Bêtise et sottises

La bêtise est la chose au monde la mieux partagée, comme chacun sait. Elle demande un petit effort de définition. Le concept dérive de l'observation de comportements dont les résultats sont négatifs, et de qui supporte les mauvaises conséquences.

Vous pouvez prendre des décisions

- qui vous font du mal mais qui ne nuisent à personne d'autre.  C'est le crétinisme.

- qui font mal aux autres et qui vous font du bien. C'est la délinquance

- qui font mal aux autres sans vous faire du bien : C'est la malveillance.

- qui vous font du mal et du mal aux autres. C'est la vraie bêtise.

La question qui se pose aujourd'hui est de savoir dans quelle case placer la politique suivie par M. Hollande.

Difficile de ne pas remarquer que pratiquement toutes les mesures prises depuis un an entrent peu ou prou dans l'une ou l'autre de ces cases, avec une nette prédilection pour la dernière.

Juste pour clarifier les choses avec des cas concrets :

- L'affaire Cahuzac est l'exemple parfait de crétinisme (mettre un fraudeur fiscal  à la tête de la lutte contre la fraude fiscale  restera dans l'histoire)  .

- L'affaire Depardieu  est un cas de délinquance (injure publique… pour tenter d'exploiter politiquement  un bouc émissaire récalcitrant)

- L'imposition à plus de 100% de 8000 Français est de la malveillance pure, comme les 75% (gain national  ridicule pour la collectivité, conséquences majeures pour les intéressés; la bonne règle est de faire l'inverse : minimum de peine pour les contribuables maximum de résultats pour la nation).

- Casser l'économie pour faire grimper le chômage me parait exemplaire  de la dernière catégorie. Dans le cas des Verts, à qui il fallait réserver un peu place dans le palmarès : Bloquer les loyers avec tous les effets pervers connus  est pas mal non plus dans le genre.  

Quelles sont par ailleurs les sottises les plus manifestes que l'on entend aujourd'hui ? Le Palmarès est difficile tant les propos candidats sont nombreux.

- La crise a été provoquée par les subprimes

- Les énergies vertes étant plus coûteuses, elles créeront de l'emploi

- La réforme des régime spéciaux a été faite. Circulez il n'y a plus rien à voir

- Les déficits américains et les excédents chinois sont un bienfait pour le monde

- Les pays émergents tireront l'Europe de sa léthargie

- Le day-trading informatisé est excellent car il crée de la liquidité sur les marchés

- Delanoë n'a pas augmenté les impôts à Paris

- La crise financière est terminée

- La crise de l'Euro est terminée

- Hollande a un cap et un plan mais ils sont  si subtils qu'il faut beaucoup de finesse  pour les percevoir.

La France est mal arrivée

François Hollande croit dur comme fer qu’il a « apaisé et pacifié » la société française. La gauche intellectuelle socialiste et son bruit de fond médiatique partagent cette foi, ou le font croire. Cette aberration est un des aspects les plus étonnants de la situation morale détestable qui sévit en France aujourd’hui.  Curieux pacificateur que ce président qui, à peine élu, parvient à mobiliser la défiance de  77% des Français et rassembler des foules immenses dans la rue contre ses projets. L’écart est si grand entre la prétention affichée et son résultat social qu’il devient un sujet de réflexion intéressant.  Comment peut-on se tromper à ce point là ?

L’explication simpliste insiste sur la faiblesse insigne de François Hollande, faisant du président actuel de la France soit un incapable notoire qui n’a jamais travaillé, soit un petit malin hâbleur qui a toujours tout embrouillé  à son profit, soit un rigolo désinvolte  s’amusant à faire carrière sans trop s’inquiéter des moyens ni des fins.  Il est vrai que sa prestation comme conseiller à la Cour des Comptes aura confiné à l’inexistence absolue et que celle de premier secrétaire du PS n’a pas laissé que de bons souvenirs.  Ce fut un Président de Conseil général dispendieux  qui a laissé son canton dans les affres d’une dette excessive. Il a rassemblé autour de lui et au gouvernement une bande d’ambitieux d’une homogénéité dans la nullité tout à fait saisissante et envoyé au parlement des militants grossiers et arrogants, pourris de certitude et nourris d’idéologie délétère.   

La première mesure de ce groupe dirigeant fantomatique sera d’imposer, au milieu d’un concert d’injures,  un coup de gourdin fiscal tellement massif à la France qui travaille, qu’il tuera en un seul coup et l’envie et les moyens d’investir et de recruter. Un an après, le niveau de vie a baissé et le nombre de chômeurs a grimpé de 300.000 pour la catégorie A, dépassant pour la première fois dans l’histoire du pays les 5 millions pour l’ensemble des catégories de chômeurs.  Aucun des objectifs annoncés n’a été tenu. 30.000 Français sont partis à l’étranger ou en train de s’y préparer. Il faut dire que 8.200 Français ont vu leur imposition les priver de la totalité de leur revenu. Et parfois beaucoup plus.  Des centaines de faillites jettent chaque jour des milliers de salariés à rue. Chaque jour.

Alors que des dizaines de livres et des centaines de rapport ont démontré que la France souffrait d’une bureaucratie  disproportionnée (deux fois plus de fonctionnaires que les Allemands par tête d’habitant, ce n’est tout de même pas invisible ni négligeable), François Hollande  n’a jamais voulu reconnaître le problème publiquement et depuis trois ans maintenant, deux ans de campagne et un an d’exercice du pouvoir, n’a jamais esquissé la moindre mesure pour faire face à ce drame qui pèse sur l’emploi et la compétitivité française, sans profit pour les grandes missions régaliennes. La police ne parvient plus à dominer la délinquance. La Justice est un ministère effondré, abandonné à des militants qui considèrent qu’être père d’une victime est l’occasion d’être gravement injurié. L’armée fonctionne avec des bouts de ficelle. L’éducation nationale ne permet même pas d’assurer le socle de l’instruction minimum. La santé publique est à l’encan. Ne parlons pas de notre diplomatie et de l’influence française à l’étranger.

Le pire est qu’aucune vraie mesure n’est envisagée pour faire face à cet amoncellement de difficultés  sinon de voler un maximum de Français sous les vivats d’une frange (fange) haineuse de la population dont même ce site porte les stigmates.  

Claude Allègre avait raison. Avec Hollande c’est toujours « oui, non, mais oui, mais non, mais bien sûr ». Sur les retraites du secteur public, honteusement avantageuses,  on entend : « il faudra que tout le monde s’y colle et il faut plus de justice », puis «  la réforme des retraites publiques a déjà été faite ». Il parait que c’est une méthode.

Il reste que F. Hollande a été élu. Il est donc en partie en résonnance avec l’électorat qui vote en France.   

Sur une radio pas particulièrement socialiste mais où les journalistes ne veulent pas passer pour honteusement de droite (une carrière est si vite brisée !), on donnait, le jour du bac, une interview d’une jeune fille qui n’avait pas eu le bac.  Toujours cette même idée qu’il ne faut pas exclure et que le bac finalement n’a aucune importance. L’élitisme, quelle catastrophe ! Pourquoi ne l’avez-vous pas passé ce bac ? « Parce que j’étais en révolte contre la société  ». Et qu’est devenue cette révoltée ? Fonctionnaire catégorie B. Félicitations générales. Quel parcours ! De révoltée à fonctionnaire, sans passer par le bac, quel encouragement pour tous ceux qui passent l’examen. Toute la presse a souligné combien ce bac était obsolète, coûteux, inutile. Maintenant on affirme que ce n’est même plus un instrument de promotion sociale.

On est passé de « toute une génération au bac », à «  toute une génération sacrifiée en fonctionnaires B ».

Les derniers glouglous de la contre-société post soixante-huitarde emplissent tout le bocal politicien et  médiatique.

On a voulu mettre fin à la répression et à l’exclusion.  On a entrepris de libérer l’enfant de la tyrannie des parents et des maîtres (et du Bac), l’épouse de la tyrannie du mari, l’adulte de la tyrannie du travail, l’homosexuel de la tyrannie des hétérosexuels, les minorités de la tyrannie de la majorité, le salarié de la tyrannie des patrons, le délinquant de la tyrannie de la société, le consommateur de la tyrannie du producteur, le malade de la tyrannie du scientisme médical, l’individu de la tyrannie de la collectivité, le citoyen de la tyrannie de la nation, de toutes les nations, et finalement on a voulu sauver la nature de la tyrannie des hommes.

Une quarantaine d’années après la France se découvre ruinée, chômeuse, endettée jusqu’au cou, sans industries, dévorée par une administration pléthorique, inculte, en proie à une délinquance incoercible, dépouillée de son indépendance par l’Europe et soumise à des forces étrangères qui s’exercent sans frein à son détriment. 

En parachevant le travail de destruction des derniers vestiges « du monde bourgeois », Hollande croit avoir fait œuvre historique. Il ne fait que prouver qu’une anti-société de Bisounours n’est pas une société. Une civilisation n’atteint des objectifs de progrès qu’au prix d’un certain niveau de contraintes, de sélections et d’efforts.

Avec Hollande, la France est en train d’atteindre un niveau culturel et économique série B. Mais il n’est pas seul en cause. Les Français l’ont voulu. Ils l’ont eu.  Reste à savoir combien de temps ils se satisferont de cette désolante médiocrité.

Les Frac et les lois de Parkinson

Tout le monde connait les lois de Parkinson qui régissent l'accroissement continue des effectifs administratifs, même si l'objet du travail en question  a disparu.  

Il était parti d'un constat simple : les effectifs administratifs de l'Amirauté britannique avait cru notablement alors même que le tonnage géré avait été réduit des deux tiers. De même le département colonial qui ne comprenait que 372 personnes en 1932 au moment de la plus grande extension de l'Empire Britannique faisait travailler 1661 personnes quelques années après la fin de la colonisation.

Ses observations avaient montré que l'expansion administrative n'était pas liée à un besoin quelconque., légitime ou non, et à son évolution, mais à des forces internes qui agissaient d'une façon telle qu'on pouvait prévoir une croissance automatique des effectifs. Les études mathématiques ultérieures semblent avoir montré, par application de la formule x= (2Km+p)/n, que le taux de croissance se situait quelque part entre 5 et 6%, ou, pour simplifier encore, doubler tous les 15 ans.

Ces lois ont eu de nombreuses confirmations françaises. Le Ministère de l'agriculture voit ses effectifs augmenter indéfiniment alors que le nombre de paysans baissent chaque année.  Le Ministère des anciens combattants ne suit pas le diminution du nombre d'anciens combattants. L'EPAD, à la Défense est un autre magnifique exemple d'une administration qui a survécu à la disparition de son objet par mutation spontanée de son rôle.

Dès qu'on parle de restrictions de la dépense publique aussitôt mille voix s'élèvent contre le risque de diminution des policiers, des professeurs et des infirmières. Jamais  personnes ne pensent à ces dizaines de milliers de postes totalement inutiles qui  ont été créés que par la routine parkinsonnienne.

Nous avions déjà annoncé que la RGPP était une plaisanterie, car on ne peut pas "rationaliser" un phénomène qui est parfaitement scientifique et rationnel : la pression parkinsonnienne. La RGPP a été un échec. Les socialistes ont voulu  changer le nom de l'exercice en le modifiant au moins verbalement. Il sera tout aussi vain.   

Il ne faut pas rationnaliser. Il faut revenir à la source même de la politique publique menée et si elle n'est pas absolument nécessaire, il faut supprimer les services concernés. A la hache.  Sinon la volonté des cadres de multiplier leurs subordonnés (et pas leurs rivaux)  et leur capacité de se donner mutuellement du travail l'emporteront toujours.  Ajoutez le pouvoir syndical, et la règle qui veut que le travail occupe tout le temps qu'on veut bien lui accorder s'exprimera sans limite.

