Quel vote utile pour les Européennes ?

Les élections européennes sont depuis l’origine une curiosité. Le système démocratique européen est un sujet de consternation depuis toujours, sauvé par son « originalité », et par la passion européiste née des conséquences deux guerres mondiales.

Le traité de Maastricht et surtout le traité de Lisbonne ont radicalement changé l’esprit et le rôle des institutions.

Jusque-là, la Communauté était une coalition d’états mettant des ressources en commun pour gérer des espaces communautarisés. La Commission étudiait les dossiers. Les États contrôlaient les membres de la commission et sa présidence, ainsi que le contenu des ordonnances. Un parlement pipeau était là pour donner une coloration démocratique à l’ensemble. Composé de délégations d’états, si les chefs d’État s’étaient mis d’accord, le Parlement suivait sans faire d’histoires.

Le système marchait à peu près bien. L’idée était de supprimer les barrières purement nationalistes et de développer un espace économique commun, tout en affirmant que tout membre d’un pays de l’union serait traité dans un autre pays de l’union avec exactement les mêmes droits que les nationaux sauf pour les élections régionales et nationales. L’énorme progrès, inespéré, était que chaque citoyen d’un pays membres disait aux autres citoyens européens « je ne te crains pas, soit chez nous avec les mêmes droits et devoirs que nous ». Droits de séjour automatique, droits de déplacement sans limite, droits de contracter civilement et commercialement, étaient garantis quitte à respecter le droit des pays. Ces nouveaux droits étaient automatiques. Pas besoin de procédures ou de visas.

En revanche, chaque Etat était libre de ses lois et le but n’était pas d’unifier la totalité des politiques possibles. Tout n’était pas parfait. La Commission avait toujours tendance à aller au-delà de son champ d’action selon le principe que tout est dans tout. Un commissaire pouvait s’opposer à un projet mené par plusieurs états au nom de l’exclusivité qui était concédé à son pouvoir ans un domaine précis. La tentation de mettre en place une bureaucratie pléthorique avec des doublons majestueux vis-à-vis des institutions nationales, et de relancer sans cesse la machine à faire des normes de plus en plus strictes n’a pas réellement été contrée.

Le seul domaine où la politique des états a été centralisée a été l’agriculture et depuis le début, cela grince et cela coince.

Les pouvoirs nationaux restaient forts et le système démocratique de chaque nation permettait d’orienter les politiques et l’organisation de la société nationale, conférant aux élus un rôle nécessaire et aux débats une efficacité.

Le prurit européiste des forces qui veulent les États-Unis d’Europe sur une base totalement fédérale l’a finalement emporté, Giscard accordant des élections européennes au suffrage universel tenues le même jour dans toute l’Europe. Mitterrand accélérera vers le fédéralisme en abattant les frontières et en créant la monnaie unique. Puis vint le déni de démocratie du traité « constitutionnel » mené par Giscard et rejeté par le pays mais rétablit par le traité de Lisbonne.

Depuis, la confusion est structurelle et tout le monde a perdu la main.

La Commission comme le Parlement peuvent se saisir de n’importe quelle question, et s’asseoir sur les traités, si les chefs de gouvernements sont d’accord. Tout l’espace politique devient partagé et les élus nationaux perdent leur pouvoir. Les électeurs s’en détournent. Pourquoi élire des impuissants ?

Des mouvances majeures venues de l’étranger se sont installées en passant largement  par l’Europe :

-            La tentation de l’ONU via le GIEC de créer les conditions d’une dictature écologique démente et destructive des acquis de la civilisation

-            Le mouvement Woke et la « cancel culture » visant à abaisser les pays occidentaux et l’homme blanc hétérosexuel au profit de catégories prétendument victimisées.

-            L’immigrationnisme forcené notamment en faveur de l’immigration musulmane.

-            L’américanisme financier et la vente à la découpe du patrimoine industriel européen

-            Le démantèlement du secteur de l’énergie

-            Le démantèlement des politiques étrangères nationales

-            L’élargissement sans limite du nombre des pays membres

-            Le contournement du droit social avec l’emploi massif éventuellement aux conditions du pays d’origine de millions de personnes venues des pays de l’est.

-            La mise sous tutelle des gouvernements nationaux par la voie juridique et le chantage aux fonds structuraux.

-            L’entrisme fou des ONG dans les structures institutionnelles de l’UNION.

Surtout, face à la crise sanitaire du Covid puis l’agression russe contre l’Ukraine, la présidente de la Commission, voulue par M. Macron, s’est comportée en chef d’Etat fédéral  en dehors de tout cadre et sans respecter quelques règles que ce soit.

Ces évolutions franchement délétères et parfois allant au-delà de l’odieux (désigner le foulard islamique comme une preuve de liberté au moment où l’Iran tuait les femmes qui refusaient le voile, interdire à M. Orban d’éviter la propagande homosexuelle dans les écoles primaires, condamner la France à des pénalités pour retard dans l’implantation d’éoliennes avec le plus haut taux d’énergie décarbonée du monde) ont largement tué la bonne  volonté européenne des électeurs des pays membres. Elles changent radicalement le rôle des parlementaires européens.

Pendant longtemps les représentations nationales confortaient l’action de leur nation telle que menée par le pouvoir exécutif (président et chef de gouvernement), malgré le fait que la proportionnelle intégrale laisse une grande place aux « sensibilités ». Mais aucune sensibilité n’étant plus que minoritaire dans la minorité nationale et dans les regroupements libres et artificiels, mis en place pour se partager les postes institutionnels du parlement, rien de cela n’avait d’importance.

Tout système proportionnel est entre les mains des chefs de partis. Ils ont tous considéré que ces élections n’avaient aucun contenu programmatique et qu’il leur fallait régler des questions internes : constituer une tirelire (FN et Modem), éloigner des concurrents, aider quelques éclopés du suffrage universel à traverser le désert et anticiper un niveau de retraite inespérée. Globalement la proportionnelle permettait de compter la force respective des partis, sans que cela ait la moindre conséquence sur les élections postérieures.

Dans le cadre européen post-traité de Lisbonne, beaucoup de choses changent. Les personnalités choisies ont des postures très différentes vis-à-vis des mouvances venues de l’étranger, même au sein des partis, les conséquences nationales des décisions prises au parlement couvrent tous les domaines de la vie quotidienne et des politiques possibles. Le vote devient compromettant ! Le choix au sein de certaines listes de personnes militantes qui rejoignent des plans étrangers contre l’intérêt de leur pays et la ligne de leur parti devient critique. On a vu Pascal Canfin tenter de tuer l’agriculture française au sein du n’importe quoi macroniste. Choisir des présidents d’ONG qui ont par ailleurs table ouverte à Bruxelles comme parlementaire dépasse le cadre national habituel. C’est vrai dans tous les domaines qu’il s’agisse d’écologie, de Wokisme, d’immigration etc.

L’électeur est devant divers paradoxes. Il faut qu’il vote parce que le parlement a un rôle à jouer et décide de questions très concrètes. Ne pas voter revient à laisser le champ libre aux mouvements idéologiques transnationaux. Mais voter ne veut rien dire sauf pour les partis partisans du Wokisme et de l’écologie anticapitaliste qui voteront tous les textes mis au vote par une Commission largement perméable à ces mouvances.

Les partis sont tous plus ou moins embêtés par cette élection bizarre.

Le RN n’a aucun programme propre à éclairer ses votes au Parlement européen. Il veut se compter comme force de réaction antisystème en France comme en Europe. Parti de la collecte protestataire confirmé voire éternel, , il n’a même plus besoin de le dire.

Les socialistes veulent prouver qu’ils sont désormais plus forts électoralement que LFI. L’ambition est purement politicienne et nationale.

Le parti Zemmourien attend quelques ressources pour ses cadres faute de députés et de sénateurs. Il lui suffit de placer sa perspective contre le Wokisme, l’immigrationisme et l’européisme « délirant » dans une optique de défense des intérêts vitaux de la France. La cible : LR et les abstentionnistes. L’ennui est de s’être laissé envahir par d’anciens du FN et d’avoir mis deux personnalités ex-lepénistes en tête de gondole dont une fille le Pen. Zemmour se retrouve avec des dissensions internes et un positionnement à droite de Le Pen, ce qui nuit gravement à son entreprise. Parti avec 7 % des voix selon les sondages, il navigue un peu trop près des 5 % et l’absence d’élus pour ne pas s’inquiéter.

Emmanuel Macron par principe n’a pas de doctrine critique vis-à-vis de l’européisme ni d’aucune des forces importées. Sa liste a constamment voté avec les socialistes et été moteur dans les causes Wokistes et écologistes. Il a cautionné toutes les décisions énergétiques ou autres qui ont fait beaucoup de mal au pays qu’il dirige. Il milite pour l’extension sans limites du nombre de pays membres et il a fait voter par ses troupes le vœu du passage à des traités désormais fédéralistes sans minorité de blocage pour les gouvernements. Il a ainsi nourri son dossier de liquidateur de la France au service de l’Europe, en vue d’une ambition postprésidentielle éventuelle en Europe. En même temps il a voulu casser le vote RN en changeant de discours : ne plus parler de la collaboration et des Nazis au profit de la trahison en faveur de Moscou ! Reste à savoir qui trahit le mieux et le plus radicalement les intérêts français.

Pour LR les élections européennes sont un terrible casse-tête. LR n’est plus dans le trio de tête des partis politiques, systématiquement devancé par les Macronistes, le RN, la Nupes et même souvent les socialistes ou les centristes seuls. Sa liste part de bas et n’a aucune dynamique de victoire. LR est classé par l’opinion dans les « also run » comme disent les Anglo-Saxons spécialisés dans les « lame ducks » !

Son candidat, Xavier François Bellamy, vu comme un problème lors des précédentes élections est considéré cette fois-ci comme une chance. Il s’est démené comme un beau diable sur des sujets importants : il a fait dérailler la campagne ignoble en faveur du foulard islamique ; il a permis de requalifier l’énergie atomique comme source décarbonée digne d’être financée, il a dénoncé nombre de détournements des débats loin des traités. Personne jusqu’ici n’avait autant travaillé à Bruxelles. Sa parole est claire et éduquée. Il est rarement surpris à dire des bêtises. C’est beaucoup et peu à la fois. Son problème, c’est Mme Van der Leyen et le PPE, un parti où LR compte peu On ne saurait se risquer à compter les votes du PPE en faveur de mesures douloureuses pour la France et contraires aux espérances de M. Bellamy. Curieusement il ne veut pas enfourcher la question du vœu (voté par le PPE aussi) pour un changement des traités dans un sens fédéral. Son projet d’états associés de préférence à une entrée dans l’Union n’a aucune chance d’aboutir. Ce mélange nuancé de « je suis pour » et de « je suis contre » est totalement incompréhensible pour l’électeur. L’ami Bellamy est donc obligé de développer un langage complexe qui n’est pas de nature à peser facilement sur le vote. Il le fait avec ténacité, qualité et « bravitude ». On verra ce qu’il en sort. Jusqu’ici il reste à 6-7 % ce qui est insuffisant.

Éric Ciotti avait très justement expliqué lors de son triomphe à la tête de LR que son parti était la seule hypothèse d’alternance utile en 2027 car c’était le seul parti de gouvernement réellement alternatif, ce que devaient démontrer des conférences thématiques au plus près des militants sur les grands sujets nationaux. Toute cette bonne volonté s’est enlisée. LR n’a de doctrine sur rien et se trouve embarrassé par un combat parlementaire biscornu qui l’use autant que son adversaire principal ; Il n’a rien de lourd ni de sérieux à proposer. Le parti a continué à se faire dépecer.

Cela n’offre aucune aide à M. Bellamy. Sa seule chance de décoller dépendra du rejet de la candidature Van der Leyen, mais aussi de sa prise en compte des grands problèmes de l’Union avec une vision forte. C’est loin d’être gagné.

Pour les Français, la vraie nécessité est de contrer l’emprise récessionniste liée à l’écologie anticapitaliste, de contrer le courant wokiste et immigrationniste porté notamment par Macron, et d’éviter le passage au fédéralisme intégral. Il faut donc réduire voire éliminer les Verts et les macronistes. Sinon gare aux conséquences !

À ce titre, l’élection de cette année a en-effet une importance particulière.

Quelle est l'orientation du Cercle des économistes e-toile dans le chaos actuel ?

L'interview de son président

Admin : Un certain nombre de lecteurs se sont interrogés sur l’orientation de ce blog du fait que les grandes questions économiques sont passées au second plan et que les analyses de l’opinion et des forces sociales ont pris l’avantage.

Didier Dufau : Votre question est importante. Lors d’une conférence en été 2022 j’ai constaté qu’il n’était plus possible de parler d’économie aussi librement qu’avant. Des comportements quasiment religieux se sont développés dans la mouvance écologique avec des indignations étranges. Un économiste est désormais un « salaud » au sens sartrien du terme ou un inconscient qu’il s’agit de faire taire et d’exclure du débat parce qu’il parle des conditions de la croissance alors que le débat est la survie du vivant. Ajouter le même phénomène avec les catéchumènes du Wokisme, notamment dans l’Université. Compléter avec l’islamisme et les assassinats à répétition. L’émotion manipulée est partout, la rationalité nulle part.

Admin : vous pensez que le débat économique serein n’est plus possible ?

DD : c’est un constat. Certaines pensées économiques ont depuis toujours été rendues suspectes.  Se présenter comme libéral vous a valu en France des accusations multiples de tout temps. Le socialisme a toujours été en conflit avec le capitalisme au moins dans les mots. Nous avons créé ce blog pour faire valoir des idées qu’on ne retrouvait pas dans les médias où la « vérité » est « construite » de tout temps. Mais entre le silence et l’injure permanente, il faut constater non pas seulement un changement d’intensité de la querelle mais un début d’interdiction du débat.

Admin : pouvez-vous donner des exemples ?

DD : Lors de cette conférence, évoquer des faits vérifiables instantanément sur son téléphone s’accompagnait aussitôt de cris de « mensonges » en fond de salle. Je présentais mon livre sur la conciliation entre économie et écologie. Expliquer qu’indépendamment des questions écologiques, des erreurs économiques pouvaient être corrigées et qu’il ne fallait pas lâcher le diagnostic économique, a entraîné aussitôt des mouvements d’indignation : c’est de la mort de la vie sur terre qu’il fallait parler. Pas de croissance ni de niveau de vie, ce faux problème, alors que la frugalité s’impose.

