Baltic index : Est-il significatif ?

On lit et on entend dans les milieux qui se croient au top de la compréhension du monde qu'il ne faut pas s'occuper du Baltic Dry Index qui ne serait pas significatif compte tenu des énormes investissements faits dans le domaine du chargement maritime, bien au delà des nécessités.

Les deux graphiques que nous donnons ci-dessous prouvent exactement le contraire. Bien sûr les indicesde prix sont plus volatils que les statistiques en volume, mais cette sensibilité ne les rend pas inutiles, bien au contraire.

Nous avions appuyé en partie en juin 2006 notre prévision qu'une crise gigantesque allait se produire justement en analysant d'une part l'énormité de la poussée des prix, absolument intenable et d'autre part sur la violence du retournement prévisible.

En début 2015, nous avions alerté que "l'alignement des planètes" qui générait à l'époque des espoirs infinis (certains écrivaient même que Hollande était un génie d'avoir prévu que la courbe du chômage allait s'inverser toute seule en 2015 lui offrant un trône pour cinq ans de plus !) était sans doute intéressant mais que l'atonie du commerce international était un signe inquiétant. Croisé avec d'autres indicateurs comme celui des prix marchands, cette évolution marquait que nous étions en plein dégonflement de l'activité de panique des Chinois qui avait animé le commerce international résiduel de ses actions de précaution vis à vis du dollar. La baisse du pétrole s'inscrivait non pas dans le cadre d'un surplus d'offre comme tous les analystes moutonniers l'affirmaient en s'appuyant sur le phénomène du schiste américain  mais d'abandon de la demande spéculative, comme pour l'ensemble des matières premières.

En un mot, 2015 était encore une année de résorption de la crise violente de 2008, dont le premier effet était, comme nous l'avons écrit dès la fin 2008, le blocage du commerce international. Les émergents n'ont connu de belles croissances post 2008 que parce que la Chine sécurisait son stock de dollar en achetant partout des vivres et des matières premières. Les Etats-Unis s'en sortaient mieux que les autres parcequ'ils payaient tout en dollars, leur monnaie émise ad libitum. L'Allemagne profitait à plein de la dévaluation de l'Euro et des déficits des autres pays de la zone euro. En un mot : le désordre post récession,  les défauts structurels du système monétaire mondial et de l'euro et la malgouvernance de certains pays clés, s'alliaient non pas pour séparer des pays vertueux et admirables  et des pays du Club Med et de l'indécence économique, mais pour générer des spasmes qu'il ne fallaient pas confondre avec des sursauts de l'économie.

Il semble en ce début d'année, que cette analyse ait été la bonne. Les spasmes continuent, avec des révisions constamment à la baisse de la croissance.

Sommes-nous entré dans la phase de récession "décennale" mondiale ? Rappelons qu'elle commence TOUJOURS par un choc boursier aux Etats-Unis. Le Dow Jones est à un niveau totalement surévalué et intenable, reflétant la trouille des investisseurs mondiaux et le repli dans la cour du château du seigneur. On y est pas tout à fait. Mais cela se rapproche.

Hélàs.

Et aucune réforme de quoi que ce soit n'est en vue. L'idée même que ces réformes soient nécessaires n'existe médiatiquement nulle part. Les deux seules réflexions en cours au FMI, qui trône sur ce désastre et manque totalement à ses devoirs, concernent le perfectionnement du système  : rendre le Yuan bien flottant, réussir le traité transatlantique sur plus de libre échange. Les Etats-Unis en restent à leur doxa : sanctionner les vilaines banques qui ont pu faire croire que le système était mauvais. Le Ru tente de sauver leur poumon financier qui respire les bulles comme d'autres la marijeanne.  Les Allemands profitent. L'Europe stagne dans la douleur et la morosité, à peine troublée par quelques farces et attrapes maghrébines, et l'aimantation des migrants. La France s'enfonce dans le chômage, les dettes et l'abaissement politicien de troisième ordre. 

Jamais le décalage entre la simple observation des faits et la réflexion publique, noationale, européenne et mondiale n'a été plus grand.

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes E-toile

 



Trois drames en cours.

Mugabe, sinistre vieillard, ancienne icône de la gauche conscientisée, et tyranneau sanguinaire, avait déjà défrayé la chronique en assassinant quelques blancs, en en volant quelques milliers d'autres, en créant les conditions d'une famine et en prenant la responsabilité de la dernière hyper inflation connue. Il vient de passer un contrat avec une société israélienne pour truquer les élections bidons qui donnent une apparence de légitimité à son pouvoir absolu. Ce contrat a été payé "rubis sur l'ongle"… en diamants volés. Le système monétaire international progresse.

Il est vrai qu'en Namibie, un exemple de démocratie à l'occidentale, la petite oligarchie formée au carrefour du tribalisme et du capitalisme entend bien désormais éviter les inconvénients de l'anarchie créative associée au libéralisme politique et économique. Son gouvernement vient de demander à la Chine, le pays bien connu des droits de l'homme, de construire son nouveau régime juridique. La Chine veut s'emparer des ressources de l'Afrique en utilisant les excédents majeurs de devises fortes accumulées grâce aux défauts du système monétaire international et qui représentent un multiple du PIB de nombreux pays africains. Pour cela elle est prête à rendre des services, comme celui de supprimer la démocratie. Le système monétaire qui a permis cela est sûrement parfait.

Puisqu'on parle de la Chine, notons qu'elle vient de passer avec l'Argentine des accords  bilatéraux à dimension monétaire, économique et politique marquée. On sait qu'une bizarrerie fait qu'un "hedge fund" qui avait racheté à bas prix de la dette argentine entend désormais se faire rembourser et a obtenu d'un juge américain une condamnation du gouvernement argentin à se faire. On se rappelle que l'Argentine, détruite par un péronisme irresponsable (il fallait éviter Evita !), avait tenté de s'en sortir en créant un "currency board", où sa monnaie était strictement liée à la monnaie américaine alors que le système mondial était fondé sur le change flottant.  Ce système aurait pu fonctionner dans un régime de changes fixes mais ajustables. Dans un système de changes flottants, la hausse verticale du dollar à la fin des années 1990 avait mis à l'arrêt les exportations argentines et brésiliennes. Le Brésil avait craqué le premier, dévaluant fortement sa monnaie, le Real. L'Argentine, dont le Brésil était le principal partenaire, s'était retrouvée à sec de devises donc en état de déflation monétaire radicale. Le "currency board" avait explosé et les créanciers de l'Argentine furent ruinés.  Voilà donc la Chine qui crée des accords de swap avec ce pays privé désormais d'accès au marché international des capitaux. Elle fournira des dollars à l'Argentine en contrepartie de quoi ? Ben heu ! On ne sait pas trop. L'explication publique : nourrir la Chine grâce aux exportations du "campo". Elle pouvait le faire en achetant directement en dollar la production. Alors quoi ?  Evidemment, le but est de sortir une partie des ressources de l'Argentine du "marché" pour le réserver à la Chine. Le système monétaire qui a permis cela est sûrement parfait.

Ces trois exemples sont pris dans le même numéro du Temps, journal suisse dont on ne dira jamais assez la qualité, du moins le lundi, jour des articles sur la finance et l'économie. Pour l'observateur le moins averti, ces signes témoignent que le système monétaire des changes flottants est non seulement responsable de la grande crise de la dette que nous connaissons mais destructeur de toutes les valeurs de liberté qui ont été portées par l'Occident.

On dira : vous exagérez l'exemplarité du Zimbabwe, de la Namibie et de l'Argentine ! Tout cela est du détail, et concerne des pays sans importance.

Tout de même. La Rhodésie était la Suisse du continent africain. L'Argentine est restée longtemps le symbole même de la richesse. La Namibie était le rare exemple d'une démocratie réussie en Afrique.  Avoir permis à une dictature communiste de capter les réserves de devises mondiales et l'industrie occidentale pour la laisser pourrir toutes les situations, ou autoriser un pays qui se réclame des valeurs occidentales, et vit du support américain, à pratiquer des transactions en diamants à finalité douteuse avec une dictature africaine caricaturale, sont la preuve d'un désordre international total.

