Taxe Zucman : l'aveu implicite d'une inspiration communiste

Merci à Gabriel Zucman d’avoir donné une clé d’interprétation significative de sa taxe, devenue virale dans le cadre de la grande opération de séduction du parti socialiste lancée par Emmanuel Macron, pour sauver les deux années restantes de son quinquennat. Dans un article sur Linkedin, il souhaitait répondre à ceux qui démontraient qu’elle ferait sombrer la croissance des entreprises concernées. Son argument : Il faut séparer l’actif de l’entreprise que la taxe n’altérerait pas et les administrateurs et actionnaires, les « hommes de papier », qu’on peut exproprier à petit feu sans dommage.

Gabriel Zucman reprend à son compte une distinction qui était courante en URSS et qui a été la base notamment de la politique soviétique en matière d’organisation de l’agriculture. La réification du paysan, devenu koulak en Russie et koulkoul en Ukraine, est équivalente à celle du patron propriétaire devenu un « papier » et non une personne de chair et de sang. On pouvait tout faire subir aux Koulaks. L’important était les semences, le tracteur et l’engrais. L’agriculture soviétique a été un désastre. Dès la chute du système communiste, on a assisté au retour de la grande vocation de l’Ukraine qui était d’être le grenier à grains du monde, rejointe par la Russie.

La vérité : une entreprise est un tout.

La leçon d’hier rejoint celle des grands États du moment. La Chine exige qu’une filiale étrangère soit associée à une société chinoise. Trump exige que le Tik Tok américain soit vendu à des Américains. On a pu vérifier qu’Orange privatisée n’est pas la même entreprise que France-Télécoms.

Stigmatiser de façon méprisante les propriétaires, et vouloir les exproprier progressivement sans indemnité, en pensant que l’entreprise elle-même n’en serait pas affectée dans ses résultats, est une pure spéculation idéologique de militant qui ne tient aucun compte de la réalité.

Merci vraiment pour cette clarification bienvenue qui souligne une inspiration communiste assumée, ce qui est bien toujours un peu surprenant quand on réfléchit aux 75 ans d’échec de ce régime avant son effondrement de l’intérieur. Elle permet d’en prévoir les conséquences et explique pourquoi beaucoup pensent qu’elle doit être dénoncée et écartée sans faiblesse dans une société de liberté où la propriété a valeur constitutionnelle.

Il est intéressant de noter qu’en France, pour être un économiste en vue, il suffit de proposer des taxes : taxe Tobin un temps ; délire Pic(po)ketty, ensuite ; taxe Zucman aujourd’hui.

Le Français, né malin…

Rappel : ce que nous disions début 2017

Pas une ligne à changer

Échec de l’économisme ou échec de l’économie ?

Dès la fin des années cinquante, marquées par l’exceptionnel enrichissement de ce qu’on appellera « les trente glorieuses », des voix se sont élevées pour expliquer que cette richesse n’était pas un vrai bien mais une aliénation, non pas un progrès mais une illusion. L’individu devenait solitaire dans la foule. Le dépouillement était de toute façon une valeur chrétienne fondamentale. La jouissance était un péché de gourmandise. Les religieux ont les premiers « sonné le tocsin » contre les méfaits du matérialisme. Les philosophes ont pris le relais. Dès la moitié des années soixante, on se piquait chez beaucoup d’entre eux de promouvoir le non-travail, le temps libre. On pouvait enfin accéder, grâce à l’automatisation (on ne disait pas encore : aux robots), à l’idéal grec : philosopher sans rien faire, sans l’ennui moral de l’esclavage. Les philosophes sont devenus de plus en plus critiques à mesure qu’ils étaient concurrencés par les sociologues. L’ennui était leur marxisme « méthodologique » qui leur a fait dire de multiples sottises et les a conduits à soutenir un système d’aliénation totale pour libérer l’humanité d’une aliénation supposée par la consommation.

L’économiste est devenu une espèce de galeux idéologique pour les tenants des religions, des idéologies, des idées et du primat du politique. Il est vrai qu’aux États-Unis, la croyance des économistes qu’ils avaient enfin trouvée leur pierre philosophale, la croissance indéfinie sans crise, les avait encouragés à pousser la discipline dans les universités et à obtenir des recrutements massifs dans l’administration dès le début des années soixante. Les autres pays suivirent et imitèrent. La place des économistes comme celle des sociologues grandit massivement dans les médias et la discussion politique.

Cinquante ans plus tard, il est curieux de constater qu’un nouveau mot est apparu dans les pays développés : l’économisme, forme de maladie sociale et intellectuelle grave, au même moment où l’effondrement du socialisme voyait des milliards d’humains se précipiter vers la consommation, sans tenir compte le moins du monde des idéalistes qui avaient mené le combat contre l’horreur communiste et qui croyaient à un socialisme à visage humain. La sauvegarde de la terre, ambition de droite dans les années d’avant-guerre, est devenue dès le début des années soixante-dix une ambition de gauche. L’écologie a décrété que l’économie était une maladie grave qui tuait la nature nourricière et que les Trente Glorieuses étaient en fait un génocide des espèces vivantes et, ses tenants, des criminels.

Nous en sommes là avec le retour des guerres de religions, la condamnation ontologique de l’individualisme, le refus du progrès, la condamnation de l’abomination des marques, et la désarticulation des clivages politiques traditionnels.

En France, la victoire surprenante d’un des candidats, Emmanuel Macron, avec effondrement des partis de gouvernement traditionnels depuis 1944, la gauche, le centre et la droite dites républicaines, provoque une montée d’adrénaline chez tous ceux qui considèrent l’économie, c’est-à-dire la prospérité matérielle, comme une tare.

Le Figaro Magazine a cru devoir ouvrir avec eux le procès de « l’économisme », succédané honteux d’une vraie religion, supposé animer les forces politiques balayées par le soudain tsunami, mais aussi le jeune vainqueur, ce qui paraît inacceptable à MM. Patrick Buisson et Marcel Gauchet. On le conjure d’abjurer cette funeste hérésie.

Pour eux tout le monde a tort dans cette affaire, les anciens comme les modernes.

Certes, affirme Buisson, le nouveau chef « a parfaitement analysé le vide émotionnel et imaginaire que la disparition de la figure du roi a creusé dans l’inconscient des Français ». « Accomplir des gestes et des rites qui ne vous appartiennent pas, qui viennent de plus loin que soi, permet de s’inscrire dans une continuité historique et d’affirmer une permanence qui transcende sa propre personne ». Voilà pour le satisfecit. Mais « Emmanuel Macron apparaît comme « la figure emblématique de cette nouvelle classe dominante qui aspire à substituer à tous ceux qui aspirent à un salut hors de l’économie […]». C’est très mal parce qu’« un système où l’économie commande l’organisation de la société est incapable de produire du sens ». Revoilà Mounier et sa « dissolution de la personne dans la matière ».

La droite a perdu pour ne pas avoir compris qu’il fallait en fait recréer un grand mouvement conservateur enraciné et enracinant, « subordonnant la matière à l’esprit », qui permettrait « de mettre fin à l’abaissement du politique au niveau de la gouvernance économique ».

Pour Marcel Gaucher le grand virage s’opère en 1974, « une rupture économique et sociale mais aussi anthropologique comparable à celle de 1 492 ». Wall Street et la City ont pris le manche dans la foulée de la hausse des prix du pétrole. Depuis « l’économie et la technocratie règnent en maîtres ». L’atomisation de la société autonomise les individus, désormais irréductibles à une classe. Privées de l’Église et du Parti communiste « les sociétés européennes seraient désormais confrontées à un malaise existentiel profond ».

En un mot l’homme nouveau du nouveau monde dominé par l’économisme, est désormais seul et désenchanté. Du coup il en vient à voter, dans l’extase, pour le vide macronien.

Bien entendu, notre résumé est réducteur. Les réflexions de nos deux auteurs sont souvent riches et intéressantes. Mais nous ressentons un profond désaccord sur un point : ce ne sont pas les économistes et leur religion supposée que serait l’économisme qui sont au cœur des mouvements constatés.

