Quelle organisation nouvelle pour la zone Euro ?

Pour répondre à cette question il faut lever deux préalables :

-          Déterminer les objectifs de cette organisation

-          Savoir si elle doit être gérée dans le cadre de la Commission ou de façon autonome vis-à-vis des institutions de Bruxelles.

Une zone de monnaie unique impose une gestion politique centralisée forte.

Cette réalité a été entièrement gommée lors des discussions qui ont mené au vote de Maastricht. On pensait qu’il suffisait de créer des normes que devraient respecter les Etats.  Tout se passerait au mieux.  La monnaie unique comme par magie nous « protégerait ».  L’union faisant la force, comme chacun sait, l’union monétaire ferait la force des pays membres de la zone euro.

Le résultat on le connait :

-          Devenus libérés de la contraintes de change, les états traditionnellement irresponsables se mirent à emprunter sans limite : ce n’était pas cher.

-          Aucune coordination des politiques économiques et sociales n’ayant été prévue, on a vu l’économie des pays membres diverger  et d’énormes déséquilibres internes apparaître.

-          Les autres pays gèrent le cours de change de leur monnaie. Pas l’Europe. Une monnaie unique dans un ensemble flottant était une gageure. Finalement l’Euro sera presque toujours trop fort pour la majorité des pays de la zone Euro, aggravant leurs difficultés récurrentes.

Lors que la crise de la dette mondiale a éclaté, dette qui n’était pas fondamentalement de la responsabilité de l’Europe, la zone Euro et ses faiblesses se sont trouvées en première ligne.

L’impossibilité de dévaluer  ne laissait la place qu’à des politiques déflationnistes désastreuses, sauf à laisser la dette de chaque état en face d’une spéculation acharnée sur les taux d’intérêt qui ne pouvait qu’aboutir à la destruction de l’Euro.

Cette analyse conduit obligatoirement à la conclusion qu’il faut soit abandonner l’Euro soit créer une gestion centralisée des grands déterminants de la compétitivité : politique budgétaire, politique économique et sociale générale, politique monétaire et de change, politique de crédit, politique de redistribution interétatique.

Certains ont cru qu’on pouvait limiter la coordination aux seuls aspects monétaires. C’est une grave erreur. On ne peut pas laisser un pays passer aux 35 heures et maintenir une retraite à 60 ans avec des exceptions à 50 ans, pendant que d’autres passent à 65 voire 67 ans, en maintenant une durée de travail importante.  Les législations sociales comptent autant que le budget.

Les Européistes le savaient parfaitement. La mise en place de l’Euro devait tôt ou tard provoquer cette prise de conscience et forcer le passage vers un centralisme européen supplémentaire.  Ce sont les mêmes qui  affirment maintenant  que la crise est formidable parce qu’elle fait avancer la construction européenne.  Qu’importe si le système bancal mis en place a fait des dégâts colossaux. L’important est dans le fédéralisme européen arraché à la mauvaise volonté des Etats et des peuples.

Eh oui ! L’Euro suppose plus d’Europe institutionnelle.  On a mis exprès la charrue devant les bœufs. Certes ils ont piétiné et cassé la charrue mais il suffit de réparer et de la mettre à nouveau à sa place. C’est comme cela que l’Europe avance !

La position est cynique mais efficace : si on ne détruit pas l’Euro, il faut créer des institutions de gestion de la zone euro.

Par calcul et devant la résistance de certains états, on ne parle que de coordination budgétaire avec une sorte de Ministre des finances de l’Union européenne. En fait il faut aller beaucoup plus loin. Tout le monde le sait et fait semblant de ne rien voir.

Nous nous préférons dire qu’il faut un Chancelier de la zone Euro avec des pouvoirs dans trois domaines :

-          La coordination budgétaire

-          La coordination économique et sociale

-          La politique monétaire et de change.

Commençons par cette dernière :

-          Il n’ya pas actuellement de responsable du niveau de l’Euro sur le marché des changes. La BCE, qui dispose des principaux leviers pour agir sur les changes n’a pas dans ses statuts d’autre mission que de conserver, à l’échelon de la zone,  la stabilité relative des prix d’un échantillon de produits de consommation.  L’Eurogroupe était censé s’occuper des changes. Il ne l’a jamais fait.  La raison en est simple : les Européens croient, à l’échelon mondial,  à la justesse de la théorie des changes flottants  qu’ils ont récusée  à l’intérieur de leur zone.  Cette contradiction est insurmontable. Elle consiste à affirmer que les marchés fixent le cours de l’Euro  mais ne doivent en aucune façon fixer le cours respectif des monnaies nationales.

-          Le résultat est connu : les autres pays manipulent TOUS leur monnaie et l’Europe est la seule zone où on accepte de prendre tous les coups sans réagir.

Il est clair que le nouveau Chancelier doit :

-          Conduire la politique de change

-          Conduire la politique monétaire

-          Conduire la politique de crédit intra-européen.

Les statuts de la Banque centrale doivent être modifiés pour d’une part compléter l’objectif de stabilité des prix par un objectif de croissance et d’autre part l’associer fortement à la politique générale du chancelier.

On voit l’énormité du saut conceptuel qu’il faut faire.

Le Chancelier aura également comme mission de proposer une réforme du système monétaire international afin de revenir à un système de changes fixes et ajustables raccordées à un étalon extérieur à la monnaie d’un seul pays.

 

La seule existence de ce poste avec cette mission provoquerait une immense vague de fond dans le monde de la finance et des états. L’Europe serait là comme joueur et non plus comme ballon crevé dans lequel tout le monde peut frapper à loisir !  

Le Chancelier aurait naturellement en charge le soin des dettes globales des états et de la coordination des budgets.  Fini le mercantilisme des uns et le laxisme des autres. Il lui faudra s’assurer que les déficits structurels internes à la zone soient corrigés.  Associée à la politique monétaire cette politique pourra ne pas être purement déflationniste.

N’allons pas plus loin. L’essentiel est dit même si dans le détail, il y a de quoi écrire un livre entier sur la nouvelle institution.

La seconde question se pose aussitôt. A qui doit être rattaché le chancelier nouveau ?  L’Allemagne, on le voit bien, comme beaucoup de fédéralistes européens, veut renforcer la Commission Européenne qui est devenue avec le temps l’organisme gestionnaire d’une simple zone de libre échange, à l’exception notable de l’agriculture, en même temps qu’une machine à casser et sanctionner les nations composantes.

Le nouveau traité lui donne un pouvoir de sanction et d’intervention sur les budgets.  On fixe des normes drastiques et on donne à La Commission les moyens par des amendes gigantesques de les faire respecter.  On aggrave le système défaillant précédent tout en aggravant également la perte de moyen d’action au jour le jour. La gestion par la norme est une catastrophe. La crise l’a bien montré.

Faut-il que le chancelier soit une émanation de la Commission et fonctionne en liaison avec les Parlement Européen ?

Nous pensons que non.  Le Chancelier doit être une émanation  du conseil des gouvernements des pays de la zone Euro, avec des organes consultatifs et délibératifs propres, associés largement  aux parlements nationaux des seuls pays membres. Sans cela le déficit démocratique serait béant et de toute façon on ne voit pas pourquoi des institutions qui concernent des pays hors zone Euro devraient s’occuper de questions relatives à  cette zone.

Angela Merkel en proposant un saut  fédéral à l’échelon de l’Union Européenne tout en imposant une gestion par la norme confiée aux flics de la Commission fait une fausse proposition.

La réponse de la France devrait être :

-          Nous voulons des organes de gestion de la zone euro qui soient propres aux pays de la zone avec un pouvoir exécutif permettant une action au jour le jour sur le change, l’émission de monnaie, la gestion de la dette.

Une telle proposition, détaillée et construite sur des bases logiques et appropriées au problème à résoudre, aurait un énorme impact en Europe comme à l’international.

C’est la meilleure initiative qui peut être aujourd’hui envisagée.  Ce serait un véritable pavé dans la mare.

Elle ferait apparaître pour ce qu’elle est l’hypocrisie américaine, l’abus chinois, coréen et japonais et le désordre intellectuel mondial en matière de change.

Elle ferait apparaître le déficit démocratique de la commission et des institutions de Bruxelles.

Elle permettrait d’envisager autre chose que des politiques de déflation pour rééquilibrer les finances et la compétitivité des pays au sein de l’Union.

Il faut au monde un choc financier et à l’Europe un choc démocratique. 

On aurait les deux !

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Changes et libre échange

Jamais la faille institutionnelle européenne n'aura été plus béante.

Nos lecteurs savent que la crise économique absurde dans laquelle nous nous débattons a été provoquée par les défauts structurels du système monétaire international et l'absurdité des changes flottants de monnaies administratives.

Les produits ne s'échangent plus contre des produits mais des bouts de papier dont le commerce interdit de juguler les déficits et les excédents monstrueux que le système génère. On n'échange plus de l'emploi contre de l'emploi. L'échange mondialisé n'est pas l'occasion d'une création de richesses mais d'un transfert de travail en contrepartie de dettes incertaines.

Créer les conditions d'une liberté totale des échanges alors que les économies sont très différentes, tout en laissant s'échanger en apparence librement les monnaies-papier, n'aboutit qu'à des déséquilibres plus graves.

Le libre échange est une excellente chose mais pas à n'importe quelles conditions. La convertibilité des monnaies est une excellente chose mais pas à n'importe quelles conditions.

Dans le domaine du monde physique, ce genre de remarques ne poserait aucune difficulté. L'eau est une réalité merveilleuse. L'inondation ne l'est pas. L'irrigation, avec ses canaux et ses écluses est une des activités géniales de l'homme depuis des millénaires. Il ne viendrait à l'esprit de personne de casser les digues et les écluses au prétexte que la fluidité de l'eau est par nature bienfaisante.

Dans le domaine économique, qui suppose un peu plus d'abstraction, on ne peut pas compter sur l'évidence. La bêtise et l'incompréhension restent de règle car elles accompagnent des phénomènes de puissance et d'idéologie.

Que constatons nous en ce début 2013 ? Cinq ans après le début d'une crise qui n'en finit pas, l'économie mondiale est en pleine difficulté, stimulée à la baisse par la récession européenne volontaire. Tous les Etats qui le peuvent manipulent à nouveau leur monnaie. Les Etats-Unis font plonger le Dollar. Les Japonais ont non seulement renoncé au Yen fort mais le font sombrer dans des proportions jamais vues. La Livre est maintenue aussi bas que possible. La Suisse renonce à son "peg" et voit sa monnaie s'envoler. L'Euro, monnaie d'une zone en crise gravissime,  passe de 1.25 dollar à 1.35 et hop !  

La récession européenne en est aggravée. Le commerce mondial ne reprend pas. L'Inde est en difficulté conjoncturelle alors qu'on la présente comme la future troisième puissance économique mondiale en construction. L'Argentine s'effondre. Le Brésil tousse.  L'Indonésie triomphe grâce à une monnaie gardée très faible par un gouvernement nationaliste.