Quand il n'ya plus d'ordre monétaire, il n'y a plus d'ordre politique. C'est une des lois de l'histoire.

Les élections au Parlement Européen en 10 questions

1. Citez dix mesures adoptées par le Parlement Européen lors de la dernière législature.

Si vous avez réussi à en citer

                -Aucune :                           vous marquez zéro

                - Une :                                 Vous marquez cinq

                - Deux                                  Vous marquez dix

                - Trois                                   Vous marquez trente

                - Plus de trois                    Vous marquez cinquante.

 2. Citez dix mesures qui seront en discussion lors de la prochaine législature

Si vous avez réussi à en citer

                -Aucune :                           vous marquez zéro

                - Une :                                 Vous marquez cinq

                - Deux                                  Vous marquez dix

                - Trois                                   Vous marquez trente

                - Plus de trois                    Vous marquez cinquante.

 

3. Quelles différences programmatiques voyez-vous entre MM. Schulz et Juncker ?

Si vous avez réussi à en citer

                -Aucune :                           vous marquez zéro

                - Une :                                 Vous marquez cinq

                - Deux                                  Vous marquez dix

                - Trois                                   Vous marquez trente

                - Plus de trois                    Vous marquez cinquante.

 4. Quelles ont été les actions du député Européen pour lequel vous aviez voté lors des élections précédentes

Si vous avez réussi à en citer

                -Aucune :                           vous marquez zéro

                - Une :                                 Vous marquez cinq

                - Deux                                  Vous marquez dix

                - Trois                                   Vous marquez trente

                - Plus de trois                    Vous marquez cinquante.

 

5. Quelles sont les mesures que s'apprêtent à voter le candidat que vous avez choisi pour les présentes élections européennes ?

Si vous avez réussi à en citer

                -Aucune :                           vous marquez zéro

                - Une :                                 Vous marquez cinq

                - Deux                                  Vous marquez dix

                - Trois                                   Vous marquez trente

                - Plus de trois                    Vous marquez cinquante.

 6. Une décision a été prise d'interdire l'arrestation des immigrés clandestins.

A-t-elle été prise :

- Par le Parlement Européen

- Par la Cour de justice Européenne

- Par la commission des droits de l'homme de l'ONU

- Par la CEDH.

Si vous êtes absolument sur de vous, marquez 50.

Si vous imaginez savoir, marquez 20

Si vous n'en avez aucune idée, marquez zéro.

 

7. Le Parlement Européen a décidé de refuser la qualification de génocide au massacre de plusieurs millions d'Ukrainiens au début des années trente au nom du "socialisme réalisé", ce qui n'est pas sans conséquences sur le crédit européen en Ukraine.

- Si vous avez entendu parler de cette décision, marquez 10

- Si vous savez quand elle a été prise, marquez 20

- Si vous savez ce qu'a voté le candidat que vous avez choisi, marquez 50.

- Sinon marquez zéro.

 

8. De quelles directives le Parlement Européen a-t-il pris l'initiative ?

- Si vous en citez  une ou plus  marquez 50.

- Sinon marquez zéro.

 9. Soucieuse de respecter l'idée de subsidiarité promue lors du traité de Lisbonne, La Commission Européenne a élaboré un modèle d'horodateur pour voiture, normalisé pour toute l'Europe.

 - Si vous savez quand le débat est passé au Parlement Européen vous marquez 50.

- Sinon vous marquez zéro.

10. Le Parlement s'est saisi des inquiétantes dérives bureaucratiques européennes et notamment du doublon entre établissements nationaux et institutions européennes ayant exactement le même rôle, provoquant l'apparition d'un mille feuilles administratif européen peu souhaitable

- Si vous savez quand le Parlement Européen a voté une motion demandant plus de sérieux vous marquez 50.

- Si vous ne savez pas,  vous marquez zéro.

 

Résultats du quiz :

 - Si vous avez zéro, vous êtes un européen normal

- Si vous avez 500 vous êtes un menteur compulsif

- Si vous avez entre zéro et 500 vous avez bien du mérite.

Effectif municipal comparé Paris et Tokyo

Tokyo : 13 millions d'habitants - 13.000 Employés municipaux soit    1 pour 1000

Paris    :  2 millions d'habitants - 54.000 employés municipaux. soit 27 pour 1000

Avec les associations gérant des missions de la Ville de Paris :  > 75.000

Mme Hidalgo :"«Dans certains secteurs comme la propreté, la petite enfance, la prévention et la sécurité, j'ai même l'intention de recruter. Il y aura des redéploiements au fur et à mesure des départs en retraite, mais il est possible qu'au final le nombre d'agents de la ville augmente».

 

Sans commentaire.

 

 

Paris : un déclin programmé ?

Paris : la mort lente.

 

Les recettes fiscales ne rentrent pas. Les projets cachés sortent à nouveau des tiroirs.

Depuis des lustres les plus excités des socialistes veulent rendre progressives la taxe foncière et la taxe d'habitation. Au lieu d'un droit proportionnel à la valeur du bien, ils veulent une taxation différentielle qui fait  payer beaucoup plus le "salaud de riches". Pour les socialistes de sous-section, aggraver sélectivement les impôts est, avec l'ouverture de "nouveaux droits à", le code génétique qui doit s'exprimer en priorité.

L'état d'esprit qui a conduit à inclure dans la base de revenu taxable annuellement les revenus de l'épargne et les plus-values des transactions lourdes et rares  portant sur des biens familiaux pérennes, exige d'aggraver la progressivité sur les impôts locaux d'usage qui sont détournés de leur mission, financer les services municipaux, pour participer à l'effort global de destruction des fortunes afin d'instaurer un socialisme de l'égalité par le bas. La préoccupation électoraliste de donner du revenu aux couches électoralement utiles, l'achat de vote, pour résumer,  n'est évidemment pas absente.

Actuellement les villes sont touchées par l'effondrement des commerces. Les boutiques tombent en faillite les unes après les autres. Les grossistes disparaissent. Tout le commerce lié à l'habitation est sinistré. L'alimentaire connait de graves difficultés, même dans les grandes surfaces, ce qui est une première depuis la guerre de 40.  

Paris a longtemps été épargné par la force de l'esprit centralisateur des Français. Maintenant ce n'est plus le cas. Au contraire, les évolutions négatives sont désormais voyantes.

Paris, devenue une ville de vieux encore un peu fortunés, en vérité une ville  de vieilles ayant récupéré la fortune familiale et la liquidant progressivement, au gré des augmentations d'impôts vertigineuses de M. Delanoë, voit disparaître progressivement toutes ses activités.

Les faillites de boutiques à Paris ont atteint des sommets historiques en 2013.    

Un parc de grands appartements à vendre, gigantesque si on le compare aux situations habituelles, s'est constitué dans les anciennes parties bourgeoises de la ville de Paris , notamment dans le XVIème arrondissement. L'étranger, qui achetait les plus beaux pieds à terre,  commence à refluer. Vivre périodiquement à Paris devient prohibitif en prix d'acquisition d'appartement d'une part, mais aussi en coût d'usage.

Ne parlons pas des entreprises. Elles fuient Paris à toutes jambes. Les sièges sociaux sont en constant repli. Les grandes entreprises partent en Hollande, les holdings au Luxembourg et les PME à Londres. Certaines activités qui prospéraient à Paris comme l'édition sont sinistrées.     

Paris est une ville de vieux et de touristes, et une capitale administrative stagnante, à proportion de la réduction et de la déconcentration des services centraux de l'Etat.

La seule branche d'activité qui prospère est l'administration locale et l'accueil des populations pauvres de France et du Monde. Plus de 10.000 emplois municipaux créés par Delanoë ; des centaines d'appartements rachetés parfois au prix de l'or, pour loger des copains et un électorat considéré comme captif ;  75.000 personnes directement payées par les impôts parisiens sur 2.000.000 d'habitants ! C'est comme si dans un ensemble immobilier de 400 personnes, il y en avait 15 pour s'occuper à plein temps  de la collectivité !  Lorsque les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites.  Près de 300.000 familles dans des logements à statuts ou conditions spéciales, sur 800.000 mille ! Voilà pourquoi le PS croit dur comme fer à sa victoire : les ayants-droit voteront bien !

