Conseils à un jeune économiste voulant devenir « prix Nobel » d’économie.
Depuis que le métier d’économiste existe, il est passé par bien des mutations. Il faut reconnaître que, depuis quelque temps, le succès d’un économiste ambitieux ne dépend plus de la pertinence de ses observations, de sa compréhension des évolutions majeures, de la rigueur de ses prévisions, ni de l’opportunité de ses suggestions. Il s’agit d’abord pour lui de bien s’insérer au sein des pouvoirs qui mènent le monde, les servir sans restriction, et de ne pas surtout pas créer d’inquiétudes ou de remise en cause. Il lui faut à la fois se couler dans le politiquement correct, et servir les puissants. Faute de quoi il n’a aucune chance de faire la moindre carrière, d’obtenir le moindre poste, ou d’ambitionner le moindre honneur.
Élisabeth II a été cruelle avec les économistes « reconnus » en 2008. À quoi servent-ils, s’ils ne savent pas nous avertir des grandes récessions et nous aider à les prévenir ? Les subprimes : aucun danger nous disait un économiste polytechnicien qui sévit encore 18 ans plus tard. Les grands déséquilibres mondiaux ? Aucun problème, nous disaient les autres. L’Euro ? Il nous protège chantaient les plus ambitieux. L’impôt déraisonnable et la dépense publique excessive ? Formidables ! La Bérézina démographique ? Chut !!!!!!!!!!!
En cinquante ans, les taux de croissance partout se sont effondrés. Nous hurlons de bonheur quand on parvient à 0.9 %. Nous adulons un jeune économiste marxiste-léniniste qui parle de frapper les ultra-riches, nouveaux koulaks à éliminer sans faiblesse. Nous chérissons des économistes atterrants qui évoquent la décroissance heureuse, la dépense publique sans limite, les gratuités généralisées.
Dire la vérité quand elle porte sur une question critique devient un grave péché et un danger.
Alors, pour un jeune économiste, il faut bien réfléchir avant de parler. Et respecter quelques règles impérieuses :
- D’abord finir ses études supérieures en Amérique du Nord, Etats-Unis ou Canada. Vous ne serez plus un vague franchouillard attardé dans son jardin pourri. On y adore donner des prix et des récompenses pour les plus conformes.
- S’associer à une équipe électorale présidentielle, en choisissant un candidat jeune et à potentiel. En 2017 il fallait viser M. Macron. Et ensuite, ne pas cesser de lui lécher les bottes avec insistance.
- Révérer le premier ministre en toutes circonstances même quand il propose les pires fariboles. Par exemple, expliquer aujourd’hui que M. Lecornu est un formidable responsable car il a fait voter un budget, même si ce budget irresponsable.
- Révérer l’Europe qui est nécessairement le bien incarné, qui ne peut mal faire et qui est la matrice de toutes les solutions. Chanter aujourd’hui votre admiration pour le rapport Draghi.
- Éviter tous les sujets qui fâchent et font polémiques qui peuvent vous valoir des foudres médiatiques. Déséquilibres des échanges internationaux, démographie et natalité, sur dépenses publiques, débordements du système social, méfaits d’un libre-échangisme sur l’agriculture, méfaits de l’écologie sur l’énergie, l’industrie, le bâtiment ? Détournez votre regard.
- Être toujours positif. La modernité doit être heureuse et pleine de perspectives. La France est formidable et dispose de ressources « incroyables ». Choisissez dès le début un sujet de thèses sur Schumpeter et la destruction créative, et gloser sur l’IA et son formidable potentiel pourvu qu’on vous écoute. Vous devenez l’Oracle de l’avenir heureux. Succès garanti.
- Manifester sa fibre sociale : la flexisécurité voilà la solution et surtout ne pas mépriser le terrain ni « les gens ».
Il faut un peu de subtilité pour éviter de passer pour un pur fayot opportuniste.
- Se présenter comme une victime des réseaux sociaux et affirmer qu’on ne cédera pas. Toute personne publique étant prise à partie par les réseaux sociaux, c’est une défense facile.
- Montrer qu’on n’est pas d’accord sur tout. Bien qu’on ait fait, par exemple, parti de l’équipe Macron de 2017, contester la suppression de la taxe d’habitation. C’est une erreur dramatique qui fait consensus et près de dix ans plus tard peut-être dénoncée sans risque.
- Faire rire en évoquant les « déclinistes », par exemple en ridiculisant M. Baverez. Un type sinistre et n’offrant aucune perspective. Tout en disant qu’il n’y a pas de doute que la situation est difficile voire inacceptable. Sans entrer dans le détail.
- Reconnaître qu’il y aura peut-être une récession bientôt, mais plutôt que de jouer les augures de malheur, insister sur les mesures d’investissement positives à prendre immédiatement. Si la crise arrive, il sera temps de dire qu’on l’avait bien dit mais qu’on a tout fait pour l’empêcher.