Admin : vous considérez la « conversation économique » en danger ?

DD : Très clairement. A partir du moment où la réflexion économique reste mobilisée sur la question de la croissance et de la hausse des ressources individuelles et collectives, l’injonction est immédiate : « vous allez tuer la terre, taisez-vous ». La crise de 2008 et celle de l’Euroland de 2011 ont déconsidéré les économistes qui ont quasi disparu dans les débats de la TNT. Ils ont été remplacés par des « experts » militaires ou écologiques et une pléthore de philosophes qui n’ont exactement aucune connaissance économique, mais des certitudes et des citations.

Admin : La situation ne s’est-elle pas rétablie depuis la grande crise de 2008 ?

DD : Non ! On n’a jamais voulu donner la vraie explication de la crise de 2008. On a considéré qu’imposer un carcan bureaucratique dément sur les banques suffirait. On a vu qu’avec la hausse volontaire des taux de la BCE, des banques et pas les moindres, tombaient toujours et ce n’était pas du fait de leurs excès ! Les causes spécifiques de la crise de 2011 de la zone euro forment toujours un champ en jachère. La gestion délirante de la crise du Covid a tout balayé.

Admin : quelles sont les réflexions critiques qui ont été mises de côté ?

DD : principalement la compréhension des causes de l’asphyxie des classes moyennes qui se traduit partout par la montée de mouvements de rejets des élites et de la politique. La protestation irrationnelle l’a emporté sur la recherche de solutions.

Admin : comment expliquer cette carence ?

DD : Les « élites », en France la haute fonction publique qui s'est emparée du politique, ne veulent pas remettre en cause les institutions ancrées dans des rapports de force et considèrent que la démagogie permettra de passer les caps électoraux sans trop de dommages. On « enjambe » les élections ! Et on s’en vante ! Pour ces gens Il faut présenter une information « pédagogique », construite et purifiée. L’Union Européenne devient une valeur sacrée. L’ouverture au monde et l’abaissement des frontières est sacralisée. L’altérité suppose la « cancel culture ». Au moins partiellement. Le GIEC remplace le Vatican. En remettre en cause la prédication est pire qu’une grossièreté, un crime majeur valant expulsion immédiatement des médias. Le débat public est devenu non seulement insipide mais faux jeton. Car il faut à chaque échec donner une explication sans remettre en cause les dogmes et les mensonges récurrents. Des constructions publicitaires monstrueuses de sottise sont alors proposées aux masses ignorantes qui doivent s’en contenter. Ils répètent depuis près de trente ans :  on marche sur la tête. Et ils ne vont plus voter ou ils votent « protestataire ».Les élites pensent comme Muyzenberg le théoricien communiste de l'agit-prop, que la vérité et le mensonge étant à égalité dans les médias face à des masses ignorantes, il ne faut pas se priver.

Admin : pourriez-nous donner des exemples ?

DD : Faire un inventaire de la sottise économique qui s’étale dans les médias serait amusant mais sans fin. Pour l’exemple :

-            Les 35 Heures ont créé de l’emploi

-            L’union européenne nous protège.

-            La conversion énergétique va créer de l’emploi en France

-            Le wokisme est un fantasme

-            Le capitalisme est la cause de la dénatalité

-            Les éoliennes sont une solution évidente

-            La SNCF fait des bénéfices

-            La frugalité n’est pas un transfert de la responsabilité des élites vers le populo. Elle ne peut être assimilée à une politique de décroissance.

-            Il faut être heureux de la crise immobilière, car la hausse a été « scandaleuse ».

-            La dette démente, c’est bien.

-            Le retour à la retraite à 60 ans est possible et souhaitable. La semaine de 32 heures est la solution

-            La dette française ne pouvant plus exploser au même rythme, il faut que l’Union européenne prenne le relais et finance les transitions militaires, numériques, écologiques par d’immenses emprunts.

-            Un système de retraite par répartition est compatible avec le vieillissement de la population et la disparition de la jeunesse.

-            Le féminisme politique n’a rien à voir dans la baisse des naissances.

-            Cela ne coûte rien c’est l’Etat qui paie.

-            L’immigration est heureuse.

-            Le classement Pisa ne donne pas une vraie indication des progrès de l’éducation nationale.

-            La notation de la dette de la France n’a pas d’importance.

-            On a supprimé la taxe d’habitation et donc réduit les impôts (alors qu’on n’a fait que transférer le    financement sur d’autres et la dette).

-            Macron nous protège.

-            Certes nous baissons régulièrement pour le rang dans le monde pour le rapport PIB par tête. Mais l’indice est mauvais. En matière de bonheur par tête nous sommes bien placés.

-            La prison conduit à la récidive. Les récidivistes ne doivent donc pas aller en prison !

-            On peut contrôler le trafic de drogues sans s’attaquer aux consommateurs de drogue

-            On ne peut pas lutter contre la prostitution sans s’attaquer à la clientèle masculine. .

-            Les ARS ont amélioré la gestion de la santé.

-            Le calendrier prévu par l’Union Européenne pour décarboner totalement son économie est tenable.

-            La politique écologique n’a pas besoin d’étude d’impact. Les conclusions du GIEC suffisent.

-            Installer des champs d’éoliennes ou de plaques photovoltaïques n’est pas une artificialisation des sols

-             …

Admin : Faire la chasse à toutes ces sottises vous paraît-il un travail surhumain ?

DD : Surtout inutile. La puérilité de toutes ces affirmations défie tout débat. Pour libérer le débat économique il faut surtout bien isoler les forces qui se coalisent et les dénoncer vertement. Savonarole et Lénine sont en train de faire leur alliance délétère dans l’insouciance générale, alors qu’en France le "macronisme" s’effondre dans le ridicule. Si on n’analyse pas ces évolutions délétères, on se condamne au silence.

Admin : Ces analyses sont donc pour vous un préalable à une réflexion économique renouvelée ?

DD : Non ! L’article « Une autre manière d'analyser la situation économique mondiale » nous parait une contribution importante. Nous allons essayer de l’approfondir car elle remet en cause certaines politiques annoncées comme la hausse structurelle des prix des produits agricoles et la réindustrialisation. De même cette méthode permet de comprendre bien plus clairement la hausse relative de l’immobilier par rapport au revenu. Les bruits de bottes et la position saugrenue de notre président sur l’Ukraine forment également un fond politique et diplomatique dont il faut tenir compte. La géopolitique n’est pas particulièrement favorable à la croissance organisée et rend toute prévision encore plus aléatoire. Ce qui impose une rigueur d'analyse plus grande mais n'en supprime pas la nécessité.

Mais si vous ne sapez pas l’influence destructive des mouvements quasi religieux qui interdisent le débat, vous ne pourrez pas faire entendre un message utile. Le grand public commence à comprendre et sort un peu de son hébétement. Mais les organisateurs de conférences réduisent considérablement les sujets économiques. Parce qu’ils craignent pour la réputation de leur établissement. Une manif, un écho défavorable dans la presse, une nervosité dans les instances dirigeantes de l’institution, Oh là ! là ! Impossible !

Admin : Pour vous la réflexion économique est-elle en panne ?

DD : Elle est détournée de son rôle. Les grandes questions du temps ne sont pas traitées. Pourquoi les grandes récessions ont-elles été si nombreuses et si graves, ruinant la croissance globale et entraînant des conséquences désastreuses ? Pourquoi l’Europe a-t-elle vu sa croissance très affaiblie par rapport à celle des États-Unis et du reste du monde ? Comment la France est-elle tombée si bas dans tant de domaines ? Qu’elle est l’explication de la stagnation connue par les classes moyennes des pays développés ? Comment s’explique la perte massive et potentiellement catastrophique de la natalité ? Quelles sont les conséquences économiques, sociales et fiscales d’un vieillissement massif ? La régionalisation a-t-elle entraîné des conséquences économiques et si oui lesquelles ? Le modèle médical français de gratuité totale contrôlé par la bureaucratie est-il tenable ? La « réindustrialisation » est-elle possible en France ? Quel est l’impact économique des calendriers de décarbonation prévus par Timmermans ?

Les sujets ne manquent pas. Et, à la place, on trouve de merveilleuses analyses strictement sans intérêt mais portées par la mode par exemple sur le rôle de femmes inconnues dans la pensée économique au XVIIIe siècle, ou sur la merveilleuse capacité des fonds gérés par des femmes de sortir de plus gros bénéfices, ou encore sur la manière de contraindre les entreprises à prouver qu’elles multiplient les actes de vertu sous menaces terribles. On doit se contenter d’ « études »  qui veulent prouver qu’on n’aurait très bien pu de pas connaître l’essor de la voiture, cette invention du diable et qu’on peut donc l’abandonner sans difficulté. Ces études du type « si ma tante en avait » se sont multipliées. Jamais on n’a autant parlé du bien commun ou de la beauté de moins consommer. On explique que la dette c’est formidable et qu’on peut y aller encore et encore. Que des fonds de dettes européennes doivent tout financer est l’idée du moment des « économistes de plateau » qui sont à peu près aussi bons que les médecins de plateau pendant la crise du Covid. Comment rembourse -t-on ? Personne ne sait mais ce n’est pas grave.

Des prétendus économistes viennent amuser la galerie avec des commentaires toujours politiquement corrects. L’Europe c’est formidable ! La dépense publique c’est formidable ! La gratuité de la vie de la naissance à la mort c’est formidable ! L’immigration de masse c’est formidable ! L’absence de naissances n’est pas un problème ! La dette c’est formidable ! Les propriétaires sont des salauds et on peut encore taper dessus ! La crise immobilière c’est formidable ! "Enfin"  s’est écrié un de nos grands journalistes "les prix immobiliers baissent"! Que nous soyons le pays le plus fiscalisé au monde, n’a aucune importance ! Il faut savoir la société que nous voulons, etc.

Admin : vous dénoncez le détournement  de la réflexion économique au profit de l’accompagnement politicien ?

DD : Politicien ou idéologique. Pendant ces quatre années où,  en pleine Guerre de Quarante des travaux menés par les meilleurs économistes ont essayé de dégager ce que seraient les institutions permettant de ne pas revenir aux crises de l’avant-guerre, la réflexion économique a été très intense et centrée sur l’essentiel. Cela a donné les accords de Bretton Woods et les Trente Glorieuses. Aujourd’hui on est plutôt dans la « cancel economy », avec apologie des marchés administratifs subventionnés par la dette et la défense de la vertu des impôts symboliques sur les riches, ou l'exaltation  de la beauté des chèques déversées en période électorale. Si vous être un jeune chercheur économique vous n’aurez aucune subvention des instances internationales, nationales et surtout européennes si vous n’incluez pas dans le projet le maximum de préoccupations woke et écologistes. Si vous déposez un projet d’étude présenté ainsi : « comment les femmes ont sauvé l’économie françaises pendant les trente glorieuses », vous pouvez demander 250.000 euros à l’Union Européenne. Vous peuplerez ensuite tous les plateaux en France en Europe et dans le monde. La gloire !

Admin : La France a eu longtemps de formidables économistes des Physiocrates à Maurice Allais. Vous pensez la race éteinte ?

DD : Que ce soit Alfred Sauvy ou Maurice Allais, les deux derniers grands, ils étaient décidés à alerter sur les conséquences graves des erreurs économiques parfois contre leur camp politique. Sauvy s’est battu des décennies contre la volonté idiote de la gauche de réduire constamment la durée de travail. On a eu après sa mort,  les 35 heures et le dévissage économique immédiat de la France. Jospin était plus préoccupé d’égaler Jaurès et Blum et de supplanter Mitterrand dans la démagogie pour entrer dans le Panthéon socialiste que d’évaluer les conséquences. Maurice Allais a tout dit sur le risque de l’entrée de la Chine dans l’OMC et la mauvaise organisation autour des changes flottants et de l’Euro. Ils ont été tous les deux marginalisés et tenus à distance.

Ce destin n’a pas été encourageant pour les générations suivantes. Elles ont préféré faire leurs études aux Etats-Unis et épouser le Wokisme. On a essayé de monter au pinacle tel ou telle. On voit aujourd’hui que leur contribution réelle à l’observation des faits, à leur compréhension correcte et à la formulation de mesures économiques utiles a été nulle.

Admin : La réalité est en train de prendre sa revanche avec le constat d’un taux de déficit public de 5,5% du PIB très au-delà des annonces du budget formalisé il y a à peine trois mois.  Ne pensez-vous pas que cela permettra de revenir à plus de vérité ?

DD : On ne peut plus croire à la pédagogie de la réalité. Dans le cadre totalement fictif du discours politique constant, alors que les médias ne font plus véritablement leur travail et acceptent de participer à la construction d’un habillage totalement insincère de la réalité, les accidents impossibles à gommer sont des occasions d'inculper des méchants dont l’attitude a tout gâché. Le résultat : on voit sur une chaine publique Ségolène Royal et Alain Duhamel s’accorder sur la nécessité de « taxer les riches » pour donner de la consistance au symbole de l’égalitarisme français, fondamental ! Aucune des causes réelles du dérapage n’est discutée. Il faut simplement se raccrocher aux éléments de langage fondamentaux. On va augmenter les impôts tout en disant qu’on ne les augmente pas. Et tout le monde politique est en vérité complice. L’insincérité n’est pas propre à la procédure budgétaire. Elle est partagée et générale, et tout le monde sait à quoi s’en tenir. Et depuis longtemps. On va parler demain de la réduction des transports en taxis gratuits pour raison médicale. C’était l’objet du premier article de ce blog en juin 2008 ! Plus cela change plus c’est la même chose.

Admin : quels objectifs donnez-vous au Cercle des économistes e-toile dans un tel contexte ?

DD : Il n’a pas changé depuis le début de ce siècle. Observer la réalité sans fards et surtout celle qui est gommée dans les médias publics. Pensez au drame démographique qui n’est parvenu dans les médias qu’il y a deux ans, alors que tout était visible depuis des lustres. Nous voulons proposer des analyses utiles même si elles sont à contre-courant de ce que les médias « main stream » veulent bien écrire. S’il faut pour cela dénoncer des courants d’opinions délétères, ne pas hésiter ! Aujourd’hui l’économie est en danger. L’économie française a été tellement saccagée qu’on commence à craindre un effondrement irrattrapable. C’est assez grave pour justifier un ton un peu plus ferme et des échappées sur des affirmations idéologiques et les manières violentes qui leur sont attachées. Et sur la trahison des institutions économiques qui doivent informer les Français. Regardez comment l’INSEE présente l’évolution du PIB en 2023 : « Le PIB reste stable au quatrième trimestre 2023. En moyenne en 2023, il augmente de 0,9 % ».

