Les voies de la réforme

La réforme est un chemin vers un but. 

Si le but n'est pas clair et s'il n'est pas souhaitable, il faut parler de destructions plus ou moins gratuites, plus ou moins circonstancielles, plus ou moins idéologiques. Et nul n'a de raison de s'enthousiasmer pour des destructions, quelqu'en soit le motif.

Le seul objectif national d'importance aujourd'hui est de revenir à une croissance rapide et au plein emploi.  On peut le contester. On peut ajouter des adjectifs comme "soutenable" ou "éconologique".  Mais proposer la décroissance  avec égalitarisme "réel" , "care" et sanctuarisation "des avantages acquis", selon l'insoutenable verbiage  qui envahit nos medias est la mort de la Nation, la ruine du plus grand nobmre  et la sortie de l'histoire pour la France et les Français. Delenda est...

La France est un pays ramassé sur son noyau dur, perdu dans une Europe stagnante et sans ambition, et rétracté face à une monde mené par des idées fausses et des rapports de force stérilisants.

La réforme en France ne peut pas être uniquement centrée sur elle même. Elle doit s'accompagner de réformes en Europe et dans le monde.

Sans vision mondiale et sans vision européenne, la réforme  d'un pays européen n'est que ruine de l'âme et de la nation.

Le monde s'est installée dans une organisation économique malsaine depuis 1971 qui provoquent des crises, des comportements anormaux et des mesures contraintes qui ne mènent qu'à d'autres mesures contraintes dont aucune n'est une réforme souhaitable.

Le monde a oublié le message de la crise de 1929 : la prospérité mondiale est au bout de la coopération économique des états en vue d'un but commun qui ne peut être ici encore que la prospérité partagée ,  sans trop d'à-coups cycliques.
Malgré certains défauts structurels, comme la référence à une monnaie nationale  en tant que base monétaire et un rattachement trop théorique à une valeur de référence extérieure, les accords de Bretton Woods avaient permis trente années de croissance généralisée et rapide avec un quasi plein emploi.

La première des vraies réformes consiste à reconstruire  le système monétaire international avec abandon du système néfaste et débilitant des changes flottants. Il a été essayé. Cela n'a pas marché. Dont acte ! "Errare humanum est ; perseverare diabolicum".  Si tous les états sont contraints de défendre la valeur extérieure de leur monnaie et l'équilibre de leurs comptes,   ils sont aussi obligés de coopérer et de penser aux autres. En conrepartie ils disposent de moyens de n'être pas trop exposés à des crises de liquidité et peuvent pousser la croissance de leur économie vers le plein emploi.

La seconde réforme concerne l'Europe. On a voulu une monnaie unique. Soit. Mais la banque centrale doit être asservie aux objectifs généraux de croissance et de plein emploi, à la défense de la valeur externe de la monnaie et pas seulement à la défense de sa valeur interne calculée en terme de pouvoir d'acaht de biens de consommation.   Et elle ne doit pas être seule. Il faut une direction économique européenne. Un système de règles contractuelles plus ou moins contraignantes ne fait pas l'affaire.  La grande affaire de l'Europe ce n'est pas d'avoir une monnaie stable en pouvoir d'achat mais de retrouver la croissance et le plein emploi.
Il faut donc réformer la gouvernance européenne et les status de la BCE. Ces réformes sont immédiatement exigibles.  Ce qui se passe actuellement est loin du minimum nécessaire.

La troisième réforme concerne la France. Fragilisée par la première guerre mondiale, par la crise de 1929 dont le coût a été pour elle du même ordre de grandeur et par la défaite et l'occupation qui en a résulté, la France a eu le plus grand mal à se remettre. Elle est sortie des trente glorieuses enrichies et redynamisée avec une démographie largement assainie. Mais son tissu d'entreprises était faible, trop lié à l'état, et sous capitalisé. La politique suivie après la dure crise de 74, dont la France ne s'est jamais totalement remise, a été aussi absurde que débilitante. L'énarchie compassionnelle de Giscard et de son septennat fiscal, les folies Mitterrand et le programme commun de la gauche, le ni-ni des années subséquentes aggravé par le malthusianisme du gouvernement socialiste de Lionel Jospin, ont eu les pires résultats possibles.

