Pierre Manent et l’explication de la crise politique française

Que nous traversions une crise politique depuis le traité de Maastricht, il est difficile de ne pas le voir surtout depuis cette indigente et scandaleuse dissolution qui a provoqué la panique et le n’importe quoi au milieu de différents sauve-qui-peut, le débranchement du président et un Assemblée Nationale sans majorité. Pierre Manent dans un article du Figaro datée du 18 juillet 2024 a tenté d’en analyser les causes et certains ont jugé cet article « définitif » sur la question.

Pour lui, l’état normal des institutions est l’alternance droite-gauche. C’est une différence avec l’analyse de Bourlanges que nous avons examinée précédemment sur ce blog qui considère que depuis la fin de la guerre de Quarante, c’est le centre qui a produit les accommodements nécessaires. Manent explique alors pourquoi cet affrontement droite gauche s’est vidé de sa substance. La raison principale : la dissolution du concept de nation et la création de l’Europe supranationale. Il ne reprend pas l’expression qui dit que, depuis Maastricht, droite et gauche sont deux détaillants qui se fournissent auprès du même grossiste. Mais c’est le sens de sa démonstration. Il parle de « religion européenne ». Chirac avait compris : plus de discours de Verdun et de Pierre Juillet ni de Marie-France Garaud : la présidence de la République Française n’est possible qu’au prix d’une révérence au fédéralisme européen. Du coup le député national n’a plus guère de pouvoir et d’importance. La division gauche droite se dilue. L’opinion se détourne. Le député européen lui est un inconnu qui s’active dans une sphère dont la presse ne parle jamais et qui n’a aucune vraie influence. F.X. Bellamy vient d’en faire la cruelle expérience. Mme Van der Leyen qui s’est comportée en présidente abusive d’une Europe fédérale inexistante a été réélue. Le plus actif et intelligent de nos élus est en fait impuissant ! C’est structurel.

L’Europe religion a une conséquence immédiate : on ne discute pas de projets mais de valeurs. Le bien et le mal triomphe du discours projets contre projets. Les élus européens ne savent pas sur quels projets ils seront sollicités de réfléchir : la Commission en a le monopole. Les élections européennes ne tranchent jamais rien et pulvérisent les représentations nationales en minorités sans pouvoir. Le peuple ne tranche aucune option majeure. On lui demande simplement de faire une révérence aux « valeurs européennes de paix, de bonté, d’ouverture » tout en renforçant d’autres religions comme la nouvelle religion de la Nature Reine, ou de la nouvelle religion wokiste. Trois religions d’un coup remplaçant Don Camillo et Peppone.

Autre aspect que détaille Pierre Manent : puisqu’il y a désormais nombre de religions du bien, il y a mécaniquement des Satan. Les discours des gouvernants deviennent totalement indigents : d’accord les difficultés s’amoncellent et les Français trinquent, mais nous au moins on n’est pas des méchants et des vilains. Le Satan principal est le FN de Jean-Marie Le Pen, parti protestataire attrape-tout, et sa variante féminine avec chats qu’est le RN de Marine. « Ce qui frappe dans le parti-exclu c’est le contraste entre sa paresse intellectuelle, la rareté et la pauvreté de ses initiatives et ses succès électoraux presque continuellement croissant ».

On t’offre du "bien" moral et verbal avec des "emmerdements croissants". Tu réagis en votant pour le diable puisqu’il est devenu impossible de faire valoir ton désaccord avec la dégringolade du pays dans tous les classements et sur tous les sujets.

« Présenter la configuration politique présente comme une confrontation entre la démocratie et le populisme/nationalisme, entre la démocratie et ses ennemis, est grossièrement partial et surtout superficiel » écrit Manent. « Au lieu de la catharsis liée à la bataille civique, l’exorcisme par l’exclusion laisse le vaincu insulté et offensé et le vainqueur exposé à l’objection paralysante : nous n’avons pas voté pour toi mais contre l’autre ». Le Nouveau front populaire en sait quelque chose depuis hier et l’échec de son accession au perchoir de l’Assemblée nationale.

« Que nous est-il arrivé pour que nous nous obligions à l’unanimisme des valeurs de la République ? » et à penser qu’il valait mieux remettre notre destin à des « administrations impartiales, européennes ou internationales suggérant que la République et en général la politique était une passion inutile et même dangereuse ».

Mélenchon en appelant à la création d’un nouveau peuple, « notre peuple » dans son verbiage, place la querelle israélo-palestinienne au cœur de son projet, aliénant totalement la dimension proprement nationale et faisant d’un conflit extérieur la base essentialisée du conflit intérieur !

Toutes les forces politiques sont devenues aliénées d’une façon ou d’une autre. Ce qui se traduit dans le langage populaire par : "on marche sur la tête".

Il manque à cette analyse, brillante par ailleurs, plusieurs dimensions :

-            « L’énarchie compassionnelle » et la capture du pouvoir politique par la haute fonction publique en France. Les hauts fonctionnaires sont étatistes et socialistes presque par construction (ils ne créent aucune richesse) et fonctionnent comme une société de secours mutuel devenue népotique. Ils se voient « neutres » par rapport aux rapports d’argent donc seul dignes « d’arbitrer la société ». Le bien et le mal font leur affaire. Ils sont les prêtres des religions nouvelles ce qu’a bien compris Sciences-Po. Tout en faisant main basse sur les grandes entreprises et les lieux d’argent. Ils ne savent que réglementer, taxer, subventionner et produire de la dette. Et vendre le carnet d’adresses résultant.

-            Le gouvernement des Juges et le justicialisme. En s’attribuant un pouvoir de censure législatif par l’interprétation de la déclaration des droits de l’homme, la CEDH, la Cour de Justice européenne, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, etc. ont contribué à vider de leur pouvoir et l’exécutif et le législatif. En laissant des clans de juges à l’échelon des cours de jugement fixer des jurisprudences indépendantes des règles voulues par le législateur, et renforcer l’action d’ONG partisanes, on a détruit la sécurité intérieure et extérieure.

-            La remise systématique des fonctions administratives à des ONG partisanes, liées aux juges déviants, disloque totalement l’action administrative sur le terrain. Ce phénomène a été aggravé par l’Union Européenne qui subventionne en fonction de critères wokistes.

-            Les crises économiques à répétition, toujours plus graves, qui provoquent un phénomène de pauvreté aggravé en France par la faiblesse des temps de travail et la lourdeur des prélèvements qui asphyxient la croissance.

-            La crise démographique qui a vu la disparition de 500 000 enfants par an.

-            Le poids dément des injonctions d’une nouvelle religion écologiste anti humaniste qui détruit les villes et les campagnes tout en ruinant l’économie et les finances.

La conséquence politique, on la voit bien. Une bataille d’Eunuques impuissants tentant de gagner par la démagogie la plus pure et la plus destructrice, alors que plus rien ne fonctionne sur le terrain.

Pendant  que nous sommes en récession !

Pierre Manent nous appelle à « revenir à la maison » et « à nous gouverner nous-mêmes ».

Il oublie de nous dire comment on fait.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

Ils osent appeler cela « programmes »

La France est en difficulté depuis 1 968 et surtout 1 973.

Après 25 ans de croissance forte qui a vu la France accumuler les excellents résultats sur tous les fronts (démographie, industrie, commerce, agriculture, divertissement, sécurité, paix, santé, équipements), la France des grandes villes a considéré qu’il était temps de s’en prendre définitivement à la « bourgeoisie » et ses « horreurs » et d’achever l’Église catholique qui y mettait du sien depuis Vatican II.

Juste au moment où la France était saignée par une rançon pétrolière scandaleuse et périlleuse, l’élite culturelle qui tient l’opinion via des médias de plus en plus investis par la Pub putassière et les idées « progressistes », entre les mains de l’État et de quelques milliardaires, a décidé de jouer le jeu de la fin de l’indépendance française et de la prospérité française et de la sécurité en France et de la natalité française, et de l’identité française.

Sur tous les fronts où la France avait réussi à retrouver des couleurs, une cinquième colonne indéfinie nourrie de marxisme débile et de démagogie facile s’est employée à tout inverser. Au lieu de maintenir et d’amplifier les acquis, la rage de les détruire s’est emparée des « élites ».

On a tué la natalité. Nous avons perdu 500 000 naissances en 2023 par rapport à 1970. En dix ans la population proprement française de deux villes comme Paris disparaît.

On a tué l’industrie et on essaie d’achever l’agriculture.

On a tué la prospérité : le revenu des Français est au tiers de celui des Luxembourgeois, la moitié des Suisses, les trois quarts des Américains (alors qu’on était quasiment revenu à parité).

On a démantelé la répression de la délinquance, avec Badinter et toutes les lois bannissant jusqu’à l’hypothèse de la prison. La grande folie du justicialisme a emporté la sécurité des citoyens. Il fallait désormais frapper le grand bourgeois et foutre la paix aux délinquants.

On a tué la démocratie en transférant pratiquement tout le domaine de la loi à l’Union européenne, en acceptant la constitution d’un gouvernement des juges et en poussant des associations délétères, les prétendues ONG, à construire la loi à la place des citoyens dans des enceintes extérieures à la France.

La haute fonction publique a réussi à capter entièrement le champ du politique et expulsé tout ce qui n’était pas conforme au « cercle de la raison », en multipliant les déraisons. Giscard pousse la fiscalité au plus haut. Rocard aggrave les dépenses publiques en plein cycle haut de la conjoncture internationale, au moment où il fallait commencer à rétropédaler sérieusement. Jospin croit que sa destinée et le souvenir de son passage sur terre passent par la sottise des 35 heures qui va liquider la compétitivité du pays et il flingue par opportunisme électoral la base nucléaire de la politique énergétique française. En prime il accepte l’entrée de la Chine dans l’OMC dirigé par un socialiste français. Il est tout surpris de ne pas entrer au Grand Paradis Des Dieux Socialistes et d’être viré par le peuple comme un malpropre. Chirac avec Juppé et Villepin sombrent dans le centrisme mou, l’européisme intensif et la bureaucratie administrative et fiscale.

On découvre que Sarkozy n’avait aucun programme et que tous les éléments de langage qu’il brassait étaient des attrape-nigauds. Ce faisant il tue l’UMP devenue LR et bientôt plus rien du tout. Il garde l’ISF, les 35 heures, et retouche à la marge la retraite à 60 ans, sans remettre en cause le pouvoir des syndicats dans le secteur public qui reste privilégié dans tous les domaines. Il est dégagé par la crise de 2008, mondiale, qu’il n’a pas compris et celle de 2011, proprement européenne, qu’il n’a pas vu venir.

Débarque Bidochon, un Énarque connu pour ses petites blagues et ses escapades en Vespa. Il est incapable de gouverner. Il aggrave donc toute la fiscalité, notamment avec l’intégration des revenus du capital dans le revenu fiscal où ils sont frappés à un taux marginal si élevé qu’il ne reste plus qu’à fuir le pays pour les grands capitaux. Espérer un rendement de 2 % frappé de 80 % d’impôts, avec plus de 2 % d’inflation, et 1 % d’ISF en prime, c’est renoncer à tout investissement et envoyer les « riches » investir ailleurs.

Le sinistre quinquennat gâché par les dissidences et les attaques islamistes, montre qu’à gauche, l’idéologie a explosé avec les deux bombes à retardement que sont l’alliance avec les islamistes de Mélenchon et le retour de l’Action directe, le tout mélangé au nitrate d’ammonium formé par l’indécente Cancel Culture Woke et l’écologie anticapitaliste de destruction massive.

L’idée se fait jour au sein de l’Enarchie triomphante que la seule défense, c’est de se cacher derrière l’Union Européenne et de souder les sociaux-démocrates résiduels et le centre, tout en acceptant des traîtres venant de l’ancienne majorité gaulliste. L’énarchie étatiste et socialiste opte en faveur d’Emmanuel Macron qui prétend représenter un hypercentre, marqué par des mesures de libération économique (la réduction de l’ISF aux seuls biens immobiliers et la Flat Tax sur les revenus mobiliers). On annonce même l’élévation de l’âge de départ à la retraite, la réduction des allocations-chômage, la moralisation de la vie publique, etc. L’attrape-nigaud est un cadeau au peuple comme toujours : la suppression de la taxe d’habitation, seul impôt touchant tout le monde et une économie directement sensible pour l’électeur.

Depuis 1981, la règle est bien établie : ne jouer que les Présidentielles et toujours présenter un « cadeau au peuple » de belle qualité. Hausse massive du SMIC et Retraite à 60 ans, 35 heures, défiscalisation des heures supplémentaires, Suppression de la taxe d’habitation. Pour le reste, ne jamais travailler en profondeur, entre deux élections et en liaison avec les militants, les mesures à prendre pour cesser de s’enfoncer dans tous les domaines.

Avec Macron la prise du pouvoir par l’Enarchie est totale : les trois premiers ministres successifs sont énarques ; le ministre des Finances est énarque. Le reste… Quel reste ?

La « Flat Tax » était indispensable. Plus aucun investissement n’était possible ! L’IFI est déjà une demi-mesure. Il fallait supprimer l’ISF et inclure les revenus immobiliers dans la taxation forfaitaire. Mais on spécule sur la haine du possédant qui s’enrichit en dormant pour faire passer la flat tax.

Toutes les autres mesures s’avéreront détestables et contre-productives.

