Les dérives inexcusables de l'Union Européenne

Un exemple de dérive wokiste de la part de l’Union Européenne : l’égalité salariale entre homme et femme par la publication obligatoire du salaire de chaque employé.

Depuis Maastricht, la Commission et le Parlement européen peuvent se saisir de tous les sujets. Ceux qui ont cru à tous les engagements sur la subsidiarité en sont pour leurs frais. Les instances européennes sont là au service des lobbies loin des peuples et des discussions démocratiques. Ils fabriquent de la norme à tout va, en chambre, sans aucune contrainte, le plus souvent sous la pression d’ONG, de groupes internationaux, d’associations plus ou moins douteuses, de militants infiltrés un peu partout. Avait-on besoin de l’Union européenne pour fixer les règles de rémunération dans l’entreprise ? Évidemment non !

Le contrat de travail est un contrat privé entre un employeur et un salarié. Il doit respecter différentes règles de forme et de fond. Ces dernières peuvent être vérifiées par le salarié avec l’aide des syndicats. Comme la quasi-totalité des contrats privés, son contenu n’a pas à être dévoilé en public. Le secret des honoraires et des rémunérations est naturellement de droit, comme le secret des correspondances privées. Le secret ne peut être levé que par la justice.

Et voilà qu’en 2023 la Commission promulgue, sans que personne n’en discute en France et ne soit même mis au courant par la presse, comme d’habitude, une ordonnance exigeant la publication des salaires nominatifs dans l’entreprise : le but : imposer « une égalité réelle » entre hommes, femmes et autres (c’est le texte !) dans la rémunération.

Pire encore il ne s’agit pas d’une égalité de traitement pour un travail identique, mais d’une égalité statistique collective entre groupes genrés. Définition édictée de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes : « la différence entre les niveaux de rémunération moyens des travailleurs féminins d’un employeur, exprimée en pourcentage du niveau de rémunération moyen des travailleurs masculins ».

Toute la directive semble avoir été écrite par une ONG féministe avec les concepts les plus tordus et les plus militants. L’égalité homme femme sera assurée si seulement si le salaire moyen calculé sur toutes les femmes est égal au salaire moyen de tous les hommes ! Les femmes sont des hommes comme les autres et seuls des stéréotypes de genre peuvent justifier le contraire.

 

La dictature idéologique qui recherche une égalité de fait sans tenir des réalités individuelles et en imposant des mesures infamantes ou contraires au respect du domaine privé, est la tentation de tous les mouvements Woke décidés à imposer des égalités « réelles » et non pas de droit. Dans certains cas on interdit des informations comme les notes dans l’enseignement ou le calcul du QI jugé discriminatoire. Dans d’autre cas on force un reporting qui fait fi de toutes les protections de la vie privée.

On aurait pu dans le même esprit considérer que la collectivité des Musulmans doit présenter des rémunérations moyennes égales à celles Chrétiens ou des Bouddhistes, ou que la collectivité des métis doit être rémunérée en moyenne comme la collectivité des noirs, ou que la collectivité des plus de 2 m doit  avoir une rémunération égale à celle de la collectivité des nains, etc. L’ambition ultime : que les femmes naines étrangères aux yeux noirs ne parlant pas la langue du pays doivent avoir la même rémunération moyenne que les hommes bruns de plus de 1m58, vivant là depuis trois générations. Ou n’importe quelle variante. C’est totalement débile, oppressif et attentatoire aux libertés fondamentales. Les individus ne sont plus vus à travers leurs qualités et défauts, leur contribution, et leurs talents mais en fonction de leur race de leur genre ou de leur religion. La « reductio ad identitam generis » de tous les éléments de la vie sociale est grotesque et contraire à l’esprit républicain.

Imaginons, qu’en Ukraine, la Commission n’accorde de subventions que s’il y a une stricte égalité dans le nombre de morts masculins et féminins !

Qu’on se place dans une perspective macroéconomique et historique ou à l’échelle microéconomique, les circonstances font apparaître des divergences justifiées.

Après les massacres et mutilations d’hommes qui ont eu lieu pendant la guerre de 14-18, le nombre d’hommes de 20 à 65 ans disponibles sur le marché du travail a diminué de près de 5 millions, sur une population active de 15 millions. L’homme s’est fait rare et ce qui est rare est plus cher que ce qui est abondant. C’est pour cela que tous les nouveaux secteurs de la finance, de l’assurance et de la distribution ont été d’abord des sociétés basées sur des emplois féminins. Après la guerre de quarante les femmes ont quitté en force les campagnes et les paysans hommes se sont retrouvés dans l’incapacité de trouver une épouse. Ces phénomènes historiques ont touché des millions de gens et ont porté leurs conséquences sur plusieurs générations.

