L’énormité de l’imposture écologiste - Une étude du Pr Emérite Patrice Boyer

En ces temps de canicule, quelques réflexions de bons sens s'miposent

Résumé de l’étude

-            L’explication du réchauffement par le CO2 ne tient pas la route scientifiquement et ne permet aucune prédiction des canicules

-            Les canicules peuvent en revanche être prédites, notamment en étudiant le phénomène El Nino.

-            La réponse face au réchauffement extrême constaté n’est ni de réduire le CO2 produit en hiver pour se chauffer ni de végétaliser les villes.

-            La climatisation d’été est indispensable.

-            Les écologistes empêchent de développer les bonnes réponses à un phénomène complexe et provoquent des drames.

 

L’énormité de l’imposture écologiste

Patrice Boyer, juillet 2026

 

1. Les deux crédos indépassables des écologistes dans la lutte contre » le dérèglement climatique », ces 30 dernières années ont été :

- l’incitation frénétique à la « transition énergétique » (recours massif aux énergies non renouvelables, ENRs) ;

- et l’appel à un contrôle « naturel » du réchauffement (surtout pas de climatisation).

Ces deux orientations sont une catastrophe absolue, qui fait trop souvent consensus  dans trop des milieux politiques et sociaux sans connaissances scientifiques.  

a. La prétendue transition énergétique

La transition énergétique (recours aux ENRs, non pilotables) a un impact économique entièrement négatif. Comme le font remarquer nombre d’analystes, la France affichait déjà des performances remarquables en matière de rejets polluants grâce au nucléaire. Pourtant, on a développé massivement les ENRs alors même que la consommation d’électricité diminuait depuis les années 2010. On a ainsi installé près de 50 GW de puissance renouvelable intermittente (soit, en production effective, l’équivalent de 20-25 % de la puissance du parc nucléaire) en augmentant l’éolien. En clair on a augmenté l’éolien pour flatter l’hyper-écologisme (et remplir certaines poches), alors que c’était totalement inutile. Et ça a eu un coup : le retrait partiel de la fourniture continue du nucléaire (25 % donc) a fait bondir le prix de l’électricité dans des proportions considérables (le prix de l’électricité a doublé depuis 2010, alors qu’il était auparavant hyper-compétitif). L’argent investi dans ces ENRs aurait pu servir à électrifier l’économie, comme le souligne Jean-François Raux et comme cela avait été fait dans les années 1970-1990, et ainsi réduire les émissions (si c’était vraiment l’objectif) en diminuant l’usage du gaz et du pétrole.

On le sait, derrière cette pression, il y a eu une volonté des industriels allemands de réduire la compétitivité apportée par le nucléaire français et les écologistes français ont poussé à la roue ! Rappelons que Mme Borne a déclaré que le but était d’éradiquer le nucléaire français autour de 2 050.

La transition énergétique (recours aux ENRs, non pilotables) a un impact direct sur la fourniture efficace d’électricité. Les limites techniques (indépassables) des ENRs sont bien connues (énergies non pilotables). Mais, il y a pire. En développant les ENRs pour des raisons de soumission à l’Europe (donc à l’Allemagne), on a non seulement réduit le taux d’utilisation du nucléaire, mais on a aussi accru sa modulation (bascule du nucléaire vers les ENRs et réciproquement). Or, cette modulation fatigue les installations de réacteurs (fissures) et réduit leur durée de vie. Le parc nucléaire français est très fragilisé. Après quelques alertes, on pourrait un jour connaître une situation d’effondrement « à l’espagnole ».

Le recours aux ENRs photovoltaïques a des conséquences économiques aberrantes en période de canicule ! En effet en période de canicule il y a une surproduction photovoltaïque. Il faut donc se débarrasser de cette surproduction non stockable qui survient bien sûr dans la journée. Et souvent elle est vendue à perte (les prix résultants sont négatifs puisqu’on doit alors arrêter la production nucléaire qui continue de coûter !). Par contre l’énergie photovoltaïque ne peut pas être récupérée pendant les nuits de chaleur, où, même en sous-équipements, les moyens de climatisation et de ventilation marchent trois fois plus qu’en temps normal. Cette aberration des prix négatifs a fini par être reconnue dans la presse.

L’installation d’ENRs (principalement les éoliennes) est une catastrophe pour l’environnement.

La catastrophe est double : la construction d’éoliennes est une monstruosité écologique. L’installation d’éoliennes est un cauchemar environnemental.

Monstruosité écologique : Trois des quatre éléments constitutifs des éoliennes (la nacelle, les pales et le socle en béton) ont un impact écologique majeur. Les terres rares représentent une des matières indispensables à la production des nacelles éoliennes, en particulier à celle des aimants permanents servant à la fabrication des rotors qui vont transformer le vent en électricité. L’extraction des terres rares conduit à la destruction du tissu végétal des terres agricoles avoisinantes, à la pollution des sols et des nappes phréatiques par des eaux usées contenant des produits chimiques, mais aussi à la production de déchets radioactifs et au rejet de métaux lourds tels que le plomb, le mercure ou le cadmium (on retrouve le même problème que pour les batteries électriques).

Fabien Bouglé cite la mine de terres rares de Baotou et son lac toxique, en Mongolie intérieure, où la radioactivité mesurée est trente-deux fois supérieure à la normale, là où celle de Tchernobyl est « seulement » quatorze fois supérieure. Mais le désastre écologique ne s’arrête pas là.

