Une facilité condamnable : décharger et défiscaliser des revenus sans toucher à la dépense.

Transférer n'est pas réduire !

Que la France soit devenue le leader mondial de la fiscalité et qu’il faille ambitionner de régresser dans ce classement mondial là, pas de doute ! De même, faire payer à l’entreprise l’essentiel du secteur social en ouvrant le pays à la concurrence mondiale, où pratiquement aucun pays ne pratique cet exercice, est une folie. Baissons donc les impôts sur les particuliers et les charges sur les entreprises !

La vérité est que personne ne prétend les baisser et tous proposent seulement de les transférer. C’est la grande mode depuis maintenant des décennies avec un résultat globalement tragique sur ka dette, le sous-investissement, l’emploi, le revenu et… les impôts.

Si on veut des résultats, il faut baisser le besoin de financement d’abord et ensuite, et ensuite seulement, organiser la collecte des financements le plus intelligemment possible.

Nous avons un état moloch, avec des effectifs pléthoriques et aucune des administrations ne fonctionne bien. C’est un premier paradoxe. Tout le monde peut comprendre qu’il faut d’abord savoir pourquoi, dans chaque secteur de la politique publique, on aboutit à une situation aussi déplorable.

Dans le secteur de la justice on a levé le couvercle répressif qui était mis sur la délinquance par une justice très sévère jusqu’en 1968. En plus on a judiciarisé des pans entiers de la vie sociale, économique et politique qui ne l’étaient pas. La délinquance a flambé et le besoin de jugements aussi. On a alourdi toutes les procédures et on a permis de rejuger la chose jugée aux assises (coût jamais évoqué). L’immigration de masse a conduit également à une augmentation de la délinquance. La justice est noyée alors que la délinquance est au plus haut. Pour réduire la pression, il faut agir sur la répression et le champ de la délinquance. Tout en revenant à des jugements définitifs en première instance aux assises sauf vice de ceci ou de cela. Et il faut réussir l’informatisation du système. Comme on fait tout l’inverse, le secteur est noyé, inefficace et gangrenée par la politique et l'idéologie.

Dans le secteur de la médecine on a développé une pression bureaucratique délirante tout en freinant l’expansion des personnels médicaux, en réduisant les lieux de soins, en modifiant la médecine de ville, tout en généralisant la gratuité et l’achat de produits au rabais dans des pays à bas salaires. Il faut à l’évidence réduire le personnel administratif, réduire les actes inutiles par une franchise médicale sur le petit risque, et augmenter le nombre des soignants. Il faut aussi changer la collecte des fonds correspondants. Le système suisse est le meilleur : les particuliers paient directement leurs cotisations maladie à des caisses agréées et concurrentes. Ce n’est pas le rôle des entreprises. Pas de monopole public ; une pression des assurances pour contrôler les frais médicaux ; les particuliers font attention à ne pas réclamer n’importe quoi car l’effet est immédiat sur leur facture. C’est entre 400 et 500 euros par mois et par personne, avec des tarifs bas pour les enfants (une centaine d’euros). Les cas d’exonérations ou de réduction sont étroitement restreints temporairement aux cas douloureusement problématiques. Le grand âge et l’absence d’enfants créent des difficultés comme partout mais le moindre citoyen comprend les problématiques.

Dans le secteur de l’enseignement, on a voulu toute une génération au bac et pourquoi pas à la maîtrise, rendre toutes les classes mixtes, caserner les collèges et les lycées, tout en acceptant de faire venir dans les classes des cohortes massives d’immigrés en provenance de dizaines de pays étrangers et en refusant la sélection. On a assigné à l’école le soin d’inculquer des thèmes sociétalistes et moralisateur, biaisés par la gauche, au détriment de l’enseignement lui-même et des disciplines. Le système est par terre. Il faut faire baisser la pression migratoire, éliminer la pression sociétaliste et rétablir la sélection. Il faut également réduire le côté non-enseignant de l’école : voyages, sorties, périscolaires. Et concentrer les disciplines au lieu d’en ajouter constamment. On a fait tout le contraire. Avec des résultats dramatiques.

Sans action d’abord sur les politiques suivies, impossible de réduire le besoin de financement.

Pour la retraite, la réduction de la durée hebdomadaire de travail et les retraites prises avant 65 ans se sont cumulées avec l’augmentation de la durée de vie pour rendre la situation ingérable. Si on travaille moins longtemps on perd des recettes. Si la dépense, elle, augmente massivement on se ruine, car le résultat ce sont des cotisations en hausse et de la dette si on n’ose pas les augmenter. Inutiles de transférer les cotisations si on n’étend pas la durée du travail et si on ne retarde pas l’âge de départ en retraite.

Affirmer : « je ne fais rien parce que les Français ne veulent pas mais je supprime les cotisations et la fiscalité sur tel ou tel revenu » revient à transférer des cotisations ou des dépenses individualisées sur l’impôt général. Comme on ne veut pas toucher à la TVA (parce que les Français ne veulent pas) alors c’est l’impôt sur le revenu qui trinque qui n’est payé que par 47 % des Français. Comme pour la taxe d’habitation. L’IR ou la dette récupèrent le bébé et l’eau du bain. Ce débat fondamental est escamoté.

On a déjà basculé sur la fiscalité générale toutes les cotisations sur les bas salaires, ce qui est totalement injuste ET inefficace. On veut étendre à l’infini des transferts de ce genre par démagogie. C’est totalement absurde ET inique. Pas un candidat qui ne se livre à ce petit exercice ! Pas un mot de contestation dans la presse et dans les médias. Et on ne réduit aucune dépense par une rectification des politiques menées.

On nage dans la démagogie pure et on déshonore la politique.

Revenir à la semaine de 40 heures et passer à la retraite à 67 ans pour tous, voilà la première action à mener.

Redonner la responsabilité de la politique médicale aux médecins à l’hôpital dans le cadre d’un simple contrôle de gestion, chaque service gérant son budget, est obligatoire, comme l’est le démantèlement de tout le contrôle tatillon et exhaustif préalable et a posteriori des actes, avec un retour de la responsabilité médicale.

Rétablir une responsabilité des assurés sur leurs dépenses avec la hausse du reste à charge pour le petit risque est tout aussi nécessaire pour éviter les visites gratuites de pur confort, et l’utilisation abusive de la carte de sécurité sociale.

Rétablir le couvercle sur la délinquance comme avant 1970 et réduire le champ pénal tout en sanctionnant le justicialisme et en simplifiant la procédure pénale, est une nécessité absolue. Quand quelqu’un se noie, on le sort de l’eau d’abord et on ne songe pas à augmenter la taille de ses poumons.

Etc. Etc.

Ce n’est pas si difficile de construire un programme de sortie du déclassement.

Si on veut optimiser les modes de collecte des fonds nécessaires, il faut transférer la CSG en partie sur les particuliers comme en Suisse et en partie sur la TVA pour les exonérations sociales ciblées, ce qui permet de faire assumer une partie des frais par les produits importés. Idem pour certains impôts de production qui ne sont directement associés à une production effective. De même il faut supprimer les impôts qui coûtent plus cher que ce qu’ils ne rapportent. IFI et impôts sur les successions sont symboliques et peuvent être totalement supprimés provoquant un choc de confiance et une envie d’investir en France et de créer du capital et de la production. Ils représentent 1.6 % des prélèvements ! Moins que la perte de valeur de la monnaie chaque année.

Une telle politique n’est possible que si le monde politique n’est pas dirigé par une cohorte de hauts fonctionnaires étatistes et socialisants travaillant en famille sur plusieurs générations. Un minimum de profondeur démocratique suppose que ce sont des citoyens ne dépendant pas des subsides de l’état pour leur carrière qui doivent proposer ou voter les lois. Les fonctionnaires doivent montrer leur compétence en trouvant les voies et les moyens d’influencer les dirigeants politiques et de mettre en œuvre correctement les décisions prises. Nul ne peut donc être élu dans une instance qui fixe sa rémunération et les moyens de son activité. Et nul ne peut recevoir deux rémunérations de l’État.

Cela fait maintenant depuis plus de 20 ans que tout ceci est ressassé et devrait être mis en œuvre. Pendant 10 ans la droite ne l’a pas fait et pendant 10 autres la gauche ne l’a pas fait.

Et en privé tous disent : il n’y a pas de doute c’est ce qu’il faut faire. Sinon on continuera à sombrer.

Oui : tous. Mais…

L’énarchie préfère conserver ses privilèges. On a le grand combat entre Macron et Pécresse, énarque l’un et l’autre, avec l’exutoire commode Le Pen. La haute finance compte sur l’Europe pour contrôler ce qui doit l’être. La dette permet de faire taire les pires démagogues. L’émigration est plus facile à organiser que de susciter un renouveau des naissances indigènes.

Eric Zemmour joue à son tour le jeu des exonérations et des défiscalisations sans toucher aux besoins de financement. L’audace sur l’immigration dans la continuité démagogique sur le reste…

Comment corriger un débat présidentiel si débilitant ?  D’où peut venir le salut français et la fin d’une autodestruction débilitante ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comprendre la destruction bureaucratique de la France

Une des banalités de l’époque est de constater que les Français pensaient disposer du meilleur système hospitalier du monde et qu’en fait il était en pleine déliquescence, avec des médecins plutôt désespérés et des personnels en voie d’évaporation, un recul technique rampant, la désertification des lieux de soins et un accès aux compétences de plus en plus long et complexe.

Le paradoxe est l’incroyable obsession de santé des Français dopés par la féminisation de l’espace public qui a eu des traductions politiques très concrètes. Toucher un tant soit peu à la Sécu tourne rapidement à l’émeute. On l’a vu lors de la candidature Fillon qui a perdu beaucoup dans les sondages entre décembre et janvier 1997 après avoir évoqué quelque rigueur. On l’a revu lorsque Macron a monté une campagne de haine contre les non vaccinés accusés d’empêcher des soins pour les autres. Cette saloperie a été cautionnée par une majorité de Français. « Ma santé ma santé », comme un avare pouvait dire naguère « ma cassette ma cassette ».

Les Français tiennent à leurs 35 heures, parfois 32 et même 28 et le départ à la retraite à 60 ans parfois moins. Cela a ruiné leur PIB par tête, le budget, la balance commerciale, l’emploi. Ils tiennent à leur Sécu qui est ravagée, largement à cause de la gratuité des soins et l’état des finances du pays. Mais ils ne voient pas le rapport.

Bossuet avait raison qui plaignait les gens qui déplorent les effets des causes qu’ils chérissent.

Personne ne se rend compte qu’on connaît le même processus de folie destructrice dans le logement. Le passe Co2 est en train de s’installer dans le silence et avec l’approbation des Français qui comme d’habitude refusent absolument de voir plus loin que leur bout du nez et sont prêts à nouveau à quelques mouvements de haine contre les autres qui pourraient à nouveau être attisés par un politique infect et sans scrupule.

