Un chiffre à connaître...et à méditer

Les exportations de l’Allemagne en 2014 s'élèvent à  1134 milliards : à peu près le montant de la production française des entreprises de plus de une personne du secteur non financier.

L’Allemagne exporte la même valeur que ce la France produit et que l'Etat français dépense.

Commentaire
DvD's Gravatar Les soldes du commerce extérieur français et allemands (et le nombre d'emplois qui y sont associés) ont radicalement divergé à partir du début des années 2000, alors que Lionel Jospin faisait augmenter le coût du travail en France avec le passage aux 35 heures sans baisse de salaire quand Gerhard Schröder faisait baisser le coût du travail en Allemagne.

L'Allemagne remercie donc Gerhard Schröder.

La France ne remercie donc pas Lionel Jospin ... Ah si, en fait, elle le remercie en le nommant au poste grassement rémunéré de membre du Conseil Constitutionnel, poursuivant ainsi l'effarant système de promotion des incapables (sur fonds publics évidemment), qui tire inexorablement le pays vers le bas, et dont il faudra bien sortir d'une façon ou d'une autre avant que ces génies de gauche et de droite aient définitivement ruiné le pays.

Certes, Hollande se devait de nommer un allié au Conseil Constitutionnel vu le nombre de propositions anti-constitutionnelles qu'il a réussi à faire en une moitié de mandat et qui semble inversement proportionnel aux résultats obtenus depuis son élection (près de 600.000 chômeurs supplémentaires). Quels grincheux oseraient donc s'offusquer de cette touchante fraternité et entraide mutuelle des incapables ?
# Posté par DvD | 12/02/15 17:09
Ange Le RUAS's Gravatar Cette comparaison entre Jospin et Schöder est riche d'enseignement et, en fait, c'est comparer les effets issus d'une vision idéologique de la vie sociétale et le paradigme allemand si nous prenons à la lettre la définition de ce mot: un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle COHERENT de vision du monde qui repose sur une base définie.

Voila pourquoi il est bon de remplacer nos visions par un paradigme.

L’ÉCONOMIE AU XXIe SIÈCLE, UNE RUPTURE AVEC LE PASSÉ.

Cette rupture consiste à supprimer la fiscalité pour la remplacer par la solidarité nationale des citoyens entre eux.

Tout le long du XXe siècle, l’Éducation nationale a vendu, de plus en plus cher, aux enfants qui l’ont fréquentée, une vision idéologique de notre vie sociétale qui s’éloignait, de plus en plus, de la réalité, de ce qu’elle est en vrai.

Il faut rompre avec cette vision idéologique pour revenir dans la réalité. C’est cette rupture que doivent proposer messieurs Fillion et Macron.

Quand Einstein nous dit : « La chose la plus difficile à comprendre c’est l’impôt sur le revenu », peu de gens approuvent cette réflexion de bon sens. Pourquoi ?
Einstein y répond, avec raison, en disant : « Il est plus difficile de désagréger un atome que des préjugés ». Aujourd’hui, plus rien n’avance positivement, si ce n’est à la marge. Nous sommes impuissants à trouver des consensus, parce qu’élus et électeurs observent notre vie sociétale en se référant à leur idéologie propre, différente de celle de son voisin, et donc au travers de préjugés individuels.

Cela ne date pas d’aujourd’hui. Dans les années 1970, Louis Leprince-Ringuet disait : « À vingt ans, nous nous sommes forgé nos propres vérités et, passé ce grand âge, nous ne faisons plus aucun effort pour chercher la vérité ». C’est dans cette optique que les postulants au pouvoir (donné par les élus) rentrent à l’ENA puis en ressortent sans capacité de consensus.

Est-ce normal ? Non ! Personne ne peut trouver cela normal. Sauf à admettre que, de l’Éducation nationale à l’ENA, notre éducation est idéologiquement construite pour ne plus percevoir la réalité de notre vie sociétale et pour croire que le système économique est complexe ; de ce fait accessible seulement à des polytechniciens qui, hélas, comme les électeurs, sont formatés par cette même Éducation nationale.

