Margaret Thatcher, Jacques Delors et l’Euro : le malentendu

La disparition de Margaret Thatcher a stimulé la haine des dévots socialistes injurieux.  Le jour de sa mort, la recherche sur Google avec les critères « Thatcher+Salope » donnait 3.500 réponses. On en est déjà à 6.910 deux jours plus tard. On atteindra assez vite  les 10.000 au moment de l’enterrement.

La chasse aux sorcières était naguère critiquée par la gauche, celle de Voltaire, comme une infamie. Depuis que le socialisme a squatté la gauche, chasser la sorcière est devenu un jeu nécessaire. Ceux qui comme Eric Zemmour considèrent les socialistes comme l’équivalent des « djihadistes » musulmans trouveront tous les exemples qu’il leur faut dans cet indécent déchaînement. Que des cultureux « de gauche » puissent s’associer à ces ignominies est une marque de plus de la déchéance des intellectuels socialistes européens.

Il est intéressant, dans une optique purement économique, de relever dans ce dégueulis général  une erreur curieuse. On charge Margaret Thatcher d’avoir été avant même Reagan, à la source des "dérégulations sauvages" dont certains voient la cause unique des nos malheurs économiques actuels.   

Il suffit de lire les mémoires de Mme Thatcher (The Downing Street Years), et dans le même mouvement le rapport Delors, pour comprendre la fausseté presqu’absolue de ce crédo mille fois répété.

Que demande le rapport Delors : la libéralisation totale des mouvements de capitaux ; l’interdiction pour les banques centrales de prêter aux Etats ; L’indépendance de la banque centrale.

Que dit Mme Thatcher : “No ! No ! No !”

C’est donc l’ex Ministre des Finances socialiste de Monsieur Mitterrand qui propose le système fragile qui vient de montrer sa dangerosité : un système de libre circulation des capitaux à court terme avec une BCE indépendante ne prenant en considération statutairement que des questions d’inflation moyenne en Europe.  C’est lui qui créé un système monétaire européen où le taux de change n’est plus piloté.

La responsabilité de Delors et de ses amis dans la construction d’un système bancal donnant aux banques et à la finance un rôle hypertrophié est première.

Margaret Thatcher, beaucoup plus pragmatique, était contre.

Elle l’écrit clairement : "l’EERM (l’European Exchange Rate Mechanism) conduit le Royaume-Uni à être sous la domination de l’Allemagne ! "

Il ne faut pas confondre Thatcher et « Merkozy » ou « Merkollande » !

Elle parle de Delorsian Socialism, avec des extensions à l’échelle du continent. « Rien de cela n’était acceptable pour moi ».

Le malentendu est complet : l’idéologue est Jacques Delors. Il est directement responsable du système imbécile qui nous vaut la déflation actuelle et le passage de la France sous la férule de l’Allemagne.  Margaret Thatcher, prudente et attentive à la rationalité des décisions, est beaucoup plus sage et ouverte.  « Je veux un bénéfice prouvé, pas de risque excessif et aucune dépossession de la légitimité que je tires de mon élection». Pas de bénéfice, pas d’accord.  Trop de risques, pas d’accord. Trop de renoncements de souveraineté, pas d’accord !

Jamais Delors et ses amis n’ont averti de la fragilité et des dangers de leur système. Aucune discussion pratique n’a eu lieu en public sur ces questions clefs. Le débat s’est concentré, lors du referendum de Maastricht, sur les abandons de souveraineté, qui ont été minimisés ou niés. Thatcher, oui.

Elle a montré beaucoup de courage parce que son propre gouvernement était plutôt en faveur de l’ERM. Elle a été confrontée à une pression énorme de son Ministre des finances associé à son Ministre des affaires étrangères qui, la veille de la conférence de Madrid qui devait mettre l’ERM en marche, ont mis leur démission dans la balance.  

Le résultat est que le Royaume Uni n’est pas, aujourd’hui,  à la remorque de l’Allemagne et de ses désirs déflationnistes. Il est vrai que Cameron a lancé son propre plan déflationniste avec des résultats peu probants.

Cameron n’est pas Thatcher.  

Rendons à M. Delors ses propres créations et à Mme Thatcher l’honneur de son bon sens  d’épicière.

Le démagogue et la PME

Le démagogue est un certain Jean-Louis Destans, énarque, député socialiste de l’Eure. Pressé par la direction de son parti  et par les équipes de l’Elysées de faire valoir aux entreprises que la « boîte à outils » du président Hollande est un merveilleux cadeau qu’on leur fait, il envoie, sous en-tête de l’Assemblée Nationale et aux frais du contribuable, une circulaire selon laquelle « les entreprises sont la priorité de la puissance publique » et  peuvent se saisir de mécanismes « particulièrement simples d’accès ». Il s’agit naturellement de tout l’attirail de mesures artificielles prises en urgence  après qu’un choc fiscal hystérique ciblé sur les entrepreneurs et les investisseurs eût arrêté net l’économie en septembre-octobre 2012 :

-          Le CICE : le crédit d’impôt compétitivité emploi,

-          La BPI : la banque publique d’investissement

-          Le CIR : crédit impôt recherche et le JEI : statut des jeunes entreprises innovantes

-          Le Contrat de Génération (sans sigle. Dommage ! Avec Contrat Génération Travail, on aurait eu CGT ce qui aurait passionné les patrons). 

On sait que le gouvernement a prélevé entre 25 et 40 milliards d’euros sur les entreprises avant d’envisager d’en rendre une partie avec le CICE, sous des formes absurdes.

La BPI est la fusion de deux organismes existants et dont la vice-présidente est l’ex-compagne du président de la république, vice-présidente dont les investissements, en tant que présidente de la région Poitou Charente, ont été pratiquement tous perdus. Népotisme et nullité réunis en bouquet, cela vous classe tout de suite une politique. 

Le CIR existait déjà.

Le contrat de génération est une usine à gaz qui donne de l’argent public pour créer des binômes entre un jeune et un vieux. Effet d’affichage politique  sans rationalité économique.

Les quatre mesures sont la marque indélébile d’une énarchie compassionnelle qui vous vole votre montre, la porte ostensiblement, et entend vous donner l’heure, à ses conditions et pourvu qu’on lui dise merci.

Comment le Monopoly grotesque imaginé par le leader méprisé de ce que la presse appelle désormais ouvertement un groupe de ripoux socialistes, est-il apprécié par les PME ?

Voici la réponse du patron d’une PME de Saint-Pierre de Bailleul, M. Hughes Leblanc, visiblement insensible à la compassion des énarques qui nous gouvernent:

« Monsieur le député,

J’accuse réception de votre lettre et vous remercie pour votre sollicitude. Je serais tenté de vous répondre comme les bourgeois de Calais visités par Louis XIV et à qui celui-ci demandait ce qu’il pouvait faire pour eux : « SURTOUT, SIRE, NE FAITES RIEN ».

Quand on voit le rapport qualité prix des services rendus par la mafia Parlementaires + Fonctionnaires + Syndicats, on a tendance à vouloir changer de fournisseurs.

Jugez le résultat :

-          La France a des coûts de fonctionnement dépassant de 20% ses revenus

-          Avec les 35 heures, les 5 semaines de congés payés, la retraite à 60 ans, la France est la risée de la terre entière.

-          Un nombre de fonctionnaires double, par habitant, de celui des Allemands

Ce que propose Monsieur le Président de la République :

-          Augmentation de 65.000 du nombre des fonctionnaires

-          Création de 150.000 postes de jeunes aides fonctionnaires (sans formation)

Quant à vos usines à gaz, crédit d’impôt, banque d’état etc.

Remisez-les  simplement et diminuez :

-          Les charges sociales (les plus élevées du monde)

-          L’impôt

MEFIEZ VOUS DE LA COLERE DU PEUPLE  (DANTON)

Meilleures salutations »

Ruiner les gens et leur tendre quelques-unes des pièces volées pour qu’ils vous lèchent la main est une attitude déplorable et un détournement de la République par ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui des incapables malintentionnés dont l’honnêteté est douteuse.


Puisqu’on évoque aujourd’hui la question des incompatibilités avec la fonction d’élu, la première mesure à prendre et d’interdire qu’on puisse être élu dans une assemblée ou membre d’un exécutif qui fixe votre rémunération. Ce qui veut dire que tout fonctionnaire ne peut être éligible au Sénat, à l’Assemblée nationale, qu’après avoir démissionné de la fonction publique.

Adieu les Hollande, Aubry, Ayrault, Moscovici, Eckert, Fabius, Royal, Destans,  Juppé, et tous ceux qui croient qu’ils doivent compléter leur concours de l’ENA ou compenser l’ennui de leur fonction  administrative par une compétition politique « à qui volera le plus le citoyen », pour son bien naturellement. Voir deux excellences de préau d’école comme MM.  Ayrault, professeur d’allemand, et Eckert, professeur de maths,  s’occuper, sous la direction d’un membre de la Cour des Comptes qui n’a, lui, jamais exercé le moindre travail statutaire (pourtant bien modeste),  à « dynamiser » avec des gadgets administratifs et fiscaux, les entreprises qu’ils se sont employées à ruiner,  n’amusera que ceux que l’effondrement français excite.

En tout cas, on le voit bien :  cela n’amuse pas les patrons de PME.

En lisant M. Lemaire

Monsieur Lemaire, comme Monsieur Baroin, a  écrit un livre sur son expérience ministérielle,  aussitôt dans l'opposition. Ces livres n'ont aucun caractère informatif. Ils ont uniquement pour but de promouvoir la personnalité de leur auteur et de leur donner une épaisseur que leur action politique n'a pas véritablement permis d'étalonner.

Disons le d'entrée de jeu : le livre est plus dense et mieux écrit que celui de F. Baroin qui l'avait coiffé pour le poste de Ministre des Finances. M. Lemaire a un bagage intellectuel, une culture générale et une réflexion politique plus étoffée.

Malheureusement les deux livres ont le même défaut : ils montrent tous les deux l'impuissance des ministres.

M. Baroin flottait comme un ludion et s'agitait en tentant de faire le moins de vagues possible tout en restant dans le plus grand vague possible.

M. Lemaire est plus volontaire mais son rôle aura été  celui d'un commis voyageur. Il s'est épuisé en avion, et en réunions où il faut convaincre. Convaincre de quoi ? Convaincre qui ? Pour quels résultats ?