Moins de la moitié des Parisiens ont encore une voiture. Les enfants disparaissent progressivement des rues, les familles nombreuses ne trouvant plus à se loger à bon prix.

L'impôt local progressif va finir le travail d'éradication en cours.  Paris ne sera même pas Kyoto. On se dirige vers une ville poubelle. Elle est déjà d'une saleté répugnante, les socialistes ayant considéré comme honteusement bourgeoise l'idée de propreté et hautement antisocial d'exiger que le travail de nettoyage soit fait. Ils se sont amusés à faire tourner les voitures poubelles entre 6 et 8 heures du soir dans les rues les plus étroites, comme la rue de la Petite Roquette, pour ne citer qu'un exemple,  pour décourager l'usage de l'automobile. Les poubelles restent dehors toute la journée où elles sont fouillées par des milliers de pauvres hères. Plus personne ne songe à contrôler le travail des "techniciens de surface".  Pas de harcèlement anti syndical ! Voilà le mot d'ordre.

La part des subventions aux "associations", généralement des véhicules de la corruption municipale, est passée de 4% à la fin des années Tiberi à 28% aujourd'hui. Cela veut dire que l'on a multiplié par environ 14 en valeur les sommes versées compte tenu de l'augmentation phénoménale du budget parisien. On fait même porter par des associations les dettes de la ville pour les dissimuler. Alors que les effectifs cotisants du PS à Paris et le nombre des militants est très bas (le socialisme à Paris, c'est à peine 1.500 personnes), près de 15.000 familles sympathisantes ont touché des avantages de la gestion Delanoë. Du poste au service communication de la ville de Paris pour famille bobo socialiste en difficulté, à la subvention pour la fête des voisins, dans un immeuble tenu par des socialistes en carte,  en passant par le racket des activités "culturelles", le jet continu des subventions, des postes, des avantages, souvent croisés avec ceux offerts par la Région,  arrose tout un monde grouillant d'affidés.

Le sourire de Mme Hidalgo est là pour verrouiller médiatiquement le couvercle sur la soupière. Les vrais pouvoirs sont ailleurs.

Pour le PS la bataille de Paris est gagnée et il faut maintenant  s'assurer les places et les revenus de la nouvelle structure de gestion du Grand Paris, la Métropole. Encore des centaines de places en vue.

Il est fascinant de voir l'ancienne capitale du monde civilisée livrée ainsi à la rapacité d'un parti qui tourne à une forme de mafia vivant sur la bête et  uniquement intéressée à sa propre survie. Son programme consiste à gérer une image de bon samaritain,  facilitant la mendicité, laissant faire les syndicats et multipliant les mesures coûteuses donnant l'impression d'une action sociale et culturelle dynamique. L'économie ? Quelle économie ? Tous ces gens qui dirigent Paris  sont des fonctionnaires ou des professionnels vivant en liaison avec le pouvoir.  Ce n'est pas une situation propre à Paris. Depuis la dernière vague rose, 55% environ des postes de maires sont détenus par des fonctionnaires !  

L'impôt devient la seule préoccupation. Car seul l'impôt permet de maintenir un tel programme.

La progressivité devient l'arme essentielle. On voit donc revenir le projet d'une intégration du revenu dans la taxe d'habitation. Quid des étrangers qui possèdent une part très importante de certains quartiers ? On va leur demander leur déclaration de revenu ?   Les Quataris qui s'installent en masse dans les anciens palais parisiens ne paient pas d'impôts sur le revenu ! On fait quoi ?

Réponse : "On s'en fout des Quataris. De toutes façons ceux qui s'installent le font en vertu d'accord où ils ne paient pratiquement aucun impôt ! L'important est qu'on puisse faire un geste vers la catégories qui nous intéresse en frappant les riches. La baisse des uns ne compensera pas la hausse des autres. Mais ce n'est pas grave. On aura accru ou rassuré notre clientèle et c'est la seule chose qui compte".

Amuser la galerie avec l'installation de Roms dans le XVIème arrondissement ou la destruction de l'avenue Foch ne suffit pas. La provocation n'a pas d'effets durables. En revanche laisser croire à une partie de la population qu'elle va pouvoir mieux vivre avec l'argent des autres, c'est électoralement solide et durable, surtout quand on  sait la part des habitants parisiens qui dépendent des différentes fonctions publiques ou des subventions ou avantages. 

En attendant, pour le PS, il faut gagner les élections parisiennes. La candidate de droite, NKM, est passée à la télévision ce dimanche. 90% des questions ont porté sur autre chose que Paris. Surtout ne pas parler concrètement de Paris, avec, pour les "journalistes", un certain nombre "d'éléments de langage" qui ont pour but d'éviter tout débat : la sécurité, ce n'est pas l'affaire de la mairie ; la fiscalité ? Pas grave puisque le taux est moins élevé à Paris qu'ailleurs. Etc.

Rendre progressif les taux de la taxe d'habitation, en incluant les revenus, tout en réévaluant les assiettes, portera l'impôt sur les parisiens actifs à des taux encore plus insupportables. Tous les propriétaires d'appartement de valeur significative vont bientôt être au plafond de l'ISF. Les augmentations ne les toucheront plus sauf à faire sauter le plafonnement. Rappelons que les impôts indirects sont une part très minoritaires des impôts globaux. Lorsqu'on paie 75% d'impôt direct on dépasse automatiquement 100% d'imposition globale.

Alors il se produira ce qui est inévitable : l'aggravation de la fuite hors de Paris et probablement de la France d'une part croissante de Parisiens  qui iront chercher fortune ailleurs ou qui chercheront à maintenir leur fortune ailleurs. Des centaines d'appartements de plus de 250m2 sont actuellement à vendre. Avec la progressivité de la taxe d'habitation, le nombre va encore croître.  Les autochtones ont été pratiquement chassés d'une grande partie de la banlieue parisienne, où s'est produit une substitution de population. Une involution du centre ville, à l'américaine est en-cours, en même temps que le péri-urbain explose et les temps d'accès au travail.

Etat, région, département, métropole, ville et arrondissement sont accrochés fiscalement à la bourgeoisie parisienne  qu'ils détruisent à petit et à grand feu, dans une ville où on n'investit plus, où on ne construit plus, où plus rien ne se passe et qui perd progressivement tous ses centres d'activité à vocation nationale et internationale. Il ne restera bientôt plus que le tourisme, la politique et les activités subventionnées.

Paris est en danger de mort. De mort lente, certes, mais de mort certaine comme foyer de rayonnement créatif mondial et centre de pouvoir économique. 

Parions que cette campagne municipale éludera une nouvelle fois toute vraie question sur le développement de Paris, son rôle et son avenir. Comme la campagne électorale présidentielle a gommé toute préoccupation nationale (celui qui a gagné a nié la crise) et comme les élections européennes seront comme d'habitude un exercice de style entre fédéralistes et anti fédéralistes, sans que personne ne sache exactement quel aura été le travail fait lors de la mandature qui s'achève et sans savoir ce qui se fera dans la prochaine.

La vie publique en France est devenue intellectuellement vide, socialement illisible et économiquement déficiente.  Avec de tristes conséquences à tous les échelons.

Devises : un faux marché !

Combien de fois avons-nous entendu ou lu que le marché des devises, et a fortiori son résultat, les taux de changes, était le prototype d'un vrai "marché" où des millions de décisions venaient se confronter permettant aux libertés économiques de jouer pleinement et d'exercer leur pouvoir bienveillant, guidées par la "main invisible" de l'intérêt.