Pour évoluer, nous devons oublier nos savoirs appris en économiques, « passer à côté » nous dit Einstein, pour observer notre vie sociétale. Ainsi, aujourd’hui, sans être polytechnicien, il est possible de comprendre que la seule vision à avoir sur la réalité de cette vie sociétale est celle qui permet de tout expliquer, contrairement à la vision idéologique de nos politiques actuels ou à celle de leurs électeurs, qui ne permettent aucun consensus.

Personne ne peut aller à l’encontre de la réalité qui suit. Chaque nation a pour finalité la satisfaction des besoins de sa population. Pour cela, la nation met à la disposition des citoyens une richesse réelle, c’est-à-dire tous les biens et les services que les actifs physiques, intellectuels ou financiers produisent, et qu’ils vont partager avec ceux qui sont hors du processus de production de notre richesse réelle, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas encore actifs, momentanément inactifs ou définitivement inactifs (par exemple, les retraités). C’est donc une solidarité des actifs envers les inactifs.

Derrière notre fiscalisation idéologique présente, se cache la réalité suivante : pour faire ce partage, rien n’est plus simple, il suffit de donner une valeur à chaque bien et à chaque service (ce que nous faisons au présent) ; l’addition de toutes ces valeurs devient alors notre PIB. Si nous faisons un parallèle avec les nombres complexes en mathématiques, l’on peut dire que le PIB est une richesse imaginaire qui peut prendre toutes les valeurs, dans toutes les monnaies, alors que la richesse réelle, c’est l’ensemble des biens et des services produits par la nation.

Ainsi, en partageant cette richesse imaginaire (matérialisée par de la monnaie) en rétributions, versées à ceux qui ont participé à la production des biens et des services (notre richesse réelle), et en attributions, allouées suivant des règles sociales à ceux qui se trouvent hors du circuit de la production, puis, par la suite, en faisant des retenues à la source, correspondant à des contributions pour les usages mutuels et collectifs, alors nous avons suffisamment de moyens, avec le montant du PIB, pour user et consommer autant de biens et de services que l’on en a produits. C’est-à-dire qu’une valeur égale au PIB suffit à la consommation nationale, qui se compose de notre production nationale, moins les exportations, plus les importations ; ni plus ni moins, en valeur, que la valeur de nos productions.
Ce qui, mathématiquement, nous permet de dire qu’à balance commerciale équilibrée, aucun emprunt n’est nécessaire.

Ne faut-il pas tirer les conclusions qui s’imposent quand nous avons recours à un emprunt national ?
Cherchons à qui profite l’emprunt (excepté l’emprunt qui consiste en l’usage de l’épargne de ceux qui n’utilisent pas leurs rétributions ou leurs attributions dans l’année en cour, ce qui permet, grâce à cet usage pour un prêt, de bien disposer de la valeur totale de notre PIB).
Puisque nous n’avons plus aucune production nationale de disponible pour utiliser l’emprunt, ce dernier ne peut être utile que pour acquérir davantage d’importation que ce que nous produisons pour l’exportation, ce qui rend notre balance commerciale déficitaire.

Est-il raisonnable de créer un déficit de notre balance commerciale à cause d’un emprunt ?
N’est-il pas dommageable que cet exercice mathématique soit absent des manuels scolaires et de nos connaissances ?

Quelle valeur donner aux biens et aux services ?

•   Nous connaissons, actuellement, le montant des rétributions que nous donnons aux actifs (physiques, intellectuels, financiers) qui contribuent à la production et, pour l’instant, nous n’avons aucune raison d’en changer, si ce n’est en supprimant certains excès et certaines insuffisances.
•   Nous savons que, statistiquement, aujourd’hui, dans notre nation, notre richesse nationale se partage, dans un premier temps, à raison de 40 % en rétributions pour les actifs et 60 % en attributions pour les différentes catégories d’inactifs.
•   Puis que, suite aux prélèvements sur les rétributions et les attributions, au final, notre consommation se divise en 13 % pour nos usages mutuels, 32 % pour nos divers usages collectifs, ce qui laisse pour nos usages familiaux : 22 % pour les actifs dans le processus de productions et 33 % pour les divers cas d’inactifs hors du circuit de la production.

