Bêtise et sottises

La bêtise est la chose au monde la mieux partagée, comme chacun sait. Elle demande un petit effort de définition. Le concept dérive de l'observation de comportements dont les résultats sont négatifs, et de qui supporte les mauvaises conséquences.

Vous pouvez prendre des décisions

- qui vous font du mal mais qui ne nuisent à personne d'autre.  C'est le crétinisme.

- qui font mal aux autres et qui vous font du bien. C'est la délinquance

- qui font mal aux autres sans vous faire du bien : C'est la malveillance.

- qui vous font du mal et du mal aux autres. C'est la vraie bêtise.

La question qui se pose aujourd'hui est de savoir dans quelle case placer la politique suivie par M. Hollande.

Difficile de ne pas remarquer que pratiquement toutes les mesures prises depuis un an entrent peu ou prou dans l'une ou l'autre de ces cases, avec une nette prédilection pour la dernière.

Juste pour clarifier les choses avec des cas concrets :

- L'affaire Cahuzac est l'exemple parfait de crétinisme (mettre un fraudeur fiscal  à la tête de la lutte contre la fraude fiscale  restera dans l'histoire)  .

- L'affaire Depardieu  est un cas de délinquance (injure publique… pour tenter d'exploiter politiquement  un bouc émissaire récalcitrant)

- L'imposition à plus de 100% de 8000 Français est de la malveillance pure, comme les 75% (gain national  ridicule pour la collectivité, conséquences majeures pour les intéressés; la bonne règle est de faire l'inverse : minimum de peine pour les contribuables maximum de résultats pour la nation).

- Casser l'économie pour faire grimper le chômage me parait exemplaire  de la dernière catégorie. Dans le cas des Verts, à qui il fallait réserver un peu place dans le palmarès : Bloquer les loyers avec tous les effets pervers connus  est pas mal non plus dans le genre.  

Quelles sont par ailleurs les sottises les plus manifestes que l'on entend aujourd'hui ? Le Palmarès est difficile tant les propos candidats sont nombreux.

- La crise a été provoquée par les subprimes

- Les énergies vertes étant plus coûteuses, elles créeront de l'emploi

- La réforme des régime spéciaux a été faite. Circulez il n'y a plus rien à voir

- Les déficits américains et les excédents chinois sont un bienfait pour le monde

- Les pays émergents tireront l'Europe de sa léthargie

- Le day-trading informatisé est excellent car il crée de la liquidité sur les marchés

- Delanoë n'a pas augmenté les impôts à Paris

- La crise financière est terminée

- La crise de l'Euro est terminée

- Hollande a un cap et un plan mais ils sont  si subtils qu'il faut beaucoup de finesse  pour les percevoir.

Mai 2013 : note d'ambiance

On se souvient que la conjoncture immobilière a basculé en septembre 2006, que les premières banques ont commencé à vaciller fin 2006-début 2007, que les marchés s'agitent dans tous les sens entre mars et mai 2007, signalant que les derniers feux de la flambée spéculative étaient en train de briller de la façon caractéristique d'avant explosion  : de brusques lueurs et un noir d'encre se succédant rapidement.

On vit même le directeur du FMI expliquer que les quelques tensions constatées étaient désormais résorbées. La folie sur certains marchés de nourriture essentielle  avait provoqué quelques émeutes. Certains y voyaient des signes de la bonne santé générale de l'économie.

 La BCE resserrait les conditions de crédits à peu près il y 7 ans,  jour pour jour, pour faire face "aux risques de dérapages inflationnistes" et d'exubérance des marchés. .

C'est l'époque où nous crions dans le désert : attention, la crise décennale arrive et elle sera : en avance, sévère, et mondiale.   

Le marché monétaire se bloque  fin juillet 2007 : la crise était lancée. Nous y sommes encore.

Sept ans !  Nous avons écrit à cette époque :" la crise sera sévère. Nous ne prévoyons pas une dépression de type de 1929, sauf si les Etats multiplient les erreurs économiques" (juin 2007).

Les erreurs vont se multiplier.

Aucune des causes de la crise n'a toujours  été publiquement diagnostiquée. Aucune mesure structurelle permettant de les juguler n'a été prise. Aucune.

Pour le monde, il fallait constater l'échec du système non coopératif des changes flottants associé à une liberté quasi-totale des mouvements de capitaux. C'est la double pyramide de crédits que cette organisation stupide a permise qui a ralenti le trend mondial régulièrement pendant quarante ans et aggravé les crises décennales.  C'est l'abandon des objectifs collectifs de limitation des déficits et des excédents de balances extérieures qui a fait passer les pays de l'OCDE de 150 à 400 ou 500% d'endettement global para rapport au PIB.

On a cru que les deux règles habituelles fonctionneraient : des déficits budgétaires associées à un relâchement monétaire important.  On n'avait pas vu que les relances keynésiennes ne marchaient plus de l'introduction des changes flottants. : trop de fuite dans le bocal !

Quant aux banques centrales, cela faisait tellement d'années qu'elles relâchaient de la monnaie à gros bouillon qu'on ne pouvait espérer une réponse particulière.

Le résultat : après avoir transféré  aux Etats les pertes des banques et donner un coup de fouet artificiel à l'activité en creusant tous les déficits publics,  le paquet invraisemblable de dettes non recouvrables de l'avant crise, entre 10 et 15 mille milliards de dollars, s'est accru des dettes de la crise elle-même, faisant peser sur tous les Etats un fardeau intolérable, en même temps que les banques étaient obligées de dégonfler leurs bilans, et que la panique déréglait tous les comportements.   

Sept ans après, Le commerce extérieur mondial a explosé. Il suffit de regarder la courbe du Baltic index pour voir qu'on est toujours au plus bas. La Chine est malade de son système financier et social déséquilibré.  Elle cherche toujours désespérément comment ne pas perdre l'essentiel du tas de dollars papier qu'elle a accumulé. 

Le Japon a compris que dans le désordre général des esprits et la débandade américaine il pouvait retrouver une bonne partie de son autonomie. Il vient de lancer une dévaluation compétitive majeure. Les journaux financiers anglo-saxons font semblant de ne pas être impressionnés. Tous leurs clichés apparaissent pour ce qu'ils sont : de la foutaise. La dévaluation japonaise marche et la croissance est un peu repartie, au détriment des autres pays du monde.

Les Etats-Unis sont englués dans des déficits intérieurs et extérieurs  gigantesques. La croissance et minable. La moindre crainte d'un abandon de l'alimentation en drogue monétaire par B. Bernanke provoque un sursaut hystérique du malade.

Les pays émergents longtemps soutenus par les replacements de dollars chinois en terrains agricoles, terres rares, commodities divers ( pétrole, charbon) , produits agricoles,  voient le bout de ce replacement. On n'était pas dans une croissance féconde et équilibrée, mais dans un spasme de précaution.   

L'Europe est en Berne. L'Allemagne qui est plus sensible à la conjoncture mondiale que la France commence à souffrir.  Les pays du sud talonnent après une violente dépression. Les banques espagnoles, on le voit, n'ont toujours pas digéré l'énorme excédent de placement immobilier des 20 ans précédents. L'Italie est atone.  Les politiques d'austérité sont remises en cause mais les outils qui ont été abandonnés par les états individuels ne sont toujours pas utilisés à l'échelon européen. L'arme des changes est purement et simplement ignorée.  La fragilité d'une zone euro sans armes ni pilote apparait pleinement.  La gestion par la norme sans instance de pilotage  conduit à la déflation généralisée.

Quant à la France !  Glacée par la dégelée fiscale accompagnée d'insultes que lui a infligé Hollande entre juillet et novembre 2012,, alors qu'elle était déjà au sommet des prélèvements et de l'étouffement administratif, la France s'est bloquée.

L es Français découvrent avec stupeur les taux d'imposition qu'on leur inflige. Le commerce est partout à l'arrêt. Les boutiques ferment les unes après les autres. les PME s'arrêtent. Le tissu industriel et commercial se défait. Le chômage explose.

L'économie française est en chute libre, tirée vers le pire  par une équipe dont la nullité satisfaite, agressive, idéologique  et désinvolte  a tout aggravé.  

Pour corser le tout, la météo française est pourrie depuis un an. Il n'a cessé de pleuvoir depuis le début de l'année. Le moral des Français est dans les chaussettes. Ils regardent leur bas de laine et se demandent combien de temps ils vont pouvoir tenir.  Ils voient bien que leurs ressources, volés par l'Etat sans la moindre vergogne,  s'épuisent.  Les jeunes s'expatrient.   Les plus âgés s'inquiètent  de ce qu'ils vont pouvoir laisser à leurs enfants si le grand âge n'a pas conduit à épuiser les réserves.  

Les voyous triomphent, bien aidés par un large partie du monde judiciaire  dont "le mur des cons" a largement révélé la mentalité. Ils n'ont pas pour mission de protéger la société mais de l'apaiser en étant durs au bourgeois et tendres au délinquant.

En ce mois de mai 2013, la France ne se révèle pas seulement bougonne, mais nerveuse et prise d'une colère rentrée contre toutes les bouches médiatiques qui lui demandent d'aimer les causes de leurs misères.

Nos commentateurs des médias , toujours positifs dès qu'il s'agit de leurs amis socialistes,  parient sur la conversion de F. Hollande. Ce serait un Schroeder et on ne l'aurait pas compris. Il n'a pas la majorité parlementaire de sa politique "sociale démocrate". Mais il y aura une recomposition politique : le hollando-bayrouïsme  est dans les tuyaux et va conduire le pays à l'extase. Le spectateur se tapote le menton.

Le citoyen, contribuable et homo economicus, lui, caresse des rêves de revanche électorale sévère.  

En attendant la France coule comme un fer à repasser, dans une Europe qui sombre doucement, au sein d'un océan mondial toujours déchaîné.  

Mai 2013 : un moment de la déprime française qui restera gravé dans la mémoire collective.

La France : un pays socialiste ?

Les faits électoraux sont clairs.  Pour la première fois de son histoire, le Parti socialiste a tous les pouvoirs en France : la Présidence de la République, l'Assemblée Nationale, le Sénat (avec d'incommodes alliés), la quasi-totalité des Régions, la plupart des grandes villes y compris celles qui étaient considérées naguère comme imprenables comme Paris ou Lyon.

Pour la première fois un Président socialiste a pratiquement tous les pouvoirs avec la durée pour les exercer.  Après une phase où il a consciencieusement démoli tout ce que son prédécesseur avait tenté de construire ou d'empêcher, il a asséné un tel  choc fiscal ciblé sur les familles aisées, les entrepreneurs et  les cadres supérieurs qu'il a bloqué net l'activité économique et démoralisé la nation toute entière.