La grande mutation ne date pas comme le dit Gauchet de 1974 mais de 1971 où, pour des raisons impériales, les États-Unis prennent à contre-pied toutes les doctrines économiques du moment pour instituer un système de changes flottants et de domination économique violente. Il s’agit d’une voie de fait qui aboutira à une baisse tendancielle de la croissance, à l’aggravation des crises périodiques et à la montée de l’endettement, ce que nous appelons une économie baudruche, indéfendable en doctrine. Les économistes n’ont pas triomphé dans l’affaire : ils se sont couchés, car ils n’avaient aucun moyen de s’opposer sans risque de carrière ou par médiocrité. Seuls des économistes comme Sauvy, Allais, Rueff ont, en France, sauvé l’honneur de la profession, en montrant les vices inhérents au nouveau système  mis en place. On n’a pas constaté le triomphe de l’économisme mais celui des rapports de force politiques.

Le succès du jeune Macron n’a rien à voir avec l’économie. Le coup d’État qui vient de réussir est comme nous l’avons démontré dans plusieurs articles, un pronunciamiento de la haute fonction publique, qui domine l’état, la société politique, les médias et la finance. Il n’y a rien de solide du point de vue économique dans le programme Macron. Les premières mesures sont fiscales et démagogiques. La dérégulation du travail est un leurre qui permet de satisfaire Bruxelles et qui n’aura dans les formes envisagées qu’un impact minime sur l’économie. De la même façon que les plans « Macron » précédents n’ont pas eu le moindre effet significatif.

Il est évident qu’un comportement un peu plus digne que les exploits de « Bidochon et Foutriquet », qui ont abaissé largement la fonction présidentielle, est bienvenu et apprécié de tous. Mais cela ne suffit pas.

L’économie est malade. Son organisation internationale et européenne est fautive. Elle restera inchangée. On ne constate pas un échec de l’économisme mais un état semi-comateux de l’économie. Le ras-le-bol des électeurs provient de la baisse constante de la croissance depuis 1971 et des conséquences sur l’emploi des explosions de dettes et des crises conjoncturelles résultantes. Ils croient naïvement, et ce n’est qu’en cela qu’on peut parler d’économisme, que leur malheur provient des partis qui ont alterné au pouvoir depuis 1971. On leur dit qu’en dépassant les vieux clivages « on » va pouvoir « faire les réformes nécessaires » et ils radotent « laissons leur une chance ».

Les malheurs du monde proviennent d’un défaut majeur d’organisation du système monétaire international qui n’est pas compris ni même cité, encore moins attaqué. La cause est politique. Le système de monnaie unique européen est également grevé de défauts structurels majeurs qui ne sont pas plus compris du plus grand nombre que traités. La cause est politique. La stupidité française du tout impôt qui a conduit à des dépenses publiques supérieures en valeur à la valeur ajoutée du secteur marchand, est une maladie politique, totalement antiéconomique.

La vérité de la situation devient plus claire :

-        Les Français sont las des impôts et des querelles idéologiques autour des solutions qui permettraient de sortir de la baisse relativemais continuelle du revenu par tête. Ils ont perdu confiance, après 40 ans d’incapacité à sortir du trou, dans les partis dits de gouvernements. Ils ont pu être trompés assez facilement par un nouveau venu qui a prétendu qu’on pouvait s’unir au-delà des divisions habituelles pour trouver des solutions efficaces, en vérité apolitiques. Ils l’ont été d’autant plus facilement que la manipulation médiatique a été gigantesque, dans un système où les médias ont perdu toute autonomie et où il n’y a qu’une poignée de décideurs vivant dans la dépendance de l’État.

-        Ce n’est pas l’économisme qui rend malade la société mais l’économie qui est malade des décisions désastreuses prises par les politiques pour des objectifs politiques.

Aujourd’hui la réflexion politique a comme toujours son autonomie par rapport à l’économie. Mais l’économie n’a pas d’autonomie par rapport au politique.

Entre ceux qui ne veulent plus de croissance pour sauver la terre et l’humanité, alors que 7 milliards d’humains veulent consommer et avoir enfin plus qu’une vie de misère et de survie, les stratégies de puissance des grands États, qui n’ont pas renoncé à leur surmoi géostratégique, l’irresponsabilité des pays qui laissent s’envoler la croissance de leur population et donc alimentent une émigration de masse déstabilisatrice, les stratégies d’entreprises mondialisées qui parviennent à échapper au droit commun et à imposer des comportements consuméristes désastreux, tout en échappant aux impôts, l’affaiblissement des États voulus par les bureaucrates de Bruxelles et les européistes militants, la dérive de la dictature des juges, les politiques et les électeurs sont totalement perdus.

L’ennui, dans le cas de la France et de l’élection du jeune Macron, c’est qu’il n’y a strictement rien, dans le programme confus et trompeur du dit qui laisse planer le moindre espoir. La soumission à l’Europe supranationale paraît totale. Les nouvelles libertés données aux grandes entreprises multinationales et à elles seules, de dépecer le droit social, l’augmentation massive des impôts, sauf pour la finance et ses produits et la démagogie éhontée de l’achat de vote, n’annoncent rien de fondamentalement positifs. Il n’y a rien d’économique là-dedans, sinon du cynisme politique accompagné de licences microéconomiques et sectorielles pour des intérêts particuliers.

N’accusons pas les économistes ni l’économie d’un état de fait entièrement politique. Les pronunciamientos militaires ou de hauts fonctionnaires ont ceci de commun que l’économie n’en forme jamais la substance même si elle apparaît dans la tromperie des discours.

Disons-le nettement et à Marcel Gauchet et à Patrick Buisson : l’économie est malade. Elle ne l’est pas de l’économisme mais des jeux politiques, idéologiques et géostratégiques qui ont entraîné la mise en place d’organisations économiques défectueuses.

De la stabilité des "stablecoins"

Dix grandes banques internationales viennent de créer un « stablecoin ». Pas de doute c’est du sérieux, car ces banques sont énormes et couvrent le monde libre en entier. Mais le problème est de savoir quel est l’étalon base de la prétendue stabilité. On ne sait pas encore si c’est le dollar, le plus probable, ou l’Euro, comme le réclame le gouverneur de la Banque de France, sachant que de son côté la BCE est en train de concocter sa propre cryptomonnaie.

Le problème est que le dollar, évalué en or, a vu son cours baisser de 99,99% en 50 ans. Le Bitcoin vaut maintenant près de 120.000 dollars.  L’évaluation du dollar en Bitcoin est aussi d’un montant ridicule.  

La « stabilité » qu’on nous annonce, a l’allure d’une descente sur toboggan, avec une pente vertigineuse.

Le projet ne crée qu’une alternative à la carte bancaire : un virement électronique de porte-monnaie à portemonnaie électronique, avec ou sans limite de plafond, ce n’est pas encore très clair. L’avantage : virement immédiat et sans frais.

Comment cela se combinera-t-il avec la crypto de la BCE ?

 Comment cela se combinera-t-il avec des comptes bancaires en Bitcoin, qui offre le même service tout en conservant la valeur de la monnaie en « valeur de référence » ?.

 

Ne répondez pas tous en même temps.

Lintrouvable politique de l'offre d'Emmanuel Macron

Au moment où la réputation du président de la République française sombre dans les profondeurs du mépris abyssal qui se généralise désormais dans l’opinion publique, les thuriféraires stipendiés du régime dans certains médias ou par la bouche de députés de son obédience chantent une petite chanson frelatée : Emmanuel Macron aurait défini une politique économique gagnante et elle s’appellerait « la politique de l’offre ». Il importerait que le gouvernement en formation respecte cet apport crucial au bonheur français.

Macron n’a jamais eu de politique de l’offre réelle, mais s’est complu dans une démagogie sans nom destinée à son élection puis sa réélection.

La mesure la plus détestable a été le transfert sur la dette de l’impôt local le plus juste : la taxe d’habitation. Tout le monde comprend qu’en temps qu’habitant d’une ville, il faut contribuer aux frais de nettoyage, d’entretien et de modernisation de cette communauté de proximité. Ces frais sont là pour durer et n’ont pas été réduits, bien au contraire. Supprimer la taxe d’habitation sans dire qui paiera est une démagogie grossière et même sordide. Jeter en pâture aux électeurs pour favoriser son élection une fausse baisse des impôts est une pure abjection antidémocratique. Cela a marché. Les crétins ont voté pour le démagogue. Et les votants et l’élu se sont déshonorés. Où est la politique de l’offre ?

