Faut-il réellement démanteler notre système social ?

 

La France est dépassée par les énormes dépenses imposées par un système social hors normes qui a dérapé dans une orgie de dépenses qu’on cherche un peu désespérément à couvrir que par une orgie de taxes et d’impôts. Avec un niveau de dépenses publiques proche de la valeur ajoutée des entreprises, on constate que si on voulait un impôt unique de type TVA son taux serait de 100 % ! Raisonnable ? Non, évidemment !

Condamner une classe politique qui depuis 1968 aurait ainsi multiplié les gratuités et les droits acquisitifs, en les généralisant à la terre entière, au nom des droits de l’homme, pour peu qu’elle débarque sur notre sol, est évidemment facile. Le spectacle lamentable donné à l’Assemblée nationale conforte ceux qui veulent mettre un terme à la course sans fin entre démagogie et impôts délirants.

Rien de bon ne sortira de cette confrontation oiseuse, avec un retour étonnant aux querelles de l’entre-deux guerres et la remise au goût du jour de mesures clairement communistes.

La vérité est que nous avons besoin d’un régime social de qualité et que certaines réalités entravent notre bonne volonté. Les hommes politiques de tous bords n’en ont jamais tenu compte. Les ignorer ne les a pas fait disparaître. L’aveuglement volontaire est évidemment le pire. D’où le résultat problématique que nous subissons.

Les deux causes principales de la situation désastreuse de la France et de la faillite de son système social sont l’effondrement démographique et les défauts structurels des systèmes monétaires dominants. Ne pas le comprendre éloigne de toute possibilité de solution.

Depuis la découverte de la pilule, et la loi Neuwirth en 1968, puis la montée vers l’avortement gratuit et sans contraintes, puis la remise en cause du mariage traditionnel avec le Pacs et le mariage pour tous, puis la dévalorisation de l’image de la femme au foyer et la promotion symétrique des bénéfices d’une carrière professionnelle, des voix se sont élevées pour avertir du risque démographique. Michel Debré, à droite, a été le plus incisif. Il a été affublé d’un entonnoir sur la tête, signe des fous. Alfred Sauvy, le grand maître de la démographie française, à gauche, a progressivement été évincé du système d’information. Un narratif s’est alors imposé : « la France fait mieux que tout le monde en matière de natalité, circulez il n’y a rien à voir ! ». Comme pour tous les narratifs de ce genre, il s’agissait d’expulser la question hors de la « discussion démocratique ». La vérité était évidemment différente. Des calculs très simples permettaient de s’en rendre compte dès les années quatre-vingt-dix et surtout dès le début de ce siècle. Le ratio naissances sur population totale après l’an 2000 montrait une perte de près de 500 000 enfants à naître par an, par rapport aux chiffres de 1971, dernière date non grevée par l’effet des récessions et des nouvelles lois et mentalités. Disons-le clairement : nous avons perdu entre 10 et 12 millions d’enfants à naître entre 2000 et 2025. L’effectif des moins de 20 ans est de 15 millions quand il était de près 30 millions en 1971. Un effondrement radical. Les tableaux fournis par l’Insee et l’INED le confirment désormais de la façon la plus nette : entre 2015 et 2025 la population des 21 à 60 ans a baissé. Celle des plus de 60 a augmenté de presque trois millions. Aucun parti politique n’a voulu prendre le risque d’annoncer qu’une population en âge de travailler déclinante allait devoir financer l’équivalent de la population de Paris, plus Lyon, plus Toulouse ! Plus de 2 000 milliards d’euros de dépenses cumulées à assumer ! Il faudra attendre 2 023 et l’évidence que nous allions vers le non-remplacement générationnel pour qu’enfin le drame démographique prenne sa juste place dans le débat public. Depuis mai 2025, les décès excèdent les naissances. Si rien ne change, les moins de 20 ans seront 5 millions en 2 100 ! En dépit d’une immigration massive ! Souhaitable ?

Une telle situation a évidemment fait sauter notre système social et obligé les « élites » dirigeantes à un grand écart entre la multiplication des démagogies pour se faire élire ou réélire, et la maîtrise de déficits de plus en plus abyssaux.

On retrouve à peu près la même attitude face à la seconde cause systémique de nos tourments : les défauts structurels des systèmes monétaires dominants. Depuis 1917, les monnaies sont devenues « administratives » et déconnectées des valeurs de référence, comme traditionnellement l’or. Il en est résulté les difficultés qui ont ravagé l’entre-deux-guerres. À l’initiative des Américains, une réflexion de longue durée a été entreprise au début des années quarante pour que l’après-guerre ne souffre pas des mêmes errements. Les Accords de Bretton Woods ont permis les « trente glorieuses » et ses « miracles économiques ». Jusqu’à ce que les États-Unis décident de les détruire en 1971, provoquant aussitôt le retour des désordres et des récessions. Les changes flottants sont une catastrophe économique. Depuis leur mise en place, nous avons connu trois récessions mondiales majeures de type 1929, toujours plus graves : 1973, 1993, 2008, et trois autres plus légères. Saisissons l’occasion de tordre le cou à deux légendes. La crise de 1973 serait une « crise du pétrole ». En fait elle commence aux États-Unis dès 1971, gagne le monde en 1972 et devient catastrophique en 1973. Le cartel pétrolier réagit par une hausse démente des prix du pétrole en novembre 1973. Elle aggrave tout, mais c’est une conséquence pas une cause. De même, certains pensent que la reconstruction d’après-guerre impliquait automatiquement une période de forte activité. Plus fortes les destructions, plus forte la reprise ! C’est évidemment totalement faux. Toutes les défaites militaires en France, et à peu près partout ailleurs, ont été suivies par des années de difficulté. Ne jamais oublier que celles qui ont suivi la défaite de Sedan n’ont été qu’une longue dépression. Il a fallu plus de 20 ans pour en sortir.

Quel est le vice interne d’un système de change flottant ? Il met fin à la condamnation des grands déficits et des grands excédents. Si un pays accumule d’énormes excédents qui se comptent en milliers de milliards de dollars ou d’euros, il ruine l’emploi de ses partenaires en déficit et ne sait pas quoi faire des sommes accumulées. Investir chez lui ? Il est déjà sur compétitif : Investir dans les pays déficitaires ? Et rétablir ses concurrents ? Que nenni ! On ne peut plus ni réévaluer ni dévaluer en concertation pour rétablir l’équilibre des échanges. . Alors que faire ? Tenter de placer le magot sans risque ! Le destin des monnaies administratives gérées par des gouvernements est de perdre régulièrement toute valeur. Le dollar évalué en or a par exemple perdu 99 % de sa valeur depuis 1971 ! Pour les détenteurs de milliers de milliards de dollars, le risque est crucial. L’Allemagne et le Japon ont pu le découvrir fin 1980 pour l’un, mi 1 990 pour l’autre. La Chine tremble aujourd’hui pour les mêmes raisons. Plutôt qu’investir dans la production, on essaie de placer ces sommes colossales en actifs plus sûrs : bourse, immobilier et financement de la dette des pays déficitaires. Cette financiarisation ne permet pas de rétablir les équilibres mais noie d’argent les Etats dispendieux et fait grimper à des hauteurs inaccessibles la valeur de l’immobilier. La France en a bien profité qui va sans doute réussir à accumuler près de 3 500 milliards d’euros de dettes publiques à la fin 2025. Ne parlons pas des dettes privées.

Cumulées avec les effets de l’effondrement démographique, ces récessions périodiques ont détruit tout l’équilibre de notre système social, nous laissant avec peu de solutions. Ne faire aucune réforme significative et sombrer dans la dette, avec un recul radical du PIB par tête est celle choisie depuis 1973 par la France, avec aggravation en 1981, 1 998 et 2 017 ; (nous sommes désormais au 28e rang des nations en attendant mieux pour le PIB par tête). On aurait pu aussi se lancer dans des réformes structurelles lourdes qui auraient remis en cause radicalement le modèle social, au prix d’une période de difficultés sociales importantes. Pensons à la Grèce, au Portugal, etc. Aucun président de la République n’a voulu assumer un tel risque.

Pour un observateur un peu sérieux, le système social est entièrement sous la pression des défauts structurels des systèmes monétaires qui permettent d’accumuler d’énormes excédents fauteur de crises périodiques et de la situation démographique qui nous prive de bras.

Ce qu’on doit reprocher aux hommes politiques ce n’est pas tant qu’ils ont voulu sauver ou même étendre le champ de la politique sociale, mais qu’ils ne se soient pas saisis des vraies causes qui en empêchaient le déploiement durable puis la survie. Sans politique nataliste majeure et sans réforme des systèmes monétaires défectueux, il est impossible de conserver le système social français actuel.

