue comme cela ?

On sait déjà que la population aura diminué et que les enfants se seront évaporés. Il est probable que les régions séparatistes auront réussi leur projet : l’Alsace aura gagné son statut de région européenne autonome, comme la Corse, la Bretagne, le Pays basque, la Savoie, la Flandre, l’Occitanie, le Comtat Venaissin et pourquoi pas l’Auvergne et la Normandie. L’Union européenne sera un Etat fédéral de plein droit avec un président élu. L’anglais sera la langue unique officielle de la Fédération. La France sera un état islamisé, ruiné et dominé par le narco trafic, où les muezzins peupleront les minarets. L’université française poubellisée sera juste un forum politique visant à défendre intérêts de l’Islam comme aujourd’hui mais d’une façon déclarée et ouverte. L’explosion finale des finances publiques aura entraîné une récession de plus de 30 % du PIB. La France sera à la soixantième place dans le classement du PIB par tête. On aura commencé à tuer les vieux dans les hospices. Il sera devenu impossible de maintenir le patrimoine et on aura plus d’argent pour faire face aux frais d’entretien des grandes villes. Des ruines urbaines commenceront à apparaître en leur sein, comme on voit des masures s’effondrer le long des routes aujourd’hui.

Le plus consternant est que ce scénario est le plus favorable. Une invasion russe ou une guerre civile, une récession gravissime, ou toute autre catastrophe du même genre peuvent se produire à tout moment, en même temps qu’une fuite des élites et des capitaux, laissant la France au niveau dramatique d’épave nationale, sociale et économique.

On dira : vous exagérez ! Regardez autour de vous ! Tout le monde est heureux. Et si vous posez la question, tout le monde déclare aller bien et que ce sont les autres qui vont mal. Ce n’est pas faux. Mais on connait tout cela. C’est la fameuse blague du type qui tombe de 30ème étage : jusqu’au premier, tout va très bien ! Accroché à une dépense publique désormais infinançable, tout va bien tant que cela ne casse pas. Sinon, patatras !

C’est toujours difficile d’envisager le pire.

Qui aurait pu prévoir en 1971qu’on soit là où la France est descendue cinquante-cinq ans plus tard, qu’on aurait accepté de réélire un Président atteint par une maladie de la personnalité, antinational et pervers, qu’on aurait toléré qu’une Espagnole abusive poussée au pouvoir par les alcôves détruise la capitale française ? Qui aurait même pu seulement imaginer qu’on détruirait radicalement l’école, la justice, la police, l’armée, l’industrie, l’agriculture, l’énergie, l’activité portuaire et même l’immobilier, tout en laissant les naissances sombrer, la dette s’envoler à des sommets himalayens et la drogue triompher, sur fond de remplacement inéluctable de la population par des immigrés islamisés et revanchards ? Par quelle dinguerie soudaine la France a-t-elle accepter cela , et a cru devoir en redemander ?

Encore aujourd’hui, nous ne voulons pas voir les dommages certains de la persistance des erreurs récentes les plus graves. Qui a écrit que l’ennui du pire, c’est qu’on s’y habituait ?

L’honneur de ce blog aura été de ne jamais céder à la tentation d’abandonner le combat contre des erreurs qui s’avèrent désormais clairement mortelles pour une « certaine idée » de la France, sa prospérité et sa place dans le mouvement du monde.

Malgré les rodomontades, aucun parti politique n’est décidé réellement à faire face. Dès qu’il s’agit de prendre une mesure précise et centrée sur un problème grave, obligatoirement génératrice d’une opposition forte et d’une obligation de combattre pas à pas, tous les politiques tournent le dos, même quand les mesures sont parfaitement fondées et défendables. Mais « c’est la faute du peuple » : la démocratie veut qu’on suive l’opinion publique, non ? Les « jeunes » ? Ils ne voudraient plus travailler, comme les cinquantenaires.

Alors « e viva la muerte » : les Parlementaires veulent organiser le suicide assisté ; Mme Tondelier suggère de laisser mourir de chaud, sans climatisation, les vieillards surnuméraires. M. Mélenchon, sous son surnom de Santerre, l’homme qui a inventé le gazage de population, annonce le grand nettoyage révolutionnaire. M. Macron fait entendre aux mères de famille qu’elles doivent s’attendre à perdre des enfants ! Tant de sollicitude pour la mort est bien émouvante.

Seule obsession politicienne : être candidat puis au second tour de l’élection présidentielle. Pour la suite, on verra bien ! Pour durer, on ne dira rien. Eloge du néant béant sur le fond, et du néant bêlant sur la forme ; la tactique politicienne et la com’ sont les seules préoccupations.

Aucun intérêt ! Aucun espoir de changement ?

Le Français, né malin ….

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

 

Nécessité et difficulté d'un sursaut national.

Du sursaut au sein des Républicains au sursaut républicain, puis au sursaut national, voire au sursaut européen, le sursaut est un concept qui se décline bien dans de multiples directions : le système social, infinançable, l’économie, en déclin accéléré, la culture française victime expiatoire du Wokisme anti occidental et de l’islamisme, etc.

Il impose d’avoir une claire vision des causes de l’effondrement progressif qui nous accable. C’est là où le bât blesse en premier, car les causes sont peu populaires et pas toujours faciles à comprendre pour les politiques comme pour les électeurs, et les solutions exigent parfois de sortir d’habitudes de penser et de réagir. Le sursaut impose une perspicacité et une pédagogie affirmées.

La première cause est la plus complexe et totalement hors du champ politique et médiatique : la destruction d’un système de changes basé sur la coopération et la lutte coordonnée contre les excédents et les déficits excessifs. Elle entraîne des crises à répétitions, l’effondrement de la croissance, et l’endettement général. L’entrée de la Chine dans l’OMC a été une calamité. Ses excédents faussent tout. L’Euro est un mauvais système monétaire car il ne permet aucun ajustement par la valeur des monnaies et n’impose pas de réduire les excédents monstrueux. On exige des pays déficitaires de réprimer leurs dépenses et on détruit la croissance générale. Sans alternatives pérennes ni moyens d’ajustement concerté.