Le Français ignorant croira que la France est en croissance, certes faible mais stable. Ce n’est pas terrible mais ce n’est pas catastrophique. Le titre du communiqué est un « élément de langage » En vérité la croissance en mode chiffrage officiel est nulle depuis juillet 2023. 0 %. Si on tenait compte de l’inflation selon le mode de calcul allemand nous aurions deux trimestres de baisse du PIB et nous serions donc en récession. Si on s’en tient au PIB marchand là nous avons une récession, mais peersonne n'en parlera. Le PIB contient la dépense publique des fonctionnaires, en hausse, ce que personne ne rappelle. Les salaires publics ont été fortement augmentés. Les effectifs publics aussi. Le PIB en a été augmenté, sans aucune offre de biens et de services de plus. L’Insee devrait le rappeler. Si on ne tient pas compte de ces mesures administratives et démagogiques qui n'ont créé aucun bien ou service supplémentaire, nous sommes bien récession et le premier trimestre va être encore extrêmement mauvais. Le point conjoncturel de l’INSEE en début février expliquait que le reflux de l’inflation permettrait une croissance plus soutenue : « la désinflation se confirme en effet (+3,1 % en janvier ; +2,6 % attendus en juin), ce qui soutiendrait le pouvoir d’achat des ménages. Leur confiance s’améliore progressivement et la consommation serait le principal moteur de l’activité au premier semestre 2024. La croissance du PIB serait toutefois modérée (+0,2 % par trimestre) ».

Pas un mot sur l’effondrement du secteur du logement, du drame agricole, de l’obligation de calmer la dette etc. La confiance des entreprises, elle, s’effondre, Comment relire ce communiqué aujourd’hui après l’annonce aujourd’hui d’un plan d’austérité ? Il date du 7 février, à peine plus d’un mois. Oui l’INSEE trahit sa mission et tout le monde s’en moque. Comme l’INED, comme l’Université…

Le travail de vérité reste absolument crucial en France, en Europe et en Occident. Nous continuerons à nous placer dans cette perspective. Quitte à bousculer de temps à autres les idéologies délétères qui se sont emparées de l’opinion publique.

La semaine de la honte - A conserver pour ceux qui feront un jour l'histoire de la période

La semaine du 7 au 14 mars restera comme un des moments les plus significatifs de l’état catastrophique de notre vie politique. Comme un vol de corbeaux sur la morne plaine, on a vu les anges de la mort sortir de leur grotte putride pour croasser leur envie de destruction généralisée de la société humaniste construite en Europe pendant des décennies.

Récapitulons :

1. Des trafiquants de drogue se sont affrontés à la kalachnikov pendant plus d’une heure dans une ville moyenne de France. On parle de « mexicanisation » de la France soumise désormais aux cartels. La kalachnikov était annoncée partout dans les banlieues islamisées. Elle est là associée au trafic de drogue qui est désormais en place partout et s’avère de moins en moins contrôlable.

Peu de temps avant, les officiels de l’interdiction de condamner ont enterré leur chef, M. Badinter qui a mené la lutte sous Mitterrand pour l’interdiction de condamner les délinquants sérieusement. Dès les premières mesures de ce ministre de l’absence de justice, car l’insécurité est le premier déni de la justice due aux citoyens, on a appelé les criminels récidivistes des « Badinter ». Depuis les premières lois cherchant à limiter de la répression pénale, il y a cinquante ans, plus de 50 000 personnes ont été assassinées en France. Dans les dix années qui viennent de se passer plus de 500 000 personnes ont été agressés au couteau ! L’impunité de facto de bien des délits et des crimes est acquise Quelques jours avant l’écriture de ces lignes une seconde dame âgée s’est vue dépouillée de ces colliers par un grand noir immigré clandestin et prétendument mineur isolé entraîné à ce genre de lâcheté, dans un recoin de l’immeuble de l’auteur de ces lignes. On a interdit d’interdire l’entrée frauduleuse sur notre sol et la condamnation sévère des faux enfants. Rien n’est plus pressé que d’enterrer Badinter en grande pompe au Panthéon. On prétend que la justice est saturée, mais par quoi l’est-elle ? On a permis l’appel pour les cours d’assises. Deux procès au lieu d’un. Il suffit de revenir à la règle ancienne et aussitôt on double la capacité à traiter les dossiers les plus graves. Aucun bilan positif n’a été tiré du doublement du procès d’assises qui n’est souhaité que par les avocats pénalistes pour des raisons de pognon La procédure pénale a été constamment alourdie. Les procédures de contrôles ont été constamment compliquées laissant aux délinquants une paix que n’ont pas connue leurs victimes. Non à la répression cela veut dire concrètement oui au crime.

La diablerie est de constater la catastrophe sécuritaire et d’en honorer les causes.

2. Pendant des années les enseignants politisés ou syndicalisés ont refusé les locaux d’enseignement « caserne », et ont déclaré ne pas vouloir jouer le rôle de flics. Ils se sont battus pour avoir des enfants d’interdits de séjour dans leur classe. Vive l’immigration heureuse, était leur slogan. Un second enseignant a été massacré par les fausses victimes que les syndicats de l’Éducation nationale ne cessent de défendre. Et voilà que dans la semaine sort un sondage qui démontre que « les enseignants ont majoritairement peur » et se taisent devant l’islamisme. Les matamores de la non-répression se taisent et tremblent. Au passage la grande presse oublie de signaler que la corporation des enseignants s’est fortement féminisée et qu’elle se trouve totalement dépassée par la violence de certains élèves noirs de 1m90 et de 18 ans en 3e et qui ne savent rien d’autre que de mettre le bazar dans les cours, pas plus qu’elles ne peuvent maîtriser l’entrisme islamique de filles arabes sûres d’elles-mêmes qui veulent faire plier l’institution.

La diablerie ici est toujours de la même espèce : se plaindre des conséquences des propres conceptions défendues par les syndicats qui cogèrent malheureusement l’Éducation nationale. La gauche triomphante dans l’Éducation nationale sombre dans l’islamo gauchisme et le wokisme, comme substitut au socialisme révolutionnaire et massacre l’institution. L’affaire de Sciences-po où l’antisémitisme est devenu la base de l’action des militants étudiants avec la complicité du corps enseignant désormais purement universitaire montre l’ampleur de la putréfaction de la situation. Le plus démoniaque dans l’affaire est de voir la confluence du wokisme importé de l’Amérique vilipendée naguère et de la sottise anticapitaliste primaire des milieux universitaires.

3. On vient de vivre une grande liesse féministe avec fête de l’avortement, et glorification de la constitutionnalisation du droit de la seule femme sur son corps. Emmanuel Macron en avait déjà rajouté en permettant l’avortement sans condition jusqu’à 14 mois et même jusqu’au dernier mois si besoin était. L’ennui est que plus aucun médecin ne trouve agréable d’être obligé à écraser la tête formée d’un fœtus. Une petite boule de cellules d’accord mais un corps quasi constitué, là c’est dur. Si on appliquait le ratio naissances/population de 1970 à la population d’aujourd’hui on verrait qu’il nous manque 500 000 naissances. 220 000 avortements par an viennent consolider le travail des agences publiques pour empêcher les naissances. L’enfantement est diabolisé par les mouvements féministes et wokistes.

L’ennui est que tout le système social mis en place à la Libération, appuyé sur le baby-Boom, est détruit par l’absence de naissance et le vieillissement de la population.

Les mêmes qui veulent travailler moins et vivre plus longtemps des versements « des autres » se retrouvent sans moyen pour le faire. La diablerie est une fois plus dans le fait qu’une partie délirante et braillarde de la population défend la cause dont elle dénonce les conséquences.

4. Et voilà que sur fond de suicide démographique, M. Macron cède à des associations désireuses d’obtenir que la volonté de suicide soit encouragée et assistée par le corps médical. Le serment d’Hippocrate ? Oublié. Une viellerie. Le médecin doit être l’auxiliaire de la volonté individuelle de vivre ou de mourir. La mort remboursée par la sécurité sociale devient une vertu qu’il faut défendre avec détermination, sauf à être rétrograde.

5. La même semaine une humoriste réalise un dessein qui ridiculise les islamistes sur fond de ramadan et de catastrophe humanitaire à Gaza. Aussitôt une Fatwa est lancée avec demande de mort. Revoici Charlie Hebdo. Réaction politique : aucune. Qu’elle meurt mais en silence ! On fera une journée blanche pour honorer son cadavre.

6. Il fallait évidemment ajouter un peu de dislocation de l’unité française pour rendre cette semaine pleinement représentative de l’esprit des dirigeants actuels du pays et de ses soutiens. La Corse va sortir du cadre de la république et aura un statut à part avec la possibilité de voter des lois spécifiques. Terminée, l’unité républicaine ! Aussitôt la Bretagne a exigé le même statut. Tous les autres régionalismes violents vont enchaîner. Les vautours sinistres qui tournent autour de la France dépecée, quasiment tous des mafieux qui veulent capter la rente immobilière, ont gagné.

7. La France a été longtemps la championne de la liberté de penser, d’écrire, de s’exprimer. Pour cela elle a fait taire l’Eglise catholique et a mis fin à la royauté. Et voilà qu’après avoir lourdement entravé la liberté de parole avec le concept de haine dans le discours public qui permet à tout juge un peu rouge sur les bords de condamner toute critique de l’islam ou de l’immigration, on veut imposer la pénalisation des « discours de haine » dans le domaine privé. Ce dispositif exige que la délation devienne le ferment de la vertu !

8. On savait que le Parlement européen avait voté un vœu visant à l’extension générale de l’accès à l’union Européenne à tous les pays de la zone balkanique qui ne le sont pas encore, y compris la Géorgie et l’Ukraine, mais aussi le passage à un régime de fédéralisme absolu ou pratiquement tout devient ou une prérogative unique ou une prérogative partagée de la Commission devenue gouvernement de l’Europe de facto sinon dans les termes. Les nations anciennes deviennent de simples espaces territoriaux, éclatés en régions, chargés d’appliquer des ordonnances toutes votées à la majorité. Fini, l’influence des dirigeants s nationaux. C’est simplement la mort de la France historique. Un détail de l’histoire !

9. On sait que l’anomie est une des dimensions de la personnalité du président actuel de la République française. Emmanuel Macron ne considère pas qu’il doit se soumettre à quelques règles que ce soit. Il est lui seul la mesure de ce qu’il doit penser et faire. Depuis le début de sa carrière politique il a voulu créer une scène politique à sa main avec d’un côté une Marine Le Pen diabolisée et lui, Jupiter empêtré, mais sauvant la France du fascisme. Mais Oradour sur Glane et la Shoah ne suffisent apparemment plus, surtout depuis qu’il a refusé de marcher contre l’antisémitisme. Alors il a décidé d’utiliser la guerre d’Ukraine pour faire de son partenaire de jeu le vilain absolu : le complice de Poutine. L’instrumentalisation de la guerre à des fins partisanes a changé de méthode mais aussi de nature. Voilà la France qui annonce que s’il le faut ses troupes interviendront au sol ! Une dinguerie qui l’entraîne dans un parcours interne nauséeux et une aventure diplomatique oiseuse. Mettre la France en danger militaire pour un calcul politicien, qui l’eut cru possible ?

Guerre, avortement, suicide, démantèlement national interne, démantèlement national européiste, destruction de l’école, islamisation, emprise de la drogue et des bandes armées…

Quelle belle semaine !

Inutile d’ajouter que la faillite financière de l’état, l’effondrement de la construction et du logement, la remontée du chômage dans une perspective de récession, les déficits intérieurs et extérieurs abyssaux, la dette phénoménale, la volonté de trouver encore et encore par tout moyen des recettes nouvelles alors que la France est le pays le plus pressuré du monde viennent créer une ambiance délicieuse.

De toutes ces horreurs, M. Macron est le pivot, heureux de paraître important. Tenir, enjamber une fois de plus des élections, gouverner sans majorité par la manigance. Et tant pis pour le pays.

Oui nous venons bien de vivre une nouvelle « semaine de la honte ». Quand certains se pencheront sur la période, ils auront la nausée et ne comprendront pas. Comment la France a-t-elle accepté de tomber si bas ? Pourquoi les Français ne se sont-ils pas opposés au suicide de la France avec l’assistance insistante de ce Monsieur Macron ?

Quand les Français se réveilleront-ils et quand décideront-ils enfin de liquider cette triplette enlacée Le Pen – Macron - Mélenchon qui représente plus de 52 % de l’électorat et qui est le malheur du pays ?

 

Démographie : le carnaval des hypocrites

Sur ce blog, nous n’avons jamais eu aucune réticence à honorer nos maîtres à penser. En matière de démographie, le maître c’est Alfred Sauvy, complètement oublié aujourd’hui. Homme de gauche, il avait entrepris d’alerter les gouvernements d’avant-guerre, notamment celui de Blum, contre des idées fausses et des erreurs. Parmi celles-ci, l’abandon des idées natalistes. Mai 1968 a vu le commencement de la fin de son aura politique. Il sera totalement marginalisé sous Giscard et quasiment rejeté sous Mitterrand.

La pilule, la facilitation du divorce, l’avortement et l’assistance par le planning familial à la non-fertilité, le pacs, puis le mariage homosexuel, la réduction des allocations familiales, et enfin la constitutionnalisation de l’avortement comme manifestation de la grandeur de la République avec moult fêtes sont les étapes du chemin de croix démographique de la France.

Pratiquement de 1981 à 2023 la question démographique a disparu des radars. Nous-mêmes avons repris le flambeau de Sauvy dès 1997 sur le forum du Monde puis sur ce blog. Nous avons été les seuls à avertir que le drame démographique ne couvait pas mais se développait. Nous avons envoyé de multiples propositions d’articles sur ce thème à de nombreux journaux ou revues. Silence !

La baisse de population au Japon et en Chine n’a jamais été vraiment commentée. La querelle migratoire a certes été basée sur le constat d’un « grand remplacement ». Mais c’était surtout pour condamner une immigration musulmane de masse. On constatait que partout en Europe, notamment en Russie, en Hongrie, en Italie, la dénatalité était flagrante. Mais sans cesse on ajoutait : en France cela va. En fait cela n’allait que parce que les populations immigrées ont conservé un temps leurs traditions de naissance abondante.

