ISF : ils avaient bien menti !

Nous défendons depuis toujours l'abrogation de l'ISF, impôt abject dans ses motivations et ses modalités et déplorable dans ses conséquences.

L'ISF pose un problème national grave.

Il ne peut se déboucler que par la vente d'une partie de la fortune française à l'étranger. Est-ce réellement un objectif pour une nation ?

Il provoque,  pratiquement mécaniquement , la confiscation totale du revenu de certains contribuables.  Nous prétendons qu'utiliser la force publique pour saisir la totalité du revenu d'un citoyen est un abus de pouvoir et une déchirure du pacte social. Nous ne sommes plus face à une "contribution" mais à une spoliation et disons le tout net à un vol.

Nous avions chiffré entre 10.000 et30.000 les familles concernées par ce vol chaque année, l'ampleur des chiffres dépendant des impôts pris en compte et des chiffres de référence. Comme toujours, la réalité est compliquée et on peut jouer sur les bases, le champ d'impôts pris en compte, etc.

Il faut bien garder à l'esprit que les impôts directs ne représentent qu'une fraction minime des prélèvements totaux. Si on prend l'ensemble des rémunérations et qu'on leur rapport les impôts taxes et charges sociales directement à ceux qui font le chèque, nous pouvons aboutir à des nombres de Français payant plus de 100% d'impôts et de prélèvements très supérieurs à 30.000.

Les Echos puis le Monde ont publié le chiffre de 8200 foyers fiscaux  imposés à plus de 100% en 2012. Ce chiffre est dit "confirmé par le Ministère du Budget".

Notons au passage qu'aucune information n'est fournie régulièrement par les pouvoirs publics sur ce sujet sensible. Comme pour les départs à l'étrangers, le silence administratif et gouvernemental est d'or.  Ce qui est tout simplement une honte. S'agissant d'une spoliation manifeste, tous les députés de tous les bords devraient être vent debout pour obtenir toutes les clarifications nécessaires. Silence dans les rangs : il s'agit de "riches". N'allez pas salir votre image !  A droite comme à gauche.

Dans le cas d'espèce on n'a pris que les bases déclaratives (revenu  fiscal de référence et revenu s pris en compte dans le calcul du plafonnement).  Ce sont celles qui minorent le plus le phénomène en s'encadrant dans le processus fiscal étroit  de l'ISF.  On trouve 8010 foyers fiscaux entièrement spoliés  avec une hausse de 1. 610  foyers fiscaux entre 2011 et 2012 ou 2.789, selon les assiettes.

Ce qui veut dire que, avant même 2012,  et les saloperies électoralistes socialistes de M. Hollande, des milliers de Français payaient déjà plus de 100%, comme nous ne cessions de le dire et de l'écrire.

En supprimant le plafonnement en 2012, Hollande a sciemment aggravé les spoliations.  Mais, le système précédent n'était pas plus juste. Juppé avait même supprimé le plafonnement en 95 !  

Si on ajoute les autres prélèvements, le nombre des Français qui paient plus de 100% d'impôts est supérieur à 30.000.  Ce qui explique l'exode des fortunes depuis des années.

 

Ce premier aveu t public depuis quarante ans est pour nous une grande avancée.  Car nous vivons depuis quarante ans dans le déni.

La première réponse, lorsque nous parlions de ces milliers de Français, était toujours la même : ce n'est pas vrai. Ce n'est pas possible.

Les intervenants ou les interlocuteurs de gauche ne voulaient pas d'une qui leur posait tout de même un problème. Prendre 100% du revenu d'un citoyen est intolérable quelque soit le bord politique.

Même à droite, on ne voulait pas entrer dans ce débat. Surtout parce que les dirigeants de la droite, Juppé et Chirac en premier, mais Sarkozy  a mis ses pieds dans leurs traces,  avaient décidé que cette mesure "symbolique" avait un coût d'abrogation trop lourd électoralement.  

Sur ce blog lorsque nous avons écrit que l'abjecte  mesure Hollande allait multiplier les familles spoliées entièrement de leur revenu par l'impôt, beaucoup des commentaires ont nié cette possibilité, vue comme une outrance polémique.

Il n'y avait aucune outrance polémique.   La réalité, simplement la réalité.

Lors de l'affaire Depardieu , le Parti socialiste a menti sur cette question. L'abruti malsain qui dirige le PS comme factotum du déplorable Hollande, a crié que personne ne pouvait payer 85% d'impôts en France.  Ayrault , Moscovici et toutes les bouches à feu du PS ont embrayé le pas. Même M. Zemmour a considéré que M. Carrez en faisait trop en parlant de "quelques centaines"  de spoliés complets, dont "la veuve de l'entrepreneur".

La vérité est désormais partielle mais acquise.

Une dizaine de milliers de foyers sont spoliés de tout leur revenu., selon les critères les plus étroits.  Nous affirmons que plus de 40.000 foyers fiscaux ont payé en 2012 plus de 75% d'impôts sur les mêmes bases (les estimations vont de 40 à 100.000 selon la manière dont on les prend).  

 Hollande, Ayrault, Eckert et Moscovici ont tenté de tourner le jugement du Conseil Constitutionnel en augmentant artificiellement les bases du revenu (il suffisait d'y faire entrer les plus values non réalisées). Ce dispositif a été à son tour retoqué.

Mais jugeons ces hommes  : ils veulent de toutes leurs forces, prendre plus de 100% de leur revenu à des milliers de Français ! Ils ne méritent qu'une chose : l'inéligibilité à vie,  la privation totale de revenu pendant 5 ans et l'indemnisation des victimes sur leurs biens propres..

Il n'y a pas de démocratie possible quand 100% du revenu  est prélevé sur une famille en temps de paix. Il n'y a même plus de liberté. On fait jouer aux fonctionnaires de la DGI un rôle abject d'auxiliaire de la prédation. C'est abaisser l'administration fiscale que de leur demander de voler tout le fruit du travail des citoyens.

Le problème de l'abjection violente d'Etat, c'est qu'elle gangrène tous ceux qui y prennent part.

Il en faut pas croire que tous les fonctionnaires des impôts sont heureux d'augmenter leurs primes en volant la totalité du revenu de quidams qu'ils ont devant les yeux.  La gestapo et le NKVD ne sont pas les idoles des contrôleurs fiscaux !

Le fait qu'une personne, une seule, puisse être victime de la capture de tout son revenu devrait être un scandale national et provoquer une véritable insurrection des consciences.

"NON NOUS NE VOULONS PLUS DE CELA. JAMAIS ! L'ETAT NE SERT PAS A CELA"

Même George Marchais dans ses envolées pré-mélenchonesques n'évoquait de "prendre tout" qu'au-delà d'un certain seuil.

Comment la droite réagit-elle à ce qu'elle a sciemment fait en le cachant ?

Comment la gauche réagit-elle maintenant que les chiffres sont publics ?

La presse va-t-elle engager le débat ?

Le Conseil Constitutionnel peut-il désormais ignorer que les mesures qu'il accepte conduisent à la spoliation totale du revenu des citoyens ?   

Gageons qu'une fois de plus le silence retombera. L'injustice sera minimisée et évacuée.

En 2013 un dispositif de plafonnement va être rétabli. On tombera à 5-600 foyers spoliés à 100%  dans l'indifférence générale.  On sera toujours entre 40 et 100 000 foyers payant entre75 et 100% de prélèvements de toute nature. La France sera toujours à l'encan.  

Maintenant que la vérité est établie et incontestable, même pour le plus borné des croyants socialistes,  disons le crûment :

Il n'existe aucun fondement d'aucune nature  à un prélèvement de 100% du revenu d'un citoyen. Quiconque détourne la puissance publique pour  priver un citoyen de son revenu commet un abus de pouvoir.  Il doit être condamné et exclu définitivement  de la communauté des citoyens Français : perte de toutes décorations ; perte de l'éligibilité ; perte de la nationalité française. 

En maintenant un tel système et en l'aggravant à plaisir, M. Hollande est dans la délinquance politicienne  obscène et infâmante, pas dans la République ni la démocratie.

La triomphale première année de M. Hollande

La campagne électorale de 2012 avait été lamentable. Les deux  camps avaient fait assaut de démagogie et cherché l'avantage par la stigmatisation de boucs émissaires.

"Moi président" l'avait emporté, non pas du fait de propositions particulièrement adaptées à la situation, mais parce que Nicolas Sarkozy avait été usé par la crise, dévalorisé par son style, et décrédibilisé par trop de demi mesures. En terme d'emploi, de dépenses publiques, de dettes  et de pression fiscale, son quinquennat se terminait sur un grave constat d'échec.  On ne peut pas venir au pouvoir en annonçant une rupture et ne pas la faire.  On ne peut pas venir au pouvoir en annonçant une hausse de la croissance et prendre en pleine figure la plus grave récession depuis 1929.  

Le programme de M. Hollande avec son fatras d'imprécations et de mesures "sociétalistes" et socialistes n'augurait rien de bon.  Il était totalement incompatible avec la situation de l'économie française, au sein de l'Europe et de l'Economie mondiale.

Un an après, le dit sociétalisme a dominé toutes les préoccupations du Président.

Conformément  à une idéologie larvée depuis 1968 et dite "de la libération",  F. Hollande, totalement ficelé par l'Europe sur le plan économique et budgétaire, enserré dans le corset de l'Euro, a joué la carte de la "réconciliation et de l'apaisement de la société française", qui aurait été brutalisée par les "réactionnaires" conduits par Nicolas Sarkozy.

M. Hollande a  fait sa révérence successivement :

- aux homosexuels et à la poignée de militants des mouvements "gays" d'origine anglo-saxonne et qui ont commencé à se faire entendre avec le Sida.   

- aux Juifs avec des commémorations renouvelées

- aux africains puis aux noirs en général, en s'appuyant sur la CRAN

- aux délinquants, "victimes de contrôles au faciès" et de prisons "criminogènes".

- aux arabes victimes de la colonisation .

- aux syndicalistes violents et condamnés qu'il s'agissait soudain d'amnistier.

Pour les Roms, qui exaspèrent les Français,  on a d'abord voulu une démarche "humaniste", puis on les a utilisés pour montrer que Valls ne badinait pas avec  leur forme de délinquance, et finalement, on se retrouve avec des condamnations  judiciaires qui conduisent à leur verser 75 Euros par jour par personne tant qu'on ne les héberge pas.  

On ne voit guère de minorités agissantes qui n'auraient pas été honorées et dont les revendications n'auraient pas été satisfaites.

On glosera pour savoir s'il s'agit d'une diversion  politicienne qui permet de camoufler un échec économique sensationnel, ou encore de concessions à son extrême gauche, tendance gauchiste,  ou de la réelle conviction qu'en donnant des gages à d'anciens "dominés"  on faisait œuvre d'apaisement.

Toujours est-il qu'en servant à ce point les minorités, Hollande posait la question de ses relations avec la majorité de la population française, qui accepte ou revendique ses racines "chrétiennes", qui considère  que l'ampleur de immigration commence à poser la question de l'identité nationale et qui travaille généralement plutôt dur en s'inquiétant de son patrimoine écorné par la crise et de son emploi ou de celui de ses enfants.

