La tentation douteuse de l’Ingénierie Sociale
Depuis plusieurs années nous essayons, au Cercle des économistes e-toile, d’identifier les grandes causes de l’effondrement français. Avec le livre « les Malheurs de la Vérité », nous avons examiné le phénomène très particulier des vérités qui ne parviennent pas à entrer dans le débat démocratique, avec des conséquences dramatiques faute d’en avoir tenu compte à temps. Nous avançons un peu plus loin sur le chemin de l’explication de l’état lamentable de la France en analysant cet autre phénomène qui aurait fait sourire à une autre époque : la tentation de « l’ingénierie sociale » qui domine depuis 50 ans, qui s’est accélérée entre 1987-1992 et qui est devenue, par ses résultats et ses moyens, une catastrophe à multiples facettes.
L’ingénierie sociale est une pratique gouvernementale qui prétend purger le mal du cœur des individus, réputés nativement nocifs, pour leur bien et celui du pays. La méchanceté peut être corrigée par l’État bienveillant, au prix d’un volontarisme obsédant, permanent et invasif. Il n’est plus question de péché originel. L’ingénierie sociale se veut efficace, mais comme il s’agit de vertu, on pense inutile de discuter, d’évaluer, de tenir compte des réalités, ou d’estimer si les coûts sont justifiés. Une telle pratique peut choquer ceux qui sont, à l’occasion, désignés à la vindicte publique. Il devient normal d’utiliser les méthodes de manipulation de l’opinion les plus perverses et de les perfectionner. La Justice, en fait, la répression pénale, conforte la pression sociale et la propagande pour faire taire toute opposition. Naturellement, le système médiatique, comme pour les Grands mensonges systémiques, est au cœur du processus. L’important est de stimuler le sentiment du bien qui est présent dans tout homme pour que les individus s’emparent d’eux-mêmes de la mission ou y adhèrent au moment de voter. « Indignez-vous » si ce n’est pas le cas, ordonnera un livre célébré.
L’État qui se lance dans l’ingénierie sociale ne se contente pas de légiférer sur les objectifs mais aussi sur les moyens. Le bien étant d’importance globale, rien n’est jamais ciblé. Les mesures sont collectives et touchent tout le territoire, et doivent même s’intégrer dans une politique universelle, par décalque de ce que font les voisins. Comme l’ingénierie sociale est basée sur le bien, il est impossible de revenir en arrière, de tenter de moduler, de se concentrer sur l’essentiel. Tout se doit d’être massif, extensif et irréversible. L’outrance est toujours de mise. On ne saurait brider une politique basée sur la vertu ! Hystérie fiscale et réglementaire, et coûts disproportionnés, deviennent légitimes comme l’atteinte à la liberté, à l’égalité et la propriété. Le vocabulaire de propagande, hérité du marxisme, méprise les concepts de liberté et d’égalité, jugés « essentialistes » pour se concentrer sur leurs variantes « réelles » qui ne peuvent s’épanouir sans priver quelques vilains de liberté et d’égalité. On ne cherche plus un bien moral de type religieux pour le salut éternel de chacun mais un bien social évident, ancré dans la vie réelle des êtres réels, ici et maintenant, quitte à discréditer, ruiner ou proscrire ceux qui s’y opposent.
Cette pratique est nouvelle en France. Jusqu’au tournant des années 1968-1973, on considérait que l’État devait se concentrer sur des politiques régaliennes fondamentales : assurer la prospérité ; investir dans les biens collectifs critiques (école, logement, emploi, transports, hôpitaux, défense nationale), garantir la sécurité des biens et des personnes, éviter à tous de tomber dans la misère, veiller à la natalité et la santé publique, assurer la part du pays dans les différentes conquêtes scientifiques. Les électeurs avaient confiance dans la capacité de la classe politique d’agir continûment en ce sens. Le niveau de vie Français rattrapait celui des Etats-Unis et le PIB par tête en France était dans les cinq premiers au monde (nous sommes tombés aujourd’hui au-delà de la 30e place).
Et voilà qu’on nous explique que ces sujets, s’ils restent importants, doivent être relativisés, car ils deviennent difficiles voire impossible à maîtriser. La monnaie et les changes, ce sont « les marchés » ou Bruxelles et la BCE. Le chômage ? « On a tout essayé » ! La natalité ? On doit d’abord privilégier la liberté des femmes et l’avortement quelles qu’en soient les conséquences. La croissance ? La rançon pétrolière et les crises récurrentes ne la permettent plus, alors on justifie la décroissance par la vertu écolo. La sécurité : les délinquants sont des victimes et la prison est catastrophique. La santé : elle coûte trop cher et on n’y peut rien. Et il faut éliminer les « mandarins ».