Commençons par le plus comique. Posez la question autour de vous. Connaissez-vous le DPE, ce que cela veut dire et ce qu’il y a derrière comme contraintes ? Disons que 0.1 % de la population sait aujourd’hui de quoi il s’agit. Cela n’empêche pas Opinion Ways de délivrer un sondage qui annonce que les Français y sont extrêmement favorables. Il y a des contraintes pénales : formidable. On va bloquer la location de logements mal isolés. Oui ! Encore ! En fait il faut interpréter ce sondage comme la réponse à cette question : voulez-vous que les autres fassent des efforts à leurs frais pour sauver la planète et qu’ils soient durement sanctionnés pénalement et économiquement : Oui ! C’est que le Co2, c’est ma santé qui est en cause et on en revient aux premiers paragraphes.

Si on tient absolument à voir ce qu’est la folie bureaucratique, il faut suivre pas à pas l’action de Mme Wargon (on ne dit plus jargonner mais « wargoniser »), en sachant que c’était déjà pas mal avec NKM. Enarque ou polytechnicienne les enfants de hauts fonctionnaires ont très jeunes appris qu’on pouvait faire n’importe quoi avec les règlements, les subventions, les pénalités et les interdictions. Alors on est passé de RT12 au RE2022 sans que la presse générale n’entre trop dans les détails. Pour ceux que l’expérience tente, lire Bati-actu pendant une semaine est la solution. Pas un article sans que les cheveux ne se dressent sur la tête.

Prenez par exemple le désamiantage. Les normes sont épatantes. Il faut déclarer avant, pendant et après ses opérations sur une base de données. Et attention : si vous décalez votre planning d’un jour, il faut bien le signaler. Cela ne vous rappelle rien ? Mais, l’hôpital, ou les mêmes hauts fonctionnaires exigent des médecins qu’ils indiquent les actes qu’ils vont faire, avant, pendant et après, avec parfois des autorisations à obtenir avant et des réponses à apporter après. Du coup il faut que les artisans se dotent d’instruments informatiques pour enlever une cloison amiantée et y passent quelques heures pour faire un chantier qui du coup va voir ses coûts exploser. Formidable. Et beaucoup d’opérations se font au noir !

Autre exemple amusant : pour effectuer un DPE, c’est si complexe qu’il faut se doter d’un logiciel. Pas n’importe lequel. Un logiciel agréé et qui posera toutes les bonnes questions sous peine de ne pas fonctionner. Des questions dont on n’a en général pas la réponse bien sûr sauf travail considérable et un tas de connaissance inhabituelle dans le secteur. Alors il faut aussi des formations. Et des gens pour faire les essais et s’il n’y en a pas assez ? Alors on bloque le marché. Et si vous passez outre : prison ! Et le résultat est-il fiable ? Euh euh ! Comme pour tous les passes, la fraude guette.

Un dernier exemple pour la route. On fait un essai de maison à énergie positive. Le bilan est médiocre. Le tout électrique quand on ne peut pas stocker l’électricité est un leurre. Les gens étouffent un peu et ouvrent tout à tout va. Donc la consommation d’électricité augmente. Et dans la maison les applications exigeant de l’électricité se multiplient. On consomme bientôt plus d’électricité que pour le chauffage et la climatisation. Certains considèrent que l’énergie économisée permet de chauffer à 22°. L’habitabilité est mauvaise, les maisons mochouilles, les prix élevés, sauf pour des gourbis. Et tout l’habitat doit être à énergie positive en 2 050 (2 035 pour le neuf).

On pourrait continuer à l’infini. Tout se passe entre le ministère et les entreprises et quelques associations. Les particuliers apprendront à leurs frais qu’ils sont les dindons de la farce, mais plus tard. En attendant on interdit à la location des logements, on impose au propriétaire de faire des travaux sans hausse du loyer, on menace, on crée des tensions et des haines entre locataires et bailleur. La construction se tasse. Celle pour louer s’arrête. L’iFI, la taxe foncière et toutes les réglementations plus les passes co2, c’est trop surtout si les taux d’emprunt se tendent. Bonjour les dégâts !

Nul doute qu’un sondage viendra confirmer que les locataires exigent tout des propriétaires et que s’ils ne font rien ils doivent aller en prison !

Le Français est né malin. On ne peut déjà plus se loger dans bien des endroits en France. Comme on ne peut plus se soigner dans de nombreux endroits. Gageons que cela ne va pas s’arranger. Pour les automobiles on a annoncé en douce que 20 millions de propriétaires perdront leur voiture et que ceux qui la garderont devront réduire de 40 % leurs déplacements. Une paille. Mais dans le logement, personne n’ose dire qu’il faudra que 20 millions de logés perdent leurs logis ou que 20 millions de bailleurs perdent le fruit de leur investissement.

Alors de la haine il va y en avoir. De la belle, de la grandiose, celle qu’Emmanuel Macron aime attiser.

Tous les candidats crient Halte à la bureaucratie ! et la haute bureaucratie continue imperturbablement.

Tristes (futures) tropiques !

Avons-nous doublé le PIB français entre 1980 et 2021 ?

Particularité amusante, le PIB français en euros de 2021 est à peu près le même que celui de l’année 1980 en francs. Autour de 2.400 milliards. Cela pose un intéressant problème de comparaison. De combien a été notre croissance en quarante ans.

Pour s’en tenir aux chiffres officiels l’affaire est facile : compte tenu de la dérive des prix à la consommation, le PIB actuel est le double du PIB de 1980. Nous serions deux fois plus productifs qu’à l’époque.

Certes, cela ne représente, sur 40 ans qu’une croissance annuelle minuscule, de 1.74% en moyenne.

Ces chiffres emplissent de malaise. Comment se fait-il que Marianne ait pu calculer une paupérisation absolue en quarante ans d’une partie des effectifs de l’administration ? Comment se fait-il que les pauvres se sentent plus pauvre que les pauvres de l’époque ? Comment se fait-il qu’avec deux fois plus de richesses, nos services publics ne fonctionnent plus correctement, le chômage soit si haut, notre compétitivité si nulle, notre endettement si fort, nos impôts si élevés ? Pourquoi le PIB par tête suisse est-il désormais deux fois celui de la France alors que les deux pays étaient en gros à parité en 1980 ?

On sent qu’il y a quelque chose qui cloche. Mais quoi ?

Pour établir la valeur absolue d’une monnaie, nous avions l’habitude au Cercle des économistes e-toile d’utiliser un indice de référence composite, tenant compte du cours de l’or, du pétrole, des terres rares, du m2 vendus en centre-ville dans plusieurs grandes capitales du monde, du Franc suisse et du Deutschemark puis de l’euro.   Sans refaire avec toute la précision voulue l’actualisation de cet indice (arrêté en 2012 après la crise de l’Euro), nous arrivons à un glissement d'environ 8 fois de la valeur de l’indice, au lieu des 3.2 fois de l’indice de l’Insee.

Comme le rapport entre euro et franc est de 6,55957, si la croissance de l’indice de référence est supérieure le PIB a baissé, s’il est inférieur, le PIB a cru.

En unité de valeur constante, le PIB français a donc sensiblement baissé, ce qui est plus compatible avec les nombreuses défaillances que l’on a constatées pendant ces derniers quarante ans.

Le PIB par tête doit tenir compte d’une hausse de la population de 55 à 67 millions.

Comme l’a écrit récemment l’excellent Robin dans le Figaro, l’indice de l’Insee est très peu pondéré par l’immobilier, les actifs boursiers etc.  Celui de l’Allemagne est nettement plus inclusif. Si on prend l’indice allemand le taux de croissance baisse sensiblement. On perd quasiment 1 point de croissance qui tombe à 0.8% par an.  Et on ne double plus l Compte tenu de la croissance de 20% de la population, le PIB par tête n’a plus cru que très faiblement, presque de façon imperceptible. 

L’indice de prix est politiquement construit pour connaitre l’évolution du pouvoir d’achat à court terme, avec des effets juridiques, économiques et sociaux importants pas pour déterminer la valeur de la monnaie. Au-delà de quelques années la distorsion de l’offre de produits rend l’indice peu significatif. Pratiquement la moitié des produits consommés aujourd’hui n’existaient pas il y a quarante ans ou n’avait pas les mêmes caractéristiques. On n’est pas riche de la même chose à quarante ans d’intervalle. Pas de TGV, pas de PC, pas de téléphone portable, pas d’internet, pas de voitures électriques, pas de domotiques, pas du tout la même gamme de traitements et de produits médicaux, pas de tourisme massif à très bas coût, etc. Les services à la personne étaient beaucoup moins coûteux. La fiscalité et les dépenses contraintes étaient plus faibles que maintenant.  On compare sur des périodes de quarante ans des consommations sans rapport.

Un poste de travail informatique coûtait 10.000 F en 1880, en télétraitement. Un petit portable 1000 fois plus puissant ne coûte que quelques centaines d’euros.  Mais beaucoup de produits agricoles coûtent désormais plus de 10 fois leur prix d’alors. Comment arbitrer cela dans un indice ? C’est possible sur quatre cinq ans, pas sur quarante ans.

La force productive du pays doit s’apprécier en tenant compte du chômage, des déficits extérieurs et de la dette.  Il n’y avait pratiquement pas de dettes ni de chômage en 1980, même si cela commençait à déraper. Nous avons 3.000 milliards d’euros de dettes et le chômage oscille en permanence entre 8 et 11%. Notre balance commerciale comme le budget de l’état sont en déficit permanent, de façon abyssale. Notre industrie est passée de 24% du PIB à 12.

Nous croyons légitime dans ses conditions de considérer que la puissance économique de la France est pratiquement la même qu’en 1980 et non pas le double.  Nous avons connu une formidable stagnation.  La seule force qui a favorisé la production est le taux d’emploi des femmes qui a fortement augmenté, celui des hommes, lui, baissant légèrement. Le pouvoir d’achat a pu être maintenu par des importations à bas prix en provenance de Chine et des pays émergents. Mais les citoyens des pays qui n’ont pas voulu d’une expérience socialiste et bureaucratique ont vu leur rémunération décoller par rapport à celles des Français, jusqu’à doubler en Suisse et presque tripler au Luxembourg.

Décidemment non, nous ne pouvons pas affirmer que nous avons doubler notre PIB en quarante ans. La vérité c’est que nous avons connu un déclassement et une paupérisation, relative le plus souvent, mais aussi absolue dans bien des cas.

Nous n’avons pas non plus cherché comprendre les grandes crises mondiales et à s’en protéger. Ceux qui ont fait carrière entre 19770 et 2000 ont connu deux crises mondiales fortes (73-74 et 92-93). Ceux qui ont commencé en 80 également : 92-93 et 2008-2009.  Ceux qui ont démarré en, 1990 en ont connu trois, avec celle du Covid. Les « millénials » en sont à deux, comme ceux qui ont commencé en 2010, qui risquent eux d’en connaître probablement quatre.

La leçon que nous devons en tirer est qu’il ne fait pas bon être tenté par le socialisme à l’intérieur. C’est la recette de la paupérisation. Mais, et c’est celle qui n’est jamais tirée, il faut aussi réformer le système monétaire international qui permet des crises mondiales périodiques qui avaient disparu après-guerre avec une système coopératif de changes fixes mais ajustables par accord général.