Pendant 5 ans le gouvernement cherchera comment on peut mettre en place une « retraite par points » considérée comme miraculeuse. En vain ! C’était un pari de songe creux qui traînait dans les arrière-cours mais qui faisait moderne et dynamique pour les crétins.

L’interdiction du cumul des mandats allait transformer le Parlement en chambre hors sol où toutes les conneries pourront être dites sans vergogne, avec des députés de la majorité vides de toute représentativité et de connaissances politiques utiles.

La suppression de la taxe d’habitation, le seul impôt réellement juste et universel, tournera au n’importe quoi avec un transfert massif sur l’impôt foncier qui s’ajoutera à l’IFI pour provoquer la crise du bâtiment.

Ne parlons pas de la reprise du plan énergétique de Hollande et le massacre de l’énergie atomique.

Lorsque la réélection sera en vue, Macron distribuera pour près de 80 milliards d’euros de « cadeaux catégoriels au peuple » et éludera le premier tour pour se concentrer sur la lutte contre le fascisme au second.

Tout cela finira dans la stagnation économique, les déficits sociaux et commerciaux, une impasse budgétaire effarante et une dette abyssale de plus de 3 000 milliards d’euros avec la baisse des notes des instituts de notation. Plus une mise en demeure de l’Union Européenne sur les déséquilibres des finances publiques françaises.

La vérité toute nue est éclatante : Emmanuel Macron n’avait aucun programme de gouvernement seulement un plan média pour prendre le pouvoir. L’expérience constante est que le pouvoir conquis n’est pas le lieu où un programme peut s’élaborer, pour peu qu’on le désire.

Jean Cau disait : « au pouvoir, on n’agit pas, on réagit ». Et on essaie de survivre.

Lorsqu’on regarde le déroulement de la campagne législative en cours, on voit que les programmes sont inexistants. Comme pour les Européennes le pays veut coller une raclée à l’abruti qui par vanité et même par folie a décidé de se lancer dans un bras de fer narcissique avec le peuple. Le RN qui avait promu repoussoir en chef, pour faciliter la réélection sans discussion d’un homme qui au fond de lui-même se sait incapable, est désormais l’instrument de la claque phénoménale que le pays veut à nouveau asséner « au gamin immature qui se croit tout permis et pérore sur un tas de fumier ». Autant dire que son programme n’a aucune importance. Ce n’est qu’un rassemblement d’éléments de langage ciblé visant des clientèles. La perspective d ‘une arrivée au pouvoir conduit à arrondir les angles. Rien de plus.

Du côté de la « gauche », un « comité de sales gueules » rameutées par le sinistre Mélenchon, au mieux cinq personnes, veut en profiter pour prendre des places et se faire un peu d’argent. Le programme est un ramassis de slogans plus indignes les uns que les autres, dont le mantra est comme toujours basé sur la haine : « Bourgeois, on aura ta peau. Riche, on aura ton fric. » L’effondrement de l’URSS n’aura servi à rien ni le dévoilement des massacres terrifiants et stériles conduits par les révolutionnaires devenues des dictateurs sanglants. Une coalition d’intérêts électoraux joue à la révolution en se déshonorant. Que reste-t-il de François Hollande, qui se rallie à un homme qui joue son destin sur l’antisémitisme d’une rue arabe chauffée par la guerre à Gaza ?

Les Français veulent se venger. La croissance s’est envolée. Les services publics essentiels sont cul par-dessus tête. Les entreprises sont étranglées. La natalité s’est évanouie. Le discours public est infâme à l’école et au sein de l’université. Et on veut leur coller sur le dos la « restauration de la nature » et le « sauvetage du climat » tout en sabotant leur culture et leurs mœurs. Et ils jugent que la submersion incontrôlée du pays par des Noirs et des Arabes le plus souvent musulmans changent radicalement l’identité du pays. Désormais on viole des femmes de 90 ans ! On arrache les bijoux de cou des vieilles dames dans la rue et jusque dans les lieux d’habitation. On viole des enfants de 13 ans parce qu’elles sont juives. On accepte des ratonnades antifrançaises. On tolère le développement de cartels de la drogue. On refuse de sanctionner. Le pays par saccades est à feu et à sang. Et l’armée française se fait virer d’Afrique sans réaction par des putschistes cupides qui bradent leur pays à la Chine et à la Russie en échange de leur garantie de survie.

Eh oui, les Français violentés et appauvris veulent se venger. Ils attendent depuis trop longtemps qu’on prenne en charge les difficultés du pays avec de vrais programmes établis au sein de partis de gouvernement réfléchis et allant au fond des choses et dont on sait qu’ils seront mis en œuvre loyalement avec le désir de réussir.

Le mouvement issu du gaullisme est dénaturé par des politiciens sans envergure et il n’a pas su entreprendre ce travail. Plus il rétrécissait, plus le nombre d’écuries présidentielles augmentait. « Seules les Présidentielles comptent et j’ai mes chances ». Pour quoi faire ? Heu ! Heu ! Il séduit aujourd’hui 7 % des électeurs, disent les sondages. Il est écartelé. Bref il est quasi mort. L’extrême centre est antinational. La social-démocratie est lessivée faute d’accepter de faire les constats nécessaires et de renoncer à la haine de l’autre qui est son fonds de commerce et à l’idée qu’il suffit de ruiner les gens qui réussissent pour tout régler. Le mouvement est mort.

Reste la vengeance. Elle s’oriente d’abord contre le président de la République, violent en parole et méprisant, de surcroît incapable et qui veut gagner son bras de fer narcissique contre le pays réel.

Avoir créé cette situation disqualifie à vie la parenthèse ‘Macron’qui n’aura été qu’une odieuse bouffonnerie depuis le début et dont on ne voit pas très bien l’épilogue.

Tant qu’un parti sérieux n’aura pas défini un vrai programme de sortie de crise et de déclassement permettant d’obtenir des résultats et de restaurer la confiance entre le pays et les dirigeants, le désordre continuera.

Les médias prétendent décortiquer des programmes. Il n’y a aucun programme nulle part. Seulement des éléments de langage et de la communication électorale qui n’ont exactement aucune signification réelle.

Il ne s’agit pas d’une élection mais d’une convulsion.

Imposer un tel stress au pays, ce n’est pas gouverner. C’est prouver sa folie. Ne jamais réfléchir en profondeur aux solutions, par peur de son ombre électorale, du qu’en-dira-t-on, des initiatives du voisin, de l’état de droit supposé, des règles européennes ou autres bloquants du même tabac, est la garantie de la carence future de l’action gouvernementale.

Et de l’effondrement continuel du pays.

Exiger la neutralité politique et idéologique des sujets des épreuves du BAC

Pendant très longtemps, en gros de Jules Ferry à Giscard, l’école fuyait absolument l’actualité et les conflits politiques. Tout ce qui pouvait faire dissension et remettre en cause l’engagement des enfants et des parents dans l’école était fui.

Tous les sujets étaient apolitiques. En histoire on privilégiait la connaissance des faits, l’intelligence des causes, l’analyse des résultats. Elle s’arrêtait opportunément à des dates qui étaient suffisamment anciennes pour être neutres. En philosophie, le sens, la connaissance des écrits étaient privilégiés.

Tout a changé progressivement après mai 1968 et la volonté de certains enseignants et cadres du Ministère de participer à la formation politique des élèves, à traquer les inégalités, à favoriser le politiquement correct de gauche. L’enseignement s’est effondré. On est revenu au temps des écoles religieuses, où la connaissance du dogme valait qualité et bonnes notes. Maintenant les notes ont disparu. Et en partie l’enseignement des disciplines.

La pensée des élèves est encadrée pour leur montrer où est le bien, toujours de gauche et socialiste, et le mal, le bourgeois et le capitalisme. Cela donne le classement Pisa qui marque l’effondrement à peu près total du système scolaire. Cela a donné les grèves d’élèves avec occupation, puis le beau spectacle que donne aujourd’hui l’université.

En bas de l’échelle de la honte il y a les spectacles de travelos avec plume dans le fion pour enfants de 5 à 8 ans, comme à Paris 14e, pour « casser les préjugés de genre ». En haut, les procédés sont plus subtils. On le voit avec les sujets de philosophie présentés cette année 2024.

  • Dissertation n° 1 : La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ?
  • Dissertation n° 2 : L'État nous doit-il quelque chose ?
  • Commentaire de texte : Simone Weil, La Condition ouvrière (1 943)

Tous les sujets se ressentent de l’ombre portée d’un débat actuel.

Dissertation 1 : faut-il accepter qu’on ne partage les conclusions du GIEC qui définissent une vérité dont la contestation est condamnable.

Dissertation 2 : Faut-il contester les droits-à qui remplacent chaque jour plus les droits-de, et en payer le prix en endettement et fiscalité ?

Dissertation 3 : N’êtes-vous pas d’accord que le travail salarié en usine est aliénant, rend stupide (la pensée se rétracte) et force à s’auto justifier de faire des choses emmerdantes ?

Un élève sait qu’il ne peut pas traiter à fond ses sujets sans faire très attention. S’il porte atteinte au consensus scientifique, à la gloire de la distribution sociale et conteste le désastre du travail ouvrier il sait qu’il prend un risque. Il ne sait pas comment il va être noté en fonction des choix politiques et idéologiques du correcteur.

Bien sûr il reste possible de contrôler l’expression et les connaissances de l’élève et cela jouera dans la note. Mais en jetant le doute sur l’appréciation idéologique de l’élève, on fausse le système.

On aurait pu facilement modifier l’intitulé des sujets pour les rendre neutres :

-          Les théories scientifiques peuvent-elles changer de conclusions ?

-          La dépense publique doit-elle être sans limite ?

-          Pourquoi l’emploi industriel a-t-il tant diminué en France. Avec un texte qui donne les statistiques et les commente.

Faire des clins d’œil gauchistes dans les épreuves du bac et créer le doute dans l’esprit des élèves est une ignominie qui devrait être lourdement condamnée par l’opinion publique et les commentateurs.

Aux sources de l'écologie anticapitaliste et malhonnête - L'ozone et le Giec. (suite et fin)

Les années 1985-1992 vont voir un basculement complet des conceptions et des actions en matière d’environnement, une discipline qui va éclater radicalement entre trois domaines :

-          La lutte traditionnelle contre les pollutions : on corrige au fur et à mesure les difficultés provoquées par la production et la consommation.

-          L’idéalisation de la nature et du monde animal, qui s’incarne dans la lutte pour la biodiversité, pour elle-même, et dans celle pour la « restauration » de la nature, victime digne d’intérêt indépendamment de son utilité pour l’homme. 

-          Le nouveau domaine de la lutte contre le dérèglement climatique dont l’urgence est justifiée par le risque de disparition du vivant sur terre à court terme.

L’irrationalité, la violence et le sectarisme extrême vont s’installer et s’amplifier constamment dans les deux derniers segments, au fur et à mesure de leur triomphe d’abord auprès des instances internationales puis, un peu plus tard , par  l’exploitation systématique des catastrophes météorologiques constamment expliquées par un allégué « dérèglement climatique ».

On a vu en première partie que les conventions environnementales  précédentes ont déterminé que la sphère terrestre était en équilibre fragile qui pouvait être déstabilisée par l’action humaine et que dans ce cas une réponse universelle devait être mise en place pour rétablir la situation. Deux évènements, suscitées par la même équipe, vont concrétiser cette approche : le protocole de Montréal sur l’ozone et la création du GIEC.

Tout part du Canada où un certain nombre d’activistes se regroupent autour d’un certain Maurice Strong.  De la fin 1970 à la fin 1972, il est secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur l'environnement. C’est un homme de conviction et d’influence. Il connait par cœur et les institutions onusiennes, et le circuit des donateurs milliardaires, tout en pratiquant les arcanes politiques. Depuis de longues années, diverses études s’intéressaient à la diminution de l’épaisseur de la couche d’ozone. Pas de certitudes avérées au départ mais un risque déjà très clair : sans ozone les risques de cancer seront importants. On sait déjà que des substances agissent en laboratoire sur l’ozone. Voilà le moyen d’installer sur la peur un consensus international.

 « Ayant présentes à l'esprit les études qui se déroulent concernant la couche d'ozone », une conférence plénipotentiaire est organisée à Vienne (mars 1985). Elle ne décide rien mais stipule qu’il faut faire de nouvelles recherches et protéger la santé humaine.  Le petit groupe canadien s’empresse d’utiliser cette première victoire pour mettre en route la négociation du protocole de Montréal. Il s’agit d’interdire toutes les substances ayant un impact sur l’ozone (CFC etc.).  Ces substances sont remplaçables et n’impactent que très peu d’acteurs. Il est donc facile de demander leur remplacement. Les coûts sont très faibles et très localisés. Par rapport aux risques cités, difficile de ne pas être d’accord. D’autant plus que la Nasa découvre, pendant les travaux, un « trou dans la couche d’ozone », avec belles photos en prime. L’affaire fait le tour du monde. Le protocole de Montréal est aussitôt signé en septembre 1987. Le monde entier paraphera (cela ne coûte rien). La lutte réussie contre le trou dans la couche d’ozone devient une légende qu’on enseigne aux enfants sans discontinuer depuis. Il faut bien ancrer dans l’esprit des jeunes que l’industrie peut créer des dégâts mondiaux et que l’action des organisations mondiales appuyées sur la science permet d’obtenir des résultats formidables.  « L’histoire de la couche d’ozone continue à montrer l’exemple, déclare en 2024 Tina Birmpili, chef du secrétariat de l'ozone hébergé par l’ONU Environnement, organisme sous lequel se trouve le protocole. Il est la preuve de ce qui peut être fait lorsque nous écoutons les scientifiques et que nous mettons nos différences de côté afin d’agir pour la planète. Mais cela ne doit pas être une exception ».