Que reste-t-il comme champ d’action à nos pauvres politiciens nationaux ? Ils ont vite trouvé : s’attaquer, chez nous, aux maux provoqués par les mauvais citoyens, étant bien compris que chaque Français doit se pénétrer de l’idée qu’il est foncièrement mauvais, qu’il l’a longuement prouvé et qu’il doit être repentant et prêt à se corriger, avec l’aide des coups de fouet du gouvernement. Naturellement il y a des mauvais plus mauvais que les autres et des victimes à promouvoir contre ces ignobles. La guerre de tous contre tous est en marche !
Sans chercher à être exhaustif, voici une liste réduite des thèmes d’ingénierie sociale qui ont fécondé la politique en France depuis une cinquantaine d’années, avant même que les thèmes écologiques ne viennent tout aggraver.
- L’éradication du tabagisme
- L’éradication de l’alcoolisme
- L’éradication de l’insécurité routière
- L’éradication des noyades en piscines
- L’éradication des ascenseurs traditionnels
- L’éradication des balcons qui tombent
- L’éradication des eaux usées non maîtrisées
- L’émancipation totale des handicapés qui doivent pouvoir avoir quasiment la même vie que les bien portants à tout moment et en tous lieux.
- L’émancipation totale des femmes qui doivent échapper à la domination des hommes et obtenir une égalité statistique des rémunérations
- L’éradication de la fraude fiscale
- L’éradication du secret bancaire
- L’éradication de la concussion politique
- L’éradication de la corruption dans les marchés internationaux
- L’éradication des accidents du travail.
- L’éradication des mauvaises pratiques chez les sous-traitants internationaux.
- L’inclusion avec privilège des minorités « opprimées » (homosexuels, immigrés, etc.).
- La lutte contre la pénibilité en baissant ; pour des catégories, l’âge de départ à la retraite
- La lutte contre le non-paiement des pensions alimentaires en substituant l’État au parent 1 ou 2 défaillant
- La multiplication des gratuités, gratuité signifiant « paiement par les autres », pour presque tout et même pour des riens comme les serviettes hygiéniques pour les étudiantes (parmi des dizaines d’exemples du même genre).
- La correction du langage par l’écriture inclusive, parfois ridiculisée mais jamais interdite aux administrations et autorités publiques
- L’incorporation des propagandes dans toutes les publicités, les séries télévisées, les films et la majorité des talk-shows, l’édition et la presse (subventionnée).
- La disparition des bouchons en plastique non asservis à leur bouteille…
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On ne pourra pas accuser nos hommes politiques de ne pas avoir cherché à faire le bien autour d’eux ni d’avoir réussi à obtenir des résultats partiels spectaculaires mais le plus souvent compensés par de nouvelles tares parfois plus graves. Les accidents de la route ont baissé de façon spectaculaire mais on conduit désormais sans permis, on se dope au gaz hilarant et on ne respecte plus la gendarmerie. On fume moins, mais on se drogue plus et les « rave parties » pullulent. Comme s’il y avait une malédiction du mal, hydre à mille têtes qui repousseraient toujours.
Aujourd’hui, de contraintes en échecs, de propagande odieuse en injonctions contradictoires, plus personne n’a confiance dans la bonté des politiques que le bon peuple voit « marcher sur la tête » avec consternation. Toutes les autorités sont contestées. Les profs femmes se font cogner par les élèves voire poignarder. Les profs mâles se font égorger. Les maires se font agresser. Les enfants s’entre-tuent à coups de couteau dans les collèges. L’insécurité et la drogue sont partout Le chômage structurel est massif. Le PIB par tête a sombré. L’industrie, l’agriculture, le bâtiment ont été ravagés. La natalité a disparu. L’État n’a plus les moyens de ses intentions. Il n’y a plus de défense nationale sérieuse. Les Parisiens quittent Paris et les Français fortunés ou cherchant une vie d’action quittent la France. Les mères isolées et les femmes seules deviennent un problème social. Les hommes sont troublés par l’accusation de virilisme et victimes des opérations de parité qui les évincent de postes qu’ils méritent. Les SDF sont partout. Plus personne ne respecte la France qui est submergée et subvertie de toute part. Ne parlons pas des universités et des grandes écoles qui sont devenues des petits séminaires ou de vulgaires écoles de propagande pour le politiquement correct violent, avec en prime l’antisémitisme, la détestation de l’Occident et la dénonciation des « dégâts du progrès économique ».