La seconde est l’effondrement de la natalité. Le vieillissement n’est pas grave si les naissances sont importantes et si on peut rester actif en bonne santé plus longtemps. Le problème est mondial dans les pays développés mais minimisé en France depuis 1968, la pilule, puis la loi sur l’avortement et celles sur l’affaiblissement du couple hétérosexuel. Nous avions 30 millions de moins de 20 ans. Nous en sommes à 15 millions. 50% de chute. Un drame. La perspective est entre 5 et 7 millions en 2080, donc la disparition du pays… Il a fallu attendre le non-remplacement générationnel pour commencer à ouvrir un peu les yeux, mais le péril de l’absence de naissances suffisantes a été transformé en péril vieux !  Une honte !

La troisième a été la préférence pour la croissance des pays sous-développés, en Europe comme dans le monde. En Europe on a subventionné les pays de l’Est et du Sud par les fonds structuraux prélevés sur les pays plus riches, tout en y transférant des activités productives. Aux Français qui travaillent de payer. Et à l’échelon mondial on a fait sortir de la pauvreté 350 millions de personnes en Chine, en Inde, en Turquie, etc. également par transfert d’activité et d’investissement, en cassant l’emploi industriel en France comme partout dans les pays développés. Les Etats-Unis se sont alors rendu compte qu’ils n’y arrivaient plus et la France est dans la même situation. On ne peut pas, « en même temps », payer la croissance des autres et la sienne propre.  

Ces trois sujets sont actuellement totalement hors du débat politique pour de mauvaises raisons. Les gains financiers du recyclage des excédents gigantesques est tel pour quelques-uns que « les élites » ne veulent pas y renoncer. L’enrichissement de Macron chez Rothschild, comme les complicités dans la vente d’Alsthom en témoignent. Les mouvements féministes et écologiques ne veulent pas entendre parler de natalité. Les entreprises mondialisées, et la France en a quelques-unes, ne veulent pas renoncer à des marchés où ils font l’essentiel de leurs gains financiers, puisqu’en France on ne peut plus gagner d’argent. .

Deux « constructions » ont aggravé tout à partir du début des années 90 : le fédéralisme européen et l’écologisme hystérisé, puis l’association des deux contre la France.

Mitterrand était un pourrisseur, dans tous les domaines de sa vie privée comme de sa vie publique. Il voulait être le dernier président de plein exercice de la Vème. Il a gagné. Maastricht à été le début de la fin pour la France et la fin du début pour le fédéralisme absolu en Europe. Alors qu’il ne s’agissait au départ que de faciliter le fonctionnement interne de la CEE après l’élargissement du nombre des pays membres, on a basculé dans la création d’un pouvoir central absolu où la France ne pèse que 10% donc perd son indépendance et les moyens de réagir à des mesures désastreuses pour elles. Quand le cynique Bruno Lemaire annonce dans son dernier livre que l’Union européenne est une démocratie « canada dry » il n’a pas tort. La France n’a plus le moyen de s’y faire entendre et respecter. Le français a été évacué. L’extension aux portes de la Russie a créé une guerre dévastatrice. Certains pensent encore à intégrer la Turquie le Liban et Israël ! Pourquoi pas l’Iran ? Les ambitions de Macron en Europe lui ont fait abandonner les intérêts français et multiplier les postures destinées à le faire connaître et apprécié par les Européens, avec un certain succès. Il jugeait cela nécessaire pour devenir le premier président élu de l’UE. Porter un langage européen qui ne soit pas fédéraliste est très difficile aujourd’hui. LR s’est progressivement détruit en n’ayant aucune vision européenne depuis le ralliement de Chirac à Maastricht et l’union avec des centristes.

L’équipe minuscule et cupide de Maurice Strong a réussi à lancer à l’ONU l’hystérie de la transition climatique, après son « succès » sur l’affaire de la couche d’ozone, pour enrichir quelques lobbies des EnR. L’homme coupable de fin du monde et de la destruction du vivant, sommé de cesser de créer du CO2 au nom de la science, est une fabuleuse construction politique et une belle escroquerie. Timmermans pour tenter de devenir président du conseil en Hollande avait besoin des Verts. Il a surjoué l’écologisme, sans aucun contrôle notamment de la France. Les coûts passés, présents et futurs dérivés pour la France sont simplement monstrueux.  Pour aucun résultat climatique comme on le constate avc la canicule anticipée actuelle. Mais on a cassé notre industrie, notre agriculture, notre mix énergétique et même le bâtiment ! Folie totale. C’est très difficile à contrer sans devenir un climato sceptique anti européen tueur de la nature et du monde vivant !

L’Union Européenne a été aussi le pivot de l’entrisme musulman, de l’immigration sans limite, du sans frontiérismes, du droit-de-l’hommisme et du wokisme culpabilisateur. Macron a tout relayé. Le droit à la transition climatique est devenu un droit de l’homme, comme le foulard islamique, marque de la bonté anti-raciste. Le soutien aux provocations de l’Ukraine a été encouragé, François Hollande finissant par avouer que les accords de Minsk n’avaient pour but que d’être violés ! On a vu les résultats.

L’Allemagne a pris le leadership en Europe et reconstitué son hinterland. Notre déficit est tel avec ce pays que si on faisait du Trump, on augmenterait les droits de douane de plus de 100%. Elle a racheté un nombre colossal d’entreprises françaises). La Hollande a capté les importations européennes et dispose également d’un excédent colossal avec la France qui a laissé les dockers interdire tout trafic d’importation nouveau. Merci à M. Edouard Philipe et quelques autres.

Les mesures fiscalistes, démagogiques, socialistes accumulées depuis 74 conjuguées avec l’effet des récessions périodiques, des déplacements de l’investissement, de la maladie réglementaire, et des mesures anti-activités, ont fait dégringoler la France dans les classements du PIB par habitant. Si nous étions restés à la troisième place des pays comparables, nous aurions 700 milliards de plus par an à se partager entre Etat et particuliers et des soldes positifs pour le commerce extérieur et le budget.

Pratiquement tous les marchés en France sont associés à des sources d’argent public.  Si on freine sur la dépense, on casse le revenu de millions de gens. Ils le savent. Une économie à ce point administrée est d’une extrême fragilité.