On mesure aujourd'hui l'intensité de ce choc qui voulait frapper 10% de la population pour épargner les autres 90%  et qu'on a aggravé par le climat insultant et haineux qui l'a accompagné. Le bâtiment s'est arrêté net. Les projets d'investissement ont stoppé.  Les plans sociaux se sont  accélérés. Les boutiques ont vu leur clientèle disparaître. Les gros investissements dans les voitures et l'ameublement ont été remis à plus tard. Le personnel de maison a été licencié. On a cessé d'embaucher. En six mois, des centaines de milliers de chômeurs en plus.

L'échec de cette politique a eu comme conséquence de rendre caduques toutes les prévisions du gouvernement et les engagements du Président. Il avait promis d'inverser la courbe du chômage fin 2013 : on sera bientôt à 11% avec  près de 10 millions de foyers  vivant en France uniquement de secours publics ou ses succédanés. Il s'était engagé à revenir sous la limite des 3% du PIB pour le déficit public à fin 2013. On sera plus près de 4%, annihilant les sacrifices fiscaux faits par les Français les plus actifs. Voilà maintenant qu'on va tenter de les priver en partie de ce pourquoi ils ont cotisé à taux majoré : les allocations familiales ; la retraite, les déductions pour enfants scolarisés etc.

Les promesses hollandaises de relance de la croissance ont tenu ce que durent les roses.

Du coup les Français commencent à s'interroger sur qui est vraiment ce François Hollande, grossier et désinvolte, qui rigole sur les ruines de leur patrimoine, de leur emploi et de leurs espoirs.

Est-il un simple fumiste qui a réussi un coup politique en bénéficiant des circonstances et qui fait n'importe quoi en ricanant une fois sur le trône républicain ?

Est-il un énarque politicien, culotté mais  mal préparé, qui découvre les réalités et qui panique.

Est-ce un simple opportuniste qui joue la démagogie à fond, appuyé sur un quarteron de communicants ?

Est-il un socialiste conséquent, conscient qu'avec les moyens que la 5ème République lui donne, il peut profiter de la crise pour créer un vrai régime socialiste où la "bourgeoisie" serait balayée par l'impôt.  Il entrerait ainsi dans le "Panthéon socialiste" pour avoir réalisé une révolution de velours par l'impôt, sans toucher aux droits fondamentaux, sauf celui de la propriété.  L'article de Zbig Brataniec, sur ce site, évoque les ressemblances entre le discours Hollandais et celui qu'il a connu en Pologne au temps du "socialisme réalisé", façon soviétique. Va dans ce sens le fait qu'à 20 ans, F. Hollande, fils de "fasciste", adhérait à l'UNEF-Renouveau communiste et pas à l'UNEF socialiste.

La vérité est probablement un mélange des quatre, ce qui n'est pas reluisant. Et pose la question de savoir si les Français veulent réellement vivre dans une société socialiste.

Après avoir été débarrassée de la guerre d'Algérie, la France a voulu montré sa volonté d'en finir avec les tensions qui avaient marqué les 100 années précédentes et conduit à des catastrophes humanitaires sans précédent.  En risquant la simplification, on peut affirmer qu'elle a considéré qu'elle devait pacifier ses relations  avec tout ce qu'une société qualifiée de "bourgeoise" avait défendu avec une certaine énergie. Elle a voulu faire droit  aux revendications :

- de la communauté juive, martyrisée par les Nazis, mais avec la complicité de Vichy et qui se considérait encore victime d'un certain antisémitisme latent en France

- de la communauté homosexuelle, mis au ban de la bonne société pendant longtemps et qui se présentait comme persécutée

- des femmes qui revendiquaient la parité, et présentaient également une réclamation victimaire

- des noirs et des arabes victimes du racisme et de la colonisation

- des classes sociales défavorisées qui exigeaient une meilleure prise en considération

- des travailleurs travailleuses, avec qui on cherchait la paix et la fin de la lutte des classes en acceptant la promotion du discours syndicaliste, une grande mansuétude devant la délinquance en col rouge et un arrosage systématique d'avantages divers et pas toujours justifiés

- de la demande de paix générale en Europe via la construction de l'Europe  communautaire.

- de la nature martyrisée par les pollutions diverses.

- des délinquants "victimes d'une société répressive"  

En gros, les Français ont voulu couper avec une tradition de bourgeois mâles blancs, dominants, productivistes,  n'hésitant pas à la conquête et, s'il le fallait,  à la répression.

Presque tous les films français depuis 70 montre des bourgeois corrompus, assassins à l'occasion, prêts à tout pour du fric.  Il est intéressant de noter que les deux grands succès récents montrent pour l'un que la vraie vie se passe  à l'étage des bonnes espagnoles, pas à l'étage du bourgeois sordide et son épouse lamentable et, pour l'autre, que le blanc riche, paralysé à la suite d'une activité sportive à haut risque, choisie probablement pour masquer la vacuité d'une vie bourgeoise et friquée, avait besoin d'un noir de banlieue pour retrouver une existence humaine.

Le Français a voulu devenir politiquement correct, gentil, prêt à toutes les bonnes actions et prêts à encaisser tous les coups que pourraient lui asséner ses anciennes "victimes", du moment que cela ne lui coûte pas grand-chose d'autre que de modestes génuflexions et un peu d 'argent.

Fini le bourgeois, le beauf, le fasciste. La France a vécu 40 années de réaction anti-bourgeoise, dans un consentement progressif mais finalement assez général. Il a été rendu plus facile par l'effondrement du communisme. On oublie souvent que, malgré bien des apparences, Mai 68 a été un mouvement largement anti-communiste.

Nous pouvons apporter ici une explication à Zbig Brataniec de la raison pour laquelle les drames  qui ont ravagé les Pays de l'Est, et notamment son pays , la Pologne,  ont été gommés. On ne pouvait pas à la fois "pacifier" nos relations avec les syndicats et la classe ouvrière tout en assimilant la droite à l'antisémitisme d'Etat et au génocide, en ouvrant un front moral contre les génocides commis au nom de l'instauration violente du socialisme. On les a donc escamotés.  

On dira : vous décrivez la tentative de la gauche et généralisez abusivement à la France entière !

Certes la gauche actuelle couvre assez bien l'ensemble du champ de cette réaction antibourgeoise, et on a vu M. Hollande réactiver tous ses codes, avec le droit de vote aux étrangers, le mariage homosexuel, la politique laxiste de Mme Taubira vis-à-vis des criminels, le discours vis-à-vis de l'Afrique et de l'Algérie etc.

En fait, elle été plutôt absente sur la question des femmes et le mouvement homosexuel ne sera pris en compte qu'assez tard : l'affaire du sang  contaminé et l'inculpation de Fabius marque la césure. De même la conversion écologique a été lente.

La gauche politique a été plus opportuniste que motrice. La gauche culturelle a été à la manœuvre.

Rappelons que G. Pompidou, jeune, se voulait socialiste, comme le révèle d'Ormesson dans un livre récent ; R. Barre déclare dans ses mémoires avoir mené une politique "social-démocrate". J. Chirac voulait illustrer un "travaillisme à la Française". Giscard prétendait avoir un cœur, et a inventé "l'énarchie compassionnelle", tout en interprétant mieux que les socialistes nombres d'éléments d'une politique d'ouverture sociétale, notamment vis-à-vis des femmes. L'église elle-même s'est voulue repentante et décidée à se montrer ouverte à bien des nouveautés qu'elle combattait jusque là.  

On traite parfois de bobos tous ces Français bien intentionnés, qui grosso modo ont adhéré plus ou moins consciemment à cette réaction anti-bourgeoise. Ils n'aiment pas cela parce que justement ils ne se croient pas bourgeois et ils sont rarement bohèmes : le plus souvent ils sont fonctionnaires ! Le PS est indiscutablement plus en phase avec leur sensibilité aujourd'hui, surtout depuis que Nicolas Sarkozy a décidé, en partie, de revenir sur certains de ses développements. Il amorcé une réaction contre la réaction. Il n'est pas difficile de constater que de l'UDI de Borloo aux différents courants anti-sarkosistes de l'UMP (Mme Bachelot, la dénommée NKM, …),  il existe une forte assimilation des thèmes de la réaction "anti-bourgeoise" et anti répressive  au sein même de l'UMP. Cette contre réaction ne passe pas facilement au sein de la droite de gouvernement.  

Nous assistons depuis une quinzaine d'années à une prise de conscience progressive que cette attitude bonasse a favorisé des abus et des dérives qui deviennent criants. Beaucoup se demandent si le balancier n'a pas été trop loin.

Renoncement au nationalisme d'accord et vive l'Europe ! Mais depuis Maastricht la rupture entre l'Europe des fédéralistes et le peuple est devenue une véritable fracture.  On le voit en Italie, ce jour même, avec le résultat des élections, mais c'est la même chose en France.

Renoncement à l'antisémitisme d'accord, mais nous ne pouvons plus suivre la politique d'Israël quand elle alimente une guerre perpétuelle avec le monde musulman ponctuée de crimes et de massacres.  Le succès phénoménal du  livre de Hessel, mort aujourd'hui,  est là pour témoigner de ce revirement. La compétition mémorielle qui sévit désormais entre noirs, arabes, juifs, homosexuels, etc.,  toujours sur le dos de la France, commence à sévèrement agacer les Français. 

L'insécurité est devenue incontrôlable. Un livre récent (Orange Mécanique : l'ensauvagement de la France) révèle que "l'ensauvagement de la France "est désormais sans solutions.

La paix sociale est plébiscitée, mais pas quand elle est détournée pour simplement donner des avantages extravagants aux diverses fonctions publiques, et laisser se développer des pratiques choquantes (Ouvriers du Livre, Marins de Seafrance, Dockers, intermittents du spectacle etc.).

La générosité sociale est admise mais pas quand toute la charité publique est faite sur emprunt tout en créant une fiscalité confiscatoire. L'hyper-fiscalité française ne passe plus. Le sondage de Marianne de cette semaine le montre bien.

Quant à l'altération de règles millénaires comme celles de la filiation pour complaire à 0.3% des couples, parce qu'ils sont  homosexuels, elle a fait réagir des centaines de milliers de Français.

Nous sommes certainement en plein retour de bâton, le fameux "backlash" des anglo-saxons.  La politique de Hollande n'est plus en phase avec l'opinion. Il en fait trop. L'effondrement économique français et le climat d'hystérie qu'il entretient vont accélérer "la réaction contre la réaction".

Le mouvement "pacificateur" n'a en fait rien pacifié. Il a multiplié les contradictions  et créé les conditions de nouvelles tensions.

Pacifier les relations avec les ouvriers ? Il n'y a plus d'ouvriers. En revanche le chômage va dépasser 11%  de la population active.

Pacifier les relations en Europe ? Jamais elles n'ont été plus tendues.

Etc.