L’augmentation progressive de la taille des pales nécessaires pour aller chercher des vents plus hauts, permettant une plus grande productivité, a conduit à une explosion de la demande de balsa (le bois de construction hyperléger utilisé) dont l’Équateur est un centre de production stratégique avec 75% de la production mondiale. Une hausse de la demande de balsa à laquelle les plantations existantes sont incapables de répondre entraîne une multiplication du trafic et des coupes sauvages dans la forêt amazonienne équatorienne. Les pales d’éoliennes contiennent également des fibres d’époxy entraînant le rejet de substances chimiques de synthèse tels que le Bisphénol A ou BPA dans l’atmosphère. Enfin les fibres de carbone qui ntrent dans la composition des pales des éoliennes ne sont pas recyclables, ce qui contraint les promoteurs éoliens à enterrer dans les sous-sols les pales des machines arrivées en fin de vie.

Quant à l’impact de l’installation d’éoliennes sur l’environnement (bruit, chaleur, massacre d’oiseaux), le consensus est tel que tout commentaire est superflu.

Les éoliennes sont une monstruosité écologique, ce qui confirme ce que nous soutenons depuis des années : les écologistes sont les pires ennemis de l’écologie, ce ne sont que des idéologues fanatiques et destructeurs.

Un autre impact est d’ailleurs soigneusement passé sous silence : celui sur la santé des habitants proches. L’aspect toxique des infrasons et des sondes électromagnétiques générés par les éoliennes (qui se propagent sur plus de 20 kms) est connu. Il faut maintenant procéder à de véritables études de cohortes de ces populations. Certes. Qui va le faire quand on connaît la puissance démesurée du lobby éolien ?

La question principale reste bien sûr : la transition énergétique va-t-elle avoir un impact sur le dérèglement climatique ?

On vient de le voir les aspects économiques, techniques, environnementaux, de santé publique de cette transition sont tous négatifs. Mais ce serait un sacrifice justifié eu égard au péril climatique, expliqué officiellement par le GIEC comme entièrement lié à la combustion d’énergies fossiles, au rejet de CO2 et au réchauffement par effet de serre (modèle qu’il est interdit de contester). Si c’est exact le meilleur moyen de lutte est alors l’énergie nucléaire : la moins polluante, la moins chère, la plus souple, celle avec le meilleur rendement, la plus efficace etc. Oui mais elle est la plus dangereuse disent les écologistes. Donc une seule solution, les ENRs.

Certes, mais pour affirmer que les ENRs sont la seule solution, il faut être sûr à 100 % que le réchauffement est dû au CO2 et à l’effet de serre. Or depuis des années, aucune preuve expérimentale n’a été produite dans ce sens. Il faut donc signer un chèque en blanc à la solution ENRs, ruineuse, écologiquement catastrophique, techniquement faible, scientifiquement non validée, et aux effets totalement inconnus sur le réchauffement.

b. Une tragédie : la comédie du contrôle « naturel » du réchauffement versus climatisation

Là on ne peut qu’incriminer l’inculture scientifique abyssale des écologistes, de notre pauvre peuple et de ses politiques. On entend en permanence que le meilleur moyen de lutte contre les canicules est la « végétalisation des villes » et non la climatisation !

Le b.a-ba de l’analyse climatique commence par la définition de l’albedo. L’albedo est l’indice de réflexion (ici par la planète) de l’énergie solaire entrante. Un albedo élevé correspond à un indice de réflexion intense, donc à un renvoi de chaleur important vers l’atmosphère et à un bon refroidissement de la surface de la terre. L’albedo est mesuré entre 0 et 1. L’albedo de la terre est actuellement de 0,3. Lorsque l’albedo est très bas, il n’y a pas de renvoi d’énergie thermique et le réchauffement est très élevé (l’albedo d’un corps noir est à 0). Or l’albedo végétal est très bas !!! Celui d’une forêt par exemple est de 0,05. Une forêt ne renvoie pas la chaleur mais la capte (et la diffuse la nuit !).

Les villes sont des îlots de chaleur du fait de leur concentration d’habitants et d’activités (rejets thermiques multiples), de leurs toits trop sombres et du bitume très sombre lui aussi. Blanchir les terrasses et les pavements a un effet. Mais végétaliser les villes en réduisant considérablement l’albedo les réchauffe, notamment la nuit où ce surcroît de température est particulièrement dommageable !

Le pire reste l’orientation quasi criminelle prise par la France à la suite de ce mythe écologique de la végétalisation des villes : tout sauf la climatisation

En France 7,5 % des écoles sont climatisées, moins de 12 % des bâtiments administratifs le sont, la plupart des immeubles privés en chantier ne le sont absolument pas et la situation des hôpitaux (ce qui est stupéfiant !) est la pire : on continue à construire des hôpitaux non climatisés. Dans les autres pays européens, et pas seulement au sud, le taux de climatisation se situe entre 50 et 75 % ; il est de 95 % au Japon. Bien sûr un tel blocage criminel est idéologique avec des canicules au-dessus de 40°. Cette idéologie, non ouvertement avouée, est tellement folle qu’elle méritera une analyse psychiatrique.