Je crains que personne n’ait vraiment pris la mesure de l’ampleur des mesures à prendre pour sortir de la spirale descendante qui est la conséquence de ces gigantesques erreurs politiques. Construire un sursaut est indispensable mais un travail d’explication phénoménal est nécessaire pour rendre acceptable les mesures nécessaires.

Quand on essaie de présenter le minimum minimorum d’actions à mener, on voit les yeux se lever au ciel dans la consternation et l’horreur. Politiquement, juridiquement, médiatiquement impossible ! Pas un peu impossible. Totalement inenvisageable sur certains sujets comme la natalité, la fonction publique, le temps de travail, la répression du crime, les gratuités, le récit national. Tout est tabou.

Comme les conséquences sont dures pour beaucoup de français, privés de services publics et appauvris, les politiques revanchardes fondées sur la chasse aux boucs émissaires tient le haut du pavé. Les riches d’un côté, les immigrés de l’autre avec en prime l’exaltation du « théâtre de l’antifascisme », et la déification de dame nature. Surprise, la gauche a restauré en prime la haine du juif, et la nécessité de détruire Israël, tout en promouvant les Transgenres et les meutes de bêtes nuisibles comme héros de notre temps.

Ce qui reste de jeunesse est appelée à « s’indigner » et s’engager contre tout et l’inverse de tout, et surtout contre elle-même, sa culture et son histoire, entre running, malbouffe, bière au rabais, routardise et sous-emploi.

Le pessimisme du « tout est foutu » gagne du terrain. Voir Eric Naulleau ! Dans le film Viridiana de Bunel, qui ne date pas d’hier, la scène centrale est un groupe hideux de clochards ivrognes souillant de toutes les manières, même les pires, des robes de mariées. Il a fallu du temps mais la réalité a rejoint la fiction et l’affliction. Le clochard s’est réincarné en Macron, Lecornu, Mélenchon, Hollande, Vallaud, Ernotte, Rousseau, Panot ou Rima Hassan… Dans ce jeu de rôle, la robe de mariée, c’est la France.

Les Français vieillissants et assommés par une « information construite » qui les malaxent dans le mensonge et la culpabilité généralisée peuvent-ils soudain se réveiller en un grand sursaut salvateur après cinquante ans de descente aux enfers ?

Un Charles Gave attend pour 2027 la grande crise économique qui permettra de repartir sur un terrain nettoyé. D’autres attendent qu’on ait atteint le fond de la piscine pour donner le coup de pied salvateur.

La politique du pire est la pire des politiques. Mieux vaut promouvoir le sursaut immédiat. LR peut en être le levier. Mais quel défi ! Faire accepter au pays une révolution copernicienne est une ambition majeure qui demandera à tous les adeptes une force de conviction exceptionnelle et un courage quotidien tout au long du trajet ! Le seul moyen sera d’insister inlassablement sur les résultats attendus plus que sur les moyens. Le but c’est 350 milliards de revenus en plus pour les Français et 350 milliards de plus pour l’Etat, avec le retour de la maîtrise du destin français. Et il faudra actionner tous les leviers disponibles.

Un joli défi ! Organisons le sursaut ! 

Les trois leçons des dernières élections européennes, législatives et municipales

Ces trois élections forment un tout. Les leçons à tirer de chacune sont les mêmes. Il est inutile d’attendre les résultats du second tour de la dernière pour les formuler.

Première leçon : la concentration des pouvoirs aux mains d’un groupe central ectoplasmique fait montrer les extrêmes à droite et à gauche. Comme promoteur de cette réalité, Emmanuel Macron a tué sciemment la droite et la gauche de gouvernement. L’absence d’alternance et la tentation de nazifier la droite issue du mouvement de Le Pen (bienvenue à chaque présidentielle à Oradour sur Glane) a stimulé une extrême gauche qui fait semblant de croire qu’elle conjure l’arrivée fantasmée d’un nouvel Hitler et reconstruit des milices qui n’hésitent pas à tuer. Le dégoût devant les dérives de Mélenchon, n’empêche pas le PS de s’acoquiner électoralement avec lui. La violence extrémiste est au bout de ce « théâtre indigne ».

Seconde leçon : le retour des récessions périodiques, empêchées pendant les Trente Glorieuses par les règles des Accords de Bretton Woods, rythme les changements de majorité, radicalise les extrêmes, décourage les « forces vives de la nation ». La croissance, qui est passée de 5 à 7% à des variations autour de 1%, c’est dire une quasi-stagnation, ne permet plus aux Etats occidentaux de financer leur système social. Les citoyens se coupent de leurs « élites » vues comme décalées de leur vie quotidienne et incapables d’améliorer la situation. « On marche sur la tête » et on se moque « des vraies gens ! », Sans dents, Bonnets rouges, Gilets jaunes ou Gueux.

Troisième leçon : La capture de la politique régalienne nationale par la Commission Européenne, les cours de justices et hautes autorités et une caste administrative de hauts fonctionnaires,« l’Enarchie compassionnelle et bienveillante », a provoqué l’abandon par le chef de l’Etat et ses gouvernements des questions régaliennes (prospérité, santé, natalité, éducation, sécurité, justice, compétitivité, emploi, monnaie, budget raisonnable), au profit d’une ingénierie sociale délétère qui postule que les citoyens sont intrinsèquement mauvais et qu’il faut les corriger par tous moyens y compris la propagande médiatique, la coercitions sociale, la stimulation par la peur et les mensonges, les piloris et une bureaucratie pléthorique chargée d’une surveillance toujours plus étroite des écarts de comportements, de langage et de pensée. Ces méthodes s’avèrent malsaines jusqu’au pestilentiel, provoquant des atteintes sans nom aux droits de propriété, à la liberté de pensée, de paroles et de circuler. Elle s’accompagne d’une envolée délirante des impôts et des taxes, nourrie par les gratuités et l’épidémie de droits acquisitifs. Elle est tellement aggravée par les dépenses contraintes que les prélèvements publics égalent la valeur ajoutée par les entreprises, une situation intenable. Le mensonge public et l’exploitation de la haine sont désormais pratiques courantes, remettant en cause le sens même de la démocratie.

Ces trois tares se conjuguent et se renforcent l’une l’autre.

