Trois drames en cours.

Mugabe, sinistre vieillard, ancienne icône de la gauche conscientisée, et tyranneau sanguinaire, avait déjà défrayé la chronique en assassinant quelques blancs, en en volant quelques milliers d'autres, en créant les conditions d'une famine et en prenant la responsabilité de la dernière hyper inflation connue. Il vient de passer un contrat avec une société israélienne pour truquer les élections bidons qui donnent une apparence de légitimité à son pouvoir absolu. Ce contrat a été payé "rubis sur l'ongle"… en diamants volés. Le système monétaire international progresse.

Il est vrai qu'en Namibie, un exemple de démocratie à l'occidentale, la petite oligarchie formée au carrefour du tribalisme et du capitalisme entend bien désormais éviter les inconvénients de l'anarchie créative associée au libéralisme politique et économique. Son gouvernement vient de demander à la Chine, le pays bien connu des droits de l'homme, de construire son nouveau régime juridique. La Chine veut s'emparer des ressources de l'Afrique en utilisant les excédents majeurs de devises fortes accumulées grâce aux défauts du système monétaire international et qui représentent un multiple du PIB de nombreux pays africains. Pour cela elle est prête à rendre des services, comme celui de supprimer la démocratie. Le système monétaire qui a permis cela est sûrement parfait.

Puisqu'on parle de la Chine, notons qu'elle vient de passer avec l'Argentine des accords  bilatéraux à dimension monétaire, économique et politique marquée. On sait qu'une bizarrerie fait qu'un "hedge fund" qui avait racheté à bas prix de la dette argentine entend désormais se faire rembourser et a obtenu d'un juge américain une condamnation du gouvernement argentin à se faire. On se rappelle que l'Argentine, détruite par un péronisme irresponsable (il fallait éviter Evita !), avait tenté de s'en sortir en créant un "currency board", où sa monnaie était strictement liée à la monnaie américaine alors que le système mondial était fondé sur le change flottant.  Ce système aurait pu fonctionner dans un régime de changes fixes mais ajustables. Dans un système de changes flottants, la hausse verticale du dollar à la fin des années 1990 avait mis à l'arrêt les exportations argentines et brésiliennes. Le Brésil avait craqué le premier, dévaluant fortement sa monnaie, le Real. L'Argentine, dont le Brésil était le principal partenaire, s'était retrouvée à sec de devises donc en état de déflation monétaire radicale. Le "currency board" avait explosé et les créanciers de l'Argentine furent ruinés.  Voilà donc la Chine qui crée des accords de swap avec ce pays privé désormais d'accès au marché international des capitaux. Elle fournira des dollars à l'Argentine en contrepartie de quoi ? Ben heu ! On ne sait pas trop. L'explication publique : nourrir la Chine grâce aux exportations du "campo". Elle pouvait le faire en achetant directement en dollar la production. Alors quoi ?  Evidemment, le but est de sortir une partie des ressources de l'Argentine du "marché" pour le réserver à la Chine. Le système monétaire qui a permis cela est sûrement parfait.

Ces trois exemples sont pris dans le même numéro du Temps, journal suisse dont on ne dira jamais assez la qualité, du moins le lundi, jour des articles sur la finance et l'économie. Pour l'observateur le moins averti, ces signes témoignent que le système monétaire des changes flottants est non seulement responsable de la grande crise de la dette que nous connaissons mais destructeur de toutes les valeurs de liberté qui ont été portées par l'Occident.

On dira : vous exagérez l'exemplarité du Zimbabwe, de la Namibie et de l'Argentine ! Tout cela est du détail, et concerne des pays sans importance.

Tout de même. La Rhodésie était la Suisse du continent africain. L'Argentine est restée longtemps le symbole même de la richesse. La Namibie était le rare exemple d'une démocratie réussie en Afrique.  Avoir permis à une dictature communiste de capter les réserves de devises mondiales et l'industrie occidentale pour la laisser pourrir toutes les situations, ou autoriser un pays qui se réclame des valeurs occidentales, et vit du support américain, à pratiquer des transactions en diamants à finalité douteuse avec une dictature africaine caricaturale, sont la preuve d'un désordre international total.

Quand il n'ya plus d'ordre monétaire, il n'y a plus d'ordre politique. C'est une des lois de l'histoire.

La France au bord de la falaise grecque ?

Au bord de la falaise…grecque

 

la rentrée politique  baigne  dans le vaudeville. La réputation et la crédibilité du Président de la République ont sombré définitivement, selon les spécialistes. Que cela ne fasse pas oublier qu'une tragédie économique est en train de se jouer dans l'arrière plan, au moment même où le tissu national achève de se déchirer.

L'économie française est au bord de la falaise. Valls propose de faire un grand pas en avant …

Plus rien ne bouge en France dans le domaine économique. Tous les projets sont arrêtés depuis un an. L'immobilier a plongé. L'industrie complète sa récession profonde. Les services sont en berne. L'agriculture est en danger et crie à l'aide. Le chômage crève tous les plafonds. Le Ministère des Finances vient de déclarer qu'il renonçait aux économies prévues. Aucun des engagements européens ne sera tenu. L'Europe regarde la France avec inquiétude. Si elle sombre dans la situation grecque, tout le monde en est sûr, c'est la fin de l'Euro. Alors Mario Draghi ouvre les vannes d'un Quantitative Easing qui n'ose pas dire son nom. Alors Angela Merkel grogne, mais cède. Mais plus personne ne sait comment cela va tourner. La crise était finie. La voilà de retour, plus âpre que jamais. Le bord de la falaise est là, et c'est une falaise grecque. Comme George Papandreou, Hollande hésite à plonger et se tortille.

Sarkozy et Merkel l'avait finalement poussé dans le vide.

Personne ne poussera la France dans le vide.

Mais elle peut y tomber toute seule. La procédure budgétaire est bloquée. Plus personne ne sait comment la boucler. Tout le monde sait qu'il va falloir mentir, tricher, manœuvrer l'opinion et les organismes de surveillance. La France ne peut plus payer son train de vie étatique depuis longtemps, mais en dépassant 200% de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand, la dette est désormais incontrôlable. On a commencé à ruiner "les riches". Les vrais riches quittent le navire. Alors on va écraser la partie aisée de la population qui ne peut ou ne veut pas partir. Ce n'est qu'un leurre. Quand les Français aisés toussent, la France pauvre crache ses dents. Dix millions de Français à la gamelle et dans la dépendance de l'argent public sont en danger de perdre tout ou partie de leurs moyens de subsistance. On leur a livré en pâture une démagogie anti-riches. Cela ne nourrit pas. Ce qui reste de la classe ouvrière est chez Marine Le Pen. Les "sans-dents" ont des crocs politiques. En attendant les crocs de boucher ?

La question se déplace désormais de l'économique vers le national. La posture électoraliste de François Hollande était d'affirmer que les riches paieraient. Le mensonge se retourne contre le démagogue. Tout le monde paie et durement, dans son patrimoine mais aussi dans sa vie. Voici ce reliquat  de président qui déclare lors d'une réunion de l'Otan, le lieu rêvé pour ce genre de déclaration, qu'il est "le président des pauvres", sans doute pour faire pendant à la caricature qu'il a faite de son concurrent comme "président des riches".  Personne ne se veut pauvre en France. Les Français ont traduit : "je suis le président de la pauvreté pour tous". Ils n'ont pas besoin d'un succédané d'abbé Pierre pour diriger le pays. Mais cela fait tellement de temps que les socialistes se comportent en curé.  Drôles de curés, toujours en chaire, rarement au sacrifice. Deux ministres fraudeurs fiscaux tenaient pour le PS la commission de lutte contre la fraude fiscale. Normal ! Où auraient-ils été mieux protégés ? Le Parti Communiste, à la Libération, s'était ainsi gonflé de nombre de collaborateurs et d'attentistes douteux. Où pouvait-on être mieux protégés que dans le parti des 50.000 fusillés avec à sa tête un mécano de chez Messerschmitt ? Alors la piétaille se révolte contre le Pape indigne. "Il faudrait le destituer" affirme dans le privé un Ministre important du gouvernement Valls.  Comme si la question de l'homme était la plus importante, voire la seule importante.

En cultivant le dégoût de l'histoire et des composantes de la nation, la gauche socialiste n'a pas créé un nouveau monde français apaisé, pur et limpide. Lors d'une réunion d'adolescents la question est posée : "que comptes-tu faire plus tard ?" Tous, absolument tous, ont déclaré qu'ils chercheraient un avenir hors de France. Tous. On annonce que les Juifs français font leur Alya par gros bataillons et sont ceux qui alimentent le plus le "retour" vers Israël. Toute la couche entreprenante est en mouvement, pas seulement celle-là. La culpabilisation des Français comme nationalistes, impérialistes, colonialistes, antisémites, racistes, sexistes, esclavagistes, et capitalistes soucieux de faire suer le burnous d'une classe ouvrière dominée, a crevé le tissu moral de la Nation. Hyper fiscalité punitive, hyper protection punitive du salarié, hyper protection déraisonnable des fonctionnaires, des personnels à statut, des femmes seules, des immigrés, des laissés pour compte, des petites mains du spectacle, etc. ont créé une situation intenable. A force de voir les Français en victimes, le socialisme larvé à la française en a fait des victimes.

Tout le monde a compris que le vol définitif des classes aisées ne changera rien à la condition de toutes ces catégories. La "stigmatisation" d'un prétendue "islamophobie" tombe à plat devant l'évidence de la barbarie du nouveau Califat constitué avec l'argent de nos amis les Cheiks gavés de rentes pétrolières et  à qui nous faisons des ponts d'or noir en France, pendant que les banlieues islamisées trafiquent et nourrissent le djihad. De Kelkal à Merah, le chemin de la défiance française n'a pas longtemps sinué.    

En Grèce, les fonctionnaires ont vu leur salaires et pensions baisser de près de 40% ! Les femmes sont hagardes. Les hommes à la rue. La salariés ? A merci. Les dockers qui restent filent doux sous la férule chinoise au port du Pirée. Partout la haine : haine de l'Albanais immigré ; haine des élites gouvernantes ; haine des armateurs ; haine de Merkel, "la nazie". Certains sites la présente nue avec une petite moustache… Des partis extrêmes sont au bord du pouvoir et de l'affrontement. Seuls des aides européennes évitent la guerre civile.

La France peut-elle suivre ce chemin là ? Non, car l'Europe n'a pas les moyens de payer ce qu'elle paie pour la Grèce. L'effondrement de la France au bas de la falaise grecque signifie la fin de l'Euro et de l'Europe.

Alors l'Europe va céder. Le triomphe de Merkel est factice. La nomination de Moscovici  la Commission en est un marqueur. L'acceptation que Draghi viole tous les principes de la Buba, dévalue l'Euro fortement,  et se lance dans le "quantitative easing" en est un autre. Le renoncement à obtenir de la France qu'elle tienne ses engagements en sera un troisième.

France en déshérence, Europe qui renie tous ses principes et viole tous ses traités, nervosité militaire dans l'ancien bloc soviétique, Russe ou Chinois, auto-destruction des nations vivant de la rente pétrolière, Etats-Unis aux abonnés absents, avec aucune réforme d'envergure du système faussé et lui aussi auto-destructeur des changes flottants.

Le pire n'est pas encore là. Mais la menace du pire est désormais crédible.

On mesure à nouveau l'incroyable erreur des deux premiers G.20 qui n'ont pas compris les causes de la crise  et ont laissé croire qu'en réaffirmant sa foi dans le système intenable mis en place à Jamaïque, il se réparerait tout seul, pourvu qu'on ouvre grand les vannes monétaires, qu'on relance à tout va, qu'on châtie les traders et les banquiers et qu'on modifie les règles comptables.   

Le seul avantage de ce désastre est dans sa pédagogie : la malfaisance du système des changes flottants et de la liberté totale des mouvements de capitaux, d'hommes et de marchandises, alors que chaque pays fait ce qu'il veut,  est désormais prouvée même si elle n'est pas encore actée. Les absurdités du système monétaire de l'Euroland ne peuvent plus guère être cachées. Le cycle ouvert par Mai 68 se referme en France. Le socialisme, même dégagé du communisme et de ses crimes, cela ne marche pas et aggrave tout. La France finit d'en faire la preuve par zéro, alors que les pays anciennement socialistes l'ont compris depuis au moins tente ans. On progresse.  

Encore faudrait-il que ces leçons soient assimilées et les corrections nécessaires appliquées. On en est loin.

Le pire n'est jamais sûr.

Mais le drapeau noir flotte sur la marmite. Les sièges de commandement sont vides. La falaise approche.



Rentrée 2014 : les Français sidérés.

L’ambiance est un sentiment fugace. Il est nécessaire de le fixer avant qu’il ne s’évapore. Les historiens sont incapables de le reconstituer et quiconque a regardé une émission de télévision cherchant à faire revivre un moment du passé qu’il a vécu ne reconnait rien de ce qu’on lui présente.

Alors pour aider l’historien qui se penchera sur cette rentrée 2014, essayons de capter les effluves du sentiment général.