Le rapatriement des Français d’Algérie a été aussi une secousse pour le marché de l’emploi.

L’immigration africaine et maghrébine actuelle est le fait d’hommes jeunes de façon très majoritaire. La parité n’y a pas sa place.

 

Ces grandes mutations conditionnent évidemment les salaires relatifs dans une entreprise.

A l’échelon microéconomique, quiconque a créé et dirigé une entreprise sait que chaque salaire est taillé sur mesure et tient aux circonstances, à l’état de la conjoncture, à la nature des postes et la manière dont ils sont occupés.

Un recrutement dans une période de basse conjoncture va entraîner un salaire relativement plus bas pendant des années. Le même, dans une période faste où le travail est là et lo es candidats sont rares, verra des rémunérations d’embauche nettement supérieures à celles de salariés en place depuis plusieurs années. Est-ce injuste ? Oui et non. Le salarié qui a gardé son emploi pendant une phase de chômage de masse était bien content. Il sait qu’à moyen terme les choses se rééquilibrent en fonction des résultats effectifs.

Chez un vendeur de photocopieurs les commerciaux sont souvent d’accortes jeunes femmes et les techniciens des hommes interchangeables, avec des différences statistiques de salaire de 1 à 10++ entre hommes et femmes, en faveur des commerciaux !

La vérification des radios médicales « au noir » était réalisée naguère par des ateliers exclusivement de femmes. La présence même d’un homme était bannie. Les salaires étaient excellents.

Les mœurs jouent aussi leur rôle. Pendant longtemps les jeunes femmes travaillaient après le « certif » en attendant de se marier. Il ne fallait pas devenir catherinette ! Elle formait des cohortes de salariées efficaces mais sans perspectives de carrière. Les « secondes » étaient souvent des femmes célibataires faute d’hommes à marier du fait de la guerre.

L’évolution des métiers joue aussi son rôle. Il n’y avait pas de femmes dans les salles d’ordinateurs à l’époque où on y travaillait de nuit et où il fallait du physique pour se coltiner les bacs à cartes perforées, changer les bandes magnétiques etc. Le pupitreur gagnait magnifiquement sa vie et s’affichait souvent à 25 ans avec des Alpine ou autres attributs populaires du succès. Même pour un programmeur, le travail n’a jamais été le même pour un homme et une femme. Quand il s’agissait de rester la nuit pour trouver d’urgence le bug qui gênait gravement un client, ce sont toujours des hommes qui restaient. De même pour le support d’urgence à l’étranger. Alors le salaire n’était pas le même.

Les différences étaient le plus souvent connues et acceptées car chacun pouvait juger sa propre relation au travail par rapport aux autres. À chacun de savoir s’il voulait rester ou non aux conditions du moment. Mais un salarié aurait été mortifié que s’affiche officiellement une différence certes fondée et acceptée mais malgré tout difficile à avaler face à la collectivité.

Publier les salaires, cela veut dire que chaque nouveau recrutement se négocie avec l’ensemble du personnel dont chaque membre se repose aussitôt la question de son salaire.

Les nouveaux textes créent un travail bureaucratique écrasant, créent des défis de psychologie sociale et obligent les dirigeants à se concentrer sur des questions qui ne concernent pas l’avenir de l’entreprise mais la satisfaction de lobbies idéologiques irresponsables.

Les cabinets de conseil en relation humaine ont vite senti la bonne affaire. Du business captif et bien rémunéré. On voit même des politiques ayant participé à l’élaboration de la loi à Bruxelles entrer dans le conseil d’administration ou l’encadrement de sociétés de services ad hoc qui vont conseiller les grandes entreprises à prix d’or. Tout cela sent la connivence sinon la corruption à plein nez.

Cette Europe des lobbies, du politiquement correct et des marchés de connivence est une catastrophe qui stimule le rejet de l’Union Européenne par une partie croissante de la population. On pourrait tenter de l’éviter au lieu de se vautrer dans l’hystérie wokiste avec Mme Van der Leyen dans le silence général des partis français dits « de gouvernement ».

Actualité de la Parabole de l'Esquimau

Il est toujours intéressant de faire un « retour vers le futur » surtout lorsqu'on tombe sur un livre écrit il y a près de 15 ans. 