On voit où est désormais le challenge programmatique pour un éventuel parti de gouvernement souhaitant sortir le pays de son effondrement national, diplomatique, économique et social.

 

La tentation douteuse de l’Ingénierie Sociale

Depuis plusieurs années nous essayons, au Cercle des économistes e-toile, d’identifier les grandes causes de l’effondrement français. Avec le livre « les Malheurs de la Vérité », nous avons examiné le phénomène très particulier des vérités qui ne parviennent pas à entrer dans le débat démocratique, avec des conséquences dramatiques faute d’en avoir tenu compte à temps. Nous avançons un peu plus loin sur le chemin de l’explication de l’état lamentable de la France en analysant cet autre phénomène qui aurait fait sourire à une autre époque : la tentation de « l’ingénierie sociale » qui domine depuis 50 ans, qui s’est accélérée entre 1987-1992 et qui est devenue, par ses résultats et ses moyens, une catastrophe à multiples facettes.

L’ingénierie sociale est une pratique gouvernementale qui prétend purger le mal du cœur des individus, réputés nativement nocifs, pour leur bien et celui du pays. La méchanceté peut être corrigée par l’État bienveillant, au prix d’un volontarisme obsédant, permanent et invasif. Il n’est plus question de péché originel. L’ingénierie sociale se veut efficace, mais comme il s’agit de vertu, on pense inutile de discuter, d’évaluer, de tenir compte des réalités, ou d’estimer si les coûts sont justifiés. Une telle pratique peut choquer ceux qui sont, à l’occasion, désignés à la vindicte publique. Il devient normal d’utiliser les méthodes de manipulation de l’opinion les plus perverses et de les perfectionner. La Justice, en fait, la répression pénale, conforte la pression sociale et la propagande pour faire taire toute opposition. Naturellement, le système médiatique, comme pour les Grands mensonges systémiques, est au cœur du processus. L’important est de stimuler le sentiment du bien qui est présent dans tout homme pour que les individus s’emparent d’eux-mêmes de la mission ou y adhèrent au moment de voter. « Indignez-vous » si ce n’est pas le cas, ordonnera un livre célébré.

L’État qui se lance dans l’ingénierie sociale ne se contente pas de légiférer sur les objectifs mais aussi sur les moyens. Le bien étant d’importance globale, rien n’est jamais ciblé. Les mesures sont collectives et touchent tout le territoire, et doivent même s’intégrer dans une politique universelle, par décalque de ce que font les voisins. Comme l’ingénierie sociale est basée sur le bien, il est impossible de revenir en arrière, de tenter de moduler, de se concentrer sur l’essentiel. Tout se doit d’être massif, extensif et irréversible. L’outrance est toujours de mise. On ne saurait brider une politique basée sur la vertu ! Hystérie fiscale et réglementaire, et coûts disproportionnés, deviennent légitimes comme l’atteinte à la liberté, à l’égalité et la propriété. Le vocabulaire de propagande, hérité du marxisme, méprise les concepts de liberté et d’égalité, jugés « essentialistes » pour se concentrer sur leurs variantes « réelles » qui ne peuvent s’épanouir sans priver quelques vilains de liberté et d’égalité. On ne cherche plus un bien moral de type religieux pour le salut éternel de chacun mais un bien social évident, ancré dans la vie réelle des êtres réels, ici et maintenant, quitte à discréditer, ruiner ou proscrire ceux qui s’y opposent.  Cette pratique est nouvelle en France. Jusqu’au tournant des années 1968-1973, on considérait que l’État devait se concentrer sur des politiques régaliennes fondamentales : assurer la prospérité ; investir dans les biens collectifs critiques (école, logement, emploi, transports, hôpitaux, défense nationale), garantir la sécurité des biens et des personnes, éviter à tous de tomber dans la misère, veiller à la natalité et la santé publique, assurer la part du pays dans les différentes conquêtes scientifiques. Les électeurs avaient confiance dans la capacité de la classe politique d’agir continûment en ce sens. Le niveau de vie Français rattrapait celui des Etats-Unis et le PIB par tête en France était dans les cinq premiers au monde (nous sommes tombés aujourd’hui au-delà de la 30e place).

Et voilà qu’on nous explique que ces sujets, s’ils restent importants, doivent être relativisés, car ils deviennent difficiles voire impossible à maîtriser. La monnaie et les changes, ce sont « les marchés » ou Bruxelles et la BCE. Le chômage ? « On a tout essayé » ! La natalité ? On doit d’abord privilégier la liberté des femmes et l’avortement quelles qu’en soient les conséquences. La croissance ? La rançon pétrolière et les crises récurrentes ne la permettent plus, alors on justifie la décroissance par la vertu écolo. La sécurité : les délinquants sont des victimes et la prison est catastrophique. La santé : elle coûte trop cher et on n’y peut rien. Et il faut éliminer les « mandarins ».

Que reste-t-il comme champ d’action à nos pauvres politiciens nationaux ? Ils ont vite trouvé : s’attaquer, chez nous, aux maux provoqués par les mauvais citoyens, étant bien compris que chaque Français doit se pénétrer de l’idée qu’il est foncièrement mauvais, qu’il l’a longuement prouvé et qu’il doit être repentant et prêt à se corriger, avec l’aide des coups de fouet du gouvernement. Naturellement il y a des mauvais plus mauvais que les autres et des victimes à promouvoir contre ces ignobles. La guerre de tous contre tous est en marche !

Sans chercher à être exhaustif, voici une liste réduite des thèmes d’ingénierie sociale qui ont fécondé la politique en France depuis une cinquantaine d’années, avant même que les thèmes écologiques ne viennent tout aggraver.

-            L’éradication du tabagisme

-            L’éradication de l’alcoolisme

-            L’éradication de l’insécurité routière

-            L’éradication des noyades en piscines

-            L’éradication des ascenseurs traditionnels

-            L’éradication des balcons qui tombent

-            L’éradication des eaux usées non maîtrisées

-            L’émancipation totale des handicapés qui doivent pouvoir avoir quasiment la même vie que les bien portants à tout moment et en tous lieux.