Donald Trump s’est attaqué aux déséquilibres commerciaux en passant par les droits de douane. Vrai problème mais mauvaise solution. C’est le système monétaire qu’il fallait réformer. Avec l’Euro, l’Union Européenne a pérennisé les excédents phénoménaux de l’Allemagne, de la Hollande qui a capté une part colossale des importations européennes libérées par la fin du tarif extérieur commun, et de l’Irlande, pour des raisons cette fois-ci fiscales. On ne peut plus jouer sur les changes pour rétablir les équilibres, ce qui nous auraient permis de sortir plus progressivement de la stagnation dramatique qui en résulte pour nous.

Non seulement nous sommes paralysés, mais nous acceptons que le paralytique soit attaqué de toute part. Si nous devions réagir comme Trump, il faudrait exiger des droits de douane de 80 % sur les importations Allemande…

La priorité en France comme en Europe devrait être de juguler les deux sources de la déréliction des régimes sociaux : l’effondrement de la natalité et les défauts écrasant des systèmes monétaires. Alors, on pourrait concevoir une réforme tranquille et généreuse de notre système social. Sinon ? Sinon, ce sera un effondrement soit dans la surimposition intenable soit dans la dette impossible à financer (nous y sommes presque). Eventuellement, le cumul des deux pourrait survenir, avec le pire au bout du chemin.

Évidemment, là où nous en sommes, une politique résolue de modération des excès de notre politique sociale doit être engagée. Trop d’aspects sont intenables. Mais son ambition doit être conservée. Sans une diplomatie de la prospérité et une politique déterminée de ré enchantement de la natalité, rien ne sera possible et nous resterons sur le chemin de la catastrophe sociale et nationale. Comme le disait Maurice Allais, dont les avertissements prémonitoires ont été si mal acceptés en 1997, « ce qui doit arriver arrive ».

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

Dernier ouvrage paru : Les Malheurs de la Vérité

Faut-il mettre en cause la Constitution de la Ve République ?

Le mensuel Causeur, dans sa livraison de septembre 2025, a publié la libelle anti-gaulliste la plus violente qu’on ait lue depuis les temps troublés de la guerre d’Algérie. Plus d’un demi-siècle après la mort du Général de Gaulle, une telle diarrhée d’invectives surprend. Pourquoi tant de haine rétrospective ? Voici quelques échantillons des « compliments » de l’auteur, Pascal Avot :

- Le gaullisme est un naufrage.

- Le naufrage idéologique du gaullisme

- Le gaullisme est devenu un ectoplasme

- Il relève du « cosplays » (sic)

- De Gaulle a conçu la machine qui a tué la nation.

- L’état gaulliste est un tueur en série économique.

- La géopolitique gaulliste est une décharge pour concepts hors service.

- Le gaullisme est une fin de race

- Laisser la France goûter à l’Après-Charles

- De Gaulle va perdre sa statue et devenir une statuette.

- Les admirateurs de De Gaulle « passeront au mieux pour d’aimables plaisantins, au pire pour de dangereux illuminés »

Pour l’auteur, cette statuette doit clairement subir un rite de style Vaudou, avec mille épingles traversantes permettant l’exécration et la malédiction. Présenter le fondateur de la Ve République comme un tueur, un naufrageur, un ectoplasme fin de race à jeter à la décharge, ne laisse pas entrevoir une analyse d’une grande profondeur. On se souvient d’un journal, Hara-Kiri, qui offrait en quatrième de couverture « une page de vomi ». Mais c’était pour rire ! Un rire pas trop distingué mais un rire tout de même. Ici, pas question de lâcher la guillotine. La tête au képi à deux étoiles doit rouler dans la sciure pour l’éternité, sous les crachats.

Pourquoi s’attarder sur ce texte injurieux ?

L’article est en vérité une critique acerbe du rôle de l’État. L’auteur montre sans originalité mais avec exactitude que l’État français s’est cru prométhéen et a utilisé sa force pour détruire l’économie française à force de socialisme et d’étatisme délirants. Il constate que « la droite n’a eu ni le courage ni l’intelligence d’annuler ces quatorze ans où la France est devenue un pays d’assistanat addictif, de redistribution ratée, de mépris pour les riches, d’hypnose idéologique, de bureaucratie galopante et de laideur morale ». « C’est l’État et lui seul qui a vidé le pays de sa substance économique dans le seul but de nourrir sa cohorte de serviteurs, sa myriade d’obligés et d’affidés et de monter en neige ses projets imbéciles ».

Comme la forme actuelle de l’organisation de l’État a été voulue par le Général, c’est lui le coupable. La voiture s’est plantée dans un platane : ce n’est pas la faute du conducteur mais du concepteur de la voiture. Sans doute veut-il dire que, sans volant, la voiture n’aurait pas eu d’accident !

De Gaulle était, en économie, le contraire même du laxisme. Il a très bien vu que la destruction des Accords de Bretton Woods mettrait fin aux « Trente glorieuses » et il a souhaité mettre fin au rôle du dollar et rétablir celui de l’or, comme base du système. Il a constamment rappelé notamment à M. Giscard qu’il ne fallait pas dépasser 32 % du PIB en prélèvements de toute nature. Il a souhaité une décentralisation et une association entre capital et travail pour permettre des arbitrages plus près du terrain et des acteurs. Il a dû faire face à une révolte venue des États-Unis et au laxisme de George Pompidou. Il est alors parti.

Le vrai coupable de ce qui s’est passé n’est ni de Gaulle ni la Constitution. L’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante, stade suprême de la prise en main du politique par la haute fonction publique, n’est pas née en 1958. Dès la crise de 1929, les Polytechniciens ont lancé le mouvement X-Crise fondé sur l’idée qu’il ne fallait plus laisser le pouvoir à des politiciens ignorants. Maurice Allais est une des réussites de cette réflexion. Il a annoncé avec ténacité qu’une grande crise allait se produire, sans aucun écho dans le système médiatique. Des économistes polytechniciens plus actuels sont moins convaincants. Il ne suffit pas d’être polytechnicien pour avoir raison.

Les Inspecteurs de Finances ont eu le même réflexe après l’effondrement en quinze jours des armées françaises en mai 1940. Ils ont décidé qu’il fallait prendre en main les affaires, faire les réformes nécessaires et se faire nommer ou élire aux postes de responsabilités politiques pour éviter une telle déroute pour l’avenir. Pratiquement toutes les réformes qui se concrétiseront dans le plan du Conseil National de la Résistance date de Quarante et ont mûri pendant l’occupation avant de fleurir à la Libération. L’ENA est créée, comme pratiquement toutes les institutions sociales, au profit d’une nouvelle caste entreprenante et dominatrice : l’Enarchie.

Dès la Quatrième, le poste de président du Conseil est conquis d’abord par Mendès-France puis Bourgès Monoury puis Félix Gaillard. Ensuite, ce sera Michel Debré. Avec le couple Giscard-Chirac la main mise énarchique est totale. Elle s’épanouit dans la démesure sous Hollande et Emmanuel Macron. On voit alors que le poste de premier Ministre est juste une étape de carrière administrative entre un poste de président de société de bus et la direction d’une société de métro ou de chemins de fer. Le premier Ministre perd sa consistance politique en ne représentant plus aucun segment du corps électoral. Gauche, Centre et Droite deviennent des entités politiques indistinctes et dominées par des élites administratives. Tous font la même politique. L’impôt ; le règlement, la subvention, les trois disciplines de base du haut fonctionnaire, explosent littéralement et coulent la France.

L’auteur se trompe de combat. L’objet de son ressentiment devrait être l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante. Elle peut être réduite par deux mesures simples : interdire aux hauts fonctionnaires de devenir des élus, sauf à démissionner de leur statut ; interdire les cumuls de rémunérations publiques. L’épistémocratie ne vaut pas mieux que la partitocratie. La séparation des pouvoirs implique que les hauts fonctionnaires servent la République mais ne la dirigent pas.

Là est la mesure utile et intelligente.

Éructer contre le Général de Gaulle est une passion triste et morbide mais surtout une erreur de cible particulièrement embarrassante.

Maintenant, il reste la liste affligeante de Présidents qui se croient des Jupiter et finissent dans le n'importe quoi. Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ont été des présidents catastrophiques. Tous ont laissé filer la dette et multiplié l'interventionnisme de l’État nounou, sans oser s'attaquer aux deux sources principales des malheurs français ; la dénatalité et les défauts radicaux des systèmes monétaires internationaux, au sein d'une mondialisation dérégulée et déséquilibrée ; après avoir perdu toute indépendance au profit des commissaires européens.

Le spectacle donné par les parlementaires actuellement indique tout de même qu'il y a pire que des présidents défaillants. Fin de régime ? Tout le monde l'annonce. Avoir laissé la France dégringoler à la 28e place pour le PIB par tête est en effet le genre de résultat que personne en 1973, dans ses pires cauchemars, n'entrevoyait. Encore 50 ans de délire et on sera dépassé par le Zimbabwe. L'Européisme, l'Étatisme, le Socialisme, le Wokisme, le Fiscalisme, l'Anticapitalisme, l'Escrologie, le Keynésianisme dévoyé, la démagogie de la "gratuité de la vie", le gouvernement des juges, l'idéologie de la non-répression et le Justicialisme, ont été de plus féroces ennemis du peuple Français et de sa prospérité que la Constitution.