 

L'idée était déjà, dans le cadre du Cercle des économistes e-toile, de faire œuvre de pédagogie sur des questions jamais traitées dans les médias. Inutile de dire que toutes les dénonciations de l'époque sont encore valables aujourd'hui. Changer une martingale perdante, lorsqu'elle est portée par des forces dominantes qui se croient propriétaires d'une vérité qui conforte leurs intérêts, est impossible en France. 

 

Dans le cas d'espèce, la Parabole de l'Esquimau porte sur l'inscription au cœur même des structures statistiques de la préférence pour la dépense publique et de l'impôt, dont on voit avec le budget récent, qu'elle est toujours dominante, deux présidents plus tard. 

 

Que dit la parabole ? 

 

Un esquimau pêche dans un trou sur la banquise et prend un poisson. Le PIB égale 1 poisson.

L’esquimau à côté de lui a un fusil, le braque et dit au pêcheur : je te protège des ours blancs, je suis l’Etat. Et il prend le poisson. Le PIB correspondant au travail dela fonction publique est compté à son coût, soit un poisson.  Au total le PIB est de deux poissons et le taux de prélèvement de 50%. Quand l’Etat prend tout, le taux de prélèvement est à 50%. Epatant, non ? La France frôle les 50% depuis près de40 ans ! Là on est vraiment tout près.

C’est pourquoi nous pensons qu’il faut toujours comparer les dépenses publiques à la valeur ajoutée des entreprises. L’INSEE ne publie plus la valeur ajoutée globale depuis…2020 ! La dernière estimation privée donnait pour 2024 1.600 milliards pour les dépenses publiques comme pour la valeur ajoutée des entreprises. L’Etat français dépense la contrevaleur de la valeur ajoutée par les entreprises françaises ! Et ce sera le cas en 2026, comme on vérifiera que cela le fut en 2025.

La parabole de l’esquimau devrait figurer en exergue des documents budgétaires fournis aux Parlementaires et sur les bulletins de vote !

Elle rappelle qu’une statistique n’a de sens que si on connait son mode de construction.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

 

NB : Ne pas confondre la « parabole de l’esquimau » avec le « cycle de l’esquimau ». Il s’agit de la glace sur bâtonnet vendue naguère dans les cinémas et dont les producteurs essayaient de sauver la marge bénéficiaire en pleine inflation quand les prix étaient bloqués. Il produisait au bout d’un moment un modèle nouveau un peu plus gros non soumis au blocage des prix et ne vendaient plus l’autre. Quand, au bout d’un cycle, l’esquimau dépassait la taille d’une bouche enfantine, on revenait au petit modèle, qui, ayant longtemps disparu, ne subissait plus le blocage des prix… L’esquimau a disparu avec les ouvreuses, remisant à jamais cet instrument facile de contrôle du niveau de l’inflation.  



Conseils à un jeune économiste voulant devenir « prix Nobel » d’économie.

Depuis que le métier d’économiste existe, il est passé par bien des mutations. Il faut reconnaître que, depuis quelque temps, le succès d’un économiste ambitieux ne dépend plus de la pertinence de ses observations, de sa compréhension des évolutions majeures, de la rigueur de ses prévisions, ni de l’opportunité de ses suggestions. Il s’agit d’abord pour lui de bien s’insérer au sein des pouvoirs qui mènent le monde, les servir sans restriction, et de ne pas surtout pas créer d’inquiétudes ou de remise en cause. Il lui faut à la fois se couler dans le politiquement correct, et servir les puissants. Faute de quoi il n’a aucune chance de faire la moindre carrière, d’obtenir le moindre poste, ou d’ambitionner le moindre honneur.

Élisabeth II a été cruelle avec les économistes « reconnus » en 2008. À quoi servent-ils, s’ils ne savent pas nous avertir des grandes récessions et nous aider à les prévenir ? Les subprimes : aucun danger nous disait un économiste polytechnicien qui sévit encore 18 ans plus tard. Les grands déséquilibres mondiaux ? Aucun problème, nous disaient les autres. L’Euro ? Il nous protège chantaient les plus ambitieux. L’impôt déraisonnable et la dépense publique excessive ? Formidables ! La Bérézina démographique ? Chut !!!!!!!!!!!

En cinquante ans, les taux de croissance partout se sont effondrés. Nous hurlons de bonheur quand on parvient à 0.9 %. Nous adulons un jeune économiste marxiste-léniniste qui parle de frapper les ultra-riches, nouveaux koulaks à éliminer sans faiblesse. Nous chérissons des économistes atterrants qui évoquent la décroissance heureuse, la dépense publique sans limite, les gratuités généralisées.