Les Français s'aperçoivent qu'on leur demande de refaire des combats historiques clos depuis des décennies. L'esclavage ? Le colonialisme violent et répressif? L'antisémitisme génocidaire nazi ? Toutes ces batailles sont closes depuis des lustres sans que personne ne demande à les reprendre. C'est à l'époque qu'il fallait se battre contre les idéologies ou les intérêts qui les avaient suscités.

La France qui avait été de toutes les percées technologiques, automobile, cinéma, aviation, grande distribution, banque est incapable désormais de se hisser en tête des combats de titans de la mondialisation. Nos grandes réussites, L'Oreal, Publicis, LVMH,  sont toutes des entreprises qui sont nées avant guerre.

La France bourgeoise a été d'un dynamisme industriel, commercial, militaire, intellectuel, culturel extrêmement fécond. En 1930, la France était la première nation du monde. Aujourd'hui elle est insultée par le premier histrion venue et fait rire dans tous les cénacles.

En voulant pacifier, harmoniser, tranquilliser, on a fini par châtrer le pays.  La castration a été d'abord fiscale mais aussi morale : on a cultivé la volonté d'impuissance, au prétexte que  la puissance froissait des élytres et réprimait.

Maintenant nous en sommes au point où nous constatons l'impuissance de la volonté.

Oui nous sommes impuissants contre la délinquance, nous sommes impuissants contre les mouvements migratoires non désirés, nous sommes impuissants contre l'Europe de Bruxelles ou contre la politique impossible de Mme Merkel, nous sommes impuissants face au délire monétaire américain, nous sommes impuissants face au mercantilisme de la Chine, nous sommes impuissants face à la toute puissance des hauts fonctionnaires, nous sommes impuissants contre les nouvelles oligarchies régnantes, nous sommes impuissants dans la mondialisation.

Nous-mêmes, nous défendons depuis près de 20 ans toujours les mêmes trois grands thèmes :

- l'organisation monétaire internationale défaillante et voulue par les américains tue le capitalisme. Mais la France est muette.

- l'inorganisation de la zone Euro et sa gestion par la norme et la déflation tuent l'Europe. Mais la France n'a aucune doctrine à opposer.

- l'hyper-fiscalité française et la captation du pays par l'énarchie compassionnelle forment les conditions d'un drame qui voit la France sortir des pays dynamiques. Mais la dénonciation des entrepreneurs et des fortunes attise la haine fiscale contre les entreprenants et ceux qui réussissent.

C'est parce que la France a cessé de vouloir et de combattre que nous nous sommes laissés enfermer. C'est parcequ'elle récuse la nécessité d'un corps important de "bourgeois" efficaces, c'est à dire de personnes qui gagnent et investissent et qui sont prêts à prendre des risques pourvu qu'on ne les plume pas,  qu'elle s'enferme dans le recul et le déclin.

Le refus d'une structure sociale complète et d'une société sans trop de complaisance,  explique la déchéance de la volonté française. Elle est la base de sa déréliction économique.

La médiocrité des présidents récents et notamment celle de N. Sarkozy et de F. Hollande sont des marqueurs de l'effondrement de la volonté française.

La France n'est pas socialiste. La suite le montrera.

Mais en voulant faire l'ange, elle a fait la bête. Et elle le paie.

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile.

Une poussée de lectures significative (2)

Nous avions fini l'année 2011 avec  une fréquentation record : 115.123  lectures cumulées, un doublement chaque année. 2012 a vu une véritable explosion du lectorat : 382.400 lectures à ce jour soit 267.277 lectures de plus en un an.  Merci à tous ceux qui nous encouragent de leur lecture. Ils nous laissent penser que ce blog n'est pas totalement inutile et permet, comme c'est notre objectif, de fournir une information complémentaire de celle des médias officiels.

L'explication de cette hausse importante tient probablement à l'élection présidentielle française. Beaucoup, à gauche comme à droite, ont voulu aller au delà des explications très partielles données par les candidats.  La campagne a eu pour principale caractéristique que les deux candidats ont tu la réalité économique du pays et ont caché leurs véritables intentions. Nos lecteurs ont cherché dans une source non officielle de quoi nourrir leurs réflexions et nous sommes heureux de leur avoir fourni quelques éléments d'appréciation. Dès que l'élection a été "pliée" la fréquentation du site a baissé revenant à un étiage plus "normal" (80 à100.000 lectures an tout de même !).  

La campagne a été largement une opération de diversion menée par les deux candidats avec des moyens proches et peu recommendables : cadeaux au peuple et dénonciation de boucs émissaires.

Comme nous l'avions écrit à chaud F. Hollande s'est bien égosillé à ne rien dire. Près de deux ans après le lancement de sa propre campagne, on ne sait toujours pas comment il prétend réduire la dépense publique aux niveaux requis par l'engagement d'un déficit à 3%.

Il est vrai que Nicolas sarkozy a été dans le même déni de parole. Toute l'année 2011 et le début 2012 n'ont été que des remises sur l'établi des lois de finances pour aggraver l'imposition, provoquant une vague de chômage intense.

Au total l'année 2012 aura été comme gommée du fait de l'élection présidentielle : il n'y a plus eu de recul jusqu'à l'élection. Et après l'élection la période d'euphorie suivie par le brusque retour aux réalités n'ont pas permis de réaliser ce qu'il se passait : une croissance extravagante du nombre des chômeurs dans toutes les catégories. 

Commencée dans la panique, la période a été nourrie d'augmentations d'impôts continuelles. La France n'a cessé de voir sa croissance baisser et son chômage augmenter jusqu'à ce que l'hystérie fiscale socialiste ne vienne bloquer l'économie toute entière. Ce choc fiscal extravagant et accompagné de propos haineux ne lui a pas permis de bénéficier de la détente provoquée par les prises de position de M. Draghi et le vote du traité budgétaire européen.

M. Hollande semble penser qu'il pourra  faire payer quasi totalement la crise aux classes aisées d'une part en les assomant d'impôts et d'autre part, on va bientôt le voir, en leur coupant toutes les allocations qui ne sont pas sous conditions de ressources.  En faisant bruler la chandelle par les deux bouts, il peut effectivement récupérer les milliards de revenus et d'épargne des familles jusqu'ici aisées.   Ce faisant, il casse toutes les solidarités mises en place à la Libération. La question est de savoir s'il ne bloque pas aussi pour longtemps toutes les perspectives  d'investissement et donc de croissance et d'emplois.

Les économistes socialistes n'ont cessé de lui répéter qu'en prenant "le superflu" aux riches, sans toucher au revenu des moins fortunés, il ne modifierait pas réellement la demande globale et donc limiterait les risques de récession.  En même temps ils savaient très bien que les mesures confiscatoires n'ont qu'un rôle marginal dans les recettes. On le voit bien avec la mesure de l'effet des annulations de recettes budgétaires associées aux décisions du Conseil Constitutionnel.

La vérité est qu'il ne pouvait échapper à une hausse généralisée des impôts et que tout le reste est de la com'. Les mesures confiscatoires "symboliques" n'ont comme but que de faire passer la pilule :"Bien sûr la pilule est amère mais voyez comme nous avons assomé les riches : soyez donc contents !".

La Com' est véritablement la maladie honteuse de la politique moderne. On ne cherche même plus à savoir quelle doit être la bonne solution pour régler un probléme. On cherche seulement la recette magique pour parer par la com' les conséquences des inconséquences. 

Le dernier truc suggéré à "moi je président", à part de rectifier la cravate par un double noeud, une mesure cruciale tant le débraillé présidentiel est une cause nationale de premier plan,  est de se muer en grand chef de la lutte contre le chômage. La route du chômage comme celle du fer, naguère, va être coupée. Nous sommes en pleine gesticulation.

Il est rarissime dans l'histoire économique qu'une courbe de chômage croissent pendant plus de cinq ans avant de s'inverser un temps soit peu.  M. Hollande se souvient de 1997 et la baisse imprévue du chômage que personne ne semblait voir venir.  Son pari repose sur une idée du cycle que nous défendons par ailleurs. Nous ne saurions la laisser totalement de côté. Il est parfaitement possible maintenant que le gros de la panique est passée qu'il y ait un redressement rapide des circuits financiers complètement  chamboulés par la peur.

Tout le monde se moque de l'objectif de 3% qui lui ne sera probablement pas atteint.

L'important est dans la baisse du taux d'endettement qui crédibilise une sortie non explosive de la crise de la zone Euro.Même si on en reste à un chiffre entre 3.5 et 4.0%, il n'y aura pas péril en la demeure.

La seule question reste de savoir si l'effet dépressif des mesures fiscales prises et du climat presque obscène qui a été créé par le "socialisme du symbole" permettra d'éviter une vraie récession. La procrastination et la passivité ne peuvent rien laisser espérer. Les mauvaises nouvelles risquent de s'enchaîner sur tous les fronts. Les communiquants l'ont bien compris. Des dizaines de projets de lois sont sur l'établi, nous fait-on comprendre. Tout dépendra de leur contenu. 

F. Hollande semble décider à ne toucher à aucun poste de fonctionnaires. Il n'y aura pas de "dégraissage". L'anomalie française du sureffectif public ne sera pas corrigée. On phosphore pour savoir comment réduire la dépense sans toucher aux effectifs. Il ne reste que la voie des prestations et des reversements. Les investissements publics sont déjà au plus bas aussi bien à l'échelon national qu'à celui des régions et des collectivités locales. Et il va bien falloir annoncer quelques grands projets pour faire croire au redémarrage de la croissance.Comme on l'a vu la suppression des allocations aux familles aisées ne suffira pas.

Alors ?

Alors il ne reste qu'à croiser la doigts et espérer une reprise de l'économie mondiale. La fin de la panique peut être l'occasion d'un redressement conjoncturel. Les liquidités, énormes, sont là et le coût de la thésaurisation n'est plus justifié par le risque. Des occasions peuvent être saisies à l'échelon international   et l'Allemagne peut relancer un peu. Bien sûr il reste un stock de dettes impressionnant. Mais le cantonnement a été à peu près fait et son dégonflement est une affaire de longueur de temps et de croissance organisée collectivement.

Il se peut que F. Hollande ait de la chance. Il criera à une "victoire" qui ne lui devra rien.

Il se peut aussi qu'un incident de parcours se produise qui mette en excergue la précarité de la situation française.  La crise de l'Euro est loin d'être finie et le choc fiscal asséné aux Français a été si rude qu'il peut avoir découragé profondément les investisseurs. Le poids d'une administration non reformatée et de dépenses non maîtrisées, associé à la ruine des possibilités d'investir des familles aisées,  à d'une conjoncture européenne capricieuse et à une conjoncture mondiale non maîtrisée, peut donner un coup de ciseau définitif dans les ambitions socialistes.