Le leitmotiv est bien installé. L’affaire quitte l’actualité jusqu’en novembre 2022 où la Nasa découvre que le trou de l’Ozone n’a jamais été aussi grand ! La plupart des médias refuse d’en informer leurs lecteurs, sauf parfois en tout petit. Ils attendent la réaction du laboratoire chargé de la question, qui reçoit des subventions très importantes pour surveiller le trou et qui n’a rien vu venir.  La réponse se fera attendre des mois. Une note précisera que c’est le réchauffement climatique (sic) qui explique le trou devenu énorme en concentrant malencontreusement les gaz à effets de serre qui mettent du temps à disparaître ! Le laboratoire demande plus d’argent pour parfaire ses recherches ! En 2024, ces dernières semaines, c’est la sarabande des médias : oui le trou de l’ozone se referme et disparaîtra…dans trente ans. Ouf ! On peut rechanter la belle chanson sur la merveille politique qu’aura été la convention de Montréal. Comme il n’y a qu’une seule source, personne ne vérifiera rien. Espérons que le trou de l’ozone ne prendra pas une ampleur disproportionnée en 2052 expliquée par la dernière lubie de l'époque...

Revenons à Strong et son réseau. Le succès de Montréal lui démontre qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure. On va étendre la méthode « ozone » au « CO2 anthropique » et pour cela créer le GIEC.

Nous reprenons ici un court extrait d’un texte paru sur le site Vérité et Climat :

« Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est un organisme créé par l’ONU après sa résolution 43/53 de décembre 1988 qui mentionnait « l’évidence que le réchauffement climatique pourrait être dû à la croissance des gaz à effet de serre ». Il a été créé pour « mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine. ». D’après l’article premier de la convention qui l’a créé, « on entend par changements climatiques des changements du climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine. » Les causes naturelles étaient exclues. Dès l’origine, sa mission obligeait donc le GIEC à ignorer les causes naturelles du réchauffement climatique, et à systématiquement écarter tous les scientifiques, informations et articles qui en faisaient état. Les représentants des 195 pays qui l’ont créé, généralement des fonctionnaires des ministères de l’Environnement de ces pays, approuvent ses rapports à l’unanimité. Ils n’ont pas le choix. Aucune dissidence n’est tolérée. Tous doivent professer une foi quasi-religieuse en deux affirmations simples :

  1. Les émissions humaines de CO2, dues à la combustion des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz), ont causé la totalité de l’accroissement depuis 1850 du taux de COde l’atmosphère, un accroissement de 280 à 420 ppm, soit 140/420 = 33 % du taux actuel.
  2. Cet accroissement du taux de CO2 est la cause de la totalité du réchauffement climatique depuis 1850 (environ 1°C). »

Fin de citation.

Notons la date : 1 988. Membre fondateur du GIEC, Strong est désigné secrétaire général du Sommet de la Terre, et préside ainsi la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, à Rio en 1992.

On voit l’influence d’un seul homme sur tout le processus. Le coup double ozone & CO2, c’est lui ! On est très, très loin des peuples et des opinions publiques. Tout cela se passe entre diplomates et délégués écologiques, grands donateurs milliardaires, mondialistes heureux comme Schwab, qui préside à Davos le forum éponyme, grandes ONG mondialisées, politiciens bien introduits et ambitieux comme Al Gore.   Les sherpas du G7 « vendent » aux présidents concernés les idées qui règnent dans ces milieux, à cheval sur la science et la politique internationale. C’est par le G7 que se décide en vérité le GIEC.

Le fait dramatique et porteur d’immenses conséquences détestables est très clair et facilement vérifiable :   l’objet statutaire de l’institution est de mettre en cause les conséquences de l’activité des hommes sur le climat et elles seules. Ce n’est pas une réflexion sur le climat qui est organisée par le GIEC en finançant tous les aspects de la recherche scientifique, comme on le croit généralement. Le GIEC ne finance que les études mettant en lumière des causes anthropiques et exclut radicalement tout examen des causes naturelles de l’évolution du climat.  Evidemment lorsqu’on interroge les scientifiques subventionnés à ce seul effet, ils répondent tous sans exception que « oui le changement climatique a une cause anthropique ». Sinon l’arrêt des subventions du GIEC serait automatique. « La science a parlé » ? Non. Les scientifiques que nous payons exclusivement à mettre en cause l’homme ont parlé. « Nos subventions ont parlé ».

C’est pour cela que le Cercle des économistes e-toile défend l’idée minimale d’une conférence climatique officielle ouverte à toutes les recherches scientifiques et pas seulement à celles prétendant mettre en cause la seule responsabilité anthropique qui est préjugée par le statut du GIEC. Une suggestion maximale est la dissolution du GIEC actuel et la construction d’une nouvelle instance de synthèse de tous les travaux sur le climat sans le cadrage limitatif qui est à son origine.

Ce que l’on va constater ensuite, c’est la mise en cause parfois ignoble de tous ceux qui travaillaient sur le climat en suivant d’autres chemins. Traditionnellement la température terrestre est expliquée par des phénomènes cosmologiques et physiques. Le rôle du soleil et de son positionnement, des mouvements erratiques de la terre en fonction de son parcours, des phénomènes comme les tâches solaires, et sur terre l’activité sismique, ou l’arrivée inopportune de météores sont au cœur des recherches. Les géographes localisent les bons effets de l’agriculture sur la température et les erreurs terribles qui poussent à la désertification, comme en URSS où l’écologie a été totalement ignorée au nom du productivisme scientifique marxiste.

Non seulement ces chercheurs vont être écartés des subventions mais ils vont être vilipendés et traités de tous les noms quand ils vont critiquer l'absence de sérieux de l'inculpation du CO2 dans l'étude du climat. Il suffit de voir le traitement infligé à Maurice Allègre puis à Vincent Courtillot pour en prendre pleine conscience. Valérie Masson Delmotte est une centralienne qui a rejoint le CEA (qui a été forcé d'accueillir des écolos dans ses équipes et d'ajouter l'écologie à sa vocation). Elle va être l’injurieuse en chef et le Fouquier Tinville dans cette affaire.  Remarquée par Jean Jouzel , contempteur du capitalisme, un des piliers du GIEC, elle devient coprésidente du Groupe 1 pendant huit ans de 2015 à 2023, elle va animer des mobilisations de masse dans les journaux de gauche pour casser l’influence de deux spécialistes historiques des sciences de la terre et de sa couronne gazeuse qui ont remarqué très vite les mensonges éhontés qui sont publiés par les scientifiques subventionnés par le GIEC. On y retrouve notamment la hausse des mers à des niveaux ridicules qui sera démentie par les faits, et la négation du rôle utile du CO2 et le fait qu’il a atteint dans le passé des proportions beaucoup plus importantes sans effets majeurs sur la température. Plus personne ne défend ces élucubrations aujourd’hui. Dans l’hystérie qui commence à recouvrer cette partie de la science, l’institut de Physique du Globe qui représente la tradition de la recherche voit ses deux directeurs traités de tous les noms, et mis au banc de déshonneur. Cette exclusion aura lieu un peu partout en Occident.  On casse tous les scientifiques de renom au nom d’une nouvel classe de scientifiques mieux conscientisés. Les femmes sont très souvent à la manœuvre dans cette « cancel culture ».  Elles jouent facilement le rôle de passionaria, surnom aussitôt accordé à Mme Masson Delmotte. Pour ceux qui voudrait une confirmation récente, qu’ils analysent le rôle d’une historienne de l’art, Laurence Bertrand Dorleac, devenue présidente de la FNSP qui pilote Sciences-Po où sa spécialité n’était jusqu’ici non présente, dans l’exclusion de Pascal Perrineau... 

Le refus absolu de tenir compte d’autre chose qu’une explication anthropique par le CO2 va finir par créer une très forte et durable réaction qui elle-même sera contrée par une propagande « politiquement correcte » abjecte faisant de tout contestataire un « platiste », un complotiste, un climatosceptique intéressé, une nullité scientifique, une horreur dont la parole ne doit pas être reproduite en attendant d’être sanctionnée. Diabolisation et parfois nazification des incroyants  sont à l'ordre du jour dans les milieux "progressistes" avec dressage de piloris.

Revenons à 1992. Maurice Strong et son clan triomphent avec la conférence de RIO de 1992 et ils vont faire tout basculer pour trois décennies dans la folie et la rage de la propagande officielle et dans les décisions délirantes. Lui trône en majesté au milieu de 120 chefs d’Etat et il a rassemblé des milliers de représentants d’ONG et de groupes de pression.  Il ne faut pas hésiter à relire les principes proposés.

PRINCIPE 1 : Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.

PRINCIPE 4 : Pour parvenir à un développement durable, la protection de l'environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément.

PRINCIPE 5 :  Tous les Etats et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l'élimination de la pauvreté, qui constitue une condition indispensable du développement durable, afin de réduire les différences de niveaux de vie et de mieux répondre aux besoins de la majorité des peuples du monde.

PRINCIPE 6 : La situation et les besoins particuliers des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés et des pays les plus vulnérables sur le plan de l'environnement, doivent se voir accorder une priorité spéciale.

PRINCIPE 8 : Afin de parvenir à un développement durable et à une meilleure qualité de vie pour tous les peuples, les Etats devraient réduire et éliminer les modes de production et de consommation non viables et promouvoir des politiques démographiques appropriées.

PRINCIPE 10 : La meilleure façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. Au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives à l'environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses dans leurs collectivités, et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les Etats doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci. Un accès effectif à des actions judiciaires et administratives, notamment des réparations et des recours, doit être assuré.

PRINCIPE 11 : Les normes appliquées par certains pays peuvent ne pas convenir à d'autres pays, en particulier à des pays en développement, et leur imposer un coût économique et social injustifié.

PRINCIPE 12 : Les Etats devraient coopérer pour promouvoir un système économique international ouvert et favorable, propre à engendrer une croissance économique et un développement durable dans tous les pays, qui permettrait de mieux lutter contre les problèmes de dégradation de l'environnement. Les mesures de politique commerciale motivées par des considérations relatives à l'environnement ne devraient pas constituer un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiable, ni une restriction déguisée aux échanges internationaux. Toute action unilatérale visant à résoudre les grands problèmes écologiques au-delà de la juridiction du pays importateur devrait être évitée. Les mesures de lutte contre les problèmes écologiques transfrontières ou mondiaux devraient, autant que possible, être fondées sur un consensus international.

PRINCIPE 13 : Les Etats doivent élaborer une législation nationale concernant la responsabilité de la pollution et d'autres dommages à l'environnement et l'indemnisation de leurs victimes.

PRINCIPE 14 : Les Etats devraient concerter efficacement leurs efforts pour décourager ou prévenir les déplacements et les transferts dans d'autres Etats de toutes activités et substances qui provoquent une grave détérioration de l'environnement ou dont on a constaté qu'elles étaient nocives pour la santé de l'homme.

PRINCIPE 15 : Pour protéger l'environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités. En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement.

PRINCIPE 16 : Les autorités nationales devraient s'efforcer de promouvoir l'internalisation des coûts de protection de l'environnement et l'utilisation d'instruments économiques, en vertu du principe selon lequel c'est le pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution, dans le souci de l'intérêt public et sans fausser le jeu du commerce international et de l'investissement.

PRINCIPE 17 :  Une étude d'impact sur l'environnement, en tant qu'instrument national, doit être entreprise dans le cas des activités envisagées qui risquent d'avoir des effets nocifs importants sur l'environnement et dépendent de la décision d'une autorité nationale compétente.

PRINCIPE 20 : Les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l'environnement et le développement. Leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation d'un développement durable.

PRINCIPE 21 : Il faut mobiliser la créativité, les idéaux et le courage des jeunes du monde entier afin de forger un partenariat mondial, de manière à assurer un développement durable et à garantir à chacun un avenir meilleur.

PRINCIPE 22 : Les populations et communautés autochtones et les autres collectivités locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l'environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles. Les Etats devraient reconnaître leur identité, leur culture et leurs intérêts, leur accorder tout l'appui nécessaire et leur permettre de participer efficacement à la réalisation d'un développement durable.

PRINCIPE 23 : L'environnement et les ressources naturelles des peuples soumis à oppression, domination et occupation doivent être protégés.

Nous donnons ces textes parce qu’ils sont très révélateurs. Les principes des conférences précédentes sont rappelés mais l’évolution est frappante : on se fiche de la science. Le principe de précaution emporte tout. La loi doit réprimer et les états doivent organiser l’accès aux tribunaux aux ONG.  Désormais tout le monde a le droit à une vie saine et si les Etats ne font pas ce qu’il faut ils doivent être condamnés. La nouvelle jurisprudence de la CEDH s’appuiera sur ces principes pour condamner la Suisse qui n’a pas compté le volume de gaz à effet de serre … en 2024. La propagande devient indispensable. Elle doit être développée pour mobiliser…les femmes (coucou les wokistes) et les jeunes. Le prêchi prêcha bien intentionné va s’épanouir.  Des termes comme « élimination » apparaissent : les Etats devraient réduire et éliminer les modes de production et de consommation non viables et promouvoir des politiques démographiques appropriées. On ne précise pas ce qu’est une production et une consommation non viable ni une politique démographique inappropriée.  On veut éliminer l’excès de bébés là où il en a trop. Retour du malthusianisme le plus infect.