-            L’émancipation totale des femmes qui doivent échapper à la domination des hommes et obtenir une égalité statistique des rémunérations

-            L’éradication de la fraude fiscale

-            L’éradication du secret bancaire

-            L’éradication de la concussion politique

-            L’éradication de la corruption dans les marchés internationaux

-            L’éradication des accidents du travail.

-            L’éradication des mauvaises pratiques chez les sous-traitants internationaux.

-            L’inclusion avec privilège des minorités « opprimées » (homosexuels, immigrés, etc.).

-            La lutte contre la pénibilité en baissant ; pour des catégories, l’âge de départ à la retraite

-            La lutte contre le non-paiement des pensions alimentaires en substituant l’État au parent 1 ou 2 défaillant

-            La multiplication des gratuités, gratuité signifiant « paiement par les autres », pour presque tout et même pour des riens comme les serviettes hygiéniques pour les étudiantes (parmi des dizaines d’exemples du même genre).

-            La correction du langage par l’écriture inclusive, parfois ridiculisée mais jamais interdite aux administrations et autorités publiques

-            L’incorporation des propagandes dans toutes les publicités, les séries télévisées, les films et la majorité des talk-shows, l’édition et la presse (subventionnée).

-            La disparition des bouchons en plastique non asservis à leur bouteille…

-             ...

On ne pourra pas accuser nos hommes politiques de ne pas avoir cherché à faire le bien autour d’eux ni d’avoir réussi à obtenir des résultats partiels spectaculaires mais le plus souvent compensés par de nouvelles tares parfois plus graves. Les accidents de la route ont baissé de façon spectaculaire mais on conduit désormais sans permis, on se dope au gaz hilarant et on ne respecte plus la gendarmerie. On fume moins, mais on se drogue plus et les « rave parties » pullulent. Comme s’il y avait une malédiction du mal, hydre à mille têtes qui repousseraient toujours. Aujourd’hui, de contraintes en échecs, de propagande odieuse en injonctions contradictoires, plus personne n’a confiance dans la bonté des politiques que le bon peuple voit « marcher sur la tête » avec consternation. Toutes les autorités sont contestées. Les profs femmes se font cogner par les élèves voire poignarder. Les profs mâles se font égorger. Les maires se font agresser. Les enfants s’entre-tuent à coups de couteau dans les collèges. L’insécurité et la drogue sont partout Le chômage structurel est massif. Le PIB par tête a sombré. L’industrie, l’agriculture, le bâtiment ont été ravagés. La natalité a disparu. L’État n’a plus les moyens de ses intentions. Il n’y a plus de défense nationale sérieuse. Les Parisiens quittent Paris et les Français fortunés ou cherchant une vie d’action quittent la France. Les mères isolées et les femmes seules deviennent un problème social. Les hommes sont troublés par l’accusation de virilisme et victimes des opérations de parité qui les évincent de postes qu’ils méritent. Les SDF sont partout. Plus personne ne respecte la France qui est submergée et subvertie de toute part. Ne parlons pas des universités et des grandes écoles qui sont devenues des petits séminaires ou de vulgaires écoles de propagande pour le politiquement correct violent, avec en prime l’antisémitisme, la détestation de l’Occident et la dénonciation des « dégâts du progrès économique ». En 1988-1992 est apparue la grande querelle écologiste qui faisait de la croissance capitaliste l’instrument de la mort de la terre. Le réchauffement climatique provoqué par l’homme et la destruction de la nature bienfaisante, justifiaient un niveau de propagande jamais vu, même en URSS ou en Corée du Nord, et une interdiction presque totale de toute opposition aux mesures hystériques proposées. Il n’a pas fallu longtemps pour que les conséquences apparaissent. Promue en particulier par l’Union européenne, l’ingénierie écolo moralisante a fini par casser les industries énergétiques, industrielles, agricoles, chimiques et le bâtiment en prime, tout en ruinant les individus et l’État. Naturellement, sans aucun effet sur le climat.

Ces cinquante ans qui ont vu les hommes politiques renoncer à leur véritable rôle pour un simulacre de métier de cureton laïc, ont conduit le pays au désastre. Peut-on comprendre les raisons de cette attitude et ce qui la nourrit encore aujourd’hui malgré les mécomptes ? Ce n’est pas si simple mais quelques pistes existent.

La première piste est la crise mondiale violente de 1973, provoquée par l’abandon à l’instigation des Etats-Unis en 1971, des règles de Bretton-Woods. Ces accords tenaient compte du désastre économique de l’entre-deux guerres et s’attaquaient à une des causes des récessions périodiques : les effets désastreux des grands déséquilibres commerciaux et financiers et des actions douanières ou monétaires non concertées. Nous eûmes les « Trente Glorieuses, et une longue période sans récession. La preuve de la nocivité de cet abandon sera immédiate avec la terrible récession mondiale de 1972-1973 et il sera prouvé dès 1974, de façon implacable, qu’en système de changes flottants, les plans usuels de relance dits keynésiens ne marchaient plus. En prime, la crise de 1973 a entraîné la cartellisation du prix du pétrole, et donc l’obligation pour les autres de payer une rançon. Les taux de croissance s’effondrent partout. Cinq crises mondiales vont s’enchaîner sans que les gouvernements, notamment français, ne cherchent ni à les expliquer ni à les empêcher. La perte de confiance dans les dirigeants en sera la conséquence. Comme l’a dit si bien la reine Élisabeth II d’Angleterre, « à quoi servent les économistes s’ils ne parviennent pas à prévenir les crises ? ». Et à quoi servent l’Etat et les hommes politiques ?

