La fausse "exemplarité" du marché des devises

Parmi les lubies de l'époque, et cela dure depuis la libération complète des mouvements de capitaux en 1990, figure l'exemplarité du marché des changes, présenté un peu partout et en particulier dans les cours d'économie financière, comme le parangon d'un marché quasiment parfait, permettant une confrontation à la seconde de millions de décisions  d'achat et de vente, et l'allocation optimale des ressources, en liaison avec le marché des taux d'intérêt.

Depuis cette époque nous ne cessons de répéter que cette doctrine est totalement aveugle aux réalités.

Le marché monétaire est l'exemple même d'un marché doublement imparfait :

- Il est dominé par quelques banques centrales qui peuvent intervenir avec des moyens tels que les changes n'ont que le sens qu'on veut bien leur donner (ou qu'elles veulent bien qu'on leur donne). On l'a vu avec la banque centrale suisse, qui a émis presque la valeur d'un PIB national pour arrêter la hausse des cours du Franc Suisse. On l'a vu avec l'émission de monnaie de la Banque centrale du Japon qui a noyé de liquidité les marchés pour faire baisser le Yen. Ne parlons pas de la FED et maintenant de la Banque Centrale Européenne qui ont émis près de 10.000.000.000 de dollars de monnaie gagée sur rien du tout en 7 ans.

- Les opérateurs au quotidien sur le marché des changes sont très peu nombreux et peuvent se coaliser facilement pour monter des coups permettant des gains faramineux en quelques heures ou quelques jours. Les gains sont minimes en taux mais les capitaux mobilisés sont tels et la durée des opérations si courte,  que les rendements sont extravagants.

Que constate-t-on aujourd'hui ?

- La condamnation des principales banques ayant manipulé le cours de certaines monnaies clés permettant de fixer des "trackers" sur lesquels on a pris des positions spéculatives à très court terme. On se rappelle que le Libor avait déjà été manipulé de la même façon. Cours de change et taux d'intérêt ont donc été constamment manipulés pendant vingt cinq ans. Merci pour l'allocation optimale des ressources !

- La danse de Saint-Guy actuelle des monnaies dont les cours sont manipulés par les banques centrales ou les Etats, ou de celles qui ont été affectées par des éclatement de bulles spéculatives. Le cours du pétrole, entièrement dominé par la spéculation, a fini par s'effondrer,provoquant aussitôt la chute de monnaie surévaluée comme par exemple le Rouble russe, lui-même victime de faits politiques. Le Real brésilien se porte mal du fait de l'arrêt des achats chinois qui avait permis une spéculation éhontée sur les "classes d'actifs" brésiliens dont la monnaie. L'Euro a fortement baissé par rapport au dollar du fait de l'action de M. Draghi.

Encore une fois, où voit-on un marché libre, liquide et parfait ?

De toute façon dans une économie boursouflée par la création monétaire massive, que nous avons appelé "baudruche", les marchés de capitaux n'ont aucun sens "réel". L'argent ne se place pas dans des projets de production mais dans des espoirs de gains en capital sur des valeurs nominales dépendant directement des émissions monétaires.

Tant qu'on n'a pas mis fin au mécanisme qui permet un gonflement des crédits  hors de tout contact avec les investissements de production, et qu'on laisse les banques centrales se faire la guéguerre monétaire, enveloppée dans l'encens des réunions périodiques sacralisées et pseudo consensuelles, les sanctions juridiques n'ont aucun sens.

La seule solution est d'en revenir à l'essentiel : les Etats doivent être rendus responsables de l'équilibre de leurs balances extérieures et du change de leur monnaie, avec des mécanismes de contrôle et d'aide pour limiter les effets des ajustements éventuels.  L'énergie est trop importante pour qu'on en laisse le prix flotter au gré de la spéculation. Il faut revenir à un système de monnaie internationale de référence, gagée sur des valeurs réelles, dont le pétrole mais aussi l'or, avec des monnaies au change fixe et ajustable par rapport à cette monnaie internationale.

Cette organisation, conforme aux statuts du FMI et aux accords de la Havane, mais corrigée par rapport au système de Bretton-Woods (suppression de la référence obligée au dollar, parité des droits et des devoirs au sein du FMI, intégration des grandes valeurs économiques de référence comme l'énergie, interdiction du "short" sur les monnaies, interdiction de la cotation continue), est la seule capable de mettre fin à l'économie baudruche et de canaliser le dégonflement de la masse d'endettement global qui frôle toujours aujourd'hui dans l'OCDE les 400%.

Cette réforme est SINE QUA NON.

Vouloir faire croire que la crise est circonstancielle et liée à l'action condamnable de quelques malfaisants est, au mieux, une naïveté.   

La crise a éclatée en juillet 2007. Sept ans après, l'empilage de dettes n'a pas été réduit. Le marché des monnaies est en pleine folie. "L'allocation optimale des ressources" est, comme la fameuse main censée la guidée "clairement invisible". En revanche la stagnation perdure ; les désordres perdurent ; le chômage s'étend ; les politiques économiques restent de pure panique.

Et pas un mot de la part des responsables pour faire le constat de ce sinistre tableau ni prendre la moindre mesure corrective. Où est M. DSK, l'ancien président adulé du FMI ? En train de tenter de se sortir d'un engagement fumeux dans la spéculation internationale. Où est Madame Lagarde ? En train de tenter de se libérer de son inculpation dans l'affaire Tapie. Où est le Président de la République Française ? En train de tenter de se sortir des mille et pièges qu'il dresse et dans lequel il tombe avec un certain plaisir. Où est M. Juncker, le Président de la Commission Européenne ?  En train de tenter de se sortir de l'affaire des avantages fiscaux donnés aux multinationales par le Luxembourg qu'il dirigeait, au détriment des autres pays d'Europe. Où est Poutine ? En train de reconquérir par la force une partie de l'Ukraine. Où est M. Abe ? En train de tenter d'interpréter la Constitution Mac Arthur pour construire la bombe atomique. Où en sont les Chinois ? En pleine exaltation du national-socialisme Han. Où est M. Obama ?  Qui est M. Obama ?

L'esprit de coopération économique et monétaire international a totalement disparu, noyé dans le "libre" marché des capitaux et la perte de toute réflexion économique collective sérieuse.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

François Hollande : de la désinvolture à la transgression.

Après l'épisode tragi-comique de la crise gouvernementale de fin août 2014, marquée par l'éviction de quelques ministres sans importance, l'épisode tragi-comique de la crise conjugale présidentielle, marquée par la vengeance livresque de la répudiée, l'épisode tragi-comique de l'enfumage de la Commission Européenne par un Président français bien décidé à s'essuyer les pieds sur l'obligation de maintenir le cap de la réduction des déficits publics, marquée par le retour de bâton de la Commission trompée mettant en lambeaux les fausses prévisions économiques du gouvernement français, après l'épisode tragi-comique de la crise idéologique marquée par le livre d'Eric Zemmour, qui montre une intelligentsia de droite et de gauche totalement aux abois devant l'énoncé de quelques évidences, après l'épisode tragique et comique à la fois de la "répression" des casseurs écologistes, s'opposant au barrage d'un ruisseau, marqué par la mort d'un manifestant tué par une grenade offensive, après l'exhibition tragi-comique d'un Ministre de l'Intérieur qui déballe en public "son cœur ému" d'avoir à assumer un "Malek Oussekine" de gauche et qui se rachète en annonçant très médiatiquement qu'il va monter une buvette pour les migrants qui prennent d'assaut Calais, … en 2015, voici venir l'épisode tragi-comique de la tentative d'assomption médiatique d'un Président à mi-mandat, qui a absolument tout raté, en divisant, meurtrissant, appauvrissant et affaiblissant par tous moyens la France et les Français, et qui prétend au milieu de la haine générale et notamment de ceux qui l'ont servi un temps, réfléchir "à un nouvel élan" pour la seconde mi-temps afin d'être à nouveau élu en 2017.

Compte tenu de l'impact économique de l'échec de la politique suivie depuis deux ans et demi, 500.000 chômeurs de catégorie A en plus, un et demi  à deux millions de personnes de plus ramenées à une vie soumise à la seule subvention publique, des dizaines de milliers d'entreprises en faillite, un sous investissement tragique, l'effondrement immobilier, le gonflement de la dette à près de 100% du PIB et 200% de la valeur ajoutée des entreprises non financières de plus de une personne, des déficits non maîtrisés qui s'accroissent au lieu de se réduire malgré la dégelée fiscale imposée aux Français, Il est intéressant de s'interroger sur le mode de fonctionnement du cerveau présidentiel et ses conséquences pour les trois années à venir.

Nous avions noté depuis les dernières élections présidentielles que ce Monsieur Hollande était désinvolte et n'avait pas de respect pour grand-chose. En fait on ne peut plus parler de simple désinvolture mais bien de transgression.

"La transgression est l'action de transgresser, de ne pas respecter une obligation, une loi, un ordre, des règles. Par extension, une transgression désigne le fait de :

- ne pas se conformer à une attitude courante, naturelle,

- progresser aux dépens d'autre chose, d'empiéter sur quelque chose, d'envahir,

- dépasser une limite  ou ses limites,

d'aller contre ce qui semble naturel."

Telle est la définition donnée par Wikipedia.

Transgresser n'est pas simplement bousculer les convenances. Transgresser prend toujours la forme du viol d'une règle généralement admise, car jugée par le plus grand nombre comme nécessaire à l'objet de la vie d'un groupe. Comme tout viol, la transgression signale le narcissisme du transgresseur, son sentiment de supériorité vis-à-vis du vulgaire, l'affirmation que son désir est au dessus de toute règle. 

On manquerait de place pour énumérer toutes les transgressions dont témoignent le parcours et l'action de François Hollande.

Engrosser à plusieurs reprises une femme sans l'épouser reste transgressif aux yeux de nombreuses Françaises et Français, même si les mœurs ont changé depuis 1968.

Cette première transgression en a amené d'autres.

                Premier président arrivant à l'Elysée avec une maîtresse en titre

                Premier président à évacuer sur une civière ladite maîtresse, bourrée de tranquillisants, peu après avoir été surpris avec une starlette vieillissante

                Premier président à vouloir installer plusieurs anciennes maîtresses à des postes de pouvoir (perchoir de l'assemblée, objectif raté, puis ministre pour l'une d'entre elle, maire de Paris pour l'autre), Mitterrand n'ayant promu sous les quolibets qu'une seule d'entre les siennes (mais c'était au poste de premier ministre et cela ne dura pas).

                Liquidation du principe d'égalité dite "horizontale" pour les allocations familiales,

                Multiples attaques fiscales contre la famille

                Mariage homosexuel.

Ces transgressions à répétition ont fini par mettre dans la rue des centaines de milliers de Français, qui considèrent qu'on ne peut pas être à ce point désinvolte et transgressif lorsqu'on est chargé d'incarner un pays où la famille reste la cellule de base.

Si on s'en tient à la sphère purement républicaine, le principe assumé lors de la campagne présidentielle selon lequel 10% de la population paierait 90% de l'effort de redressement des finances publiques est clairement une transgression.

La règle républicaine veut que les citoyens concourent à proportion de leur revenu à l'effort national lorsqu'il est requis. Pompidou est le dernier Président à avoir répéter inlassablement ce principe. "Tous ensemble, nous sortirons rapidement de la difficulté".

L'idée que les 10% les plus riches devraient contribuer seuls et massivement au "redressement productif", symbolisée par la tranche à 75%,   une fois mise en œuvre,  a eu les effets délétères que l'on constate.

- Le mépris pour une aussi vile démagogie

- La mise au pilori d'un groupe  nécessaire à la croissance, provoquant l'arrêt de l'investissement et du marché immobilier, tout en provoquant une vague d'émigration en un temps où on aurait besoin de tout le monde.

- Le développement dans le public frappé dans son emploi et son revenu de l'idée que les riches suffiraient à payer la crise et ses conséquences, ce qui s'est naturellement révélé un mensonge éhonté dans les faits, mais qui continue de faire rêver d'une mythique "réforme fiscale" qui ferait enfin payer les riches, alors que le taux de prélèvement, tous impôts et taxes confondus dépassent 100% pour des dizaines de milliers de Français.  

Il est vrai qu'aussi bien Jospin que Sarkozy avaient commencé à franchir cette ligne jaune.

Jospin après avoir monter les prélèvements sur les hauts revenus et les fortunes à des niveaux intolérables, avait compris qu'il avait été trop loin (l'affaire de la cagnotte). Fabius l'avait aidé à comprendre le phénomène. Il a donc réduit les impôts mais de façon dissymétrique par rapport à la hausse. Au lieu de le faire dans les mêmes proportions qu'il les avait augmentés pour chaque groupe de revenu, il a choisi de transférer à ceux qui ne paient pas d'impôts une fraction de la hausse infligée par l'impôt progressif à ceux qui le paient. Ce fut le PPE, solution absurde, compliquée, injuste qui consiste à dire : je prends directement aux tranches hautes pour donner, sans conditions ni objet défini,  aux tranches basses. Il n'y a pas de limites à ce genre de distribution qui s'apparente à l'achat de vote plus qu'à une politique sociale.

Lors de l'affaire du RSA, Sarkozy avait pris directement (beaucoup) par l'impôt sur les intérêts de quoi doper (peu) les allocations des rmistes. Et c'était également de l'achat de vote.

On peut vouloir aider les plus démunis, et on le fait depuis des décennies, tout en conservant le principe du juste effort contributif en fonction du revenu.

La transgression du principe républicain est aggravée quand on brûle la chandelle par les deux bouts : impôt confiscatoire concentré sur un petit nombre, et prix différentiel pour les riches de l'accès aux services publics. 

Rappelons qu'une politique d'injures ad hominem concoctée, selon FO Giesbert, directement dans le bureau de F. Hollande  et appliquée à certains patrons et à l'acteur Depardieu,  est une véritable transgression. Jamais jusque là un président ne s'était abaisser à détourner les moyens de l'Etat pour injurier un particulier.

Faire écouter continument son principal rival politique est également une transgression.

Il ne faut pas croire que l'esprit transgressif de M. Hollande se concentre seulement sur la bourgeoisie possédante et les institutions traditionnelles comme le mariage.

En affirmant qu'il était social-démocrate, adepte de la politique de l'offre, il a clairement transgressé un interdit de la gauche marxiste. La nomination d'un premier ministre démonstrativement non socialiste et d'un Ministre de l'économie venant de chez Rothschild, a confirmé avec un certain sadisme sa volonté de transgression des règles de son camp.

Il en va de même en Europe. En ne respectant aucun de ses engagements, il vide de son contenu le traité de Maastricht, le traité "merkozy" et toute la mécanique de sortie de crise de la zone Euro, fondée sur la mise hors-risque de l'Euro avant de progresser vers de meilleures règles de gestion de la zone.  

Arrêtons la liste ici. Les lecteurs compléteront d'eux-mêmes.