 2. L’autre lutte écologique aberrante a concerné les dépenses d’énergie contre le froid.

Avoir obsessionnellement privilégier les économies de chauffage pendant les phases de froid alors que l’impératif majeur était de prendre des mesures contre le réchauffement non viable de l’habitat est une aberration totale. Le rationnel aurait pu être : « on va consommer plus d’électricité à cause de la climatisation l’été, essayons de réduire la consommation hivernale ». Non, pour les écologistes le principal était de consommer moins d’électricité tout court.  Comme le nucléaire était à éradiquer, la seule issue était de consommer le moins d’électricité possible. On connaît l’impact catastrophique de la loi de Mme Duflot sur les « passoires thermiques » pour l’industrie du bâtiment et le logement : ralentissement majeur de l’activité, coûts de construction et de travaux ayant explosé, locations introuvables. Ce qui ne l’empêche pas de hurler qu’elle avait raison sur tout ! Résultat incontestable : les citoyens français ont de plus en plus de mal à se loger (raréfaction considérable de l’offre) mais ils sont sûrs d’une chose : mourir de chaud l’été. Et ces deux constats sont liés, il faut le répéter, à un dogmatisme écologique moralisateur et quasiment religieux, loin des réalités et de la science, soutenu par quasiment   tous les politiques au pouvoir ces dernières années soucieux de rester dans les limites d’un écologiquement correct protecteur.

3. Question naïve et évidente : pourquoi les politiques ont-ils privilégié à 100 % les orientations écologiques les plus néfastes ?

Une réponse en une phrase suffit : parce que, dans une République qui devient bananière, tant les marchés aidés par l’Etat prolifèrent, le pactole correspondant aux ENRs et à la transition énergétique est monumental ! Et si on peut à la fois jouer les grands donneurs de leçon de « responsabilité écologique et citoyenne » et s’en mettre plein les poches (ou avoir le soutien inconditionnel de ceux qui s’en mettent plein les poches), il n’y a pas à hésiter.  Les milliards d’euros empochés à l’échelle européenne par les promoteurs des ENRs sont bien documentés. Un business d’initiés sans le moindre risque !

4. Les causes des vagues de chaleur record

Pour les écolos, analyser des observations est inutile, puisque tout s’explique par le réchauffement anthropique lié aux émissions de CO2. Le problème est que répéter inlassablement ce mantra ne permet pas d’anticiper les périodes de chaleur extrême. Bien au contraire : l’augmentation (et la dilution atmosphérique) des taux de CO2 étant un phénomène continu, progressif et global, l’augmentation des températures devrait être continue, progressive et globale. Or c’est exactement le contraire. Ce n’est pas continu mais chaotique, ce n’est pas progressif-linéaire mais stochastique (il existe à l’échelle des décennies des découplages massifs entre augmentation des taux de C02 et augmentation des températures), ce n’est pas global mais centré avant tout sur l’Europe (qui est le continent qui se réchauffe de loin le plus vite) et le sous-continent indien.

Une parade est utilisée en permanence dans les médias : les vagues de chaleur sont exceptionnelles parce qu’elles viennent se superposer au dérèglement climatique global, qui reste le phénomène de base dont le mécanisme est le rejet anthropique du CO2. Circulez, on connaît déjà la réponse avant d’avoir analysé quoi que ce soit ! Si on ne veut pas se résoudre à ce viol de la science, alors donnons au moins une description crédible des interactions entre effet CO2 et naissance des canicules. Il n’existe aucune ligne dans la presse scientifique sur le sujet.  Pourtant passer d’un phénomène général, lent et régulier à une crise brutale et localisée est une bizarrerie qui mériterait quelques explications ! N’en espérez aucune ! Pour le moment, rien n’a été publié et on sent que cela ne va pas être simple…

Les canicules de mai et juin 2026 ont été prévues par le NOAA (amplitude d’El Nino).

Le NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) est l’agence gouvernementale américaine de prévision des modifications climatiques. Dans son bulletin de début d’année NOAA estimait qu’il était possible que le phénomène El Nino soit d’une amplitude exceptionnelle en 2026 (« El Nino forms, expected to strengthen », rapport disponible en ligne) avec des conséquences redoutables sur le réchauffement de l’Atlantique nord. NOAA précisait même : si El Nino rencontre des anticyclones majeurs sur son parcours surviendront alors des canicules jamais observées. En plein dans le mille. Reste à expliquer ce qu’est El Nino. El Nino est en fait la seule variable climatique actuellement observable à l’origine du réchauffement (ce qui n’exclue pas, bien sûr qu’elle dépende elle-même d’autres variables hiérarchiquement supérieures). Au niveau de l’océan Pacifique équatorial les vents soufflent théoriquement vers l’ouest (alizés), entraînant l’air chaud et humide vers l’Indonésie et refroidissant les côtes équatoriennes (courant de Walker). Les pêcheurs d’Amérique du Sud connaissent bien ce phénomène : le refroidissement des eaux côtières leur permet d’avoir une pêche abondante. Par contre tous les 7 ans (ou parfois avant) les alizés faiblissent et le courant s’inverse : l’air chaud est poussé vers l’est, les côtes se réchauffent et la pêche est moins abondante. Ce sont les pêcheurs eux-mêmes qui ont décrit cette inversion, et comme elle s’amorce souvent en fin d’année pour Noël ils l’ont appelé « El Nino » (l’enfant Jésus). Depuis l’amplitude thermique de ce phénomène est chiffré, allant le plus souvent de 0,5 à 2°C. Mais pour 2026 NOAA estimait qu’un El Nino exceptionnel, d’amplitude 3°C (super El Nino), était possible. Ce qui s’est produit (les relevés sont disponibles sur le site de NOAA).