En 1988-1992 est apparue la grande querelle écologiste qui faisait de la croissance capitaliste l’instrument de la mort de la terre. Le réchauffement climatique provoqué par l’homme et la destruction de la nature bienfaisante, justifiaient un niveau de propagande jamais vu, même en URSS ou en Corée du Nord, et une interdiction presque totale de toute opposition aux mesures hystériques proposées. Il n’a pas fallu longtemps pour que les conséquences apparaissent. Promue en particulier par l’Union européenne, l’ingénierie écolo moralisante a fini par casser les industries énergétiques, industrielles, agricoles, chimiques et le bâtiment en prime, tout en ruinant les individus et l’État. Naturellement, sans aucun effet sur le climat.
Ces cinquante ans qui ont vu les hommes politiques renoncer à leur véritable rôle pour un simulacre de métier de cureton laïc, ont conduit le pays au désastre. Peut-on comprendre les raisons de cette attitude et ce qui la nourrit encore aujourd’hui malgré les mécomptes ? Ce n’est pas si simple mais quelques pistes existent.
La première piste est la crise mondiale violente de 1973, provoquée par l’abandon à l’instigation des Etats-Unis en 1971, des règles de Bretton-Woods. Ces accords tenaient compte du désastre économique de l’entre-deux guerres et s’attaquaient à une des causes des récessions périodiques : les effets désastreux des grands déséquilibres commerciaux et financiers et des actions douanières ou monétaires non concertées. Nous eûmes les « Trente Glorieuses, et une longue période sans récession. La preuve de la nocivité de cet abandon sera immédiate avec la terrible récession mondiale de 1972-1973 et il sera prouvé dès 1974, de façon implacable, qu’en système de changes flottants, les plans usuels de relance dits keynésiens ne marchaient plus. En prime, la crise de 1973 a entraîné la cartellisation du prix du pétrole, et donc l’obligation pour les autres de payer une rançon. Les taux de croissance s’effondrent partout. Cinq crises mondiales vont s’enchaîner sans que les gouvernements, notamment français, ne cherchent ni à les expliquer ni à les empêcher. La perte de confiance dans les dirigeants en sera la conséquence. Comme l’a dit si bien la reine Élisabeth II d’Angleterre, « à quoi servent les économistes s’ils ne parviennent pas à prévenir les crises ? ». Et à quoi servent l’Etat et les hommes politiques ?
La seconde raison, plus particulière à la France, est la prise du pouvoir politique par les hauts fonctionnaires. S’installe progressivement et subrepticement un nouveau régime politique mal compris et mal analysé : l’Enarchie compassionnelle et bienveillante. La technocratie voulue dès 1931 par le mouvement X Mines et reprise comme épistocratie après la défaite effroyablement rapide de 1940 par les Inspecteurs des Finances, va prendre une forme nouvelle, mélange de bien-pensance active, de certitude caduque que l’État sait désormais tout maîtriser et de croyance que, loin du peuple, dangereux et futile, les solutions existent à condition de manipuler l’opinion dans le bon sens par une parole « performative ». S’ajoute l’idée que la France est radicale et capable de tout, donc qu’il faut tenir compte de cette fragilité mentale en ménageant toutes les soupapes nécessaires. « La crise mais aussi la révolution sont au coin de la rue », édicte-t-on au milieu des années soixante-dix, dans la haute administration ! Il faut éviter qu’une émeute toujours possible ne tourne à la révolution. La paix sociale, c’est-à-dire l’acceptation servile de tous les oukases des syndicats des secteurs publics, devient le leitmotiv de cette nouvelle classe dirigeante prudente et compatissante.
La conjonction de l’impuissance face aux crises mondiales et d’une domination inédite des hauts fonctionnaires sur la vie politique, est clairement à la source de la création d’une « énarchie compassionnelle » qui déserte les grandes questions régaliennes pour se concentrer, par facilité, sur la bienveillance factice et le sociétalisme constructiviste.
Il ne s’agira plus que de « réguler la société » et d’accorder des « cadeaux au peuple », au prix de la disparition de la croissance, de la souveraineté, des enfants et des équilibres budgétaires et commerciaux. La distribution de prébendes et la création de marchés administratifs de connivence deviennent une pratique régulière et porte sur des sommes colossales. Que l’on pense aux milliers de milliards de Dollars ou d’euros dépensés en Occident pour les énergies imprévisibles et non maîtrisables, comme les éoliennes et les plaques photovoltaïques.