Réfléchissons plutôt au rôle de la transgression. On peut faire évoluer des règles stables et généralement admises si elles provoquent un blocage nuisible à l'avenir de la société. Le bien commun  peut exiger la remise en cause d'habitudes de pensée invétérée, ou de comportements finalement nuisibles.

Cela impliquerait que l'équipe dirigeante, et particulièrement son chef, défendent de façon publique un bien commun clairement affirmé dont le changement de règle serait la condition. De Gaulle a transgressé le devoir d'obéissance militaire en partant pour Londres "relever le glaive de la France". Il se faisait "une certaine idée de la France" qui a fini par être largement partagée. Le légitime l'a emporté sur le légal.

L'ennui des transgressions "hollandaises" est qu'elles n'ont aucun rapport avec le bien supérieur de la nation. Elles ne se comprennent que comme adjuvants d'une carrière personnelle qui ne doit être entravée par rien. "Jouir sans entraves", comme son modèle, F. Mitterrand, narcisse devant l'éternel.

M. Hollande veut être réélu, tout en faisant ce qu'il lui plait. Tout son programme se résume à ce seul objectif. Le livre de Trierweiler le prouve à toutes les pages. L'éclat public qui a vu, nouvelle transgression, un Hollande, remettant de décoration à son premier ministre,  se payer la tête du récipiendaire, et se moquer de sa volonté supposée d'être Calife à la place du Calife, est suffisamment significatif (parmi 1000 exemples du même type).

Son programme est exclusivement accès sur sa réélection en 2017, même si le mépris que les Français lui témoignent aujourd'hui, rend désormais cette tâche compliquée.

Dès le départ il avait annoncé la couleur : Je solde la crise les deux premières années en ruinant "les riches", puis je me lance dans l'achat de vote.  Je cède tout aux minorités pour qu'elles me fichent la paix  et votent pour moi en 2017 : les fameuses "avancées sociétale du quinquennat", chargée de masquer l'incurie des deux premières années. J'évite tout conflit avec les forces qui peuvent coaguler des mécontentements. Donc je ne réforme rien et ne fait aucun tort sensible aux fonctionnaires et aux syndicalistes.  Je baisse ma culotte devant toute corporation un peu réactive : des bonnets rouges aux casseurs écologistes, en passant par les camionneurs, les taxis,  la Sncf etc.  En revanche je montre mon "courage" en frappant des minorités qui ne peuvent pas mobiliser. L'absence de réformes indispensables mais qui exigent un minimum de courage,  provoque naturellement le glissement dans la dette et le déficit  de toute la gestion publique. Mais, en 2017, il sera facile de dire : "je vous ai protégé, voyez ce que les autres veulent vous faire". Les trois cautions du dernier gouvernement :  Eckert, pour l'essorage des riches, Taubira et Belkacem, pour les minorités et les idéologies "anti-bourgeoises", prouvent cette volonté présidentielle de tenir les symboles pour ne pas compromettre sa posture électorale à venir. 

Reste la grande affaire : la crise économique et sociale dont le symbole est la baisse du revenu moyen par tête et la montée du chômage à des niveaux destructeurs de la cohésion sociale.

La tactique est, ici aussi, prête depuis longtemps.  "C'est la faute à Jules". Le Jules en question est protéiforme.

L'Europe : "C'est la faute à Merkel, malgré tous mes efforts qui ont tout de même empêché que cela soit pire"

Les Patrons : "On leur a fait un incroyable cadeau et ils n'ont pas joué le jeu".

L'opposition : "Ils nous ont laissé une situation dont on avait pas compris qu'elle était aussi grave".

Les éléments de langage sont prêts et déjà rodés.

"Il faut faire de la politique" hurlent, chacun à leur tour, les responsables du PS et les proches du Président. Il faut traduire : l'objectif politique personnel de M. Hollande (et les places qui vont avec pour les affidés)  est la seule chose qui compte et tout doit être subordonné à cet objectif.

Imposer la proportionnelle intégrale aux élections législatives serait une nouvelle transgression de l'esprit des institutions. Elle ferait du Front National la première force politique du pays et rendrait la France ingouvernable. Mais selon les tenants de cette solution, elle permettrait de présenter Hollande comme le plus petit commun dénominateur capable de fédérer le magma. Ah, se retrouver seul face à Marine Le Pen ! Puis composer un gouvernement de quatrième république avec des factions !

La conséquence de la psychologie du Président Hollande, désinvolte et transgressif, est que la France sortira de ces cinq années de manipulations transgressives et d'objectifs égotistes dans un état lamentable. Aucunes des grandes questions dont la France aurait du s'emparer, comme la remise en cause de l'organisation économique de la zone Euro  ou la refonte du système monétaire international, n'auront été posées. Pour porter ces thèses, il aurait fallu restaurer la situation économique du pays et rétablir l'équilibre des finances publiques. La trajectoire initiée par les réformes de la fin du mandat présidentiel précédent permettait de l'envisager.   

La Commission a raison de prévoir que la politique du rat crevé au fil de l'eau ne débouchera que sur des résultats désastreux. L'économie française a été mise au service d'une ambition narcissique qui n'a aucun intérêt national. Les réserves des Français ont été pillées en vain.   Le détournement de la puissance de l'Etat pour rançonner fiscalement la partie des Français les plus compétents n'a servi qu'à cautionner une politique qui laisse filer dettes et  déficits publics.

La détestable stratégie hollandaise qui met la France à la remorque de son narcissisme transgressif, a-t-elle une chance de réussir ? Tactiquement oui, puisque la droite est divisée, que le FN a dépassé l'UMP, et que les centristes flottent. La droite est obligée de proposer les réformes dures que Hollande ne fera pas, donc d'inquiéter. Sur la gauche, les prétendants sont obligés de radicaliser leur discours, ce qui les rend peu crédibles : les Français ont compris qu'ils n'avaient pas besoin de plus de socialisme. Comme d'habitude les habiletés tactiques de F. Hollande le pousseront au centre du jeu.

Un grave évènement peut-il arrêter cette politique de petit malin ?  

L'affaire Léonarda a montré qu'Hollande tient suffisamment le PS pour qu'il empêche de lâcher les meutes scolaires et estudiantines du PS dans la rue. Les turbulences n'ont pas tenu quinze jours.

L'affaire de l'écologiste tué à la grenade offensive montre qu'il n'y aura de grandes manifestations comme dans le cas de Malek Oussekine. La droite ne songe pas à exploiter les "cadavres exquis".

La montée vertigineuse du chômage n'a entraîné aucune réaction sociale d'envergure. Il aura suffi d'arroser.

L'Europe s'agace mais ne frappe pas la France "too big to be really struck".

Les marchés ? Le retournement de la courbe des taux d'intérêt mettrait immédiatement la France en faillite. Mais elle est trop grosse pour que cela arrive. La zone Euro sauterait.

Il se peut aussi que la situation économique devienne à ce point détestable qu'Hollande se voit obligé de se montrer transgressif vis-à-vis de lui-même, appelant à rechercher immédiatement des solutions de consensus entre partis de gouvernement, avec un gouvernement d'Union Nationale et l'engagement de ne plus jamais se présenter à une élection présidentielle.

Ce serait la meilleure solution.

La France et l'Europe n'ont pas besoin des palinodies désinvoltes devenues transgressives de M. Hollande pour sept années et demi de plus.

L'état du monde en octobre 2014

Toutes les prévisions gouvernementales suivent, à peu près, le même cheminement : aujourd'hui, cela va mal, mais la reprise arrive l'année prochaine et dans deux ans ce sera magnifique. La reprise est toujours "au coin de la rue". Rien n'aurait donc changé depuis Hoover ? Lorsqu'on relit les analyses d'octobre 2013, on constate que l'année 2014 était annoncée comme un excellent cru économique et que l'année 2015 serait encore meilleure. Nous étions sceptiques.

Cet optimisme de circonstance s'est fracassé, comme d'habitude, sur des réalités plus puissantes que les vagues espoirs, plus ou moins honnêtes, de dirigeants déboussolés.

La difficulté de l'économie mondiale tient au fait qu'une masse de dettes délirante s'est accumulée en quarante ans, à un niveau tel que la production ne peut pas en assurer le remboursement et permet à peine le paiement des intérêts. Nous en sommes toujours, pour les pays de l'OCDE, à un taux de dettes globales situé quelque part entre 380 et 420% du PIB. Par rapport à la valeur ajoutée des entreprises de plus de une personne du secteur marchand non financier, le taux doit être plus proche de 800% que de 700%. Ce qui veut dire que les banques sont toujours virtuellement en faillite et que les détenteurs "d'actifs" sont dans l'angoisse permanente d'en perdre une partie plus ou moins conséquente.

Le mouvement naturel du commerce est entravé par cette situation d'enflure qui provoque des comportements de défense aussi bien des Etats que des banques, des entreprises et des particuliers. Qui dit défense dit contraction et repli. Les Etats ruinent leurs citoyens par l'impôt et/ou leurs entreprises par la contraction de la demande et des moyens d'investissement. Les entreprises restent infiniment prudentes, faute de marchés. Les énormes liquidités déversées sur les banques ne servent qu'à chercher les reliquats de plus-values ou les mini-bulles spéculatives que ce ruissellement peut engendrer.

L'examen du "Baltic dry index" montre un électroencéphalogramme commercial absolument plat, alors que les bourses ont grimpé un petit peu, en même temps que certains secteurs immobiliers comme en Irlande, à Berlin ou à Londres. Nous sommes toujours dans le type d'économie que nous avons qualifié de "baudruche", avec un ballon gonflé à l'hélium des banques centrales mais qui fuit de partout. Cette situation où tout le monde a le pied sur le frein pendant que les banques centrales appuient sur l'accélérateur est propice à tous les dérapages, surtout quand elles lâchent l'accélérateur. 

La volonté de la Chine de ne pas perdre trop sur son stock de dollars a animé, un temps, les marchés internationaux avec des achats de produits agricoles et de matières premières. La remontée du cours du dollar du fait de l'action de la BCE qui a fait fondre un peu l'Euro, a réduit cette pulsion. Alors tous les cours baissent. Déjà la menace d'une diminution du Quantitative Easing de la FED avait déréglé le marché des changes. Si le dollar remonte, les flux spéculatifs se réorientent. C'est la beauté des changes flottants avec refus de maîtrise des excédents et des déficits massifs de balances de paiements et liberté absolue des mouvements de capitaux. Les décisions ne sont plus corrélées aux productions et consommations mais à des spéculations massives sur des interprétations comportementales.

Le problème est que les Etats-Unis ne joueront pas le rôle qu'ils ont tenu à la fin des années 1990. Le retournement du change du dollar avait provoqué l'accélération de la spéculation sur les bourses américaines, confortée par la bulle sur le compartiment NTIC du Nasdaq,  et une spéculation sur le dollar lui-même, en même temps qu'une énorme création monétaire des banques d'affaires et commerciales, basée sur le recyclage des excédents Chinois et Allemands,  avait provoqué une flambée conjoncturelle très intense. Rien de tout cela n'est plus possible aujourd'hui. Les banques ont besoin de dégonfler leurs bilans et la consommation est asséchée par les impôts, notamment en France et plus généralement en Europe.

La chute des cours du pétrole prend acte du fait que la spéculation sur les cours n'a plus aucun rapport avec la consommation effective. Toutes les autres matières premières suivent le même chemin, sauf l'or qui frémit devant de nouveaux risques d'explosion de la zone Euro.

Alors, oui, nous sommes encore dans la phase "haute" du cycle, mais la hauteur en question est réduite par l'obligation générale de réduire les déficits publics et les en-cours bancaires. Le seul aspect positif est que la récession décennale devrait être modeste, la correction des excès de crédits se réduisant à la digestion d'erreurs spéculatives de petite amplitude. Sauf, naturellement si la baudruche perce massivement du fait de politiques trop gravement inconséquentes ou d'évènements extérieurs gravissimes. 

L'Afrique dont la croissance a été plutôt bonne du fait de l'arrivée massive de capitaux internationaux à bas prix et par les achats multiples de la Chine,  commence à tousser. L'Europe est toujours plus ou moins stagnante. Et les Etats-Unis, faute de marchés extérieurs, voient la reprise économique, réelle, s'étouffer lentement.  

Cette situation inquiète les grands maîtres de la spéculation internationale. Ils ont fini par conclure que les positions allemandes bloquaient tout le système et empêchaient de faire des affaires. Depuis juin 2014 les rumeurs signalent qu'ils vont provoquer une correction assez forte des marchés d'action, qui n'avaient pourtant grimpé en moyenne que d'une dizaine de pour cent en deux ans. Le but n'est pas très compliqué à comprendre :  provoquer la crainte d'une récession en l'Allemagne, où le système bancaire est très abimé, puis d'un nouveau Krach. Il fallait, pour que l'opération réussisse, que les indices cautionnent l'opération. On a attendu octobre pour la déclencher car tous les chiffres d'activités sont dans le rouge ou l'orange foncé et des aléas pèsent sur la fin de l'aide à la Grèce, et celle du Quantitative Easing de la FED. Les petites guerres en Europe, en Afrique  et en Orient ajoutent au climat. La baisse soudaine des bourses, amplifiée par les programmes informatisés, joue le rôle d'un avertissement. Tout est trop artificiel, trop lié aux banques centrales. Mais il faut que ces dernières ne renoncent pas à la création monétaire et que l'Allemagne cesse ses blocages.

Sans tomber dans le "complotisme", l'avenir nous révélera sans doute, comme d'habitude, que quelques dizaines de financiers se sont réunis dans un endroit sympa et discret en cette saison, comme Colorado Springs, pour réfléchir à l'avenir.

Ceux qui sont accrochés à la baudruche ne veulent pas d'un dégonflement cataclysmique. Ils pensent désormais qu'il faut que l'économie réelle reparte. Sans croissance, il est impossible de sortir de la situation. Ce en quoi ils n'ont pas tort.

L'expérience montre que le seul moyen d'obtenir une relance concertée qui ne sombre pas immédiatement dans les crises monétaires et financières est de recréer un système de changes fixes et défendus par des Etats conscients de leur responsabilité dans ce domaine. L'expérience des années 1944 à 71 montre qu'on peut, en même temps, faire baisser l'en cours de dettes global et créer une forte croissance.

Si on était dans un système de changes ajustables, le Yuan aurait été fortement réévalué, le Dollar dévalué, le DM fortement réévalué et le Franc fortement dévalué, mais de façon concertée, avec un fort accent mis sur la production et la productivité.  Une fois le nouvel équilibre institué, les entrepreneurs et les financiers auraient eu un horizon stable pour rechercher non pas une spéculation  artificielle sur une bulle monétaire ou immobilière quelconque mais des possibilités de flux de recettes liées à l'activité croissante.