Ceci démontre que la construction du prix des choses qui va constituer notre PIB est sans importance. On peut avoir mille façons de le faire, sans que l’essentiel en soit affecté, c’est-à-dire l’usage qui est fait du PIB.
Cet usage, tel que la réalité statistique nous le fait constater, nous amène à réaliser que notre PIB ne peut être que la somme des rétributions et des attributions permettant le partage statistique présent (voir pourcentages ci-dessus) ce qui induit, mathématiquement, que les attributions représenter 150 % des rétributions, ce qui porte notre PIB à 250 % du montant des rétributions.

Considérons le cas de l’Allemagne, qui pratique un partage différent : 60 % pour les actifs et 40 % pour les inactifs. Le PIB allemand est donc égal à 166 % du montant des rétributions des actifs. Ce qui démontre que la part des attributions, par rapport à celle des rétributions, influe sur le prix des choses puis sur le PIB, au point d’avoir un prix compétitif dans un cas et manquant de compétitivité dans l’autre. D’où la nécessité de donner, de façon rationnelle, à un bien et à un service deux valeurs, permettant à chaque nation souveraine de corriger ce défaut de compétitivité.

Aujourd’hui, cette dualité de prix existe : c’est le HT, pour circuler à travers la frontière, et le TTC, à l’intérieur de la nation, qui permet par un partage de la monnaie (imaginaire) de pratiquer le partage de la consommation nationale (réalité).
Le choix du taux de TVA est archaïque et irrationnel. Rationalisons cela et considérons ce qui est dit ci-devant :
•   HT = circulation au travers des frontières des productions.
•   TTC = partage dans la nation des consommations.
Ceci démontre que les valeurs peuvent être de circulation des productions ou de partage des consommations. Ce qui est absent de nos manuels scolaires et de nos savoirs, qui n’arrivent pas à faire de distinguo entre la production mondialisée et les consommations affectées à une seule nation.

Ainsi, la valeur de circulation, c’est la valeur des rétributions ; et la valeur de partage, qui n’a lieu d’être que dans la nation consommatrice, c’est la valeur des rétributions augmentée de la valeur des attributions décidée, souverainement, par la nation consommatrice. Cette rationalité fait que la valeur de partage s’applique sur les productions nationales non exportées ainsi que sur les importations, qui deviennent consommations au sein de la nation, l’ensemble constituant notre consommation nationale, la valeur de circulation s’appliquant à la circulation des productions au travers des frontières. Nous venons de légitimer rationnellement ce que certains appellent empiriquement : taxation des importations et détaxation des exportations.

Par conséquent, en rationalisant le HT et le TTC, nous éradiquons les causes du besoin d’optimisation fiscale, du besoin de délocaliser, ce qui permet d’avoir des prix nationaux qui redeviennent compétitifs, avec pour effet d’enrayer le chômage et de retrouver de la croissance. Sachant cela, il serait suicidaire de ne pas remplacer notre vision idéologique présente par cette réalité, qui ne peut être que consensuelle. D’autant que cela est simple. Regardez : il suffit de remplacer tout le lexique pseudo-économique présent, issu de notre idéologie passée, par ces trois expressions : Rétribution de – Attribution pour – Contribution pour.

Prétendre qu’une entreprise paye des taxes ou des cotisations, alors qu’elle ne prélève qu’une partie des prix – payés par les seuls consommateurs –, pour que cette partie devienne une contribution à des dépenses mutuelles ou collectives, ou encore une attribution à des retraités, par exemple, n’est-ce pas dément ?

Le sachant, devons-nous continuer à croire en cette idiotie de l’entreprise payeuse ?