Une première réponse a été la répression des manifestations contre le mariage homosexuel et la dénaturation du sens de la filiation. Elle s'est accompagnée d'une propagande féroce via les médias publics aux ordres et des relais d'opinions habituels. L'attitude politique personnelle de M. Hollande est marquée par la provocation.  Il aime narguer. Aucune dialogue présidentiel avec les représentants des manifestants ; examen de la loi  promulgation avec une rapidité exceptionnelle , à peine un jour après la décision du Conseil Constitutionnel ; Décret d'application promulgué précipitamment afin de permettre le premier mariage homosexuel avant la fin mai.

La "bourgeoisie honnie", qu'en effet il dit "ne pas aimer", a été massacrée fiscalement en même temps que le gouvernement, lui-même,  menait une campagne de haine et d'insultes. Pendant des mois  on a vu des membres du gouvernement prendre à parti "les patrons voyous", nécessairement voyous,  les licenciement "boursiers", nécessairement boursiers,  les patrons menteurs comme Lakshmi Mittal, les repreneurs  inconvenants, comme ce M. Taylor qui se permettait de traiter de fainéants les Cégétistes  d'une entreprise de pneus qu'ils avaient consciencieusement ruinée par leurs exigences.  

Déviance rarissime, des attaques "ad hominem" ont été menées non seulement par la presse "amie", mais montées directement  de l'Elysée. Les "éléments de langage" contre la révolte à grand spectacle de  Depardieu ont été élaborés par la cellule de l'Elysée sous la direction directe de F. Hollande. On a vu pratiquement tous les ministres,  et le Premier d'abord, se livrer aux joies de l'insulte coordonnée contre le plus grand de nos acteurs nationaux.   Il semble que F. Hollande ait considéré qu'il avait gagné les élections présidentielles grâce aux injures anti-Sarkozy  et que la formule lui permettrait de redresser son imageen dressant l'opinion contre un opposant médiatique qui faisait de gros dégâts dans l'opinion.

Patatras ! La campagne d'injures s'est retournée contre son auteur qui est passé aux yeux des Français pour un politicien sans scrupule et indigne de la fonction. On ne gouverne pas en déchaînant la haine contre des individus. La famille Peugeot avait été insultée peu avant, comme  Bernard Arnaud, le patron de LVMH.

Les Français ont découvert que M. Hollande n'était pas "Flanby le gentil mou de Corrèze" adepte de la social-démocratie. Les spécialistes se sont rappelé qu'il militait à l'UNEF communiste et pas à l'UNEF socialiste. Ils ont su que son père était  bourgeois et riche, adepte de Tixier-Vignancourt et de l'OAS. Lui-même avait été élevé dans la soie. L'absence de scrupules se doublait d'un problème de personnalité œdipien à l'adolescence.   

Le trait de caractère le plus net  de F. Hollande se découvrait en entier : une désinvolture faussement rigolarde et passablement aigrie.  Désinvolte avec ses compagnes,  désinvolte vis-à-vis du Parti socialiste qu'il a mené à la confusion, désinvolte vis-à-vis des méthodes employées, désinvolte vis-à-vis des engagements les plus solennels pris  au nom de la France avec des instances qui la contraignent.

Nombre d'analystes découvrent que le portrait de lui-même que dessine sa première année de présidence n'est pas celui d'un politicien social-libéral obligé de composer avec sa gauche débile ,  ou d'un tacticien sympathique sachant se faufiler entre les gouttes. Ils ont vu  apparaître un Narcisse  aigri contre sa classe et  cherchant à s'assouvir dans des destructions symboliques et fiscales.

Désormais ils l'écrivent sans fard. L'intérêt général ? Aucune importance pour M. Hollande. Il a le pouvoir ; des communicants à sa botte ; une masse de fonctionnaires et de pauvres dans la dépendance directe de ses décisions et sensibles à la démagogie.  Pourquoi s'occuperait-il d'autres chose que de son nombril et de ses passions ?

Espérons que ces analystes ont tort.

Sur le plan économique, en revanche, il n'y a pas discussion. Son action a été doublement désastreuse.

Il a commencé par un immobilisme destructeur. Il fallait défaire tout ce qu'avait fait son prédécesseur, sans se rendre compte que la crise s'accélérait et exigeait une réponse immédiate et ferme.  

Puis il a décidé de faire payer à "10% de la population 90% du coût du redressement des comptes de la nation". Le choc fiscal, associé aux propos haineux, a créé une telle glaciation des comportements que la France s'est littéralement arrêtée. La perte de pouvoir d'achat global a été amplifiée par une stupeur qui a bloqué tous les investissements.  En six mois la France retrouve la récession. Cinq ans après le déclenchement de la crise décennale. Du jamais vu !

On connait les résultats : des centaines de milliers de chômeurs en plus ; la fuite des cerveaux et des jeunes dynamiques. L'explosion des faillites, la montée des impayés à des sommets ravageurs. L'expatriation des familles fortunées. Les projets démarrent ailleurs. Aucun des objectifs annoncés n'a été tenu.  Le Président Hollande n'est plus soutenu que par  20 à 25% des Français et ne fait plus que de la Com' et des opérations images.  Les relations avec l'Allemagne sont  au point mort.  Le moteur de l'Europe est à l'arrêt.  Le déréliction de la France devient le point de mire du monde entier. Si la France finit par sauter, l'Europe saute et le monde entre dans la dépression.

Un désastre comme la France en a peu connu en temps de paix.

Si nous nous en tenons à nos propres analyses et clés d'interprétation, la première année Hollande a tout d'une année perdue, voire régressive.

Notre théorie veut qu'il faut réorganiser le système monétaire international, donner un pilote et une cabine de pilotage à la zone Euro et revenir sur la folie fiscale française.   

Sur le front international Hollande n'a rien dit, rien fait et convaincu personne de quoi que ce soit. Le monde continue son chemin et se moque bien des fadaises hollandaises. La dévaluation sauvage du Japon lui permet d'arracher de la croissance aux autres pays (3.5% ce n'est pas rien). Le gaz de schiste honni en France permet le redémarrage ds Etats-Unis.

Sur le Front Européen, les manquements successifs aux engagements pris ont fait perdre tout crédit à la France. Hollande est un sujet de désolation  après avoir été celui d'une curiosité distante.

Sur le front français, c'est Gamelin , le bravache, capitulant en rase campagne après avoir fait tout ce qui fallait pour aggraver tous les maux de la France et n'en avoir corriger aucun.  Le cœur de l'affaire est pourtant simple : la France ne peut pas continuer à dépenser et prélever plus que ce que les entreprises produisent.    Nous avons deux fois plus de fonctionnaires que les Allemands,  ramené à le tête de citoyen, alors que plus aucun ministère  ne fonctionne.  Les entreprises accablées de charges et de rigidités, perdent constamment des parts de marché. Il fallait donc continuer avec la TVA sociale et redimensionner le secteur public, dans toutes ses composantes.  Hollande a fait l'inverse.

Avec les résultats monstrueux que l'on sait. La France est désormais très clairement menacée dans son avenir économique.  La "boîte à outils" du président socialiste n'a qu'un intérêt de propagande : redonner, sous conditions, aux entreprises ce qui leur a  été pris pour qu'elles disent merci, n'a pas de sens autre que politicien !Employer l'argent public à sortir des statistiques des centaines de milliers de chômeurs pour pouvoir crier victoire à la première baisse des chiffres n'a de sens que politicien

Pour le reste la hausse fiscale va continuer. Elle prendra la forme de suppression de "dépenses fiscales"  ou de prestations "aux riches". On va faire payer de plus en plus ceux qui seront privés de plus en plus des prestations publiques.  On parle non seulement de supprimer les allocations familiales pour "les riches" mais aussi les remboursements maladie. On évoque la progressivité de l'impôt aussi bien pour le foncier que pour l'habitation. Les retraités, considérés comme des riches, seront plumés : augmentation de la CSG, suppression des emplois de service partiellement dégrevés de charges,  impôts et taxes rendus encore plus  progressifs, perte de pouvoir d'achat des pensions.

Actuellement  la France a un nombre de salariés égal au nombre des retraités (autour de 16 millions).

Elle a le double du nombre de fonctionnaires que la plupart des autres pays, rapporté à sa population.

Sa dépense publique et ses prélèvements dépassent la valeur ajoutée produite par ses entreprises du secteur marchand industriel et commercial.

Elle est dirigée par un homme imbu de lui-même, pervers, désinvolte jusqu'au sardonique et qui fait exactement l'inverse de ce qui serait nécessaire.   

L'anti-société qu'il veut achever de mettre en place  n'est pas une société.

Le culte des minorités agissantes ne saurait être confondu avec celui de l'intérêt général.  Une politique fiscale répressive, une politique économique dépressive, une politique budgétaire laxiste, et un discours haineux  ne font pas une politique  de redressement national.  75 à 80% des Français ont le sentiment d'être sous la coupe d'un pouvoir spoliateur  qui leur est étranger et ennemi.

Les pessimistes penseront  qu'on en est revenu au temps du chagrin et de la pitié.  Les optimistes penseront qu'il reste quatre ans, que la sortie de la crise mondiale finira bientôt par se produire, que des réformes en Europe permettront de remonter le courant, qu'il fallait bien laisser le temps à M. Hollande d'apprendre son métier de président et de comprendre la gravité de la crise,  que si  ses calculs initiaux ont été  démentis par les faits,  la gauche de la gauche est désormais muselée, que les promesses aux uns et autres sont désormais tenues. On peut désormais  jeter par-dessus les moulins la phraséologie électorale….

En un mot, Hollande serait un comédien et un joueur qui aurait raté le premier acte mais qui se rattrapera dans le second, l'acte où le livret n'est pas écrit et qui permet donc toutes les improvisations utiles.  

Après avoir été offensant, il deviendrait offensif.

Pour ces amateurs de politique fiction, la dernière conférence de presse  aurait marqué un tournant "pro business".  Bien sûr la parole est toujours socialiste mais ce serait un masque pour faire tenir tranquille les forces obscures du socialisme attardé, et, spécifiquement, M. Mélenchon.

Sur l'Europe, la France reviendrait dans le jeu par une promotion  du  fédéralisme permettant la création d'un "véritable gouvernement économique". 

Dans le monde la voix de la France se ferait entendre grâce … Grâce à quoi ? On ne sait trop.

F. Hollande aurait de toute façon bien raison de faire des plans sur la reprise mondiale qui tirera la Franc de l'ornière : toutes les crises ont une fin.  Maintenant que les Etats-Unis repartent, que les bourses sont au plus haut,  laissons l'énorme pompe fiscale mise dans la poches des Français aisés cracher les ressources nécessaires  à la consolidation budgétaire.

Et on verra bien.

Une France sans capitalisme, sans capitaux, sans capitalistes, et totalement immobile, où les investissements purement français sont impossibles faute d'investisseurs,  où il n'y a plus de familles capables de prendre en main des secteurs de croissance, où les entreprises du CAC font l'essentiel de leur chiffre d'affaire à l'étranger, où le capital risque est mort à peine né, va certainement redémarrer sur les chapeaux de roue.  Les canards dont la tête est coupée continuent bien à courir !

Selon  ces voix, la France ne serait  dans un an qu'à 100% de dette publique/PIB.  Le secteur marchand ne devrait perdre que 300 à 400.000 salariés. 