L'action des banques centrales, associée à des traités intercontinentaux ne suffit pas, si on conserve un système de changes flottants avec irresponsabilité des Etats sur leurs excédents et déficits. "Nous sommes au bout des politiques monétaires", disent les banquiers centraux.

C'est le grand paradoxe de la situation actuelle. Les grands spéculateurs viennent de le faire savoir, avec leurs moyens : cela ne marche pas ; changez ! Mais pour que cela marche, il faut leur ôter un champ immense de la spéculation : les taux de changes et les taux d'intérêt. Et, de toutes façons, il faudra que l'endettement global redescende en dessous de 250%. Venant de 400 %, ce n'est pas simple et la crainte de la déflation ne sera jamais vaine dans les années à venir, comme depuis… 2007.

Face à cette évolution, l'Europe Unie est, comme toujours, ailleurs. Le gouvernement de nains qu'on appelle la Commission, conglomérat de représentants de pays minuscules, dirigée par un Luxembourgeois dont le pays vit de l'évasion fiscale, et sans programme connu, finit de jouer sa parodie de spectacle politique, dans son théâtre de démocratie factice.  Elle négocie en secret un accord transatlantique dont les peuples et même les gouvernements n'ont pas le droit de connaître les tenants et surtout les aboutissants.

La France de Hollande est la France de Hollande. Un immense cratère de démagogie dans laquelle la fortune historique de la France s'engloutit peu à peu. Ce minuscule président brise les tabous qui ne coûtent pas cher et permettent de durer, un peu, sur fond de ruine générale. Sa seule boussole est de tenir pour avoir une sortie un minimum honorable. Pour cela il ne faut pas que dans la rue se "coagulent les mécontentements" et que le flot d'emprunts coûte plus cher. C'est que la France doit emprunter chaque année 30% de la valeur ajoutée des entreprises non financières de plus de une personne, alors qu'on prélève chaque année, en impôts, la valeur de cette production ! Alors on aggrave encore les impôts mais sur ceux qui ne peuvent pas tenir la rue. Les familles, les "riches". On brûle la chandelle par les deux bouts. Ceux qui paient l'essentiel de l'impôt n'auront plus les mêmes droits que ceux qui en paient peu ou pas. Pour eux les services et prestations publiques seront "modulés", traduire : réduits ou supprimés ou rendus plus chers qu'aux autres,  en fonction du revenu brut. Mais pas du net !  Tous ceux qui connaissent la déclaration de revenu et d'ISF de la classe moyenne supérieure savent qu'elle doit puiser dans ses réserves pour payer l'impôt. Le net est souvent négatif. Cela ne les empêchera pas de payer plus cher pour les services de la Ville de Paris, dit Mme Hidalgo, maire très satisfaite d'elle-même et d'une gestion si dispendieuse que personne ne sait plus comment la financer. Boucler des budgets extravagants exige toujours plus de prélèvements. Il y a tant de mines prêtes à exploser que la situation n'est pas près de s'inverser (voir par exemple les incroyables dérives du grand auditorium de la Villette, impossible à rentabiliser et même à simplement occuper sauf à cannibaliser de façon mafieuse les autres enceintes, comme la Salle Pleyel).  

Entre panique et calcul politicien, la "France se suicide". Effectivement. C'est pour cela que les débats sur la consistance de ce qui faisait la force des Français et de la France est si vif. La ruse et la palinodie ont remplacé l'effort national concerté et partagé équitablement. Il suffirait d'une hausse à 4 ou 5% des taux d'intérêt pour qu'elle tombe dans le gouffre grec, et l'Europe à sa suite, provoquant un ressentiment mondial contre l'ineptie française, là où il y avait, naguère, envie et admiration.

Il ne manquerait plus que la Corse, le pays basque, la Bretagne, la Savoie, l'Alsace Lorraine, la Bourgogne, nos "possessions" extérieures, et le Comtat Venaissin, naturellement,  fassent sécession pour que nous ne soyons plus rien du tout.

Ce qui donne le ton de cet automne climatiquement doux, économiquement cruel et politiquement désastreux, c'est que les trois réformes indispensables, le retour à un système de monnaie fixes et de balances extérieures coordonnées, la construction d'un système européen respectueux des peuples et dont les ajustements économiques relatifs ne se font pas par la récession provoquée, la reconstruction d'une France dynamique et élitiste soulagée d'une fiscalité aberrante, ne connaissent strictement aucun progrès ni sur le plan théorique ni sur le plan pratique.

Qui peut s'étonner que sept ans après le démarrage de la phase chaude de la crise, avec le blocage en été 2007 du marché monétaire interbancaire global, le monde, l'Europe et la France en soient toujours, respectivement, à la stagnation, au blocage et à la nécrose ?

Didier Dufau pour les Cercle des Economistes E-toile.



A propos de deux succès de librairie (Zemmour-Treirweiler)

La rentrée 2014 est marquée par deux énormes succès de librairie. Le livre de la maîtresse répudiée du Président de la République est rejoint dans les gros tirages par celui de l'analyste politique Eric Zemmour. On pourra contester qu'on puisse mettre sur le même plan la réaction vengeresse d'une femme humiliée et le résultat achevé de quarante ans de réflexion sur la disparition d'un monde. Le fait que les deux livres soient condamnés avec la même hargne, allant jusqu'à la haine, par  la quasi-totalité des grands médias, de gauche comme de droite, les réunit dans une sorte d'enfer. Il ne faut pas les distribuer, disent les uns. Il ne faut pas les lire, disent les autres. Il faut mépriser les auteurs et leurs idées dit le chœur enchanté des vestales effarouchées d'un temple incertain. Car de quel temple au juste s'agit-il ? Nous avons des criailleries de cagots, des vitupérations de bien pensants. Mais de quelle pensée et de quelle église ?

Les deux livres sont vus comme une profanation. Alors que depuis mai 1968, jusqu'aux "Pussy Riots", en passant par "les Valseuses" et la "gay parade", la profanation fait partie du décor moral de la "société du spectacle" et de la consommation (la bonne boisson a un "goût sauvage", nécessairement sauvage), ces deux livres passent pour la profanation suprême, inacceptable, intolérable, …et se vendent comme des petits pains.

Ah ! Qu'il serait bon de pouvoir les chasser, les éliminer, les ostraciser, etc. De la bourgeoisie moderniste, au café du commerce, en passant par la sous-pensée journalistique et l'énervement boboïste, ce n'est qu'une condamnation radicale, du type dont les dévots ont le secret. 

Ces livre sont intolérables, mais lisons les vite, et en cachette.

"Bien sûr que j'ai lu le livre de Mme Trierweiler, mais gratuitement dans l'édition électronique qu'on m'a filé par mail". Transgression pour transgression. "Je ne vais comme même pas donner de l'argent à ce genre de fille". 

Pour Eric Zemmour, l'affaire est plus subtile. C'est qu'il est dans l'air du temps, qu'il pense et que sa réflexion n'est pas marginale. Pour la société médiatique, l'affaire est vite vue : il permet de gagner de l'audience donc de l'argent. Comme le film porno de Canal +. Condamnons mais exploitons ! Avec toutes les pincettes nécessaires. Voici donc Zemmour partout mais encadré par les plus vigoureuses protestations, les précautions les plus cauteleuses, et une prophylaxie qu'on aimerait voir mise en œuvre contre le virus Ebola. On affichera  le criminel Zemmour mais constamment face à un tribunal aussi injurieux que dépassé, parce que sans arguments. "L'homme qui n'aime pas la France" : tel est le bandeau qui l'annonce sur la 5 dans l'excellente émission d'Yves Calvi. Alors qu'il aime justement la France et qu'il se désole de sa mort programmée. L'éditorial de Delhommais, dans le Point de FOG-l'américain,  pourtant excellent journaliste économique d'une façon générale, est un couinement étranglé de rage. Arrêtons-là !

Le premier livre est rejeté par un réflexe réactionnaire qui veut que la femme trompée, humiliée, ruinée et détruite de réputation, doit d'abord se taire avec dignité. Et surtout ne pas gagner d'argent ! Taiseuse et au ruisseau serait-elle adulée ? Même pas !

Le second est rejeté parce qu'il est réactionnaire et qu'il montre, pas à pas, comment les décisions "modernistes" qui ont mis le pays par terre ont été prises au fil du temps. Implacable !

Curieusement, l'affaire Trierweiler est le fruit direct des évolutions que dénoncent Eric Zemmour. Et la réprobation qui entoure la parution de son témoignage est, en fait, typiquement "zémourienne". Un Président qui n'a jamais voulu se marier (la famille beurk ! ), entre à l'Elysée avec une maîtresse, ce qui n'avait jamais été vu jusqu'ici mais est parfaitement conforme à "l'évolution des mœurs et des mentalités". La malheureuse qui a cru devoir casser sa première famille ("la famille doit désormais céder à la pulsion de l'ambition et du désir de la femme" écrit Zemmour) par passion pour lui, se heurte à la désinvolture manifeste de l'objet de sa flamme, défaut pathologique de ce président autoproclamé "normal". Après avoir atteint des sommets que son origine rendait improbables, elle est renvoyée chez les "sans dents", sans ménagements excessifs, sinon une dose massive de tranquillisants.

Qu'eussions-nous voulu qu'elle fit ? Un gentil suicide romantique ? Le retour "normal" en silence vers la première famille, après avoir quitté le président "normal" ? Après que ce couple fumeux se fût donné en spectacle, avec explosion finale, la société du spectacle a compris tout ce qu'elle pouvait tirer comme bénéfice de l'affaire. Normal, dirons-nous. Elle fait donc "du fric" mais en l'entourant de la pudibonderie nécessaire. L'hypocrisie est parfaite. Où serait le plaisir de la transgression rentable s'il n'y avait pas une forme de bondieuserie pour déculpabiliser l'opération ? 

Le livre a-t-il le moindre intérêt ? Il donne une étude de l'intérieur de la personnalité et de la psychologie du dirigeant suprême du pays. Il confirme ce que les actes avaient déjà enseigné. Un petit malin roublard et sans états d'âme, désinvolte non seulement vis-à-vis des femmes mais vis-à-vis de tout le monde, de toutes les idées, de toutes les organisations, y compris celles qui l'ont porté à leur tête, et en particulièrement de la France et de l'intérêt général, obsédé par son image et par la peur d'un clash avec la rue, gouverne la France.

Narcissique, indifférent et manœuvrier, tel est le portrait qui ressort du livre. Mais on pouvait déjà le tracer à partir des actes commis et de leurs résultats. Curieux, ce Président, en haut de l'échelle politique, mais méprisé et injurié par tous ceux qui l'ont côtoyé, dans la vie intime comme dans la vie publique. La haine que trahissent le livre de Mme Duflot, ministricule ridicule, qui a pondu une loi grotesque, ou celui de Mme Batho, ou les propos de l'ancien conseiller Aquino Morelle, évincé pour une histoire de chaussure cirée, ou ceux du couple énamouré Philippetti-Montebourg, est fascinante. Le Narcisse ne respecte rien ni personne . Pas même lui-même. Ce qui parfume d'irritation toutes les relations proches, à un moment ou un autre. Alain Duhamel qui est toujours très doux avec les politiciens suprêmes trouve qu'il n'aura pas été président avant la conférence de presse du début d'année 2014. Il rejoint les conclusions de Mme Trierweiler, même s'il la méprise.

On comprend mieux la campagne d'injures lancée en 2012 pour masquer les exactions fiscales commises alors. L'anomie est la compagne obligée du Narcisse. On comprend mieux le mensonge généralisé : "la croissance est au bout de la rue" ; "l'inversion de la courbe du chômage a commencé", "la reprise est là" et autres fadaises. Et les inversions politiques à 180%. Rien ne compte que durer. A n'importe quel prix. Même celui de la désacralisation de la fonction. On reproche à la maîtresse du prince d'avoir désacralisé le poste de Président de la République. Qui avait commencé ?

Dans la pratique on sait maintenant ce que la politique de M. Hollande sera : pas de manifestations dures qui risquent de coaguler les mécontentements. L'aveu de Mme Trierweiler est immédiatement corroboré par le Canard Enchaîné qui montre un Président obsédé par la crainte de la rue et son questionnement incessant : "risque-t-on une vraie révolte massive ?" Il cède aussitôt devant les camionneurs qui menacent de bloquer les routes en octobre. Même pas une seconde de résistance. Mais cachons cette lâcheté par des attaques permanentes contre ceux qui ne peuvent rien dire, "les riches", "la famille".  La "Manif pour tous" met du monde dans la rue. Mais ce sont des "Versaillais" ; des "cathos passéistes". Ils ne sont pas dans l'air du temps. On peut y aller. Les thuriféraires du régime le savent : rien ne coalisera autour d'eux. Aucune importance, donc. L'important c'est de céder aux syndicats, de céder aux professions dangereuses par les dommages qu'elles peuvent causer. La France en crève ? Qu'importe ! Finir ce quinquennat et briguer le prochain, voilà l'essentiel ! Trente ans d'ondoiements réussis au sein des clans socialistes vous donnent des certitudes sur vos capacités de manœuvre et de survie. Et la France dans tout cela ? Quelle France ?

C'est justement la question que pose Eric Zemmour : quelle France ? Il n'y a plus de France, dissoute, atomisée, anéantie par la pensée dominante et les actes correspondant qui se sont succédés depuis mai 1968. Quelle est  dure et énervante, pour ses détracteurs, cette histoire imagée d'une descente aux enfers ! Le simple fait de revenir sur chaque propos et chaque acte de l'histoire des quarante dernières années et de constater leurs effets sur la société française doit être un supplice horrible. La compilation est précise, documentée, honnête. Même les détracteurs les plus farouches ne peuvent s'empêcher de dire : lisez le livre ! Il apprendra beaucoup à plusieurs générations récentes qui n'ont strictement aucune idée de ce qui s'est passé il y a plus de dix ans. Un cours d'histoire long et documenté, même si chaque évènement est analysé selon les critères particuliers de l'auteur.

La confrontation entre intention et résultats, elle, est tragique. Eric Zemmour n'a pas beaucoup de mal à démontrer que la réalité étant ce qu'elle est, il est nécessaire de la nier, pour que les adeptes du nouveau cours des choses puissent survivre.  L'inversion des valeurs n'est possible que si l'on en nie radicalement les conséquences. On est prié de penser que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Mais l'auteur rappelle inlassablement que l'histoire, elle, est tragique.

En ces temps de crise économique générale, de guerres régionales ouvertes et de menaces diverses, il n'est pas trop difficile de relier la déconstruction de nos sociétés à l'effet des doctrines dominantes et des différents courants qui ont parcourus le monde ces dernières décennies : communisme résiduel, féminisme, politiquement correct à l'américaine, capitalisme marchand débridé, finance en folie, européisme sous influence américaine, justicialisme etc.

Le résultat est plutôt brutal à entendre pour les âmes sensibles.