D’abord et avant tout, les Français qui viennent de recevoir leur décompte final d’impôt sur le revenu 2013 n’en croient pas leurs yeux. L’augmentation est terrible pour beaucoup d'entre eux. Déjà l’année dernière il avait fallu casser la tirelire pour payer et une révolte avait fini par se produire avec les "Bonnets Rouges". Cette année les tirelires cassées ont créé des plus values intégrées dans le revenu et  les Français découvrent que la tranche haute est à 45 + 15.5 de CSG soit 60.5%. Quand ils ne paient pas le surimpôt de 5%, ce qui porte le tout à 65.5% ! Comme ils ont  utilisé les premiers  40% pour payer l’accroissement massif des impôts votés en 2012, il ne leur reste plus rien de leur épargne ! Tout est parti en deux ans.  Beaucoup découvrent qu’il faut vendre leur immobilier. Ceux qui ont voyagé cet été l’ont constaté : partout des écriteaux « à vendre ».  L’immobilier de loisir est à l’encan.  Et quand il sera vendu, gare aux plus values et aux redressements d’ISF. L’épargne de précaution se vide à gros bouillon. Les mesures de 2013 permettent à l’Etat de la voler sans scrupules. Partout des familles partent à l'étranger, soucieuses de conserver un peu de leur avoir « pour finir » ou pour aider leurs enfants. On voit cette situation curieuse où des employeurs français qui faisaient travailler des Portugais se retrouvent au Portugal  pour fuir un pays malade de son hystérie fiscale et qui annonce de nouveaux prélèvements ciblés !

M. Hollande se retrouve avec 13% d’opinions positives. C'est tellement bas que personne ne parvient à y croire. Son ancienne compagne, traitée avec plus que de la désinvolture, de la goujaterie assumée, sort en librairie un témoignage qui ne fait pas du résidant de la rue du Faubourg Saint Honoré une figure bien honorable de notre Panthéon national. Quo non descendam ?

Ce « président » a tout raté et finalement ruiné un grand nombre de Français réduits au chômage de masse ou à des changements radicaux de conditions de vie pour aucun résultat national. La contradiction entre la jouissance manifeste  qu'il montre dans l’exercice de fonctions dont il se montre indigne et le mépris public pour sa personne et sa gestion, est une dimension charnelle de cette rentrée. Elle met en cause l’institution présidentielle elle-même. Si l’élection présidentielle est un simple cadeau fait à des ambitieux sans substance, elle devient peu pertinente. L’explosion du gouvernement Valls après quelques semaines de non-fonctionnement, traduit par des couacs, des pas de clerc, des silences gênés et des rodomontades, alors que la situation économique s’effondrait, a fait ressurgir les parfums délétères de la Quatrième république. Surtout qu'à peine nommé voilà déjà un nouveau membre du gouvernement, au demeurant parfaitement inconnu, renvoyé à la régularisation de ses fraudes fiscales...

L’impotence et la négligence hollandaises ont stimulé les ambitions présidentielles dans son camp comme dans les oppositions. Mais les Français découvrent qu’ils n’ont pas de leader du niveau suffisant.  Bayrou s’est tué en soutenant Hollande. Fillon s’est tué dans sa guerre avec Copé.  Sarkozy fatigue le pays avant même d’avoir officialisé son retour politique. Les autres sont un peu jeunes. Alors le ton est au soutien de M. Juppé, dont on juge que les condamnations pénales anciennes étaient  subrogatoires, la morgue, un pêché de jeunesse et le socialisme larvé, sans grande importance, compte tenu de ce qu’on vient de vivre. Malheureusement il n’a aucun programme et, hélas, aucune plénitude de vue. Une relance de l’énarchie compassionnelle, sans la compassion, et le souvenir des plus grandes grèves que la France ait jamais connues depuis un demi-siècle s’ajouteront à l’absence totale de plan d’action  pour dissiper l’illusion Juppé. En attendant M. Juppé vit son heure de délice, un moment rare pour « Amstrad »qui en jouit intensément. Allons, tant mieux !

Une impression de vide politique s’est créée qui n’est pas gommée par les palinodies de M. Valls, chargé de tenir l’estrade par tout moyen et de priver la droite d’arguments en lui prenant sa rhétorique. Entendre chaque ministre tenir un propos symbolique de la droite la plus caricaturale sur l’immigration, l’aide aux chômeurs, les 35 heures, en même temps qu’on recrute un jeune normalien, aimant la finance  et un temps courtisé par N. Sarkozy, pour gommer des slogans (« je n’aime pas les riches" ;"mon ennemi c’est la finance") signent l'abaissement de la France dans la manœuvre politicienne de bas étage. Les Français le ressentent.  

Il est vrai que le bilan, malheureusement prévisible, de la politique imbécile suivie depuis deux ans et demi est tragique. Chômage en pleine explosion ; dettes incontrôlables ; faillites au plus haut historique ; déficits internes et externes incontrôlables ; construction en régression ; niveau de vie par personne en baisse. Ce n’est plus un bilan, c’est un avis de décès national. Surtout quand on se comporte en renégat satisfait sur tous les engagements internationaux qu’on a pris. Notamment vis-à-vis de l’Europe.

On sait bien que les penseurs politiques du gouvernement ont préparé quelque chose et que la contre offensive va avoir lieu, probablement avec de nouvelles annonces chocs. Après avoir provoqué la droite avec la promotion de Mme Belkacem, promenée comme un toutou par le chef du gouvernement et la maintien de Mme Taubira, qui catalyse de nombreux rejets, et la gauche avec les boniments sur le social libéralisme, il est probable que la présidence a concocté un plan pour éviter que le débat budgétaire ne tourne à nouveau à la révolte et noyer le poisson. Attendons un peu pour savoir ce que les "spin doctors" ont imaginé. Il est toujours plus facile de remonter quand on a touché le fond.

Parlons de l'Europe .

La comédie européenne se déroule sous les yeux de spectateurs taiseux mais faussement impavides. On a changé de femme au « ministère des affaires étrangères européennes » (sic). La sortante était décidemment trop moche. Alors on a casé une jeune blonde. De toute façon, elle n’a aucune importance, les gouvernements européens étant en désaccord à peu près sur tout et n’ayant aucunement la volonté de mettre en commun des moyens militaires conséquents. Les Pays-Bas ont même poussé le chic jusqu’à supprimer leur armée, se contentant de loger de minuscules unités dans celle des autres !  Un Président européen et surtout polonais remplace le rompu Rompuy. Il n’y avait pas grand-chose à remplacer. On est heureux que des postes soient pourvus mais personne ne sait pour quelle politique ont été choisies les nouvelles éminences. C’est toute la beauté de l’Union Européenne. On élit des députés sans programme. On nomme des dirigeants sans feuille de route.    En attendant, comme l’affiche en première page The Economist, l’Europe sombre.

Au niveau mondial on découvre que le prix Nobel de la Paix, Obama, a abandonné le terrain. Partout des puissances néocoloniales exercent leur pression sans pitié ni réserve. La Russie veut recoloniser l’Ukraine de l’Est, en attendant de reprendre l’Ukraine de l’Ouest. Les imbéciles croient que les Ukrainiens sont des Russes et quand ils ne le sont pas, de vils fascistes : 75 ans de propagande soviétique jamais contredite en France, cela  crée des habitudes. La Chine réprime violemment les révoltes au Tibet et dans ses marges. Elle rétablit totalement son emprise sur Hong Kong. Israël étend ses colonies. Pendant ce temps là la folie djihadiste embrase les pays musulmans avec une sauvagerie médiévale.

La gouvernance économique mondiale est au point mort.  La présidente du FMI est mise en examen.  Les causes de la crise et l’étude sereine des moyens d’en sortir, eux, n’ont toujours pas été mises à l’examen.  Chacun fait ce qui veut et ce n’est pas la réunion au « trou du fils de Jacques » (la trop symbolique ville de Jackson Hole) des gouverneurs de banque centrale qui aura fait progresser quoi que ce soit. Croire que les banques centrales peuvent résoudre, à elles seules, les difficultés  du moment, fait partie de ces erreurs récurrentes qui pourrissent l’esprit des économistes et des politiques. Les banques centrales sont comme les psychanalystes : elles ne peuvent guérir que les maladies qu’elles provoquent. Et encore, avec difficulté. La vérité est que le monde est en croissance très faible sans réelle reprise des  échanges internationaux ou de mouvements de capitaux raisonnables. La panique reste la règle. Jouer avec le feu n’est pas investir. Alors diminuer le taux d'intérêt de la BCE à quasi zéro (moins que l'inflation) sera sans doute un coup pour rien. Quand l'économie réelle est à 100 et les dettes à 400, le taux d'intérêt ne sert qu'à faire survivre les spéculations anciennes et à en nourrir de nouvelles. 

Reste la parole des économistes officiels. Comme toujours elle est indigente, et stimule l’indigence des notables.

Le CAE a voulu faire sensation avec un rapport apocalyptique sur la baisse de la productivité conduisant à une France définitivement en faillite. La productivité est un ratio. Si la croissance baisse et que le nombre d’habitants augmente, la productivité globale baisse nécessairement. La productivité globale n’est pas la somme des capacités potentielles de productivité. Ce n’est pas un agrégat, seulement un rapport. La vraie question est de comprendre pourquoi :

-          Le trend baisse régulièrement  à chaque décennie depuis 1971

-          Chaque crise périodique est plus forte

-          L’endettement  global qui baissait depuis 1944 a commencé à augmenter à partir de 1972 et a atteint des niveaux intenables.

Cela n'a strictement rien à voir avec la productivité potentielle.

Ces éminents économistes n’ayant jamais posé la question et n’ayant pas prévu la crise de 2007-20xx se contentent de gloser sur des apparences.

L’informatique a eu des effets sur la productivité absolument majeurs  Pour avoir chevaucher ce courant pendant 40 ans, je crois pouvoir l’affirmer avec des exemples particulièrement significatifs.

Plus généralement, jamais n’a-t-on vu à travers le monde autant de gens travailler à tant de nouveaux produits, et ouvrir autant de nouveaux marchés.

L’agriculture a connu des progrès de productivité absolument gigantesques. Il n’empêche qu’en Union Soviétique, on n’ a jamais pu nourrir la population. Ce n’était pas une question d’absence d’outils de productivité mais d’organisation défectueuse. Le potentiel de productivité est illimité et croire que cela va s’arrêter est absurde.  Croire que la productivité ne produit des gains qu’au profit d’une toute petite minorité est également absurde. Les beaux esprits imaginent que la richesse ne « cascadera » plus du haut vers le bas. Ils n’en donnent jamais la preuve. Ce sont de simples affirmations. Toutes les grandes crises ont stimulé ce genre de commentaires sans fondement.

L’Expansion recense les suggestions faites pour sortir de la crise française et les mauvaises idées. La lecture n’est pas consternante. Tout le monde a un peu raison, sauf quelques déraisons militantes. Mais personne ne sait comment appliquer ne serait-ce que le millième des mesures proposées. Personne ne parle de l’essentiel : la France ne peut pas s’en sortir seule et l’économie mondiale et européenne ne peuvent pas repartir sans réorganisations profondes.

M. Fillon a parfaitement raison : il faut bien baisser la dépense publique en reformatant l’Etat français, transférer sur la TVA les mesures de solidarité qui dépendent  de la nation  toute entière, rendre à la négociation dans les entreprises le temps de travail et les autres questions d’organisation sociale. La réduction du nombre des régions en soi n’apporte rien de convaincant, c’est vrai. Il faut bien éliminer un échelon. 

M. Peyrelevade veut réformer la Constitution pour éliminer certains blocages. Il a bien raison même si on pourrait lui suggérer d’autres articles à modifier que ceux qu’ils proposent. Il n’a pas tort d’affirmer qu’utiliser le CICE à augmenter les salaires n’améliorera pas la compétitivité ! 

Le PDG d’Air France explique qu’il faut desserrer le nœud coulant qui étrangle la vie sociale et qu’il faut réduire les dépenses sans casser la croissance. Les vérités premières pleuvent dans le rouge tablier.

Mme Verdier-Molinié veut geler toute embauche dans les trois administrations  et renoncer à fixer une durée minimale de travail. D’accord, mais est-ce que c’est réellement suffisant ?

A Rexecode on veut dynamiter le « mille feuilles » et supprimer le tiers payant. Certes. 

Au mouvement « Nous Citoyens » on veut supprimer le motif de licenciement et interdire les emplois dits d’avenir. Il est vrai que tous les licenciements sont devenus contentieux et que les "emplois d’avenir" n’en ont pas.

Pour le Nouveau Centre, il faut revenir aux 39 heures et ne pas faire confiance à la négociation entre partenaires sociaux.

Pour un certain Piette, il suffirait de renvoyer l’essentiel des règles sociales à la négociation entre les patrons et les syndicats, sauf un petit noyau dur d’ordre public.  Et il faut arrêter de surtaxer les riches.  

Pour un certain Tétreau, il faut se garder de faire des économies sans stratégie et réformer la formation professionnelle. Ouvrez à nouveau vos rouges tabliers.

Etc. Etc.

Si on veut bien se pencher sur les questions de fond, on arrive à un plan profondément différent.

-          Il faut revenir aux changes fixes et à l’obligation d’éviter les déficits et les excédents monstrueux.

-          A l’échelon européen, faute de pouvoir casser la zone euro sans aggraver la crise et ruiner tout le monde, il faut créer un poste de chancelier chargé de la coordination économique et monétaire, avec dans sa dépendance la BCE. Il faudra bien que la BCE finance les Etats en faillite et que le change externe soit géré.

-          En France il faut reformater radicalement l’Etat, réduire le champ des gratuités, unifier, temporiser et conditionner les aides, cesser de piller le propriétaire, qu’il soit loueur immobilier ou actionnaire d’entreprise, surtout lorsqu’il est en difficulté,  et réduire les mille et une subventions qui arrosent le décor électoral.