Le nombre de Rsa-rmistes ne devrait dépasser que de peu les 2.200.000.

Les camps de Roms qui sont passés d'environ 250 en 2007 à 575 en 2011, ne devraient atteindre que le millier, avec en moyenne 500 personnes par camp.  Ceux  qui agitaient la peur de voir les 10 millions de Roms devenus  européens et disposant de la libre circulation accourir en France, en seront pour leurs craintes.

Il est peu probable que l'on parvienne à dépasser les 13.000 vols, les 2.000 agressions et les 200 viols par jour  qui sont la marque française depuis plusieurs années maintenant  et dont finalement on se satisfait.  Qui peut vraiment croire que les cambriolages à Paris croitront à nouveau de 40% dans l'année à venir  ? N'aurait-on pas confiance dans l'excellente politique carcérale de Mme Taubira. ?  

Le bilan sociétaliste de la seconde année sera certes moins brillant, maintenant que les homosexuels militants  peuvent parader en mairie,  avec un chiffon de papier "bourgeois" que méprisaient les soixante-huitard primitifs et que l'actuel Président regarde avec les distances nécessaires.  On se souvient du film de Bunuel où une bande avinée de clochards profanaient une robe de mariée, symbole par excellence de l'aliénation bourgeoise.   

La seconde année de gestion socialiste assumée du pays sera certainement un grand moment d'intelligence gouvernementale et de renforcement de la nation.

Nous allons finir de passer de la nuit à la lumière.

Rendez-vous en mai 2014, mais avec les lunettes spéciales qui permettent de suivre les éclipses solaires.   

L'étrange nature du dépôt bancaire

Le dépôt bancaire est, partout, une curiosité juridique. Les débats purement juridiques sur sa nature sont d'une complexité rebutante. S'agit-il d'un contrat spécifique ? Entre-t-il dans la législation générale sur les dépôts mais avec des variantes ? Les arrêts pris par les plus hautes autorités du droit  sont contradictoires. Un jour il s'agit d'un prêt, un autre d'un dépôt mais avec des règles spéciales, un autre d'un contrat implicite sui generis. On peut ratiociner à l'envie sur les différences entre compte courant, dépôt à vue, compte bancaire etc. Un véritable marigot.

Les seules caractéristiques qui soient claires :

- Le déposant perd la propriété de son "dépôt". La banque peut faire ce qu'elle veut de la liquidité qui figure dans ses comptes. Le bénéfice lié à l'usage de ce bien rentre dans le compte de résultat de la banque, pas dans celui du déposant. Il y a bien dépossession du déposant. Même si c'est une commodité de langage, on ne peut parler de prêt à la banque puisqu'aucune rémunération du déposant n'est prévue.

- En contrepartie, la banque se fait obligation de lui rendre son dépôt sur première demande.

Le déposant est bénéficiaire d'une obligation de la banque. Obligation qu'elle pourra, ou non, respecter.

On distingue traditionnellement deux circonstances où la banque ne peut s'acquitter de cette obligation :

- La crise de liquidité : la banque se voit sommée de restituer le dépôt sous une forme monétaire dont elle ne dispose pas en assez grand nombre. C'est généralement le cas quand une ruée des déposants se produit à la suite d'une perte de confiance générale dans la solidité du système bancaire.

- La faillite : la banque a placé de façon aventurée les sommes qui ont été mises dans ses comptes. Le capital ne suffit pas à éponger la perte. Le déposant ne reverra son argent que si la liquidation permet de solder une partie des obligations de la banque.

L'Etat et la banque ont des intérêts liés. Ce sont les banques qui font la trésorerie de l'Etat. Les opérations de paiements étant traçables via les banques, la surveillance des revenus et des avoirs des contribuables est grandement facilitée par la tenue de comptes bancaires. L'économie elle-même ne peut fonctionner correctement que s'il n'y a pas trop de thésaurisation. Si la production ne voit pas sur les marchés la demande équivalente se présenter sur les marchés, des pertes se produiront.

Au nom de l'intérêt général de l'économie et de son intérêt propre, l'Etat a complètement organisé le "dépôt" en limitant les libertés des déposants.

L'Etat, au nom de la transparence des revenus et de leur contrôle, impose le paiement bancaire, alors que le chèque et le virement n'ont pas cours légal. Désormais il est impossible de payer un bien au-delà d'une certaine somme sans passer par une opération de compte. En France, le niveau est de 3.000 Euros. De même il est interdit de se promener avec de la monnaie dans ses poches au-delà d'une somme de 10.000 Euros. On ne peut solder un compte bancaire que dans un autre compte bancaire. Les salaires doivent désormais être virés sur un compte bancaire.

Cette dernière opération s'analyse comme l'extinction de l'obligation de l'entreprise de payer un travail par transfert vers une obligation de la banque de fournir le service du compte ou de la liquidité banque centrale sur simple demande. Il s'agit d'un transfert d'obligation.

Les banques ont, à loisirs, rendu complexe le retrait bancaire. Les GAB, les automates bancaires, ont la double fonction d'économiser des employés en renvoyant le travail ancien du guichetier sur l'usager, et de les empêcher de récupérer trop de liquidités d'un coup. Certaines d'entre elles, en violation de la loi, imposent de passer par le GAB, c'est à dire par une carte bancaire payante pour effectuer un retrait. D'autres fournissent une simple carte de retrait mais sans pouvoir sortir de grosses sommes. Des formes plus subtiles consistent à renvoyer sur une agence centrale la sortie de liquidité au-delà d'une certaine somme. Cette agence pourrait être au milieu de l'océan et uniquement accessible à la nage au milieu des requins que les dirigeants de la banque n'hésiteraient pas. Il faut en plus faire une demande plusieurs jours à l'avance, afin de préparer la sortie de fonds. Tout est fait pour rendre  non liquide le compte bancaire.

En 2008, après l'affaire Lehman-Brothers, nous avons assisté à ce spectacle : un client de la banque postale dans un guichet du XIVème arrondissement exigeait qu'on lui verse aussitôt les 300.000 Euros de son compte. Ce tempétueux sexagénaire, inquiet pour l'avenir de son épargne, n'obtint du chef d'agence que cette réponse : nous ne sommes pas habilités à vous verser une telle somme qui imposerait un transport par une société de sécurité !  Par faveur spéciale, le chef était prêt à lui faire un versement de …mille Euros !

Vous avez dit "droit de propriété" !   Vous n'avez plus aucun droit de propriété sur votre "dépôt". La banque n'a qu'une obligation de vous rembourser selon les modalités qu'elle décide ou que la loi, généralement obtenue par le lobby des banques, lui "impose".

Le système bancaire reçoit donc chaque mois la totalité des salaires et revenus versés par les employeurs ou les caisses de retraite et restitue cet argent au fur et à mesure des paiements et des retraits. Les paiements généralement reviennent aussitôt dans le système bancaire, dont la trésorerie nette est quasiment constante. Les fuites, sous forme de détention de monnaie banque centrale (disons pour simplifier les billets et les pièces) sont réduites au strict minimum.

Pendant longtemps la liquidité était une monnaie métallique ayant valeur propre (or et/ou argent). Les Etats ont démonétisé l'or et l'argent, et rendu impossible la création de billets par les banques. Le billet n'est plus un titre échangeable contre de l'or ou de l'argent. Et il ne dépends plus de la plus ou moins grande confiance que l'on a dans l'émetteur privé du billet.  Il n'y a plus en général qu'un seul institut d'émission qui est en même temps la banque centrale.

Rien n'imposait vraiment l'existence d'une banque centrale. Une crise de liquidité des banques pouvait se traiter par l'intervention d'organismes de second rang permettant le réescompte des titres de placements des banques primaires, en contrepartie de liquidités gérées par l'organisme de second rang.

Une très forte tradition, notamment aux Etats-Unis, persiste à considérer que l'étatisation complète de l'émission de billets ayant seuls cours légal,  et de la gestion par une banque centrale publique de la liquidité du système bancaire, est une exaction pure et simple. L'Etat  exploite son avantage. Les banques gèrent le reste. Le citoyen est à la merci des deux grands prédateurs.

Les banques expliquent le prodigieux avantage que lui confère le droit d'user à sa guise de dépôts quasiment obligatoires par la gratuité des services qu'elle rend :

- La "sécurité" des fonds déposés.

- Les facilités de paiements

- Les autres services financiers qu'elle peut rendre comme les placements de trésorerie ou la gestion de placements à plus longs terme. .       

Notons que cette notion de sécurité est particulièrement ambigüe : la banque garantit contre les risques de vol mais pas contre ceux de sa propre faillite.

La notion de gratuité est également sujette à caution. Pratiquement tous les moyens de paiement sont désormais payants à l'exception du chèque et du retrait par le GAB (dans la mesure où il est fait en France dans le réseau de la banque). Sinon les frais s'accumulent. Une grande partie des économies de personnel des agences bancaires ont été obtenues en renvoyant vers le client le travail effectué précédemment par le guichetier. C'est le cas aussi bien pour les opérations aux Gab qu'aux opérations par l'intermédiaire du WEB.

Les banques recevant des dépôts en quantité significative sont très peu nombreuses. 10 banques s'en partagent 95% et les quatre premières quasiment 60%.  

Le sommet absolu de ce système serait qu'il n'y ait plus qu'une banque de dépôt unique avec interdiction de toute transaction en liquide. Les citoyens ne disposeraient que d'un droit de faire circuler des traces électroniques de leurs avoirs liquides  de leur compte à celui d'un tiers. 

La fusion de cette banque centrale des dépôts avec la banque centrale, donnerait le sommet de la rationalité bancaire : une banque faisant ce qu'elle veut quand elle veut sans jamais aucun risque de liquidité.

Mais pas sans risque de faillite. Car que se passerait-il si l'enflure conjointe des crédits et des dépôts finançait des opérations irrécouvrables ? La superbanque irait-elle se refinancer directement dans la poche du contribuable ? Ou provoquerait-elle une inflation phénoménale ? Le régime soviétique a montré la voie : on donnait des signes monétaires et on bloquait les prix. Mais il n'y avait rien dans les magasins. L'ennui : le papier monnaie n'est pas comestible. Dans la pratique, la monnaie ne jouait plus de rôle et c'est un quasi système de rationnement qui était mis en place.

Dans notre système capitaliste bancarisé actuel, les contradictions sont partout.

Le schéma précédent ne tient pas compte d'une des fuites principales : les échanges internationaux. Les monnaies nationales ou plurinationales comme l'Euro n'ont aucune autre valeur d'échange entre elles que ce que le cours des marchés de devises fait apparaître. les Etats ne garantissent plus rien. Ils se sentent entièrement dégagés des obligations anciennes des traités. Excédents gigantesques et permanents cohabitent avec des excédents symétriques. Comme le compte électronique de devises ne se mange pas, il faut bien en faire quelque chose d'autre.  On a vu sur ce blog qu'on le replace chez le débiteur et qu'on force un gonflement systémique de la dette qui finit par exploser et provoquer une gigantesque récession.