Sanctions et propagande sont les deux mamelles de la nouvelle action pour l’environnement. Ce n’est pas la science qui commande. Fini l’encouragement libéral à trouver des solutions. Il faut imposer un narratif et sanctionner. L’écologie répressive vient de naître. Elle n’a plus à composer avec les oppositions scientifiques. En prime des juges, la coercition sociale est souhaitables par les "peuples" eux-même (c'est la conception wokiste de l'empowerment, largement reprise du maoïsme où les enfants des mandarins étaient sollicités de crever les yeux de leurs pères en public pour montrer le chemin du salut révolutionnaire. Du Garde rouge au Khmer vert, le chemin est bien balisé).

On dira : mais où est la mise en cause du CO2 et le réchauffement climatique ? Pas d’inquiétude : Strong a prévu un cheminement spécial : la Convention Cadre des Nations-Unis sur les Changements Climatiques.  Ses définitions sont comme, pour le statut du GIEC, totalement biaisées.  On entend par « changements climatiques » des « changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine ». Pas question de prendre en compte des changements climatiques d’origine naturelle. Pas d’échappatoire, l’homme seul est coupable et c’est à ses faits et gestes qu’on va s’attaquer.

Il s’agit bien de la suite de l’opération réussie à Montréal par Strong et ses amis qui étendent à tous les gaz non encore surveillés les mêmes procédures obligatoires. « Toutes les Parties établissent des inventaires nationaux des émissions anthropiques de gaz à effet de serre non réglementés par le protocole de Montréal et les mettent à disposition.  Ils établissent des plans nationaux visant à atténuer les conséquences de l’émission de gaz à effet de serre non réglementés par le protocole de Montréal ».

On impose le financement de la science (encadrée) et de l’endoctrinement (encadré) du grand public et d’abord les enfants avec des programmes obligatoires à construire à cet effet. Evidemment c’est l’Occident développé qui est chargé de payer pour les pays en développement. Et il faut naturellement mettre fin à tous les obstacles commerciaux qui nuiraient aux pays en développement… Mondialisation du commerce et lutte contre les gaz à effet de serre doivent aller de concert. Contradiction ? Pas du tout ! On verra le résultat après l’entrée de la Chine dans l’OMC.

Pour les initiés s’ouvrent d’énormes marchés administratifs subventionnés qui vont faire quelques fortunes remarquables. Des ONG, des politiciens, des milliardaires, de grandes entreprises vont se battre pour capter cette manne.

On ne s’étonnera pas d’apprendre que Maurice Strong est un corrompu. Il démissionne de ses fonctions à l’ONU avant d’être condamné pour avoir reçu 988 885 $ d’argent détourné. Plus tard on apprendra qu’AL Gore a gagné plus de 330 millions de dollars avec ses différentes sociétés chargées d’exploiter le filon ouvert à RIO. L’énorme lobby des énergies renouvelables et ses ONG associées sont à la fête.   

Il faut constater que c’est en 1992 que se structure définitivement le thème de la protection de la diversité biologique et de restauration de la nature sauvage abîmée par l’ignominieuse humanité.  Le prétexte du développement saute.  La nature est une victime. Notre devoir est de lui porter secours. Les moyens peuvent être violents comme contre le nazisme. La réclamation victimaire pour des non humains entre dans l’histoire. Les animaux et les insectes deviennent des sujets de droits. Pas question d’ironiser : un professeur de droit qui se moque de cette tendance sera éjecté de l’université à Paris ! Contester devient un délit ! Finie, la liberté de parole et de jugement !

La particularité de RIO est là : la fin de la liberté de penser, le mensonge et l’irruption de la répression.

Article de Jérôme Fourquet - Seconde partie 2000-2024

La période 2 000 – 2 011 va se révéler tragique pour le pays.

La crise boursière du début des années 2000 signe la mort des ambitions de Lionel Jospin, qui a fini par indisposer les électeurs. Il se voulait de la lignée des saints socialistes qui ont donné au peuple des droits nouveaux, Jaurés, Blum, Mitterrand et maintenant lui ! Il est balayé comme Jocrisse, trotskiste trop longtemps caché, borné et antipathique. Ceux qui l’ont connu au début des années soixante se souviennent de sa haine contre les bourgeois et surtout leurs héritiers, entre deux saluts à Krasucky ! Il finira dans un appartement bourgeois dans un hôtel particulier rive gauche, une maison à l’île de Ré et des régalades au restaurant du Dôme. Plus bourgeois, tu meurs. Et fort riche. Mais seulement avec de l’argent public. Un sale type envieux et cupide qui a lourdement aggravé la ruine de la France.

Chirac, qui préférait Jospin à tout autre, ne sait pas quoi faire de sa victoire facile contre le Pen. Il confirme son tropisme centriste et l’abandon de toute volonté particulière. Il reconstitue avec Villepin une doublette énarchienne à la tête de l’État. Il n’a plus de pouvoir monétaire. Les européistes poussent à adopter une constitution fédéraliste autour de ce qu’on appelle, à tort, une constitution que Giscard est chargé de rédiger. Le temps est à l’effacement des frontières, à l’extension des limites de l’Europe, à la liberté de circulations des hommes, des capitaux, des marchandises et des services. La spéculation financière internationale s’emballe. L’industrie française finit de sombrer. On cherche à tout prix à faire baisser le coût du travail. On met fin aux coups de pouce au Smic. On commence à envisager la défiscalisation et l’exonération de charges sociales sur les bas salaires. Surtout on voudrait permettre à la jeunesse de trouver du travail en créant un SMIC jeune, facilitant l’emploi des centaines de milliers d’adolescents laissés pour compte et commençant à entrer dans la spirale de la violence et de la drogue.

L’attentat contre les tours jumelles de New York marque un tournant. L’Oumma s’est donné un mouvement de conquête à partir du mouvement de Ben Laden enfant du conflit soviéto-afghan puis de Daesh. Le Moyen Orient devient critique ! L’Iran triomphe et arme les mouvements anti-israéliens.

La Chine devient l’usine du monde. Une entreprise qui n’est plus mondialement compétitive est bientôt morte. L’industrie française fond jusqu’à quasi disparaître.

Chirac devient le Grand Méchant Mou, et s’enfonce dans la dépression puis la maladie. Les conséquences des 35 heures, de la retraite à 60 ans, de la surfiscalité, des politiques restrictives de l’Euro, de la dénatalité, d’une immigration incontrôlée commencent à être tragiques. La France dégringole dans tous les classements.

La période est marquée par la passivité centriste. Chirac a théorisé la fragilité du pays. Il ne fait plus rien. « Facho Chirac » est devenu « le roi fainéant » !

Il ne remet rien en cause des stupidités jospiniennes. Juppé s’est grillé les doigts avec l’annonce d’un changement du système de retraite à la SNCF qui a provoqué la grève la plus longue qu’on ait connue dans la période moderne. On ne l’y prendra plus. Le RPR devenu UMP est devenu un parti invertébré, sans doctrine et noyé par le centrisme. On ne voit plus très bien les frontières avec le PS qui conserve son monopole sur les médias et l’Éducation Nationale.

La France sombre doucement sans rien dire et sans se fâcher. Les tares accumulées montrent leurs effets délétères sans que personne ne bouge. Il serait bien aventureux de voir dans la période le règne de l’état guichet. C’est surtout un état impuissant qui ne voit pas que se forme un prolétariat provincial qui ne survit de facto que par les allocations publiques. On se dirige vers les Gilets Jaunes et la France Périphérique angoissée et nerveuse.

La foudre tombe à Wall-Street. La crise majeure annoncée par notre « prix Nobel » d’économie national, Maurice Allais (et par nous-mêmes), étale ses effets à la mi-septembre 2008. Ils sont terrifiants. La France, économiquement désarmée, est anéantie financièrement et économiquement. Il faut déployer tous les mécanismes de survie. Trichet à la BCE résiste et crée artificiellement une sur-crise européenne en 2011. C’est la Bérézina. Sarkozy qui n’avait pas voulu entendre les avertissements portant sur la gravité de la crise à venir, trahit ses électeurs et fait venir une bande de socialistes au pouvoir pour préparer sa réélection. Il ne tient aucune de ses promesses sur l’ISF, les 35 heures et la retraite à 65 ans, mais promeut Kouchner !

Hollande est facilement élu avec un programme grotesque qui fait la part belle aux écologistes, à la fiscalité répressive, au sociétalisme. Tous les services publics s’effondrent. Les riches partent en courant. Les retraités qui le peuvent filent au Portugal pour fuir les impôts et la vie chère. Les attentats musulmans massacrent des centaines de Français. La délinquance triomphe. Le socle de l’énergie nucléaire est cassé et commence à sombrer. La loi SRU et le blocage des loyers montrent le retour de solutions dont tout le monde sait qu’elles sont contre-productives. La bureaucratie explose avec des textes de plus en plus coercitifs. Il y a tant de victimes à protéger, de « droits-de » à brider, de « droits-à » à distribuer !

Hollande, surnommé élégamment Bidochon, dévalorise la présidence française au-delà de toute limite. La droite, déconsidérée par Sarkozy et ses trahisons, n’en profite pas.

La place est libre pour un opportuniste. Emmanuel Macron est élu sur la double promesse de faire les réformes fiscales que Sarkozy n’a pas voulu faire et de revenir sur les excès socialistes et fiscaux de Hollande et du PS, travaillés par des dissidents gauchistes et l’émergence d’un parti Vert copié sur l’Allemagne et qui promeut une écologie anticapitaliste faisant la part principale aux revendications sociétalistes des minorités.

Inutile de revenir sur le bilan des sept années de sa présidence. Le déclassement est généralisé et aucune des causes du malheur français n’a été contrariée.

L’énarchie compassionnelle triomphe avec la nomination de deux énarques puis d’une femme fonctionnaire au poste de premier ministre. Il est considéré comme normal pour un haut fonctionnaire d’être président d’une société publique d’autobus et de métro puis chef de gouvernement. Ou de faire le chemin inverse.

L’action publique est cette fois-ci conforme au scénario de Jérôme Fourquet : un guichet ouvert, quoi qu’il en coûte. La tactique électorale d’Emmanuel macron est claire : pouvoir dire à chaque français « j’ai fait pour toi plus que quiconque avant moi ». Le clientélisme électoral devient sans limite. Il est aggravé par la crise sanitaire après l’affaire des Gilets jaunes et avant la guerre en Ukraine.

Les élites découvrent, tout d’un coup, l’état de la France « périphérique » et la montée de la pauvreté. Beaucoup en province survivent grâce aux allocations et aux activités soutenues par la dépense publique. On s’est beaucoup préoccupé des banlieues sans se rendre compte qu’une France tranquille était en train de sombrer dans la pauvreté.

Le pays découvre avec le Covid que ce qu’on leur présentait comme le système médical le meilleur du monde est totalement en déshérence. Les médecins y ont perdu le pouvoir au profit des dizaines de milliers de fonctionnaires. L’intenable gratuité a fini par ruiner le système. D’autant plus qu’on ouvre le guichet à des étrangers même en situation irrégulière. La « sécu » est une gabegie et en même temps un échec de plus en plus grave, l’accès aux soins de qualité devenant de plus en plus difficile.

La guerre en Ukraine montre la nullité militaire du pays qui n’a pu les moyens d’une guerre classique de forte intensité et s’est fait virer à coups de pied au derrière de l’Afrique. L’inflation prend à revers les banques centrales qui sont obligées de déclencher une récession pour éviter la perpétuation d’une inflation majeure.

Macron est en fait un impuissant qui ne survit que par la com’ et l’endettement massif. « Tu pues la mort » lui dira un manifestant énervé lors d’une opération image menée en province pour mettre fin aux casserolades. Du coup il constitutionnalise le droit à l’avortement et prépare un droit au suicide assisté par l’État…

Une fois de plus, regardons les causes majeures de la situation désastreuse où se trouve la France au terme de la période 2013-2023.

-            La crise structurelle des deux systèmes de changes internationaux, les changes flottants et les dysfonctionnements de la monnaie unique sont centraux. On a jugulé les banques en multipliant les contraintes administratives et bureaucratiques et en réduisant les libertés. Mais les tares sont toujours là.

-            L’Europe a ajouté une couche supplémentaire de réglementation notamment en faisant la promotion du malthusianisme écologique. La France a voulu surajouter sa propre bureaucratie. Les lois Wargon doivent être systématiquement déconstruites pour avancer.

-            Le niveau de vie relatif des Français a décroché.

-            Il n’y a plus d’enfants dans un pays vieilli.

-            L’insécurité est devenue incontrôlable aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

-            Il n’y a plus de majorité de gouvernement et la montée des extrêmes bat tous les records. Ils détiennent plus de la moitié des votes du corps électoral.

La responsabilité personnelle d’Emmanuel Macron est directement engagée. Fourquet ne le dit pas expressément, alors que la politique du guichet, c’est largement lui qui l’a portée aux niveaux insensés actuels, notamment l’année précédant sa réélection aux présidentielles avec près de 75 milliards de cadeaux au peuple.