La seconde raison, plus particulière à la France, est la prise du pouvoir politique par les hauts fonctionnaires. S’installe progressivement et subrepticement un nouveau régime politique mal compris et mal analysé : l’Enarchie compassionnelle et bienveillante. La technocratie voulue dès 1931 par le mouvement X Mines et reprise comme épistocratie après la défaite effroyablement rapide de 1940 par les Inspecteurs des Finances, va prendre une forme nouvelle, mélange de bien-pensance active, de certitude caduque que l’État sait désormais tout maîtriser et de croyance que, loin du peuple, dangereux et futile, les solutions existent à condition de manipuler l’opinion dans le bon sens par une parole « performative ». S’ajoute l’idée que la France est radicale et capable de tout, donc qu’il faut tenir compte de cette fragilité mentale en ménageant toutes les soupapes nécessaires. « La crise mais aussi la révolution sont au coin de la rue », édicte-t-on au milieu des années soixante-dix, dans la haute administration ! Il faut éviter qu’une émeute toujours possible ne tourne à la révolution. La paix sociale, c’est-à-dire l’acceptation servile de tous les oukases des syndicats des secteurs publics, devient le leitmotiv de cette nouvelle classe dirigeante prudente et compatissante. La conjonction de l’impuissance face aux crises mondiales et d’une domination inédite des hauts fonctionnaires sur la vie politique, est clairement à la source de la création d’une « énarchie compassionnelle » qui déserte les grandes questions régaliennes pour se concentrer, par facilité, sur la bienveillance factice et le sociétalisme constructiviste. Il ne s’agira plus que de « réguler la société » et d’accorder des « cadeaux au peuple », au prix de la disparition de la croissance, de la souveraineté, des enfants et des équilibres budgétaires et commerciaux. La distribution de prébendes et la création de marchés administratifs de connivence deviennent une pratique régulière et porte sur des sommes colossales. Que l’on pense aux milliers de milliards de Dollars ou d’euros dépensés en Occident pour les énergies imprévisibles et non maîtrisables, comme les éoliennes et les plaques photovoltaïques. Avec M. Macron, on aboutit au sommet du genre avec en prime la guignolisation de la présidence de la République, la paralysie des institutions parlementaires et le triomphe de la communication égocentrique et vide de sens.

Les partis du centre, du centre gauche et de droite deviennent des ligues de vertu insensibles au ridicule, où les meilleurs prêcheurs auto déclarés se voient tous candidats à la Présidentielle. Aux extrêmes, les partis deviennent des contempteurs du régime. D’un côté l’ignominie suprême d’un Mélenchon s’affirme. On passe de « touche pas à mon pote » à « touche pas à mon Polpot », avec reprise de tous les thèmes d’Action directe, jusqu’à la justification d’un assassinat politique, l’antisémitisme débridé pour capter le vote musulman et la nazification de toute pensée contraire. L’extrême-droite, positionnée comme la seule instance abjecte et diabolisée, profite du désastre ambiant. Le RN tente de se faire passer pour l’ancien RPR mais a du mal à échapper à une forme étrange de national-socialisme. Avoir capté le vote ouvrier, abandonné au profit du sociétalisme par les partis socialiste et communiste, oblige à forcer sur l’aspect socialiste de son message…

Le climat politique et médiatique tourne au pestilentiel, LFI et le RN dépassant à eux deux 50 % de l’électorat.

La réalité économique devient régressive. La réalité démographique devient dramatique. La sécurité intérieure et extérieure devient virtuelle et n’est plus assurée. La situation fiscale devient oppressive. L’endettement public et privé devient incontrôlable. La liberté de penser et celle d’expression sont encadrées et parfois verrouillée. La possibilité d’agir est bridée. La formation d’élites bien formées est compromise. Les villes sont saccagées par des pseudo-écologistes hystérisés. La santé mentale de la population est abîmée par les communications basées sur la peur, la remise en cause du genre, la destruction de la langue, l’inefficacité nouvelle du système de santé, l’insécurité, la hantise d’un lendemain difficile, et une culpabilité toujours plus affirmée. La France se tiers-mondise avec un revenu moyen qui décroche. Les maladies mentales gagnent la jeunesse. Les tentatives de réduction de l’étouffement bureaucratique échouent toujours malgré une succession de plans au nom ronflant. Pourquoi ? Si la politique est fondée sur la recherche apparente de la vertu, il est impossible de réduire l’appareil qui impose cette vertu. Eliminer la bureaucratie reviendrait à détruire ce qu’a construit l’ingénierie sociale menée par des Hauts fonctionnaires pour le bien supérieur. Intolérable ! D’autant plus que c’est à eux que reviendrait la tâche exaltante de scier la branche sur laquelle ils se sont confortablement installés.

C’est pour cela qu’un Président d’apparence comme Emmanuel Macron peut annoncer qu’il va réduire de 120 000 les effectifs de fonctionnaires pour en recruter finalement 180 000 de plus. Pour un Énarque, multiplier des ouailles administratives n’est jamais un problème. Croyez-vous vraiment que vous allez rétablir le seul impôt juste : la taxe d’habitation ou revenir sur tous les « cadeaux » qui se sont accumulés. Essayez donc !

Quand les partis de gouvernement deviennent des ligues de vertu, la paralysie dans la réforme devient structurelle. Et la montée des extrémismes inévitable. Une nation déboussolée par une immigration massive qui néanmoins ne l’empêche pas de plonger de façon suicidaire dans la baisse démographique incontrôlable, ayant perdu sa souveraineté au profit de structures internationales non élues, démoralisée par une information biaisée qui dévalorise son histoire et une partie de sa population, affaiblie par un effondrement relatif mais constant du PIB par tête, une extension extrême de la fiscalité et le gonflement de ses dettes, a cru, de facto, qu’elle s’en sortirait en confiant à une technocratie administrative se flattant de promouvoir le bien contre les méchants, le soin de la corriger de ses graves péchés. Elle a eu tort. Et ce n’est pas fini.

Le Figaro publie cette information : « Pour réguler le pays, les députés n’ont pas peur de la prohibition. À chacun selon sa sensibilité. « Les écologistes et La France insoumise recourent majoritairement à des justifications sanitaires qui constituent le principal registre de légitimation de leurs propositions d’interdiction. Le Rassemblement national, pour sa part, mobilise plus fréquemment des justifications liées aux libertés publiques et aux mœurs, souvent sur des sujets à forte portée symbolique. Les socialistes apparaissent en tête des initiatives fondées sur la restriction des libertés numériques. » Les citoyens seraient-ils de grands enfants qu’il faudrait protéger, malgré eux, contre leurs mauvais penchants ? C’est ce dont semblent persuadés les parlementaires, qui ont multiplié l’année dernière les propositions de nouvelles prohibitions. Elles étaient même au nombre de 287. selon les calculs de Sacha Benhamou, pour le centre de réflexion libéral Génération libre ».