Les changes flottants, c'est-à-dire le cours des monnaies laissé à la libre appréciation des agents économiques "sans intervention" des Etats, sont désormais considérés dans la presse comme un état de nature, au-delà de toute critique. Aucune appréciation contraire n'est acceptée dans les médias de la PQN. Le sujet est non seulement peu vendeur mais tabou. Pas un "prix Nobel d'économie", pas un "grand économiste" qui s'écarte de cette idée : "nous ne sommes pas capables de définir à priori le cours d'une devise. Seul le marché a raison. Les Etats qui interviennent n'ont rien compris car on ne peut rien contre les marchés qui sont plus forts que tous les Etats, même le plus grand".

Ces doctrines tournent à la farce. Tout est faux, de A jusqu'à Z.

On le voit très bien en ce moment pour peu qu'on se donne la peine de regarder.

Il se trouve que les autorités de contrôle, un peu partout en Occident, ont fini par se rendre compte que tous les marchés monétaires et financiers avaient été largement manipulés. Ils ont enquêté et confirmé qu'il y avait bien eu manipulation. Tiens-donc : les "millions d'intervenants" pouvaient donc être  manipulés par quelques banques alors que les Etats seraient impuissants ?  Bizarre ? Non, pas bizarre. Car on s'est vite aperçu que le marché des changes était tenu par trois banques réalisant 50% des transactions et que 90% de leurs transactions étaient le fait d'ordinateurs et de progiciels de gestion instantanée des tendances. En un mot, trois gus avec leur ordinateurs réalisent 50% des transactions.

Là-dessus on a vu la BNS doubler ses encours d'émission de FS pour contrer la hausse de la devise, et la Banque du japon effondrer sa monnaie. On a vu qu'un seul propos de la FED pouvait amorcer une dégringolade des devises des pays émergents avec des chutes plus que significatives puisque dépassant 40% dans bien des cas comme la Roupie indonésienne ou le mois dernier le peso argentin, la banque centrale argentine intervenant pour mettre fin à la spirale descendante. On a vu qu'un discours de M. Draghi pouvait arrêter durablement un train de spéculation sur l'Euro. Une voix serait plus forte que "des milliards d'actes quotidiens".

Bref, on a vu que le marché des changes étaient tout sauf un marché parfait. C'est un marché de spéculateurs et de régulateurs où la manipulation est partout présente et qui ne correspond à rien sinon à donner l'exemple caricatural d'une instabilité chronique associée à des marchés purement spéculatifs et dotés d'instruments de spéculation concentrés entre quelques mains.

L'Europe a renoncé à utiliser le levier des changes et le change de l'Euro est la variable d'ajustement de toutes les spéculations et manipulations qu'elles proviennent des états ou des intervenants principaux.

Il s'agit d'une faute contre l'esprit autant qu'une sottise économique.

Certains ont affirmé que contrôler les grandes opérations contre les monnaies était impossible. Si la loi internationale  interdisait le "short" des monnaies à partir de fonds rassemblés à cet effet (en général des crédits bancaires atteignant des montants fous) avec des sanctions extrêmement lourdes pour tous les complices, il n'y aurait pas de nouveaux Soros se vantant d'avoir fait fortune sur le dos de la Livre anglaise.

L'examen de la réalité, et il n'y a pas besoin de microscopes, montre bien que toute la théorie qui fonde actuellement la gestion internationale des monnaie est substantiellement fausse et controuvée. Rappelons que la double hélice des crédits qui est à l'origine du gonflement maladif des dettes globales ans le monde, elles mêmes responsables du désastre économique actuel, est la fille des théories sur la nécessaire abstention des Etats dans la gestion des balances de comptes extérieurs.

C'est tout un pan du credo qui prévaut depuis 1971 qui est à démolir et à reconstruire sur des bases différentes.

Volcker vient de dire qu'il fallait une monnaie mondiale. C'est l'idée que nous avons exprimée dans notre article "en route vers le Mondio", il y a 5 ans maintenant. La monnaie unique montre bien que cette idée, pour être efficace, doit être complétée par des modes de gestion opérationnels permettant un pilotage au jour le jour. Les normes ne suffisent pas.

Malgré l'évidence, rien ne bouge sur ces sujets essentiels. La leçon fondamentale de la crise n'est pas tirée.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Le blocage incompris du marché interbancaire Chinois

Le 8 mars 2009,  nous avions tenté de faire comprendre que la CHINE était plus un problème qu’une solution (voir   http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2009/3/8/Non-la-Chine-ne-nous-sauvera-pas-). A cette époque, dans le désarroi intellectuel général, certains commentateurs « autorisés » avaient repris les inepties de quelques analystes qui pensaient que les réserves chinoises allaient servir à relancer l’économie mondiale.  

Il y aura toujours, en toute époque, et à tout moment, de fins esprits pour croire que l’abondance de liquidité est la garantie d’une reprise rapide de l’activité. La Chine était gorgée de liquidités : la reprise serait là  et se ferait par-là ! En vérité, la Chine, après le Japon, après l’Allemagne, découvrait que l’accumulation d‘actifs en dollars la rendait vulnérable à des pertes abyssales. Elle allait donc gigoter dans tous les sens pour ne pas trop perdre, déstabilisant de nombreux marchés sans permettre de vraies reprises des échanges.

Il ne faut pas confondre panique et commerce.

Aujourd’hui les mêmes analystes restent sans voix : pourquoi le système bancaire chinois, gorgé de liquidité, est-il en grand danger ? Ils n’ont pas la clé d’interprétation d’un phénomène qu’ils ont pourtant devant les yeux depuis 2007, et qu’ils n’ont jamais voulu comprendre.

Alors ils développent les mêmes arguments que lors de la crise appelée à tort « des pays émergents ». On se souvient qu’à l’époque il était de bon ton de critiquer le « cronyism » supposé des systèmes financiers émergents. S’ils étaient en crise, c’était de leur faute et ils n’avaient qu’à mettre de l’ordre dans leur système. En fait la crise de 98 était une crise du dollar dans un environnement de changes flottants et de mouvements de capitaux à court terme totalement libres. Craignant l’Asie et surtout le Japon après le tremblement de terre de kobé, les spéculateurs étaient revenus en masse sur le dollar provoquant une double spéculation sur le dollar et sur la bourse américaine, notamment pour les valeurs technologiques. Rien à voir avec la gouvernance des banques des pays émergents qui seront VICTIMES dans cette affaire et traitées en voyous.

D’où la conclusion de l’article du Monde : « selon les analystes seules de vraies réformes structurelles du système bancaire…avec épuration des créances douteuses  et lutte contre la corruption, permettront d’éloigner vraiment le risque de crise ».

On a envie de demander à Marie Charrel, qui signe l’article, qui sont ces « analystes ».  On sait bien que ce sont les mêmes qu’en 1998 : les analystes des banques anglo-saxonnes en général et des banques américaines en particulier qui prêchent pour leur paroisse.

 

La crise actuelle en Chine est exactement du même type que la crise de 2007 dans les pays de l’OCDE. Le marché interbancaire s’est bloqué, comme en juillet 2007, au moment où les banques ont soudain compris que leurs partenaires étaient vulnérables et que tout prêt était en danger de ne jamais être remboursé. En 2007, après des mois d’incompréhension, la cause avait été trouvée : « ce sont les subprimes » !  Comme nous l’avons rabâché depuis, les « subprimes » ont joué le rôle d’allumettes mais la masse explosive venait d’ailleurs et était ailleurs.  

Notre thèse, reprenant les observations de Jacques Rueff, était que le blocage provenait de la double hélice de crédits qu’avaient permis le système des changes flottants, associés à la liberté totale des mouvements de capitaux.

Si un pays accumule des déficits colossaux, un autre pays accumule des excédents colossaux. Que faire de ces excédents ? La tentation est de les replacer dans le système bancaire du pays déficitaire. La nouvelle liquidité reçue génère une augmentation du crédit dans le pays déficitaire qui le devient de plus en plus. L’augmentation des actifs bancaires dans le pays excédentaire y permet le développement du crédit. L’endettement global ne cesse plus d’augmenter.

Pour les pays de l’OCDE, le taux d’endettement global est passé de moins de 200% à plus de 400%, créant une situation d’explosion, en dépit des purges périodiques provoquées par les crises décennales fortes (73-74, 92-93).

