Retrouver la 3e place mondiale pour le PIB par tête : la cible fiscale et sociale

La France était à la troisième place pour le PIB par tête en 1971 et rattrapait le leader de l’époque, les Etats-Unis. Elle a saboté cette performance avec le septennat fiscal de Giscard, et la pléthore de gouvernements socialistes et socialo centristes qui ont suivi, gonflant au-delà du raisonnable et les gratuités sociales et les prélèvements obligatoires, au point d’asphyxier totalement l’État et l’économie française. Le nœud coulant est bien serré autour du cou des Français dont on s’étonne que la jeunesse soit désabusée et les actifs tentés de partir sous des cieux plus cléments.

Lorsqu’on a connu une dérive presque mortelle, il faut bien préciser l’objectif du redressement que l’on vise qui ne peut pas être un simple retour en arrière, plus de cinquante ans après les premières erreurs. Si on a précisé la situation visée, on a plus de chance de comprendre le chemin à prendre pour y arriver.

la France si elle veut retrouver la troisième place pour le PIB par tête, doit viser le cadre fiscal et social suivant :

-            Pas d’impôts de succession jusqu’à 100 millions d’euros

-            Droits de succession de 10 % au-delà, avec possibilité de payer sur dix ans.

-            Rétablir la taxe d’habitation universelle

-            Suppression de l’IFI

-            Casser l’Urssaf en trois organismes indépendants et concurrents sur le modèle suisse.

-            Permettre à chaque organisme de proposer des formules variées avec un minimum légal contraignant dont le coût est fixé. Si certains veulent cotiser plus pour partir plus tôt à la retraite, ou pour avoir des garanties supérieures, pourquoi pas ? Ce ne sont pas les autres qui paieront. Comme pour tous les autres systèmes d’assurance chacun doit être responsable de ses choix.

-            Unifier les cotisations sociales patronales et salariales, les intégrer dans le salaire brut et laisser le soin de les payer aux ayants droit en fonction de l’organisme d’assurance sociale choisi et du paquet des prestations choisies.

-            Rattacher les fonctionnaires au régime général. Chaque fonctionnaire cotise à la caisse qu’il a choisie pour les prestations qu’il a choisies comme les salariés du privé.

-            Supprimer le statut de fonctionnaires pour toutes les tâches de bureau (jusqu’à la catégorie A + Tout le monde devient contractuel avec possibilité de mettre fin au contrat (plus d’emplois à vie). On ne garde de statuts particuliers que pour les hauts fonctionnaires, les militaires et les instituteurs. Tous les autres peuvent passer du privé au public sans changement de leur régime d’assurance social qui est individuel.

-            Les métiers de médecine deviennent professionnels et contractuels. Le passage entre privé et public est totalement libre.

-            Le RSA est supprimé. Il est remplacé par deux allocations de solidarité nationale donc réservées aux citoyens français : l’allocation temporaire d’urgence (trois mois jusqu’à trois fois) et l’allocation temporaire de soutien (un an non renouvelable).

-            La durée du travail hebdomadaire ainsi que les règles d’heures supplémentaire sont laissées aux négociations par branche. Le salaire minimum et fixé par branche et région, non par l’État.

-            Les mesures de solidarité nationale sont financées par un impôt sur les revenus de toute nature de 8 % payés par tous et prélevé à la source. Elles sont réservées aux seuls nationaux. Les étrangers n’ont droit aux prestations de solidarité nationale qu’à partir de 5 ans de travail continu en France, période pendant laquelle ils ont dû payer néanmoins l’impôt de solidarité.

-            Les revenus de l’épargne, qui sont un reliquat après avoir payé déjà l’impôt sur le revenu, bénéfices distribués, intérêts ou loyers, sont imposés au taux fixe de 30 % (flat tax).

-            Les bénéfices des entreprises sont taxés à 5 % pour tous, 10 % à partir de 100 000 euros de CA, 20 %, à partir de 500 000 euros de CA, 25 % à partir de 5 000 000 de CA et 30 % à partir de 20 000 000 de CA. Les bénéfices distribués entrent immédiatement dans le revenu des actionnaires et sont taxés à la flat tax de 30 %. Au total les revenus créés par les entreprises au bénéfice des actionnaires sont donc taxés entre 35 et 55 %.

-            Les plus-values réalisées à court terme sur capital immobilier et mobilier (moins de 5 ans), sont taxées comme des revenus du capital à la flat tax. Sont exclues les plus-values sur le domicile. Au-delà de 5 ans elles ne sont plus imposables.

-            La gratuité de services distribués aux adultes par des organismes publics est interdite. Les réductions de tarifs doivent être proportionnées au nombre d’enfants à charge et au grand âge. C’est notamment vrai dans les transports (carte de réduction), les repas et activités périscolaires, les garderies d’enfants, l’accès aux piscines publiques, musées etc.