Avec cette simple modification, non seulement nous avons une simplification « fiscale » extraordinaire dans le sens où cette fiscalité est inutile est inéquitables, mais aussi nous mettons en place les bases de l’économie du XXIe siècle : gérer les besoins de la population nationale, de leur production jusqu’au partage de la consommation nationale au sein de notre population (après échanges équilibrés avec d’autres nations). Un partage, qui, au final, dans la réalité présente, est le suivant :
•   13 % en usages mutuels
•   32 % en usages collectifs
•   22 % en usages familiaux pour les actifs qui encaissent des rétributions
•   33 % en usages familiaux pour les inactifs qui reçoivent des attributions en fonction des droits acquis

À mon sens, dans un premier temps, je ne crois pas que nous devons enlever, dans un de ces pourcentages du PIB, un morceau du gâteau pour le donner à un autre pourcentage. Ce qu’il faut, c’est rationaliser dans chacun des pourcentages. Pour cela c’est :
•   mettre de l’ordre dans la répartition interne entre actifs (physiques, intellectuels ou financiers)
•   mettre de l’ordre dans les répartitions entre les différents cas d’inactivité, puis entre chacun des ayants droit à chaque cas d’inactivité, sans que le clientélisme ou le coopératisme y mettent leur nez
•   veiller à l’efficacité de la dépense inhérente à nos usages mutuels et inhérente à nos usages collectifs
•   comprendre que l’augmentation du pouvoir d’achat, ce n’est pas de privilégier l’un au détriment de l’autre, mais à augmenter, au travers de la production, en quantité et en qualité, ce qui va constituer le gâteau à nous partager – c’est-à-dire notre consommation nationale – dans lequel le prix ne doit être qu’un outil (le couteau qui détermine les parts) et notre réalité la taille et la qualité du gâteau à nous partager, qui ne dépend que la volonté de nos actifs à produire les besoins de tous et non ceux qui nous sont inutiles et que des règles imposent pour que notre gâteau s’étiole.

Il me semble qu’il n’est point besoin d’être polytechnicien pour comprendre que la fiscalité que nous connaissons aujourd’hui est une idéologie idiote, mais qui, hélas, trop longtemps, a permis de cacher ce que nous sommes en réalité : une société de solidarité :
•   Solidarité des actifs envers les inactifs : les actifs cèdent une partie de leurs productions ce qui est équitable puisque nous alternons dans notre vie des moments d’activité et d’inactivité
•   Solidarité au travers de la mise en commun des usages mutuels ou collectifs de notre consommation nationale
•   Solidarité de ceux qui captent mieux les progrès de la société envers ceux que des handicaps physiques ou d’environnement ne permettent pas de profiter au mieux de ces progrès.
Ce remplacement de notre fiscalité par nos solidarités, doit nous faire bannir cette idéologie où l’État est providence, où existent des droits acquis immuables et des entreprises payeuses.

CONCLUSION : la première réalité de notre vie en société est donc la solidarité, cela parce que nous produisons pour les autres et consommons les productions des autres. C’est ainsi que, par notre travail, nous produisons l’intégralité de nos besoins respectifs et créons l’environnement qui est notre cadre de vie. Il devient donc essentiel de mettre en exergue ce premier devoir de produire pour les autres autant que les autres produisent pour nous – en fonction de nos capacités respectives, cela va de soi – ; il faut aussi que la rétribution, perçue pour notre intervention à produire, reflète au mieux la qualité de satisfaction du besoin de l’autre ; ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui.
À aucun moment, ce devoir de produire pour les autres ne peut devenir un droit de ne pas le faire. Seuls des handicaps ou des circonstances spécifiques peuvent en être la cause et nécessitent alors un devoir de solidarité des autres.

La mise en pratique de cette conclusion doit nous ouvrir les portes du progrès économique et social où chacun doit réaliser que notre vie sociétale n’est que la somme des comportements de chacun de nous, lesquels comportements doivent être les plus équitables possible envers les autres.
Jusqu’à présent, nous parlons essentiellement de la vie de la nation. Mais on nous dit qu’elle est victime de la mondialisation et de la finance. Aujourd’hui, que nous prenions madame Le Pen, messieurs Dupont-Aignan, Bayrou, Hamon ou Mélenchon, et leurs soutiens, tous partagent avec monsieur Hollande, une ennemie : « la finance », alors que la monnaie est un simple outil qui, quelles que soient les triturations faites, se finalisent par le partage de notre richesse nationale auprès de tous, suivant des pourcentages qui statistiquement sont les nôtres aujourd’hui.
En définitive : seul le résultat nous importe et la technique pour y parvenir est secondaire, autant faut-il alors qu’elle soit le plus simple possible : un premier partage de notre consommation nationale entre temps d’activité et temps d’inactivité, suivit d’un deuxième partage de notre même consommation nationale en usage familial, mutuel ou collectif.