Reformater l’Etat ne consiste pas seulement à réduire le budget militaire au point que les missions de défense ne peuvent plus être assurées pas plus que la présence de la France dans le monde.

Il faut tailler dans le vif aussi ailleurs, c'est-à-dire supprimer des missions actuellement financées sur fonds publics. Un exemple : supprimer les Frac ; interdire les subventions à des projets à l’étranger aux collectivités locales ; fusionner d’autorité des institutions ayant le même objet ; fusionner des subventions ayant des objets proches. Il y a 500 à 600 thèmes de ce genre à analyser. Tant qu’un candidat n’aura pas listé les missions trop coûteuses en l’Etat de nos finances, il ne se passera rien. D’autre part il faut empêcher les statuts qui interdisent toute reconfiguration de l’organisation de l’Etat. Le statut de fonctionnaire devrait être réservé aux fonctions de catégorie A. Tout le reste doit être contractualisé.

Dans la santé, la vraie question est celle du petit risque et du champ de la gratuité. La question de l’unification du système de retraite autour d’un système à point, avec départ général à 67 ans et un minimum d’années de cotisation est difficilement évitable. 

On voit bien qu’aux trois niveaux mondial, européen et national, ces réformes sont impossibles.

Les Etats-Unis ne veulent pas revenir aux changes fixes et imposer la fin des excédents et des déficits grotesques.

L’Europe se ridiculise et ne veut pas faire autre chose que semblant.

Le gouvernement Valls fait de la politique en essayant de priver l’opposition de programme. Mais la gabegie continue dans le détail. Celle du jour : on aidera aux études supérieures même les mauvais élèves. La condition de mérite est supprimée. Les palinodies politiciennes continueront jusqu’aux prochaines élections présidentielles en dépit du désastre général constaté, sans aucune vraie réforme sinon d’apparence.

Le citoyen aura l’impression justifiée que ceux qui font de la politique ne veulent qu’assurer leur petit avenir personnel en manipulant l’opinion. Son mépris ne fera que grandir à proportion de la diminution de son avoir.

Actuellement à droite on espère en Juppé. A gauche dans le succès d’une politique de droite menée par Valls et quelques gros coups de bluffs lancés par Hollande à la mi septembre. C'est-à-dire qu’on se cache une dernière fois derrière son doigt.

Cette rentrée 2014 est sans doute le dernier instant où le Français aura cru que la France pouvait s’en sortir. La France dopée de l’après guerre qui s’était remise au travail et avait commencé à rattraper ses retards est désormais définitivement cassée. Il aura fallu quarante ans, ce qui prouve la résilience française.  

Le temps de la résignation au pire et du chagrin national s'installe insidieusement. On peut craindre que les nouvelles manœuvres qui vont se dévoiler dans quelques semaines ne modifient pas cet état d'âme dépressif.

M. Hollande : "J'aime la droite". Vers un gouvernement Valls 3 ?

Après la déclaration d'amour de M. Valls aux entreprises ("j'aime l'entreprise") et celle de  M. Hollande ("j'aime la droite"), des discussions sont menées pour déterminer les contours du nouveau  gouvernement Valls 3 qui  devrait être annoncé après la nouvelle bérézina socialiste aux élections régionales. Il est vrai que 300.000 nouveaux chômeurs se seront ajoutés aux millions d'anciens , que le mur des 2.500.000.000.000 d'Euros de dette d'Etat aura été allègrement enjambé et que les taux d'intérêt auront commencé à remonter.

Nous avons récupéré chez Mediapart la copie volée du projet de discours de M. Hollande.

"Moi, Président, je reste Président de la République, mais pour inaugurer les  chrysanthèmes. J'ai découvert cela au printemps 2014 et , après plusieurs mois de cette intense activité, je confirme que j'aime cela. Bien sûr, j'animerai mon domaine réservé, mais je serai un Président normal au format Troisième  République, que j'ai aussi redécouvert en commémorant la guerre de 14. Oui on a calomnié le Président Deschanel !  On a bien le droit de descendre d'un train en marche ! On sait par ailleurs mon admiration pour mon exemple : l'exceptionnel procrastinateur, M. Queuille.

J'ai demandé à M. Valls de former un nouveau gouvernement de droite homogène. Il m'a proposé la composition suivante :

Ministre du Budget : Collomb (il va découvrir un nouveau continent de dettes) .

Ministre des finances,  de l'économie, de la fonction publique  et de la réforme de l'Etat : Fillon (il a des idées)  

Ministre de l'intérieur : Juppé (j'aime les bruits de botte)

Ministre de l'Education Nationale, des universités, de la recherche : Pécresse (sait faire)

Ministre des armées : Le Drian (sait faire)

Ministre de la population civile (famille, sport, anciens combattants etc.)  : Chatel (un job fait pour lui)

Ministre de l'Ecologie : Ségolène (je lève mon casque à la mère de mes enfants)

Ministre  des Affaires étrangères : Fabius (sait faire)

Ministre des relations avec l'Union Européenne : Wauquiez  (il rassurera sur notre dynamisme institutionnel  pour une Europe élastique)

Ministre des affaires sociales  et de la santé publique: Bayrou (peut faire ses preuves)

Ministre de l'industrie, de l'agriculture et de la pêche : Bertrand (il pourra arrêter sa cure d'amaigrissement)

Ministre de la Justice et garde des sceaux  : Bilger (Il saura effacer "le mur des c…" et restaurer un minimum la dignité de la fonction)

Ministre du commerce  et de l'artisanat : Placé (ainsi placé il ne peut pas faire de mal et pourrait cesser d'être déplacé)

Ministre de la Culture : Pellerin (elle joue d'un instrument de façon intermittente et il faut une place pour la diversité)

Porte parole du gouvernement  : Lemaire  (Le masque et la plume).

Les quatre anciens premiers ministres (Fillon Valls, Fabius et Juppé) auront naturellement rang de Ministre d'Etat.

Je promet que je ne me représenterai plus jamais à une quelconque élection, que j'ai vendu mon scooter  et que j'aurai  un rôle consensuel  et responsable  pour l'unité générale de l'équipe. Je m'engage à ne plus sourire comme un benêt à la moindre occasion et de changer de conseiller en tenues et maintien.

Une grande conférence va être réunie, un "grenelle de la droite efficace", pour détailler le contenu de la réforme constitutionnelle, et des quatre ordonnances indispensables.

Sarkozy gardera sa barbe de trois jours  et fera des conférences lucratives. Il aime tchacher et n'est pas Thatcher.    M. Mélenchon et Mme Le Pen aboieront au passage de la caravane. Et alors ?   

Quand nommerai-je le gouvernement Valls 3  : immédiatement après l'échec aux régionales du PS qui marquera une défiance définitive vis-à-vis de moi-même comme ancien président "de gôche" et amateurs de provocs minables. Il sera temps d'être moi-même, Président,  certes, mais de droite. J'assume.

Tous les ministres choisis  sont à peu près justifiés à leur poste. On n'aura plus l'impression pénible actuelle de ministres  qui flottent dans le costume.  Bilger est incontrôlable et incontrôlé mais il a du bon sens et se trouve hors du champ clos des conflits politiciens.  Tous et toutes ont les capacités et le bagage nécessaires pour travailler efficacement.  Ségolène est le maillon faible.  Mais j'ai bien le droit d'avoir des faiblesses résiduelles.  

Honnêtement, la France n'a pas besoin de Belkacem ou de Taubira, de Dati ou de Morano, de Sarkozy ou de Copé, de Montebourg ou de Hamon, d'Hortefeux ou d'Estrosi.

Moi Président de droite, je pourrai être moi-même, au lieu de me perdre dans les plans com' ratés, les petites manœuvres politiciennes de m…,  les arrangements de premier secrétaire de parti (sans laisser d'adresse), et les provocs inutiles.

On dira qu'on laisse le champ libre aux extrêmes. Que l'UMPS fantasmé deviendra une réalité qui fait le lit des Le Pen. Que l'extrême-gauche sera revigorée.  

Cette Union sera pour deux ans. Elle aura rasséréné le pays et permis probablement de prendre des mesures indispensables que tout le monde connait et attend et qui ne sont bloquées que par des positionnements politiciens ridicules.  

Je ne vois pas, dans cette équipe, de conflit potentiel insurmontable  sur la politique économique, sécuritaire, étrangère,  et européenne. Aussi bien, les questions de santé publique et d'éducation  sont quasi consensuelles si on supprime  les excès idéologiques.

Les principales difficultés porteront sur la nouvelle géométrie de l'Etat, la réduction drastique des dépenses publiques, la reconfiguration de relations plus sereines et équilibrées entre les différents acteurs économiques avec suppression des hystéries et des abus. 

Mais l'échec prévisible de l'action du gouvernement Valls 2 d'ici huit mois, forcera tout le monde  à de nouvelles concessions. J'aurai dfinitivement prouvé qu'une gouvernance de gauche  menait à la faillite. Cela dégage le terrain.

Oui il faut une révision de la Constitution pour restaurer la souveraineté nationale  sur les droits fondamentaux, comme en Allemagne et refuser "le gouvernement des juges" étrangers. Le Conseil Constitutionnel doit seul dire ce qui est conforme à notre Constitution.  Je soutiendrai les initiatives en ce sens de M. Cameron dans les instances concernées. Il faut réduire le mille feuilles administratif en supprimant des échelons ; interdire les rémunérations publiques multiples, assurer la priorité du droit à la continuité du service public  sur le droit de grève, introduire une responsabilité pénale des juges pour les actes répétés de violation du droit au nom d'un justicialisme de pacotille, ou pour incompétence notoire, forcer le regroupement des communes, interdire la compétence générale aux régions, et réduire l'ampleur des deux assemblées, tout en supprimant le CES. Nul ne pourra se faire prélever plus de 50% de son revenu. La Constitution le dira.  On peut espérer que les milliers de fortune qui se sont exilées pourront revenir. Nous avons besoin d’elles.

Oui il faut quatre ordonnances  :

- Une ordonnance sociale portera  sur l'organisation du travail et la retraite.  Un système de retraite unique   sans autre exception que le régime des militaires, sera mis en place. La retraite à point, avec départ  à 67 ans, à taux plein pour 45 années de cotisation, sera instaurée. La durée du travail sera portée à 40 heures par semaine, avec liberté de modification par accord de branche ou d'entreprise. Des mesures seront prises pour libérer l'emploi salarié des mille et une contraintes qui l'asphyxie. Les seuils seront naturellement revus. On a été beaucoup trop loin dans la protection du salarié qui désormais cherche à gagner de l'argent par l'abus et non plus par le travail. J'en suis le meilleur exemple.

- Une ordonnance fiscale permettra de remettre de l'ordre, de la simplicité , de la justice et de la continuité dans les règles fiscales. L'ISF sera supprimé. Une taxation appropriée de l'épargne et de l'immobilier sera recréée. Conformément à la nouvelle constitution, nul ne pourra plus se voir prélever plus de 50% de son revenu.  La question des revenus en provenance de pays multiples sera réétudiée.  

- Une ordonnance visant la réduction drastique et prolongée de la dépense publique stipulera une réduction de la couverture du petit risque, le plafonnement de la dépense par tête dans les collectivités locales,  la réduction de l'emprise des missions de l'Etat avec suppression de pans entiers de secteurs subventionnés, la spécialisation des subventions par étage administratif (pas de subvention conjointe), la temporalisation  et fusion des diverses  aides sociales, avec publicité des allocations et justification des décisions portant sur les dossiers d'aide, introduction d'une "entrance tax" ou d'un délai de contribution active,  avant de pouvoir bénéficier de secours publics.  Le plan portera sur une réduction de près de 120 milliards d'euros de dépenses publiques par an.

- Une ordonnance définira les nouvelles règles d'ordre public et de "retour à la civilisation". Elle empêchera tout risque de "justicialisme", cette doctrine empoisonnée qui veut que le juge n'applique pas la loi mais prend des décisions  en fonction de son idée des rapports de force nécessaires dans la société et de ses options politiques. L'entreprise ne doit plus être considérée comme une vache à lait judiciaire. Le champ pénal sera fortement réduit dans le droit des affaires.

Je donnerai mon accord à ces ordonnances si elles vont vraiment au fond des choses  et changent profondément la donne pour  revenir à plus d'indépendance, de prospérité et de sécurité dans le pays.  

Françaises, Français, Moi Président, j'ai l'impression de faire enfin mon boulot. Quand je regarde mes premières années aux manettes, je suis scandalisé de ce que j'ai fait. M. Depardieu, je vous demande de m'excuser d'avoir monter l'opération d'insultes qui vous a frappé. Je fait mes excuses à la Nation tout entière.

J'espère que le nouveau des choses rétablira autant que faire ce peut mon bilan aux yeux des Français et que la faillite de la France, que mon action initiale préparait, pourra être évitée. J'avais dit que je mettrai mes pied dans les traces de Mitterrand. Il s'est vanté d'avoir détruit le communisme. Moi-même j'aurais détruit le socialisme. Qui le regrettera ?

Voilà. Maintenant j'ai quelques emplettes à faire chez les fleuristes agréés de la Présidence de la République et je dois chercher un bon parapluie. J'en ai marre de dégommer un costume à chaque visite officielle. Il faut montrer l'exemple de la réduction de la dépense publique."

