Le désastre Hidalgo. Le livre "Notre Drame de Paris" est en dessous de la vérité

L'abaissement irrémédiable de l'ancienne "Ville Lumière"

Le livre d’Airy Routier et Nadia LeBrun, Notre-Drame de Paris, chez Albin-Michel, met, enfin, le doigt sur la déroute invraisemblable de la gestion municipale à Paris. Paris est la capitale d’un pays qui n’a tout de même eu un certain rayonnement. En arriver là où nous sommes tombés est proprement honteux et scandaleux.

Dans notre article du 12 février 2014 : « Un déclin programmé ? Paris : la mort lente », nous avions souligné l’absence totale de discussion sur l’avenir de Paris lors de la campagne des élections municipales. On savait que la politique dérisoire suivie par Delanoë serait amplifiée par celle que la faveur de M. Hollande, alors Président, mettait sans autre raison qu’une passion personnelle, sur le pavois. Il ne fallait pas le dire et surenchérir.

Du coup nous avons pris soin d’écrire à NKM pour la supplier de ne pas jouer à la « bobo de service de droite » et de ne pas foncer « cliché contre cliché ». L’UMP avait considéré qu’il fallait une femme pour combattre une femme et une femme écolo et socialo compatible. C’était déjà se couler dans le lit de l’adversaire. Une première erreur était d’avoir imité le PS en organisant des primaires. Elles avaient permis au jeune Pierre Yves Bournazel de tirer (déjà) contre son camp et de démolir la candidate de son parti ! Il le trahira à nouveau, pour Macron, peu après. C’est dur une carrière politique quand on n’est rien ! La campagne de NKM, malheureusement, sera nulle. Elle n’avait rien préparé. Le « cœur » décliné sous toutes ses formes, encore une concession au règne de la com’, n’était pas ce qu’attendaient les Parisiens. La « super bobo de droite » parut sucrée et ridicule. Le tout se terminera par un grotesque crêpage de chignons lors du « débat » avec Hidalgo, une spécialiste. Et un peu plus tard, par la violence d’un maire de banlieue contre NKM. Il lui balancera ses tracts à la figure et l’enverra un temps à l’hôpital. Il ne se remettait pas de l’arrivée d’Hidalgo au pouvoir... L’incident était révélateur : la haine était là, suscitée par la politique infâme et clivante de la Mairie de Paris !

La haine, nous l’avons retrouvée dans un bistrot du XIVe arrondissement il y a quelques jours, lorsque l’effarante décision prise en secret et exécutée durant l’été, de remplacer sur plusieurs kilomètres une voie sur berge d’entrée dans Paris par une double piste cycliste, provoquant des embouteillages inouïs, a été découverte par les Parisiens. « Comment veux-tu que la capitale française soit bien gérée par une immigrée espagnole inspectrice du travail, un immigré juif d'Europe centrale, un écolo psychopathe d’origine polonaise qui a un vélo dans le citron, un homosexuel communiste et un fils à papa de gauche dont le seul mérite est d’avoir mené une révolte étudiante » disait l’un. « Les socialistes viennent de prendre une br… aux élections législatives, ils ne représentent pas 6 % de l’électorat et ils continuent comme si de rien n’était à em… les Parisiens ». « Hidalgo se fait construire un palais personnel Boulevard Raspail ; sûr qu’elle ne mettra pas d’immigrés sur son palier ». « Ni de clochards alcooliques devant la porte de l’immeuble ». « Triste temps ». « Cela me rappelle l’occupation ».

Arrêtons là ! Ce genre de propos, on l’entend partout. Il fait le jeu d’Hidalgo et de sa secte qui sont trop heureux de dénoncer les racistes, les antisémites, les fachos, les bourges égoïstes, les Dupont- la-joie indécrottables, les pétainistes de seconde génération, etc. ad libitum. Cela ne fait pas avancer les débats. Mais cela signale la haine installée et chauffée à blanc par l’action municipale. Hidalgo n'est pas seulement clivante ; elle provoque et ses provocations alimentent la haine des Parisiens. Partout ailleurs, l’action municipale cherche à unir la population et en général l’intérêt municipal est relativement facile à rechercher et tout finit dans une certaine unanimité. Les grandes villes françaises essaient de forger du consensus et l’obtiennent généralement. Il fallait que l’équipe parisienne se démarque par le sectarisme.

Le livre de Routier met les pieds dans le plat. Et tout ce qui est dit est vrai et peut être vérifié sauf quelques détails sans importance comme le statut marital de l'adjoint communiste (une faute absolument énorme selon Libé !).

Oui, Hidalgo et ses sbires sont totalement indifférents à la transformation de Paris en porcherie. La saleté est partout. Les rats prolifèrent ainsi que les souris et la gale a bien fait son retour, avec également des maladies qu’on croyait disparues. De retour de Tokyo, l’auteur de ces lignes a eu un véritable « choc de saleté » en revenant à Montparnasse. La seule réponse d’Hidalgo : « les Parisiens sont des porcs qu’on va sanctionner ». Suivra une campagne d’affichage. Pour ne pas toucher aux employés qui font mal le travail de nettoyage.

Oui Hidalgo, suivant l’exemple de Delanoë, a bien multiplié les postes offerts au copinage et à la connivence. Tokyo : 12 millions d’habitants et 12 000 fonctionnaires municipaux. Paris : 2 millions d’habitants et 75 000 personnes rémunérées par la municipalité directement ou via des associations « amies ». Trente fois plus ! Une enquête américaine montre qu’en général une ville de 2 millions d’habitants finance 20 000 postes d’agents municipaux au maximum. Le quart de Paris !

Oui Hidalgo bloque Paris en traitant l’automobiliste en ennemi et l’automobile en diablerie qu’il faut supprimer. On ferme des voies. On rend impraticable ce qui reste accordé à la voiture. Le résultat : le développement anarchique des deux roues motorisés dangereux et polluant. Des livreurs et des automobilistes énervés qui ne respectent plus rien. Et une vie devenue intenable pour les Parisiens interdits de mobilité ou bloqués dans les embouteillages. Et la réaction des banlieusards qui ne peuvent plus se rendre facilement à leur bureau.

Oui Hidalgo utilise bien l'officine Airparif, bourrée de partisans Verts jusqu’à la gueule, comme un instrument non pas de vérité mais de propagande.

Oui Hidalgo est bien « en cheville » avec Unibail et quelques grandes fortunes qui ont besoin de la Ville de Paris et qui offrent à la fille d’immigrés l’impression de faire partie du grand monde.

Oui Hidalgo est prête à toutes les provocations pour paraître en faveur de toutes les actions politiquement correctes, ou considérées comme telles par la gauche germanopratine et gauchiste. Les immigrés, les Roms, les drogués, les clochards, les routards, les groupements homosexuels, les jeunes délinquants, les trotskistes, et l’extrême gauche culturelle, en même temps que les activistes internationaux contestataires ont tous les droits à Paris. On chasse les classes moyennes au profit de tout ce petit monde sans la moindre vergogne.

Oui Hidalgo a bien mis Paris sur la trajectoire d’un endettement phénoménal et impossible à rembourser, tout en poussant la fiscalité à des sommets imbéciles et intenables.

Oui Hidalgo est bien une favorite, placée là par la faveur du prince, et qui a atteint et dépassé depuis longtemps son niveau de compétence. Elle pourrait être, avec plusieurs des maires d’arrondissement, souvent de tout petit niveau, genre prof de gym, l’occasion d’écrire un chapitre entier sur le Principe de Peter.

Oui Hidalgo a bien cumulé les rémunérations publiques sans apparemment avoir fourni, dans le cas de l’inspection du travail, une activité connue. Pénélope Fillon est une enfant de chœur.

Oui Hidalgo ne raisonne qu’en termes de pouvoir, d’image et de communication, entourée d’une secte injurieuse et cupide.

Oui Hidalgo est bien incapable du moindre débat, de la moindre considération pour les Parisiens et de la moindre convivialité. Elle est devenue une virago inaccessible, méprisante, violente, clivante, haineuse et injurieuse. Sauf quand elle singe la grande dame auprès de MM Arnaud, Pinaud et Cie et quand elle minaude devant une presse complice (car soignée au petits oignons).

Oui Hidalgo est une catastrophe navrante qui détruit Paris et déclasse la Ville Lumière en vile poubelle dispendieuse et en sous banlieue, lui faisant perdre toute son attractivité.

C’est en résumé, ce qu’invite à penser le livre d’Airy Routier. Mais ce livre est en dessous de la vérité.

Nous allons ci-dessous lui ajouter un chapitre, tiré de l’actualité la plus récente et qui démontre bien les rouages, ruses et méthodes douteuses de la Mairie sous Hidalgo.

On dénonce les liens entre Hidalgo et Unibail, en s’appuyant sur l’affaire de la tour Triangle et les errements du Forum et de sa jaunasse canopée. On ne sait pas que Mme Hidalgo et Unibail se sont mis d’accord pour entreprendre un chantier colossal sur l’îlot Vandamme, à Montparnasse. Unibail possède un centre commercial qui a toujours vivoté et les murs d’un hôtel de 1 000 chambres qui n’est plus aux normes internationales depuis quelque temps. Le Centre de Conférence, créé en remplacement d’une patinoire et d’un bowling, est en sous-sol et peu attrayant. Unibail a donc légitimement pensé à rénover l’ensemble. Mais comment le faire sans se ruiner ? En obtenant la propriété de milliers de m2 nouveaux à construire, en bourrant le site. La plus-value immobilière compensera et au-delà les frais de la rénovation. À 12 000 euros le m2 du neuf, la multiplication par plusieurs milliers fait monter la plus-value globale à des montants coquets. Merci Mme Hidalgo qui a évidemment demandé en contrepartie la création de logements sociaux, ce qui lui permettra d’affirmer qu’elle tient ses objectifs tout en sachant que l’attribution des meilleurs de ces logements passera par des arcanes à peu près obscurs et qu’ils ne seront par perdus pour tout le monde.

Unibail en profite pour mettre en place un centre commercial sur deux niveaux avec 220 boutiques ! Soit ! Chacun sait que les grands centres commerciaux sont en totale perte de vitesse. Aux États-Unis, ils ferment les uns après les autres. Après tout ce sont les boutiquiers qui supporteront la casse. Unibail continue donc à multiplier les centres un peu partout. Le seul problème, c’est qu’il faut livrer les marchandises et recevoir les clients. Aucune étude d’impact n’a été faite. Les habitants n’auront qu’à supporter le choc. On leur a donc allègrement menti, cachant les solutions retenues en secret. La dissimulation est la caractéristique principale de la Maire de Paris. Les fourbes ont donc caché aux habitants ce qu’ils allaient faire. Pour au final percer une nouvelle entrée dans la rue du Ct Mouchotte, à côté de la sortie du parking Vinci. Comme le centre ne pourra pas traiter plus de 4 camions à l’heure, où donc attendra, à six heures du matin, la file d’attente des camions de livraisons ? Sous les fenêtres des habitants du 33 ! Pendant quatre heures, si les horaires sont respectés (ils ne le sont jamais), les résidants de l’immeuble Les Balcons de Montparnasse, le bien nommé, pourront contempler avec amour la noria de camions polluants et sonores, certains avec des climatiseurs bruyants. Partir au travail en voiture sera impossible, car la file bloquera la sortie du parking. Dormir après 6 heures également. Tout l’immeuble sera asphyxié par les vapeurs d’essence et la pollution des pots d’échappement des camions (des semis remorques sont au programme). La noria enserrera entièrement l’immeuble, et lui seul, cerné comme avec un lasso.