En juin 2013 le taux de prélèvement sera entre 46 et 47%. La dépense publique avoisinera les 57% du PIB. Les chômeurs catégories A seront malgré les mesures statistiques sur le chômage autour de 3.5 millions et le non emploi à près de 8 millions.  Le taux de dettes aura certes baissé mais peu. La fuite des cerveaux et des entrepreneurs sera à son maximum. La France sera alors sur le fil du rasoir. Il y a  peu de chances pour que 2013 ressemble à 1997.

Nous ne saurions trop conseiller à M. Hollande d'oublier ses hommes de communication pour se concentrer sur trois politiques : 

- Obtenir des pays des différents G.xx le retour à une concertation véritable basée sur la disparition des grands déséquilibres mondiaux. L'idéal serait d'obtenir une restauration des obligations monétaires grâce un arrangement de type Bretton Woods. Après tout F. Hollande a un temps déclaré qu'il y était favorable. A lui de trouver les voies et moyens de cette politique en s'appuyant si c'est possible sur Lagarde et le FMI. Il doit se souvenir que DSK avait mis à l'étude un retour aux changes fixes et ajustables basés sur une monnaie internationale non associée à une monnaie nationale.  Qu'il réactive ces travaux !

- Obtenir une relance interne de la Chine et de l'Allemagne,  tout en poussant au niveau de l'Euroland à la création d'un poste de chancellier économique  de la zone Euro avec de véritables pouvoirs de politique monétaire, budgétaire et sociale, orientée vers le plein emploi et pas seulement vers la stabilité des prix internes d'un échantillon de produits de consommation.

- Profiter des décisions du Conseil Constitutionnel pour se réconcilier avec les Français méritants qu'il a inutilement saqués et désignés à la vindicte fiscale et publique, même si ses communiquants, quand ils ne lui parlent pas de sa cravate, lui conseillent de garder au chaud des boucs émissaires pour les temps difficiles. Il y a du gras un peu partout dans l'économie subventionnée. Même s'il ne veut pas trop toucher aux postes de travail existants, qu'il évite au moins toute nouvelle embauche publique aussi bien dans les régions qu'à l'échelon de l'Etat français et de l'Europe. Qu'il supprime les 35 heures dans la fonction publique et laisse les partenaires sociaux définir les durées de travail entreprise par entreprise.  Qu'il passe la retraite à 65 ans  avec harmonisation des régimes  sur celui du privé. Qu'il supprime le système aberrant des intermittents du spectacle. Qu'il mette fin à mille abus, avant même de gratter l'os de l'Administration centrale. Qu'il réduise les étages du mille-feuilles administratif  et les spécialise.  Tout cela peut être fait sans hausse d'impôts et sans réduction d 'effectifs. Qu'au moins au sortir de 2013, des réformes fondamentales et réclamées à cor et à cri depuis des lustres soient fortement engagées !

S'il se contente d'astuces de communiquants, de faux semblants, de mesures dilatoires, de dénonciations de boucs émissaires, et d'une aggravation de l'agression fiscale, en gros s'il se contente de ce qu'il a fait en 2012, le désastre est au bout du chemin. 

Le pire n'est pas toujours le plus sage.

D'autant plus que, comme lui, nous pensons qu'il y a un bout du tunnel et qu'il est possible sinon à l'automne en 2013 du moins au printemps 2014.

Mais qu'il change ! Ici et maintenant !

Sinon gare à l'accident ! 

 

Didier Dufau pour le cercle des Economistes E-toile.



La Chine et l'or

L'attitude des autorités chinoises vis-à-vis de l'or est une des clés de l'avenir du système monétaire international.

Le premier stade de la stratégie chinoise a été la capture de l'économie mondiale par une politique de monnaie alignée sur le dollar à un niveau très bas. L'entrée dans l'OMC lui a permis l'accès aux marchés occidentaux sans trop de contreparties ni  sans grandes obligations. La Chine n'est pas un état de droit et permet de ne pas respecter les règles usuelles de propriété industrielle. Elle protège efficacement son pré carré en privilégiant ses sociétés nationales et en forçant les entreprises étrangères à prendre des associés locaux qui n'hésitent pas à voler à l'occasion leurs partenaires.

Les excédents étaient replacés majoritairement en bons du trésor américain où il dopaient les prêts qui permettaient d'acheter en Chine. Cette spirale a provoqué l'émergence de déséquilibres mondiaux intenables. On lui doit la croissance globale de l'empilement de dettes de plus en plus fragiles et l'effondrement du système.

La Chine se retrouve avec une masse de dollars dont elle craint une perte de valeur verticale. Elle est soumise à la pression des Etats-Unis pour faire monter le cours de la monnaie chinoise à un niveau qui évite les excédents trop massifs.  Comme tous les créanciers elles craint la carence de son débiteur. Elle suit donc une politique de louvoiement, espérant pouvoir se décrocher un jour du dollar, mais le soutenant pour éviter les pertes radicales.  Elle cède,  tout en ne cédant en fait rien sur le cours de sa monnaie qui s'est à peine appréciée en 10 ans.

Comme le commerce international est stagnant, la stratégie de l'emploi des réserves devient crucial. La Chine achète du solide : des terres, des mines, des infrastructures.

Le cœur de la nouvelle étape est de mettre l'or au cœur de son système monétaire.

L'or permet de faire face à deux évolutions contraires.

Soit la Chine cède aux sirènes de l'internationalisation de sa monnaie, auquel cas elle aura besoin de plus des 1000 tonnes d'or  et quelques qu'elle possède pour stabiliser la confiance internationale.  

Soit on va vers une réforme du système monétaire international et l'or y jouera un rôle crucial.

Son intérêt stratégique est donc d'accumuler de l'or, en forçant sa production qui est déjà la première du monde, en achetant des mines étrangères,  comme Barraks Mines, en permettant à ses particuliers de détenir de l'or, en convertissant ses réserves progressivement en or. 

On peut penser que la Chine vise un stock d'or de près de 4 mille tonnes avant de faire quelques pas que ce soit sur le plan monétaire.

Le taux des intérêts versés par le Trésor américain est si faible que le potentiel de plus value sur l'or  rend équivalent le rendement à moyen terme.

L'Euro joue un rôle marginal dans l'affaire. La Chine sait qu'à terme il faudra pour maintenir ses relations avec une Europe malade accepter une hausse de sa monnaie par rapport à l'Euro.  Actuellement elle agit pour éviter que l'Euro s'effondre. Il s'agit de tactique.

On va donc quasi mécaniquement  vers un cours de l'or au dessus de 2.000 dollars l'once.

La question qui est posée aux Etats Unis et à l'Europe est de savoir qu'elle est LEUR stratégie. Pour l'Europe, c'est simple, elle n'en a aucune. Ce qui peut être considéré comme fâcheux. Pour les Etats Unis la question est de savoir si elle a encore le pouvoir de ruiner ses créanciers sans conséquences.  Il semble bien que non. La folie d'un système de déséquilibres cumulatifs entre la Chine et les Etats-Unis n'est pas viable. Il a explosé. Il marche sur une jambe et celle-ci est malade.

Cette analyse souligne la carence du G.20 dans la conception d'un nouvel ordre monétaire international.

Le système non coopératif actuel a échoué.  Les stratégies  actuelles des grands blocs  sont lourdes de conflits explosifs.

L'heure est-il à la réforme du système monétaire international ?  

La Chine n'est pas prête. Elle considère ne pas disposer d'assez d'or et  ne veut pas être prise immédiatement dans la nécessité de rééquilibrer ses balances extérieures.

Les Etats-Unis ne le sont pas plus. Ils espèrent encore imposer le dollar au monde et ne veulent pas entendre parler d'un rééquilibrage de leurs balances extérieurs

L'Europe est inexistante, comme d'habitude.

Elle est pourtant la clé de voute de la solution.  Si l'Euro s'effondre, alors l'or prendra tout son sens dans le sauf qui peut général.  Les banques américaines seront ruinées. La Chine sera durement touchée.  Si l'Euro perdure ce ne peut être que par la création de ce que Didier Dufau dans son nouveau livre, Le Manifeste, appelle une "Chancellerie de l'Union Monétaire Européenne".

Il deviendra évident qu'il faut que les trois blocs s'entendent et coopèrent pour éviter l'effondrement définitif du commerce mondial .

Le temps sera venu pour une conférence de type Bretton-Woods qui acte la fin des monnaies administratives flottantes et marque la volonté de restaurer la confiance, la croissance, le plein emploi et la liquidation des dettes globales accumulées.

Il se peut que la pédagogie de l'aggravation de la crise en 2013 permette cette évolution en 2014-2015.

En attendant que la Chine accumule un peu d'or monétaire ne peut qu'aller dans le bon sens.

L'Europe en revanche et particulièrement la France peut regretter d'avoir galvauder ses réserves.

 

 Lewis Holden pour le Cercle des Economistes E-toile.

Un débat et une prévision de 2009 vus avec quatre ans de recul

Il nous a paru amusant de reprendre ici un dialogue  de février 2009 que nous avions eu sur le site de Guy Sorman (http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2009/02/crise-qui-est-coupable.html)  à propos d'un intéressant article qui s'interrogeait sur les coupables d'une crise qui devenait visible et qui regrettait que les théories étatistes  l'emportent sur une vision plus libérale des choses.  Il concluait :  

"Au nom du bonheur commun, souhaitons que les politiques de relance  en cours aux Etats-Unis comme en Europe réussissent ;  on sait d’expérience,  qu’un succès à court terme est possible mais qu’ il serait certainement suivi d’un retour à l’inflation. Il reste donc indispensable de préparer une alternative , ce que Hayek appelait, une utopie de rechange."

On a vu dans les faits que la relance a effectivement réussi à court terme, mais qu'elle s'est rapidement effondrée  peu après.  En revanche il n'y a pas eu d'inflation.  On sait pourquoi : la crise était due (et reste active) du fait d'une accumulation de dettes et de crédits insupportable. Ajouter de l'activité par de la dette nouvelle ne pouvait que mettre les Etats en difficulté.  La destruction de monnaie privée étant supérieure à la création de monnaie banque centrale, il n'y a pas eu de vrai inflation. En revanche les effets de paniques ont été aggravé par la liberté totale de mouvements de capitaux aves des comportements de précaution qui ont fait aller l'économie dans tous les sens sauf celui de la croissance. Et nous voilà avec des impôts monstrueux pour essayer de payer la facture.

Dans les faits Guy Sorman a eu raison sur un point clair : les relances keynésiennes ne sont pas efficaces et faux sur un autre : ce n'est pas l'inflation qui est arrivée mais l'hystérie fiscale. Dans un système où les banques centrales ont un objectif de stabilité des prix seuls l'impôt permet de solder une crise de dettes partiellement transférée sur l'Etat.

Il nous paraissait que l'a priori doctrinal ne suffisait pas et qu'il fallait aller à la racine de la crise de la dette pour comprendre pourquoi les mesures engagées ne fonctionneraient pas.