 

VZ

Le Grand Mensonge Immobilier

Pour l’observateur, l’économie de l’immobilier, dans ses  multiples  aspects, construction neuve et marché de l’occasion, « l’ancien »,  immobilier de bureau ou de logement, immobilier de loisirs professionnel et non professionnel, immobilier de propriétaire occupant et immobilier de propriétaire non occupant,  est un sujet de frustration constant.

Le mensonge, par abstention d’une façon générale,  prévaut systématiquement  dans la couverture médiatique dès qu’il s’agit d’immobilier.  Toute la presse est dépendante de la publicité immobilière. Le politique est constamment sollicité par la question du logement. Les intervenants professionnels n’ont qu’une crainte : que l’on dise que les prix baissent.  L’industrie, la politique et les médias sont donc tous unis dans la certitude qu’il ne faut rien dire ou écrire qui puisse « créer une psychose » sur le marché immobilier. Il est vrai que quand le « bâtiment va, tout va », la phrase type qui sert de couverture à tous les silences.  Il est rare qu’on puisse voir le puits s’ouvrir et quelques vérités s’échapper.  Les ambitions présidentielles d’une certaine Mme Duflot, ci-devant ministre du logement dans le gouvernement de M. Ayrault, ancien Premier Ministre de M. Hollande déjà oublié , oblige M. Valls, le nouveau,  et le PS à partir en guerre contre la « renégate ».  Donc à avouer quelques erreurs et annoncer quelques correctifs.

Peut-être est-ce l’occasion d’aller un peu au-delà de cet exercice politicien  et d’examiner  quelques  vérités qui mériteraient d’être aérées un peu plus souvent ?  

La première vérité est que le cycle immobilier existe.  Pour simplifier disons que l’immobilier connait un cycle de 20 ans.  La phase haute du cycle immobilier correspond très généralement à la phase finale du cycle court global  qui précède une crise sévère.  Pour s’en tenir à la France, le marché fonctionne de 1953 à 74 où il s’effondre.  Il repart jusqu’en 93, où il s’effondre. Il repart progressivement jusqu’à 2008 où il s’effondre. Le rythme de 20 ans est assez net.  Nous sommes donc au départ d’une phase basse. Il faudra maintenant plusieurs années pour que le marché retrouve une tendance haussière forte.

La seconde est de ne pas voir le rôle essentiel de l’immobilier dans « l’économie baudruche » qui s’est installée progressivement  depuis  le début des années 70.  L’immobilier est « une classe d’actifs » comme on dit maintenant. Lorsque la dette globale est à plus de 400% du PIB marchand, on a vu qu’elle ne pouvait plus être justifiée par des flux  de remboursements associés à la production.  Elle ne peut se nourrir que de plus-values potentielles.  Dans la pratique l’immobilier  va fonctionner   presque automatiquement selon un schéma  de bulles. Massives, elles sont  extrêmement dangereuses lorsqu’elles explosent.  La bulle sur le marché de l’immobilier de bureaux à Paris, avant le krach de 1992, était tout à fait extraordinaire. Les encours bancaires avaient été multipliés par…sept dans l’année précédant l’effondrement. Les banquiers finançaient, au départ de la bulle,  une fraction du prix d’achat de l’immeuble. Juste avant l’effondrement,  ils finançaient l’achat total, plus les frais, plus une partie de la plus-value  attendue de l’opération.  Certains immeubles étaient achetés le lundi et revendus avant la fin de la semaine. Nous avons le souvenir d’une opération dans le « Triangle d’Or » de Paris où l’achat a eu lieu le matin et la vente  le soir avec une plus-value consistante.  La crise de 93, la seconde « pire crise depuis 1929 », après celle de 1974, a une composante immobilière très importante. C’est vrai en France sur le marché du bureau mais le monde entier connait des variantes de cette crise au même moment. La Suède connait une crise gravissime, avec faillite de la quasi-totalité de son système bancaire,  qui lui imposera de revenir sur son « modèle social » et de mettre en œuvre un système de « bad banks » qui reste encore un modèle du genre. Le Portugal vit une expérience similaire  avec l’affaire de la banque portugaise EspiritoSsanto , dont les actifs pourris (largement liés à l’immobilier) se valoriseront à la Saint Glin-Glin.

La crise de 2007-20xx a une composante immobilière tellement galvaudée qu’il est inutile d’y revenir, même si nous combattons régulièrement l’idée qu’il ne s’agit que d’une crise de « subprimes américaines » qui aurait, par un effet papillon magique, tourné à la crise mondiale.

La troisième est de faire semblant de ne pas comprendre le rôle ambivalent de l’immobilier après que  le tourbillon de la crise monétaire et financière se soit installé. La fuite devant la monnaie, général depuis 2003, la peur de la faillite des banques, la peur de l’éclatement de la zone Euro, ont conduit à des comportements de défense patrimoniale qui ont fait la part belle à l’immobilier.  Les Grecs ont acheté à Berlin pour fuir la hantise de voir leurs biens happés par la crise ou le fisc, comme une bonne partie des Européens. Les Russes ont protégé leurs avoirs en investissant dans des biens de luxe en France, considérant que le plus haut de gamme ne verrait pas sa valeur trop chuter.  Les Portugais offrent une franchise fiscale sans égale à quiconque rachètera une partie des surplus immobiliers.  En France le maintien de certains niveaux de prix sur le très haut de gamme ne s’explique que par ce phénomène et non par les élucubrations habituelles sur le manque de biens à vendre etc. 

La quatrième est de nier que l’immobilier soit un marché en panique. Quiconque se promène en France voit des dizaines et des dizaines de maisons à vendre partout où il passe. De Metz à Paris, de Cancale à Deauville, du Touquet à Saint Jean de Luz.  Le marché de la maison de campagne, de montagne  ou de bord de mer est arrêté.  Les informations fournies par la presse et certains organismes, comme les notaires ou les agents immobiliers sont totalement à côté des réalités.  Des dizaines de milliers de maisons sont à vendre et ne trouvent pas preneurs. Les rares opérations qui se font voient une baisse de plus de 30% du prix courant en 2009. L’immobilier de loisirs, dans son ensemble est en catalepsie. 

Le marché du bureau est exactement dans la même situation. Celui de l’immobilier de placement pour location est désormais bloqué par la loi Duflot, un monument de stupidité élevé à la démagogie à courte vue, que nous avons dénoncé en son temps.  La construction neuve est stagnante à un niveau très bas.

La cinquième « vérité cachée »  est qu’en matière immobilière le prêt doit être manié avec beaucoup de prudence et de doigté.  Un prêt immobilier est par nature hyper dangereux. Le bien vaut cher. Le remboursement prendra du temps. Le taux d’intérêt ne peut pas être financé par la productivité du bien, sauf en cas de location. D’un point de vue macro-économique, on sait qu’il ne faut pas aller trop loin, car une place trop importante des loyers et ou de l’amortissement d’un prêt pèse sur la consommation et il faut une forte croissance pour permettre le paiement des taux d’intérêt, sauf inflation qui diminue le poids de la dette pour l’emprunteur. Même si le marché ne tombe pas dans l’enfer de la bulle, l’excès d’immobilier est nocif, sauf cas particuliers. Il n’y a pas de « normes » de taille de la dette immobilière globale. Nous même pensons que l’amortissement et le paiement des intérêts de la dette immobilière doit toujours rester inférieure à une petite fraction de la valeur ajoutée de l’économie  marchande. Cette remarque vaut aussi pour le crédit à la consommation qui lui aussi ne génère pas directement le moyen de son remboursement et du paiement des intérêts :(il faut de la croissance par ailleurs pour garantir la bonne fin du prêt).  

La sixième vérité cachée veut qu’en matière immobilière la fiscalité doit être extrêmement prudente et  neutre.  Pour le particulier, acheter un bien immobilier est l’acte d’une vie.  Beaucoup n’y parviennent  pas et restent locataires toute leur vie. Seule une fraction réduite de la population peut se permettre plusieurs achats ou plusieurs possessions, souvent grâce, directement ou indirectement,  à l’héritage.

Si l’on veut loger les gens,  il n’y a donc pas trente-six solutions :

-          L’accession à la propriété par l’emprunt (en général avec une aide parentale, car le prix est élevé alors que le besoin concerne des personnes jeunes)

-          La location à des investisseurs

-          Le logement social.

Considérer un appartement comme une boîte de haricots et les revenus immobiliers comme des salaires est une énorme sottise.

L’immobilier se doit d’avoir une fiscalité particulière et attentive.  En France, on a choisi de surtaxer l’immobilier. On taxe l’héritage ; l’achat et la vente ; la plus-value ; le capital, sous la triple forme  de l’impôt foncier, de l’ISF, de la taxe sur les bureaux. On taxe également  le revenu.

Le résultat est bien connu : louer un logement est une subvention au locataire.  L’inflation, l’IR (jusqu’à 45%), la taxe professionnelle et l’ISF suffisent à prendre non seulement le rendement brut de la location mais aussi à rendre le rendement négatif.  Sur les taux marginaux (45% IR, 1.5% ISF etc.), c’est manifeste : un rendement de 5% théorique (devenu rare) va être amputé de l’inflation (disons 1%) de 1.5% d’ISF, reste 2.5%. L’IR est à 2.4%. On est déjà presqu’à zéro. Ajoutez les impôts fonciers et autres, et vous arriverez au final à un rendement négatif.   Investir dans l’immobilier de location est donc clairement une folie. D’autant que si vous voulez vous dégager, la plus-value éventuelle entrant désormais dans l’IR, la taxation sera de 45% sur cette dernière.  Avec tous les frais de cession, vous vous retrouvez avec une fraction de la valeur du bien.  Ajouter les frais de recherche d’un locataire, les périodes sans location, les frais d’éviction du locataire indélicat, les contraintes  règlementaires absurdes qui s’accumulent, le rendement devient franchement déplaisant : entre moins 5 et moins 10% ! 

La loi Duflot a tout aggravé sans vergogne.  La fiscalité et l’idéologie qui veulent que l’Etat doit « libérer» le locataire de la contrainte indigne que lui fait subir le loueur dans le cadre d’une « relation inégalitaire »,  ont tué la location privée. La réglementation des loyers a fait le reste.

L’accession à la propriété est associée aux taux d’intérêt et conditions d’emprunt, au prix de l’immobilier, notamment neuf,  et à l’aide des parents.  On voit bien que tout se ligue contre ce marché. La peur après la spéculation a conduit les prix trop haut. La perspective d’une baisse entrave l’idée d’achat. Les parents écrasés d’impôts ne peuvent plus aider. Le passage d’un bien plus petit à un bien plus grand est rendu impossible par l’imposition des plus-values à l’impôt progressif sur le revenu, avec des taux marginaux effroyables.  C’est le blocage.  En ajoutant  des  kilogrammes de dossiers à remplir avant de vendre un bien, ce que les anglo-saxons appellent le « red tape »,  on n’a fait qu’aggraver le problème.

Un autre frein est la conséquence de la loi sur le logement social « mélangé ». La « mixité sociale » est une idéologie et ne correspond en rien aux désirs des acheteurs. En imposant, dans les mêmes locaux, des logements très aidés, des logements aidés et des logements à plein coûts, on crée des dissentiments et même des haines phénoménales.  Les copropriétaires sont obligés à une cohabitation avec des gens qui se fichent totalement de l’état de l’immeuble.  Les conflits sont continuels. Les locataires à 25 Euros le m2 ne peuvent pas comprendre pourquoi leur voisin de palier ne paie de 4 Euros, surtout quand il est adepte de la dive bouteille et s’exprime sous différentes formes et par divers effluents sur le palier commun.   L’immigration avec logement subventionné ne fait pas de bien non plus. On a vu la banlieue désertée par la demande solvable de la classe moyenne-moyenne et inférieure qui est partie en « péri urbain ».  Bonjour la mixité heureuse !

L’hyper fiscalité et le recul de l’emploi a bloqué l’immobilier de bureau. Les pancartes à louer et à vendre fleurissent partout en France, notamment à Paris.  Le doublement de la taxe sur les bureaux n’a pas fait de bien. Sauf pour quelques opérations, très limitées, où on compte obtenir une plus-value en revalorisant des biens bien placés mais mal gérés et sous rentabilisés, le  marché est atone. L’absence de reprise générale de l’activité pèse sur les gains escomptés.

Au total, le marché de l’immobilier, neuf comme ancien, est dans un état catastrophique.  L’idée traditionnelle du complexe administrativo-politique est de fabriquer des lois spéciales  qui permettent en partie de compenser les blocages. Elles sont  de plus en plus compliquées et d’un effet aléatoire, voire discutable. Mettre la tête des gens sous l’eau, en leur donnant une paille  pour respirer quand même, est une des bases de l’énarchie. Tout dépend de la profondeur où se trouve  la tête et quelle est la longueur de la paille. 

La démagogie signée Duflot, est  en ligne avec tout l’appareil mental des socialistes. Elle  n’a été qu’une couronne de plus tressée sur le cercueil du  secteur immobilier, qui s’enfonce doucement dans le néant sous les fleurs de rhétorique et les mesurettes insignifiantes, le tout  bercé par le silence intéressé des médias qui dépendent de la publicité immobilière.   