L'Europe devrait réagir.

Certes on s'agite un peu. M. Hollande,  ce politicien malin qui dit tout et son contraire dans la même phrase et persiste à s'égosiller à ne rien dire de concret tout en lançant à la cantonade l'expression de ses meilleurs intentions, n'a pas tort de préciser à Strasbourg qu'il faut réformer le système monétaire international. Nous l'avions d'ailleurs félicité il y a cinq ans quand il avait dit la même chose. Comme Nicolas Sarkozy en son temps.  Mais comme Sarkozy il ne précise ni le sens des réformes voulues ni leurs modalités.  On applaudit du bout des doigts, en espérant mieux sans trop y croire.  

Que font les pouvoirs européens à Bruxelles ?

Ils font ce qu'ils veulent et ce pourquoi ils sont programmés dans l'indifférence totale des nécessités de chaque état et des préoccupations de leurs dirigeants légitimes : ils négocient des abaissements de droits de douane et l'élargissement du libre échange. Après l'Afrique du Nord, nous voici en pourparlers avec la Corée du Nord et on parle d'une grande zone de libre échange avec les Etats Unis.

Il devrait être  parfaitement clair que la négociation commerciale doit être synchronisée avec la négociation monétaire. Si les Etats Unis font sombrer le dollar et privent les détenteurs d'avoirs en dollars de la réalité de leur avoir, s'ils imposent une compétition-prix faussée, à quoi sert le libre échange ?

La France, en déficit effroyable, sera mise en compétition  aggravée du fait de conditions monétaires déloyales. Aucun des bénéfices réels de l'échange économique libre ne pourra apparaître.

La raison voudrait que les autorités économiques européennes négocient avec en main les deux cartes : libre échange et système monétaire. Ces autorités n'existent pas. La BCE ne s'occupe que du niveau de prix interne de la zone Euro. Ce sont ses statuts. Les changes ne sont gérés par personne. La négociation commerciale est monopolisée par des personnes nommées qui vivent en vase clos et sont baignées par une idéologie d'ouverture à tout crin. Les travaux au sein de l'Assemblée Européenne ne sont qu'un cache misère, destiné à faire valoir un faux semblant de démocratie. Le lien avec les peuples européens est nul.  

Une institution de pleine souveraineté économique n'aurait de toute façon de sens que si elle s'appuyait sur un projet et une doctrine.  Pour nous, ce projet est le retour à une gestion concertée des monnaies dans un système de type Bretton-Woods amélioré par la suppression de toute référence à une monnaie nationale dominante. Comme tous les traités d'après guerre le prévoient, les excédents et les déficits excessifs seraient purement et simplement bannis. Les changements de parité monétaire seraient modestes et concertés. Il appartiendrait aux Etats de maîtriser la valeur externe de leur monnaie et le caractère raisonnable de leurs déficits ou excédents extérieurs.  

L'idéologie malsaine des changes flottants interdit de comprendre la crise actuelle tout en empêchant la conception de solutions efficaces.

Comme des zombies, les institutions partielles qui sévissent en Europe s'activent dans le néant intellectuel et dans la catastrophe économique, accumulant contradictions insolubles, passivité et désastre social.

On ne sortira de ce désordre délétère qu'en agissant sur deux fronts :

- doter l'Europe d'une politique intégrée de change et de relation économique extérieure, avec les organes ad hoc

- refonder la doctrine économique fondamentale dans un sens qui élimine les changes flottants et les guerres de monnaies au profit de solidarités monétaires et commerciales actives et concertées.

Il est extraordinaire qu'en bientôt six ans de crise désastreuse, strictement aucun progrès n'ait été fait en ce sens.

Zeus aveugle ceux qu'il veut perdre. Cela fait 2500 ans qu'on sait cela ! Et la pauvre Europa ne s'est pas si bien trouvée que cela de la rencontre avec le Grand Dieu. Elle ne sera honorée par les autres Dieux qu'à sa mort, ce qui n'est pas terrible comme perspective. 

En attendant les déficits se creusent, les dettes ne baissent pas assez, les entreprises ferment et le chômage grimpe à raison de 60.000 chômeurs de plus par trimestre.

Et les Ouvriers du Livre ruinent les journaux de la PQN. 

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile

  



Honni soit qui Mali pense ?

Une grande manifestation se prépare contre la destruction de l'institution du mariage  traditionnel et la France entre en guerre au Mali.

L'attention du public va être sollicitée sur autre chose que nos malheurs économiques et fiscaux.

La diversion est utile pour le Président Hollande. La première était préparée depuis longtemps. La seconde est un peu improvisée mais attendait dans les couloirs.  Les hommes de la com', récemment renforcés, doivent être contents.

Mieux vaut un chef de guerre qu'un chef de guère.

Alors que l'argent public va couler avec le sang des militaires français, rappelons tout de même que nous sommes le seul pays au monde où l'Etat prélève plus que la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand, tout en maintenant les systèmes sociaux et publics en déficit permanent, avec un endettement public qui représente environ deux années de valeur ajoutée des dites entreprises et un endettement privé qui n'est pas loin d'en valoir trois ans.  

Autrement dit,  si nous avions à rembourser toutes nos dettes en un an et payer nos dépenses publiques de l'année,   il faudrait y consacrer SIX ANNEES PLEINES de l'activité de nos entreprises. En un mot, il faudrait six France et, à ce prix là,  on ne mangerait pas !  

Première conclusion : ce ne sont pas les recettes qui manquent mais la dépense qui est excessive. On ne peut pas développer des coûts publics qui égalent la production des entreprises privées.

Deuxième conclusion  : si on veut que la population consomme la moitié de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand non financier et cesser d'emprunter, tout en ne remboursant rien de nos dettes, il faut diminuer de 50% la dépense publique annuelle.

Troisième conclusion : si on ajoute au cas précédent la volonté de réduire la dette de moitié en dix ans, c'est-à-dire amortir la contrevaleur de trois productions marchandes privées annuelles, il faut baisser de 80% la dépense publique.

Quatrième conclusion : il est strictement impossible de simplement stabiliser la dette publique sans toucher lourdement la consommation et l'épargne.

L'hyper fiscalité mise en place par Sarkozy puis fortement aggravée par Hollande,  a volé les familles aisées de leur épargne. Elle a permis une baisse minimale de la dette publique qui n'est qu'un simple effet d'affichage pour continuer à emprunter et montrer qu'on est prêt à revenir dans les normes européennes. On va continuer dans cette voie. Mais l'ennui du vol c'est que la matière à voler disparait vite.

Elle a entraîné des chutes d'activité massives dans de nombreux secteurs. La baisse des transactions immobilières en deux ans dépassera 33%, en dépit des décisions de précaution vis-à-vis de la monnaie. Les boutiques sont à l'arrêt dans l'habillement et l'équipement de la maison. Des secteurs entiers de l'économie sont à l'arrêt.

Quatrième conclusion : il va bien falloir s'attaquer  significativement à la dépense publique. François Hollande et ses conseillers pensent qu'il suffira de réduire les prestations sans toucher aux effectifs statutaires. Affirmons ici que c'est une illusion.  

Au terme des quarante années qui ont suivi la disparition des disciplines de Bretton Woods et qui ont mis la France dans l'obligation de se battre avec le monde entier, l'option du tout Etat, de la dépense publique à tout va, du "vive l'impôt" et de l'endettement illimité  l'a conduite dans l'impasse, avec très peu de marges de manœuvre pour en sortir.

S'agit-il d'une intoxication idéologique, la France restant un des derniers bastions d'un marxisme intellectuel ? S'agit-il d'une déviation sociologique, avec la prise du pouvoir par la classe sociale des fonctionnaires ? S'agit-il d'une défaillance géo-politique, la France n'ayant plus les moyens de perdurer dans ses habitudes de grande puissance du fait de sa petite taille et du versement d'une rançon pétrolière excessive ? S'agit-il d'un échec industriel, du fait d'un défaut de structure ne lui permettant plus de  faire face efficacement ?  S'agit-il d'un échec politique, le peuple français faisant confiance à des incapables et des démagogues qui l'ont finalement tué à petit feu, un peu à la manière du péronisme qui a liquidé la prospérité de l'Argentine ?    

L'actualité donne quelques clés d'interprétation.

Prenons la grève des taxis qui a encombré Paris le 11.01.2013.

Le thème de la protestation est la volonté de la Sécurité Sociale Française de passer un appel d'offres pour le transport des malades non couchés entre leur domicile et le centre hospitalier . On apprend alors que près de 40% du chiffre d'affaire des taxis de province provient de ce trafic ! Dans certaines villes comme à Nantes on met en avant des chiffres encore plus important. Il est intéressant de se rappeler que la décision de financer par la collectivité ces accès à l'hôpital ou à la clinique n'est pas venue des politiques. Les instances  qui gèrent les décisions sont pratiquement totalement indépendantes même si on a fait voter par l'Assemblée nationale une enveloppe budgétaire globale dont à peu près tout le monde se moque. La décision de rendre  "gratuite" les allers et retours vers l'hôpital a été prise loin des politiques et de l'opinion publique.  Intéressant détail, elle l'a été  en pleine crise de 2001-2002 ! Le petit monde de "l'économie sociale", comme il aime à se définir, se moque de la conjoncture générale et vit sa vie dans sa sphère, comme hors sol.

Dans ce milieu fermé,  jamais étudié ni présenté dans la presse, et largement gangrené par les Francs Maçons, on raisonne selon des logiques étranges qui vont du misérabilisme inspiré à la technocratie la plus débridée, avec une pléthore de cadres intermédiaires issus du n'importe quoi universitaire de deuxième zone.  On y trouve quelques saints, qui, aux grands carrefours de la bêtise, permettent tout de même au système de fonctionner, au milieu d'un monde grouillant d'incapables et d'abusifs de toute nature.   

En haut de l'échelle, des technocrates ont décidé que la réforme de l'hôpital public se ferait sur la base de la concentration dans d'énormes usines à soins, comme en Union Soviétique on avait considéré qu'il fallait construire d'énormes combinats industriels et des grands Sovkhozes agricoles.  Ils ont décrété sans aucune raison valable qu'un spécialiste n'était compétent que s'il faisait un minimum d'actes par an : concentration et spécialisation seraient les mamelles du progrès technique, indépendamment de la psychologie et de la mentalité des acteurs. Du coup on a vu dans toutes les villes moyennes et grandes se construire d'énormes hôpitaux qui sont souvent, avec les immeubles de la Sécurité sociale, les seuls énormes bâtiments de la ville.  Et symétriquement on a fermé toutes les petites unités dispersées sur le territoire, en dépit des protestations, pas toujours légitimes d'ailleurs, des maires locaux.