Le problème de la France n'est pas d'avoir un président trop puissant, mais qu'il a perdu toute autorité. Le problème du peuple français n'est pas qu'il souffre, mais qu'il ne travaille plus et ne fait plus d'enfants. Dans ces conditions, l'effondrement est automatique. Les Français ont le choix de croire qu'ils peuvent vivre sur la dette et l'argent des riches, ou de se remettre au boulot avec détermination, réenchanter la natalité et revenir aux grands équilibres.

La personnalité du futur président est importante, mais le programme l'est plus encore. En sacrifiant une mesure indispensable (le recul de l'âge de la retraite) la classe politique jette un froid terrible sur notre avenir. Certains désormais finissent par croire que le communisme est une solution pour perdurer dans la fainéantise assistée.

La seule solution est de se remettre dans la dynamique de la Ve République et de faire admettre aux Français que le salut passe par un programme massif et dynamique de redressement, avec la nécessité d'infliger une défaite cuisante aux ennemis de l'intérieur et de faire gagner une diplomatie de la prospérité.

Il est malheureusement clair qu'on n'en prend pas le chemin.

C'est tout de suite qu'il faut corriger la trajectoire et construire le projet décisif.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

 

Taxe Zucman : l'aveu implicite d'une inspiration communiste

Merci à Gabriel Zucman d’avoir donné une clé d’interprétation significative de sa taxe, devenue virale dans le cadre de la grande opération de séduction du parti socialiste lancée par Emmanuel Macron, pour sauver les deux années restantes de son quinquennat. Dans un article sur Linkedin, il souhaitait répondre à ceux qui démontraient qu’elle ferait sombrer la croissance des entreprises concernées. Son argument : Il faut séparer l’actif de l’entreprise que la taxe n’altérerait pas et les administrateurs et actionnaires, les « hommes de papier », qu’on peut exproprier à petit feu sans dommage.

Gabriel Zucman reprend à son compte une distinction qui était courante en URSS et qui a été la base notamment de la politique soviétique en matière d’organisation de l’agriculture. La réification du paysan, devenu koulak en Russie et koulkoul en Ukraine, est équivalente à celle du patron propriétaire devenu un « papier » et non une personne de chair et de sang. On pouvait tout faire subir aux Koulaks. L’important était les semences, le tracteur et l’engrais. L’agriculture soviétique a été un désastre. Dès la chute du système communiste, on a assisté au retour de la grande vocation de l’Ukraine qui était d’être le grenier à grains du monde, rejointe par la Russie.

La vérité : une entreprise est un tout.

La leçon d’hier rejoint celle des grands États du moment. La Chine exige qu’une filiale étrangère soit associée à une société chinoise. Trump exige que le Tik Tok américain soit vendu à des Américains. On a pu vérifier qu’Orange privatisée n’est pas la même entreprise que France-Télécoms.

Stigmatiser de façon méprisante les propriétaires, et vouloir les exproprier progressivement sans indemnité, en pensant que l’entreprise elle-même n’en serait pas affectée dans ses résultats, est une pure spéculation idéologique de militant qui ne tient aucun compte de la réalité.

Merci vraiment pour cette clarification bienvenue qui souligne une inspiration communiste assumée, ce qui est bien toujours un peu surprenant quand on réfléchit aux 75 ans d’échec de ce régime avant son effondrement de l’intérieur. Elle permet d’en prévoir les conséquences et explique pourquoi beaucoup pensent qu’elle doit être dénoncée et écartée sans faiblesse dans une société de liberté où la propriété a valeur constitutionnelle.

Il est intéressant de noter qu’en France, pour être un économiste en vue, il suffit de proposer des taxes : taxe Tobin un temps ; délire Pic(po)ketty, ensuite ; taxe Zucman aujourd’hui.

Le Français, né malin…

Rappel : ce que nous disions début 2017

Pas une ligne à changer

Échec de l’économisme ou échec de l’économie ?

Dès la fin des années cinquante, marquées par l’exceptionnel enrichissement de ce qu’on appellera « les trente glorieuses », des voix se sont élevées pour expliquer que cette richesse n’était pas un vrai bien mais une aliénation, non pas un progrès mais une illusion. L’individu devenait solitaire dans la foule. Le dépouillement était de toute façon une valeur chrétienne fondamentale. La jouissance était un péché de gourmandise. Les religieux ont les premiers « sonné le tocsin » contre les méfaits du matérialisme. Les philosophes ont pris le relais. Dès la moitié des années soixante, on se piquait chez beaucoup d’entre eux de promouvoir le non-travail, le temps libre. On pouvait enfin accéder, grâce à l’automatisation (on ne disait pas encore : aux robots), à l’idéal grec : philosopher sans rien faire, sans l’ennui moral de l’esclavage. Les philosophes sont devenus de plus en plus critiques à mesure qu’ils étaient concurrencés par les sociologues. L’ennui était leur marxisme « méthodologique » qui leur a fait dire de multiples sottises et les a conduits à soutenir un système d’aliénation totale pour libérer l’humanité d’une aliénation supposée par la consommation.

L’économiste est devenu une espèce de galeux idéologique pour les tenants des religions, des idéologies, des idées et du primat du politique. Il est vrai qu’aux États-Unis, la croyance des économistes qu’ils avaient enfin trouvée leur pierre philosophale, la croissance indéfinie sans crise, les avait encouragés à pousser la discipline dans les universités et à obtenir des recrutements massifs dans l’administration dès le début des années soixante. Les autres pays suivirent et imitèrent. La place des économistes comme celle des sociologues grandit massivement dans les médias et la discussion politique.

Cinquante ans plus tard, il est curieux de constater qu’un nouveau mot est apparu dans les pays développés : l’économisme, forme de maladie sociale et intellectuelle grave, au même moment où l’effondrement du socialisme voyait des milliards d’humains se précipiter vers la consommation, sans tenir compte le moins du monde des idéalistes qui avaient mené le combat contre l’horreur communiste et qui croyaient à un socialisme à visage humain. La sauvegarde de la terre, ambition de droite dans les années d’avant-guerre, est devenue dès le début des années soixante-dix une ambition de gauche. L’écologie a décrété que l’économie était une maladie grave qui tuait la nature nourricière et que les Trente Glorieuses étaient en fait un génocide des espèces vivantes et, ses tenants, des criminels.

Nous en sommes là avec le retour des guerres de religions, la condamnation ontologique de l’individualisme, le refus du progrès, la condamnation de l’abomination des marques, et la désarticulation des clivages politiques traditionnels.

En France, la victoire surprenante d’un des candidats, Emmanuel Macron, avec effondrement des partis de gouvernement traditionnels depuis 1944, la gauche, le centre et la droite dites républicaines, provoque une montée d’adrénaline chez tous ceux qui considèrent l’économie, c’est-à-dire la prospérité matérielle, comme une tare.

Le Figaro Magazine a cru devoir ouvrir avec eux le procès de « l’économisme », succédané honteux d’une vraie religion, supposé animer les forces politiques balayées par le soudain tsunami, mais aussi le jeune vainqueur, ce qui paraît inacceptable à MM. Patrick Buisson et Marcel Gauchet. On le conjure d’abjurer cette funeste hérésie.

Pour eux tout le monde a tort dans cette affaire, les anciens comme les modernes.

Certes, affirme Buisson, le nouveau chef « a parfaitement analysé le vide émotionnel et imaginaire que la disparition de la figure du roi a creusé dans l’inconscient des Français ». « Accomplir des gestes et des rites qui ne vous appartiennent pas, qui viennent de plus loin que soi, permet de s’inscrire dans une continuité historique et d’affirmer une permanence qui transcende sa propre personne ». Voilà pour le satisfecit. Mais « Emmanuel Macron apparaît comme « la figure emblématique de cette nouvelle classe dominante qui aspire à substituer à tous ceux qui aspirent à un salut hors de l’économie […]». C’est très mal parce qu’« un système où l’économie commande l’organisation de la société est incapable de produire du sens ». Revoilà Mounier et sa « dissolution de la personne dans la matière ».

La droite a perdu pour ne pas avoir compris qu’il fallait en fait recréer un grand mouvement conservateur enraciné et enracinant, « subordonnant la matière à l’esprit », qui permettrait « de mettre fin à l’abaissement du politique au niveau de la gouvernance économique ».

Pour Marcel Gaucher le grand virage s’opère en 1974, « une rupture économique et sociale mais aussi anthropologique comparable à celle de 1 492 ». Wall Street et la City ont pris le manche dans la foulée de la hausse des prix du pétrole. Depuis « l’économie et la technocratie règnent en maîtres ». L’atomisation de la société autonomise les individus, désormais irréductibles à une classe. Privées de l’Église et du Parti communiste « les sociétés européennes seraient désormais confrontées à un malaise existentiel profond ».