La Cour de Justice Européenne ayant décrété que la politique d'aide sociale n'était pas de la responsabilité européenne  selon les traités, il s'empresse de convaincre qu'il faut  garder une politique mutualisée  de charité publique alimentaire en Europe. Le rôle du dirigeant est d'arroser la clientèle. Mais voilà : la charité doit se faire sur une base nationale. Au lieu de le comprendre, le voilà en guerre. En vain.  C'est bien de déclarer que l'Allemagne est bloquée par son prurit juridique, mais considérer qu'on doive violer les traités pour faire la charité avec l'argent des autres était absurde. Il aurait dit : je veux faire la charité un peu plus avec l'argent des Français, on l'aurait au moins entendu.

Plus sérieux est la question de la régulation des marchés agricoles. Nicolas Sarkozy voulait asseoir sa posture comme grand dirigeant mondial promouvant la bonté vis-à-vis des pauvres du monde et avait ouvert cette tête de chapitre. Pourquoi pas ? Même si le côté Sœur Theresa de nos politiques fait toujours un peu rire. De négociations épuisantes en négociations épuisantes on aboutit à un texte du G.20 dont l'effet aujourd'hui est … Est quoi justement ?  Personne n'en sait rien et tout le monde s'en fout.

Tout le livre est ainsi empli de cette vacuité insidieuse qui fait du ministre non pas l'homme d'un diagnostic fort et d'une politique effective mais un négociateur, un homme lige, un représentant de catégories électorales chargé de les mettre en condition pour les prochaines élections. Il défend la dépense, la subvention, le mécanisme d'arrosage des intérêts, toujours compatissant, indéfiniment compatissant. .

Bruno Lemaire fait beaucoup parler Nicolas Sarkozy. S'est-il rendu compte qu'il en a fait une sorte de neu-neu incapable de parler un français un minimum correct ? On découvre que, dès la moitié du quinquennat, il a pris le style qu'on découvrira lors des élections de 2012 : faussement patelin ; centré sur lui-même ; pleurnicheur ; faux copain ; hagard. L'homme ne s'est jamais remis d'avoir été élu Président. Pathétiquement il essaie d'entrer dans le costume et s'épuise dans l'exercice sans réellement peser sur les choses, ouvrant inlassablement des têtes de chapitres, souvent avec une excellente intuition, et ne faisant que des courants d'air.

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi même, M.Lemaire dresse son propre  portrait, flatteur, en faisant parler les autres.  Tous disent qu'il est un grand espoir, qu'il est le presque meilleur d'entre nous, qu'il doit se construire sa stature car elle sera formidable, qu'il aurait du être Ministre des Finances à la place du Ministre des finances, qu'il ne l'a pas été parce qu'il travaillait trop et qu'il était trop bon à l'Agriculture, et que et que.

Au final le livre de M. Lemaire pose la question de l'impuissance gouvernementale française et de son rôle de pure défense de la dépense publique.

Il est vrai qu'à la fin de la mandature Sarkozy, la question a été posée d'un recadrage massif des dépenses publiques. M. Lemaire agite les grelots sur un thème que nous avons traité sur ce blog : "faisons ce qu'il faut même si cela nous coûte l'élection ; au moins on aura fait notre devoir". Pourquoi ne pas supprimer les 35 heures ? Sarkozy refuse.   Fillon fait remarquer à Lemaire qu'il y a dans les tiroirs un plan à 90 milliards d'économies. Et c'est lui qui lui dit : chiche !

Sur 2.000 milliards de dépenses, une réduction de 10%, absolument nécessaire,   représente 200 milliards, sauf erreur de calcul. 90 milliards, ce n'est rien, quand on se tient à la hauteur des problèmes. Réduire de 4.5% la dépense publique est possible et nécessaire. Mais non. La peur électorale et le poids de la fonction publique dans les hautes sphères politiques fait qu'on s'en tiendra à un plan qui fait la part belle à l'impôt et exige pratiquement rien en matière de réduction de la dépense publique, comme nous le constaterons aussitôt sur ce blog.  

Si bien que le père de famille nombreuse qu'est Lemaire en vient à exiger la dénaturation du système des allocations familiales française et à abandonner son statut de fonctionnaire pour prouver sa bonne volonté.

On ne demande pas aux hommes politiques des sacrifices personnels mais de créer des systèmes politiques et fiscaux durables et n'empêchant pas toute croissance. Le contre exemple est la mise en place de système comme le RSA qui fixe dans le non travail des centaines de milliers de personnes qui ont vite fait leur calcul, même si l'intention et inverse, ou comme celui des intermittents du spectacle, où des subventions à la presse en contrepartie du monopole des ouvriers du livre, où la PAC, ou la gratuité de l'université dans la misère de l'université ou  etc.

Que Monsieur Lemaire nous dise : oui il faut mettre fin au blocage du développement portuaire français  en supprimant le statut des dockers ; oui il faut mettre en faillite la SNCM et supprimer le statut des marins français ; oui il faut mettre fin aux statuts des cheminots qui rend absolument impossible toute rentabilité d'une compagnie de chemin de fer ; oui il faut réserver les statuts publics uniquement aux fonctions régaliennes (militaires, policiers, juges, haut fonctionnaires,) mais pas aux auxiliaires professionnels qu'ils emploient ; oui il faut supprimer la gratuité du petit risque, en ne subventionnant de dispensaires que pour les plus pauvres.  Là il va toucher à des vaches sacrées qui coûtent des dizaines de milliards d'euros à la collectivité. Sans aucune contrepartie positive. Aucune.

Il ne suffit pas, Monsieur Lemaire, d'avoir été un excellent élève, d'avoir des capacités à l'évidence au dessus de la moyenne et même une haute idée de l'Etat et de la France. Il faut avoir du courage et accepté d'être vilipendé et traîné dans la boue par des cloportes.  Regardez Charles de Gaulle, traîné dans la boue tous les jours par les socialistes et que le minable Hollande a voulu réduire à Pétain et Hitler via Papon avec sa commémoration de la provocation du FLN de 1961.  Regardez Mme Thatcher que l'on enterre aujourd'hui sous les injures en France sous les fleurs au Royaume Uni en dépit du mépris de la gauche cultureuse  anglaise. Le film qui la montre détruite par la maladie d'Alzheimer est une ordurerie comme on en voit peu.  Laisser à jamais de la "Femme de Fer" l'image d'un "déchet" comme on dit au parti socialiste ! Et de crier à la délicatesse du traitement. Toutes les télé ont titré "mort d'une femme exceptionnelle mais  contestée".  Contestée !

Elle a dit à l'IRA : vous tuez. Vous voulez mourir une fois mis hors d'état de nuire. Mourez !*

Elle a dit aux syndicats qui avaient ruiné le pays : " Vous n'aurez pas ma peau. J'aurai la vôtre et le pays s'en trouvera mieux".

Elle a dit aux mineurs : "je ne subventionnerez pas malgré vos manifestations une activité sans espoir de rentabilité".

Elle a dit à l'Europe : "OK pour toutes vos conneries mais je ne réduis pas mes fonctionnaires pour nourrir ceux de la CEE". En ajoutant :  "je veux qu'on me rende mon argent".

  Elle a dit à ses fonctionnaires : "Vous êtes trop nombreux. Je n'en garderais que 700.000, en attendant 500.000".

Elle a dit aux Argentins : "Pas touche aux propriétés de la Couronne".

Et elle a mis ses actes en rapport avec ses paroles. Elle a eu une volonté. C'est cela que l'on conteste.

Elle a eu une volonté vis-à-vis de tous les prédateurs abusifs et a redonné  une vitalité au Royaume-Uni.

C'est intolérable pour la gauche socialiste qu'elle soit anglaise ou française. Une volonté ! Vous vous rendez compte. C'est du fascisme.

Alors Thatcher est devenue dans tous les forums pratiqués par des gens de gauche "Thatcher la Salope", "Lady  Pinochet" etc.

Que M. Lemaire s'inspire de l'exemple de Charles de Gaulle et de Margaret Thatcher.  Il faut annoncer ce qu'on veut faire. Et le faire. En acceptant la boue qui sera répandue sur vous par toutes les forces de gauche et du centre coalisées.

Il ne suffit pas d'être grand, d'avoir des yeux bleus, de porter une haute ambition pour soi même. Il faut accepter d'être piétiné et vilipendé en clamant haut et fort les nécessités nationales, en les prenant par le bon bout.

Cher M. Lemaire, nous vous avons envoyé un petit livre qui résume les sept péchés capitaux de la politique française. Nous ne saurions trop vous conseiller de le lire. Vous verrez combien vous êtes loin de ce qu'il faut annoncer à la nation.

Vos indéniables qualités méritent d'être encouragées. Encore un effort !

La grande tristesse des étudiants français en économie

Nous souhaitons exprimer ici toute notre sympathie aux étudiants en économie qui depuis des lustres se désespèrent de leur discipline et de son enseignement.

Ce blog a été mis en place largement pour eux. Pour qu'ils puissent se rendre compte qu'une analyse en temps réel de la réalité est un exercice économique possible et sans doute souhaitable.

Il est arrivée à la discipline économique trois évolutions fâcheuses :

- d'abord elle a été captée par les Etats-Unis. Tout ce qui vient des Etats-Unis est béni. Le reste ne compte pas. On le voit par exemple à l'Insead où l'économie est confiée à un américain, qui au demeurant à une belle voix mais aucune idée juste sur quoi que ce soit. Mais il est américain et possède les diplômes correspondants. Qu'importe que la soupe soit insipide.  

- Ensuite la discipline et devenue matheuse à l'extrême. Les économistes avaient besoin que leur science qui est en fait politique et sociologique soit une science dure à base de mathématiques incompréhensibles pour le commun des mortels.  L'ennui des maths, c'est que pour s'appliquer à la réalité, il faut avoir des mesures et des concepts clairs de ce qu'on mesure. Si on applique brutalement des mathématiques à des statistiques incertaines ou même carrément fausses, on n'aboutit à rien. On construit des modèles souvent extrêmement complexes sur des hypothèses exagérément fragiles.

- Enfin la fracture entre micro économie et macro économie n'a jamais été réellement réduite. L'accusation que nous avions portée il y a quarante ans contre le manuel de Raymond Barre qui se contentait dans le livre 1 d'expliquer que la microéconomie, débouchant sur le modèle walraso parétien, aboutissait à l'impossibilité des crises, le retour à l'équilibre étant quasiment automatique et qui exaltait, dans le livre II, les nouvelles possibilités de lutter contre les crises depuis que le keynésianisme s'était installé dans les esprits et que les Etats maitrisaient la dépense globale.