Le conflit politicien entre Duflot et le PS ne nous vaut aucune mesure sérieuse de déconstruction du système délétère qui empêche le bon fonctionnement des marchés immobiliers.  Les amateurs n’auront guère que des invectives à apprécier. Comme ce commentaire, entendu par hasard :  

« Duflot est une gourdasse effrontée. Son cerveau reptilien lui permet de naviguer dans le marigot de l’extrême gauche. Mais son intelligence s’arrête à son culot. Licenciée en géographie, elle voit le Japon dans l’Hémisphère sud ! On voit le niveau. »

Rendez-vous dans un an pour voir l’effet du nouveau cours des choses. Quelque chose nous dit que le redressement sera  peu perceptible. Mais on adorerait être surpris.

L'économie baudruche

Les physiciens admettent parfaitement qu’un même objet puissent avoir des états différents et que les lois qui règlent son comportement peuvent être différentes selon ces états. L’état solide à ses lois, l’état liquide un jeu nouveau de propriétés, l’état  gazeux  est spécifique.

L’ennui de la science économique est qu’elle postule un seul jeu de lois et ne distingue pas des états  différents, avec leurs lois propres et leur transition.

Nous prétendons ici que les lois économiques qui s’appliquent varient en fonction de certaines variables fondamentales. Prenons par exemple l’endettement global. Une économie qui présente un niveau d’endettement global de 50% ne se comporte pas comme une économie qui a atteint un taux de 400%. Ce sont deux mondes assez différents avec des comportements différents, des évènements différents,  des manifestations  diverses différentes.

L’équivalent de l’état gazeux pour une économie  est la forme très particulière que peut prendre le capitalisme lorsque la production et l’emploi cessent d’être le cœur des relations économiques.

Cet état se met en place lorsque la dette globale (la somme nette de toutes les dettes : secteur financier y compris l’institut d’émission, particuliers, entreprises, état) devient un multiple important  du PIB. On peut estimer qu’un ratio dettes sur PIB marchand de plus de 300% marque l’établissement de cet état  économique un peu particulier.

Lorsqu’on en arrive là, la dette ne peut plus être remboursée par les  revenus de production. En imaginant une maturité moyenne de la dette de 5 ans et un taux d’intérêt de 5%, il est facile de calculer qu’on devrait employer  75% de la production pour rembourser le capital et payer les intérêts. Ce qui est naturellement impossible.  Par conséquent le système financier, bien qu’en apparence gorgé de liquidité et de profits, est en faillite virtuelle.

Cette économie  gazeuse ou baudruche, comme on voudra,  est par construction instable et vouée à une forte correction.  Une des responsabilités publiques les plus importantes est donc, pour l’Etat, d’établir le ratio dette globale sur PIB marchand et de le  surveiller de près. Lorsqu’on entre dans l’état baudruche, il est tard pour éviter les risques d’explosion. On ne pourra que les atténuer par une succession d’artifices.

L’observateur constatera que ce chiffre n’est ni établi de façon certaine ni suivi de façon régulière. En France on connait la dette de l’Etat, selon diverses méthodes d’évaluation. On sait qu’il existe des techniques pour la réduire ou la masquer. Mais au final, dans la durée, on la connait bien, même si elle est dispersée entre de nombreux échelons administratifs et que la question des engagements à terme de l’Etat est en général passée sous silence.     Par exemple la retraite des fonctionnaires est une dette de l’état vis-à-vis de ses ayant-droits.  Toutes les obligations à terme de payer (définition élémentaire d’une dette) ne sont pas intégrées dans les chiffres de dettes publiés. On se contente en général de regrouper les engagements de rembourser aux banques. En un mot, la valeur des prêts.

Ce chiffre est important mais ne décrit qu’une partie de l’histoire.  Un pays peut connaître un en- cours de prêts de 200%  du PIB marchand et une masse d’obligations à terme  autres,  de valeur globale équivalente. 

En France la seule dette publique vis-à-vis des prêteurs  représente 200% de la valeur ajoutée annuelle des entreprises (de plus de 1 personne) du secteur commercial  non financier.  Il faut lui ajouter les dettes des particuliers, qui sont à peu près à 100%,  celles des entreprises elles mêmes et celles des institutions financières et de la banque centrale (sous forme de quote-part des dettes de la BCE). On dépasse allègrement les 400%. C’est à dire que la production marchande ne peut en aucun cas payer les intérêts et les remboursements.

Pour s’en tenir aux prêts du secteur bancaire, on peut s’interroger sur la possibilité qu’ils excèdent les capacités économiques d’un pays. Les banques ne sont pas folles. Elles ne peuvent pas sciemment créer les conditions de leurs propres faillites.  Pourtant elles le font. Par quels mécanismes ?  La réponse tient entièrement à la manière dont une banque envisage le remboursement.  Elle ne se préoccupe en rien de la valeur ajoutée de la production marchande. Elle regarde quelle sera la source du gain  potentiel et la nature des sécurités qu’elle va prendre sur l’emprunteur. Si, par exemple, l’emprunteur vise une plus value en capital et est prêt à donner une caution sur un bien « réel » en sa possession, un comité de crédit peut se laisser tenter.

La marque d’une économie baudruche est justement que la part des prêts consacrés à la recherche d’une plus value, et non pas à un profit sur production, gonfle considérablement jusqu’à devenir majoritaire. 

La spéculation immobilière est typique  comme le prêt pour investissement boursier. Mais il est des formes de recherche de plus value plus complexes.  Financer le rachat d’une société pour permettre son démantèlement  et l’exploitation des plus values comptables latentes,  racheter un portefeuille de créances douteuses dans l’espoir d’obtenir une liquidation favorable,  pratiquer le « day trading » sur toutes les classes d’actifs  qui s’y prêtent, notamment les devises et les matières premières, toutes ces activités ne se justifient que par la recherche d’une plus value, c'est-à-dire une variation de valeurs d’actifs, sans considération pour la production et l’emploi.

Ces activités sont licites et sont pratiquées à tout niveau de l’endettement global. L’économie baudruche est caractérisée par le fait qu’elles deviennent majoritaires. Elles ne peuvent devenir majoritaires que si un phénomène de bulle cumulative et généralisée s’est mis en place.

Une question fondamentale est de comprendre comment on entre dans une économie baudruche. S’agit-il d’un mouvement spontané ou d’un défaut d’organisation ?  Les acteurs de la transformation sont-ils des « salauds » ou des  « imbéciles » ?

L’histoire des cinquante dernières années donnent la réponse : un défaut d’organisation donne du champ aux comportements spéculatifs, sans pour autant qu’on  doive les juger comme fautifs : ils sont rationnels dans le cadre créé.

Les changes flottants ont eu cette double conséquence que se crée un moteur spéculatif automatique, puisque toutes les classes d’actifs voient leur valeur changer de milliseconde en milliseconde et qu’un carburant nourrit la hausse : l’apparition de déficits et d’excédents de balances de paiements colossaux  génère du crédit de façon incontrôlable. L’instabilité intrinsèque d’un tel système provoque des dégringolades qu’on a jugées bon de soulager par une création débridée de monnaie banque centrale.  La liquidité est partout. Elle permet des revalorisations d’actifs qui nourrissent à leur tour le crédit.  La production n’a pas de rapport direct avec cette création monétaire et financière permanente.

Comme nous n’avons cessé de le répéter le phénomène économique majeur sur lequel l’essentiel de la recherche économique devrait se pencher est la courbe en U de l’endettement global depuis 1944. On est passé au sortir de la guerre d’un état où l’endettement se trouvait autour de 400% pour retomber à moins de 200% en 1971. Puis on est repassé en moyenne au dessus de 400%   en 2006.

C’est l’abandon du système de Bretton Woods, le Gold exchange standard, où toutes les monnaies se définissent par rapport au dollar et le dollar est évalué en or, qui a provoqué le basculement des économies de production, caractéristiques des trente glorieuses,  vers l’économie baudruche.

Toute l’histoire économique internationale contemporaine est marquée par cette évolution de plus en plus intenable vers une économie financière déconnectée de la réalité productive. 

Comment sort-on d’une économie baudruche ? Par la crise. Comment sort-on de la crise ? Jusqu’ici on a tenté de le faire en regonflant artificiellement la baudruche, sans toucher aux défauts de construction qui lui ont permis de prospérer puis d’exploser.

Nous pensons cette politique erronée.

Il faut d’abord juguler les causes de l’entrée dans l’économie baudruche pour espérer en maîtriser la sortie.

Nous venons tout juste de fêter le septième anniversaire de l’explosion de la crise « chaude » avec le blocage du marché monétaire interbancaire de juillet 2007.

Sept ans de malheur !

Et aucune réforme n’est venue, sinon l’étouffement de l’amplificateur de création monétaire que sont les banques et une poussée irresponsable de la répression fiscale.  

L’économie baudruche, son mode de formation, son mode d’expansion, ses distorsions internes dans la répartition des richesses, et son mode d’explosion, restent un  secteur vierge de la science économique moderne. Alors qu’il s’agit de l’effort essentiel auquel  les économistes doivent s’attacher aujourd’hui. La recherche universitaire, et les travaux des grandes institutions (FMI, OCDE, INSEE, banques centrales)   devraient d’urgence s’orienter dans ce sens.

Pour notre part, nous avons  écrit un livre à paraître, « La Parabole de l’Esquimau - Les trois causes de la crise et autres vérités dérangeantes», dont c’est le thème principal.

Espérons que son message sera compris et que des travaux   plus officiels suivront. Il n’y a aucune raison pour que la crise dure 7 ans de plus ! 

 

Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile.

Les propos de Paul Volker sur l'esprit de Bretton Woods

Les remarques de Paul Volker lors de la réunion annuelle du “Comité Bretton Woods”, à Washington, le 21 mai 2014.

 

Les difficultés actuelles de la zone euro, (l’équivalent d’une zone de changes totalement fixes), offrent quelques leçons intéressantes. Une zone de monnaie unique avec des flux financiers libres ne peut tout simplement pas se passer d’un système bancaire unifié et  de mécanismes permettant de mener des politiques économiques disciplinées et cohérentes.

Voilà un bien longue introduction pour lancer notre appel en faveur d’un système monétaire international digne de notre temps.

Par quelle approche (ou mieux quelle combinaison d’approches)  peut-on le mieux concilier des marchés raisonnablement libres et des politiques gouvernementales indépendantes tout en obtenant, au passage, le niveau de stabilité des marchés et des économies qui est dans l’intérêt de tous ?

La création du G.20  à l’échelon sommital des chefs d’Etat et de gouvernement a été une prouesse. L’accord sur une réforme de la gouvernance du FMI  est important, car il permet de donner plus de légitimité aux décisions prises. Cela ne suffit pas. Tout cela n’a pas grand sens sans une réforme du système monétaire international  et la mise en place d’un processus en ce sens.

Nous en sommes loin. Ce qu’on peut faire immédiatement, c’est lancer les études qui permettront d’identifier  les causes des déséquilibres de balances de paiement  et les moyens d’y parer.  Nous devrions être en capacité de gérer, dans des limites larges, les taux de changes des six  monnaies principales et de décourager  les changements brutaux incompatibles avec l’ajustement ordonné des économies.  Nous devons trouver les moyens d’encourager, et même un peu plus, l’équilibre des balances de paiements.

Je ne pense pas illégitime de reconsidérer l’usage d’une monnaie nationale comme instrument de réserve et comme base monétaire des échanges internationaux. Par exemple, voulons- nous ou non encourager  des zones monétaires et commerciales régionales ?

Une nouvelle conférence de Bretton Woods est-elle souhaitable ? Nous en sommes très loin. Mais les événements récents, qu’on le veuille ou non, a reposé des questions fondamentales que nous évitons soigneusement depuis des dizaines d’années.

Ce qui s’est passé nous confirme dans notre crédo fondamental : il faut un système monétaire international  innovant et stable pour que  la liberté du commerce développe son potentiel de prospérité pour toutes les nations.  Participer à un système de libre échange, très bénéfique et désormais international, exige d’assumer certaines responsabilités.

Pour relever ce défi,  ne pourrions-nous pas nous inspirer de l’état d’esprit et des convictions  que j’ai connus ici,  il y a cinquante ans ? Ils ont caractérisé la préparation et la négociation des accords de Bretton Woods.  Notre hôte du jour, le Comité Bretton Woods, a allumé la première bougie.  Le chemin sera long.

 

Commentaires :

Ce texte éclairera ceux qui peuvent penser que nous proposons ici des idées farfelues et totalement hétérodoxes. Même aux Etats-Unis et dans la bouche de responsables de haut niveau, l’idée qu’on ne peut pas avoir de croissance équilibrée et durable sans un système de change rationnel et basé sur la coopération, est une évidence.

On peut même affirmer que l’idée que les changes flottants (autour d’un dollar géré uniquement dans l’intérêt de son émetteur)  sont à la source de la crise actuelle, est dominante. Pas marginale, dominante.

On voit bien, aux précautions verbales employées par Paul Volker, qu’une partie du problème réside dans le fait que tout le monde a un bœuf sur la langue. Jacques Rueff avait déjà dû remiser ses critiques au début des années 70. On sait ce qu’il est advenu de Maurice Allais quand il a sorti le lance-flammes.

Si on traduit en clair le message de Volker, cela donne aussitôt ceci :

-          Les Etats-Unis mésusent de leur monnaie qui ne doit plus être la base du système monétaire international.

-          Les excédents phénoménaux et les déficits colossaux doivent être proscrits. Ils sont la cause de la crise actuelle.

-          On ne peut espérer un retour à la prospérité que d’une réforme dans ces deux domaines et cette réforme doit s’inspirer de l’état d’esprit qui baignait la conférence de Bretton Woods.