Soyons clairs : en ne mettant pas en avant les vraies causes du désastre et en refusant de désigner clairement des coupables, l’article de Fourquet est finalement parfaitement creux. S’il n’y a pas de causes ni de responsables, il n’y a pas de solutions. L’article ne propose aucune mesure, sinon de mettre fin à une politique de guichet dont il ne voit pas pourquoi elle a été mise en œuvre ni par qui, spécifiquement.

La déchéance française est tellement avancée, l’impuissance de l’État français est tellement majeure, avec des pouvoirs néfastes tellement difficiles à vaincre et installés dans des sinécures abusives tellement difficiles à prendre, et les forces extérieures sont tellement contraignantes, qu’il est difficile d’envisager un plan de redressement acceptable pour un pays saccagé par tant d’années d’impéritie et qui flirte maintenant avec le tiers-monde.

Trois récessions mondiales majeures et trois autres moins graves, des dizaines d’années de socialisme débridé, la menace des écologistes anticapitalistes et de l’extrême gauche, l’envahissement islamique, la perte de souveraineté en Europe, la déconfiture des services publics alors que l’énarchie compassionnelle a pris le pouvoir politique et renoncé à sa vocation première, la dénatalité, relayée par le Wokisme, voilà les causes de notre effondrement. La France a des ennemis faciles à désigner et des mesures à prendre pour éviter qu’ils ne lui nuisent. Cela suppose des inculpations précises, une vision claire des causes et un plan d’action sans faiblesse.

L’article de Jérôme Fourquet ne prépare rien de tout cela. Il ne s’agit plus d’être faussement neutre et de disculper tout le monde en inculpant une mauvaise habitude qui arrange tout le monde. Mais de comprendre que le pire est à venir si nous ne réagissons pas. En dénonçant une France à bout de souffle l’article donne certes un peu d’air à ceux qui depuis des lustres avertissent dans le désert. Mais il faut aller beaucoup plus loin.

Le désastre a des causes. C’est sur elles qu’il faut agir.

Il n’est que temps ! L’écroulement guette.

 

Didier Dufau, pour le Cercle des économistes e-toile.

Le faux diagnostic de Jérôme Fourquet sur la fin du " modèle français" Décrire ne suffit pas.

Il faut connaitre les causes et l'histoire. Première partie 1970-2000

L’époque ne s’intéresse plus aux économistes depuis la crise de 2008. On se souvient des propos de feu la reine Élisabeth d’Angleterre : « à quoi servent les économistes s’ils ne prévoient pas les crises ». Du coup le terrain a été occupé par les philosophes, les sociologues, les spécialistes des sondages et les géographes. À eux d’essayer de comprendre la société dans ses profondeurs comme dans ses excroissances.

Certains ont connu une belle notoriété comme Christophe Guilui. Il analyse la fuite de la classe ouvrière résiduelle vers le FN et la crise des Bonnets rouges puis des Gilets jaunes. Il forge le concept de « France périphérique » qui fait florès.

Jérôme Fourquet est un spécialiste des sondages, avec une formation dans un IEP de province et un DEA de géographie qui, à force de commenter ceux de l’IFOP, a fini par devenir un personnage médiatique décryptant la nouvelle société française. Il a, lui aussi, forgé sa terminologie autour du concept « d’archipélisation de la société ». Le livre qui explicite la notion et l’a particulièrement révélé comme penseur global et pas seulement commentateur de sondages est L'Archipel français : une nation multiple et divisée (Prix du livre politique 2 019), éditions du Seuil, février 2019, 384 P. (ISBN 978-2-02-140603-0).

Son dernier ouvrage, La France d'après : Tableau politique, Paris/impr. en Italie, éditions du Seuil, octobre 2023, 560 p. (ISBN 978-2021542493) a été abondamment cité dans la presse et les médias radiotélévisés.

Il vient de signer un très long article (deux pages entières du Figaro, ce qui est rare), dénonçant la faillite d’un modèle qu’il juge avoir dominé la politique française « quel que soit le gouvernement » : « L’état Guichet, un modèle à bout de souffle dans une France qui a cessé de produire ».

Il clôt par cette réflexion, qui se veut définitive, la phase d’indignation qui a suivi l’annonce d’un déficit budgétaire indécent de 5.5 % du PIB qui avait révélé une France incapable de sortir de son addiction pour la dépense publique et le bilan économique décevant d’Emmanuel Macron. Les résultats étaient exactement le contraire de ceux annoncés.

L’avantage des commentateurs des instituts de sondage, c’est leur apparente scientificité et neutralité. Ils révèlent une matière première sans eux inaccessible. Grâce leur soit rendue !

Le terrible diagnostic d’un modèle français tombant en quenouille a donc fait un grand effet et il a été repris et commenté à peu près partout. Venant d’un observateur neutre et nimbé de science sondagière, la vérité ne pouvait plus être contestée. La France est KO ! On ne pourra pas aller beaucoup plus loin avec le modèle qu’il nomme le « stato consumérisme ». L’avantage est de présenter un modèle méta politique : il est valablement explicatif sur des dizaines d’années avec des dizaines de gouvernements différents.

La leçon vaut pour tous les partis politiques de gouvernement sans exception. Donc aucun d’entre eux n’est vraiment responsable. Vive la neutralité. Comme les commentaires de sondages, le texte peut être lu par tout le monde sans se fâcher.

Ce n’est pas comme si on avait condamné le néolibéralisme, le socialisme, l’européisme, l’écologisme ou toute autre frange idéologique de l’opinion. Stato consumérisme, c’est plat, lisse, sans adhérences fâcheuses. On peut y aller.

Il n’y a rien à dire sur les longues descriptions des résultats désastreux qui défigurent la France. L’auteur reprend des chiffres souvent cités et que tout le monde connaît, notamment les lecteurs des ouvrages pour l’IFRAP d’Agnès Verdier-Molinié et … ceux de ce blog. L’originalité est de lier tous les développements sous une même bannière explicative : on a choisi de consommer et non de produire et cela se termine mal. Conclusion : il va falloir relever le défi de la réindustrialisation et tordre le cou à l’obsession du pouvoir d’achat. « Le guichet est fermé ! ».

Le constat n’est pas original. Il ne peut pas faire de mal. Le statut de l’auteur lui permet de le faire connaître au plus grand nombre de façon consensuelle. Parfait !

Eh bien non, ce n’est pas parfait et même en partie trompeur. Le constat lénifiant ne peut pas encourager les vraies solutions. Pourquoi ? Parce que les causes ne sont pas évoquées. On décrit, on nomme, on qualifie. On n’explique pas. Du coup on ne prend pas de risque, mais on ne risque pas non plus de trouver des solutions !

La lecture mélange tout allégrement, les périodes, les circonstances, les gouvernements comme s’ils avaient tous la même caractéristique : défendre le consommateur et lui seul quitte à ruiner la production et les équilibres fondamentaux.

M. Fourquet n’est pas économiste et ne connaît pas bien l’histoire des 55 dernières années qui forment pour lui une espèce de magma homogène de mesures consuméristes constantes. Ces « choix collectifs ont traversé ces dizaines d’années sans être remis en cause ». Quand les a-t-on formalisés et qui ? Silence : on parle des quarante dernières années, mais aussi des cinquante. La fin du siècle est semble-t-il critique. Tout flotte dans le flou.

Finalement aucune des vraies causes de difficultés françaises n’est réellement évoquée. Le silence sur les causes semble d’or. Du coup on sombre dans un verbiage incantatoire décalé des réalités.

Commençons par les années soixante-dix. Fourquet n’a littéralement rien compris à la période 1973-1980.

La destruction par les Américains du système de Bretton Woods provoque la chute du dollar et une crise économique sévère, larvée et américaine jusqu’en fin 1972 et mondiale début 73. Fin 73, en réponse à l’effondrement du cours du dollar, un cartel pétrolier se forme qui assomme le monde d’une augmentation outrancière du prix du pétrole. L’inflation explose et les économies occidentales se grippent encore plus.

Pour la France le coup est inopiné et violent ! Giscard et Chirac tentent une relance « keynésienne » sans savoir que la technique ne marche pas en système de changes flottants. L’expérience échoue et on appelle Raymond barre qui n’est pas exactement un pro consumériste. La purge fera perdre les élections présidentielles, d’autant plus que les États-Unis lancent une politique sévère de lutte contre l’inflation qui provoque une récession mondiale à partir de 1980.

La capture de la politique par les hauts fonctionnaires, un régime que nous appelons « l’énarchie compassionnelle », est désormais installée. Giscard ne pense que fiscalité. Elle va exploser. TVA, plus-value, etc. L’ISF était dans les tiroirs de Giscard. Ce sont les énarques de Mitterrand qui la mettront en place… Ils ne pensent qu’à des mesures administratives. L’autorisation préalable de licenciement est une erreur bureaucratique prodigieuse. Le but est d’éviter après les affres de mai 1968 l’apparition de formes révolutionnaires alors que la coalition socialo communiste menace de prendre le pouvoir. La multiplication des mesures « sociétalistes » et l’ouverture à une gauche modérée sont également une volonté politique d‘assouplir les tensions nées à gauche en mai 1968. Il faut « se réconcilier avec la société et les jeunes ». La théorie du bloc central chère à Minc prend forme. Giscard entend gouverner au centre.

Mais derrière ces approches politiciennes, qui sont du domaine du discours, Giscard apporte une réponse très forte au chantage des pays pétroliers : l’atome et le TGV ainsi que des investissements industriels dans tous les secteurs en retard (téléphonie, informatique etc.). Où voit-on une politique consumériste ? Où voit-on une politique dominée par le court terme ? Giscard a travaillé pour le demi-siècle à venir.

Les années soixante-dix sont politiquement sous la pression du gauchisme soixante-huitard, et économiquement sous la domination américaine qui impose les changes flottants, une inflation démente et la pire récession depuis 1929 ! Le tout est aggravé par la poussée des pays arabes pétroliers et leur volonté d’écraser Israël quitte à faire sombrer le monde entier dans le terrorisme.

Impossible de retrouver dans la période un « modèle d’état guichet ». Bien sûr, il y a de la démagogie. La possibilité de passer deux ans au chômage avec 90 % du salaire est une erreur dramatique. Dans l’entreprise américaine où je suis devenu directeur général adjoint, je dois faire face à la demande d’un ingénieur en chef qui exigence de bénéficier du nouveau licenciement économique. Il pourra finir à Nantes ses études de doctorat tout en faisant le moniteur de voile sur les plages en été et le moniteur de ski en hiver. Mon refus est vu comme de la malveillance : c’est l’État qui paie. Pourquoi refuser ? Les clients ? Rien à battre. Ne rien foutre pendant deux ans en gagnant plus qu’en travaillant, cela ne peut se refuser.

La poussée féministe en faveur du divorce, de l’avortement et du contrôle des naissances lance la destruction de la natalité française, alors que le regroupement familial provoque une invasion migratoire. Plusieurs fonctions régaliennes critiques font les frais des restrictions imposées par la récession. La santé connaît un numerus clausus très restrictif avec laminage de la fortune des médecins et surtout des chirurgiens. L’armée devient une armée de métier pour éviter les « comités de soldats » qu’essaient d’imposer Edwy Plenel et les trotskistes révolutionnaires ainsi que le droit de grève. L’éducation nationale sombre avec le collège unique de M. Haby. La sécurité publique sombre également avec la généralisation du justicialisme dans les tribunaux et la création du syndicat de la magistrature.

Jean Royer se fait un nom en dénonçant l’abandon de la poursuite des délinquants notamment mineurs, et la politique de l’excuse systématiquement mise en place dans les tribunaux. Il ne veut pas de la pornographie et dénonce la pédophilie qui à l’époque est portée par quelques intellectuels de gauche, dont Cohn Bendit pour qui la sexualité des jeunes est réprimée à tort. Il est aussitôt classé fasciste et coursé à chaque manifestation publique par l’extrême gauche, un peu comme Zemmour aujourd’hui. Il est effaré par l’exode rural et le développement de la grande distribution qui tue le commerce de centre-ville en province. La loi Royer lutte contre l’extension des grandes surfaces. Pas de chance pour Jérôme Fourquet, le gouvernement mène dans ce domaine une politique anti consumériste qui verra bientôt le fils Leclerc se lever contre « cette attaque contre le pouvoir d’achat ».

Si on hiérarchise les causes du désastre que sera cette période, on aboutit à cette liste :

-            L’instauration des changes flottants qui provoquent à nouveau des récessions mondiales majeures périodiques et font chuter la croissance à long terme. Merci les États-Unis.

-            La poussée violente des états musulmans, avec le cartel pétrolier et le terrorisme mondialisé

-            Le dévoiement de la cinquième République où le domaine politique est absorbé par les hauts fonctionnaires (l’énarchie compassionnelle) qui ne pensent qu’en termes de taxes et d’impôts, de règlements, de subventions

-            La pression sociétaliste gauchiste et socialo communiste.

Alors oui, des mesures démagogiques sont prises (contrôle stupide des prix, blocage des loyers, les deux années de chômage à 90 % du salaire, l’autorisation administrative de licenciement.) Il fallait faire face dans la panique aussi bien au choc de la récession qu’à la pression politique.