L'état est obèse et inefficace ; il s'est démembré en pouvoirs locaux qui tournent également à l'obésité  compulsive et qui sont encore moins efficaces ;  accablée d'impôts la nation  n'investit plus et vend progressivement son patrimoine à l'étranger.  Sous capitalisé de tout temps faute de pouvoir constituer des fonds prorpes à partir de leurs résultats, les entreprises françaises sont des cibles faciles dans la mondialisation.  Seuls quelques molochs le plus souvent en symbiose avec l'état ont pu prendre le grand virage.

Au lieu d'avoir 25 à 30 millions de salariés, ce qui correspondrait à nos 66 millions d'habitant, elle n'en a qu'entre 15 et 17 millions selon les chiffrages. Les jeunes, les vieux, les femmes, les immigrés, tous les acteurs faibles sont en grave difficulté car l'emploi s'est réduit à ce que les meilleurs peuvent obtenir en étant compétitifs en dépit de toutes les entraves que ls politiques ont accumulés sur eux et leurs entreprises.

Briser toutes les sédimentations fiscales, réglementaires, sociales et autres est indispensable. Cela veut dire que des réformes sont absolument nécessaires et elles seront rudes.

Mais elles doivent être inscrites dans un plan d'ensemble d'une grande cohérence et portée de façon claire.

Il faut produire ce plan d'ensemble maintenant et le porter sur tous les fronts avec le maximum de hauteur de vue et de conviction.  La première voie de la réforme c'est la voix du dirigeant. Mais les paroles ne suffiront pas.  Il faut mobiliser l'expertise pour lui donner la consistance indispensable aussi bien en France que dans les instances internationales ad hoc.  Il faut savoir que le combat sera long et faire savoir qu'il sera poursuivi sans défaillance.


Oui la France doit avoir un message qui va au delà de son propre intérêt national.  Débarasser le monde des changes flottants et des théories fumeuses qui ont échoués et conduit le monde au marasme généralisé est un cadeau fait au monde.

Remettre les boeufs devant la charrue et non l'inverse comme actuellement en Europe est strictement nécessaire.  Si l'Europe ne veut pas de direction économique elle ne pourra pas garder l'euro.  Et il n'est pas si difficile de définir les axes d'une politique économique commune et les axes de la réforme de la BCE.

Désentraver l'économie française pour lui permettre à nouveau de combattre à armes égales avec le monde n'est pas une nécessité seulement pour les Français. Tous les européens ont besoin de pays associés forts et agiles.

Allons, courage ! Il y a un chemin pour la réforme.

Que se passerait-il si ...l'Europe dévaluait l'Euro de 50% ?

Que se passerait-il si ...

A force de faire des comparaisons avec la crise de 1929, on va finir par constater des ressemblances remarquables.

La politique de James Cameron commence à diablement  ressembler à celle de Laval.

Et après trois ans de crise, on en arrive à une grande dévaluation d'un des acteurs majeurs qui traine comme la comète une queue monétaire chionoise de plus en plus visible, car injecter 800 milliards de dollars de monnaie, en changes flottants, cela revient à une dévaluation.    

L'Europe comme le bloc or des années trente fait figure de victime expiatoire.

Ceci conduit à s'interroger ; que se passerait-il si l'Europe décidait de dévaluer aussi  sa monnaie disons de 50%  ?

Strictement rien ne l'en empêche. Il n'y a pas de système moéntaire international, les exemples conjoints de la Chine et des Etats Unis le montrent bien. La foire d'empoigne est institutionnalisée avec les changes dits flottants, en fait "non cconcertés entre les nations".

La justification serait toute trouvée : la situation de l'emploi et la prolongation d'une crise qui tourne à la stagnation de longue durée.

La Chine, l'Inde et le Brésil  perdraient aussitôt l'avantage des prix de dumping permis par des monnaies artificiellement faibles. Ils garderaient des avantages de coût de revient.  Malgré tout ils perdraient beaucoup en volume d'affaire.

Ils seraient obligés de se retourner vers l'autre grand marché, les Etats-Unis mais qui lui aussi serait sur la sellette.

Les Etats Unis perdrait de son influence sur les grands marchés mondiaux où l'Europe a une offre sérieuse.  Et pour beaucoup des produits innovants qu'elle vend surtout en Europe, ce serait autrement plus difficile.