Le démagogue en mal de réélection a ensemencé l’année précédant le vote de démagogies ciblées visant successivement toutes les catégories de la population. Certains ont chiffré à 80 milliards d’euros tous « ces cadeaux au peuple ». Où est la politique de l’offre ?

Alors que la jeunesse s’effondrait, que le nombre de 20 à 60 ans diminuait et qu’en dix ans il allait falloir faire face à l’arrivée de plus de 3.500.000 personnes de plus de 60 ans la réorganisation du système de retraite devenait critique. Rien n’a bougé pendant le premier quinquennat pour ne pas risquer la non-réélection. Où est la politique de l’offre ?

Aucun des grands problèmes structurels qui encombrent l’avenir français n’a fait l’objet de la moindre réforme.

Seules quatre mesures utiles ont été prises :

-            La suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières

-            La taxation forfaitaire des produits financiers

-            L’amélioration de l’apprentissage

-            La baisse des conditions de l’indemnisation chômage.

Les deux premières mesures étaient devenues incontournables : taxer au taux marginal de l’IR les flux de revenus de l’épargne et y ajouter un impôt sur les stocks étranglaient radicalement cet aspect de la vie économique.  Quand on sait que le rendement de l’épargne est inférieur à 2% en moyenne, que l’inflation est proche de 2% lissée sur plusieurs années, réduisant à zéro la rentabilité effective, l’ISF entraîne aussitôt un rendement négatif aggravé par le fait que 45% de la rente est prélevée par l’impôt. Le système mis en place par l’Enarque Hollande, le président petite blague, qui se voulait « normal », qui finira en Bidochon ridicule, supprimait radicalement tout effort d’épargne dynamique.

L’apprentissage a été l’occasion d’une gabegie de dépenses intenables.

La baisse de l’indemnisation de chômage n’a pas eu l’effet escompté, du fait qu’on a laissé enfler les licenciements à base contractuelle, extrêmement coûteux pour l’Etat.

Emmanuel Macron n’est pas revenu sur l’exonération des prélèvements sociaux sur le Smic. Comme pour la taxe d’habitation. On a conservé les coûts en supprimant leur financement par les bénéficiaires. La dette s’est mise à enfler de façon démente. Une trappe à pauvreté s’est ouverte au sein de la société française.

Le RSA n’a pas été remis en cause.

Emmanuel Macron a cautionné la politique européenne qui a cassé l’industrie, notamment européenne, le marché de l’énergie, l’agriculture et le bâtiment. Là encore, où est la politique de l’offre ?

Son second quinquennat est une erreur et une horreur de bout en bout. La dette pollue tout le débat politique. Les singeries diplomatiques d’un président malade de lui-même déconsidère la France.

Non, il n’y a pas eu de politique de l’offre, sinon celle de l’exposition indécente du nombril du Président. Finissons-en une bonne fois pour toute avec la prétendue politique de l’offre du président Macron.

HL

« Couple franco-allemand » : le mythe peut-il encore survivre ?

La création de la Communauté économique européenne avait, au départ, le but d’empêcher l’Allemagne de redevenir dominante en Europe. On n’a pas voulu qu’elle expie durablement ses crimes et on n’a pas repris l’antienne des réparations qui avait gâché l’après-guerre de quatorze. On l’a dégagée de toute obligation militaire. On l’a coupée en trois et occupée. On l’a encoquillée dans une union économique.

L’Allemagne de l’Ouest a compris qu’elle devait s’en sortir par le travail et l’exportation en devenant très compétitive, doctrine partagée par le Japon. Et accepter le nouveau suzerain, les Etats-Unis ! La « construction européenne » était vue en Allemagne comme une volonté américaine qui offrait à l’Allemagne de l’Ouest démocratique une place diplomatique de fondateur et la réintégration dans le concert des nations, sous réserve de respecter le suzerain… tout en évitant de passer sous les fourches caudines de la France, seule puissance libre en Europe.

Dans une Europe des six avec l’Italie, ex fasciste, l’Allemagne, ex-nazie, et le petit Benelux, la France, force occupante en Allemagne, tenait un rôle crucial. Vainqueur au côté des Alliés, avec un siège ad hoc à l’ONU, elle seule pouvait parler haut. La France a cru disposer du pouvoir de direction de l’Europe, l’Allemagne déconsidérée jouant le jeu de l’économie partagée. L’Allemagne serait le cheval et la France le cavalier ! Un couple, mais assez spécial propre à créer les conditions d’une Europe de la coopération renforcée et de la paix entre les anciennes nations ennemies.

Le Général avec le traité de l’Elysée croyait pouvoir réaliser ce tour de force, en coupant la tutelle des Américains sur l’Allemagne. Les dispositions sympathiques mais triviales du traité s’imposèrent mais le préambule voté unilatéralement par le Bundestag, introduisait «expressément et explicitement les mots et les concepts mêmes que de Gaulle avait opiniâtrement écartés » :

« Étroite association entre l'Europe et les États-Unis d'Amérique »,

« Admission de la Grande-Bretagne » (qui intégrera la CEE lors de son premier élargissement en 1973),

« Défense commune dans le cadre de l'Alliance de l'Atlantique nord »,

« Abaissement des barrières douanières avec la Grande-Bretagne et les États-Unis d'Amérique, ainsi que d'autres États, dans le cadre du GATT ».

La réconciliation a eu lieu. Des relations de confiance ont été établies à plusieurs étages (jeunesse, villes, gouvernement…). Mais il n’y a jamais eu de couple franco-allemand.

Jusqu’en 1971, les excédents allemands ont été partiellement et provisoirement corrigés par les mécanismes de Bretton Woods, avec des réévaluations parfois sévères des taux de change allemands (deux fois entre 58 et 71). Jusqu’aux évènements de mai 68, le commerce extérieur français était satisfaisant. Le budget était tenu, bien que le Général de Gaulle fût exaspéré par la politique personnelle de Giscard déjà obsédé par l’impôt et la dépense publique, souvent soutenu par Pompidou. « Pas plus de 32% de prélèvements obligatoires ! » disait-il. La démographie était excellente soutenue par le retour des Français d’Algérie.

Pompidou allait être l’homme du réalignement de la France sur les Etats-Unis et sur l’européisme sous suzeraineté. L’apport gaulliste va être mis au panier.

Il accepte l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE, y affaiblissant la position de la France

Il fait préparer une réforme monétaire permettant à l’Europe d’avoir une monnaie en propre,  préparant une perte de souveraineté.

Tout cela allait être aggravé par deux actions venues des Etats-Unis :

La première « révolution  de couleur », en mai 68, est une vengeance des Etats-Unis qui n’ont pas apprécié le discours du Général de Gaulle exigeant le retour à l’étalon or et la fin des privilèges du dollar. Pompidou, premier Ministre, croit devoir finasser avec les étudiants en révolte et cède tout, entraînant l’effondrement de la monnaie…  du budget et de l’Education nationale.

La destruction des accords de Bretton Woods, met fin aux Trente Glorieuses, provoque la crise de 1973 et met la France sous rançon des pays pétroliers. Pompidou malade laisse l’Allemagne imposer les changes flottants qui seront avalisées par Giscard à la Jamaïque.

Giscard pousse la construction européenne et impose l’énarchie compassionnelle et bienveillante en France : et le président et son premier ministre sont hauts fonctionnaires et diplômés de l’ENA. Le septennat sera totalement fiscaliste, sociétaliste et européiste. Les Allemands sont en difficulté : leurs réserves en dollars ont été dévalués et le coût de l’énergie fait vaciller leur mercantilisme. On dit en 1980 qu’ils sont l’homme malade de l’Europe. La France a fait le choix du nucléaire et se lance dans le TGV et les plans de relance industrielle.

La querelle Giscard Chirac fait le lit de Mitterrand qui assomme la France avec le programme commun, renforce l’emprise de l’Enarchie … et prépare le passage à l’Union Européenne et au traité de Maastricht, après quelques simagrées avec le chancelier Kohl qui prépare la réunification de l’Allemagne. La terrible crise de 1992-94, provoquée une fois de plus par les changes flottants, fait venir Jacques Chirac au pouvoir, qui déjeante très vite, et le sinistre Jospin vient finir de détruire le pays et sa compétitivité, en faisant dérailler l’effort nucléaire, en créant des impôts insupportables, en ruinant la compétitivité des entreprises avec notamment les 35 heures,tout en ruinant le budget pour longtemps, la dette commençant à prendre une belle ampleur.