Le mariage est mort dès lors que la primauté virile a été supprimée. L'égalitarisme homme-femme est la cause immédiate de la disparition du mariage qui n'intéresse plus guère que les homosexuels  et les curés défroqués. Le même jour où il prononçait ouvertement à la télévision cette "vérité zemmourienne", une présidente d'assemblée infligeait une amende démentielle à un parlementaire qui l'avait interpellé sous le vocable : "Madame le Président"…

Le commerce de centre ville est mort dès lors qu'on a accepté de libre service dans des hypermarchés.

La nation est morte dès lors qu'il n'y avait plus de préférence nationale et l'Europe a disparu en même temps que le tarif extérieur commun.

La patrie est morte dès lors que l'assimilation a été abolie et que l'immigré a été idéalisé contre le "beauf cocardier et raciste". 

La sécurité a disparu dès lors que le condamné était la victime et la victime, "le con", emblématique de l'époque Taubira.

L'état lui-même est mort depuis qu'il a été privé de tout pouvoir par la décentralisation, la subordination à des cours judiciaires extérieures ou à la Commission Européenne, et par la dépossession monétaire.

Dès lors, l'élection de nigauds peut commencer puisque, de toute façon, l'élu n'aura que le pouvoir de nuire, soit en contraignant le corps social par des normes comportementales de plus en plus sévères, soit en déresponsabilisant les masses noyées sous les subventions diverses et interdites d'emplois, soit en ruinant les Français par l'impôt.

"Avant, on élisait des énarques. Maintenant des candidats qui ont raté l'ENA".  Il a un peu de retard, l'ami Zemmour : ce sont des étudiants qui ont trainé pour avoir une licence minable et fait toute leur carrière dans les AG estudiantines gauchistes et dans le socialisme municipal qui se croient aptes à gouverner par la haine et la manipulation démagogique.   

C'est là que les réflexions de Zemmour recoupe les conclusions de Madame Trierweiler.

Elle montre que le contempteur des "sans dents" injurie les riches et met en scènes son impuissance par la détestation des minorités non agissantes tout en se planquant et en refusant d'intervenir contre les puissances qui peuvent bloquer la rue. Le menteur compulsif, qui ne dit jamais la vérité à personne, et ne vise que sa propre carrière personnelle dans le mépris complet de tout le reste, qu'avait déjà dépeint Claude Allègre, et que confirme l'auteur de "Merci pour le moment", fait intervenir toutes les bouches à feu de son équipe " de minables" pour crier qu'il fait des économies historiques alors que le budget 2015 annoncé et simplement identique au budget précédent. Les éléments de langage ont remplacé l'explication politique. Rappelons que pour l'Etat lui-même, la dépense prévue en 2015 est de 378.9 milliards d'Euros contre 379 cette année.  Ces 0.1 milliards nous valent des rodomontades délirantes de la part de toutes les éminences médiatiques du régime, applaudissant le "gigantesque" effort d'économie fourni !"

Tout cela n'est pas grave, dirait Zemmour, parce que de toute façon, "le minable clown qui s'agite sur la scène avec ses palinodies grossières" (propos lu dans un Tweet) n'a aucun pouvoir. Il est un pseudo président d'un pseudo état, élu par une pseudo nation de pseudo-français, ou de pseudo cadres mettent au chômage de pseudo ouvriers et où de pseudo professeurs (devenus des "enseignants" depuis qu'ils sont des assistants de vie et n'enseignent plus de savoirs)  s'occupent de pseudos élèves qui ne s'intéressent qu'au jeux électroniques puis au réseaux sociaux. Les pseudos juges s'occupent eux, à éviter tout désagrément aux vrais délinquants tout en dressant des "murs de cons". La capacité de M. Hollande à résoudre les difficultés de la France dont il nie les causes et se moquent éperdument des conséquences, sont exactement nulles.

Tableau !

La limite de ces deux livres est qu'ils se contentent d'un constat. D'accord M. Hollande traite les gens d'une façon détestable et se fait détester de tous ceux qui l'ont servi "un moment". Et alors ?

D'accord la "déconstruction" de la société bourgeoise a été menée à son terme. Mais on reconstruit quoi ?

Les deux livres tendent un terrible miroir à la société française (ou ex-française, selon Zemmour). Gageons que, comme on l'y encourage dans tous les médias, de gauche et de droite, elle se contentera de détourner la tête comme Narcisse, qui détestait à en mourir les rides qui troublaient l'eau du lac. 

La difficulté pour Zemmour comme pour d'autres est de tenter d'expliquer le pourquoi de cette évolution. Maurice Druon voyait les politiques "aux ordres d'un cadavre". On avait cédé aux communistes à la Libération. Leurs syndicats avaient fini par prendre la main sur l'enseignement, la justice, les médias, la banque, l'assurance, la vie locale et imposer leur propre doctrine marxisante d'égalitarisme à tout crin. Nous serions une "société socialiste qui a réussi"…à être exsangue.

Eric Zemmour, lui, croit aux succès du capitalisme anglo-saxon qui aurait eu besoin pour se développer d'infantiliser le citoyen dans une société du désir et de la consommation, et des nations canalisées dans des structures d'asservissements mais "soft" où des oligarchies cooptées assureraient la "pax américana" et le triomphe du marché sans entraves. Une vision typiquement marxiste qui fait de la "superstructure" la conséquence de "l'infrastructure".

Lorsqu'on en arrive à ce débat, Mme Trierweiler est déjà couchée, en train de pleurer sur son grand amour gâché.  

Le drame est que la solution ne peut plus être "nationale", "blanche" et "virile", comme l'espère sans doute Eric Zemmour.

Et que la difficulté n'est pas seulement française.  Comme le reconnait Daniel Cohn-Bendit, l'Europe s'est aussi "déconstruite" et déconsidérée dans la crise. L'Euro fait problème dans son mode de pilotage actuel. La surprime donnée aux petits pays, au seul avantage du géant Allemand réunifié, en fait un grand corps malade, sous influence et impuissant. Le "soft power" apparait comme une absence de pouvoir depuis l'agression russe contre l'Ukraine. Les politiques de lutte contre toutes entraves aux mouvements de marchandises, de capitaux et de personnes provoquent des réactions qualifiées de "populistes" mais qui commencent à avoir un  effet électoral très fort. L'asservissement du droit à l'interprétation de quelques juges cooptés et adeptes de l'interdiction d'interdire et de frapper les asociaux et trublions divers, ruine le champ du législatif national. La suractivité réglementaire de la Commission accumule doublons dans la dépense et étouffements dans la recette.

Quand à la mondialisation, elle est rien moins qu'heureuse. La "déconstruction" du système monétaire international a produit depuis 1971 un ralentissement constant de la croissance, l'enflure d'un stock de dettes colossal, l'aggravation des crises décennales, pour finir par une crise financière hors normes.

Comme nous l'avions nous-mêmes démontré, la crise ne provient pas de l'action des méchants, mais plutôt des chevaliers du bien. Nous sommes plus dans "l'enfer est pavé de bonnes intentions" que dans la conspiration machiavélique des méchants. Les Français, sous la double influence des défaites (1940, décolonisation, perte de l'influence de la langue etc.) et de certaines idéologies (communisme larvé et politiquement correct américain) ont choisi d'être gentils et repentants. Ils ont voulu faire la paix avec tous les démons qui impliquaient une volonté, une action, une répression. On ne se bat pas avec la "classe ouvrière", donc on cède à ses représentants. On ne réprime plus les exactions syndicales. On arrose et on se tait en glorifiant la "paix sociale".  On ne se bat plus avec les européens. Vive l'Europe des technocrates. Ils font ce qu'ils veulent hors de tout contrôle. La France est dissoute dans un ensemble où elle n'a plus d'influence structurelle majeure. On s'en fiche. Vive la paix des nations européennes. On ne se bat plus avec les immigrés. On arrose et on se tait, dans la repentance et l'ouverture christique à l'autre. On ne se bat plus avec la délinquance. La répression soulève le cœur. On ne se bat plus pour rien. L'anomisme devient la règle. Tout se vaut. Rien ne mérite d'être défendu. On est bon et gentil. Donc sans volonté et sans pouvoir. Tous ceux qui s'inquiètent sont "des cons" à épingler au mur, mais pas à coller au poteau tout de même. Cela ne serait pas gentil. Il faut simplement les dénoncer et les mettre au pilori. Et quiconque résiste est un malade mental qui a du avoir des problèmes dans sa jeunesse, qui l'ont conduit à la haine de soi et des autres.

Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que cette approche du monde, façon "puceau mystique gauchiste", fait de nous une nation gentille mais éventrée. "Parce que le monde est tragique" et qu'on l'a oublié. Qui fait l'ange fait la bête. Le quinquennat agressivement benêt de F. Hollande, symbolisé par Mmes Belkacem et Taubira, s'est voulu "pacificateur", c'est-à-dire que toutes les ultimes concessions ont été faites aux pédérastes, aux immigrés, aux délinquants, aux Roms, aux islamistes, à l'altérité, aux mauvais élèves décrocheurs, aux drogués, aux Jean-foutre de tout poil et de toutes plumes, avec battage de coulpe et génuflexion. Sans se rendre compte que l'éventration nationale, sociale, économique avait mis les boyaux de la France à l'air libre et que les rapaces commençaient à les déchiqueter avec rage.

Il ya cinq millions de chômeurs et sept millions d'inactifs sous assistance publique,  mais on ne trouve plus un instituteur, plus un professeur (un vrai, pas un gardien d'enfants), plus un anesthésiste, plus un ouvrier qualifié, plus un grand talent. L'hystérie fiscale (il faut bien payer la bonté généralisée et l'absence de toute contrainte énergisante) fait fuir les talents qui restent.

Dans une société hédoniste, femelle et atomisée, où le père, le patron, le chef ont disparu, triomphe le "coach" qui vous prend la montre pour vous dire l'heure. Si cela va mal, c'est de votre faute, puisque "les autres" sont sacralisés. L'incapable est un coupable coaché. Le coach qui coûte une fortune remplace le directeur de conscience gratuit des femmes conscientes de leur rôle social et du besoin de leur salut, au sein d'une société médiatique où le journaliste de gauche, nécessairement de gauche, en phase avec les courants d'air qui ventile les neurones résiduels de la société, devient, non pas un auxiliaire qui vous montre le monde tel qu'il est, mais un cureton sans exemplarité chargé de vous faire prendre des vessies  pour des lanternes. 

La solution : changer de mentalité et de mode d'organisation.

Le livre de Mme Trierweiler est le témoignage même d'une déchéance de presque tout au sommet de l'Etat et vaut pour son caractère intimement contre-exemplaire.

Le livre de M. Zemmour raconte en détail comment on en est arrivé là et ne farde pas la réalité.

Ils peuvent, associés à quelques délocalisations, annexions, prédations et décapitations pédagogiques, faire évoluer les mentalités.

Reste à trouver de nouvelles formes d'organisation, en France, en Europe et dans le monde.

Le temps des organisateurs et des réalistes est-il arrivé  ? Ou la nuit des démagogues ?

Difficile à dire.  Mais quelle dégringolade !

Aphorisme fiscal

"Si tu bouges, tu es mort. Si tu meurs, tout bouge. "

 

La France est à l'arrêt et certains pensent qu'elle se suicide. Mourir pour Bercy ! Une ambition nationale ?

Faut-il vomir les « élites » ?

Les Français sont fâchés. Des impôts confiscatoires et ruineux, une croissance inexistante, un chômage de masse, la crainte de l’avenir, pour eux-mêmes et surtout leurs enfants,  ont eu raison de leur sérénité.

Une bonne partie de cette mauvaise humeur se retourne contre les « élites » défaillantes, nécessairement défaillantes. N’était-ce pas leur rôle de faire en sorte que le navire national  navigue bien et arrive à bon port ? Et le voilà encalminé sur des hauts fonds, en attendant éventuellement de sombrer. L’annonce par l’INSEE d’une prolongation de la stagnation dans l’année qui vient et par l’Unedic de l’arrivée de 150.000 nouveaux chômeurs,  ne laisse aucun espoir. Nous aurons prélevé pour rien 60 à 70 milliards d’Euros sur les Français. La dette explose. Le taux de déficit public par rapport au PIB reste au-dessus de 4%.  L’impasse budgétaire est toujours aussi élevée. Aucune réforme de structure n’est engagée et le livre de Mme Trierweiler ne laisse aucun doute : M. Hollande ne veut pas se mettre à dos les organisations syndicales  et ne fera rien sinon de l’agitation  malsaine contre des boucs émissaires ou des groupes de Français diabolisés pour une raison ou une autre mais sans capacité de bloquer le pays.

On aboutit  à ce commentaire radical d’Éric Zemmour, dans une livraison récente du Figaro.

« Éric ZEMMOUR. - À mon sens, il y a un fil rouge de l'histoire de la France et de l'Europe depuis la Révolution de 1789 : les élites n'ont jamais digéré la souveraineté populaire. L'Europe a été le moyen de s'en débarrasser. Quand Philippe Séguin en 1992 explique que Maastricht sera l'anti-1789, il a raison. Qui gouverne aujourd'hui? Une oligarchie européenne façonnée par l'oligarchie française. Il y a derrière toute une élite. Il faut lire à ce sujet l'analyse de Rawi Abdelal de la Harvard Business School, qui explique que ce sont des Français, MM. Lamy, Delors, Camdessus, qui ont inventé cette libéralisation du mouvement des capitaux. Lawrence Summers, conseiller de Bill Clinton, décrit ce mouvement en des termes très clairs : «Ces élites sans patrie qui ont fait allégeance à la mondialisation économique et à leur propre prospérité plutôt qu'aux intérêts de la Nation.» À partir de là, les gouvernements ne peuvent plus gouverner. Ils n'ont plus la souveraineté monétaire et n'ont plus le moyen de contrôler le capitalisme libéralisé. Ils sont donc devenus des pantins. Donc quand on leur dit qu'il faut réformer, ils ne réforment que dans les intérêts de cette oligarchie. »   

Faut-il remonter ainsi jusqu’à la rupture qu’aura été la Révolution française ? 

Il suffit de prendre en compte le grand mouvement idéologique qui a embarqué la société française après mai 68, mélange d’influence américaine et d’idéologie marxisante libérée du communisme.

Du « ni Dieu ni Maître » pré-marxiste, on est passé à une théorie de la libération qui postule que toute répression et toute domination doit être condamnée ontologiquement, avec une traduction dans la condamnation du passé des « dominants », et élimination future de tout mécanisme de contrainte, au nom des dominés.

George Pompidou avait très bien perçu le danger du « non à toute répression ». On n’est pas sorti de Normale Sup sans quelques réflexes.  Dans un entretien à la télévision qui avait fait un flop mémorable, il avait rappelé que toute volonté implique une contrainte. Une volonté de civilisation entraîne une contrainte au minimum morale et éventuellement plus lourde encore lorsqu’elle est menacée.