Ce système est une cible et le programme de transition est critique. Deux des absurdités du système actuel auront un poids considérable :

-            Les entreprises devront payer des salaires complets et donc les exonérations actuelles sur les bas salaires devront progressivement disparaître et faire place à la vérité des coûts.

-            L’État devra faire de même. La vérité économique de l’emploi public est totalement cachée par des procédés tortueux que les spécialistes connaissent bien. On découvrira que payer des fonctionnaires à leur coût complet rend absurde des centaines de milliers d’emplois publics administratifs qui devront disparaître.

Exemple : un salarié dispose actuellement d’un salaire net de 2 000 euros par mois. Sa rémunération comprenant les charges actuellement dites salariales et celles dites patronales, est de 4 500 euros. C’est désormais le salaire brut payé par l’entreprise, qui ne déduit plus rien. Il appartiendra au salarié de payer ses cotisations sociales aux organismes qu’il aura choisis et en fonction des prestations qu’il aura sélectionnées et de sa situation familiale. Il n’y a plus de distinction entre brut et net.

Un fonctionnaire qui gagne le même net disposera du même salaire brut et cotisera comme le salarié du privé. La notion de salaire net disparaît.

Le coût budgétaire des emplois publics va sensiblement augmenter mais reflétera la vérité du niveau de productivité français au lieu d’être caché par différents procédés artificieux. En contrepartie, l’État ne paie plus rien en matière de dépenses sociales entièrement couvertes par des cotisations, sinon les prestations de solidarités. Il est à égalité avec le secteur privé pour tout emploi. Un plafond sera établi pour les rémunérations publiques et les rémunérations publiques multiples seront interdites. Pendant la transition une hausse temporaire de la TVA sera nécessaire qui permettra de redresser les comptes extérieurs et limitera la prédation liée à nos déficits, tout en permettant de lisser le coût salarial global pour les bas salaires.

Un tel système appliqué de façon stable pendant au moins dix ans garantit :

-            Que le social sera presque entièrement financé par cotisation

-            Que l’entreprise soit totalement dégagée des choix sociaux. Aux entreprises de créer de l’emploi et de verser des salaires en fonction de leur efficacité économique ! Aux particuliers citoyens de fixer et financer les conditions des aides sociales.

-            Que l‘épargne soit enfin rémunérée et l’accumulation de richesses encouragée.

-            Que le financement de projets d’entreprise devienne facile et puisse être fait en confiance.

-            Que le travail et la démographie sont au centre du système et non l’assistanat.

Les dépenses publiques peuvent revenir à 30-35 % du PIB au lieu de 58 % !

On reviendra en moins de 5 ans à la troisième place pour le PIB par tête et on y restera dans la durée si on ajoute à cet appareil fiscal, une politique sélective dans l’enseignement, un programme sérieux d’aide aux familles nombreuses, et l’arrêt des énormes gaspillages que l’on constate dans de multiples domaines et notamment dans le domaine pseudo-écologique.

Naturellement, il faudra définir une diplomatie de la prospérité qui permettra de juguler les grands excédents et les grands déficits durables qui finissent par provoquer des crises financières tous les 8 à 12 ans et imposera les changements nécessaires dans la manière de gérer la zone Euro, trop normative, trop faible vis-à-vis de l’étranger, trop infiltrée par des lobbies et des associations diverses, souvent faux nez d’intérêts particuliers, qui y déversent des éléments de langage souvent doublés par des ordonnances qui imposent une véritable dictature écologiste, musulmane, wokiste et transforment l’homme blanc occidental en diable pénitent toujours sur le pilori.

Il ne faut pas que la transition prenne plus de 5 ans, ce qui correspond à un quinquennat.

Les résultats seront spectaculaires. Savoir qu’on ne pourra pas vivre avec l’argent des autres et qu’à partir de l’âge de travailler, il faudra payer tous les mois le financement de ses cotisations sociales de façon impérative, sans espérer la moindre allocation, entraînera très vite des changements profonds et salutaires de mentalités et d’attitude. Pas de secret : il va falloir trouver un travail et faire carrière. Et, comme ce sera soi-même qui devra financer le social, une certaine prudence vis-à-vis des démagogues deviendra nécessaire comme en Suisse, qui a toujours refusé les cadeaux au peuple tellement aimés des politiciens parce qu’ils savent que ce sont eux qui les paient directement.

Se rappeler que le but est d’obtenir un PIB par tête de 80 000 euros par habitant (base aujourd’hui) au lieu de 52 000, avec l’objectif tenace les années suivantes d’obtenir 100 000 euros par tête.

