Démographie : quand France Info désinforme de façon éhontée

Lorsque j’ai entrepris, très modestement, l’écriture du livre Les Malheurs de la Vérité, en octobre 2024, j’ai été rapidement gêné par une circonstance imprévue : les mécanismes mis au jour étaient tellement actifs que l’actualité offrait tous les jours une confirmation qu’il aurait été dommage de ne pas citer dans le livre. De confirmations en illustrations fournies par l’actualité, le livre s’est mis à grossir et à s’enrichir. En avril 2025, il a bien fallu arrêter pour publier. Mais l’actualité, elle, n’a pas cessé de fournir sa provende, et a donné en permanence de nouvelles occasions de vérifier la pertinence de l’analyse.

Rappelons en deux mots la réflexion qui a été menée. Comment expliquer que certaines vérités critiques ne parviennent pas, pour de longues durées pouvant se compter en décennies, à entrer dans la « conversation démocratique », empêchant de prendre une pleine conscience des difficultés et de construire des solutions ? Evidemment, faute d’être traités, les problèmes s’aggravent et se transforment en crises graves qui s’accumulent et se fertilisent les unes les autres. Ce qui était frappant, en écrivant le livre, était le rapport direct entre ces vérités asphyxiées et les drames qui se sont aggravés tous les jours en France, notamment depuis la réélection du guignol toxique qui préside le pays.

La tentation était de traiter de tabous ces vérités inefficaces. Mais le tabou porte une connotation de religion ou de pudeur qui ne convient pas. Nous avons préféré les définir comme des Grand Mensonges Systémiques et insister sur leur dynamique historique. Ils évoluent toujours selon la même séquence, étudiée par notre regretté ami, co créateur de notre groupe, Léon Chaix. La vérité concernée est d’abord occultée. Le système d’information n’en parle pas et écarte systématiquement le sujet. Quand finalement elle perce un peu dans le brouhaha, elle va être niée. Quand on ne pourra plus la nier, elle sera minimisée.  Ultime stade : la vérité est pleinement actée, mais le système s’exonère de l’obligation d’en tenir compte.

Cette séquence « occultation, négation, minimisation, exonération », que nous appelons loi de Chaix, est fondamentale.

Elle se traduit à chaque étape par la même réaction du système d’information ajoritaire : « circulez, il n’y a rien à voir ». Les malheureux qui croient devoir porter la vérité sont nécessairement des vilains, qu’on disqualifiera de différentes manières : « Ne les écoutez pas, ils mentent » ; « ne les écoutez pas ils exagèrent », « ne les écoutez pas, puisqu’il n’y a rien à faire et qu’il ne faut rien changer ».

Pour chacune de ces vérités stérilisées, il est intéressant de savoir à quel stade de la loi de Chaix elle en est, et de vérifier les conséquences concrètes de leur non prise en compte.

Le système d’information est évidemment coupable et ne veut pas assumer ses responsabilités. Toutes les maisons d’édition ont refusé notre livre « les malheurs de la vérité ». Sans exception. Et aucune chaîne de télévision n’a voulu en parler. Cela les forcerait à réfléchir à leur rôle dans ce mécanisme très fâcheux d’éviction médiatique de certaines vérités critiques et leur responsabilité dans les conséquences.

Le pire, c’est que le système d’information non seulement refuse de prendre conscience de la perversité des grands Mensonges Systémiques mais en remettent pour les faire vivre malgré l’évidence. Ce qui donne des situations totalement hallucinantes et parfois honteuses.

Un bel exemple est donné par France Info, qui, il y a quelques jours, a diffusé une « enquête de vérité sur la dénatalité » ! Cela promettait. On n’a pas été déçu.

On sait que pendant des décennies la dénatalité a été un sujet occulté en France. Depuis la pilule, la légalisation de l’avortement, le climat de dénonciation de la virilité toxique, puis les délires féministes sur le refus d’être des poules pondeuses, et les délires écologistes sur le nécessité de pas faire d’enfants pollueurs, il s’est toujours trouvé des esprits observateurs pour s’inquiéter des conséquences sur la natalité. Dès les années 1970 Michel Debré a été affublé d’un entonnoir symbole des fous quand il a crié « attention ». Alfred Sauvy a été marginalisé en douceur dans les années 1980. Un narratif a été imposé par les médias : « la France a le taux de fécondité le meilleur ; circulez, tout va bien il n’y a rien à voir ».

La phase occultation de ce grand mensonge systémique a été tenace puisqu’il a duré plusieurs décennies, en fait jusqu’en 2023, où tout a explosé. Les phases négation et minimisation se sont succédé très vite. La réalité a sauté aux yeux de façon tellement forte qu’elles n’ont pas pu se développer longtemps. L’exécrable Macron a tenté en 2023 d’expliquer que ce n’était pas grave : le sperme était un peu flageolant. On aller l’accélérer. Sous-entendu ; c’était la faute de l’homme hétérosexuel, ce pelé, ce galeux. En 2024, la fin du remplacement générationnel étant devenu inévitable à très court terme, il a annoncé qu’il créait une haute autorité à l’enfance confiée… à une lesbienne ayant eu un enfant par PMA. Le but : rassurer le monde LGBT. En même temps il imposait le débat sur la constitutionnalisation de l’avortement sans limite et gratuit. Il fallait absolument exonérer toute la mouvance féministe et gay friendly : le désastre de la natalité ne devait avoir aucune conséquence sur leur domination législative. Circulez toujours, il n’y a toujours rien à voir !

En ce début décembre 2025, alors que les conséquences de la dénatalité devenaient criantes, la télévision publique, accusée par ailleurs de partialité généralisée et soumission totale aux manigances de Macron, à la Gauche et au politiquement correct de gauche, a entrepris d’informer les masses sur ce qu’il fallait (bien) penser de la dénatalité.

Dirigé par un animateur généralement chargé de ces missions de construction de la vérité officielle, on trouvait autour de la table le « démographe » Le Bras et deux grenouilles de bénitiers féministes chargées de faire la claque.

Il se trouve que Hervé le Bras est un très bon copain de mon frère depuis les années 50 et le lycée Henri IV. C’est toujours difficile de critiquer lourdement quelqu’un que l’on connaît depuis 70 ans et qui est sympathique. L’ennui, c’est qu’il s’est mis au service du mensonge dès la fin des années 70. On le retrouve chez Polac où il distille, au nom de la science naturellement, le message selon lequel l’avortement et les dérives féministes n’ont aucune influence sur la natalité. Ceux qui disent le contraire sont des ignares dont on doit rire. Ah ! Ah ! Ah ! Pour Polac : des fous, des Versaillais, des chrétiens rétrogrades qui croient encore au petit Jésus et à la sainte Mère. Des joyeux de la crèche ! Cela n’a plus jamais cessé. Hervé le Bras va constamment renforcer le beau narratif politiquement correct : tout va bien, circulez il n’y a rien à voir et vive l’avortement et le planning familial.

Les quatre intervenants sur le plateau de l’émission sont de la même opinion. Il ne s’agit pas de découvrir la vérité mais de prêcher la même bonne parole. Il faut voir les sourires entendus, les petits ricanements quand on évoque les ridicules qui croient encore qu’il y a un problème démographique. Tout va bien ! Tout d’un coup l’avortement est évoqué. Les yeux se tournent synchro vers le ciel. Les bouches se tordent en un ricanement entendu. La « science va parler ». Le bon Hervé le dit en rigolant : l’avortement n’a aucune conséquence sur les naissances ! les chiffres sont certes éloquents : une centaine de milliers d’avortements annuels avant 2000, 230.000 après, soit 45% du déficit de 500.000 enfants à naître constaté chaque année ! On vous le dit : « cela ne joue absolument pas ! » Il faut être un esprit partisan et borné pour croire le contraire. Des populistes. Sans doute d’extrême-droite et qui veulent de la chair à canon fournie par des poules pondeuses.  En attendant le manque à gagner d’enfants à naître aura été de 12.500.000 environ depuis 2000. Une paille !

Le pire arrive comme souvent à la fin. Cette baisse de la natalité qui ne permet plus le remplacement générationnel, est-ce grave ? Hervé le Bras sourit et lâche : « bien sûr que non ». Les gens ont moins de charges et peuvent dépenser plus, faire des voyages. Dans 20 ans ce sera plus grave si les choses ne s’arrangent pas naturellement d’ici là. En attendant, circulez, il n’y a rien à voir !

Rappelons tout de même les chiffres :

-            La population des moins de 20 ans, à 15 millions d’unités, est la moitié de celle de 1971. Depuis 10 ans elle baisse chaque année surtout depuis que Hollande, dont la normalité s’accompagne d’une inconscience proverbiale pour les besoins réels de la nation, a ratiboisé les allocations familiales et le quotient familial. Vive l’impôt ! On s’en fout des naissances !

-            La population de 20 à 60 ans a baissé dans les dix dernières années, entraînant la baisse structurelle de la croissance qui se traîne entre 0.5 et 1.5%. Surtout il a fallu prélever sur cette population en baisse de quoi indemniser près de 3 millions de personnes de plus de 65 ans. Cela a fait exploser la pression fiscale, la dette et le système social français. Ici et maintenant, pas dans 20 ans. Le gouvernement Lecornu ne sait même plus comment faire pour conserver le déficit budgétaire à moins de 5% du PIB.

-            Plus personne n’arrive à recruter et les entreprises investissent à l’étranger faute de trouver des bras en local. L’effondrement démographique est aussi une cause de l’effondrement industriel et du recul du PIB par tête.