Avec M. Macron, on aboutit au sommet du genre avec en prime la guignolisation de la présidence de la République, la paralysie des institutions parlementaires et le triomphe de la communication égocentrique et vide de sens.
Les partis du centre, du centre gauche et de droite deviennent des ligues de vertu insensibles au ridicule, où les meilleurs prêcheurs auto déclarés se voient tous candidats à la Présidentielle. Aux extrêmes, les partis deviennent des contempteurs du régime. D’un côté l’ignominie suprême d’un Mélenchon s’affirme. On passe de « touche pas à mon pote » à « touche pas à mon Polpot », avec reprise de tous les thèmes d’Action directe, jusqu’à la justification d’un assassinat politique, l’antisémitisme débridé pour capter le vote musulman et la nazification de toute pensée contraire. L’extrême-droite, positionnée comme la seule instance abjecte et diabolisée, profite du désastre ambiant. Le RN tente de se faire passer pour l’ancien RPR mais a du mal à échapper à une forme étrange de national-socialisme. Avoir capté le vote ouvrier, abandonné au profit du sociétalisme par les partis socialiste et communiste, oblige à forcer sur l’aspect socialiste de son message…
Le climat politique et médiatique tourne au pestilentiel, LFI et le RN dépassant à eux deux 50 % de l’électorat.
La réalité économique devient régressive. La réalité démographique devient dramatique. La sécurité intérieure et extérieure devient virtuelle et n’est plus assurée. La situation fiscale devient oppressive. L’endettement public et privé devient incontrôlable. La liberté de penser et celle d’expression sont encadrées et parfois verrouillée. La possibilité d’agir est bridée. La formation d’élites bien formées est compromise. Les villes sont saccagées par des pseudo-écologistes hystérisés. La santé mentale de la population est abîmée par les communications basées sur la peur, la remise en cause du genre, la destruction de la langue, l’inefficacité nouvelle du système de santé, l’insécurité, la hantise d’un lendemain difficile, et une culpabilité toujours plus affirmée. La France se tiers-mondise avec un revenu moyen qui décroche. Les maladies mentales gagnent la jeunesse.
Les tentatives de réduction de l’étouffement bureaucratique échouent toujours malgré une succession de plans au nom ronflant. Pourquoi ? Si la politique est fondée sur la recherche apparente de la vertu, il est impossible de réduire l’appareil qui impose cette vertu. Eliminer la bureaucratie reviendrait à détruire ce qu’a construit l’ingénierie sociale menée par des Hauts fonctionnaires pour le bien supérieur. Intolérable ! D’autant plus que c’est à eux que reviendrait la tâche exaltante de scier la branche sur laquelle ils se sont confortablement installés.
C’est pour cela qu’un Président d’apparence comme Emmanuel Macron peut annoncer qu’il va réduire de 120 000 les effectifs de fonctionnaires pour en recruter finalement 180 000 de plus. Pour un Énarque, multiplier des ouailles administratives n’est jamais un problème. Croyez-vous vraiment que vous allez rétablir le seul impôt juste : la taxe d’habitation ou revenir sur tous les « cadeaux » qui se sont accumulés. Essayez donc !
Quand les partis de gouvernement deviennent des ligues de vertu, la paralysie dans la réforme devient structurelle. Et la montée des extrémismes inévitable.
Une nation déboussolée par une immigration massive qui néanmoins ne l’empêche pas de plonger de façon suicidaire dans la baisse démographique incontrôlable, ayant perdu sa souveraineté au profit de structures internationales non élues, démoralisée par une information biaisée qui dévalorise son histoire et une partie de sa population, affaiblie par un effondrement relatif mais constant du PIB par tête, une extension extrême de la fiscalité et le gonflement de ses dettes, a cru, de facto, qu’elle s’en sortirait en confiant à une technocratie administrative se flattant de promouvoir le bien contre les méchants, le soin de la corriger de ses graves péchés.
Elle a eu tort.
Et ce n’est pas fini.