287 : seulement 287 ? Pourquoi pas mille ? pourquoi pas 10 000. On dit stop ou encore ? Et là, il ne s’agit plus de hauts fonctionnaires. Tout le monde s’y met. Le lundi 2 mars 2026 le Temps, journal économique suisse, publie une tribune signée d’un avocat professeur à l’université de Lausanne à propos d’une fantaisie bureaucratique nouvelle dans ce pays : « le registre des actionnaires » imposé par une loi sur la transparence des personnes morales (LTPM). Il s’agit d’un texte importé et que des instances internationales non élues ont poussé, mues par un activisme pour la « summa jus », l’empire mondial du droit. En l’occurrence il s’agit du GAFI (groupe d’action financière) créé en 1990 pour lutter contre le blanchiment d’argent sale et dont le siège est à Paris auprès de l’OCDE. Le « toujours plus » est une règle pour ces organismes non élus. L’État y paie grassement de nombreux prébendiers qui y travaillent parcimonieusement mais qui ne cessent de demander des contrôles de plus en plus serrés. « Il évalue régulièrement les réglementations nationales de ses États membres quant à leur conformité avec ses 40 recommandations. Ces évaluations de pays sont réalisées par des représentants d’autres États membres du GAFI ». L’Union Européenne a été la première à créer sur les recommandations de ce GAFI, le fameux registre d’actionnaires, provoquant une frénésie de paperasse, de blocages administratifs et de coûts. Il s’agit maintenant de l’imposer en Suisse qui négocie avec l’Union Européenne. Que dénonce cet avocat ? D’abord qu’il n’y a aucune justification de l’opportunité ni de l’urgence du texte. Aucun événement ou série d’évènements concrets ne sont cités pour en prouver la nécessité. Existent par ailleurs d’autres dispositifs ayant exactement la même finalité et qui font leur office. Il aurait pu citer l’adage anglais ; « when it is not broken, don’t fix it ». Ne régler que les problèmes qui se posent. L’ingénierie sociale ignore ce genre de conseil et ne pense qu’à se perfectionner, en chambre. Indéfiniment. Par principe. L’absence de tout ciblage impose « des obligations étendues et coûteuses à des personnes morales de droit suisse dont la très grande majorité ne présente aucun risque d’être utilisée à des fins criminelles ». L’ingénierie sociale frappe toujours le plus large possible et multiplie les coûts, directs et indirects qui ne sont naturellement jamais évalués.Les sanctions prévues sont évidemment terrifiantes au cas où l’information ne serait pas communiquée à temps. Les comportements déviants doivent être radicalement sanctionnés. Le bien n’attend pas.L’affaire est compliquée par l’usage de notions importées qui ne sont pas similaires avec les notions juridiques connues jusque-là localement pour couvrir les mêmes situations. La confusion finit par faire dire à la loi « tout et son contraire ». « Pour que l’exercice soit utile il aurait été préférable de restreindre le champ de l’application de la loi pour cibler un champ d’entreprises plus limité et en utilisant des critères précis ». « Une réglementation trop vaste ne sert à rien contre des vrais criminels habitués à trouver des prête-noms pour la contourner ».

On retrouve les caractéristiques majeures de toute ingénierie sociale : jargon ; justifications modestes ; mesures débordantes ; inefficacité et coûts ; refus de revenir en arrière. Des instances internationales non élues et grassement payées édictent des textes contraignants, trop vastes, trop complexes ou trop coûteux, basés sur des faits ou inexistants ou parfois exagérés jusqu’à la fausseté, et refusent toutes études préalables et toutes corrections ultérieures. Les textes doivent être insérés par les gouvernements dans leur législation locale sans discussion, l’absence de résultats de dépenses imposées exagérément coûteuses étant jugées normales puisque tout le monde le fait.  

Les dérives inexcusables de l'Union Européenne

Un exemple de dérive wokiste de la part de l’Union Européenne : l’égalité salariale entre homme et femme par la publication obligatoire du salaire de chaque employé.

Depuis Maastricht, la Commission et le Parlement européen peuvent se saisir de tous les sujets. Ceux qui ont cru à tous les engagements sur la subsidiarité en sont pour leurs frais. Les instances européennes sont là au service des lobbies loin des peuples et des discussions démocratiques. Ils fabriquent de la norme à tout va, en chambre, sans aucune contrainte, le plus souvent sous la pression d’ONG, de groupes internationaux, d’associations plus ou moins douteuses, de militants infiltrés un peu partout. Avait-on besoin de l’Union européenne pour fixer les règles de rémunération dans l’entreprise ? Évidemment non !

Le contrat de travail est un contrat privé entre un employeur et un salarié. Il doit respecter différentes règles de forme et de fond. Ces dernières peuvent être vérifiées par le salarié avec l’aide des syndicats. Comme la quasi-totalité des contrats privés, son contenu n’a pas à être dévoilé en public. Le secret des honoraires et des rémunérations est naturellement de droit, comme le secret des correspondances privées. Le secret ne peut être levé que par la justice.

Et voilà qu’en 2023 la Commission promulgue, sans que personne n’en discute en France et ne soit même mis au courant par la presse, comme d’habitude, une ordonnance exigeant la publication des salaires nominatifs dans l’entreprise : le but : imposer « une égalité réelle » entre hommes, femmes et autres (c’est le texte !) dans la rémunération.

Pire encore il ne s’agit pas d’une égalité de traitement pour un travail identique, mais d’une égalité statistique collective entre groupes genrés. Définition édictée de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes : « la différence entre les niveaux de rémunération moyens des travailleurs féminins d’un employeur, exprimée en pourcentage du niveau de rémunération moyen des travailleurs masculins ».

Toute la directive semble avoir été écrite par une ONG féministe avec les concepts les plus tordus et les plus militants. L’égalité homme femme sera assurée si seulement si le salaire moyen calculé sur toutes les femmes est égal au salaire moyen de tous les hommes ! Les femmes sont des hommes comme les autres et seuls des stéréotypes de genre peuvent justifier le contraire.

 

La dictature idéologique qui recherche une égalité de fait sans tenir des réalités individuelles et en imposant des mesures infamantes ou contraires au respect du domaine privé, est la tentation de tous les mouvements Woke décidés à imposer des égalités « réelles » et non pas de droit. Dans certains cas on interdit des informations comme les notes dans l’enseignement ou le calcul du QI jugé discriminatoire. Dans d’autre cas on force un reporting qui fait fi de toutes les protections de la vie privée.