La curiosité du phénomène est qu'il est pratiquement insensible à la conjoncture. La crise la pire pourra bien frapper un pays sans que le petit monde protégé de l'administration publique ne se sente le moins du monde concerné. Au contraire il se mobilisera pour démontrer que son rôle est encore plus crucial que jamais et …exigera des hausses d'effectifs et de budgets

La confirmation des lois de Parkinson est particulièrement évidente lorsqu'on se penche sur ce cas admirablement symptomatique : les FRAC !  

Pour qu'un centre de dépense publique puisse inlassablement perdurer dans son être et dans se croissance budgétaire, il faut lui donner des objectifs tellement élevés que les remettre en cause serait du plus mauvais esprit. Bien sûr, des objectifs élevés on peut en trouver des millions. Le plus dure est de l'accrocher dans le décor budgétaire. Après,  cela va tout seul.

L'inénarrable Jack Lang, chargé de faire passer la culture de la nuit à la lumière en doublant le phare budgétaire, et en associant étroitement les cultureux subventionnés à l'électoralisme du PS, sera naturellement à l'origine du projet.  Arroser "l'art contemporain" d'une manne bienfaitrice, donc des artistes contemporains,  d'une recette sympathique, tel était le projet.  L'Etat se substituant à l'infâme bourgeois et aux condottiere allait montrer toute sa capacité à "créer un riche terreau de créateurs". Lla Genèse avec nous !

Qu'on était loin de Maurice Druon se moquant des pseudos artistes   faisant chanter l'Etat avec d'une main une grenade dégoupillée et l'autre une sébile ! L'argent allait couler à flot sans même qu'on menace qui que ce soit.

Pour éviter les complexités et rigidités des schémas publics traditionnels , les astucieux promoteurs choisirent la voie la plus simple : des associations, qui ont pratiquement le droit de tout faire sans aucun contrôle, alimentées de façon croisée par les Régions et  L'Etat.

La mode était à la "décentralisation culturelle". L'intérêt aussi. La régionalisation permettait d'obtenir tout de suite une vingtaine de sites et de mettre à l'abri les rigolos qui seraient nommés à la tête des nouveaux machins,  de la surveillance trop aigues des superviseurs parisiens.  Une association peut nommer directrice la femme d'un fonctionnaire dans le besoin ; pas une administration en règle. Ou le petit copain homosexuel d'un conservateur de musée bien implanté.  La souplesse procédurale et le statut d'association permettaient tous les abus. Qui irait jamais mettre le nez dans toutes ces planques ?

L'argent se mit à couler à flot. Les places se firent de plus en plus nombreuses.  Partout on investit  dans des installations coûteuses. Il fallait ce qu'il fallait pour l'ART. Interdit naturellement de concurrencer les musées. Attention : des gardiens du temple administratif de la culture veillait courageusement à éviter toute interférence avec leur boulot.

Au musée d'acheter les trésors immémoriaux de l'art, même contemporains.  Alors quelles acquisitions pour les Frac ? Euh ! Euh !  On trouva vite : ce n'était pas l'œuvre qui compterait mais l'artiste local. On lui permettrait de s'épanouir et de voir son œuvre connue et reconnue. N'était-ce pas là le rôle du privé : les galeries d'art ne sont pas fait pour les chiens ?  Les promoteurs  privés prennent le risque de leur sélection.  Elle rencontre ou non le succès. En quoi l'Etat devait-il mettre son nez dans ce marché fort actif en France ? Personne ne répondra jamais à cette question.  On achètera aux galeristes une partie de leur production : l'argent public suppléera  l'indifférence du public. Tout le monde serait content.

Tous les intérêts étant bien bordés de toute part, la machine se mit en route avec un indicateur de "succès" très particulier : le nombre d'œuvres acquises et le nombre d'auteurs aidés.

Dès 1986 on achetait 5.438 œuvres de 1327 artistes. on est aujourd'hui autour de 25.000 œuvres et de 4200 artistes. En trente ans, on a bien vu l'application presque mathématique de la loi de Parkinson du quadruplement.

En même temps que se constituait  cet invraisemblable fatras, les difficultés de stockage et de manipulation devenaient gigantesques.  Qu'en faire et comment le faire "vivre".  D'abord en multipliant les budgets et les subventions. Opportunément les Régions  ont multiplié les impôts. L'argent était là. On l'a dépensé sans compter et sans même chercher à savoir si on contribuait le moins du monde à la richesse artistique du pays.

Comment surtout juger de la valeur de ce stock imbécile ? Le seul moyen serait de le vendre. Mais là les galeristes ne sont pas d'accord.  Tout le marché de l'art contemporain en serait perturbé.  Quant à la mettre à la poubelle !  Pourquoi ne pas le restituer aux "artistes" qui ont tapiné avec les Frac  ?

Tout le monde le constate : la France n'a plus de grands artistes internationaux comme on en a connu pendant la majorité du XXème siècle.  Et ceux qui restent ne connaissent pas les Frac.  Lorsqu'on pose la question : citer 10 peintres Français contemporains importants, votre interlocuteur aura du mal à trouver deux noms.  De même que les budgets du ministère des colonies augmentait quand les colonies disparaissaient, le budget des Frac augmente alors que le nombre de peintres français célèbres diminuent, si on en croit les spécialistes.

Même la place de Paris, comme plateforme central  de l'art contemporain,  est en train de craquer.

 Les Frac ne connaissent pas la crise. Pensez : il faut fêter dignement les trente ans de l'institution. Des budgets énormes se sont donc déversés sur de multiples "évènements", avec des opérateurs publics comme la SNCF, les régions, les Centres d'art contemporains . On allait voir ce qu'on allait voir et surtout ce qu'il fallait voir.

On reste toujours ahuri par la nature de la prose de ces organismes.  Selon la règle parkinsonnienne qu'il faut qu'on décentralise avant de centraliser, pour coordonner bien sûr, les Fracs se sont unis autour d'un machin chose appelé "platform", un barbarisme en Français mais qui fait tendance.  Ce merveilleux texte nous dit tout :

"Structures légères et réactives, les FRAC sont résolument un dispositif d'aménagement culturel du territoire. Ils ont su répondre tant aux mutations de la création contemporaine et aux projets des artistes qu'aux attentes et besoins de chaque contexte régional en inventant des manières efficaces et uniques de «conquérir les territoires». Postulant dès le début des années 1980 une articulation entre le local et le global, signe distinctif d'une scène artistique mondialisée, les FRAC ont permis la constitution de collections singulières d'envergure internationale. Elles témoignent de leur activité artistique propre et aussi de celles des centres d'art et des musées avec qui les FRAC entretiennent des relations soutenues. En retour, leurs œuvres ont nourri les programmations de chacun et les regards de tous. Si les FRAC participent de l'écriture d'une histoire mondiale de l'art de ces trente dernières années, ces collections sont les premiers outils d'actions dans des établissements scolaires, universitaires, des communes rurales, des prisons ou encore des hôpitaux. En 30 ans, les 23 Fonds régionaux d'art contemporain ont acquis plus de 26  000 œuvres réalisées par 4 200 artistes (dont 56,5% français) et chaque année, l'ensemble de leurs projets (environ 600) atteint plus d'un million de personnes.

On notera le vocabulaire : "dispositif d'aménagement", "conquérant de territoire", "articulant le local et le global", nourriture du regard de chacun et de tous", "participant à l'écriture de l'histoire mondiale", "outils d'action".

Tout cela pour "atteindre" un million de personnes.

Ce verbiage ne correspond naturellement qu'à un exercice de narcissique intéressé.  Aucun critère de qualité dans tout cela. Seul la quantité compte et les ambitions politiquement correctes.

D'autre documents nous apprennent que des évolutions sont en cours pour 'atteindre les créateurs de la "diversité" et "mettre fin à la relative sous représentation des femmes".

L'Europe, l'international, les échanges avec les autres pays, sont  au cœur des nouveaux développements. Justifiant de nouveaux budgets. En même temps qu'on veut de nouveaux temples pour permettre  "aux masses" d'être "en contact"  avec les projets des principaux artistes contemporains exerçant en région,  et  l'évolution de leur projets, parfois très pointus".

Un projet est dit pointu quand il est totalement abscons et ridicule.  Faire acheter un échafaudage pour le montrer  quelques heures avant de le remballer et de le mettre "dans les collections", est une "approche pointue et événementielle" qui plairait beaucoup dans les prisons :" le prisonnier a le droit à la culture , quoi merde !"  (propos entendu lors d'une conférence dans un "évènement" Frac.)

Bref ! Tout un monde grouille dans le mépris le plus total du "bourgeois" avec de l'argent public dépensé sans contrôle à des fins incertaines et sans véritables résultats, sinon de faire vivre sans des cloportes, comme disait Alphonse Boudard, des copains et des coquins. La présence d'art ne serait être que strictement accidentelle et une coïncidence qu'on imagine heureuse (sans en être plus très sûr). A ajouter à ces amusants gestionnaires de Maison de la Culture qui voulaient supprimer la scène pour que la création des artistes de théâtre  ne soient pas gênés par le public (authentique).

La RGPP n'a évidemment pas touché les quelques milliers de braillards et de rigolos qui vivent de cette escroquerie. La Modernisation des politique Publique ne fera pas mieux. On ne va pas revenir aux ténèbres pré-djack. Fichons en l'air la politique familiale, dégommons les riches (tiens un de mes voisins déménage pour Genève pendant l'écriture de ce texte). Mais ne touchons pas au Frac.

Au fric-frac à coloration culturelle.

Laissons donc la parole aux triomphateurs de notre porte monnaie, qui font des jeunes Roms parisiens des amateurs un peu médiocrtes :

"Un anniversaire prospectif" (très bien ce prospectif !)

"Sous l'intitulé Les Pléiades, un titre en écho à l'idée de collection et d'un regroupement d'éléments autonomes lisibles par la force d'une même dynamique, cet anniversaire prend comme principe fondateur le regard des artistes sur les collections des FRAC. Cette référence stellaire et littéraire exprime l'unité dans la diversité qui est la nature profonde des FRAC."

Ah ce " regroupement d'éléments autonomes lisibles par la force d'une même dynamique" et cette "nature profonde" des Frac  . Edgar Faure aurait ajouté que l'indépendance des Frac dans leur interdépendance  était la garantie d'un succès pérenne. Mais il n'aurait pas su lire "des éléments autonomes".  Comme quoi même les experts les mieux cotés en verbiage amusant ne tiennent pas la route comparés à nos frac-tionnaires.

Et on voudrait des infirmières et des policiers !

Ce texte est un hommage à M. Moscovici qui a déclaré qu'en matière d'économie, désormais,  on avait atteint l'os, alors qu'on n'a même pas commencé à épousseter là où le gaspillage était le plus évident et qu'on n'envisage pas du tout de le faire.

Nous fêterons dans 30 ans un nouvel anniversaire des Frac, qui auront acheté 80.000 œuvres à 6.500 "artistes".  Mme Taubira aura sans doute vider les prisons mais la politique d'animation culturelle des Frac n'y aura pas cessé : on y aura surement des salles d'expositions permanentes, à côté de la salle de shoot.    Et pourquoi ne pas mettre en œuvre des Fdac, les fonds départementaux d'action culturelle ? Tout en créant un Fonds Européen  d'action culturelle avec des agences dans tous les pays du monde ?

Ce n'est pas un million de pauvres Français qu'il faut "atteindre" mais un milliard d'humains privés d'accès à la culture et aux tendances récentes des meilleurs créateurs.

 

PS : dites à l'agence de ménage de ne pas utiliser le seau peint en bleu  ni de laver la serpillière dégoutante  qui l'accompagne à l'entrée à gauche de la nouvelle salle d'exposition : c'est une acquisition qui doit atteindre son public et qu'on stockera dès que le nouveau palais sera fini de construire.  

Le démon du bien

Le démon du bien

 

Depuis le début de la crise nous prétendons qu’elle n’est pas le fruit de l’action de « vilains » mais plutôt d’erreurs globales commises par des élites animées par la recherche d’un bien supérieur. La durée de la crise et l’absence de vraies solutions proviennent justement de ce caractère très particulier : personne ne veut renoncer au bien !