Pour la Suisse et le Japon la pression monétaire deviendrait insupportable. Le  Franc Suisse et le Yen seraient soumis à une pressionénorme à la hausse  rendant leur situation très difficile.

La fuite devant la monnaie (les monnaies) deviendrait sauvage, avec très certainement une reprise à la hausse  des biens immobiliers et de la bourse.   

En Europe les emprunts faits en monnaies étrangères seraient fortement pénalisés mais comme ils le sont dans des monnaies que leurs autorités monétaires laissent fondre, ce n'aurait que des conséquences passagères.  

L'inflation partirait-elle  fortement en Europe  ? Par le biais des produits importés , oui. Mais les coûts salariaux sont verrouillés par la crise. Et les Etats n'auront de toute façon pas le moyen d'augmenter les salaires des fonctionnaires. Or toutes les grandes inflations d'après guerre ont eu, dans les pays "sérieux", ont eu besoin du relais des hausses de coûts salariaux.

Les pays endettés européens trouveraient un bol d'air.  Les banques aussi. La thésaurisation serait aussitôt remise en cause : mieux vaut investir quand l'inflation est là.

Les balances de paiement en Europe se redresseraient.  L'Allemagne aurait un très gros bénéfices pour ses exportations. Ce qui tirerait le reste de l'Europe, au lieu que sa politique de déflation salariale la bloque.

L'or verrait son cours monter vers le 2000 à 2500 $ l'once.  Les matières premières suivraient (elles précèdent déjà !).  Tout cela freinerait la consommation de pétrole en Europe et réduirait les ventes des émirats.  

Une bonne partie de la valeur nominale de la monnaie de singe qui a été créée avant la crise de 207 s'évaporerait, réduisant le fardeau de la dette.

L'agriculture européenne s'en trouverait très bien.

Le bilan pour l'emploi serait sans doute favorable. Au moins un temps.

Surtout les grandes puissances comme les Etats Unis, la Chine, le Japon, le Royaume- Uni se trouverait confrontées, enfin,  à l'existence de l'Europe.   Et l'absurdité du système de changes actuel sauterait aux yeux.  

On en viendrait très vite à une concertation sur les changes et à la mise en place d'un nouveau Bretton Woods sans dollar pivot sans véto des Etats unis au Fmi, sans mercantilisme chinois.

Notre scénario n'a donc rien de catastrophique. Ce n'est en rien une politique du pire.  En fait l'Europe n'a le choix qu'entre deux attitudes utiles :

- subir en prenant date (c'est le thème de la proposition de discours de Sarkozy au G.20 lorsqu'il en prendra la présidence) tout en préparant les conditions intellectuelles et pratique du retour à une politique concertée en matière de taux de change.

- dévaluer à mort pour mettre le reste du monde devant ses responsabilités.

Malheureusement l'Europe ne fera ni l'un ni l'autre.

Son organiation interne est basée sur l'idée que les changes ne sont la responsabilité de personne et que la monnaie unique doit simplement conserver sa valeur en prix de vente de produits de grandes consommation.

Il n'y a donc personne pour définir et encore moins appliquer une politique de change aggressive (voire une politique de change tout court).  La BCE crierait au charrond evaznt les risques, certains d'une inflation supérieure à 3%. L'Allemagne ferait un collapsus d'indignation. Le Royaume Uni verrait ses chances de reprise définitivement perdue. L'Europe serait à feu et à sang.

La France avec ses économistes de cour autistes, oublieux de leurs grands ainés et incapables de toute influence en dehors  de leur minuscule milieu médiadico politique, n'est plus capable de parler  au monde clair et fort avec un langage technique  précis et solide.   Lors que des économistes français finissent par prendre des positions dans les institutions internationales ils se coulent dans le verbiage débilo-américano-centré  qui y règne ou font le bouchon comme DSK.

Donc l'Europe est vouée à la stagnation, la régression, le sous emploi permanent  et à la colère des peuples.  Jusqu'à ce ce cela casse. En général cela casse là où cela n'aurait pas du casser. Et les pertes deviennent irréparables pour au moins une génération.

Jamais l'idée Européenne  n'aura été plus basse. Que l'Euro vienne en plus à exploser, ce qu'une politique de déflation généralisée au sein d'un monde qui dévalue de toute part rend presque nécessaire, et elle sera morte pour une génération.

Que faire ?

Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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