Regardons la réalité chinoise : le Monde du 24 décembre 2013, reprenant les informations du FMI,  la montre dans fard. « Les prêts classiques et les « crédits non traditionnels » s’élèvent aujourd’hui à 200% du PIB contre 130% en 2008 ». L’effet de la double hélice de crédits, en l’absence de toute réforme, continue à s’exercer. L’endettement américain a été soutenu par le « Quantitative Easing » aux Etats-Unis. La Banque de Chine  lâche 300 milliards de Yuan pour éviter le blocage du marché interbancaire Chinois. Le parallélisme est saisissant, même si les faits sont décalés du fait de l’administration stricte de la finance chinoise par les autorités.

La Chine confrontée à la fois aux risques de ses avoirs en dollars et aux effets de la création monétaire induite par les excédents est en difficulté.

Automatiquement en difficulté.

Il ne peut y avoir de surprise.

Les changes flottants sont un système nocif qui n’a jamais marché, ne marche pas et ne marchera jamais. C’est cela que la réflexion devrait commander d’écrire à Marie Charrel. Elle ne le fera pas. Elle tient à sa place. On peut la comprendre.

Mais quel désastre intellectuel !

Des idées qui font leur chemin ?

Comme chacun sait nous défendons ici trois explications de la crise et les solutions qui devraient être mises en œuvre :

- La crise du gonflement global des dettes des pays de l'OCDE au-delà de 400% est entièrement provoquée depuis 1971 par le système des changes flottants associés à la liberté totale des flux de capitaux, le pivot du système étant la double pyramide d'endettement théorisée par J. Rueff.

- La crise de l'Euro est entièrement dans l'utopie qu'il y a à créer une zone  de monnaie unique sans aucun organe de pilotage mais seulement deux normes. Des instruments essentiels de pilotage conjoncturel comme la politique du change ont été abandonnés sans raison. Une banque centrale autonome est incapable de sortir de la crise. L'absence de pilote conduit à des disparités intolérables et à des ajustements par la récession qui sont socialement intolérables.

- La crise française est entièrement due à son syndrome d'hyperfiscalité délirante qui fait que depuis maintenant des lustres les Français actifs paient en moyenne plus de 80% de leur revenu en impôts, et que la dépense publique correspond grosso modo à la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand, ce qui est une configuration structurellement intenable et qui a mis la France dans une situation presque désespérée lorsque la crise a éclaté en 2007.  

Ce diagnostic, formulé pour la première fois publiquement en 1997, n'a jamais été remis en cause.

A ces trois causes correspondent trois remèdes :

- Il faut mettre fin au système des changes flottants de monnaies administratives gérées de façon pseudo indépendante par des gnomes non élus et revenir à un système global coopératif, non fondé sur une monnaie nationale, qui exclut les grands déficits et les grands excédents, conformément aux règles définies après guerre, lorsque les leçons de la crise de 29 étaient encore chaudes. Les Etats doivent être à nouveau responsabilisés et les mouvements de capitaux à court terme doivent être contrôlés à cette fin autant que de besoin. Le FMI doit retrouver un rôle global et doit cesser d'être une institution sans objet qui travaille en contradiction avec ses statuts.

Nous avons souligné la faute inouïe du G.20 d'avoir écarté en novembre 2008 cette solution simple et efficace : les trente glorieuses ont montré qu'on pouvait éliminer un tas de dettes trop volumineux par la croissance coopérative.  On a préféré le chemin d'une relance débridée de la finance sans aucune réforme autre que de détail. 5 ans après, la crise est toujours là. La crise a été plus longue qu'en 1929 !

- La zone Euro a le choix.  Soit elle disparait et on revient au système sensé des changes fixes et ajustables avec unité de compte commune ; soit on crée ce que nous avons appelé un Chancelier de la zone Euro, supervisant les Trésors nationaux et la BCE. Cela suppose une construction démocratique renforcée que nous ne voyons pas dans le renforcement de la Commission, mais dans des organes ad hoc.  On s'est contenté d'un traité renforçant les normes, sans aucune option d'organisation. La zone Euro se porte mal et risque toujours gros 5 ans après le déclenchement de la crise.

- La France devait faire le choix de la production et de l'emploi privés en créant les conditions d'une économie entrepreneuriale renforcée. Il fallait supprimer l'ISF et faire rentrer l'argent qui avait fui à l'étranger (100 milliards d'Euros) et recréer les conditions d'une rentabilité des entreprises privées. Le transfert vers la TVA de l'essentiel des charges patronales était indispensable. En même temps il fallait réduire le champ des actions de l'Etat, spécialiser et réduire les institutions publiques, tout en se donnant des règles stables de construction des budgets à tous les étages. En particulier des normes auraient du être établies pour éviter les dérapages de dépenses et de prélèvements tels que ceux constatés à Paris.  Il fallait revenir au quarante heures et à la retraite à 65 ans. Seul le travail peut nous permettre de nous en sortir.

Malheureusement la Présidence Sarkozy n'a pas voulu voir venir la crise et a fait un plan de première année décalé par rapport aux nécessités. La suite a été une histoire de demi mesures et une gestion de la panique, finissant par une frénésie fiscale. La présidence Hollande est pire encore, le PS considérant qu'il doit profiter de la crise pour mener une politique de destruction sociale "définitive" absolument contraire aux besoins de la nation. On n'est même plus dans l'hystérie fiscale mais dans l'exaction et la destruction du pacte républicain, avec un début de révolte générale de la part des entreprenants.

Comme nous l'avons prédit l'absurde plan Hollande de l'automne 2012 a provoqué l'arrêt de l'économie française en 2013 avec un record de 40.000 faillites, 100.000 emplois perdus, le blocage du commerce et de la distribution, des baisses de 20 à 30%  dans la majorité des secteurs économiques, la fuite accélérée de milliers de ménages hors de France (100.000 depuis 2007), le gaspillage de l'épargne française, le non respect des objectifs sur lesquels la France s'était engagée, le gonflement de la dette à près de 100% du PIB, et deux fois la valeur ajoutée des entreprises et l'arrêt des transactions immobilières et de la construction. Naturellement aucune réforme permettant de réduire la dépense publique n'a été entreprise.  Le plan Hollande a sinistré le pays déjà durement frappé et a été à l'inverse exact des nécessités.

 

Sur ce fond désastreux, voit-on apparaître des fissures dans les blocs de certitude ou les habitudes de pensée acquises ?

Le drame qui se joue actuellement dans les pays dits émergents renforce le camp de ceux qui pensent que les changes flottants sont une mécanique suicidaire et incontrôlable. L'échec de la FED a sortir le pays de la crise montre bien que l'affaire n'est pas uniquement une question de banque centrale. La spéculation dirigée par les grandes banques américaines est partout revenue à des niveaux intolérables et dangereux et jouent contre la croissance mondiale.   

En quelques jours, un livre, une émission de télévision et un article ont bien montré que la source principale des difficultés actuelles est à chercher dans le grand tournant de 1971. On n'en est plus à l'explication par les subprimes et c'est un bien. Le seul inconvénient est que ces trois documents y voient essentiellement le début d'une finance débridée porteuse de tous les maux. Les mécanismes d'endettement croisés sont totalement ignorés. On retombe sur la condamnation de la vilaine finance sans compréhension des mécanismes globaux de la montée absurde de l'endettement global. Et naturellement, cette erreur ne permet aucune politique de sortie de crise.

ll n'y a donc pas de réel progrès dans l'idée qu'il faut mettre fin aux changes flottants. En revanche cette solution ne trouve plus de défenseur sur un plan purement intellectuel.

En Europe, plus personne ne nie les problèmes posés par la non gestion d'une zone de monnaie unique. Les excédents allemands commencent à faire mauvais genre.  Les fédérolâtres s'agitent en criant : il faut plus d'Europe. Mais les aspects techniques sont éludés. La question démocratique aussi. Tout le monde crie que l'Euro est trop fort, ce qui est vrai, notamment pour la France. Mais personne ne cherche à savoir qui est responsable du change de l'Euro. Normal, il n'y a  personne. 'idéologie des changes flottants s'établissant "librement" sur un marché parfait n'est pas remise en cause  dans les milieux européistes. On pleure donc des conséquences dont on chérit les causes. Comme d'habitude. L'impuissance et le déni de démocratie restent les deux mamelles du drame de la zone Euro.