A l'intérieur de la zone Euro, les déséquilibres commerciaux entraînent ipso facto une concentration de la monnaie dans les comptes du pays excédentaire. Les banques des pays déficitaires s'assèchent et doivent emprunter leurs liquidités pour survivre sur le marché international ou chercher des dépôts en proposant des avantages (secret bancaire comme à Chypre, haut taux d'intérêt ailleurs en contrepartie d'opérations de prêt dangereuses).

Les déséquilibres deviennent tellement forts qu'une tempête est inévitable.

Que font les Etats quand elle survient ? Dans un premier temps ils pensent que les bonnes recettes du temps des changes fixes mais ajustables suffiront. Ils laissent filer les déficits publics et ouvrent les vannes monétaires des banques centrales. Pour éviter la panique, ils renflouent les établissements bancaires en crise de liquidité et garantissent les "dépôts". En un mot ils se portent caution des obligations de leur système bancaire.  

La récession va tellement gonfler les déficits budgétaires que ce sont des milliers de milliards supplémentaires de dettes supplémentaires qui s'ajoutent aux dettes irrécouvrables et menacent la stabilité de l'ensemble.

La réalité est que le système bancaire mondial est actuellement en faillite virtuelle mais qu'il ne faut pas le dire.

L'affaire de Chypre a démontré que les Etats abandonnaient désormais les banques y compris les "déposants".

On arrive à cette situation psychédélique où les Etats, pour leur intérêt propre, imposent le recours au compte bancaire sans plus le garantir, sauf pour de petits montants. Les citoyens doivent, de force, mettre leurs liquidités sous forme de compte-courant, c'est-à-dire même pas de prêts à la banque, mais en contrepartie d'un simple droit de virer la valeur du compte à des tiers ou à retirer des liquidités banque centrale dans des conditions compliquées et restrictives, si la banque le peut !

En même temps la banque dispose d'énormes liquidités banque-centrale qu'elle replace à la banque centrale ou qu'elles utilisent pour faire des prêts aux Etats. Une ressource quasi gratuite avec un réemploi quasi automatique permet une gain facile, tout en ruinant les Etats, sans rassurer les déposants.

Les banques centrales sont gavées de collatéraux d'une qualité pour le moins problématique.

Tout cela est incohérent et branlant.

Tout le système monétaire et de crédit est à reconstruire sur des bases plus sérieuses et plus solides.

Tel qu'on est parti le risque est celui d'une explosion radicale et d'une crise sauvage pire que celle de 1929.  Car les Etats désormais seraient impuissants à juguler un nouveau tsunami bancaire. L'affaire de Chypre a montré qu'ils s'y préparaient, au moins en Europe, en acceptant la faillite de banques et la perte non seulement du capital mais à due concurrence des obligations de la banque, dont l'obligation de rendre l'argent déposé sur première demande.  

L'ennui, pour sortir de ce marigot, c'est qu'il faut résoudre trois problèmes en même temps.

- Sortir des effets de la crise actuelle

- Mettre en place un régime "normal" du système bancaire mondial

- S'assurer des mécanismes de gestion de crise bancaire, notamment à l'occasion des crises décennales.

La seule chose qui soit sûre est qu'il vaudrait mieux :

- au sommet, mettre en place un étalon global de référence avec des monnaies aux changes fixes mais ajustables avec interdiction des gros excédents et des déficits symétriques.

- à la base, instituer un contrat de dépôt sans perte de propriété, qui ne permettent pas aux banques de faire ce qu'elles veulent des sommes versées. Cette notion de banque de paiement est réfutée totalement par les banquiers qui préfèrent disposer d'une ressource assez peu chère et jouer sur tous les tableaux. Mais en forçant les banques à disposer de liquidité uniquement par l'emprunt (placement de titres de trésorerie, comptes à terme, fonds divers etc.), elles seraient obligées de proposer avec clarté l'emploi qu'elles comptent faire des sommes prêtées. Le risque serait étalonné comme dans tous les placements et apprécié par le déposant. Alors qu'un dépôt est aujourd'hui un chèque en blanc donné à la banque.  

les Etats ne seraient plus obligés de garantir les dépôts.  En cas de crise les particuliers et les entreprises garderaient au chaud leur épargne liquide. Les banques ne pourraient pas faire trop de "transformation" et seraient surtout amenées à vérifier la rentabilité des projets financés et d'ajuster les durées d'emprunts et les durées de prêts.

Bien sûr un tel système n'éviterait pas les crises périodiques. Le risque d'un "credit crunch" lié à la méfiance des particuliers et à leur préférence pour la liquidité serait fort. Mais la stabilité globale étant meilleure, il n'y n'aurait pas de risques de très gros dérapages. La banque centrale pourrait de toute façon faciliter temporairement le financement à court terme des banques ou celui des Etats pour compenser les défiances.

Le coût du système des paiements deviendrait apparent. Une concurrence plus claire sur les services permettrait de faire baisser les coûts de transaction, mais cette fois ci au bénéfice du client , pas de la banque. L'internationalisation des moyens de paiement serait facilitée, car le bon fonctionnement d'un système de banques de paiements n'imposent pas de banques centrales ni de surveillance des crédits. Il s'agit de pur service.

Actuellement la gestion sécurisée des crédits cannibalise l'organisation des systèmes de paiement. Il faut libérer le système de paiement du système des crédits.

Les crédits doivent être fondés sur le placement pas sur le dépôt.

Une jolie révolution, dont personne ne parle publiquement, évidemment. Toute la presse est dans les mains des banques !

Que faire de la SNCM ?

L'avenir de la SNCM est engagé. Depuis trop longtemps cette entreprise est une vache à lait. Elle est envahie par toute sorte de mafias.

Une seule anecdote : chargé par l'actionnaire principal de l'époque, la société SOFIA avais équipé une société sous-traitante chargée de découper la viande afin de tenter de limiter les vols à bord. Peu après le lancement de cette société le personnel de garde s'était retrouvé attaché à un arbre, nus, dans l'arrière pays. Et l'usine avait sauté.

La société a évidemment disparu.

Entre les syndicats, les mafias corses et la législation française, il est impossible de faire fonctionner une ligne normale entre le continent et la Corse. Corsica Ferry  est soutenu par certains "milieux" corses. Et souhaitent la fin de la SNCM. D'autres et parfois les mêmes souhaitent que la SNCM deviennent une seconde Corsica Ferry avec des connivences ou des compromis utiles.

Au nom de la continuité territoriale, qui, dans le cas précis, n'a d'autre sens que de pomper le maximum d'argent aux Français, on a couvert de nombreux abus.

La seule alternative est

- soit de considérer qu'il y a une importance nationale à la desserte de la Corse. Il faut rendre d'ordre public les deux bouts des lignes de ferry (en excluant les autorités régionales ou locales corses) et mettre en concurrence libre autant de lignes que la concurrence voudra en présenter. Les quais de débarquements seront nationalisés et seront gérés avec des personnels des compagnies sans autres interférences. Les contrats seront des contrats internationaux et libres. Une prime de continuité territoriale sera versée par la nation toute entière  au prorata de l'activité réelle constatée à condition que le trafic n'ait pas été perturbé par des grèves ou des incidents à quai, notamment en Corse.  En cas d'incident, le coût de ces incidents sera payé par la Région Corse de rattachement du port de destination ou du port de départ selon le lieu des incidents, et consigné pour faire face à toute défaillance par retenu sur les primes de continuité territoriales.

- soit de considérer que la desserte est une affaire Corse. Il appartiendra à la Région Corse concernée de faire son affaire de la gestion des lignes et du versement éventuel d'une prime de continuité territoriale, tout en respectant les règles de concurrence européenne.  

Il faut dans tous les cas interdire une gestion directe par les régions ou les salariés. On sait que dans ce cas c'est la poche profonde des contribuables qui sera inlassablement sollicitée.

Compte tenu de l'état du pays une solution serait de concéder le port de Marseille et tous les ports corses aux Chinois. On a, de temps en temps, une grosse envie que les "politiques" corses et la CGT aillent se faire voir un peu chez les Grecs, notamment au Pirée…

La crise, les experts et la télé

Le premier anniversaire de l'élection du président Hollande stimule les émissions de télévision. Il faut esquisser un premier bilan.  On a donc vu Jean-Luc  Mélenchon discuter avec  Jacques Attali sur une chaîne. Le même soir, sur une autre chaîne, l'émission d'Yves Calvi a fait se confronter les "experts"" habituels, c'est à dire Yves Thréard, chargé de la pensée de droite, M. Philippe  Dessertine, chargé de défendre les positions européistes, M. Todd, chargé de lui-même  

Nous n'évoquerons pas la philosophe de service qui n'avait rien à dire d'utile et qui s'acquittera de cette mission avec l'air pincé et sévère que les femmes philosophes affectent à la télé.

Le thème était toujours à peu près le même dans les deux cas : les hommes politiques sont-ils devenus impuissants ?

Il faut noter que tous ces intervenants sont des experts médiatiques répertoriés depuis bien avant la crise et qu'aucun n'avait eu la gentillesse de nous prévenir qu'elle arrivait. Le fait d'être incompétent et aveugle n'entraîne aucune conséquence médiatique. L'important est d'être "institutionnel" et d'avoir une "gueule" qui passe bien. Après cela, le fait d'avoir été vu à la télé vous classe parmi ceux qui doivent être éternellement revus à la télé.

Ces personnes étant intelligentes, on trouve toujours un ilot d'observations justes dans le flot de paroles qui se déverse sur le spectateur. Mais comme elles ont été totalement aveugles et incapables de comprendre les évènements, le fond manque. Un océan d'inepties se déverse alors, censées justifier les a priori politiques des "posturants", choisis justement pour ce qu'ils  représentent.

Le "talk-chaud" de Mélenchon n'avait pas pour but de faire de la lumière mais de la chaleur. Une chaleur froide et stérile. C'est qu'il est pris dans une contradiction fondamentale, dès qu'on aborde le fond des choses. Il est pour l'Europe qui peu ou prou conduit la politique économique déflationniste de la France, mais croit qu'un "rapport de force " établi en France permettra de retourner la situation. Pourquoi ? Parce qu'en menaçant de ne pas payer la dette, tout le monde se mettra à genoux.  Et de citer l'Argentine qui n'a pas remboursé ses dettes et "s'en sort très bien". Le défaut de paiement, voilà la solution.  Face à ces rodomontades, Attali, constamment coupé,  se contente de répéter inlassablement la même phrase. Vous n'avez pas tort mais la solution n'est pas en France mais en Europe. C'est l'Europe qui doit mener la politique que vous défendez pour le trop petit hexagone.

L'Europe ? Organiser la cessation de paiements ?

La situation de l'Argentine n'a rien de comparable à celle de l'Europe. Les dirigeants de ce pays, depuis Péron, conduisent des politiques démagogiques qui ont fait passer l'Argentin du statut d'oncle d'Amérique doré sur tranche à celui de membre paupérisé d'un pays enchaînant les crises et ne parvenant pas à en sortir.  L'Argentine est un cas typique de ruine par la démagogie. Lorsqu'il s'est agi d'en sortir, les réformateurs ont choisi une solution baroque : un "currency board" basé sur le dollar. Jamais cette solution technique, utilisée principalement dans les colonies  des grandes puissances et par des micro-états ne pouvant assurer la crédibilité d'une monnaie locale, n'avait été expérimentée par un grand pays indépendant. Dans un système de changes fixes, de type Bretton-Woods, le dispositif aurait pu fonctionner. Les changes flottants le mettait en danger dès lors que le dollar montait sur les marchés et que la monnaie de ses partenaires économiques majeurs baissait.  La forte dévaluation du Real brésilien, alors que le dollar grimpait à des sommets, a fait exploser le "currency board".