On a menti aux habitants de cet immeuble et à ses représentants. Non seulement il n’y a eu aucune concertation, mais les réponses aux questions posées de ci de là ont toujours été mensongères. Au point qu’à l’enquête publique la Mairie a diffusé des images du futur aménagement sans la trémie d’entrée des camions. Dans aucune réunion publique la nouvelle organisation n’a été montrée alors que des dizaines de « slides » ont été projetées pour "calmer les angoisses". Il fallait, pour savoir ce qui allait se passer, trouver dans l’immense dossier de l'enquête publique et du permis de construire, les 2 cm2 où une trace de la nouvelle entrée était signalée. Bien joué diront les cyniques. Un tel mépris des habitants fait malgré tout frémir. Ce sont des mœurs de voyous, pas d’édiles.

La SNCF pour sa part entend transformer également la gare Montparnasse en centre commercial. Le projet architectural est d’une pauvreté inouïe. Une boîte de sardines semble avoir été le modèle. Les graves difficultés que la gare cause aux riverains ne sont pas traitées. Cette gare cachée n’a pas de dépose connue du grand public. La dépose se fait donc de façon sauvage dans la rue du Ct Mouchotte, bloquant la rue et provoquant pollution et conflits sonores. On rajoute maintenant une zone de livraison pour la gare ! Les nouveaux magasins seront alimentés par la rue Mouchotte, aggravant la congestion provoquée par notamment les semis remorques de retour des voitures de location, les cars qui amènent les touristes dans les deux grands hôtels de la rue, et la sortie des parkings de la gare et du parking Vinci qui provoquent une noria permanente sur les trottoirs et dans la rue.

L’organisation d’une rue déjà surchargée à laquelle on rajoute autant de trafic client et fournisseur devient évidemment critique. La mairie organise donc une réunion publique pour « informer la population de ses projets ». Voici MM. Nadjovski et Missika, les deux porte-flingue d’Hidalgo devant une assemblée de riverains inquiets.

Missika, on le connaît : intelligent, cynique, provocateur. Depuis le temps que les projets de la mairie suscitent la haine, il a pris la tête et le style de l’emploi. « Rien à foutre et je dis le maximum de conneries qui n’engagent que ceux qui voudront y croire ». Nadjovski est visiblement un malade. Il est blanchâtre, l’œil vide, la moue méprisante. Le projet tombe : on supprime deux voies de circulation et on fait une autoroute à vélos. Une voix s’élève : « on ne va pas prendre le train, avec des bagages et sa famille, à vélos ». Rires dans l’assistance. L’œil de Nadjovski se voile. La haine emplit sa voix. « On imposera les circulations de vélos et on fermera le tunnel qui passe sous la gare Montparnasse pour y faire un garage à vélos ». Stupeur dans l’assistance. L’avenue du Maine débouche dans Paris par ce tunnel très emprunté. Ce sera un embouteillage infâme au croisement de la rue Mouchotte et de l’avenue du Maine. « On continuera à bloquer l’accès de la ville aux voitures en supprimant des voies de circulation sur l’avenue du Maine qui aura aussi son autoroute à vélos ». On croit rêver. Ce type est bien un autiste monomaniaque, cinglé, selon toute apparence. Devant les réactions houleuses de la foule, Missika rigole. Il a l’habitude. Un des « citoyens » pose la question qui tue : « si vous n’avez plus que deux voies de circulation, que fera-t-on quand les semi-remorques livreront leurs voitures de location. Ils viennent en général à quatre et bloquent déjà la rue ne laissant qu’un couloir étroit pour les bus, les cars, les camions. Missika rigole encore plus : « faux problème ! Les voitures de locations vont bientôt rentrer toutes seules au parking ! » Des cris s’élèvent dans la foule : « Vous vous moquez ! ». Missika rigole encore plus, de façon provocante. La séance est levée car il y aura « naturellement » d’autres réunions de « dialogue et d’échanges citoyens ». Toujours cette enflure des mots pour cacher qu’on impose de façon hystérique et fasciste des décisions débiles aux dits citoyens sans possibilité de changer quoi que ce soit. Parler de circulation « douce et apaisée » quand on bloque la circulation sur les trottoirs (coupés d’entrées et de sorties de voitures et de camions) et dans la rue, tout en empêchant les propriétaires de voitures particulières de sortir de chez eux, est un exercice tout en vice qui amuse la municipalité et ses principaux dirigeants. Et suscite la haine des habitants qui s’énervent d’être pris pour des imbéciles et des cobayes.

Résumons-nous ! Pour complaire à Unibail, son sponsor, Hidalgo lui permet de faire une opération qui transformera le quartier Plaisance en un enfer de camions et de clients motorisés, de compresseurs à emballages, de poubelles, alors que l’endroit est déjà surchargé par la gare de chemin de fer et les cars qui alimentent les nombreux hôtels existants, plus celui à venir. En prime on bloque la rue pour faire une autoroute à vélos alors que la pente du Mont Parnasse est forte et répugne au cycliste non doué d’une capacité certaine de montée en côte.

Ce magnifique projet touche un quartier et une rue qui a déjà eu beaucoup à souffrir des négligences et des politiques de la mairie.

Il existe une passerelle rue du Ct Mouchotte permettant de relier l’îlot Vandamme à la Gare et au Jardin de l’Atlantique. Lors de la campagne pour la mairie, les équipes du PS ont multiplié les affichages sauvages sur les glaces. Quand il a fallu les enlever, impossible : ce n'était pas verre mais du plastique et la colle avait réagi et s’était amalgamée. Décision de la mairie : enlever les « glaces ». Aux usagers de prendre la pluie et le vent ! Qu’on ne vienne pas dire que la Hidalgo n’est pas en cause : c’est elle qui présidait la Semea XV chargée de l’entretien de cette passerelle et elle aussi l’organisatrice du meeting dans le gymnase Mouchotte qui a été l’occasion de ce déchaînement de collages.

Cette passerelle est desservie par un ascenseur également sous la responsabilité de la même Hidalgo. Il est en panne depuis deux ans sans qu'aucun entretien ne soit prévu. Merci pour les piétons et les circulations « douces et citoyennes ».

La place de Catalogne dispose d’une fontaine unique à Paris, une des rares fontaines construites dans les 50 dernières années à Paris. L’ennui est qu’il faut l’entretenir. Pas question. Elle est donc à sec depuis des mois et laissée sans entretien ce qui permet le pullulement des rats et des souris (la surface de la fontaine est de plus de 60 m2 et ne manque pas de canalisations) !

Mme Hidalgo se moque d’entretenir les équipements dont elle a hérité et qui exigent des dépenses sans aucun avantage d’image pour elle. Que compte le mépris des 2 000 riverains ?

En revanche la municipalité a multiplié les parcs à motos et le stationnement sauvage est tellement envahissant et hideux, gâchant tout plaisir de passer à pied, que de temps à autre un maniaque fait flamber une centaine de motos laissant les lieux au format Raqqa.

Le trottoir est huileux et maculé. Il faut dire qu’on n'entretient pas la rue du Ct Mouchotte qui est marquée en permanence de traces d’urine, d’ordures, de papiers gras et de déjections diverses. Une réunion avec la prof de gym trotskiste qui joue le maire du XIVe au milieu de ce marécage ne semble pas l’avoir troublée. Ces gens, qui n’ont que le mot d’écologie dans la bouche, n’ont pas l’air de comprendre que l’urine et les crottes de chien ne font pas partie de la discipline.

Plus grave, la municipalité a décidé de loger des clochards irrécupérables dans les logements sociaux de la place de Catalogne, mélangés avec les populations aidées précédentes (du moins celles qui n’ont pas été expulsées). On imagine la coexistence sur le même palier. Ils s’agglutinent devant le G20 où ils viennent acheter bière et pinard. Parfois ils ont des chiens. Ils sont en général saouls et agressifs et lancent les chiens contre les passants qui protestent, surtout des habitants du 33 dont le hall est envahi régulièrement par des clochards éructant, vomissant et couchés dans le passage. Les striures d’urine qui maculent la rue viennent autant des hommes que des chiens. Merci Mme Hidalgo !

Ne parlons pas des Roms qui mettent des esclaves devant toutes les supérettes et envoient des nervis patibulaires pour les imposer.Il est vrai que cette partie du XIVe a été sélectionnée par Mme Hidalgo pour multiplier l’implantation de populations immigrées en provenance du Maghreb et d’Afrique noire. Le résultat peut se lire sur les prix du m2 : il a partout augmenté à Paris de plus de 4 % sauf dans ce quartier qui a désormais ses mosquées improvisées, accueillant des centaines de barbus en tenue moyenâgeuses.

Des « bandes de jeunes » « de couleur » s’en donnent désormais à cœur joie, rendant la vie des habitants intenables : envahissements de hall, interpellation dans la rue, tapage, bagarres, trafics en tout genre. Le quartier ne se distingue plus des banlieues les plus à l’abandon.

La délinquance est devenue un fait constant et grave. Le nombre des actes de violences s’est envolé comme les vols. Il devient de plus en plus difficile d'empêcher les pénétrations dans les immeubles. La Gardienne du 33 rue du Ct Mouchotte a été violemment agressée. La mésaventure arrivée à un élu Vert, frappé et dévalisé par trois voyous, devrait pourtant alerter la mairie sur le fait que ce qui croît n’est pas seulement « le sentiment d’insécurité ». Par an, on compte plus de 90.000 plaintes. Soit plusieurs centaines par jour ! Vive les circulations piétonnes citoyennes et apaisées !

Hidalgo renvoie toutes les responsabilités sur la Préfecture de police. Mais qui a imposé ces populations problématiques ? Qui refuse de créer une police municipale ? Le tout en injuriant les critiques ?

La triplette tragique Hidalgo-Missika-Nadjovski est bien responsable d’avoir pourri gravement et durablement la vie des habitants, d’avoir porté atteinte à la sécurité publique, d’avoir détérioré les équipements publics, d’avoir propulsé les rats et autres pestilences à des niveaux inconnus, d’avoir porté atteinte par tout moyen aux droits élémentaires de propriété, d’avoir réduit la valeur du parc de logements, réduit la mobilité et transformé le quartier Plaisance, dont le nom dit le charme passé, en sous-banlieue difficile.

Comme l’a écrit un des présidents de conseil syndicaux de la rue à Karine Petit, la prof de gym qui fait semblant d’être maire du quartier entre deux réunions de soutien aux « folles de mai » et autres gauchistes sud-américains, « le rôle des édiles municipaux n’est pas de pourrir la vie des habitants ».