-          On ne peut pas gérer une zone de monnaie unique  avec comme seuls instruments deux règles juridiques de déficit public et d’endettement public. Il faut une coordination forte des politiques économiques.

-          Il ne peut y avoir de liberté totale des échanges sans cadre monétaire et financier solide. Des atteintes momentanées  aux libertés commerciales et financières peuvent être nécessaires pour éviter les dérives monétaires.

On retrouve aussitôt les arguments qui sont constamment défendus sur ce site par les économistes du Cercle e-toile. Une fois encore, ces idées ne sont pas marginales. Elles sont au  cœur même des solutions à mettre en œuvre et à la base du consensus masqué  des meilleurs spécialistes.

Le vrai problème est de faire apparaître au grand jour ce consensus d’abord sur le plan intellectuel et ensuite de lui donner un débouché politique et diplomatique.

Le rôle des institutions internationales comme la BRI, le FMI, l’OCDE et même le Conseil économique et social français devrait être central.

Malheureusement pour être nommé et survivre dans ces instances il faut éviter de défendre ses idées communes et la fermer.

Ou, comme Volker, utiliser un langage tellement codé et diplomatique qu’on en retient généralement la force du couvercle qui le stérilise plutôt que celle des idées sous jacentes.

Jamais on n’aura autant parlé de stabilité, de coopération, d’ouverture alors que nous vivons très exactement dans un système fondé sur la dissymétrie, les abus de position dominante,  le chacun pour soi et l’absence à peu près totale de coopération. Avec à la clé un désastre économique durable.

L’Europe pourrait être autre chose que ce chat châtré qui se couche et accepte d’être le paillasson du monde et la variable d’ajustement des désordres internationaux.

Elle pourrait dire : pas de négociation commerciale sans réforme préalable du système monétaire international. Cette simple  prise de position entraînerait aussitôt un débat utile et probablement des modifications substantielles des comportements.

Mais qu’espérer d’une Europe, à on ne sait plus combien de pays, dirigée par l’insignifiant Juncker, dont même le petit Luxembourg ne veut plus comme premier ministre,  alors que des dizaines de commissaires vont être nommés et que la France propose sans rire JM. Ayrault comme nouveau président du bazar et M. Moscovici comme responsable des finances !

Mais qu’espérer d’une France dirigée par le médiocre et sinistre Hollande, tout heureux d’être là où il est et qui se moque comme de sa première maîtresse de ce qui peut bien arriver à la France ?  « Tiens, il n’y a pas de croissance et le chômage monte ! C’était la faute à Sarko. Argument usé ? Alors c’est la faute à la déflation. Terrible cette déflation. Je la dénonce, entre deux opérations image façon inauguration des chrysanthèmes ».

Après deux années de hausses hystériques des impôts, d’absence radicale de toute réforme significative, et de laisser aller général sur les dépenses, nous nous retrouvons avec des déficits aggravés et une dette qui va sans doute atteindre les 2000 milliards d’euros en octobre.

Alors la France ne peut que se taire.

La France sombre. L’Europe végète dans le n’importe quoi. L’Occident n’est plus véritablement dirigé par les Etats-Unis. Mais partout les abus perdurent, avec les mauvaises habitudes et les facilités qui vont avec.

Avec le recul, Obama apparait pour ce qu’il est : un bavard inconsistant, façon prédicateur d’église américaine qui embarrasse ses alliés sans faire peur à ses ennemis.  L’Europe est à peu près totalement décrédibilisée. La France est sortie de l’histoire et se contente de la compétition d’image de conducteurs de scooter, l’un casqué et l’autre pas.

Les vraies questions sont traitées par prétérition dans une langue de bois systématique. Nous l’avons vu avec la position de la Banque des règlements internationaux, nous le revoyons avec le texte de Volker.

Tout le monde sait ce qu’il faut faire. Mais chut il ne faut pas le dire. Ou de façon tellement édulcoré que cela devient gênant de lire ces afféteries prudentes.

Pendant ce temps là la Chine réarme en masse et se met en position d’influence militaire. Elle n’a choisi le capitalisme d’Etat que pour ne pas être dépassée par les Tigres  et les Dragons.  Elle était en train de devenir un nain en Extrême Orient.  Les imbéciles lui ont confié l’industrie du monde en affirmant que la Chine était de tout temps pacifique. La voilà qui se remet à la parade militaire.

Le Japon sort de sa léthargie et « réinterprète »  sa constitution avec un objectif à deux ans : avoir la bombe atomique.

Les pays du Bric créent une BIRD à eux, loin du grand frère américain.

La Russie retrouve son rêve impérial, annexe la Crimée et met l’Ukraine cul par-dessus tête.

L’islamisme remplace le communisme comme fléau du siècle.

En un mot nous avons cru qu’en dissolvant toute organisation, en supprimant toute discipline, en battant notre coulpe  et en glorifiant nos ennemis, nous triompherions, dans la gloire du politiquement correct.

 Le parcours solitaire des Etats-Unis n’a abouti qu’à un échec économique et diplomatique dramatique. Le n’importe quoi européen n’a abouti qu’à créer des situations économiques et sociales désastreuses. L’effondrement français était au bout de l’énarchie compassionnelle  aggravée par le socialisme fiscal  à la française.  

Au final Obama est désormais méprisé. On ne peut pas vouloir assurer le leadership du monde et ne rien faire. Ce leadership ne s’exerce désormais que contre ses alliés pour leur imposer des abus, comme le système monétaire international absurde qui est à l’origine de la crise.  

L’Europe de Bruxelles est méprisée. Elle est pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. Son déficit démocratique est criant. On élit des gens qui en sont à se demander plusieurs mois après leur élection ce qu’ils pourraient bien  proposer. Sa carence face à la crise économique globale n’est pas seulement criante. Elle est d’une indécence rare. Capter les pouvoirs des nations et les abandonner au bord du chemin est plus qu’une sottise. Un crime contre l’Europe.

La France a fini par se mépriser tellement qu’elle met Marine le Pen et ses troupes en tête de tous les scrutins.

Le chagrin et la pitié, c’est ici et  maintenant.

Alors qu’on sait parfaitement ce qu’il faudrait faire  et qu’un coup de pied bien appliqué au fond où nous sommes nous permettrait de remonter très vite à la surface.

Cela fait maintenant dix sept ans que nous répétons sur tous les tons qu’il faut :

-          Réformer le système international en revenant à des changes fixes et ajustables, dans le cadre d’accords coopératifs  avec un FMI régulateur fort.

-          Réformer l’Europe dans un sens démocratique avec une véritable cellule de pilotage de la zone Euro maintenant qu’on a voulu cette organisation monétaire dangereuse

-          Faire sortir la France de l’hystérie fiscale et du malthusianisme  économique associé, dans lesquels elle de roule comme dans la fange depuis des années.

Au lieu de cela   nous ne cessons de subir les défauts irrécupérables du système des changes flottants, les inconvénients pervers d’une absence de gestion quasi-totale de la zone Euro et les conséquences dramatiques de la répression fiscale stupide qui détruit la France.

Comment s’étonner de la rupture entre les élites et le pays réel pratiquement partout en Occident ? Oui la politique est désormais vue comme un théâtre d’ombres où ne s’affrontent que des ambitions personnelles d’une extrême médiocrité (Sarkozy, puis Hollande, présidents successifs  de la France. Tout de même !).

L’Occident, L’Europe, la France ont perdu la volonté de créer une civilisation, ce  qui supposerait des disciplines et des résultats. Ils se contentent du statu quo et glissent sur le toboggan du déclin en savourant les délices propres à cet exercice.

Certains pensent qu’il faut attendre la décomposition totale pour espérer un sursaut salvateur. Cette position est cynique.  Que restera-t-il à sauver ?  

Aussi « techno » que cette proposition puisse paraître, l’acte un du renouveau serait  une conférence nouvelle à Bretton Woods  qui acterait comme sa devancière les erreurs dommageables de la situation actuelle, et proposerait les solutions associées à ce diagnostic.

Oui, le commerce international doit être le plus libre possible mais dans un cadre monétaire coopératif et le plus stable possible.

Oui ce cadre monétaire doit être structuré autour de changes fixes mais ajustables par consensus.

Non la monnaie internationale ne doit pas être une monnaie nationale.

Nul ne peut espérer bénéficier du commerce libre avec d’autres sans respecter certaines règles et en particulier celle de ne jamais accumuler déficits ou excédents monstrueux.

La rente pétrolière doit être contre balancée par des achats équivalents dans les pays sans pétrole. Accumuler des excédents et racheter le capital des victimes n’est pas la solution.

La Chine doit équilibrer sa balance commerciale comme les Etats-Unis, en sens inverse.

Le paritarisme doit être la base des statuts du fonds monétaire international, sans droit de véto ni pouvoirs spéciaux pour un pays donné.

La finance internationale doit être asservie à ces objectifs.

Ce qu’on aimerait c’est que même Paul Volker qui est totalement d’accord avec ce programme le dise clairement, haut et fort et même de façon tonitruante.  

Et que tous ceux qui craignent pour leur poste et leur carrière trouvent enfin le courage de dire : c’en est assez de ce silence embarrassé. Disons la vérité et agissons.  Ils constateront alors  qu’ils sont majoritaires et que les quelques nigauds qui croient encore aux vertus des changes flottants ne représentent qu’eux-mêmes, c'est-à-dire rien.

Didier Dufau pour le Cercle des economistes e-toile. 

Langue de bois à la BRI et économie-baudruche.

Nous aimons bien la Banque des Règlements internationaux qui a presque compris que l’économie mondiale fonçait dans le mur en 2007 et au premier semestre 2008, alors que le FMI s’enfonçait dans l’erreur, sous la tutelle nonchalante de DSK, entraînant la majorité des gouvernements dans la passivité morose.

L’ennui avec  les responsables de la BRI, est leur tradition de frôler l’essentiel sans jamais l’atteindre vraiment.

Le dernier rapport est de cette eau-là.  Il dénonce trois dangers qui sont réels.

Le premier est d’avoir peur de la finance et de retarder toute action visant à la mettre sous contrôle par peur des réactions sur les marchés.

Le second est pour les gouvernements d’espérer que l’argent presque gratuit des banques centrales leur permettra de retarder indéfiniment les réformes nécessaires, en maintenant un haut niveau de dettes publiques.

Le troisième est la surestimation du pouvoir des banques centrales et du potentiel naturel et automatique de sortie de crise.

Il signale que la seule solution est dans une collaboration très étroite et la prise de conscience que les relations économiques croisées des nations ont une extrême importance.

On reconnaîtra ici un certain nombre de nos thèmes préférés. Nous disons depuis longtemps que les banques centrales sont comme les psychanalystes : elles ne savent soigner que les maladies qu’elles ont créées. De même nous ne croyons pas à la bienveillante main invisible des marchés financiers et monétaires libres, en régime de changes flottants. Enfin nous développons l’idée que ce sont les énormes excédents et déficits croisés de balances extérieures qui ont provoqué la hausse du taux global d’endettement depuis le retournement de 1971-72.

Nous ne cessons d’affirmer que le G.20 a fait un pari pascalien en ne réformant rien du système monétaire international en 2008 et 2009. Et qu’il l’a perdu.

On ne sort pas de la queue de la comète récessive de 2008-2009 parce qu’aucune des mesures globales nécessaires n’a été prise.

Ce que le BRI n’ose pas dire, c’est que pour atteindre les trois objectifs qu’il se fixe il faut prendre une décision majeure : mettre fin aux changes flottants et réactiver les règles du traité de La Havane et du Statut du FMI,  qui interdisent les excédents et les déficits massifs de comptes extérieurs.

Si les Etats redeviennent responsables de la valeur externe de leur monnaie, alors ce ne sont plus les marchés qui s’en chargent. Et ils doivent être tenus en laisse. Le premier objectif est atteint.

Les grands équilibres macro-économiques n’ont jamais été de la responsabilité solitaire des banques centrales. Tous les moyens de l’Etat moderne doivent concourir à l’exercice. Un mix raisonnable entre politique monétaire, politique budgétaire et fiscale, et politique sociale doit être construit.

Le FMI redevient, dans un tel système, l’observateur naturel des déséquilibres croisés et doit y mettre fin.

Du coup la coopération internationale devient le mode de fonctionnement normal de l’économie monde.

Faute d’aller aussi loin qu’il serait nécessaire, la BRI passe pour un mauvais coucheur qui empêche les bonnes nations éprises de keynésianisme de créer de la monnaie et de la dette sans limite, seule solution pour redémarrer la croissance dans la joie et le bonheur pour toute une couche d’économistes de la facilité.

Nous proposons d’appeler « économies baudruches » les économies qui dépassent 300% de dettes globales par rapport au PIB. Dans de telles économies, rien ne se passe selon les théories valables pour des économies où on ne dépasse pas 100 à 150% d’endettement global.

Dans une économie-baudruche  les règles d’investissement habituelles ne fonctionnent pas. La raison en est simple : les gains de production (le compte d’exploitation) ne permettent pas de rembourser le principal et les intérêts. Par conséquent la dette qui est créée ne peut se justifier que de deux façons :

-          Par l’absence de tout espoir de remboursement : on crée de la dette perpétuelle par création monétaire

-          Par l’espoir d’une plus-value, ce qui suppose une bulle sur une classe quelconque d’actifs.

On comprend que tous ceux qui sont accrochés à des rémunérations d’Etat prêchent pour le financement monétaire de déficits publics de plus en plus monstrueux.