Rétablir la responsabilité individuelle est toujours la source des meilleures politiques collectives. Et tout le monde peut voir que cela en vaut la peine et qu’il n’y aura à terme aucun sacrifice.

On évoque dans le monde politique l’audace et le courage nécessaire pour sortir du trou où le pays s’est enfoncé, surtout dans les camps qui sont directement responsables de la situation. Il faut surtout bien comprendre ce qu’il faut faire et agir de façon éclairée, persévérante et inflexible tout en répétant quel est l’objectif visé.

L’énorme poids de la somme des charges salariales et patronales peut-il être transféré dans le salaire brut sans quelques réductions préalables des dépenses sociales ? C’est une vraie question dont la réponse peut être à très court terme de transférer la date de départ à la retraite à 66 ans et de porter la durée du travail hebdomadaire à 40 heures pour amorcer le système. Cela ne peut être fait qu’en étant très clair sur le caractère temporaire et d’urgence de ces mesures qui concernent des paramètres qui ensuite seront gérés par les assurés dans la direction qu’ils voudront.

Évidemment, il faudra reprendre l’exploitation des ressources du sous-sol français, pour limiter la rançon énergétique extérieure, renoncer à la décroissance, à la stérilisation des secteurs agricoles, industriel et immobilier, aux slogans du genre « no kids », et permettre à nouveau une gestion intelligente des fleuves et des forêts. Le Figaro titre que l’été 2026 consacre la faillite de l’écologisme politique. Le corset doit disparaître aussi bien en France qu’en Europe.

Le plus difficile est d’obtenir que les Français et leurs dirigeants de tout bord en prennent acte.

Sortir de politiques et de mentalités de soumission, d’irresponsabilité cupide et d’atteinte aux libertés et à la propriété ne devrait pas les troubler.

Surtout à un moment où il n’y a pas d’alternative.

La première force qui proposera de retrouver la troisième place pour le PIB par tête et à passer le PIB par tête de 52 000 euros à 80 000 gagnera les élections présidentielles de 2027 !

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Commentaire
A. Heurteaux's Gravatar Ne craignez-vous pas que ce plan soit vu comme :

- une démolition par la croissance du climat
- Une caricature de politique en faveur du capital.

alors que la stratégie anti révolutionnaire en place depuis 50 ans est :
- de compter sur le pacte social entre hauts fonctionnaires et syndicats réformistes et la prise en compte de la fragilité sociale telle que révélées par les évènements de 1968.
- de contrôler les risques et d'être des modèles en matière environnementale.

C'est du pur thatchérisme sans thatcher-la-salope. Personne ne s'y risquera.
Ni à gauche, ni à droite, ni au centre.
# Posté par A. Heurteaux | 12/08/26 20:36
DD's Gravatar A AH : Vous cherchez à identifier une couleur politicienne et sociale là où la question est de savoir si oui et comment les mesures proposées permettent d'atteindre l'objectif visé : le retour à la troisième place pour le PIB par tête.

Prenons le proposition de supprimer la notion de charges sociales et patronales prélevées sur l'entreprise, le salarié ne recevant que le net. On convertit ces charges en composants du salaire qui est intégralement versé. Au salarié de payé des cotisation à l'organisme de sécurité sociale de son choix. Absolument rien n'a changé à ce stade à sa rémunération. Il va gagner 4000 euros par mois au lieu de 2000 mais devra payer 2000 de cotisations. A ce stade rien ne change.

Mais on décide alors d'aller ver le système Suisse : la Sécurité Sociale est divisée en trous ou quatre organismes indépendants en concurrence. Chaque salarié choisit sa caisse et ses prestations. Chaque caisse est totalement autonome et doit, dans un cadre légale précis, faire au mieux pour service les prestations d'assurances.

Le but : responsabiliser les assurées et lui permettre de choisir l'équilibre entre coût et prestation, comme pour toutes les assurances. Tenter de diminuer les coûts de fonctionnement du système de sécurité sociale actuellement beaucoup trop couteux en France.

Ces mesures n'entraînent aucune perte pour le salarié. On augmente la productivité du travail. On évite les oukases venant du politique, le choix des prestations minimales étant certes imposé, mais les options sont libres.

Les entreprises sont dégagées de tous les débat sur la Sécurité sociale. C'est un dialogue entre citoyen eet assureur.

Le système suisse a montré son efficacité et un effet très bénéfique sur le chômage. L'entreprise est à égalité avec les pays étrangers qui n'ont pas de sécurité sociale intégrée dans leur prix. Excellent pour la compétitivité et les équilibres commerciaux.