Dès les années soixante-dix l’INED a décidé de trahir sa mission en accompagnant la réclamation féministe de voir « le ventre de la femme dégagé de toute responsabilité collective ». Le mantra : tout va bien. Michel Debré était affublé d’un entonnoir sur la tête dès qu’il parlait de natalité. L’idée même pour un homme politique de parler de natalité est devenue « ringarde » et moquée, avec évacuation immédiate des médias et perte rapide d’influence dans son parti avant marginalisation.

Et voilà que la réalité nous rattrape. Les morts sont presque aussi nombreux que les naissances. Le spectre de la baisse de population rôde. En fait la population proprement française baisse depuis le début du siècle. Si 50 % des naissances sont d’origine immigrée et 95 % des décès d’origine traditionnelle française, on voit bien que la baisse de la population proprement française est de plus de 250 000 personnes chaque année. Et ne parlons pas du vieillissement.

La réponse a été l’immigration de masse. À l’ENA l’idée obligatoire était qu’il fallait une population en hausse et donc une forte immigration. Si on appliquait le taux de naissances de 1970 aujourd’hui, on aurait 500 000 naissances de plus. Donc il faut 500 000 immigrés de plus chaque année.

Dès les années 2000 il était impossible de recruter des personnes blanches à Paris pour tous les emplois n’exigeant pas de diplômes de haut niveau. Il était parfaitement inutile de promouvoir la diversité, elle était obligatoire. En fait il s’est agi simplement de la rendre acceptable.

La Chine et le Japon qui avaient choisi la dénatalité ont découvert progressivement l’horreur de la situation. Au début tout va bien : le capital par tête augmente sans effort. Mais bientôt, c’est la catastrophe. Quand vous perdez 1 puis 2 puis 5 millions de personnes, que faire du parc d’immeubles correspondant à la population d’avant ? Vous ne pouvez plus l’entretenir. Vous ne pouvez pas le détruire. Alors ? L’industrie avait besoin de bras qui ne sont plus là. Elle est partie s’installer ailleurs. L’Etat s’est retrouvé à cours de ressources. Alors l’emprunt a commencé à grimper au point de devenir une charge insupportable. Reviennent à la surface tous les avertissements d’Alfred Sauvy : la dénatalité fait des ravages. Finie la retraite par répartition avec départ à 60 ans ! Finie l’armée de conscription. Fini le dynamisme agricole et industriel. Finie la croissance. Finie aussi la gratuité médicale et plus généralement la gratuité de la vie. Il n’y a plus assez d’actifs pour financer.

On dira : l’immigration est la solution. Sauf s’il s’agit d’une immigration de peuplement et d’assistanat surtout intéressée par la gratuité de la vie assurée par l’Etat. Si le seul fait de mettre le pied sur le sol français signifie le droit gratuit au logement, à l’école, à la santé, à la retraite sans cotisation par regroupement familial, les allocations diverses et le droit d’être payé indéfiniment à ne rien faire, l’immigration devient plus un nouveau poids qu’une solution. Le changement de population a d’autres inconvénients sur lesquels nous ne reviendrons pas en détail ici mais qui forme l’essentiel de l’actualité (destruction de l’école, embolisation de tous les circuits sociaux, délinquances).

Aujourd’hui les inconvénients de la dénatalité commencent à être actés. Le fait n’est plus tabou. Mais on s’emploie à ce que le phénomène ne soit pas compris ni ses causes objectivées.

La dénatalité serait le fruit non désiré de la croissance. Sortir de la pauvreté implique la dénatalité. L’évolution de la richesse moyenne du pays dirige la courbe des naissances. Un bien serait la cause du mal. Doit-on en conclure qu’une baisse de revenu projetterait le taux de natalité vers le haut ? Heu ! Heu !

La dénatalité serait le fait du vieillissement. Comme on est obligé de financer des masses de petits vieux inactifs qui coûtent un pognon de dingue, on ne peut pas payer pour les enfants !

La dénatalité serait le fruit de la hausse immobilière. Comme on ne peut plus se loger, on ne fait plus d’enfants ! C’est la banque centrale et la spéculation qu’il faut incriminer.

Emmanuel Macron, toujours le premier lorsqu’il s’agit de dire des sottises de détail, a expliqué que le spermatozoïde national avait tendance à perdre de son dynamisme et qu’il allait arranger cela. Évidemment, plus on retarde l’âge d’avoir des enfants plus il est difficile d’en avoir. On attend toujours les actions d’accélération du spermatozoïde. Le Guignol est parti sur autre chose : la guerre à la Russie ! La Russie a quelque mal à trouver des troupes pour doter son armée et son industrie de guerre, du fait d’une dénatalité massive. Elle sacrifie sa jeunesse par centaines de milliers en Ukraine. La suite sera problématique.

La vérité est toute simple : le féminisme a incriminé la fonction de l’enfantement. La femme est un homme comme les autres et n’a pas à s’occuper d’enfanter et de régner sur le gynécée, une activité débilitante. Mme Badinter a souligné très tôt dans les années soixante-dix que le sentiment maternel était une fiction construite par la société des mâles dominants. La naissance n’était plus une fonction sociale mais un acte individuel que la femme sans l’avis du géniteur peut interrompre à sa guise, au frais de la collectivité bien sûr. Individualisme forcené de la décision, mais collectivisme du financement.

La volonté de mettre fin à la société bourgeoise encadrée par l’Eglise, qui avait fait de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus le cœur de son message, a tout balayé. Plus de mariage pour la vie, plus de responsabilité ! On baise et on avorte ! 220 000 avortements par an en France. Une ville comme Paris anéantie tous les dix ans. Formidable !

L’Insee en 2013 osait annoncer une baisse drastique de la nuptialité. Pour la première fois le nombre des mariages baissait alors que la population était en hausse. Il y avait eu 231 000 mariages seulement. Aujourd’hui avec plusieurs millions d’habitants de plus par l’immigration, le nombre de mariage est de 221 000, dont beaucoup de remariages après divorce. En net, moins de 150 000 mariages ! L’institution du mariage a été désacralisée puis tuée à petit feu. Elle était protectrice du foyer. On a abaissé la protection familiale, baissé les allocations, réduit le quotient familial. On a dit à la femme, tu veux être un homme comme les autres, alors on ne protège plus ta fonction reproductrice !

Aujourd’hui le féminisme s’attache à attaquer l’homme, agresseur permanent et violeur, et l’enfantement, une « dictature » selon les termes d’un livre récent. L’écologisme foldingue invite les femmes à ne plus faire d’enfants, car ils seront pollueurs et tueurs de la terre. On veut faciliter le suicide payé par la collectivité.

Lorsqu’on met en cause ces doctrines suicidaires en débat, les « femmes raisonnables » indiquent qu’elles voudraient bien faire des enfants mais que c’est trop cher, que le gynécée écarte du bureau, etc. La richesse était la cause de la dénatalité et voilà que l’absence de richesse en est aussi la cause !

La vérité est plus simple : la sacralisation de l’avortement et la désacralisation du mariage ont été voulues par les mouvements féministes et elles ont trouvé une clientèle. La femme au foyer a été ridiculisée dès les années 70. Les réseaux de femmes au foyer qui tissaient la vie sociale du pays et permettait l’unité des générations et la vie ensemble des hommes et des femmes a été détruite. Infidélité et pornographie sont devenues le fondement de la (dé)civilisation.

La dénatalité a certainement un fondement économique partiel mais c’est l’idéologie dominante féministe qui est la cause principale. Le ministère de la femme et l’idéologie des droits spécifiques et individualistes de la femme ont tué la natalité.

Ce matin France Info ne parlait que de féminicides, de Tarik ramadan et la réduction du nombre de ses viols punissables, des discours de dénonciation des réalisateurs et des acteurs mâles du cinéma français. C’est la journée de la femme. Puiss-t-elle se souvenir qu’avant d’être femme elle a été enfant et oui : elle est née.

La lutte féministe est relancée par la constitutionnalisation du droit à avorter quand on veut et si on veut, aux frais de la collectivité.

En même temps on soulignait qu’on allait indemniser les victimes de la répression homosexuelle de 1941 ! Pour les élections municipales parisiennes, il n’y aura pas moins de six candidats homosexuels. Le noyau dur du nouveau gouvernement Macron est également homosexuel. Il est sûr que la question de l’enfantement est au cœur battant de leur réflexion.

C’est sûr : la chute des naissances, c’est le capitalisme ! Rien à voir avec quelque idéologie que ce soit…

 

La « société durable » : le nouveau masque de l’anticapitalisme primaire

Depuis mai 1968 on sait qu’il y a une composante « révolution culturelle » dans la gauche internationale. On la croyait disparue depuis que l’horreur des crimes des Khmers Rouges a été jugée génocidaire, comme, enfin, les atrocités commises par Lénine, Trotski et Staline, notamment en Ukraine. La reconnaissance désormais générale des massacres ahurissants qui ont accompagné le règne de Mao a laissé le maoïsme en lambeaux. Bien sûr certains se flattaient, encore récemment, fume cigarette à la main, d’avoir fourni des petites occidentales blondes au Grand Timonier. Et de glousser ! Mais l’effondrement plus général du communisme avec la fin de l’URSS n’a pas arrangé les choses. La pulsion de destruction de la société existante pour une utopie motivante pour les assassins de masse ne trouvait plus trop à s’employer.

On l’a vu un peu renaître avec le culte de l’ignoble Prachandra ou les horreurs des Farc, un temps sacralisés par le journal le Monde. Mais même ces rigoles de crimes abjects ont fini par lasser à l’extrême gauche et dans les milieux germanopratins. L’Europe de l’élimination du « bourgeois » est encalminée, trouvant un bien faible refuge dans la culture subventionnée.

Aux États-Unis, la radicalité a toujours été plus forte qu’en Europe. Depuis le maccarthysme, il n’y a plus eu de parti Communiste. En Europe, il fixait la limite à ne pas trop dépasser. On savait quand on entrait dans l’ignoble et dans le crime. On faisait semblant de croire que la parole mensongère de Jean-Paul Sartre, entre deux masturbations au premier rang du cinéma porno de la rue Delambre, avait une valeur quelconque et lui-même faisait semblant de croire que l’URSS était un bienfait. Un temps étrange.

Rien de tel aux États-Unis. L’inspiration n’est pas socialiste. Les militants poursuivent le Bien de façon presque religieuse. La coercition sociale est un moyen habituel comme l’éjection de la société, ce qui n’était pas du tout le cas en Europe où le souvenir des guerres de religion a très longtemps laïcisé et étatisé la contestation. Le bannisement était banni.

La lutte pour la reconnaissance de la responsabilité occidentale de la Shoah y a été un énorme succès. La série télévisée Holocaust a déclenché un véritable tsunami d’émotions. La tragédie des exterminations juives voulues par Hitler, qui dans l’immédiat après-guerre ne pouvait pas être distinguée des massacres et exactions commises sur l’ensemble de la population française, chaque Français ayant une claire conscience des pertes et des souffrances infligées par l’occupant nazi, a été singularisée sous le nom de Shoah. On cessa de parler de « système concentrationnaire » appliqué par les Nazis, le Japon, l’URSS et la Chine à quantités de segments de population. Accompagnée par la production de nombreux films et livres, la Shoah devint le fait le plus important de la seconde guerre mondiale et la responsabilité des populations non juives fut lourdement stigmatisée. Un livre comme celui de Paxton a développé l’idée que l’ensemble des Français, sauf quelques justes, et tous les gouvernements du Maréchal Pétain, s’étaient en quelque sorte lavé les mains du génocide, et que la responsabilité collective était la cause de "l’énormité" des massacres. La communauté juive devenait non pas la victime d’Hitler mais celles des mauvaises pensées antisémites occidentales. L’aspect pénitentiel coIlectif après une telle "complicité" est devenu envahissant. Le devoir de mémoire et de pénitence s’est imposé dans les médias et l’édition, où la Shoah est devenue un compartiment de la production littéraire. Politiquement, en ont résulté des conséquences juridiques dont on voit aujourd’hui qu’elles sont fâcheuses : on a aggravé les peines lorsqu’il s’agissait d’une victime juive ; la « provocation à la haine » est devenue un délit l La contestation de certains faits historiques a été interdite. Ces trois mesures étaient totalement contraires aux principes Républicains d’égalité. Tous les citoyens sont égaux en droit et personne ne l’est un peu plus que les autres. La liberté de parole est considérée comme fondamentale. Le délit de provocation à la haine est contestable. Généralisé il revient à réduire la population au silence. Culpabiliser toute la population française jusqu’à la fin des temps était plus que contestable. La demande d’indemnisation des victimes non plus directes mais de la Communauté juive comme telle plusieurs décennies après la guerre est également totalement exorbitante des règles usuelles. De plus l’enseignement public a été chargé de perpétuer la lutte contre l’antisémitisme en exaltant l’émotion autour de la Shoah. Elle est devenue si dominante dans l’enseignement de l’histoire qu’on verra certains livres scolaires d’histoire consacrer 50 pages à l’extermination des Juifs d’Europe centrale et deux lignes à l’extermination des Koulaks, en insistant qu’ils avaient été la victime d’eux-mêmes, alors que ce dernier massacre a tué près de 10 millions de personnes. Une guerre mémorielle inégale s’est mise en place tournant au combat idéologique, ce qui ne pouvait que nuire à la cause juive à long terme, comme l’a très bien vu Éric Zemmour.

La conséquence la plus nécessaire a été la prise de conscience de la singularité du génocide juif et de l’obligation d’en finir avec un antisémitisme latent notamment dans les milieux catholiques peu favorables au peuple qui avait tué Jésus !

La conséquence la plus problématique a été la création d’un statut de victime officielle avec des protections juridiques    particulières exorbitantes du droit commun et une propagande scolaire envahissante.

Le Wokisme américain, sans limite, va généraliser l’optique victimaire. La conséquence on la voit très clairement :

-          Généralisation des catégories de victimes

-          Réclamation du même statut victimaire que les Juifs : loi contre la haine, recherche active des vilains et exclusion sociale, peines supérieures lorsqu’on s’attaque aux victimes concernées, endoctrinement scolaire et dans les médias publics et actions répétées "politiquement correctes"  en vue de faire tomber les préjugés, indemnisation des « communautés ».