Giscard a multiplié les erreurs graves mais personne ne peut l’accuser d’avoir bradé la production, les transports, et l’industrie. La grande distribution naît à la fin des années soixante, en pleine phase de croissance pour étendre la prospérité à toutes les couches de la population désormais propriétaire de voitures et bancarisées et les gouvernements tentent de freiner le mouvement. La hausse massive du pétrole ne va pas faire du bien à la grande distribution. Les fusions de la fin des années soixante-dix marquent la difficulté du secteur. Quant à l’agriculture, devenue la principale activité de la Commission européenne, elle fait l’objet de réformes à cause de la récession. L’extension des jachères date de là. La grande préoccupation européenne devient monétaire. Que devient le système de péréquations européen en système de changes flottants et comment résister au dollar ? L’ouverture de la finance à la spéculation date du milieu des années soixante-dix avec l’ouverture des grandes salles de marché. Le bâtiment lui s’effondre et ne reprendra vie qu’à la fin des années quatre-vingt.

L’analyse simpliste de Jérôme Fourquet est totalement inappropriée pour la période 73-80. Elle n’a même pas de sens. Elle ne désigne aucune des sources de malheur. Elle ne permet aucune prise de conscience. Elle n’incrimine aucun des acteurs ou des modes de pensée responsables. L’auteur ne tient pas compte de la réalité historique au profit d’une construction intellectuelle artificielle.

Giscard le Fat se fait photographier en bellâtre en maillot de bain sur le bord de la piscine de Kingston à la Jamaïque, alors qu’il y signe l’acceptation de la mort des accords de Bretton Woods qui ont été la condition des « trente glorieuses ». Là, il faudrait sortir la mitrailleuse. Pas un mot de Fourquet pour qui le rôle crucial du système monétaire international est visiblement inconnu.

Si on prend la période 1981-1993, c’est en gros le règne mitterrandien. Mitterrand est un politicien habile et sans scrupule et, humainement un pourrisseur. Il va détruire l’économie française et la société française, aussi bien que son entourage et finalement provoquer le déclassement durable du pays et la perte de sa prospérité comme de son indépendance.

Le Programme Commun, est simplement dément. On nationalise à 100 % des secteurs entiers qu’il faudra dénationaliser plus tard. L’énarchie s’empare de tous les leviers économiques et politiques. L’entreprise est saccagée par la fiscalité et les lois Auroux. La justice se met à enfermer les cadres et les dirigeants d’entreprises à larges poignées. L’ISF est mis en place. La fuite des capitaux commence et ne s’arrêtera plus. On détruit l’hôpital en voulant casser du mandarin. L’emprise de la bureaucratie commence. Tous les secteurs publics ou parapublics sont livrés aux syndicats. Les réglementations explosent.

Dès 1984 après de multiples dévaluations, l’ordre est donné à la banque de France de préparer le passage à la monnaie unique en pratiquant une politique monétaire restrictive. En contrepartie on lâche tout dans le domaine sociétaliste. Surtout on réduit la durée hebdomadaire de travail et on avance de cinq ans l ‘âge de départ à la retraite. On cesse quasiment de réprimer la délinquance en dénonçant la prison criminogène, et on s’enivre de la suppression de la peine de mort. La délinquance explose et ne sera plus jamais contrôlable. La corruption embrase toute la vie politique. Il n’y a qu’à se servir. M. Defferre fête chaque nouveau milliard gagné à Marseille. Et de rire.

Le bilan économique est tragique. Toutes les industries traditionnelles sombres : textile, sidérurgie, le Nord et la Lorraine sont désormais sinistrés à perpétuité. Je suis dans le restaurant où Fabius fête au champagne sa nomination comme premier Ministre. À son arrivée tous les convives marquent leur mépris en tapant sur leur verre. L’après-midi il est venu à la télévision pour pleurer sur la fin de la sidérurgie lorraine… Pleurs au journal télévisé, champagne une heure après ! Les braves gens !

Politiquement Mitterrand crée la fortune de Le Pen, un de ses anciens copains, qu’il enfonce profondément dans le flanc de la droââââte. On rigole bien à l’Elysées. Pas dans le pays. Ce sera la cohabitation. L’énarchie de droite prend le pouvoir avec Chirac et Balladur. Cette période sera la dernière où les grandes préoccupations nationales seront prises un peu en compte par le pouvoir politique. On supprime l’ISF et remet à peu près en place une vraie gouvernance. Mais on ne touche pas à la bureaucratie et aux mesures délirantes. Le sociétalisme reste en place. L’affaire du décès de Malek Oussékine et la révolte étudiante gâchent les chances électorales de Chirac à la présidentielle suivante. L’école peut finir de sombrer.

Le second septennat de Mitterrand est une simple horreur. Il est malade et ne fait plus rien que d’essayer d’avoir un bilan européen. Maastricht devient la grande affaire et avec elle la perte définitive de toute indépendance pour la France. On laisse la place à la finance. Les Oligarques commencent à fleurir. Mitterrand se flatte d’avoir été le dernier président de plein exercice ! Et il est déifié par une coterie !

Le bilan économique des deux septennats est terrifiant. La France n’est plus compétitive et embarquée dans la concurrence internationale avec des fers aux pieds. L’élévation de Bernard Tapie avant sa chute brutale symbolise des années fric, où la spéculation est partout et l’économie nulle part.

Le désordre international lié aux changes flottants continue à faire ses dégâts. Une nouvelle énorme crise financière est en formation. Elle explose en 1992-1993. Elle est sauvage. La France subit un nouveau choc terrible, plus fort qu’en 1973, sans cette fois-ci de réaction sur les prix du pétrole. Mais elle est terriblement affaiblie par 11 ans de mitterrandisme socialo communiste. C’est la catastrophe. La gestion de Rocard a été pitoyable et il a poussé la dépense publique et la fiscalité au plus haut pendant la phase haute du cycle. La récession laisse hagard ses successeurs.

Retour à la situation de 73-74, mais en pire. La France est littéralement ruinée et sommée après le référendum sur le traité de Maastricht de préparer l’Euro et un nouveau moment fédéral européen. Chirac se fait élire et pousse Juppé et ses mesures purement bureaucratiques. Chirac dissout à contretemps et se voit infliger 5 années Jospin et une « dream team » fantasmée qui ruine définitivement l’école, l’entreprise, la sécurité, le bourgeois. L’instauration des 35 heures alors que l’OMC s’ouvre à la Chine et que la mondialisation des échanges devient le mantra de l’époque signe le déclassement radical inéluctable du pays. Il n’y a plus d’hôpital public asphyxié par la bureaucratie. L’éducation nationale sombre définitivement. L’immigration sauvage s’amplifie sans limite. La fiscalité est oppressive. Le secteur nucléaire est attaqué. L’écologisme anticapitaliste est promu. La désindustrialisation triomphe avec la nomination d’un l’énarque socialiste à la tête de l’OMC. Les socialistes commencent à théoriser la perte de la classe ouvrière à remplacer par le nouveau prolétariat : les immigrés musulmans.

Si on regarde les grandes causes du désastre de la période, on retrouve :

-            Les changes flottants, source de récessions mondiales toujours plus graves

-            Le socialisme et les cadeaux au peuple

-            L’extension de la variante malthusienne et antinucléaire de l’écologisme

-            Le triomphe de l’énarchie compassionnelle

-            Le poids de la perspective de création de l’euro qui implique des finances répressives et des taux d’intérêt forts.

En attendant, toutes les fonctions régaliennes sont en grande détresse ; justice, éducation nationale et recherche, sécurité intérieure et extérieure, rayonnement de la France, santé, tout est en train de sombrer. La natalité est en berne, l’immigration au plus haut. On a commencé à détruire notre socle nucléaire, le seul avantage compétitif qui nous reste. Superphoenix est arrêté.

Voilà ceux qui détruisent le pays et sa prospérité.

Le Cercle des économistes e-toile se crée à ce moment pour dénoncer ce qui s’annonce : un désastre.

Il ne s’agit pas de dénoncer un système de guichet mais directement les erreurs tragiques qui vont signer le déclassement tragique du pays.

-            La mondialisation déséquilibrée avec deux systèmes monétaires défaillants le futur euro et les changes flottants

-            Une France dont la démocratie a été captée par l’Enarchie et la bureaucratie, acceptant un étatisme et un fiscalisme délirants

-            Le reliquat de socialo gauchisme et la poussée sociétaliste débilitante qui tue la natalité et laisse le pays envahi par une immigration incontrôlable.

-            Une poussée malthusienne liée à l’écologie qui menace toute croissance.

Cela va tout de même bien plus loin qu’un simple modèle de guichet « statoconsumériste ». C’est le pouvoir d’achat lui-même et la croissance qui sont gravement menacés. La France est en danger.

(à suivre)

Géopolitique et changes flottants

Géopolitique et changes flottants
Le Président français vient de rencontrer M. Xi Jin Ping. Un des sujets abordés a été le terrible déficit commercial entre la France et la Chine, et la pression majeure que la Chine exerce dans toutes les disciplines et marchés associés de la décarbonation : éoliennes, photovoltaïque, voiture électrique, équipements électroniques lourds.
La somme des déficits bilatéraux en 2022 et 2023 a atteint 100 milliards d’euros, des chiffres records. Rappelons que de 2010 à 2019 la France n’a exporté que 119.4 milliards d’euros de marchandises et de services. Nous avons donc accumulé dans les deux dernières années un déficit l’équivalent au montant de nos ventes de la décennie précédente.
C’est proprement dément ! Aucun économiste ne peut justifier des écarts pareils.
Comme il n’y a plus de régulation internationale des soldes inter-états comme du temps de Bretton Woods, les dirigeants français ont très respectueusement demandé que la Chine fasse quelques efforts pour rétablir l’équilibre des échanges. La Chine à part quelques simagrées de circonstance, a répondu : faites mieux économiquement si vous le pouvez et surtout n’emboîtez pas le sillage des États-Unis qui nous a désignés désormais comme son adversaire principal.
Le Président français est resté coi. Que dire quand on n’a jamais même esquissé une réflexion sur les causes de la situation détestable où se trouve la France, non compétitive et accumulant les déficits intérieurs et extérieurs de plus en plus délirants ?
Le problème de la Chine est l’extraordinaire collecte de devises américaines que le système monétaire des changes flottants a permise. Dans le système précédent, les États étaient responsables de leurs excédents et de leurs déficits. En cas de trop gros excédents il leur aurait été demandé de réajuster la valeur de leur monnaie. En cas de trop gros déficits, il fallait qu’ils restaurent leur compétitivité et par accord mutuel, ils pouvaient dévaluer mais sous contraintes du FMI avec un plan de redressement.
Pour que le système tienne, il fallait que le dollar revienne à l’état de monnaie normale et ne soit plus la source de la monnaie internationale ou que la tenue de son rapport à l’or soit garantie par une politique américaine adéquate.
Les États-Unis ne l’ont pas voulu. Le système de Bretton Woods a explosé et on est passé, à la demande de l’Allemagne, aux changes flottants, où les taux de changes sont dirigés par le marché et contrôlés par les banques centrales.
Les résultats ont été immédiats : des énormes excédents correspondant à d’énormes déficits ; des taux de change ne reflétant en rien les exigences d’un commerce international sain ; des flux monétaires gigantesques au-dessus des frontières et le rôle crucial des mouvements de capitaux et des nouveaux modes de collecte et d’emploi de l’épargne.
Lorsque l’Allemagne a accumulé des excédents gigantesques, personne n’a protesté. Mais lorsque le dollar s’est effondré les excédents ont fondu en valeur et l’Allemagne s’est trouvée devant de gosses difficultés à la fin des années quatre-vingt. Le Japon a pris le relais avec les mêmes résultats dans les années quatre-vingt-dix. La Chine a pris le relais, accumulé des milliers de milliards de dollars d’excédents et s’est retrouvée avec la crainte que la valeur de ce magot ne fonde.
Plus aucune règle internationale n’impose à la Chine de maintenir un commerce équilibré avec une nation qui de plus n’a plus de monnaie qui lui soit propre. Tout le monde sait que l’Euro est trop bas pour l’Allemagne et trop haut pour la France, sans aucun moyen d’ajustement simple.
La France en est réduite aux incantations. Son déficit vis-à-vis de la Chine est extrême et non maîtrisable.
Xi Jin Ping s’est donc contenté de se faire caresser les bras (Macron n’a pas essayé le ventre comme avec Lula, un progrès tout de même), tout en maintenant son sourire énigmatique.
Le président français s’est agité médiatiquement pour aucun résultat concret.
Une France prisonnière de l’Euro dans un système de change flottant ne peut retrouver de la compétitivité qu’en réduisant fortement la part du secteur public et en augmentant le temps de travail. 40 heures hebdomadaires, 5 semaines de congé et départ à la retraite à 66 ans ? Probablement et abandon du statut de fonctionnaire pour la contractualisation, comme en Suisse avec abandon des emplois à vie ; identité des régimes sociaux entre secteur privé et public. Renvoi du financement de la sécurité sociale sur les particuliers et abandon de la notion de gratuité. Séparation entre la haute fonction publique et les grands postes politiques.
Une France reconstruite autour de ces mesures aurait une chance de restaurer sa compétitivité et ses balances extérieures, en dépit des deux systèmes monétaires malsains dans lesquels elle baigne. Elle pourrait parler haut et fort. Mais cela implique une phase de repli temporaire avant de reprendre la marche en avant.
Une classe politique entièrement dominée par les écuries d’Énarques n’y consentira jamais. Jamais !!!
Le déclassement français a encore de beaux jours devant lui. Et les présidents gesticulateurs et impuissants feront les moulins à vent devant les puissants, Europe ou pas Europe.
Cela fait maintenant 50 ans que cela dure. Sans la moindre prise de conscience. Avec le refus obstiné des médias d’offrir une fraction de leurs colonnes à une contestation de l’énarchie compassionnelle, d’un euro qui maintient et amplifie les déséquilibres et des changes flottants et leurs conséquences déplorables.
La France avance les yeux bandés en disant « jusqu’ici cela va encore » même si le déclassement s’aggrave d’année en année.
Les excédents de l’Allemagne lui ont permis de racheter une fraction considérable des entreprises françaises et pas seulement de se perdre dans l’immobilier espagnol, portugais ou grec. Les excédents ont entraîné le Japon dans sa situation actuelle de stagnation. La Chine est dans une situation branlante, à la fois capable de tout acheter et de se lancer dans des investissements colossaux mais fragilisée par le risque de perte de valeur de son stock de réserves si le dollar s’effondre. Elle a acheté des tonnes et des tonnes d’or qui atteint les sommets alors qu’on ne parlait que de démonétiser l’or à partir de 1971, à l’initiative des États-Unis. « La relique infâme » a encore quelques beaux jours devant elle.
La guerre en Ukraine a déstabilisé ce monde désarticulé, tuant la croissance mondiale.
Et pour couronner le tout, l’idée que l’homme était en train de tuer la vie sur terre à court terme s’est emparée des institutions internationales qui exigent de respecter des contraintes extravagantes, qui tournent à l’autodestruction, sur des bases scientifiques plus que fragiles malgré la propagande à caractère religieux qui entoure les conclusions du GIEC.
Autant dire que la France n’a aucune marge de manœuvre pour mener une politique indépendante visant son propre intérêt. En perdant la possibilité de dévaluer, elle ne peut agir rapidement sur les soldes extérieurs.
Tout cela pèse in fine sur le revenu des Français.
Le 10 mai 2024 les télévisions s’émeuvent des larmes d’une femme âgée qui s’adresse au faux angelot nommé récemment premier Ministre pour son minois et qui se plaint de devoir de retravailler à pas d’âge parce qu’elle ne s’en sort plus.
Aucune n’approfondira le « pourquoi » de cette situation. Pourtant la visite concomitante de Xi Jin Ping offrait une bonne occasion de tirer quelques fils explicatifs.
L’incurie macronienne n’a d’égal que la cécité volontaire (ou pire, involontaire) des grands médias.
Pendant ce temps-là la France s’enfonce. Gavés de propagande et d’opérations de communication, les Français applaudissent les mesures qui les ruinent ou se réfugient dans le vote protestataire. On peut légitimement parler d’une forme de déchéance que les historiens ne manqueront pas de relever.

