Les trois leçons des dernières élections européennes, législatives et municipales

Ces trois élections forment un tout. Les leçons à tirer de chacune sont les mêmes. Il est inutile d’attendre les résultats du second tour de la dernière pour les formuler.

Première leçon : la concentration des pouvoirs aux mains d’un groupe central ectoplasmique fait montrer les extrêmes à droite et à gauche. Comme promoteur de cette réalité, Emmanuel Macron a tué sciemment la droite et la gauche de gouvernement. L’absence d’alternance et la tentation de nazifier la droite issue du mouvement de Le Pen (bienvenue à chaque présidentielle à Oradour sur Glane) a stimulé une extrême gauche qui fait semblant de croire qu’elle conjure l’arrivée fantasmée d’un nouvel Hitler et reconstruit des milices qui n’hésitent pas à tuer. Le dégoût devant les dérives de Mélenchon, n’empêche pas le PS de s’acoquiner électoralement avec lui. La violence extrémiste est au bout de ce « théâtre indigne ».

Seconde leçon : le retour des récessions périodiques, empêchées pendant les Trente Glorieuses par les règles des Accords de Bretton Woods, rythme les changements de majorité, radicalise les extrêmes, décourage les « forces vives de la nation ». La croissance, qui est passée de 5 à 7% à des variations autour de 1%, c’est dire une quasi-stagnation, ne permet plus aux Etats occidentaux de financer leur système social. Les citoyens se coupent de leurs « élites » vues comme décalées de leur vie quotidienne et incapables d’améliorer la situation. « On marche sur la tête » et on se moque « des vraies gens ! », Sans dents, Bonnets rouges, Gilets jaunes ou Gueux.

Troisième leçon : La capture de la politique régalienne nationale par la Commission Européenne, les cours de justices et hautes autorités et une caste administrative de hauts fonctionnaires,« l’Enarchie compassionnelle et bienveillante », a provoqué l’abandon par le chef de l’Etat et ses gouvernements des questions régaliennes (prospérité, santé, natalité, éducation, sécurité, justice, compétitivité, emploi, monnaie, budget raisonnable), au profit d’une ingénierie sociale délétère qui postule que les citoyens sont intrinsèquement mauvais et qu’il faut les corriger par tous moyens y compris la propagande médiatique, la coercitions sociale, la stimulation par la peur et les mensonges, les piloris et une bureaucratie pléthorique chargée d’une surveillance toujours plus étroite des écarts de comportements, de langage et de pensée. Ces méthodes s’avèrent malsaines jusqu’au pestilentiel, provoquant des atteintes sans nom aux droits de propriété, à la liberté de pensée, de paroles et de circuler. Elle s’accompagne d’une envolée délirante des impôts et des taxes, nourrie par les gratuités et l’épidémie de droits acquisitifs. Elle est tellement aggravée par les dépenses contraintes que les prélèvements publics égalent la valeur ajoutée par les entreprises, une situation intenable. Le mensonge public et l’exploitation de la haine sont désormais pratiques courantes, remettant en cause le sens même de la démocratie.

Ces trois tares se conjuguent et se renforcent l’une l’autre.

On voit où est désormais le challenge programmatique pour un éventuel parti de gouvernement souhaitant sortir le pays de son effondrement national, diplomatique, économique et social.

 

Commentaire
H27's Gravatar Entièrement d'accord avec cette analyse intellectuellement rigoureuse et basée sur les réalités. A noter que ces réalités sous-jacentes ne sont pas discutées dans l'espace public. En particulier les récessions périodiques et la capture de la politique par la haute fonction publique (sauf par Charles Gave). Un point important est de développement récent et intense des dépenses contraintes qui n'entrent pas dans le décompte des prélèvements.

Je persiste : le plus grave est l'abandon des fonctions régaliennes de l’État et "la déréliction de la santé, de la natalité, de l'école, de la justice et de la défense intérieure et extérieure." Sur fond de stagnation économique de longue durée qui nous paralyse et rend impossible certaines libéralités sociales.
# Posté par H27 | 18/03/26 10:20
N. Chapsal's Gravatar Dans ce processus, Mitterrand qui a noyauté les médias publics, ruiné la productivité, et transféré le pouvoir à l'Union Européenne de Maastricht a des responsabilités lourdes. Ainsi que J. Chirac qui a d'abord été responsable de la gestion du pays par Lionel Jospin et qui a transformé l'UMP en force centriste, provoquant une épidémie de dissidence qui ont beaucoup aidé à l'effondrement de LR et au renforcement du RN. L'ingénierie sociale, comme vous dites, est l'apport détestable particulier du président fantôme Macron et de son prédécesseur Hollande. Une des questions est le rôle délétère des Présidents successifs. Le mandat de 5 ans n'a pas fait de bien. Maastricht compte aussi beaucoup. On ne voit pas très bien la porte ouverte nous menant au redressement.
NC
# Posté par N. Chapsal | 18/03/26 19:22
Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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