Le Figaro publie cette information : « Pour réguler le pays, les députés n’ont pas peur de la prohibition. À chacun selon sa sensibilité. « Les écologistes et La France insoumise recourent majoritairement à des justifications sanitaires qui constituent le principal registre de légitimation de leurs propositions d’interdiction. Le Rassemblement national, pour sa part, mobilise plus fréquemment des justifications liées aux libertés publiques et aux mœurs, souvent sur des sujets à forte portée symbolique. Les socialistes apparaissent en tête des initiatives fondées sur la restriction des libertés numériques. » Les citoyens seraient-ils de grands enfants qu’il faudrait protéger, malgré eux, contre leurs mauvais penchants ? C’est ce dont semblent persuadés les parlementaires, qui ont multiplié l’année dernière les propositions de nouvelles prohibitions. Elles étaient même au nombre de 287. selon les calculs de Sacha Benhamou, pour le centre de réflexion libéral Génération libre ».
287 : seulement 287 ? Pourquoi pas mille ? pourquoi pas 10 000. On dit stop ou encore ? Et là, il ne s’agit plus de hauts fonctionnaires. Tout le monde s’y met.
Le lundi 2 mars 2026 le Temps, journal économique suisse, publie une tribune signée d’un avocat professeur à l’université de Lausanne à propos d’une fantaisie bureaucratique nouvelle dans ce pays : « le registre des actionnaires » imposé par une loi sur la transparence des personnes morales (LTPM). Il s’agit d’un texte importé et que des instances internationales non élues ont poussé, mues par un activisme pour la « summa jus », l’empire mondial du droit. En l’occurrence il s’agit du GAFI (groupe d’action financière) créé en 1990 pour lutter contre le blanchiment d’argent sale et dont le siège est à Paris auprès de l’OCDE. Le « toujours plus » est une règle pour ces organismes non élus. L’État y paie grassement de nombreux prébendiers qui y travaillent parcimonieusement mais qui ne cessent de demander des contrôles de plus en plus serrés. « Il évalue régulièrement les réglementations nationales de ses États membres quant à leur conformité avec ses 40 recommandations. Ces évaluations de pays sont réalisées par des représentants d’autres États membres du GAFI ». L’Union Européenne a été la première à créer sur les recommandations de ce GAFI, le fameux registre d’actionnaires, provoquant une frénésie de paperasse, de blocages administratifs et de coûts. Il s’agit maintenant de l’imposer en Suisse qui négocie avec l’Union Européenne.
Que dénonce cet avocat ? D’abord qu’il n’y a aucune justification de l’opportunité ni de l’urgence du texte. Aucun événement ou série d’évènements concrets ne sont cités pour en prouver la nécessité. Existent par ailleurs d’autres dispositifs ayant exactement la même finalité et qui font leur office. Il aurait pu citer l’adage anglais ; « when it is not broken, don’t fix it ». Ne régler que les problèmes qui se posent. L’ingénierie sociale ignore ce genre de conseil et ne pense qu’à se perfectionner, en chambre. Indéfiniment. Par principe.
L’absence de tout ciblage impose « des obligations étendues et coûteuses à des personnes morales de droit suisse dont la très grande majorité ne présente aucun risque d’être utilisée à des fins criminelles ». L’ingénierie sociale frappe toujours le plus large possible et multiplie les coûts, directs et indirects qui ne sont naturellement jamais évalués.
Les sanctions prévues sont évidemment terrifiantes au cas où l’information ne serait pas communiquée à temps. Les comportements déviants doivent être radicalement sanctionnés. Le bien n’attend pas.
L’affaire est compliquée par l’usage de notions importées qui ne sont pas similaires avec les notions juridiques connues jusque-là localement pour couvrir les mêmes situations. La confusion finit par faire dire à la loi « tout et son contraire ». « Pour que l’exercice soit utile il aurait été préférable de restreindre le champ de l’application de la loi pour cibler un champ d’entreprises plus limité et en utilisant des critères précis ». « Une réglementation trop vaste ne sert à rien contre des vrais criminels habitués à trouver des prête-noms pour la contourner ».
On retrouve les caractéristiques majeures de toute ingénierie sociale : jargon ; justifications modestes ; mesures débordantes ; inefficacité et coûts ; refus de revenir en arrière. Des instances internationales non élues et grassement payées édictent des textes contraignants, trop vastes, trop complexes ou trop coûteux, basés sur des faits ou inexistants ou parfois exagérés jusqu’à la fausseté, et refusent toutes études préalables et toutes corrections ultérieures. Les textes doivent être insérés par les gouvernements dans leur législation locale sans discussion, l’absence de résultats de dépenses imposées exagérément coûteuses n’ayant plus rien de pro
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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef, aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants, explications sur le retard français, analyses de la langueur de l'Europe, réalités de la mondialisation, les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable. Association loi 1901 |


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