Comme il n’y avait plus d’Hitler, il a fallu culpabiliser quelqu’un : ce sera l’homme blanc hétérosexuel, devenu la cause de tous les malheurs ayant accablé nos nouvelles « victimes ».

Au nom de la lutte contre l’oppression, il fallait opprimer les oppresseurs, et dans l’optique puritaine et plus généralement protestante propre aux Anglo-Saxons surtout aux États-Unis et au Canada, ne pas hésiter à les bannir de tout espoir de survie dans la « communauté des bons et des bienveillants ». Le bannissement social et la ruine ont remplacé le génocide comme instrument de promotion d’une société purifiée. Plus question du slogan « il est interdit d’interdire ». Ceux qui ne veulent pas répéter les vérités sacrées doivent être chassés. On a vu revenir les piloris maoïstes mais sans arrachage des yeux. Les déchaînements ad hominem veulent la mort sociale du dissident lynché. Au malheureux de savoir si cette mort sociale doit se traduire par un suicide. Cette forme d’action politique était largement inconcevable pour une certaine gauche française qui voulait bien la révolution mais sans les Sorcières de Salem. Faute de grives on prend des merles. Et faute de Marx et Lénine, il lui a bien fallu se satisfaire de Savonarole.

Curieusement, la réclamation écologique, basée sur la déification d’une nouvelle victime, la nature sacralisée, dont l’homme prédateur est exclu, est venue s’ajouter à la liste des combats contre les vilains.

Là aussi on retrouve une culpabilisation larvée de tout le monde, dont on ne peut se laver qu’en devenant un adepte sectaire luttant contre le capitalisme prédateur. L’homme est coupable au tribunal des oiseaux, des insectes, des gros mammifères, des poissons. Honte à lui qui signe en plus son suicide en tuant le vivant !

Apparaît aujourd’hui un nouveau concept qui permet d’unir toutes les réclamations anticapitalistes mais sans les massacres. Une forme de stalino-mao-centrisme ! Il permet de crier à nouveau : « tous, tous, tous ensemble contre le capitalisme » et pour une nouvelle société mythique : la société durable.

Ah ! ce merveilleux concept de « société durable » qui fait tomber toutes les oppositions et ouvre à nouveau de belles perspectives soviétiques ! Le capitalisme étant infect et destructeur, il ne peut pas durer. Donc il faut le remplacer. C.Q.F.D. ! La destruction du capitalisme devient à nouveau le moyen de construire la cité radieuse, car seule la cité radieuse peut durer. Et comme tout le monde se mobilise pour le durable afin de sauver l’espèce et le monde vivant, les petits oiseaux et les éoliennes deviennent le moyen d’adhésion de masse aux moyens les plus brutaux de chirurgie sociale, sans même avoir à invoquer Marx, Lénine, Mme Ceaucescu, Che Gevara ou quiconque. Seulement l’abbé Pierre,Coluche et Angela Davis.

Pour ne pas reprendre la terminologie un peu usée du gauchisme, un nouveau vocabulaire s’élabore, autour du terme de transition, remplaçant celui de révolution. La révolution c’est violent. La transition c’est gentil. Gentil mais indispensable. La nouvelle doctrine propose un nombre presque infini de transitions, au nom desquelles on peut tout détruire progressivement par la brutalité étouffante des lois et par le « shaming » et le « naming ». Adieu les libertés et la propriété au nom d’un bien supérieur ! Tellement supérieur ! Et en prime, il n’est plus nécessaire d’essayer de justifier des massacres effarants. Le must ! Voici donc le révolutionnarisme qui s’empare :

-          De La transition énergétique. Adieu logement et voiture.

-          De la transition démographique : adieu bébés et vive la submersion des immigrés

-          De la transition naturaliste : vive les animaux et au pilori l’homme satanique

-          De la transition multiculturelle : la culture de l’altérité exige qu’on sacrifie la sienne propre

-          De la transition de genre : la question clé devient l’avenir glorieux du transgenre

-          De la transition visant la fin du privilège occidental qui a causé l’esclavage et la colonisation. Ceux-là, c’est-à-dire, nous, cela suffit !

-          De la transition visant l’égalité absolue sans laquelle rien n’est durable : la révolte contre la plus grande richesse de l’autre est légitime car elle compromet l’avenir apaisé de la société.

-          De la transition visant la fin des esprits libres et le respect absolu du « logos transitionnel ». À quoi sert la liberté de penser si elle n’est pas asservie au bien commun et compromet la durabilité de la société magique ? Une antique question posée depuis le début des religions.

-          De la transition visant la fin de la propriété qui aliène le bien commun. Il faut en finir avec la passion d’avoir. Avoir c’est se saisir d’une partie de la nature et du bien commun pour de viles satisfactions individuelles.

-          De la transition visant la fin des nations et le nationalisme qui aliène les peuples, du moins en Occident. Ailleurs, on s’en fout ! Même si des dictatures nous menacent.

 Toutes ces transitions sont l’occasion de remettre au goût du jour des recettes bien connues du bloc soviétique, le tout aligoté avec des pratiques bureaucratiques bien de chez nous. Surtout elles permettent de faire croire à tout sympathisant de l’une ou l’autre de ces transitions qu’il faut voter pour une coalition mêlant toutes les formes actuelles de luttes LGBT, wokiste, avec en prime le reliquat du socialisme et des partisans de l'action violente pour la nature.

On retrouve toutes les dimensions du slogan « du passé faisons table rase », mais par une transition, pas par une révolution. On retombe dans une société de la religiosité et du catéchisme. Les grenouilles de bénitiers médiatiques sont devenues harceleuses de réseaux sociaux. La théologie de révolution cède la place à une théologie de la transition.

La transition vers le meilleur des mondes se drape dans les oripeaux idéologiques de la marche vers la « société durable » !

En vérité, c’est un pur suicide mais assisté par les bons sentiments et dans la joie et la bienveillance active. Le Dieu Baal n’a qu’à bien se tenir.

La décroissance n’a pas de fin heureuse, la dépopulation n’a pas de fin heureuse, la jachère agricole ne porte aucun espoir, l’égalitarisme dans la pauvreté,  on a vu le résultat dans le bloc soviétique, la démoralisation des hommes et leur avilissement ne mènent pas aux lendemains qui chantent, la baisse de l’influence occidentale ne mène pas à la paix, la perte du droit de propriété permet de tuer la liberté, et les génuflexions devant l’islamisme ne sauraient en changer la nature. La coercition sociale est une horreur et le retour des tribunaux de la pensée n’ouvre pas sur un avenir radieux.

La « société durable », telle qu’elle sert de devanture aux mouvements anti bourgeois et anti capitaliste, est l’exemple d’oxymore le plus pur. La « société durable » c’est le nouvel « habit neuf des héritiers du président Mao ».

L’aspect auto régressif de ce système de pensée est prouvé par le retour de bâton qui touche la Shoah. L’invraisemblable crime contre l’humanité commis par le Hamas le 7 octobre 2023 a été classé en acte de résistance par les militants Woke des universités américaines comme par la Nupes mélenchonienne. Un nouvel antisémitisme massif est sorti du Wokisme exigeant qu’on libère un nouveau peuple martyr de substitution, le peuple palestinien. L’islam est violent et le statut de dhimmi n’est peut-être pas le plus joyeux ? Qu’importe ! L’Oumma veut soumettre l’ensemble du monde ? Qu’importe ! Le mouvement victimaire se retourne contre lui-même et glorifie le bourreau à la tronçonneuse qui découpe des enfants et envoie la vidéo à ses parents pour passer un moment festif exceptionnel !"Bravo mon fils, comme tu découpes bien" !

Plus d’enfants, plus d’amour, plus de prospérité, plus de croissance, plus de culture, plus d’histoire, plus de futur… La « cancel culture » a mis tous les vautours noirs ou rouges d’accord. Sur la table rase, ne construisons plus rien. Le meilleur des mondes, la société durable, c’est la mort de l’humanité ravageuse, cette singularité anti naturelle et maudite depuis toujours. Cette idéologie suicidaire entend dépasser les gouvernements et s’imposer par l’intermédiaire d’organisations internationales occidentales ; ONU, Union Européenne, l’OMS, le GIEC doivent l’emporter sur les États, survivance du passé honteux de l’humanité.

Pour les esprits libres et les défenseurs de la trajectoire majestueuse de l’humanité, le temps de la bataille pour les libertés, pour les progrès dans tous les domaines et pour la prospérité, individuelle et collective, revient. Elle passe par une remise en cause du détournement du concept de « transition » pour contraindre et détruire. La grande urgence est là. La pulsion de destruction de la société existante pour une utopie motivante a retrouvé de l’élan.

La société du râble à qui on fait le coup du lapin n’est pas durable.

Il faut mobiliser contre cette nouvelle pieuvre attentatoire à tout ce qui a fait l’intérêt de la pensée française et de son apport à la civilisation et qui nous mène au néant.

Didier Dufau pour le cercle des économistes e-toile.

Pompes fiscales cachées et fausseté du taux de prélèvement

La France dirigée par « l’énarchie compassionnelle et bienveillante » est la championne du monde des prélèvements. Le haut fonctionnaire qui a pris la main sur le politique se croit investi des mêmes pouvoirs que l’ancienne royauté : arbitrer la société entre les seigneurs et les gueux. Bien sûr, il souhaite pour lui-même dépasser sa condition et cumuler les avantages de sécurité de la fonction publique, les possibilités de notoriété et d’honneur du pouvoir politique et l’argent des parcours aux marges du politique et de l’économique. Avoir épousé une riche héritière est le summum. Sinon, le népotisme suffit à mener une carrière confortable et assurer au ménage des revenus plus que confortables.

Quand on est aussi bien installé dans l’État, l’arbitrage de la société devient une distribution d’argent à tout va et l’art du prélèvement correspondant une seconde nature. Le toujours plus règne et atteint rapidement des sommets car l’endettement permet de dépasser toutes limites. La passion pour l’Euro des hauts fonctionnaires, tient à cette merveille : les excès de dépenses sont découplés de la valeur de la monnaie. C’est ainsi que de Giscard en Chirac, de Balladur en Jospin, de Hollande en Macron, les prélèvements comptés comme tels sont équivalents à 100 % de la valeur ajoutée des entreprises et l’endettement à plus de 3 000 milliards d’euros., soit à peu près deux fois cette même valeur ajoutée des entreprises.

Le plus intéressant dans cette affaire de détournement massif d’argent privé tient à ceci : la somme comptabilisée dans les prélèvements est minorée. Sans que personne n’en fasse état. N’oublions pas que l’Enarchie tient la presse ! On l’a encore vu récemment quand le Conseil d’Etat à fait de la chaîne BFM, 100 % macroniste, la référence de la télévision objective ! Au contraire le pouvoir passe son temps à expliquer qu’il baisse les impôts, alors que les recettes prélevées ne cessent d’enfler.

Donnons un exemple d’imposition cachée qui n’est pas comptabilisée dans les prélèvements publics et atteint des sommes colossales. La construction d’un bâtiment est désormais un exercice fiscal : vous construisez bien pour la cible commerciale que vous visez mais on vous impose de fournir un contingent massif de logements sociaux à prix cassé, si vous voulez avoir le permis de construire. Le promoteur récupère sa marge sur le prix du m2 du marché libre. Ce surcoût est un prélèvement opéré au moment de l’achat, mais il n’est pas prix en compte dans le calcul des prélèvements. Tout investissement un peu important dans une commune est l’occasion d’exiger la prise en compte d’un certain nombre d’aménagements publics.

On demandera le financement de trottoirs, de pistes cyclables, de routes, d’équipements publics etc. Tous ces surcoûts sont des prélèvements. Aucun n’entre dans le chiffre INSEE des prélèvements. Pas plus que nombre de « dépenses contraintes » qui servent uniquement à faire payer par le particulier tel ou tel bout de la dépense publique. Lorsqu’on construit une éolienne, en général inutile et sans rentabilité globale pour le pays, mais pour satisfaire des exigences idéologiques de l’État, ou de l’Union Européenne, la perte de valeur pour les immeubles avoisinants est très forte. Dans bien des cas, le bien ne devient plus vendable. Cette variation de valeur du stock immobilier est un prélèvement qui n’est pas compté dans les statistiques. La perte de valeur des immobilisations industrielles du fait de la délocalisation forcée ou fortement encouragée par les contraintes fiscales et administratives n’est pas plus comptée dans la valeur des prélèvements. La variation de la valeur du capital est une dépense. On apprend cela en première année de comptabilité.

Lorsque par une hystérie bureaucratique vous excluez des centaines de milliers de logements de la location, vous diminuez drastiquement leur valeur. Cette perte en capital est un prélèvement.

Même l’IFRAP qui mène un juste combat pour faire reconnaître des chiffres de dépenses publiques généralement cachés n’a pas encore entrepris d’évaluer l’ampleur de ces prélèvements-là. Il est vrai que la variation de valeur des actifs est plus difficile à comptabiliser que les flux fiscaux monétarisés.

Ces mécanismes s’ajoutent aux effets de la croissance et de l’inflation dans le cadre d’un système de prélèvement globalement progressif. Mécaniquement les flux d’imposition croissent plus vite que le revenu et aggravent la pression fiscale. En toute candeur, ces plus-values devraient être restituées aux contribuables puisqu’elles ne correspondent à aucune logique explicite. Pourquoi la croissance devrait-elle faire croître les recettes de l’état plus vite que le revenu ? Une décision statique de justice fiscale se transforme en vol systémique de la richesse privée par l’État ! Dans le silence quasi général.

Un autre mécanisme de prélèvement particulièrement hypocrite est l’annonce de « suppression d’impôts » qui ne sont en fait que des transferts.

La « suppression de la taxe d’habitation », sommet de démagogie irresponsable, dont se vante M. Macron et qui devrait lui valoir la Haute Cour, revient à faire financer des dépenses qui elles ne sont pas réduites par d’autres que les bénéficiaires des services municipaux. On découple la dépense et son financement, ce qui est évidemment la source de tous les abus. Qui paie ? Évidemment ceux qui paient le plus d’impôts et qui se retrouvent avec une charge supplémentaire. Du socialisme à bas bruit, au nom d’une démagogie de la pire espèce. On a basculé un impôt sur le flux de dépenses municipales en impôts sur le stock, modifiant la valeur du stock. Là encore ce prélèvement n’est pas compté dans la dépense publique.