Il nous semble que nos observations ont été totalement validées par les faits.   

Nous renvoyons le lecteur  au texte de Sorman et présentons le dialogue qui a suivi :

Notre réponse  :  

"L'ennui de cet article est qu'il ne comporte pas de vrai diagnostic et donc aucune vraie solution.

"La crise dite des "subprimes" n'a été que l'allumette qui a fait sauter la vraie bombe : le désastre des changes flottants qui ont permis la constitution d'un endettement si colossal (pour les Etats Unis plus de 3 fois le PIB) que plus personne n'aurait pu payer les intérêts. Ce à quoi on assiste c'est l'effondrement de cet endettement phénoménal et sans cause sérieuse depuis qu'il ne sert qu'à alimenter la fuite devant les monnaies et le gonflement du prix des biens dits réels.

"Depuis 1971 date où le dollar est détaché de l'or son prix en or est passé de 35$ l'once à plus de 900 et s'oriente vers les 1000. Une dévaluation de près de 97%. Est-ce que Friedman, le seul théoricien des changes flottants avait prévu cela ? Non évidemment. Il avait déclaré que les changes et les taux d'intérêt s stabiliseraient. Le dollar a perdu la moitié de sa valeur puis a doublé puis a reperdu la moitié de sa valeur désagrégeant les échanges et ralentissant la croissance. Du coup on est passé des trente glorieuses à une période bien moins tonique. Quant aux taux d'intérêt unifié, il suffit de regarder le désastre actuel pour voir à quel point un prix Nobel peut se fourvoyer.

"Le système des changes flottants a permis au pays dont la monnaie était dominante de creuser des déficits colossaux et perpétuels qui ont généré avec une fréquence de 3 à 5 ans des crises financières répétées. Pour sortir d'une crise on gonflait le ballon de liquidités en dollars qui venait crever lors de la crise d'après avec une aggravation constante. Jusqu'à l'explosion nucléaire finale.

"Dire : il faut laisser faillite se faire est amusant. L'ensemble du système financier mondial est en faillite. Le capital global des banques est d'environ 1/20 des pertes encourues ou potentielles ! Si on laisse tomber les banques c'est l'ensemble des dépôts mondiaux qui s'évaporerait. On sait que la perte de 30% des dépôts entraîne une récession d'environ 50% du PIB. Bonjour les suites heureuses de l'irresponsabilité conduite par l'idéologie.

"Actuellement crédit est mort parce que les banques sont des mort-vivants. Tout le système mondial des échanges est quasi à l'arrêt. Les flux commerciaux ne savent plus comment s'orienter.

"La seule solution n'est pas de gloser sur libéralisme ou non mais de mettre fin sans délais aux changes flottants afin de stopper les guerres de dévaluation qui se mènent tous les jours, de supprimer l'alea sur les changes (qui explique la complexité des CDS et autres produits dérivés) et de rétablir un horizon économique stable pour le commerce international.

Tout le reste n'est que ruine de l'âme et de l'esprit."

 

@didier dufau:
Et concretement, comment fait-on pour mettre fin aux changes flottants?
On revient a un systeme ancre sur l'or?

@avidadollar

La première question est de savoir si les changes flottants sont bien en cause dans la crise actuelle, nième épisode depuis 71. Apprécions qu'on le pense suffisamment pour poser une seconde question : comment en sortir ?

Un système monétaire international correct suppose l'égalité des nations et des règles élémentaires. La première : tenir sa monnaie et faire en sorte que les déséquilibres qui se produisent ne soient que temporaires. La seconde : solder ses comptes internationaux. La troisième : au cas où on ne le peux pas, accepter une aide temporaire moyennant une action correctrice forte imposée par la communauté.

Faut-il une monnaie comme l'or pour ajuster les soldes ? Non. N'importe quel système est possible. L'important est de revenir à une balance suffisamment équilibrée pour ne pas poser de problème.

Ce peut être des DTS, une monnaie de compte internationale comme le Mondio, un système de régulation fort (les excédents impliquent aussitôt des mécanismes de taxes compensateurs si le pays ne relance pas en interne son économie).

Cela peut même être l'or. On n'a jamais extrait autant d'or. On est sur une tendance de 3% par an de croissance des productions ce qui le rythme à long terme d'une croissance soutenable.

La ringardisation de l'étalon or après en avoir fait la seule solution libérale orthodoxe est une curiosité intellectuelle.


L'important dans l'affaire c'est de cesser de pleurer sur les conséquences sans jamais voir la cause.

Les américains ne croient pas au plan de relance parce qu'ils on peur pour le dollar et craignent sont effondrement. Merci les changes flottants.

L'Islande n'a plus de monnaie après avoir pu prendre des engagements multiples du PIB. merci les changes flottants.

Le RU dévalue à mort : merci la libre concurrence saine avec une gain immédiat de près de 5à% de compétitivité !

Les fluctuations des monnaies font courir un risque tel que le commerce international est arrêté. Merci qui ?


Les pays baltes voient leur monnaie s'effondrer. Cela effondre les bourses un peu plus. Merci qui ?

Il est stupéfiant de voir décrit cent fois dans les journaux des malheurs liés aux changes flottants sans que JAMAIS ils ne soient mis en cause.

La relance keynésienne ne fonctionne pas en change flottant. Pas de chance. Keynes était CONTRE les changes flottants.

Les relances monétaires par les banques centrales ne fonctionnent pas en mode changes flottants. Keynes l'avait bien vu en 1921.

En fait rien ne marche en change flottant.

le seul théoricien des changes flottants Milton F. avait prévu :

- une harmonisation des taux d'intérêt
- la convergence des taux de change.

Tout faux.

Rien ne marche en changes flottants même pas les théories des pères du système.

Il serait peut être bon de le comprendre avant que l'échec de tous les plans lancés depuis 6 mois ne deviennent encore plus patents !

 

Avec le recul on ne voit pas trop ce qui devrait être changé dans notre position.

L'or est passé à 1750 dollars au lieu des mille que nous envisagions à court terme, preuve de la panique générale et de la fuite des monnaies  créées par les plan de Quantitative easing  ont été dans les marchés de biens durables pas dans l'activité.

Nous disions que la relance keynésienne ne marcherait pas, ce qui a été le cas. L'expérience Chirac de 1974 avait déjà prouvé qu'une relance keynésienne en change flottant finissait par…un plan Barre de relèvement des impôts sans réellement changer quoi que ce soit.

Comme rien ne marche en changes flottants et qu'on n'a même pas envisagé une seule seconde de simplement discuter de la question, la crise perdure près de quatre ans après cette petite discussion.  

L'utopie de rechange dont parlait Hayek est bien la suppression  du système des changes flottants, un système qui ne marche pas, qui n'a jamais marché et qui ne marchera jamais !  

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes E-toile.

Deux mots à M. François Fillon

L'avantage d'une vraie campagne pour la direction d'un parti est qu'elle force les candidats à traiter des grandes questions du moment.  Nous devrions préciser : d'un parti d'opposition, car on voit bien que dans le camp socialiste, l'avenir de M. Désir a été réglé entre grands Mamamouchis loin de tout débat d'idées. Il est vrai que les "désirs d'avenir" socialistes avaient été satisfaits  lors de l'élection présidentielle. Enfin, certains.

M. Fillon donne donc dans le Figaro du 17 septembre un intéressant aperçu sur ce qu'il faut faire de l'Europe sous le titre "Dépasser le compromis de Maastricht". L'exercice est d'autant plus difficile qu'il fut un séguiniste anti-maastrichtien et qu'il dut subir comme Premier Ministre les difficultés liées à la mauvaise organisation de la zone Euro.

Au milieu d'intéressants développements , elle contient pas mal d'approximations qui méritent d'être relevées.

* "C'est pour s'en libérer [[de la pression lancinante de l'inflation et des crises monétaires NDLR]]  que les dirigeants de l'époque proposèrent aux peuples européens d'unir leurs destins en se donnant une monnaie commune".

- L'UEM a défini par un accord en 1969 ! Bien avant l'éclatement du système de Bretton-Woods !

- Le traité de Maastricht n'a pas proposé une monnaie commune mais une monnaie unique. C'est très différent et largement une des sources des difficultés.

- Chaque peuple n'a pas plusieurs destins ; cette faute d'orthographe est espérons involontaire : le communautarisme est un problème pas une solution.

"Faute d'une vision partagée de l'avenir…ils ne purent bâtir les institutions pourtant indispensables".

- Les européistes, Mitterrand en tête, décidèrent de mettre comme d'habitude la charrue devant les bœufs en sachant pertinemment  que les désordres consécutifs forceraient à une marche en avant institutionnelle supplémentaire. Il y a eu calcul pas désaccord. Les "institutions pourtant indispensables" n'ont jamais été évoquées à cette époque.

- L'Euro était nécessairement "une vision partagée de l'avenir". Sinon quoi ? Malheureusement tous les débats sur cet avenir ont été impossibles. Les européens découvriront les défauts sur le tas, pas dans les prévisions de leurs hommes politiques même si certaines voix s'étaient fait clairement entendre …dont celle de Seguin (voir son discours sur ce blog), mais plutôt orientées sur la question de l'indépendance nationale et de la souveraineté pas sur l'organisation heureuse d'une zone de monnaie unique. Toutes les autres ont été marginalisées ou ignorées dans le débat médiatique.

* "Protégés par leur monnaie unique, nombreux ont été les Etats  et la France en fit malheureusement partie, qui pouvaient sans risque laisser filer leurs déficits et creuser leurs dettes".

- Il est clair que la France sans Euro aurait du dévaluer sa monnaie dès que les effets des 35 heures sur sa compétitivité se seraient révélés patents.    

- Le choix a été fait par Chirac et…Sarkozy qui Ministre des Finances n'a pas cessé de moquer les contraintes budgétaires de Maastricht et de plaider pour …les subprimes à la française, avant d'être rattrapé par la crise.

- Parlons donc de "l'illusion de l'aspect protecteur de l'Euro", mais rappelons que tous les pays occidentaux ont depuis 1971 vu leur endettement global qui avait décru de 1945 à 71 jusqu'à passer en dessous de 200% du PIB repasser cette borne puis les 250, 300, 350%  etc. L'Euro n'est qu'une cause très indirecte de l'endettement européen. L'endettement se fera d'ailleurs en monnaie étrangère avec les conséquences que l'ont sait. Et la tentation dépensière des politiques n'a jamais faibli non plus que la pertinence des Lois de Parkinson et l'impudence des administrations.

* Il faut "plus de nation" et "plus d'Europe".

Parfait oxymore. Il faut dire que José Manuel Barroso qui est Commissaire européen et qui signe en dessous de l'article de Fillon dans la même livraison du Figaro  se révèle également un excellent spécialiste du genre avec son titre : "Vers une fédération d'Etats-nations". Vive la supra nationalité nationaliste  !