L’élargissement de l’Union Européenne désormais fédérale à 27 états a totalement marginalisé la France, tandis que l’Allemagne a retrouvé sa domination sur toute l’Europe centrale. L’alignement sur les Etats-Unis avec mépris pour « les prétentions françaises » y est généralisé.  

Depuis 2000, le mercantilisme allemand s’est aggravé permettant au pays d’accumuler d’énormes excédents. La volonté allemande de s’opposer à l’énergie nucléaire française a été constante. Le choix débile de l’éolien l’a conduit à se mettre en les mains du gaz russe alors que le marché chinois lui permettait d’exporter ses machines, créant un concurrent mondial extravagant. Nous sommes contraints à soutenir une énergie éolienne néfaste et dont on n’a pas besoin, à cause des Allemands. Les Etats-Unis lassés de payer la sécurité de l’Allemagne et de subir les excédents de l’Allemagne augmentent de 15% les droits de douane des produits…français.  

L’Europe allemande aura été à nouveau un drame pour la France. L’élection de présidents nullissimes comme Hollande ou le catastrophique, demi-fou et dérisoire Macron a tout aggravé.

Où est le couple franco-allemand ?

Nulle part. Le fantôme s’est transformé en illusion méprisée sur laquelle on ironise. On apprend que l’Allemagne va devenir la première puissance militaire de l’Union et qu’elle se fournira en tout aux Etats-Unis. Elle a encore besoin du suzerain américain. Et la désinformation officielle française nous indique que le nouveau chancelier allemand veut rétablir de bonnes relations avec la France…

L’Allemagne n’a pas besoin de la France et en fait désormais à sa tête au PPE et à la Commission. Une autre histoire a commencé. Il faut en prendre acte. Elle est glauque pour la France, surendettée, vulnérable, et devenue à peine plus influente qu’Andorre ou le Luxembourg du fait des caprices grotesques de l’enfant-roi, malade d’anti-France et de lui-même, qu’elle a renouvelé de façon stupide et inconsidérée à sa tête.

Le mythe du couple franco-allemand est mort sans fleurs ni couronnes. RIP !

Deux malédictions françaises : 2. Le drame monétaire

La « négociation » vient de se terminer entre la présidente allemande de la Commission Européenne avec le « mâle dominant » Trump. Elle a été convoquée à une réunion sur un golf écossais appartenant à Trump, entre deux parties. On lui a dit : signe-là ! Elle a signé. Trump a commenté sa victoire éclatante devant une Van der Leyen muette et gênée. Fin de partie.

Comme dit le « narratif européiste » : l’Europe est notre avenir et nous protège car, seule son poids économique peut lutter contre les autres puissances mondiales. La France, qui est en déficit commercial continu et gigantesque depuis les mesures Jospin, notamment les trente-cinq heures et le début de la destruction de la filière nucléaire de production électrique, est traitée par les États-Unis, comme une puissance exportatrice abusive qui mérite des mesures de rétorsion. Ce qu’elle n’est pas. Une énorme injustice, fruit de notre inconséquence européenne.

L’Angleterre qui est sortie de l’Union Européenne, non seulement a une meilleure croissance mais a trouvé un arrangement très favorable avec Trump. La France elle paie pour l’Allemagne qui a accumulé des excédents démentiels avec tout le monde, notamment avec la France et, pour la seconde fois, a provoqué des mesures de rétorsion américaines qui touchent l’économie française. La Chine, elle a su résister et reste ménagée par Trump, tout comme Poutine. L’espèce de gamin immature et narcissique qui a réussi à s’imposer à la présidence française se fait traiter comme tel par Trump. Pour garder un peu d’actualité, il reconnaît de facto l’action du Hamas en reconnaissant une Palestine impossible. Bien sûr le tout et accompagné d’un narratif longuement travaillé avec des équipes qui ne servent qu’à cela : « grâce à la France, les pays arabes vont faire leur rupture avec le Hamas ». Rupture qui existe déjà !

Quelle est la vraie cause de tout ce cirque indécent ? Nous l’écrivons depuis plus de 25 ans. Le système monétaire larvaire et pervers qui a été mis en place par les Américains en été 1971, qui ont fait défaut sans scrupule sur tous leurs engagements précédents, a créé une situation de crise permanente, avec multiplication des récessions périodiques, qui avaient disparu, et une mondialisation totalement déséquilibrée alors que l’entre-deux-guerres avaient prouvé que si on laissait des pays accumuler de gros excédents et de gros déficits on flinguait l’économie mondiale. Tous les traités économiques de l’immédiate après-guerre l’ont consigné. Nous avons fait inlassablement l’analyse du phénomène, notamment dans notre livre L’étrange Désastre paru en… 2 015. Dix ans déjà.

On a laissé le Japon, l’Allemagne puis la Chine et tous les dragons d’Orient et la Turquie et le Mexique accumuler des excédents pharamineux.

L’Union Européenne a voté à Maastricht une réforme monétaire qui crée un système où les déséquilibres entre les pays ne peuvent pas être corrigés par le moyen monétaire. Trois pays, à l’intérieur de l’Eurozone, ont accumulé des excédents colossaux qui n’ont jamais pu être réduits. La zone, elle, a accumulé, via l’Allemagne des excédents importants vis-à-vis des États-Unis et des déficits colossaux avec la Chine. Tout était en place pour un désastre. Il a eu lieu d’abord en 2008 avec la pire récession mondiale depuis 1929, puis en 2011 avec la crise propre à l’Euroland. Il culmine avec la soumission honteuse aux exigences de Donald Trump.

L’Europe a-t-elle réagi et exigé une réforme du système monétaire international inconsistant et dangereux ? Pas un mot. A-t-elle exigé qu’on réforme l’Euroland ? Pas du tout. Mais on a permis des déversements de monnaie totalement inconséquents puis une politique d’étouffement du crédit. Le grand n’importe quoi d’une BCE dirigée par une incompétente !

Quant à l’Allemagne elle a décidé unilatéralement de renoncer à son énergie nucléaire remplacée par des achats colossaux de gaz en Russie, permettant à Poutine de réarmer et des ventes colossales en Chine, au prix de déficits colossaux vis-à-vis de la Chine dans les autres pays de l’Union. En même temps l’Allemagne tentait de diaboliser l’énergie nucléaire et soutenait un plan de développement des Enr totalement débile. Il aura suffi que le batave Timmermans veuille être élu dans une coalition avec les Verts, pour entraîner l’Europe dans un calendrier intenable de prétendue « transition énergétique » où seule au monde elle s’est voulue exemplaire et s’est ruinée.

L’attaque Russe en Ukraine a fait voler en éclats cette belle mécanique. Plus de gaz à bas coût pour l’Allemagne. Une production électrique qui devient calamiteuse partout en Europe. Une hausse des coûts énergétiques phénoménale. Des amendes européennes délirantes. Un green deal asphyxiant. Les industries en voie de destruction.

Et voici que l’attaque américaine conduit l’Allemagne à accepter des mesures unilatérales américaines non négociées qu’elle aurait dû, seule, supporter et qui désormais s’imposent à tous.

La France va toujours subir les excédents Allemands délirants et en prime payer 15 % de droits de douane pour les ventes aux États-Unis, sans aucune compensation, avec, en prime, l’obligation d’acheter au prix fort du gaz naturel obtenu par une fracturation qu’elle s’interdit d’utiliser chez elle et celle de participer à des investissements colossaux aux États-Unis alors qu’elle n’a plus le premier sou pour investir en France. La haute fonction publique socialiste, étatiste, anticapitaliste et oppressive s’est félicitée de n’avoir plus à faire attention à une monnaie nationale et elle a considéré que désormais on pouvait emprunter à tout va sans scrupule et sans réserve. 3 400 milliards de dettes plus tard, elle se retrouve hagarde et incapable de boucler un budget sans ruiner un pays devenu le champion du monde des prélèvements et qui va subir une force secousse économique à cause des Allemands.