On notera que la campagne électorale n’aborde ni la question de sortie du socialisme ni celle d’une diplomatie de la prospérité. Et tous appellent une politique verte qui risque de massacrer la croissance et le pouvoir d’achat, alors que l’énormité de la dette accumulée par E. Macron ne nous permet plus d'emprunter suffisamment pour financer la conversion énergétique.

Le Français, né malin… 

Lettre persanne

 

Très chère Amie

Tu te rappelles sans doute l'analyse psychologique faite d'Emmanuel Macron, il y a maintenant très longtemps. Elle montrait un pervers perturbé absolument insensible aux autres, se considérant comme la mesure de tout et n'ayant aucune règle au-dessus de lui, croyant à sa supériorité tout en ayant de gros doutes, cherchant constamment à se rassurer, n'acceptant pas l'opposition ni l'autonomie des décisions des autres, capables de "cacas nerveux" incontrôlés et impossibles à arrêter. Un psychologue que nous connaissons bien avait ajouté que le tableau psychiatrique était significatif et qu'il n'y avait pas de traitement. L'important, face à ces profils-là, est de s'écarter ou de l'écarter le plus vite possible.

Certains se demandaient si cette difficulté psychologique avait vraiment une importance, les hauts dirigeants ayant toujours leurs faiblesses. N'a-t-il pas supprimé une partie de l'ISF et imposé le forfait fiscal pour les revenus de l'épargne, ce que personne n'aurait osé faire à droite ? Le reste ne serait-il pas que du détail ? Un fou utile est d'abord utile ! C'est toujours mieux qu'un dingue de fiscalité comme Giscard, un pourrisseur comme Mitterrand, un mou comme Chirac, un Foutriquet comme Sarkozy qui a détruit le RPR en faisant venir Kouchner et sa bande, un Bidochon comme Hollande, commentateur de sa propre nullité ? Après tout un président jeune, qui ose un peu, qui a les yeux bleus, et qui s'active, pourquoi serait-ce plus mal, si ses défauts psychologiques restent du domaine de l’anecdotique ?

Cinq ans après, on a la réponse. Sa campagne de 2017 avait été basée sur un pronunciamiento d’énarques et de juges. Elle s’appuyait sur l’achat de vote caractérisé. Il a commencé par supprimer la taxe d'habitation, le seul impôt juste et auquel il ne fallait naturellement pas toucher. "Moi j'ose". Ce projet démagogique va le conduire à augmenter de 24 % la CSG des vieux, à des conflits avec les maires, qui du coup se revancheront sur les autres impôts à portée de main mais seront obligés à des restrictions qui toucheront directement les moins aisés. Il a certes supprimé également l'ISF, mais en créant l'IFI et en augmentant mille taux, assiettes, etc. Le résultat est que le gain est essentiellement pour les grands propriétaires de fortunes mobilières. Pompier pyromane aimant "em…er", il provoque l'affaire des Gilets jaunes qu'il éteindra dans la tchatche et la violence, en lâchant des dizaines de milliards. Déjà : "Ma survie politique quoi qu'il en coûte". Déjà la peur commence à être instrumentalisée. La réforme des retraites, dont il a choisi la formule la plus complexe en affirmant : moi j'ose attaquer tous les régimes en même temps, quitte à mettre la France à feu et à sang, pour finalement l’abandonner platement après quatre ans de faux débats. L'annonce qu'il allait réformer les effectifs de la fonction publique, 130 000 suppressions de postes, s'est évanoui au bout de huit jour : quand je triangule mes adversaires, je ne suis pas obligé de tenir leurs promesses ». Et de rire !

La honte descend sur la fonction de président avec l'affaire Benalla, puis l’invitation de drag-queens à l'Élysée, puis les pitreries sensuelles avec des noirs délinquants, qui en annoncent d'autres. J'ose tout, donc je suis. Et que c’était bon. Vous n’avez pas vu mon air extatique ?

La crise sanitaire, qui sera finalement sa chance, le prend totalement au dépourvu. Le pouvoir passe à Édouard Philippe. On constate l'effondrement de l'hôpital public, la gabegie, la folie administrative et réglementaire qui règnent au ministère de la santé depuis des lustres. Notre foldingue se sent coincé. Son narratif, qui est son seul souci, est totalement décalé et il le sait. Relire ses discours de l'époque est à hurler de rire. Il patine et enrage. Reprendre la main, reprendre la main vite et fort. Redevenir Jupiter. Au passage il fait réélire Mme Hidalgo à Paris qui a fait de la place à des Verts qui ont éloigné de leur liste les hommes blancs hétérosexuels et ne pensent qu'à détruire le Patriarcat  et à surfer sur les ailes du Wokisme le plus destructeur ! La gestion de la ville devient sordide. Le gros malin voit en la reconduction d'Hidalgo la création d'une candidate présidentielle détestée et sans risque pour lui. Tant pis pour la Capitale et ses habitants.

On passe alors au plan de "réinvention" : Édouard Philippe est viré comme un chien. Toutes les initiatives suivantes sont la démonstration d'un délire qui culmine avec l'affaire libanaise. Dans la foulée, on oublie le sanitaire pour des actions grotesques sur à peu près tous les sujets. Le changement de gouvernement a tout bloqué pendant trois mois. La rentrée est tragique avec une reprise de la pandémie et l'envolée des morts. Mais il ne faut pas perdre la main à nouveau. Alors le quatrième trimestre est une catastrophe, avec les drames que l'on sait.

Pour Macron s'annonce 2021, l'année préélectorale. Cela fait des mois qu'il y travaille. Il a même chopé le virus lors d’une réunion préparatoire tenue en violation du couvre-feu ! Il sait qu'il va pratiquer un achat de vote massif. Pas une catégorie qui n'aura son sussucre. Les spécialistes ont noté 151 cadeaux au peuple, jusqu'à la gratuité des tampons hygiéniques pour les étudiantes. Il ose tout et c'est à cela qu'on le reconnaît. Aucun des problèmes de fond de la société n'est traité. On noie dans l'emprunt et la dépense tout ce qui pourrait gêner la réélection. On prend à l'été 2021 une mesure pesante : le passe-sanitaire dont on avait indiqué peu de semaines avant que son instauration était rigoureusement exclu est mis en place. Affirmer en même temps tout et l’inverse de tout permet de changer de présentation à 180° sans dommage. Comme on a laissé faire le virus en début d'année, parce que Monsieur ne voulait pas revivre son cauchemar de l'année précédente, les morts se sont accumulés par dizaines de mille. Il ne faut pas qu'on le lui reproche. La solution : imposer le passe-sanitaire pour forcer la vaccination. Les non vaccinés deviennent une cible. Les victimes deviennent les bourreaux. On est dans l'abjection, une notion qu'il ne perçoit pas, car il se considère la mesure de tout et l'anomie est sa caractéristique. « Est légitime ce qui me sert ! » Au-delà il n'y a rien. En tout cas pas de convenances ni de règles.

Mais depuis deux ans, c'est le début de l'année 2022 et la réélection qui est le seul objet de son activisme et de ses nuits brunes. On va voir un véritable festival ! Il a tout prévu, tout précisé, tout monté. C'est lui qui va reprendre la main et qui ne la lâchera plus, forçant tout le monde à mettre les pieds dans ses pièges. Les fêtes de fin d'année seront le pivot. On pourra utiliser tous les moyens du pouvoir. Les vœux. Les interviews sans fin sur TF1. Les actions au Parlement. La complaisance massive des médias dont on tient les propriétaires. Il faut contrer l'absence à peu près totale de bilan. Jamais la pression fiscale n'a été aussi lourde, l'inflation est revenue qui ruine un peu plus les retraités, la dette atteint les 3 000 milliards, près de trois ans de valeurs ajoutée des entreprises, la récession a été pire qu'ailleurs et la reprise plus tardive. La perte de compétitivité du pays est grotesque qui se voit dans une augmentation tragique des déficits extérieurs. Bien sûr les flots de dizaines de milliards ont créé de l'euphorie financière et on sait que cela se paiera très cher plus tard. Trop tard : l'élection sera gagnée. Meurt le pays si cela doit me servir ! Un Macron n'a aucun scrupule. Aucun.

Et soudain une double honte s'abat sur la France. Pour se grandir en "Président de l'Europe", alors que la France devient à l'occasion d'une tournante président du comité des petits fours européens, sans aucun pouvoir, sauf de communication, Macron substitue le drapeau européen au drapeau français sur le monument symbolique de la patrie française, l'Arc de Triomphe ! Il n'a même pas vu l'ignominie. Il est francophobe depuis longtemps et insulte la France depuis 5 ans sans vergogne. Il l'a déclaré sans culture propre, sans peuple propre, condamnable pour crime contre l'humanité. Il envoie ses ministres s'incliner devant les ennemis que le pays a vaincus. Il a laissé la Commission ordonner que les cartes d’identité portent un titre en deux langues de l’Union. Aucun traité n’a jamais confié à l’Europe la définition des papiers d’identités nationaux. Quel sens de « mettre une seconde langue de l’Union ». Qui va choisir le Letton ? L’ordonnance est hypocrite et c’est l’anglais qu’on sert. C’est un abus que Macron avalise et aggrave en exigeant que toutes les mentions de la carte soient rédigées en anglais, ce que personne ne lui demande et alors que le Royaume-Uni a quitté le navire. L’Académie Française s’étrangle. Macron n’en a cure. Mais ce coup-ci, avec l’affaire du drapeau, il voit que cela dérape. Il fait piteusement détacher le drapeau bleu dans la nuit, comme un voleur.

Il faut reprendre la direction de la campagne par un exploit médiatique. Les heures passées sur TF1n'ont pas percuté suffisamment. Il faut frapper plus fort. Alors on publie un article immonde dans le Parisien. Les non vaccinés sont des abrutis qu’il faut « emmerder » au maximum, car ils ne sont même plus des citoyens. La vaccination n’a pas empêché la contamination et seulement réduit le nombre des victimes, ce qui est beaucoup, mais 125.000 morts ont été comptés tout de même. Et cela continue, également chez les vaccinés. Surtout Macron, comme on l’a vu, a fait un pari à 30 ou 40.000 morts que certains considèrent comme évitables en début d’année 2021. Il faut qu’il passe pour un défenseur intransigeant de la santé pour éviter que la campagne ne soit hantée par tous ces spectres. D’où le « passe » et l’article du 5 janvier. Il lui faut des boucs émissaires. Il les a. C’est minable mais les cyniques pensent que c’est bien joué compte tenu de la peur panique des Français pour leur santé. La manœuvre est indigne et hideuse. Elle marque le mépris pour les Français, déjà relevé à plusieurs reprises de la part de cette personnalité en souffrance, et le voici marqué d’une double francophobie, contre la France et contre les Français.

Luther écrivait à son épouse : "Es regnet Dreck" ["Il pleut de la boue", lettre de 1541].