Théoriquement l’air chaud d’El Nino atteint l’Atlantique mais ne remonte pas jusqu’à l’Europe. Mais cette fois-ci en remontant vers le nord et l’Europe, il a rencontré des anticyclones exceptionnellement puissants et immobiles en mai et juin (et peut-être malheureusement en juillet). S’est alors déclenché le mécanisme bien connu du dôme de chaleur. L’air chaud de El Nino, bloqué par l’anticyclone, est redescendu vers le sol. Cet

air était déjà exceptionnellement chaud, et en descendant il s’est comprimé et encore plus réchauffé (la fameuse pression adiabatique). D’où les 40°C ou plus en arrivant au sol. Les longues journées de juin et juillet ont fait le reste.

Le phénomène El Nino est-il une explication suffisante ?

Le phénomène El Nino 2026 explique parfaitement les canicules actuelles. Reste bien sûr à comprendre pourquoi El Nino a eu cette intensité exceptionnelle d’amplitude 3°C. El Nino est un phénomène lié aux possibles ruptures de la symétrie est/ouest de l’albedo (l’albedo on l’a vu est le réfléchissement de l’énergie solaire entrante, soit 30 % pour la terre), symétrie liée elle-même aux régimes des vents de très haute altitude (« jet stream » ou « courant jet », ici tropical de l’hémisphère sud). Lorsque ces régimes de haute altitude modifient la couverture nuageuse, l’albedo change et les changements induits du réfléchissement thermique déséquilibrent et inversent les températures du pacifique (l’ensemble constituant le phénomène ENSO).

Ces « courant-jet » circulent à la limite supérieure de la troposphère/limite inférieure de la stratosphère. Qui plus est, ce sont ces mêmes courants, mais ici dans l’hémisphère nord subarctique) qui sont à l’origine de la formation des anticyclones au-dessus de l’Europe. Cette circulation est donc impliquée à la fois dans El Nino pour le pacifique sud et dans la formation d’anticyclones prolongés au-dessus de l’atlantique nord et l’Europe, c’est à dire précisément dans ce qui est survenu en mai, juin et juillet 2026. Une analyse détaillée des modifications des courant-jets est donc indispensable. Les tenants de l’hypothèse CO2 arguent évidemment que le phénomène El Nino ne fait que pousser un air déjà réchauffé par l’effet de serre. C’est faux quand le phénomène inverse survient (La Nina) puisqu’au même niveau du pacifique les eaux sont alors trop froides et renforcent le courant de Walker. Dans l’hypothèse « effet de serre » la température de l’air ne peut pas varier aussi rapidement. L’autre hypothèse du GIEC est que l’air au sol sous le dôme de chaleur est déjà chauffé à blanc par l’effet de serre. Ce n’était pas le cas au mois de mai.

c. Une hypothèse négligée et peut-être essentielle : les modifications de la pression adiabatique.

C’était l’hypothèse du plus grand climatologue américain (Richard Lindzen). L’intensité du réchauffement est liée à la compression de l’air descendant, donc à la pression adiabatique (cf supra). Si cette pression est anormalement haute du fait d’une pression supplémentaire exercée par les très hautes couches atmosphériques, dont le mécanisme reste à expliquer, alors l’air descendant sera encore plus chaud. Expérimentalement c’est ce qui s’est passé lors des incendies dévastateurs de Los Angeles en 2024.

d. L’exploration du phénomène El Nino est donc essentielle autant que complexe.

Il a été entièrement prévu par NOAA que le El Nino 2026 serait le plus fort depuis 100 ans. Rappelons que le El Nino de 1876 a tué par ses conséquences 3 % de la population du globe. Se contenter du modèle effet de serre n’est pas raisonnable, d’autant que les  résultats des mesures prises jusqu’à présent pour réduire cet effet de serre n’ont rien eu de probants.

5. Encore une fois, les limites de la théorie du CO2 anthropique

Néanmoins le « consensus scientifique général » (???) repose sur l’existence première d’un effet de serre lié au CO2 anthropique, le phénomène El Nino étant une cause secondaire. On peut lire actuellement dans les faux journaux d’information scientifique (type « Futura Science ») qu’il ne faut pas s’appesantir sur El Nino, le seul responsable est le CO2. Comme c’est tout de même El Nino qui est responsable des canicules actuelles et qui tue, il faudrait au minimum pouvoir modéliser les interférences effet de serre/ElNino, c’est un impératif scientifique de base. Et c’est là que le bât blesse. La théorie du CO2 anthropique suppose une dilution homogène du CO2 dans l’atmosphère au bout de 2 à 5 ans, et donc un renforcement global et homogène de l’effet de serre autour de la planète. Il n’y a pas de raison, en lien avec cette hypothèse, que des régions se réchauffent beaucoup plus vite que d’autres. Il n’y a pas de raison, qu’en raison du seul effet de serre, le Pacifique équatorial se réchauffe plus vite que l’Atlantique nord par exemple. Il n’y a aucune raison non plus pour qu’un effet de serre provoque une inversion des alizés du pacifique équatorial tous les deux ou sept ans (en clair que le CO2 rompe la symétrie est/ouest). L’effet de serre ne peut pas expliquer des événements avant tout locaux. L’effet de serre ne peut pas non plus expliquer l’augmentation de la pression adiabatique lors de dômes de chaleur. L’effet de serre correspond à une captation de longueurs d’onde des rayonnements dans l’infra-rouge et ne peut pas provoquer d’augmentation de la pression gazeuse (qui n’a d’ailleurs jamais été mise en évidence lors de telles captations).