CEDH : Coup d’Etat Durablement Hostile (à la démocratie)

Nous avons dénoncé sur ce blog, à de nombreuses reprises, le « gouvernement des juges » et le coup d’État permanent des cours suprêmes qui veulent supplanter et les prérogatives de l’exécutif et celles du législatif. Symétriquement en France et le législatif et l’exécutif ont décidé non seulement de laisser faire mais de développer des lois dont l’interprétation permet d’aller encore plus loin dans la tutelle des juges. Les lois sur la « haine » permettent de soumettre n’importe quelle question aux juges avec des peines souvent exorbitantes. L’ampleur de l’emprise idéologique des ONG ou prétendues telles dans l’Union Européenne a encore tendu la question, des ordonnances votées dans l’exaltation à Bruxelles, loin des électorats, allant de plus en plus loin dans des réglementations de détails complexes et souvent contradictoires, avec l’installation d’administrations tatillonnes de contrôle qui détruisent le droit de propriété ou la libre expression, le tout mis totalement sous tutelle. Juges, ONG, associations, politiques et administration s’imposent de façon intrusive dans la vie quotidienne de tout le monde.

La CEDH qui a été créée par l’UEO pour éviter qu’on ne revoie ce que les Soviétiques, les Nationaux Socialistes et les Fascistes italiens ont imposé à des parties de leur population, s’est détournée de cette fonction depuis longtemps, refusant d’intervenir sévèrement sur les questions fondamentales de droits de l’homme et s’acharnant à entrer dans le processus législatif de détail des pays libres. C’est tout de même plus facile. L’Ukraine, la Géorgie, le Karabakh, prudence. Par contre, la Suisse !

Constitué de représentants de tout petits pays, le plaisir du nain de jouer un rôle de géant est incontrôlable au sein de la CEDH. La direction de la Grande commission qui a condamné la Suisse est éclairante :

Síofra O’Leary, Irlande, Présidente

Georges Ravarani, Luxembourg, Vice-Président

Marko Bošnjak, Slovénie, Vice-Président

Gabriele Kucsko-Stadlmayer, Autriche,Président de section

Pere Pastor Vilanova Andorre,Président de section

Arnfinn Bårdsen, Norvège,Président de section

Irlande, Luxembourg, Slovénie, Autriche, Andorre et Norvège sont des pays tout à fait estimables mais qui ne comptent pratiquement pas dans le concert des nations. Les juges qu’ils envoient à la CEDH, outre de remarquables et inespérées rémunérations, peuvent tout à coup intervenir dans la vie de centaines de millions de personnes. Pourquoi se priver ? Inventer un droit climatique qui n’existe pas en s’appuyant sur un article qui vise à protéger l’intimité de la vie civile contre les abus totalitaires, est pire qu’une simple imposture. C’est se moquer explicitement de la lettre des textes et de l’intention des signataires de la convention fondatrice.

La CEDH permet désormais à des associations de faire condamner des Etats qui « compromettent le bien vivre chez soi », au nom de la science. Il suffit qu’une instance internationale décide que la science a tranché sur un sujet quelconque pour que cette décision s’impose aux Etats. C’est à rapprocher des tentatives de rendre les décisions des agences de l’ONU impossibles à critiquer. On développe ainsi un concept de science officielle dont toute l’histoire des sciences démontre la sottise et même l’ignominie.

L’arrêt dit explicitement que la responsabilité humaine dans les évènements climatiques est prouvée que le risque pour les habitants qui en résulte est acquis et que le fait de le contester et de ne pas agir en conséquence pour des instances démocratiques est une atteinte aux droits de l’homme ouvrant droit à sanctions. Le lien entre carbone anthropique et température, qui est contesté par des milliers de chercheurs et de scientifiques, est considéré comme Vérité divine porteuse de droits, par 16 juges sans aucune connaissance scientifique. En n’ayant pas calculé sa production de carbone anthropique, la Suisse est coupable d’attaque contre l’intimité civile de sa population ! Mais les décisions de l’Union Européenne, n’ont, elles, fait l’objet d’aucune étude d’impact notamment sur l’inconfort qui résultera de la baisse de bien être des particuliers ruinés. Va-t-on poursuivre Mme Van der Leyen ?  

Il faudrait évidemment attaquer chacun des juges qui ont collaboré à ce coup d’État pour abus de pouvoir et détournement des fonctions qui leur ont été dévolues. Pas de chance c’est impossible. La seule solution, c’est de refuser toute jurisprudence basée sur ce coup d’État et de le faire savoir.

Emmanuel Macron a fait sa révérence à la CEDH dès son élection à la Présidence de la République. Il saluera donc l’arrêt bouffon contre la Suisse ou se réfugiera dans le silence.

Pour une Cour de Justice se mettre dans les pas de l’écologie anticapitaliste ne laisse rien présager de bon. Il suffit de constater les interventions entendus  durant les journées « écologiques » de Libération :

« Je suis pour qu’on demande beaucoup plus d’efforts à ceux qui polluent le plus et a fortiori, ce sont les plus riches » (Mélody Tonolli, adjointe écologiste à la Mairie de Paris) ».

« Il n’y a aucune différence entre la justice sociale et la justice climatique : les causes de ces problèmes sont les mêmes » (Feris Barka, cofondateur de Banlieues Climat) ».

« Il est indispensable de créer une « Sécurité sociale de l’alimentation » (Bertrand Caltagirone, porte-parole de Riposte alimentaire »).

« Il faut « une nouvelle diversité des voix dans le mouvement climat. (…) Il n’y a pas de femmes racisées (sic) » (Souba Brunel, « activiste pour le climat ».

« Réaliser la transition écologique doit passer par une remise à plat de la question des tâches domestiques » (Sandrine Rousseau, députée écologiste). »

« On vit dans un temps de gavage gigantesque, avec les classes supérieures qui polluent le plus » (François Ruffin, député LFI). »

Au nom du climat le CEDH va-t-elle condamner des Etats qui n’auraient pas fait assez contre « les riches », les hommes, les Blancs ?

Rappelons que le salaire d’un juge à la CEDH est mensuellement de 17 890 euros totalement défiscalisés, soit 214 680 euros annuels sans compter différents avantages et de la retraite. Tout dans tout, c’est l’équivalent d’un revenu privé de 1 million d’euros, brut, par an.

Rappelons que le juge français est un Enarque qui continue à pouvoir faire valoir ses droits statutaires. Ah ! La belle retraite à venir. Ses connaissances scientifiques ? inexistantes.

Faudrait-il attaquer la CEDH pour incitation à des dépenses défiscalisées qui altèrent le climat car les juges exonérés d’impôts empêchent de financer l’action climatique et du coup « se gavent de façon gigantesque » en polluant plus que la moyenne ?

On marche bien sur la tête ! Et les Albanais d’Azerbaïdjan viennent de faire l’objet d’une déportation massive avec l’approbation de la CEDH qui a statué qu’un Arménien déporté de son lieu de vie millénaire n’avait pas le droit de revenir à son foyer au nom du même article sur la défense de la vie privée utilisé pour l’arrêt contre la Suisse, parce que le Haut Karabakh appartenait à l’Azerbaïdjan ! Vive le droit à perdre son foyer dans une guerre ethnique et religieuse et vive le droit au nettoyage ethnique cautionné par la CEDH !  

Et on dépense plus de 100 millions d’euros chaque année (budget plus frais immobiliers et divers) pour ce bazar. Cela en fait des éoliennes !

Les droits de l’homme sont fondamentaux. Parmi les droits de l’homme, il y a la démocratie. Dans les états démocratiques, c’est par le travail parlementaire qu’il faut donner de la substance à ces droits qui, dans les préambules, sont des intentions et des objectifs. Les instances internationales, comme la CEDH, ont d’abord à s’attaquer aux pertes massives de droits des individus, soit du fait qu’un état prive de droits des catégories de population soit qu’ils commettent des violences inacceptables soit qu’ils ne permettant pas une défense honnête de personnes poursuivies., ce qui est de règle dans un très grand nombre de pays rattachés à la CEDH.  

Des juristes, souvent rattachés à des castes (les énarques en France), ou à des groupes de pensée, se sont mis d’accord pour fixer une somme de règles concrètes, hors d’accès aux élus, qui doivent s’appliquer perinde ad cadaver, et une méthode d’extension unilatérale de leurs interventions dans tous les domaines. En donnant accès illimité à des associations de fait à leurs jugements, on a fait entrer la passion et l’hystérie dans les cours. A quand un « mur des cons » à la CEDH, maintenant qu'on a vidé de contenu l’action des gouvernements et des parlements.  

L’Occident, l’Europe, la France se suicident en abandonnant la démocratie au profit du gouvernement des juges.

Petites observations témoignant de grandes transformations économiques

L’économie est tout entière une question d’observation et de mesures. Sans statistiques, pas d’économie réfléchie et informée. Sans compréhension de la statistique, pas de compréhension de l’économie. Sans accès aux données et à la méthode de collecte, on ne sait finalement rien.

La Chine en donne une preuve parfaite. Les grands systèmes publics étant aux mains de l’État, l’observation indépendante est très difficile s’il ne garantit pas la fiabilité de la collecte, la stabilité des méthodes d’analyse et la publication des résultats.

De plus, l’information étant fournie d’abord sous forme d’estimations qui seront perfectionnées et validées, ou non, bien plus tard, la presse se fait fort de donner des certitudes exclusivement sur les premières estimations et ne corrige jamais le tir lorsqu’on connaît les vrais chiffres. Les différences sont parfois très nettes.

Comme la diffusion des constats est effectuée en la noyant d’éléments de langage le plus souvent trompeurs, exagérant des résultats positifs insignifiants ou gommant les résultats désastreux, le grand public ne comprend en général rien à ce qui se passe. Il flotte dans l’océan de la com’ comme un bouchon ou ne tient compte que des effluves de slogans. Le cynisme des dirigeants leur offre des justifications bidonnées qui s’effondrent quand on les creuse. Emmanuel Macron est le roi du verbiage exonérateur de ce type. Ce n’est « jamais de sa faute ». "Il a tout fait bien". Et c’est néanmoins la catastrophe.

L’affaire est aggravée par l’idée que l’opinion, par son pessimisme, peut avoir un effet économique négatif. Certains jugent légitime de manipuler l’opinion pour améliorer les résultats économiques effectivement très liés à la confiance. l’INED ou l’INSEE ou les experts officiels sont donc sommés de farder la réalité pour la bonne cause. Et la Cour des comptes se flatte de fournir ces constats après les discussions au Parlement !