Lors de son investiture, il s’était engagé à « maintenir la dignité de la France ». Comme animateur du conseil des ministres, il rappelait toujours qu’il ne fallait pas rapetasser  mais penser et anticiper les problèmes, avec la volonté d’agir fermement pour les surmonter. L’action supposait la réflexion collective dans la conception  mais l’unité dans l’exécution. A plusieurs reprises, il avait souligné que ce sont les Français qui font la France et que le rôle de l’Etat était d’abord et avant tout de les aider.

En résumé : un Etat décidé et actif dans ses attributions, dignes dans ses représentants mais au service des Français et de l’unité nationale. En cas de difficulté, tout le monde s’y mettait. Et en cas de succès tout le monde en profitait avec une prime pour ceux qui étaient le plus en difficulté.

Tout cela allait se dissiper après lui pour quasiment disparaître avec le président actuel.  Plus de cap, plus de dignité, plus d’unité nationale, les Français étant divisés entre bons et mauvais, au point que la répression fiscale chasse une partie des élites du pays.

La vraie question n’est pas de savoir, comme le pense Eric  Zemmour, comment de nouveaux vilains ont voulu se venger de 1789, mais pourquoi et par quels mécanismes nous avons sombré de 1974 et 2014, au degré d’abjection où se trouve désormais le pays.

La nouvelle théorie de la libération postulait au début des années 70,  que le faible avait toujours raisons contre le fort. Il fallait donc supprimer les structures de domination et empêcher leur « appareil de répression ».

C’est par la Justice que le pourrissement est venu. Elle ne devait plus être « au service de la répression bourgeoise ».

Nous avons eu l’avantage d’entendre une nouvelle race de procureurs et de juges expliquer qu’il fallait favoriser le dominé contre le dominant donc favoriser

-          la femme contre l’homme

-          l’enfant contre les parents

-          l’élève contre le maître

-          le salarié contre le patron,

-          le pauvre contre le riche,

-          le locataire contre le propriétaire

-          le fonctionnaire contre l’Etat

-          etc.

Les lois ? On s’en moque. On est passé de la Justice, juste appréciation de l’application des lois dans des cas d’infractions particulières, au justicialisme, emploi de la force publique contre des réprouvés idéologiques en fonction de leur condition.

La production culturelle a cherché à démontrer que le bourgeois était un simple « salaud au sens sartrien du terme ».

Tous les films des années 70 montrent des bourgeois corrompus qui évitent la sanction de leur faute, manipulent le pouvoir politique et les juges,  ou violent les petites filles.

En même temps des actions provocatrices se multiplient pour « supprimer le respect  dû aux valeurs et aux personnes bourgeoises ». Gramsci avec nous !  Dans l’affaire du paquebot France les syndicats piratent le navire et prennent en otage  les passagers.  Interdiction de sanctionner, même une prise d’otages, si elle est d’origine  syndicale. Rappelons que ce genre de comportement est condamné à la pendaison, cinquante ans plus tôt. Lorsqu’en Moselle, des syndicalistes violent deux touristes et mettent le feu à divers bâtiments, aucune sanction ne suit.  Un tribunal refuse de sanctionner un gréviste qui avait crevé l’œil de son patron pendant une « occupation » d’usine. « Sa colère était légitime ».  L’affaire Lip montre un Fred Lip  ridicule et odieux. Un véritable massacre d’image totalement abusif.  On s’amuse à encenser le vol des montres effectué par Piaget, un syndicaliste sympathique totalement dépassé par l’arrivée de dizaines d’intellectuels de gauche dans les locaux occupés. Le musée automobile des frères Schlumpf est littéralement volé. L’affaire du notaire de Bruay-en-Artois  présente un bourgeois caricatural comme un violeur de petite fille et un assassin. Un notaire !

Il ne faut pas croire que ce mouvement se soit arrêté.  Le film « Intouchables » montre un bourgeois rendu impuissant par sa propre sottise (donc tolérable)  et sauvé par un noir de banlieue, tous les infirmiers blancs étant profondément nuls et ridicules.  Un film sur les bonnes espagnoles montre des patrons bourgeois intolérables qui les laissent croupir dans la m…, l’homme bourgeois mais repentant, étant sauvé par l’amour d’une prolétaire espagnole.  La grève des intermittents et les élucubrations qu’elle a suscitée lors des différents festivals a permis d’entendre comment  les « cultureux conscientisés et subventionnés » voyaient leur rôle : « dénoncer la domination économique bourgeoise et émanciper le peuple de leur emprise ».  « Si tout cela n’est pas politique ! lance Olivier Py. Si le théâtre n’est pas une victoire sur le monde marchand, sur un monde qui ne donne pas la parole aux gens, qui ne sont que des objets qui achètent des objets ! »   (Avignon 2014).  « Ces gens-là » n’ont pas la parole mais doivent payer et vite et beaucoup ! Fournir la corde avec laquelle on va les pendre symboliquement !

Les hauts fonctionnaires créent de leur côté « l’énarchie compassionnelle ». Elle s’appuie sur le mouvement sous-jacent mais l’interprète à sa manière. Le haut fonctionnaire, et lui seul, est détaché des considérations malsaines de l’argent. Lui seul est en charge de l’intérêt général. Il lui revient donc d’arbitrer la société.  On va arbitrer donc tous les conflits  On retrouve la litanie des fausses oppositions :

- femmes contre hommes, jusqu’à l’aboutissement d’une parité  imposée

- pauvres contre riches : jusqu’au financement du non travail à vie

- voleurs contre volés : jusqu’à la non sanction jusqu’à deux ans de prison ferme

- salariés contre entrepreneurs, avec des lois qui finiront par bloquer l’entreprise et l’emploi

- locataires contre propriétaires, avec des lois qui finiront par tuer le marché de la location

- l’immigré contre le national, avec l’affaire Léonarda en point d’orgue

Etc.

L’énarchie compassionnelle permet à une minorité restreinte de hauts fonctionnaires de capter l’Etat et le politique. Naturellement, arbitrer veut dire arroser les tensions d’argent pris au citoyen.  Donc on développe  une fiscalité dévoyée qui finit par être confiscatoire et par faire fuir les entrepreneurs et les familles aisées.

La conjonction d’un mouvement idéologique post-soixante-huitard, de la cupidité d’une classe intellectuelle soucieuse d’argent public et d’une haute administration désireuse de prendre le pouvoir, explique l’évolution constatée. Inutile de remonter à 1789 qui avait vu le triomphe de la bourgeoisie contre la noblesse et le clergé.  Qui seraient donc les nostalgiques du pouvoir perdu ? Le clergé catholique ? Il n’existe presque plus, comme d’ailleurs la noblesse. Alors les bourgeois ? Alors qu’on est justement en pleine réaction anti-bourgeoise. Cela ne tient pas debout.

Un autre élément, extérieur celui-là, provient de la politique extérieure des Etats-Unis, voulue par Roosevelt, animée par Cordell Hull et mise en place par une administration sûre d’elle-même et dominatrice.  L’idée est de casser les puissances européennes. Elles doivent d’abord décoloniser. Puis se fondre dans un ensemble multinational qui privilégiera les régions. C’est le rôle assigné à Jean Monnet.  Il faut casser les anciennes « grandes puissances européennes ».  De même qu’on avait tué l’Autriche-Hongrie, il fallait dissoudre l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni dans un magma dont elles ne se relèveront jamais.

Le piège se referme doucement. Le referendum Ecossais, le mouvement des « Bonnets Rouges », les indépendantismes corse, basque, catalan, la liquidation de la Tchécoslovaquie, l’éclatement de la Yougoslavie, le séparatisme belge, sont renforcés par l’idéologie européiste et l’action de l’Union Européenne qui prétend avoir un rapport direct avec les régions par-dessus les Etats. On aboutit à la Commission actuelle où les grands Etats sont totalement noyés dans la représentation des petits. Le président de la commission et 7 vice-présidents sur 8, sont les mandataires de tout-petits pays sans aucune importance stratégique et capables de rien sur le plan international.  

L’Union Européenne a adopté l’idéologie américaine de liberté absolue des mouvements de marchandises, de personnes et capitaux. Les américains  n’appliquent pas cette idéologie pour eux-mêmes. Mais elle sert leurs intérêts à l’extérieur. Le tarif extérieur commun saute dès le début des années 70. On en est au traité de libre-échange transatlantique, dont les citoyens ne doivent rien savoir tant qu’il n’est pas arrêté.

L’affaire de l’Euro est plus complexe. Contrairement  à l’idée véhiculée par de nombreux commentateurs qui font de l’Euro une création de F. Mitterrand, l’Union Monétaire Européenne remonte à la conférence de La Haye, en 1969, si nous ne nous trompons pas. D’ores et déjà, on appelle dans les milieux européistes à l’unité monétaire. Le projet sera retardé par la rupture des Accords de Bretton-Woods. L’Euro n’est en rien une volonté américaine ou anglo-saxonne. C’est un levier voulu par les européistes qui savent que l’Union monétaire impliquera automatiquement, à plus ou moins long terme, l’union économique et donc politique. Il est clair que l’Euro a privé les pouvoirs nationaux de l’essentiel de leurs prérogatives régaliennes.  Un Etat qui ne contrôle ni son budget ni sa monnaie n’est pas un état mais un croupion.

Sur ce point Zemmour a parfaitement raison.

La conjonction des différents mouvements idéologiques, corporatistes, européistes, a fini par dissoudre toute volonté nationale.

Lorsque M. Hollande prétend « réconcilier » les Français, il commence par insulter différents boucs émissaires et prend à bras le corps le salut :

-          des homosexuels

-          des fusillés de la guerre de 14,

-          des prostituées dont il faut sanctionner le client

-          des délinquants prisonniers maltraités par la prison

-          des fainéants de l’administration libérés de la contrainte  d’une journée de franchise

-          des immigrés

-          des locataires indélicats

-          des roms

-          …

La relance politique de M. Valls vise à masquer de nouvelles hausses fiscales ciblées en s’attaquant directement aux taxis, aux notaires (encore), aux huissiers, aux pharmaciens et autres « salauds de riches ».

L’idée républicaine du « tous ensembles », à proportion de ses moyens, s’est vue abandonnée au profit  de l’idée fascisante  du : « seuls les riches paieront ».  La famille, vue comme une institution bourgeoise résiduelle, est la cible première des mesures de rabot. La famille, base de toute société ...

On aboutit à cette situation qu’une femme seule qui gagne 8.000 euros par mois termine avec 1000 euros disponibles et devra payer à Paris crèches, cantines et activités avec un surcoût lié à sa rémunération avant impôt…On brûle la chandelle fiscale par les deux bouts. Féminismes et socialisme, où est votre victoire ?

Dans le même temps le peuple a été privé du droit de décider lui-même du détail de l’application des droits de l’homme, au profit de la CEDH, constitué majoritairement de juges provenant d’Etats microscopiques, qui n’ont pas craint de juger contraire aux Droits de l’Homme la condamnation d’un quidam qui,  ayant insulté le chef de l’Etat, avait été "sanctionné" par une amende de 70 euros !

Comment s’étonner que la France connaisse un léger problème d’identité quand on demande aux Français qu’ils se repentent :

-          De la colonisation

-          Des guerres nationales

-          De l’esclavagisme

-          De la répression sociale

-          D’avoir été majoritairement catholiques

-          D’avoir été dominés par une classe bourgeoise abusive

-          De leur rejet des immigrés

-          De leur volonté de sanctionner les criminels

-          D’être des « Français de souche »

-          D’être des parents violents

-          Ou des maris tueurs

-          …

Il leur est demandé de ne plus avoir aucune volonté nationale.

Alors la délinquance explose, alors des musulmans exaltés coupent la tête d’un ressortissant français, alors la rue devient un lieu infect pourri de mendicité et de vols à la tire, alors il n’y a plus d’emplois, plus d’usines, plus de croissance, plus de fierté, plus rien.

Oui, on assiste bien au suicide d’une nation.

Mais s’agit-il d’une trahison des élites ?

Ce qu’une idéologie a fait une autre peut le défaire.

La dérive justicialiste  s’est brisée sur le « mur des cons ». Le culte des minorités s’est fracassé sur la défense de la famille,  venue d’un corps social qui considère qu’on ne peut pas trifouiller la millénaire filiation. L’abaissement devant les revendications multi-culturalistes se heurte aux décapitations musulmanes.  L’effacement national dans une Europe du « soft power », c’est-à-dire de l’impuissance essentialiste, révulse car l’action diplomatique traditionnelle des grands Etats n’est pas relayée. L’Union prétendument « européenne » qui laisse faire, sans pouvoir bouger autre chose que des lèvres gercées, les manœuvres de Poutine ou qui subit sans broncher les dictats américains (Fatca, Traité transatlantique etc.), n’a pas besoin d’élites. L’impuissance peut se contenter de tristes incapables, comme hier Mme Ashton ou M. Rompuy, et aujourd’hui deux nouvelles insignifiances, qui feront à nouveau rire le maître du Kremlin, le nouveau calife Musulman ou Obama.   

Le Français se retrouve nu et à découvert dans un monde où il n’a plus de rôle. Dirigé actuellement  par des fonctionnaires et des militants  socialistes pitoyables, des incapables verbeux et intolérants, bouffés par des ambitions misérables et les idéologies sus décrites, il se trouve ruiné et au chômage.  Avec aucune perspective sinon plus d’impôts, plus de chômage, plus de dettes.

Voici la France à nouveau en campagne électorale, avec des journalistes qui expliquent qu’il ne faut pas avoir de programme mais créer une belle image par un bon positionnement com’, des européistes qui expliquent que l’abaissement de la France est tout à fait normal ou qu’il faut créer Europa, des cultureux subventionnés qui expliquent qu’il faut encore et toujours en finir avec le bourgeois, et des fonctionnaires et des salariés sous statuts qui bloqueront toute réforme, crève le pays.

Refaire les élections de 2012 qui furent  les pires qu’on puisse imaginer et augurer malheureusement de la suite sinistre que nous connaissons ?

La vérité est qu’il faut reconstituer une élite et non pas la condamner comme coupable de la crise actuelle.  Il faut à nouveau accepter d’avoir des pouvoirs et de supporter les contraintes de leur exercice, pourvu que ce soit pour le bien général.  Donc qu’il y ait un cadre de responsabilité où ce bien général puisse être piloté.

La question des minorités agissantes n’est rien par rapport au retour d’une masse populaire en position de compétence et d’action.

L’hyper-protection de pseudo-dominés n’est plus la question du jour.  L’énarchie compassionnelle est hors sujet. Le développement d’un secteur public tellement hypertrophié qu’il dépasse désormais en taille le secteur privé puisqu’il s’assure de plus 100% de la valeur ajoutée des entreprises non financières de plus d’une personne, avec un million de fonctionnaires territoriaux recrutés pour pratiquement rien en quelques années, est hors-jeu. Le détournement des ressources nationales au profit d’immigrés ou d’étrangers toujours plus nombreux et souvent inemployables ne peut plus être une cause centrale.