 *  Il faut "s'assurer que les politiques budgétaires de chaque Etat et la politique monétaire européenne marchent enfin d'un même pas".

- Il n'y a plus de politique monétaire nationale mais il n'y a pas non plus de politique monétaire européenne. On ne connait qu'une seule politique : celle de la BCE dont l'objectif unique est de maintenir l'inflation en dessous de 2% et qui est indépendante.  Avant de songer à synchroniser il faudrait d'abord faire exister. Où donc se définit et se pilote une politique monétaire européenne et avec quels objectifs ?  A demander à M. Juncker, Président, pendant la période,  de l'Euro-groupe. S'il veut bien car il a le sommeil discret, discret, discret.

- Au cas où on trouverait le moyen de mettre en œuvre une politique monétaire (les changes en font partie selon la théorie sauf qu'en pratique ils flottent sous la pression  tout aussi théorique des "marchés" tant les interventions des Etats non européens sont flagrantes), pourquoi y associer la seule politique budgétaire ?  Les 35 heures ont eu autant d'impact sur l'effondrement des parts de marché mondiales de la France que son seul budget même si celui-ci a été impacté par la mesure.  C'est toute la politique, le "policy mix" comme on dit à Bruxelles qui est concerné et tous les fédéralistes le savent bien.

- Fillon a expérimenté l'impuissance du premier Ministre qui ne dispose plus d'aucun levier sur la finance, le change et la monnaie. Qu'on veuille pardonner cette expression un peu outrée mais dans l'affaire c'est l'histoire d'un cul de jatte qui voudrait donner des jambes à un zombi.  

* Cette Europe politique se confond avec le patriotisme éclairé que j'appelle de mes voeux"  

- Hollande en appelle au patriotisme pour faire passer son coup de massue fiscale

- Fillon en appelle au patriotisme pour faire passer un abandon définitif de toute souveraineté. Le Président et son gouvernement n'auront plus aucun levier sur la monnaie, le budget, les changes, et ..le reste. Car une grosse partie des textes qui nous régissent sont écrit à Bruxelles. On sait que l'empilement des pages dépasse désormais le million    

En général quand on ajoute des adjectifs à un nom c'est pour lui faire changer de sens ; exemple : démocratie populaire.

Cela dit, retenons que François Fillon reconnait qu'on ne peut avancer sans détruire une partie de ce qui existe en Europe, en gros le système de la Commission peuplés d'européistes nommés qui n'en font qu'à leur tête, puisqu'ils ont le monopole de l'initiative des lois. Il faut pour construire une politique européenne mise en commun inventer de nouvelles institutions européennes et modifier celles qui existent. Le déficit démocratique de l'Union Européenne est aussi intolérable que l'inexistence d'une gouvernance de la zone de monnaie unique.  Sur ce constat là, s'il était précisé, nous serions pleinement d'accord.

J.M. Barroso, à l'article du dessous de celui de F Fillon,  parle, lui,  d'une coopération "véritable" entre le Parlement européen (avec majuscule) et les parlements nationaux (sans majuscule). C'est trop peu. Nous avions été beaucoup plus loin lors du débat sur la pseudo constitution européenne, suggérant soit que le parlement européen soit flanqué d'un Sénat constitué de représentants des parlements nationaux, (l'idée de Maurice Allais), soit que les députés européens soient une émanation de chaque parlement national.  Il faut également introduire la subsidiarité non pas sur les nouvelles mises en commun mais aussi sur le passé et supprimer le monopole d'initiative de la Commission.

L'Euro, Schengen, l'extension  excessive et trop rapide de la surface de l'Union Européenne ont été des actes d'Hubris et non pas de rationalité. Ne créons pas trop vite de nouvelles institutions sans réelles discussions sur la réorganisation des anciennes.

Les difficultés que F. Fillon a rencontré à la tête du pays n'ont pas pour cause principale l'Europe mais le système absurde et destructeur des changes flottants. Il n'en dit pas un mot.

Il est vrai que la stature présidentielle exige que l'on se taise sur les changes flottants et qu'on adhère au projet européen. Ce qui est navrant.

Nous n'avons pas besoin de postures mais d'idées justes. Surtout à la tête d'un parti d'opposition qui aura à reprendre un pays ravagé par la crise et les "mesures symboliques" du démagogue qui dirige actuellement la France. 

Cher François Fillon, le travail reste encore à faire. Oublier les opérations-images pour privilégier le débat de fond est un préalable à toute candidature présidentielle en 1917. Et cela évitera que M. Balladur trouve la campagne "terne".

Nous ne prenons naturellement pas parti pour M. Copé en le disant. Ce spécialiste averti de la langue de bois n'a encore rien dit sur rien, sinon sur la Burka et sur l'ampleur de son ambition politique. En matière d'opérations-image, ce n'est pas un débutant. Et comme apparatchick c'est un maître : le verrouillage du fichier des membres de l'UMP en est le plus parfait témoignage.

Nous espérons qu'il fera également un peu mieux. Une prise de position détaillée sur l'Euro et son avenir  ne serait pas de trop. On serait ravi de la commenter.

ISF : la névrose fiscale qui détruit le Pacte Républicain Français

La France souffre de névrose fiscale aggravée et depuis bien longtemps. Dirigée par des fonctionnaires pour des fonctionnaires, la France voit l'idéologie socialiste la plus haineuse récupérée par des énarques de gauche ivres du pouvoir de la République, sous l'œil complice des énarques de droite, qui ont substitué la compassion au socialisme ouvertement assumé et qui veillent à ne jamais prendre le risque de se faire traiter de "fascistes inféodés au Medef et au Figaro magazine".

Le septennat fiscal de Giscard, les errements de Mitterrand, le désastre du ni-ni chiraquien  et finalement la fausse rupture Sarkozy ont conduit à une situation unique et inique. La totalité de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand ne suffit pas à couvrir les dépenses de l'Etat ! La dette d'état monte vers les 100% du PIB global et dépasse 125% du PIB purement marchand (hors prestations des services administratifs). Nous atteignons les 3 millions de chômeurs, bientôt le 5 millions d'inscrits à l'ANPE, les 10 millions de pauvres. Nos entreprises font faillite à répétition. Le commerce extérieur est entré dans l'ère des déficits insoutenables et cumulatifs. Une nouvelle récession est à nos portes si elle n'est pas déjà là.

La déroute de "l'énarchie compassionnelle", avatar grotesque du socialisme marxisant qui domine les classes intellectuelles françaises depuis la guerre, est totale. La France n'a plus d'indépendance et est désormais privée de tous les leviers économiques nécessaires à une politique adaptée à la situation actuelle (Elle est à saturation fiscale, en voie d'effondrement social, sans monnaie, sans gestion des changes et bientôt avec un budget sous contrôle extérieur). 

La seule chose qui intéresse le gouvernement Hollande est de trouver un bouc émissaire pour évacuer les tensions que cette situation désolante crée dans le pays. Il s'est fait élire sur la base d'un racisme social assumé. La France s'est bercée sur l'idée que les "riches paieront".  Hollande aurait-il affirmé : "les juifs paieront !", ou "les musulmans paieront" ou les "noirs paieront" qu'il serait aujourd'hui en prison.  Mais les riches ! Là on peut y aller.  L'idée qu'une minorité pourrait payer pour les masses a toujours été un grand must dans tous les épisodes socialistes du 20ième siècle, avec les résultats que l'on sait.

Quelle différence entre Pétain et sa révolution nationale, singularisant les Juifs pour expier la défaite et la propagande de ce M. Hollande clouant "les riches" au pilori fiscal ? Les mécanismes sont exactement les mêmes et ils sont à vomir.

Tout est absurde et mal inspiré dans le plan que les  parlementaires socialistes viennent de voter.

Nous étions contre la détaxation des heures supplémentaires. Nous pourrions applaudir à la disparition de ce gadget plein d'effets pervers.  Mais voilà : il a largement servi à faire baisser le coût du travail nécessaire à la survie des industries françaises.  Le supprimer sans redonner les moyens équivalents aux entreprises (au contraire on les accable à nouveau)  revient à simplement charger la barque un peu plus alors qu'elle sombre.

Nous étions pour la TVA sociale. La voilà enterrée. Une fois encore une mesure en faveur de l'exportation et de la compétitivité est abandonnée.  Une erreur absolue.

Et voici qu'on triple les impôts sur la fortune. L'ISF sera de retour aux taux confiscatoires d'avant mais sans le bouclier qui permettait à certains d'éviter de dépasser les 100% d'imposition. Le Monde laisse passer une opinion d'un "chercheur au CNRS" qui doit probablement son poste à ses amitiés socialistes ou communiste qui explique doctement que le nouveau régime est plus favorable  que celui de 2007 en oubliant justement le plafonnement fiscal qui est une grande partie du problème. On dirait du Picketty : regardez ce que je vous montre et oubliez ce que je ne vous montre pas.

Cet acte de haine sociale et politique est une faute économique grave (l'argent du capital part dans les dépenses courantes tuant toute perspective d'investissement) , une faute nationale dramatique (un impôt sur le capital à taux prohibitif se boucle nécessairement toujours par une vente des meilleurs biens nationaux à l'étranger) et surtout un détournement de pouvoir démocratique qui devrait être pénalisé.

Posez-vous  la question :  est-il normal qu'un citoyen se voit privé de la totalité de son revenu par l'état ? Constitutionnellement l'impôt est contributif, pas confiscatoire. Il n'est du qu'à proportion du revenu et pour les tâches régaliennes. Prendre la totalité du revenu d'un citoyen revient à détourner le pouvoir de coercition de l'Etat pour voler les citoyens.

On n'est plus dans la politique nationale mais dans le brigandage électoral mafieux.

Les mesures prises ces derniers jours vont permettre à l'état-PS de l'énarque socialiste Hollande de prendre la totalité du revenu d'environ 10.000 personnes à court terme, 30.000 bientôt. On spolie en toute connaissance cause une minorité nationale qui non seulement n'est coupable de rien mais n'a réussi à disposer du revenu que l'on saisit que par sa réussite économique.

Quelle différence avec la politique anti-koulak de Staline ? Minorité dont la propagande socialiste tendance bolchevique avait fait le bouc émissaire des échecs de la Révolution d'octobre, chaque jour vilipendée, chaque jour agressée, chaque jour mise au pilori, les anciens propriétaires de champs (0.5 à 20 hectares)  seront bientôt privés de tout revenu au point de mourir de famine par milliers puis par millions dans l'indifférence générale.

Certes les victimes de la confiscation socialiste à la française ne mourront pas de faim. On leur demande de se dépouiller du patrimoine que leur efficacité économique leur avait valu.  Vendez si vous voulez vivre ! On massacre leur vie mais on ne la prend pas. Il faudrait s'extasier de ce progrès humanitaire ?