Aujourd’hui Emmanuel Macron fait pleuvoir de la boue. Et veut transformer cette boue en élection. Comme le théâtre latin le mettait dans la bouche des sales types qui ne se sentaient plus : « Volo descendere ad inferos crescere procerior ».

Ibi manere!

Utinam…

 

Crois-bien à l'expression etc.

Petit voyage au coeur de la grande désinformation

Nous vivons dans un cadre d’information très construit et filtré afin que nous n’ayons pas de mauvaises pensées. « L’opinion publique » n’est pas le fruit d’une réflexion publique ouverte mais le fond de panier purifié de ce que des forces dominantes imposent là où se dispensent la formation et l’information : les médias, l’édition, l’école, l’état, la justice, les associations, les superstructures internationales. La réalité est celle que désigne le doigt des médias. Le reste est caché ou ne peut être cité qu’associé à une prophylaxie particulièrement sévère.

Cette situation peu conforme avec notre volonté d’être le pays de la liberté de pensée est une invitation à prendre un bout de fil de l’information sensible et de le tirer doucement pour voir où il nous mène.

Au détour d’un livre, je lis :

« Quand en février 2008, l’archevêque chaldéen Paulos Faraj Rahho interrompit le payement de la rançon (jizya) en échange de la sécurité de sa communauté, il fut enlevé et son chauffeur tué. Deux semaines plus tard son corps fut retrouvé près de Ninive. On sut alors que tous les Chrétiens irakiens devaient obligatoirement payer pour leur sécurité conformément à la loi coranique (Cor.9.29). [] Son exécution fut un simple fait divers de la dhimmitude ».

Les pays musulmans, y compris l’IRAK de Hussein qui était considéré comme partiellement laïc, ont continué à pratiquer toutes les atteintes possibles aux droits de l’homme en conformité à la doctrine de Mahomet, sans aucun frein ni aucune condamnation des milieux où « les droits humains » sont censés prévaloir. Droits humains : quelle expression hideuse, copiée de l’américain ! Il y a des restes humains mais pas de droits éponymes, ou alors il s’agit de reliefs.

Lorsque vous lisez cette simple information, qui n’a été ni relayée en son temps par l’Agence France Presse, ni commentée dans les médias, vous réalisez qu’aujourd’hui encore le statut de dhimmi est imposé aux juifs et chrétiens d’Orient, information que personne au grand jamais n'osera commenter dans les médias français. Vous vous interrogez : imaginons que nous imposions le statut de « dhimmi » (le droit de vivre sans conversion contre rançon) à tous les musulmans en France ! Et que nous parlions de notre extraordinaire obligeance vis-à-vis des tenants de cette religion, aussi aimablement protégés, sous peine de mort et après paiement libératoire, comme le fait l’OCI, l’organisation de la conférence islamique qui représente plus de 50 pays musulmans dans le « dialogue des cultures » qui évoque l’existence en prime d’une charte des droits de l’homme conforme au Coran et qui contient donc la dhimmitude !

Qui sait, en France, qu’aujourd’hui, au Moyen Orient, l’ignominie de la dhimmitude existe encore, au milieu des meurtres, des viols, des affronts divers et des actes répétés de destruction culturelle ? Il est vrai que, pour l’OCI, l’islam ne peut pas être oppresseur puisqu’il tient directement sa loi de la parole de Dieu. Mettriez-vous en doute la sagesse du Dieu tout puissant ? Les droits de Dieu sont nécessairement ceux de l’homme puisque c’est lui qui les a créés ! CQFD !. Les participants au fameux dialogue des cultures se suffisent de ce sophisme.

En revanche, si quelqu’un s’avisait de créer en Europe une servitude particulière pour les musulmans, que d’horreur affichée, que de débordements à prévoir ! Oh, l’infamie ! On avait le socialisme hémiplégique, voici l’islam hémiplégique. Bon sang de gauche ne saurait mentir.

Quiconque a jeté l’œil sur ses contrées asservies par l’islam ne se heurte que trop vite à la destruction continue des populations non-musulmanes et de leur culture qui s’est poursuivie pendant des siècles et perdure aujourd’hui au prix de crimes atroces, continus et massifs. « Dhimmitude markt frei » nous disent subliminalement les musulmans. Nous participons au « dialogue des cultures » avec des organisations internationales musulmanes tout en acceptant que les cultures non musulmanes soient totalement détruites en terre d’Islam pendant les discussions et en constatant le refus absolu d’y appliquer le moindre droit de l’homme. La Charia d’abord. Le bêtise occidentale, on s’en occupe !

Pourquoi évoquer cette histoire ? Elle court partout dans l’actualité, de façon sous-jacente mais avec des émergences. Il suffit de se pencher.

L’institut du monde Arabe a monté une exposition sur le destin des Chrétiens et des juifs dans le monde arabe. Après que le monde musulman se soit indigné à grand tumultede l’islamophobie d’une telle agression anti-islamique, on se rassure chez les organisateurs de pouvoir citer une voix qui a bien dit qu’en effet, les Juifs et les Chrétiens n’avaient peut-être pas été traités de façons si gentilles que cela. Ouf ! L’honneur de Jack Lang est sauf. Les candidats Zemmour et Pécresse ont fait tous les deux un tour en Arménie qui vient de se voir arracher une partie de son sol historique, le haut Karabakh, au prix de milliers de morts. Le statut de dhimmi est revenu dans cette contrées chrétiennes historiques. 

Plusieurs livres de femmes qui proviennent d’Orient et pensent avoir des choses précises à dire sur le rapport entre Occident et Islam, viennent de sortir dans des conditions difficiles en France, sans publicité ni écho. « L’Europe et le spectre du Califat » de Bat Ye’or, aux Provinciales, en est un. L’autre est « Soumise » de Sonya Zadig à L’Harmattan.

Ce dernier livre montre la véritable glue qu’est le narratif de l’islam qui a fait de la contrainte sociale violente et facilement mortelle la base de son mode d’action, avec une inversion presque totale du sens des mots européens : l’asservissement est la liberté ; l’islam est la vérité même quand le mensonge est patent. Exemple : pour les penseurs musulmans l’islam préexistait à la judéité et tout effort d’archéologie qui prouve le contraire est une entreprise criminelle ; toutes les terres appartiennent au Dieu de l’Islam et si elles sont dans des mains impures c’est à la suite d’une colonisation. En colonisant l’Occident le monde musulman rentre chez lui et les mécréants doivent être chassés comme des colonisateurs.

Décoloniser c’est donc permettre la (re)colonisation musulmane de l’Europe, les Européens n’y étant pas chez eux. Tout reconquête d'un pays contre l'envahissement musulman est une réaction colonialiste : « une fois revenu chez lui » le musulman ne doit pas en être chassé, au prétexte que les mécréants seraient « chez eux ». La violence contre l’Occident est donc tout à fait légitime. L’assassin de Samuel Paty sera honoré partout dans les pays d’islam. Aucun ne fait la distinction entre islamique et islamiste, une nuance qui n’a pas de véritable sens dans le monde musulman. La ruse est possible si on n’a pas le rapport de force avec soi. Il n’y a pas de « territoires perdus de la république », seulement des musulmans chez eux, enfin de retour et qui tiennent en respect les infidèles et les mécréants après avoir installé la charia et ses règles si nécessaires, par la violence du quotidien. On ne peut pas déradicaliser les jeunes musulmans. Cela n’a pas de sens. Sonya Zadig se demande même si on peut un jour se purger entièrement du narratif musulman tellement il est collant et impose une soumission de tous les instants. Le lourd crétin qu'était Harlem Désir prévoyait que l’Education Nationale extirperait l’islam moyenâgeux des petites têtes pas blondes. L’islam a détruit partiellement l’école publique. On comprend mieux pourquoi en lisant Sonya Zadig.

Le livre de Bat Ye’or est pire encore. Il cherche à montrer que la politique de l’Union Européenne vis-à-vis de l’OCI (organisation de la conférence islamique) est une capitulation en rase campagne, une illusion qui la fait collaborer au projet des Frères Musulmans et que cette attitude collaborationniste unilatérale  est la source de malheurs publics qui ne s’arrêteront plus.

Là, une petite sonnette retentit : un commissaire européen, n’a-t-il pas proposé qu’on ne parle plus de Noël « pour ne pas blesser les musulmans ». « Le 26 octobre dernier, Helena Dali, commissaire chargée de l'Égalité, pose avec une brochure à la main. En légende, l'ancienne députée travailliste élue à Malte se dit "fière" de présenter ce document, un ensemble de "lignes directrices" proposées par la Commission européenne pour une "communication inclusive".

Parlez en termes chrétiens en Europe serait attentatoire à la dignité des musulmans et pour éviter de faire traiter d’islamophobe, il faudrait bannir ce vocabulaire. L’islamo-dépendance, appelée islamo gauchisme n’est pas une spécificité française. On voit au passage le bénéfice du terme phobie pour l’OCI. C’est au nom de la lutte contre l'islamophobie et le respect des minorités que cette organisation exige un programme d’ouverture totale des frontières européennes aux musulmans, de fourniture de leur logement, de leur soutien financier ad perpetuam, de la construction de mosquées immenses, de la levée des contraintes sur les minarets, de l’obligation de ne pas réprimer la juste revendication de la charia etc. On découvre alors que l’Union Européenne est le cheval de Troie de l’invasion musulmane en Europe, en association avec l’ONU où l’Occident et minoritaire ! La même méthode « top down » que pour l’écologie mensongère et violente, ou le transfert en Chine de l’industrie occidentale.

Alors vous recherchez Bat Ye’or sur Wikipedia et là aussitôt une alerte est donnée : attention personnage dangereux à prendre avec des pincettes. La « reductio ad hitlerum » et aux pensées nauséabondes apparaît dès la fin de la présentation initiale : « Ses thèses académiques sur l'islamisation de l'Europe, connaissent un écho dans l'extrême droite ». Ailleurs on la présente comme porteuse d’une vision « néo-lacrymale » de l’expulsion et des massacres de juifs au Moyen orient. Imaginons que quelqu’un parle d’une vision néo-lacrymale de la Shoah ! On n’a pas le droit avec les massacres nazis, mais les massacres au nom de l’islam ne méritent pas la même considération.

Crime des crimes, Bat Ye’or elle ne considère pas le statut de dhimmi comme une glorieuse tradition musulmane qui prouve l’extrême générosité du prophète. C’est que la classe des spécialistes du monde musulman à l’Université et jusqu’à ses ruisseaux de province les plus médiocres, comme à Rennes, considèrent cette civilisation comme purement et simplement merveilleuse et quiconque dit le contraire doit être viré de la « communauté académique ».

Toc-toc : souvenir ! Cette bande de Savonarole immondes s’était déjà manifestée en masse lors de l’affaire d’Aristote au Mont St Michel. Une coalition des abjects s’en était pris à Sylvain Gouguenheim qui avait osé remettre en cause un dogme sacré : la culture grecque nous avait été transmise par les musulmans. Traîné de pilori en pilori sous les demandes de renvoi de tous ses postes officiels, déclarés infréquentable et impubliable, le malheureux a fini par être détruit par ce qu’il faut bien appeler une bande de salopards. Il faudra le livre de Michel Onfray, Autodafés, les Presses de la Cité, pour rappeler l’ignominie de cette chasse à l’homme en meute.