La tragédie démographique, c’est tout de suite. En fait la population des Français dont le nom était présent en 1890 est en baisse depuis 2003 environ. Maintenant la population totale va baisser malgré l’immigration massive dès que les vieillards vont disparaître en masse.

La bande des quatre sur France-Info a simplement rendu la copie mensongère attendue et ils ont terminé l’émission avec la bonne conscience d’un journaliste de la Pravda de la grande époque. Si la vérité est contre la doxa, mentez et savourez ! De toute façon devant des ignares la vérité et le mensonge sont à égalité. Pourquoi se gêner ?

La catastrophe démographique est là, depuis près de 30 ans. Il ne fallait pas la voir. On a donc occulté, nié et minimisé la question. Maintenant la réalité saute aux yeux de tous. Mais ce n’est toujours pas grave et il ne faut rien changer. Il faut exonérer de toute critique les attitudes et les mesures qui en sont la cause. La loi de Chaix à l’état pur !

Je sais bien, cher Hervé, que si tu n’avais pas collaboré au mensonge, tu n’aurais pas pu faire carrière et tu ne passerais pas aujourd’hui à la télé. Ce serait mauvais pour le tirage de tes livres. Mais tout de même ! Plus de 50 ans à cautionner le grand mensonge démographique par intérêt ou peut-être par esprit militant, il fut une époque où cela t’aurait paru mochouille.

N’ayons pas l’esprit chagrin. Nous sommes dans une nouvelle ère et ceux qui disaient que c’était mieux avant ne sont que des rétrogrades, des déclinistes et des esprits ringards. Content que tu ais réussi à échapper à d’aussi mauvais procès. Et bravo à France-Info pour avoir construit une émission de propagande sans aucun contradicteur, comme d’habitude. Mme Ernotte l’a bien dit : il faut promouvoir les forces du progrès qui annoncent le monde tel qu’on aimerait qu’il soit. On n’a que faire des réalités ! Et des enfants !

Alors ! Qui serions-nous, pour se tapoter le menton ?

Peut-être des admirateurs de Fanny Ardant qui a osé blasphémer récemment sur une radio d’Etat en s’adressant à ses journalistes de service : « Vous confondez liberté de penser et obligation de penser comme vous ! Vous êtes les nouveaux curés en costard : même ton moralisateur, même index pointé, même excommunication pour ceux qui osent douter de votre catéchisme bobo-parisien ! » « Mais on défend juste les valeurs républicaines… » réplique l’animateur.  « Vos valeurs ? C’est l’uniforme de la pensée ! Annuler, censurer, lyncher dès qu’un mot dépasse la ligne rouge que vous tracez chaque matin dans vos rédactions. Vous avez transformé le journalisme en police politique de salon ! » « Vous avez inventé la liberté surveillée, la liberté sous algorithme, la liberté qui pue la peur ». « Vous n’êtes plus des journalistes. Vous êtes des petits kapos de la bien-pensance. »

 

Bravo Fanny ! Mais il y a encore plus grave : des institutions comme l’INED et l’INSEE qui se mettent au service de la « modulation de la vérité » au profit d’une « parole performative » (tout cela est parfaitement théorisé), et des scientifiques politisés qui admettent de protéger des narratifs de bonimenteurs. Et des politiques qui, en majorité, n’ont pas le courage de Fanny Ardant. Dans tous les partis !

 

Didier Dufau

Président du Cercle des économistes e-toile

Le livre de NICOLAS DUFOURCQ : la dette sociale de la France 1974-2024

Voici un livre comme on aimerait en lire plus souvent et qui donnera matière à réflexion à tous ceux qui s’interrogent sur la Bérézina budgétaire, économique et sociale dans laquelle s’est noyée la France dans les cinquante dernières années. Plus personne n’a de doute sur l’échec monstrueux qu’a connu la France et qui la met au bord extrême de la falaise.

Pour l’observateur extérieur, il est assez facile de se faire une opinion sur l’état du pays en étudiant l’information disponible et en tenant compte de ses propres expériences. Mais disposer du récit précis de ce qui s’est passé vu de l’intérieur est évidemment un enrichissement remarquable. Savoir que tel jour à telle heure telles options ont été prises par tels acteurs, avec quelle préoccupation en tête permet de vérifier les intuitions qu’on en avait de l’extérieur. Et de les corriger à l’occasion.

Évidemment, il est très difficile de réaliser la synthèse d’un tel livre qui accumule des centaines d’actes et de décisions et fait intervenir des dizaines d’intervenants divers. Assez curieusement, le livre ne tente aucune conclusion. Un seul point de synthèse parcourt le livre entier : la dette est principalement une dette sociale et sans reconstruire l’architecture des prestations sociales nous n’en viendrons pas à bout. Ce n’est pas tant l’État qui est en cause mais le colosse d’une sécurité sociale que nous ne maîtrisons plus et que nous essayons néanmoins d’étendre et de renforcer éternellement par compassion universelle, sans se rendre compte que nous n’en avons pas les moyens. Ce déni nous a entraînés à sacrifier toutes les autres politiques régaliennes qui sont à l’os au profit d’une politique de soutien à toutes les consommations qui est impossible à finançer, sinon par la dette massive et elle aussi incontrôlable. Pas un jour sans un droit acquisitif de plus, ou une gratuité nouvelle, ou une subvention heureuse à telle ou telle catégorie. Se faire élire impose de distribuer des avantages aux masses, et ensuite on doit faire face aux conséquences qu’on croit pouvoir maîtriser mais qui s’échappent régulièrement.

Dans le secret de l’État profond naissent des plans et des rapports qui n’ont rien à voir avec le discours public. Les nouveaux présidents élus veulent aussitôt mêler leur grain de sel. Les alternances socialistes détruisent systématiquement les solutions de leurs prédécesseurs. Personne n’a l’entièreté du secteur social dans sa main. L’incohérence dans le temps et dans les différentes politiques menées s’arbitre par la dette et les impôts, après avoir épuisé « les dividendes de la paix », c’est-à-dire avoir réduit nos armées à presque rien.

Ce qui frappe, à la lecture du livre, est la séparation presque étanche entre ce qui se passe au sommet et la « discussion démocratique ». Tout se passe entre technocrates, apparatchiks des syndicats et quelques élus, sous l’œil attentif (à leur image et chances électorales) des grands élus. Personne n’est responsable de rien. La place de l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante est exorbitante.

Pour l’observateur extérieur attentif, le livre révèle aussi les véritables biais qui sévissent au sein de ce petit monde.

Nous avons montré depuis 50 ans que ce qui a totalement faussé les dynamiques économiques et sociales sont deux événements majeurs et totalement mis sous le tapis : la dénatalité massive et les crises à répétitions provoquées par des systèmes monétaires défaillants (changes flottants et Eurozone). Le livre démontre page par page l’effet de ces deux phénomènes ravageurs, mais sans que les acteurs n’en tiennent compte ni même ne les évoquent. Les élites ont démontré sur ces deux sujets une inconscience collective absolument stupéfiante. Chaque récession est censée être la dernière. Le drame démographique n’existe pas ou se résume à un ratio technocratique : nombre de cotisants sur nombre de retraités. Évidemment, ils ne voient jamais venir la prochaine récession qui est toujours « imprévisible » et liée à un incident particulier et non pas à un défaut de structure. Nicolas Dufourq reprend malheureusement certaines de ces erreurs traditionnelles. Un exemple : la crise de 73 qui serait due aux exigences de l’Arabie Saoudite et donc une « crise du pétrole », terminologie que la technocratie dominante a imposée. Tous les économistes sérieux savent qu’elle a commencé aux États-Unis avec l’abandon des règles de Bretton-Woods en 71, avec une crise forte aux États-Unis seuls en 2012 et la généralisation au monde en 1973. Ce n’est qu’en novembre 1973 que le cartel pétrolier privé de ressources par la chute drastique 1973 du dollar va réagir en haussant de façon démente les prix, aggravant tout. Le choc du pétrole est une conséquence pas une cause. On retrouvera cette volonté d’associer chaque grande récession à une cause conjoncturelle foireuse montée en épingle alors que c’est le système même qui provoque les récessions.

L’élimination de la question démographique est également fabuleuse. On constate le vieillissement et on ne veut pas voir l’effondrement des naissances qui est évidemment le fait majeur. Le narratif né dans les années soixante-dix, « notre natalité est meilleure que partout ailleurs, circulez il n’y a rien à voir », persistera jusqu’en 2024 où il devient évident que le renouvellement de génération va cesser à court terme, en fait dès mai 2025. On laisse le COR, conseil d’orientation des retraites et l’INED travestir la réalité démographique pour ne pas avoir à affronter les forces montantes du féminisme et LGBT. On voit le rigolo Hollande, Bidochon pour les humoristes, casser le quotient familial et réduire les allocations familiales. On aggrave le problème en croyant le financer. C’est que les riches doivent payer ! Une sottise ahurissante !

Nos propres analyses reprises dans notre dernier livre montrent que le non-renouvellement démographique s’effectue dès le début 2000 pour les familles dont le nom était présent en France en 1 890. A aucun moment n’apparaît en 2013, dans le discours public et dans les réflexions au sommet de l’État, le fait que dans les dix ans à venir la population des 20-60 ans va diminuer et que celle des plus de 60 ans va littéralement exploser. Tout le système social va aussitôt sauter, d’autant plus qu’on multiplie les libéralités ciblées et les gratuités. Personne n’a encore voulu comprendre que la gratuité est une force de destruction massive. On en vient à parler de la gratuité de la vie… Les robots et l’IA ont bon dos !