Où voyez-vous une politique droitière procapitaliste outrancière.
On fait ce qu'on n'aurait jamais du cesser de faire : optimiser les méthodes pour obtenir les meilleurs résultats.
Il faut simplement oser voir, comprendre et agir. Pas se contenter de positionnement et d'image.

A chaque fois les discussion sur les modalités est cruciale. C'est mieux que de se jeter des anathèmes. Et au bout du bout c'est l'énorme gain qui correspond à la troisième place pour le PIB par tête qui compte.

Il y a une vingtaine de réformes structurelles de ce type à imaginer et mettre en œuvre. Cela devrait être le fond du débat présidentiel plutôt que des concours d'égos et d'ambitions stériles car vides de propositions perrmettant d'atteindre une cible.
# Posté par DD | 13/08/26 00:16
Siem's Gravatar La France s'est perdue dans la com' à outrance et les narratifs. Elle ne sait plus réfléchir collectivement et rationnellement. Lorsque les slogans remplacent intégralement la réflexion, il ne reste plus que des ambitions fumeuses et des concours d'attitude. La préférence pour l'indignation empêche toute discussion concrète. L'adoption servile d'éléments de langage ne met en avant que des perroquets. La course à l'expédient remplace les politiques réfléchies après que la course à la démagogie électorale sans limite a permis de prendre le pouvoir. Emmanuel Macron a poussé le système à son extrême avec, à la clef, un effondrement national à la fois économique, financier, mental et politique.

Il est rationnel de chercher à réduire les coûts de gestion de la redistribution sociale. Il est rationnel de transférer des effectifs stériles en effectifs créant de la richesse. Ramener des actions pensées pour leur utilité à des postures idéologiques ne mène à rien. Cette pédagogie est bien nécessaire en France.
# Posté par Siem | 13/08/26 10:28
H27's Gravatar Votre cible voit tout de même disparaître beaucoup d'impositions sur les riches et a une connotation libérale assumée. Pas sûr que cela soit acceptable pour les Français.
# Posté par H27 | 13/08/26 14:22
DD's Gravatar Toujours la même question : si les impôts sont au service d'un fin qui est la troisième place pour le PIB par tête, c'est cette rationalité qu'i faut discuter.
Qui critique l'impôt sur les plus values inventé par Giscard : Alfred Sauyy qui est socialiste ! Savoir si ce sera accepté par des socialistes ou des électeurs socialisants n'est donc pas le problème.

L’impôt sur les plus values et l'impôt sur la fortune, n'existaient pas pendant les Trente Glorieuses.. Faut-il voir une corrélation entre ces impôts et le déclin relatif du PIB français ? La réponse est oui. On pourrait en donner l'analyse ici. Mais qui a le moindre doute encore sur le conséquences tragiques sur l'investissement, moteur de la croissance et sur la défiance des entrepreneurs ?

Si vous ajoutez l'impôt sur les succession alors c'est la fuite des capitaux et des entrepreneurs.

Le rendement de ces trois impôts est très faible et les effets contreproductifs sont bien plus élevés. Vous les supprimez et aussitôt vous récupérer de la masse fiscale parce que l'investissement et le PIB s'envole.
Et tel est l'objectif.
Jugeons de l'objectif mais si on accepte de revenir à la troisième place pour le PIB par tête, les mesures fiscales ne sont pas seulement acceptables , elles sont indispensables.
# Posté par DD | 13/08/26 17:05
Sirius's Gravatar Aucun des candidats déclarés n'a véritablement de programme seulement une posture plus ou moins construite par la communication.
Publiez donc votre projet de rattrapage.
# Posté par Sirius | 14/08/26 07:59
DD's Gravatar J'ai tenté de le faire lors des élections de 2017 et l"ai fait pour celles de 2022. Cela ne sert strictement à rien. Parce qu'aucun parti n'est véritablement capable de s'emparer d'un programme centré sur le retour à la prospérité.

Cela impose d'avoir une vision écologique, européenne et mondiale alors que ces domaines sont paralysés par le politiquement correct. Le reste est hystérisée.
Surtout il n'y a plus aucune structure d’accueil partisane. LR et le PS sont des astres morts et les centrismes sont dans un en même temps délétères.
# Posté par DD | 14/08/26 10:22
Sirius's Gravatar Sans doute !

Mais certains des changements de comportement politique que vous portez sont salutaires et absents totalement du débat public. Recentrer la question politique sur le situation que l'on veut atteindre, sur la justification de ce choix, sur la description précise des bénéfices qu'elle présentera, tout en donnant une manière réaliste d'y arriver serait une révolution en France qui se contente de chercher le sauveur providentiel construit par la Com', les éléments de langage et les opérations images.
# Posté par Sirius | 15/08/26 11:00
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