- Reconnaître que la Commission n’est pas nécessairement le vecteur de l’action européenne qu’il faudrait. Que quelques états majeurs s’unissent, y compris avec le Canada et le Royaume Uni, pour financer le levier fantastique de l’IA et reprendre place dans le carré des leaders technologiques !
Si vous ne craignez pas de gesticuler avec autorité tous les espoirs sont permis :
Prix Nobel
Postes au Collège de France et ailleurs
Conférences bien rémunérées
Honneurs divers
Passages Télé à répétition
« Ménages » bien payés auprès des banques privées qui ont repris leurs invitations, 18 ans après la récession de 2008.
Études rémunérées
Et l’inévitable participation au WEF de Davos
Comme disait Edgar Faure, il n’est pas interdit d’être intelligent.
Même si Élisabeth II doit se retourner dans sa tombe.
N.B. : Évidemment pour ceux qui ont connu le premier prix Nobel français, Maurice Allais qui, lui, pensait qu’il fallait surtout prévenir des risques majeurs et notamment des grandes récessions, cette évolution est lamentable voire honteuse. Qu’importe ! Ils vont bientôt avoir le droit au suicide assisté remboursé par la Sécurité Sociale.
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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef, aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants, explications sur le retard français, analyses de la langueur de l'Europe, réalités de la mondialisation, les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable. Association loi 1901 |


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Les grandes crises périodiques qui reviennent tous les huit-dix ans et cassent tout devrait être la préoccupation des économistes surtout reconnus par des prix. Ce fut le cas il y a près de trente ans avec Maurice Allais qui a affronté les commentaires ironiques de la presse, notamment du Monde, en expliquant que "ce qui devait arriver arrive" et en annonçant une grave récession qui s'est produite en 2008. De même il a annoncé que l'entrée de la Chine dans l'OMS aller tuer nos emplois. Là encore il avait raison.
Donc avoir le Nobel devrait donner du courage pour s'attaquer à l'essentiel.
Ce n'est pas le cas. Il suffit de lire ou d'écouter les programmes présidentiels qui sont annoncés les uns après les autres : pas un mot sur le sujet des grandes récessions, alors que le livre récent de Nicolas Dufourq montre bien que tous les espoirs de sauvetage du système social depuis 50 ans se sont brisés sur ces récessions non anticipés. la croissance est censée être toujours au coin de la rue.
Tous les éléments d'une récession sévère s'accumulent. En France, montée du chômage, record de faillites, déficits colossaux,bâtiment à l'arrêt, chômage des jeunes en forte hausse. Au Japon, chaos soudain sur les taux d'intérêts qui force à changer en urgence toutes les garanties. Hausse ubuesque de l'or, du bitcoin et de l'argent avec une correction majeure (50 sur le Bitcoin). Réajustements des soldes commerciaux par les taxes et par la monnaie, sans concertation. Croissance ridicule en France et en Allemagne.Effondrement des naissances. Mascarades européennes.
Il semblerait normal que la collectivité des économistes soit mobilisée sur ces sujets.
Mais non ! Trop dangereux. Alors on glose de façon lénifiante.
Comme le répète Alain Duhamel : non au déclinisme et aux déclinistes. Nous avons des atouts formidables !
Bla bla bla ! et merci pour les prix et décorations.
L'enseignement s'est féminisée à outrance. Il n'y a plus d'hommes dans les collèges et les lycées, plus de notes, plus d'émulation. Il fallait casser les casernes et les ouvrir sur la société. Le niveau s'effondre. Les profs se font tuer. Et les femmes enseignantes se font "planter" au couteau.
On a détruit le mariage et la notion de couple. On a interdit la fessée et donné un numéro vert aux enfants pour dénoncer leur parents. Avec" mee too" et tous les mouvements féministes hystériques on a dévirilisé l'homme et favorisé les femmes seules avec enfants, subventionnée et hébergées en priorité. On s'étonne qu'il n'y est plus de pouvoir parental sur le élèves. Alors un crétin façon Macron envoie ...une lettre aux parents pour qu'ils soient responsables. L'irresponsable en chef qui se décharge sur les autres de ses propres responsabilités et qui demandent aux autres plus de responsabilité ! C'est invraisemblable et mérite des claques, voire une bonne fessée. Ceux-là même qui ont interdit d'interdire et de sanctionner expliquent que c'est de la faute des adultes si les enfants n'ont plus de repères...
On marche sur la tête. Les économistes officiels jouent leur partition dans ce désastre : ils sont là non pas pour annoncer les crises comme disait la reine Élisabeth II mais pour conforter le marigot en le coloriant aux couleurs d'un joli lac. Les postes, les prix , les honneurs et l'argent sont alors disponibles. Les crises sont toujours "imprévisibles". Les régressions de la faute aux autres. Les déficits justifiés par les circonstances. Les lanceurs d'alerte : des vilains canards boiteux dont la sinistrose aggrave tout.
C'est pour cela que j'aime ce site. On ose y décrire et expliquer la réalité.