En un mot l’homme nouveau du nouveau monde dominé par l’économisme, est désormais seul et désenchanté. Du coup il en vient à voter, dans l’extase, pour le vide macronien.

Bien entendu, notre résumé est réducteur. Les réflexions de nos deux auteurs sont souvent riches et intéressantes. Mais nous ressentons un profond désaccord sur un point : ce ne sont pas les économistes et leur religion supposée que serait l’économisme qui sont au cœur des mouvements constatés.

La grande mutation ne date pas comme le dit Gauchet de 1974 mais de 1971 où, pour des raisons impériales, les États-Unis prennent à contre-pied toutes les doctrines économiques du moment pour instituer un système de changes flottants et de domination économique violente. Il s’agit d’une voie de fait qui aboutira à une baisse tendancielle de la croissance, à l’aggravation des crises périodiques et à la montée de l’endettement, ce que nous appelons une économie baudruche, indéfendable en doctrine. Les économistes n’ont pas triomphé dans l’affaire : ils se sont couchés, car ils n’avaient aucun moyen de s’opposer sans risque de carrière ou par médiocrité. Seuls des économistes comme Sauvy, Allais, Rueff ont, en France, sauvé l’honneur de la profession, en montrant les vices inhérents au nouveau système  mis en place. On n’a pas constaté le triomphe de l’économisme mais celui des rapports de force politiques.

Le succès du jeune Macron n’a rien à voir avec l’économie. Le coup d’État qui vient de réussir est comme nous l’avons démontré dans plusieurs articles, un pronunciamiento de la haute fonction publique, qui domine l’état, la société politique, les médias et la finance. Il n’y a rien de solide du point de vue économique dans le programme Macron. Les premières mesures sont fiscales et démagogiques. La dérégulation du travail est un leurre qui permet de satisfaire Bruxelles et qui n’aura dans les formes envisagées qu’un impact minime sur l’économie. De la même façon que les plans « Macron » précédents n’ont pas eu le moindre effet significatif.

Il est évident qu’un comportement un peu plus digne que les exploits de « Bidochon et Foutriquet », qui ont abaissé largement la fonction présidentielle, est bienvenu et apprécié de tous. Mais cela ne suffit pas.

L’économie est malade. Son organisation internationale et européenne est fautive. Elle restera inchangée. On ne constate pas un échec de l’économisme mais un état semi-comateux de l’économie. Le ras-le-bol des électeurs provient de la baisse constante de la croissance depuis 1971 et des conséquences sur l’emploi des explosions de dettes et des crises conjoncturelles résultantes. Ils croient naïvement, et ce n’est qu’en cela qu’on peut parler d’économisme, que leur malheur provient des partis qui ont alterné au pouvoir depuis 1971. On leur dit qu’en dépassant les vieux clivages « on » va pouvoir « faire les réformes nécessaires » et ils radotent « laissons leur une chance ».

Les malheurs du monde proviennent d’un défaut majeur d’organisation du système monétaire international qui n’est pas compris ni même cité, encore moins attaqué. La cause est politique. Le système de monnaie unique européen est également grevé de défauts structurels majeurs qui ne sont pas plus compris du plus grand nombre que traités. La cause est politique. La stupidité française du tout impôt qui a conduit à des dépenses publiques supérieures en valeur à la valeur ajoutée du secteur marchand, est une maladie politique, totalement antiéconomique.

La vérité de la situation devient plus claire :

-        Les Français sont las des impôts et des querelles idéologiques autour des solutions qui permettraient de sortir de la baisse relativemais continuelle du revenu par tête. Ils ont perdu confiance, après 40 ans d’incapacité à sortir du trou, dans les partis dits de gouvernements. Ils ont pu être trompés assez facilement par un nouveau venu qui a prétendu qu’on pouvait s’unir au-delà des divisions habituelles pour trouver des solutions efficaces, en vérité apolitiques. Ils l’ont été d’autant plus facilement que la manipulation médiatique a été gigantesque, dans un système où les médias ont perdu toute autonomie et où il n’y a qu’une poignée de décideurs vivant dans la dépendance de l’État.

-        Ce n’est pas l’économisme qui rend malade la société mais l’économie qui est malade des décisions désastreuses prises par les politiques pour des objectifs politiques.

Aujourd’hui la réflexion politique a comme toujours son autonomie par rapport à l’économie. Mais l’économie n’a pas d’autonomie par rapport au politique.

Entre ceux qui ne veulent plus de croissance pour sauver la terre et l’humanité, alors que 7 milliards d’humains veulent consommer et avoir enfin plus qu’une vie de misère et de survie, les stratégies de puissance des grands États, qui n’ont pas renoncé à leur surmoi géostratégique, l’irresponsabilité des pays qui laissent s’envoler la croissance de leur population et donc alimentent une émigration de masse déstabilisatrice, les stratégies d’entreprises mondialisées qui parviennent à échapper au droit commun et à imposer des comportements consuméristes désastreux, tout en échappant aux impôts, l’affaiblissement des États voulus par les bureaucrates de Bruxelles et les européistes militants, la dérive de la dictature des juges, les politiques et les électeurs sont totalement perdus.

L’ennui, dans le cas de la France et de l’élection du jeune Macron, c’est qu’il n’y a strictement rien, dans le programme confus et trompeur du dit qui laisse planer le moindre espoir. La soumission à l’Europe supranationale paraît totale. Les nouvelles libertés données aux grandes entreprises multinationales et à elles seules, de dépecer le droit social, l’augmentation massive des impôts, sauf pour la finance et ses produits et la démagogie éhontée de l’achat de vote, n’annoncent rien de fondamentalement positifs. Il n’y a rien d’économique là-dedans, sinon du cynisme politique accompagné de licences microéconomiques et sectorielles pour des intérêts particuliers.

N’accusons pas les économistes ni l’économie d’un état de fait entièrement politique. Les pronunciamientos militaires ou de hauts fonctionnaires ont ceci de commun que l’économie n’en forme jamais la substance même si elle apparaît dans la tromperie des discours.

Disons-le nettement et à Marcel Gauchet et à Patrick Buisson : l’économie est malade. Elle ne l’est pas de l’économisme mais des jeux politiques, idéologiques et géostratégiques qui ont entraîné la mise en place d’organisations économiques défectueuses.

De la stabilité des "stablecoins"

Dix grandes banques internationales viennent de créer un « stablecoin ». Pas de doute c’est du sérieux, car ces banques sont énormes et couvrent le monde libre en entier. Mais le problème est de savoir quel est l’étalon base de la prétendue stabilité. On ne sait pas encore si c’est le dollar, le plus probable, ou l’Euro, comme le réclame le gouverneur de la Banque de France, sachant que de son côté la BCE est en train de concocter sa propre cryptomonnaie.

Le problème est que le dollar, évalué en or, a vu son cours baisser de 99,99% en 50 ans. Le Bitcoin vaut maintenant près de 120.000 dollars.  L’évaluation du dollar en Bitcoin est aussi d’un montant ridicule.  

La « stabilité » qu’on nous annonce, a l’allure d’une descente sur toboggan, avec une pente vertigineuse.

Le projet ne crée qu’une alternative à la carte bancaire : un virement électronique de porte-monnaie à portemonnaie électronique, avec ou sans limite de plafond, ce n’est pas encore très clair. L’avantage : virement immédiat et sans frais.

Comment cela se combinera-t-il avec la crypto de la BCE ?

 Comment cela se combinera-t-il avec des comptes bancaires en Bitcoin, qui offre le même service tout en conservant la valeur de la monnaie en « valeur de référence » ?.

 

Ne répondez pas tous en même temps.

Un climat fiscal absurde

L’incompréhension économique atteint des sommets. La pseudo-réflexion des économistes de médias confine à l’absurde.

Donnons-en un seul exemple : l’évaporation de la valeur de la monnaie. En 1971, une once d’or valait 35 dollars. Cette semaine le cours a été de 3 643,92 $. Le dollar a perdu à peu près 99 % de sa valeur en 50 ans. Il en va de même pour presque toutes les monnaies qui ont perdu entre 90 et 98 % de leur valeur.

Tous les biens qui n’ont pas vu leur valeur nominale multipliée par 100 sont perdants. Idem, évidemment pour les rémunérations.

L’indice reconstitué de la Bourse de Paris est passé de 300 en 1971 à 7 400, soit une multiplication par 24 seulement.

Si on prend le SMIC créé en 1970 à un peu moins de 600 F mensuel soit autour de 80 euros, il devrait être de 8 000 euros aujourd’hui si on faisait la multiplication par 100. Il est de 1 800 euros. Il a été multiplié par vingt-deux.

En sommant la France d’assumer le rattrapage des pays pauvres d’Europe et du monde, la pression sur le revenu a été terrible. Mais il a évalué un peu mieux que la bourse.