Dans ces énormes concentrations, le pouvoir est passé des médecins, les experts,  à la technostructure, les gestionnaires. On a de moins en moins entendu parler de médecine et de plus en plus de "management". Naturellement ces énormes combinats fonctionnent mal, prisonniers qu'ils sont de pesanteurs qu'aucune autorité n'a le moyen de vaincre : rejet du corps médical ; conflits entre spécialités ; pressions syndicales ; statuts divers ; méthodes de gestion centralisées ; organes d'administration composites et divisés ;  influences politiques etc.

Puis on s'est avisé que si on éloignait trop les médecins des malades on créait une difficulté d'accès au soin. Et hop on a décidé de rembourser les trajets domicile-hôpital et retour.  A la différence du  Sapeur Camembert qui créait des trous pour en boucher d'autres, on complète le champ de trous par de nouveaux trous.  

On a vu alors des artisans taxis de province avec une voiture, devenir des chefs de flottes de taxis médicalisés et finir même par ajouter des ambulances. Les consommateurs ont vite "entravé la coupure" comme on dit dans le milieu.  Les complicités locales jouant à plein, dès qu'on avait des courses à faire à la grande ville, on allait voir le médecin qui prescrivait des examens et des traitements en ville. On prenait le taxi médicalisé aller et retour.  Les maires pour conserver leur école créaient parallèlement des villages de femmes "seules" subventionnées, avec enfants à charge. Tout ce petit monde vivait sur les subventions et les allocations de l'économie sociale. Les CAF, dans le cadre de leurs aides sociales, n'hésitaient pas de leur côté à subventionner l'achat d'équipement de la maison (machine à laver etc.). Du RMI, du travail au noir, peut être même un peu de RSA, mais pas trop,  et voilà un village qui renait.  Plus tard les enfants trouveraient du travail dans les administrations locales,  avec des postes enviables de cadres sans mérite dans les communautés de communes pour les plus malins.  Une belle pharmacie au centre du village et un supermarché discount pas trop loin et  tout irait pour le mieux.  

C'est ainsi créé partout en France et dans les Dom Tom une  société entièrement réglée par les subventions.

Le clientélisme proprement politique s'est greffé sur cette "économie sociale" prédatrice sans aucune difficulté, ce qui explique que le PS ne craigne pas trop les futures élections locales en dépit des effets de la crise.

Une anecdote qui dit bien l'esprit général du nouveau système : aux urgences des Enfants Malades à Paris vers 1 heure du matin un grand noir très agité, après avoir attendu plusieurs heures,  fait du scandale et exige de voir le directeur. Il prétend avoir un cafard dans l'oreille et exige qu'on le lui enlève tout de suite "avant qu'il ait totalement mangé mon cerveau". Le personnel lui explique qu'il s'agit d'un hôpital pour enfants et qu'on ne traite pas les adultes, il faut aller à Laennec (qui existait encore) à 200 mètres à pied de là. Rien à faire : le dément qui avait du fumer un bon bout de moquette n'en démords pas : il veut qu'on lui arrache la bestiole tout de suite. On cède et on regarde pour constater qu'il n'y a pas de cafard. Que faire ? Simple : on mobilise un taxi médicalisé pour emmener l'importun à …Charenton "où il y a tout le matériel spécialisé"!

Il va de soi  qu'au bout de 10 ans de ce merveilleux système plus personne ne peut payer cette miraculeuse "gratuité".  La technocratie réagit comme toute technocratie : plutôt que de remettre en cause un système de fou et intolérable, on va le "rationaliser". Fini les taxis privés. On aimerait bien créer un "grand service public des allers et retours à l'hôpital", mais Bruxelles ne serait peut être pas d'accord. Va pour un appel d'offre en vue de créer une concession qui "coutera nécessairement moins cher". Exit les taxis privés. Et voici tous les Parisiens bloqués dans leur voiture jusqu'à ce que des "apaisements" soient donnés aux chauffeurs de taxis.

Vive la gabegie !  

Nous avions eu avec les merveilleux efforts de Mme Bachelot-Narquin vis-à-vis du vaccin contre le H1N1 un autre exemple de gestion soviétique de l'économie sociale. Surtout ne pas permettre aux médecins de ville d'inoculer le vaccin :  une administration spéciale dans des gymnases avec une gestion centralisée des convocations ; une pagaille monstre ; un gâchis phénoménal. Des milliards d'Euros dépensés en pure perte.

Cet exemple caricatural n'était pourtant rien par rapport à la gestion des transports médicalisés qui coûtent des milliards d'euros chaque année et qui dans la grande majorité des cas n'ont aucune cause médicale réelle.  

La vérité est toute simple : c'est déjà formidable que la collectivité finance la couverture de la maladie. Il appartient tout de même au citoyen capable de marcher de se rendre par ses propres moyens aux lieux de soins et d'en revenir, sauf naturellement pour des cas difficiles où il y a répétition de traitements dans des lieux lointains qui excéderaient les moyens du patient. Ces cas existent. Ils ne sont pas légion.

Mais voilà : s'il faut maintenant faire 40 ou 60 km pour aller à l'hôpital, c'est une tout-autre affaire.

Les décisions technocratiques ont engendré des décisions sociales qui à leur tour générent des décisions technocratiques. Une vis sans fin.

La gabegie est systémique et touche aussi bien les structures, la technostructure, les intermédiaires  et les consommateurs.

De même que l'Union Soviétique s'était enfermée dans un système agricole qui ne permettait pas de faire manger la population, la France s'est enfermée dans une "économie sociale" débridée qui ne peut pas fonctionner correctement et qui épuise la Nation.

La minuscule "affaire des taxis" est finalement un formidable  révélateur et illustre comment la France s'est fourvoyée dans un système sans issue.

Un second exemple peut être ?

Le même jour la presse indiquait que les deux marques phares de l'automobile allemande avaient connu de formidables expansions de chiffres d'affaires en 2012 pendant que notre industrie nationale, et notamment Peugeot, s'effondrait. Explication : la France avait fait le choix construire des voitures de basse et moyenne gammes, facilement concurrencées par les pays émergents, alors que les Allemands avaient poussé la technologie  et leurs bureaux d'études étaient bien trop en avance sur les efforts Coréens et Japonais, voire Chinois,  pour être facilement attaqués. Exit la France de l'automobile ! RIP !

La bonne question : pourquoi diable avons-nous refusé de pousser la technologie et de construire des voitures de haut de gamme qui étaient pourtant notre spécialité avant guerre ?  La question est d'autant plus intéressante que nous sommes très bien placés dans toutes les autres industries du luxe. Elle induit aussitôt une autre question : qu’est-ce qui nous empêche de créer une industrie de la voiture de haut de gamme ?  

La réponse est simple pour le technicien : nous n'avons pas de moteur ! Toute la technologie des moteurs pour voiture haut de gamme nous échappe. Bernard Darniche, une ancienne célébrité du milieu de la course automobile,  le rappelait très justement lors d'une émission de radio du jour.

Pour l'économiste, la réponse est tout aussi simple : une fiscalité infernale depuis des lustres. La voiture est au sens large une vache à lait fiscale. Les grosses cylindrées ont été ciblées.  

Pour le sociologue : un esprit "anti-bagnole" et des législations visant à brider son emploi au maximum.  

La France s'est donc échiné à produire des voitures de basse ou moyenne gamme avec des frais de construction hors normes du fait de charges sociales écrasantes, des 35 heures, et des diverses sujétions administratives et fiscales.  

Malthusianisme fiscal et gabegie généralisée lorsqu'ils agissent de concert  pendant des décennies aboutissent NECESSAIREMENT à des destructions industrielles.

Revenons à notre dette. Bien sûr on ne la remboursera pas. On va la pousser devant nous pendant des lustres en priant que les taux d'intérêts ne flambent pas.

Il restera ce chiffre absurde d'une dépense publique qui égale la production des entreprises du secteur marchand privé non financier. On a bien vu que la minuscule  RGPP n'était pas à la hauteur du problème. Ce que les socialistes nous promettent, une RGPP allégée, ne le sera pas plus.

Ce sont des systèmes entiers qu'il faut détruire, un peu comme l'Union soviétique a du détruire son système de gestion agricole absurde et inefficace.  Pour reconstruire sur des bases entièrement différentes.

Le drame actuel est que le PS de M. Hollande est incapable de concevoir des réformes qui vont  à l'opposé de son idéologie et de sa clientèle. Ce qui explique leur silence : depuis deux ans M. Hollande  n'a toujours pas précisé comment il comptait s'y prendre pour tenir les engagements de limitation de déficit qu'il a pris. M. Moscovici, ci-devant Ministre de l'économie et des finances, vient d'expliquer dans un grand journal que les réformes à la hache ne pouvaient pas marcher du fait des oppositions qu'elles stimulaient. Il a été incapable de proposer une voie alternative.

On ne peut pas jouer le jeu communautaire de liberté totale des échanges avec des fers au pied et en continuant de détourner les ressources de ce qu'il reste du secteur privé vers le financement d'engeances publiques ou sociales vouées aux déficits constamment aggravés.  Puiser dans l'épargne des "riches" n'aura qu'un temps. Les expédients s'avéreront ce qu'ils sont : du temps gagné et de l'argent perdu.  

M. Hollande compte sur 5 ans d'expédients et une relance mondiale de la conjoncture.

Cela ne suffira pas. Une restructuration massive des systèmes publics est indispensable.

"Ici et maintenant" comme disait l'Autre.  Mais le débat est encore clos pour longtemps.

Hollande  a préféré jusqu'ici les opérations de com' et de diversion, masquant le vol de l'épargne des Français et la disparition de leurs entreprises. Le voici parti en guerre au Mali. Mitterrand avait fait le coup avec l'Irak. Alors "pourquoi pas Moi-je ?" dit son plat imitateur, qui, après avoir lu sa cote dans les sondages,  a du revoir mille fois le diabolique film "les hommes d'influence".

La France s'effondre faute des réformes nécessaires.

Les médias ne bruissent plus que de bruits militaires.

Honni soit qui mal y pense ou honni soit qui Mali pense ?

Une poussée de lectures significative (2)

Nous avions fini l'année 2011 avec  une fréquentation record : 115.123  lectures cumulées, un doublement chaque année. 2012 a vu une véritable explosion du lectorat : 382.400 lectures à ce jour soit 267.277 lectures de plus en un an.  Merci à tous ceux qui nous encouragent de leur lecture. Ils nous laissent penser que ce blog n'est pas totalement inutile et permet, comme c'est notre objectif, de fournir une information complémentaire de celle des médias officiels.

L'explication de cette hausse importante tient probablement à l'élection présidentielle française. Beaucoup, à gauche comme à droite, ont voulu aller au delà des explications très partielles données par les candidats.  La campagne a eu pour principale caractéristique que les deux candidats ont tu la réalité économique du pays et ont caché leurs véritables intentions. Nos lecteurs ont cherché dans une source non officielle de quoi nourrir leurs réflexions et nous sommes heureux de leur avoir fourni quelques éléments d'appréciation. Dès que l'élection a été "pliée" la fréquentation du site a baissé revenant à un étiage plus "normal" (80 à100.000 lectures an tout de même !).  