Il faut donc régler deux difficultés cruciales : une faillite démocratique qui touche la France l’Europe et l’ensemble du monde ; une faillite économique qui touche également la France, l’Europe et  le monde.  

En France la question démocratique sera réglée en empêchant la haute fonction publique de coloniser le politique. Nul ne doit être élu dans une assemblée qui fixe son salaire et ses conditions de travail. Nul ne doit être élu plus de deux mandats. Nul ne peut toucher plus d’une seule rémunération publique. Il ne faut plus faire fuir les actifs qui réussissent, redonner du pouvoir aux décideurs, éventuellement en rognant sur les protections déraisonnables accordées abusivement aux salariés et à leurs syndicats et qui sont  vecteurs d’impuissance. Ceci est vrai dans le privé comme dans le public.

En Europe, il faut briser la surreprésentation des petits pays. La Commission doit être composée au prorata des populations et non pas selon la règle du « un pays, un commissaire ».  Les pays sans budgets de défense et sans armée doivent être tenus de financer la sécurité commune sur la base d’une contribution per capita.

De même le collège des juges de la CEDH doit être pourvu au prorata des tailles de pays. Il est intéressant de noter la composition de la présidence et des vice-présidents de cette institution : Président, Luxembourg, vice-président n° 1, Andorre, n°2, Italie, n°3 Lettonie, n°4 Liechtenstein, n°5, Monaco !  Toute ressemblance avec la composition de l’UE ne serait que pure coïncidence ! Evidemment, cela n’a aucune importance de mettre un juge du Syndicat de la magistrature qui joue aux fléchettes sur un « mur de cons » sous la dépendance d’un « juge » du Liechtenstein, nommé par copinage par Hans-Adam II, Prince  fantomatique d’un coin de terre vivant de la fraude fiscale.  Mais on comprend que le Premier Ministre britannique s’étrangle en voyant ce curieux aréopage décider du statut civil des criminels condamnés à des années de prison, en lieu et place du peuple britannique.  

A quel titre le microscopique Luxembourg préside-t-il la Commission et le CEDH ? En quoi un représentant du Liechtenstein est-il qualifié à imposer ses vues personnelles alors qu’il ne représente absolument rien, (pour le coup rien du tout), à des peuples de plusieurs dizaines de millions d’habitants ?

Qu’est-ce que l’on veut, à la fin : que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni soient représentés par leurs régions principales dans une Europe à 100 membres ? Alors la Corse, la Bretagne, la Savoie, le Pays de Galles, la Bavière, la Sicile  etc. auraient un commissaire à Bruxelles et un juge à la CEDH ? Chaque représentant prendrait à son tour la « présidence de l’Union » ?

Le Royaume-Uni et la France, démembrés, n’aurait plus aucune armée possible, plus aucun poids diplomatique, plus rien d’états souverains mobilisant des élites.

Tout cela est risible. Et rendrait encore plus  l’Europe inexistante et impuissante. Atomisée façon puzzle.

Il faut réformer profondément les institutions Européennes. L’idée de Roosevelt d’édenter l’Europe en noyant les grandes nations dans une flopée de petites ne doit pas être conservée.

Dans la zone Euro, il ne faut plus admettre qu’on fonctionne sur la base de deux « normes » sans aucun instrument de pilotage et sans pilote. Nous appelons de nos vœux un « chancelier de la zone Euro », appuyé sur des instances de contrôle démocratique spécifiques.

Dans le monde, on ne peut plus admettre l’organisation monétaire actuelle. Les Etats doivent redevenir responsables vis-à-vis des autres de l’équilibre de leurs balances extérieures. Donc avoir des cadres compétents et responsables.

En un mot il faut des élites, les plus compétentes possibles. Oui des ELITES, des vraies ! Avec des pouvoirs. Les élites, qu’elles soient militaires, sportives, artistiques, médicales, scientifiques, administratives ou civiles,  sont faites pour progres

Xavier Fontanet : « Pourquoi pas nous ? »

Voici encore un excellent livre (Les Belles Lettres – Fayard), d’un excellent auteur. En un temps où le mépris des élites est un insigne qui se porte bombé sur la poitrine des imbéciles, il a tout pour être vomi : fils d’un Ministre du Général de Gaulle, chrétien démocrate quand il fallait être christo-coco-claveliste pour plaire à l’intelligentsia,  diplômé du MIT, patron à succès, professeur à HEC. Son livre est parfait. Pas une ligne qui ne soit frappée au coin d’un bon sens promu au rôle de pilote de la République.

L’auteur n’hésite pas à partir de l’observation des faits. Quel scandale ! De ce fait il recoupe des dizaines de points sur lesquels nous nous exprimons nous-mêmes depuis 1977.  Curieuse impression de se relire tant les propos qui sont tenus ont été les nôtres depuis 20 ans.

Il ne théorise pas l’Enarchie compassionnelle, mais il remarque que la dérive étatiste a commencé avec Giscard, même s’il ne le cite pas nommément.

Il voit bien qu’il y a eu un avant et un après la césure du début des années 70. Très justement il ne l’impute pas à la crise  pétrolière.  

Il remarque que le secteur public est désormais plus gros que le secteur privé et que cette dérive vers un Etat  obèse  et tentaculaire mais impotent a progressivement anémié tout le secteur marchand. Il montre bien la corrélation entre obésité publique et anémie marchande. En monopolisant les ressources l’Etat empêche l’innovation et l’investissement. L’emploi public tue l’emploi privé.    

Il sent bien  que l’hystérie fiscale récente, s’ajoutant au gonflement excessif précédent,  est en train de tuer le pays.

Il prend le temps  de démontrer avec soin que la plupart des arguments socialistes en faveur de la dépense publique, et contre l’entreprise ne mènent qu’à une société d’assistés de plus en plus dépendants, se partageant un gâteau qui diminue, dans une société de plus en plus divisée et haineuse.

Il refait l’histoire des pays qui justement ont pris le contrepied de cette approche délétère et ont été très loin dans la restauration d’une société de responsabilité et de dialogue. Les leçons du Canada, de la Nouvelle Zélande, de la Suède ou de la Suisse sont tirées avec beaucoup de précision.

Tout cela était parfaitement connu dès 1977. Et on a eu Jospin qui a tout aggravé. Et on a eu Chirac qui a dit non à toute évolution dans le sens indiqué et même Sarkozy, dont il note qu’il n’a pas donné suite au rapport Attali. Puis l’inconsistant  Hollande et sa fuite en avant dans l’hyper-fiscalité et la manœuvre politicienne de bas étage et l’abaissement abyssal de la dignité présidentielle.

On retrouve la grande question : pourquoi ces idées, élémentaires et constamment prouvées, n’ont pas de champ d’application en France ? Pourquoi crie-t-on au génie économique d’un DSK qui a théorisé et cautionné les 35 heures puis nié l’arrivée de la crise comme Président du FMI ? Pourquoi la télévision publique se croit-elle tenue de faire appel à des « penseurs » comme l’animateur d’On n’est pas couché et son faire valoir débile, qui cautionnent constamment  toutes les idées fausses ? Comment ce fait-il que la société se montre incapable d’assimiler un message aussi élémentaire, à droite comme à gauche ? 

L’auteur n’aborde pas ces questions. Il croit à la seule vertu de l’observation et du bon sens. Grave erreur.

L’explication est-elle sociale ? La société est désormais totalement dépendante de l’Etat et ne veut entendre que ce qui pousse à l’extraction de l’argent résiduels des « autres » pour survivre, sans se rendre compte que le boa se mange lui-même ?  En donnant une citation de F. Bastiat qui décrit ce processus, l’auteur semble pencher pour cette hypothèse

Est-elle économique : la France ayant fait le choix du tout Etat se trouve incapable d’affronter un monde ouvert et se recroqueville sur les impôts et les subventions pour tenir encore trois minutes de plus ?

Est-elle idéologique ? La France, terre ancienne d’un marxisme larvé, a-t-elle réellement  considéré au fond d’elle-même qu’il fallait se débarrasser des oripeaux de la bourgeoisie sûre d’elle-même et dominatrice, jusqu’en 68,  et qui est désormais présentée comme honnie, esclavagiste, colonialiste, nationaliste, belliciste, antisémite, raciste, méprisante pour les femmes, les pauvres, les immigrés, les délinquants et d’une façon générale « les autres » ?  En un mot : des fascistes ! C’est la France « Taubira-Belkacem » du Chagrin et de la Pitié. Sa repentance implique un repli morose sous la houlette de faux prêtres de la « réconciliation » et des tenants de la fin des « dominations ». Adieu le « pouvoir de la volonté ». Adieu la croissance criminelle qui tue la planète. 

L’auteur ne tranche pas ces questions fondamentales et prend soin d’indiquer « qu’il ne prend appui sur aucune théorie politique ou économique ». Le simple bon sens, voilà la clé.

Mais pourquoi diable le simple bon sens ne suffit-il pas ?

Suggérer que Giscard n’aimait que l’Etat et lui imputer personnellement  le tournant des déficits est tout de même un peu court, même si sa responsabilité dans certaines des décisions les pires (le non financement de l’Etat par la banque centrale, les accords de la Jamaïque)  est massive.  Critiquer le manque de courage des gouvernements de droite et le manque de sagesse des gouvernements de gauche ne nous avance guère.

Il faut faire à ce livre les mêmes reproches qu’à celui du petit De Closets. En ne contemplant que les faiblesses internes de la France on manque les conséquences dramatiques des séquences internationales qui se sont succédé depuis la fin des Accords de Bretton-Woods.  

L’analyse de la crise repose selon nous  sur trois piliers :

-          L’amoncellement de déséquilibres extérieurs monstrueux qui ont provoqué l’inversion de la courbe descendante de l’endettement global  et  le gonflement des dettes à des niveaux progressivement intenables.  Les crises périodiques de type décennal ont été de plus en plus graves.  74, 93 et 2008 sont d’intensité croissante. Pourquoi ? Le trend a baissé. Pourquoi ? Et pas seulement en France.

-          L’Euro n’a certes pas créé les conditions de la crise d’endettement mais en a terriblement compliqué la gestion jusqu’à l’aggraver. L’inorganisation de la zone Euro a imposé des politiques de déflation et de récession pour réajuster les économies, un processus qui n’est pas terminé.  Et qui est déprimant.

-          L’énormité de la dépense publique en France et le développement d’un secteur sous perfusion d’impôts de taille supérieure à celle de l’économie marchande est bien un aspect déterminant du drame français.  C’est un point que nous n’avons cessé d’illustrer.

L’auteur ignore bravement les deux premiers piliers.

Sans vouloir fournir trop d’excuses aux gouvernements français, il faut bien noter qu’ils ont été presqu’en permanence confrontés aux effets d’une récession forte. C’est vrai pour Chirac, trois fois, en 74, en 86 et en 95. C’est vrai pour Bérégovoy et Jospin en fin de mandat, pour Sarkozy puis Hollande.  

Bien sûr il y a eu les immenses erreurs  de Giscard, obsédé par l’impôt, qui signera un septennat fiscal et « sociétaliste »,  l’erreur cynique du Programme commun du lamentable Mitterrand  qui arrêtera définitivement le rattrapage par les Français du niveau de vie américain, et qui sera doublée par le même de deux drames majeurs : Schengen et l’Euro. Les mesures dommageables de Rocard (RMI et retour de l’ISF), celles de Jospin (complication inextricable des lois sociales et 35 heures) puis les gesticulations et l’hyper fiscalité de F. Hollande,  complètent un tableau  globalement étatiste, fiscaliste, antiéconomique  et aux résultats sinistres. 

Mais il est vrai que pratiquement six années sur dix pendant quarante ans ont été consacrées à faire face aux conséquences de crises périodiques toujours plus fortes, tout en considérant qu’il fallait laisser la liberté totale des mouvements de capitaux, de personnes, de marchandises et de services sans aucune instance de régulation européenne ou mondiale. Alors l’énorme bloc étatique français , ses dettes et  son arrogance, sont obligés de plier devant la compétition des pays développés dynamiques et des  pays en rattrapage, tout en accumulant les charges d’une immigration incontrôlable. Jusqu’ici, la réaction a été de le protéger le Moloch et de l’étendre en poussant les impôts  à des sommets impossibles à maintenir.  

On aimerait que l’auteur intègre ses raisonnements franco-français dans ce flux historique international.  Sa réponse implicite : ce n’est pas la peine puisque des pays, dans ce même cadre global, ont réussi  à s’en sortir par des mesures simples et adaptées. Alors « pourquoi pas nous ? ».

Il oublie de dire que les expériences canadiennes, suédoises et néozélandaises ont été  menées après la crise de 92, appuyées par une forte dévaluation et ravivée par l’expansion rapide de la fin des années 90.   La France ne peut pas dévaluer. Il n’y a aura pas de reprise mondiale forte avant un bon moment.

D’autre part, dans chacun de ces pays, un consensus a été créé en faveur des réformes, avec un fort support bi-partisan, notamment d’une partie des travaillistes.  Ils n’ont pas cherché à tergiverser comme le malfaisant Hollande, divisant gravement le pays, parfois de façon insultante, pendant deux ans et demi  et se déclarant in fine, contre une fraction notable de son parti et ceux de sa coalition, « social démocrate » et partisan de la théorie de l’offre, tout en rejetant sur l’entreprise, à qui on ferait « d’énormes cadeaux » , la responsabilité de la sortie de crise pour se refaire une virginité électorale en vue des prochaines présidentielles.

Alors que faire ? Bien sûr, toutes les mesures préconisées par Xavier Fontanet qui ajoute son livre aux 177 autres que nous avons recensés depuis 1976 qui disent exactement la même chose, sont parfaitement justifiées. 

Oui il faut un grand consensus national  en faveur d’une société des « devoirs de » et non plus des « droits à » ! Oui il faut « dégraisser le mammouth » ! Oui il faut casser le désir tentaculaire de l’Etat de prendre beaucoup à tous et presque tout à quelques uns  pour s’occuper de tout et plutôt mal ! Oui il faut une France d’entrepreneurs !

Cent fois oui !

Mais comment ?

Dans un affrontement droite-gauche s’appuyant sur l’effondrement du socialisme français ? Avec des grèves insensées comme celles de 97 ? Des mouvements de scolaires  excités ? Une surenchère lepéniste ? Des guerres extérieures ?

C’est, si on comprend bien, la perspective sarkosiste.  Permettre de reconstituer un mouvement de masse le plus large possible pour lancer une rupture véritable et passer dans un nouvel état de la société française fondée sur la responsabilité individuelle et l’abandon du non travail subventionné.  Les approches trop sages de Juppé et Fillon sont en effet incapables de créer le mouvement de fond capable de porter une pareille révolution.  Travail d’image pour l’un, de fond pour l’autre, avant un débat militant puis une campagne électorale nationale sont insuffisants pour créer le mouvement indispensable.