Il n’y a pas si longtemps Mme Duval, Ministre, avait lancé une étude sur l’islamo-gauchisme à l’université, après un incident survenu une fois de plus dans une succursale de Sciences-Po, transformée en poubelle islamogauchiste et Woke (on dira « islamogaichiste » pour faire court, comme chez les Verts parisiens, dont beaucoup cumulent l’homosexualité, l’islamisme et le gauchisme) après la gestion folle de l’effarant Monsieur Descoings. La bande excitée des directeurs d’université se fendra d’un communiqué ordurier. Le CNRS refusera de réaliser l’étude commandée. Macron s’écrasera comme une crêpe. Et le professeur mis sur pilori sera destitué car il avait osé répondre aux questions que lui posait la Presse. Il parait que nous avons un président de la République et un gouvernement.

Il est vrai que ce francophobe véritable et enraciné dans une haine aussi tenace qu’extrême, devenu président d’un pays qu’il juge avec mépris et qu’il condamne en permanence en l’humiliant de l’étranger devant des pouvoirs criminels coupables d’immenses massacres récents contre leurs propres populations, a donné les ordres pour laisser filer. De repentances en affirmations dévalorisantes, de divulgations historiques prématurées destinées à servir notre humiliation en commémoration de nos ennemis, sans autre contrepartie que se propre satisfaction psychologique maladive, cette homme prétend assurer sa réélection sur les masses musulmanes intégrées superficiellement à la nation, ces Français de papier qui se considèrent toujours membres de leur nation de d'origine et n’ont que mépris pour les "Kouffars" et les traîtres musulmans qui collaborent avec lui. .

Voilà comment en tirant sur un petit fil au nom imprononçable, le dhimmi, on finit par nager dans la bassine française de l’ignominie institutionnalisée. La pensée dominante est abjecte, ici et maintenant.

Alors, j’ai lu avec avidité le livre de Bat Ye’or. Je l’ai fait avec pas mal de mérite car l’auteur n’est pas Chateaubriand. Elle est d’abord une militante de l’état d’Israël et une fervente antigaulliste. Elle ne comprend pas comment De Gaulle a pu recommander à Golda Meir de ne pas s’engager dans une guerre préventive d’annexion et d'élargissement du son espace vital « qui durera cent ans ». Israël a fini par obtenir des accords avec de nombreux pays arabes et une normalisation des relations diplomatiques grâce à une politique de force constante. L’annexion de toute la Palestine et du Golan continue sans aucun frein. Jérusalem est devenue sa capitale. Les Palestiniens ne sont plus guère qu’une force d’agression subventionnée par l’Iran. Mais l’Iran commence à être contestée de l’intérieur par son peuple sacrifié à une quête religieuse de conquête et par l’Arabie Saoudite et les autres forces qui veulent l’empêcher de devenir dominante.

Bat Ye’or ne comprend pas que l’Union Européenne ne soit pas l’alliée naturelle d’Israël dans cette affaire ni pourquoi depuis les attentats de Munich, certains pays ont passé honteusement des accords permettant aux terroristes musulmans de séjourner chez eu, par exemple en Italie, sans poursuite. Ce serait mentir que d’affirmer qu’on puisse partager sans réserve tout ce qui est écrit.

Mais sa lucidité nous éclaire. Dialogue des cultures oui. Soumission et illusion non. Elle donne trop d’exemples de soumissions pures et simples pour que nous ne soyons pas alertés.

Lorsqu’un pays s’effondre, et la France ne s’effondre pas seulement dans le domaine économique, médical, énergtique et culturel, on trouve toujours des auxiliaires de la chute. Les Communistes disaient que le capitalisme financerait la corde qui le pendrait. Ils se sont effondrés avant. Parler de paradis sur terre en y créant l’enfer n’est pas durable. Parler du paradis dans les cieux en créant l’enfer sur terre est bien plus astucieux. Et nous avons les mêmes « collabos » qui sont au cœur même du réacteur de la pensée dominante dispensée en France dans les médias et à l’école.

En tirant le petit fil de la dhimmitude, une ignominie encore en place devant nos yeux et que nous refusons de regarder en face, nous avons vu arriver la cordelette, puis la corde, puis le filin, puis la chaîne et enfin l’énorme paquebot de nos renoncements à la liberté et à notre rôle. Comme pour l’économie déséquilibrée, l’écologie autodestructrice et le Wokisme des piloris et des discriminations, les organisations internationales et les ONG sont à la manœuvre, en particulier autour de l’ONU et au sein de la Commission Européenne, pour pousser à une domination musulmane contraire à nos principes. Mme Dali a voulu montrer que sa montre était bien molle et dégoulinante à l’heure de la pression musulmane. Mais Mme Van der Leyen avait pris la parole es qualité de président de la Commission, sans aucun mandat du conseil, pour se joindre à la meute qui exigeait la démission du vieux président du COJO japonais. Il avait dit « que dans les réunions, les femmes étaient bavardes et en allongeaient la durée ». Un crime infect naturellement contre le genre humain et les droits de même qualificatif. J.K. Rowlings a connu des déchaînements du même type lorsqu’elle n’a vu dans l’humanité que des hommes et des femmes.

Il faut hélas rappeler que les pays musulmans les plus fanatiques regorgent de ressources grâce à la manne pétrolière et gazière. L’argent sert la propagande musulmane en achetant beaucoup de consciences y compris les moins chères, qu’on trouve dans les ONG, les partis, et beaucoup d’échelons de l’université. C’est bien par exemple que V. Pécresse soit passée quelques heures en Arménie, mais qui, dans son parti, reçoit des chèques colossaux de ses liens avec l’Azerbaïdjan ? Le lobbyisme intéressé se porte un peu trop bien en France, ce qui n’améliore pas la qualité et la liberté de l’information.  

On est en train de voter au Parlement européen et bientôt au sein de la Commission, un texte qui vise à imposer aux entreprises, non seulement le respect de la loi, ce qui est le minimum, mais l’obligation de rechercher activement partout dans le monde chez tous les clients, les fournisseurs, au sein de toutes les filiales et succursales, si tous se sont bien montrés « inclusifs » avec les minorités, et ont eu le bon comportement Woke sous toutes les latitudes et longitudes. Le tout, sous la férule des juges européens. Gageons que toutes les exigences des musulmans fanatiques, déguisés en droit-de-l’hommistes version coranique, seront prises en compte : port du voile ; horaire aménagé pour les prières, possibilité de ne pas serrer les mains aux femmes blanches, avantage dans les promotions, non présence de symboles des autres religion, langage inclusif épuré des références culturelles européennes… Ils pourront se retourner contre l’entreprise si on les empêche de faire leur Jihad et de répondre à l’appel de tous les préceptes du Coran. Les entreprises qui viennent de pays qui pratiquent la dhimmitude et l’esclavage seront, elles, laissées tranquilles.

Aucune résistance n’est à attendre du francophobe Emmanuel Macron qui sert platement toutes ces folies et dont l'affirmation selon laquelle la Seine-Saint-Denis serait « la Californie sans la mer » a bien montré la rare pertinence.

Voilà ce qui apparaît lorsqu’on tire une petite ficelle d’information troublante, le meurtre sordide d’un dirigeant religieux non islamique en Irak, sous tutelle américaine, et qu’on fait venir toute la pelote tenue sous le boisseau.

Le rôle de la France est d’abord de défendre les droits de l’homme, les vrais, chez elles, et de faire en sorte que l’Union Européenne et l’ONU en soient le porte-voix. Tous doivent s’adresser au monde musulman en exigeant qu’il applique les règles minimales, dont le dhimmi ne fait pas partie.  S’il ne le veut pas et fait de la discrimination et du crime contre les non musulmans la base de sa pratique, alors il doit être contenu et éventuellement contrebattu. Il ne s’agit pas de réciprocité dans les abandons. Mais Cela veut dire que l’Occident se débarrasse de l’idéologie WOKE qui exige qu’elle se dépouille d’elle-même et ouvre grand la porte, au nom de la défense des minorités, aux manigances coraniques et notamment à ses conséquences démographiques majeures. Le plus difficile pour notre civilisation c’est qu’elle doit lutter dans son sein. Elle a éliminé le communisme. Elle doit se purger en moins de 75 ans du Wokisme. Si elle met autant de temps, en pratiquant la politique du mol édredon,  elle sera devenue musulmane avant la fin du processus, par submersion démographique et absence de défenses nationales, idéologiques et morales.

Pourquoi ne pas réformer le droit de grève

et mettre fin à une exception française délétère ?

La France est à nouveau l’otage des syndicats extrémistes, notamment et pas seulement, l’otage de la CGT. La ville de Marseille est envahie d’ordures. Les conducteurs de trains ont menacé de faire grève pendant les vacances. Les électeurs craignent que le programme Pécresse soit l’occasion de mouvements violents des syndicats de fonctionnaires, parce qu’elle a proposé de trancher dans les effectifs sous contrat public.  Les syndicats pèsent d’un poids excessif sur la politique française.

Madame Thatcher avait osé dire : « je ferais sortir le Royaume-Uni du socialisme ». Parmi les toute-premières mesures bienfaisantes qu’elle a prises, et qui ne sont plus remises en cause, figurent celles qui concernent le droit de grève. Le droit de grève est constitutionnel et depuis longtemps, partout en Occident, mais toutes les grèves ne sont pas licites et acceptables. Une assez grande diversité existe dans le cadrage, mais le cadrage lui-même existe et il est assez ferme.  Sauf au RU d'avant Thatcher et en France, encore aujourd’hui. Nul pays n’avait été aussi loin dans le laxisme que le RU de Wilson, puisque le syndicalisme était la base du mouvement travailliste. Les limitations imposées par Thatcher sont parfaitement démocratiques et justifiées. C’est pour cela qu’elles durent. On les retrouve à peu près partout dans le monde. Sauf en France, le pays de la gréviculture hystérique.

Premier principe : la grève ne peut pas poursuivre d’objectifs politiques.

            Corollaire 1 : une grève ne peut concerner que des revendications propres à l’entreprise.

Corollaire 2 : nul salarié d’une entreprise ne peut compromettre l’image de son entreprise dans des grèves et des manifestations qui ne la concerne pas.

Corollaire 3 : les grèves de solidarité sont interdites.

Corollaire 4 : l’appel à des grèves générales est interdit.

Second principe : une grève ne peut pas avoir un coût supérieur à l’avantage réclamé. En un mot, on ne peut pas ruiner une entreprise ou la nation par des grèves trop longues ou trop fréquentes ou ayant trop de conséquences négatives pour les tiers. Certaines techniques de grève qui limitent à l’extrême le coût pour les grévistes tout en ruinant radicalement l’entreprise ne sont pas tolérables. Un exemple : recourir massivement aux arrêts maladie et abuser du droit de retrait pour bloquer la production tout en étant indemnisé par l’entreprise. Au passage, les médecins et les juges complices doivent voir leur responsabilité recherchée.