Ce trois évolutions se composent. Les Etats-Unis ayant opté pour une économie idéologiquement fondée sur la bienveillance des marchés, les économistes américains ont développé le modèle micro-économique en tentant, avec des équations complexes, de lui faire expliquer les faits macroéconomiques. Une bouillie politique, idéologique et  mathématique a remplacé l'examen objectif des faits.

La crise que nous vivons remet totalement en cause cette tentative : les modèles mathématiques n'ont pas prévu la crise, au contraire, ils ont empêché de la voir, ce qui est tout de même un comble. Tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas anticiper des ruptures et se basent sur des continuités.  La puissance américaine aussi bien politique qu'idéologique et économique a mis un bœuf sur la langue de tous les économistes officiels. Du coup on a cherché les causes de la crise dans des épiphénomènes mais surtout pas là où elles étaient.  L'autisme et la soumission font qu'aucun économiste français n'ose véritablement aller au fond des choses, car il ne veut pas prendre le risque de se faire marginaliser et perdre les fonctions paraétatiques ou étatiques qui le font vivre.

La lâcheté et la bêtise crasse, assise sur un suivisme médiocre règnent dans les circuits universitaires d'enseignement de l'économie, le seul endroit où les élèves sont de plus en plus mauvais au fur et à mesure que l'on monte dans les années universitaires. Evidemment ! Les plus intelligents sont partis ailleurs.

Certains domaines comme la monnaie, les échanges monétaires internationaux, les changes sont des disciplines quasiment à l'abandon, avec des cours qui parfois confinent à l'ignorance totale.

Donc oui, l'économie est une discipline en crise, les économistes français actuels sont en dessous de tout, les économistes officiels sont stipendiés par les banques et l'Etat, ce qui fait perdre à leurs analyses pratiquement toute valeur,  et l'enseignement économique est un mort vivant.

Les étudiants ont donc bien raison de s'attrister.

Nous ne saurions trop leur conseiller d'éviter trois tentations :  

- La tentation de "l'économiste mais" et de l'économisme anti libéral à teinture marxiste  ou socialiste de mauvais aloi, ne mène à rien. Les économistes universitaires français ont tenté de masquer leur évacuation du haut niveau en montrant leur belle âme bien rose ou bien rouge selon les tempéraments. Mais le monde se fout bien de ces belles âmes. Elles se sont épuisées à creuser le néant et y ont trouvé rien d'autre que le néant, ce qui était assez naturel.

- La tentation de se référer constamment aux contestataires américains, maniaque de l'hyper keynésianisme comme Krugman ou du n'importe quoi émotionnel comme Joseph Stiglitz. La marginalité hargneuse ne signifie par la vérité.

- La tentation de s'amalgamer à divers meutes d'économistes qui sont si nuls qu'ils n'osent rien affirmer seul mais le font comme pétitionnaires dans des groupements marqués politiquement. C'est peut être utile à la carrière, mais inutile à la science.

L'économie n'a d'intérêt que comme science de l'observation des faits économiques. Les faits doivent être connus. Il faut des concepts pour les isoler et les comprendre. Il faut des statistiques pour les mettre en relief. Il faut même des modèles pour les interpréter. Mais surtout il faut voir, voir, voir, sans lunettes déformantes.  Regarder les faits à la seule lueur de la raison et non des idéologies, des pressions de carrière, du goût pour la participation à des cénacles confortables.

Ce blog est vu parfois comme agressif tout azimut parce qu'il  attaque des erreurs qui sont partagées par tous les bords, donc des attitudes et des comportements erronés qui touchent tout l'échiquier politique et intellectuel français.  

Il faut parfois répéter que l'eau mouille et que le feu brûle à des gens qui devaient tout de même le savoir.

L'étudiant doit avoir à la fois de l'admiration pour les grands penseurs et les grands observateurs de l'économie, notamment Français (il y en a eu beaucoup) et d'autre part rester vigilant et critique. Il doit penser par lui-même à la hauteur de sa propre raison. Et garder à l'esprit que si l'enseignement actuel de l'économie en France ne leur dit rien de la réalité c'est d'abord parce que leurs professeurs ne la connaissent pas et seraient terrorisés à l'idée de l'expliquer. Les meilleurs se contentent donc d'enseigner les thèses du passé qui ont un minimum de cohérence. Et à encourager les maths pour faire sérieux. Lorsqu'ils s'expriment c'est toujours après coup, lorsqu'il n'y a plus de danger à prévoir et à annoncer.

Il ne doit pas pour autant se décourager. L'économie est un champ de ruines et un champ de mines. Mais le terreau est là sur lequel on peut construire de belles moissons pourvu qu'on s'en tienne à ces règles simples : des concepts précis, des observations justes, des raisonnements solides. Il découvrira alors qu'on peut comprendre et qu'on peut prévoir. Donc être un scientifique utile.

Cercle des économistes e-toile

Choc à Chypre !

La nouvelle est tombée et a mis en émoi la planète finance :  Les banques chypriotes, exsangues après avoir déprécié d'énormes quantités d'actifs grecs, et autres,  ne verraient pas les dépôts de leurs clients garantis. Ceux-ci perdraient jusqu'à 10% de leurs avoirs. Les déposants se sont rués aux guichets de leurs banques qu'ils ont trouvées closes.

Du jour au lendemain, sans que leur responsabilité soit le moins du monde engagée, ils sont passés de créanciers de leur banque  à débiteurs de l'état chypriote. Bien sûr la démagogie ambiante a voulu qu'on évoque un traitement différent entre "riches" et "pauvres". Mais pour la première fois depuis des lustres, un système bancaire organisé sur l'engagement implicite que les dépôts sont peu ou prou garantis, affirme : je m'assoies sur le principe de base qui me fonde.  Et c'est l'Europe qui s'y colle.

Naturellement pour masquer la trahison des déposants, les communicants ont bien travaillé. Ce ne sont pas de gentils déposants qu'on a dépouillé au coin d'un bois. Mais de vilains oligarques russes, fraudeurs, nécessairement fraudeurs. Voler un voleur n'est pas du vol. On n'a d'ailleurs pas appelé cela un vol ; juste une taxe. Si on ne peut plus taxer le capital !

Même les Argentins avaient mis des formes avant de voler les déposants.  Ils avaient eu la gentillesse de bloquer les comptes de dépôt mais en créant un "corralito", un sous dépôt en accès libre.  On pouvait sortir l'argent de ce sous compte. Au compte goutte. Ensuite on avait converti tous les avoirs en dollars en pesos sur la base d'un cours fictif. C'était du vol et il avait ruiné de nombreux usagers des banques argentines, notamment les entreprises françaises. Mais les principes avaient été respectés :  la valeur faciale des dépôts  était respectée.

Ici on ne ruse pas. On prend et on empêche le client de se retourner contre sa banque : ce n'est pas elle qui a pris ou perdu l'argent déposé. Mais l'Etat qui a taxé.  La réputation de place de Chypre est en même temps sauvée (momentanément)  et anéantie (durablement). Ce qui entraînera à terme la faillite de toutes les banques qui y travaillent et il faudra soutenir l'île à nouveau !

L'affaire éclaire plusieurs aspects importants de notre système financier.

- D'abord, on a laissé les banques chypriotes engager des actifs qui représentent 8 à 9 fois la valeur du PIB de Chypre. C'est la même histoire qu'en Islande ou en Irlande.  L'Etat est dans l'incapacité de garantir quoi que ce soit.  Normalement le capital des banques aurait du servir d'amortisseur pour les pertes éventuelles, avant que l'on s'en prenne aux dépôts.  Les pertes ont été tellement énormes que même les nouvelles règles prudentielles de Bâle III n'auraient pas permis de faire face. Aucune garantie implicite ou explicite n'aurait permis de faire face.  Ruiner les Chypriotes pour qu'ils couvrent les dettes des banques aurait été vain. Les Islandais et les Irlandais  doivent ruminer leur haine, puisqu'eux y sont tenus, du moins en partie. De même que les citoyens qui contribuent partout par leurs impôts à sauver leurs banques nationales. Il serait normal que dès que les actifs des banques d'un Etat représentent plus de deux fois le PIB du pays, une procédure d'alerte soit mise en place.  On s'est attaqué aux banques dites systémiques. On voit bien que même les banques chypriotes inconnues le sont.

- L'affaire relance l'idée de banques de paiements se substituant aux banques de faux-dépôts. Actuellement un dépôt bancaire n'est pas un dépôt. Mais un prêt fait à la banque de façon implicite. La banque utilise pratiquement comme elle veut cette liquidité. En général elle profite d'un dépôt pour multiplier les prêts et recréer de la monnaie de crédit, ou pour investir dans des actifs dont elles espèrent une plus value. Ou elles créent de la monnaie ou elles spéculent.  Si le portefeuille de prêts est non performant ou si les actifs perdent de la valeur, les dépôts de la banque sont en danger.

On fait une distinction théorique entre crise de liquidité et crise de rentabilité. Dans la pratique les deux mécanismes jouent ensemble.

Pour limiter les risques de panique et de ruées sur les guichets, les Etats se sont organisés. On a créé des banques centrales étatisées qui doivent faire face aux crises de liquidités. La loi a imposé le recours aux comptes de dépôts  et aux paiements bancaires pour pratiquement toutes les dépenses un peu importantes (versement des salaires, gros achats, etc.). Le fisc ne vous rembourse que par virement.  Il est désormais quasi impossible de vider un compte en monnaie banque centrale : on exige de faire un virement dans une autre banque. Les banques, aux limites de la loi, imposent de retirer du liquide à leurs guichets automatiques. Les sommes sont limitées. Les ruées sont rendues impossibles. De toutes façons, il est interdit de se promener avec de grosses sommes : 10 mille euros maximum.

Les Etats ont donc créé le besoin de passer par une banque et l'obligation de déposer. En laissant entendre que le dépôt était sûr. Si un mouton noir venait à ternir la place, la solidarité des autres acteurs joueraient à plein. Et l'Etat serait là !

"Soyez confiants !"  ont dit les Etats Européens : vos dépôts ne risquent rien. Et voilà que cyniquement on en prélève le dixième à Chypre !

Lorsque la confiance dans un système aussi trompeur et branlant est ébranlée, les conséquences peuvent être rapidement dramatiques.

Nous réitérons pour notre part notre suggestion de banques de paiements.