Cette situation rappelle l’Union soviétique et ses politiques agricoles. Le système ne marchait pas. Mais il était parfaitement conforme à la doctrine considérée comme « indépassable » du socialisme agraire.  A chaque début de famine ou de disette, on criait aux nécessaires réformes et on en lançait une. Qui marchait parfaitement. Allait-on la généraliser ? Non ! Aussitôt les défenseurs de la bonne pensée socialiste veillaient et  interdisaient la prolongation de la réforme.

Nous avons proposé une explication de la crise en trois éléments :

-          Le système des changes flottants a provoqué une baisse tendancielle de la croissance mondiale, aggravé l’ampleur des crises décennales et finalement explosé. Le mécanisme principal est la montée délirante et généralisée de l’endettement global, du fait des doubles pyramides de crédits permises par ce système monétaire particulier et jamais décrit en bien par la doctrine jusqu’à sa mise en œuvre de facto sous la pression intéressée des Etats-Unis.

-          L’organisation de l’Euro, fondée uniquement sur une norme, sans aucun organe de pilotage, est un système fragile incapable de faire face à une crise autrement que par des déflations.

-          L’hyperfiscalité française, constamment aggravée, a progressivement paralysé l’économie marchande qui  souffre d’un manque à employer de près de 10 millions de salariés, permis une hypertrophie délirante du secteur public  et créer une situation insoluble où les prélèvements excédent la valeur ajoutée des entreprises.

Il n’est pas difficile de comprendre que la France, baignée dans la mondialisation financière basée sur les changes flottants,  membre fondamental de  la zone euro en déshérence et noyée dans son propre vomi fiscal, ne peut pas s’en sortir facilement.

Le premier choc fiscal, dû à  Sarkozy, doublé par le délire fiscal et les injures sociales de Hollande,  ont aggravé la cause spécifiquement française de nos malheurs économiques. L’année 2012 a vu un recul global de PIB, la baisse du pouvoir d’achat (par tête et global), la spoliation des entrepreneurs et des épargnants pour obtenir au final plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus,  avec en vue le record de chômage à plus de 11%, de très nombreuses faillites,  le  blocage de l’immobilier, et…un déficit public et un endettement public  aggravé.

Dirigée par un fils de famille aigri contre la bourgeoise et l’extrême droite de son enfance, haut fonctionnaire qui n’a jamais travaillé, ni dans la fonction publique ni ailleurs, qui a fait une carrière d’apparatchik malin  mais méprisé par tous ceux qui l’ont approché du fait de sa méthode qui consiste à toujours donner raison au dernier interlocuteur et d’éviter à tout prix de se faire coincer par l’énonciation d’une idée quelconque,  la France économique  a été abandonnée aux vaticinations et improvisions d’un professeur d’allemand et d’un professeur de maths.  Ces excellences de préau d’école n’ayant jamais vu une entreprise de leur vie ne pouvaient que prendre des décisions déplorables. Elles l’ont fait avec une incompétence à la hauteur de leur engagement socialiste.

Bien sûr, dans un moment de dépression économique, il faut à tout prix réduire les frais généraux de la nation et conforter autant qu’on peut le tissu des entreprises. 

Comment faire quand la classe gouvernante depuis 1974, l’énarchie compassionnelle, promeut l’idée généreuse, bien que controuvée, selon laquelle  seul le haut fonctionnaire voit juste et qu’il est seul  désintéressé, qu’il doit arbitrer la société,  qu’il faut crier en permanence « vive l’impôt » et que la dépense publique est le seul bien collectif qu’il faut à tout prix protéger, et ses servants avec ? Seule la séparation de la politique et de la haute fonction publique permettrait d’en sortir.  Cela supposerait deux mesures constitutionnelles évidentes :

-          Nul ne peut recevoir deux rémunérations de l’état

-          Nul ne peut être membre d’une assemblée ou d’un exécutif qui fixe sa propre rémunération.

Seulement voilà, il faudrait s’attaquer à un « démon du bien », comme disait Henri de Montherlant.  Et ce démon  tient les institutions politiques, l’Etat, la banque, et … la presse.

L’Europe de l’Euro a elle aussi ses démons du bien.  Ils suggèrent que l’Europe c’est la paix, que seul l’abaissement des Etats la permettra, qu’il faut mettre fin à toutes les barrières, à toutes les frontières et que l’individu européen, enfin libéré des contraintes artificielles mis à son bonheur et à son action par  les nations, pourra montrer toute sa fécondité.

Les Européistes ont considéré qu’il fallait créer  l’Euro sur une base purement contractuelle.  Que les sinistres moignons d’Etat fassent ce qu’on leur demande, à savoir conserver leur déficit dans la limite de 3% du PIB et l’endettement public en deçà de 60% du PIB et tout irait bien.  Jusque-là les Etats avaient des armes conjoncturelles, taux de change, politique monétaire et financière.  Dans le cadre de la zone Euro ces pouvoirs sont supprimés. La BCE n’a qu’un rôle vis-à-vis des prix qui doivent rester en deçà de 2%. L’objectif statutaire est unique.  Que se passe-t-il en cas de crise conjoncturelle mondiale ? Silence.  Que se passe-t-il en cas de distorsions internes ?  Silence.  On a mis la charrue avant les bœufs. Les bœufs ont naturellement piétiné la charrue qui ne marche plus.

On change ? Non. L’approche juridique et l’option européenne de principe sont des démons puissants. Tout cela a été fait (ou défait comme on voudra) pour la paix et le bien commun. Cela ne marche pas ? Tant pis ! On ne revient pas sur d’aussi beaux principes.

La dernière classe de démons du bien se trouve aux manettes de l’organisation monétaire internationale. Seuls les polémistes à courte vue peuvent prétendre que l’organisation qui a été mise en place est le fruit pourri d’une malveillance organisée.  Empêcher les Etats de venir gêner voire empêcher des relations économiques mondialisées par des contraintes abusives est un objectif défendable et même souhaitable.  La liberté n’est pas une contre-valeur.  Faire en sorte que chaque individu à travers le monde puisse aller et venir librement, s’établir librement, contracter librement,  au civil comme au commercial, acheter et vendre librement,  ce n’est que reconnaître un droit naturel de l’homme au monde. 

Construire un tel monde n’est pas une œuvre vaine et démoniaque.

Le diable une fois de plus n’est pas dans l’objectif mais dans les modalités.  L’organisation monétaire est  contingente. Ses modalités doivent être d’abord efficaces.  Pour servir une même fin,  une organisation peut s’avérer meilleure ou pire qu’une autre. Chercher la meilleure n’est pas  un exercice indifférent.

En voulant construire un système de libertés concrètes sur une organisation non coopérative, le monde occidental s’est trompé. Malheureusement les tenants de cette politique non coopérative et déséquilibrée assimilent l’organisation qu’ils ont choisie et les objectifs poursuivis.  Jupiter aveugle ceux qu’il veut perdre.

Le résultat est qu’il est impossible de mettre en cause le système des changes flottants qui est la base du G.20 et de toutes les relations internationales. Essayez, pour voir, de faire passer un texte qui remette en cause les changes flottants dans un cénacle international, dans un média qui se veut sérieux,  ou même auprès d’un éditeur : impossible !  Le tabou est trop fort.

Système monétaire malfaisant, système de l’Euro absurde, hyperfiscalisme français aberrant sont autant de montagnes impossibles à gravir car gardées par des démons du bien.

La crise entrera dans sa septième année en juillet 2013. Sept ans de malheur. Il est temps de jeter le miroir cassé de nos bonnes intentions  détournées de leur véritable finalité!  Les changes flottants ne sont pas la condition du  libéralisme économique international. L’Européisme aventuré n’est pas la condition de la construction européenne.   Le socialisme bureaucratique n’est pas la condition du social.

Il faut vaincre le démon du bien qui est en nous, même si l’enfer, c’est les autres, comme disait Sartre, un spécialiste.

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes E-toile.  

Mai 2013 : note d'ambiance

On se souvient que la conjoncture immobilière a basculé en septembre 2006, que les premières banques ont commencé à vaciller fin 2006-début 2007, que les marchés s'agitent dans tous les sens entre mars et mai 2007, signalant que les derniers feux de la flambée spéculative étaient en train de briller de la façon caractéristique d'avant explosion  : de brusques lueurs et un noir d'encre se succédant rapidement.

On vit même le directeur du FMI expliquer que les quelques tensions constatées étaient désormais résorbées. La folie sur certains marchés de nourriture essentielle  avait provoqué quelques émeutes. Certains y voyaient des signes de la bonne santé générale de l'économie.

 La BCE resserrait les conditions de crédits à peu près il y 7 ans,  jour pour jour, pour faire face "aux risques de dérapages inflationnistes" et d'exubérance des marchés. .

C'est l'époque où nous crions dans le désert : attention, la crise décennale arrive et elle sera : en avance, sévère, et mondiale.   

Le marché monétaire se bloque  fin juillet 2007 : la crise était lancée. Nous y sommes encore.

Sept ans !  Nous avons écrit à cette époque :" la crise sera sévère. Nous ne prévoyons pas une dépression de type de 1929, sauf si les Etats multiplient les erreurs économiques" (juin 2007).

Les erreurs vont se multiplier.

Aucune des causes de la crise n'a toujours  été publiquement diagnostiquée. Aucune mesure structurelle permettant de les juguler n'a été prise. Aucune.

Pour le monde, il fallait constater l'échec du système non coopératif des changes flottants associé à une liberté quasi-totale des mouvements de capitaux. C'est la double pyramide de crédits que cette organisation stupide a permise qui a ralenti le trend mondial régulièrement pendant quarante ans et aggravé les crises décennales.  C'est l'abandon des objectifs collectifs de limitation des déficits et des excédents de balances extérieures qui a fait passer les pays de l'OCDE de 150 à 400 ou 500% d'endettement global para rapport au PIB.

On a cru que les deux règles habituelles fonctionneraient : des déficits budgétaires associées à un relâchement monétaire important.  On n'avait pas vu que les relances keynésiennes ne marchaient plus de l'introduction des changes flottants. : trop de fuite dans le bocal !

Quant aux banques centrales, cela faisait tellement d'années qu'elles relâchaient de la monnaie à gros bouillon qu'on ne pouvait espérer une réponse particulière.

Le résultat : après avoir transféré  aux Etats les pertes des banques et donner un coup de fouet artificiel à l'activité en creusant tous les déficits publics,  le paquet invraisemblable de dettes non recouvrables de l'avant crise, entre 10 et 15 mille milliards de dollars, s'est accru des dettes de la crise elle-même, faisant peser sur tous les Etats un fardeau intolérable, en même temps que les banques étaient obligées de dégonfler leurs bilans, et que la panique déréglait tous les comportements.   

Sept ans après, Le commerce extérieur mondial a explosé. Il suffit de regarder la courbe du Baltic index pour voir qu'on est toujours au plus bas. La Chine est malade de son système financier et social déséquilibré.  Elle cherche toujours désespérément comment ne pas perdre l'essentiel du tas de dollars papier qu'elle a accumulé. 

Le Japon a compris que dans le désordre général des esprits et la débandade américaine il pouvait retrouver une bonne partie de son autonomie. Il vient de lancer une dévaluation compétitive majeure. Les journaux financiers anglo-saxons font semblant de ne pas être impressionnés. Tous leurs clichés apparaissent pour ce qu'ils sont : de la foutaise. La dévaluation japonaise marche et la croissance est un peu repartie, au détriment des autres pays du monde.

Les Etats-Unis sont englués dans des déficits intérieurs et extérieurs  gigantesques. La croissance et minable. La moindre crainte d'un abandon de l'alimentation en drogue monétaire par B. Bernanke provoque un sursaut hystérique du malade.

Les pays émergents longtemps soutenus par les replacements de dollars chinois en terrains agricoles, terres rares, commodities divers ( pétrole, charbon) , produits agricoles,  voient le bout de ce replacement. On n'était pas dans une croissance féconde et équilibrée, mais dans un spasme de précaution.   