Hidalgo et ses sbires ont créé les conditions d’une haine tenace.

Il eût fallu s’élever un peu et faire appel aux meilleurs architectes et urbanistes pour tenter de régler par le haut le destin de la rue du Ct Mouchotte, au lieu de la détruire sans vergogne pour satisfaire Hidalgo et ses amis, les idées fixes d’un Vert délirant, et le clientélisme outrancier du PS.

Ces démocrates préféreront se défouler en criant au beauf, au raciste, à l’antisémite, au fasciste, à l’islamophobe, au bourgeois bourrin, à l'amoureux de sa bagnole, à la salope blonde en 4x4, etc. ad libitum. En espérant que les populations implantées les rééliront.

Paris est bien devenu la ville des rats. On préférait la ville lumière. Et comme le nôtre, des dizaines de quartiers pourraient ajouter leur chapitre au livre « Notre Drame de Paris », parfois avec des réalités encore pires.

Il faudra un jour se débarrasser de ces malfaisants. Les élections législatives ont fait une partie du boulot. Il faut le finir et vite. Car la rage de la défaite probable a poussé ces infects à accélérer encore leurs mesures délétères pour les rendre irréversibles tout en rêvant que les bénéfices d’image des jeux olympiques leur permettront de survivre aux désastres qu’ils ont créés.

Plan Macron : accords et désaccords

Nous avons connu plusieurs Macron. Le Macron ministre contestataire de la contestation interne du PS, tentant d’introduire un peu de réalisme dans l’enflure idéologique du PS. Le Macron de Révolutions, un livre vide et attrape tout qui ne pouvait que laisser sur sa faim le lecteur un peu attentif. Le Macron candidat avec un programme honteux d’électoralisme et s’appuyant sur une conjuration d’énarques. Le Macron élu, tenté par la posture. Le Macron tacticien politique, tentant la destruction totale des Républicains et du PS dans toutes les assemblées. Nous connaissons aujourd’hui le Macron de rentrée, qui, après un tassement sensible dans les sondages et un été à la godille, compte tenu du caractère contradictoire de son programme électoral, se replace au centre de l’échiquier politique en donnant les orientations détaillées de son mandat.

Que penser de ce nouvel avatar ?

« On ne fait pas les choses en cent jours ». D’accord ! Nous avons ici même dénoncé cette croyance idiote qu’un programme lourd devait être exécuté en trois mois dont deux d’été. Cette faribole qui date de Guéna en 1988 peut être écartée.

On a vu que le programme de « restauration de la confiance » ne proposait que des mesures propres à rendre impossible une carrière politique pour les non-fonctionnaires. Supprimer les cumuls, les emplois de proches, les attributions de subventions aux parlementaires, modifie certainement le paysage politique. La qualité du personnel politique en sera-t-elle améliorée ? On peut en douter. Seuls pourront faire carrière ceux qui ont de solides appuis financiers extérieurs ou qui peuvent continuer à travailler en valorisant leurs mandats.

La loi travail a abandonné ce qui faisait l’ineptie de la loi El Khomry : l'affirmation de principes clivants accompagnée de mesures dérisoires. On offre une loi mille feuilles, type première loi Macron, avec un flot de mesures, allant du nécessaire au marginal, avec peu d’effets réels à en attendre, mais qui détendent un peu le cadre pénal mis en place par le PS pour museler l’entreprise. On en revient à la négociation par branches avec quelques possibilités virtuelles de s’organiser dans l’entreprise. L’effet sur l’emploi sera infinitésimal. Mais on aura, un peu, débloqué « la machine à interdire sous peine de sanction » qui a été construite par Mitterrand, Rocard, Jospin et Hollande.

Le troisième trimestre aura donc été une démonstration qu’on pouvait faire bouger des petites choses qui n’avaient en fait pas trop d’importance mais dont l’effet à terme sera non seulement modeste mais parfois problématique. Les vraies réformes, celles qui auraient eu un impact fort, ont été ignorées.

Il fallait faire sauter les seuils afin de mettre fin à la tentation de ne jamais dépasser 50 personnes et dépénaliser les relations courantes du travail.

Il fallait interdire à un fonctionnaire de toucher deux rémunérations et d’être élu dans des instances qui gèrent sa rémunération.

Certains principes ont été affirmés qui sont inacceptables : on continue de surpénaliser les licenciements dès qu’une « minorité » est en cause. Les homosexuels, les femmes, les Juifs, deviennent des sur citoyens. Tous les contentieux vont donc tourner autour de ces caractéristiques. J’ai été licencié par ce que je suis juif ou arabe ou noir. J’ai été licenciée par ce que je suis une femme. Résultat : les entreprises vont éviter de les recruter. Et il faudra les « dénoncer » pour discrimination. Exactement comme pour le marché de la location d'appartement.

Macron a toujours cédé au politiquement correct et il persiste. « Pas d’ennemi du côté des minorités sociétales agressives ». Il se coule dans la tendance vertueuse venue des États-Unis en faveur des tous les affranchissements. Le Macronisme est un conformisme. Mais ce n’est plus l'Observatore Romano qui donne le la. On a changé de curé. La peur du qu'en-dira-t-on a changé de sujet pas de force de contrainte.

« Nous sommes un pays de conquête et il ne faut pas céder un pouce aux esprits chagrins ». Donc il ne faut pas écouter Monsieur de premier Ministre qui parle de « réparer la France ». Le Président en rajoute : « Nous sommes le seul pays qui n’a pas vaincu le chômage de masse ». Elle serait donc cassée et « incapable de se réformer » ? Voilà bien des concessions aux « déclinistes honnis » !

 Il faut comprendre la cause des difficultés pour les résoudre. Où est le diagnostic ? Macron ne fait jamais aucun diagnostic. Le « hourra football » a ses vertus comme la « hourra politique ». Qu’on nous permette de nous tapoter le menton.

« Nous sommes entrés dans une économie de l’innovation, de la compétence et du numérique ». Toute l’économie moderne depuis le début du XIXe est une économie de l’innovation et de la compétence (qui est l’art d'accommoder l’innovation). L’informatique, elle, est passée de la mécanographie dans les années cinquante, aux systèmes centraux dans les années soixante, au temps réel dans les années soixante-dix, à la micro-informatique dans les années quatre-vingt, à l’internet dans les années quatre-vingt-dix, à la jonction avec le monde du téléphone dans les années 2000. Cela veut dire que le numérique est là depuis… soixante-dix ans. Surjouer le « modernisme » en affirmant que tout a changé est de pure tactique politicienne. Si on doit changer, c’est surtout à cause de l’étouffement socialiste qui a bloqué l’économie française. Le fait qu’on ne dise plus programmeur mais codeur ne change rien à l’affaire.

« Je veux passer d’un système Bismarckien d’assurance sociale financée par des cotisations au modèle de solidarité par l’impôt ».

Au nom de quoi ? Cette approche détache totalement la dépense de son financement et ne permet plus aux réflexes individuels d’économies de jouer. Elle donne le sentiment qu’il suffira de demander plus « à l’autre » pour avoir plus d’avantage. Elle conduit donc au gâchis et à la haine sociale. C’est sur ce point doctrinal qui explique pas mal des mesures démagogiques de Macron qu’il faut réagir. Le premier point d’application est la taxe d'habitation. On la transfère sur la CSG, sur l’impôt sur le revenu, et sur la dette. Ce sera la même chose pour la maladie, la retraite, etc. On entre dans un système de type soviétique où plus aucune responsabilité individuelle n’est évoquée, puisque tout est apparemment gratuit et « qu’il s'agit de savoir quelle société on veut ».

Là nous touchons un vrai noyau dur et spécifique du Macronisme que personne n’a vraiment commenté. À notre avis il est désastreux. La vraie solution est celle des Suisses : faire sortir de l’entreprise tout ce qui dépend du citoyen et créer un lien étroit entre dépense et financement.

On ne peut pas imaginer divergence idéologique plus forte et désaccord plus profond.

« Une indemnisation plus forte du travail ». Curieuse phrase. Le travail doit donc être indemnisé, comme le non-travail. Cette vision est totalement folle. Que personne ne le relève est une curiosité. Cette philosophie politique nouvelle, unique au mode, justifie que l’on prenne leurs économies aux retraités, qui ne peuvent plus travailler, pour gonfler la feuille de paie de ceux qui travaillent. Une hausse de 25 % de la CSG y pourvoira. On va continuer comme cela ? À quel rythme ?

Une fois encore nous sommes totalement opposés à cette vision : la hausse des rémunérations du travail ne peut venir que d’une hausse de la productivité et d’une baisse des dépenses publiques financées par le revenu des citoyens y compris au travail. Ne faire aucune hausse de productivité, faute de réformes de structure, et transférer de l’impôt d’un groupe social à l’autre ne conduit à rien de positif, ni de durable.

La question sociale sera réglée par « l’accès et la formation », pense M. Macron. On retrouve le verbiage sur la croissance « inclusive ». D’accord pour démanteler le système de formation mis en place dans les années soixante-dix, encore une erreur de Giscard, qui n’a jamais servi à rien sinon à financer les associations patronales et syndicales. Mais bonjour les dégâts si seule la formation est la clé de l’emploi et l’emploi la seule solution à la misère.

« Un plan d’économie de 20 milliards est prévu en 2018 avec 10 milliards pour l’État, 7 sur la Sécurité sociale, et 3 sur les collectivités ».

Rappelons que la dépense publique en 2018 sera proche de 1 300 milliards. C’est un effort de 1 % sur un an qui sera obtenu surtout en retouchant les systèmes de subventions au logement, à l'emploi et à la santé.

Il n’y a aucune réforme lourde des structures ni de l’ampleur de l’action étatique. Les résultats seront sans doute différents de ceux annoncés, puisqu’on va compliquer la vie de ceux qui sont habitués aux systèmes d’aides actuels, qui vont hurler, sans réduire ce qui compte : l’extravagance du champ des politiques publiques et le nombre des étages administratifs.

En ne touchant pas aux fonctionnaires et à leur temps de travail, on ne fait que reporter sur les Français les efforts financiers d’économie.

Tout cela est très insuffisant.

François Bayrou, dans un rare éclair de lucidité, a bien vu que « les hauts fonctionnaires ont pris le pouvoir ». Ceux qui lisent ce blog savent que ce diagnostic est le nôtre. La France a subi un « pronunciamiento des hauts fonctionnaires ». L’Énarchie Compassionnelle triomphe.

Qu’en dit notre Président ? « Cette République a très bien fonctionné à une époque où les fonctionnaires devenaient ministres ». « J’ai voulu redonner de la dignité à la haute fonction publique ». « Ce sont les politiques qui décident des textes préparés par les hauts fonctionnaires ».

La prise du pouvoir par la haute fonction publique date de l’arrivée de Giscard et Chirac au sommet de l'Etat. Depuis tout a été de mal en pis. On ne savait pas que la dignité des hauts fonctionnaires fut à ce point malade. Naturellement si les politiques sont aussi des hauts fonctionnaires (Par exemple, Macron, Philippe et Le Maire) le travail des hauts fonctionnaires est validé par des hauts fonctionnaires. C.Q.F.D. !