On comprend aussi que tous ceux qui ne peuvent espérer de gains sur crédits  que sur une plus-value d’actifs, poussent à un gonflement perpétuel de l’alimentation monétaire par les banques centrales.

Lorsqu’une récession cyclique « normale » touche une économie globale  non encore boursouflée, et organisée autour de changes fixes, ouvrir temporairement le déficit budgétaire et financer l’activité par la création monétaire est efficace.

Le faire dans un système de changes flottants où tous les mouvements de capitaux sont libres et les décisions portant sur les changes non coordonnées,  alors qu’on reste autour de 400% de dettes globales par rapport au PIB, comme dans le G7, ne conduit qu’à une fuite en avant sans fin avec des déséquilibres persistants.  Cela fait maintenant 7 ans qu’on a ouvert toutes les vannes. Sans autre effet que d’avoir stabilisé le taux de dettes global à son niveau le plus élevé tout en ayant mis les Etats sous oxygène fiscal pour ne pas être étouffés par des dettes qui continuent à croître.

L’économie réelle reste anémiée, asphyxiée par les dettes et la fiscalité. L’argent ne va pas vers la production. Seulement vers des potentiels de plus-values sur classe d’actifs sensibles à l’alimentation monétaire ou vers les Etats pour payer leurs dépenses courantes.

En indiquant que le maintien d’une politique de fuite en avant dans la dette et la dépense publique incontrôlée grâce à une  sur-alimentation en monnaie banque centrale, sans aucune vraie réforme,  ne conduit à rien de bon,  la BRI a raison et naturellement attire toutes les critiques des Martin Wolf, Krugman etc. qui voient de tout temps la solution miracle dans le déversement de milliers de milliards en  monnaie banque centrale dans les marchés et dans les budgets d’état.

Son tort est de ne pas aller jusqu’au bout du raisonnement : il faut mettre fin à la liberté absolue des mouvements de capitaux et la subordonner à la gestion ordonnée de changes fixes mais ajustables, avec interdiction des déficits et des excédents massifs de balances extérieures. A partir du moment où les Etats sont responsables de leurs comptes extérieurs, la fuite en avant dans les déficits n’est plus possible,  les gains de plus-value se réduisent, un horizon économique apparait qui permet d’envisager à nouveau des investissements et  une reflation coordonnée a une chance de fonctionner au service de l’activité et non pas de la spéculation.

La deuxième erreur de la BRI est de croire qu’il existe deux types de cycles différents : les cycles courts « commerciaux » de 8 ans et les cycles financiers » de 20 ans environ. En fait il n’y a qu’un mécanisme cyclique de 8 -10 ans avec des crises alternativement dures ou molles. Lorsque le souvenir d’une crise dure est dans la tête, les excès de crédit restent mesurés : la crise sera faible. Lorsqu’on a oublié ce qu’est une crise dure, et il faut 15 à 20 ans pour cela, soit l’apparition d’une génération ignorante aux commandes,  l’emballement des crédits devient extrême et le réajustement est important.  Cela fait plus de 200 ans que cela marche comme cela.

Les économistes et responsables de la BRI sont sur le bon chemin. Il faut qu’ils acceptent de faire un pas de plus en avant. On se souvient que dans le film « les aventuriers de l’arche perdue », l’accès au Graal supposait de marcher avec confiance sur une passerelle invisible.

Certains croient qu’abandonner les changes flottants  serait un saut dans le précipice.  Ce n’est pas le cas. Dès que le premier pas aura été fait, la passerelle s’illuminera et on sortira enfin de cette crise actuellement sans solution dans le cadre actuel.

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile.

L'économie à l'abandon

Quelle crédibilité accordée aux travaux des économistes réunis à Aix en Provence sur le thème de l’investissement  ? Que dit la synthèse finale ?

  1. 1.       La première exigence serait de mettre en place un cadre réglementaire et fiscal clair et stable dans le temps.

Ce cadre, en France, est clair et totalement spoliateur. Il faut surtout ne pas le garder. Quand les familles aisées ne pensent plus qu’à se protéger et à partir, oubliez toute chance d’investissement !

  1. 2.       Les pays développés peuvent prendre exemple sur les « build-operate-transfers » du Royaume-Uni : l’administration publique délègue au secteur privé la conception et la construction d’infrastructures.

La France est gorgée d’infrastructures (ronds point, médiathèques, aéroports régionaux sous utilisés, etc.) et ne produit plus.  

  1. 3.       Nous avons trop d’épargne mal utilisée. Afin d’orienter celle –ci vers le financement des entreprises et des projets de développement, ayant un impact immédiat sur l’emploi, la croissance et l’innovation, il faut une fiscalité plus favorable pour les revenus des capitaux mobiliers et du travail, et au contraire une fiscalité plus forte sur le patrimoine non productif (immobilier, œuvres d’art, matières premières comme l’or, etc.). Le taux d’imposition des revenus de l’épargne dédiés à l’investissement productif  pourrait être forfaitaire, entre 30 et 35%. Développer la titrisation peut être un bon moyen de pallier la difficulté de financement des petites et moyennes entreprises redonner confiance aux jeunes et valoriser les seniors

La question est de comprendre pourquoi l’épargne est mal utilisée. Ce qu’on appelle l’épargne représente quatre fois la valeur du PIB ! Comment voulez-vous qu’elle soit bien utilisée ? La peur est partout. Ajouter la spoliation fiscale et vous obtenez une fuite vers la protection, le plus souvent illusoire. Tenter d’éviter de perdre tout est l’essentiel du travail des épargnants. Comme de toute façon l’économie est en croissance nulle, le besoin d’investissement est nul. Les banques ne savent pas quoi financer ; les particuliers n’ont pas de projets industriels à financer.

Ce qu’il faut, c’est comprendre pourquoi on vit avec une telle couche de dettes, de crédits,  d’épargne,  de liquidités, de classes d’actifs décalés et comment on peut espérer réduire tout cela par rapport au PIB.  

Accroître la pression fiscale sur l’immobilier est une folie quand on sait que les prix baissent fortement malgré les informations bidons qui règnent dans une presse qui ne veut pas contribuer à une psychose, alors que la peur de la disparition de l’Euro demeure, que l’affaire de chypre terrorise les détenteurs de dépôts, que des banques continuent à s’effondrer, au Portugal, en Espagne et que même la BNP est en danger.  Il suffit de constater les baisses de mises en chantiers de logements neufs pour comprendre qu’avec plus d’impôts cela ne va pas s’arranger. Construire du neuf, ce n’est pas investir. Chacune sait cela !

Quant aux œuvres d’art, elles quitteront la France en moins de deux ans si on en taxe la possession, alors qu’elles ne rapportent rien d’autre qu’un plaisir esthétique ! Et quelle inquisition à prévoir !

Ce n’est pas par des prélèvements marginaux de 60 à 75% sur le rendement de l’épargne qu’on attirera les épargnants vers les investissements productifs si tant est qu’il y en avait.  Au moins cela semble avoir été compris à AIX.  Mais ce n’est pas en jouant sur la fiscalité « incitative » qu’on arrivera à quoi que ce soit. Toute incitation, après tout, est une « niche fiscale » à proscrire…

  1. Adopter, au niveau européen, une politique d’investissements dans les infrastructures et les secteurs porteurs de croissance.  Pour cela on peut essayer d’appréhender, autant que faire se peut, les domaines d’activité susceptibles de se développer davantage, comme la France vient de le faire avec ses 34 plans de «reconquête industrielle ».  

On voit que cet effort administratif a tout changé en France ! La reconquista bat son plein… Bien sûr cela permet à des commissions et à des « experts » de se faire un peu d’argent. Rappelons que c’est le job des entrepreneurs de trouver des marchés  et qu’ils le font dans le contexte qu’on leur impose. Pas aux fonctionnaires. L’invocation de l’Europe comme cadre miracle est ridicule, sinon qu’on sait qu’il reste un peu d‘argent à prendre dans ce cadre-là pour des missions futiles.

  1. 5.       Allonger  la maturité de la dette publique Les positions sur les dettes dans le monde ne sont pas du tout les mêmes. Depuis le 19ème siècle, la dette britannique a une maturité beaucoup plus longue et pose donc moins de problèmes.

Quand la dette globale est à 400% du PIB, et la dette publique à deux fois la valeur ajoutée des entreprises de plus d’une personne du secteur privé non financier, vous pouvez l’allonger autant que vous voulez, vous aurez toujours des difficultés. L’important est d’abord de comprendre comment elle est venue, ensuite de cesser de l’accroître, et enfin de savoir comment la réduire. Les artifices c’est bien mais cela fait déjà 7 ans que le blocage du marché monétaire interbancaire a eu lieu.

  1. 6.       Assouplir les règles de l’immigration qualifiée.

Plus de producteurs nous permettra plus de production : avec 5 millions de chômeurs, et 7 millions de « disoccupati », c’est sûr.  Il n’y a pas d’immigration choisie possible avec les règles de l’Europe qui a interdit de sanctionner le vagabondage, de considérer les immigrants illégaux comme des délinquants condamnables, de renvoyer chez eux  les mendiants et petits délinquants, de cibler les aides sur les nationaux etc.

Mieux vaudrait essayer de comprendre pourquoi les jeunes sont dégoûtés de la France et la fuient.  

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Au total, on se retrouve dans l’incantation. Et les phrases creuses. Finalement un journal comme le Monde ne veut retenir que des projets d’impôts punitifs nouveaux.

L’explication de la situation est inexistante. Comme on attend, du côté des économistes officiels,  des subsides pour faire des conférences, des études, participer à des commissions, on caresse le pouvoir dans le sens du poil sans faire mal là où le bât blesse.

Tout cela est de la pensée mécanique : oui cela serait mieux si la croissance était là, la demande forte, les investissements productifs rentables etc.  Si ma tante en avait ce serait mon oncle. Oui. Et alors ?

Pour qu’il y ait de l’investissement, oui il faut de la croissance, de la stabilité, de la confiance,  mais  dans le monde, en Europe et pas seulement en France.

Si les balances de paiements de certains sont totalement déséquilibrées, dans le déficit ou l’excédent, si les monnaies flottent de façon totalement erratiques ou manipulées, si la création monétaire est massive, créant inlassablement de la liquidité, alors que les paquets de dettes ne sont jamais résorbés, il ne peut y avoir d’investissements productifs, seulement des placements spéculatifs à court terme.

Si l’Europe de l’Euro est acharnée à provoquer des déflations dans la moitié des pays  membres, il ne peut pas y avoir d’investissements. Seulement des rachats d’actions et des réductions de capital, pendant que l’Allemagne gorgée de liquidité ne sait pas quoi en faire et spécule sans investir l’essentiel de la manne accumulée.

Si la France continue à ne faire aucune réforme significative  de son monstre administratif par réduction massive du cadre et de l’ampleur  de l’action publique, avec un gestion purement politicienne et démagogique, tout en ruinant les « possédants » (ce sont eux qui ont des réserves pour investir) par une fiscalité spoliatrice qui tourne au vol et à la prédation caractérisés, il ne peut pas y avoir de reprise de l’investissement.

Comme les causes de la crise n’ont jamais été anticipées puis jamais explicitées à Aix, et que l’insignifiance y règne en maîtresse exigeante depuis toujours, ces vacances dans le midi sont d’abord de la  vacuité intellectuelle et de la posture politiquement correcte insignifiante.

On peut le regretter. La saison des festivals subventionnés  dans la région est tout de même bien agréable. Il suffit d’affirmer près d’Avignon qu’il faut taxer la possession « bourgeoise » de l’art et de subventionner la « culture vivante » de façon non intermittente  pour avoir la paix estivale méritée  de l’homme qui a « conscientisé les masses ».

Bonne sieste et bon pastis.

PS : Nous invitons ceux que cela intéresse à consulter les travaux de l’été 2008, juste avant la nouvelle « pire crise depuis 1929 ». Inconscience et prétention dans le néant total…

On se moque de ceux qui traitaient du sexe des anges avec les barbares à leur porte. Que dire de ce blabla ridicule juste avant l’effondrement ?

Les Actes des rencontres 2008.

Les nouvelles responsabilités de l’Entreprise

Le souci du développement durable s’est imposé dans la vie des entreprises comme au plan macro-économique, avec pour l’entreprise, plusieurs dimensions : allongement de l’horizon de décision et de gestion, contribution des firmes à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, développement des normes sociales et environnementales et de la notation extra-financière (à côté de la notation financière), importance de la qualité de la « corporate governance ».

Les marchés financiers et les analystes financiers tiennent-ils compte suffisamment de ces évolutions ? Faut-il choisir entre l’objectif de ROE à court terme et des objectifs de développement durable ? La dynamique de la « corporate governance » est-elle adaptée aux nouveaux objectifs, aux nouvelles contraintes et normes ?

L’Entreprise du 21e siècle

Les interrogations spécifiques à la période : aptitudes des entreprises à faire face au contexte de la mondialisation, dimensions stratégiques spatiale et temporelle des décisions, dualité micro locale et projections internationales, tension entre court terme et long terme.

Les entreprises productrices de biens immatériels, les activités immatérielles des entreprises, la protection des activités immatérielles, la concurrence entre modèles ouverts ou fermés, les conflits entre propriété intellectuelle et concurrence.

Aux frontières du savoir

L’entreprise produit-elle du savoir, ou est-ce le savoir qui bénéficie à l’entreprise ? Les rapports entre l’entreprise et la recherche fondamentale.