On viole impunément toutes les règles constitutionnelles : droit à la propriété ; droit à un espace personnel à l'abri de l'état ; droit à la juste jouissance de son revenu. 

Il n'y a aucune solidarité seulement un vol. Un vol haineux qui doit donner de la joie mauvaise aux masses et garantir l'élection de la petite coterie des énarques socialistes et son maintien  au pouvoir.

La degré zéro de la démocratie.

Nous sommes au niveau du Zimbabwe de l'immonde Mugabe, l'hôte de l'assassin génocidaire Mengistu, celui qui tuait les enfants errants à la mitraillette et les laissait pourrir sur le trottoir pour l'édification des masses, ou du Venezuela de Chavez.    

Les médias français, dont selon les études, 80 à 90% des journalistes se déclarent "de gauche", s'extasient. Et ils ne cessent de surenchérir sur toutes les radios, dans toutes les télés. Pensez : les riches ! On peut y aller. On ne va pas les plaindre ces "dégueulasses". En plus ils devraient être heureux de contribuer. Qu'ils se plaignent est réellement honteux. 

Dans "Je suis partout" le journal de la collaboration sous Pétain, on affirmait déjà que les juifs contribuaient "enfin" à la solidarité nationale, parce qu'on leur saisissait leur appartement et autres biens en attendant pire. Et qu'ils avaient bien peu de vergogne à se plaindre d'être "enfin" utile à la Nation dont ils avaient sucé le sang. Beaucoup de Français jouissaient des tracas et spoliations qu'on leur faisait subir, en rêvant qu'ils pourraient bien en profiter un peu.

Combien de Français jouissent aujourd'hui du plaisir du tort fait aux "riches" ?

Qui osera faire un sondage sur le thème : "on va prendre à 30.000 Français la totalité de leur revenu : êtes vous d'accord oui-non". Personne. La presse socialiste n'osera pas assumer un crime qu'elle nie. La presse de droite a trop peur de constater que les Français aiment çà.  

L'UMP toute à sa guerre des chefs, n'a eu aucune réaction. Comment en aurait-elle alors qu'elle n'a pas eu le courage de supprimer l'ISF ? C'est l'énarque Juppé, qui se voit déjà en suprême recours du combat des deux prétendants principaux, qui avait supprimé le petit bouclier fiscal de Rocard tout en criant "vive l'ISF, impôt que l'on aurait du créer". C'est lui qui le plus officiellement avait permis au nombre des contribuables privés par le fisc de la totalité de leur revenu d'enfler démesurément, jusqu'à ce qu'on constate que les RMIstes de l'île de Ré étaient privés de tout revenu et devaient vendre leur ferme familiale emportée par la bulle immobilière.

Dans ce parti tenu par les hauts fonctionnaires au sommet, et à la base peuplé de chefaillons cherchant d'abord l'enracinement local en se gardant bien de toute position sur une question nationale quelconque (la crotte de chien semble leur horizon majeur), il ne se sera dégagé aucune voix pour dire que cette exaction doublé du viol du pacte républicain devait être impitoyablement condamnée.

Défendre une minorité honnie ? Vous n'y pensez pas ! La "classe moyenne", paravent commode, utilisé à droite comme à gauche, d'accord, mais les riches ? "Mon image serait irrémédiablement salie. L'homme du grand capital; moi ? Vous rêvez !"

Trouvez un simple démocrate qui tient qu'on ne peut pas prendre la totalité du revenu de quelqu'un, qui n'a commis aucune faute et en temps de paix,  est impossible à l'UMP, comme d'ailleurs dans aucun  parti. De la même façon qu'on ne trouvera aucun musulman prenant la défense de la minorité chrétienne honnie au Moyen-Orient, qu'on ne trouvait aucun allemand pour soutenir ouvertement les juifs dans les années hitlériennes, qu'on ne trouvait aucun "homo sovieticus" pour prendre la défense des Koulaks, aucune voie ne s'élèvera pour dénoncer une exaction innommable commise contre une frange de Français considérés comme coupables et à merci.    

Pauvre France. Elle perdu toute indépendance. Son industrie n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut.  Elle est absente de tous les marchés porteurs d'avenir et ne se bat à aucun avant poste de la technologie. Elle qui fut à l'avant garde de la révolution industrielle, qui fut dans la bataille de la voiture, de l'avion, du cinéma, de toutes les grandes innovations du XIXème et de la première moitié du XXème n'est plus rien. Le français n'est plus enseigné à l'étranger. On vient même de supprimer la gratuité de l'enseignement secondaire des Français de l'étranger.  Ils n'ont qu'à apprendre l'anglais ces salauds. L'aura de la France est devenue presque nulle et se survit à elle-même par inertie, pas par ses grandes réalisations actuelles.

La voilà dirigée par une petite oligarchie de hauts fonctionnaires qui se partagent les restes en ruinant à qui mieux-mieux les témoins d'un autre destin français.

M. Hollande avec son sourire mécanique et son profil de serpent à sornettes, un tiers vipère, un tiers couleuvre, un tiers anguille,  symbolise assez bien la décrépitude française.

Programme économique imbécile et assumé comme tel ("certes nous marchons dans la mauvaise direction mais nous ne faisons que des petits pas, donc ce n'est pas grave et il faut bien qu'élections se passent") ; mesures confiscatoires indignes ; souci perpétuel de la communication et de l'image ; nombrilisme exacerbé, clanisme et démagogie à tous les étages.

Pendant ce temps là l'Europe frôle l'explosion, les comptes nationaux rougissent, la récession s'avance en majesté.

Jamais la contradiction entre les nécessités nationales et la mentalité des équipes chargées de les défendre n'a été aussi grande. 

Ce n'est même pas leur infirmité économique (majeure) qu'il faut condamner en premier. Mais leur forfaiture vis-à-vis du pacte républicain.  Ce faisant les fonctionnaires socialistes ajoutent au drame économique l'abjection anti-démocratique et font de la France un objet de répulsion.

Quel parti osera ce programme minimum ?  

- Nul ne peut se présenter à une élection ou diriger une institution publique qui fixe sa propre rémunération.

- Nul ne peut recevoir plus d'une rémunération publique.

- Tout président, ministre ou parlementaire qui contribuera à des décisions qui conduisent à la confiscation par la force publique de la totalité du revenu d'un citoyen sera poursuivi pour viol du pacte national et détournement de pouvoir. Il sera condamné :

                * A l'indignité nationale et la perte de toutes décorations.

                * A l'inéligibilité à vie à toute élection locale, régionale ou nationale

                * A subir sur son propre revenu et ses propres biens les mêmes confiscations qu'il a lui-même imposées, au taux maximal constaté et pour la durée de l'effet des mesures prises, dès lors que les mesures ont conduit à dépouiller ne serait-ce qu'un citoyen de la totalité de ses revenus. 

Jamais il n'a été plus nécessaire que toutes les forces nationales, toutes et spécialement les forces motrices,  soient associées à une œuvre de redressement et qu'un programme économique national, européen et mondial efficace soit clairement élaboré et mis en pratique.

Jamais on n'en a été plus loin.

La France et les Français auront mérité la débâcle qui les emporte pavillon bas.   

Euphorie, inconscience et procrastination

On sait que le monde doit réformer son système monétaire international, source principale de la crise, que la zone Euro telle qu'elle est conçue conduit à une impasse dangereuse, et que la France submergée par ses dépenses publiques doit les maîtriser.

En cette veille de l'été  qui est aussi la veille d'une stagnation voire d'une récession mondiale, il est intéressant de voir si les gouvernants vont dans la bonne direction.

Sur le système monétaire mondial, la réunion récente du G.20 a montré qu'il n'y avait non seulement aucun progrès dans le diagnostic mais pire encore que les solutions étaient tout simplement tabous. Vive les changes flottants ; vive les capitaux flottants ; vive les effets pervers de l'ensemble. Pas d'importance, circulez il n'y a rien à voir. Il suffit de corseter les banques et tout ira bien. Les banques sont en fait en plein dégonflement. Les licenciements dans cette industrie se comptent en centaines de milliers. C'est le sauve qui peut général. Cela durera jusqu'à ce que l'endettement global redescende autour de 200% du PIB. On en est loin.

Pendant que le secteur se décompose, on ne fait aucune réforme globale, faute d'esprit de coopération entre les états.  Le blocage intellectuel et politique est total.

Ce qui n'empêche pas les gros malins qui règnent en maître dans les institutions mondiales de chercher encore et toujours des ressources pour nourrir leurs satrapes. Après les "financements non conventionnels", comme la taxe Chirac sur les voyages en avion, il y a eu la taxe sur les transactions financières. Mais elle a été annexée par les gouvernements pour faire baisser la dette. Alors on suggère une taxe sur les très riches directement affectée aux organisations humanitaires rattachées à l'ONU.   

En Europe la dernière des réunions "de la dernière chance" a été l'occasion de voir une Allemagne prêchant la rigueur aux pays qui n'avaient plus de crédit, la France expliquer qu'il fallait un pacte de croissance et l'Espagne et l'Italie affirmant "On s'en fout de tout cela, nous ce qu'on veut c'est faire baisser tout de suite nos taux d'emprunt sans qu'on nous mette sous une tutelle déflationniste".  On a expédié l'affaire avec des expédients. La France s'est couchée devant les exigences allemandes : il n'y aura aucune renégociation du Pacte de stabilité et le gouvernement français sera tenu à la règle d'or. Tout le monde a, bien entendu, accepté de faire une révérence verbale à la croissance alors qu'aucun moyen réel de croissance n'a été dégagé. Il faut bien sauver la face. L'Espagne et l'Italie ont obtenu ce qu'elles voulaient parce que leur glissement dans la situation grecque marquerait la fin de l'Euro. On a donc géré l'urgence, comme d'habitude en permettant à ces deux pays d'étaler la rigueur et de recapitaliser leurs banques sans mouiller trop les Etats. Miracle, même plus de Troïka pour surveiller les déviances.

A-t-on pour autant régler les défauts  de structure de l'Euro-zone ? On sait que les pays ont dévié et que la convergence offerte par la dévaluation ne leur est pas possible. Comment retrouver l'homogénéité nécessaire sans dévaluation ? Ce fut le grand silence. Le rééquilibrage ne peut se faire que par la déflation contrôlée et différentielle. Chut, il ne faut pas le dire.  Reste à savoir comment on réussit une telle politique. Pour le moment personne ne se risque à en faire la théorie.

Rassurons-nous, les fonctionnaires européens ont réussi à sauver leur hausse massive de salaires un moment contesté.  Tout va bien.  

Pour la France les choses au moins sont claires : tout le programme de Hollande va à l'envers du nécessaire. Sur tous les fronts économiques il fait des pas dans la mauvaise direction mais il prétend que ce ne sont que des petits pas donc que ce n'est pas grave. Les nécessités nationales auraient voulu qu'on fasse de grands pas dans la bonne direction.