Une autre pratique énarchique qui consiste à « défiscaliser » et à « décharger » telle ou telle catégorie de revenu, est un simple transfert de charges sur la fiscalité générale. C

Ces derniers temps, le transfert se fait sur la dette. Mais elle n’est qu’un impôt différé. Si ce transfert était constaté en impôts immédiats les sommes apparaîtraient pour ce qu’elles sont : un prélèvement public massif. Il est vrai que cette mesure est devenue obligatoire tant était grotesque le mécanisme d’augmentation forcée du SMIC. Il favorisait plus les collecteurs de cotisations et d’impôts que le salarié lui-même et poussait les coûts du travail si haut, que le résultat était un chômage structurel massif. La transformation du Smig en Smic et la politique démagogique des « coups de pouce » démagogiques, ont tué l’emploi en France. Depuis l’entrée dans l’Euro et l’ouverture à la concurrence mondiale, cette démagogie n’est plus soutenable.

La dépense n’étant pas réduite, on a opéré qu’un transfert de financement et nous avons toujours un chômage structurel massif quoiqu’en disent les thuriféraires du pouvoir énarchique. Le sous-emploi de masses immigrées qui ne peuvent pas trouver à s’employer au coût actuel de l’heure de travail provoque un développement massif de la pauvreté, l’effondrement de notre balance commerciale, l’hystérisation de la dette…

On a pris l’habitude en France de chiffres bidonnés et stérilisés par la caste des hauts fonctionnaires qui ont pris le pouvoir politique et veulent toujours rester le plus longtemps possible masqués. Le grand mensonge démographique commence à s’effilocher : la France avait la plus belle fécondité en Europe. En fait la dénatalité est la même que partout ailleurs à l’effet migratoire près. Le grand mensonge fiscal est de même taille. Le taux de prélèvement en France n’est pas de 47-48 %. Il est très supérieur à 50 % du PIB. Et comme on sait que les coûts de la fonction publique et autres intervenants payés par la dépense publique entrent dans le PIB, à hauteur de 25 %, et plus si on tient compte des marchés purement administratifs, qui correspondent à une dépense forcée, on voit que le ratio par rapport à la richesse effectivement créée par l’économie privée est colossalement supérieur.

Comme nous l’écrivons depuis au moins 1997, si on rapprochait la dépense publique, complétée des parties cachées, de la valeur ajoutée des seules entreprises commerciales françaises, hors finance et entreprises individuelles, on dépasserait largement les 100 %. Ce qui veut dire que l’apparence de revenu est liée totalement à l’endettement massif. Dans un tel système si l’endettement n’est plus possible, le pays meurt d’asphyxie.

Le système imposé par l’Enarchie compassionnelle et bienveillante n’est pas « durable ». Les risques sont très supérieurs à ceux du réchauffement. La tentation actuelle est de piller la valeur patrimoniale accumulée pour survivre encore une minute. C’est un suicide programmé.

La règle d’or des finances publiques devrait être : la dépense publique et les impôts doivent suivre rigoureusement le rythme de la croissance. Pas un sou de plus.

La règle d’or de l’organisation publique devrait être : séparation absolue du monde politique et de la haute fonction publique. Les hauts fonctionnaires sont au service de la politique et ne peuvent capter la politique.

En ces temps où on parle de réforme de la Constitution, voici deux règles constitutionnelles qui mériteraient d’être instituées d’urgence.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

Dignité et indignation

Comprendre comment les harceleurs ont fini par dégrader la démocratie reste la grande question du moment.

On se souvient du livre de Stéphane Hessel « indignez-vous », qui a été un succès mondial. Depuis les indignés sont partout et exigent, exigent, exigent… Ils réclament des lois, des restrictions, des fers. Sur tous sujets. L’indigné considère que l’action directe est la preuve de son engagement pour le bien. Alors il attaque, en général sans le moindre danger pour lui-même. Il détruit. Il casse. Il ruine. Il boycotte. Il injurie inlassablement. Sa haine d’indigné éructant est son âme de militant, ce qui le tient vivant, ce qui lui fait croire qu’il a une importance quelconque. Pas de nuances. Pas de raison. L’émotion pure et la violence de l’expression. L’éjection radicale de l’ennemi de la sphère du qualifiable. Le bannissement.

Au nom de la souffrance, réelle ou fantasmée, l’indignation jaillit, mais seulement si elle est sans danger. Car s’il y a un risque alors le silence s’installe. L’indignation est la compagne rituelle de la lâcheté. La femme est une victime, mais pas en terre musulmane. Là, silence ! L’animal est une victime, mais pas l’égorgement festif dans une baignoire d’appartement d’un pauvre mouton lors de l'Aïd-el-Kébir.

IL est intéressant de noter que Hessel est le père de l’islamogauchiste et du soutien au Hamas revendiqué par le trotskiste  Mélenchon (un "milliardaire selon la terminologie hyperbolique deLFI pour ceux qui paient l'IFI) , dont on voit ici et maintenant les belles conséquences, en particulièrement l’inversion totale du concept de résistance aux fins de légitimation des pogroms. Gilles Williams Goldnadel, écrira dans son essai vengeur (Le vieil homme m’indigne !) : "Stéphane Hessel, c'est l'Abbé Pierre, moins la soutane." Hessel voulait relancer l’engagement Sartrien, qui faisait que de jeunes abrutis soutenaient le grand mensonge soviétique et pardonnaient les 100 millions de morts génocidaires du communisme. Ce crétinisme passionnel vaudra à un jeune exalté de tomber ans la tombe ouverte du prophète le jour de l’enterrement provoquant la plus franche rigolade de cimetière vue depuis longtemps.

L’indignation est toujours sélective. Il faut hurler avec les loups, mais seulement dans les bonnes meutes. Le goût du pénal et de l’exclusion sociale accompagne l’indignation. La liberté d’analyse, et d’expression doit se soumettre. Il n’y a plus de vie publique, seulement un rituel de l’indignation sectaire, de droit à l’émotion vengeresse supérieur à toute loi. Le débat disparaît pour la haine affichée qui se suffit à elle-même et ne mène à aucune action concrète autre que la destruction d’une altérité fantasmée.

L’inconvénient de l’indignation est qu’elle ne peut se combattre que par l’indignation ! Elle appelle contre elle les mêmes méfaits qu’elle impose à ses cibles. La bataille des indignités remplace le débat politique et ne mène évidemment à rien. La culpabilité est partout et la morale nulle part. Plus les réseaux sociaux s’embrasent de bons sentiments armés d’insultes, plus la rue devient odieuse et cruelle. L’indignation est la fin de la politique et le règne d’abord marginal puis général des Savonarole violents et débiles.

Quand l'indignation triomphe la notion de dignité, paradoxalement, disparaît de l’espace public. La dignité, c’est ce qui détache l’idée et l’action du seul intérêt d’un individu ou d’un clan pour viser un état supérieur de la conscience du bien commun. Il est indigne d’user de pouvoirs concédés contre ce qui justifie cette concession. La dignité est la compagne nécessaire du pouvoir. Si vous confiez la garde d’un pont à une force et que cette dernière en profite pour racketter les passants, ceux qui se complaisent dans cet exercice facile commettent une indignité. Voyez ce qui se passe à la SNCF ! Mais il ne s’agit pas de s’en indigner. Seulement d’imposer un pouvoir plus grand encore à ceux qui se laissent aller. Si vous confiez un adolescent débile à une famille, ce n’est pas pour qu’elle en profite pour le violer. Etc. Chaque concession de pouvoir suppose une règle de dignité, avec laquelle on ne peut pas transiger sans faute vis-à-vis de la collectivité des humains.

La dignité, c’est ce qu’on attend de toute personne ayant un pouvoir et les défaillances doivent se heurter à un pouvoir concret supérieur. Que se passe-t-il quand il n’y a pas de pouvoir supérieur ? Seule l’idée de sa propre dignité peut être le garde-fou. La dignité c’est l’antidote de l’abus de pouvoir et de l’irrespect pour ce pouvoir.

Un président de la République Française se doit de respecter la dignité de la fonction et du pays, parce qu’il détient un grand pouvoir et qu’il n'est pas accordé à des fins égotistes. Pratiquement tous les présidents depuis Giscard ont manqué de dignité. Avec les trois derniers, c’est même devenu caricatural. Sarkozy finira sinon en prison du moins avec un collier électronique. Hollande était tellement ridicule qu’il n’a même pas osé se représenter. Macron ne suit qu’un narratif égotiste et considère qu’il n’y a rien à respecter d’autre que lui-même. L’achat de vote a pris de telles proportions et coûte tellement cher qu’on ne voit pas comment on peut aller plus loin dans la démagogie électoraliste et le détournement de l’argent public à des fins aussi étroitement individuelles. À force d’indignité, Sarkozy a tué le RPR et Hollande le PS. Macron sape la France, comme nation et comme histoire.

Aujourd’hui les indignés sont partout et pèsent sur les médias d’une façon tentaculaire. On s’indigne tous les jours de tout et de rien, d’une affaire récente, comme d’un évènement du passé, proche, lointain, très lointain, ou du futur que l’on prévoit à court, moyen ou long terme. Que les faits ne confirment rien n’a pas d’importance. Si ce n’est pas toi c’est donc ton frère. Si ce n’est pas maintenant ce sera plus tard. Alors le mensonge sectaire fleurit. On sait depuis Muyzenberg que la vérité et le mensonge sont à égalité devant des gens qui ne savent rien et qu’il vaut mieux attaquer l’adversaire sur sa personne plutôt que sur ces idées.

L’indignation mène directement à l’inculpation et à la violence. Ayant perdu les notions de dignité, de décence, de raison, de respect, l’indigné est prêt à tout : accuser une personne connue d’un crime possible mais improuvable, accuser un groupe de tous les maux, saccager des musées, attaquer des biens, exalter la rage contre un contradicteur, contre une activité honnie, contre tout et rien.

L’indigné veut faire taire. Influencer le législateur et la justice pour qu’ils fassent taire les propos qui les indignent, qu’ils interdisent les actes qui les indignent, qu’ils détruisent les objets qui les indignent, voilà toute l’affaire. Du pilori médiatique au pilori réglementaire et au pilori judiciaire, le chemin est court.

L’indigné prétend défendre la cause de victimes : hommes, animaux, verdure, astres, pauvres, femmes, homosexuels, islamistes, juifs, climat, ouvriers, enfants, handicapés… Pour un indigné toutes ces victimes le sont à cause de méchants qu’il faut dénoncer et réduire. La violence est le seul moyen. Qu’elle soit verbale, légale, physique, tout est bon.

Vilipender n’est pas construire, encore moins réparer. Vitupération n’est pas raison. Quand l’exaltation des actes irréparables retombe, l’indigné se découvre en salaud. Le maoïste qui a crevé en public les yeux de son père « mandarin », le jeune militant des villes qui est parti assassiner des Koulaks dans les campagnes soviétiques, le musulman exalté qui a découpé les enfants juifs à la tronçonneuse, la petite conne qui a à moitié détruit une œuvre d’art, un beau jour, chacun s’arrête un jour et se voit dans la glace ! Le maoïste est monté à son tour sur le pilori et il a réclamé et sa mère et son père. Le tueur de koulak est passé plus tard pour contre-révolutionnaire avec quelques conséquences. Le tueur sadique d’enfants juifs n’a plus retrouvé ni sa maison ni sa famille.

Enfin, seulement si la justice immanente a frappé. Ou la colère des victimes. L’ignoble Savonarole a fini comme il le méritait. Dans les flammes.

Pour les autres, l’ignominie sera vécue jusqu’au trépas, et s’ils sont trop nombreux, c’est l’histoire de tout le pays qui en sera à jamais avilie. La bêtise sectaire a un coût. Et l’indignité collective peut devenir ineffaçable.

Le journal Suisse dans l’édition de ce jour, constate avec résignation l’empuantissement du système d’information obstrué par les haines de l’émotion sélective. La charge mentale imposée aux citoyens est épuisante. Bien faire et laisser braire ? Cesser de s’informer et penser à autre chose ? impossible ! A chaque moment de sa vie quotidienne le brave citoyen se trouve gêné ou avili ou appauvri ou contraint ou empêché ou condamné par quelques conséquences de l’hystérie organisée et de la peur constamment réchauffée, traduite en réglementations et en lois, sous le harcèlement des indignés.

Mieux vaudrait aimer, chercher la beauté, enrichir son savoir, observer, réfléchir, comprendre, partager, débattre et agir avec raison, patience et ouverture d’esprit. Tel est le temps de la dignité. Le temps des piloris montés sur l’indignation est toujours un moment sinistre. La vie politique et médiatique française, en ce début d’année 2024 est en état d’abjection. Mais c’est tout l’Occident qui s’est laissé tomber dans cet égout. Quiconque parle à un Américain, un Canadien, un Anglais, un Suisse, un Suédois le vérifiera immédiatement.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

L'économie française en proie aux harceleurs de médias

Une déviance peu compréhensible en France

La révolte des paysans en Europe et aussi en France a marqué qu’une catégorie de la population vilipendée en permanence par des associations de plus en plus influentes et violentes, n’en pouvait plus et réclamait à tout le moins une pose. Tous les mouvements de détestation de l’homme et de déification de la nature s’unissent autour des mêmes réclamations : la décroissance ; les interdictions ; le flicage.

Comment vivre dans un tel réseau d’insultes, de contrôles et de contraintes diverses sur fond de réduction d’activité, de subventions rationnées et conditionnées, et finalement d’appauvrissement ?

Devant les risques essentiellement pour lui-même, le pouvoir a aussitôt reculé et ce qui était impossible une minute avant l’est devenu une seconde après. Soit ! C’est comme cela qu’un pays qui avait dit ans de retard prend dix ans d’avance, à moins que ce soit l’inverse.

Le calme est revenu dans les campagnes.

Le lendemain que constatons-nous ? Le retour du harcèlement sur les médias, intense polymorphe, sans contradicteurs. Les grenouilles de bénitier coassent partout avec violence contre les vilains sans aucune opposition. C’est qu’il faut reprendre la main. Pas question que les paysans viennent remettre en cause une emprise d’autant plus totale qu’elle est odieuse et irrationnelle. On voit pousser à nouveau le sermon culpabilisant, comme la mauvaise herbe.