Sarkozy a-t-il l’élévation et la capacité de rassemblement nécessaire ?  Peut-on rassembler la partie  pragmatique de la gauche, alors que Hollande est en train de gâcher totalement cette perspective ?

La question n’est plus aujourd’hui de savoir ce qu’il faut faire.

On doit repenser le système monétaire international. On voit que la dernière réunion du G.20 sombre à nouveau dans l’insignifiance des grandes annonces et des réformes microbiques.

On doit repenser l’Europe des Etats minuscules paralysant les grandes Etats. La nouvelle composition de la Commission Européenne est l’exemple même d’une caricature d’Europe.  Si l’Europe doit être la dissolution des grands Etats dans un regroupement de 100 régions, elle est morte.  L’affaire Ecossaise a montré la résilience des grandes nations. Mais elle a lancé un cycle de revendications régionalistes particulièrement néfastes.  Le drame Ukrainien montre une Europe sans dents.  L’idée américaine portée par Jean Monnet d’une Europe éparpillée façon puzzle, sans grands états, mais divisée en une poussière de micro régions courant d’air,  fédérée dans une union Européenne faible et sans influence, sous protectorat militaire américain, est désormais « à portée de main ».   Est-ce bien cela que nous voulons ?

On doit aussi repenser la France. Et là, toutes les réflexions de Xavier Fontanet, redites parfaitement présentées  d’idées mille fois exprimées,  ont leur pertinence. 

La grande question est : COMMENT ! 

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes E-toile.

Expédients ou vraies solutions ?

Nous avons choisi, en ce début septembre 2014, de laisser la priorité aux billets portant sur l'ambiance générale de la rentrée, marquée à la fois par un désastre de la gestion publique et un sentiment général de déchéance des institutions alors même que le choix a été fait par M. Hollande d'une rentrée exclusivement politicienne, dont le caractère sera encore aggravé par le retour de Nicolas Sarkozy et la conférence du Président de ce soir.

Ce choix du "tout politicien" pour purger les humeurs n'est pas sans avantages. On le voit avec les condamnations de Bonnets Rouges qui sont passées comme une lettre à la poste. Il est dans la continuité du même choix fait naguère pour la campagne électorale déprimante d'il y a deux ans et demi et annonce le renouvellement de l'exercice dans deux ans et demi.

M. Hollande sait très bien que, lors de ces élections, on élimine. En n'ayant pris aucune autre mesure que fiscale et en ayant fait porté l'essentiel de la spoliation sur "les riches", il lui sera facile d'annoncer que son adversaire veut s'attaquer aux pauvres et aux fonctionnaires, en plus des immigrés. Il se débarrassera du "bilan" sur le Medef qui "malgré un cadeau inouï n'a pas joué le jeu" et sur les boucs émissaires qui passeront par là (Mme Merkel, l'Europe, l'Euro etc.). C'est une stratégie politicienne personnelle mais qui peut être efficace. En tout cas elle est pensée et peut se décliner sous formes d'initiatives tactiques assez facilement. Ceux qui pensent le PS définitivement ratatiné se trompent. Ce n'est qu'en cas de crash financier violent, par exemple amorcé par une remontée des taux, que cette vision serait totalement condamnée.

Face à cette stratégie purement politicienne et qui ne tient compte en rien des nécessités nationales, Nicolas Sarkozy proposera une alternative de la même eau politicienne. Pour contrer la stratégie hollandaise, il ne présentera pas de programme seulement son corps, ses tripes et son âme. Il ne peut pas annoncer du sang et des larmes et n'en a nullement l'intention. Comme tous les moyens de la Justice seront déclenchés contre lui nous aurons droit à un corps, des tripes et une âme martyrisée par l'insolent ennemi mais aucun programme. Du bagout et de l'émotion.  

Deux mesures témoignent que nous aurons bien un combat de nains habiles indifférents à l'intérêt national.

M. Hollande, après M. Sarkozy, reprend l'antienne de la "suppression des charges patronales" et celle de la "première tranche d'impôt sur le revenu".

Comme nous n'avons cessé de l'affirmer ici, jouer ainsi sur ce genre d'instrument n'a strictement aucun sens économique. Il ne s'agit que de gris-gris démagogiques.

Pour les charges sur les salaires, nous avons proposé de supprimer la notion de charges patronales au profit d'une notion de revenu salarial différé. Naturellement tous les prélèvements qui n'ont pas le caractère d'un revenu individualisable (comme les allocations familiales) doivent être transféré sur l'impôt. La baisse du revenu différé au profit du revenu courant ne peut être obtenu que par la baisse du coût assurantiel puisqu'il s'agit de cela : chômage, maladie, invalidité, retraite. La revalorisation du net ne peut passer que par une réduction du chômage et de certains excès d'indemnisation, le déremboursement du petit risque, et le retard du départ à la retraite. C'est donc un arbitrage à faire entre deux formes de rémunération. Et il doit être fait par les salariés eux-mêmes.

Le corollaire est tout aussi clair : la compétitivité des entreprises ne peut provenir, en l'absence d'ajustement de la politique européenne, que par la baisse des salaires.qui ne peut s'opérer que de deux façons :

- en réduisant le revenu différé, sans le reporter sur le revenu disponible

- en réduisant le revenu brut.

Sans les masques de la dévaluation et de l'inflation, une baisse de près de 10% est nécessaire.  Il aurait mieux valu l'acter tout de suite et de regagner le salaire perdu en trois ou quatre ans plutôt que de se nourrir d'illusions et de mettre des millions de salariés au chômage.

 

Pour les impôts, l'exonération massive commencée par Balladur au début des années 90 est une folie. Elle a été tempérée par le fait que tout le monde paie au minimum les 15.5% de la CSG. Moins de la moitié des ménages français paie l'IR. Continuer de resserrer l'assiette fiscale en aggravant les taux pour ceux qui restent assujettis est contraire aux règles de l'équité démocratique en même temps qu'à une bonne gestion de l'économie. Elle pousse une partie de la population à croire que son sort dépends du tort qu'on fera à l'autre. C'est l'aspect d'abjection politique. Elle pousse la France qui crée de la valeur à cesser de pousser son avantage. C'est l'aspect de déréliction économique. Au total on a moins de ressources et plus de haine sociale.

La solution ici encore est assez simple : la baisse de l'impôt ne peut être financée que d'une baisse de la dépense publique. Pas de baisse de la dépense publique pas de baisse des impôts. C'est aussi simple que cela. En annonçant un jour qu'il ne touchera pas à la dépense publique et le lendemain qu'il supprime une tranche du barème, M. Valls commet une bassesse politicienne par jour. De le même façon que N. Sarkozy s'était abaissé de façon duale en supprimant l'IR et les charges sur les supplémentaires, et en baissant la TVA sur les cafés-restaurant.

En fait le choix de la bonne structure fiscale, en régime de croisière, doit s'appuyer sur la notion de constance et de neutralité. Les bons impôts sont larges, de taux raisonnable et ne provoquent pas de gros changements dans les comportements. Ils doivent porter le plus possible sur la valeur ajoutée. Nous préférons l'IR à l'ISF pour fournir la progressivité justifiable. Il vaut mieux supprimer l'ISF et les taux absurdes sur les plus values faites sur des transactions rares et concernant les investissements d'une vie, que de supprimer l'IR.  Si on supprimer l'ISF et qu'on transfère une partie de l'IR sur la TVA, on peut réajuster la grille de progressivité de l'impôt, de façon à rendre acceptable l'impôt pour tous et la justice de la progressivité.

De toutes les façons qu'on prenne le problème, il faut commencer par réduire la dépense publique. De la même façon qu'il va falloir réduire les salaires pour restaurer la compétitivité il faut réduire drastiquement les salaires des administrations et des salariés à statut. Un écrêtement de 10% à 15% est pratiquement inévitable. On voulait le faire par l'inflation. ce n'est plus possible. Reste la hache. Il faut restreindre le statut de la fonction publique aux militaires et aux fonctionnaires civils de catégories A. Il faut supprimer un échelon administratif et rendre impossible les doublons. Il faut encadrer les subventions et les réduire drastiquement. Il faut changer le périmètre des responsabilités de l'Etat etc.

La grande question est de savoir s'il faut réduire les allocations à ceux qui les touchent ? La réponse est malheureusement oui. Si vous réduisez la rémunération des actifs vous devez toucher automatiquement à celle des inactifs.

La grande question est de savoir comment on peut mettre une pareille politique en œuvre. Nous-mêmes ne pensons pas qu'un homme ou un parti puisse le faire. On voit que F. Hollande a carrément conçu de n'en rien faire. N. Sarkozy reprendra ses discours démagogiques sur la défiscalisation des heures sup et autres expédients.

A droite, avec Fillon, à gauche avec une fraction du PS raisonnable, une convergence se fait de façon latente sur ce qu'il serait indispensable d'essayer.

C'est cette convergence qu'il faut aujourd'hui appuyer tout en sachant que les efforts nationaux n'auront aucun sens s'il n'y a pas, parallèlement, un courant de réforme majeur en Europe  et dans l'organisation monétaire internationale.

Il faut que l'équipage fasse talonner ensemble le bateau pour qu'il reparte au large tout en régulant l'eau de la crique et en rendant l'océan navigable.

A partir de là, faisons confiance à notre jeunesse, à nos salariés et à nos entrepreneurs.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

Scènes de la vie parisienne

Diverses comédies politiciennes suivent leur cours et quelques politiciens comédiens font leur cour. Les médias bruissent d'une agitation totalement décalée des préoccupations des Français : ils ont vu leur feuille d'impôts ! Des augmentations de 20à 40% sur toute l'échelle des revenus ! Le coup de matraque n'avait pas été claironné. On a attendu que les tondus le soient pour qu'ils réalisent. Le coup de rabot touche toutes les classes de la population, pas seulement les riches. On interroge à la sortie des centres d'impôt où des centaines de milliers de Français viennent demander des conditions pour payer cette augmentation inouïe. On leur avait dit que seuls les riches paieraient et qu'on leur ferait vite un cadeau à 4.5 milliards d'Euros. Les voilà obligés à réduire un train de vie déjà étriqué par 7 ans de crise. On leur offre quelques frondeurs  pour ne pas décourager totalement le vote socialiste. Cela ne suffira pas car ils savent bien qu'il n'y a rien à attendre de la gauche de la gauche. Les riches eux font leurs comptes : la hausse est prodigieuse et il n'y a plus aucune marge de manœuvre. Quoiqu'ils fassent, ils sont coincés. X qui payait 50.000 Euros en 2007, 80.000 en 2012 se retrouve avec 120.000 Euros d'impôts. Alors qu'il est retraité et que son revenu n'a pas changé ! Comment est-ce possible ? Très simple : il pioche dans son épargne pour payer les impôts. Casser son épargne crée de la plus value. La plus value est intégrée dans l'IR. Il recasse de l'épargne etc. Les plus riches s'en sortent mieux ! ils partent ou ils empruntent. Emprunter coûte moins cher que payer la plus value sur le cession d'un bien. Alors que le pays est surendetté…

La classe moyenne cherche à vendre les biens immobiliers trop coûteux pour leur nouveau revenu disponible amputé. Il n'y a pas d'acheteur ou à des prix cassés. A Paris la location de bureaux s'effondre mais les trois taxes sur le capital (taxe sur les bureaux, taxes foncières, taxe d'habitation) ont doublé ces dernières années grâce à Delanoë et Hidalgo. Il faut payer sans revenu. Donc il faut vendre et personne n'achète. Lorsqu'il ne reste qu'à peine 30% du revenu gagné, toute hausse de la fiscalité fait baisser le revenu disponible avec un effet multiplicateur. Si vous payiez 65 et que vous payez 75, sur un revenu de 100,  votre revenu disponible est passé de 35 à 25. Une baisse d'un tiers.

Pour répondre à la haine fiscale qui gagne le pays et se retourne contre "les élites", pour simplifier "les Enarques qui ont capturé le pouvoir et qui ne pensent qu'en terme de dépenses publiques et d'impôts", le gouvernement en vient à donner des explications dont il ne voit même pas le cynisme. "La perte de recette est due à la moindre inflation que prévue". Qu'est-ce que l'inflation ? Un impôt déguisé. Elle ampute directement le revenu réel. Alors on vous dit : "cet impôt là n'a pas marché, il va falloir compenser par un impôt non masqué". D'autant que l'inflation fait marcher la progressivité : une  croissance purement nominale de votre revenu fait jouer la progressivité. On a perdu l'impôt caché plus la progressivité cachée. Du coup la non-revalorisation des tranches de l'IR ne produit pas l'effet prévu. Zut alors ! Caramba encore raté ! Si on ne peut plus voler les gens sans qu'ils s'en rendent compte !

Au global cinq années de hausses continuelles des taux d'imposition aboutissent à une impasse : le déficit va croître à 4.4% d'un PIB qui comprend une grande part de dépenses publiques. En fait l'impasse budgétaire représente près de 10% de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand non financier et la dépense publique près 100% de cette même valeur. La dette publique, elle, en représente désormais à peu près 200%. Cela signifie que l'entreprise ne peut plus rien pour une France naufragée qui dévore désormais sa richesse accumulée et réduit sa population à une pauvreté aggravée.  

La "politique de l'offre" est un nuage de poudre de perlimpinpin. Même si l'entreprise générait par on ne sait quel miracle 10% de revenu en plus (on n'est toujours pas aux chiffres de 2007 en 2014), il faudrait qu'il soit intégralement capté par l'impôt pour simplement ne pas augmenter la dette. Et une toute petite variation du taux moyen de la dette éliminerait tout cet effort. Autant dire que les propos merveilleux sur une hausse du pouvoir d'achat sont ce qu'ils sont : des bobards pour imbéciles heureux. Il parait qu'il y en aurait encore 13% en France !

Comme le dit avec beaucoup de justesse le socialiste Le Guen, cumulard devant l'éternel, enrichi par son passage à la MNEF mise en coupe réglée par cet ancien créateur de l'UNEF ID, en liaison avec DSK et Cambadelis, de fâcheuse mémoire, et redressé de 50.000 Euros pour une sous-évaluation massive de la valeur des biens immobiliers qu'il a accumulé à Paris, en ne faisant que de la politique : "Le PS va s'en sortir en faisant de la politique. Hollande va faire de la politique. Nous allons faire de la politique". Du coup les Parisiens sont bien contents :  ils vont découvrir la politique participative à la Ségolène. Ils pourront choisir comment dépenser 430 millions d'Euros. Chouette ! La dépense publique n'a pas d'importance : la révolution participative permettra au citoyen d'en être le complice. On est sauvé.

Le PS déjouera la malédiction électorale en mettant deux fers au feu en même temps : le gouvernement et de prétendus "frondeurs qui sauvent l'honneur de la gauche" et auxquels les socialistes de médias comme un dénommé Ruquier donnent de la résonnance. Vive la politique !