Quant à la France, les évènements récents ont montré que le ras le bol fiscal devenait explosif. A-t-on pour autant renoncé au "vive l'impôt" qui est le leitmotiv de tous les énarques de gouvernement depuis des lustres ? Pas du tout. Le projet politicien de "grand soir fiscal" se place dans la même perspective démagogique perceptible depuis l'élection présidentielle : on va faire du tort aux riches pour calmer les autres. La reprise des idées folles de Picketty ne garantit rien d'autre qu'une nouvelle fuite  des entreprenants et une destruction quasiment définitive du système entrepreneurial français. On saccage la vie de boucs émissaires pour des raisons purement politiciennes sans aucun effet positif pour la nation.  1914 confirmera cette évolution délétère.  

Au final sur les trois fronts qui nous intéressent, on voit bien s'affirmer des "ça suffit comme cela", des "arrêtons ces sottises", des "cela ne peut pas marcher comme cela".  Plus personne ne croit qu'un approfondissement des changes flottants, qu'un surcroit de normes autour de l'Euro et qu'un surcroit d'impôts en France apporteront quelques solutions que ce soit. L'effondrement intellectuel qui est à la base des constructions délétères mises en place dans le monde l'Europe et la France est total et désormais irrattrapable.

Il n'y a plus d'avocats pour ces mauvaises causes. Mais il n'y en a pas non plus en situation d'influence pour construire un meilleur futur.

La politique du rat crevé au fil de l'eau continuera donc dans le monde, dans la zone Euro et en France.

Avec les résultats merveilleux que l'on constate depuis 5 ans.

2014 : septième année de crise avec aucune solution en vue.

Pour la France, c'est une décennie perdue qui s'annonce avec une véritable destruction du pays, probablement impossible à réparer tant la volonté rageuse de rendre définitives les destructions est forte au sommet de l'Etat.

 

Didier Dufau, pour le Cercle des Economistes e-toile.

Une si jolie petite crise de changes !

Rien n’est plus amusant que l’hypocrisie générale que l’on trouve dans la presse et dans les déclarations officielles des uns et des autres quand une crise concernant des monnaies, et mettant en cause directement le  système monétaire international basé sur les changes flottants, balaie le monde.

Dans les milieux anglo-saxons le commentaire est toujours le même : c’est la faute de la victime ! En 1998, la précédente crise des changes provoquée par une hausse rapide du dollar, l’explosion des systèmes de changes de nombreux pays  a été expliquée par le règne des « cronies » dans les gouvernements des pays concernés.  On l’a appelé : crise des pays émergents  alors qu’il s’agissait d’une crise liés  aux  capitaux mobiles dans un système de changes flottants, une nième crise du Dollar.

Dans les autres parties du monde on constate et condamne une instabilité « chronique », « dévastatrice », « incontrôlable », « irrationnelle », et on aspire à un peu de calme. Les plus audacieux parlent de « guerre menée par le dollar contre le monde », de « déviation non coopérative », « d’absurde guerre des monnaies ». Chacun de nos lecteurs remettra ces fortes assertions dans la bouche de leur auteur.  Il suffit de lire le journal. On en trouve tous les jours.

Et voilà qu’à Saint-Pétersbourg se tient un G.20, chargé de la prospérité économique du monde.

Devant la manifestation si éclatante que le système des changes flottants est dysfonctionnel,    il a sans doute mis immédiatement une réforme en chantier.

Pas du tout ! Après que le mot « stabilité » a été chanté dans les vingt langues avec la tête de circonstances, personne n’a cru devoir signaler que si les changes sont flottants, ils flottent, c'est-à-dire qu’ils subissent les foucades des capitaux à court terme qui vont et viennent dans l’irrationalité la plus totale.

 Il suffirait donc d’un mot de M. Bernanke pour que la crise frappe les pays dits « émergents », sans doute parce que leur monnaie plonge.  De même qu’une phrase de M. Draghi avait changé radicalement le climat financier en été 2012.

La langue qui tue et la langue qui adoucit seraient la « magna ratio » de l’économie mondiale. On voit comme tout cela est sérieux.

La Chine a confirmé qu’elle laisserait flotter un poil sa monnaie dans l’espace limité de la zone franche de Shanghai.

Vive les changes flottants et  à bas les changes qui changent brutalement !  Chantée dans la même phrase par les membres du G.20, la chanson est tout de même un peu contradictoire.

On nous disait : avec les changes flottants, on verrait des transitions beaucoup moins brutales. Jamais les transitions n’ont été plus brutales (voir le triste destin de la Roupie indonésienne) .

On nous disait : on n’aurait moins besoin de réserves de changes. Et voilà que les Brics veulent créer un fond commun de gestion de réserves de change, indépendamment du FMI. Et tous les commentateurs d’expliquer que la crise sera surmontée  parce que les pays en question ont accumulé, instruits par la crise précédente, d’énormes réserves de changes.

Comme tout cela est rationnel et cohérent.

Au passage, celui qui découvrira dans la presse française une observation sur les méfaits des changes flottants, en tant que système,  éprouvera la joie de la découverte d’espèces  hyper –rares.

Pour les amateurs de mythes et de tabous, la séquence monétaire en cours donne une leçon de chose particulièrement remarquable.

Les changes flottants, même en pleine crise mondiale des changes, ne peuvent pas être remis en cause dans un média qui a son quant-à soi.

Le système est au dessus de toute critique.  Cela ne trahit pas la nullité des journalistes mais le fait que personne n’a envie de colleter avec cette difficulté et qu’ils n’ont rien à colporter ni à commenter.  Le silence de l’Eurogroupe sur cette crise est tonitruant, comme d’habitude. M. Moscovici, lui a autre chose à faire : augmenter gravement les impôts en jurant que c’est pour la dernière fois et que cela ne touchera que 10% de la population.

Et on découvre que le nombre de personnes exonérées d’IR s’est fortement réduit et que des petits retraités qui tirent le diable par la queue vont devoir s’acquitter d’un impôt sur le revenu d’un mois de revenu.

Quelle est la bouche la pire : celle qui ment ou celle qui se tait ?

A notre avis les deux sont consternantes. Mais le cumul du mensonge et du silence pour un Ministre des Finances Français, ce n’est guère glorieux.

Encore quelques mois et on s’apercevra que la crise des « pays émergents » bis a eu quelques conséquences sur la situation française.  Sans  doute vers le moment où, ayant prélevé près de 100 milliards d’Euros d’impôts supplémentaires (10% de la valeur ajoutée des entreprises non financières) tout en laissant aller la dette publique à près de 100% du PIB et 200% de la même valeur ajoutée des entreprises non financières que nous aimons prendre en référence, les spécialistes de la Com’ gouvernementale  chanteront les immenses victoires  économiques  de la France.

Rappel : nous prétendons que nous sommes victimes de trois organisations dysfonctionnelles :

-          Un système de changes flottants structurellement néfastes

-          Une Europe de la monnaie unique sans organe de pilotage des changes et de la monnaie à l’échelon européen

-          Une France étouffée par une dépense publique et une fiscalité déraisonnables.

On notera que rien n’a été fait pour réduire les inconvénients de ces trois dérives. On compte plus que jamais  sur des  Commissaires  pour gérer l’Europe par la surveillance de normes.  Les impôts battent tous les records historiques en France. Les changes flottants ? Ah bon, ils flotteraient ? Et alors ?

A force de faire l’inverse de ce qu’il faudrait, on entre dans la septième  année de crise depuis le blocage du marché interbancaire en Août 2007 !  Bravo à tous !

Questions d’actualité – 22 août 2013

En économie politique, le mois d’Août est toujours plein d’enseignements.