Moins convaincant, on ne peut pas.

« L’Europe s’est spécialisée dans l'immixtion bureaucratique » alors que « L’Europe est le niveau approprié pour retrouver notre pleine souveraineté ». Il faut « un budget européen qui représente plusieurs points de PIB » Il sera « gagé progressivement par l’attribution d’une part de fiscalité nationale ».

La fuite en avant européiste est une idéologie. Pour la rendre possible et acceptable, Macron tire sur le plombier polonais.Il veut mettre des limites à l'idéologie de la concurrence totale en interne comme à l’extérieur, et croire que l’Europe ne sera plus seulement un espace où on ne prend pas de mesures discriminatoires contre les autres européens, mais aussi une zone où les règles fiscales et économiques seront unifiées.

Cela veut dire céder un peu plus le pouvoir à un gouvernement de Bruxelles travaillant en solo avec les députés de Strasbourg, les politiciens français devenant inaptes à changer le cours de quoi que ce soit.

Ce serait cela la « nouvelle souveraineté », une absence devenue totale de souveraineté (avec la perte de la monnaie, du droit, transféré aux cours européennes, des lois touchant le quotidien, de la diplomatie économique externe, et désormais du budget, partiellement transféré et sous tutelle pour le reste).

Tout cela est dans les limbes et devra être observé au fil du temps. Mais on doit déjà s’inquiéter : quand on règle les problèmes par des antiphrases, c’est mal parti. Le souverainisme français passant par Bruxelles est un concept qui reste à explorer.

À total le Macronisme est bien une doctrine : gratuité sociale financée totalement par l’impôt payé par une minorité, européisme débridé, maîtrise de la nation par les hauts fonctionnaires. Cela commence à être une pratique. La doctrine permet tous les opportunismes, pourvu qu’on respecte les vaches sacrées et le politiquement correct. Les partis politiques ont maintenant de quoi fixer leur réflexion.

La vraie question est de savoir si cette conception permet de sortir la France « cassée » de son itinéraire délétère. Nous verrons mais nous sommes très sceptiques. Réparer le doigt cassé d’un conducteur accidenté en train de mourir de traumatismes multiples et incarcéré dans sa voiture, est certes « un pas dans la bonne direction ». Est-ce que cela suffit ?

Le régime des travailleurs détachés : un psychodrame révélateur

Le 16 décembre 1996 a été édictée la directive des travailleurs détachés. C’était le début du forum du journal le Monde, encore sous Compuserve, un nom qui ne dit plus rien à personne, et la tonalité générale des commentaires, sur un forum dominé par les intervenants de gauche, était totalement négative. Admettre que l’on puisse travailler dans un pays sans suivre les lois sociales du pays leur paraissait un crime contre le progrès social et la preuve d’une dérive « néolibérale » des hauts fonctionnaires de Bruxelles.

La réaction était intéressante par ce qu’elle montrait de la mentalité de la gauche française et aussi du caractère étrange de la procédure des directives européennes. Proposées par la Commission et elle seule, les firectives étaient travaillées dans le silence médiatique et votées presque automatiquement par le Parlement, où les européistes étaient majoritairement élus, puisque notamment en France on choisissait les candidats dans les partis de gouvernement uniquement dans la frange la plus fédéraliste, et les gouvernements étaient bien obligés de suivre pour ne pas bloquer une procédure de plusieurs années. Les médias français se désintéressaient totalement de la procédure jusqu’au jour où, tout étant fini, on entendait des protestations enflammées en tout point de l’échiquier lorsqu’il fallait intégrer la Directive dans le droit national.

Rappelons que le 16 décembre 1996, le gouvernement Jospin tenait les manettes. Et voici que la gauche de forum lui reprochait d’avoir autorisé « une arme de destruction massive contre les droits sociaux ». Des propos que l’on retrouvera lors du vote de la directive Bolkestein sur la libéralisation des services « faits à l’étranger avec les règles sociales du pays d’origine ».

La droite de son côté, après la calamiteuse gestion des Énarques Chirac et Juppé, terminée comme on sait, n’avait absolument rien à dire sur le sujet.

Sic transit gloria gallica.

Alors que se posait de façon criante la question de l’organisation du marché unique imposé par Mitterrand, alors que l’effondrement du bloc socialiste de l’est de l’Europe créait une situation pour le moins nouvelle et complexe, compte tenu de l’énorme écart des salaires, les grands partis français n’avaient rien à dire et n’avaient absolument jamais discuté au fond la manière de faire face à cette situation très délicate.

Le Commission a été laissé seule à formuler ses solutions. Elle l’a fait comme elle sait le faire : non pas sur la base réaliste des rapports d’intérêts mais sur celle essentialiste des trois libertés fondamentales de circulation des biens, des personnes et des capitaux. Et adviennent que pourra !

Comme les principes ne se discutent pas, l’essentialisme européiste a triomphé dans le non-débat auprès des instances politiques et médiatiques. Ensuite, plus de débats possibles et seulement des grognements vains. Les européistes se sont contentés de crier à une victoire formidable du droit et des bons sentiments. Les autres ont gesticulé pour rien.

Et voilà comment 20 ans plus tard, on essaie de changer une directive qui a naturellement connu un grand succès mais qui, dans le cadre d’un chômage désastreux, a pris l’allure d’une provocation. La campagne électorale a montré que tous les candidats étaient pour un durcissement ou une suppression de la Directive ! L’essentialisme est incompatible avec les élections nationales. On découvre qu’il est presque impossible de modifier un directive. Il faut reprendre tout le processus , aboutir à une quasi-unanimité, alors que les règles mises en place ont créé des avantages acquis et des divergences marquées entre les pays signataires. Le seul argument des pays demandeurs est que  la directive pousse à des conséquences électorales « populistes ». Macron n’a guère d’autres arguments que de dire : c’est cela où un gouvernement populiste et antieuropéen sera élu au prochain coup en France ! C’est peu.

La vérité est si simple. Il y a toujours eu des accords de détachements entre les pays, même si les régimes sociaux étaient très différents. Les Algériens ont par exemple commandé à la Chine la construction de milliers de logements clefs en main, intégralement réalisés avec de la main d’œuvre chinoise. Quiconque a voyagé beaucoup sur les lignes orientales sait que depuis les années soixante- dix on y voit des cohortes d’hommes venant tous du même village aller vers des pays d’accueil temporaire pour y faire des travaux à bas prix. Des groupes d’Indiens, de Pakistanais, de Coréens, d’Indonésiens, ont ainsi rayonné pendant des décennies un peu partout et notamment dans les pays du Golfe.

La France, elle-même, a longtemps pratiqué le recours aux travailleurs temporaires maghrébins, dans l’industrie automobile, dans le bâtiment et dans l’agriculture, jusqu’à l’erreur magistrale de Giscard, qui, inquiet des conséquences électorales de la montée du chômage, a interrompu ces contrats et privilégié l’immigration permanente et le regroupement familial.

Une écluse vaut toujours beaucoup mieux qu’un mur ou une liberté totale.

Ajoutons, et c’est un des arguments que nous avions défendus à l’époque, qu’il est des situations où il est impossible de faire autrement que d’envoyer temporairement à l’étranger des techniciens aux conditions du pays d’origine. Si vous avez conçu un logiciel très performant et dominant sur un créneau donné, vous allez le vendre partout dans le monde et le soleil ne se couchera plus sur votre zone de chalandise. Nécessairement l’installation et la formation des utilisateurs se feront au moins tant que la masse de clientèle n’aura pas atteint un certain niveau, par vos techniciens. Ils seront détachés à vos conditions dans le cadre d’un contrat global où vous aurez défini votre prix accepté par l’autre partie contractante. Il est strictement impossible de l’empêcher et ce serait dommageable : si le client a investi c’est que c’est son intérêt et donc celui du pays importateur du service.

Dans le cadre européen il était parfaitement légitime de définir un cadre réglementaire libéral permettant que ces activités soient parfaitement légales et inattaquables. Sinon elles se seraient développées « au noir », ou elles auraient été réduites, ce qui aurait privé les économies de solutions utiles.

Dans le cas de la directive sur les travailleurs détachés comme sur celle sur les services (dite Bolkestein), la légitimité de l’élaboration d’un cadre commun est parfaitement compréhensible, et le principe de la conservation des conditions sociales du pays d’origine n’est pas attaquable.

Restent les modalités, dans un cadre où les écarts de niveau de vie et de compétences sont aussi extrêmes qu’entre l’ouest et l’est, le nord et le sud de l’Europe !

Dans le secteur informatique, il est vite apparu que le coût des logiciels par exemple français, ne permettait pas des ventes de masse au Portugal ou en Roumanie. La solution aurait été de recruter des informaticiens de ces pays, à leurs conditions d’origine, pour écrire à bas coûts des logiciels moins chers. Au passage, le mécanisme aurait permis d’équilibrer les comptes extérieurs de ces échanges. Mais là il fallait créer une filiale dans le pays le plus pauvre, ce qui impliquait des délais et des coûts. Pendant ce temps-là, les États-Unis acceptaient sans états d’âme de faire venir chez eux des programmeurs indiens et attaquaient les marchés européens…

Dans un système de liberté générale des échanges, seule la souplesse paie.

Il est évident que le gros du marché du travail détaché concerne les ouvriers et la main d’œuvre non qualifiée à faible productivité. Dès le début de l’année 1997 on a vu débarquer sur la Côte d’Azur des « jardiniers » anglais offrant leurs services sans charges sociales. Ils ont clairement déréglé le marché local et… permis à des tas de gens de faire des travaux qu’ils n’auraient pas fait autrement. Le marché de la rénovation d’appartement a bénéficié du même engouement pour des travailleurs deux fois moins chers que les artisans français. L’agriculture a également bénéficié des salariés moins coûteux. On ne voit que l'aspect « concurrence déloyale ». On ne voit pas que beaucoup des travaux faits ne l'auraient pas été autrement. Il ne faut pas non plus trop crier à la concurrence déloyale : beaucoup des travailleurs détachés sont utilisés par les artisans locaux les plus performants…

L’équipement des bateaux construits à Saint Nazaire repose, pour être compétitif, sur le recours massif aux emplois détachés. C’est cela ou la fermeture des chantiers.

La construction, accablée de règles contraignantes et absurdes, et en disette de candidats depuis des lustres, a évidemment usé et abusé des travailleurs détachés. Cela a permis le boom de la construction que l’on a connu, sans altérer la santé des artisans locaux, qui sont, aux endroits où la demande est forte, quasiment en manque permanent de professionnels compétents. Que l’on regarde ce qui se passe par exemple en Bretagne où le marché a surmonté la crise de 2008-2009 sans drame.

Revenir sur les deux directives est une orientation malthusienne et politicienne.