Pendant ce temps là tout est arrêté en France. Tout se délite entre sinistrose et abus divers. La glissade tourne à l'effondrement.

Prenons les mastodontes quasi publics.

France-Telecom, ancien monopole public et qui reste sous la coupe des mêmes, en dépit des changements de statuts. C'est devenu le champion du n'importe quoi robotisé. Plus personne dans l'entreprise ne comprend rien aux divers sous-systèmes emboités qui se sont accumulés en strates réfractaires. Dans les magasins : des jeunes issus de la "diversité" (c'est moins cher) et des vieux recyclés (qui ne se sont pas encore suicidés). Ils vendent des contrats qu'ils ne comprennent pas et n'ont aucun pouvoir. Ils doivent appeler le même numéro que les clients pour obtenir des corrections et des remises en place. Ils n'ont même pas le pouvoir d'encaisser l'argent des clients. Ils sont tenanciers de show-rooms. Et le spectacle n'est pas triste. Il suffit de s'asseoir et d'entendre les jérémiades des clients pour se rendre compte du malaise. Les pauvres épaves électroniques qui s'échouent là après avoir pris leur numéro comme à la sécurité sociale vont perdre des heures pour rien sinon la compassion du personnel qui va pleurer avec eux sur la "fin du service public".

Juste une histoire comme çà, en passant. Ce "client" s'était vu proposer en avril 2014 de fusionner son contrat de portable et sa ligne ADSL pour un "forfait avantageux", permettant le passage à la fibre. De visites préparatoires en visites ans résultats, le nouvel internet sous fibre optique n'a été mis en place qu'en juillet  : quatre mois tout de même. On n'a pas précisé au client que toutes les options contractuelles et techniques précédentes étaient à reconfigurer. Par exemple; le prélèvement automatique s'est trouvé supprimé sans qu'on demande d'en souscrire l'option dans le nouveau  contrat.  Comme la mise en service a été décalée, la facture n'arrive qu'en plein mois d'Août, pendant les vacances. Quinze jours après le contrat est coupé et le vacancier se retrouve sans téléphone portable et sans internet !  Il pensait que le prélèvement se ferait automatiquement et n'a pas cru devoir faire suivre le courrier Orange. Il faut dire qu'un peu plus tôt son téléphone s'était trouvé arrêté parce que le changement de contrat supposait une réinitialisation technique qui avait été simplement omise. Plus tard il est apparu que rien ne marchait à l'étranger. Il fallait à nouveau remettre des paramètres techniques oubliés. Pire la ligne internet rétablie est constamment perturbée par des "réinitialisations de la liaison". L'avantage de vitesse s'avère nul. Le client a compté 16 "réinitialisations"  en 1 heure.  La fibre doit être pliée quelque part ! Il n'est pas vraiment content, le "client".  Surtout qu'il s'agit d'un contrat pro. Il pensait être servi plus vite à son agence de la rue de Rennes.  Mais "le système de priorité est arrêté quand il y a trop de monde pour éviter les émeutes".  Quand dix personnes attendent depuis une heure, elles deviennent un peu nerveuses quand on leur passe devant. Humain. De toute façon le préposé ne peut rien pour le client. Il faudra qu'il appelle tel numéro, en faisant bien attention aux horaires et en se munissant de ceci et de cela. Il pourra ainsi régler sa dette et voir ses services rétablis. "Nous, on ne peut rien". Pour les "réinitialisations pénalisantes", il faudra rappeler un autre numéro. Vous savez, ces systèmes à réponse vocale qui vous demandent  des tas de trucs dont votre numéro de ligne pour faire tourner le compteur des numéros surtaxés, et finissent par vous passer une téléopérateur dont la première question est : "quel est votre numéro de téléphone". Notons que tout cela doit se faire au téléphone et qu'on vous a coupé le téléphone.

Autre exemple : EDF. Ce mastodonte monopolistique dont les salariés se sont vu octroyer 1% de la facture des "usagers", et des conditions annexes totalement abusives qui sont un des scandales Français, considère qu'il a le doit de facturer des estimations de consommation maintenant qu'il ne vient plus relever les compteurs. Alors les clients se retrouvent tout soudain avec des factures monstrueuses. 3.500 Euros par exemple pour une maison de vacances utilisée deux mois par an. Appel pour contester la facture. Engagement est pris par un "téléconseiller" (non il ne s'agit pas de l'ORTF) de ne pas prélever la somme avant une visite contradictoire. Cause toujours : le prélèvement est fait aussitôt qui met le client en défaut bancaire avec blocage de son compte et signalement à la Banque de France. On va droit à l'interdiction bancaire. De crise d'hystérie téléphonique avec robots intercalés en crise d'hystérie téléphonique, sans robots intercalés, le rendez-vous finit par arriver. A quelle heure : "entre 8 heure et 12 heures". Vous n'avez qu'à prendre un jour de congé. Normal puisque vous allez dans votre maison de vacances. Au final c'est bien une erreur. La facture n'est que de quelques dizaines d'euros !

- "On s'escuse M'sieudam".

- "Le remboursement ? "

- "Cela se fera ne vous inquiétez pas".

- "Quand"?

- "Ah çà " ! …

Les mauvais esprits diront qu'au moins EDF produit de l'électricité. Les abus sont les mêmes à Gaz de France  et ces gens là ne produisent rien, sinon quelques explosions d'immeubles qui ravagent de temps à autres des familles incrédules. Tiens, il vient de s'en produire une à Paris. Quelques morts, quelques blessés graves, quelques familles traumatisées à vie. Quelle importance ?

Dernière aventure : une jeune femme est soudain inquiète pour son œil. Une douleur atroce. Elle est "en région" (on ne dit plus "en province"). L'ophtalmo le plus proche donne des rendez-vous à 3 mois et conseille d'aller aux urgences. Oui mais lesquelles ?

- "Vous avez le choix Nantes ou Paris, je ne vous conseille pas Saint Malo : ils ne sont pas bons !"

Appel aux Quinze Vingt à Paris. Réponse : on vous attend. En attendant il faut trouver un train. Pas de chance : le trafic Dol-Rennes est coupé. Pourquoi ? Nul ne sait. La SNCF n'a pas à donner de prétexte. Cette ligne est coupée de façon régulière sans qu'on ne sache jamais pourquoi, sauf si une voiture s'est fait amochée à un passage à niveau mal fichu ou si le groupe de Roms voleurs de cuivre a été arrêté sur le fait (et si on lit le journal local). Vite trouver quelqu'un pour vous emmener à Rennes en voiture. A Rennes, le train a trois quart d'heures de retard. Toujours pour les mêmes raisons indéterminées. Heureusement qu'on a encore le droit de prendre sa voiture. Mais là Paris c'est trop loin pour demander cela à un voisin. Alors on attend. A 23 heures arrivée aux 15/20. Suivent 5 heures de salles d'attente. Il n'y a pas de place assise. Va pour une attente assis par terre au milieu d'une population presque intégralement immigrée ! L'interne le dit en riant : "nous sommes un hôpital africain" !  Prélèvement dans l'œil : c'est bien une grosse infection sous la cornée, gravissime. L'œil risque d'être perdu.

- "Il faut attendre le résultat des cultures pour connaître le germe. Je vous prends un rendez-vous avec un médecin de jour pour demain après midi. Il verra avec les résultats en main".

- "Et qu'est ce que je fais maintenant ?"

- "Vous rentrez chez vous et revenez demain".

- "Mais je couche où ? Je n'habite pas à Paris".

- "C'est votre problème. On ne fait pas hôtel".

Il est quatre heures du matin ! Un parent compatissant fera l'effort d'aller chercher la malade, épuisée de douleur, d'inquiétude et achevée par les tribulations.  Le lendemain matin coup de téléphone du médecin avec lequel le RV a été pris.

- "J'annule le RV. Allez voir un médecin de ville".

La bataille commence. Appel au laboratoire pour connaître les résultats.

- "Nous ne les donnons qu'à un médecin".

Quelques hurlements plus tard :

- "C'est une amibe. C'est très grave. Venez immédiatement aux urgences".

Retour aux urgences. Six heures d'attente. Toujours pas de place assise. Pas de déjeuner. Bonne nouvelle, ce n'est pas une amibe. "La bactérie a des poils c'est pour cela qu'ils se sont trompés". Cela reste très grave.

- "Avec l'amibe l'œil aurait déjà été perdu. On va pouvoir essayer de sauver l'œil mais le traitement est très contraignant. Il faut vous hospitaliser pour quatre ou cinq jours. J'appelle."

- "Comment cela , il est impossible d'hospitaliser  mon malade ? Rien à faire ?".

Non il n'ya rien à faire. Alors "caltez volaille".  

- "On vous donnera demain matin le collyre correspondant à la bactérie. Revenez le chercher et vous vous appliquerez le traitement vous-même : toutes les deux heures, dans l'œil, de jour comme de nuit pendant six jours. Bon courage ".

Heureusement la patiente avait de la famille à Paris. Sinon quoi ?   

L'œil sera finalement sauvé. La facture EDF sera finalement régularisée. Les lignes Orange seront finalement restaurées. La ligne Internet sur la fibre coupe toujours toutes les 30 à quarante secondes. Le technicien ne comprend pas.

-  "Tout est correct pour moi".

Tout va très bien Madame la Marquise.

Ce matin, en plein centre de Paris, une altercation vient d'avoir lieu avec un clochard qui a traité un employé de magasin, noir lui aussi,  mais pas dans le même sens, de "gros trou du cul négroïde". Ce dernier lui a collé une baffe appuyée. Le clochard est en train d'appeler la police avec son téléphone portable (sic) ! Il faut dire que son "agresseur" travaille dans un magasin dans l'entrée duquel le clochard vient d'exprimer toute sa vessie vineuse. Au même endroit la police arrêtera dans l'après midi trois trafiquants de drogue. Ils étaient suivis et on attendait le flagrant délit. Un peu plus tard cela s'énerve devant la maternelle proche. Il y a du mou dans le périscolaire (un joli titre de roman). Il a fallu rechercher les enfants en quittant le travail trop tôt. Cela grogne sur les trottoirs. Pauvres trottoirs : ils sont couverts des déjections des clochards, des mégots des clients des boutiques , et de tout ce qu'on voudra. Cela fait des années que la propreté à Paris a été à peu près abandonnée. M. Delanoë, Maire honoraire, l'a constaté dès la fin de son mandat : "Je trouve Paris très sale" !  Le cynisme, il n'y a que cela de vrai.

Payer des impôts monstrueux, subir les dysfonctionnements continuels des molochs étatiques,  vivre "dans la m…" au milieu des clodos et des délinquants de tout poil !

Allons ne vous plaignez pas : les vilains sont arrêtés, comme la bactérie tragique. Les désordres n'ont pas été complètement réparés mais dans quelques semaines peut-être…  et votre enfant finira par savoir lire et écrire si l'enseignante n'est pas adepte de la méthode globale, interdite mais pratiquée malgré tout par des débiles mentales, et que vous y mettiez personnellement. "Do it yourself" est le slogan de l'époque.  Peut-être même que la Banque de France ne vous mettra pas au fichier des incidents de paiement. Ce n'est pas joué mais avec un peu de patience !

- "C'est la banque . Ah oui, on a oublié de vous dire : on a cassé votre placement d'épargne pour payer la facture EDF".

-  "Sans me le dire ?"

- "On a le droit Madame".

La banque a tous les droits : ruiner le pays par des placements indécents et tripoter vos comptes.

L'ennui c'est que ce vieux placement connait une plus value de 200%. Cela rentrera dans le revenu de l'année d'après et le revenu exceptionnel passera  dans la tranche maximale. 45+15.5, 60.5% d'impôt sur la plus value ! Salaud de riche !  

Comment oserait-on se plaindre ? Avoir perdu le tiers de son revenu disponible, la moitié de son épargne et un peu de son temps, n'est finalement rien. L'œil a été sauvé (de peu et dans quelles conditions !)  et cela seul compte.

Ce qu'il permet de voir n'est pas terrible.

Quel effondrement ! Que reste-t-il de la France sinon une trame usée jusqu'à la corde et qui menace de céder ?

Quo non descendat ?

Pantalonnade

"À l'origine, une pantalonnade désigne un canevas d'improvisation centré sur le personnage de Pantalon, célèbre Géronte de commedia dell'arte aux comportements ridicules1.

Un fait public, comme la visite d'un officiel, un spectacle de théâtre ou un film est traité péjorativement de pantalonnade lorsque son traitement, outrancièrement expressif, ne domine qu'imparfaitement ses effets et bascule dans l'exagération bouffonne, grotesque ou même macabre au détriment du ressenti et de la crédibilité du jeu. Contrairement au cabotinage, la pantalonnade est généralement un résultat collectif. Elle découle donc plus directement du script que d'initiatives venues des acteurs. C'est donc habituellement la direction d'acteurs qui est la vraie responsable d'une pantalonnade, bien que fort souvent ce soient les acteurs et les actrices qui en prennent directement le discrédit."  Wikipédia.

Que dire d'autre de la prestation de M. Valls 2 ?

Le scénariste pense élection présidentielle. Il calcule qu'il aura couvert tout le terrain de la démagogie ne laissant pas une herbe à brouter à son futur adversaire. Tout le champ du "sociétalisme" a été  soigneusement labouré. C'est le sens du maintien de Mme Taubira et Belkacem. Tout le champ du socialisme fiscal a été ensemencé avec des mesures qui liquident radicalement les Français aisés. Pour le reste, il suffit de se garantir. Deux moyens traditionnels : L'achat de vote ; le bouc émissaire. Après la frénésie fiscale, l'annonce avait déjà été faite qu'on redonnerait de l'argent aux classes qui votent. On commence. Des milliards pour des millions de votants. Le Medef et l'Union Européenne seront les boucs émissaires. C'était à eux de faire le travail. Si cela n'a pas été fait, ce n'est pas faute d'avoir crier dans les couloirs de Bruxelles  ni d'avoir fait des cadeaux aux entrepreneurs. Et surtout ne rien faire d'autre. Ne pas toucher aux fonctionnaires. Ne pas toucher à la dépense publique. Ne rien réformer, tout en tenant le terrain avec des mesures ruineuses touchant des minorités.  Les notaires, les vendeurs de lunettes, les huissiers, ... Quel impact électoral ? NUl ? On peut y aller. Cela laissera croire qu'on réforme. Les taxis, gare, ils peuvent faire du tort.

Lors des prochaines élections présidentielles Pantalon aura un langage, une défense. L'important c'est de pouvoir montrer que l'adversaire aurait été pire que lui. Ah ! Quelle chance si "Naboleon" pouvait revenir ! Il y a de quoi le faire judiciairement frétiller jusqu'au jour du scrutin. Il cristallisera à nouveau les tensions. Son équation personnelle a une pente négative. Pantalon redressera sa courbe d'autant en comparaison.

Et la France dans tout cela ?

Quelle France ?

 

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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