Concernant cette majorité, contre la finance : elle joue sur des effets d’annonce sans rien démontrer, sachant que leur préjugé est partagé par les autres, formatés, comme eux, par l’Éducation nationale. Cette majorité devrait écouter Prégine, qui nous dit : « Ce n’est pas parce qu’une majorité approuve un geste ignoble qu’il cesse de l’être » (ici, remplacer « geste ignoble » par « ignoble idéologie »).

Pour pouvoir regarder la réalité en face, il serait bon que ceux qui dénoncent « la finance » comme étant leur ennemi cessent d’en parler sans preuve. Mais il est du devoir des autres, de nous, qui ne partageons pas cette idéologie, de recenser ces cas supposés et de les analyser rationnellement afin d’avoir des arguments qui démontreront, une fois pour toutes, leurs accusations mensongères. Rien de plus simple, il suffit de se servir de la réalité précédente d’être une société de solidarité, puis de considérer les deux concepts qui suivent, qui sont absents des manuels scolaires et chez les formatés de l’Éducation nationale.

•   Le concept de la réalité de l’emprunt, qui n’est en rien la finance, mais, en réalité, n’est que le pouvoir de consommer plus que ce qui est produit, parce que d’autres, ailleurs, consomment moins que ce qu’ils produisent, ce qui dans un but d’équité, par la suite, demande d’inverser les rôles.
Si pendant des années et des années, des individus consomment plus qu’ils ne produisent, puis refusent de rendre la pareille à ceux qui ont produit pour eux, alors l’emprunt n’est plus renouvelé ; nous avons alors affaire à une crise dont la cause est comportementale : la crise des subprimes.
Si pendant des années et des années, des nations consomment plus qu’elles ne produisent, puis refusent de rendre la pareille à celles qui ont produit pour elles, alors l’emprunt n’est plus renouvelé ; nous avons alors affaire à une crise dont la cause est comportementale : la crise de la dette souveraine.

•   Le concept qui consiste à différencier dans notre économie devenue rationnelle trois composantes : (Voir couverture)

-   L’économie active, qui est essentielle. C’est celle où l’on produit des biens et des services qui seront ensuite consommés et où chaque bien et chaque service n’ont qu’une valeur latente qui devient une vraie valeur quand l’un ou l’autre change de main.
-   L’économie patrimoniale, où se stockent les patrimoines mobiliers ou immobiliers, en entier ou en parts sociales, ainsi que les créances et les dettes. Toutes ces choses, appartenant au patrimoine, n’ont qu’une valeur latente qui devient une vraie valeur quand il y a changement de main de l’un des éléments de ce patrimoine. Cette économie patrimoniale n’est pas « mixable » avec l’économie active ; elles sont indépendantes.
-   L’épargne, qui est une interface entre les deux économies précédentes, où se trouvent les porte-monnaie de toute la population et de toutes les sociétés et où à chaque passage de la monnaie d’un porte-monnaie à l’autre (sans que la valeur de l’épargne ne change) correspond un changement de main : soit d’un bien ou d’un service, dans l’économie active ; soit d’un patrimoine, dans l’économie patrimoniale (qui ne change pas de valeur latente) ; soit de monnaie, dans l’épargne (de l’un à l’autre des porte-monnaie), ce que nous appelons un emprunt ; le tout sans qu’il y ait de changements de valeur en monnaie, dans l’épargne, à chacun de ces trois changements de main.

Dans l’économie patrimoniale, ces biens n’ont qu’une valeur latente, qui peut monter ou descendre à son grès, restant en attente d’un changement de main de la monnaie dans l’épargne, sans que la valeur de cette épargne ne change. L’argent d’un boursicoteur passe dans la poche d’un autre… c’est leur affaire. Les boursicoteurs se déplument et se remplument sans qu’il y ait d’incidences sur notre économie active, la seule capable de satisfaire nos besoins de tous les jours. Leurs intermédiaires, ceux qui leur rendent ce service, œuvrent dans l’économie active, là où les rétributions et les attributions (les deux composantes du prix payé) sont sorties du portefeuille du client boursier.