Comme le panier de la ménagère a baissé plus vite que les salaires, le pouvoir d’achat s’est accru. Quand ce mouvement différentiel s’arrête, la crise du pouvoir d’achat est immédiate. Dans tous les cas le rapport, coût de l’immobilier et de la bourse sur salaire s’accroît avec le temps. Il devient impossible de se loger sans emprunter massivement.

Le prix du m2 à Paris était de 150 euros environ le m2. Il est désormais de 10 000 euros. Une multiplication par 66. Il n’a pas conservé sa valeur mais il fait 2.5 fois mieux que la bourse et les salaires.

La folie anti-riche qui saisit une France surendettée par l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante avec cette obsession pour la taxation des patrimoines et des héritiers, vient principalement du fait que la valeur des biens de consommations a baissé plus vite que celles des biens immobiliers. C’est un simple effet d’optique.

Lorsqu’une bande de hauts fonctionnaires étatistes, après avoir capté le politique, s’érige en caste, dans un système monétaire foireux, avec une mondialisation sans limite, elle ne pense plus qu’à se nourrir sur le capital des particuliers qu’elle nomme ultra riches par rente ou héritiers sans mérite pour dévaloriser leur image. Le terme Koulak est un peu usé.

Pour gagner 700 000 ou 800 000 euros par an il vaut mieux être énarque « fille de » que chef d’entreprise. Demandez à Parly 2 et Wargon ce qu’elles en pensent. Si vous voulez voir des retraités heureux accumulant des millions, demandez à Jospin et à Juppé combien ils ont gagné et vont gagner depuis qu’ils ont 60 ans jusqu’à la fin de leur vie ! Une des mesures qui marquerait la fin du jeu serait d’interdire un cumul de rémunérations de plus de 100 000 euros par an à tout fonctionnaire actif et 50.000 à tout fonctionnaire retraité, après avoir aligné le système de retraite publique sur celui du privé.

Si LR reste au gouvernement au prix d’un retour à l’ISF ou la création de taxes type Zucman, nous prévoyons un avenir plus que glauque pour ce parti. Une coalition fiscale pour permettre à l’indécent Macron de sauver son siège encore deux ans ? L’épilogue sera sinistre !

Alain Minc en souffrance, voire en panique

Alain Minc est un penseur de l’économie particulièrement remarquable qui, depuis plus de 40 ans, joue un rôle réel dans la vie intellectuelle du pays. Pendant ces décennies il a été l’avocat éloquent et précis de la mondialisation heureuse, de l’Union européenne qui, comme l’Euro, nous protège, de l’ouverture des marchés et de la concurrence internationale contre les vilains protectionnistes, de la financiarisation inévitable et bénéfique des relations économiques internationales, de l’excellence des mouvements de personnes sans intrusion des frontières rétrogrades et, en France, d’un centrisme social-démocrate en France, dominée par l’Enarchie compassionnelle et bienveillante, et il a vivement soutenu l’aventure un peu étrange d’Emmanuel Macron. Tous les textes qu’il a signés, livres ou articles, portaient la marque d’un style élégant et d’une pensée claire et raisonnée.

Et voilà que tout s’écroule. La dissolution voulue par son protégé Macron était un acte fou et inadmissible. Mme Van der Leyen va dans un golf pas clair signer humblement un acte de capitulation qui montre que l’Union Européenne ne nous protège pas. Poutine menace l’Europe qui s’avère totalement incapable de se défendre sans les États-Unis. Pire encore, l’Euro qui a permis à l’Allemagne de développer une politique d’excédents colossaux tant au sein de l’Euroland que vis-à-vis des États-Unis, est indirectement la source de l’ire des États-Unis, en déficit commercial permanent avec l’Union Européenne à cause de l’Allemagne. La France paie pour les excédents allemands. Le doux commerce n’a pas empêché la formation de dictatures majeures de grands pays. L’immigration Maghrébine et africaine envahit une Europe en pleine dénatalité, alors que la guerre au Moyen orient déclenche un antisémitisme forcené. L’énarchie est responsable d’un déficit budgétaire permanent depuis des décennies, qui n’est pas jugulé parce que nous pouvons emprunter à tout va, car les excédents offrent de l’argent à placer.

Tout le champ idéologique promu par Alain Minc est en ruine. On comprend sa souffrance qui fait peine. On voit avec tristesse, dans son dernier article dans le Figaro du samedi 2 août, qu’il ne parvient plus à garder sang froid et cohérence, face à cet effondrement brutal.

Les accords vocalisés par Mme Van der Leyen sont exécrables pour la France. Une preuve que l’UE ne nous protège pas ? Pas du tout : il n’y avait pas d’alternative ! C’est donc une mesure exécrable mais, en même temps, heureuse. On retrouve le TINA de Margaret Thatcher. There is no alternative.

Et pourquoi n’y avait-il pas d’alternative avec une direction de l’Union Européenne tellement qualiteuse en charge de façon exclusive de tout le domaine commercial depuis des lustres ? L’Europe institutionnelle serait-elle passée à côté d’aspects essentiels qui l’auraient rendue vulnérable ? Grand silence ! Chut !

Le grand coupable c’est… la France, pas les États-Unis dont Alain Minc vient d’acquérir la nationalité. La France est dirigée par une bande d’hypocrites fieffés qui a envisagé une « provocation contre le système monétaire international » que personne ne nous aurait pardonnée. Rappelons qu’il n’y a plus de système monétaire international, depuis que les États-Unis ont détruit les Accords de Bretton Woods qui stipulaient que les grands déficits et les grands excédents étaient interdits. Là, il y a eu destruction, pas provocation, et profonde hypocrisie. Il en a résulté six crises mondiales dont la dernière, celle de 2008 a failli tout emporter, et la crispation commerciale de Donald Trump. Les propos d’Alain Minc sont totalement incohérents et tournent à la vaticination.

Bien sûr, il a raison d’affirmer que lorsqu’on n’a mené en France une politique économique aussi mauvaise et déséquilibrée, et qu’on a si mal géré le pays, on manque un peu d’influence et beaucoup de capacité de s’imposer. Mais quel rapport avec la volonté mondiale de Donald Trump de rétablir les comptes des États-Unis avec un « big stick » et la décision de l’Union européenne de subir sans réagir, comme un pays vassal ?

La France est tellement nulle qu’elle doit se féliciter d’être dans la zone euro « qui nous protège » ! On sait que même si elle était hyperpuissante et bien gérée pour Minc elle devrait être aussi heureuse de s’intégrer dans une Union Européenne « qui nous protège ».

La guerre en Ukraine nous a rappelé que nous avions renoncé à disposer d’une armée forte. Pour la renforcer il faut de l’acier et des métaux. C’est vrai aussi pour Trump qui sait que les centaines de milliers de drones nécessaires à une guerre moderne exigeront de larges ressources en la matière, sans parler des chars et des autres types d’armes. Alain Minc y voit une résurgence inopportune et débile de la pensée du XIXe siècle, alors que les ouvriers dans ces secteurs « relèvent du débat sur les droits sociaux » ! Demandez aux Ukrainiens, aux Iraniens et aux Israéliens !

Pour conclure, Alain Minc rappelle qu’en période de conflits la vraie force est stratégique et militaire. Sans acier et métaux, cela risque d’être un peu faiblard. Mais là n’est pas l’important.

Pour Minc la solution est évidente : doter l’excellente Mme Van der Leyen, malheureuse victime des « hypocrites du bloc central », d’un véritable État fédéral superarmé, suggérant (sans le dire, ce qui est aussi un poil hypocrite) qu’après cela et Trump et Poutine n’auraient qu’à bien se tenir, sans parler de la Turquie, de l’Algérie etc.

Dans son palais idéologique éventré, Alain Minc montre un désarroi dévastateur !

Errare humanum est sed perseverare diabolicum.

Un conseil amical à ce grand penseur en détresse : « Cum errare humanum sit, discamus a nostris erroribus »

Deux malédictions françaises : 2. Le drame monétaire

La « négociation » vient de se terminer entre la présidente allemande de la Commission Européenne avec le « mâle dominant » Trump. Elle a été convoquée à une réunion sur un golf écossais appartenant à Trump, entre deux parties. On lui a dit : signe-là ! Elle a signé. Trump a commenté sa victoire éclatante devant une Van der Leyen muette et gênée. Fin de partie.

Comme dit le « narratif européiste » : l’Europe est notre avenir et nous protège car, seule son poids économique peut lutter contre les autres puissances mondiales. La France, qui est en déficit commercial continu et gigantesque depuis les mesures Jospin, notamment les trente-cinq heures et le début de la destruction de la filière nucléaire de production électrique, est traitée par les États-Unis, comme une puissance exportatrice abusive qui mérite des mesures de rétorsion. Ce qu’elle n’est pas. Une énorme injustice, fruit de notre inconséquence européenne.