Dire la vérité quand elle porte sur une question critique devient un grave péché et un danger.

Alors, pour un jeune économiste, il faut bien réfléchir avant de parler. Et respecter quelques règles impérieuses :

-            D’abord finir ses études supérieures en Amérique du Nord, Etats-Unis ou Canada. Vous ne serez plus un vague franchouillard attardé dans son jardin pourri. On y adore donner des prix et des récompenses pour les plus conformes.

-            S’associer à une équipe électorale présidentielle, en choisissant un candidat jeune et à potentiel. En 2017 il fallait viser M. Macron. Et ensuite, ne pas cesser de lui lécher les bottes avec insistance.

-            Révérer le premier ministre en toutes circonstances même quand il propose les pires fariboles. Par exemple, expliquer aujourd’hui que M. Lecornu est un formidable responsable car il a fait voter un budget, même si ce budget irresponsable.

-            Révérer l’Europe qui est nécessairement le bien incarné, qui ne peut mal faire et qui est la matrice de toutes les solutions. Chanter aujourd’hui votre admiration pour le rapport Draghi.

-            Éviter tous les sujets qui fâchent et font polémiques qui peuvent vous valoir des foudres médiatiques. Déséquilibres des échanges internationaux, démographie et natalité, sur dépenses publiques, débordements du système social, méfaits d’un libre-échangisme sur l’agriculture, méfaits de l’écologie sur l’énergie, l’industrie, le bâtiment ? Détournez votre regard.

-            Être toujours positif. La modernité doit être heureuse et pleine de perspectives. La France est formidable et dispose de ressources « incroyables ». Choisissez dès le début un sujet de thèses sur Schumpeter et la destruction créative, et gloser sur l’IA et son formidable potentiel pourvu qu’on vous écoute. Vous devenez l’Oracle de l’avenir heureux. Succès garanti.

-            Manifester sa fibre sociale : la flexisécurité voilà la solution et surtout ne pas mépriser le terrain ni « les gens ».

Il faut un peu de subtilité pour éviter de passer pour un pur fayot opportuniste.

-            Se présenter comme une victime des réseaux sociaux et affirmer qu’on ne cédera pas. Toute personne publique étant prise à partie par les réseaux sociaux, c’est une défense facile.

-            Montrer qu’on n’est pas d’accord sur tout. Bien qu’on ait fait, par exemple, parti de l’équipe Macron de 2017, contester la suppression de la taxe d’habitation. C’est une erreur dramatique qui fait consensus et près de dix ans plus tard peut-être dénoncée sans risque.

-            Faire rire en évoquant les « déclinistes », par exemple en ridiculisant M. Baverez. Un type sinistre et n’offrant aucune perspective. Tout en disant qu’il n’y a pas de doute que la situation est difficile voire inacceptable. Sans entrer dans le détail.

-            Reconnaître qu’il y aura peut-être une récession bientôt, mais plutôt que de jouer les augures de malheur, insister sur les mesures d’investissement positives à prendre immédiatement. Si la crise arrive, il sera temps de dire qu’on l’avait bien dit mais qu’on a tout fait pour l’empêcher.

-            Reconnaître que la Commission n’est pas nécessairement le vecteur de l’action européenne qu’il faudrait. Que quelques états majeurs s’unissent, y compris avec le Canada et le Royaume Uni, pour financer le levier fantastique de l’IA et reprendre place dans le carré des leaders technologiques !

Si vous ne craignez pas de gesticuler avec autorité tous les espoirs sont permis :

               Prix Nobel

               Postes au Collège de France et ailleurs

               Conférences bien rémunérées

               Honneurs divers

               Passages Télé à répétition

               « Ménages » bien payés auprès des banques privées qui ont repris leurs invitations, 18 ans après la récession de 2008.

               Études rémunérées

               Et l’inévitable participation au WEF de Davos

Comme disait Edgar Faure, il n’est pas interdit d’être intelligent.

Même si Élisabeth II doit se retourner dans sa tombe.

N.B. : Évidemment pour ceux qui ont connu le premier prix Nobel français, Maurice Allais qui, lui, pensait qu’il fallait surtout prévenir des risques majeurs et notamment des grandes récessions, cette évolution est lamentable voire honteuse. Qu’importe ! Ils vont bientôt avoir le droit au suicide assisté remboursé par la Sécurité Sociale.

Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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