On sait que la première des solutions aurait été d’exiger une réforme de l’Euro avant celle du système monétaire international. Il fallait que les excédents intra-européens fassent l’objet d’une taxe progressive, ce qui aurait forcé l’Allemagne et la Hollande a une révision de leur politique qui nuit aux autres pays de l’Union. Une fois cette réforme interne faite, il fallait se retourner vers le monde en exigeant une réforme massive du système monétaire international basée sur l’interdiction d’excédents et de déficits durables. Une mondialisation déséquilibrée ne pouvait que mal finir. Elle finit mal. Et nous ne faisons toujours rien.

La France, dirigée par un incapable psychotique qui ne gère que lui-même et son narratif s’est laissée totalement marginaliser et est tenue partout pour ridicule. Les pays d’Afrique et du Maghreb s’essuient les pieds sur elle sans scrupule à chaque occasion. Les États-Unis et la Russie la méprisent. Le reste de l’Europe s’en méfie. Le Moyen-Orient l’ignore. L’Extrême Orient la pille commercialement sans aucune réaction. Un président malade de lui-même a effondré la réputation et la place du pays dans le monde.

Emmanuel Macron a réussi à faire décliner l’influence de la France au niveau de Luxembourg et d’Andorre, tout en ruinant ses finances et son économie, sans parler de ses services publics. Il a ouvert la porte à des secousses sociales et politiques incontrôlables. Il se contente de propos de roquet, en interne ou en politique étrangère, pour exister, alors que les institutions sont bloquées par sa faute. La France aura payé un très lourd tribut depuis 2017.

Au-delà des choix politiques calamiteux, la vraie question est celle de la réforme des systèmes monétaires européens et mondiaux. La France doit prendre la direction du refus du statu quo en matière monétaire et exiger la réforme du système européen. Levier : le prix démesuré payé pour des débordements dont elle n’est en rien responsable. Payer pour les autres c’est bien une fois, mais c’est la dernière.

Une fois cette réforme faite, il faudra imposer à l’Union Européenne qu’elle prenne le leadership d’une réforme du système monétaire global. Pour cela il va falloir rétrécir considérablement le rôle dominant de l’Allemagne et renvoyer Mme Van der Leyen. Ce renvoi, la France devrait le demander dès maintenant et d’une voix tonitruante. Mais avant il va falloir expulser Emmanuel Macron de la présidence française, car il empêchera coûte que coûte toute action efficace de redressement. Quand on a nui sciemment à son pays, on ne se corrige jamais et on continue ad perpetuam. Alors, dehors ! Et vite !

Qu’on sorte enfin de l’effondrement et que les intérêts français soient réellement défendus. En commençant par l’élimination de la véritable tare que sont les dysfonctionnements des systèmes monétaires européens et mondiaux ! Sinon, il va falloir sortir de l’Union. Il suffit de constater les chocs subis par la France depuis ces dernières années : choc énergétique ; choc agricole ; choc industriel ; choc dans la construction ; choc fiscal avec le remboursement du grand emprunt européen, suites du choc de la récession de 2011 et maintenant choc commercial ! Cela commence à faire beaucoup ! Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Deux malédictions françaises : 1. le drame démographique

La démographie a sans doute été le prototype du Grand Mensonge Systémique dont nous avons fait la théorie sur ce blog, c’est-à-dire une vérité qui n’a pas pu éclore dans le système informationnel français. Nous avons montré qu’un GMS passait par les quatre étapes de la loi de Chaix ; occultation, négation, minimisation puis exonération. À chaque étape, le système d’information exclut toute action.

Un narratif s’est imposé dans les années soixante-dix : tout allait bien en la matière et la France faisait beaucoup mieux que tous les autres pays.

L’occultation de toute réflexion contraire a été vaincue par des moyens radicaux. Michel Debré a été affublé d’un entonnoir sur la tête symbole des fous. Alfred Sauvy a été refoulé hors des grands médias et a fini par exprimer ses craintes dans la petite presse marginale.

Que disaient-ils ? « Attention ! La pilule, l’avortement et la désacralisation du mariage et de la famille, puis une action féministe LGBT de plus en plus forcenée, engendrent les conditions d’un désastre démographique ». L’occultation par le système d’information a duré jusqu’à ce que la querelle du grand remplacement apparaisse et qu’une démographe courageuse alerte sur la disparition des enfants de la population. La phase négationniste s’est alors ouverte. Mais le débat a été faussé par la querelle de l’immigration. On s’est battu autour du concept de grand remplacement. Là où il fallait s’inquiéter de la baisse des naissances dans un contexte de vieillissement exceptionnel, le débat s’est perdu dans des excommunications au nom du racisme, de la xénophobie et du retour aux thèses nazies !

En 1997 notre cercle a commencé à reposer la question démographique, sans polémique, en cherchant à repartir du message d’Alfred Sauvy. On voyait poindre la catastrophe, en dépit de tous les moyens mis pour empêcher de bien cerner la réalité. L’avortement commençait à dépasser les 100 000 cas annuels (nous en sommes à plus de 220 000 !), le vieillissement était manifeste. L’action des associations de planning familial lourdement subventionnées complétait l’effet des avortements. Un féminisme anti-enfantement parlait de plus en plus fort sans qu’aucune voix contraire ne puisse s’exprimer. Les manifestations contre le mariage homosexuel et le pacs avaient été associées à un retour de l’Église catholique à un moment où certaines forces de gauche pensaient avoir gagné la bataille de la déchristianisation. Les mouvements résiduels en faveur de la natalité étaient assimilés à une « extrême-droite » fantasmée voire au nazisme et interdit de présence dans les grands médias. Il s’est avéré strictement impossible de faire paraître des messages d’alertes dans la grande presse. Les « forces d’occultation » étaient trop fortes.

Ni Chirac ni Sarkozy n’ont osé s’opposer à cette pression anti nataliste considérée par les mouvements féministes comme une atteinte à l’affranchissement de la femme. L’arrivée du Wokisme qui a associé féminisme, racisme anti occidental et anti blanc, disqualification du mâle blanc occidental, glorification des minorités raciales et sexuelles, escrologie, et antinatalisme forcené a aggravé les choses.

L’éjaculation masculine est devenue un « jet toxique ». L’insémination naturelle a ainsi été qualifiée de jet mortel, signification du mot toxique. Parfaite inversion du sens des mots ! Un livre a été publié sur l’enfer de l’enfantement, injustice faite aux femmes par la nature à corriger d’urgence. Certaines féministes sont allées jusqu’à parler « du grand génocide nataliste » en cumulant les effets de la mortinatalité dans le temps et dans l’espace. Les femmes occidentales ont été invitées à ne plus procréer de futurs pollueurs et à abandonner la natalité aux pays pauvres qui polluent moins. Les théories malthusiennes sur l’Univers tué par la prolifération des humains ont été reprises avec force. « Nous sommes trop sur terre ».

Le narratif officiel s’est imposé, répété par mille bouches : l’effondrement des naissances constaté un peu partout n’était pas grave car l’humanité s’était trop développée. Nous, en France, nous étions épargnés par la dénatalité. Tout allait bien !

Le retour des socialistes au pouvoir après la présidence de Nicolas Sarkozy a signé l’abandon des allocations familiales universelles par François Hollande. La promotion massive de l’homosexualité, commencée à Paris avec Bertrand Delanoë, a été continuée par Anne Hidalgo et son équipe arc-en-ciel « gay friendly » et étendue massivement aux sphères gouvernementales par Emmanuel Macron.

Nous-mêmes avions commencé à chiffrer le manque à gagner d’enfants à naître, tenant compte de l’immigration. Et nous avons vu apparaître le chiffre terrifiant de 500 000 naissances de moins, par an ! Un gouffre, alors que le vieillissement commençait à prendre des proportions gigantesques. Cette double évolution était porteuse des pires malheurs.

Dès 2015 il était possible de prévoir la hausse des plus de 60 ans et la régression des moins de 60 ans. Les moins de 20 ans ont connu une baisse continue de 2015 à 2025. Les 20-60 ans également, quoiqu’un peu moindre. Les plus de 60 ans ont vu l’apparition de 3 500 000 personnes à pensionner. La contradiction était énorme et aurait mérité une alerte rouge de la part des politiques avec aussitôt la mise en œuvre de plans d’urgence. En 2015 ! Alors que nous aurions dû réagir dès 2000.