L'Argentine s'est alors débarrassé de ses dettes en décidant un défaut de paiement et a dévalué très fortement sa monnaie. Comme elle dispose d'un secteur agricole exportateur important, le "Campo" et que la Chine au même moment avait des besoins explosifs de nourriture et les moyens de payer, la balance commerciale s'est fortement redressée et l'argent a commencé à affluer dans les caisses des sociétés exportatrices du Campo. Echaudé par les manipulations monétaires constantes et séculaires du pays, le Campo n'a fait revenir qu'une fraction des revenus gagnés qui sont partis dans les paradis fiscaux ou aux Etats-Unis.  Le résultat est connu : les Kirchner, après s'être personnellement enrichis par tous moyens, se sont trouvés sans ressources nationales pour faire face aux besoins généraux du pays. Comme plus personne ne veut y investir depuis le vol des créanciers et des investisseurs étrangers, l'Etat s'est  retrouvé sans moyen pour faire vivre les grandes villes du pays et son administration pléthorique. On a alors volé les réserves de la banque centrale, mis en place des taxes intolérables sur les exportations et, à nouveau, tout bloqué. La situation argentine est toujours aussi lamentable alors qu'il s'agit d'un des pays les plus riches en ressources naturelles. La politique des coups d'éclats est un miroir aux alouettes. C'est la leçon argentine. Qu'elle soit reprise par Mélenchon ne saurait étonner.  Ses solutions sont les mêmes : on annule unilatéralement les dettes ; on relance à tout va la dépense publique en imprimant des billets ; on taxe à mort tout ce qui bouge. Le désastre est au bout. L'exemple argentin est plus que parlant. 

Dans ce cas il n'y aurait naturellement plus d'Euro ni d'Europe.

La chaleur Mélenchon ne réchauffera que les cruches et les imbéciles.

La position d'Attali est-elle plus claire ?  Il affirme : la solution sera européenne ou ne sera pas. Très bien. C'est une évidence si l'Euro doit être conservé. Mais  comment  sortir des ornières actuelles ? Grand silence. L'Europe, l'Europe, l'Europe ! Seulement voilà : les européistes ont mis en place l'Euro sans nous dire comment cela marchait si on se contentait d' un jeu de règles simplistes, sans cabine de pilotage et dans un monde de changes flottants.  M. Attali n'a rien à nous dire sur les solutions permettant de dépasser cette carence.

Finalement l'échange Attali-Mélenchon ne débouchera sur rien.  Sinon de l'audience pour les organisateurs et un peu de "revu à la télé" pour les protagonistes.  Aucun intérêt.

Tournons-nous vers Yves Calvi. Sa question sur l'impuissance des politiques a-t-elle trouvée une réponse convaincante ? Disons le tout de suite : non ! Un concours d'inepties dans un flot de truismes n'apporte rien à la réflexion.

Examinons quelques thèmes.

Pourquoi le Président de la République Française, qui a plus de pouvoirs que n'importe lequel des dirigeants des grands pays , est-il, de fait, aussi  impuissant que le président le plus faible, qui doit être celui d'Italie, avec ses 88 ans chevrotants ?

C'est "la faute aux grands corps de l'Etat" affirme Todd. Ces vilains sont en fait des banquiers et comme la finance règne en malfaisante, ils règnent comme des malfaisants. Le Premier Ministre n'a pas de pouvoir. les Ministres encore moins. Ils ne choisissent même pas leur cabinet. Thréard surenchérit : les Ministères sont pléthoriques et impossibles à bouger.  Mais" je déteste qu'on mette les hauts fonctionnaires en situation de boucs émissaires".   On bascule alors sur le rôle des parlementaires, leur impuissance, la nécessité des mandats multiples pour qu'ils ne s'ennuient pas complètement. 

Quelle est notre propre position sur cette question cruciale ?

La France n'est pas responsable de la crise mondiale qui s'est déclenchée fin juillet 2007 avec le blocage du marché monétaire interbancaire.  Pas plus que l'Europe. La crise va révéler la formidable faiblesse de la zone Euro et la vulnérabilité d'une France qui a choisi la course folle au non travail et à l'impôt.

Sortir de nos difficultés supposent qu'on ait une vision des causes de la crise globale et de la fragilité de la zone Euro. Si on n'en parle pas, on cause dans le vide.

Le Président de la République Française a un rôle à jouer et dans le monde et en Europe. Mais encore faut-il  qu'il ait une vision des problèmes et des solutions. Nicolas Sarkozy a eu une intuition des problèmes  et une envie d'agir. Mais pas de levier intellectuel pour être efficace. Son action a largement été une agitation, même s'il a réussi à faire bouger des gens qui ne voulaient rien voir ou rien faire. La difficulté avec M. Hollande, c'est qu'il n'a aucune vision de rien et qu'il ne bouge sur exactement rien. Il ne tient aucun discours utile parce qu'il n'a ni diagnostic ni solution.

Ce n'est pas son impuissance institutionnelle qui compte en premier. Le  président qui a plus de pouvoirs que quiconque serait prisonnier d'une Europe trop forte, d'une décentralisation non maîtrisable ou d'une Administration incontrôlable ? L'impuissance est d'abord intellectuelle. Hollande ne sait pas. Il n'a pas réfléchi au-delà des slogans et des éléments de langage de communicants. Il n'a rien à dire, rien à proposer. Les évènements sont plus forts que son babil de démagogue. Et il s'en fout. Il est là où il voulait être. Le reste compte peu. Sa désinvolture est un peu trop visible.   

Les invités de M. Calvi ne pouvaient pas s'engager sur la voie de ce diagnostic simplement parce qu'ils sont exactement dans le même cas. Aucun n'a un vrai diagnostic de la crise, aucune réflexion réelle sur la faiblesse européenne, et seulement des lueurs partisanes sur le cas français.

M. Hollande a été assez puissant pour asséner un choc fiscal et un choc moral si fort au pays qu'il l'a mis à l'arrêt et  a tout aggravé. Il n'a eu aucune impuissance à faire l'inverse de ce qu'il fallait faire. S'il ne renverse pas la vapeur c'est qu'il ne le veut pas, non qu'il ne le peut pas. Il est un président puissant et catastrophique. Les vaticinations sur son impuissance supposée sont ridicules.

La vraie question aurait du être  de savoir si, ayant un diagnostic et une volonté positive, il aurait pu la faire prévaloir. La carence de curiosité a tué le débat.

On retrouve la même impuissance sur la question européenne.  L'européiste Dessertine sort son apologie. L'Europe c'est la paix. L'Euro vient de loin et c'est la sagesse car le commerce basé sur une bonne monnaie unique c'est la paix.  Si cela ne marche pas, ce n'est pas la faute de l'Europe ou de l'Euro mais des dirigeants nationaux qui n'ont pas compris que le monde a changé.  Il énonce une théorie curieuse et nouvelle : ce sont les dirigeants occidentaux qui, en 1990,  ont choisi d'ouvrir les vannes monétaires et de débrider le crédit pour maintenir la croissance et les systèmes trop généreux de Welfare state mis en place à la Libération. L'endettement aurait  été volontaire et concerté. "Fait pour". On paierait cette erreur aujourd'hui.

Cette théorie est fausse. La courbe en U de l'endettement atteint son point bas en 1970 et commence sa remontée à partir de cette date. La libéralisation des mouvements de capitaux n'a pas été décidée en 1973 pour libérer la dette, mais parce que les changes flottants imposent, pour avoir un minimum de cohérence, que ce soit les marchés qui fixent la valeur respective des devises, les banques centrales se contentant de stabiliser la hausse des prix entre 0 et 2%. Pour cela elle devait être indépendante des Etats et ne pas les financer directement. Les accords de la Jamaïque ont créé une mauvaise solution qui n'a jamais marché, mais ils étaient un minimum cohérents avec la doctrine qui les justifiait.

On espérait de la libération des mouvements de capitaux à long comme à court terme qu'elle permette une allocation optimale des capitaux vers les meilleurs investissements. Pas qu'elle augmente la dette ! Les salles de marché pléthoriques datent des années 70, pas 90.

Cet espoir sera déçu et le système en fait ne marchera pas. Il sera la source de déséquilibres croissants qui alimenteront la dette mondiale  jusqu'au point où elle deviendra insoutenable.  Comme Dessertine est en faveur des changes flottants et qu'il n'en a jamais analysé les dangers, il ne peut qu'inventer une scénographie historico-politique aventurée  qui doit être mise à la poubelle des hypothèses farfelues.

Les gentils diront : au moins il avait une idée. Elle est fausse. Mais c'est un début.

On sait que M. Todd a une marotte : expliquer l'impossibilité de l'Euro par la sociologie et le régime matrimonial. Nous avons déjà démonté cette idiotie sur ce blog. N'y revenons pas.

La crise a révélé la faiblesse de la zone Euro qui est d'être gérée par la norme (3% de déficit d'état dans le PIB et 60% de dettes publiques cumulées  par rapport à ce même PIB). La gestion par la norme est une utopie qui a été balayée par la crise. Une zone monétaire unique doit avoir des organes de pilotage au jour le jour. Elle n'en a pas. Elle n'en veut pas. Elle crève. Stop !

M. Thréard n'a aucune idée particulière sur toutes ces questions. Il est pour l'Euro. Point."Credo ergo sum".

Reste le grand débat sur le monde qui aurait radicalement changé. Les gouvernements occidentaux, européens, français n'auraient pas pris la mesure des "changements de paradigmes" (élément structurant de la novlangue de bois) et auraient conservé les voies et moyens de l'immédiate après guerre.  

Depuis Alvin Toffler et la "première crise la plus grave depuis 1929", la mode, pour les penseurs cosmoplanétaires,  est de voir des chocs du futur assommer les pauvres gouvernants qui ne voient rien venir malgré les brillantes analyses de leurs  causeurs de télévision.

Pour Todd, le monde est peuplé de nullités qui ne savent pas les beautés de la sociologie. S'ils s'occupaient un peu plus du régime des naissances, ils comprendraient enfin ce que lui a compris depuis longtemps : Todd est un immense scientifique qui détient la vérité.  S'il a une tronche sinistre et un comportement d'imprécateur, c'est parce qu'il est le seul à dire le vrai, la tête dans les berceaux.

Pour Thréard c'est naturellement le modèle social français qui est décalé. Trop de dépenses publiques associées  à pas de production et voilà le résultat. Vision idéologique à courte vue mais cohérente avec les positions de son journal.

Pour Dessertine il faut s'adapter à un monde nouveau et les Allemands ont montré le chemin.   C'est facile. Vive l'Europe à l'Allemande pour tous. Sauf que le mercantilisme allemand ne fonctionne que si les autres n'ont pas de politiques mercantilistes 

Aucun ne veut voir ce fait crucial : un produit doit s'échanger contre un produit et le travail contre le travail. Avoir mis en place, contre les statuts du FMI, contre la  Charte de la Havane, un système qui fait que les produits et le travail s'échangent contre du papier, en laissant les déficits et les excédents grimper  à des niveaux intolérables, a provoqué une montée faramineuse du chômage, cassé la croissance mondiale, désorganisé les échanges et les décisions d'investissements et finalement fait sauter tout le système financier.