Les « scientifiques engagés » ont aussitôt expliqué que les pesticides et autres produits tuaient la terre. Et qu’on avait délivré un permis de tuer aux paysans. Tous ces braves gens vivent de l’argent prélevé sur les autres et n’ont jamais rien produit. Ils mangent les produits de l’agriculture comme tout le monde. Mais il faut qu’ils bavent.

Les traqueurs de routes et d’autoroutes, se sont rassemblés autour de leur idole Greta Thunberg pour dire combien l’artificialisation des sols était honteuse. Ceux qui ne sont pas venus en avion étaient là avec leur voiture. La source d’artificialisation des sols et du plateau littoral est la construction d’éoliennes et de plaques photovoltaïques. Mais là, pas de problème. Artificialisons pour la bonne cause ! Qu’on déforeste pour installer des champs de plaques solaires ne les gêne pas du tout. Que ces plaques viennent de Chine, avec travail des enfants, électricité au charbon, dictature et une absence remarquable de droits sociaux ne gênent personne chez les harceleurs. Les trajets sur des milliers de kilomètres avec des navires qui polluent individuellement plus que la pollution annuelle de la nouvelle autoroute, aucun problème.

M. Badinter vient à décéder, très âgé. C’est plus qu’un concert d’hommages. Une prosternation universelle avec des propos tellement outranciers qu’on en a mal pour lui. On peut penser ce qu’on veut de la peine de mort. Juger que Fourniret après le meurtre immonde de tant d’enfants martyrisés dut survivre, en coûtant près d’un million d’euros par an aux citoyens honnêtes, est une option qui peut tout de même se discuter. Se flatter que l’état ne tue pas ceux qui tuent sans excuse est un choix. Le vrai problème est ailleurs : dans l’explosion de délinquances devenue incontrôlables et la croissance concomitante du nombre de victimes. Ceux qu’on appelait les « badinters », les truands multirécidivistes qui n’hésitaient plus à tirer sur les flics, sont devenus non plus l’exception mais une véritable populace. Les caïds de la drogue commencent à l’emporter sur les forces de l’ordre comme en Amérique latine et dans certains pays d’Europe. Mais vite, il faut panthéoniser notre héros et présenter une réserve, un désaccord, autre chose qu’une approbation soumise vous classe dans le camp des Nazis récidivistes. L’école de la magistrature de Bordeaux, siège de tant de déviations et perversions de la justice a honoré le héros en grande pompe. Sous sa tutelle morale, elle va pouvoir continuer son travail de sape en faveur de tout ce qui ruine la société « bourgeoise » et justifier qu’on sanctionne la « bourgeoisie pourrie » de préférence aux truands.

Et il a la question de la baisse de la natalité. Le Bras et ses amis ont fait carrière dans la dénonciation du « natalisme » et n’ont jamais varié. L’effondrement démographique n’existait pas. Nous faisions mieux que tout le monde. Au pire les femmes faisaient-elles leurs enfants plus tard. Pas de quoi s’inquiéter. Et voilà que les chiffres ne peuvent plus être maquillés ou habillés des ritournelles tranquillisantes. On se souvient que chez Michel Polac en 1978 on affichait comme le faisait depuis longtemps le Canard Enchaîné, Michel Debré avec un entonnoir sur la tête : un fou, puisqu’il voulait une natalité normale. Si on enlève les naissances et les décès de familles maghrébines et plus généralement africaines, la population française baisse. Oui baisse. Et baisse vite. Très vite. Par centaine de milliers de personnes, pas par milliers ou dizaines de milliers.

La natalité, c’est un combat mené par Alfred Sauvy que nous avons repris dans ces colonnes depuis 2008. Ce matin sur LCI on parlait d’Elon Musk et la question cruciale venait d’être posée : est-il un fasciste ? Aussitôt une jeune chroniqueuse prend la parole : « bien sûr qu’il est un fasciste, il est nataliste ». La natalité est contre le droit des femmes. Inutile de citer les tombereaux de déclarations du même type dans tous les médias et dans l’édition. Il s’agit de lutter contre la « dictature de l’enfantement ». La « reductio ad uterum » est du nazisme pur et une attaque en règle contre l’émancipation de la femme. La constitutionnalisation du droit de tuer les fœtus pratiquement désormais à quelques stades de leur développement que ce soit, est la seule chose qui compte. Un enfant ? Pour une femme ? Beurk ! Vous voulez la réduire à un organe ?

Il y aurait désormais des hommes enceints ! À eux de jouer ? la révolte des femmes contre leur fonction familiale de mère et collective de survie de l‘humanité est la première cause de la dénatalité. Les arguties sur les difficultés d’avoir un enfant qui coûte trop cher sont ridicules. On avait des enfants alors qu’on gagnait dix fois moins ! L’excuse ne tient pas. La dénatalité est le fruit pourri du féminisme outrancier que plus personne n’ose accuser pour échapper à l’accusation de non-respect de la femme et de nazisme larvé. L’enfantement est la marque sinistre du corps violé de la femme. Point stop ! Ne pas répéter cette ignominie vous classe à la droite de l’ultradroite qui est à la droite de l’extrême-droite.

Emmanuel Macron, confronté à la mort programmée de la population native de la France se croit obligé de prendre le sujet par le tout petit bout de la lorgnette. C’est le manque de fertilité qui est la cause, pas les femmes. Il va s’occuper de la question du spermatozoïde paresseux. C’est de son niveau. Un simple défi médical. Surtout ne pas engager la responsabilité des associations féministes ni de l’avortement massif. Et les associations en rajoutent : si le spermatozoïde est paresseux, c’est à cause du capitalisme et de l’agriculture « croissantiste » ! Plus de contrôles des agriculteurs moins d’engrais et de pesticides, et cela va flamber, les naissances !

Non ! réplique une autre association : regarder les immigrés, ils font encore des enfants malgré les néonicotinoïdes. Le problème c’est que le gosse occidental émet plus de CO2. Il faut donc cesser de faire des enfants en Occident pour sauver la terre. Et ce genre de sottise a fini par percer dans la population.

Le harcèlement par les adeptes triomphant de la disparition de l’homme immonde est inlassable. La machine à créer de la culpabilité et à harceler les consciences ne s’arrête jamais.

Le résultat, on le voit : déclassement, vieillissement, autodestruction. La joie qu’ils expriment à l’idée des tourments qu’ils causent n’a d’égale que la passivité des autres qui les laissent faire.

Le même jour où une femme âgée s’est fait agresser et arracher ses bijoux de cou par un mineur isolé africain, 12 policiers municipaux interceptaient à 50 mètres de là les automobilistes dépassant 30 km/h. Mme Hidalgo avait averti : la police municipale ne serait pas armée et ferait respecter les règles d’étouffement de la circulation automobile. Encore un harcèlement sans fin, puisqu’il y a deux à trois millions de délinquants de ce type chaque jour.

Et juste une semaine plus tôt, Mme Van der Leyen, la présidente de la Commission avait montré les dents. L’élimination du CO2, ce sera pour 2040, pas 2 050.

Et aujourd’hui même les gazettes bruissaient de l’audace des trois belles âmes qui avaient « empotagé » une nouvelle œuvre d’art dans un musée.

La hauteur des consciences de média n’a jamais été plus proche du niveau médian des fosses à purin.

Après les débordements de moraline débile, la bêtise suicidaire a un bel avenir devant elle.

La France de Voltaire s’est éteinte, comme celle de Boileau, comme celle de Bossuet. Donner à réfléchir en élevant, a cédé aux faux prêtres donneurs de leçons qui abaissent, flétrissent et ruinent.

L’indigné professionnel est toujours un Jocrisse cherchant à trouver le pouvoir d’un Savonarole.

Qu’au moins on se souvienne du destin de Savonarole.

En attendant les Harceleurs sont une des causes potentielles les plus graves de destruction de l’économie en France  et en Europe.

Une vision vécue de l’histoire récente de l’agriculture

Qu’on me permette de parler d’agriculture à partir d’une expérience vécue. De 1945 à 1961 j’ai bien connu une ferme située à un peu plus de cinquante kilomètres de Paris.

Trois champs d’un hectare environ. Un pré humide avec une grande mare à grenouilles. Dix vaches. Deux bœufs, pour le tombereau qui transportait les pommes, les betteraves et les épis de maïs. Deux chevaux, Black et Papillon, pour tirer différents instruments agraires, la charrette à foin et un cabriolet permettant d’aller à la ville. Des poules en pagaille et quelques canards. L’eau est au puits. Il n’y a pas d’électricité mais des lampes à pétrole. Un ouvrier agricole en permanent, George, et deux journaliers pour l’été, La Loupe, un noble tombé dans l’alcool à la suite d’une déception amoureuse, qui conservait des photos du château familial, façon Guermantes, et Le Méchant, un costaud râblé qui ne tenait pas l’alcool et devenait violent. Une seule chambre non chauffée. Les ouvriers agricoles dormaient dans le foin dans les granges et se lavaient au puits. Une cuisine avec une cuisinière à charbon. Deux coffres importants entre les granges pour stocker la pomme de terre au noir, et un autre pour le charbon.

Les instruments quotidiens sont le broc, les sabots, les ligatures de bottes, qui servent à tout et notamment de ceintures, le fouet et le papier tue-mouches. Les toilettes sont un cabanon en haut du clos qui sur un demi-hectare reçoit le fumier (non enfoui, d’où les mouches) et permet de cultiver un jardin potager d’importance. Des hirondelles et des moineaux partout.

Les recettes quotidiennes sont fournies par le ramassage du lait et des œufs. Une vache produit entre 2,000 kg et 2,500 kg de lait par an, soit soixante à quatre-vingts litres à traire tous les jours à la ferme. On retrouve une trentaine d’œufs tous les jours. De temps à autre un veau arrive après l’intervention d’un taureau qu’on a fait venir à cet effet. Il ne sera pas vendu et on récupérera sa viande le plus souvent, après l’avoir emmené chez l’équarrisseur du village (qui bientôt disparaîtra). Lorsqu’il s’agit d’une génisse, elle est envoyée à l’engraissement et revient en du temps pour remplacer une vache vieillissante. On achète peu de choses : le pain, le vin, les rouleaux de papier tue mouches, des produits de toilettes, du fil et des aiguilles. Parfois du tissu. Le fromage est fait maison. Mais les fruits, même les pommes, sont achetés au marché. Les pommes à cidre sont récoltées et le pressoir est loué une ou deux journées pour en faire du cidre (et un peu de gnôle sous l’œil vigilant du fisc).

On ne vit pas mal à la ferme, compte tenu de l’autoconsommation, mais le revenu monétaire ne dépasse pas l’équivalent de 200 euros par mois et par personne. Il n’y a pas de retraite. Pas de vacances. Pas de droits sociaux. De toute façon tout le monde meurt avant 60 ans. Dans la plaine riche des alentours, trois ou quatre exploitations dépassent à peine les quarante hectares.

Des exploitations de ce type il y en a des dizaines de mille en France

Il va se passer bien des choses :

La myxomatose qui va décimer les lapins qui ne reviendront jamais à leur volume précédent.

Le tracteur, qui va changer les conditions d’exploitation et l’engrais qui l’accompagne, car seule la productivité améliorée permet de le financer.

Le vélomoteur Motobécane qui va faire découvrir la ville aux filles qui vont alors déserter les campagnes.

En 20 ans toutes les petites exploitations vont fermer et les petites surfaces incommodes mises en jachère, En trente ans les surfaces correctes vont être cédées pour faire des lotissements. Les grandes fermes elles s’étendent et commencent à dépasser 80 hectares puis cent hectares, avec une forte mécanisation et beaucoup d’engrais. Les tracteurs deviennent des engins étonnants qui peuvent traiter 5 hectares par jour puis dix, en tractant des engins de plus en plus larges. Ils travaillent la nuit. Les rendements explosent.

Les élevages laitiers se spécialisent avec les meilleures espèces, la stabulation et les trayeuses, avec des productions de lait de plus 6 tonnes annuellement par vache avec trayeuses automatiques. La fée électricité et les adductions d’eau ont fait leur chemin. Le nombre d’exploitation est divisé par deux puis par quatre puis par dix. Le revenu monétaire des paysans devient plus important et la finance fait son entrée à la ferme.

L’exode rural vide littéralement les campagnes où la population vieillit et où on manque de femmes. On va les chercher à l’étranger, de plus en plus loin. On crée une retraite sans aucune cotisation, ce qui créera par solidarité un détournement de rentes très important qui pèsera sur la retraite des autres, qui cotisent, eux.

Tout le monde a compris que rester à la campagne, c’est accepter la paupérisation relative. Le revenu de ceux qui restent monte du fait de la productivité mais surtout par l’élargissement et la spécialisation des exploitations.

Comme disait mon ami Léon Chaix, spécialiste agricole s’il en fut : la vraie misère est agricole. La preuve est qu’on part pour la ville. Ceux qui idéalisent la petite exploitation agricole des années 1 880 et qui persistait encore en 1950, n’y vivraient pas.

De là : le changement d’ampleur et de ton du syndicalisme agricole et les grandes manifestations bretonnes parfois violentes menées par Alexis Gourvennec en 1961 et l’arrivée de Pisani et Chirac dans le décor pour mettre en place de nouvelles structures coopératives et des filières de ventes à l’étranger, allant jusqu’à creuser un port pour attaquer le marché britannique !

Pour l’état, très interventionniste dans le monde agricole depuis des siècles, la « politique agricole » devient un problème. Les systèmes de garantie de prix, genre ONIC, pour le blé, commencent à flancher : tous les silos sont pleins et les marchés extérieurs commencent à être également saturés. Ils ne permettent plus de se débarrasser des excédents à bon prix. En les bradant on fait grandir l’écart de prix entre le marché français et le marché mondial. Les producteurs étrangers se rebellent ! De Gaulle impose que l’agriculture ne soit pas laissée hors du marché commun et qu’on y mette les mêmes garanties de prix qu’en France.

Le plan Mansholt marque une première certitude : le revenu paysan ne rattrapera son retard que si on crée des exploitations optimales donc bien plus grandes. On veut créer des fermes à plusieurs pour atteindre des tailles critiques. Les petites exploitations sont condamnées. En même temps on suggère qu’il faut ramener les prix européens plus près des prix mondiaux et on cherche à augmentation la pression de concurrence en important plus, en particulier de la viande. C’est un choc culturel tant l’attachement à la petite ferme traditionnelle est grand.