On aurait pu dans le même esprit considérer que la collectivité des Musulmans doit présenter des rémunérations moyennes égales à celles Chrétiens ou des Bouddhistes, ou que la collectivité des métis doit être rémunérée en moyenne comme la collectivité des noirs, ou que la collectivité des plus de 2 m doit  avoir une rémunération égale à celle de la collectivité des nains, etc. L’ambition ultime : que les femmes naines étrangères aux yeux noirs ne parlant pas la langue du pays doivent avoir la même rémunération moyenne que les hommes bruns de plus de 1m58, vivant là depuis trois générations. Ou n’importe quelle variante. C’est totalement débile, oppressif et attentatoire aux libertés fondamentales. Les individus ne sont plus vus à travers leurs qualités et défauts, leur contribution, et leurs talents mais en fonction de leur race de leur genre ou de leur religion. La « reductio ad identitam generis » de tous les éléments de la vie sociale est grotesque et contraire à l’esprit républicain.

Imaginons, qu’en Ukraine, la Commission n’accorde de subventions que s’il y a une stricte égalité dans le nombre de morts masculins et féminins !

Qu’on se place dans une perspective macroéconomique et historique ou à l’échelle microéconomique, les circonstances font apparaître des divergences justifiées.

Après les massacres et mutilations d’hommes qui ont eu lieu pendant la guerre de 14-18, le nombre d’hommes de 20 à 65 ans disponibles sur le marché du travail a diminué de près de 5 millions, sur une population active de 15 millions. L’homme s’est fait rare et ce qui est rare est plus cher que ce qui est abondant. C’est pour cela que tous les nouveaux secteurs de la finance, de l’assurance et de la distribution ont été d’abord des sociétés basées sur des emplois féminins. Après la guerre de quarante les femmes ont quitté en force les campagnes et les paysans hommes se sont retrouvés dans l’incapacité de trouver une épouse. Ces phénomènes historiques ont touché des millions de gens et ont porté leurs conséquences sur plusieurs générations.

Le rapatriement des Français d’Algérie a été aussi une secousse pour le marché de l’emploi.

L’immigration africaine et maghrébine actuelle est le fait d’hommes jeunes de façon très majoritaire. La parité n’y a pas sa place.

 

Ces grandes mutations conditionnent évidemment les salaires relatifs dans une entreprise.

A l’échelon microéconomique, quiconque a créé et dirigé une entreprise sait que chaque salaire est taillé sur mesure et tient aux circonstances, à l’état de la conjoncture, à la nature des postes et la manière dont ils sont occupés.

Un recrutement dans une période de basse conjoncture va entraîner un salaire relativement plus bas pendant des années. Le même, dans une période faste où le travail est là et lo es candidats sont rares, verra des rémunérations d’embauche nettement supérieures à celles de salariés en place depuis plusieurs années. Est-ce injuste ? Oui et non. Le salarié qui a gardé son emploi pendant une phase de chômage de masse était bien content. Il sait qu’à moyen terme les choses se rééquilibrent en fonction des résultats effectifs.

Chez un vendeur de photocopieurs les commerciaux sont souvent d’accortes jeunes femmes et les techniciens des hommes interchangeables, avec des différences statistiques de salaire de 1 à 10++ entre hommes et femmes, en faveur des commerciaux !

La vérification des radios médicales « au noir » était réalisée naguère par des ateliers exclusivement de femmes. La présence même d’un homme était bannie. Les salaires étaient excellents.

Les mœurs jouent aussi leur rôle. Pendant longtemps les jeunes femmes travaillaient après le « certif » en attendant de se marier. Il ne fallait pas devenir catherinette ! Elle formait des cohortes de salariées efficaces mais sans perspectives de carrière. Les « secondes » étaient souvent des femmes célibataires faute d’hommes à marier du fait de la guerre.

L’évolution des métiers joue aussi son rôle. Il n’y avait pas de femmes dans les salles d’ordinateurs à l’époque où on y travaillait de nuit et où il fallait du physique pour se coltiner les bacs à cartes perforées, changer les bandes magnétiques etc. Le pupitreur gagnait magnifiquement sa vie et s’affichait souvent à 25 ans avec des Alpine ou autres attributs populaires du succès. Même pour un programmeur, le travail n’a jamais été le même pour un homme et une femme. Quand il s’agissait de rester la nuit pour trouver d’urgence le bug qui gênait gravement un client, ce sont toujours des hommes qui restaient. De même pour le support d’urgence à l’étranger. Alors le salaire n’était pas le même.

Les différences étaient le plus souvent connues et acceptées car chacun pouvait juger sa propre relation au travail par rapport aux autres. À chacun de savoir s’il voulait rester ou non aux conditions du moment. Mais un salarié aurait été mortifié que s’affiche officiellement une différence certes fondée et acceptée mais malgré tout difficile à avaler face à la collectivité.

Publier les salaires, cela veut dire que chaque nouveau recrutement se négocie avec l’ensemble du personnel dont chaque membre se repose aussitôt la question de son salaire.

Les nouveaux textes créent un travail bureaucratique écrasant, créent des défis de psychologie sociale et obligent les dirigeants à se concentrer sur des questions qui ne concernent pas l’avenir de l’entreprise mais la satisfaction de lobbies idéologiques irresponsables.

Les cabinets de conseil en relation humaine ont vite senti la bonne affaire. Du business captif et bien rémunéré. On voit même des politiques ayant participé à l’élaboration de la loi à Bruxelles entrer dans le conseil d’administration ou l’encadrement de sociétés de services ad hoc qui vont conseiller les grandes entreprises à prix d’or. Tout cela sent la connivence sinon la corruption à plein nez.

Cette Europe des lobbies, du politiquement correct et des marchés de connivence est une catastrophe qui stimule le rejet de l’Union Européenne par une partie croissante de la population. On pourrait tenter de l’éviter au lieu de se vautrer dans l’hystérie wokiste avec Mme Van der Leyen dans le silence général des partis français dits « de gouvernement ».

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