La nationalité de l’entreprise

Le concept de nationalité de l’entreprise a-t-il encore un sens ? Les liens entre les marques et la culture des pays - le « made in » a-t-il encore un sens ? Les liens entre la nationalité et la culture de l’entreprise. Nationalité et responsabilité sociale et environnementale.

Entreprises, nouvelles conquêtes et nouveaux conquérants

Les nouveaux entrants, la concurrence des émergents, la confrontation des univers régulés et non régulés.

L’entreprise face aux innovations financières

Les modes de financement modifient aujourd’hui l’économie réelle. Les entreprises profitent-elles des innovations financières : gestion des risques, titrisation, déconsolidation ? Les LBO, le private equity, les hedge funds, les fonds souverains, modifient-ils la stratégie et le fonctionnement des entreprises ?

Les nouvelles formes de gouvernance

Au-delà des débats usuels sur la corporate governance et son évolution : les questions de gouvernance posées par une série d’évolutions exogènes (internationalisation et fusions-acquisitions transfrontières ; déterritorialisation du financement ; normes comptables ; poids du capital humain ; private equity).

Les dimensions sociales de l’entreprise

Évolution des relations salariales dans les entreprises des pays industrialisés ; leurs répercussions sur la performance des entreprises, sur la qualité de vie des salariés. Selon les pays, l’État, les partenaires sociaux, les représentants des salariés, la loi et la négociation collective exercent des influences très différentes sur les relations salariales. Perspectives sur les évolutions des dimensions sociales de l’entreprise.

Performance et management : de l’art à la science ?

Aujourd’hui, les entreprises et leurs dirigeants sont confrontés à une véritable injonction de performance dont les déterminants sont à rechercher dans les mécanismes de gouvernance caractéristiques du capitalisme contemporain. Dans la conduite de la gestion stratégique et opérationnelle, cette injonction de performance détermine les processus et les critères de prise de décision, cette nouvelle donne influence également les techniques de management.

Le retour de Schumpeter

Le tissu des entreprises change constamment, mais la démographie de leurs dirigeants en Europe, en France notamment, va accélérer le processus dans les quelques années qui viennent. En même temps, d’autres entreprises françaises ou européennes pourront-elles assurer la relève et permettre de rattraper ce gap de taille ? Les fonds de « private equity » seront-ils assez présents, venant de collecteurs d’épargne française, européenne, ou bien de fonds souverains ?

Entreprises et politiques publiques

À l’heure de la globalisation, que peuvent bien attendre les entreprises des Etats ? Politiques publiques en phase avec les mouvements de l’économie mondiale, priorités d’investissements, capacités d’adaptation au changement, aptitude à saisir les opportunités pour soutenir les « gagnants » de la mondialisation tout en maintenant les équilibres, optimisation des infrastructures vitales, utilisation stimulante du capitalisme « réglementé ».

Quelle régulation internationale pour l’entreprise du XXIe siècle ?

La croissance en (faux) procès

Après que plusieurs indicateurs ont marqué définitivement la fin de l’espoir d’une croissance en France au premier semestre 2014, la presse ne désemplit pas d’hymnes aux théories de la décroissance heureuse. Comme si le moral des Français devait être préservé malgré les pires nouvelles, en cette période estivale caniculaire à Paris. « C’est moins grave que si c’était pire. Une croissance stoppée peut-être un bienfait ! ».

« Le 1 », le curieux journal de Fottorino, est allé le plus loin dans l’exercice en consacrant sa dernière livraison  à  la « Croissance, pourquoi il ne faut pas y croire ». Dans Le Point, ce sont les opus de Zygmunt Bauman, « Le coût humain de la mondialisation », « La vie liquide », « La société assiégée » et le dernier « Les riches font-ils le bonheur de tous » qui sont mis en vitrine.

 Il est amusant de se pencher sur les arguments avancés contre l’idée même de croissance.

-          La religiosité : la croissance serait une religion.

« La croissance. Mot fétiche qui résonne comme une incantation ».

« Ne pas troubler la communion des fidèles ».

« On se trouve face à une forme de religion ».

La croissance devrait « guérir tous les maux de la société ».

« La croissance fait office de panacée »

« La croyance en la croissance est plus forte que le savoir »

« Un faux Dieu »

« Elle a tout d’un dogme »

« Un mot magique » 

« Il faut dénoncer le culte de la croissance pour la croissance »

-          L’atteinte aux libertés et au vivre ensemble

« Parler de décroissance serait obscène », comme il l’était de parler de certains sujets au XIXème siècle pudibond.

« Il faut transformer en marchandise la nature et les relations sociales » pour obtenir de la croissance.

« Il faut oublier nos griefs, nos particularismes ». La croissance nous dépossède de nous-mêmes.

L’usine ou le bureau : « Un lieu carcéral »

« …dans le jeu sans fin du désir d’être au-dessus des autres, un jeu où se tenir les mains et se passer les menottes, où l’étreinte amicale et l’incarcération, tendent à se confondre ».

La croissance crée « des besoins qui nous asservissent ».

Il faut « défier une féodalité ».

« Elle traite le monde et tous ses objets animés ou inanimés comme autant d’objets de consommation ».

-          L’illusion

Une augmentation du PIB n’entraîne aucune amélioration du « bien être subjectif moyen », « alors à quoi bon ».

« La décroissance des ressources naturelles va faire décroître les productions qui entretiennent l’illusion d’un avenir meilleur ».

La croissance « a un coût exorbitant ».

Le goût de la croissance n’existait pendant les « 30 Glorieuses » que parce que « les privations de la guerre l’avaient exacerbé ».

« On ne peut croître à l’infini sur une planète aux ressources finies ».

En rajoutant dans le concept du PIB la prostitution et autres activités déplorables, on aura « 10% de PIB supplémentaire ». C’est bien la preuve d’une amoralité consternante du PIB, non ?

Si la croissance revenait, aurait-elle le même effet que celle des trente glorieuses : « certainement pas ».

« J’ai compris que nous menions un mauvais combat en chevauchant les illusions de la croissance ».

La croissance est « un alibi ».

-          La course à l’abîme

« Je suis un objecteur de croissance ».

« Vivre mieux avec moins ».

En arrière-plan de la croissance : « des injustices sociales dont l’ampleur s’étend, au milieu d’une nature amochée, de déchets à foison, de pollutions multiples ».

« La croissance des plus riches est au prix de la relégation humaine, du chômage et de l’exclusion »

« La grogne sociale et la mise en danger de nos écosystèmes seront accompagnées d’effets encore plus dramatiques » [famines, guerres].

« Avant le chaos qui s’annonce ». Il faut faire en sorte que « les gens cessent de dépenser l’argent qu’ils n’ont pas pour des choses dont ils n’ont pas besoin ».

« La frénésie suicidaire du productivisme ».

« L’autre défi est la menace de devenir un déchet ».

 

Comme on le constate, nous ne sommes pas dans l’analyse rationnelle mais dans la disqualification.

Les tenants de la croissance sont des agents du mal.

On utilise les ressorts de l’anticléricalisme pour les interdire de paroles et surtout isoler le bon peuple des mauvais prêtres. Pertinence ? Zéro.

On utilise le réflexe révolutionnaire contre l’Ancien Régime. Pertinence ? Zéro.

On utilise la crainte de l’apocalypse, ce qui est un outil habituel des religions, pour terroriser les craintifs.  Pertinence ? Zéro.

En qualifiant d’illusionnistes les tenants de la croissance, on les assimile à des charlatans et on les prive de crédibilité tout argument qu’ils pourraient présenter. C’était traditionnellement le rôle des imprécateurs. Pertinence ? Zéro.

En plus ce sont des « salauds » au sens sartrien du terme (voyez les inégalités) comme au sens propre : voyez les atteintes à l’essentiel de la vie. Pertinence ? Zéro.

En un mot tout économiste qui souhaite la croissance est un dévot, un pudibond, un antirépublicain, de surcroît antisocial, mal intentionné et stupide jusqu’à l’idiotie, et qui nous conduit tout droit en enfer.

Si ce genre de propos nourrissait la réflexion et la recherche de bonnes solutions, tous les lecteurs de ces articles anti-croissance seraient déjà au Paradis depuis longtemps.

Lancer des anathèmes, disqualifier des adversaires mythiques,  les vilipender sans retenue, sont de ces méthodes qui visent l’émotion plutôt que la raison,  et animent la guerre idéologique et psychologique.

Mais comment pourraient-elles convaincre ?

Tous les anathèmes se retournent comme des crêpes.

Religion ? Ce sont les religions qui ont toujours prôné la sobriété et les vertus dont l’abstinence. Jusqu’ici, c’était des prêtres ayant fait des vœux d’abstinence qui prêchaient, en mettant en avant leur exemplarité. Désormais ce sont des laïcs qui jouent les Savonarole.

Atteinte aux libertés : la décroissance organisée porte nécessairement atteinte aux libertés et notamment à tous les droits issus de la révolution française.

L’illusion : celle de croire que les problèmes de l’humanité se résoudront en réduisant la production et la richesse est sérieuse.

Course à l’abîme : engager le monde dans une décroissance volontaire est le faire retomber dans les abîmes d’où il a émergé. Le paradis perdu n’existe pas.

Faut-il répliquer comme dans les cours de récrés : « c’est celui qui le dit qui l’est ! ».

Les contradictions internes sont tellement nombreuses qu’on n’en citera qu’une poignée. Tous ces gens crient haro sur les riches qu’il faut naturellement tondre à zéro. Mais pourquoi si la richesse est un malheur ? Qu’on les laisse dans leur géhenne ! Et pourquoi donner aux moins riches, contraints à l’emballante sobriété qu’on nous prêche et qui ne connaissent pas leur bonheur ? A partir de quel revenu  s’embrasse-t-on sans se passer les menottes ? Et pourquoi diable une monnaie dite « locale » serait-elle meilleure pour l’humanité qu’une monnaie légale ? C’est l’émetteur de la monnaie qui construit le bonheur ou le malheur ? Ce n’est pas le bien qu’on acquiert et le service dont on bénéficie ?  Qui est empêché de vivre en phalanstère ou en anachorète ? Pourquoi faut-il libérer la femme de sa condition de mère au foyer, alors que la vie familiale, le gynécée, était le dernier berceau d’une économie du don et de la gratuité ? Oui ou non faut-il « marchandiser » la vie de la femme en la versant dans le circuit économique de production de richesses supplémentaires ?

Naturellement, tous les lanceurs d’alerte sont bienvenus. Personne ne défend la destruction des sols et des insectes à une échelle telle que la vie peut s’en trouver altérer. La surexploitation des océans est un scandale que nous-mêmes dénonçons depuis…1974 et les premiers ratissages des fosses profondes. La pollution de l’air et de l’eau sont des sujets sérieux. La société doit être observée et critiquée. Nous-mêmes ne manquons pas de contribuer à cet exercice. Toute pièce a toujours son revers et chaque étape du développement amène son lot de difficultés.

Reposer inlassablement la question des valeurs, du bien et du mal, de la nature et du destin de l’homme est parfaitement légitime. Comme l’écrit feu Dominique Venner,  Homère nous « a légué à l’état de condensé ce que la Grèce antique a offert par la suite à la postérité, le respect de la nature sacrée, l’excellence comme idéal de vie, la beauté comme horizon ».

L’homme doit se méfier de l’Hubris.

Mais qui parle aujourd’hui de détourner le cours des rivières à la bombe atomique,  de multiplier les cités dortoirs, d’enlaidir le monde ?

Le développement, c’est-à-dire la capacité d’aller aussi loin que possible dans le progrès matériel et l’accès au plein emploi des capacités individuelles et collectives n’est ni une illusion ni une religion. Simplement une application légitime du génie humain.

Chaque homme, chaque collectivité, chaque nation et l’humanité toute entière est à son tour  confronté à des défis qui demandent de lourds investissements. Etudes, travail, développement des capacités de relations humaines exigent des efforts. Construire une collectivité demande du temps et des ressources. Pensons à l’âge et aux maladies. Assurer un destin à l’humanité n’est pas sans frais. Qu’on pense aux activités spatiales. La paix coûte cher.

Sans développement, sans tension créatrice, rien n’est possible. Bien sûr il faut les asservir à un projet de civilisation. Mais pourquoi les diaboliser ?

Plus prosaïquement, il est impossible pour le monde de sortir de son sur- endettement actuel sans croissance.

La promotion des populations des blocs communistes réduites à la misère pendant 75 ans est nécessaire, en Bulgarie comme en Chine, en Ukraine comme en Pologne.

La démographie de certains pays, comme le Nigéria, qui sera plus gros que la Chine quelque part dans ce siècle, entraîne de lourdes difficultés ainsi que la croissance démographique globale.

La défense contre certaines entreprises mondiales contestables, comme l’hégémonisme américain, le nationalisme Han ou le goût de certains musulmans pour le califat  et sa violence coutumière, se traduit par de multiples combats dont aucun n’est gratuit.

Alors oui, le PIB est une notion compliquée à manier (nous l’avons expliqué ici cent fois : voir « la parabole de l’esquimau »), certains modes d’organisation sont délétères, certaines attitudes compliquent tout.

Mais la croissance est nécessaire, pour longtemps encore. Que ce soit une croissance « maîtrisée », « durable », « sociale »,  ou soumise à tout qualificatif utile, d’accord. Mais pourquoi vouloir absolument tout arrêter en multipliant les anathèmes et les propos à l’emporte-pièce ?  

Réfléchir, oui. Invectiver et dénigrer, non !

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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