De cela, le livre de Nicolas Dufourcq ne parle pas, ou marginalement, car c’est resté hors du champ politique pendant 50 ans et le reste encore largement aujourd’hui.

Ce qu’il faut dire également à notre auteur, c’est que la politique sociale de la France n’est pas la seule en cause : récessions et dénatalité touchent l’intégralité des politiques nationales. Évidemment beaucoup d’entre elles sont désormais déléguées à l’Europe et sont, de ce fait, sorties du débat national et le gouvernement des juges a beaucoup réduit l’indépendance du politique. Alors n’en parlons pas, puisqu’on n’y peut rien ! Telle est la pensée subliminale du corps politique en France.

Mondialisme déséquilibré permettant d’accumuler des excédents déments, Euro qui ne permet plus aucun ajustement sans récessions au sein de l’Euroland, Europe en déclin au sein d’un Occident en difficulté, socialisme débridé allant aujourd’hui jusqu’au communisme avec une classe politique dominée par les hauts fonctionnaires qui l’ont phagocytée, forment également le décor permanent de notre effondrement.

Le livre vaut donc à la fois par ce qu’il dit et ce qui n’y est pas dit. Un joli miroir de l’impéritie volontaire et involontaire française des cinquante dernières années.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Livre "Les Malheurs de la Vérité" - L'interview de l'auteur

Les Malheurs de la Vérité

Didier Dufau

L’interview de l’auteur,

Question : Vous avez exploré les causes de la crise de 2008 dans votre premier livre L’Étrange Désastre, édité dans le cadre du Cercle des économistes E-toile que vous présidez. Vous avez ensuite publié une histoire de la monnaie de 1919 à 2019, La Monnaie du Diable, parce que vous jugiez que peu de gens connaissaient cette histoire fondamentale. En 2021, vous avez averti dans Réconcilier Économie et Écologie, deux trains lancés l’un contre l’autre sur la même voie, qu’on entrait dans une impasse.

L’actualité donne largement raison à vos thèses. La mondialisation déséquilibrée, qui permet d’accumuler d’énormes excédents et déficits, depuis que les changes flottants ont remplacé les Accords de Bretton Woods, a vu les États-Unis tenter de réduire ses déficits par les droits de douane décidés unilatéralement. L’étouffement économique associé à un écologisme déraisonnable a conduit l’Union Européenne à desserrer les règles folles imposées par J. Timmermans.

Pourquoi un économiste croit-il devoir aborder une question aussi générale que « la Vérité » qui ressort plus de la morale ou au moins de la sociologie ?

Didier Dufau : Les grandes questions économiques sont passées au second plan depuis le Covid. La dette a créé le sentiment que peu importait la production, on pouvait vivre avec l’argent des autres ou l’argent magique. Les analyses de l’opinion et des forces sociales ont pris l’avantage. Les travaux des sondeurs d’opinion ont la priorité sur la réflexion proprement économique.

Question : Pensez-vous que le débat économique serein n’est plus possible ?

DD : C’est un constat. Le spectacle indigne donné par les Parlementaires français en ce moment est pour le moins éclairant. Nous avons créé notre petit cercle pour faire valoir des idées qu’on ne retrouvait pas toujours dans les médias où la « vérité » est « construite ». Mais entre le silence et l’injure permanente, il faut constater non pas seulement un changement d’intensité de la querelle mais un début d’interdiction du débat.

Q. : En quoi le débat sur la Vérité est-il aujourd’hui indispensable ?

DD : Michel Barnier, au début de sa courte mission de Premier Ministre a déclaré : « Moi, je dirai la vérité ». Depuis, la dénonciation du mensonge se retrouve partout, pas toujours de façon très utile. Traiter ses adversaires de menteurs est le degré zéro de la politique. Mais comment a-t-on pu cumuler autant de crises, certains en ont compté une quarantaine, et aussi graves, s’il n’y a pas eu quelques dysfonctionnements dans le système d’information des Français ?

Normalement la « conversation démocratique » aurait dû permettre d’anticiper les difficultés et d’élaborer des solutions préventives et curatives. Là est le mystère et il importe de comprendre ce qui s’est passé.

Q : Vous considérez que le système d’information français a failli ?

DD : Très clairement. À partir du moment où les drames se sont accumulés à ce point, il faut se pencher très sérieusement sur la question. Il y a un vice quelque part qu’il importe de bien comprendre et de corriger.

Q. : Quel est donc ce vice, selon vous ?

DD : Nous l’avons examiné en détail et lui avons donné un nom : le Grand Mensonge Systémique. Un GMS est une vérité qui ne parvient pas à entrer dans la conversation démocratique. Pour un observateur raisonnable, elle ne fait aucun doute. Néanmoins, elle va rester hors du système d’information. Un Grand mensonge Systémique suit toujours à peu près la même séquence. Au départ est l’occultation. Si le système d’information n’en parle pas, la vérité n’est pas débattue. Les « forces d’occultation » sur certains sujets sont diverses, nombreuses et puissantes. Deuxième phase : on ne peut plus occulter la vérité qui s’infiltre un peu partout. Alors commence la négation. « Ce n’est pas vrai ! Ceux qui le prétendent sont des vilains. Ne les écoutez pas et circulez, il n’y a rien à voir ». Troisième phase : la minimisation. C’est vrai ! Mais ceux qui en parlent exagèrent. Ne les écoutez pas. Circulez, il n’y a toujours rien à voir. Le stade ultime : l’exonération. Oui c’est vrai ! On ne peut ni le nier, ni le minimiser. Et alors ? L’affaire est complexe et de toute façon ce n’est pas notre faute. Inutile de s’attarder.

Cette séquence, dite loi de Chaix, du nom du membre du cercle qui l’a explicitée, peut durer cinquante ans et plus.

L’ennui c’est que les vérités qui subissent ce traitement sont en général associées à des conséquences très graves. Si trop d’entre elles sont ainsi stérilisées, alors les crises finissent par s’accumuler de façon inextricable comme on le constate aujourd’hui.

Q. : Comment expliquer cette multiplication des Grands Mensonges Systémiques ?

DD : Les « élites » ne veulent pas remettre en cause les institutions ou les politiques ancrées dans des rapports de force sévères et considèrent que l’éviction des problèmes les plus graves permettra de passer les caps électoraux sans trop de dommages. On « enjambe » les élections ! Et on s’en vante ! Pour ces gens, il faut présenter une information « pédagogique », « performative », construite et purifiée. Le débat public devient non seulement insipide mais faux jeton. Car il faut à chaque échec donner une explication sans remettre en cause les mensonges récurrents. Des constructions publicitaires monstrueuses de sottise sont alors proposées aux masses ignorantes qui doivent s’en contenter. Logiquement, ces derniers le répètent depuis près de trente ans : « on marche sur la tête ». Ils ne sont pas entièrement dupes. Et ils ne vont plus voter ou ils votent « protestataire ».

Comme le disait Muyzenberg, l’astucieux théoricien de la dialectique communiste, « devant des ignorants, la vérité et le mensonge sont à égalité ». Alors ? Pourquoi se priver de mentir utile ? Mais l’auditoire décroche vite.

Q. Pourriez-vous nous donner des exemples ?

DD : Faire un inventaire de la sottise économique qui s’étale dans les médias serait amusant mais sans fin. Ces « narratifs » dont nous sommes accablés tous les jours sont consternants. On le jugera à ces petits exemples :

-            Les 35 heures ont créé de l’emploi

-            L’Union Européenne nous protège

-            La conversion énergétique va créer de l’emploi en France

-            Le wokisme est un fantasme

-            Le capitalisme est la cause de la dénatalité

-            Les éoliennes sont une solution évidente

-            La SNCF fait des bénéfices

-            Il faut être heureux de la crise immobilière, car la hausse a été « scandaleuse ».

-            La dette démente, c’est bien.

-            Le retour à la retraite à 62 ans est possible.

-            La dette française ne pouvant plus croître au même rythme, il faut que l’Union européenne prenne le relais et finance les transitions militaires, numériques, écologiques par d’immenses emprunts.

-            Un système de retraite par répartition est compatible avec le vieillissement de la population et la disparition progressive de la jeunesse.

-            Le néoféminisme politique n’a rien à voir dans la baisse des naissances.

-            Cela ne coûte rien c’est l’État qui paie.

-            Toute immigration est heureuse.

-            Le classement Pisa ne donne pas une vraie indication des progrès de l’éducation nationale.

-            La notation de la dette de la France n’a pas d’importance.

-            On a supprimé la taxe d’habitation et donc réduit les impôts (alors qu’on n’a fait que transférer le financement sur d’autres et la dette).

-            Macron nous protège.

-            Certes nous baissons régulièrement pour le rang dans le monde pour le rapport PIB par tête. Mais l’indice est mauvais. En matière de bonheur par tête nous sommes bien placés.

-            La prison conduit à la récidive. Les récidivistes ne doivent donc pas aller en prison !

-            On peut contrôler le trafic de drogues sans s’attaquer sérieusement aux jeunes immigrés qui s’y livrent quasiment impunément. Ni à leur famille.

-            Les ARS ont amélioré la gestion de la santé.

-            Les faits sont fascistes

-            Le calendrier prévu par l’Union Européenne pour décarboner totalement son économie est tenable.

-            La politique écologique n’a pas besoin d’étude d’impact. Les conclusions du GIEC suffisent.

-            Installer des champs d’éoliennes ou de plaques photovoltaïques n’est pas une artificialisation des sols

-            Exproprier progressivement chaque année et sans indemnité 2 % du capital des entreprises importantes n’a pas de conséquences sur le fonctionnement de ces entreprises

-            Redistribuer par les prélèvements l’équivalent de la valeur ajoutée globale des entreprises est durable. (1 600 milliards d’euros dans les deux cas en 2024).