L'Europe est en Berne. L'Allemagne qui est plus sensible à la conjoncture mondiale que la France commence à souffrir.  Les pays du sud talonnent après une violente dépression. Les banques espagnoles, on le voit, n'ont toujours pas digéré l'énorme excédent de placement immobilier des 20 ans précédents. L'Italie est atone.  Les politiques d'austérité sont remises en cause mais les outils qui ont été abandonnés par les états individuels ne sont toujours pas utilisés à l'échelon européen. L'arme des changes est purement et simplement ignorée.  La fragilité d'une zone euro sans armes ni pilote apparait pleinement.  La gestion par la norme sans instance de pilotage  conduit à la déflation généralisée.

Quant à la France !  Glacée par la dégelée fiscale accompagnée d'insultes que lui a infligé Hollande entre juillet et novembre 2012,, alors qu'elle était déjà au sommet des prélèvements et de l'étouffement administratif, la France s'est bloquée.

L es Français découvrent avec stupeur les taux d'imposition qu'on leur inflige. Le commerce est partout à l'arrêt. Les boutiques ferment les unes après les autres. les PME s'arrêtent. Le tissu industriel et commercial se défait. Le chômage explose.

L'économie française est en chute libre, tirée vers le pire  par une équipe dont la nullité satisfaite, agressive, idéologique  et désinvolte  a tout aggravé.  

Pour corser le tout, la météo française est pourrie depuis un an. Il n'a cessé de pleuvoir depuis le début de l'année. Le moral des Français est dans les chaussettes. Ils regardent leur bas de laine et se demandent combien de temps ils vont pouvoir tenir.  Ils voient bien que leurs ressources, volés par l'Etat sans la moindre vergogne,  s'épuisent.  Les jeunes s'expatrient.   Les plus âgés s'inquiètent  de ce qu'ils vont pouvoir laisser à leurs enfants si le grand âge n'a pas conduit à épuiser les réserves.  

Les voyous triomphent, bien aidés par un large partie du monde judiciaire  dont "le mur des cons" a largement révélé la mentalité. Ils n'ont pas pour mission de protéger la société mais de l'apaiser en étant durs au bourgeois et tendres au délinquant.

En ce mois de mai 2013, la France ne se révèle pas seulement bougonne, mais nerveuse et prise d'une colère rentrée contre toutes les bouches médiatiques qui lui demandent d'aimer les causes de leurs misères.

Nos commentateurs des médias , toujours positifs dès qu'il s'agit de leurs amis socialistes,  parient sur la conversion de F. Hollande. Ce serait un Schroeder et on ne l'aurait pas compris. Il n'a pas la majorité parlementaire de sa politique "sociale démocrate". Mais il y aura une recomposition politique : le hollando-bayrouïsme  est dans les tuyaux et va conduire le pays à l'extase. Le spectateur se tapote le menton.

Le citoyen, contribuable et homo economicus, lui, caresse des rêves de revanche électorale sévère.  

En attendant la France coule comme un fer à repasser, dans une Europe qui sombre doucement, au sein d'un océan mondial toujours déchaîné.  

Mai 2013 : un moment de la déprime française qui restera gravé dans la mémoire collective.

ISF : ils avaient bien menti !

Nous défendons depuis toujours l'abrogation de l'ISF, impôt abject dans ses motivations et ses modalités et déplorable dans ses conséquences.

L'ISF pose un problème national grave.

Il ne peut se déboucler que par la vente d'une partie de la fortune française à l'étranger. Est-ce réellement un objectif pour une nation ?

Il provoque,  pratiquement mécaniquement , la confiscation totale du revenu de certains contribuables.  Nous prétendons qu'utiliser la force publique pour saisir la totalité du revenu d'un citoyen est un abus de pouvoir et une déchirure du pacte social. Nous ne sommes plus face à une "contribution" mais à une spoliation et disons le tout net à un vol.

Nous avions chiffré entre 10.000 et30.000 les familles concernées par ce vol chaque année, l'ampleur des chiffres dépendant des impôts pris en compte et des chiffres de référence. Comme toujours, la réalité est compliquée et on peut jouer sur les bases, le champ d'impôts pris en compte, etc.

Il faut bien garder à l'esprit que les impôts directs ne représentent qu'une fraction minime des prélèvements totaux. Si on prend l'ensemble des rémunérations et qu'on leur rapport les impôts taxes et charges sociales directement à ceux qui font le chèque, nous pouvons aboutir à des nombres de Français payant plus de 100% d'impôts et de prélèvements très supérieurs à 30.000.

Les Echos puis le Monde ont publié le chiffre de 8200 foyers fiscaux  imposés à plus de 100% en 2012. Ce chiffre est dit "confirmé par le Ministère du Budget".

Notons au passage qu'aucune information n'est fournie régulièrement par les pouvoirs publics sur ce sujet sensible. Comme pour les départs à l'étrangers, le silence administratif et gouvernemental est d'or.  Ce qui est tout simplement une honte. S'agissant d'une spoliation manifeste, tous les députés de tous les bords devraient être vent debout pour obtenir toutes les clarifications nécessaires. Silence dans les rangs : il s'agit de "riches". N'allez pas salir votre image !  A droite comme à gauche.

Dans le cas d'espèce on n'a pris que les bases déclaratives (revenu  fiscal de référence et revenu s pris en compte dans le calcul du plafonnement).  Ce sont celles qui minorent le plus le phénomène en s'encadrant dans le processus fiscal étroit  de l'ISF.  On trouve 8010 foyers fiscaux entièrement spoliés  avec une hausse de 1. 610  foyers fiscaux entre 2011 et 2012 ou 2.789, selon les assiettes.

Ce qui veut dire que, avant même 2012,  et les saloperies électoralistes socialistes de M. Hollande, des milliers de Français payaient déjà plus de 100%, comme nous ne cessions de le dire et de l'écrire.

En supprimant le plafonnement en 2012, Hollande a sciemment aggravé les spoliations.  Mais, le système précédent n'était pas plus juste. Juppé avait même supprimé le plafonnement en 95 !  

Si on ajoute les autres prélèvements, le nombre des Français qui paient plus de 100% d'impôts est supérieur à 30.000.  Ce qui explique l'exode des fortunes depuis des années.

 

Ce premier aveu t public depuis quarante ans est pour nous une grande avancée.  Car nous vivons depuis quarante ans dans le déni.

La première réponse, lorsque nous parlions de ces milliers de Français, était toujours la même : ce n'est pas vrai. Ce n'est pas possible.

Les intervenants ou les interlocuteurs de gauche ne voulaient pas d'une qui leur posait tout de même un problème. Prendre 100% du revenu d'un citoyen est intolérable quelque soit le bord politique.

Même à droite, on ne voulait pas entrer dans ce débat. Surtout parce que les dirigeants de la droite, Juppé et Chirac en premier, mais Sarkozy  a mis ses pieds dans leurs traces,  avaient décidé que cette mesure "symbolique" avait un coût d'abrogation trop lourd électoralement.  

Sur ce blog lorsque nous avons écrit que l'abjecte  mesure Hollande allait multiplier les familles spoliées entièrement de leur revenu par l'impôt, beaucoup des commentaires ont nié cette possibilité, vue comme une outrance polémique.

Il n'y avait aucune outrance polémique.   La réalité, simplement la réalité.

Lors de l'affaire Depardieu , le Parti socialiste a menti sur cette question. L'abruti malsain qui dirige le PS comme factotum du déplorable Hollande, a crié que personne ne pouvait payer 85% d'impôts en France.  Ayrault , Moscovici et toutes les bouches à feu du PS ont embrayé le pas. Même M. Zemmour a considéré que M. Carrez en faisait trop en parlant de "quelques centaines"  de spoliés complets, dont "la veuve de l'entrepreneur".

La vérité est désormais partielle mais acquise.

Une dizaine de milliers de foyers sont spoliés de tout leur revenu., selon les critères les plus étroits.  Nous affirmons que plus de 40.000 foyers fiscaux ont payé en 2012 plus de 75% d'impôts sur les mêmes bases (les estimations vont de 40 à 100.000 selon la manière dont on les prend).  

 Hollande, Ayrault, Eckert et Moscovici ont tenté de tourner le jugement du Conseil Constitutionnel en augmentant artificiellement les bases du revenu (il suffisait d'y faire entrer les plus values non réalisées). Ce dispositif a été à son tour retoqué.

Mais jugeons ces hommes  : ils veulent de toutes leurs forces, prendre plus de 100% de leur revenu à des milliers de Français ! Ils ne méritent qu'une chose : l'inéligibilité à vie,  la privation totale de revenu pendant 5 ans et l'indemnisation des victimes sur leurs biens propres..

Il n'y a pas de démocratie possible quand 100% du revenu  est prélevé sur une famille en temps de paix. Il n'y a même plus de liberté. On fait jouer aux fonctionnaires de la DGI un rôle abject d'auxiliaire de la prédation. C'est abaisser l'administration fiscale que de leur demander de voler tout le fruit du travail des citoyens.

Le problème de l'abjection violente d'Etat, c'est qu'elle gangrène tous ceux qui y prennent part.

Il en faut pas croire que tous les fonctionnaires des impôts sont heureux d'augmenter leurs primes en volant la totalité du revenu de quidams qu'ils ont devant les yeux.  La gestapo et le NKVD ne sont pas les idoles des contrôleurs fiscaux !

Le fait qu'une personne, une seule, puisse être victime de la capture de tout son revenu devrait être un scandale national et provoquer une véritable insurrection des consciences.

"NON NOUS NE VOULONS PLUS DE CELA. JAMAIS ! L'ETAT NE SERT PAS A CELA"

Même George Marchais dans ses envolées pré-mélenchonesques n'évoquait de "prendre tout" qu'au-delà d'un certain seuil.

Comment la droite réagit-elle à ce qu'elle a sciemment fait en le cachant ?

Comment la gauche réagit-elle maintenant que les chiffres sont publics ?

La presse va-t-elle engager le débat ?

Le Conseil Constitutionnel peut-il désormais ignorer que les mesures qu'il accepte conduisent à la spoliation totale du revenu des citoyens ?   

Gageons qu'une fois de plus le silence retombera. L'injustice sera minimisée et évacuée.

En 2013 un dispositif de plafonnement va être rétabli. On tombera à 5-600 foyers spoliés à 100%  dans l'indifférence générale.  On sera toujours entre 40 et 100 000 foyers payant entre75 et 100% de prélèvements de toute nature. La France sera toujours à l'encan.  

Maintenant que la vérité est établie et incontestable, même pour le plus borné des croyants socialistes,  disons le crûment :

Il n'existe aucun fondement d'aucune nature  à un prélèvement de 100% du revenu d'un citoyen. Quiconque détourne la puissance publique pour  priver un citoyen de son revenu commet un abus de pouvoir.  Il doit être condamné et exclu définitivement  de la communauté des citoyens Français : perte de toutes décorations ; perte de l'éligibilité ; perte de la nationalité française. 

En maintenant un tel système et en l'aggravant à plaisir, M. Hollande est dans la délinquance politicienne  obscène et infâmante, pas dans la République ni la démocratie.

La triomphale première année de M. Hollande

La campagne électorale de 2012 avait été lamentable. Les deux  camps avaient fait assaut de démagogie et cherché l'avantage par la stigmatisation de boucs émissaires.

"Moi président" l'avait emporté, non pas du fait de propositions particulièrement adaptées à la situation, mais parce que Nicolas Sarkozy avait été usé par la crise, dévalorisé par son style, et décrédibilisé par trop de demi mesures. En terme d'emploi, de dépenses publiques, de dettes  et de pression fiscale, son quinquennat se terminait sur un grave constat d'échec.  On ne peut pas venir au pouvoir en annonçant une rupture et ne pas la faire.  On ne peut pas venir au pouvoir en annonçant une hausse de la croissance et prendre en pleine figure la plus grave récession depuis 1929.  