Troisième principe : les services publics ne peuvent pas être interrompus par des grèves, quel qu’en soit le motif. De même, les services dépendant principalement d’argent public ne peuvent faire grève que dans des conditions précises et restreintes. Il y a bien longtemps qu’on a compris qu’on ne peut pas mettre des gens à garder un pont et les laisser rançonner ceux qui veulent le traverser.

Quatrième principe : les fonctionnaires, dont l’emploi est garanti, n’ont le droit de grève dans aucune partie de la fonction publique ou des services associés.

Cinquième principe : les exactions syndicales contre les biens et les personnes doivent être empêchées et sanctionnées, avec un pouvoir de décision laissé aux préfets et non aux juges pour stopper immédiatement les actions illicites. Aucune occupation d’usine, aucun vol de matériel ou blocage des entrées n’est acceptable, ni même aucune menace de le faire. L’action préfectorale doit être immédiate pour prévenir et faire cesser ces délits, sans attendre une décision judiciaire. Les sanctions doivent être immédiates et effectives. Les juges ne seront appelés que pour contrôler éventuellement l’action des préfets.

Les lois nouvelles n’ont pas empêché l’exercice du droit de grève au Royaume-Uni et elles ont permis de les pacifier et de concentrer la négociation sur des points précis et, un minimum, raisonnables. On notera que ces règles prévalent depuis des lustres aux États-Unis, en Allemagne, et dans les pays les plus démocratiques du monde.

Alors pourquoi pas en France ?

Pourquoi les politiques considèrent-ils ce sujet fondamental comme tabou ? Ce n’est même pas une question de gauche ou de droite. Les pays socialistes interdisaient toute grève, comme les pays fascistes, dirigés par d’anciens socialistes. Avoir un droit de grève qui s’exerce dans un cadre légal normal n’a rien de choquant. L’anormal c’est de voir qu’à la télévision et dans les radios d’état on présente la mutinerie qui a eu lieu lors d’un voyage du paquebot de France, avec emprisonnement des passagers et détournement du bateau pendant plusieurs jours, comme un haut fait sympathique, qui n’a donné lieu à aucune répression.  L’enseignement gauchiste dispensé dans le parcours scolaire milite dans le même sens. Tout le monde en est venu à considérer comme normal qu’il faille demander en justice l'expulsion des grévistes qui occupent un lieu de travail ou qui bloque un entrepôt.  Aux Etats-Unis, une occupation d’usine provoquerait aussitôt une action de force avec l'expulsion des occupants avec la violence nécessaire et de rudes condamnations… des grévistes.

La France doit revenir à une législation normale de la grève.  Aucun candidat n’a mis cette mesure élémentaire à son programme. Cela mesure la terreur dans les partis de droite d'affronter les dogmes illégitimes du socialisme anti démocratique.

Les services publics à la française, Moloch impuissant et ruineux. Pourquoi ?

La discussion sur la nécessaire compression des effectifs des services publics à la française ne date pas d’hier. Dès la fin des années soixante, certaines voix se lèvent pour constater que les générations d’énarques doivent trouver du boulot et qu’on ouvre chaque année de nouvelles « politiques publiques » exigeant du personnel et des responsables d’unités administratives. C’est le moment par exemple où commence vraiment la colonisation du domaine de la culture par l’état, bien avant que J. Lang n’ouvre les vannes en grand, et que le désir de diriger des entreprises devient très fort. De même l’écologie passe d’une administration purement parisienne à la couverture de tout le territoire. C’est l’époque où des régiments d’énarques montent à l’assaut des partis, à droite puis à gauche, alors que l’entrisme à la tête de conseils municipaux était déjà fort. La santé, l’agriculture, le tourisme, le commerce, les assurances viennent prendre le relais des postes perdus de l’empire français disparu.

La première raison de la création des molochs administratifs en France est l’expansion de l’énarchie, rapidement devenue une « énarchie compassionnelle et bienveillante » qui, « seule désintéressée », se devait de coloniser à peu près tout avec de bonnes intentions. La première mesure pour dégonfler le Moloch, c’est de mettre un frein à la production excessive d’énarques colonisant le politique, l’économique, les bancaires et évidemment une administration de plus en plus pléthorique. Ils ont inventé le numerus clausus pour les médecins. Il faut un numerus clausus pour les énarques.

Tant qu’il était financé par la croissance rapide, ce gonflement ne paraissait pas avoir de conséquences budgétaires graves. Tout va changer avec la crise de 1973-1974. Pour la première fois une crise extérieure très sévère, liée aux changes flottants et une dépendance nouvelle et de longues durées à une énergie chère, provoque la prise de conscience qu’il ne faut pas aller trop loin dans la bureaucratie triomphante. Mais la crise est payée exclusivement par le privé. Les salaires publics rattrapent et doublent les salaires privés massacrés par la récession. Une partie croissante de la population cherche le salut dans la fonction publique et les postes protégés par l’état, notamment en province, où l’industrie faiblit un peu partout, dans les charbonnages, le textile, l’habillement, les chaussures, les jouets et l’électronique. Lip, Boussac, Charbonnage de France, la sidérurgie lorraine, s’effondrent dans les années soixante-dix. On s’attaque au revenu aux chirurgiens et aux architectes, et d’une façon générale aux grands sachants. On crée un numerus clausus pour les médecins. La haute administration triomphe. Elle, elle ne souffre pas, et ses réseaux enflent.

L’instauration d’un régime socialiste par Mitterrand, à l’envers de tous les autres pays, aboutit à une extension généreuse de toutes les politiques publiques avec la promotion d’hommes qui deviendront de véritables satrapes. Surtout Mitterrand promeut une vague d’énarques qui vont faire sauter tous les verrous. Aussitôt la croissance s’évanouit et on est au début du processus de grande stagnation qui fera qu’en 2020 le PIB par tête sera quasiment le même qu’en 1980. La décentralisation provoque un gonflement totalement inconsidéré des effectifs dans les collectivités locales. La dépense publique rejoint puis dépasse la valeur ajoutée du secteur privé.

La crise très dure de 93-94 en France (elle a commencé en 91 aux États Unis et éclaté en 92 au RU) ravage les comptes publics et impose qu’on remette de l’ordre. Mais comment demander aux Énarques qui ont gonflé le Moloch, ne serait-ce que pour avoir des places, de revenir en arrière ? L’énarchie décide qu’il faut priver encore plus « les sachants » de leur pouvoir au profit des managers publics, c’est-à-dire eux. Les médecins perdent le contrôle des hôpitaux, les architectes et les urbanismes le contrôle de l’urbanisme et de la construction. Seule la justice et l’enseignement résistent. Pas trop d’énarques mais des restrictions de moyens drastiques. La litanie des plans Juppé, x ou y, gagne la République, aussitôt contrés par les manifestations et les blocages de la CGT. Pas touche à notre vivier de fonctionnaires et d’agents publics ! En même temps la couverture réglementaire s'accroît partout, chaque secteur économique devant d’abord s’incliner devant sa « tutelle ». Les expressions « qu’en pense la tutelle » ou « que veut la tutelle », se retrouvent partout, de l’urbanisme commercial aux transports, de la construction de logements aux grands travaux, en fait partout. Le jeu c’est : réglementations, taxes et subventions. Même l'artisanat, via les Capeb, se voit chapeauté par l’énarchie et passe sous tutelle. Même la production artistique des peintres et des sculpteurs, désormais dépendante des FRAC, passe sous tutelle, après le théâtre, les maisons de la culture, le cinéma et l’art lyrique.

La crise de 1998 puis celle du début du XXIe siècle vont conforter toutes les tendances. On n’a plus de ressources. Les salaires reculent par rapport à l'étranger ; La France se paupérise. Les énarques commencent à chercher des carrières d’argent hors ou aux confins des emprises de l’état. Ceux qui restent passent leur temps à tenter des réformes pour contrôler l’envol des dépenses. Mais on ne peut pas confier à un énarque, qui a besoin de troupes, des politiques de contrôle en volume des effectifs, sans toucher aux missions. Les énarques ne sont pas des techniciens. Ils contrôleront les techniciens qui seront mis partout en situation difficile. La justice est effondrée dès la fin des années quatre-vingt-dix, comme l’enseignement qui est déjà à genoux, comme la médecine. L’armée fonctionne avec des bouts de ficelles.

Au terme de cette évolution, les énarques ne veulent pas qu’un tiers prenne les commandes présidentielles et cassent leur empire administratif et politique. Ils font un véritable pronunciamiento et portent au pouvoir l’énarque Macron qui gérera la France seule, avec dix copains énarques, 10 milliardaires et quelques beaux jeunes gens à yeux bleus, en ne s’occupant que de son narratif et en se garde bien de faire la moindre réforme touchant l’administration et ses effectifs qui continue à gonfler.

20 ans après les débats du forum du Monde qui portaient, dès 1998, largement sur la déchéance des services publics, tout s’est dégradé. Les comptes publics sont ravagés. La dette est effarante. La fiscalité est hystérique. Les réglementations sont extravagantes. La politique de santé publique est ce qu’on constate. L’enseignement est totalement déclassé (la suppression des mathématiques et la priorité donnée aux minorités agissantes, privent même les grandes écoles de …candidats). Le supérieur est devenu une foire d’empoigne Woke de très mauvaise qualité, pratiquement un mauvais lieu. Les arts sont en perdition. Le cinéma est minable. Le théâtre grotesque. La peinture et la sculpture ont disparu du décor. La place de Paris n’est plus tendance.

Jamais les politiques de dégonflement du Moloch administratif n’ont voulu contenir la demande de services publics. L’inondation de l’immigration pauvre a saturé tous les services concernés. Mais personne n’a réellement bloqué les flux entrants. On a cessé de poursuivre la « petite délinquance », elle a très normalement explosé en nombre. Si tout le monde est noyé c’est largement à cause de ce laxisme. En revanche on a criminalisé beaucoup d’aspects de la vie civile qui ne l’étaient pas, multipliant les besoins judiciaires. La haute administration a vu dans les associations des partenaires actifs et intéressés pour faire gonfler le champ et l’intensité des politiques publiques. Elles se sont énormément développées, souvent en liaison avec un champ réglementaire qui a élargi leurs pouvoirs.

Il va de soi que la réduction du temps de travail et de l’âge de départ à la retraite n’a rien arrangé. Il fallait plus de monde pour faire le même travail… dans le désordre.

On charge souvent l’Europe du crime d’avoir essayé de contenir les déséquilibres globaux en France et finalement d’avoir étouffé les services publics. Disons-le clairement : le Moloch administratif français est une création bien française et ne peut être réduit que par la diminution de la demande d’administration et une adaptation sévère des moyens (ce n’est pas en cachant les services derrière des barrières informatiques qu’on améliore quoi que ce soit).

Ajoutons que l’option socialiste qui a conduit au déclassement économique du pays a fait baisser drastiquement le niveau dans bien des secteurs, les meilleurs quittant la France pour l’étranger.