Il est devenu très difficile de conduire une réflexion économique indépendante et très facile de créer des structures de manipulation des esprits comme l’OFCE qui profitent du brouillard pour défendre des postures. Structure socialiste intégrée à la haute administration étatiste via Sciences Po, ses thèses sont constantes : l’impôt et la dette c’est bien. Vive la création de postes de fonctionnaires. Vive la dépense publique. Non au capitalisme et au libéralisme.

Pendant des années notre Cercle a eu accès à une source de données tout à fait extraordinaire ; la proportion d’entreprises du secteur de la mécanique ayant des commandes en hausse et de celles ayant des commandes en baisse. La corrélation avec l’indice de la production industrielle est parfaite avec deux mois d’avance sur la réalité de l’activité et deux à quatre mois avant que les autres méthodes donnent une vision approchée de la réalité. Cet indicateur nous a permis d’annoncer très à l’avance l’arrivée et surtout la gravité des récessions de 1992-1993, du début du siècle et de 2008.

L’Insee obtient presque la même chose avec des enquêtes d’opinion auprès les services d’achat, mais la corrélation est plus floue. Il est désormais difficile d’obtenir la statistique la plus simple sur la valeur ajoutée des entreprises du secteur commercial. Vous n’obtenez sur le Net que les résultats de 2021 Trois ans de retard ! Alors qu’on dispose déjà des résultats des deux derniers trimestres 2023. Ce qui permettrait de trancher la question de la récession en cours.

Nous commençons en France à être dans la situation de la… Chine, où on ne peut comprendre ce qui se passe qu’en croisant des bouts de statistiques dont on ne connaît ni les sources ni les méthodes et qui contredisent souvent les affirmations officielles. En 202 la valeur ajoutée des entrerpises de plus de deux personnes était de 991 milliards d'euro. En 2023 la dépenses publique a été de 1607 milliards. La valeur ajoutée n'ayant pas cru de 60% en 2022 et 2023, on voit que l'Etat dépense plus que ce l'entreprise crée de valeur. Sans doute 25 à 40% de plus. Ne permettons plus de connaitre les chiffres officiels en temp réel. Sinon quels hurlements !

Paradoxalement, des observations anecdotiques permettent parfois d’alimenter des raisonnements économiques approfondis.

Dans les années soixante on a trouvé la conjonction suivante :

-         Le dollar valait 35 dollars l’once

-         Le journal le Figaro coûtait 35 cts (le Monde 50 cts)

-         La glace une boule à l’entrée du jardin du Luxembourg valait 35 cts (deux boules 50 cts)

-         Les chaisières dans le même jardin collectaient 35 cts pour une chaise (50 cts pour un fauteuil)

Quelle est la situation 60 ans plus tard et quelles conclusions en tirer ?

L’once d’or est passée de 35 dollars à 2 200 dollars

Le Figaro est passé de 35 cts de franc à l’équivalent de 2 500 cts de francs, à égalité avec le Monde (qui est rentré dans le rang)

Il n’y a plus de vendeurs de glace ni de chaisières au jardin du Luxembourg.

1 dollar vaut 1/2 201 d’once d’or. Le Franc 1/2 500 de Figaro. Les monnaies n’ont pas simplement perdu de la valeur, elles ont perdu toute valeur. Car perdre progressivement plus de 99 % de sa valeur veut dire un évanouissement, pas simplement une dévaluation.

Nous vivons, nous dit-on, dans un système de monnaies flottantes. Pas du tout ! Nous sommes dans un système de monnaies fondantes. Et cela vaut aussi bien pour la monnaie du monde que pour la nôtre et celle de l’Europe. En vérité toutes les monnaies du monde fondent à leur rythme et s’évanouissent.

La disparition des chaisières et des marchands ambulants de glaces s’explique en France par la « smicarisation » des rémunérations et des coups de pouces au SMIC. Une mesure prétendument sociale a interdit tout emploi qui n’atteint pas une certaine productivité. On a supprimé dans la courbe qui lie emploi et coût du travail, tous les postes à gauche du trait correspondant au salaire minimum chargé. Et récolté un chômage structurel ingérable de plusieurs millions de personnes, surtout en stimulant l’arrivée de millions d’immigrants dont l’espoir d’emploi, à leur niveau de productivité, est « à gauche de la césure de la courbe ».

D’où l’explication du paradoxe apparent d‘un manque de salariés disponibles (à la productivité voulue) et d’une masse de chômeurs qui se compte en millions. Et la stupidité du commentaire macronien sur « l’emploi qu’on trouve en traversant la rue ». Et le crétinisme de ceux qui répètent que la France est formidable car elle a un taux de productivité élevé. La France a l’emploi (et le chômage) que lui impose un coût du travail administré et imposé. On comprend mieux le travail au noir et l’explosion des petits métiers à la limite de la légalité (ce qu’on appelle l’ubérisation) qui permettent d’employer des gens qui ne peuvent pas fournir la productivité imposée. Du coup on cherche à régler la question en « déchargeant et détaxant » les bas salaires. En vérité on ne fait que transférer les charges sur d’autres en aggravant la pression fiscale globale avec les mêmes effets sur l’emploi via la réduction de la consommation et de l’investissement. Nous sommes en pleine imbécillité. Et cela se voit comme le nez au milieu de la figure à partir de constats minuscules. Si, pour être encore plus stupide, vous mettez votre industrie en compétition avec les pays à très bas salaires vous aggravez la situation en faisant disparaître votre industrie. Comme c’est malin ! On comprend aussi l’escroquerie macronienne qui prétend avoir résolu l’affaire et permis des taux d’emploi formidables, alors qu’aucune des causes du chômage structurel n’a été réellement éliminée.

On comprend mieux aussi, en partant de ces toutes petites observations, pourquoi le Bitcoin est si bien valorisé en dollar. C’est l’espoir qu’indépendant des États, ce soit une valeur moins fondante bien que capricieuse.

On comprend mieux aussi la fausse flambée du logement. Le logement n’a pas vu sa valeur fondre aussi vite que la monnaie. C’est tout. Et on entend des sots qui crient « la baisse du logement, enfin ! ».

Comme nous l’avons décrit dans un article précédent, si on les évalue en « valeur permanente de référence », les différentes courbes économiques prennent un tout autre aspect et induisent des raisonnements radicalement différents.

Un autre point important : les monnaies ayant la mauvaise idée de fondre, la mesure de l’inflation devient un élément critique. On a choisi en France un indice qui tente de limiter au maximum le constat de l’érosion monétaire, notamment en virant l’impact de la hausse des coûts du logement. La différence est très marquée par exemple avec l’indice allemand, qui, lui, en tient compte : pratiquement 1 %. La conséquence est qu’on dit que l’Allemagne est en récession alors que la France est stable à zéro %. Avec l’indice allemand elle connaîtrait exactement la même récession !

Une des grandes tares de notre période est certainement la perte d’honnêteté et de crédibilité de l’information économique publiée, remplacée par des injonctions vertueuses et les manipulations de la communication politique. La Chine vient d’annoncer que les économistes ne seront laissés libres que s’ils ne critiquent rien et qu’ils se montrent optimistes et louangeurs. La France s’en inspire.  Du coup, la connaissance économique étant quasi nulle dans la population (la formation économique dans le cycle scolaire est un simple épisode de propagande anticapitaliste !) et même au sein des élites, le champ de la bêtise a pris une extension phénoménale.

On le voit tous les jours pendant cette campagne pour les Européennes. On peut appeler cela démagogie, incompétence, cynisme ou idéologie, le constat est le même. Il est consternant. Et le déclassement économique et social de la France se poursuit.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

Les dégâts sociaux des peurs et des idolâtries manipulées.

La scène se passe au Rostand peu avant les présidentielles de 1988 qui vont opposer MM. Chirac et Mitterrand. Le Rostand est un grand bistrot du quartier latin à Paris connu pour sa fréquentation estudiantine « de gauche », mélangée aux amateurs du jardin du Luxembourg. À une table, en vis-à-vis, un jeune couple. Lui, 22 ans environ le visage un peu niais. Elle, elle est du même âge. Le visage est fermé et regarde vers son intérieur. Pas un regard pour son compagnon. Elle parle mécaniquement. « Il va falloir quitter la France si Facho-Chirac gagne ». « Tu te rends compte : un Pinochet en France ! Quelle honte ! Pour la première fois la Shoah a été justement dénoncée à sa juste valeur et cette terrible leçon ne porte pas. Les fascistes sont à nos portes ! »

Après le succès mondial de la série Holocaust, nous sommes en plein dans l’expansion maximale de l’émotion autour des crimes nazis contre les juifs et aussi la dénonciation de la France et de ses institutions comme complices du génocide. La culpabilisation des Français comme entité raciste et antisémite va bon train.

La jeune femme continue ; « on ne va pas collaborer à un nouveau génocide, tout de même. Il faut partir ». Le jeune homme est gêné. Il tente de ramener les choses à plus de mesure. « Jacques Chirac n’a pas de volonté génocidaire ». La jeune femme se fâche ; « Cela va être Malek Oussékine tous les jours. On ne peut pas être en France pendant que le massacre s’installera ». Comme elle parle fort, toute une partie du café entend la diatribe. Des regards de commisération avec des gestes non équivoques, genre doigt tourné sur la tempe, encouragent dans le dos de la femme le garçon à résister. Il le fait mollement. La fille s’énerve et soudain se lève et quitte le bistrot en coup de vent, laissant le nigaud assis à sa chaise pour payer les consommations. Des rires et des lazzis se font entendre. « Quelle dingue ! ». Le jeune homme sort, confus, du café.

La charge mentale des campagnes de culpabilisation a un coût social : les esprits faibles qui ne parviennent pas à se maintenir à distance de la folie dénonciatrice le plus souvent grotesque d’idéologies fumeuses et destructrices.

On le voit aujourd’hui dans la foulée de la construction médiatique autour de la théorie du genre ou de l’écologie anticapitaliste. On commence à lire des articles inquiets sur le mouvement qui conduit certaines femmes à ligaturer leurs trompes de Fallope pour ne plus jamais risquer d’enfanter. Ou on s’offusque de voir les dégâts terribles provoqués par la campagne menée dès la petite enfance pour faire douter les enfants de leur sexe biologique. Ou le développement chez des gamines d’un végétalisme totalement hystérique qu’il se termine parfois par une anorexie dangereuse.

On l’a vu pendant le Covid avec la campagne folle menée contre les contestataires de la vaccination forcée et du confinement sévère. Celui qui ne se vaccinait pas était un tueur, un « platiste » qui nie la science. Résultats avérés un peu plus tard : le vaccin et l’enfermement. n’ont pas empêché la propagation du virus.  Le mensonge a été absolu et garanti par le gouvernement. M. Macron a cru même pouvoir exploiter la haine avec son souhait « d’emmerder les non vaccinés ». Aujourd’hui on en est à traiter toutes les conséquences mentales de ces politiques déraisonnables.

On n’a pas encore collectivement pris la mesure de la folie pseudoscientifique qui s’est invitée dans la question climatique et qui conduit à une véritable offuscation de la raison à la fois sur l’inculpation du CO2 et sur la déification de dame nature. La répétition quotidienne des mêmes affirmations oiseuses, et l’ampleur de la répression sociale des propos critiques, même parfaitement fondés, conduit à une véritable explosion de l’exigence de vertu par des gens qui n’en ont aucune. On ruine le pays et on met la société à genoux pour des slogans le plus souvent débiles et par la diffusion constante de nouvelles alarmistes même fausses.

La boucle se ferme quand on constate qu’une inconnue déclarée humoriste vient expliquer qu’il faudra une réplique armée et la guerre civile si jamais le RN remporte les élections présidentielles. Retour à la folle du Rostand !  Les dames intoxiquées par les idéologies crypto communistes et anticapitalistes ne pensent plus à fuir mais à allumer une guerre civile ! Le même jour, la télé passait un film à la gloire d’un certain Goldman qui était passé à l’action directe politique et crapuleuse au début des années soixante-dix, avec meurtres et vols et qui deviendra un héros de la gauche militante, dont le culte bizarre persiste grâce aux efforts d’une petite camarilla ultra minoritaire, avant de « se faire buter » dans des circonstances jamais éclaircies. Qu’on pense éduquer la conscience des jeunes générations avec ce sinistre exemple en 2024 marque bien l’incrustation idéologique débilitante d’une partie du « monde culturel ».

Action directe au nom de la diversité ; action directe au nom de la nature ; action directe au nom du climat ; culpabilisation générale. Création de lois liberticides. Interdictions de penser avec contrôle par des juges. Glorification de délinquants excusables si « de gauche » ou si le crime a été commis par des « victimisés » ou des « racisés ». Comme tout cela est raisonnable !

Les idéologies délétères ne sont pas seulement des curiosités intellectuelles, déclarées sans gravité si elles sont « de gauche ». Elles provoquent des drames sociaux autant qu’économiques et politiques qui touchent aux éléments fragiles de la société et les fracturent en profondeur.

Dans vingt ou trente ans quand les yeux seront dessillés, la question angoissante se posera : comment ces folies ont-elles été possibles ? En attendant règne en France la tyrannie oiseuse « des mutins et des matons de Panurge », comme disait si justement le regretté Philippe Muray qui avait tout compris avant tout le monde.

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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