Ainsi la théorie dominante (unique) ne permet ni de modéliser, ni de prévoir, ni de connaître l’amplitude, ni bien sûr de combattre la survenue de canicules. Décréter que l’effet de serre est la toile de fonds est une pétition de principe qui n’explique rien.

 6. Toutes les mesures prises reposent sur une théorie incertaine et ont des conséquences catastrophiques

Pourtant pratiquement 100 % des mesures prises par l’Europe REPOSENT UNIQUEMENT sur la théorie de l’effet de serre et de l’augmentation du CO2 anthropique : décarbonation massive, taxation maximale des énergies fossiles, passage aux véhicules électriques, transition énergétique vers les ENRs, réduction drastique de la consommation énergétique (surtout l’hiver), absence de toute lutte contre la chaleur autres que les moyens naturels (végétalisation, etc.).

Quelles ont été les conséquences pratiques de ces mesures dans la vie quotidienne ?

- une augmentation sans frein du coût de l’énergie ;

- une vulnérabilité complète aux fluctuations du coût de cette énergie liées aux barèmes de taxation intangibles ;

- un recours à des outils présentant un impact environnemental catastrophique (cf plus haut les éoliennes ; les batteries électriques sont du même acabit) ;

- l’élaboration de postulats délirants sur la végétalisation des villes ;

- une soumission suicidaire à l’économie chinoise (les voitures électriques et la folie de l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 en est le meilleur exemple) ;

- l’absence de toute lutte pratique contre le réchauffement (cf la situation actuelle) ;

- et surtout, ce qui n’est jamais souligné, mais ce qui pour un scientifique est le plus grave, l’impossibilité d’explorer d’autres pistes étiologiques du réchauffement. 

Le niveau scolaire a-t-il baissé comme il se dit un peu partout ?

Exemple d'exercice de calcul de 1953 en 6ème.

Problème de calcul proposé en sixième au lycée Henri IV en vue de préparer au BEPC l’année suivante, en 1953.

Enoncé : Le savon de Marseille est un cube de 5 cm de côté. Son usage familial quotidien, mesuré le premier jour d’emploi, a vu chaque arête du cube perdre un millimètre.

Questions :

  1. En combien de temps le volume du savon aura-t-il diminué de moitié (durée exprimée en en jours, heures, secondes).
  2. Combien de jours après l’achat faudra-t-il en racheter un autre.

Vous devez répondre en moins de 5 minutes !

Pour les meilleurs : hauteur du cube après 10 jours d’utilisation. Règle à calculs autorisée.

Heureusement, c’était un devoir à faire à la maison et non un exercice-surprise au tableau avec opérations par calcul mental sans poser les opérations. Cela aurait pu l’être ! Il n’est pas sûr que tous les enseignants actuels du collège unique soient capables de donner un corrigé correct, même en plus de 5 minutes !  Heureusement le test n’est pas inclus dans l’épreuve Pisa !

La fin bouffonne de l’Enarchie Compassionnelle et Bienveillante

Lorsque la crise de 1929 a frappé le monde, les Polytechniciens ont réagi avec le mouvement X-Crise. On ne pouvait pas laisser à des parlementaires ignares le soin de diriger le pays et il fallait que les scientifiques reprennent à leur compte le soin de l’économie. Date de ce moment la promotion d’économistes polytechniciens, dont le modèle sera Maurice Allais major de sa promotion et premier prix Nobel. Depuis la filière s’est un peu cassée avec des représentants qui se renouvellent mais loin de l’examen des questions importantes.

Lorsque la France, considérée comme la première armée du monde, a sombré devant l’offensive de Guderian, en moins de trois semaines, ce sont les Inspecteurs des finances qui se sont rebellés et qui ont pensé à leur tour qu’on ne pouvait pas laisser la politique entre les mains d’avocats ou de politiciens ignares et qu’il fallait redonner une vraie armature à la démocratie. Le mouvement commence dès le dernier gouvernement de la troisième République et s’amplifie sous le premier gouvernement Pétain. Des plans sont élaborés qui formeront l’essentiel de ce qu’on appelle avec une révérence sans doute excessive le programme du CNR, avec la création de la sécurité sociale moderne et celle de l’ENA. Mendès-France a été appelé par de Gaulle pour participer aux discussions qui conduiront aux accords de Bretton-Woods et pose une marque de sérieux économique dès les premiers pas de la Quatrième. Keynes de son côté et devenu le gourou du « dirigisme économique intelligent », par opposition à la nullité supposée des obsédés de la déflation salvatrice. On croit que l’on sait désormais éviter les grandes crises économiques. Rions ensemble, mes bien chers frères !