Comment faire comprendre  à M. Yves Calvi qu'il faut qu'il sorte un peu des analyses éculées de ceux qui n'ont pas vu venir la crise, ne la comprennent pas et disent encore et toujours n'importe quoi ?

Margaret Thatcher, Jacques Delors et l’Euro : le malentendu

La disparition de Margaret Thatcher a stimulé la haine des dévots socialistes injurieux.  Le jour de sa mort, la recherche sur Google avec les critères « Thatcher+Salope » donnait 3.500 réponses. On en est déjà à 6.910 deux jours plus tard. On atteindra assez vite  les 10.000 au moment de l’enterrement.

La chasse aux sorcières était naguère critiquée par la gauche, celle de Voltaire, comme une infamie. Depuis que le socialisme a squatté la gauche, chasser la sorcière est devenu un jeu nécessaire. Ceux qui comme Eric Zemmour considèrent les socialistes comme l’équivalent des « djihadistes » musulmans trouveront tous les exemples qu’il leur faut dans cet indécent déchaînement. Que des cultureux « de gauche » puissent s’associer à ces ignominies est une marque de plus de la déchéance des intellectuels socialistes européens.

Il est intéressant, dans une optique purement économique, de relever dans ce dégueulis général  une erreur curieuse. On charge Margaret Thatcher d’avoir été avant même Reagan, à la source des "dérégulations sauvages" dont certains voient la cause unique des nos malheurs économiques actuels.   

Il suffit de lire les mémoires de Mme Thatcher (The Downing Street Years), et dans le même mouvement le rapport Delors, pour comprendre la fausseté presqu’absolue de ce crédo mille fois répété.

Que demande le rapport Delors : la libéralisation totale des mouvements de capitaux ; l’interdiction pour les banques centrales de prêter aux Etats ; L’indépendance de la banque centrale.

Que dit Mme Thatcher : “No ! No ! No !”

C’est donc l’ex Ministre des Finances socialiste de Monsieur Mitterrand qui propose le système fragile qui vient de montrer sa dangerosité : un système de libre circulation des capitaux à court terme avec une BCE indépendante ne prenant en considération statutairement que des questions d’inflation moyenne en Europe.  C’est lui qui créé un système monétaire européen où le taux de change n’est plus piloté.

La responsabilité de Delors et de ses amis dans la construction d’un système bancal donnant aux banques et à la finance un rôle hypertrophié est première.

Margaret Thatcher, beaucoup plus pragmatique, était contre.

Elle l’écrit clairement : "l’EERM (l’European Exchange Rate Mechanism) conduit le Royaume-Uni à être sous la domination de l’Allemagne ! "

Il ne faut pas confondre Thatcher et « Merkozy » ou « Merkollande » !

Elle parle de Delorsian Socialism, avec des extensions à l’échelle du continent. « Rien de cela n’était acceptable pour moi ».

Le malentendu est complet : l’idéologue est Jacques Delors. Il est directement responsable du système imbécile qui nous vaut la déflation actuelle et le passage de la France sous la férule de l’Allemagne.  Margaret Thatcher, prudente et attentive à la rationalité des décisions, est beaucoup plus sage et ouverte.  « Je veux un bénéfice prouvé, pas de risque excessif et aucune dépossession de la légitimité que je tires de mon élection». Pas de bénéfice, pas d’accord.  Trop de risques, pas d’accord. Trop de renoncements de souveraineté, pas d’accord !

Jamais Delors et ses amis n’ont averti de la fragilité et des dangers de leur système. Aucune discussion pratique n’a eu lieu en public sur ces questions clefs. Le débat s’est concentré, lors du referendum de Maastricht, sur les abandons de souveraineté, qui ont été minimisés ou niés. Thatcher, oui.

Elle a montré beaucoup de courage parce que son propre gouvernement était plutôt en faveur de l’ERM. Elle a été confrontée à une pression énorme de son Ministre des finances associé à son Ministre des affaires étrangères qui, la veille de la conférence de Madrid qui devait mettre l’ERM en marche, ont mis leur démission dans la balance.  

Le résultat est que le Royaume Uni n’est pas, aujourd’hui,  à la remorque de l’Allemagne et de ses désirs déflationnistes. Il est vrai que Cameron a lancé son propre plan déflationniste avec des résultats peu probants.

Cameron n’est pas Thatcher.  

Rendons à M. Delors ses propres créations et à Mme Thatcher l’honneur de son bon sens  d’épicière.

Le démagogue et la PME

Le démagogue est un certain Jean-Louis Destans, énarque, député socialiste de l’Eure. Pressé par la direction de son parti  et par les équipes de l’Elysées de faire valoir aux entreprises que la « boîte à outils » du président Hollande est un merveilleux cadeau qu’on leur fait, il envoie, sous en-tête de l’Assemblée Nationale et aux frais du contribuable, une circulaire selon laquelle « les entreprises sont la priorité de la puissance publique » et  peuvent se saisir de mécanismes « particulièrement simples d’accès ». Il s’agit naturellement de tout l’attirail de mesures artificielles prises en urgence  après qu’un choc fiscal hystérique ciblé sur les entrepreneurs et les investisseurs eût arrêté net l’économie en septembre-octobre 2012 :

-          Le CICE : le crédit d’impôt compétitivité emploi,

-          La BPI : la banque publique d’investissement

-          Le CIR : crédit impôt recherche et le JEI : statut des jeunes entreprises innovantes

-          Le Contrat de Génération (sans sigle. Dommage ! Avec Contrat Génération Travail, on aurait eu CGT ce qui aurait passionné les patrons). 

On sait que le gouvernement a prélevé entre 25 et 40 milliards d’euros sur les entreprises avant d’envisager d’en rendre une partie avec le CICE, sous des formes absurdes.

La BPI est la fusion de deux organismes existants et dont la vice-présidente est l’ex-compagne du président de la république, vice-présidente dont les investissements, en tant que présidente de la région Poitou Charente, ont été pratiquement tous perdus. Népotisme et nullité réunis en bouquet, cela vous classe tout de suite une politique. 

Le CIR existait déjà.

Le contrat de génération est une usine à gaz qui donne de l’argent public pour créer des binômes entre un jeune et un vieux. Effet d’affichage politique  sans rationalité économique.

Les quatre mesures sont la marque indélébile d’une énarchie compassionnelle qui vous vole votre montre, la porte ostensiblement, et entend vous donner l’heure, à ses conditions et pourvu qu’on lui dise merci.

Comment le Monopoly grotesque imaginé par le leader méprisé de ce que la presse appelle désormais ouvertement un groupe de ripoux socialistes, est-il apprécié par les PME ?

Voici la réponse du patron d’une PME de Saint-Pierre de Bailleul, M. Hughes Leblanc, visiblement insensible à la compassion des énarques qui nous gouvernent:

« Monsieur le député,

J’accuse réception de votre lettre et vous remercie pour votre sollicitude. Je serais tenté de vous répondre comme les bourgeois de Calais visités par Louis XIV et à qui celui-ci demandait ce qu’il pouvait faire pour eux : « SURTOUT, SIRE, NE FAITES RIEN ».

Quand on voit le rapport qualité prix des services rendus par la mafia Parlementaires + Fonctionnaires + Syndicats, on a tendance à vouloir changer de fournisseurs.

Jugez le résultat :

-          La France a des coûts de fonctionnement dépassant de 20% ses revenus

-          Avec les 35 heures, les 5 semaines de congés payés, la retraite à 60 ans, la France est la risée de la terre entière.

-          Un nombre de fonctionnaires double, par habitant, de celui des Allemands

Ce que propose Monsieur le Président de la République :

-          Augmentation de 65.000 du nombre des fonctionnaires

-          Création de 150.000 postes de jeunes aides fonctionnaires (sans formation)

Quant à vos usines à gaz, crédit d’impôt, banque d’état etc.

Remisez-les  simplement et diminuez :

-          Les charges sociales (les plus élevées du monde)

-          L’impôt

MEFIEZ VOUS DE LA COLERE DU PEUPLE  (DANTON)

Meilleures salutations »

Ruiner les gens et leur tendre quelques-unes des pièces volées pour qu’ils vous lèchent la main est une attitude déplorable et un détournement de la République par ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui des incapables malintentionnés dont l’honnêteté est douteuse.


Puisqu’on évoque aujourd’hui la question des incompatibilités avec la fonction d’élu, la première mesure à prendre et d’interdire qu’on puisse être élu dans une assemblée ou membre d’un exécutif qui fixe votre rémunération. Ce qui veut dire que tout fonctionnaire ne peut être éligible au Sénat, à l’Assemblée nationale, qu’après avoir démissionné de la fonction publique.

Adieu les Hollande, Aubry, Ayrault, Moscovici, Eckert, Fabius, Royal, Destans,  Juppé, et tous ceux qui croient qu’ils doivent compléter leur concours de l’ENA ou compenser l’ennui de leur fonction  administrative par une compétition politique « à qui volera le plus le citoyen », pour son bien naturellement. Voir deux excellences de préau d’école comme MM.  Ayrault, professeur d’allemand, et Eckert, professeur de maths,  s’occuper, sous la direction d’un membre de la Cour des Comptes qui n’a, lui, jamais exercé le moindre travail statutaire (pourtant bien modeste),  à « dynamiser » avec des gadgets administratifs et fiscaux, les entreprises qu’ils se sont employées à ruiner,  n’amusera que ceux que l’effondrement français excite.

En tout cas, on le voit bien :  cela n’amuse pas les patrons de PME.

En lisant M. Lemaire

Monsieur Lemaire, comme Monsieur Baroin, a  écrit un livre sur son expérience ministérielle,  aussitôt dans l'opposition. Ces livres n'ont aucun caractère informatif. Ils ont uniquement pour but de promouvoir la personnalité de leur auteur et de leur donner une épaisseur que leur action politique n'a pas véritablement permis d'étalonner.

Disons le d'entrée de jeu : le livre est plus dense et mieux écrit que celui de F. Baroin qui l'avait coiffé pour le poste de Ministre des Finances. M. Lemaire a un bagage intellectuel, une culture générale et une réflexion politique plus étoffée.

Malheureusement les deux livres ont le même défaut : ils montrent tous les deux l'impuissance des ministres.

M. Baroin flottait comme un ludion et s'agitait en tentant de faire le moins de vagues possible tout en restant dans le plus grand vague possible.

M. Lemaire est plus volontaire mais son rôle aura été  celui d'un commis voyageur. Il s'est épuisé en avion, et en réunions où il faut convaincre. Convaincre de quoi ? Convaincre qui ? Pour quels résultats ?