Il est particulièrement riche, cette année, en questions déjà traitées sur ce site et qui refleurissent allègrement.


1.       Les pays en voie de développement vacillent

Dans plusieurs articles nous avons critiqué les essayistes qui tentaient de nous faire croire que le salut viendrait des pays en voie de développement. Comme toujours, c’est le centre qui compte et non la périphérie. La Chine connait de graves difficultés dont elle sort en boitillant. Les taux de croissance affichés ne doivent pas tromper l’observateur. La croissance chinoise est entièrement dépendante de la folie occidentale qui, un moment, a imaginé que tout devait être produit en Chine pour que leurs champions soient « leaders mondiaux » de leur spécialité. La stagnation européenne signe celle, relative, de la Chine. De même l’Inde se débat, comme d’habitude, dans des problèmes de balances commerciales et d’inflation qui déstabilisent les grands espoirs mis dans sa croissance. Le Brésil n’est guère mieux loti. L’Afrique commence à peiner. La Russie devient nerveuse. Le Mexique vient de connaître un trimestre de recul industriel.

Le Bric se délite un peu, beaucoup, passionnément.

Leçon : ce sont les Européens, les Américains et les Japonais qui font la conjoncture, pas la périphérie !

Rappelons que les « printemps arabes » ont tous été provoqués par la récession mondiale de ces dernières années. Quand le fort tousse, le faible meurt.

2.       L’instabilité monétaire aggrave tout

Depuis que la FED a annoncé un tournant moins laxiste dans sa politique monétaire, des tourbillons agitent le milieu de la finance et de la monnaie.

Le Japonais ABE a décidé de violer le faux consensus autour de l’affirmation que ce sont les marchés qui donnent la valeur des devises. Cette fiction a été écartée d’un revers méprisant de la main. Le Japon a fait sombrer sa monnaie pour reprendre la main dans le commerce mondial et mettre fin à 20 ans de stagnation déflationniste. Rappelons que cette déflation a commencé quand les énormes réserves en dollars ont été partiellement détruites par un mouvement de baisse soudaine du dollar lors de la crise de 92-93, en même temps que diverses bulles locales, dont l’immobilier, éclataient. Le système bancaire s’est trouvé ruiné et d’expédients en expédients, la crise a duré 20 ans.

Oh surprise, les "Abenomics" marchent au grand scandale du Financial Times !

Pendant ce temps-là,  la Roupie indienne sombre, comme la Lire turque, la Roupie indonésienne, ou le Rouble. La situation à Taïwan n’est pas meilleure.  Les taux d’intérêt montent partout pour défendre des monnaies en passe de se dévaluer trop fortement. Les réserves fondent. Les investisseurs qui avaient cherché de la rentabilité à court terme se replient.

Les changes flottants malheureusement flottent entraînant à leur suite des désordres aggravés. La liberté totale des mouvements de capitaux à court terme est  destructrice.

Une fois de plus la nocivité du système monétaire international explose à la figure de tous. Mais il est interdit dans la presse de le critiquer. Alors on cherchera des explications vaseuses. Comme d’habitude. Pourquoi pas les « cronies » pendant qu’on y est ?

3.       Le cycle existe même si la prétention du président Hollande de le chevaucher est ridicule.

Le cycle de 8-10 ans est une réalité. Il est attesté depuis deux siècles et demi. On a donc toujours une phase de reprise à un moment donné, tout simplement parce que la mauvaise graisse a fondu, que  la productivité des entreprises survivantes est meilleure, que des besoins de renouvellement se font jour et que la technologie offre de nouveaux débouchés.

Nous avons écrit ici, que le PIB était le pire indicateur de conjoncture. Nous renvoyons à cet article. Le PIB n’est pas un constat mais une évaluation en mouvement dont beaucoup de composantes sont purement et simplement estimées. Il faut attendre pratiquement deux ans pour avoir un PIB définitif. Et les corrections ne sont pas minces. 0.5% de PIB, dans ces conditions, cela ne veut très exactement rien dire. Il se peut qu’en 2015, date où les chiffres seront stabilisés, on soit à 0% ou à 1%. Compte tenu de ce qu’on connait de la saison touristique et de la production industrielle, il est probable que le chiffre sera rétabli à la baisse. Quand on gigote dans l’épaisseur du trait, tout est possible. 

Il y aura une reprise mondiale quelque part entre 2016 et 2018. La reprise est souvent forte après une récession forte.   Ce fut le cas après la crise sévère de 92-93, à partir de 97.  Cette année-là nous n’arrêtions pas de crier « la reprise est là », sur le Forum du Monde, au milieu des indécrottables sceptiques.

Prétendre qu’elle touchera la France de façon forte est une autre affaire. L’étouffement par la fiscalité est total. Une fois de plus les socialistes vont augmenter les impôts et rester, malgré les affirmations contraires, dans le régime : 90% d’effort fiscal, 10% de réduction de dépense publique, verbalement par diminution des libéralités prétendument faites aux « riches », mais on parle d’une hausse de la CSG et des charges salariales puir faire une réforme de façade des retraites, ce qui aura un effet direct sur le pouvoir d’achat de tous les Français.  Les retraités vont perdre plusieurs points de pouvoir d’achat avec les diverses mesures prises pour les faire cracher au bassinet, même si, comme d'habitude on annonce des prélèvements catastrophique sur lesquels on revient, tout en faisant passer une hausse drastique, lorsque tout le monde souffle.

L’étouffement de l’immobilier par la loi Duflot (un flot de bêtise crasse) va rendre ce marché encore plus étroit. Mettre en place une assurance-loyers forcée payée par les propriétaires est le type même de la fausse bonne idée politicienne. La rentabilité de la location, déjà ridicule, voire négative hors dispositifs ad hoc, s’en trouvera réduite. L’aléa moral sur le locataire va s’accroître.  On risque de voir une explosion des impayés. D’autant plus que le gouvernement a annoncé des mesures visant à empêcher les expulsions. On est dans la gaminerie gauchiste… et la disparition de l’investissement locatif. la baisse des mise en chantier est supérieure à 20%. Un désastre ! 

Sans investissement, sans immobilier, sans revenu, et sans pouvoir d’achat, sans compétitivité extérieure, une France accablée d’impôts ne saurait repartir allègrement. La « boîte à outils » de M. Hollande n’est pas grotesque, mais les tours de passe-passe qui consistent à dire « je te rends de la main gauche ce que je t’ai pris de la main droite » ont un sens modeste en économie. On peut même avancer que prendre l’argent des entreprises et leur dire : « Je vous le rends à conditions que… », tout en aggravant les charges sociales, est digne de Guignol.

La hausse des taux d’intérêts à long terme ne va pas arranger les choses.

Il faut un changement radical d’état d’esprit et de pratiques, et des réformes lourdes de l’Etat obèse.

On verra si cela se produit.

En attendant, on petu se tapoter légèrement le menton.

Mais oui, le cycle existe et il y aura sans doute une reprise forte dans les années à venir, …ailleurs.

4.       Le retour d’une escroquerie politicienne : retraite et pénibilité

A chaque fois que se profile une réforme un peu " pénible" , politiquement,  des retraites, les gouvernements sortent la négociation sur une prétendue pénibilité de leur boîte de farces et attrapes politiciennes. La pénibilité n’a strictement rien à voir avec les retraites. Lorsqu’un travail est pénible, la simple décence conduit à prendre trois types de mesures :

-          Le supprimer (presque toutes les tâches réellement pénibles ont disparu depuis longtemps) ou les aménager pour qu’elles ne soient plus pénibles.

-          Réduire le temps de travail aux postes difficile pour qu’ils ne pénalisent pas  la santé

-          Augmenter la rémunération pour compenser la difficulté résiduelle éventuelle.  

Ajouter un avantage de retraite n’a exactement aucun sens. Ce serait même parfaitement amoral : « je t’amoche mais tu pourras partir en retraite avant les autres, mais  bien amoché).

La retraite, avec les cotisations et les règles de solidarité qui vont avec,  compense une incapacité à produire donc à « gagner sa vie ».  En toute justice la retraite ne devrait être possible que lorsqu’une incapacité de travailler est devenue manifeste !