La campagne a été largement une opération de diversion menée par les deux candidats avec des moyens proches et peu recommendables : cadeaux au peuple et dénonciation de boucs émissaires.

Comme nous l'avions écrit à chaud F. Hollande s'est bien égosillé à ne rien dire. Près de deux ans après le lancement de sa propre campagne, on ne sait toujours pas comment il prétend réduire la dépense publique aux niveaux requis par l'engagement d'un déficit à 3%.

Il est vrai que Nicolas sarkozy a été dans le même déni de parole. Toute l'année 2011 et le début 2012 n'ont été que des remises sur l'établi des lois de finances pour aggraver l'imposition, provoquant une vague de chômage intense.

Au total l'année 2012 aura été comme gommée du fait de l'élection présidentielle : il n'y a plus eu de recul jusqu'à l'élection. Et après l'élection la période d'euphorie suivie par le brusque retour aux réalités n'ont pas permis de réaliser ce qu'il se passait : une croissance extravagante du nombre des chômeurs dans toutes les catégories. 

Commencée dans la panique, la période a été nourrie d'augmentations d'impôts continuelles. La France n'a cessé de voir sa croissance baisser et son chômage augmenter jusqu'à ce que l'hystérie fiscale socialiste ne vienne bloquer l'économie toute entière. Ce choc fiscal extravagant et accompagné de propos haineux ne lui a pas permis de bénéficier de la détente provoquée par les prises de position de M. Draghi et le vote du traité budgétaire européen.

M. Hollande semble penser qu'il pourra  faire payer quasi totalement la crise aux classes aisées d'une part en les assomant d'impôts et d'autre part, on va bientôt le voir, en leur coupant toutes les allocations qui ne sont pas sous conditions de ressources.  En faisant bruler la chandelle par les deux bouts, il peut effectivement récupérer les milliards de revenus et d'épargne des familles jusqu'ici aisées.   Ce faisant, il casse toutes les solidarités mises en place à la Libération. La question est de savoir s'il ne bloque pas aussi pour longtemps toutes les perspectives  d'investissement et donc de croissance et d'emplois.

Les économistes socialistes n'ont cessé de lui répéter qu'en prenant "le superflu" aux riches, sans toucher au revenu des moins fortunés, il ne modifierait pas réellement la demande globale et donc limiterait les risques de récession.  En même temps ils savaient très bien que les mesures confiscatoires n'ont qu'un rôle marginal dans les recettes. On le voit bien avec la mesure de l'effet des annulations de recettes budgétaires associées aux décisions du Conseil Constitutionnel.

La vérité est qu'il ne pouvait échapper à une hausse généralisée des impôts et que tout le reste est de la com'. Les mesures confiscatoires "symboliques" n'ont comme but que de faire passer la pilule :"Bien sûr la pilule est amère mais voyez comme nous avons assomé les riches : soyez donc contents !".

La Com' est véritablement la maladie honteuse de la politique moderne. On ne cherche même plus à savoir quelle doit être la bonne solution pour régler un probléme. On cherche seulement la recette magique pour parer par la com' les conséquences des inconséquences. 

Le dernier truc suggéré à "moi je président", à part de rectifier la cravate par un double noeud, une mesure cruciale tant le débraillé présidentiel est une cause nationale de premier plan,  est de se muer en grand chef de la lutte contre le chômage. La route du chômage comme celle du fer, naguère, va être coupée. Nous sommes en pleine gesticulation.

Il est rarissime dans l'histoire économique qu'une courbe de chômage croissent pendant plus de cinq ans avant de s'inverser un temps soit peu.  M. Hollande se souvient de 1997 et la baisse imprévue du chômage que personne ne semblait voir venir.  Son pari repose sur une idée du cycle que nous défendons par ailleurs. Nous ne saurions la laisser totalement de côté. Il est parfaitement possible maintenant que le gros de la panique est passée qu'il y ait un redressement rapide des circuits financiers complètement  chamboulés par la peur.

Tout le monde se moque de l'objectif de 3% qui lui ne sera probablement pas atteint.

L'important est dans la baisse du taux d'endettement qui crédibilise une sortie non explosive de la crise de la zone Euro.Même si on en reste à un chiffre entre 3.5 et 4.0%, il n'y aura pas péril en la demeure.

La seule question reste de savoir si l'effet dépressif des mesures fiscales prises et du climat presque obscène qui a été créé par le "socialisme du symbole" permettra d'éviter une vraie récession. La procrastination et la passivité ne peuvent rien laisser espérer. Les mauvaises nouvelles risquent de s'enchaîner sur tous les fronts. Les communiquants l'ont bien compris. Des dizaines de projets de lois sont sur l'établi, nous fait-on comprendre. Tout dépendra de leur contenu. 

F. Hollande semble décider à ne toucher à aucun poste de fonctionnaires. Il n'y aura pas de "dégraissage". L'anomalie française du sureffectif public ne sera pas corrigée. On phosphore pour savoir comment réduire la dépense sans toucher aux effectifs. Il ne reste que la voie des prestations et des reversements. Les investissements publics sont déjà au plus bas aussi bien à l'échelon national qu'à celui des régions et des collectivités locales. Et il va bien falloir annoncer quelques grands projets pour faire croire au redémarrage de la croissance.Comme on l'a vu la suppression des allocations aux familles aisées ne suffira pas.

Alors ?

Alors il ne reste qu'à croiser la doigts et espérer une reprise de l'économie mondiale. La fin de la panique peut être l'occasion d'un redressement conjoncturel. Les liquidités, énormes, sont là et le coût de la thésaurisation n'est plus justifié par le risque. Des occasions peuvent être saisies à l'échelon international   et l'Allemagne peut relancer un peu. Bien sûr il reste un stock de dettes impressionnant. Mais le cantonnement a été à peu près fait et son dégonflement est une affaire de longueur de temps et de croissance organisée collectivement.

Il se peut que F. Hollande ait de la chance. Il criera à une "victoire" qui ne lui devra rien.

Il se peut aussi qu'un incident de parcours se produise qui mette en excergue la précarité de la situation française.  La crise de l'Euro est loin d'être finie et le choc fiscal asséné aux Français a été si rude qu'il peut avoir découragé profondément les investisseurs. Le poids d'une administration non reformatée et de dépenses non maîtrisées, associé à la ruine des possibilités d'investir des familles aisées,  à d'une conjoncture européenne capricieuse et à une conjoncture mondiale non maîtrisée, peut donner un coup de ciseau définitif dans les ambitions socialistes.

En juin 2013 le taux de prélèvement sera entre 46 et 47%. La dépense publique avoisinera les 57% du PIB. Les chômeurs catégories A seront malgré les mesures statistiques sur le chômage autour de 3.5 millions et le non emploi à près de 8 millions.  Le taux de dettes aura certes baissé mais peu. La fuite des cerveaux et des entrepreneurs sera à son maximum. La France sera alors sur le fil du rasoir. Il y a  peu de chances pour que 2013 ressemble à 1997.

Nous ne saurions trop conseiller à M. Hollande d'oublier ses hommes de communication pour se concentrer sur trois politiques : 

- Obtenir des pays des différents G.xx le retour à une concertation véritable basée sur la disparition des grands déséquilibres mondiaux. L'idéal serait d'obtenir une restauration des obligations monétaires grâce un arrangement de type Bretton Woods. Après tout F. Hollande a un temps déclaré qu'il y était favorable. A lui de trouver les voies et moyens de cette politique en s'appuyant si c'est possible sur Lagarde et le FMI. Il doit se souvenir que DSK avait mis à l'étude un retour aux changes fixes et ajustables basés sur une monnaie internationale non associée à une monnaie nationale.  Qu'il réactive ces travaux !

- Obtenir une relance interne de la Chine et de l'Allemagne,  tout en poussant au niveau de l'Euroland à la création d'un poste de chancellier économique  de la zone Euro avec de véritables pouvoirs de politique monétaire, budgétaire et sociale, orientée vers le plein emploi et pas seulement vers la stabilité des prix internes d'un échantillon de produits de consommation.

- Profiter des décisions du Conseil Constitutionnel pour se réconcilier avec les Français méritants qu'il a inutilement saqués et désignés à la vindicte fiscale et publique, même si ses communiquants, quand ils ne lui parlent pas de sa cravate, lui conseillent de garder au chaud des boucs émissaires pour les temps difficiles. Il y a du gras un peu partout dans l'économie subventionnée. Même s'il ne veut pas trop toucher aux postes de travail existants, qu'il évite au moins toute nouvelle embauche publique aussi bien dans les régions qu'à l'échelon de l'Etat français et de l'Europe. Qu'il supprime les 35 heures dans la fonction publique et laisse les partenaires sociaux définir les durées de travail entreprise par entreprise.  Qu'il passe la retraite à 65 ans  avec harmonisation des régimes  sur celui du privé. Qu'il supprime le système aberrant des intermittents du spectacle. Qu'il mette fin à mille abus, avant même de gratter l'os de l'Administration centrale. Qu'il réduise les étages du mille-feuilles administratif  et les spécialise.  Tout cela peut être fait sans hausse d'impôts et sans réduction d 'effectifs. Qu'au moins au sortir de 2013, des réformes fondamentales et réclamées à cor et à cri depuis des lustres soient fortement engagées !

S'il se contente d'astuces de communiquants, de faux semblants, de mesures dilatoires, de dénonciations de boucs émissaires, et d'une aggravation de l'agression fiscale, en gros s'il se contente de ce qu'il a fait en 2012, le désastre est au bout du chemin. 

Le pire n'est pas toujours le plus sage.

D'autant plus que, comme lui, nous pensons qu'il y a un bout du tunnel et qu'il est possible sinon à l'automne en 2013 du moins au printemps 2014.

Mais qu'il change ! Ici et maintenant !

Sinon gare à l'accident ! 

 

Didier Dufau pour le cercle des Economistes E-toile.



Bilan 2012 – Perspectives 2013

Pour juger d’une situation, il faut d’abord des critères.  Nous-mêmes défendons sur ce blog (inlassablement, mais quitte à lasser !)  trois thèses :

-          La crise est née d’un défaut constamment aggravé du système monétaire international qui a conduit à la création de déficits et d’excédents monstrueux, et, finalement,  d’un orage de dettes généralisées  gonflées  par le jeu des doubles pyramides de crédits.

-          L’Euro a été déstabilisé par cet orage de dettes, qu’il n’a certes pas provoqué,  et ne pouvait pas résister sans changer de mode de gestion. La gestion par la norme, avec une banque centrale ligotée par un seul objectif de niveau de prix interne et l’absence de toute politique de change faute des organes nécessaires, n’offrait pas le moyen de faire face à la tourmente sinon par une déflation dommageable.