L’Angleterre qui est sortie de l’Union Européenne, non seulement a une meilleure croissance mais a trouvé un arrangement très favorable avec Trump. La France elle paie pour l’Allemagne qui a accumulé des excédents démentiels avec tout le monde, notamment avec la France et, pour la seconde fois, a provoqué des mesures de rétorsion américaines qui touchent l’économie française. La Chine, elle a su résister et reste ménagée par Trump, tout comme Poutine. L’espèce de gamin immature et narcissique qui a réussi à s’imposer à la présidence française se fait traiter comme tel par Trump. Pour garder un peu d’actualité, il reconnaît de facto l’action du Hamas en reconnaissant une Palestine impossible. Bien sûr le tout et accompagné d’un narratif longuement travaillé avec des équipes qui ne servent qu’à cela : « grâce à la France, les pays arabes vont faire leur rupture avec le Hamas ». Rupture qui existe déjà !

Quelle est la vraie cause de tout ce cirque indécent ? Nous l’écrivons depuis plus de 25 ans. Le système monétaire larvaire et pervers qui a été mis en place par les Américains en été 1971, qui ont fait défaut sans scrupule sur tous leurs engagements précédents, a créé une situation de crise permanente, avec multiplication des récessions périodiques, qui avaient disparu, et une mondialisation totalement déséquilibrée alors que l’entre-deux-guerres avaient prouvé que si on laissait des pays accumuler de gros excédents et de gros déficits on flinguait l’économie mondiale. Tous les traités économiques de l’immédiate après-guerre l’ont consigné. Nous avons fait inlassablement l’analyse du phénomène, notamment dans notre livre L’étrange Désastre paru en… 2 015. Dix ans déjà.

On a laissé le Japon, l’Allemagne puis la Chine et tous les dragons d’Orient et la Turquie et le Mexique accumuler des excédents pharamineux.

L’Union Européenne a voté à Maastricht une réforme monétaire qui crée un système où les déséquilibres entre les pays ne peuvent pas être corrigés par le moyen monétaire. Trois pays, à l’intérieur de l’Eurozone, ont accumulé des excédents colossaux qui n’ont jamais pu être réduits. La zone, elle, a accumulé, via l’Allemagne des excédents importants vis-à-vis des États-Unis et des déficits colossaux avec la Chine. Tout était en place pour un désastre. Il a eu lieu d’abord en 2008 avec la pire récession mondiale depuis 1929, puis en 2011 avec la crise propre à l’Euroland. Il culmine avec la soumission honteuse aux exigences de Donald Trump.

L’Europe a-t-elle réagi et exigé une réforme du système monétaire international inconsistant et dangereux ? Pas un mot. A-t-elle exigé qu’on réforme l’Euroland ? Pas du tout. Mais on a permis des déversements de monnaie totalement inconséquents puis une politique d’étouffement du crédit. Le grand n’importe quoi d’une BCE dirigée par une incompétente !

Quant à l’Allemagne elle a décidé unilatéralement de renoncer à son énergie nucléaire remplacée par des achats colossaux de gaz en Russie, permettant à Poutine de réarmer et des ventes colossales en Chine, au prix de déficits colossaux vis-à-vis de la Chine dans les autres pays de l’Union. En même temps l’Allemagne tentait de diaboliser l’énergie nucléaire et soutenait un plan de développement des Enr totalement débile. Il aura suffi que le batave Timmermans veuille être élu dans une coalition avec les Verts, pour entraîner l’Europe dans un calendrier intenable de prétendue « transition énergétique » où seule au monde elle s’est voulue exemplaire et s’est ruinée.

L’attaque Russe en Ukraine a fait voler en éclats cette belle mécanique. Plus de gaz à bas coût pour l’Allemagne. Une production électrique qui devient calamiteuse partout en Europe. Une hausse des coûts énergétiques phénoménale. Des amendes européennes délirantes. Un green deal asphyxiant. Les industries en voie de destruction.

Et voici que l’attaque américaine conduit l’Allemagne à accepter des mesures unilatérales américaines non négociées qu’elle aurait dû, seule, supporter et qui désormais s’imposent à tous.

La France va toujours subir les excédents Allemands délirants et en prime payer 15 % de droits de douane pour les ventes aux États-Unis, sans aucune compensation, avec, en prime, l’obligation d’acheter au prix fort du gaz naturel obtenu par une fracturation qu’elle s’interdit d’utiliser chez elle et celle de participer à des investissements colossaux aux États-Unis alors qu’elle n’a plus le premier sou pour investir en France. La haute fonction publique socialiste, étatiste, anticapitaliste et oppressive s’est félicitée de n’avoir plus à faire attention à une monnaie nationale et elle a considéré que désormais on pouvait emprunter à tout va sans scrupule et sans réserve. 3 400 milliards de dettes plus tard, elle se retrouve hagarde et incapable de boucler un budget sans ruiner un pays devenu le champion du monde des prélèvements et qui va subir une force secousse économique à cause des Allemands.

On sait que la première des solutions aurait été d’exiger une réforme de l’Euro avant celle du système monétaire international. Il fallait que les excédents intra-européens fassent l’objet d’une taxe progressive, ce qui aurait forcé l’Allemagne et la Hollande a une révision de leur politique qui nuit aux autres pays de l’Union. Une fois cette réforme interne faite, il fallait se retourner vers le monde en exigeant une réforme massive du système monétaire international basée sur l’interdiction d’excédents et de déficits durables. Une mondialisation déséquilibrée ne pouvait que mal finir. Elle finit mal. Et nous ne faisons toujours rien.

La France, dirigée par un incapable psychotique qui ne gère que lui-même et son narratif s’est laissée totalement marginaliser et est tenue partout pour ridicule. Les pays d’Afrique et du Maghreb s’essuient les pieds sur elle sans scrupule à chaque occasion. Les États-Unis et la Russie la méprisent. Le reste de l’Europe s’en méfie. Le Moyen-Orient l’ignore. L’Extrême Orient la pille commercialement sans aucune réaction. Un président malade de lui-même a effondré la réputation et la place du pays dans le monde.

Emmanuel Macron a réussi à faire décliner l’influence de la France au niveau de Luxembourg et d’Andorre, tout en ruinant ses finances et son économie, sans parler de ses services publics. Il a ouvert la porte à des secousses sociales et politiques incontrôlables. Il se contente de propos de roquet, en interne ou en politique étrangère, pour exister, alors que les institutions sont bloquées par sa faute. La France aura payé un très lourd tribut depuis 2017.

Au-delà des choix politiques calamiteux, la vraie question est celle de la réforme des systèmes monétaires européens et mondiaux. La France doit prendre la direction du refus du statu quo en matière monétaire et exiger la réforme du système européen. Levier : le prix démesuré payé pour des débordements dont elle n’est en rien responsable. Payer pour les autres c’est bien une fois, mais c’est la dernière.

Une fois cette réforme faite, il faudra imposer à l’Union Européenne qu’elle prenne le leadership d’une réforme du système monétaire global. Pour cela il va falloir rétrécir considérablement le rôle dominant de l’Allemagne et renvoyer Mme Van der Leyen. Ce renvoi, la France devrait le demander dès maintenant et d’une voix tonitruante. Mais avant il va falloir expulser Emmanuel Macron de la présidence française, car il empêchera coûte que coûte toute action efficace de redressement. Quand on a nui sciemment à son pays, on ne se corrige jamais et on continue ad perpetuam. Alors, dehors ! Et vite !

Qu’on sorte enfin de l’effondrement et que les intérêts français soient réellement défendus. En commençant par l’élimination de la véritable tare que sont les dysfonctionnements des systèmes monétaires européens et mondiaux ! Sinon, il va falloir sortir de l’Union. Il suffit de constater les chocs subis par la France depuis ces dernières années : choc énergétique ; choc agricole ; choc industriel ; choc dans la construction ; choc fiscal avec le remboursement du grand emprunt européen, suites du choc de la récession de 2011 et maintenant choc commercial ! Cela commence à faire beaucoup ! Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Deux malédictions françaises : 1. le drame démographique

La démographie a sans doute été le prototype du Grand Mensonge Systémique dont nous avons fait la théorie sur ce blog, c’est-à-dire une vérité qui n’a pas pu éclore dans le système informationnel français. Nous avons montré qu’un GMS passait par les quatre étapes de la loi de Chaix ; occultation, négation, minimisation puis exonération. À chaque étape, le système d’information exclut toute action.

Un narratif s’est imposé dans les années soixante-dix : tout allait bien en la matière et la France faisait beaucoup mieux que tous les autres pays.

L’occultation de toute réflexion contraire a été vaincue par des moyens radicaux. Michel Debré a été affublé d’un entonnoir sur la tête symbole des fous. Alfred Sauvy a été refoulé hors des grands médias et a fini par exprimer ses craintes dans la petite presse marginale.