La France a répondu aux trois crises majeures (1 974, 1 993 et 2 009) en faisant venir au pouvoir des socialistes qui ont incroyablement bloqué les relations sociales, réduit le travail et accru les coûts. Ces mesures ont largement tué la compétitivité française, comme on le voit en ce moment même avec l'accroissement des déficits au moment où l'euro et le Monde connaient une petite reprise. Il est sûr que le problème des travailleurs détachés (comme celui du travail au noir, où celui de l'immigration clandestine) aurait été bien moins présent sans ces politiques désastreuses.

Il ne faut en aucun cas revenir sur le détachement d’accompagnement des grands et petits investissements. En aucun cas. C’est la condition de la survie de nos fournisseurs sur le marché intérieur comme extérieur dans l’environnement ouvert qui est le nôtre.

En revanche l’intérim de longue durée, massif et organisé, d’ouvriers étrangers à bas coûts par des entreprises ad hoc devrait être autorisé au coup par coup au sein de l’Europe comme il l’est sur une base bilatérale avec de nombreux pays.

La France aurait par exemple intérêt à passer des contrats de ce type pour les constructions associées aux jeux olympiques dont elle a obtenu l’organisation. Elle ne disposera pas des capacités nécessaires sur une base purement nationale, et s’agissant de travaux massifs et très concentrés dans le temps, aurait-elle pu rassembler de telles capacités, elle se serait retrouvée avec un chômage de masse à la fin des travaux.

Autant dire que la démarche Macron, d’inspiration purement politicienne (cela faisait plaisir aux électeurs d’entendre la condamnation des directives sur les travailleurs et les services détachés, notamment à gauche), se heurtera nécessairement à de vraies résistances parfaitement fondées. Les commentateurs de TNT n’y voient d'ailleurs qu’un enjeu politicien (l’Europe est-elle vraiment indéformable comme le disaient le FN et une myriade de petits candidats lors des récentes élections présidentielles).

Le débat de fond sur les vrais enjeux est, lui, toujours inexistant.

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile

Lord Adair Turner : l’erreur comme un grand art politico social

Une forme aigüe de l'imposture économique

Adair Turner est probablement ce qu’on trouve au Royaume Uni de plus proche d’un Énarque Compassionnel français. Il est passé des postes publics aux postes privés et retour dans une belle chorégraphie, digne de nos meilleurs Inspecteurs des finances. Il a trempé dans tout et rien et cautionné toutes les imbécillités à la mode, un temps, avant de les dénoncer. Il restait à mettre tout cela dans un livre ce qu’il fit avec Between Debt and the Devil : Money, Credit, and Fixing Global Finance, Princeton University Press, 2015, 320 p. (ISBN 978-0691169644) qui a été traduit et publié en France sous le titre : « Reprendre le contrôle de la dette. Pour une réforme radicale du système financier » ; Édition de l’Atelier. (ISBN 2-7082-4513-6).

« Turner est Directeur général de la Confédération de l'industrie britannique (CBI) de 1995 à 1999. Dans ce rôle, il est l'un des principaux promoteurs de l'adhésion britannique à l'euro -- une position qu'il a avoué plus tard être erronée », écrit Wikipédia.

De 2000 à 2006 il est vice-président de Merrill Lynch pour l'Europe. Il est donc banquier au pire moment des folies bancaires. En vérité il a un poste politique et peu financier. Ce qui lui permettra de faire feu sur la finance en quittant le poste.

Plus tôt il avait été un fanatique de la taxe Tobin, une erreur majeure.

Plus tard il sera pour 5 ans président du FSA, la Financial Services Authority, qui supervise les marchés financiers, ce qui est bien normal pour un homme de Merrill Lynch.

C’est cette expérience qu’il monétise par des conférences et ce livre.

Une telle girouette est toujours dans le politiquement correct du moment et l'originalité de ses réflexions est exactement nulle. Son intérêt doit se chercher dans une capacité presque surhumaine à cumuler toutes les sottises que l’on a pu écrire sur la crise et ses solutions, alourdie par un art très particulier d’aller les chercher et dans les milieux anglo-saxons et dans le fond de sauce social-démocrate  européiste.

Anobli pour ce talent unique, il est le témoin presque emblématique de l’idiotie de l’époque.

Nous avions décidé de ne jamais traiter sur ce blog de cette noble figure pour ne pas aggraver votre tendance naturelle à la critique. Mais la couverture de cet ouvrage est telle dans les médias français qu’il faut bien faire un certain travail de correction.

Comme toujours on met en avant des chiffres exacts mais avec une interprétation fausse.

Citons : « dans les années 1990-2000 la dette privée augmentait de 15 % d’an. On croyait que cette augmentation était indispensable pour atteindre un tel niveau de croissance [5 %] ».

L’auteur ne comprend absolument rien à la cause de la hausse de la dette privée et accuse un « on » dont il ne donne aucune composante. À cette époque de très nombreuse voix se sont élevées pour contester les mécanismes qui poussaient à cette hausse indécente, dont celle de Maurice Allais qui a été particulièrement forte et précise. Ce sont les énormes excédents et déficits croisés de l’époque qui ont créé la bulle de crédits mais il est hors question ni de le voir, ni de le critiquer. Cela forcerait à aller trop loin dans la remise en cause des idées communes et ferait perdre tous les beaux postes publics, privés et parapublics.

Citons : « Les crédits ne financent pas les investissements productifs » Ils « alimentent la distribution de crédits immobiliers ». Là encore, c’est parfaitement exact. Nous avons théorisé cette forme d’économie, sous le nom d’« économie baudruche » car elle finance la recherche spéculative de gains en capital, donc des bulles alimentées par la création monétaire.

Au lieu de voir la vraie cause, l’auteur sombre dans le politiquement correct à trois balles en incriminant la montée des inégalités. On retrouve le keynésianisme pour enfant de chœur qui explique que les riches consomment moins que les pauvres et donc perdent les ressources rares dans des spéculations honteuses. Comme pour la « cupidité des banquiers », il semblerait que dame nature ait voulu que les riches entre 1990 et 2 000 se soient mis spontanément à investir comme des malades dans l'immobilier.

L’auteur manipule des « marqueurs » de gauche, nécessaires à sa crédibilité dans l’ambiance du moment, rejoignant Krugman et tous les keynésianistes américains. L’explication est totalement fausse. La France n’a pas connu d’amplification de l’écart de richesses entre riches et pauvres et l’immobilier est tout de même monté à des sommets. La plus grande crise immobilière a eu lieu avant : avec la spéculation mondiale sur les bureaux de 88 à 91, source de la gravité de la crise de 92-93. L’auteur de toute façon est incapable de couvrir la période 1 971 – 2 008. Les dettes créées n’ont, nulle part ailleurs qu’aux États-Unis, avec les subprimes garanties par l’État, servi à financer les achats des pauvres.

La création monétaire forcenée des banques centrales a fait baisser les taux d’intérêt si bas que tout le monde a cherché à emprunter, les plus gros emprunteurs étant les états et les fonds spéculatifs.

Citons : « Je vous défie de trouver une seule entreprise allemande ayant augmenté un tant soit peu ses plans d’investissement du fait de l'annonce de l’assouplissement quantitatif de la BCE ». « Si elle a un tant soit peu fonctionné c’est uniquement parce qu'elle permet de relâcher les politiques budgétaires ».

Ce que notre auteur oublie c’est que cette politique a eu pour but principal de sauver les banques (et les dépôts du grand public) confrontées à une perte globale supérieure à 10 mille milliards de dollars et les États sur endettés. On ne voit pas trop où a été le relâchement des politiques budgétaires. Demander aux Grecs.

Le sous-investissement a été la caractéristique principale de toute la période 1971-2016, et correspond à l'installation de l’économie baudruche par les accords de la Jamaïque.

Citons : « [les banques centrales] doivent financer les déficits de façon permanente en monétisant la dette des États. En clair en faisant marcher la place à billets ».

Eureka, j’ai trouvé ! Youpi, c’est facile ! Le Graal, j’ai trouvé le Graal ! Vive la planche à billets !

En revanche il faut contraindre les banques pour qu’elles ne prennent pas de risques insensés. On oublie d’expliquer pourquoi elles ne finançaient pas l’investissement ni pourquoi l’investissement ne serait pas risqué.

Tout cela est de la posture et n’a strictement aucun intérêt ni explicatif ni curatif. On fournit à tous les « marqueurs » idéologiques qu’ils attendent et on les présente « en même temps » comme tout bon haut fonctionnaire ambitieux, sans se soucier de rien, ni des explications ni des contradictions. Cela permet d’être édité, puisqu’on n’a aucun ennemi, et de briguer les postes les plus éminents, puisqu’on défend l’État, les petits pauvres et la facilité, tout en se flattant d’être « pro business ».

Et d’être fait Lord. Une pensée nulle servie par une sorte d’imposteur sympathique, à éviter absolument comme dirait le Canard Enchaîné !

Anniversaire du blocage financier de 2007 : toujours les mêmes erreurs

En dix ans aucun progrès dans la compréhension des mécanismes du désastre

On pourrait penser qu’avec le temps, la crise de 2008 aurait été comprise dans la totalité de ses dimensions et qu’on éviterait, 10 ans après le blocage du marché interbancaire dès l’été 2007, anticipant la récession globale, les mêmes fausses explications et les mêmes simplismes qui ont été la règle dans les instances officielles et, par contagion, dans la presse. Le côté amusant de l’affaire est de voir coexister un commentaire débile et sa réfutation sous forme graphique dans mille exemples publiés dans le même journal ou dans les diverses publications du jour. Comme si les chiffres étaient une décoration et qu’il n’importait pas de faire le lien entre l’histoire qu’ils racontent et le commentaire.

On ne veut accabler personne et surtout pas les journalistes : ils travaillent avec les interprétations fournies par les instances officielles, mais certains parviennent à un degré de représentation des erreurs ambiantes qui mérite d’être honoré.

Prenons par exemple, parmi plusieurs autres du même tabac, l’article de François Vidal dans Les Échos du 7 août.

Première erreur : la crise a été provoquée par « la bombe à fragmentation des subprimes américaines » (sic). Les subprimes, représentent 600 milliards de dollars de dettes difficiles à recouvrer. Au final, on trouvera 300 milliards de pertes. C’est grave. Coupable même, tant les risques associés aux mécanismes et aux pratiques de ce marché étaient visibles. Mais la perte globale internationale  est de 10 000 à 12 000 milliards de dollars. C’est ce désastre qui allait mettre les banques mondiales au tapis, pas les subprimes. Les subprimes ont joué le rôle de l’allumette. C’est bien ce marché qui a bloqué les relations interbancaires. Mais la bombe était ailleurs et c’est l’explosion de la bombe qui a fait mal. Si HBOS et Lloyds ont liquidé 67 000 salariés sur 135 000, ce n’est pas à cause des subprimes. Si RBS a fait de même (69 000 sur 135 000 également) ce n’est pas pour cela non plus. Si les banques centrales ont gonflé de 12 000 à 13 000 milliards de dollars leurs en-cours et proposé des intérêts négatifs sur une longue durée, du jamais vu historique, ce n’est pas pour couvrir 300 milliards de pertes, couvertes facilement  par le Trésor américain et les amendes internationales que les États-Unis ont imposées aux banques mondiales.