-          La France, à cause de son système fiscal outrancier, finançant sans limite des dépenses publiques elles-mêmes sans limites, était mal placée pour résister à la tourmente, qui en aggravant et même en exacerbant tous les défauts préalables risquaient de la faire sortir de l’histoire par la petite porte.

Notre solution, développée dès avant la crise, a toujours été articulée autour de trois axes :

-          Mettre fin aux changes flottants et en revenir à des disciplines internationales interdisant les déficits et les excédents monstrueux, et permettant de revenir à un système coopératif  orienté vers le plein emploi.

-          Donner à la zone Euro un cadre permettant de diriger au quotidien une politique globale visant le plein emploi et la résorption des déséquilibres internes à la zone Euro. Les règles de la BCE nous paraissaient inadaptées et l’absence de tout pilote dans une cabine de pilotage elle-même inexistante, extrêmement dommageables.

-          Faire sortir la France de sa névrose fiscale, en mettant l’accent sur la création de richesses et non sur la dépense publique débridée et associée à des impôts spoliateurs, revanchards et confiscatoires ainsi qu’à une dette constamment aggravée.

Le bilan que nous voulons tirer est nécessairement associé aux plus ou moindres grandes avancées dans ces trois domaines, avec toujours en arrière plan, la certitude que si rien n’est fait sur ces aspects stratégiques, la crise perdurera et provoquera un sinistre social désastreux.

Le premier constat à mettre en exergue est que la crise économique ne s’est pas calmée en 2012. La France a vu son chômage croitre de près de 300.000 pour la catégorie A,  portant le tout probablement à fin décembre au dessus de 3.200.000 chômeurs alors qu’avec les autres catégories on arrive à des chiffres stupéfiants, probablement autour de 4.500.000 ! Ce qui et une véritable folie et un déshonneur pour les dirigeants français. L’Europe est globalement en stagnation avec tout le sud en forte récession. Quant au reste du monde, l’année 2012 aura été particulièrement médiocre, notamment aux Etats-Unis qui n’ont pas connu une vraie reprise.

Or nous sommes en décembre 2012 soit 5 ans et demi après le déclenchement de la crise, fin juillet 2007 !   

Il n’y a  aucun signe de reprise en vue pour 2013 en France, ni en Europe. Pour le reste du monde, les perspectives restent anormalement faibles par rapport au trend habituel.

Une première conclusion est que les causes de la crise n’ayant pas été bien comprises, les solutions ont été partout inefficaces, aux Etats-Unis comme en Europe, pour ne pas parler de la France qui entre dans sa douzième année de régression du revenu par tête !

1. Sur le front de l’organisation monétaire internationale, on ne constate aucun progrès dans la compréhension des mécanismes qui ont conduit à la crise.  Personne ne parle de supprimer les changes flottants et encore moins de revenir à des disciplines de coopération et de responsabilité.

Les rares progrès que l’on peut citer proviennent :

- de la prise de conscience que les politiques mercantilistes sont condamnables, se traduisant par des demandes de relance en Allemagne et en Chine, qui eux, ne parlent que compétitivité. Dialogue de sourds, mais néanmoins constat qu’il y a là des positions intenables.

 - de l’incapacité des Etats-Unis de se reprendre sur les bases anciennes. Les politiques de QE ne fonctionnent pas. La relance par la dette n’est plus possible ni pour les individus ni pour l’Etat fédéral. La FED et le Trésor sont tous les deux « pat » comme on dit aux échecs.  

- du quasi arrêt des relations financières internationales du fait de la rétractation de chaque système bancaire sur son pré carré, ce qui montre bien que l’ancien modèle ne peut plus fonctionner.  

Ces petits signes sont-ils avant coureur d’une prise de conscience plus large et de mesures internationales concertées ? Tout montre le contraire. Si un début de reprise se produit à l’automne prochain, les velléités de réformes constructives s’évanouiront.

2. Sur le Front Européen, l’abandon par la BCE de tous ses principes après les déclarations de son gouverneur à l’été 2012,  a changé la donne psychologique. Les spéculateurs seront amenés à y réfléchir à deux fois à jouer contre l’Euro. Magie du verbe, le climat a totalement changé en quelques semaines, plus personne ne croyant à la dislocation de l’Euro par la spéculation sur les « spreads ». 

En revanche le traité Européen a consacré une gestion de la crise par la déflation dans les pays en difficulté et notamment en France.

Il n’y a toujours pas d’organes de gestion de la zone Euro permettant une politique coordonnée de changes, d’émission monétaire, et de co-développement harmonisé.

La principale conséquence est le renforcement de la stagnation globale et de la récession dans les pays du sud.   2013 sera une année terrible pour l’emploi et la prospérité.

3. Sur le front français, l’élection d’un dirigeant socialiste haineux et d’une équipe incapable, a tout aggravé.

Le refus initial de faire réellement baisser la dépense publique et de redonner des moyens de compétitivité aux entreprises, associé à un langage de haine et des mesures fiscales coercitives et revanchardes contre les familles aisées, faisant de la spoliation fiscale une fête politique,  a littéralement bloqué le pays. 

Les entrepreneurs, les investisseurs, les consommateurs, tout le monde a été saisi d’une forme de sidération devant les excès de langage et le délire fiscal d’équipes socialistes en pleine exaltation de leur pouvoir de nuisance. Un « racisme social » hideux et officiel  a gouverné la France. 

L’arrêt immédiat de l’économie du pays qui en a résulté,  a conduit le président Hollande à prendre des mesures de sauvegarde des entreprises menacées de syncope fiscale immédiate. Mais le mal était fait. Des secteurs entiers de l’économie ont connu des pertes de chiffres d’affaires colossaux parfois jusqu’à 35 ou 40%. Le bâtiment est sinon à l’arrêt du moins en régression massive. Même la grande distribution alimentaire est fortement atteinte. Partout les plans sociaux se développent à toute allure.

Les socialistes ont cassé l’espoir de toute réussite en France et atteint les tréfonds de l’âme française. Désormais ce sont les jeunes qui partent et qui ne veulent plus rien avoir à faire avec un pays où un climat épouvantable s’est installé. Les ministres et le premier d’entre eux en particulier, n’ont pas hésité à insulter collectivement des citoyens  fuyant leurs exactions fiscales. Mesures confiscatoires anticonstitutionnelles et insultes ad hominem, rassemblées et diffusées comme « éléments de langage »,  ne font pas une politique.

Le coup d’assommoir porté par le Conseil Constitutionnel à la politique du gouvernement Ayrault, qui a liquidé certains des dispositifs les plus haineux de la loi de finances votées par une majorité socialiste où un p’tit prof de maths du secondaire, un certain Eckert,  a montré un zèle digne de la Corée du Nord, donne à F. Hollande le moyen de reprendre la main avant le désastre total. 

Vivre enfermé avec des conseillers en communication et multiplier les opérations image pour tenter de faire remonter la défiance abyssale qui s’exprime dans les sondages, n’est probablement pas la meilleure solution.  Le pays n’attend pas de lui qu’il se mette en blouse blanche pour pérorer sur l’emploi en visitant des entreprises comme il l’a fait à Rungis.

Mais qu’il respecte les Français et qu’il évite les dérives sectaires  et les mesures haineuses que les dirigeants de sa majorité parlementaire ont multipliées. 

Les résultats de 2013 pour la France dépendront largement de cette capacité de réorientation de la politique française vers plus de raison, moins de haine, moins de déflation et moins de chômage.  2012 a vu les prélèvements dépasser la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand. L’étouffement du secteur marchand va encore aggraver ce phénomène en 2013. Voler les familles aisées n’aura qu’un temps. Il va bien falloir un peu gouverner. Les budgets sociaux s’enfoncent dans le rouge, l’âge de la retraite ne pourra pas rester là où il est, la durée de travail non plus, les dépenses publiques régionales et nationales non plus.

La France est désormais vulnérable à n’importe quel incident. L’équipe gouvernementale actuelle est totalement décrédibilisée. Le groupe parlementaire est trop souvent en rupture avec le gouvernement et joue la surenchère. Au Sénat, c’est le chaos dans la « majorité ». Le Président n’a exactement aucune autorité. 

Si la conjoncture internationale connait un des cahots dont elle est coutumière, et l’absence de toute réforme structurelle laisse la porte ouverte à de tels incidents, la France sera embarquée dans des traverses sinistres.

Alors, oui, M. Hollande, il faut changer d’orientation  et que le changement soit maintenant !   

         

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile.  

Une fausse réforme bancaire

On connait la méthode Hollande : "j'ai dit, mais je n'ai pas dit, tout en disant. Mais oui mais non mais oui mais bien sûr". L'ambigüité permanente lui a permis d'être là où il est. Il ne changera plus.

Il avait promis de lutter contre son ennemi, la "phynance" impie, indigne et désastreuse. Il lui fallait mettre en œuvre cette "promesse de campagne". L'exercice s'achève sur un salmigondis de mesures sans effets et sans vraie importance qui compliqueront un peu la vie des banques et surtout permettront au Président de dire qu'il a tenu ses promesses. Enarque aux milieux des énarques qui gouvernent les banques, il ne pouvait en être autrement. Il a suffi que ses copains de banc d'école hurlent qu'ils avaient mal avant même qu'on les frappe pour que tout tourne en eau de boudin.

Il ne peut y avoir de bonnes réformes sans intentions positives et sans analyse approfondie des difficultés rencontrées, s'il y en a. Il aura manqué les deux ingrédients.

1.  La première question à se poser était la suivante : on a vu pendant 40 années les bilans des banques enfler sans limite raisonnable, au point que la plupart des pays de l'OCDE ont dépassé 300% de ratio endettement global sur PIB.  La simple observation des réalités auraient du faire comprendre aux dirigeants que les banques n'ont pas été la source de ce gonflement. Les banques ne créent de la dette et de la monnaie que si elles ont des entrées de trésorerie. Rappelons que si elles avaient seules le pouvoir de créer de l'argent elles ne seraient jamais en faillite. En revanche, dans des cadres conjoncturels, législatifs et règlementaires  favorables, elles multiplient les apports par un effet multiplicateur bien connu.

Il fallait sans doute agir sur l'amplificateur. Divers mécanismes ont permis aux banques et institutions financières d'élargir leurs possibilités d'action au-delà du raisonnable. Revenir sur des pratiques dangereuse était nécessaire. Les banques l'ont d'ailleurs fait toutes seules. Le gonflement des capitaux nécessaires à garantir certains risques importants est une prudence opportune. On va beaucoup trop loin actuellement, au point d'étouffer en partie des financements souhaitables. On a vu par ailleurs la capacité des banques à éluder ces contraintes en utilisant des procédés juridiques astucieux. Il n'y a pas de raison que cela s'arrête. Le rôle du banquier est de prêter de l'argent contre des risques qui justifient sa rémunération. Sauf à tuer en lui toute envie de réussite, et à bloquer le système, il cherchera l'investissement rentable par tous les moyens, supervision renforcée ou non.