N'hésitons pas à répéter l’équation à résoudre par les Français : absorber 3 500 000 vieillards de plus sans augmentation de la population en âge de travailler et avec une perspective d’aggravation, façon spirale, de la dénatalité.

Nous avons eu droit à un silence total, radical et absolu, avec uniquement des mesures antinatalistes et une aggravation de la mortinalité, domaine où la médecine française avait été à la pointe pendant des lustres.

Le problème, comme celui du retour des récessions périodiques, dans le monde et spécifiquement en Europe, n’a jamais évoqué par aucun des partis en compétitions et des candidats en course pour la Présidentielle. Les deux questions nationales les plus graves ont été esquivées et mises sous le tapis. Une lâcheté caricaturale qui a détruit en profondeur le respect pour la classe dirigeante.

Comment faire pour payer les rentes des nouvelles personnes âgées avec une population en âge de travailler stagnante ou en légère baisse ? Comment faire pour augmenter la population active si les jeunes générations sont en forte baisse ? Nous avons tout de même perdu entre 10 et 12.5 millions d’enfants à naître depuis 2000, par rapport aux taux de naissances du début des années soixante-dix. Et nous n’avons plus que 17 000 000 de moins de 20 ans alors que nous aurions pu et sans doute dû en obtenir 28 000 ou 30 000 000 !

Mais voilà ! Il était et reste interdit de facto par le système d’information de poser clairement la question démographique ! Les gouvernements ont certes été contraints de réagir. Tardivement, insuffisamment et hypocritement, en essayant de ne pas affronter directement les oukases féministes, et Woke. Le gouvernement Fillon a réussi à allonger de deux ans la vie active. Le taux d’emploi des plus de 50 ans a été amélioré, comme celui des 20-30 ans. L’immigration a continué, même si, malheureusement, on ne l’a pas centrée sur le travail. L’indemnisation du chômage a été moins généreuse. Emmanuel Macron a joué avec une réforme des retraites trop ambitieuses pendant 5 ans avant de vouloir faire passer au forceps une réforme dont il avait lui-même condamné les modalités !

Et c’est tout ! On a vu les conséquences : 2 000 000 milliards de dettes supplémentaires ; 400 milliards d’impôts de plus ; un déclassement économique massif et une montée de la pauvreté.

Au lieu de regarder la question démographique droit dans les yeux, les forces dominantes dans le système d’information ont privilégié le socialisme slumdog millionnaire : prendre au capital et aux riches. « Ils peuvent payer » ! Alors que nous étions déjà le premier pays au monde pour les prélèvements obligatoires ! Vive Picketty. Pardon Picpocketty.

2 024 a marqué un tournant. La baisse des naissances était si massive que nous allions clairement vers une baisse globale de la population malgré l’immigration décrétée massive, bien qu’incapable d’enrayer la perte de naissances.

Le système d’information est entré dans sa phase « minimisation ». « Oui on avait un problème mais il n’était pas grave ». D’abord « on faisait mieux que les autres » et ensuite « les naissances n’étaient pas moindres mais décalées ». Les femmes enfantaient plus tard, un point c’est tout. Dormez tranquille ! M. Macron a décidé d’accélérer la vitesse du sperme qui avait un peu ralenti ! Sans évoquer la moindre piste en ce sens, aux milieux des rires moqueurs. C’était une fois de plus ridicule.

Ne changeons surtout rien, alors que les comptes publics étaient ravagés par les déficits. L’année 2 024 s’est révélée pire : il devenait inévitable que dès 2025 le remplacement générationnel ne se ferait pas. En fait, dès mai 2025, sur un an, on n’a pas connu de renouvellement générationnel sur un an. On est alors entré dans la phase exonération. « Oui, c’est vrai. Nous avons un problème et il est grave mais il ne faut toujours pas s’attaquer aux causes ». Emmanuel Macron crée un Haut-Commissariat à l’Enfance mais nomme comme présidente une homosexuelle ayant eu un enfant par PMA. Rassurons tout de suite les wokistes et le mouvement LGBTIA ++. Rien ne changera ! Le Parlement, devenu n’importe quoi après la dissolution maladive de juin 2024, a cru devoir aussitôt constitutionnaliser l’avortement sans limite et gratuit. Avec moult festouilles et même le soutien des illuminations de la tour Eiffel. Quelle belle fête !

Aujourd’hui la situation est quasiment désespérée. On ne peut accroître ni la fiscalité ni la dette sans risque désormais de destruction du pays. Il faut prendre des mesures terriblement impopulaires pour casser la tendance et sortir, par le haut, c’est-à-dire par la production du piège qui s’est refermée sur la France, menacée clairement de faillite financière et budgétaire mais aussi de disparition comme nation avant même la fin du siècle en cours !

Pas plus qu’en 2015, on ne fait aujourd’hui, dans l’exécutif ou dans les partis politiques, l’exercice la projection démographique sur les dix ans à venir et tous refusent d’en tirer les conséquences. L’INED est bloqué dans ses mensonges. L’INSEE vient d’être pris la main dans le sac d’une tentative de manipulation des chiffres pour minorer le choc de la vérité. Les partis politiques regardent ailleurs avec obstination. La presse refuse tout article d’alerte. Toute la presse. Essayez, vous serez vite consterné. Le débat s’ouvre un peu dans les radios et les chaînes de la TNT mais biaisé par les accusations de virilisme et de racisme. Certains nazifient les débats avec une belle détermination et obstination.

Le drame est là : nous ne savons pas comment franchir les dix années prochaines en restant dans les emprises idéologiques, judiciaires et politiques dominantes.

On « euphémise » la difficulté en tentant de montrer que la femme française est toujours désireuse de faire suffisamment d’enfants et qu’il ne s’agit que d’accepter quelques ajustements dans les horaires, l’organisation des crèches et dans le comportement… des hommes pour que tout rentre dans l’ordre. C’est la phase d’exonération. Tout est vrai, mais il est inutile d’en tenir vraiment compte.

La première remise en cause est culturelle.

On est passé de la divinisation de la naissance à sa diabolisation. Qui imaginerait de peindre des nativités aujourd’hui. Il passerait pour un nazi qui entend rétablir la domination des mâles par les moyens douteux du retour à l’obscurantisme religieux honni. Du moins s’il est catholique. La volonté musulmane de l’Oumma de recoloniser l’Occident par le ventre des femmes, elle, est occultée, niée, minimisée et exonérée par l’idéologie dominante.

Sans rétablir une image heureuse et grandiose de la naissance, et sans recréer un nid familial protecteur, rien ne sera possible. La nomination de Mme El Haïri ne suffira pas… La natalité est une cause nationale et dépasse le strict champ des choix individuels. Les aides ciblées, présentées évidemment comme inefficaces, doivent être reprises mais dans un cadre général différent.

La seconde action est évidemment d’augmenter massivement la part des gens au travail dans la population, en dépit du vieillissement et de la disparition des enfants. Il faut obtenir que 60 à 70 % de la classe d’âge 60-66 ans reste au travail. Et il faut réduire drastiquement la part des personnes qui ne travaillent pas ou peu, ou à des tâches stérilisantes, dans la tranche 20 à 60 ans. Cela impose des réformes terriblement difficiles à faire admettre à la population.

-            Le RSA doit disparaître et être remplacé par des allocations temporaires conditionnelles financées par des cotisations. Allocation temporaire d’urgence ou allocation temporaire de soutien doivent remplacer la gratuité de la vie devenue un droit de l’homme inconditionnel. Certains veulent que toutes les aides soient centralisées à un même guichet, plafonnées pour ne pas dépasser une fraction du revenu du travail et rendues publique nominativement. Pourquoi pas !

-            La Solidarité nationale, qui doit être maintenue pour les cas d’urgence et d’extrême difficulté, doit être réservée aux nationaux, par définition.

-            Les Cours de justice ne doivent plus faire ou interdire la loi. Les droits de l’homme sont des principes qu’il appartient aux instances politiques représentatives élues de mettre en œuvre en tenant compte des circonstances. Ce n’est pas au Conseil d’Etat de stipuler que les maladies subies pendant les vacances sont opposables aux entreprises qui doivent financer des vacances supplémentaires. Ce n’est pas au Conseil constitutionnel de réguler le regroupement familial. Ce n’est pas à la Cour de Justice de l’union européenne de décider les règles d’immigration. Ce n’est pas à la CEDH de créer un droit-à l’écologie.