Q. : Faire la chasse à toutes ces sottises vous paraît-il un travail surhumain ?

DD : Surtout inutile. La puérilité de toutes ces affirmations défie tout débat. Il faut se concentrer sur les Grands Mensonges Systémiques qui doivent être exposés en pleine lumière et qualifiés comme tel, afin que plus personne n’ose s’en emparer sans être ridicule.

Q. : Quels sont donc ces Grands Mensonges Systémiques ?

DD : Nous en avons isolé une demi-douzaine, en se concentrant sur ceux qui ont une influence directe sur les difficultés criantes que nous rencontrons et sont encore largement exclus du débat démocratique utile. Pour chacun d’entre eux nous avons d’abord clairement défini la vérité concernée et le mensonge associé. Nous avons fait l’historique de son apparition et de son développement, phase par phase, et clairement établi le lien avec les difficultés actuelles. Ce lien est tellement fort que nous avons eu du mal à finir le livre. Chaque semaine apporte son lot de confirmations et d’illustrations. On est tenté de rester coller à l’actualité !

G. : Pourriez-vous donner un exemple

DD : Le plus démonstratif est le Grand Mensonge Systémique démographique. Pendant cinquante ans le narratif public a voulu que la pilule, l’avortement, la remise en cause de la famille traditionnelle, le néoféminisme exalté et le Wokisme n’entraînent aucune conséquence sur la natalité. Tout allait bien en France qui faisait mieux que tous les autres pays développés. Jusqu’à ce qu’on constate que les moins de 20 ans sont 15 millions en 2025 alors qu’ils étaient 30 millions en 1971. Une division par deux. Un terrible effondrement. À ce rythme, ils seront 5 millions en 2 100 ! Souhaitable ? Et on découvre soudain que la classe des 20-60 ans a baissé dans les dix dernières années et n’a pas pu financer  les retraites de près de 3 000 000 de plus de 60 ans supplémentaires. Qui avait prévenu, anticipé et proposé des solutions ? Pas un mot ! Chut !!! L’occultation a été totale avec la complicité de l’INED. Il a fallu attendre 2 024 pour qu’on sorte de l’occultation, de la négation et de la minimisation en deux ans. Depuis mai 2025 le remplacement générationnel ne se fait plus. Difficile de ne pas voir le lien avec :

-            L’impossibilité de boucler les budgets sociaux et nationaux,

-            La stagnation de la croissance

-            La difficulté de trouver des collaborateurs et pire encore de réindustrialiser

-            La complexité de mobiliser une force militaire plus solide,

-            La baisse relative du PIB par tête,

Cependant les politiques suivies depuis 2013 ont été toutes contraires à la natalité. Hollande baisse le quotient familial et les allocations familiales. Macron et le Parlement constitutionnalisent le doit inconditionnel et gratuit à l’avortement. Rassurer le mouvement LGBTIA leur paraît plus important que de redresser la natalité.

Depuis cinquante ans, le Grand Mensonge Systémique démographique ne permet pas de laisser entrer pleinement dans le débat public la vérité de la dénatalité catastrophique. Aujourd’hui la vérité est bien exposée mais curieusement, les politiques considèrent que cela ne change rien et ne proposent toujours rien de sérieux. C’est le prototype d’une phase d’exonération. « C’est comme cela. C’est complexe et on n’y peut rien ». Luc Ferry explique la dénatalité par le mariage d’amour ! On ne va tout de même pas proscrire l’amour ! Circulez, il n’y a toujours rien à voir…

Q.  Restez-vous optimiste ?

DD : La pédagogie par l’exposition sans fards de la réalité est difficile. Tout le monde connaît le livre de J.-F. Revel sur « la connaissance inutile ».

Casser le cadre totalement fictif de certains « narratifs » politiques, alors que les médias n’osent pas faire véritablement leur travail et acceptent souvent de participer à la construction d’un habillage totalement insincère de la réalité, n’est pas simple. Mais lorsqu’un journaliste fait le lien entre les difficultés de plus en plus insurmontables et le discours dominant, il a en général honte de participer à ce jeu sinistre. Les journalistes ne sont pas des voyous, même si on voit que les lignes idéologiques sont très formées dans les différents médias et que le jeu des forces dominantes y est très présent.

Personne n’a réellement envie de participer à l’occultation d’une vérité nécessaire ou sa négation ou sa minimisation, dès lors qu’il est établi qu’il s’agit d’un Grand Mensonge Systémique qui provoque des conséquences dramatiques.

Tant que la nécessité d’arrêter la complaisance au mensonge ne s’est pas radicalement imposée dans les différents milieux qui participent à la construction de l’opinion, les logiques d’occultation, de négation, de minimisation et d’exonération resteront prégnantes. Il faut aussi étendre cette pédagogie au plus grand nombre. Les Français ont le droit et la capacité de savoir. Ils doivent se révolter contre les Grands Mensonges Systémiques qui les conduisent droit à la catastrophe.

C’est le message qu’il faut nourrir et faire passer dans les mentalités ! Je crois que personne lorsqu’il refermera le livre, ne pensera jamais plus qu’il faut perpétuer les Grands Mensonges Systémique. Les malheurs de la vérité sont d’abord des malheurs tragiques pour les Français.

Annonce du dernier livre de Didier Dufau : "Les Malheurs de la Vérité"

"50 ans de grands mensonges systèmiques"

Nous sommes heureux d'annoncer la pleine disponibilité du dernier livre de Didier Dufau, Président du cercle des économistes e-toile. 

Les malheurs de la Vérité

Présentation rapide

Le choc terrible de la crise parlementaire provoquée par la dissolution irresponsable de juin 2024 ouvre les yeux sur une situation générale déplorable. Les crises s’accumulent : Etat impuissant, naissances en berne, récession, services publics à la dérive, pouvoir d’achat attaqué, sécurité publique dégradée, justice effondrée…

On entend partout la même question. Comment se fait-il qu’on « marche sur la tête » depuis si longtemps avec une inconscience si folle des conséquences ? La qualité d’un système démocratique solide est liée à la bonne qualité du système qui informe le citoyen. Aurait-on perverti notre information ? Aurait-on menti aux Français ?

La crise budgétaire a conduit l’éphémère gouvernement Barnier à afficher un changement radical : « Nous allons dire la vérité ». La vérité ! Nous étions donc bien dans le mensonge. Les Français n’auraient plus eu les moyens de juger les politiques menées et de voter les yeux ouverts sur une réalité honnêtement présentée.

Le couvercle ainsi levé, on a vu soudain, dans la marmite où mijote l’information démocratique cruciale, une pléthore de mensonges allégués souvent emmêlés les uns dans les autres, comme dans un nid de serpents. Pendant ces cinquante dernières années, ils auraient corrodé les esprits et l’information au point d’expliquer l’essentiel des difficultés actuelles. Quelle est la pertinence d’une telle dénonciation, désormais générale ?

L’auteur développe un nouveau concept : le grand mensonge systémique, une circonstance qui empêche une vérité d’éclore dans la conversation démocratique. La séquence est toujours la même : au départ est l’occultation. On n’en parle pas donc cela n’existe pas ! Lorsque l’occultation n’est plus possible s’engage la phase de négation : ceux qui profèrent ces propos sont des vilains, ne les écoutez pas ! Lors qu’i n’est plus possible de nier, commence la minimisation. C’est vrai mais bouchez -vous les oreilles car les vilains qui prétendent dire la vérité exagèrent. Lorsqu’on ne peut plus minimiser reste l’exonération. C’est vrai mais bon, inutile de s’attarder. C’est complexe ou hors de portée. La vérité n’arrive jamais à entrer dans la réflexion collective sur des bases appropriées. Avec évidemment de graves conséquences.

L’auteur passe en revue sept grands mensonges candidats à l’explication des immenses difficultés que l’on connaît aujourd’hui. Il montre comment ces diverses déviations sont nées et ont déployé leurs effets délétères. Il suggère pour chacun les solutions appropriées.

Le système d’information a un rôle crucial à jouer pour le bon fonctionnement des démocraties. En montrant comment il a dysfonctionné depuis cinquante ans, l’auteur cherche à renforcer la démocratie, menacée aujourd’hui, autant qu’à remettre la France sur de bons rails.

Le livre est à la fois d’une grande rigueur conceptuelle et historique et basé sur des exemples très concrets. L’auteur qui a analysé ces questions pendant 20 ans pour ses étudiants de Sciences po et a eu l’occasion d’intervenir comme expert dans une vingtaine de pays dispose d’une expérience unique pour exposer ces questions difficiles avec exactitude, précision et pédagogie. Un essai original et indispensable, en plein cœur des problématiques actuelles en France et qui éclaire des choix réellement cruciaux.

 

Le livre est immédiatement disponible à la librairie en ligne du Club des économistes e-toile

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Faut-il réellement démanteler notre système social ?

 

La France est dépassée par les énormes dépenses imposées par un système social hors normes qui a dérapé dans une orgie de dépenses qu’on cherche un peu désespérément à couvrir que par une orgie de taxes et d’impôts. Avec un niveau de dépenses publiques proche de la valeur ajoutée des entreprises, on constate que si on voulait un impôt unique de type TVA son taux serait de 100 % ! Raisonnable ? Non, évidemment !