Comme dans le même temps on n'a rien fait pour mettre fin aux excès de l'émetteur, le système monétaire international, basé sur une monnaie nationale de référence et des devises flottantes, système qui a entrainé la fameuse double pyramide de dettes et l'amplification de tous les déséquilibres, le résultat est incertain.

On agit comme le gamin qui crée des châteaux de sable au bord de la mer pour voir s'il va résister à la marée. Ou comme le clown qui déplace  le piano pour le rapprocher du tabouret.

2. La seconde question à poser était celle de la taille. Doit-on accepter qu'un pays voit un quarteron de banques enfler leur bilan au point qu'elles mettent en danger le revenu de la Nation en cas de faillite ?  L'Islande l'a fait avec les résultats que l'on sait. La Suisse le fait, mais avec de facto  le back-up des pays arabes du golfe.   

La réponse est non !

Il est indispensable de démanteler les molochs de la banque universelle pour restaurer de la liberté économique et permettre de mieux garantir la solidité globale du système bancaire.

En France, les molochs en question ont refusé et tout le monde s'est couché. En revanche on a fait passer la supervision à l'échelon de l'Euroland pour que ce soit le PIB global qui cautionne le système. Au lieu de réduire les géants, on leur a donné un cadre plus grand pour exercer...

Donc on a rien fait de sérieux. Certaines banques universelles sont trop grosses en France et elles y ont trop de pouvoirs. Elles forment un oligopole fonctionnant en symbiose avec l'Etat, avec qui elles partagent leurs cadres supérieurs. Au nom de la sécurité d'ensemble, on a aggravé le phénomène plutôt que de le réduire. Bravo aux associations bancaires nées de l'époque Pétain qui ont permis ce noble résultat !

La banque universelle de taille monstrueuse a également l'avantage de permettre à une poignée de dirigeants de s'attribuer directement ou indirectement une part démesurée de la rente de monopole sous forme de rémunération démente (via des bonus, des rentes de participations aux conseils d'administrations, des commissions diverses internes ou externes, des stock-options etc. ).  Cette rente étant uniquement liée à la taille et non au mérite particulier du dirigeant, elle s'assimile à un enrichissement sans cause réelle. On peut parler d'une forme de parasitisme exacerbé.

3. La troisième question est le corollaire des précédentes : les conflits d'intérêt possibles non seulement avec la Nation tout entière mais avec la clientèle des banques.

Rappelons que tout le système bancaire est fondé sur un mensonge. On parle de dépôts quand on devrait parler de prêts. Le dépot est un prêt déguisé à la banque. L'Etat administrativo-financier, ce sont les mêmes dirigeants, a imposé le recours aux banques pour toutes les transactions de paiement ou presque. On ne peut plus "vider son compte" en liquide. Il faut le virer dans une autre banque. On ne peut plus payer ses salariés en liquide : seulement par chèques ou virements. Le fisc impose le règlement des impôts par virement à partir d'un certain niveau. Il ne rembourse plus que par virement. Tout a été fait pour limiter l'usage du billet.

Inlassablement les banques reviennent à la charge pour que les chèques deviennent payants et elles multiplient les approches pour limiter l'emploi du chèque au profit de moyens qui leur coûtent peu comme les puces sur cartes ou bientôt sur téléphone.

Bientôt la totalité des fonctions de tenue de comptes et paiements seront payantes, alors que les transactions sont prtiquement toutes automatisées et les saisies déportées sur les usagers.

En sus de ce premier revenu, l'argent déposé sert à justifier la création de monnaie de crédit, avec récupération par les banques de la rente de création monétaire, et le bénéfice des activités commerciales lucratives correspondantes. En cas de pépin c'est soit le client, soit l'Etat qui paie. Merveilleuse disposition que l'on souhaite à toutes les PME.

La vraie réforme est de permettre la constitution de vrais établissements de paiement, uniquement chargés de la garde et de la mobilisation de la monnaie thésaurisée par les agents économiques. Les dépôts seraient de vrais dépôts, en ce sens que l'argent ne pourrait pas servir de ressources financières pour les établissements de crédit. On a créé un cadre limité en ce sens pour permettre certaines formes de paiements nouveaux. Il faudrait aller beaucoup plus loin.

Dans des banques de paiements véritables il appartiendrait au client de faire fructifier ses réserves inutilisées en les plaçant auprès d'institutions financières de son choix. Ces institutions devront faire l'effort de les attirer, en faisant valoir leurs qualités, leur solidité, leur sagesse ou leur rendement. A elles de proposer des placements variés, contreparties d'activités de prêts elles même diversifiées.

Ce n'est plus une poignée de banquiers cooptés dans le vivier des Inspecteurs des Finances qui décideraient souverainement de ce qu'ils veulent faire des sommes qui circulent dans leur comptes, en toute liberté. Mais milles institutions capables de proposer diverses formes d'activités donc d'investissements en fonction du risque.

L'activité de prêt à trois mois sur créances quasi certaines, comme l'escompte, rapportera moins que la spéculation à risque et avec effet de levier sans garantie réelle.

A chacun de savoir de ce qu'il veut faire de son épargne.

Il va de soi qu'il faut éviter tout conflit d'intérêts entre le gestionnaire de placement et l'émetteur des placements. La BNP a bourré les comptes de ses clients sous mandat entre juin et août 2008 au moment où ses cours chutaient à la verticale. A la protestation que nous avons vue d'une cliente, la réponse a été : "il est normal d'avoir dans son portefeuille des actions des grandes banques françaises".

Le système de la banque universelle est un nid de conflits d'intérêts permanents.

La loi passée ne supprime aucun conflit d'intérêts. Elle les institutionnalise.

Une loi n'est utile que si une réflexion approfondie a permis de déterminer les voies et moyens d'un changement qui permette d'atteindre des objectifs.

Ici la loi a l'objectif minimal de permettre à un président élu de dire qu'il applique son programme. Une fois de plus on est dans la com' et pas dans l'économie.

Pour masquer le tour de passe-passe on a joué sur les mots. Au lieu de séparer les banques de paiements, les banques de crédits,  les banques d'investissements, les gestionnaires de fonds et les gestionnaires de fortune, on a indiqué qu'on isolait les activités utiles à l'économie des autres.  Une distinction qui n'a pas de sens. Ces "éléments de langage" ont été répétés ad nauseam par tous les journalistes-perroquets.  

Les vrais problèmes restent intacts. Ils n'ont même pas été effleurés pendant les discussions.

Un exemple parfait du mode de fonctionnement de l'énarchie qui nous gouverne.

François Baroin : léger, léger, léger…

Le Ministre des Finances du gouvernement français pendant la période chaude de la crise écrit un "journal de crise". Naturellement on se précipite. Comment les plus hauts dirigeants ont-ils compris, anticipé, corrigé les causes de la crise ? Comment les ont-ils parées ? Ces questions sont importantes. Un éclairage de l'intérieur aurait pu l'être. Aurait du l'être.

Hélas, hélas, hélas !

On sait tout ce que la carrière  de François Baroin doit au féodalisme politique propre à la France. Parrainé par J. Chirac qui avait promis à Michel Barouin, son père, Grand Maître du Grand Orient, de s'en occuper, le jeune François, malgré la légéreté de ses titres, allait connaître une carrière accélérée, quasi météoritique. Robert Galley lui offre la ville de Troyes. Après un succès électoral sans risque dans une circonscription acquise à la droite, il devient Maire de la Ville.

Son talent personnel n'est sans doute pas mince puisqu'il y résiste aux différentes tempêtes politiques et qu'il siège depuis plus 15 ans comme député de la troisième circonscription de l'Aude. Il est vrai que Robert Galley, avait siégé de 1968 à 2002 dans la seconde : 34 ans. Ces circonscriptions ne sont pas politiquement dangereuses.   

Son talent n'est sans doute pas mince puisqu'il a fait son travail sans aucune aspérité aux différents postes secondaires confiés par Jacques Chirac. Au point de devenir un éphémère Ministre de l'Intérieur lorsque Nicolas Sarkozy se lance dans la campagne présidentielle, ce qui n'était plus secondaire du tout, même si ce fut bref.

L'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence pouvait lui valoir des ennuis. L'obligation de resserrer les rangs de sa majorité et de mettre fin à la mésaventure de l'ouverture aux socialistes donnent l'occasion aux ex Chiraquiens de revenir au pouvoir. Au prix d'un caprice qui le ridiculisera un tantinet, il devient Ministre du Budget. L'affaire DSK et le départ brusqué de C. Lagarde le propulse au Ministère des Finances. 

Ce jeune homme a non seulement du talent et des soutiens  mais aussi de la chance.

En politique il en faut.

Aujourd'hui dans l'opposition il n'est certes pas devenu un ténor. Mais il joue un rôle. Il sera un des négociateurs de la sortie du conflit Fillon-Copé. Il passe désormais souvent à la télévision. Son livre lui a valu une forte exposition médiatique. Certains pensent qu'il pourrait se présenter aux élections de l'été 2013 à la tête de l'UMP.

Sa troisième compagne est charmante.

Tout baigne. 

Malheureusement, il y a ce livre. Ce livre où tout baigne aussi, mais dans un "politiquement correct" et une légèreté de fond confondants. Monsieur a pris la plume, mais elle est légère, légère, légère.

Elle tombe là où la pousse le vent.  Surtout ne rien penser. Surtout ne rien dire. Le Ministre qu'il fut, aura été un commentateur. Des événements extérieurs se produisaient, jamais anticipés, jamais compris. Les services proposaient des solutions. L'Elysée donnait des orientations puis des arbitrages. Le Ministre les défendait.  Voilà comment une vie politique passe.

M. Baroin a cela de commun avec Mme Alliot-Marie : tous deux  n'ont aucun mérite apparent mais ils savent durer politiquement parce qu'ils sont lisses,  sans que personne ne se pose trop de questions sur leurs compétences réelles.  Robert Boulin était aussi une personnalité de ce type. Il ne faisait peur à personne. Il était toujours là. Quand les grands sauriens se battaient, il était  fidèle à tout et à tous. Un peu aussi comme Bérégovoy.

Le dernier a fini près d'un canal, le précédent dans les étangs de Hollande (non, non pas celui que vous croyez). Mme Alliot-Marie, elle, a été la malheureuse victime collatérale de la révolution tunisienne. Si on ne peut même plus avoir d'amis !  

Peut-être le jeune et séduisant François devrait-il se méfier. Il ne faut pas trop monter pour rester en sécurité quand on est pas doté d'une armature intellectuelle et politique plus solide. La faveur et la prudence reptilienne ne permettent pas tout. Pas de vagues, dans les actes, et beaucoup de vague, dans la pensée,  ne suffisent pas toujours. Même quand on est bien implanté dans une circonscription en or massif et imperdable. Même quand on a le soutien affectueux de la Franc-maçonnerie.

La lecture du livre est consternante. Les évènements se produisent. On ne sait pas pourquoi. Ou on en donne des explications tellement courtes que cela confine à la gaminerie.