Deuxième d’erreur : « des progrès spectaculaires ont été faits pour domestiquer la planète finance ». N’ayant aucune idée des sources du délire financier qui s’est emparé de la planète en question, le commentateur ne peut que répéter des banalités faciles. Rappelons que la crise est associée aux énormes déficits américains et excédents croisés au Japon, en Chine et en Allemagne. Par le mécanisme de la double pyramide de crédits démontrés par Rueff et Allais, on sait que ces énormes flux financiers et monétaires ont provoqué l’apparition d’une économie baudruche où l’argent n’allait plus principalement aux investissements productifs mais à des spéculations sur des possibles gains en valeur. Le haut de bilan a remplacé le compte d'exploitation.  Et la spéculation généralisée s’est envolée à des sommets intenables. On a depuis essayé d’étouffer l’amplificateur bancaire qui a été la principale victime de l’explosion mais on n’a rien touché des causes. Aujourd’hui encore l’Allemagne la Chine et le Japon ont accumulé environ 1 000 milliards de dollars de bons du trésor américain.  Ces flux ont les mêmes conséquences. La planète finance n’est en rien domestiquée. Elle panse ses plaies et a le plus grand mal à purger ses pertes accumulées dont l’essentiel a été caché pendant des années. L’Europe a été trop loin dans la mise en place de règles constrictives dont les banques américaines se sont libérées très vite, ce qui leur a permis de revenir à une meilleure situation. La finance grise a repris une bonne partie de la spéculation faite par les banques de dépôts, les banques universelles et les banques d’affaires. L’auteur de l’article le souligne. Mais il ne voit pas que des bulles existent partout. Elles exploseront comme d'habitude. Le journal Les Échos le confirme lui-même dans la même édition en citant le fait que le Nickel a vu son cours augmenté de 18 % depuis juin. La preuve explicite que « la planète finance est domestiquée » !

Troisième erreur : « En Europe la création de l’union bancaire et la correction des déséquilibres de la zone euro ont renforcé la solidité du secteur ».

L’union bancaire n’a rien renforcé du tout. Les instances fédéralistes ont profité de la crise pour pousser leur avantage et imposer une réforme qui n’apporte rien de fondamental sinon plus de pouvoir européen et moins de responsabilités nationales. Quant aux déséquilibres de la zone Euro, il suffit de voir, en interne, les excédents de l’Allemagne, jamais plus importants (voir un de nos articles récents), pour vérifier qu’il n’y a eu aucune correction. En externe ce n’est pas mal non plus. Le déficit de la zone euro vis-à-vis de la Chine est 146 milliards d’euros en 2016 !

Quatrième erreur : « C’est toujours sur les épaules d’une poignée de banquiers centraux que repose le sort de la finance comme de l’économie mondiale ».

L’illusion que les marchés fonctionnent bien sous la houlette bénéfique des banques centrales est une des sottises du temps. Les équilibres macroéconomiques ne dépendent que marginalement des banquiers centraux. Ils sont de la responsabilité des États et des politiques économiques et sociales menées, ainsi que du cadre institutionnel global. Si ces politiques sont non coopératives (ou coopérative uniquement dans les mots) et poussent à de graves déséquilibres, et si les institutions n’imposent pas les comportements correctifs nécessaires, alors c’est l’économie dans son ensemble qui devient dysfonctionnelle. Le fait que les banquiers centraux soient à ce point sollicités montre bien que le système global est vicié et pas autre chose.

Rappelons un dernier chiffre : le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de la Chine est de 347 milliards de dollars en 2016. Cet afflux de dollars a mis en branle une bulle de crédits en Chine que tout le monde constate. Comme les dollars eux-mêmes sont replacés finalement aux États unis, ils y créent une bulle de création monétaire qui explique la hausse historique des bourses locales et la meilleure santé des institutions financières américaines, au prix de placements toujours aussi spéculatifs. La crainte commence à entourer à nouveau le dollar. Voici que l’Euro remonte. Merci pour les équilibres et l’action régulatrice des banques centrales.

À force de ne jamais faire les bons diagnostics, on finit par n’écrire que des bêtises sans rapport avec les réalités.

Consternant.

En relisant « La mondialisation heureuse » d’Alain Minc

Lorsque les mouches ont changé d’âne, après avoir compris qu’Alain Juppé était hors course et qu’il fallait se précipiter vers Emmanuel Macron, un des premiers migrants fut Alain Minc, légèrement décrié pour un amour de la mondialisation, puis étrillé par la dépression de 2008-2009 et la stagnation qui s’en est ensuivie. La réaction « populiste » de droite comme de gauche exigeait d’ériger un rempart et vite.

Ce goût pour les Énarques politiciens est tout à fait étrange pour qui s’amusera à relire « La mondialisation heureuse », paru chez Plon en 1997, 20 ans déjà.

« La mondialisation impose sa dynamique : davantage de marché, des États sur le recul, ». Pas de chance une grave crise du système des changes flottants se déclenche peu après la parution du livre, appelée à tort « crise des pays émergents », alors que c’était une première explosion de l’économie baudruche qui affolée s’était repliée à toute vitesse vers le dollar, provoquant une réappréciation totale du rôle des marchés financiers dans moult pays et une première intervention massive des banques centrales, c’est-à-dire de l’État. La crise de 2001 et surtout la récession suivante allaient provoquer l'effondrement des marchés et le cadenassage de la finance par les États. Jamais l’emprise des États par la monnaie, la réglementation et les impôts n’a été plus sévère.

On pourrait récrire la phrase : « la dynamique détestable d’un système monétaire dysfonctionnel a provoqué le contrôle serré des marchés et une extension massive du rôle de l’état ».

Alain Minc poursuit : « L’avenir n’appartient ni aux emplois publics ni à la gestion administrée ni aux bureaucraties, ni aux mécanismes centralisés. Et nous seuls au monde à accroître le poids des emplois publics ». « Le pays unanime s'enorgueillit de son service public à la française, sans s’étonner de voir la SNCF crouler sous les dettes au moment même où la Bundesbahn va être privatisée ».

Cette remarque est, elle, parfaitement fondée. Malheureusement les Présidents Énarques Chirac et Hollande, aggraveront tout, le malheureux Sarkozy s’épuisant dans des demi-mesures d’apparence ou de détail. Entre un million et un million cinq cent mille emplois publics ou « quasi publics » pour reprendre la terminologie d’Alain Minc, seront créés dans les 20 années suivant la parution du livre. La France se retrouvera à 56 % du PIB de dépenses publiques (120 % de la valeur ajoutée du secteur marchand), un niveau de prélèvement fiscal communiste, et une dette irrécouvrable de 100 % du PIB pour la partie publique et 400 % pour la dette globale, avec 5 à 6 millions de chômeurs.

Quant à la SNCF, qui croule sous un statut des cheminots et des pratiques managériales qui interdisent tout espoir de productivité, sans parler de rentabilité, elle s’effondre sous la direction d’un dirigeant qui ne dirige rien (sa seule mission est d’éviter la grogne sociale, c’est-à-dire les grèves Juppé), multipliant les accidents, les retards, les abandons de lignes, le pourrissement du réseau francilien, et les dettes. L’incident du Week-End qui a vu une gare bloquée pendant quatre jours lors du moment de pointe des migrations vacancières est une forme de feu d’artifice dans le domaine de l'incompétence technique et de la faillite commerciale.

Du coup on ne comprend plus très bien les choix politiques d’Alain Minc. « Plus jamais d’Énarques » aurait dû être son slogan. En choisissant Emmanuel Macron, il a soutenu le pronunciamiento des hauts fonctionnaires et l’énarchie triomphante est partout. Mme Parly, Ministre de la guère (comme on dit dans les casernes), faisait carrière à la SNCF où elle a couvert de sa sagacité la dérive financière mortelle de la société publique. La ministre des transports a exactement le même profil, mélangeant l’engagement socialiste et les carrières à cheval entre haute fonction publique et entreprises nationales. On s'étonne du manque de réaction de l’une comme de l’autre devant les problèmes dramatiques que posent d’un côté le sur engagement de nos forces militaires et de l’autre la consternante panne de la gare Montparnasse, ainsi que de la réaction poussive et convenue d’un Edouard Philippe qui lui a virevolté entre le socialisme et sa variante juppéiste, des engagements bidon dans une entreprise publique et le carriérisme local.

Cet étonnement frappera d’étonnement ceux qui savent comment fonctionnent les hauts fonctionnaires.

Une des curiosités du temps, est qu’on juge le mouvement En Marche, comme naguère nos journalistes et universitaires jugeaient l’Union Soviétique : uniquement sur les intentions. Pendant 75 ans on a présenté en Occident l’univers soviétique sans tenir compte une seule seconde de la réalité. Les quelques rares voix qui disaient la vérité étaient immédiatement écartées comme « fascistes » ou « faisant le jeu des fascistes » ou « victime d’un anti communisme viscéral et primaire ». Après l’effondrement du régime monstrueux, on a dû constater à regret que c’était pire que le pire. Mais on rechigne à l’écrire. On aurait l’air trop stupide.

Pour En Marche, c’est la même chose. « Ils le feront… un jour ». Attendre avec la foi chevillée au corps, tel est le mantra. Faire confiance car cela va se faire, compte tenu du pouvoir politique obtenu des urnes et qui sera conforté bientôt au Sénat.

La réalité est moins glorieuse : la poursuite de la politique de F. Hollande, sans les cris d’orfraies de la gauche du PS. On rabote la dépense sans mesures de structure. On augmente massivement les impôts (+25 % sur la CSG). Pour le reste, il faut s’extasier sur la fin des emplois familiaux en politique.

À nouveau on explique que l’important est… l’explication. Il ne s’agit pas de discuter de mesures mais de mettre l’inaction gouvernementale « en perspective ». Le discours avant l’action, à la place de l’action.

En attendant Godot : c’est-à-dire une croissance importée de l’extérieur.

Alain Minc va pouvoir écrire un nouveau livre : « la Macronisation heureuse ».

Edmund Phelps : « La Prospérité de Masse » - Odile Jacob

Une pensée réellement originale et utile totalement étrangère en France

J’ai croisé pour la première fois les travaux d’Edmund Phelps à la fin des années soixante. La thèse de doctorat que je préparais concernait la prévision à long terme. Plus j’avançais dans ce travail, moins il m’apparaissait que cet exercice fut, sinon utile, du moins possible. Comme mon directeur de thèse vivait de la passion de l’époque pour le futur, les tensions grandissaient. Le travail universitaire est ainsi fait qu’il me fallait trouver des études extérieures corroborant les hypothèses désagréables que j’avais émises. Il n’y en avait pas. Sauf un texte d’un certain Edmund Phelps qui expliquait très justement que l’économie concurrentielle était fondée sur l’imagination et la rupture et que toute prévision longue n’avait strictement aucun sens, ce que la suite allait prouver au-delà de toute contestation. Cette référence entraîna le retrait immédiat de mon directeur de thèse, peu soucieux de travailler contre son gagne-pain. La connaissance n’est pas la seule mamelle de l’Université, ni l’objectivité et le courage intellectuel. La mode de la futurologie est passée depuis longtemps. RIP.