-            Les métiers peu productifs doivent être réduits et les plus productifs soutenus.

-            Les 35-heures doivent disparaître comme tous les régimes anticipés de retraite. Le critère de pénibilité est hors de propos et doit disparaître. Il n’est là que pour céder aux syndicats.

-            Il faut compter sur l’épargne placée à l’étranger et financée par le travail étranger

-            Il faut revoir totalement le système d’éducation pour le rendre efficace et propre à dégager les élites professionnelles, techniques et managériales nécessaires. Le recul général dans les classements Pisa est une honte.

-            Il faut réduire drastiquement l’empilement des institutions délibératives, de contrôles, ou réglementeuses.

-            Les hauts fonctionnaires ne doivent plus pouvoir cumuler les rémunérations publiques. Il ne faut pas restreindre leurs choix de carrière mais les obliger à choisir la rémunération publique unique qu’il leur convient le mieux. Les agences ne servent actuellement qu’à verser des rémunérations doubles ou triples des maxima statutaires à des centaines de membres de la caste de l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante.

-            Le taux de fonctionnaires dans la population doit revenir dans la moyenne européenne au forceps, sans clause du grand-père. Il faut donc abandonner le statut jusqu’à la classe A + et contractualiser, avec une fluidité maximale entre secteur public et privé.

-            L’immigration doit devenir une stricte immigration de travail. La participation d’enfants à la chaîne du narcotrafic et aux émeutes urbaines doit entraîner pour les parents responsables la perte du logement social et des droits sociaux et pour les étrangers naturalisés récemment (dans les cinq ans) la perte de la nationalité avec effet en chaîne sur les personnes ayant acquis la nationalité par lien du sang. « Tu « chouffes » ? Ta famille perd son logement social et toutes allocations pendant une certaine période. Elle peut même être expulsée de France, en cas de récidive, en perdant avec tous ses descendants la nationalité française. »

-            Toutes les lois doivent être étalonnées en fonction de leur contribution à la production.

-            L’Europe est un foyer de hausse des prélèvements. La volonté exprimée de doubler le budget européen est intolérable, sauf à trouver l’équivalent en économies sur le système étatique national. Au travail…

-            Les régions peuvent disparaître ou être fusionnées avec les départements. L’évolution de leurs dépenses doit respecter une loi simple : pas plus que la hausse du PIB.

-            La productivité doit devenir un devoir national et être recherchée partout, par tous et tout le temps.

-            Les gratuités doivent être totalement proscrites.

-            Le financement des allocations sociales doit être intégralement sorti de l’entreprise comme en Suisse et être basé sur les cotisations individuelles. On doit casser le moloch de la sécurité sociale et établir trois à quatre piliers concurrents avec différenciation des choix pour la couverture des soins ou de la retraite avec des « paniers incompressibles ».

-            Le système fiscal doit être entièrement tourné vers la production et l’investissement. Ce qui impose de tout chambouler. Plus d’impôts sur la consommation. Moins sur les revenus, bénéfices et plus-values et plus du tout sur la fortune et la succession.

-            …

On voit qu’elles contredisent intégralement le discours dominant.

Sinon quoi ?

La mort de la nation dès 2 040 ! Juste çà, sans aucune dramatisation polémique. Juste les faits.

Que ceux qui sont pour lèvent le doigt !

Le Cercle des économistes e-toile est contre. Depuis 25 ans ! Et il persiste dans sa dénonciation d’un véritable scandale national. Le déclassement général associé à l’effondrement démographique est intolérable. Réagissons !

Dettes et démographie

Au moment où Bayrou veur momifier la France pour échapper à la malédiction de la dette, il n'est pas inutile d'aller à l'essentiel en quelques chiffres.
 
En dix ans le nombre de personnes de plus de 60 ans a augmenté de 3.300.000. 
Celui des 20-59 ans est passé de 32.7 à 32.6 millions. 
 
On a donc demandé à une population en âge de travailler stagnante d'assurer les rentes d'une population âgée nouvelle équivalente aux deux plus grandes villes de France. 
 
Comment faire, sachant que la productivité a plutôt baissé. 
 
On n'a pas su faire. 
 
Il fallait créer 2 à 3.000 milliards d'euros constants de production de plus, pour couvrir les nouvelles pensions. La valeur ajoutée des entreprises est passée en Francs courants de 1.100 milliards 1.600 milliards. La dette a atteint 3.350 milliards venant de 1.900 milliards.  
 
On pouvait certainement faire mieux. 
 
Mais la démographie commande tout.  
 
La perte de 12.500.000 enfants à naître depuis l'an 2000 associée au vieillissement nous met dans une situation impossible malgré une immigration présentée comme de masse mais qui ne compense rien car le taux d'emplois y est faible et le regroupement familial fait venir des vieux en grande quantité. 
 
Celui qui n'a pas ces chiffres en tête ne peut rien comprendre à la situation. Or la presse française refuse de citer les chiffres et les conséquences des chiffres. La muraille du mensonge démographique dans le système d'information est infranchissable. 
 
Les dix années à venir seront pires. La population des 20-60 va baisser franchement. Celle des plus de 60 va encore augmenter et celle des moins de 20 diminuer. 
 
Le plan Bayrou ne prévoit rien pour faire face à la situation qui va en résulter. 
 
Didier Dufau
 

La France, suspendue à un fil

Visiter les provinces apprend beaucoup à l’observateur. On n’y perçoit pas d’inquiétude majeure. Le nombre de retraités y est important surtout près des côtes. Une part importante de la population est employée dans une administration ou une autre. Les artisans ont du mal à recruter mais le travail ne manque pas. On cherche à s’occuper légèrement et agréablement. Le RSA et diverses allocations permettent à une part de la population de ne pas trop s’inquiéter pour l’avenir. Les bons sentiments et les opérations caritatives sont partout. Le sport est à l’honneur dans toutes les classes d’âge. Il n’y a pas beaucoup d’enfants. Les classes ferment. Mais bon !

C’est là le paradoxe de la France d’aujourd’hui : un contraste éloquent entre une vie quotidienne finalement plutôt heureuse, et une vulnérabilité de plus en plus évidente au fur et à mesure que le fil se tend.

La valeur ajoutée des entreprises privées est autour de 1600 milliards comme la dépense publique. Mais une bonne partie de cette valeur ajoutée se crée sur des marchés administratifs dépendant de l’argent public.

Quand on ajoute les enfants, les retraités, les employés publics de toute catégories, les chômeurs, ceux qui vivent uniquement ou majoritairement d’assistance et les salariés dépendant de marchés administratifs, il reste environ 13 millions de personnes.

La population de 20 à 59 ans décline doucement en volume mais constamment, comme celle des enfants, alors que les plus de 60 ans augmentent rapidement.

La confiscation des biens et des revenus par l’impôt a dépassé les limites tolérables et la France sombre dans le socialisme « slumdog millionnaire », celui qui veut qu’on se sépare de ses actifs intimes, rein, cornée, pour faire une improbable soudure. La production est directement affectée par la baisse de la population active. La sortie de crise par la production devient de plus ne plus problématique. Cela signifie que le financement de la dépense publique dépend obligatoirement de plus en plus de la dette.

Alors ! Vive la dette ?

Ce fil devient très ténu et vulnérable.

S’il casse, ce qui devient possible sinon probable, la vie en France s’arrête. Comme elle s’est arrêtée en Grèce en 2011. Quinze ans plus tard, les Grecs malgré un rattrapage sain, n’ont toujours pas retrouvé le PIB par tête de 2010 ! Il leur faudra probablement 25 ans.

La panique commence à diffuser derrière une façade placide. Politiquement elle se traduit par une concentration des extrêmes à plus de 50 %des suffrages, et la pulvérisation des partis dits de gouvernement qui sont totalement incapables de définir un programme cohérent.

LR qui, après l’échec de Hollande et de Macron, devrait normalement prendre la main sur la nouvelle séquence politique, s’avère strictement incapable de définir un programme sérieux. On l’annonce tous les jours, avec une floraison d’adjectifs qualificatifs avantageux : il sera courageux, de rupture, dynamique, sérieux, approprié, non aventuré mais coupant les nœuds gordiens... Les votes à l’Assemblée montrent que la division règne sur absolument tous les sujets. Le rejet de la correction minimale de la justice des mineurs et le vote d’un investissement parfaitement inutile de 300.000 milliards d’euros de plus pour les Enr, ont reçu le soutien d’une large partie de la droite. Ces faits sont emblématiques.