Mais l’opération réussit, pas toujours par fusion des terrains et des fermes. Des cas d’associations entre deux familles se multiplient notamment dans le Sud-Ouest où l’enfant unique a déjà fait des ravages au XIXe siècle Cela ira assez loin, compte tenu des aides sociales qui se multiplient. Je connais un cas où deux exploitations familiales de 80 hectares sont mises en commun en attendant le mariage des deux enfants des paysans. On ne se marie pas tout de suite pour toucher la subvention de femme isolée, en plus pour chacun des enfants, du RMI de l’époque. Les enfants travaillent au noir en hiver comme moniteurs de ski pour des groupes anglais dans les Alpes et travaillent au noir en été au bord de la mer. Quand les parents cesseront leur activité il sera bien temps de se marier et de reprendre l’exploitation. Des scouts parcourent les campagnes pour les informer de leurs droits et protections.

Mai 1968 crée les conditions des évènements du Larzac qui fait apparaître les premiers contre-modèles gauchistes et anti productivistes violents.

En 1992 se produit le grand choc. L’Europe ne veut plus subventionner les produits mais les paysans. On passe de l’aide au prix à l’aide à la personne. Déjà des préoccupations environnementales pointent leur nez. Le paysan devient un assisté dont l’activité ne cessera plus d’être sous la surveillance des fonctionnaires et de Bruxelles, où la PAC est le premier budget. Sa production est limitée. Des obligations réglementaires commencent à pleuvoir avec le flicage qui va avec. La grogne ne cesse de monter. Mais le paysan n’a aucune chance d’échapper : son revenu ne dépend plus de lui.

En 2013, le cadre est affiné pour faire des économies avec plus de sélectivité dans les aides à la personne. Puis les écolos fascistes prennent le pouvoir en France et à Bruxelles. On impose de plus en plus de contraintes aux exploitants jusqu’à réduire leurs surfaces, en exigeant plus de jachères tout en ouvrant en grand la concurrence à des produits qui n’ont pas les mêmes règles restrictives de production. Les prix de ventes ne permettent plus de couvrir les coûts et la concurrence internationale emporte jusqu’à 50 % de la consommation, beaucoup via les hypermarchés, dont les centrales sont à l’étranger.

Le cumul de l’idéologie de la concurrence, de la volonté de réduire le coût de la PAC, de l’idéologie des écologistes punitifs et malthusiens, des défenseurs de la nature sacrée contre l’homme épouvantable et prédateur, et de la bureaucratie a fait exploser le système.

On demande de surcroît à la ruralité de déboiser pour mettre des panneaux voltaïques et de supporter l’implantation d’éoliennes géantes, tout en exigeant avec la loi ZAN que les bourgs cessent de s’étendre. Des sauvages protestent violemment et détruisent les semences modernes et les bassines de retenues d’eau après avoir interdit les OGM.

L’arrivée de populations délinquantes de l’est et du sud voit se développer le vol dans les champs et les attaques de fermes isolées.

Les campagnes deviennent folles. comment ne pas le comprendre ?

Sur les 53 milliards de la PAC, environ 10 milliards sont donnés à un monde paysan de 350 000 personnes, soit en moyenne 30 000 euros par exploitation. Il est difficile d’aller beaucoup plus loin.

La situation est inextricable. Au nom de la « restauration » de la nature et de la lutte contre le « dérèglement » climatique on veut tuer l’élevage et réduire la productivité, tout en important en masse des produits agricoles internationaux (sans préoccupations pour la nature et le climat), tout en paralysant tout le milieu rural par une supervision bureaucratique digne de l’URSS. Affirmer qu’en faisant cela, on lutte contre le « libéralisme » excessif des paysans est tout de même un peu gros.

L’avenir de toute façon est à des exploitations de types capitalistes avec des salariés agricoles travaillant avec les mêmes normes que dans tous les autres métiers, qui seront soit des permanents soit des saisonniers, capables de financer les rétentions d’eau et les matériels actuellement nécessaires dans un métier qui devient de plus en plus numérique et capital intensif.

La revendication de hippies alternatifs qui veulent faire du bio sur des petites surfaces prêtées sans frais avec des subventions intégrales européennes ou nationales est parfaitement ridicule.

En revanche la question de la fertilité des sols soumis à des intrants chimiques importants et potentiellement dévastateur est un vrai problème. C’est là que la recherche doit progresser et sur le diagnostic et sur les solutions, loin des paniques artificielles organisées par des ONG.

Pour l’agriculture française la solution existe. Elle a été mise en œuvre par la Nouvelle-Zélande confrontée à une poussée extravagante des subventions associées à des résultats désastreux pour les paysans soumis à d’infinies tracasseries. En quelques années les paysans sont redevenus riches et les subventions d’Etat ont été divisées par quatre. Qu’est-ce qui s’est passé ? On leur a dit : débrouillez-vous et faites ce que vous voulez mais sans l’aide de l’État !

Le plus simple aujourd’hui est de tenir le même langage au monde paysan. Supprimons la PAC, la loi Zan, la loi Egalim etc. Démantelons les obstacles à la vente des terrains agricoles et le malthusianisme du statut de paysans. Et demerden-sie sich ! Que les meilleurs gagnent. Et unifions toutes les normes de qualité des produits à l’entrée sur les marchés qu’ils soient alimentés de l’intérieur ou de l’extérieur de l’Union.

Rendez-vous dans 5 ans.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Bienvenue au Paradis des Anges

Tous ceux qui ont eu la patience d’écouter les dernières prestations théâtrales d’Emmanuel Macron, témoignent de prestations tellement loin de la réalité qu’elles s’apparentent à un cheminement follement narcissique dans les jardins d’Éden, et à une balade imaginaire, sautillante de satisfaction au milieu des nymphes les plus suaves et décomplexées. Tout était beau. Tout était réussi. Le projet de l’ange messianique tombé dans les jardins de l’Élysée se déroulait à merveilles et fécondait non seulement le pauvre territoire des anciens Français mais toute l’Europe et le monde entier, frappé d’admiration devant cet envoyé béni entre tous.

Ah ! Pour l’auditeur, quelle incursion au Paradis des Anges ! Pourquoi penser petit : c’est un Archange qui a été donné à la France, à l’Europe et au Monde. Réjouissons-nous !

Rappelons que les Archanges « connaissent notre passé, notre présent et notre avenir. Ils peuvent nous orienter et nous prodiguer des conseils lorsque nous les invoquons. En effet, ils répandent la lumière divine et peuvent nous éclairer dans les moments de doute et de désespoir ». Ce treizième archange, devenu président de la petite République française, est donc une jolie surprise, tout simplement inespérée pour les Français, que tous devraient mesurer à sa juste valeur onirique.

Nous laisserons les admirateurs entendre ou réentendre ces conférences magiques. Nous n’en extrairons que deux miraculeuses paroles.

« Quand j’ai été élu en 2017 la France avait dix ans de retard, et quand je quitterai en 2027, elle aura dix ans d’avance ». L’Archange en dix ans a fait gagner vingt ans au pays. Épatant !

Devant le monde global réuni à Davos, dans un manteau de neige fondant mais étincelant, la révélation fut faite que l’Archange était venu annoncer dès 2017 ce qu’il ferait et qu’il a tenu parole. Tout ce qu’il avait prévu a bien été réalisé sans délai ni faute. Il est vrai que c’est plus facile pour un Archange qui connaît l’avenir. Aussitôt, une annonce nouvelle a été faite devant ce parterre choisi : un « nouveau contrat mondial », rien que cela, et de nouveaux succès majestueux à prévoir bien que « le modèle capitaliste marié à l'économie de marché ouverte ne puisse plus fonctionner dans cet environnement ».

On aurait pu évoquer aussi l’époustouflant discours en allemand de l’Archange pour la cérémonie d’enterrement de Wolfgang Shäuble. Il a été distillé dans la presse que son professeur d’Allemand témoignait qu’il avait appris l’allemand en quelques heures. Extra-humain !

L’accueil international a été un peu terne. Le New York Times a signalé l’évolution du vocabulaire, passé de la révolution à la refondation, puis à la renaissance, puis au réarmement civique. Ce journal semble penser que cet effort verbal n’a guère d’intérêt. Le Financial Times a été plus lucide indiquant « qu’on n’aurait tort de ne voir dans ce discours qu’un discours ampoulé typiquement français ». La demande d’un énorme accroissement des financements a touché une corde sensible sur la place financière britannique qui ne se sent pas particulièrement intéressé par le renforcement de la « souveraineté » européenne mais aimerait bien garder son rôle financier en Europe continentale.

 

Ce qui frappe aussi, c’est la totale déconnexion entre ces discours et la manière dominante de voir des Français. La cohérence du narratif de leur Président ne leur saute pas aux yeux, dans la mesure où sur à peu près tous les sujets, le « en même temps » lui a permis de faire tout et le contraire de tout, et réciproquement, tout en se réinventant et en réinventant la réinvention.

Pauvres Français qui se laissent abuser par des réalités saumâtres sans comprendre qu’il existe une méta réalité, une indispensable partie immergée et immaculée de l’iceberg !

Aux annonces triomphantes de « baisse de la pression fiscale » grâce à des « suppressions d’impôts », ils répondent : les impôts n’ont pas été supprimés mais transférés. Globalement la pression fiscale a clairement augmenté, du fait d’une explosion indécente des dépenses publiques et de la progressivité fiscale intense en cas d’inflation.

Aux annonces ébouriffantes de reprise en main de l’addiction à la dette, ils opposent la hausse tout aussi ébouriffante constatée. Trois mille milliards d’euros et plus ! Tout de même ! Deux fois la valeur ajoutée des entreprises commerciales françaises de plus de 2 salariés !

Aux formidables déclarations du début du premier quinquennat marquant la décision de faire disparaître l’essentiel du parc nucléaire au profit de moulins à vent et de plaques photovoltaïques, ils notent que la filière nucléaire a été à moitié détruite, que les retards sur les Enr ont provoqué des amendes indécentes imposées par la Commission européenne au pays qui a, au monde, le meilleur rapport CO2/Énergie ! Les conséquences de la décision stupide de fermer les deux réacteurs de Fessenheim brûlent encore le revenu des Français.

La promesse de révolution dans le monde agricole se traduit par une des politiques malthusiennes les pires de l’histoire, accompagnée par le pire de ce que sait faire la bureaucratie, avec une dictature des normes étouffantes qui tuent les exploitations, des concurrences totalement déséquilibrées par des produits étrangers ne supportant pas les mêmes tares, la réduction du paysan au statut d’assisté détesté, des différences ahurissantes entre la croissance des coûts et celles de prix de ventes des produits agricoles. Deux suicides par jour de paysans et des agressions constantes de la part d’une mouvance écolo gauchistes pratiquant la violence extrême, surtout depuis la lâcheté montrée à Notre-Dame des Landes, avec une poussée non contrôlée du pillage des exploitations par des bandes venues de l’est de l’Europe ! Vol d’essence, de matériels, de récoltes, tout y passe. La révolte s’installe et s’étend ! Surprise, surprise !

L’engagement jamais démenti en faveur d’une immigration de masse qui a saturé tous les systèmes médicaux et sociaux a du mal à être accepté lorsque les Français voient le rapport évident avec les 55 000 coups de couteau dont trop sont mortels portés chaque année par une certaine jeunesse tentée par la violence en bandes et les trafics, notamment de drogue.

Quant à la natalité, la part des Français de souche dans les décès annuels excèdent la même part dans les naissances. Ici et maintenant la population traditionnelle française est en forte régression. Les perspectives ne sont pas absolument enchanteresses.

Les Français restent attachés à une certaine dignité française dans le traitement des politiques dites régaliennes. Ils voient que l’armée française a été virée d’Afrique dans des conditions humiliantes, que la formation des ambassadeurs a été sacrifiée, que le français est sorti du champ de la diplomatie mondiale, que la culture française est bureaucratisée et sans relief, que l’école est effondrée, que la justice est en état de mort cérébrale et que le système sanitaire est en dépression profonde.

La promesse de mettre fin au danger antirépublicain en France grâce à la « révolution » promise a également montré quelques défaillances. À eux deux, le RN et la NUPES représentent plus de 50 % des votes exprimés dans les récentes élections nationales. L’abstention électorale n’a jamais été aussi haute avec le développement d’une coupure systémique entre le pays réel et la classe politique dominante qui a vu la fusion entre la haute administration et les hauts postes politiques et financiers. Les projections électorales portent le RN en tête aux élections européennes et aux prochaines Présidentielles. Caramba, encore raté !

La France entre en récession, avec des pertes d’emplois, des déficits partout, et une plongée du bâtiment dans la récession, ouvrant sur une crise du logement particulièrement aiguë. Les faillites d’entreprises comparées à 2017 sont en hausse de plus de moitié et parfois doublent dans certains secteurs.

Tout cela marque une régression formidable plutôt qu’un progrès accéléré avec une avance phénoménale de « 20 ans » !

De même beaucoup de Français se demandent pourquoi leur Président a cru nécessaire de faire en 2017 des promesses au World Economic Forum et d’en faire le rapport cinq ans plus tard. Du coup, il faut s’interroger sur les nouvelles promesses et sur le contenu du nouveau contrat mondial, basé sur la souveraineté renforcée de l’Union Européenne, qui exige de trouver des ressources phénoménales pour des investissements en rapport.

On sait que ce Président a fait voter un vœu au Parlement européen pour une extension massive du nombre de membres de l’UE, pour la transformation des traités en vue de créer une Europe fédérale de plein exercice, et qu’il demande que le FMI et la World Bank créent des montagnes de monnaie administrative, prolongeant à l’échelon mondial l’énorme triomphe obtenu dans la dépense publique française. L’intention est de créer des marchés administratifs calibrés pour la finance internationale, tout en empêchant les pensées dissonantes, thème du forum de Davos 2 024.

Certains voient dans ce charivari des folies narcissiques déconnectées ou un capitalisme financier débridé. Une « oligarchie internationale » serait à la recherche de marchés de connivence immenses, comme on n’en a jamais vu, le tout payé par des citoyens appauvris, surfiscalisés, surréglementés et réduits au silence, comme le sont déjà nos paysans.

Certains observent que cela gronde dans les profondeurs contre ces dingueries déplaisantes et ces pompes branchées directement sur le portefeuille de la population.

Triste complotisme !

Au Paradis des Anges, a-t-on jamais vu quelqu’un se plaindre et hurler ?

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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