Une banque de paiements reçoit vos dépôts, mais ce sont de vrais dépôts. L'argent est consigné et vous appartient. Vous l'utilisez comme bon vous semble. Vous pouvez le laisser là : c'est la thésaurisation en espace protégé ; vous pouvez l'utiliser, la banque de paiement offrant tous les services correspondants (chèques, virements, retraits d'espèces, etc.).  Vous pouvez le placer et investir. Les produits financiers sont achetés à ceux qui les proposent qui  statutairement ne peuvent pas être des banques de paiement mais des établissements financiers et qui travaillent sans filet public. Si vous avez mal investi c'est pour votre pomme. A vous de choisir l'établissement et le produit financier qui vous convient. En cas de problème vous perdrez tout ou partie de vos placements. Pas vos dépôts. Il y a plus qu'une nuance.

Il y a aura compétition sur le service et son coût entre banques de paiements qui deviennent des sociétés de service comme les autres. On veillera à ce qu'aucune banque de paiement ne dépasse 5% de la collecte pour éviter oligopoles et monopoles.

Les institutions de placement seront en concurrence pour séduire l'épargnant et proposeront une gamme de produits plus ou moins longs plus ou moins risqués.  A cette épargne ciblée correspondront des activités de prêts et de spéculations également ciblées, avec un rapprochement des durées d'immobilisation des ressources et des emplois. Le système financier sera beaucoup plus stable et plus honnête.   

- Troisième aspect de l'affaire chypriote : la crise bancaire n'est pas terminée. Le hanneton continue à pousser devant lui sa boule de crottin. Des milliards de dettes irrécouvrables sont recyclées jusqu'au jour où le recyclage ne marche plus. La pyramide de dettes continue à s'effondrer mais de ci de là par petits paquets. Il en reste pour 10 à 15.000 milliards de dollars.  

Seulement.

Super-Mario vs super-Mariolle ?

Le "clown" Beppe Grillo et le "golden-boy" de Goldman-Sachs, Mario Draghi, donnent à la querelle de l'Euro comme un air de Commedia dell'Arte.

Faut-il en rire ou en pleurer ?

Alors que la crise entre dans sa cinquième année, les grands pays sortent les armes du râtelier. Le Japon montre les dents pour répondre à la Chine, qui derrière un sourire énigmatique, construit un arsenal sur la capture de l'industrie mondiale. Les Etats-Unis ne savent plus où ils en sont, pris entre la gabegie monétaire et budgétaire et la volonté de puissance. L'Allemagne profite de la sous-évaluation de l'Euro par rapport à ce qu'aurait été le DMark pour engranger les excédents. L'hostilité des autres membres de l'Union commence à se faire farouche.

Mario Draghi est vanté comme sauveur de l'Euro pour avoir affirmé qu'il lâchera autant d'euros qu'il sera nécessaire pour faire face à toute panique sur la dette. Mais la réalité des pays du sud, dont la France, est une régression économique déflationniste majeure qui casse tous les codes, y compris ceux de la démocratie.

Les milieux traditionnellement pro-européens ou même européistes crient au populisme mais se taisent sur le fond. Ils sont bien obligés de constater que l'Euro, "cela ne marche pas".  Ils n'ont pas de solution.

Les partis anti-système s'en donnent à cœur joie, partout, et spécialement en France,  au point que le Front National, sous la houlette de Marine Le Pen croit pouvoir atteindre 50% aux prochaines élections européennes…

François Hollande, avec sa triple personnalité, un tiers vipère socialiste, un tiers anguille désinvolte, un tiers couleuvre indécrottable, s'enfonce dans le discrédit avec son gouvernement de guignols et sa majorité parlementaire d'excités. Ils ruinent consciencieusement le pays avec une absence de vergogne tout à fait remarquable.

La droite de gouvernement a disparu des radars.

Manuel Barroso est, comme toujours, parfaitement inexistant.  La Commission ne sait plus si elle doit être molle ou dure.

Le FMI est aux abonnés absents, ce qui est normal pour une institution créée pour accompagner des changes fixes et ajustables et qui se retrouve avec un système de changes flottants qui ne lui laisse qu'un rôle subalterne.  

Mme Merkel est obligée de faire profil bas et pourrait bien être la prochaine victime électorale de la crise.

Plus personne n'ose indiquer un chemin de sortie.   

Le vide politique en Europe est désormais évident. Le monde s'ébroue dans un sens pas nécessairement très réjouissant.

La situation commence à pourrir sérieusement avec des risques désormais grands de dérapages irrémédiables. S'ils se réalisent, l'Euro sautera comme un bouchon de champagne. Le retour de la panique n'est pas loin.  Dans ce contexte la France est incroyablement vulnérable, avec un gouvernement dont les motivations et les pratiques sont totalement contraires aux nécessités du moment.

Le constat est facile. Des solutions sont-elles envisageables ?

Mais oui, bien sûr !

En France, on sait que le secteur privé marchand a été tellement réduit qu'il ne peut se reconstituer qu'avec de la patience et du temps. Il faut revenir progressivement sur toutes les dérives commencées en 74 avec la présidence Giscard, accélérées par la présidence Mitterrand et confortées par les présidences Chirac et Sarkozy.  Il faut restaurer un secteur marchand important en le libérant des 15 points de PIB  qui l'ont assommé et rétréci, en mettant fin à trop de gratuité et en dégonflant progressivement un secteur public hypertrophié. Evidemment, on ne le fera pas en injuriant les patrons, en faisant fuir les fortunes et les jeunes énergies par des impositions spoliatrices, et en paralysant la société. Il faut revenir en France à une société socialement équilibrée et qui travaille. Est-ce que le PS est capable de prendre en charge ces nécessités ?

On peut en douter. Mais le chemin d'une amélioration interne de la situation française est parfaitement clair.

En Europe, on sait également de façon parfaite qu'on ne peut mettre en place une zone monétaire unique sans institutions appropriées. Il faut un gouvernement économique de la zone Euro qui ne doit pas fonctionner pas du tout sur les bases de la Communauté de Bruxelles. Il faut à la zone Euro un Chancelier Européen  qui impose les politiques monétaires, financières, budgétaires et sociales qui permettent l'unité de comportement de la zone vis-à-vis de l'extérieur et celles des gouvernements membres dans un sens non déflationniste. La BCE doit dépendre du Chancelier. L'Euroland cessera d'être un zombi sur la scène internationale et pourra proposer autre chose que la déflation aux pays du sud.

Pour le monde, il n'y a pas plus de doute sur l'action prioritaire à mettre en place : il faut supprimer les changes flottants et revenir à une système monétaire international basé :

- sur la parité des nations

- sur la fixité de principe des changes avec des souplesses pour sortir des situations de blocage

- sur le contrôle qu'il n'y a ni déficits ni excédents monstrueux.

- sur un désir de coopération véritable.

Avec ce système, le monde est sorti en 20 ans, avec une forte croissance, de l'endettement provoqué par la guerre de 40.

Dans le seconde où ces trois mesures seront en capacité de se conjuguer, la crise sera terminée.

Et on pourra comprimer les diablotins à ressort pour qu'ils rentrent dans leur boîte.

Si on continue en France, en Europe et dans le monde à faire exactement l'inverse de ce qui est nécessaire, alors les plus grands désordres sont à anticiper, à commencer par l'explosion de la zone Euro. Car il est sûr, comme nous le répétons depuis toujours, que les solutions grecques ne pourront pas s'appliquer à la France, alors que F. Hollande pointe le navire France vers les rochers du cap Sounion.

Le reste suivra. La tendance géopolitique n'est pas à la sérénité.

Ces idées ont-elles une chance de s'imposer ?

"Donnez moi un levier", aurait dit Archimède.

La pédagogie de la crise ne suffit pas.

Le FMI devrait être ce levier.  Et au sein de l'Europe, c'est le couple Franco-Allemand qui devrait être l'axe agissant.

Est-ce que Mme Lagarde est au niveau des nécessités internationales ?

Est-ce que Mme Merkel et M. Hollande peuvent s'élever au niveau des nécessités européennes ?

Est-ce que M. Hollande peut se faire violence à lui-même pour monter sa réflexion et son action à la hauteur de l'urgence française ?

L'UMP aurait pu être un facteur de maturation au moins de la réflexion sur les solutions. Il fallait pour cela qu'elle fasse vite sa rupture avec Nicolas Sarkozy qui manifestement n'avait pas su comment faire. Sa réflexion en est toujours restée aux têtes de chapitre, son action se diluant dans l'insignifiance dès qu'il a fallu passer aux actes. L'arrivée immédiate d'un Fillon comme Président aurait pu permettre cette réorientation en douceur.  Les jeux d'appareil frénétiques de JF Copé ont cassé cette dynamique qui aura bien du mal à repartir.

On voit que la poursuite de la crise tient plus à des interrogations politiques qu'économiques.

En attendant, Super Mario et Super-Mariolle sont dans un bateau. Qui va tomber le premier à l'eau ?

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile

 

La terrible réalité française

Ordres de grandeur significatifs :

- Valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand hors finance :  950 milliards d'Euros

- Dépenses publiques : 1.300  MME - Prélèvements : 1.100 MME.  (soit plus que la valeur ajoutée des entreprises)

- Dettes publiques : 1.800  MME, soit deux années de valeurs ajoutée, avec un besoin de financement annuel de 180 MME . Dettes privées, hors système bancaire et banque centrale 2.700 MME. Total : 4.500 MME.

Ces trois horreurs sont à rapprocher des autres grandes estimations :  

Effectifs du secteur marchand :

                Propriétaires, dirigeants et cadres supérieurs : 300.000, dont gagnant plus de 200.000 Euros /an : 30.000.

                Salariés : 16.000.000

Résidents français dépendant  quasi entièrement de l'Etat pour leur revenu : 20.000.000 (dont 4.5 millions de chômeurs déclarés et 7 millions de fonctionnaires ou personnels à statut).

En 2012 les dirigeants privé ont payé entre 75 et 100% de leur revenu en impôt. Plus de 5.000 ont payé plus de 100%. Une cinquantaine de chefs d'industrie se sont exilés.

Les différentes mesures prises ont préempté à peu près 40% de leurs avoirs, qui ira à l'Etat encas de vente ou de succession. La motivation d'investir à disparu.

 

Conclusions :

Les entreprises du secteur marchand sont dans l'incapacité absolue de résorber le chômage. Il faudrait qu'elles augmentent leurs effectifs de près de 4 millions de personnes ce qu'elles n'ont pas fait en 50 ans ! Compte tenu de la compétition et des gains de productivité, il faudrait  un croissance globale de 30% à 50%  de leur chiffre d'affaire dans les cinq ans à venir. . Alors que beaucoup d'entre elles sont à moins 20%, moins 30%.