Les « partis de gouvernement » refusent obstinément de définir un programme européen, judiciaire, écologique, démographique. Ces questions sont trop clivantes et risqueraient de créer de nouvelles scissions. Alors, depuis près de 1992 la mouvance dont LR est issue accepte tacitement de se présenter de facto comme malthusienne, soumise au gouvernement des juges et au justicialisme, européiste, écologiste, fiscaliste. Elle consent à distribuer les « droits-à » et des gratuités comme un vulgaire parti socialiste. .

La haute fonction publique qui a phagocyté la politique devient folle ; le dernier livre de Villepin est délirant. Celui d’Edouard Philippe ne vaut guère mieux. On apprend qu’il est « en colère » et qu’il faut arrêter de payer « le prix de nos mensonges ». Mais il a servi ces mensonges tout le temps où il a été premier ministre.

Il est amusant, et consternant à la fois, de voir se mettre en place une incroyable cohue de candidats à la future élection présidentielle en provenance de l’ex UMP. Darmanin, Bertrand, Barnier, Lisnard, Pradié, Retailleau, pour les civils, Villepin, Pécresse (qui veut en appeler de son échec), Wauquiez (qui n’a pas dit son dernier mot), Lharrivé (qui veut arriver), Copé (qui revient sur la Seine), Edouard Philippe bien sûr, Dupont Aignan, Asselineau, pour les hauts fonctionnaires. Evidemment cela manque un peu de femmes. Ne désespérons pas : nous compterons bientôt 15 candidats. L’écurie Aubert a été freinée par l’échec électoral de son leader aux législatives. Mais il ne faut pas de faire oublier.

Les écuries présidentielles ne veulent surtout pas de programme. Surtout pas !  Les éléments de langage et les postures suffisent : on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment, c’est bien connu. Votez pour moi parce que c’est moi ! MOI ! Vous dis-je ! Ne rien dire et sourire ! En flottant sur l’air du temps.

Dans ces temps d’immobilisme et d’exaltation politicienne pour les places, le fil ténu se tend un peu plus. Il pourrait bien casser avant 2027 qui risque de devenir l’année terrible !

Didier Dufau



Les leçons de l’affaire des taxis « médicalisés »

Pour la troisième fois en 25 ans, une grève massive et dure des taxis embrase le pays. Le sujet est toujours le même. La bureaucratie qui nous gouverne depuis l’installation de l’Énarchie compassionnelle aux commandes de la France a d’abord décidé de raréfier l’offre de soins pour tenter d’endiguer les méfaits de la gratuité généralisée du système médical. On a vu apparaître cette idée intéressée que seuls les spécialistes réalisant au moins 300 actes dans une spécialité étaient réellement opérationnels. On a donc concentré les soins et notamment les hôpitaux, maternité, etc.

L’éloignement des centres de soin a aussitôt posé problème et on a donc créé un « droit-à » la gratuité du transport vers ces lieux et retour. Ce magnifique « marché administratif » a naturellement prospéré et les transports médicalisés sont devenus une proportion parfois gigantesque de la recette des taxis. En province notamment, cette recette peut dépasser 40 % de la recette.

Nous ne citerons pas cette ville de Bretagne où la société de taxis avait deux véhicules jusqu’à la loi de gratuité du transport. Ensuite on l’a vu gonfler : trois puis quatre puis cinq taxis, puis une ambulance puis deux. Les transports médicalisés sont devenus un moyen régulier de faire ses courses dans les grandes villes. Le médecin (gratuit) prescrit un examen qui ne peut se faire qu’à la ville, et l’aller et retour (gratuit) correspondant. Tout le monde se sert, le médecin, la société de taxis, le poste à essence local, le garagiste… Une activité entièrement « administrative » liée à la gratuité se met en place.

Le blocage de la circulation dans les grandes villes entraîne ses conséquences. Une ambulance va faire moins de transport dans la journée, ce qui aggrave les coûts pour la partie publique de cette activité.

Que ce soit le gonflement des courses ou celui du coût de chaque course, tout concourt à une dépense incontrôlable.

Alors le gouvernement Jospin a eu l’idée géniale : on va créer un grand « service public » du transport médical. Fini, l’usage de taxis privés. Des fonctionnaires, avec des syndicats, utilisant des véhicules propriétés de l’Etat ! On voit déjà les grèves dans le nouveau service public, « dans l’intérêt des malades », l’absentéisme habituel, etc.

Résultat : une grève massive et violente des intéressés, privés d’une partie considérable de leur chiffre d’affaires. Ce scénario se répète inlassablement. La bureaucratie étatiste et socialisante veut créer son service public. Les bénéficiaires de ce marché administratif protestent sauvagement.

L’emprise de la bureaucratie est telle en France qu’il ne reste plus que des marchés administratifs fondés ou sur la gratuité ou sur des aides, ou sur des obligations réglementaires.

La gratuité n’existe pas puisque le coût existe. Le transfert du financement loin du bénéficiaire et du professionnel entraîne aussitôt la gabegie. La gabegie devient infernale et on veut couper l’offre et réduire les coûts. Une spirale s’enclenche. On obtient la ruine, la règlementation, le désordre.

 

La gratuité est un instrument idéal de destruction massive. On peut tout démolir en instituant des « gratuités » c’est-à-dire en cachant le coût aux bénéficiaires. Quand les dépenses explosent, il ne reste plus qu’à exiger que « les riches paient plus » et instituer des carcans administratifs. Un règlement, c’est un fonctionnaire pour le faire vivre et un fonctionnaire pour le contrôler. Une hausse des impôts, ce sont encore des fonctionnaires collecteurs de plus et des contrôleurs de plus. C’est comme cela que les postes administratifs représentent 35 % du secteur hospitalier contre 25 % en Allemagne et 15-20 % au Danemark.

La domination de l’Etat en France par l’Énarchie compassionnelle et bienveillante a ruiné radicalement le pays en créant des situations intenables toutes fondées sur la gratuité, le contrôle, la subvention, l’accord systématique avec les revendications syndicales, la fiscalité abusive, le socialisme, l’étatisme, la bureaucratie triomphante et les restrictions d’offres.

On a vu le résultat pour la mortinatalité. Nous avions les meilleurs résultats en 1995. Nous sommes à la traîne dans les classements. Et la situation se dégrade ! Et l’Arcom donne des amendes extravagantes contre ceux qui tentent d’expliquer les causes. Notamment ceux qui prétendent qu’il vaut mieux traiter les naissances que les avortements -220 000 à 700 euros : 154 millions d’euros qui seraient mieux utilisés à accompagner les parturientes.

Évidemment s’il faut faire 60 km pour aller accoucher dès les premiers signes d’une naissance imminente, le risque d’accoucher dans la voiture n’est pas mince. Surtout si sur place on manque d’infirmières, de gynécologues et que la salle d’opération n’est pas disponible pour faire face à une urgence.

On voit se développer l’idée de financer un séjour « gratuit » à l’hôtel près de la clinique ou de l’hôpital dans la période finale… Financer naturellement par un retour de l’ISF et l’augmentation des droits de succession !

Les hauts fonctionnaires créent le désordre et ensuite tente de la « réguler ». Cela donne les ZFE contre les gueux, les grèves de taxis, les gilets jaunes etc.

Il faut mettre dans la constitution que les gratuités sont interdites. Et séparer la haute fonction publique et les postes politiques. La haute fonction publique a pris le pouvoir et se gave avec une hausse de leur pouvoir et de leur rémunération et avoir, de plus en plus en famille. C’est de la corruption institutionnelle.

Tout service doit être d’abord payé par son bénéficiaire, soit directement, soit par un système assurantiel. Sinon on finit à 3.4 et bientôt 5 mille milliards de dettes. Et la destruction de la qualité des services.

En attendant le cumul des manifestations et des travaux de Mme Hidalgo à Paris, crée une situation dantesque alors même que le surtourisme commence à se déverser. La vie à Paris devient intolérable.

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