Le programme de M. Hollande avec son fatras d'imprécations et de mesures "sociétalistes" et socialistes n'augurait rien de bon.  Il était totalement incompatible avec la situation de l'économie française, au sein de l'Europe et de l'Economie mondiale.

Un an après, le dit sociétalisme a dominé toutes les préoccupations du Président.

Conformément  à une idéologie larvée depuis 1968 et dite "de la libération",  F. Hollande, totalement ficelé par l'Europe sur le plan économique et budgétaire, enserré dans le corset de l'Euro, a joué la carte de la "réconciliation et de l'apaisement de la société française", qui aurait été brutalisée par les "réactionnaires" conduits par Nicolas Sarkozy.

M. Hollande a  fait sa révérence successivement :

- aux homosexuels et à la poignée de militants des mouvements "gays" d'origine anglo-saxonne et qui ont commencé à se faire entendre avec le Sida.   

- aux Juifs avec des commémorations renouvelées

- aux africains puis aux noirs en général, en s'appuyant sur la CRAN

- aux délinquants, "victimes de contrôles au faciès" et de prisons "criminogènes".

- aux arabes victimes de la colonisation .

- aux syndicalistes violents et condamnés qu'il s'agissait soudain d'amnistier.

Pour les Roms, qui exaspèrent les Français,  on a d'abord voulu une démarche "humaniste", puis on les a utilisés pour montrer que Valls ne badinait pas avec  leur forme de délinquance, et finalement, on se retrouve avec des condamnations  judiciaires qui conduisent à leur verser 75 Euros par jour par personne tant qu'on ne les héberge pas.  

On ne voit guère de minorités agissantes qui n'auraient pas été honorées et dont les revendications n'auraient pas été satisfaites.

On glosera pour savoir s'il s'agit d'une diversion  politicienne qui permet de camoufler un échec économique sensationnel, ou encore de concessions à son extrême gauche, tendance gauchiste,  ou de la réelle conviction qu'en donnant des gages à d'anciens "dominés"  on faisait œuvre d'apaisement.

Toujours est-il qu'en servant à ce point les minorités, Hollande posait la question de ses relations avec la majorité de la population française, qui accepte ou revendique ses racines "chrétiennes", qui considère  que l'ampleur de immigration commence à poser la question de l'identité nationale et qui travaille généralement plutôt dur en s'inquiétant de son patrimoine écorné par la crise et de son emploi ou de celui de ses enfants.

Une première réponse a été la répression des manifestations contre le mariage homosexuel et la dénaturation du sens de la filiation. Elle s'est accompagnée d'une propagande féroce via les médias publics aux ordres et des relais d'opinions habituels. L'attitude politique personnelle de M. Hollande est marquée par la provocation.  Il aime narguer. Aucune dialogue présidentiel avec les représentants des manifestants ; examen de la loi  promulgation avec une rapidité exceptionnelle , à peine un jour après la décision du Conseil Constitutionnel ; Décret d'application promulgué précipitamment afin de permettre le premier mariage homosexuel avant la fin mai.

La "bourgeoisie honnie", qu'en effet il dit "ne pas aimer", a été massacrée fiscalement en même temps que le gouvernement, lui-même,  menait une campagne de haine et d'insultes. Pendant des mois  on a vu des membres du gouvernement prendre à parti "les patrons voyous", nécessairement voyous,  les licenciement "boursiers", nécessairement boursiers,  les patrons menteurs comme Lakshmi Mittal, les repreneurs  inconvenants, comme ce M. Taylor qui se permettait de traiter de fainéants les Cégétistes  d'une entreprise de pneus qu'ils avaient consciencieusement ruinée par leurs exigences.  

Déviance rarissime, des attaques "ad hominem" ont été menées non seulement par la presse "amie", mais montées directement  de l'Elysée. Les "éléments de langage" contre la révolte à grand spectacle de  Depardieu ont été élaborés par la cellule de l'Elysée sous la direction directe de F. Hollande. On a vu pratiquement tous les ministres,  et le Premier d'abord, se livrer aux joies de l'insulte coordonnée contre le plus grand de nos acteurs nationaux.   Il semble que F. Hollande ait considéré qu'il avait gagné les élections présidentielles grâce aux injures anti-Sarkozy  et que la formule lui permettrait de redresser son imageen dressant l'opinion contre un opposant médiatique qui faisait de gros dégâts dans l'opinion.

Patatras ! La campagne d'injures s'est retournée contre son auteur qui est passé aux yeux des Français pour un politicien sans scrupule et indigne de la fonction. On ne gouverne pas en déchaînant la haine contre des individus. La famille Peugeot avait été insultée peu avant, comme  Bernard Arnaud, le patron de LVMH.

Les Français ont découvert que M. Hollande n'était pas "Flanby le gentil mou de Corrèze" adepte de la social-démocratie. Les spécialistes se sont rappelé qu'il militait à l'UNEF communiste et pas à l'UNEF socialiste. Ils ont su que son père était  bourgeois et riche, adepte de Tixier-Vignancourt et de l'OAS. Lui-même avait été élevé dans la soie. L'absence de scrupules se doublait d'un problème de personnalité œdipien à l'adolescence.   

Le trait de caractère le plus net  de F. Hollande se découvrait en entier : une désinvolture faussement rigolarde et passablement aigrie.  Désinvolte avec ses compagnes,  désinvolte vis-à-vis du Parti socialiste qu'il a mené à la confusion, désinvolte vis-à-vis des méthodes employées, désinvolte vis-à-vis des engagements les plus solennels pris  au nom de la France avec des instances qui la contraignent.

Nombre d'analystes découvrent que le portrait de lui-même que dessine sa première année de présidence n'est pas celui d'un politicien social-libéral obligé de composer avec sa gauche débile ,  ou d'un tacticien sympathique sachant se faufiler entre les gouttes. Ils ont vu  apparaître un Narcisse  aigri contre sa classe et  cherchant à s'assouvir dans des destructions symboliques et fiscales.

Désormais ils l'écrivent sans fard. L'intérêt général ? Aucune importance pour M. Hollande. Il a le pouvoir ; des communicants à sa botte ; une masse de fonctionnaires et de pauvres dans la dépendance directe de ses décisions et sensibles à la démagogie.  Pourquoi s'occuperait-il d'autres chose que de son nombril et de ses passions ?

Espérons que ces analystes ont tort.

Sur le plan économique, en revanche, il n'y a pas discussion. Son action a été doublement désastreuse.

Il a commencé par un immobilisme destructeur. Il fallait défaire tout ce qu'avait fait son prédécesseur, sans se rendre compte que la crise s'accélérait et exigeait une réponse immédiate et ferme.  

Puis il a décidé de faire payer à "10% de la population 90% du coût du redressement des comptes de la nation". Le choc fiscal, associé aux propos haineux, a créé une telle glaciation des comportements que la France s'est littéralement arrêtée. La perte de pouvoir d'achat global a été amplifiée par une stupeur qui a bloqué tous les investissements.  En six mois la France retrouve la récession. Cinq ans après le déclenchement de la crise décennale. Du jamais vu !

On connait les résultats : des centaines de milliers de chômeurs en plus ; la fuite des cerveaux et des jeunes dynamiques. L'explosion des faillites, la montée des impayés à des sommets ravageurs. L'expatriation des familles fortunées. Les projets démarrent ailleurs. Aucun des objectifs annoncés n'a été tenu.  Le Président Hollande n'est plus soutenu que par  20 à 25% des Français et ne fait plus que de la Com' et des opérations images.  Les relations avec l'Allemagne sont  au point mort.  Le moteur de l'Europe est à l'arrêt.  Le déréliction de la France devient le point de mire du monde entier. Si la France finit par sauter, l'Europe saute et le monde entre dans la dépression.

Un désastre comme la France en a peu connu en temps de paix.

Si nous nous en tenons à nos propres analyses et clés d'interprétation, la première année Hollande a tout d'une année perdue, voire régressive.

Notre théorie veut qu'il faut réorganiser le système monétaire international, donner un pilote et une cabine de pilotage à la zone Euro et revenir sur la folie fiscale française.   

Sur le front international Hollande n'a rien dit, rien fait et convaincu personne de quoi que ce soit. Le monde continue son chemin et se moque bien des fadaises hollandaises. La dévaluation sauvage du Japon lui permet d'arracher de la croissance aux autres pays (3.5% ce n'est pas rien). Le gaz de schiste honni en France permet le redémarrage ds Etats-Unis.

Sur le Front Européen, les manquements successifs aux engagements pris ont fait perdre tout crédit à la France. Hollande est un sujet de désolation  après avoir été celui d'une curiosité distante.

Sur le front français, c'est Gamelin , le bravache, capitulant en rase campagne après avoir fait tout ce qui fallait pour aggraver tous les maux de la France et n'en avoir corriger aucun.  Le cœur de l'affaire est pourtant simple : la France ne peut pas continuer à dépenser et prélever plus que ce que les entreprises produisent.    Nous avons deux fois plus de fonctionnaires que les Allemands,  ramené à le tête de citoyen, alors que plus aucun ministère  ne fonctionne.  Les entreprises accablées de charges et de rigidités, perdent constamment des parts de marché. Il fallait donc continuer avec la TVA sociale et redimensionner le secteur public, dans toutes ses composantes.  Hollande a fait l'inverse.

Avec les résultats monstrueux que l'on sait. La France est désormais très clairement menacée dans son avenir économique.  La "boîte à outils" du président socialiste n'a qu'un intérêt de propagande : redonner, sous conditions, aux entreprises ce qui leur a  été pris pour qu'elles disent merci, n'a pas de sens autre que politicien !Employer l'argent public à sortir des statistiques des centaines de milliers de chômeurs pour pouvoir crier victoire à la première baisse des chiffres n'a de sens que politicien

Pour le reste la hausse fiscale va continuer. Elle prendra la forme de suppression de "dépenses fiscales"  ou de prestations "aux riches". On va faire payer de plus en plus ceux qui seront privés de plus en plus des prestations publiques.  On parle non seulement de supprimer les allocations familiales pour "les riches" mais aussi les remboursements maladie. On évoque la progressivité de l'impôt aussi bien pour le foncier que pour l'habitation. Les retraités, considérés comme des riches, seront plumés : augmentation de la CSG, suppression des emplois de service partiellement dégrevés de charges,  impôts et taxes rendus encore plus  progressifs, perte de pouvoir d'achat des pensions.

Actuellement  la France a un nombre de salariés égal au nombre des retraités (autour de 16 millions).

Elle a le double du nombre de fonctionnaires que la plupart des autres pays, rapporté à sa population.

Sa dépense publique et ses prélèvements dépassent la valeur ajoutée produite par ses entreprises du secteur marchand industriel et commercial.

Elle est dirigée par un homme imbu de lui-même, pervers, désinvolte jusqu'au sardonique et qui fait exactement l'inverse de ce qui serait nécessaire.   

L'anti-société qu'il veut achever de mettre en place  n'est pas une société.

Le culte des minorités agissantes ne saurait être confondu avec celui de l'intérêt général.  Une politique fiscale répressive, une politique économique dépressive, une politique budgétaire laxiste, et un discours haineux  ne font pas une politique  de redressement national.  75 à 80% des Français ont le sentiment d'être sous la coupe d'un pouvoir spoliateur  qui leur est étranger et ennemi.

Les pessimistes penseront  qu'on en est revenu au temps du chagrin et de la pitié.  Les optimistes penseront qu'il reste quatre ans, que la sortie de la crise mondiale finira bientôt par se produire, que des réformes en Europe permettront de remonter le courant, qu'il fallait bien laisser le temps à M. Hollande d'apprendre son métier de président et de comprendre la gravité de la crise,  que si  ses calculs initiaux ont été  démentis par les faits,  la gauche de la gauche est désormais muselée, que les promesses aux uns et autres sont désormais tenues. On peut désormais  jeter par-dessus les moulins la phraséologie électorale….