La France ne peut pas rembourser sa dette. En imaginant une maturité moyenne de 10 ans et un taux de 5%,sachant que le besoin de financement serait stabilisé à 180 MME, on aboutit si on veut amortir la dette actuelle sur 10 ans, on aboutit à un flux de paiement de près de plus  500 MME par an, soit 50% de la valeur ajoutée des entreprises du secteur privé, dont 100% sont nécessaires pour équilibrer la dépense publique, même réduite de 25%

Impossible.  

Les perspectives sont donc entièrement bouchées, sauf, changement de cap radical.

Si la France avait été  bien gérée depuis 1974 elle aurait 25 à 30.000.000 de salariés, 500.000 chômeurs et 2.500.000 fonctionnaires ou assimilés. Et pas plus de 200 MME de dettes globales

Sa préférence pour l'emploi public, l'impôt, le chômage, l'assistance, la gratuité généralisée et la dépense publique, l'a amputée des deux bras et d'une jambe.  

MM. Hollande et Eckert sont en train d'écraser les moignons d'économie dynamique qui nous restent, et tentent d'arracher la dernière patte valide.

La jeunesse diplômée et active est désespérée.

Le revenu par tête baisse.

Bravo à tous.  

 

La France : un pays socialiste ?

Les faits électoraux sont clairs.  Pour la première fois de son histoire, le Parti socialiste a tous les pouvoirs en France : la Présidence de la République, l'Assemblée Nationale, le Sénat (avec d'incommodes alliés), la quasi-totalité des Régions, la plupart des grandes villes y compris celles qui étaient considérées naguère comme imprenables comme Paris ou Lyon.

Pour la première fois un Président socialiste a pratiquement tous les pouvoirs avec la durée pour les exercer.  Après une phase où il a consciencieusement démoli tout ce que son prédécesseur avait tenté de construire ou d'empêcher, il a asséné un tel  choc fiscal ciblé sur les familles aisées, les entrepreneurs et  les cadres supérieurs qu'il a bloqué net l'activité économique et démoralisé la nation toute entière.

On mesure aujourd'hui l'intensité de ce choc qui voulait frapper 10% de la population pour épargner les autres 90%  et qu'on a aggravé par le climat insultant et haineux qui l'a accompagné. Le bâtiment s'est arrêté net. Les projets d'investissement ont stoppé.  Les plans sociaux se sont  accélérés. Les boutiques ont vu leur clientèle disparaître. Les gros investissements dans les voitures et l'ameublement ont été remis à plus tard. Le personnel de maison a été licencié. On a cessé d'embaucher. En six mois, des centaines de milliers de chômeurs en plus.

L'échec de cette politique a eu comme conséquence de rendre caduques toutes les prévisions du gouvernement et les engagements du Président. Il avait promis d'inverser la courbe du chômage fin 2013 : on sera bientôt à 11% avec  près de 10 millions de foyers  vivant en France uniquement de secours publics ou ses succédanés. Il s'était engagé à revenir sous la limite des 3% du PIB pour le déficit public à fin 2013. On sera plus près de 4%, annihilant les sacrifices fiscaux faits par les Français les plus actifs. Voilà maintenant qu'on va tenter de les priver en partie de ce pourquoi ils ont cotisé à taux majoré : les allocations familiales ; la retraite, les déductions pour enfants scolarisés etc.

Les promesses hollandaises de relance de la croissance ont tenu ce que durent les roses.

Du coup les Français commencent à s'interroger sur qui est vraiment ce François Hollande, grossier et désinvolte, qui rigole sur les ruines de leur patrimoine, de leur emploi et de leurs espoirs.

Est-il un simple fumiste qui a réussi un coup politique en bénéficiant des circonstances et qui fait n'importe quoi en ricanant une fois sur le trône républicain ?

Est-il un énarque politicien, culotté mais  mal préparé, qui découvre les réalités et qui panique.

Est-ce un simple opportuniste qui joue la démagogie à fond, appuyé sur un quarteron de communicants ?

Est-il un socialiste conséquent, conscient qu'avec les moyens que la 5ème République lui donne, il peut profiter de la crise pour créer un vrai régime socialiste où la "bourgeoisie" serait balayée par l'impôt.  Il entrerait ainsi dans le "Panthéon socialiste" pour avoir réalisé une révolution de velours par l'impôt, sans toucher aux droits fondamentaux, sauf celui de la propriété.  L'article de Zbig Brataniec, sur ce site, évoque les ressemblances entre le discours Hollandais et celui qu'il a connu en Pologne au temps du "socialisme réalisé", façon soviétique. Va dans ce sens le fait qu'à 20 ans, F. Hollande, fils de "fasciste", adhérait à l'UNEF-Renouveau communiste et pas à l'UNEF socialiste.

La vérité est probablement un mélange des quatre, ce qui n'est pas reluisant. Et pose la question de savoir si les Français veulent réellement vivre dans une société socialiste.

Après avoir été débarrassée de la guerre d'Algérie, la France a voulu montré sa volonté d'en finir avec les tensions qui avaient marqué les 100 années précédentes et conduit à des catastrophes humanitaires sans précédent.  En risquant la simplification, on peut affirmer qu'elle a considéré qu'elle devait pacifier ses relations  avec tout ce qu'une société qualifiée de "bourgeoise" avait défendu avec une certaine énergie. Elle a voulu faire droit  aux revendications :

- de la communauté juive, martyrisée par les Nazis, mais avec la complicité de Vichy et qui se considérait encore victime d'un certain antisémitisme latent en France

- de la communauté homosexuelle, mis au ban de la bonne société pendant longtemps et qui se présentait comme persécutée

- des femmes qui revendiquaient la parité, et présentaient également une réclamation victimaire

- des noirs et des arabes victimes du racisme et de la colonisation

- des classes sociales défavorisées qui exigeaient une meilleure prise en considération

- des travailleurs travailleuses, avec qui on cherchait la paix et la fin de la lutte des classes en acceptant la promotion du discours syndicaliste, une grande mansuétude devant la délinquance en col rouge et un arrosage systématique d'avantages divers et pas toujours justifiés

- de la demande de paix générale en Europe via la construction de l'Europe  communautaire.

- de la nature martyrisée par les pollutions diverses.

- des délinquants "victimes d'une société répressive"  

En gros, les Français ont voulu couper avec une tradition de bourgeois mâles blancs, dominants, productivistes,  n'hésitant pas à la conquête et, s'il le fallait,  à la répression.

Presque tous les films français depuis 70 montre des bourgeois corrompus, assassins à l'occasion, prêts à tout pour du fric.  Il est intéressant de noter que les deux grands succès récents montrent pour l'un que la vraie vie se passe  à l'étage des bonnes espagnoles, pas à l'étage du bourgeois sordide et son épouse lamentable et, pour l'autre, que le blanc riche, paralysé à la suite d'une activité sportive à haut risque, choisie probablement pour masquer la vacuité d'une vie bourgeoise et friquée, avait besoin d'un noir de banlieue pour retrouver une existence humaine.

Le Français a voulu devenir politiquement correct, gentil, prêt à toutes les bonnes actions et prêts à encaisser tous les coups que pourraient lui asséner ses anciennes "victimes", du moment que cela ne lui coûte pas grand-chose d'autre que de modestes génuflexions et un peu d 'argent.

Fini le bourgeois, le beauf, le fasciste. La France a vécu 40 années de réaction anti-bourgeoise, dans un consentement progressif mais finalement assez général. Il a été rendu plus facile par l'effondrement du communisme. On oublie souvent que, malgré bien des apparences, Mai 68 a été un mouvement largement anti-communiste.

Nous pouvons apporter ici une explication à Zbig Brataniec de la raison pour laquelle les drames  qui ont ravagé les Pays de l'Est, et notamment son pays , la Pologne,  ont été gommés. On ne pouvait pas à la fois "pacifier" nos relations avec les syndicats et la classe ouvrière tout en assimilant la droite à l'antisémitisme d'Etat et au génocide, en ouvrant un front moral contre les génocides commis au nom de l'instauration violente du socialisme. On les a donc escamotés.  

On dira : vous décrivez la tentative de la gauche et généralisez abusivement à la France entière !

Certes la gauche actuelle couvre assez bien l'ensemble du champ de cette réaction antibourgeoise, et on a vu M. Hollande réactiver tous ses codes, avec le droit de vote aux étrangers, le mariage homosexuel, la politique laxiste de Mme Taubira vis-à-vis des criminels, le discours vis-à-vis de l'Afrique et de l'Algérie etc.

En fait, elle été plutôt absente sur la question des femmes et le mouvement homosexuel ne sera pris en compte qu'assez tard : l'affaire du sang  contaminé et l'inculpation de Fabius marque la césure. De même la conversion écologique a été lente.

La gauche politique a été plus opportuniste que motrice. La gauche culturelle a été à la manœuvre.

Rappelons que G. Pompidou, jeune, se voulait socialiste, comme le révèle d'Ormesson dans un livre récent ; R. Barre déclare dans ses mémoires avoir mené une politique "social-démocrate". J. Chirac voulait illustrer un "travaillisme à la Française". Giscard prétendait avoir un cœur, et a inventé "l'énarchie compassionnelle", tout en interprétant mieux que les socialistes nombres d'éléments d'une politique d'ouverture sociétale, notamment vis-à-vis des femmes. L'église elle-même s'est voulue repentante et décidée à se montrer ouverte à bien des nouveautés qu'elle combattait jusque là.  

On traite parfois de bobos tous ces Français bien intentionnés, qui grosso modo ont adhéré plus ou moins consciemment à cette réaction anti-bourgeoise. Ils n'aiment pas cela parce que justement ils ne se croient pas bourgeois et ils sont rarement bohèmes : le plus souvent ils sont fonctionnaires ! Le PS est indiscutablement plus en phase avec leur sensibilité aujourd'hui, surtout depuis que Nicolas Sarkozy a décidé, en partie, de revenir sur certains de ses développements. Il amorcé une réaction contre la réaction. Il n'est pas difficile de constater que de l'UDI de Borloo aux différents courants anti-sarkosistes de l'UMP (Mme Bachelot, la dénommée NKM, …),  il existe une forte assimilation des thèmes de la réaction "anti-bourgeoise" et anti répressive  au sein même de l'UMP. Cette contre réaction ne passe pas facilement au sein de la droite de gouvernement.  

Nous assistons depuis une quinzaine d'années à une prise de conscience progressive que cette attitude bonasse a favorisé des abus et des dérives qui deviennent criants. Beaucoup se demandent si le balancier n'a pas été trop loin.