Condamner une classe politique qui depuis 1968 aurait ainsi multiplié les gratuités et les droits acquisitifs, en les généralisant à la terre entière, au nom des droits de l’homme, pour peu qu’elle débarque sur notre sol, est évidemment facile. Le spectacle lamentable donné à l’Assemblée nationale conforte ceux qui veulent mettre un terme à la course sans fin entre démagogie et impôts délirants.

Rien de bon ne sortira de cette confrontation oiseuse, avec un retour étonnant aux querelles de l’entre-deux guerres et la remise au goût du jour de mesures clairement communistes.

La vérité est que nous avons besoin d’un régime social de qualité et que certaines réalités entravent notre bonne volonté. Les hommes politiques de tous bords n’en ont jamais tenu compte. Les ignorer ne les a pas fait disparaître. L’aveuglement volontaire est évidemment le pire. D’où le résultat problématique que nous subissons.

Les deux causes principales de la situation désastreuse de la France et de la faillite de son système social sont l’effondrement démographique et les défauts structurels des systèmes monétaires dominants. Ne pas le comprendre éloigne de toute possibilité de solution.

Depuis la découverte de la pilule, et la loi Neuwirth en 1968, puis la montée vers l’avortement gratuit et sans contraintes, puis la remise en cause du mariage traditionnel avec le Pacs et le mariage pour tous, puis la dévalorisation de l’image de la femme au foyer et la promotion symétrique des bénéfices d’une carrière professionnelle, des voix se sont élevées pour avertir du risque démographique. Michel Debré, à droite, a été le plus incisif. Il a été affublé d’un entonnoir sur la tête, signe des fous. Alfred Sauvy, le grand maître de la démographie française, à gauche, a progressivement été évincé du système d’information. Un narratif s’est alors imposé : « la France fait mieux que tout le monde en matière de natalité, circulez il n’y a rien à voir ! ». Comme pour tous les narratifs de ce genre, il s’agissait d’expulser la question hors de la « discussion démocratique ». La vérité était évidemment différente. Des calculs très simples permettaient de s’en rendre compte dès les années quatre-vingt-dix et surtout dès le début de ce siècle. Le ratio naissances sur population totale après l’an 2000 montrait une perte de près de 500 000 enfants à naître par an, par rapport aux chiffres de 1971, dernière date non grevée par l’effet des récessions et des nouvelles lois et mentalités. Disons-le clairement : nous avons perdu entre 10 et 12 millions d’enfants à naître entre 2000 et 2025. L’effectif des moins de 20 ans est de 15 millions quand il était de près 30 millions en 1971. Un effondrement radical. Les tableaux fournis par l’Insee et l’INED le confirment désormais de la façon la plus nette : entre 2015 et 2025 la population des 21 à 60 ans a baissé. Celle des plus de 60 a augmenté de presque trois millions. Aucun parti politique n’a voulu prendre le risque d’annoncer qu’une population en âge de travailler déclinante allait devoir financer l’équivalent de la population de Paris, plus Lyon, plus Toulouse ! Plus de 2 000 milliards d’euros de dépenses cumulées à assumer ! Il faudra attendre 2 023 et l’évidence que nous allions vers le non-remplacement générationnel pour qu’enfin le drame démographique prenne sa juste place dans le débat public. Depuis mai 2025, les décès excèdent les naissances. Si rien ne change, les moins de 20 ans seront 5 millions en 2 100 ! En dépit d’une immigration massive ! Souhaitable ?

Une telle situation a évidemment fait sauter notre système social et obligé les « élites » dirigeantes à un grand écart entre la multiplication des démagogies pour se faire élire ou réélire, et la maîtrise de déficits de plus en plus abyssaux.

On retrouve à peu près la même attitude face à la seconde cause systémique de nos tourments : les défauts structurels des systèmes monétaires dominants. Depuis 1917, les monnaies sont devenues « administratives » et déconnectées des valeurs de référence, comme traditionnellement l’or. Il en est résulté les difficultés qui ont ravagé l’entre-deux-guerres. À l’initiative des Américains, une réflexion de longue durée a été entreprise au début des années quarante pour que l’après-guerre ne souffre pas des mêmes errements. Les Accords de Bretton Woods ont permis les « trente glorieuses » et ses « miracles économiques ». Jusqu’à ce que les États-Unis décident de les détruire en 1971, provoquant aussitôt le retour des désordres et des récessions. Les changes flottants sont une catastrophe économique. Depuis leur mise en place, nous avons connu trois récessions mondiales majeures de type 1929, toujours plus graves : 1973, 1993, 2008, et trois autres plus légères. Saisissons l’occasion de tordre le cou à deux légendes. La crise de 1973 serait une « crise du pétrole ». En fait elle commence aux États-Unis dès 1971, gagne le monde en 1972 et devient catastrophique en 1973. Le cartel pétrolier réagit par une hausse démente des prix du pétrole en novembre 1973. Elle aggrave tout, mais c’est une conséquence pas une cause. De même, certains pensent que la reconstruction d’après-guerre impliquait automatiquement une période de forte activité. Plus fortes les destructions, plus forte la reprise ! C’est évidemment totalement faux. Toutes les défaites militaires en France, et à peu près partout ailleurs, ont été suivies par des années de difficulté. Ne jamais oublier que celles qui ont suivi la défaite de Sedan n’ont été qu’une longue dépression. Il a fallu plus de 20 ans pour en sortir.

Quel est le vice interne d’un système de change flottant ? Il met fin à la condamnation des grands déficits et des grands excédents. Si un pays accumule d’énormes excédents qui se comptent en milliers de milliards de dollars ou d’euros, il ruine l’emploi de ses partenaires en déficit et ne sait pas quoi faire des sommes accumulées. Investir chez lui ? Il est déjà sur compétitif : Investir dans les pays déficitaires ? Et rétablir ses concurrents ? Que nenni ! On ne peut plus ni réévaluer ni dévaluer en concertation pour rétablir l’équilibre des échanges. . Alors que faire ? Tenter de placer le magot sans risque ! Le destin des monnaies administratives gérées par des gouvernements est de perdre régulièrement toute valeur. Le dollar évalué en or a par exemple perdu 99 % de sa valeur depuis 1971 ! Pour les détenteurs de milliers de milliards de dollars, le risque est crucial. L’Allemagne et le Japon ont pu le découvrir fin 1980 pour l’un, mi 1 990 pour l’autre. La Chine tremble aujourd’hui pour les mêmes raisons. Plutôt qu’investir dans la production, on essaie de placer ces sommes colossales en actifs plus sûrs : bourse, immobilier et financement de la dette des pays déficitaires. Cette financiarisation ne permet pas de rétablir les équilibres mais noie d’argent les Etats dispendieux et fait grimper à des hauteurs inaccessibles la valeur de l’immobilier. La France en a bien profité qui va sans doute réussir à accumuler près de 3 500 milliards d’euros de dettes publiques à la fin 2025. Ne parlons pas des dettes privées.

Cumulées avec les effets de l’effondrement démographique, ces récessions périodiques ont détruit tout l’équilibre de notre système social, nous laissant avec peu de solutions. Ne faire aucune réforme significative et sombrer dans la dette, avec un recul radical du PIB par tête est celle choisie depuis 1973 par la France, avec aggravation en 1981, 1 998 et 2 017 ; (nous sommes désormais au 28e rang des nations en attendant mieux pour le PIB par tête). On aurait pu aussi se lancer dans des réformes structurelles lourdes qui auraient remis en cause radicalement le modèle social, au prix d’une période de difficultés sociales importantes. Pensons à la Grèce, au Portugal, etc. Aucun président de la République n’a voulu assumer un tel risque.

Pour un observateur un peu sérieux, le système social est entièrement sous la pression des défauts structurels des systèmes monétaires qui permettent d’accumuler d’énormes excédents fauteur de crises périodiques et de la situation démographique qui nous prive de bras.

Ce qu’on doit reprocher aux hommes politiques ce n’est pas tant qu’ils ont voulu sauver ou même étendre le champ de la politique sociale, mais qu’ils ne se soient pas saisis des vraies causes qui en empêchaient le déploiement durable puis la survie. Sans politique nataliste majeure et sans réforme des systèmes monétaires défectueux, il est impossible de conserver le système social français actuel.

Donald Trump s’est attaqué aux déséquilibres commerciaux en passant par les droits de douane. Vrai problème mais mauvaise solution. C’est le système monétaire qu’il fallait réformer. Avec l’Euro, l’Union Européenne a pérennisé les excédents phénoménaux de l’Allemagne, de la Hollande qui a capté une part colossale des importations européennes libérées par la fin du tarif extérieur commun, et de l’Irlande, pour des raisons cette fois-ci fiscales. On ne peut plus jouer sur les changes pour rétablir les équilibres, ce qui nous auraient permis de sortir plus progressivement de la stagnation dramatique qui en résulte pour nous.

Non seulement nous sommes paralysés, mais nous acceptons que le paralytique soit attaqué de toute part. Si nous devions réagir comme Trump, il faudrait exiger des droits de douane de 80 % sur les importations Allemande…

La priorité en France comme en Europe devrait être de juguler les deux sources de la déréliction des régimes sociaux : l’effondrement de la natalité et les défauts écrasant des systèmes monétaires. Alors, on pourrait concevoir une réforme tranquille et généreuse de notre système social. Sinon ? Sinon, ce sera un effondrement soit dans la surimposition intenable soit dans la dette impossible à financer (nous y sommes presque). Eventuellement, le cumul des deux pourrait survenir, avec le pire au bout du chemin.