En un mot, Hollande serait un comédien et un joueur qui aurait raté le premier acte mais qui se rattrapera dans le second, l'acte où le livret n'est pas écrit et qui permet donc toutes les improvisations utiles.  

Après avoir été offensant, il deviendrait offensif.

Pour ces amateurs de politique fiction, la dernière conférence de presse  aurait marqué un tournant "pro business".  Bien sûr la parole est toujours socialiste mais ce serait un masque pour faire tenir tranquille les forces obscures du socialisme attardé, et, spécifiquement, M. Mélenchon.

Sur l'Europe, la France reviendrait dans le jeu par une promotion  du  fédéralisme permettant la création d'un "véritable gouvernement économique". 

Dans le monde la voix de la France se ferait entendre grâce … Grâce à quoi ? On ne sait trop.

F. Hollande aurait de toute façon bien raison de faire des plans sur la reprise mondiale qui tirera la Franc de l'ornière : toutes les crises ont une fin.  Maintenant que les Etats-Unis repartent, que les bourses sont au plus haut,  laissons l'énorme pompe fiscale mise dans la poches des Français aisés cracher les ressources nécessaires  à la consolidation budgétaire.

Et on verra bien.

Une France sans capitalisme, sans capitaux, sans capitalistes, et totalement immobile, où les investissements purement français sont impossibles faute d'investisseurs,  où il n'y a plus de familles capables de prendre en main des secteurs de croissance, où les entreprises du CAC font l'essentiel de leur chiffre d'affaire à l'étranger, où le capital risque est mort à peine né, va certainement redémarrer sur les chapeaux de roue.  Les canards dont la tête est coupée continuent bien à courir !

Selon  ces voix, la France ne serait  dans un an qu'à 100% de dette publique/PIB.  Le secteur marchand ne devrait perdre que 300 à 400.000 salariés. 

Le nombre de Rsa-rmistes ne devrait dépasser que de peu les 2.200.000.

Les camps de Roms qui sont passés d'environ 250 en 2007 à 575 en 2011, ne devraient atteindre que le millier, avec en moyenne 500 personnes par camp.  Ceux  qui agitaient la peur de voir les 10 millions de Roms devenus  européens et disposant de la libre circulation accourir en France, en seront pour leurs craintes.

Il est peu probable que l'on parvienne à dépasser les 13.000 vols, les 2.000 agressions et les 200 viols par jour  qui sont la marque française depuis plusieurs années maintenant  et dont finalement on se satisfait.  Qui peut vraiment croire que les cambriolages à Paris croitront à nouveau de 40% dans l'année à venir  ? N'aurait-on pas confiance dans l'excellente politique carcérale de Mme Taubira. ?  

Le bilan sociétaliste de la seconde année sera certes moins brillant, maintenant que les homosexuels militants  peuvent parader en mairie,  avec un chiffon de papier "bourgeois" que méprisaient les soixante-huitard primitifs et que l'actuel Président regarde avec les distances nécessaires.  On se souvient du film de Bunuel où une bande avinée de clochards profanaient une robe de mariée, symbole par excellence de l'aliénation bourgeoise.   

La seconde année de gestion socialiste assumée du pays sera certainement un grand moment d'intelligence gouvernementale et de renforcement de la nation.

Nous allons finir de passer de la nuit à la lumière.

Rendez-vous en mai 2014, mais avec les lunettes spéciales qui permettent de suivre les éclipses solaires.   

L'étrange nature du dépôt bancaire

Le dépôt bancaire est, partout, une curiosité juridique. Les débats purement juridiques sur sa nature sont d'une complexité rebutante. S'agit-il d'un contrat spécifique ? Entre-t-il dans la législation générale sur les dépôts mais avec des variantes ? Les arrêts pris par les plus hautes autorités du droit  sont contradictoires. Un jour il s'agit d'un prêt, un autre d'un dépôt mais avec des règles spéciales, un autre d'un contrat implicite sui generis. On peut ratiociner à l'envie sur les différences entre compte courant, dépôt à vue, compte bancaire etc. Un véritable marigot.

Les seules caractéristiques qui soient claires :

- Le déposant perd la propriété de son "dépôt". La banque peut faire ce qu'elle veut de la liquidité qui figure dans ses comptes. Le bénéfice lié à l'usage de ce bien rentre dans le compte de résultat de la banque, pas dans celui du déposant. Il y a bien dépossession du déposant. Même si c'est une commodité de langage, on ne peut parler de prêt à la banque puisqu'aucune rémunération du déposant n'est prévue.

- En contrepartie, la banque se fait obligation de lui rendre son dépôt sur première demande.

Le déposant est bénéficiaire d'une obligation de la banque. Obligation qu'elle pourra, ou non, respecter.

On distingue traditionnellement deux circonstances où la banque ne peut s'acquitter de cette obligation :

- La crise de liquidité : la banque se voit sommée de restituer le dépôt sous une forme monétaire dont elle ne dispose pas en assez grand nombre. C'est généralement le cas quand une ruée des déposants se produit à la suite d'une perte de confiance générale dans la solidité du système bancaire.

- La faillite : la banque a placé de façon aventurée les sommes qui ont été mises dans ses comptes. Le capital ne suffit pas à éponger la perte. Le déposant ne reverra son argent que si la liquidation permet de solder une partie des obligations de la banque.

L'Etat et la banque ont des intérêts liés. Ce sont les banques qui font la trésorerie de l'Etat. Les opérations de paiements étant traçables via les banques, la surveillance des revenus et des avoirs des contribuables est grandement facilitée par la tenue de comptes bancaires. L'économie elle-même ne peut fonctionner correctement que s'il n'y a pas trop de thésaurisation. Si la production ne voit pas sur les marchés la demande équivalente se présenter sur les marchés, des pertes se produiront.

Au nom de l'intérêt général de l'économie et de son intérêt propre, l'Etat a complètement organisé le "dépôt" en limitant les libertés des déposants.

L'Etat, au nom de la transparence des revenus et de leur contrôle, impose le paiement bancaire, alors que le chèque et le virement n'ont pas cours légal. Désormais il est impossible de payer un bien au-delà d'une certaine somme sans passer par une opération de compte. En France, le niveau est de 3.000 Euros. De même il est interdit de se promener avec de la monnaie dans ses poches au-delà d'une somme de 10.000 Euros. On ne peut solder un compte bancaire que dans un autre compte bancaire. Les salaires doivent désormais être virés sur un compte bancaire.

Cette dernière opération s'analyse comme l'extinction de l'obligation de l'entreprise de payer un travail par transfert vers une obligation de la banque de fournir le service du compte ou de la liquidité banque centrale sur simple demande. Il s'agit d'un transfert d'obligation.

Les banques ont, à loisirs, rendu complexe le retrait bancaire. Les GAB, les automates bancaires, ont la double fonction d'économiser des employés en renvoyant le travail ancien du guichetier sur l'usager, et de les empêcher de récupérer trop de liquidités d'un coup. Certaines d'entre elles, en violation de la loi, imposent de passer par le GAB, c'est à dire par une carte bancaire payante pour effectuer un retrait. D'autres fournissent une simple carte de retrait mais sans pouvoir sortir de grosses sommes. Des formes plus subtiles consistent à renvoyer sur une agence centrale la sortie de liquidité au-delà d'une certaine somme. Cette agence pourrait être au milieu de l'océan et uniquement accessible à la nage au milieu des requins que les dirigeants de la banque n'hésiteraient pas. Il faut en plus faire une demande plusieurs jours à l'avance, afin de préparer la sortie de fonds. Tout est fait pour rendre  non liquide le compte bancaire.

En 2008, après l'affaire Lehman-Brothers, nous avons assisté à ce spectacle : un client de la banque postale dans un guichet du XIVème arrondissement exigeait qu'on lui verse aussitôt les 300.000 Euros de son compte. Ce tempétueux sexagénaire, inquiet pour l'avenir de son épargne, n'obtint du chef d'agence que cette réponse : nous ne sommes pas habilités à vous verser une telle somme qui imposerait un transport par une société de sécurité !  Par faveur spéciale, le chef était prêt à lui faire un versement de …mille Euros !

Vous avez dit "droit de propriété" !   Vous n'avez plus aucun droit de propriété sur votre "dépôt". La banque n'a qu'une obligation de vous rembourser selon les modalités qu'elle décide ou que la loi, généralement obtenue par le lobby des banques, lui "impose".

Le système bancaire reçoit donc chaque mois la totalité des salaires et revenus versés par les employeurs ou les caisses de retraite et restitue cet argent au fur et à mesure des paiements et des retraits. Les paiements généralement reviennent aussitôt dans le système bancaire, dont la trésorerie nette est quasiment constante. Les fuites, sous forme de détention de monnaie banque centrale (disons pour simplifier les billets et les pièces) sont réduites au strict minimum.

Pendant longtemps la liquidité était une monnaie métallique ayant valeur propre (or et/ou argent). Les Etats ont démonétisé l'or et l'argent, et rendu impossible la création de billets par les banques. Le billet n'est plus un titre échangeable contre de l'or ou de l'argent. Et il ne dépends plus de la plus ou moins grande confiance que l'on a dans l'émetteur privé du billet.  Il n'y a plus en général qu'un seul institut d'émission qui est en même temps la banque centrale.

Rien n'imposait vraiment l'existence d'une banque centrale. Une crise de liquidité des banques pouvait se traiter par l'intervention d'organismes de second rang permettant le réescompte des titres de placements des banques primaires, en contrepartie de liquidités gérées par l'organisme de second rang.

Une très forte tradition, notamment aux Etats-Unis, persiste à considérer que l'étatisation complète de l'émission de billets ayant seuls cours légal,  et de la gestion par une banque centrale publique de la liquidité du système bancaire, est une exaction pure et simple. L'Etat  exploite son avantage. Les banques gèrent le reste. Le citoyen est à la merci des deux grands prédateurs.

Les banques expliquent le prodigieux avantage que lui confère le droit d'user à sa guise de dépôts quasiment obligatoires par la gratuité des services qu'elle rend :

- La "sécurité" des fonds déposés.

- Les facilités de paiements

- Les autres services financiers qu'elle peut rendre comme les placements de trésorerie ou la gestion de placements à plus longs terme. .       

Notons que cette notion de sécurité est particulièrement ambigüe : la banque garantit contre les risques de vol mais pas contre ceux de sa propre faillite.

La notion de gratuité est également sujette à caution. Pratiquement tous les moyens de paiement sont désormais payants à l'exception du chèque et du retrait par le GAB (dans la mesure où il est fait en France dans le réseau de la banque). Sinon les frais s'accumulent. Une grande partie des économies de personnel des agences bancaires ont été obtenues en renvoyant vers le client le travail effectué précédemment par le guichetier. C'est le cas aussi bien pour les opérations aux Gab qu'aux opérations par l'intermédiaire du WEB.

Les banques recevant des dépôts en quantité significative sont très peu nombreuses. 10 banques s'en partagent 95% et les quatre premières quasiment 60%.  

Le sommet absolu de ce système serait qu'il n'y ait plus qu'une banque de dépôt unique avec interdiction de toute transaction en liquide. Les citoyens ne disposeraient que d'un droit de faire circuler des traces électroniques de leurs avoirs liquides  de leur compte à celui d'un tiers. 

La fusion de cette banque centrale des dépôts avec la banque centrale, donnerait le sommet de la rationalité bancaire : une banque faisant ce qu'elle veut quand elle veut sans jamais aucun risque de liquidité.

Mais pas sans risque de faillite. Car que se passerait-il si l'enflure conjointe des crédits et des dépôts finançait des opérations irrécouvrables ? La superbanque irait-elle se refinancer directement dans la poche du contribuable ? Ou provoquerait-elle une inflation phénoménale ? Le régime soviétique a montré la voie : on donnait des signes monétaires et on bloquait les prix. Mais il n'y avait rien dans les magasins. L'ennui : le papier monnaie n'est pas comestible. Dans la pratique, la monnaie ne jouait plus de rôle et c'est un quasi système de rationnement qui était mis en place.