On imaginerait que le Ministre des Finances va nous donner une vision profonde et travaillée de la crise mondiale. Rien du tout. La crise, c'est la faute des subprimes. Point barre ! Elle est tombée du ciel comme cela. Un beau jour. Il a fallu faire face. Après une autre crise est arrivée du même ciel : la crise des banques. Il a fallu faire face. Ensuite on a eu une récession économique. Il a fallu faire face. Après on a eu la crise de la Grèce. Il a fallu faire face. Après il y a eu la crise de l'Italie, du Portugal et de l'Espagne. Il a fallu faire face.  Puis la France a été sommée de tenir des engagements budgétaires, il a fallu faire face. Puis cela n'a pas marché alors il a fallu faire face. Etc. Ad libitum.

Comme si un mauvais génie s'amusait à glisser sur le bureau du Ministre des dossiers surprises chaque matin. Le Ministre des Finances attendait alors les directives de l'Elysée, en fait de M. Musca. Et on mettait au travail les cellules du ministère. Des types formidables, nécessairement formidables. Ensuite le premier Ministre rendait les arbitrages. Formidable, tout était toujours bien.

Rien ne marchait mais tout était parfait. On faisait tout puis le contraire de tout : aucune importance, c'était toujours parfait.

Exemple : on commet l'immense erreur de ne pas supprimer l'ISF et on crée le bouclier fiscal. C'était parfait. Tout tourne au vinaigre. On fait une réforme tardive et controuvée. C'est tout aussi parfait. 

A l'échelon européen tout semble se faire ailleurs. Il ne s'agit pour le Ministre que de participer aux réunions et de commenter les arbitrages.  Pas une idée, pas une critique, pas une suggestion. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. "Je préfère mettre de l'huile dans les rouages pas sur le feu".

A l'échelon mondial, rien à dire. Absolument rien. Sinon des anecdotes sans intérêts sur des réunions du G.20.

Le malheureux est, à l'insu de son plein gré, surpris "par une suite ininterrompue d'événements imprévisibles".

Les évènements forcent à agir, et la réponse produit des résultats merveilleux. Sauf que la crise est toujours là.

Pour l'Europe, les résultats sont pour l'auteur  inespérés  : " le chemin accompli dans les esprits est déjà conséquent. Si nous allons au terme de cette réforme, il sera immense".  La Grèce est à genoux et sa population au chômage et paupérisée, comme celle du Portugal et de l'Espagne. Tous les pays de l'Euroland sont saignés à blanc et en récession. Pas d'importance ! 

Pour la France, nous avons réussi à stabiliser la dépense publique et même à la réduire d'un quart de chouïa, affirme notre grand ministre.  Du jamais vu !  En fait la dépense publique est restée très haute et n'est jamais descendue au dessous des 50% du PIB. Là où il fallait une hache, on a eu la douceur angevine et consensuelle de la RGPP. Les banques : nous avons un modèle de banque universelle formidable. Et Dexia ? Dexia heu !  heu ! Pour les impôts : nous avons taxé les riches de plus en plus en multipliant les lois de finances rectificatives au fur et à mesure que nos prévisions de croissance se révélaient en décalage avec les réalités. N'est-ce pas formidable ? Un vrai social démocrate qui ne verrait sans doute avec la politique Hollande qu'un soupçon de verbalisme excessif mais une pratique en continuité avec la sienne !

Pour le monde. Pour le monde rien !

La France a été gouvernée par des hauts fonctionnaires en fonction de leurs intérêts : taxer à mort ; ne pas réduire trop la dépense publique ; ne pas faire de vagues.

M. Sarkozy s'est agité en haut de tout cela en faisant croire qu'il agissait beaucoup alors qu'il n'agissait qu'un peu.

Les ministres, comme M. Baroin, ont été les Messieurs bons offices entre le Président et les services.

Pas d'idée ; pas de diagnostic ; pas de pronostic ; pas de vrais traitements ; un politiquement correct permanent (Ah ! la nomination de Lagarde au FMI, "victoire des femmes" :! on aurait préféré une victoire de la France et des idées justes). 

Résultat : pas de résultats probants ; une France au chômage et déjà menacée par l'asphyxie fiscale avant même l'arrivée de M. Hollande.

M. François Baroin aura été un gentil garçon. Son influence personnelle sur les évènements, à le lire, aura été quasi nulle. Aucune élytre n'aura été froissée. Nulle part.

La droite a perdu les élections. La France a perdu son industrie et ruiné ses ménages.

Mais tout va pour le mieux.

La carrière de Monsieur peut continuer avec les perspectives les plus heureuses.

Plus diaphane on ne peut pas.   

C'est vrai, il est bien sympathique François Baroin. Alors bonne chance !

Tout de même. Est-il vraiment impossible de gouverner la France autrement que dans la niaiserie ?

Nouvelle supplique à l'INSEE

Nous avons naguère demandé à l'INSEE de bien vouloir rendre publiques des séries statistiques longues. Parmi les causes de l'aveuglement général et du désastreux "courtermisme" on trouve la difficulté à constater facilement des évolutions longues. Le cycle décennal n'apparait clairement que si les séries couvrent au moins 50 ans.  De même le grignotage fiscal n'apparait pas sur des statistiques annuelles. Mais sur 50 ans les résultats sont plus que frappants.

Merci à l'INSEE d'avoir commencé ce travail.

Maintenant il faut aller un peu plus loin.

Une des causes de la crise provient de la méconnaissance totale par les gouvernements, les économistes officiels et les commentateurs de l'évolution de la dette globale depuis la guerre.

Par dette globale nous entendons toutes les dettes :

- dettes publiques (Etats et collectivités locales de tout poil)

- dettes de l'institution d'émission

- dettes du secteur bancaire

- dettes des entreprises

- dettes des ménages

On peut même signaler les engagements publics ou privés hors bilan ou hors budget. .

Bien entendu il faudrait pouvoir comparer ces séries avec celles, calculées de la même façon, des pays de l'OCDE.

Actuellement ces chiffres ne sont pas faciles à obtenir de façon strictement comparable. Par exemple la dette des ménages est présentée en fonction du revenu des ménages qui n'est pas le PIB.  Celles des entreprises est souvent connue par rapport à leur capital ou à leur chiffre d'affaires. Etc.

Avoir un tableau clair et homogène de l'évolution respective des différentes dettes est d'une urgence nationale.

Rappelons qu'en économie la nature de l'émetteur n'a pas une importance cruciale : la dette agit de façon globale. C'est le PIB qui doit fournir le paiement de l'intérêt et le remboursement du capital. Globalement.

Naturellement il serait bien que la statistique donne également la maturité moyenne de la dette et son intérêt moyen. Ce n'est pas la même chose d'avoir une dette de maturité moyenne de deux ans avec un intérêt moyen de 3% et une dette de maturité moyenne de 10 ans avec un intérêt moyen de 6.5%.  On pourrait ainsi produire un indice de la charge de la dette en pourcentage du PIB (montant global de l'amortissement et des intérêts).

Par exemple un endettement global de 400% du PIB avec une maturité à 10 et un intérêt à 5% entrainerait une charge de 60% du PIB.  Un endettement de 200% du PIB avec une maturité de 2 ans avec 5% d'intérêt, donnerait 110%  du PIB  etc.  

On voit que ces chiffres sont extrêmement critiques pour comprendre la situation économique d'un pays.

Et ils ne sont pas connus, encore moins publiés. Ils ne peuvent être appréciés dans la durée via une série longue.

Donc personne ne comprend rien.

Nos propres calculs nécessairement imparfaits laissent entrevoir que le taux d'endettement global était de près de 400% à la Libération, qu'il est redescendu à moins de 150% en 1967, et qu'il a commencé à rebondir avec les évènements de 68 et surtout après l'éclatement des changes fixes et ajustables définis à Bretton-Woods. On a alors commencé à monter la pente : 150 puis 200, puis 250 puis 300%. Pour finir nous nous sommes retrouvés en 2011 quelque part entre 300 et 400%.

L'affaire est sérieuse, car évidemment de tels taux d'endettement sont intenables.

Faire apparaitre de façon scientifique cette courbe en U est indispensable à une étude correcte du phénomène et de ses causes.

L'INSEE est seule capable de produire et de publier ces chiffres.

Notre supplique est qu'elle le fasse et si elle ne le peut pas qu'elle dise pourquoi et comment remédier à cette situation fâcheuse.

Merci d'avance.

Merci d'avance également à Eurostat de faire le même travail pour les 27 pays de l'Union Européenne.   

Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile

Le mensonge

M. Gérard Depardieu a décidé de quitter la France. Entre autres raisons, il évoque le fait qu'il aura payé en 2012, 85% d'impôts. 

Entre autres raisons, car la mort de son fils Guillaume, grave traumatisme de sa vie, et la manière dont il a été traité par la justice et les médias du fait de la notoriété de son père, avait créé une rancune profonde.  La France politique et médiatique haït ceux de ses enfants qui réussissent. Ils doivent payer d'une façon ou d'une autre. Toujours se rappeler que la France pendant l'Occupation a été le pays qui a produit le plus de lettres de dénonciation à la Kommandantur. La jalousie sociale est en France une dimension déterminante. On ne produit plus d'électronique depuis longtemps mais pour de la bassesse nous restons très productif.

La fortune de G. Depardieu n'a pas été volée.

Il est parti de rien. Il est arrivé en tête du palmarès des acteurs simplement parceque les Français l'ont bien voulu en allant voir les films qu'il anime de son talent. Il a employé une partie de sa fortune à créer du boulot autour de lui. L'argent des prélèvements divers sur son revenu, ses dépenses et sa fortune  a permis de financer les besoins de l'Etat à une hauteur qu'il évalue à 145 millions d'Euros.

Quasiment à lui tout seul.

Car on ne peut pas dire qu'un acteur fait suer le burnous et pèle la valeur sur le dos des travailleurs. C'est à dire que sa contribution fiscale à la France a été supérieure de plusieurs milliers de fois à celle d'un Ayrault et d'un Eckert, petits profs du secondaire sans mérite particulier,  n'ayant pas travaillé longtemps (et probablement mal : Jean marc Ayrault parle allemand comme une vache espagnole !),  et coulant dans les ors de la République sur l'argent des impôts une vie de politiciens nuls et aigris. 

La France aurait-elle produit 1000 Depardieu qu'elle aurait reçu 145 milliards d'Euros de bénéfices fiscaux.

Avec mille Harlem Désir, dont on ne se souvient pas qu'il ait jamais travaillé à produire quelque chose de consommable pour les Français, on n'aurait qu'un gros trou dans la caisse. Il semble bien que son association ait été prise carrément la main dans la caisse. Vous avez dit "emploi fictif". On préfère les emplois d'un acteur de talent. 