Évidemment, là où nous en sommes, une politique résolue de modération des excès de notre politique sociale doit être engagée. Trop d’aspects sont intenables. Mais son ambition doit être conservée. Sans une diplomatie de la prospérité et une politique déterminée de ré enchantement de la natalité, rien ne sera possible et nous resterons sur le chemin de la catastrophe sociale et nationale. Comme le disait Maurice Allais, dont les avertissements prémonitoires ont été si mal acceptés en 1997, « ce qui doit arriver arrive ».

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

Dernier ouvrage paru : Les Malheurs de la Vérité

Faut-il mettre en cause la Constitution de la Ve République ?

Le mensuel Causeur, dans sa livraison de septembre 2025, a publié la libelle anti-gaulliste la plus violente qu’on ait lue depuis les temps troublés de la guerre d’Algérie. Plus d’un demi-siècle après la mort du Général de Gaulle, une telle diarrhée d’invectives surprend. Pourquoi tant de haine rétrospective ? Voici quelques échantillons des « compliments » de l’auteur, Pascal Avot :

- Le gaullisme est un naufrage.

- Le naufrage idéologique du gaullisme

- Le gaullisme est devenu un ectoplasme

- Il relève du « cosplays » (sic)

- De Gaulle a conçu la machine qui a tué la nation.

- L’état gaulliste est un tueur en série économique.

- La géopolitique gaulliste est une décharge pour concepts hors service.

- Le gaullisme est une fin de race

- Laisser la France goûter à l’Après-Charles

- De Gaulle va perdre sa statue et devenir une statuette.

- Les admirateurs de De Gaulle « passeront au mieux pour d’aimables plaisantins, au pire pour de dangereux illuminés »

Pour l’auteur, cette statuette doit clairement subir un rite de style Vaudou, avec mille épingles traversantes permettant l’exécration et la malédiction. Présenter le fondateur de la Ve République comme un tueur, un naufrageur, un ectoplasme fin de race à jeter à la décharge, ne laisse pas entrevoir une analyse d’une grande profondeur. On se souvient d’un journal, Hara-Kiri, qui offrait en quatrième de couverture « une page de vomi ». Mais c’était pour rire ! Un rire pas trop distingué mais un rire tout de même. Ici, pas question de lâcher la guillotine. La tête au képi à deux étoiles doit rouler dans la sciure pour l’éternité, sous les crachats.

Pourquoi s’attarder sur ce texte injurieux ?

L’article est en vérité une critique acerbe du rôle de l’État. L’auteur montre sans originalité mais avec exactitude que l’État français s’est cru prométhéen et a utilisé sa force pour détruire l’économie française à force de socialisme et d’étatisme délirants. Il constate que « la droite n’a eu ni le courage ni l’intelligence d’annuler ces quatorze ans où la France est devenue un pays d’assistanat addictif, de redistribution ratée, de mépris pour les riches, d’hypnose idéologique, de bureaucratie galopante et de laideur morale ». « C’est l’État et lui seul qui a vidé le pays de sa substance économique dans le seul but de nourrir sa cohorte de serviteurs, sa myriade d’obligés et d’affidés et de monter en neige ses projets imbéciles ».

Comme la forme actuelle de l’organisation de l’État a été voulue par le Général, c’est lui le coupable. La voiture s’est plantée dans un platane : ce n’est pas la faute du conducteur mais du concepteur de la voiture. Sans doute veut-il dire que, sans volant, la voiture n’aurait pas eu d’accident !

De Gaulle était, en économie, le contraire même du laxisme. Il a très bien vu que la destruction des Accords de Bretton Woods mettrait fin aux « Trente glorieuses » et il a souhaité mettre fin au rôle du dollar et rétablir celui de l’or, comme base du système. Il a constamment rappelé notamment à M. Giscard qu’il ne fallait pas dépasser 32 % du PIB en prélèvements de toute nature. Il a souhaité une décentralisation et une association entre capital et travail pour permettre des arbitrages plus près du terrain et des acteurs. Il a dû faire face à une révolte venue des États-Unis et au laxisme de George Pompidou. Il est alors parti.

Le vrai coupable de ce qui s’est passé n’est ni de Gaulle ni la Constitution. L’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante, stade suprême de la prise en main du politique par la haute fonction publique, n’est pas née en 1958. Dès la crise de 1929, les Polytechniciens ont lancé le mouvement X-Crise fondé sur l’idée qu’il ne fallait plus laisser le pouvoir à des politiciens ignorants. Maurice Allais est une des réussites de cette réflexion. Il a annoncé avec ténacité qu’une grande crise allait se produire, sans aucun écho dans le système médiatique. Des économistes polytechniciens plus actuels sont moins convaincants. Il ne suffit pas d’être polytechnicien pour avoir raison.

Les Inspecteurs de Finances ont eu le même réflexe après l’effondrement en quinze jours des armées françaises en mai 1940. Ils ont décidé qu’il fallait prendre en main les affaires, faire les réformes nécessaires et se faire nommer ou élire aux postes de responsabilités politiques pour éviter une telle déroute pour l’avenir. Pratiquement toutes les réformes qui se concrétiseront dans le plan du Conseil National de la Résistance date de Quarante et ont mûri pendant l’occupation avant de fleurir à la Libération. L’ENA est créée, comme pratiquement toutes les institutions sociales, au profit d’une nouvelle caste entreprenante et dominatrice : l’Enarchie.

Dès la Quatrième, le poste de président du Conseil est conquis d’abord par Mendès-France puis Bourgès Monoury puis Félix Gaillard. Ensuite, ce sera Michel Debré. Avec le couple Giscard-Chirac la main mise énarchique est totale. Elle s’épanouit dans la démesure sous Hollande et Emmanuel Macron. On voit alors que le poste de premier Ministre est juste une étape de carrière administrative entre un poste de président de société de bus et la direction d’une société de métro ou de chemins de fer. Le premier Ministre perd sa consistance politique en ne représentant plus aucun segment du corps électoral. Gauche, Centre et Droite deviennent des entités politiques indistinctes et dominées par des élites administratives. Tous font la même politique. L’impôt ; le règlement, la subvention, les trois disciplines de base du haut fonctionnaire, explosent littéralement et coulent la France.

L’auteur se trompe de combat. L’objet de son ressentiment devrait être l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante. Elle peut être réduite par deux mesures simples : interdire aux hauts fonctionnaires de devenir des élus, sauf à démissionner de leur statut ; interdire les cumuls de rémunérations publiques. L’épistémocratie ne vaut pas mieux que la partitocratie. La séparation des pouvoirs implique que les hauts fonctionnaires servent la République mais ne la dirigent pas.

Là est la mesure utile et intelligente.

Éructer contre le Général de Gaulle est une passion triste et morbide mais surtout une erreur de cible particulièrement embarrassante.

Maintenant, il reste la liste affligeante de Présidents qui se croient des Jupiter et finissent dans le n'importe quoi. Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ont été des présidents catastrophiques. Tous ont laissé filer la dette et multiplié l'interventionnisme de l’État nounou, sans oser s'attaquer aux deux sources principales des malheurs français ; la dénatalité et les défauts radicaux des systèmes monétaires internationaux, au sein d'une mondialisation dérégulée et déséquilibrée ; après avoir perdu toute indépendance au profit des commissaires européens.

Le spectacle donné par les parlementaires actuellement indique tout de même qu'il y a pire que des présidents défaillants. Fin de régime ? Tout le monde l'annonce. Avoir laissé la France dégringoler à la 28e place pour le PIB par tête est en effet le genre de résultat que personne en 1973, dans ses pires cauchemars, n'entrevoyait. Encore 50 ans de délire et on sera dépassé par le Zimbabwe. L'Européisme, l'Étatisme, le Socialisme, le Wokisme, le Fiscalisme, l'Anticapitalisme, l'Escrologie, le Keynésianisme dévoyé, la démagogie de la "gratuité de la vie", le gouvernement des juges, l'idéologie de la non-répression et le Justicialisme, ont été de plus féroces ennemis du peuple Français et de sa prospérité que la Constitution.

Le problème de la France n'est pas d'avoir un président trop puissant, mais qu'il a perdu toute autorité. Le problème du peuple français n'est pas qu'il souffre, mais qu'il ne travaille plus et ne fait plus d'enfants. Dans ces conditions, l'effondrement est automatique. Les Français ont le choix de croire qu'ils peuvent vivre sur la dette et l'argent des riches, ou de se remettre au boulot avec détermination, réenchanter la natalité et revenir aux grands équilibres.

La personnalité du futur président est importante, mais le programme l'est plus encore. En sacrifiant une mesure indispensable (le recul de l'âge de la retraite) la classe politique jette un froid terrible sur notre avenir. Certains désormais finissent par croire que le communisme est une solution pour perdurer dans la fainéantise assistée.

La seule solution est de se remettre dans la dynamique de la Ve République et de faire admettre aux Français que le salut passe par un programme massif et dynamique de redressement, avec la nécessité d'infliger une défaite cuisante aux ennemis de l'intérieur et de faire gagner une diplomatie de la prospérité.

Il est malheureusement clair qu'on n'en prend pas le chemin.

C'est tout de suite qu'il faut corriger la trajectoire et construire le projet décisif.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

 

Taxe Zucman : l'aveu implicite d'une inspiration communiste

Merci à Gabriel Zucman d’avoir donné une clé d’interprétation significative de sa taxe, devenue virale dans le cadre de la grande opération de séduction du parti socialiste lancée par Emmanuel Macron, pour sauver les deux années restantes de son quinquennat. Dans un article sur Linkedin, il souhaitait répondre à ceux qui démontraient qu’elle ferait sombrer la croissance des entreprises concernées. Son argument : Il faut séparer l’actif de l’entreprise que la taxe n’altérerait pas et les administrateurs et actionnaires, les « hommes de papier », qu’on peut exproprier à petit feu sans dommage.