Dès la Quatrième, les hauts fonctionnaires se mettent en place pour conquérir le poste de Président du Conseil : Mendès-France sera le premier à y réussir et son parcours sera glorifié de façon un tantinet exagérée jusqu’à aujourd’hui. Il reste la référence de tous les hauts fonctionnaires voulant réussir en politique. Après le polytechnicien Bourgès-Monoury, Félix Gaillard (devenu inspecteur des finances en 1943) réussit à s’imposer, avant que la Quatrième ne s’effondre. Avec Michel Debré c’est le fondateur de l’ENA qui prend le poste de premier Ministre. Les jeunes diplômés de l’ENA commencent alors à peupler les cabinets et les partis, surtout à partir de mai 1968, sous Pompidou. L’objectif : la présidence de la République devenue le pilier du pouvoir politique. Jacques Chirac se singularise lors des négociations débouchant sur les accords dits de Grenelle : il lâche tout pour avoir la paix sociale, une habitude qui deviendra un dogme énarchique. Le pays paiera, mais surtout pas de risque de révolution donc pas de résistance excessive. On baisse d’abord sa culotte (de plus en plus vite) et en suite on hausse les impôts (de plus en plus fort) !

La grande bascule se produit avec Giscard, énarque polytechnicien, qui a réussi à intégrer ces deux écoles sans passer par les procédures d’admission normales. Il appelle Jacques Chirac qui crée un précédent : la trahison massive et éhontée de son parti d’origine pour obtenir le poste de premier ministre un procédé qui aura de l’avenir. L’ennui, c’est l’explosion de la première grande crise économique de l’après-guerre suivant la destruction par les Etats-Unis des accords de Bretton-Woods. Personne n’a compris qu’en régime de changes flottants les recettes keynésiennes pour sortir d’une récession ne marchent pas. Le plan de relance de Giscard-Chirac est délirant : autorisation administrative de licencier ; deux ans d’indemnités chômage à 90% du dernier salaire. La fiscalité devient de plus en plus délirante. Le septennat de Giscard sera fiscal de bout en bout. Peu de gens savent que le projet d’ISF a été conçu sur son ordre et qu’il devait passer aussitôt sa réélection acquise. La fiche de paie qui tenait sur un ruban de papier devient un document multipage.

Giscard signe les accords de la Jamaïque qui organisent la plus grosse catastrophe économique pour l’Occident : les taux de croissance s’effondrent avant que les crises financières ne s’enchaînent.

Pire, il décide avec Jacques Chirac que les réformes sociétalistes doivent se substituer aux politiques régaliennes classiques. L’avortement légalisé, et la destruction du mariage classique avec le divorce par consentement mutuel, signent la fin de la natalité en France. La loi Haby signe l’effondrement à venir de l’école. Le blocage de l’accès à la filière de formation médicale signe l’asphyxie à venir de la Santé. Raymond Barre prend l’avion pour constater que les « bourgeois avec piscine » prolifèrent et qu’il va falloir agir. Ils n’avaient sans doute pas de comptes en Suisse ni acheté leur maison avec les fonds secrets. Des « salauds » ontologiques ! On laisse l’immigration se développer sans frein et on l’accélère avec le regroupement familial qui transforme une immigration de travail en immigration familiale de masse.

Pendant ce temps-là la stagflation s’est imposée dans le monde et provoque la montée de la réclamation socialiste en France. Giscard croit intelligent d’humilier Chirac qui va s’employer à ce qu’il ne soit pas réélu. Les Enarquillons sortis de l’école se ventilent entre droite et gauche avec une forte tentation pour le PS : Rocard, Jospin, Fabius, bientôt Hollande et Ségolène, se haïssent et se préparent.

La récession de 78-81 permet à Mitterrand de gagner l’élection présidentielle avec un programme dément de nationalisations à 100 % et de mesures démagogiques. Cette gabegie fait tomber la France de son poste de troisième pays pour le PIB par tête. La déchéance commencée sous Giscard s’accélère. Les taux de croissance s’effondrent. Les naissances commencent à fondre. L’éducation nationale et la médecine commencent à souffrir de façon visible. Les budgets sont toujours réalisés en déficit. La dette commence à grossir. Les conflits d’Énarques à gauche comme à droite deviennent la marque de la politique française. Fabius Rocard et Jospin à gauche, Balladur et Chirac à droite. Chirac devient président avec Juppé en premier ministre avant de dissoudre sous la pression de l’Énarque Villepin, de perdre et d’appeler l’énarque Jospin. L’effondrement français se confirme. Le sociétalisme s’étoffe en même temps qu’on répond aux sirènes de l’européisme avec les accords de Maastricht et de l’écologisme, avec la nomination de Voynet qui commence à saccager l’industrie nucléaire française. Les naissances commencent à devenir inquiétantes. Le système social français cesse d’être finançable. La dette explose. Chirac et Jospin s’accordent pour réduire à 5 ans le mandat présidentiel et relèguent les législatives comme conséquence du choix présidentiel.

Le premier quart du XXIe siècle est dominé par les quinquennats de Chirac, Hollande et Macron (deux fois), avec la parenthèse Sarkozy qui finira en prison, pour bien marquer qu’en France seuls les Énarques ont le droit d’être président. François Fillon et Marine Le Pen découvreront cette règle non écrite.

L’européisme, le justicialisme, l’étatisme, le wokisme, le fiscalisme, le contrôle des médias, l’emportent sur l’intérêt national. Le macronisme voit son avenir dans l’énarque Philippe qui a fermé Fessenheim et déclenché l’affaire des gilets jaunes. Le PS est sous la houlette de Vallaud et Hollande, deux énarques sans grands scrupules. Le premier a fait nommer sa femme à la Cour des comptes permettant au couple de gagner des sommes d’argent public somptueuses, à vie. Le second a placé une de ses maîtresses à la mairie de Paris en lui accordant des pouvoirs spéciaux dont elle abusera. Il vit grassement des rentes de la République en savourant la joie d’avoir distribué sans limite des gratuités : « c’est gratuit, c’est l’État qui paie » disait-il. 3 500 milliards d’euros de dettes ne le font pas réfléchir.