Cet Harlem Désir en service commandé à la radio ce matin même a déclaré : "M. Depardieu ment en déclarant qu'il paie 85% d'impôts. C'est impossible". Il a répété ce mensonge à satiété pour bien l'imprimer dans l'esprit des auditeurs et le journaliste interviewer n'a pas été capable de lui dire qu'il mentait.

Alors faisons le à sa place.

Nous avons montré sur ce blog  que ce taux de 85% était malheureusement extrêmement fréquent  et que désormais des milliers de Français allaient payer 100% et plus. Nous avons démontré chiffres en main que la discussion sur le taux marginal de 75% était une farce sachant que des dizaines de milliers de Français paient EN MOYENNE 75% et plus. Ici et maintenant et encore plus demain en 2013.

Les lecteurs de ce blog savent que les prélèvements en France sont supérieurs à 100% de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand non financier. Mais oui supérieurs à la production de ce qu'on appelle communément "les entreprises".  La dépense publique, elle, est très supérieure. En 2013 on en sera sans doute à 110%.

Les lecteurs de ce blog savent aussi que lorsque l'état prend la totalité des ressources du pays pour lui même, le taux de prélèvement est de 50%, car ce qu'il prend pour lui même est compté comme une partie du PIB. Et les mesures Hollande vont faire approcher le taux de prélèvement par rapport au PIB du chiffre historique de 48%. 

Les lecteurs de ce blog savent également que nous sommes le pays où la dépense publique est la plus forte du monde avec le secteur protégé le plus hypertrophié du monde.

Gérard Depardieu ne ment pas.

Harlem Désir ment. Le parti socialiste et les éminences du parti socialiste mentent. Comme Radio Paris sous l'Occupation, ils "mentent tout le temps", comme le chantait Pierre Dac.

Harlem Désir est un menteur. 

Un menteur qui sait qu'il ment.

Un menteur toute honte bue.

Un menteur qui se roule dans le mensonge sans la moindre vergogne.

Les Français doivent refuser le mensonge et chasser les menteurs. Ils ne doivent pas accepter que sous des monceaux d'injures on fasse fuir ceux d'entre eux qui, par des mérites exceptionnels, ont réussi, parcequ'ils ne veulent pas qu'on leur prenne tout et qui le disent. 

La France est le seul pays au monde qui fasse fuir ses élites et qui découragent dans sa jeunesse l'idée même de la réussite. Une exception française exécrable.

J'espère qu'il y a encore une presse libre en France qui fera éclater publiquement l'indésirable  mensonge en service commandé de ce monsieur Désir, ci-devant premier secrétaire du PS et premier des menteurs.

En attendant merci à Gégé d'avoir le courage physique et moral de dire la vérité et d'en tirer les conséquences publiquement en se moquant des quolibets intéressés de moralistes spécialistes de l'amoralité. 

Quant aux Français qu'ils lisent le livre  d'Ayn Rand,  la Grève. Ils verront dans quelle dynamique on s'inscrit quand on décourage et on accable d'insultes ceux dont la réussite est aussi celle du pays.

Sylvain Dieudonné pour le Cercle des Economiste E-toile.

 

Champagne à la Kaiserstrasse !

A certains grands moments de la crise que nous subissons depuis 2007 l'avenir dépends des décisions  des pouvoirs publics. Une mauvaise appréciation, l'inconscience de la réalité des choses, le poids des impuissances peuvent conduire à en prendre d'exécrables.

On l'a vu lors des G.20 de 2008 et 2009. Il fallait comprendre que la crise provenait du système monétaire international et y porter remède. On ne l'a pas fait. On a conservé le système non coopératif des monnaies administratives gérées par des gnomes et dont la valeur se fixent sur les marchés de devises, avec liberté totale des mouvements de capitaux. Malgré toutes les exemples historiques qui démontraient que dans ce cadre les relances keynésiennes ne marchent pas,  on a fait le pari que cette fois-ci on verrait ce qu'on verrait. On a vu : quatre ans après le désastre économique continue (Cf. sur ce blog :   G.20 un pari très dangereux)

Pour la France, on savait que le danger venait de sa surfiscalité aberrante provoquée par le développement d'un secteur public  de proportion exagérée, dont l'ampleur et les besoins de financement avaient  créé un sous-investissement massif et une précarité maximum dans un secteur marchand laminé, sans capitaux, sans marge, sans compétitivité et  incapable de pourvoir aux besoins d'emplois du pays. La décision tragique sera celle des Français portant au pouvoir de façon totalement décalée une équipe socialiste de fonctionnaires qui allait tout aggraver au lieu de commencer à remonter la pente. Le climat de haine sociale entretenue contre les patrons et l'annonce de mesures spoliatrices allaient dès l'été 2012 bloquer le pays.  50.000 chômeurs plus tard, la France est confrontée à la perspective d'une année noire en 2013.

Restait l'Europe. On savait que la zone Euro était structurellement malade. Elle n'avait aucun instrument pour faire face à une crise mondiale. De paniques en expédients on en est arrivé au  TSCG, traité budgétaire renforcé qui sacralise les règles  de Maastricht. Restait à savoir si dans ce cadre malsain, car uniquement déflationniste, allait se mettre en place d'autres organes de gestion que les croupions actuels. Certains célèbrent aujourd'hui l'accord "historique" qui voit les responsabilités de supervision bancaire glisser des banques centrales et des organes de contrôle bancaire nationaux  vers la BCE. Crier au miracle et à l'avancée déterminante comme Le Monde du jour est tout à fait excessif. Y voir la fin de la menace contre la zone Euro est risible.  L'idée sous-jacente est traditionnelle au  sein du fédéralisme européen  : cette étape permettra d'en atteindre une autre etc. On dépouille les Etats nationaux  et c'est déjà cela de pris.  Les résultats sur la réduction du chômage, la gestion des écarts de productivité,  la vulnérabilité spécifique aux systèmes nationaux seront pratiquement nuls.

Christian Noyer, qui parle certes en son nom mais qui est trop fin connaisseur de ce qui se passe à la BCE, a tué toute perspective positive en ce sens. Sa dernière intervention laisse entendre que la politique de la BCE a été formidable car elle a permis de maintenir l'inflation dans les limites statutaires de la BCE (on retrouve l'hymne à la gloire de Trichet : cf sur ce blog l'article La "victoire" à la Pyrrhus de Jean claude Trichet). Il est inutile de prévoir de grosses modifications dans la gouvernance européenne. Si la politique monétaire a été handicapée, la faute en revient à "l'indiscipline" des Etats. Il suffit de renforcer les normes et la sanction des normes pour que tout aille pour le mieux. Au passage renforçons les pouvoirs de la BCE. Un plaidoyer pro domo ;  de la plus belle eau.

Cette vision est totalement controuvée et lourde de nouvelles difficultés. Elle confirme l'amour éternel porté par les banquiers centraux européens, contrairement à leurs devanciers,  à un système de monnaies administratives gérées par eux-mêmes et dont la valeur externe est laissée aux forces du marché. Que le système ne marche pas et soit structurellement déséquilibré ne les gênent pas : on ne touchera pas à la source, à l'émetteur des déséquilibres mais au transmetteur et à l'amplificateur, le système bancaire, qui passera sous le contrôle des gnomes. Si les Etats sont par ailleurs contraints, tout ira bien.   

On notera que toutes ces erreurs majeures se complètent : on ne souhaite pas traiter le mal à la racine alors on s'énerve sur les symptômes.

Un exemple historique nous rappellera comment on gère normalement une crise économique. Après l'échec  de la relance de Chirac en 74, on a appelé Raymond Barre. Il explique très bien ce qu'il a fait (cf : "en relisant Raymond Barre" sur ce blog) : il a piloté la sortie de crise en jouant  sur la monnaie, sur les changes, sur le budget et sur les règles du jeu social (désindexation compétitive , fin de l'autorisation administrative de licenciement, etc.). Heureux homme qui avait encore une cabine de pilotage totalement équipée des instruments de bord nécessaires.

On voit bien que les Etats européens n'ont plus accès aux instruments de pilotage anticrise. Les changes ? Plus personne ne s'en occupe sinon un fantomatique Eurogroupe dont Juncker va quitter la présidence et qui ne fait exactement RIEN en la matière. La politique monétaire : la BCE s'en charge avec une seule boussole : les prix. Le budget : il est désormais contraint. Restent les règles du jeu social qui dans le contexte général ne peuvent être réorientées que dans un sens restrictif.

L'urgence aujourd'hui, si on veut que le système de l'Euroland marche et que l'on sorte de la crise , est de recréer une possibilité de pilotage global à l'échelon de la zone. Il faut une cabine de pilotage, la centralisation des instruments, et une action coordonnée sur les intérêts, les changes, les financements globaux, les budgets et les mesures sociales.  Bien sur il faut refuser le saut fédéraliste total avec création d'un budget fédéral gigantesque s'amusant à effectuer des transferts massifs entre pays européens.  Noyer a raison de dire que les opinions publiques ne le permettront pas.  

Cela implique un poste de "Chancelier de l'Euroland" doté de moyens légers mais cohérents et démocratiques d'agir sur les manettes économiques, y compris les changes et y compris la politique monétaire.

La BCE serait dans ce cadre partiellement  subordonnée à ce Chancelier. L'Europe renoncerait  à être la seule puissance du monde qui joue réellement le jeu faussé des changes flottants.

On pourrait envisager une sortie de crise par le haut en renonçant au chemin débile de la déflation et de la dépression dans les pays en décalage de compétitivité.

Dans la pratique on tourne le dos à cette orientation.

Nous nous retrouvons donc à la fin 2012 avec

- un monde dominé par les changes flottants et les attitudes non coopératives des Etats

- une Europe de l'Euro sans pilotage mais étouffée dans un système anti démocratique et lacunaire de contrôle et  de restrictions en tout genre.

- une France dans la folie fiscale aggravée par un socialisme sûr de lui et dominateur qui a fait de la Kalachnikov fiscale le moyen du" grand soir" de la ruine de sa bourgeoisie, au milieu des injures mille fois répétées contre les entrepreneurs (les patrons sont des "patrons-voyous", les chefs des entreprises du CAC "les douze salopards". M. Mittal" n'a rien à faire en France". "Casse toi pauvre con" lance-t-on à M. Arnault.   Et quand Depardieu "se casse", c'est un" traitre" à la patrie, alors que le droit d'établissement où l'on veut en Europe est la conquête  principale de l'Union Européenne pour ses citoyens) .

Autant dire qu'il n'y a rien à attendre de bon de 2013. Le problème des grandes erreurs, c'est qu'elles ne se rattrapent jamais.  

La crise entrera dans sa sixième année, du jamais vu depuis 1929.

Le Bilan de la BCE et ses gains n'ont jamais été aussi élevés.  Voilà ses pouvoirs élargis.

On doit faire livrer les bouteilles de champagne au 29 de la Kaiserstrasse à "Eurofort sur le Moins", comme disait Séguin.

Mais ce sont les peuples qui trinquent.

Plus de message

Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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