Nationaliser ou étayer le capital des banques ?
Un de nos lecteurs nous pose cette question : pourquoi préférez-vous une nationalisation totale plutôt qu’une entrée dans le capital des banques fragilisées par la crise ? C’est une bonne question.
Rappelons que nous proposons une nationalisation totale bien que temporaire des banques qui seraient en difficulté, sans indemnisation immédiate des actionnaires de la banque. La régularisation se ferait après liquidation des actifs pourris, un ou deux ans plus tard.
Première raison : la valeur résiduelle des banques en difficulté est impossible à calculer. Ajouter de l’argent d’Etat sur du sable mouvant n’est pas de bonne politique.
Seconde raison : les stocks options sur les actions de la banque tombent d’elles-mêmes.
Troisième raison : le client croit plus à la garantie d’une banque d’Etat que d’une banque avec des capitaux d’Etat. C’est l’affaire du peso argentin qui valait le dollar mais on s’est vite aperçu qu’il n’était pas le dollar. Le « canada dry » c’est bien pour la boisson mais pas pour la banque malade.
Quatrième raison : il n’est plus nécessaire de garantir les opérations interbancaires du groupe des banques nationalisées. Elles le sont d’office.
Cinquième raison : l’état actionnaire peut pooler les actifs à risque et en faire la compensation interne au sous ensemble des ses banques et présenter une seule tête dans les négociations avec les tiers et les pays étrangers.
Sixième raison : ce sont d’abord les actionnaires des banques qui trinquent ce qui des plus moral.
Septième raison : s’il faut cantonner des actifs pourris c’est plus facile à faire avec un groupe de banques nationalisées qu’avec des banques privées indépendantes.
Huitième raison : l’Etat aura une bien meilleure vision des comportements à risque passés et des remèdes ou changements de cap à apporter. Les dirigeants actuels des banques ont la bouche scellée sur pratiquement tout.
Neuvième raison : le capital des banques concernées cesse d’être sous la pression de la spéculation.
Dixième raison : s’il doit y avoir un jeu de Monopoly pour restructurer le secteur bancaire, c’est beaucoup plus facile quand on le possède en entier.
D’accord la solution est rude mais elle doit être transitoire. Les demi-mesures sont rarement durablement bénéfiques.
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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef, aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants, explications sur le retard français, analyses de la langueur de l'Europe, réalités de la mondialisation, les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable. Membres du Cercle :
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Quelques questions, toutefois:
- Les Etats n'ont pas laissé de souvenir impérissable d'aptitude au management des banques, lorsqu'ils étaient aux manettes (cf. La France et le Lyonnais).
- Qui dirigera ces banques nationalisées? Des Commissaires de la République, comme en 1981? La Commission Bancaire a toujours des "pompiers" en réserve, mais là il faudra qu'ils soient vraiment au niveau et bien équipés!
- Quid des Etats où la dette bancaire (estimée ...) cumulée dépasse largement le PIB (Islande, Irlande, sans parler de pays hors CEE)?
Bon, on nous annonce un nouveau Bretton Woods.
A suivre ...
On ajoutera que la nationalisation des banques aurait immédiatement réglé la question des bonus et autres rémunérations exagérées des dirigeants, ainsi que la diffiulté du versement des dividendes.
DD