La spirale du déclin dans l’enseignement est bien connue : si le niveau baisse alors la prochaine génération d’enseignants aura un niveau en baisse etc. La fuite des excellents scientifiques et des bons techniciens est documentée. La grande médecine se fait désormais de plus en plus ailleurs qu’en France.

Conclusion :

Si on veut contrôler les molochs administratifs français, il faut :

-        Sortir du socialisme et chercher le grand redressement

-        Sortir de la maîtrise du politique par la haute administration, en créant une cloison étanche entre politique et haute administration.

-        Sortir de l’élargissement sans fin du champ des politiques publiques

-        Redonner le pouvoir aux sachants tout en créant un contrôle de gestion sérieux et pas nécessairement public.

-        Supprimer le statut de fonctionnaire pour la majorité des postes d’exécution comme ils l’ont fait en Suisse. On ne peut pas réformer un monde d'employés qu’on ne peut pas virer.

-        Casser la folie réglementaire et restreindre l’emprise des associations.

-        Réduire les doublonnages entre mairies, départements, régions, état, Europe.

-        Chercher d’abord à réduire les besoins de politique publique avant de s’attaquer aux moyens.

-        Donner au parlement les moyens d’un contrôle efficace des politiques publiques comme aux États-Unis.

-        Réduire drastiquement les « droits à » surtout constitutionnalisés.

-        Réduire d’abord les impôts et adapter l'appareil bureaucratique au niveau fiscal nécessaire.

-        Créer un plafond d’endettement comme aux États-Unis, qui ne peut être levé que par un vote des deux chambres.

Il est simpliste de se contenter de dire que l’administration a trop de gras et pas assez de muscle. Elle est bien trop musclée sur bien trop de sujets. Et trop paresseuse structurellement également en bien trop d’endroits. C’est pour cela qu’elle étouffe et ruine le pays. Hier les juges lillois proposaient de ne travailler que six heures par jour en dépit des milliers de dossiers en souffrance ! Avec un taux d’absentéisme de 20 % ? S’il y a trop de travail, on ne peut pas travailler c’est bien connu. Quand a-t-on entendu les syndicats de juges exiger qu’on limite la pénalisation de la vie sociale de façon outrancière ? Qu’on limite l’explosion de la demande pénale ? Qu’on simplifie la procédure pénale ? Qu’on sanctionne plus et plus vite les délinquants d’habitude ? Rions ensemble mes bien chers frères en bureaucratie militante !

Dans mon livre Sortir du désastre j’ai donné un exemple vécu du laxisme des procureurs lorsqu’il s’agissait de sanctionner des escrocs d’habitude. Au lieu de bloquer un délinquant dès le départ on le laisse multiplier les escroqueries indéfiniment et après on s’étonne d’être envahi par les dossiers !

Toute la dérive des 50 dernières années se trouve résumée dans la lettre que l’énarque Chirac a envoyée à l’énarque Giscard, pour se partager le pouvoir, dont on ne trouve plus nulle part le texte, longtemps sur internet, et qui est pourtant si révélateur. Il lui proposait de s’entendre entre énarques pour dominer perpétuellement la politique. De mémoire, une des propositions était de se moquer des demandes de réduction du nombre de fonctionnaires et de continuer à renforcer le Moloch !

Hier soir l’énarque Macron, l’hyper narcissique qui ne pense maladivement qu’à son narratif et au destin de sa petite personne, a confirmé qu’il ne fallait surtout rien faire qui touche l'administration et ses effectifs. Giscard, Chirac, Fabius, Rocard, Jospin, Aubry, Villepin, Hollande, Philippe, Castex, Macron… Le Moloch vous salue bien !

LR - Zemmour. Pour qui sonne le glas ?

Depuis que le mouvement gaulliste a été récupéré par la haute fonction publique, il sombre progressivement et finira sur le côté des grandes avenues politiques. Ce qui est arrivé au parti socialiste, lui aussi capté par l’énarchie triomphante, ne laisse pas de doute sur le résultat. Aubry, Fabius, Guigoux, Rocard, Jospin, Hollande ont signé la mort du mouvement social et ont fini par sombrer dans le socialisme de sous-préfecture. Giscard, Chirac, Balladur, Juppé, Seguin, Villepin, Copé ont fini dans un étatisme envahissant et sans connexion avec le pays. Macron a provoqué un pronunciamiento pour éviter la prise de l’Élysée par un non-énarque et en réunissant à faire venir des énarques de droite comme Le Maire, Philippe et Castex, il a fini de détruire la gauche dite de gouvernement et bien entamé la droite auto proclamée « républicaine ». LR se choisit comme candidate une énarque, seconde du concours d’entrée, qui s’était écartée quand l’énarque Wauquiez, premier du concours d’entrée, avait pris le pouvoir. Bertrand avait cru dissiper l’hostilité des énarques en proposant le poste de premier ministre à Wauquiez. Peine perdue. La proximité programmatique entre l’énarque Macron et l’énarque Pécresse, confortée par la démarche proche de l’énarque Philippe, rend illisible la candidature Pécresse. « Je suis une femme un tiers Thatcher et deux tiers Merkel » est un slogan perdant s’il n’est pas appuyé sur un programme fort. À partir du moment où elle ne reprend pas le slogan Thatchérien « je vais extirper le socialisme de mon pays » et où elle ne comprend pas que Merkel avait à régler le retour de l’Allemagne de l’Est dans le giron de l’ouest, et à assurer la domination économique du géant reconstitué, objectif partagé par tous les Allemands qui y voyaient une réhabilitation historique, son slogan est totalement creux.

Le PS a cru que choisir une femme fonctionnaire épouse d’énarque sauverait le parti. Elle se traîne à 2% dans les sondages. LR avec sa femme énarque fera mieux mais n’a aucune dynamique.

Valérie Pécresse qui est une vraie pointure avec un parcours assez extraordinaire (et pas seulement scolaire, ses aventures russes et japonaises sont très intéressantes) a deux faiblesses qui sont très attachées à sa personne : elle a accepté de rejoindre en 2002 les Young Leaders de la French-American Foundation ; Américanisme et européisme de bon aloi atlantiste ne sont pas très en phase avec les nécessités du moment. Son mari, Jérôme Pécresse, polytechnicien, renforce cette image atlantiste à la fois par son parcours au Crédit Suisse First Boston, avant de faire carrière chez Alstom dont la cession à General Electric reste un des scandales récents. Un joli couple mais pas exactement exemplaire de la souveraineté et de l’indépendance française dans une ambiance de mondialisation et d'européisation malheureuses.

Le coup de vent sur les espoirs de LR est venu de Villepinte, dès le lendemain de l’intronisation. Eric Zemmour se replace exactement dans les traces du RPR de 1976, avant la grande « trahison » chiraquienne et annonce une reconquête. La différence d’ambiance entre les 10 000 à 12 000 participants à la fête, et les bisous échangés chez LR après l’annonce du choix de leur candidate, signait la fin de l’euphorie mineure de la fête interne de LR. Tous les thèmes dont aurait dû s’emparer la nouvelle élue ont été récupérés par Zemmour, la laissant sans discours, sinon un narratif centré sur sa personne, dont tout le monde se moque.

Désormais, l’énarchie revient à son comportement de groupe : il faut faire éliminer Zemmour par les médias et la justice. Après on verra à choisir entre l’énarque Macron et l’énarque Pécresse.

Tout va se jouer dans les deux mois. Si Pécresse reste à 12-16 %, c’est fichu pour LR. Et si Zemmour repasse devant Le Pen, c’est fichu pour le RN. Ne resteront que les exactions des nervis d'extrême gauche, le matraquage des médias et les juges pour refaire l’opération Fillon d'expulsion d’un candidat en position de gagner. Mais que restera-t-il de la démocratie en France après deux opérations de ce genre ?

Ce sera à nouveau une bataille d'image d'où les éléments programmatique seront bannis. Macron l'a parfaitement compris qui a aussitôt commanditée une émission de 2 heures sur TF1 pour soigner son image, sans jamais parler d'autre chose que de lui-même. Pendant ce temps là on a le droit à la vie épatante de Valérie de la naissance à nos jours. "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Mais je le suis un peu plus que tout le monde". A pleurer !

La vraie question sur l'avenir de la France

Le meilleur thermomètre pour mesurer les évolutions économiques de long terme est la production intérieure par tête (PIB). La comparaison est un peu délicate car il y a eu un changement de monnaie et une érosion continue de la valeur de chacune des deux monnaies successives. Les spécialistes arrivent facilement à surmonter ce genre de difficulté et les résultats sont sans appel : le PIB par tête est quasiment le même fin 2020 que celui de 1980. Quarante années de stagnation !

Il ne faudrait pas croire qu’il s’agisse d’un constat récent ou établi par des commentateurs approximatifs, marginaux ou contestataires. Par exemple DG Trésor, qui dépends du ministère des Finances publie le 13 juin 2014 une note qui fait le point sur l’évolution des quarante dernières années et qui précise froidement : « la position de la France située en 1975 au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, est maintenant en-deçà de la plupart des grands pays développés ». Au plus haut sommet de l’Etat on sait parfaitement que la France est en déclassement de longue durée sans que cet état de fait ne provoque la moindre émotion. Personne n’en tire la conclusion qu’une urgence politique s’impose pour mettre fin à cet effondrement relatif. Sans surprise, la situation depuis n’a fait que se dégrader. La France s’enfonce.

L’hebdomadaire Marianne a effectué les calculs pour certaines catégories d’enseignants et est parvenu à des résultats pires encore : leur revenu a baissé ! Stagnation générale, recul par rapport aux autres nations et paupérisations absolues catégorielles forment l’histoire économique récente. Toutes les catégories professionnelles, et pas seulement les infirmières et les enseignants, constatent que la rémunération en France est moindre qu’en Allemagne, qu’en Suisse, qu’aux États-Unis, qu’en Grande Bretagne… Les Français ont voulu connaître une expérience socialiste à rebours du monde entier. Le coût de cette lubie a été démesuré. Pendant ces quarante années les économies ont continué à croître dans les pays correctement gérés. Nous sommes désormais au 29e rang mondial pour le PIB par habitant à 43 551 dollars, selon le classement du FMI. La Suisse est passée de 20 000 dollars en 1980 à 86 000 dollars aujourd’hui, soit plus de 400 % de hausse, et un résultat final exactement le double de la France ! Ne parlons pas du Luxembourg qui a atteint 109 192 dollars. Nous sommes dépassés par presque tout le monde en Europe : l’Allemagne, la Grande Bretagne, la Suède, la Finlande, les Pays bas, l’Irlande, la Belgique… L’expérience socialiste prolongée nous a conduits à un terrible déclassement qu’il est impossible désormais d’occulter, de nier, de minimiser et dont il est impossible de s’exonérer.

 L’année 1980, base de notre comparaison, était particulièrement difficile. Toute la décennie précédente avait été marquée par les conséquences du désordre monétaire international provoqué par la politique américaine et notamment sa conséquence sur les coûts pétroliers. Un second choc pétrolier avait été subi deux ans avant. La situation s’était tellement dégradée que Raymond barre avait été appelé pour faire face à un déficit du budget de 15 milliards de francs, un déficit du commerce extérieur de 10 milliards et un besoin d’endettement de 15 milliards. En se comparant à l’année 1980, on prend un point bas de l’histoire économique récente. Qu’on soit resté aussi bas est consternant.