Edmund Phelps a, lui, continué à montrer une capacité à s’investir dans les grands problèmes économiques sans préjugés ni révérences excessives aux anciens. On reconnaît les grands maîtres à ce qu’ils s'attaquent aux grandes questions. Quel était le drame intellectuel de la science économique à la fin des années soixante ? Deux branches contradictoires de la discipline s’étaient développées en parallèle : la microéconomie et la macroéconomie. Pour simplifier, l'économie basée sur le modèle Pareto-Walrasien, et l’économie keynésienne fondée sur le jeu de variables globales. Les professeurs d’économie prudents, comme Raymond Barre en France ou Samuelson aux États-Unis, se sont contentés, dans leurs manuels, de faire coexister les deux mondes sans tenter de les réconcilier. Dans le premier tome de son manuel Barre explique que les crises ne sont pas possibles car les marchés réagissent pour « revenir à l’équilibre ». Dans le second il explique comment on jugule les crises… Edmund a essayé pour sa part de fusionner les deux mondes et de montrer comment on pouvait tenter de créer une explication microéconomique de la macro. On peut juger qu’il n’y a pas totalement réussi. Mais il a ouvert de nombreuses portes, et partiellement démonté les thèses keynésiennes. C’est cet effort qui lui a valu un prix Nobel mérité (ce qui est rare), car il a réellement influencé la manière de penser l’économie, tout du moins hors de France.

Son dernier livre, Prospérité de Masse, chez Odile Jacob, porte toujours la marque des grands. La question la plus importante du moment est bien la prospérité générale. La crise de 2008 et la stagnation qui a suivi ont frappé les esprits et les petits penseurs se sont tous lancés dans des explications abracabrantesques sur la fin d’un monde livré aux robots, aux codeurs et à Uber qui ne pouvaient que créer les conditions d’une régression misérabiliste.

Edmund Phelps considère à juste titre qu’il faut d’abord comprendre la nature exacte de la rupture totale avec le monde ancien qui s’est produite, selon lui, de façon différentielle, au XIXe siècle et qui a provoqué l’énorme croissance subséquente.

Il va le faire de façon plutôt iconoclaste par rapport aux grandes machineries historiques qui ont cours. Il n’hésite pas à contredire de nombreux grands auteurs comme Marx, Keynes mais aussi Schumpeter ou Max Weber, ce qui surprendra des lecteurs habitués à entendre des louanges constantes sur ces deux auteurs.

Le traducteur n’a pas dû s’amuser. L’auteur n’a pas la rigueur conceptuelle des grands philosophes et il a du mal à forger les mots qui vont avec ses concepts (et réciproquement). Ne donnons qu’un exemple, mais il y en a beaucoup d’autres : l’auteur distingue le capitalisme marchand et une économie « moderne » très différente qui s’est imposée dans quelques endroits privilégiés après elle. Il ne peut plus employer le mot capitalisme pour qualifier ce nouvel état, puisqu’il préexiste dans un état différent. D’où ce concept de « modernité » qui s’appuie sur un mot-valise et creux qui dessert son propos. Heureusement si l’esprit anglo-saxon ne porte pas aux rigueurs conceptuelles kantiennes, il n’interdit pas de se faire comprendre, même si c’est au prix de très nombreuses redites et de quelques abus de mots.

Décrire et expliquer les conditions de cette économie moderne voire « résolument moderne » est l’objet premier du livre. Démontrer que la force culturelle de cette économie est essentielle et qu’il faut la renforcer encore pour construire une prospérité de masse en est le second but. Constater que c’est le contraire qui a été fait depuis les années soixante aux États-Unis donne, pour l’auteur, l’explication de la stagnation actuelle.

Nous laissons au lecteur le soin de lire et de digérer ces analyses qui le surprendront tant les concepts sont loin de ce dont il a l’habitude. L’auteur cite beaucoup d’auteurs américains qui sont de parfaits inconnus en France. Il pratique un américanocentrisme typique des auteurs américains pour qui l'économie est d’abord celle des États-Unis

S’il prend soin de passer le cap de la surprise et de la nouveauté totale, le lecteur accédera à de très nombreuses idées intéressantes. Nous y attachons de l’importance parce qu’elles recoupent beaucoup des observations que nous faisons nous-mêmes, si on nous pardonne ce narcissisme déplacé. Inutile d’en faire l'inventaire exhaustif ici, mais comment ne pas comprendre que la ville, la démographie nombreuse, l’esprit critique, l’imagination, la volonté de réussir sa vie, le rejet des corporatismes d’état, le sens de l’avenir, la réflexion libre, le plaisir de l’action collective avec des résultats, le sentiment du bien commun, la « vie belle », le goût pour les fruits du succès, la fierté d’une innovation réussie, l’acceptation de voir des situations acquises se perdre, sont les moteurs indispensables du dynamisme économique. Comment ne pas accepter l’idée que le système économique le plus juste est celui qui permet au plus pauvre d’être le moins pauvre possible. La prospérité est le fruit d’une acceptation collective que l’innovation et la productivité permettront de faire mieux que le conservatisme et l’étatisme.

Comme nous, Edmund Phelps refuse les explications simplistes ou mécanistes. Non l’explosion économique des cent dernières années n’est pas principalement liée aux grandes inventions. La connaissance n’est pas seulement celle des sciences mais aussi l’expérience accumulée sur le terrain par des millions de personnes qui apprennent patiemment les mille et une règles essentielles à la maîtrise des domaines que l’imagination et le rêve ouvrent en permanence à l’esprit d’entreprise. Les grandes masses ne jouent pas le rôle qu’on affirme trop légèrement. L’accumulation de capital ne suffit pas à provoquer la prospérité. Le gonflement étatiste de la demande globale ne suffit pas à créer de la croissance etc. « L’Europe tuera son économie aussi longtemps qu’elle s’accrochera à sa conviction qu’une économie corporatiste peut produire une stabilité et une harmonie inaccessibles au capitalisme sans rien perdre de son dynamisme ». Edmund Phelps n’est pas favorable à ce que nous appelons « l’énarchie compassionnelle », dont le triomphe électoral récent en France nous laisse sceptique.

Trois évènements qui ne sont pas cités dans le livre viennent corroborer le caractère populaire de ce qu’il appelle l’économie d’innovation et de dynamisme, l’économie « moderne ».

Lors de la chute du mur les socialistes démocratiques de l’Europe de l’Est ont cru leur temps arrivé : le visage humain du socialisme allait séduire les foules énamourées. Toute la jeunesse s’est précipitée dans la joie de l’autonomie et du dynamisme personnel, cherchant les libertés d’agir en toute autonomie, loin des verbiages d’un état moralisateur. À Cuba, la possibilité d’avoir un tant soit peu d’autonomie loin des haut-parleurs de la propagande castriste a fait naître des milliers de micro-entreprises. En France, Huber a vu l'émergence d’une classe de fils d’immigrés sans diplômes heureux d’agir en toute autonomie. Le 9.3 s’est retrouvé avec de l’espoir.

La pulsion de l’autonomie, de la construction de soi-même, de l’imagination de son cadre professionnel, du travail intellectuel de maîtrise d’environnements nouveaux, offrant à l'esprit de nouveaux vecteurs d’application, là se trouve le cœur du dynamisme de l’économie prospère. A contrario : le « retour à l'obsession prémoderne du patrimoine, […] a poussé toute une génération à dédaigner la créativité, l’exploration et la découverte. Avec l’émergence d’une culture prémoderne et médiévale des droits acquis, de la suffisance, du conformisme et de la dépendance vis-à-vis du groupe, on a assisté à un déclin du vitalisme et du « faire » ».

Donc du dynamisme endogène.

Les idées d’un Phelps ne sont jamais présentes et encore moins discutées en France dans les médias qui se contentent de ressasser des idées pré calibrées et de juger en fonction de cases prédéfinies. Lire Phelps est un exercice contre la sclérose. Les imbéciles à œillères idéologiques le classeront stupidement dans les « libéraux » incoercibles, ce qu’il n’est pas. Phelps n’est pas Ayn Rand. Il n’hésite pas à contredire Von Mises et Hayek. Nos contempteurs, si jamais ils se commettaient à lire le livre, seraient étonnés du nombre d’institutions et de comportements, propres au capitalisme actuel, que l’auteur condamne. Il analyse de très nombreuses évolutions, notamment financières, qui vont dans le sens de l’étouffement du dynamisme, du renforcement des situations acquises, du refus des remises en cause progressistes des manières de faire.

Est-ce à dire qu’Edmund Phelps est totalement convaincant ? La grande faiblesse du livre est de ne pas prendre acte de la bascule du début des années soixante-dix. Il voit bien qu’il y a un avant et un après, mais il n’explique pas pourquoi. Il glose énormément sur les conséquences et les comportements qui ont renforcé les difficultés, mais il n’analyse pas les causes. Le système monétaire international est totalement absent de ses réflexions. Même s’il admet que certaines institutions sont dysfonctionnelles, il ne voit pas que les changes flottants et les déséquilibres monstrueux de balances de paiement sont à l’origine de pratiquement tous les maux de détails qu’il souligne. De même il laisse de côté totalement la question de l’énergie et celle de l’écologie et du développement durable.

Cela tient à son parti pris ancien d’expliquer le macroéconomique exclusivement par le microéconomique. Cette tentative a largement avorté sur un plan universitaire et théorique. Maintenir cet angle de vue inexact lui interdit l’analyse de grandes erreurs dommageables dont beaucoup sont la cause des phénomènes qu’il dénonce.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes E-toile.

La minirébellion de trois économistes bien en cour

Un des grands miracles d’Emmanuel Macron est d'avoir réussi à faire écrire des choses intelligentes à des économistes qui se contentaient jusqu'ici de faire valoir leur prudente officialité et d’avoir vu Le Monde les publier.

Philippe Aghion, Gilbert Cette, et Elie Cohen tancent le nouveau pouvoir dans un article du monde daté du 12 juillet 2017. Pour une fois, nous allons leur donner raison. Que disent-ils ? Ce que nous ne cessons de répéter depuis des lustres et qu’ils ont bien tardé à faire valoir.

Ils indiquent qu’il est souhaitable de mettre en œuvre immédiatement la réforme de l’ISF et de la taxation forfaitaire des rémunérations du capital. Ils pourraient ajouter qu’il est regrettable de ne pas avoir supprimé totalement cette imposition idéologique et antiéconomique. Ne chipotons pas. Les économistes de cour ont montré tellement de pudeur à dénoncer cette imposition du temps du socialisme au pouvoir et même de Sarkozy, qu’on ne peut que se félicite de cette évolution même partielle.

Ils soulignent que l’exonération de 80 % des assujettis à la taxe d’habitation « leur paraît plus discutable ». Très bien, mais qu’ils la discutent donc, ce qu’ils n’ont jamais fait pendant les 9 derniers mois ! Et qu’ils aillent plus loin : cette mesure est purement électoraliste et ne mérite pas d'être maintenue. En ne suggérant que de la reporter, le message est un peu court.