Ne parlons pas de la décennie toxique du pervers narcissique Macron, symbole de l’effondrement de l’énarchie compassionnelle et bienveillante dans le n’importe quoi honteux, jusqu’à se présenter comme anti-français. Versailles est fournie en RBnB à Trump pour signer un traité dont la France est absente. On fournit à l’œil les Champs Elysées pour transformer une fête nationale en démonstration militaire européenne. La seule urgence du gouvernement factice de l’insignifiant Lecornu est de voter le suicide assisté exigé par les Francs-Maçons et eux seuls ! Comme si cela était une urgence voulue par la nation tout entière.

Il faut désormais acter la mort nécessaire de l’énarchie « compassionnelle et bienveillante ». Cette escroquerie a assez duré. La République est fondée sur la séparation des pouvoirs. Le politique et l’administratif doivent être séparés par des cloisons étanches. Les espoirs de 1940 ont totalement sombré dans la quête de pouvoir et d’argent d’une caste devenue sans principe, qui a cédé le pouvoir aux juges et à l’Union européenne et ne pense plus qu’à se servir en famille.

Une réforme constitutionnelle doit poser les règles nouvelles :

-            Nul ne peut disposer de deux rémunérations de l’État

-            Nul ne peut être élu au Parlement s’il est fonctionnaire.

-            Tout fonctionnaire détaché auprès d’organismes dépendant de l’argent public doit l’être à ses conditions de rémunérations statutaires.

Il faut se rappeler que la multiplication des hautes autorités et autres machins a eu d’abord comme objectif de faire sauter les limites de rémunération.

Personne n’est choqué de voir  un couple de hauts fonctionnaires, pousser  sa fille, à la sortie de l’ENA, dans un cabinet à la mairie de Paris, où sa mère travaille comme haut fonctionnaire, puis dans une équipe ministérielle, avant de la voir nommer à un secrétariat d’Etat puis au poste de ministre. Qui peut faire cela dans le privé ? On peut alors essayer de lui tailler une circonscription électorale. En cas d’échec on la fait nommer à la tête d’une agence dont le président touche 700 000 euros par an, tout en vivant aux frais de Nicolas-qui-paie ! Magnifique, non ? Pourquoi se gêner ? Ne parlons pas de Parly 2 !

Les Enarques qui veulent faire une carrière politique devront démissionner de leur statut. Ce n’est pas une condition suffisante : on a vu que Bruno Le Maire, à la suite d’un mariage avantageux financièrement, a démissionné de son statut de haut fonctionnaire et cela ne l’a pas empêché de ruiner le pays par des dettes astronomiques et insupportables. Mais tout le monde a vu lors du passage de témoin à son successeur qu’il était révéré comme un pape de l’Enarchie.

L’obligation de démissionner de la fonction publique pour se lancer dans la politique est mesure insuffisante mais nécessaire. Aurait-elle été prise, on ne verrait pas Wauquiez, Copé, en attendant Pécresse, trahir leur propre camp en faveur de l’énarque Philippe. Vallaud et Hollande seraient hors-jeu. Macron perdrait jusqu’à l’espérance d’un retour et Philippe devrait se trouver un rôle de haut fonctionnaire. Par exemple, libérer les ports français de l’influence de la CGT et éviter que toutes les importations européennes et françaises ne passent par Rotterdam !

Tout le monde en France respirerait un peu mieux !

L’énarchie compassionnelle et bienveillante est morte de ses excès. Il faut acter cette réalité navrante.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

La disparition d’Alan Greenspan : une occasion escamotée de réfléchir un peu

Alan Greenspan est un parfait inconnu lorsqu’en été 1971, les Etats-Unis ont décidé de jeter à bas l’organisation monétaire concertée mise en place par les Accords de Bretton Woods.

Pendant des années entre 1941 et 1947, les meilleurs économistes ont travaillé sur une question clef : comment éviter les crises périodiques dont le drame de la récession de 1929 avait montré les conséquences fâcheuses. Il fallait que les Alliés, à la fin d’une guerre mondiale acharnée, et dévastatrice organisent une paix durable et sans crises économiques répétitives.

Absolument tous les participants ont dénoncé les errements monétaires, provoquant des déficits et des excédents commerciaux intenables, comme la cause profonde des dérèglements d’avant-guerre. Les grands déficits et les grands excédents devinrent des tares à extirper et les monnaies devaient être stables et ajustables par accord général. Pour éviter des ajustements trop violents, un Fond Monétaire International devait à la fois surveiller la situation dans chaque pays pour prévenir les dérapages et fournir des ressources temporaires aux pays en grands déficits pour y éviter des récessions qui entraveraient l’ensemble de l’économie mondiale.

Ce schéma a parfaitement fonctionné. Il y a eu deux ralentissements mondiaux en 1952 et 1963 mais aucune récession jusqu’à la décision unilatérale des Américains de casser le système à l’été 1971.  