Renoncement au nationalisme d'accord et vive l'Europe ! Mais depuis Maastricht la rupture entre l'Europe des fédéralistes et le peuple est devenue une véritable fracture.  On le voit en Italie, ce jour même, avec le résultat des élections, mais c'est la même chose en France.

Renoncement à l'antisémitisme d'accord, mais nous ne pouvons plus suivre la politique d'Israël quand elle alimente une guerre perpétuelle avec le monde musulman ponctuée de crimes et de massacres.  Le succès phénoménal du  livre de Hessel, mort aujourd'hui,  est là pour témoigner de ce revirement. La compétition mémorielle qui sévit désormais entre noirs, arabes, juifs, homosexuels, etc.,  toujours sur le dos de la France, commence à sévèrement agacer les Français. 

L'insécurité est devenue incontrôlable. Un livre récent (Orange Mécanique : l'ensauvagement de la France) révèle que "l'ensauvagement de la France "est désormais sans solutions.

La paix sociale est plébiscitée, mais pas quand elle est détournée pour simplement donner des avantages extravagants aux diverses fonctions publiques, et laisser se développer des pratiques choquantes (Ouvriers du Livre, Marins de Seafrance, Dockers, intermittents du spectacle etc.).

La générosité sociale est admise mais pas quand toute la charité publique est faite sur emprunt tout en créant une fiscalité confiscatoire. L'hyper-fiscalité française ne passe plus. Le sondage de Marianne de cette semaine le montre bien.

Quant à l'altération de règles millénaires comme celles de la filiation pour complaire à 0.3% des couples, parce qu'ils sont  homosexuels, elle a fait réagir des centaines de milliers de Français.

Nous sommes certainement en plein retour de bâton, le fameux "backlash" des anglo-saxons.  La politique de Hollande n'est plus en phase avec l'opinion. Il en fait trop. L'effondrement économique français et le climat d'hystérie qu'il entretient vont accélérer "la réaction contre la réaction".

Le mouvement "pacificateur" n'a en fait rien pacifié. Il a multiplié les contradictions  et créé les conditions de nouvelles tensions.

Pacifier les relations avec les ouvriers ? Il n'y a plus d'ouvriers. En revanche le chômage va dépasser 11%  de la population active.

Pacifier les relations en Europe ? Jamais elles n'ont été plus tendues.

Etc.

Les Français s'aperçoivent qu'on leur demande de refaire des combats historiques clos depuis des décennies. L'esclavage ? Le colonialisme violent et répressif? L'antisémitisme génocidaire nazi ? Toutes ces batailles sont closes depuis des lustres sans que personne ne demande à les reprendre. C'est à l'époque qu'il fallait se battre contre les idéologies ou les intérêts qui les avaient suscités.

La France qui avait été de toutes les percées technologiques, automobile, cinéma, aviation, grande distribution, banque est incapable désormais de se hisser en tête des combats de titans de la mondialisation. Nos grandes réussites, L'Oreal, Publicis, LVMH,  sont toutes des entreprises qui sont nées avant guerre.

La France bourgeoise a été d'un dynamisme industriel, commercial, militaire, intellectuel, culturel extrêmement fécond. En 1930, la France était la première nation du monde. Aujourd'hui elle est insultée par le premier histrion venue et fait rire dans tous les cénacles.

En voulant pacifier, harmoniser, tranquilliser, on a fini par châtrer le pays.  La castration a été d'abord fiscale mais aussi morale : on a cultivé la volonté d'impuissance, au prétexte que  la puissance froissait des élytres et réprimait.

Maintenant nous en sommes au point où nous constatons l'impuissance de la volonté.

Oui nous sommes impuissants contre la délinquance, nous sommes impuissants contre les mouvements migratoires non désirés, nous sommes impuissants contre l'Europe de Bruxelles ou contre la politique impossible de Mme Merkel, nous sommes impuissants face au délire monétaire américain, nous sommes impuissants face au mercantilisme de la Chine, nous sommes impuissants face à la toute puissance des hauts fonctionnaires, nous sommes impuissants contre les nouvelles oligarchies régnantes, nous sommes impuissants dans la mondialisation.

Nous-mêmes, nous défendons depuis près de 20 ans toujours les mêmes trois grands thèmes :

- l'organisation monétaire internationale défaillante et voulue par les américains tue le capitalisme. Mais la France est muette.

- l'inorganisation de la zone Euro et sa gestion par la norme et la déflation tuent l'Europe. Mais la France n'a aucune doctrine à opposer.

- l'hyper-fiscalité française et la captation du pays par l'énarchie compassionnelle forment les conditions d'un drame qui voit la France sortir des pays dynamiques. Mais la dénonciation des entrepreneurs et des fortunes attise la haine fiscale contre les entreprenants et ceux qui réussissent.

C'est parce que la France a cessé de vouloir et de combattre que nous nous sommes laissés enfermer. C'est parcequ'elle récuse la nécessité d'un corps important de "bourgeois" efficaces, c'est à dire de personnes qui gagnent et investissent et qui sont prêts à prendre des risques pourvu qu'on ne les plume pas,  qu'elle s'enferme dans le recul et le déclin.

Le refus d'une structure sociale complète et d'une société sans trop de complaisance,  explique la déchéance de la volonté française. Elle est la base de sa déréliction économique.

La médiocrité des présidents récents et notamment celle de N. Sarkozy et de F. Hollande sont des marqueurs de l'effondrement de la volonté française.

La France n'est pas socialiste. La suite le montrera.

Mais en voulant faire l'ange, elle a fait la bête. Et elle le paie.

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile.

L'impayable Monsieur Peillon !

Que le Ministre de l'Education Nationale s'inquiète de constater, après tous les autres ministres qui l'ont précédé, qu'il dirige un ministère effondré et que L'Education Nationale, a renoncé à éduquer et surtout  à fournir l'instruction publique élémentaire, on le comprend.

Ce n'est pas le seul ministère effondré  : la justice l'est totalement, sans espoir de redressement depuis maintenant des décennies.

Les Affaires étrangères sont devenues des affaires étranges, avec un effondrement sans précédent de la pratique du Français dans les pays qui le pratiquaient naguère.

Les Affaires sociales sont également dans le trente sixième dessous et s'effondrent dans le néant avec une belle régularité. La gestion de type soviétique du Ministère fait désormais rire. Un rire de cheval.  

Nos Armées, sollicitées beaucoup, sont dans un état plus que préoccupant. Nous n'avons plus de moyens de transport et de projection, et sommes en retard sur tout ce qui est information, drones, guerre électronique.

Ne parlons pas de la police qui est totalement débordée et qui ne peut plus faire face à la marée de la délinquance. Un livre récent, qui sera occulté, nécessairement occulté, le démontre facilement : la "France Orange mécanique" de Laurent Obertone :" Enquête sur un sujet tabou ; l'ensauvagement d'une nation. Toutes les 24 heures : 13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols".

Si les chiffres sont multipliés par 365 on aboutit à des dizaines de milliers de viols, à des millions de vols, à des centaines de milliers d'agressions. Et Mme Taubira songe à renouer avec l'excellente mesure proposée par son collègue Valls dans la chaleur communicative des élections : demander aux policiers de s'excuser de vérifier l'identité de personnes suspectes  avec fourniture d'un bon de vérification !

Nous avons la plus grosse administration du monde par rapport à notre population, les impôts les plus hauts, les dépenses sociales les plus élevées, une dette incontrôlable et …rien ne marche.

F. Hollande arrive : il recrute des fonctionnaires et favorise leur absentéisme ; il augmente sauvagement les impôts et réduit le revenu disponible des gens qui contribuent encore, il laisse les Francs maçons, via la sœur Taubira, ruiner définitivement le système pénal. Il aggrave tout.

Et voici notre Ministre Peillon qui geint dans les médias qu'on n'a pas compris l'urgence qu'il y avait à refonder l'école primaire et ses rythmes. Il en profite pour éditer un livre sur le sujet : il est bien normal qu'un Ministre se fasse un peu d'argent avec sa mission : commenter de façon lucrative, c'est bien mieux que de gouverner. C'est qu'il craint qu'il ne reste rien de sa réforme rêvée, pourtant absolument nécessaire et ayant retenu un large "consensus" chez les experts, de droite et de gauche.

Comme toujours F. Hollande laisse tout le monde devenir fou en disant oui, non, peut-être ou rien du tout, parfois dans la même phrase. C'est sa méthode.

 

Une question préalable aurait du être posée : pourquoi le primaire s'est-il effondré ?

N'espérez aucune réponse. C'est un sujet tabou. Les syndicats pointent le manque de moyens. Le PS le manque de formation des maîtres car il n'a pas digéré la suppression des IUFM qui étaient pourtant une fumisterie. Les maîtres affirment : "ne vous en prenez pas à nous, on fait ce qu'on peut avec des classes de plus en plus étranges voire étrangères et des directives imbéciles et contradictoires en provenance du Ministère". Les syndicats d'élèves sont pris dans leurs engagements politiques et leur consumérisme.

La vérité est toute simple : le sociétal l'a emporté sur le scolaire ; le politiquement correct sur l'instruction ; le n'importe quoi bien intentionnée sur la raison.

La suppression de l'examen de sixième, "instrument de la reproduction sociale des riches", à gauche, redoutable barrage, à droite, a été le premier clou dans le cercueil. Il était la justification de tout le travail fait dans le primaire. Il bandait toutes les énergies. On ne pouvait pas rire avec cela. Un instituteur nul ne pouvait pas trop durer : par respect général pour l'institution , le corps des enseignants restait attentif à ce qu'il n'y ait pas trop de dégâts fait par des incompétents : on risquait de leur imputer des échecs un peu trop massif à l'examen de 6ème.  Composé pour l'essentiel dans les villes de femmes consciencieuses et raisonnables, le corps des instituteurs du primaire  était respecté.

Anecdote : lorsque l'auteur de ces lignes avait passé cette épreuve, on avait demandé d'expliquer le mot "abnégation". Les journaux populaires de l'époque, France-soir, Paris Presse l'Intransigeant, s'étaient scandalisés. Déjà la pression consumériste des parents s'enflammait contre des programmes trop sélectifs et trop difficiles. Seuls quelques dizaines de milliers d'élèves avaient le précieux sésame vers les études "classiques".

Dès que la motivation de l'examen a disparu, tous les chants des sirènes ont été entendus avec délectation.

L'école était "une caserne" où on enfermait les enfants pour en faire des soldats disciplinés du capital et de futurs ouvriers obéissants. 