Il est clair qu’il y a eu longtemps une différence marquée entre l’espérance de vie des manuels et celle des employés de bureau. De même les femmes vivaient plus longtemps que les hommes. Les enseignantes, au début des années 60, atteignaient 80 ans quand les ouvriers agricoles ne dépassaient guère les 65 ans.  De même les cadres qui vivaient dans des bureaux, se soignaient nettement mieux que le reste de la population, mangeaient mieux et profitaient de leur retraite bien plus longtemps que les ouvriers.

Tant que les métiers les moins nobles ont eu pour seul objet de fournir de l’énergie, et qu’il fallait  trimer dur, avec des durées quotidiennes et hebdomadaires de travail longues, et avec de courtes vacances, la retraite des personnels concernés était courte, la résistance physique ayant ses limites.

Aujourd’hui pratiquement tous ces métiers ont disparu. La longévité est plus liée à des caractères génétiques ou à la consommation, notamment de vin ou de drogues douces ou dures, qu’à la dureté physique du travail. Les ouvriers ne travaillent guère plus de 1.500 heures par an, contre à peu près le double en 1935. L’hygiène et la sécurité ont été constamment améliorées.

Quel rapport entre un cheminot d’aujourd’hui et un chauffeur qui alimentait la chaudière en charbon avec une pelle pendant toute la durée d’un trajet, de nuit ou de jour, en plein air, qu’il fasse froid, qu’il vente ou qu’il pleuve ou neige ?  Il travaille à peine 29 heures par semaine, assis, à la température idéale. Il bénéficie de longs congés. Le faire partir à 50 ans est grotesque. Partout ailleurs dans le monde les conducteurs de locomotive conduisent jusqu’à 65 ans, si leur aptitude est confirmée. Comme les routiers. Comme les pilotes d’avion.

Pourquoi parle-t-on de « pénibilité » ? Pour une seule et unique raison : créer une nouvelle charge sociale pour doter un fond qui servira à protéger les adhérents des syndicats les plus durs, notamment ceux de la SNCF et d’EDF, voire de l’Education Nationale. C’est si pénible de s’occuper des mioches des autres ! Aucun autre pays au monde n'a créé un droit à une retraite compensatrice de pénibilité. Cela devrait faire un peu réfléchir les gogos.

Les privilèges de la caste des super-syndiqués des entreprises publiques ou de l’Etat ne peuvent plus être aussi facilement justifiés quand tous les autres voient leur retraite fondre en montant et en durée.

Alors on a inventé la pénibilité, pour maintenir des avantages indus et des retraites longues, aux super-syndiqués.  Une superbe escroquerie politique. Et on peut parier que le gouvernement ne touchera pas aux privilégiés de la retraite !

5.       La subite gloire médiatique du Bitcoin

Nous avons récemment écrit un article de fond sur « les monnaies électroniques sans intermédiaire de confiance » et notamment le Bitcoin. Il est amusant de voir quelques semaines plus tard le Figaro et le Canard Enchaîné s’emparer en même temps de ce sujet.

Avec un peu trop de sensationnalisme. On  exagère un peu en prétendant que les banques centrales s’inquiètent du phénomène. Ce sont plutôt le fisc et la police qui s’interrogent.

6.       La fatigue du hanneton

Alors que gouvernement et Président rabâchent ad nauseam que la crise de l’Euro et des banques est derrière nous, la réalité prend constamment sa revanche. Le gouvernement allemand constate qu’il faudra encore un nouveau plan pour sauver la Grèce qui ne parvient naturellement pas à faire face à un endettement colossal avec une économie en récession depuis quatre ans. Le gouvernement espagnol est bien obligé de noter que les banques du pays sont gavées de mauvais crédits qu’il faudra bien passer un jour en pertes et profits. Il s’agit de solides dizaines de milliards d’Euros, venant après d’autres et qui en précèdent d’autres.

Nous avons comparé la gestion des excès de dettes à la stratégie du hanneton qui pousse sa boule de crottin devant lui. Périodiquement, il fatigue. Rappel : dès août 2007 il était devenu clair que le système bancaire mondial était en faillite « virtuelle » : entre 8 et 15.000 milliards de dollars de créances étaient douteuses, un chiffre sans comparaison avec le très faible montant du capital des banques. Grâce à l’inflation et aux pertes constatées, on a déjà réduit la dette globale de quelques milliers de milliards.  Il reste encore une bonne partie des pertes initiales auxquelles se sont ajoutées les pertes de crédits liées à la crise.  Au rythme actuel, etdans le système actuel, il faudra trente ans pour se débarrasser du fardeau !

Il faut s’attendre encore à quelques crises de fatigue du hanneton, de ci de là.

 7.       Les effets de bord désastreux de l’Exit-tax

Nous devons cette taxe idiote à M. Sarkozy. Le résultat, non annoncé lors de la discussion parlementaire, est d’imposer des à des taux inouïs, pouvant aller jusqu’à 63% des investissement, à toute entreprise qui veut implanter une filiale  à l’étranger. L’Exit-tax conduit mécaniquement à l’impossibilité de croissance des PME-PMI françaises. Encore bravo !  Le principe même de l’Exit-tax est absurde. Ce qui explique qu’on n’ait pas créé son pendant logique : l’Entrance tax, qui aurait plus de justification (en Suisse, il faut acheter sa « bourgeoisie »). Les taux d’imposition sont devenus tellement hauts et la complexité fiscale si intense, que toute création d'impôts nouveaux  conduit inéluctablement à des conséquences aussi imprévues que désastreuses.

8.       Quand  « notre Gégé » redeviendra  « national »

 

Avec l’arrivée des rôles d’imposition définitifs pour 2012, qui marquent une perte de pouvoir d’achat pour des millions de foyers, les grandes manœuvres de communication du pouvoir  socialiste se déploient sur toutes les chaînes médiatiques. Bientôt, le PS sera le parti des anti-impôts ! Comme il se prétend le parti de la « vraie » sécurité publique. Les quelques impôts qu’il a dû levés, c’était uniquement pour solder des sottises du vilain Sarko. Mais maintenant, on va voir que la reprise est là et que « la boîte à outils du Père François » est d’une efficacité parfaite. Non seulement on rasera gratis et  le bonheur reviendra dès 2025, avec la joie d’entrer dans ses meubles garantie par Mme Duflot, mais les impôts seront fortement diminués, sauf pour les riches naturellement. 

Gérard Depardieu, en pleine opération de reconquête de l’opinion, après les quelques secousses que l’on sait, en a rajouté une couche en douceur, sur sa protestation de l’automne. Désormais il en est à 102% d’impôts et ce n’est pas tenable !  Il le dit et il a parfaitement raison.

Mais puisqu’on vous dit que ce n’est pas le socialisme hollandais qui y tient et qu’il a augmenté les impôts à l’insu de son plein gré ! Ah ! S’il n’y avait pas eu cette droite inconsciente ! On n’en serait pas  à créer une taxe carbone de plus, à prendre  une fraction de point de plus de CSG, et à chercher les quelques milliards de plus de prélèvements qui permettront de calmer une Commission européenne, accommodante mais pas au point de laisser perdurer un an de plus un déficit à 4% du PIB et monter le taux de dettes publiques aussi près des 100%, alors que lems taux d'intérêt à 10 ans remontent.

Le taux des dettes françaises à 10 ans  a pris 1 point de plus. Il aura doublé à l’automne sur ce qu’il était un an avant. Payer nos dettes publiques risque de coûter 1 à 2 % de PIB de plus. 

Il va falloir que les « spin doctors » soient super doués pour gommer ces réalités de l’esprit des Français.

Faisons leur confiance. Encore un an de communication imaginative de tous et de chacun et Gégé sera à la « garden-part(ie)y de l’Elysée », et vantera les mérites du grand rédempteur fiscal !  

Plus de message

Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

Association loi 1901

  
BlogCFC was created by Raymond Camden. This blog is running version 5.9.002. Contact Blog Owner