Il avait néanmoins un défaut de construction : les Etats-Unis avaient imposé que le dollar soit considéré comme équivalent de l’or comme base d’évaluation des monnaies et liquidité internationale. La raison était simple : tout l’or était aux Etats-Unis ! Cela imposait au dollar de maintenir sa valeur en or. A 35 dollars l’once, cela supposait pour les Etats-Unis une politique budgétaire plutôt restrictive. La guerre du Vietnam, la compétition dans l’espace avec l’URSS et les plans de développement internes très ambitieux des Démocrates ont rendu cet objectif intenable. Pour ne pas être grugées, les nations ont demandé le remboursement en or de leurs créances en dollar. Pour éviter de voir leur réserve asséchée, les Etats-Unis ont décidé de faire carrément défaut sur leurs obligations. « Le dollar est notre monnaie et votre problème ».

Cela provoquera dès1972 une récession aux Etats-Unis qui gagne le monde en 1973. La crise du dollar entraîne au bout d’un an la formation d’un cartel de pays pétroliers soucieux d’enrayer la chute verticale de leurs recettes en dollars. Cette décision aggrave la crise. Les Accords tragiques de la Jamaïque en 1974 établiront le régime des changes flottants qui allait détruire la croissance mondiale et conduire à la stagnation toutes les économies occidentales.

Ces décisions n’ont pas été conduites par une doctrine établie et consensuelle. Les changes flottants étaient considérés dans tous les grands manuels comme une fantaisie qui ne méritait pas plus qu’un paragraphe moqueur.

Mais il n’était pas possible de ne pas donner un semblant de légitimation théorique aux accords de la Jamaïque. On a sorti du néant le seul livre qui justifiait, un peu, les changes flottants dont l’auteur était Milton Friedman et ouvert une carrière à Alan Greenspan qui adhérait totalement à cette doctrine. Le premier est devenu le penseur économique et monétaire à la mode autour du concept qui fait de la monnaie est « une marchandise comme les autres » dont le prix doit se former librement sur un marché où l’interférence des Etats doit être interdite. Le second a pris les progressivement les commandes au sein du système financier américain.

On a inscrit cette doctrine dans un mouvement néo-libéral, portant sur l’ouverture générale des marchés et l’abaissement des frontières, avec in fine l’intégration de la Chine dans le système.

Les effets tragiques ont été immédiats. Les crises financières périodiques sont revenues : 1973, 1982, 1992, 1998-2001, 2008… Le taux de croissance global s’est effondré. On tourne en Occident autour de 0.5% actuellement, là où on était entre 4 et 7% avant 1971.

On fera de Greenspan un président de la FED. Il finira par avouer que tout ce qu’il pensait s’était finalement avéré erroné et qu’il s’était trompé sur toute la ligne. Il restera dans l’histoire pour une phrase amusante : « si vous avez compris ce que voulais dire, c’est que je me suis mal exprimé ». Et c’est tout, ce qui explique l’absence quasi-totale de commentaire approfondie à l’occasion de sa disparition. La crise des subprimes a balayé son souvenir comme référence sérieuse.

L’ennui, c’est que les conséquences économiques des changes flottants ont été tragiques sans que personne ne veuille rouvrir la question de l’organisation monétaire.

L’union Européenne a profité du désordre pour créer l’Euro, une monnaie fixe que ne permet plus de gérer les ajustements des balances de paiement par la révision des parités monétaires. Après près de quinze ans de restriction monétaire pour entrer dans les critères de l’Euro, qui a tué une bonne partie de notre industrie, la crise de 2011, propre à l’Euroland, allait encore aggraver la situation, faisant de l’Europe la zone la moins dynamique du monde en matière de PIB et laissant emploi et industrie à la disposition de la Chine, de l’Inde, de la Turquie et en fait du monde entier. La récession est le seul moyen d’ajustement pour un pays en déficit si les pays en excédent ne sont pas associés à la manœuvre. Se souvenir du cas grec !

Deux systèmes monétaires foireux, propices aux crises périodiques sévères et sans moyens d’ajustement autre que la stagnation, coexistaient dans l’absurdité et le silence jusqu’à ce que les Etats-Unis réagissent à nouveau et procèdent aux ajustements qu’ils jugeaient nécessaires, non plus par les monnaies mais par les droits de douane, le pire des moyens, avec en prime une guerre au Moyen Orient provoquant le blocage de l’approvisionnement en matières premières vitales pour l’Europe.

Première conséquence ; le multilatéralisme est mort et on sait qu’une organisation monétaire internationale saine passe d’abord par le multilatéralisme. On va donc subir inlassablement les conséquences économiques lamentables des deux systèmes monétaires internationaux.

La mort d’Alan Greenspan s’est produite alors que le chaos de la doctrine aventurée qu’il a longtemps soutenue atteint son acmé. Il serait injuste et de mauvais goût d’ironiser sur le décès du fossoyeur de la prospérité occidentale. En vérité, il n’a été que la caution et l’acteur momentané de voies de fait qui l’ont toujours dépassé. On a expédié son décès pour ne pas insister sur le désastre des changes flottants qui restent un tabou dans la presse française et internationale, au moment où il atteint des formes catastrophiques et même ahurissantes.

Ce tabou doit tomber. C’est la grande leçon à tirer de la disparition d’Alan Greenspan. Dans le système d’information « construite » dominant, elle ne le sera pas. C’est une preuve évidente de la déchéance de la pensée économique contemporaine et de l’ineptie routinière de la politique en France et en Europe.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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