L'orthographe était le moyen trouvé par les riches pour leur reproduction sociale.  

La méthode  globale a commencé ses ravages.

Puis le pédagogisme.

Puis la volonté de couper la relation coupable entre l'enfant et ses parents. On a réorganisé totalement la grammaire et l'arithmétique pour rendre tout incompréhensible aux parents et pour qu'ils ne puissent plus aider leurs enfants. La maison ne devait plus être un lieu d'enseignement qui aurait accusé les inégalités. On supprima les devoirs à la maison, source de reproduction sociale bourgeoise scandaleuse. Finies les récitations et les pages d'écritures à la plume sergent major imposées pour le lendemain à l'élève insouciant!  

L'école devait devenir un lieu de vie, où les enfants, tous les enfants quelques soient leurs diverses qualités, s'épanouiraient. Elle devint une garderie.

Maintenant c'est le système de notation qu'on veut changer pour ne pas "traumatiser les nuls".

Au gré des humeurs, on exigeait de l'école primaire de nouvelles fonctions : enseigner le français ne suffisait plus. J. Lang imposa l'étude de l'anglais, sans aucun moyen pour le faire. Il fallait que les jeunes pousses sachent un peu d'informatique. Ne pas oublier le civisme, le code de conduite, Etc.

Les livres devenaient gratuits. Certains exigeaient que les cahiers et les crayons le soient aussi. C'est laissé à l'initiative des maires et des conseils régionaux. Mais il n'y avait pas de papier dans les toilettes !

Tant que le corps des institutrices formées jusqu'aux années 50 fut là, les choses ne se dégradèrent pas trop vite. A partir de 85, la débandade devint visible et commença à inquiéter.

Le changement sociologique de la population aggrava les choses : les classes devinrent des tours de Babel avec de nombreux enfants étrangers ne connaissant aucun mot de français. Un seul élève de ce type dans une classe, et il est assimilé en trois mois. 90 % d'élèves de ce genre et plus rien ne se passe comme prévu.

L'EN veillait à ce que les handicapés ne viennent pas troubler la classe "normale".  Ce n'était pas gentil. Voilà qu'il fallait maintenant intégrer des handicapés légers puis lourds  dans des classes d'enfants pas toujours très gentils à cet âge là.  

Au fur et à mesure que le désastre devenait impossible à cacher on surenchérissait dans les solutions "bourgeoises" mais socialisées : on allait donner des "petits cours" payés par l'état à ceux qui trainaient. Les bons élèves se voyaient sortis de la classe pour permettre aux cancres de bénéficier de légitimes compléments. Faire le mal ce n'est pas bien mais dégoûter du bien c'est pire que tout.  

Les préoccupations "sociales" ont envahi la périphérie de l'école communale : on a commencé à accueillir les enfants de plus en plus tôt.  M. Peillon se flatte de la généralisation des maternelles à trois ans. Pourquoi pas à deux ans voire à un mois ? Les femmes veulent travailler que diable et elles ne veulent plus s'occuper des "chiares" à la maison. Elles en sont à exiger qu'on n'appelle plus ces classes la "maternelle".  Tout le monde sait après Mme Badinter que le sentiment maternel n'existe pas et qu'il s'agit d'une convention bourgeoise pour enchaîner la femme au foyer. Pourquoi pas une Burka pendant qu'on y est !

Les communes ont été sollicitées, pour la même raison, d'organiser le périscolaire : les cantines d'abord et toutes les activités ludiques, sportives etc.  La famille n'existant plus pour garder les enfants il fallait que la collectivité s'en occupe. Sauf le Week-end, sacré, où les familles ne voulaient  pas être gênés par l'école.

Evidemment tous les rythmes scolaires ont été désorganisés pour permettre aux parents et aux instituteurs de prendre leurs aises. Pas pour que l'enfant apprenne mieux.

Les maires le savent bien : il faut beaucoup de crèches ; il faut des systèmes de cantines scolaires et la gratuité des transports; il faut des stades, des activités, des ludothèques, des médiathèques, des parcours etc. Les maires socialistes l'ont compris mieux que ceux de droite : ils ont été à fond dans l'encadrement périscolaire.

Attention : pas question de ne pas recevoir un enfant à l'école alors que les parents ne veulent pas payer la cantine ; pas question de ne pas recevoir à l'école l'enfant ne parlant pas un mot de français d'un immigré clandestin ; pas question de renoncer aux "voyages découvertes" ; pas question de revenir sur l'absentéisme délirant de certains instituteurs ni aux décharges syndicales absurdes ; pas question de toucher au Week-End ; pas question de toucher aux longues vacances scolaires. Pas questions de revenir sur les journées surchargées avec des cartables qui pèsent deux tonnes.

Un système de gratuité généralisé devient fou par construction.  Il est totalement irréformable sans émeute.

Si un vieil idiot en vient à proposer de revenir sur tous ces "acquis sociaux" en expliquant qu'il faut exercer d'abord la mémoire, la main, les neurones, le calcul mental, la discipline, le respect (ah le cadeau à la maitresse à la Saint Charlemagne !),  avec des classes courtes, jamais plus de 5 heures par jour, trois le matin, six jours de la semaines  et deux l'après midi, quatre jours,  et du temps à la maison, que le temps extra scolaire est à la charge des familles pas de la société,  des vacances plus fréquentes mais plus courtes et que tout le système doit être mis sous tension avec un examen des collèges à la fin de la septième, alors c'est l'émeute. Vous êtes le diable : vous êtes contre la révolution féministe et l'égalité des droits, vous êtes pour la reproduction des élites, vous êtes contre la socialisation intégrale de l'enfant que vous voulez torturer par des tensions folles.  Vous êtes donc un "salaud" au sens sartrien du terme.

Alors crève l'école primaire plutôt que de sombrer dans de telles horreurs. Nous avons l'école primaire la plus déliquescente qu'on puisse imaginer. La plus coûteuse de surcroît car la socialisation tous azimuts dans la gratuité quasi-totale est la source d'énormes gaspillages.  

Vous ferez donc une réforme en trompe l'œil, Monsieur Peillon, comme tous vos prédécesseurs. Les instituteurs et leurs syndicats, les maires et les parents d'élèves ne vous laisseront aucun répit.

Vous aurez écrit un livre et gagné un peu de sous. C'est déjà cela.

Requiescas in pace !

 

Sylvain

Zbig Brataniec : "Je suis inquiet pour la France"

Il est toujours délicat pour un observateur étranger de s'immiscer dans les débats internes d'un pays ami. En tant que citoyen polonais, puis-je réellement comprendre les subtilités françaises ?  Le fait d'être un francophile de toujours et membre de la même Union Européenne m'encourage à m'exprimer, bien que je craignes de n'avoir rien de trop agréable à dire et de ne pas être parfaitement compris.

Vue de Pologne, la France est devenue un pays socialiste. Un de nos Présidents l'avait dit en son temps à J. Chirac avec un peu de provocation. A l'époque, je n'étais pas d'accord. Aujourd'hui je m'inquiète car les ressemblances avec ce que nous avons connu pendant des décennies s'accentuent de jour en jour.

Je vois l'objection : "votre régime était communiste pas socialiste ; il n'y avait pas de liberté ni de démocratie". Elle est traditionnelle en France dès qu'on compare les deux régimes.

La réalité que nous avons vécue est assez différente de l'idée dominante qu'on s'en fait dans les milieux de gauche français. Personne n'employait jamais le mot communiste en Pologne sauf pour qualifier le Parti. Le vocable employé en permanence dans les médias écrits, radiodiffusés et télévisés, ainsi que dans tous les discours politiques, les cours universitaires, les livres et les essais était, exclusivement et inlassablement : socialisme.  Cela était vrai dans tous les pays colonisés par l'URSS et dans l'URSS elle-même. Nous jouissions, à notre grand avantage selon la propagande, d'un régime pleinement socialiste, grâce au père de la nation soviétique, à qui nous devions notre "libération" et "l'avènement du socialisme", prêché par Marx et Engels, rendu possible par Lénine et réalisé par Staline.  

Nous étions des élus, car nous vivions dans l'espace du socialisme réalisé. On nous le répétait tous les jours. Finies les distinctions de fortune, de religion ou de nationalité. Comme Marx l'avait prévu scientifiquement, la suppression de ces diviseurs de la société permettait enfin de réaliser le rêve d'une humanité unie et apaisée.

Bien sûr, "les forces populaires" veillaient à ce que la bête immonde, pour simplifier, le capitalisme occidental, souvent caricaturé sous l'expression d'impérialisme yankee, ne relève pas la tête qu'on lui avait opportunément coupée en URSS. Mais l'ennemi ne pouvait être qu'à l'extérieur. Même si des imperfections restaient toujours à gommer, notre système socialiste était le meilleur et promettait des lendemains qui chantent.

Nous autres Polonais, Tchèques, Roumains, Ukrainiens, sommes souvent ahuris du peu de connaissances des Occidentaux sur ce qui se passait exactement chez nous pendant la période socialiste.

A partir du moment où vous acceptiez le système et ne cherchiez pas à le déstabiliser, la vie y était plutôt tranquille. Médiocre mais tranquille.  Un espace d'économie privée subsistait aussi bien en ville qu'à la campagne.  Bien sûr, rien ne marchait bien. Mais pourquoi ?

Cette question n'est jamais abordée en France par les socialistes. Pour avoir essayer mille fois dans des réunions de stimuler ce débat, la réticence à le mener est toujours la plus forte.

La réponse est pourtant fort simple : il était impossible de gagner de l'argent, de capitaliser, de placer, d'investir. Il existait deux mondes : un monde de privilèges réservé aux hauts fonctionnaires et aux élites politiques du régime, deux groupes très interpénétrés, qui permettait d'accéder à des biens, y compris immobiliers, et un train de vie qui était hors de portée des autres.

Le reste du pays formait l'immense marais socialiste.  Les salaires, même ceux des cadres, ne correspondaient pas à grand-chose. S'il n'y avait rien dans les rayons, il n'y avait rien dans les rayons quelque soit le nombre des billets que vous aviez en poche. La corruption régnait certes dans les régimes socialistes parce qu'aux étages inférieurs les fonctionnaires étaient paupérisés et que les mafias savaient y faire, alors qu'aux étages supérieurs il fallait valoriser rapidement les places durement acquises.  L'histoire du clergé d'avant la Révolution française s'accorde assez bien à ce que nous vivions : une grande masse de prêtres en loques et une haute hiérarchie vivant dans un luxe insensé. La foi, tout le monde s'en fichait,  même si elle était affichée avec componction.