La Cour de Justice Européenne ayant décrété que la politique d'aide sociale n'était pas de la responsabilité européenne  selon les traités, il s'empresse de convaincre qu'il faut  garder une politique mutualisée  de charité publique alimentaire en Europe. Le rôle du dirigeant est d'arroser la clientèle. Mais voilà : la charité doit se faire sur une base nationale. Au lieu de le comprendre, le voilà en guerre. En vain.  C'est bien de déclarer que l'Allemagne est bloquée par son prurit juridique, mais considérer qu'on doive violer les traités pour faire la charité avec l'argent des autres était absurde. Il aurait dit : je veux faire la charité un peu plus avec l'argent des Français, on l'aurait au moins entendu.

Plus sérieux est la question de la régulation des marchés agricoles. Nicolas Sarkozy voulait asseoir sa posture comme grand dirigeant mondial promouvant la bonté vis-à-vis des pauvres du monde et avait ouvert cette tête de chapitre. Pourquoi pas ? Même si le côté Sœur Theresa de nos politiques fait toujours un peu rire. De négociations épuisantes en négociations épuisantes on aboutit à un texte du G.20 dont l'effet aujourd'hui est … Est quoi justement ?  Personne n'en sait rien et tout le monde s'en fout.

Tout le livre est ainsi empli de cette vacuité insidieuse qui fait du ministre non pas l'homme d'un diagnostic fort et d'une politique effective mais un négociateur, un homme lige, un représentant de catégories électorales chargé de les mettre en condition pour les prochaines élections. Il défend la dépense, la subvention, le mécanisme d'arrosage des intérêts, toujours compatissant, indéfiniment compatissant. .

Bruno Lemaire fait beaucoup parler Nicolas Sarkozy. S'est-il rendu compte qu'il en a fait une sorte de neu-neu incapable de parler un français un minimum correct ? On découvre que, dès la moitié du quinquennat, il a pris le style qu'on découvrira lors des élections de 2012 : faussement patelin ; centré sur lui-même ; pleurnicheur ; faux copain ; hagard. L'homme ne s'est jamais remis d'avoir été élu Président. Pathétiquement il essaie d'entrer dans le costume et s'épuise dans l'exercice sans réellement peser sur les choses, ouvrant inlassablement des têtes de chapitres, souvent avec une excellente intuition, et ne faisant que des courants d'air.

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi même, M.Lemaire dresse son propre  portrait, flatteur, en faisant parler les autres.  Tous disent qu'il est un grand espoir, qu'il est le presque meilleur d'entre nous, qu'il doit se construire sa stature car elle sera formidable, qu'il aurait du être Ministre des Finances à la place du Ministre des finances, qu'il ne l'a pas été parce qu'il travaillait trop et qu'il était trop bon à l'Agriculture, et que et que.

Au final le livre de M. Lemaire pose la question de l'impuissance gouvernementale française et de son rôle de pure défense de la dépense publique.

Il est vrai qu'à la fin de la mandature Sarkozy, la question a été posée d'un recadrage massif des dépenses publiques. M. Lemaire agite les grelots sur un thème que nous avons traité sur ce blog : "faisons ce qu'il faut même si cela nous coûte l'élection ; au moins on aura fait notre devoir". Pourquoi ne pas supprimer les 35 heures ? Sarkozy refuse.   Fillon fait remarquer à Lemaire qu'il y a dans les tiroirs un plan à 90 milliards d'économies. Et c'est lui qui lui dit : chiche !

Sur 2.000 milliards de dépenses, une réduction de 10%, absolument nécessaire,   représente 200 milliards, sauf erreur de calcul. 90 milliards, ce n'est rien, quand on se tient à la hauteur des problèmes. Réduire de 4.5% la dépense publique est possible et nécessaire. Mais non. La peur électorale et le poids de la fonction publique dans les hautes sphères politiques fait qu'on s'en tiendra à un plan qui fait la part belle à l'impôt et exige pratiquement rien en matière de réduction de la dépense publique, comme nous le constaterons aussitôt sur ce blog.  

Si bien que le père de famille nombreuse qu'est Lemaire en vient à exiger la dénaturation du système des allocations familiales française et à abandonner son statut de fonctionnaire pour prouver sa bonne volonté.

On ne demande pas aux hommes politiques des sacrifices personnels mais de créer des systèmes politiques et fiscaux durables et n'empêchant pas toute croissance. Le contre exemple est la mise en place de système comme le RSA qui fixe dans le non travail des centaines de milliers de personnes qui ont vite fait leur calcul, même si l'intention et inverse, ou comme celui des intermittents du spectacle, où des subventions à la presse en contrepartie du monopole des ouvriers du livre, où la PAC, ou la gratuité de l'université dans la misère de l'université ou  etc.

Que Monsieur Lemaire nous dise : oui il faut mettre fin au blocage du développement portuaire français  en supprimant le statut des dockers ; oui il faut mettre en faillite la SNCM et supprimer le statut des marins français ; oui il faut mettre fin aux statuts des cheminots qui rend absolument impossible toute rentabilité d'une compagnie de chemin de fer ; oui il faut réserver les statuts publics uniquement aux fonctions régaliennes (militaires, policiers, juges, haut fonctionnaires,) mais pas aux auxiliaires professionnels qu'ils emploient ; oui il faut supprimer la gratuité du petit risque, en ne subventionnant de dispensaires que pour les plus pauvres.  Là il va toucher à des vaches sacrées qui coûtent des dizaines de milliards d'euros à la collectivité. Sans aucune contrepartie positive. Aucune.

Il ne suffit pas, Monsieur Lemaire, d'avoir été un excellent élève, d'avoir des capacités à l'évidence au dessus de la moyenne et même une haute idée de l'Etat et de la France. Il faut avoir du courage et accepté d'être vilipendé et traîné dans la boue par des cloportes.  Regardez Charles de Gaulle, traîné dans la boue tous les jours par les socialistes et que le minable Hollande a voulu réduire à Pétain et Hitler via Papon avec sa commémoration de la provocation du FLN de 1961.  Regardez Mme Thatcher que l'on enterre aujourd'hui sous les injures en France sous les fleurs au Royaume Uni en dépit du mépris de la gauche cultureuse  anglaise. Le film qui la montre détruite par la maladie d'Alzheimer est une ordurerie comme on en voit peu.  Laisser à jamais de la "Femme de Fer" l'image d'un "déchet" comme on dit au parti socialiste ! Et de crier à la délicatesse du traitement. Toutes les télé ont titré "mort d'une femme exceptionnelle mais  contestée".  Contestée !

Elle a dit à l'IRA : vous tuez. Vous voulez mourir une fois mis hors d'état de nuire. Mourez !*

Elle a dit aux syndicats qui avaient ruiné le pays : " Vous n'aurez pas ma peau. J'aurai la vôtre et le pays s'en trouvera mieux".

Elle a dit aux mineurs : "je ne subventionnerez pas malgré vos manifestations une activité sans espoir de rentabilité".

Elle a dit à l'Europe : "OK pour toutes vos conneries mais je ne réduis pas mes fonctionnaires pour nourrir ceux de la CEE". En ajoutant :  "je veux qu'on me rende mon argent".

  Elle a dit à ses fonctionnaires : "Vous êtes trop nombreux. Je n'en garderais que 700.000, en attendant 500.000".

Elle a dit aux Argentins : "Pas touche aux propriétés de la Couronne".

Et elle a mis ses actes en rapport avec ses paroles. Elle a eu une volonté. C'est cela que l'on conteste.

Elle a eu une volonté vis-à-vis de tous les prédateurs abusifs et a redonné  une vitalité au Royaume-Uni.

C'est intolérable pour la gauche socialiste qu'elle soit anglaise ou française. Une volonté ! Vous vous rendez compte. C'est du fascisme.

Alors Thatcher est devenue dans tous les forums pratiqués par des gens de gauche "Thatcher la Salope", "Lady  Pinochet" etc.

Que M. Lemaire s'inspire de l'exemple de Charles de Gaulle et de Margaret Thatcher.  Il faut annoncer ce qu'on veut faire. Et le faire. En acceptant la boue qui sera répandue sur vous par toutes les forces de gauche et du centre coalisées.

Il ne suffit pas d'être grand, d'avoir des yeux bleus, de porter une haute ambition pour soi même. Il faut accepter d'être piétiné et vilipendé en clamant haut et fort les nécessités nationales, en les prenant par le bon bout.

Cher M. Lemaire, nous vous avons envoyé un petit livre qui résume les sept péchés capitaux de la politique française. Nous ne saurions trop vous conseiller de le lire. Vous verrez combien vous êtes loin de ce qu'il faut annoncer à la nation.

Vos indéniables qualités méritent d'être encouragées. Encore un effort !

La grande tristesse des étudiants français en économie

Nous souhaitons exprimer ici toute notre sympathie aux étudiants en économie qui depuis des lustres se désespèrent de leur discipline et de son enseignement.

Ce blog a été mis en place largement pour eux. Pour qu'ils puissent se rendre compte qu'une analyse en temps réel de la réalité est un exercice économique possible et sans doute souhaitable.

Il est arrivée à la discipline économique trois évolutions fâcheuses :

- d'abord elle a été captée par les Etats-Unis. Tout ce qui vient des Etats-Unis est béni. Le reste ne compte pas. On le voit par exemple à l'Insead où l'économie est confiée à un américain, qui au demeurant à une belle voix mais aucune idée juste sur quoi que ce soit. Mais il est américain et possède les diplômes correspondants. Qu'importe que la soupe soit insipide.  

- Ensuite la discipline et devenue matheuse à l'extrême. Les économistes avaient besoin que leur science qui est en fait politique et sociologique soit une science dure à base de mathématiques incompréhensibles pour le commun des mortels.  L'ennui des maths, c'est que pour s'appliquer à la réalité, il faut avoir des mesures et des concepts clairs de ce qu'on mesure. Si on applique brutalement des mathématiques à des statistiques incertaines ou même carrément fausses, on n'aboutit à rien. On construit des modèles souvent extrêmement complexes sur des hypothèses exagérément fragiles.

- Enfin la fracture entre micro économie et macro économie n'a jamais été réellement réduite. L'accusation que nous avions portée il y a quarante ans contre le manuel de Raymond Barre qui se contentait dans le livre 1 d'expliquer que la microéconomie, débouchant sur le modèle walraso parétien, aboutissait à l'impossibilité des crises, le retour à l'équilibre étant quasiment automatique et qui exaltait, dans le livre II, les nouvelles possibilités de lutter contre les crises depuis que le keynésianisme s'était installé dans les esprits et que les Etats maitrisaient la dépense globale.

Ce trois évolutions se composent. Les Etats-Unis ayant opté pour une économie idéologiquement fondée sur la bienveillance des marchés, les économistes américains ont développé le modèle micro-économique en tentant, avec des équations complexes, de lui faire expliquer les faits macroéconomiques. Une bouillie politique, idéologique et  mathématique a remplacé l'examen objectif des faits.

La crise que nous vivons remet totalement en cause cette tentative : les modèles mathématiques n'ont pas prévu la crise, au contraire, ils ont empêché de la voir, ce qui est tout de même un comble. Tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas anticiper des ruptures et se basent sur des continuités.  La puissance américaine aussi bien politique qu'idéologique et économique a mis un bœuf sur la langue de tous les économistes officiels. Du coup on a cherché les causes de la crise dans des épiphénomènes mais surtout pas là où elles étaient.  L'autisme et la soumission font qu'aucun économiste français n'ose véritablement aller au fond des choses, car il ne veut pas prendre le risque de se faire marginaliser et perdre les fonctions paraétatiques ou étatiques qui le font vivre.