Cette distinction entre économie active et économie patrimoniale, indépendantes l’une de l’autre, et l’interface épargne démontre que la vitalité de notre économie active se mesure à la vitesse des changements de main de la monnaie dans l’épargne. En considérant que, bien souvent, les rétributions aux actifs et les attributions aux inactifs se font par avance (avant que soit vendue la production), il faut comprendre que l’usage des rétributions et des attributions ne peut servir qu’exclusivement à l’acquisition des productions à l’origine de ces rétributions et de ces attributions.

Quand, sous l’effet des crises dites « de la dette souveraine » ou « des subprimes », nos politiques et nos économistes affolent les ignorants que nous sommes, alors, par manque de confiance en l’avenir, nous bloquons la circulation de la monnaie dans l’épargne et, par conséquent, la circulation des biens et des services, qui ne sont plus consommés mais stockés, entraînant ainsi l’inutilité de produire davantage : c’est le chômage assuré.
Nous venons de décrire, ici, les causes réelles de la crise de 2008 : une fois de plus, c’est encore une crise comportementale. Pour notre cas, celui des Français qui se sont retrouvés en rupture de confiance, qui ont perdu leur confiance en nos capacités –, et cela, compte tenu de l’ignorance dans laquelle ils ont été maintenus, avec le concours de l’Éducation nationale qui, aux réalités, a préféré l’idéologie de la lutte des classes.

Fort heureusement, très tôt, des moyens financiers ont été mis en place pour pallier le blocage de la monnaie par les épargnants. Ensuite, au fur et à mesure de la remise en circulation de cette monnaie épargnée et bloquée, les moyens financiers qui avaient été injectés ont été retirés pour ne pas produire d’inflation, c’est-à-dire avoir plus de monnaie disponible que la valeur des biens et services disponibles. Cela a permis de minimiser les effets. Mais le peuple, ignorant, a pris cela comme une aide à la finance, croyant qu’elle était la richesse et ne sachant pas que la richesse réelle, c’est lorsque nous consommons notre propre production et que tout arrêt de circulation de la monnaie produit un arrêt de production et le chômage.

Sachant que nous nous partageons le gâteau de notre consommation nationale (production nationale en partie échangée avec des importations), qui peut penser une seule seconde, de ne nos jours, que passer de 40 à 35 heures, partir plus tôt à la retraite et avoir davantage de vacances permet d’augmenter son pouvoir d’achat, quand le gain de productivité est insuffisant à compenser nos besoins nouveaux (non suffisamment satisfaits) et que l’allongement de la vie nécessite d’autres besoins (pas plus satisfaits) ? Ne faut-il pas chercher là les raisons de notre situation présente ?

En quelques pages, nous venons de résumer les sujets abordés dans ce livre – comme : démonter les accusations mensongères sur la finance et sur la mondialisation, les causes des crises. Pour notre déficit, qui est à l’origine de notre dette, c’est une simple erreur structurelle : l’on a ignoré que le déficit doit être un constat et non une prévision, puis oublié de prévoir, dans le budget, une ligne « Remboursement de l’emprunt ».

Pourquoi une telle ignorance ?

Avec l’économie rationnelle décrite ici et qui doit être la nôtre au XXIe siècle, tous nos problèmes sont rationnellement explicables à partir de ce qui est dit, dans ces quelques pages, est compréhensibles en une heure seulement, à partir du moment où vous abandonnerez le mode pédagogique de notre Éducation nationale (réductionniste et vectoriel) pour adopter la pédagogie (holistique et spatiale) des nations bien classées par PISA.

N’y a-t-il pas urgence, pour des libéraux comme messieurs Fillon et Macron, de perdre cette heure-là, pour que notre avenir soit en rupture avec notre passé idéologique et pour, enfin, regarder la réalité en face et non à gauche ou à droite ?

Peut-on, sans l’avoir tenté, sauf à dévaloriser les capacités humaines, dire que c’est impossible, en une heure, de tout comprendre ?

      ANGE LE RUAS
# Posté par Ange Le RUAS | 25/02/17 11:19
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