Gabriel Zucman reprend à son compte une distinction qui était courante en URSS et qui a été la base notamment de la politique soviétique en matière d’organisation de l’agriculture. La réification du paysan, devenu koulak en Russie et koulkoul en Ukraine, est équivalente à celle du patron propriétaire devenu un « papier » et non une personne de chair et de sang. On pouvait tout faire subir aux Koulaks. L’important était les semences, le tracteur et l’engrais. L’agriculture soviétique a été un désastre. Dès la chute du système communiste, on a assisté au retour de la grande vocation de l’Ukraine qui était d’être le grenier à grains du monde, rejointe par la Russie.

La vérité : une entreprise est un tout.

La leçon d’hier rejoint celle des grands États du moment. La Chine exige qu’une filiale étrangère soit associée à une société chinoise. Trump exige que le Tik Tok américain soit vendu à des Américains. On a pu vérifier qu’Orange privatisée n’est pas la même entreprise que France-Télécoms.

Stigmatiser de façon méprisante les propriétaires, et vouloir les exproprier progressivement sans indemnité, en pensant que l’entreprise elle-même n’en serait pas affectée dans ses résultats, est une pure spéculation idéologique de militant qui ne tient aucun compte de la réalité.

Merci vraiment pour cette clarification bienvenue qui souligne une inspiration communiste assumée, ce qui est bien toujours un peu surprenant quand on réfléchit aux 75 ans d’échec de ce régime avant son effondrement de l’intérieur. Elle permet d’en prévoir les conséquences et explique pourquoi beaucoup pensent qu’elle doit être dénoncée et écartée sans faiblesse dans une société de liberté où la propriété a valeur constitutionnelle.

Il est intéressant de noter qu’en France, pour être un économiste en vue, il suffit de proposer des taxes : taxe Tobin un temps ; délire Pic(po)ketty, ensuite ; taxe Zucman aujourd’hui.

Le Français, né malin…

Rappel : ce que nous disions début 2017

Pas une ligne à changer

Échec de l’économisme ou échec de l’économie ?

Dès la fin des années cinquante, marquées par l’exceptionnel enrichissement de ce qu’on appellera « les trente glorieuses », des voix se sont élevées pour expliquer que cette richesse n’était pas un vrai bien mais une aliénation, non pas un progrès mais une illusion. L’individu devenait solitaire dans la foule. Le dépouillement était de toute façon une valeur chrétienne fondamentale. La jouissance était un péché de gourmandise. Les religieux ont les premiers « sonné le tocsin » contre les méfaits du matérialisme. Les philosophes ont pris le relais. Dès la moitié des années soixante, on se piquait chez beaucoup d’entre eux de promouvoir le non-travail, le temps libre. On pouvait enfin accéder, grâce à l’automatisation (on ne disait pas encore : aux robots), à l’idéal grec : philosopher sans rien faire, sans l’ennui moral de l’esclavage. Les philosophes sont devenus de plus en plus critiques à mesure qu’ils étaient concurrencés par les sociologues. L’ennui était leur marxisme « méthodologique » qui leur a fait dire de multiples sottises et les a conduits à soutenir un système d’aliénation totale pour libérer l’humanité d’une aliénation supposée par la consommation.

L’économiste est devenu une espèce de galeux idéologique pour les tenants des religions, des idéologies, des idées et du primat du politique. Il est vrai qu’aux États-Unis, la croyance des économistes qu’ils avaient enfin trouvée leur pierre philosophale, la croissance indéfinie sans crise, les avait encouragés à pousser la discipline dans les universités et à obtenir des recrutements massifs dans l’administration dès le début des années soixante. Les autres pays suivirent et imitèrent. La place des économistes comme celle des sociologues grandit massivement dans les médias et la discussion politique.

Cinquante ans plus tard, il est curieux de constater qu’un nouveau mot est apparu dans les pays développés : l’économisme, forme de maladie sociale et intellectuelle grave, au même moment où l’effondrement du socialisme voyait des milliards d’humains se précipiter vers la consommation, sans tenir compte le moins du monde des idéalistes qui avaient mené le combat contre l’horreur communiste et qui croyaient à un socialisme à visage humain. La sauvegarde de la terre, ambition de droite dans les années d’avant-guerre, est devenue dès le début des années soixante-dix une ambition de gauche. L’écologie a décrété que l’économie était une maladie grave qui tuait la nature nourricière et que les Trente Glorieuses étaient en fait un génocide des espèces vivantes et, ses tenants, des criminels.

Nous en sommes là avec le retour des guerres de religions, la condamnation ontologique de l’individualisme, le refus du progrès, la condamnation de l’abomination des marques, et la désarticulation des clivages politiques traditionnels.

En France, la victoire surprenante d’un des candidats, Emmanuel Macron, avec effondrement des partis de gouvernement traditionnels depuis 1944, la gauche, le centre et la droite dites républicaines, provoque une montée d’adrénaline chez tous ceux qui considèrent l’économie, c’est-à-dire la prospérité matérielle, comme une tare.

Le Figaro Magazine a cru devoir ouvrir avec eux le procès de « l’économisme », succédané honteux d’une vraie religion, supposé animer les forces politiques balayées par le soudain tsunami, mais aussi le jeune vainqueur, ce qui paraît inacceptable à MM. Patrick Buisson et Marcel Gauchet. On le conjure d’abjurer cette funeste hérésie.

Pour eux tout le monde a tort dans cette affaire, les anciens comme les modernes.

Certes, affirme Buisson, le nouveau chef « a parfaitement analysé le vide émotionnel et imaginaire que la disparition de la figure du roi a creusé dans l’inconscient des Français ». « Accomplir des gestes et des rites qui ne vous appartiennent pas, qui viennent de plus loin que soi, permet de s’inscrire dans une continuité historique et d’affirmer une permanence qui transcende sa propre personne ». Voilà pour le satisfecit. Mais « Emmanuel Macron apparaît comme « la figure emblématique de cette nouvelle classe dominante qui aspire à substituer à tous ceux qui aspirent à un salut hors de l’économie […]». C’est très mal parce qu’« un système où l’économie commande l’organisation de la société est incapable de produire du sens ». Revoilà Mounier et sa « dissolution de la personne dans la matière ».

La droite a perdu pour ne pas avoir compris qu’il fallait en fait recréer un grand mouvement conservateur enraciné et enracinant, « subordonnant la matière à l’esprit », qui permettrait « de mettre fin à l’abaissement du politique au niveau de la gouvernance économique ».

Pour Marcel Gaucher le grand virage s’opère en 1974, « une rupture économique et sociale mais aussi anthropologique comparable à celle de 1 492 ». Wall Street et la City ont pris le manche dans la foulée de la hausse des prix du pétrole. Depuis « l’économie et la technocratie règnent en maîtres ». L’atomisation de la société autonomise les individus, désormais irréductibles à une classe. Privées de l’Église et du Parti communiste « les sociétés européennes seraient désormais confrontées à un malaise existentiel profond ».

En un mot l’homme nouveau du nouveau monde dominé par l’économisme, est désormais seul et désenchanté. Du coup il en vient à voter, dans l’extase, pour le vide macronien.

Bien entendu, notre résumé est réducteur. Les réflexions de nos deux auteurs sont souvent riches et intéressantes. Mais nous ressentons un profond désaccord sur un point : ce ne sont pas les économistes et leur religion supposée que serait l’économisme qui sont au cœur des mouvements constatés.

La grande mutation ne date pas comme le dit Gauchet de 1974 mais de 1971 où, pour des raisons impériales, les États-Unis prennent à contre-pied toutes les doctrines économiques du moment pour instituer un système de changes flottants et de domination économique violente. Il s’agit d’une voie de fait qui aboutira à une baisse tendancielle de la croissance, à l’aggravation des crises périodiques et à la montée de l’endettement, ce que nous appelons une économie baudruche, indéfendable en doctrine. Les économistes n’ont pas triomphé dans l’affaire : ils se sont couchés, car ils n’avaient aucun moyen de s’opposer sans risque de carrière ou par médiocrité. Seuls des économistes comme Sauvy, Allais, Rueff ont, en France, sauvé l’honneur de la profession, en montrant les vices inhérents au nouveau système  mis en place. On n’a pas constaté le triomphe de l’économisme mais celui des rapports de force politiques.

Le succès du jeune Macron n’a rien à voir avec l’économie. Le coup d’État qui vient de réussir est comme nous l’avons démontré dans plusieurs articles, un pronunciamiento de la haute fonction publique, qui domine l’état, la société politique, les médias et la finance. Il n’y a rien de solide du point de vue économique dans le programme Macron. Les premières mesures sont fiscales et démagogiques. La dérégulation du travail est un leurre qui permet de satisfaire Bruxelles et qui n’aura dans les formes envisagées qu’un impact minime sur l’économie. De la même façon que les plans « Macron » précédents n’ont pas eu le moindre effet significatif.

Il est évident qu’un comportement un peu plus digne que les exploits de « Bidochon et Foutriquet », qui ont abaissé largement la fonction présidentielle, est bienvenu et apprécié de tous. Mais cela ne suffit pas.

L’économie est malade. Son organisation internationale et européenne est fautive. Elle restera inchangée. On ne constate pas un échec de l’économisme mais un état semi-comateux de l’économie. Le ras-le-bol des électeurs provient de la baisse constante de la croissance depuis 1971 et des conséquences sur l’emploi des explosions de dettes et des crises conjoncturelles résultantes. Ils croient naïvement, et ce n’est qu’en cela qu’on peut parler d’économisme, que leur malheur provient des partis qui ont alterné au pouvoir depuis 1971. On leur dit qu’en dépassant les vieux clivages « on » va pouvoir « faire les réformes nécessaires » et ils radotent « laissons leur une chance ».