Dans notre système capitaliste bancarisé actuel, les contradictions sont partout.

Le schéma précédent ne tient pas compte d'une des fuites principales : les échanges internationaux. Les monnaies nationales ou plurinationales comme l'Euro n'ont aucune autre valeur d'échange entre elles que ce que le cours des marchés de devises fait apparaître. les Etats ne garantissent plus rien. Ils se sentent entièrement dégagés des obligations anciennes des traités. Excédents gigantesques et permanents cohabitent avec des excédents symétriques. Comme le compte électronique de devises ne se mange pas, il faut bien en faire quelque chose d'autre.  On a vu sur ce blog qu'on le replace chez le débiteur et qu'on force un gonflement systémique de la dette qui finit par exploser et provoquer une gigantesque récession.

A l'intérieur de la zone Euro, les déséquilibres commerciaux entraînent ipso facto une concentration de la monnaie dans les comptes du pays excédentaire. Les banques des pays déficitaires s'assèchent et doivent emprunter leurs liquidités pour survivre sur le marché international ou chercher des dépôts en proposant des avantages (secret bancaire comme à Chypre, haut taux d'intérêt ailleurs en contrepartie d'opérations de prêt dangereuses).

Les déséquilibres deviennent tellement forts qu'une tempête est inévitable.

Que font les Etats quand elle survient ? Dans un premier temps ils pensent que les bonnes recettes du temps des changes fixes mais ajustables suffiront. Ils laissent filer les déficits publics et ouvrent les vannes monétaires des banques centrales. Pour éviter la panique, ils renflouent les établissements bancaires en crise de liquidité et garantissent les "dépôts". En un mot ils se portent caution des obligations de leur système bancaire.  

La récession va tellement gonfler les déficits budgétaires que ce sont des milliers de milliards supplémentaires de dettes supplémentaires qui s'ajoutent aux dettes irrécouvrables et menacent la stabilité de l'ensemble.

La réalité est que le système bancaire mondial est actuellement en faillite virtuelle mais qu'il ne faut pas le dire.

L'affaire de Chypre a démontré que les Etats abandonnaient désormais les banques y compris les "déposants".

On arrive à cette situation psychédélique où les Etats, pour leur intérêt propre, imposent le recours au compte bancaire sans plus le garantir, sauf pour de petits montants. Les citoyens doivent, de force, mettre leurs liquidités sous forme de compte-courant, c'est-à-dire même pas de prêts à la banque, mais en contrepartie d'un simple droit de virer la valeur du compte à des tiers ou à retirer des liquidités banque centrale dans des conditions compliquées et restrictives, si la banque le peut !

En même temps la banque dispose d'énormes liquidités banque-centrale qu'elle replace à la banque centrale ou qu'elles utilisent pour faire des prêts aux Etats. Une ressource quasi gratuite avec un réemploi quasi automatique permet une gain facile, tout en ruinant les Etats, sans rassurer les déposants.

Les banques centrales sont gavées de collatéraux d'une qualité pour le moins problématique.

Tout cela est incohérent et branlant.

Tout le système monétaire et de crédit est à reconstruire sur des bases plus sérieuses et plus solides.

Tel qu'on est parti le risque est celui d'une explosion radicale et d'une crise sauvage pire que celle de 1929.  Car les Etats désormais seraient impuissants à juguler un nouveau tsunami bancaire. L'affaire de Chypre a montré qu'ils s'y préparaient, au moins en Europe, en acceptant la faillite de banques et la perte non seulement du capital mais à due concurrence des obligations de la banque, dont l'obligation de rendre l'argent déposé sur première demande.  

L'ennui, pour sortir de ce marigot, c'est qu'il faut résoudre trois problèmes en même temps.

- Sortir des effets de la crise actuelle

- Mettre en place un régime "normal" du système bancaire mondial

- S'assurer des mécanismes de gestion de crise bancaire, notamment à l'occasion des crises décennales.

La seule chose qui soit sûre est qu'il vaudrait mieux :

- au sommet, mettre en place un étalon global de référence avec des monnaies aux changes fixes mais ajustables avec interdiction des gros excédents et des déficits symétriques.

- à la base, instituer un contrat de dépôt sans perte de propriété, qui ne permettent pas aux banques de faire ce qu'elles veulent des sommes versées. Cette notion de banque de paiement est réfutée totalement par les banquiers qui préfèrent disposer d'une ressource assez peu chère et jouer sur tous les tableaux. Mais en forçant les banques à disposer de liquidité uniquement par l'emprunt (placement de titres de trésorerie, comptes à terme, fonds divers etc.), elles seraient obligées de proposer avec clarté l'emploi qu'elles comptent faire des sommes prêtées. Le risque serait étalonné comme dans tous les placements et apprécié par le déposant. Alors qu'un dépôt est aujourd'hui un chèque en blanc donné à la banque.  

les Etats ne seraient plus obligés de garantir les dépôts.  En cas de crise les particuliers et les entreprises garderaient au chaud leur épargne liquide. Les banques ne pourraient pas faire trop de "transformation" et seraient surtout amenées à vérifier la rentabilité des projets financés et d'ajuster les durées d'emprunts et les durées de prêts.

Bien sûr un tel système n'éviterait pas les crises périodiques. Le risque d'un "credit crunch" lié à la méfiance des particuliers et à leur préférence pour la liquidité serait fort. Mais la stabilité globale étant meilleure, il n'y n'aurait pas de risques de très gros dérapages. La banque centrale pourrait de toute façon faciliter temporairement le financement à court terme des banques ou celui des Etats pour compenser les défiances.

Le coût du système des paiements deviendrait apparent. Une concurrence plus claire sur les services permettrait de faire baisser les coûts de transaction, mais cette fois ci au bénéfice du client , pas de la banque. L'internationalisation des moyens de paiement serait facilitée, car le bon fonctionnement d'un système de banques de paiements n'imposent pas de banques centrales ni de surveillance des crédits. Il s'agit de pur service.

Actuellement la gestion sécurisée des crédits cannibalise l'organisation des systèmes de paiement. Il faut libérer le système de paiement du système des crédits.

Les crédits doivent être fondés sur le placement pas sur le dépôt.

Une jolie révolution, dont personne ne parle publiquement, évidemment. Toute la presse est dans les mains des banques !

Que faire de la SNCM ?

L'avenir de la SNCM est engagé. Depuis trop longtemps cette entreprise est une vache à lait. Elle est envahie par toute sorte de mafias.

Une seule anecdote : chargé par l'actionnaire principal de l'époque, la société SOFIA avais équipé une société sous-traitante chargée de découper la viande afin de tenter de limiter les vols à bord. Peu après le lancement de cette société le personnel de garde s'était retrouvé attaché à un arbre, nus, dans l'arrière pays. Et l'usine avait sauté.

La société a évidemment disparu.

Entre les syndicats, les mafias corses et la législation française, il est impossible de faire fonctionner une ligne normale entre le continent et la Corse. Corsica Ferry  est soutenu par certains "milieux" corses. Et souhaitent la fin de la SNCM. D'autres et parfois les mêmes souhaitent que la SNCM deviennent une seconde Corsica Ferry avec des connivences ou des compromis utiles.

Au nom de la continuité territoriale, qui, dans le cas précis, n'a d'autre sens que de pomper le maximum d'argent aux Français, on a couvert de nombreux abus.

La seule alternative est

- soit de considérer qu'il y a une importance nationale à la desserte de la Corse. Il faut rendre d'ordre public les deux bouts des lignes de ferry (en excluant les autorités régionales ou locales corses) et mettre en concurrence libre autant de lignes que la concurrence voudra en présenter. Les quais de débarquements seront nationalisés et seront gérés avec des personnels des compagnies sans autres interférences. Les contrats seront des contrats internationaux et libres. Une prime de continuité territoriale sera versée par la nation toute entière  au prorata de l'activité réelle constatée à condition que le trafic n'ait pas été perturbé par des grèves ou des incidents à quai, notamment en Corse.  En cas d'incident, le coût de ces incidents sera payé par la Région Corse de rattachement du port de destination ou du port de départ selon le lieu des incidents, et consigné pour faire face à toute défaillance par retenu sur les primes de continuité territoriales.

- soit de considérer que la desserte est une affaire Corse. Il appartiendra à la Région Corse concernée de faire son affaire de la gestion des lignes et du versement éventuel d'une prime de continuité territoriale, tout en respectant les règles de concurrence européenne.  

Il faut dans tous les cas interdire une gestion directe par les régions ou les salariés. On sait que dans ce cas c'est la poche profonde des contribuables qui sera inlassablement sollicitée.

Compte tenu de l'état du pays une solution serait de concéder le port de Marseille et tous les ports corses aux Chinois. On a, de temps en temps, une grosse envie que les "politiques" corses et la CGT aillent se faire voir un peu chez les Grecs, notamment au Pirée…

La crise, les experts et la télé

Le premier anniversaire de l'élection du président Hollande stimule les émissions de télévision. Il faut esquisser un premier bilan.  On a donc vu Jean-Luc  Mélenchon discuter avec  Jacques Attali sur une chaîne. Le même soir, sur une autre chaîne, l'émission d'Yves Calvi a fait se confronter les "experts"" habituels, c'est à dire Yves Thréard, chargé de la pensée de droite, M. Philippe  Dessertine, chargé de défendre les positions européistes, M. Todd, chargé de lui-même  

Nous n'évoquerons pas la philosophe de service qui n'avait rien à dire d'utile et qui s'acquittera de cette mission avec l'air pincé et sévère que les femmes philosophes affectent à la télé.

Le thème était toujours à peu près le même dans les deux cas : les hommes politiques sont-ils devenus impuissants ?

Il faut noter que tous ces intervenants sont des experts médiatiques répertoriés depuis bien avant la crise et qu'aucun n'avait eu la gentillesse de nous prévenir qu'elle arrivait. Le fait d'être incompétent et aveugle n'entraîne aucune conséquence médiatique. L'important est d'être "institutionnel" et d'avoir une "gueule" qui passe bien. Après cela, le fait d'avoir été vu à la télé vous classe parmi ceux qui doivent être éternellement revus à la télé.

Ces personnes étant intelligentes, on trouve toujours un ilot d'observations justes dans le flot de paroles qui se déverse sur le spectateur. Mais comme elles ont été totalement aveugles et incapables de comprendre les évènements, le fond manque. Un océan d'inepties se déverse alors, censées justifier les a priori politiques des "posturants", choisis justement pour ce qu'ils  représentent.

Le "talk-chaud" de Mélenchon n'avait pas pour but de faire de la lumière mais de la chaleur. Une chaleur froide et stérile. C'est qu'il est pris dans une contradiction fondamentale, dès qu'on aborde le fond des choses. Il est pour l'Europe qui peu ou prou conduit la politique économique déflationniste de la France, mais croit qu'un "rapport de force " établi en France permettra de retourner la situation. Pourquoi ? Parce qu'en menaçant de ne pas payer la dette, tout le monde se mettra à genoux.  Et de citer l'Argentine qui n'a pas remboursé ses dettes et "s'en sort très bien". Le défaut de paiement, voilà la solution.  Face à ces rodomontades, Attali, constamment coupé,  se contente de répéter inlassablement la même phrase. Vous n'avez pas tort mais la solution n'est pas en France mais en Europe. C'est l'Europe qui doit mener la politique que vous défendez pour le trop petit hexagone.

L'Europe ? Organiser la cessation de paiements ?