Ils reprennent cette vieille antienne que le coup de rabot uniforme passé sur l'ensemble des dépenses est une vieille technique pour gouvernement paresseux. Mieux vaudrait faire des réformes structurelles. Mais bien sûr, Messieurs ! Gentils à vous de penser à nous rappeler qu’on doit en effet songer à réduire les effectifs publics, redimensionner les politiques publiques, réduire les étages administratifs, ce que l’on chante sur tous les tons depuis au moins 1 997.

Les auteurs soulignent que la paupérisation du secteur public n’est pas la solution. Ils oublient un peu vite que le GVT est plus qu’une poire pour la soif et que dans certains secteurs les hausses de rémunérations ont été fortes, en particulier au Ministère des Finances. Ce sont les cadres moyens publics, pléthoriques, qui ont trinqué et qui vont continuer avec la hausse de la CSG. Ils oublient aussi que la productivité est faible et les temps de travail courts, avec des avantages exceptionnels.

Alors il serait honnête de dire qu’il faut réduire les effectifs mais aussi en augmenter le temps de travail et la productivité. Ce n’est pas une méthode de type RGPP où on demande aux fonctionnaires eux-mêmes d’écheniller leur process qui peut donner des résultats mais une commission de suppression des missions abusivement captées par la puissance publique. Il ne s’agit pas de réviser mais de supprimer des pans entiers d’interventions où l’État n’a rien à apporter sinon des prébendes et des postes.

Quant aux réductions d’étages administratifs, ne parler que du conseil départemental, dont les missions seraient par ailleurs maintenues, cela n’a pas de sens. Aujourd’hui nous sommes pour la suppression et du département et de la région, au profit d’une circonscription optimisant l’action régionale publique qui, à notre avis, correspond peu ou prou aux anciennes régions, d’avant le regroupement. Il s'agit de prendre acte qu’on n’en est plus au trajet à cheval et qu’on peut concentrer l’action en région sur moins de pôles que les départements actuels. Une division par trois ou quatre est raisonnable. Les énormes satrapies conçues comme des länder n’ont strictement aucun sens économique et présentent de graves dangers politiques et nationaux.

La procédure budgétaire régionale doit être également totalement revue. Il faut former la recette et permettre à l’autonomie de s’exercer à l’intérieur d’un volume accordé, des exceptions, pour des projets lourds, pouvant être accordés par une chambre spécialisée du Parlement.

C’est tout l’État qui doit être « reformaté » et probablement les ambitions européistes qui doivent être freinées.

Il est juste de souligner que trouver moins de 10 milliards d’euros d’économies dans un budget de 1 250 milliards, c’est gratter moins de 1 % des dépenses. On peut le faire facilement, pensent nos trois économistes. Ils ont raison. Ils pourraient aussi souligner que trouver 200 000 postes à supprimer dans une masse de près de 6 millions de personnes rétribuées par l’État est également un tout petit effort et que 500 000 n’étaient probablement pas un objectif si difficile à atteindre que cela. Pour notre part nous pensons qu’il faut défonctionnariser tout ce qui inférieur au sommet de la catégorie A et de viser la suppression en cinq ans de près d’un million de postes public, à 80 % dans les régions. F. Fillon voyait un peu petit.

La chute du PS a eu cet avantage que les économistes officiels peuvent maintenant affirmer ce qu’ils pensent sans se soucier trop de savoir si cela sera accepté par « la gauche » de châtiment, prompte à tacher l’image et briser la carrière des mauvais penseurs, qui régnait sur les esprits faibles ou prudents et dans maints médias.

Messieurs, encore un effort. Vous allez voir : Dans plein de domaines une pensée totalement libérée peut s’envoler vers le bien public d’une façon exceptionnellement positive.

Pris au piège de la démagogie

Dès les débuts de la campagne d’Emmanuel Macron nous avons souligné qu’il cherchait à être positif avec tout le monde, en accumulant les oxymores, et que sa volonté de répondre concrètement au consumérisme électoral constamment aiguillonné par la Presse l’avait conduit trop loin dans la voie de la démagogie et de l’achat de vote (http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2017/4/4/Prsidentielles-2017--Les-quatre-propositions-dmagogiques--les-plus-basses). Deux de ses promesses de campagnes figurent dans la liste des quatre mesures les plus déplorablement démagogiques de la campagne.

Le transfert intégral sur d’autres de 80 % de la taxe d’habitation n’a strictement aucune justification. Il est indéfendable, en morale démocratique, qu’un habitant ne contribue pas, à la mesure de ses moyens, au financement de sa collectivité de base qui apportent les services de proximité. Sinon on n’est plus un citoyen mais un parasite. C’est vraiment l’exigence minimum. Et il appartient au maire de la moduler et surtout d’éviter qu’elle ne soit trop élevée pour des services inutiles ou insuffisamment efficaces. Effectuer ce transfert pour 80 % de la population est une insulte crachée au visage et au portefeuille des 20 % autres, et à la conscience de 100 % des démocrates.

La hausse massive de la CSG, de 25 % sur les retraités, de 20 % pour les autres, est un coup de massue fiscal qui demanderait être justifié. À un moment où la conjoncture se tient enfin un minimum, et alors que le taux d’imposition est le plus haut du monde, on ne voit aucune raison de prélever à nouveau 20 milliards d’Euros sur les ménages. Cela n’a aucun sens.

S’il ne s’agit que de financer des cadeaux aux masses pour acheter le vote électoral, où est, à nouveau, la morale démocratique ?

Dire : « je donne du pouvoir d’achat aux salariés » est un abus de mot. Seule la croissance de l’économie et le retour au plein-emploi justifient la hausse globale des revenus. Les salariés du privé ont été les mieux servis, ces dernières années, du fait de la politique patronale qui a consisté à ne plus investir et à bunkériser l’activité existante, tout en acceptant des pertes irresponsables de compétitivité par une politique libérale de hausse des rémunérations. Voler l’argent des retraités dont le revenu net a constamment baissé depuis 8 ans pour en faire cadeau à d’autres, dont le revenu est en croissance, est un abus de pouvoir pur et simple. Christophe Barbier, qui joue au couteau sa place sur sa révérence et sa soumission totale au nouveau pouvoir, s’y est essayé inlassablement sur les chaînes de la TNT, et s'est ridiculisé à l’exercice. Quand il n’y a pas de bonnes raisons, sinon l'achat de votes, il n’y a pas de bonnes raisons. Inutile d’en chercher.

De voir s’échiner trois anciens membres du parti d’en face, ralliés sans vergogne à l’adversaire et empressés d’éliminer leurs camarades aux législatives (le propre du renégat), à tenter de trouver des justifications à ces mesures absurdes, sans même croire devoir démissionner du parti qui leur a permis de faire carrière, à quelque chose de passablement abaissant pour les Français, témoins obligés de cette farce abjecte.

Qu’ils ne parviennent pas à mettre en musique cette symphonie fiscale frelatée est plutôt réjouissant. Emmanuel Macron avait cru qu’en laissant la patate chaude aux ralliés de la dernière heure et aux traîtres de comédie, il pourrait s’en sortir sans se salir les mains. C’est raté. Il aura suffi que la vox populi fasse valoir qu’on en revenait à Hollande 2012, pour que parte de la coulisse un coup de pied occulte particulièrement ajusté et pour que « Jupiter » soit obligé de remettre les mains dans sa propre mélasse fiscalo-électorale.

Il le fait par une relance à pic totalement médiatique. Mais, comme dans le lit du Procuste, dès qu’il tire à droite, cela sort à gauche et réciproquement. Il n’y a rien à faire pour tirer partout « en même temps ». Comme dans les Westerns, on voit une jolie danse où les pieds se lèvent en cadence pour éviter les balles. Emmanuel Macron est le danseur, mais c’est lui qui a tiré les balles.

Espérons pour le pays qu’on ne passera pas trop vite du danseur au guignol. Quant aux Philippe et Lemaire, quel effondrement et quelle nouvelle honte !

L'économiste, la démographie, le planning familial et l'avortement

De quelques faits cruciaux sur lesquels il vaut mieux ne pas s'attarder

Tout le monde vous le dira : l'économisme est un vilain défaut et toujours juger d'une mesure par rapport à ses effets économiques est malséant.

Mais bon. Il fut bien que la réflexion économique se fasse, même en cachette. Alors pour ceux qui n'ont pas peur, regardons de sang froid quelques réalités.

L'introduction de l'avortement libre et remboursé par la sécurité social a entraîné des pertes démographique depuis 1976 qui ne font pas consensus mais qui se situent entre 5 et 6.5 millions de naissances.

L'excédent naturel des naissances sur les décès est passé de 300.000 à 200.000, Sur trente ans, une génération, cela représente mécaniquement un équivalent de 3 millions.

Le démantèlement partiel de la politique familiale a eu des effets immédiats puisque depuis deux ans, date du lancement des mesures les plus dures, la baisse des naissances, ignorée depuis la guerre, a commencé avec une baisse régulière du taux ce fécondité qui est passé rapidement de 2 à 1,93. On craint, à l'exemple d'autres pays que désormais il ne plonge.

La pilule a entraîné une épidémie de cancers du sein. Cette épidémie est terrifiante dans la classe d'âge 45-55 ans, avec pour les derniers chiffres près de 50% de victimes.Autrement dit, une femme sur deux développe un cancer du sein, dans cette tranche d'âge, avec une tendance à l'accélération.

Le divorce touche plus d'un cople sur deux en moyenne France entière et près de deux couples sur trois dans les grandes villes.

Le phénomène des femmes seules avec enfant, source de pauvreté de masse et d'assistanat est devenu extrêmement important. Il s'ajoute à l'immigration de familles sans hommes ou d'ont l'homme est parti.

La surconsomation du tabac et de l 'alcool par les femmes  a également rapproché la mortalité des hommes et des femmes. Bien que caché par la hausse de la durée de vie générale, cela représente une perte démographique conséquente et prélmaturéee pour les femmes.

La substitution de poluplation par l'immigration de masse a partiellement masqué les évolutions démographiques indigènes.

Les principales victimes de cette évolution sont d'abord les femmes,  les couples, les enfants et la nation.

L'économie souffre.

Jamais la structure de l'offre de l'emploi désiré n'a été plus en contradiction avec l'offre disponible. Savy n'avait encore rien vu !

Ces questions sont tabous en France. Il est interdit d'en parler. Il est interdit de mener des politiques correctives.

Au terme de la longue année électorale, il est notable qu'aucune de ces questions n'ait été soulevée et que les discours aussi bien du Président à Versailles ou de Philippe à l'Assemblée n'en font aucune mention alors qu'elles sont d'importance structurelles et à long termes.

Le malthusianisme a de belles années devant lui. Les conséquences sont et seront moins de travail et plus de chômage, plus de charges et moins de production. L'inverse de ce qu'il faudrait.

Mais chut !!!!

 

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Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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