L'expression un peu usée "on faisait semblant de travailler et l'Etat faisait semblant de nous payer" est assez juste.  A partir du début de l'après midi, la majorité des gens cherchaient à manger en faisant des queues interminables dans des magasins mal approvisionnés. On disait : "les soviets c'est l'électricité et les files d'attente".

Quand on compare la situation de la Pologne d'alors et de la France de ces derniers mois, beaucoup de points de ressemblance frappent.

Première ressemblance : dans les deux cas l'Etat et les hauts fonctionnaires régentent tout à leur avantage et dans le détail.

Seconde ressemblance : Les médias et l'enseignement sont largement verrouillés et instrumentalisés.

Les nouveaux impôts qui ont été mis en place en France interdisent de s'enrichir et ont vocation à liquider le patrimoine des familles disposant d'un capital en l'espace d'une génération. Le Point de cette semaine fait apparaître un graphique très parlant : il faudrait un rendement moyen du capital investi de 9% pour pouvoir le conserver avec les impositions maximales actuelles, alors que le rendement moyen de longue période est de 3%. Le lessivage du patrimoine d'une famille ne demandera pas plus de 10-15 ans. C'est évidemment ce qui explique que les jeunes ne veulent plus s'investir en France. Les socialistes français font par une imposition confiscatoire ce que les socialistes polonais, à la botte de Moscou, ont fait par la force et la collectivisation du capital.

Le résultat est le même : la volonté de partir ; le travail au noir ; les mafias, le désinvestissement, l'absence de croissance etc.  Un pays dont les élites ont été exterminées est évidemment dans une pire situation qu'un pays qui n'a perdu que son élite fortunée par confiscation étatique. Le résultat  escompté est tout de même très proche.

Dans ces conditions, il n'est plus possible d'avoir une trajectoire personnelle et de participer à des aventures d'entreprises libres et conquérantes, sauf à s'expatrier.

Certains Polonais, enrichis dans les 20 dernières années, ont acheté des biens immobiliers à Paris. Ils commencent à les revendre. C'est un signe qui devrait inquiéter. Ils ne veulent plus payer ce qu'on leur demande désormais de payer en France.  Quand ils comprennent ce que les Français entreprenants paient comme impôts ils pensent que la France est devenue totalement folle. Aller vers le socialisme, sans même y avoir été contraint par un puissant et impitoyable voisin, leur parait inimaginable.

L'affaire de l'accueil détestable du film Katyn a fait comprendre aux Polonais francophiles que l'emprise des intellectuels socialistes sur la pensée et les médias français était encore très forte.  Ils ont été également alertés par l'affaire de la "lustration", où des politiques et des intellectuels français s'enflammaient contre les autorités polonaises dès lors qu'elles voulaient sanctionner les dirigeants polonais communistes et leurs collaborateurs.  Déjà l'affaire d'Auschwitz les avait courroucés. Ils constataient que personne n'avait l'air de savoir en France que ce camp de la mort avait reçu beaucoup de Polonais dans la période allemande et  avait été rouvert par Staline qui y avait aussitôt expédié à son tour des milliers de Polonais,  ennemis du peuple et de la révolution,  qui, pour la plupart y ont trouvé la mort. Leurs tombes sont enfouies et cachées sous des rangées d'arbres, selon la méthode éprouvée employée partout en Union soviétique pour cacher le cadavre des innocents massacrés.

Qui savait et disait que les Communistes  avaient fait exécuter des dizaines de milliers de Polonais d'Ukraine et de Biélorussie avant même le pacte germano-soviétique ?  

L'histoire enseignée en France et commentée dans les médias est mensongère dans le sens de l'occultation et de la minimisation dès qu'il s'agit de l'Union soviétique. Les Français vivent dans la fiction dès lors qu'on aborde le sujet du socialisme historique tel qu'il a été pratiqué chez nous.  

Comme dans la Pologne de l'époque socialiste, les gens qui ne veulent pas du socialisme et qui s'expriment en ce sens sont subtilement étouffés en France. Dans beaucoup de média, s'affirmer contre le socialisme, est considéré comme  malséant. Le "bourgeois", comme en Pologne aux temps socialistes, est un coupable permanent : coupable comme colonialiste, coupable comme égoïste  anti social, coupable ici, je transpose,  comme pétainiste dans l'âme voire antisémite et raciste (on disait  Hitlériens hystériques chez nous) , coupable comme catholique, coupable d'absence de sens moral et patriotique etc.

Nous avons entendu toutes ces fariboles à en vomir pendant des décennies.

Comme en France aujourd'hui, c'était un bruit de fond véhiculé par les enseignants, la presse, les politiques, les pseudo-intellectuels. Quiconque regimbe en France contre le socialisme sort de la communion des gens de bien. Ce fait surprend toujours les Polonais en France. En Pologne, la rancune contre l'occupant Russe et le socialisme permettait de ranger ce prêchi-prêcha au chapitre de la propagande socialiste obscène.

Il me semble qu'il y a clairement une relation entre la propagande permanente qui se déverse sur les Français et le fait que les fonctionnaires socialistes qui dirigent la France comme ils ont dirigé la Pologne pendant des décennies, se croient aujourd'hui tout permis. La peur d'être classé réactionnaire, bourgeois, fasciste,  paralyse la réflexion en France. L'intimidation socialiste y fonctionne à plein comme elle n'a jamais réussi à le faire en Pologne.

Pour un Polonais qui s'est sorti de cette horreur, la voir ressurgir en France sans que personne, parmi ses grands intellectuels n'ose réagir, est un cauchemar.

Il sait que lorsqu'on sale son champ on ne le remet en état que très difficilement.

F. Hollande est en train de liquider trois siècles d'entrepreneuriat français. Ce qu'il a mis en place n'est pas une France juste mais un France qui n'aura plus d'entrepreneurs et d'entreprises d'importance dans 10 à 20 ans. Sinon des médiocres cherchant à bénéficier de subventions en concubinage avec l'Etat, le reste de la population vivant dans la débrouille et les combines. Quelques grands groupes, là aussi associés aux princes du régime, pourront exercer sans trop de difficultés.

Notre expérience est qu'il faut fuir au plus tôt ce type de régime. J'espère que l'électeur français saura le voir. Hélas il vit presque majoritairement aux crochets de l'Etat et donc dans la dépendance politique de la dépense publique. De pertes de pouvoir d'achat en longues périodes de chômage il sera le dindon de la farce.

Le socialisme ne fait pas que démoraliser la population, il l'a ruine. Il n'y a pas de bon socialisme. Tous les peuples d'Europe centrale vous le diront et pas seulement pour des questions de dictature. C'est une régime économique lamentable et impossible.  

J'ai toujours été frappé que personne ne remarque en France que si les pays d'Europe centrale avaient continué sur leur lancée capitaliste d'avant guerre, au lieu de sombrer dans le socialisme, les entreprises européennes en général et françaises en particulier auraient eu pendant des décennies des débouchés importants qui leur auraient permis de grandir et de se fortifier très au-delà de ce qu'elles sont aujourd'hui.  L'Union des républiques socialistes a été un calamité aussi pour l'Europe de l'Ouest qui doit faire face aujourd'hui  à des concurrents mondiaux qui sont devenus plus gros et compétitifs  que ses meilleures firmes, presque dans tous les domaines et rapidement,

Si la France opte de son plein gré pour "un socialisme réel", alors elle est perdue.  Ce ne sera pas une perte seulement pour elle.

Pour avoir suivi les élections présidentielles françaises et tout ce qui se passe en France depuis, je ne vois pas tellement de différence entre le discours de M. Hollande et ceux de nos bien aimés dirigeants de l'époque socialiste. On ment tout le temps. On parle de courage et de patriotisme "à tour de bras". On n'atteint jamais aucun objectif. On lâche constamment des avantages à ceux dont on a besoin. On saque les autres. On joue en permanence avec des boucs émissaires. On n'hésite pas à injurier ceux qui résistent. Mais on exalte la jeunesse, qui sera l'avenir glorieux de l'humanité socialiste. Cela a été notre lot et pensum pendant des décennies.  

M. Hollande  avait annoncé qu'il inverserait la courbe du chômage en 2013, qu'il reviendrait à 3% de déficit à la date prévue, que les hausses d'impôts ciblées et sauvages,  étaient les dernières etc.  Tout cela est balayé en rigolant sur un coin de stand au Salon de l'Agriculture. Pendant ce temps là, on soigne les vaches sacrées du régime, comme l'atteste la suppression récente  du jour de carence instauré pour mettre fin à l'absentéisme excessif qui sévit un peu partout dans les différentes fonctions publiques.  

Ce comportement nous l'avons connu pratiquement en permanence. Jamais un socialiste n'a été capable de tenir un objectif économique. Il sait prendre et détruire. Il ne sait pas créer.

Les Français se sont félicités d'avoir une Constitution qui donne un pouvoir quasi dictatorial au président s'il a la majorité à l'Assemblée nationale.  L'arrivée de M. Mitterrand, un vieux briscard de la politique qui a utilisé le socialisme comme marchepied, a abimé la France mais les politiciens socialistes, soumis à  leur "Dieu", n'ont pas osé aller trop loin et il y avait le risque de la cohabitation. En alignant la France sur le néolibéralisme européen, M. Mitterrand donnait un coup de poignard dans le dos des socialistes sectaires.  M. Jospin, lui,  était dans la dépendance du Président Chirac. Il a du composer. Aujourd'hui M. Hollande et les socialistes les plus sectaires qui l'entourent, ou l'assiègent comme à l'Assemblée nationale, n'ont rien à craindre sinon de perdre des élections intermédiaires sans grande importance politique. F. Hollande n'a rien à craindre d'un échec électoral en 2017. Il vivra comme, un satrape avec sa cour jusqu'à la fin de ses jours. Il peut jouer au "grand socialiste dont on se souviendra" et à qui on vouera un culte, une autre tradition française.

Il a donc les pleins pouvoirs sans autre limite que les réserves du système fédéral européen dans lequel il est inséré ; comme nos dirigeants n'avaient pas d'autres contraintes que les pressions de notre grand "sauveur" russe.  

Un socialiste avec les pleins pouvoirs ne sait faire qu'une chose : tenter de briller au Panthéon socialiste quitte à avilir et ruiner son pays.

Alors, oui,  je suis inquiet pour la France.

 

Zbig  Brataniec, invité à s'exprimer en son nom propre par le Cercle des Economistes e-toile.

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