Comme Pierre Antoine Delhommais en fait la remarque malicieuse dans le Point du 18 novembre 2021, le déficit du budget actuel de la France est de 197 milliards d’euros, celui de la balance commerciale de 90, et le besoin de financement par la dette de plus de 200 milliards. Ceux qui veulent vraiment se rendre compte de la dérive, peuvent convertir en francs les déficits actuels (il suffit de multiplier par 6,55957) et les comparer à la situation que voulait corriger Raymond Barre. Attention au vertige !

On considérait la situation critique alors que le déficit était à 1.8 % du PIB, contre 8.4 % aujourd’hui, la dette à 16 % du PIB contre 110 %, le chômage à 3.8 % contre 8 %. Et M. Macron aurait le droit de se présenter en triomphateur qui a remis la France sur pied ? Alors qu’on est au fond du trou ?

Oui les quarante années qui ont suivi la mise en place du programme commun de gouvernement qui a assuré le destin électoral de François Mitterrand, constamment aggravé ultérieurement par les gouvernements Mauroy, Rocard, Jospin, Ayrault, Valls, Philippe et Castex, ont été un véritable désastre. Les gouvernements de droite, arrivés au pouvoir en général dans la foulée d’une récession mondiale, comme Balladur, Juppé et Raffarin, n’ont eu ni la latitude ni souvent le courage de lancer une politique difficile de grand redressement, alors que le corps social était ballotté par les crises successives et rétif. Le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac de 1986 à 1988 est le seul à avoir tenté d’enrayer la chute. Mitterrand sera réélu. L’opportunisme électoral voudra, au sein des dirigeants de tous bords, qu’on ne se batte plus contre une opinion publique dirigée par une idéologie néfaste mais dominante et que l’on cherche à l’étranger, par la construction européenne renforcée, le moyen d’éviter les conséquences les plus délétères pour les grandes entreprises. On ajoutera la perte de souveraineté et de la fierté nationale au déclin économique et social.

Le déclassement économique est indiscutablement une composante majeure du malheur français tel que l’a examiné brillamment Marcel Gauchet d’une façon plus globale et auquel il a consacré deux ouvrages qui font l’unanimité aujourd’hui parmi les élites et s’impose comme la caractéristique nationale principale.

Triste réalité : ce malheur français a été voulu avec un certain acharnement par les Français eux-mêmes.

Les Français montrent désormais par des signes nombreux qu’ils ont compris le déclassement économique que la France a subi depuis la victoire de l’Union de la gauche en 1981. Les ouvriers ont déserté aussi bien le parti communiste que le parti socialiste. Ce dernier le lui a bien rendu en ne s’intéressant plus qu’aux fonctionnaires, aux populations immigrées et aux folies de nouvelles radicalités totalitaires, violentes, masochistes et autodestructrices. Les jacqueries des Bonnets rouges puis des Gilets jaunes ont montré qu’il ne fallait pas aller trop loin dans les contraintes à imposer à des populations paupérisées.

La France, aujourd’hui, veut que la descente aux enfers s’arrête et se cabre devant une idéologie dominante dans les médias qui reste figée dans les dogmes du socialisme de 1980. Mais, au-delà de la crispation déclarée « populiste » par les élites médiatiques, comment faire alors qu’un alarmisme écologique extrême pousse à des amputations drastiques des moyens de la croissance ? Comment éviter un malheur économique sans fin ?

Telle est la vraie question posée aux électeurs pour cette nouvelle élection présidentielle.

Architecture, énarchite et bureaucratie délirante

À l’heure où la ville de Paris détruit la seule place construite à Paris depuis 40 ans, avec la volonté de construire une vraie place, ce qui devrait mobiliser la rage de tous les architectes et du ministère de la Culture devant un vandalisme caricatural de Verts minables (les fameux Verts de terre) et de leurs auxiliaires socialistes et communistes qui détruisent la capitale, que font donc ensemble l’ordre des architectes et le ministère ?

Notons que l’ordre a été créé par Pétain pour que l’administration dispose d’un « fascio » et encadre la profession, comme il a été fait pour toutes les professions autrefois dites libérales. L’ordre des médecins et ses petits politiciens professionnels se signalent en ce moment même par des actions grotesques et hideuses contre le professeur Raoult. Le ministre de la Justice lui poursuit de sa hargne le conseiller Prats qui a écrit deux livres pour dénoncer le gaspillage et le pillage de la sécurité sociale, au nom du devoir de réserve. Il s’agit toujours de la même préoccupation pétainiste : encadrer tout le monde pour sanctionner toute attitude contraire au narratif gouvernemental.

Ne soyons donc pas surpris que le conseil national de l’ordre des architectes crie au triomphe pour avoir créé, avec la caution de Mme Bachelot, vieux cachalot de la politique spectacle pas drôle, un nouvel observatoire. Cela fait des lustres que la création d’observatoires à tire-larigot est dénoncée comme la marque d’une bureaucratisation gaspilleuse et inutile. Il y en a des centaines dont beaucoup ont cessé leurs « activités ».

Nous voici donc avec un observatoire. Pour quoi faire ?

« l'Observatoire de l'économie de l'architecture, lancé le 16 novembre aura notamment pour mission d'éclairer les zones d'ombre de la profession, en particulier concernant les architectes qui ne sont pas inscrits à l'Ordre mais qui exercent l'architecture ou des métiers "connexes". Les pouvoirs publics et la profession veulent en savoir plus sur le métier d'architecte et l'économie de la filière "pour mieux la soutenir et la valoriser". C'est le sens de la création de l'Observatoire de l'économie de l'architecture, lancé officiellement le 16 novembre à la Cité de l'architecture et du patrimoine, à Paris. Agences, administrations, entreprises de la construction, professions libérales, salariés, étudiants, inscrits à l'Ordre et non-inscrits, professions connexes… L'idée est de mieux connaître la profession dans sa diversité, des activités aux modes de travail ».

Les mots sont choisis : zones d’ombre ! Attention les gars, il y a des aliens parmi nous qu’il va falloir chasser. On sera tellement mieux quand on aura saisi la diversité des activités pour la réduire. C’est que l’ordre ne connaît que les inscrits à l’ordre, dont la seule vocation est de tenir le Tableau des « vrais » architectes présentant toutes les garanties d'éligibilité à la fonction, c’est-à-dire en clair, de savoir s’ils sont diplômés et assurés. A-t-on raisonnablement besoin d’un ordre pour savoir qu’un architecte est diplômé et dispose d’une assurance ? Il suffit que le maître d’ouvrage demande les certificats nécessaires comme dans toutes les autres professions. En vérité l’ordre ne sert qu’à donner des postes rémunérés à des architectes sans talent qui trouvent dans la politique le moyen d’obtenir un peu d’argent et pouvoirs. Pour obtenir des moyens, ils pillent la profession et ouvrent des services qui seraient assurés mille fois mieux par d’autres. Ce qu’ils ne peuvent même pas empêcher. Du coup, l’ordre est marginalisé et cela l’embête. Alors il se retourne vers l’État pour obtenir des moyens de contrôle. En avant dans l’imbécillité coûteuse d’un observatoire public qui a pour unique but, non pas de valoriser la filière, mais d’obtenir des réglementations corporatistes de la « tutelle ».

Ladite tutelle cède parce que cela justifie son rôle et que cela calme des architectes à qui on a fait tout subir pour qu’on se passe d’eux, au prétexte de faire des économies. Giscard a été le roi de la bureaucratisation, ruine, exclusion de la profession d'architectes. L’ouverture à l’Europe a achevé le travail. Du maître d'œuvre au concepteur et à l’entreprise, l’ouverture aux autres a tout balayé, reléguant les doctrines pétainistes et leurs institutions dans la virtualité.

La démagogie qui a régné après mai 1968 fait que le « partage de la commande » est devenu l’objectif démagogique des politiciens de la profession. Du coup la profession se ruine en concours pour tout et rien. L’obligation de concours renchérissant les coûts, les hauts fonctionnaires ont décidé de contourner l’affaire. Ils ont inventé pour cela le MAPA, un dispositif qui permet de contourner les règles du marché public. Pour ceux qui veulent apprécier la splendeur bureaucratique de la « procédure adaptée », qu’ils consultent les sites suivants :

http://www.marche-public.fr/Marches-publics/Definitions/Entrees/procedure-adaptee.htm

MAPA - Marchés passés selon la procédure adaptée ! Lien pour télécharger : le CMP, le CCP 2021, les 6 CCAG, le CCTG, les DC1, DC2, ATTRI1 (Ex DC3), ATTRI2, DC4,...

C’est tellement fou que cela devient drôle.

Le résultat : virer l’architecte en passant directement le marché à une entreprise qui verra bien s’il en faut un et pour quoi faire. En général elle s’en passe et utilise ses propres bureaux, sauf quand il faut une signature pour des plans et une négociation de permis compliquée. Et pour cela elle a ses architectes salariés…

L’architecte libéral français comme le « mandarin » médical ont été l’objet, dans la foulée de mai 1968, d’une destruction fiscale et administrative dont on voit les résultats et dans le secteur de la médecine, dont la bureaucratisation et l’étiolement sont désormais bien connus (sans que rien ne soit fait par les énarques qui nous gouvernent pour revenir un tant soit peu en arrière) et dans le mépris quotidien pour la création architecturale. La destruction de la place de Catalogne dans le silence général en est le plus parfait exemple. Un bon architecte aujourd’hui est un laquais grotesque qui met des feuillages sur ces façades et des jardins sur la terrasse faîtière avec une activité pseudo-agricole mais collective. Pour le reste on fait appel à des agences internationales non françaises par snobisme.

Ajoutons que le localisme débile des collectivités locales les a conduits à privilégier les nullités sauf dans les grosses affaires en général génératrices de grosses filouteries et prévarications.

Alors la vie architecturale n’a pu se développer dans ce milieu hostile qu’en prenant mille formes diverses permettant tout de même de faire quelque chose grâce surtout à l’international avec quelques belles carrières pour des architectes de qualité et nationale pour des architectes faisant en général n’importe quoi pour complaire et ne contrôlant pas une exécution souvent lamentable.

L’ordre pétainiste ne comprend pas ce foisonnement qui blesse sa volonté d’encadrement pour rien. Nous voici donc avec un observatoire. C’est toute la profession foisonnante qui va s’ingénier à sauter les grilles de cet observatoire-là !

Il faut supprimer les ordres pétainistes. Et supprimer la tutelle des hauts fonctionnaires en général parfaitement incultes en matière architecturale et en urbanisme. Quant au ministère de l’inculture crasse politisée et « wokisée », il suffit de voir qui a tenu le poste ces dernières décennies et la disparition de la place de Paris comme centre du monde artistique, pour savoir qu’on peut le transformer en sous-secrétariat aux Beaux-Arts avec bénéfice.

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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