Que disaient-ils ? « Attention ! La pilule, l’avortement et la désacralisation du mariage et de la famille, puis une action féministe LGBT de plus en plus forcenée, engendrent les conditions d’un désastre démographique ». L’occultation par le système d’information a duré jusqu’à ce que la querelle du grand remplacement apparaisse et qu’une démographe courageuse alerte sur la disparition des enfants de la population. La phase négationniste s’est alors ouverte. Mais le débat a été faussé par la querelle de l’immigration. On s’est battu autour du concept de grand remplacement. Là où il fallait s’inquiéter de la baisse des naissances dans un contexte de vieillissement exceptionnel, le débat s’est perdu dans des excommunications au nom du racisme, de la xénophobie et du retour aux thèses nazies !

En 1997 notre cercle a commencé à reposer la question démographique, sans polémique, en cherchant à repartir du message d’Alfred Sauvy. On voyait poindre la catastrophe, en dépit de tous les moyens mis pour empêcher de bien cerner la réalité. L’avortement commençait à dépasser les 100 000 cas annuels (nous en sommes à plus de 220 000 !), le vieillissement était manifeste. L’action des associations de planning familial lourdement subventionnées complétait l’effet des avortements. Un féminisme anti-enfantement parlait de plus en plus fort sans qu’aucune voix contraire ne puisse s’exprimer. Les manifestations contre le mariage homosexuel et le pacs avaient été associées à un retour de l’Église catholique à un moment où certaines forces de gauche pensaient avoir gagné la bataille de la déchristianisation. Les mouvements résiduels en faveur de la natalité étaient assimilés à une « extrême-droite » fantasmée voire au nazisme et interdit de présence dans les grands médias. Il s’est avéré strictement impossible de faire paraître des messages d’alertes dans la grande presse. Les « forces d’occultation » étaient trop fortes.

Ni Chirac ni Sarkozy n’ont osé s’opposer à cette pression anti nataliste considérée par les mouvements féministes comme une atteinte à l’affranchissement de la femme. L’arrivée du Wokisme qui a associé féminisme, racisme anti occidental et anti blanc, disqualification du mâle blanc occidental, glorification des minorités raciales et sexuelles, escrologie, et antinatalisme forcené a aggravé les choses.

L’éjaculation masculine est devenue un « jet toxique ». L’insémination naturelle a ainsi été qualifiée de jet mortel, signification du mot toxique. Parfaite inversion du sens des mots ! Un livre a été publié sur l’enfer de l’enfantement, injustice faite aux femmes par la nature à corriger d’urgence. Certaines féministes sont allées jusqu’à parler « du grand génocide nataliste » en cumulant les effets de la mortinatalité dans le temps et dans l’espace. Les femmes occidentales ont été invitées à ne plus procréer de futurs pollueurs et à abandonner la natalité aux pays pauvres qui polluent moins. Les théories malthusiennes sur l’Univers tué par la prolifération des humains ont été reprises avec force. « Nous sommes trop sur terre ».

Le narratif officiel s’est imposé, répété par mille bouches : l’effondrement des naissances constaté un peu partout n’était pas grave car l’humanité s’était trop développée. Nous, en France, nous étions épargnés par la dénatalité. Tout allait bien !

Le retour des socialistes au pouvoir après la présidence de Nicolas Sarkozy a signé l’abandon des allocations familiales universelles par François Hollande. La promotion massive de l’homosexualité, commencée à Paris avec Bertrand Delanoë, a été continuée par Anne Hidalgo et son équipe arc-en-ciel « gay friendly » et étendue massivement aux sphères gouvernementales par Emmanuel Macron.

Nous-mêmes avions commencé à chiffrer le manque à gagner d’enfants à naître, tenant compte de l’immigration. Et nous avons vu apparaître le chiffre terrifiant de 500 000 naissances de moins, par an ! Un gouffre, alors que le vieillissement commençait à prendre des proportions gigantesques. Cette double évolution était porteuse des pires malheurs.

Dès 2015 il était possible de prévoir la hausse des plus de 60 ans et la régression des moins de 60 ans. Les moins de 20 ans ont connu une baisse continue de 2015 à 2025. Les 20-60 ans également, quoiqu’un peu moindre. Les plus de 60 ans ont vu l’apparition de 3 500 000 personnes à pensionner. La contradiction était énorme et aurait mérité une alerte rouge de la part des politiques avec aussitôt la mise en œuvre de plans d’urgence. En 2015 ! Alors que nous aurions dû réagir dès 2000.

N'hésitons pas à répéter l’équation à résoudre par les Français : absorber 3 500 000 vieillards de plus sans augmentation de la population en âge de travailler et avec une perspective d’aggravation, façon spirale, de la dénatalité.

Nous avons eu droit à un silence total, radical et absolu, avec uniquement des mesures antinatalistes et une aggravation de la mortinalité, domaine où la médecine française avait été à la pointe pendant des lustres.

Le problème, comme celui du retour des récessions périodiques, dans le monde et spécifiquement en Europe, n’a jamais évoqué par aucun des partis en compétitions et des candidats en course pour la Présidentielle. Les deux questions nationales les plus graves ont été esquivées et mises sous le tapis. Une lâcheté caricaturale qui a détruit en profondeur le respect pour la classe dirigeante.

Comment faire pour payer les rentes des nouvelles personnes âgées avec une population en âge de travailler stagnante ou en légère baisse ? Comment faire pour augmenter la population active si les jeunes générations sont en forte baisse ? Nous avons tout de même perdu entre 10 et 12.5 millions d’enfants à naître depuis 2000, par rapport aux taux de naissances du début des années soixante-dix. Et nous n’avons plus que 17 000 000 de moins de 20 ans alors que nous aurions pu et sans doute dû en obtenir 28 000 ou 30 000 000 !

Mais voilà ! Il était et reste interdit de facto par le système d’information de poser clairement la question démographique ! Les gouvernements ont certes été contraints de réagir. Tardivement, insuffisamment et hypocritement, en essayant de ne pas affronter directement les oukases féministes, et Woke. Le gouvernement Fillon a réussi à allonger de deux ans la vie active. Le taux d’emploi des plus de 50 ans a été amélioré, comme celui des 20-30 ans. L’immigration a continué, même si, malheureusement, on ne l’a pas centrée sur le travail. L’indemnisation du chômage a été moins généreuse. Emmanuel Macron a joué avec une réforme des retraites trop ambitieuses pendant 5 ans avant de vouloir faire passer au forceps une réforme dont il avait lui-même condamné les modalités !

Et c’est tout ! On a vu les conséquences : 2 000 000 milliards de dettes supplémentaires ; 400 milliards d’impôts de plus ; un déclassement économique massif et une montée de la pauvreté.

Au lieu de regarder la question démographique droit dans les yeux, les forces dominantes dans le système d’information ont privilégié le socialisme slumdog millionnaire : prendre au capital et aux riches. « Ils peuvent payer » ! Alors que nous étions déjà le premier pays au monde pour les prélèvements obligatoires ! Vive Picketty. Pardon Picpocketty.

2 024 a marqué un tournant. La baisse des naissances était si massive que nous allions clairement vers une baisse globale de la population malgré l’immigration décrétée massive, bien qu’incapable d’enrayer la perte de naissances.

Le système d’information est entré dans sa phase « minimisation ». « Oui on avait un problème mais il n’était pas grave ». D’abord « on faisait mieux que les autres » et ensuite « les naissances n’étaient pas moindres mais décalées ». Les femmes enfantaient plus tard, un point c’est tout. Dormez tranquille ! M. Macron a décidé d’accélérer la vitesse du sperme qui avait un peu ralenti ! Sans évoquer la moindre piste en ce sens, aux milieux des rires moqueurs. C’était une fois de plus ridicule.

Ne changeons surtout rien, alors que les comptes publics étaient ravagés par les déficits. L’année 2 024 s’est révélée pire : il devenait inévitable que dès 2025 le remplacement générationnel ne se ferait pas. En fait, dès mai 2025, sur un an, on n’a pas connu de renouvellement générationnel sur un an. On est alors entré dans la phase exonération. « Oui, c’est vrai. Nous avons un problème et il est grave mais il ne faut toujours pas s’attaquer aux causes ». Emmanuel Macron crée un Haut-Commissariat à l’Enfance mais nomme comme présidente une homosexuelle ayant eu un enfant par PMA. Rassurons tout de suite les wokistes et le mouvement LGBTIA ++. Rien ne changera ! Le Parlement, devenu n’importe quoi après la dissolution maladive de juin 2024, a cru devoir aussitôt constitutionnaliser l’avortement sans limite et gratuit. Avec moult festouilles et même le soutien des illuminations de la tour Eiffel. Quelle belle fête !

Aujourd’hui la situation est quasiment désespérée. On ne peut accroître ni la fiscalité ni la dette sans risque désormais de destruction du pays. Il faut prendre des mesures terriblement impopulaires pour casser la tendance et sortir, par le haut, c’est-à-dire par la production du piège qui s’est refermée sur la France, menacée clairement de faillite financière et budgétaire mais aussi de disparition comme nation avant même la fin du siècle en cours !