La lâcheté et la bêtise crasse, assise sur un suivisme médiocre règnent dans les circuits universitaires d'enseignement de l'économie, le seul endroit où les élèves sont de plus en plus mauvais au fur et à mesure que l'on monte dans les années universitaires. Evidemment ! Les plus intelligents sont partis ailleurs.

Certains domaines comme la monnaie, les échanges monétaires internationaux, les changes sont des disciplines quasiment à l'abandon, avec des cours qui parfois confinent à l'ignorance totale.

Donc oui, l'économie est une discipline en crise, les économistes français actuels sont en dessous de tout, les économistes officiels sont stipendiés par les banques et l'Etat, ce qui fait perdre à leurs analyses pratiquement toute valeur,  et l'enseignement économique est un mort vivant.

Les étudiants ont donc bien raison de s'attrister.

Nous ne saurions trop leur conseiller d'éviter trois tentations :  

- La tentation de "l'économiste mais" et de l'économisme anti libéral à teinture marxiste  ou socialiste de mauvais aloi, ne mène à rien. Les économistes universitaires français ont tenté de masquer leur évacuation du haut niveau en montrant leur belle âme bien rose ou bien rouge selon les tempéraments. Mais le monde se fout bien de ces belles âmes. Elles se sont épuisées à creuser le néant et y ont trouvé rien d'autre que le néant, ce qui était assez naturel.

- La tentation de se référer constamment aux contestataires américains, maniaque de l'hyper keynésianisme comme Krugman ou du n'importe quoi émotionnel comme Joseph Stiglitz. La marginalité hargneuse ne signifie par la vérité.

- La tentation de s'amalgamer à divers meutes d'économistes qui sont si nuls qu'ils n'osent rien affirmer seul mais le font comme pétitionnaires dans des groupements marqués politiquement. C'est peut être utile à la carrière, mais inutile à la science.

L'économie n'a d'intérêt que comme science de l'observation des faits économiques. Les faits doivent être connus. Il faut des concepts pour les isoler et les comprendre. Il faut des statistiques pour les mettre en relief. Il faut même des modèles pour les interpréter. Mais surtout il faut voir, voir, voir, sans lunettes déformantes.  Regarder les faits à la seule lueur de la raison et non des idéologies, des pressions de carrière, du goût pour la participation à des cénacles confortables.

Ce blog est vu parfois comme agressif tout azimut parce qu'il  attaque des erreurs qui sont partagées par tous les bords, donc des attitudes et des comportements erronés qui touchent tout l'échiquier politique et intellectuel français.  

Il faut parfois répéter que l'eau mouille et que le feu brûle à des gens qui devaient tout de même le savoir.

L'étudiant doit avoir à la fois de l'admiration pour les grands penseurs et les grands observateurs de l'économie, notamment Français (il y en a eu beaucoup) et d'autre part rester vigilant et critique. Il doit penser par lui-même à la hauteur de sa propre raison. Et garder à l'esprit que si l'enseignement actuel de l'économie en France ne leur dit rien de la réalité c'est d'abord parce que leurs professeurs ne la connaissent pas et seraient terrorisés à l'idée de l'expliquer. Les meilleurs se contentent donc d'enseigner les thèses du passé qui ont un minimum de cohérence. Et à encourager les maths pour faire sérieux. Lorsqu'ils s'expriment c'est toujours après coup, lorsqu'il n'y a plus de danger à prévoir et à annoncer.

Il ne doit pas pour autant se décourager. L'économie est un champ de ruines et un champ de mines. Mais le terreau est là sur lequel on peut construire de belles moissons pourvu qu'on s'en tienne à ces règles simples : des concepts précis, des observations justes, des raisonnements solides. Il découvrira alors qu'on peut comprendre et qu'on peut prévoir. Donc être un scientifique utile.

Cercle des économistes e-toile

Choc à Chypre !

La nouvelle est tombée et a mis en émoi la planète finance :  Les banques chypriotes, exsangues après avoir déprécié d'énormes quantités d'actifs grecs, et autres,  ne verraient pas les dépôts de leurs clients garantis. Ceux-ci perdraient jusqu'à 10% de leurs avoirs. Les déposants se sont rués aux guichets de leurs banques qu'ils ont trouvées closes.

Du jour au lendemain, sans que leur responsabilité soit le moins du monde engagée, ils sont passés de créanciers de leur banque  à débiteurs de l'état chypriote. Bien sûr la démagogie ambiante a voulu qu'on évoque un traitement différent entre "riches" et "pauvres". Mais pour la première fois depuis des lustres, un système bancaire organisé sur l'engagement implicite que les dépôts sont peu ou prou garantis, affirme : je m'assoies sur le principe de base qui me fonde.  Et c'est l'Europe qui s'y colle.

Naturellement pour masquer la trahison des déposants, les communicants ont bien travaillé. Ce ne sont pas de gentils déposants qu'on a dépouillé au coin d'un bois. Mais de vilains oligarques russes, fraudeurs, nécessairement fraudeurs. Voler un voleur n'est pas du vol. On n'a d'ailleurs pas appelé cela un vol ; juste une taxe. Si on ne peut plus taxer le capital !

Même les Argentins avaient mis des formes avant de voler les déposants.  Ils avaient eu la gentillesse de bloquer les comptes de dépôt mais en créant un "corralito", un sous dépôt en accès libre.  On pouvait sortir l'argent de ce sous compte. Au compte goutte. Ensuite on avait converti tous les avoirs en dollars en pesos sur la base d'un cours fictif. C'était du vol et il avait ruiné de nombreux usagers des banques argentines, notamment les entreprises françaises. Mais les principes avaient été respectés :  la valeur faciale des dépôts  était respectée.

Ici on ne ruse pas. On prend et on empêche le client de se retourner contre sa banque : ce n'est pas elle qui a pris ou perdu l'argent déposé. Mais l'Etat qui a taxé.  La réputation de place de Chypre est en même temps sauvée (momentanément)  et anéantie (durablement). Ce qui entraînera à terme la faillite de toutes les banques qui y travaillent et il faudra soutenir l'île à nouveau !

L'affaire éclaire plusieurs aspects importants de notre système financier.

- D'abord, on a laissé les banques chypriotes engager des actifs qui représentent 8 à 9 fois la valeur du PIB de Chypre. C'est la même histoire qu'en Islande ou en Irlande.  L'Etat est dans l'incapacité de garantir quoi que ce soit.  Normalement le capital des banques aurait du servir d'amortisseur pour les pertes éventuelles, avant que l'on s'en prenne aux dépôts.  Les pertes ont été tellement énormes que même les nouvelles règles prudentielles de Bâle III n'auraient pas permis de faire face. Aucune garantie implicite ou explicite n'aurait permis de faire face.  Ruiner les Chypriotes pour qu'ils couvrent les dettes des banques aurait été vain. Les Islandais et les Irlandais  doivent ruminer leur haine, puisqu'eux y sont tenus, du moins en partie. De même que les citoyens qui contribuent partout par leurs impôts à sauver leurs banques nationales. Il serait normal que dès que les actifs des banques d'un Etat représentent plus de deux fois le PIB du pays, une procédure d'alerte soit mise en place.  On s'est attaqué aux banques dites systémiques. On voit bien que même les banques chypriotes inconnues le sont.

- L'affaire relance l'idée de banques de paiements se substituant aux banques de faux-dépôts. Actuellement un dépôt bancaire n'est pas un dépôt. Mais un prêt fait à la banque de façon implicite. La banque utilise pratiquement comme elle veut cette liquidité. En général elle profite d'un dépôt pour multiplier les prêts et recréer de la monnaie de crédit, ou pour investir dans des actifs dont elles espèrent une plus value. Ou elles créent de la monnaie ou elles spéculent.  Si le portefeuille de prêts est non performant ou si les actifs perdent de la valeur, les dépôts de la banque sont en danger.

On fait une distinction théorique entre crise de liquidité et crise de rentabilité. Dans la pratique les deux mécanismes jouent ensemble.

Pour limiter les risques de panique et de ruées sur les guichets, les Etats se sont organisés. On a créé des banques centrales étatisées qui doivent faire face aux crises de liquidités. La loi a imposé le recours aux comptes de dépôts  et aux paiements bancaires pour pratiquement toutes les dépenses un peu importantes (versement des salaires, gros achats, etc.). Le fisc ne vous rembourse que par virement.  Il est désormais quasi impossible de vider un compte en monnaie banque centrale : on exige de faire un virement dans une autre banque. Les banques, aux limites de la loi, imposent de retirer du liquide à leurs guichets automatiques. Les sommes sont limitées. Les ruées sont rendues impossibles. De toutes façons, il est interdit de se promener avec de grosses sommes : 10 mille euros maximum.

Les Etats ont donc créé le besoin de passer par une banque et l'obligation de déposer. En laissant entendre que le dépôt était sûr. Si un mouton noir venait à ternir la place, la solidarité des autres acteurs joueraient à plein. Et l'Etat serait là !

"Soyez confiants !"  ont dit les Etats Européens : vos dépôts ne risquent rien. Et voilà que cyniquement on en prélève le dixième à Chypre !

Lorsque la confiance dans un système aussi trompeur et branlant est ébranlée, les conséquences peuvent être rapidement dramatiques.

Nous réitérons pour notre part notre suggestion de banques de paiements.

Une banque de paiements reçoit vos dépôts, mais ce sont de vrais dépôts. L'argent est consigné et vous appartient. Vous l'utilisez comme bon vous semble. Vous pouvez le laisser là : c'est la thésaurisation en espace protégé ; vous pouvez l'utiliser, la banque de paiement offrant tous les services correspondants (chèques, virements, retraits d'espèces, etc.).  Vous pouvez le placer et investir. Les produits financiers sont achetés à ceux qui les proposent qui  statutairement ne peuvent pas être des banques de paiement mais des établissements financiers et qui travaillent sans filet public. Si vous avez mal investi c'est pour votre pomme. A vous de choisir l'établissement et le produit financier qui vous convient. En cas de problème vous perdrez tout ou partie de vos placements. Pas vos dépôts. Il y a plus qu'une nuance.

Il y a aura compétition sur le service et son coût entre banques de paiements qui deviennent des sociétés de service comme les autres. On veillera à ce qu'aucune banque de paiement ne dépasse 5% de la collecte pour éviter oligopoles et monopoles.

Les institutions de placement seront en concurrence pour séduire l'épargnant et proposeront une gamme de produits plus ou moins longs plus ou moins risqués.  A cette épargne ciblée correspondront des activités de prêts et de spéculations également ciblées, avec un rapprochement des durées d'immobilisation des ressources et des emplois. Le système financier sera beaucoup plus stable et plus honnête.   

- Troisième aspect de l'affaire chypriote : la crise bancaire n'est pas terminée. Le hanneton continue à pousser devant lui sa boule de crottin. Des milliards de dettes irrécouvrables sont recyclées jusqu'au jour où le recyclage ne marche plus. La pyramide de dettes continue à s'effondrer mais de ci de là par petits paquets. Il en reste pour 10 à 15.000 milliards de dollars.  

Seulement.

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Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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