La situation de l'Argentine n'a rien de comparable à celle de l'Europe. Les dirigeants de ce pays, depuis Péron, conduisent des politiques démagogiques qui ont fait passer l'Argentin du statut d'oncle d'Amérique doré sur tranche à celui de membre paupérisé d'un pays enchaînant les crises et ne parvenant pas à en sortir.  L'Argentine est un cas typique de ruine par la démagogie. Lorsqu'il s'est agi d'en sortir, les réformateurs ont choisi une solution baroque : un "currency board" basé sur le dollar. Jamais cette solution technique, utilisée principalement dans les colonies  des grandes puissances et par des micro-états ne pouvant assurer la crédibilité d'une monnaie locale, n'avait été expérimentée par un grand pays indépendant. Dans un système de changes fixes, de type Bretton-Woods, le dispositif aurait pu fonctionner. Les changes flottants le mettait en danger dès lors que le dollar montait sur les marchés et que la monnaie de ses partenaires économiques majeurs baissait.  La forte dévaluation du Real brésilien, alors que le dollar grimpait à des sommets, a fait exploser le "currency board".

L'Argentine s'est alors débarrassé de ses dettes en décidant un défaut de paiement et a dévalué très fortement sa monnaie. Comme elle dispose d'un secteur agricole exportateur important, le "Campo" et que la Chine au même moment avait des besoins explosifs de nourriture et les moyens de payer, la balance commerciale s'est fortement redressée et l'argent a commencé à affluer dans les caisses des sociétés exportatrices du Campo. Echaudé par les manipulations monétaires constantes et séculaires du pays, le Campo n'a fait revenir qu'une fraction des revenus gagnés qui sont partis dans les paradis fiscaux ou aux Etats-Unis.  Le résultat est connu : les Kirchner, après s'être personnellement enrichis par tous moyens, se sont trouvés sans ressources nationales pour faire face aux besoins généraux du pays. Comme plus personne ne veut y investir depuis le vol des créanciers et des investisseurs étrangers, l'Etat s'est  retrouvé sans moyen pour faire vivre les grandes villes du pays et son administration pléthorique. On a alors volé les réserves de la banque centrale, mis en place des taxes intolérables sur les exportations et, à nouveau, tout bloqué. La situation argentine est toujours aussi lamentable alors qu'il s'agit d'un des pays les plus riches en ressources naturelles. La politique des coups d'éclats est un miroir aux alouettes. C'est la leçon argentine. Qu'elle soit reprise par Mélenchon ne saurait étonner.  Ses solutions sont les mêmes : on annule unilatéralement les dettes ; on relance à tout va la dépense publique en imprimant des billets ; on taxe à mort tout ce qui bouge. Le désastre est au bout. L'exemple argentin est plus que parlant. 

Dans ce cas il n'y aurait naturellement plus d'Euro ni d'Europe.

La chaleur Mélenchon ne réchauffera que les cruches et les imbéciles.

La position d'Attali est-elle plus claire ?  Il affirme : la solution sera européenne ou ne sera pas. Très bien. C'est une évidence si l'Euro doit être conservé. Mais  comment  sortir des ornières actuelles ? Grand silence. L'Europe, l'Europe, l'Europe ! Seulement voilà : les européistes ont mis en place l'Euro sans nous dire comment cela marchait si on se contentait d' un jeu de règles simplistes, sans cabine de pilotage et dans un monde de changes flottants.  M. Attali n'a rien à nous dire sur les solutions permettant de dépasser cette carence.

Finalement l'échange Attali-Mélenchon ne débouchera sur rien.  Sinon de l'audience pour les organisateurs et un peu de "revu à la télé" pour les protagonistes.  Aucun intérêt.

Tournons-nous vers Yves Calvi. Sa question sur l'impuissance des politiques a-t-elle trouvée une réponse convaincante ? Disons le tout de suite : non ! Un concours d'inepties dans un flot de truismes n'apporte rien à la réflexion.

Examinons quelques thèmes.

Pourquoi le Président de la République Française, qui a plus de pouvoirs que n'importe lequel des dirigeants des grands pays , est-il, de fait, aussi  impuissant que le président le plus faible, qui doit être celui d'Italie, avec ses 88 ans chevrotants ?

C'est "la faute aux grands corps de l'Etat" affirme Todd. Ces vilains sont en fait des banquiers et comme la finance règne en malfaisante, ils règnent comme des malfaisants. Le Premier Ministre n'a pas de pouvoir. les Ministres encore moins. Ils ne choisissent même pas leur cabinet. Thréard surenchérit : les Ministères sont pléthoriques et impossibles à bouger.  Mais" je déteste qu'on mette les hauts fonctionnaires en situation de boucs émissaires".   On bascule alors sur le rôle des parlementaires, leur impuissance, la nécessité des mandats multiples pour qu'ils ne s'ennuient pas complètement. 

Quelle est notre propre position sur cette question cruciale ?

La France n'est pas responsable de la crise mondiale qui s'est déclenchée fin juillet 2007 avec le blocage du marché monétaire interbancaire.  Pas plus que l'Europe. La crise va révéler la formidable faiblesse de la zone Euro et la vulnérabilité d'une France qui a choisi la course folle au non travail et à l'impôt.

Sortir de nos difficultés supposent qu'on ait une vision des causes de la crise globale et de la fragilité de la zone Euro. Si on n'en parle pas, on cause dans le vide.

Le Président de la République Française a un rôle à jouer et dans le monde et en Europe. Mais encore faut-il  qu'il ait une vision des problèmes et des solutions. Nicolas Sarkozy a eu une intuition des problèmes  et une envie d'agir. Mais pas de levier intellectuel pour être efficace. Son action a largement été une agitation, même s'il a réussi à faire bouger des gens qui ne voulaient rien voir ou rien faire. La difficulté avec M. Hollande, c'est qu'il n'a aucune vision de rien et qu'il ne bouge sur exactement rien. Il ne tient aucun discours utile parce qu'il n'a ni diagnostic ni solution.

Ce n'est pas son impuissance institutionnelle qui compte en premier. Le  président qui a plus de pouvoirs que quiconque serait prisonnier d'une Europe trop forte, d'une décentralisation non maîtrisable ou d'une Administration incontrôlable ? L'impuissance est d'abord intellectuelle. Hollande ne sait pas. Il n'a pas réfléchi au-delà des slogans et des éléments de langage de communicants. Il n'a rien à dire, rien à proposer. Les évènements sont plus forts que son babil de démagogue. Et il s'en fout. Il est là où il voulait être. Le reste compte peu. Sa désinvolture est un peu trop visible.   

Les invités de M. Calvi ne pouvaient pas s'engager sur la voie de ce diagnostic simplement parce qu'ils sont exactement dans le même cas. Aucun n'a un vrai diagnostic de la crise, aucune réflexion réelle sur la faiblesse européenne, et seulement des lueurs partisanes sur le cas français.

M. Hollande a été assez puissant pour asséner un choc fiscal et un choc moral si fort au pays qu'il l'a mis à l'arrêt et  a tout aggravé. Il n'a eu aucune impuissance à faire l'inverse de ce qu'il fallait faire. S'il ne renverse pas la vapeur c'est qu'il ne le veut pas, non qu'il ne le peut pas. Il est un président puissant et catastrophique. Les vaticinations sur son impuissance supposée sont ridicules.

La vraie question aurait du être  de savoir si, ayant un diagnostic et une volonté positive, il aurait pu la faire prévaloir. La carence de curiosité a tué le débat.

On retrouve la même impuissance sur la question européenne.  L'européiste Dessertine sort son apologie. L'Europe c'est la paix. L'Euro vient de loin et c'est la sagesse car le commerce basé sur une bonne monnaie unique c'est la paix.  Si cela ne marche pas, ce n'est pas la faute de l'Europe ou de l'Euro mais des dirigeants nationaux qui n'ont pas compris que le monde a changé.  Il énonce une théorie curieuse et nouvelle : ce sont les dirigeants occidentaux qui, en 1990,  ont choisi d'ouvrir les vannes monétaires et de débrider le crédit pour maintenir la croissance et les systèmes trop généreux de Welfare state mis en place à la Libération. L'endettement aurait  été volontaire et concerté. "Fait pour". On paierait cette erreur aujourd'hui.

Cette théorie est fausse. La courbe en U de l'endettement atteint son point bas en 1970 et commence sa remontée à partir de cette date. La libéralisation des mouvements de capitaux n'a pas été décidée en 1973 pour libérer la dette, mais parce que les changes flottants imposent, pour avoir un minimum de cohérence, que ce soit les marchés qui fixent la valeur respective des devises, les banques centrales se contentant de stabiliser la hausse des prix entre 0 et 2%. Pour cela elle devait être indépendante des Etats et ne pas les financer directement. Les accords de la Jamaïque ont créé une mauvaise solution qui n'a jamais marché, mais ils étaient un minimum cohérents avec la doctrine qui les justifiait.

On espérait de la libération des mouvements de capitaux à long comme à court terme qu'elle permette une allocation optimale des capitaux vers les meilleurs investissements. Pas qu'elle augmente la dette ! Les salles de marché pléthoriques datent des années 70, pas 90.

Cet espoir sera déçu et le système en fait ne marchera pas. Il sera la source de déséquilibres croissants qui alimenteront la dette mondiale  jusqu'au point où elle deviendra insoutenable.  Comme Dessertine est en faveur des changes flottants et qu'il n'en a jamais analysé les dangers, il ne peut qu'inventer une scénographie historico-politique aventurée  qui doit être mise à la poubelle des hypothèses farfelues.

Les gentils diront : au moins il avait une idée. Elle est fausse. Mais c'est un début.

On sait que M. Todd a une marotte : expliquer l'impossibilité de l'Euro par la sociologie et le régime matrimonial. Nous avons déjà démonté cette idiotie sur ce blog. N'y revenons pas.

La crise a révélé la faiblesse de la zone Euro qui est d'être gérée par la norme (3% de déficit d'état dans le PIB et 60% de dettes publiques cumulées  par rapport à ce même PIB). La gestion par la norme est une utopie qui a été balayée par la crise. Une zone monétaire unique doit avoir des organes de pilotage au jour le jour. Elle n'en a pas. Elle n'en veut pas. Elle crève. Stop !

M. Thréard n'a aucune idée particulière sur toutes ces questions. Il est pour l'Euro. Point."Credo ergo sum".

Reste le grand débat sur le monde qui aurait radicalement changé. Les gouvernements occidentaux, européens, français n'auraient pas pris la mesure des "changements de paradigmes" (élément structurant de la novlangue de bois) et auraient conservé les voies et moyens de l'immédiate après guerre.  

Depuis Alvin Toffler et la "première crise la plus grave depuis 1929", la mode, pour les penseurs cosmoplanétaires,  est de voir des chocs du futur assommer les pauvres gouvernants qui ne voient rien venir malgré les brillantes analyses de leurs  causeurs de télévision.

Pour Todd, le monde est peuplé de nullités qui ne savent pas les beautés de la sociologie. S'ils s'occupaient un peu plus du régime des naissances, ils comprendraient enfin ce que lui a compris depuis longtemps : Todd est un immense scientifique qui détient la vérité.  S'il a une tronche sinistre et un comportement d'imprécateur, c'est parce qu'il est le seul à dire le vrai, la tête dans les berceaux.

Pour Thréard c'est naturellement le modèle social français qui est décalé. Trop de dépenses publiques associées  à pas de production et voilà le résultat. Vision idéologique à courte vue mais cohérente avec les positions de son journal.

Pour Dessertine il faut s'adapter à un monde nouveau et les Allemands ont montré le chemin.   C'est facile. Vive l'Europe à l'Allemande pour tous. Sauf que le mercantilisme allemand ne fonctionne que si les autres n'ont pas de politiques mercantilistes 

Aucun ne veut voir ce fait crucial : un produit doit s'échanger contre un produit et le travail contre le travail. Avoir mis en place, contre les statuts du FMI, contre la  Charte de la Havane, un système qui fait que les produits et le travail s'échangent contre du papier, en laissant les déficits et les excédents grimper  à des niveaux intolérables, a provoqué une montée faramineuse du chômage, cassé la croissance mondiale, désorganisé les échanges et les décisions d'investissements et finalement fait sauter tout le système financier.

Comment faire comprendre  à M. Yves Calvi qu'il faut qu'il sorte un peu des analyses éculées de ceux qui n'ont pas vu venir la crise, ne la comprennent pas et disent encore et toujours n'importe quoi ?

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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