Pas plus qu’en 2015, on ne fait aujourd’hui, dans l’exécutif ou dans les partis politiques, l’exercice la projection démographique sur les dix ans à venir et tous refusent d’en tirer les conséquences. L’INED est bloqué dans ses mensonges. L’INSEE vient d’être pris la main dans le sac d’une tentative de manipulation des chiffres pour minorer le choc de la vérité. Les partis politiques regardent ailleurs avec obstination. La presse refuse tout article d’alerte. Toute la presse. Essayez, vous serez vite consterné. Le débat s’ouvre un peu dans les radios et les chaînes de la TNT mais biaisé par les accusations de virilisme et de racisme. Certains nazifient les débats avec une belle détermination et obstination.

Le drame est là : nous ne savons pas comment franchir les dix années prochaines en restant dans les emprises idéologiques, judiciaires et politiques dominantes.

On « euphémise » la difficulté en tentant de montrer que la femme française est toujours désireuse de faire suffisamment d’enfants et qu’il ne s’agit que d’accepter quelques ajustements dans les horaires, l’organisation des crèches et dans le comportement… des hommes pour que tout rentre dans l’ordre. C’est la phase d’exonération. Tout est vrai, mais il est inutile d’en tenir vraiment compte.

La première remise en cause est culturelle.

On est passé de la divinisation de la naissance à sa diabolisation. Qui imaginerait de peindre des nativités aujourd’hui. Il passerait pour un nazi qui entend rétablir la domination des mâles par les moyens douteux du retour à l’obscurantisme religieux honni. Du moins s’il est catholique. La volonté musulmane de l’Oumma de recoloniser l’Occident par le ventre des femmes, elle, est occultée, niée, minimisée et exonérée par l’idéologie dominante.

Sans rétablir une image heureuse et grandiose de la naissance, et sans recréer un nid familial protecteur, rien ne sera possible. La nomination de Mme El Haïri ne suffira pas… La natalité est une cause nationale et dépasse le strict champ des choix individuels. Les aides ciblées, présentées évidemment comme inefficaces, doivent être reprises mais dans un cadre général différent.

La seconde action est évidemment d’augmenter massivement la part des gens au travail dans la population, en dépit du vieillissement et de la disparition des enfants. Il faut obtenir que 60 à 70 % de la classe d’âge 60-66 ans reste au travail. Et il faut réduire drastiquement la part des personnes qui ne travaillent pas ou peu, ou à des tâches stérilisantes, dans la tranche 20 à 60 ans. Cela impose des réformes terriblement difficiles à faire admettre à la population.

-            Le RSA doit disparaître et être remplacé par des allocations temporaires conditionnelles financées par des cotisations. Allocation temporaire d’urgence ou allocation temporaire de soutien doivent remplacer la gratuité de la vie devenue un droit de l’homme inconditionnel. Certains veulent que toutes les aides soient centralisées à un même guichet, plafonnées pour ne pas dépasser une fraction du revenu du travail et rendues publique nominativement. Pourquoi pas !

-            La Solidarité nationale, qui doit être maintenue pour les cas d’urgence et d’extrême difficulté, doit être réservée aux nationaux, par définition.

-            Les Cours de justice ne doivent plus faire ou interdire la loi. Les droits de l’homme sont des principes qu’il appartient aux instances politiques représentatives élues de mettre en œuvre en tenant compte des circonstances. Ce n’est pas au Conseil d’Etat de stipuler que les maladies subies pendant les vacances sont opposables aux entreprises qui doivent financer des vacances supplémentaires. Ce n’est pas au Conseil constitutionnel de réguler le regroupement familial. Ce n’est pas à la Cour de Justice de l’union européenne de décider les règles d’immigration. Ce n’est pas à la CEDH de créer un droit-à l’écologie.

-            Les métiers peu productifs doivent être réduits et les plus productifs soutenus.

-            Les 35-heures doivent disparaître comme tous les régimes anticipés de retraite. Le critère de pénibilité est hors de propos et doit disparaître. Il n’est là que pour céder aux syndicats.

-            Il faut compter sur l’épargne placée à l’étranger et financée par le travail étranger

-            Il faut revoir totalement le système d’éducation pour le rendre efficace et propre à dégager les élites professionnelles, techniques et managériales nécessaires. Le recul général dans les classements Pisa est une honte.

-            Il faut réduire drastiquement l’empilement des institutions délibératives, de contrôles, ou réglementeuses.

-            Les hauts fonctionnaires ne doivent plus pouvoir cumuler les rémunérations publiques. Il ne faut pas restreindre leurs choix de carrière mais les obliger à choisir la rémunération publique unique qu’il leur convient le mieux. Les agences ne servent actuellement qu’à verser des rémunérations doubles ou triples des maxima statutaires à des centaines de membres de la caste de l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante.

-            Le taux de fonctionnaires dans la population doit revenir dans la moyenne européenne au forceps, sans clause du grand-père. Il faut donc abandonner le statut jusqu’à la classe A + et contractualiser, avec une fluidité maximale entre secteur public et privé.

-            L’immigration doit devenir une stricte immigration de travail. La participation d’enfants à la chaîne du narcotrafic et aux émeutes urbaines doit entraîner pour les parents responsables la perte du logement social et des droits sociaux et pour les étrangers naturalisés récemment (dans les cinq ans) la perte de la nationalité avec effet en chaîne sur les personnes ayant acquis la nationalité par lien du sang. « Tu « chouffes » ? Ta famille perd son logement social et toutes allocations pendant une certaine période. Elle peut même être expulsée de France, en cas de récidive, en perdant avec tous ses descendants la nationalité française. »

-            Toutes les lois doivent être étalonnées en fonction de leur contribution à la production.

-            L’Europe est un foyer de hausse des prélèvements. La volonté exprimée de doubler le budget européen est intolérable, sauf à trouver l’équivalent en économies sur le système étatique national. Au travail…

-            Les régions peuvent disparaître ou être fusionnées avec les départements. L’évolution de leurs dépenses doit respecter une loi simple : pas plus que la hausse du PIB.

-            La productivité doit devenir un devoir national et être recherchée partout, par tous et tout le temps.

-            Les gratuités doivent être totalement proscrites.

-            Le financement des allocations sociales doit être intégralement sorti de l’entreprise comme en Suisse et être basé sur les cotisations individuelles. On doit casser le moloch de la sécurité sociale et établir trois à quatre piliers concurrents avec différenciation des choix pour la couverture des soins ou de la retraite avec des « paniers incompressibles ».

-            Le système fiscal doit être entièrement tourné vers la production et l’investissement. Ce qui impose de tout chambouler. Plus d’impôts sur la consommation. Moins sur les revenus, bénéfices et plus-values et plus du tout sur la fortune et la succession.

-            …

On voit qu’elles contredisent intégralement le discours dominant.

Sinon quoi ?

La mort de la nation dès 2 040 ! Juste çà, sans aucune dramatisation polémique. Juste les faits.

Que ceux qui sont pour lèvent le doigt !

Le Cercle des économistes e-toile est contre. Depuis 25 ans ! Et il persiste dans sa dénonciation d’un véritable scandale national. Le déclassement général associé à l’effondrement démographique est intolérable. Réagissons !

Dettes et démographie

Au moment où Bayrou veur momifier la France pour échapper à la malédiction de la dette, il n'est pas inutile d'aller à l'essentiel en quelques chiffres.
 
En dix ans le nombre de personnes de plus de 60 ans a augmenté de 3.300.000. 
Celui des 20-59 ans est passé de 32.7 à 32.6 millions. 
 
On a donc demandé à une population en âge de travailler stagnante d'assurer les rentes d'une population âgée nouvelle équivalente aux deux plus grandes villes de France. 
 
Comment faire, sachant que la productivité a plutôt baissé. 
 
On n'a pas su faire. 
 
Il fallait créer 2 à 3.000 milliards d'euros constants de production de plus, pour couvrir les nouvelles pensions. La valeur ajoutée des entreprises est passée en Francs courants de 1.100 milliards 1.600 milliards. La dette a atteint 3.350 milliards venant de 1.900 milliards.  
 
On pouvait certainement faire mieux. 
 
Mais la démographie commande tout.  
 
La perte de 12.500.000 enfants à naître depuis l'an 2000 associée au vieillissement nous met dans une situation impossible malgré une immigration présentée comme de masse mais qui ne compense rien car le taux d'emplois y est faible et le regroupement familial fait venir des vieux en grande quantité. 
 
Celui qui n'a pas ces chiffres en tête ne peut rien comprendre à la situation. Or la presse française refuse de citer les chiffres et les conséquences des chiffres. La muraille du mensonge démographique dans le système d'information est infranchissable. 
 
Les dix années à venir seront pires. La population des 20-60 va baisser franchement. Celle des plus de 60 va encore augmenter et celle des moins de 20 diminuer. 
 
Le plan Bayrou ne prévoit rien pour faire face à la situation qui va en résulter. 
 
Didier Dufau
 

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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