Les malheurs du monde proviennent d’un défaut majeur d’organisation du système monétaire international qui n’est pas compris ni même cité, encore moins attaqué. La cause est politique. Le système de monnaie unique européen est également grevé de défauts structurels majeurs qui ne sont pas plus compris du plus grand nombre que traités. La cause est politique. La stupidité française du tout impôt qui a conduit à des dépenses publiques supérieures en valeur à la valeur ajoutée du secteur marchand, est une maladie politique, totalement antiéconomique.

La vérité de la situation devient plus claire :

-        Les Français sont las des impôts et des querelles idéologiques autour des solutions qui permettraient de sortir de la baisse relativemais continuelle du revenu par tête. Ils ont perdu confiance, après 40 ans d’incapacité à sortir du trou, dans les partis dits de gouvernements. Ils ont pu être trompés assez facilement par un nouveau venu qui a prétendu qu’on pouvait s’unir au-delà des divisions habituelles pour trouver des solutions efficaces, en vérité apolitiques. Ils l’ont été d’autant plus facilement que la manipulation médiatique a été gigantesque, dans un système où les médias ont perdu toute autonomie et où il n’y a qu’une poignée de décideurs vivant dans la dépendance de l’État.

-        Ce n’est pas l’économisme qui rend malade la société mais l’économie qui est malade des décisions désastreuses prises par les politiques pour des objectifs politiques.

Aujourd’hui la réflexion politique a comme toujours son autonomie par rapport à l’économie. Mais l’économie n’a pas d’autonomie par rapport au politique.

Entre ceux qui ne veulent plus de croissance pour sauver la terre et l’humanité, alors que 7 milliards d’humains veulent consommer et avoir enfin plus qu’une vie de misère et de survie, les stratégies de puissance des grands États, qui n’ont pas renoncé à leur surmoi géostratégique, l’irresponsabilité des pays qui laissent s’envoler la croissance de leur population et donc alimentent une émigration de masse déstabilisatrice, les stratégies d’entreprises mondialisées qui parviennent à échapper au droit commun et à imposer des comportements consuméristes désastreux, tout en échappant aux impôts, l’affaiblissement des États voulus par les bureaucrates de Bruxelles et les européistes militants, la dérive de la dictature des juges, les politiques et les électeurs sont totalement perdus.

L’ennui, dans le cas de la France et de l’élection du jeune Macron, c’est qu’il n’y a strictement rien, dans le programme confus et trompeur du dit qui laisse planer le moindre espoir. La soumission à l’Europe supranationale paraît totale. Les nouvelles libertés données aux grandes entreprises multinationales et à elles seules, de dépecer le droit social, l’augmentation massive des impôts, sauf pour la finance et ses produits et la démagogie éhontée de l’achat de vote, n’annoncent rien de fondamentalement positifs. Il n’y a rien d’économique là-dedans, sinon du cynisme politique accompagné de licences microéconomiques et sectorielles pour des intérêts particuliers.

N’accusons pas les économistes ni l’économie d’un état de fait entièrement politique. Les pronunciamientos militaires ou de hauts fonctionnaires ont ceci de commun que l’économie n’en forme jamais la substance même si elle apparaît dans la tromperie des discours.

Disons-le nettement et à Marcel Gauchet et à Patrick Buisson : l’économie est malade. Elle ne l’est pas de l’économisme mais des jeux politiques, idéologiques et géostratégiques qui ont entraîné la mise en place d’organisations économiques défectueuses.

De la stabilité des "stablecoins"

Dix grandes banques internationales viennent de créer un « stablecoin ». Pas de doute c’est du sérieux, car ces banques sont énormes et couvrent le monde libre en entier. Mais le problème est de savoir quel est l’étalon base de la prétendue stabilité. On ne sait pas encore si c’est le dollar, le plus probable, ou l’Euro, comme le réclame le gouverneur de la Banque de France, sachant que de son côté la BCE est en train de concocter sa propre cryptomonnaie.

Le problème est que le dollar, évalué en or, a vu son cours baisser de 99,99% en 50 ans. Le Bitcoin vaut maintenant près de 120.000 dollars.  L’évaluation du dollar en Bitcoin est aussi d’un montant ridicule.  

La « stabilité » qu’on nous annonce, a l’allure d’une descente sur toboggan, avec une pente vertigineuse.

Le projet ne crée qu’une alternative à la carte bancaire : un virement électronique de porte-monnaie à portemonnaie électronique, avec ou sans limite de plafond, ce n’est pas encore très clair. L’avantage : virement immédiat et sans frais.

Comment cela se combinera-t-il avec la crypto de la BCE ?

 Comment cela se combinera-t-il avec des comptes bancaires en Bitcoin, qui offre le même service tout en conservant la valeur de la monnaie en « valeur de référence » ?.

 

Ne répondez pas tous en même temps.

Vents mauvais, fantômes crépusculaires, l’automne de la France

Le problème de l’abjection, c’est qu’une fois engagé sur ce sinistre chemin, on ne peut que descendre. Ceux qui ont entraîné la France dans ce précipice organisent des sarabandes méphitiques imposées par des médias en pleine décomposition qui salissent des auditeurs ou des lecteurs interloqués.

Éric Schoettl écrit avec une belle plume : « un président fantôme reconnaît un état fantôme ». La séance à l’ONU a été effectivement une cérémonie mortuaire au sein d’une institution, l’ONU, morte depuis longtemps.

Le même jour un tribunal spectral condamne à 5 ans de prison fermes un ancien président pour des charges fantômes, après une instruction méphitique, façon chasse à l’homme, qui a duré 20 ans pour un prix extravagant. Après Juppé, Chirac, Fillon, c’est le quatrième haut dirigeant LR à être condamné. Le justicialisme d’extrême gauche frappe toujours à droite. On dénonce l’exécution provisoire. Mais c’est une exécution définitive !

L’antiaméricanisme était le socialisme des imbéciles. Les socialistes se sont convertis à l’extrême gauche américaine. Ils viennent d’importer le programme wokiste, anti capitaliste et proche de la guerre civile des Démocrates, et reprennent la taxe dite Zucman, un génie, nécessairement un génie, qui a adapté un des articles les plus frelatés du programme de Kamala Harris. L’importation des sottises dangereuses du parti Démocrate devient le nouveau socialisme des imbéciles.

La grande opération d’Emmanuel Macron pour recoller les morceaux avec le PS et obtenir soit qu’il entre dans la coalition gouvernementale, soit qu’il s’abstienne de la détruire, tourne à la confusion. Mort aux riches (avec joli dessin d’une guillotine) devient le slogan à la mode. On appréciera sa délicatesse sociale, sa finesse idéologique et son opportunité, alors que la dette continue de monter à la vitesse d’un cheval au galop et que la stagnation économique menace de tourner à la récession.

Le nouveau premier ministre offert à la France, front bas (on n’ose pas dire qu’il a le front populaire), s’active à on ne sait quoi dans un silence total. Un fantôme ! On commence à remettre en cause la cornue étrange de Lecornu que certains veulent envoyer se rhabiller.

Bidochon, le motard de la rue du Cirque, un autre président spectral, parade dans les médias en flattant sa gauchitude et en tenant des propos lunaires. Macron le met sur une estrade avec Glucksmann, pour obtenir sa béquille et finir son quinquennat impossible. Mais la direction du PS ne veut pas. Ce n’est pas un fort Vauban, ce Faure. Mais la douve qui le protège est si pourrie par LFI que même la nomination de Mme Najat BelKacem, épouse de M. Vallaud chef des socialistes de l’Assemblée et copain de promotion à l’ENA du président, risque de ne pas suffire. Où va-t-on dans cette république bananière non fantomatique si de petites corruptions ne suffisent plus ?

Poutine, le fantôme de Staline, et dont certains Russes disent que celui qu’on voit partout est en fait un sosie, teste tous les jours la défense de l’Union Européenne et envoie drones et avions de chasse dans son espace aérien, tout en déclarant que si on les détruit il entrera en guerre.

Gaza, réduite en poussière n’est plus qu’une ville fantôme, où les fantoches du Hamas se terrent comme des spectres dans des tunnels creusés avec l’argent des Occidentaux. Le gouvernement israélien annonce qu’il va réduire à néant ce qui reste et ceux qui viendraient à rester, et illustre sa vision personnelle du slogan « free Palestine » : libération de tout pouvoir musulman.

Mme Van der Leyen chante à sa façon une version moderne, en anglais, du fantomatique « deutschland uber alles » tout en piétinant la France de Macron avec ses petits mocassins. Apparemment cela suffit pour aplatir le président fantôme français.

Le Bitcoin, l’exemple parfait d’une monnaie fantôme est désormais très au-dessus de 100 000 dollars. Mais la BCE, ce fantôme de banque centrale, va émettre des cryptos euros. Formidable, non ?

Qui aurait pu croire que la France sombre aussi bas aussi vite ? Les Augures annoncent, toujours en anglais, un « day of reckoning ». Le Jugement Dernier est le dernier reste d’un catholicisme que Vatican II a liquidé en un demi-siècle et qui ne trouve plus de prêtres nulle part dans le monde, comme le constate le Wall Street journal. Il ne faut pas confondre porte de la chapelle et Porte de la Chapelle.

Cette année Halloween a commencé un peu tôt.

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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