On sait que les effectifs publics sont trop élevés et qu'il faudrait les réduire du quart en quelques années. On annonce que les effectifs resteront stables mais qu'on ne détaxera plus les heures supplémentaires et qu'on ne restituera plus les gains d'effectifs éventuels de-ci de-là aux fonctionnaires des services concernés. Le point d'indice ne sera pas réévalué et le glissement des carrières contrôlé.

Cela aboutira à une baisse globale du pouvoir d'achat des fonctionnaires importante :  probablement de 10-12% sur les 5 ans à venir. Il semble que les syndicats ne s'en soient pas encore émus. Les dirigeants du PS pensent qu'il sera toujours temps de lâcher quelque chose aux approches d'élections importantes.

En vérité la bonne politique aurait été de réduire de 2% par an les effectifs globaux. En cinq ans on aurait obtenu une baisse de 8 à 9% qui, s'ajoutant aux mesures précédentes, aurait permis d'attaquer sérieusement la surcharge qu'impose au pays une administration pléthorique.

On ne dit rien de la fonction publique territoriale, des empilages administratifs, de la dépense de fonctionnement excessif des services, de leur trop grand nombre. Alors que la grande chasse aux prébendes et sinécures est en cours dans le marigot des dirigeants socialistes, en réduire la valeur et le nombre serait inconcevable.  Les grandes villes socialistes conserveront leur ribambelles de vice-président payés à prix d'or, les innombrables "machins" continueront à vivre sur un grand pied comme si de rien n'était.

Une nouvelle affaire de l'Epad sortie cette semaine dans la presse illustre l'absolue impossibilité pour des satrapes branchés sur l'argent public de se contraindre. On y apprend qu'une brochette conséquente des membres de cet organisme s'est fait payer au prix fort un somptueux séjour à Venise pour la biennale de l'architecture. Des dizaines de milliers d'Euros totalement stériles dépensés  pour le plaisir de quelques uns en pleine crise des finances publiques. Pourquoi se gêner. Et personne ne se gêne nulle part.  On bloque toute discussion en affirmant "vous voulez supprimer des infirmières et des policiers", pendant qu'une privilégiature inutile se gave sans complexe.  Rappelons que l'EPAD est une administration provisoire créée pour gérer la  construction de la Défense et qui devrait avoir disparu depuis au moins vingt ans.  Des cas de ce genre il y en a littéralement des milliers en France.

Rassurons tout le monde : le scandale des intermittents du spectacle n'est pas près de cesser. Pressez-vous donc dans les festivals pour voir se pavaner toute cette engeance pseudo culturelle qui se paie sur le dos des autres travailleurs et travailleuses.

Quant au moteur de l'économie : les entreprises, les épargnants, les salariés, qu'ils aillent se faire voir dans l'office du fisc le plus proche. Le "choc fiscal" sur les entreprises a déjà été beaucoup décrit dans la presse. N'y revenons pas. Les "riches" c'est-à-dire ceux que leur succès économique a doté d'une réserve de capitaux seront hyper taxés. Sur l'ensemble de l'année 2012 environ 30.000 d'entre eux auront vu leur imposition globale dépasser 100%. C'est une insulte faite au pacte républicain. Partout on vend le capital national à l'étranger. Ce n'est plus Rothschild qui possède sur l'île Saint Louis, mais le Qatar en franchise d'impôts. La presse du jour rappelle que le haut patrimoine français est racheté à 85% par l'étranger. Nos châteaux, nos meilleurs lieux de plaisance, nos plus belles propriétés passent au mains de Russes, de Chinois qui ne paient aucun des impôts qui nous accablent. 

Tous les joyaux de l'économie passent également à l'étranger. On dresse des piloris contre les entrepreneurs français. Un suicide dans votre entreprise : vous voilà inculpé.  Doux, Richard remplacent le notaire de Bruay et le président de Lip des belles années 70. L'abjection règne relayée par des médias totalement dans l'euphorie du triomphe socialiste et qui en rajoute dans le commentaire "de gauche".  

Pendant ce temps là les faillites se multiplient, des pans entiers de l'économie s'arrêtent, les jeunes ne trouvent plus de moyens de s'insérer.

On bloque les loyers tout en rendant la vie impossible aux bailleurs. En revanche on rachète à 16.000 Euros du m2 des logements qu'on attribuera à des "pauvres" dans les meilleurs sites de la Capitale. Les "riches" des beaux quartiers doivent les quitter pour qu'y habitent des "pauvres" subventionnés avec leur argent. La Cour des Comptes proteste. Elle n'a pas fini de protester.

Et, à l'instar de Poutine, on va aller chercher l'argent des émigrés "jusque dans les chiottes" suisses ou Belges. 

Evidemment les entreprises surtaxées, sur-contraintes, dont les dirigeants sont volés fiscalement comme les épargnants qui leur fournissaient des capitaux, bloquées par une perte de compétitivité  significative, s'étouffent.  L'espoir disparait.

Mais les équipes socialistes et vertes françaises  vivent un rêve éveillé et se saoulent du bonheur du pouvoir, des postes  et de l'argent avec une indécence de nouveaux riches rarement vue. 

Telle est l'ambiance en ce début d'été 2012, pourri en France par les trombes d'eau. Euphorie et inconscience sont les maître-mots de la France politique, procrastination et faux semblants sont ceux de l'Europe. Quant au monde et à son organisation économique et monétaire elle sont en déshérence.  

Pendant ce temps là l'économie française brûle, l'économie européenne brûle, l'économie mondiale brûle.



Explosion du lectorat de ce blog : 336.000 lectures cumulées

Effet probable de la conjonction d'une crise dont on ne sort pas, faute d'avoir pris les mesures qui s'imposaient comme nous le répétons inlassablement, et d'une élection présidentielle désastreuse tant elle a été biaisée par l'électoralisme le plus cynique, le lectorat de ce site a littéralement explosé dans l'année écoulée.

Depuis sa création en juin 2008, le nombre de lectures cumulées des articles de ce blog a évolué comme suit :

- Juin 2008-Juin 2009 :                   11.300 lectures

- Juin 2009 - Juin 2010 : 35.000 lectures

- Juin 2010- Juin 2011 :                  81.800 lectures

- Juin 2011 - Juin 2012 :             336.800 lectures.

Les articles les plus lus ont connu entre 2000 et 4000 lectures. Chaque article a été lu en moyenne par presque mille internautes différents.

Au total près de 35.000 lecteurs différents ont lu au moins un article. Une centaine de lecteurs ont lu tous les articles. Sur cette seule année le site a connu plus de 255.000 lectures, dont 221.000 ont eu lieu au premier semestre 2012.

Marquée par de lourdes inquiétudes économiques, l'élection présidentielle a probablement exacerbé un besoin de comprendre hors des canaux habituels les explications qui n'étaient pas données dans la presse et les médias audiovisuels. Notre lectorat est retombé à ses étiages habituels dès la fin du premier tour, lorsque tout était joué.

Beaucoup ont désormais intégré que la blogosphère était une source d'expertise plus ouverte et moins manipulée que la presse. Les journaux sont sensibles à leur positionnement et à leur viabilité économique. Le conformisme et l'urgence y règnent en maîtresses  exigeantes. Ces défauts deviennent criants lors des périodes électorales.

L'inconvénient des élections, pour les rédacteurs d'un blog économique qui entend d'abord décrypter les phénomènes économiques constatés  sans se préoccuper des positionnements partisans, c'est que des observations libres peuvent être justement considérées comme partisanes. Compte tenu de l'importance prise par l'Etat dans l'économie, cette dernière peut pâtir de mauvaises politiques. Elles sont portées par des partis. Les critiquer peut naturellement froisser ceux des lecteurs qui les soutiennent par principe. Il va de soi que les programmes électoraux sont le plus souvent parfaitement cyniques. Il faut tout de même dire que l'on a atteint lors de ces élections un sommet dans le genre. Comment ne pas les dénoncer ?

Le plus grave reste l'inconscience. Lorsque, sur la durée, les gouvernements et la cohorte de leurs conseillers ne comprennent pas le pourquoi ni le comment d'une crise économique gravissime et que le milieu médiatique, en France entre quelques mains seulement, ne fournit pas à l'opinion publique les explications qui lui permettraient au moins de savoir où l'on va, un sentiment d'accablement et de colère vous envahit.

Pendant quatre ans nous avons fait la chronique de cette inconscience.

Qui se rappelle qu'au début de l'été 2008  le monde politico médiatique dans son ensemble considérait qu'il n'y aurait pas de crise et que de nombreux économistes officiels niaient qu'il puisse seulement y en avoir une, écartant d'un revers de la main tous les indices, alors que nous égosillions à dire que la crise était pour septembre et qu'elle serait très grave ?  Après avoir annoncé que la crise était localisée sur une toute petite partie de la finance américaine, ils ont affirmé que la crise était purement américaine, puis purement anglo-saxonne, puis purement immobilière, puis…

Puis rien. Par un changement totale de perspectives les mêmes ont alors déclaré que la crise était inévitable, que la zone Euro était une structure malade etc.  

Nous avons été le miroir, autant que les contempteurs,  de cette ineptie récurrente dominante dans les médias.  

Qui se rappelle qu'à l'automne 2008 et au premier semestre 2009 le nouveau G.20 ne se préoccupait que du bonus des "traders", des règles comptables bancaires, des "subprimes" et autres fariboles ?

Qui se rappelle que certains voulaient des plans de relance gigantesques sans avoir fait le diagnostic que la crise était déjà une crise de la dette et que l'accroissement de la dette globale et son transfert sur les états les mettraient en grand danger?

Qui se rappelle…

Ce blog n'aura été qu'une longue chronique d'un désastre annoncé. Après quatre années de mesures d'urgence, de tentatives de calmer des paniques au lieu de régler les problèmes de fond, des pays entiers vivent un enfer économique. La France prisonnière d'une dépense publique démente et d'un sous emploi massif sort de l'histoire par la petite porte. L'Euro est à deux doigts de éclatement du fait de ses défauts de structure qu'il était interdit de signaler dans la presse tant la pression européiste était forte, juste qu'au virement de bord à 180°. Le monde stagne alors que des déséquilibres phénoménaux se sont accumulées et que la puissance américaine interdit qu'on en discute au fond.

Pour faire apparaître un minimum de vérité, il faut vaincre toutes les bouches à feu qui crient en France "vive la dépense publique, vive l'impôt", c'est-à-dire tout le bloc de l'énarchie compassionnelle , en Europe "vive l'euro", "vive le plus d'Europe", c'est-à-dire toute l'influence européiste dominante dans les médias,   dans le monde "vive la liberté totale des mouvements de capitaux", "vive les changes flottants", c'est-à-dire la toute puissance américaine mobilisée autour du dollar et du triomphe de la finance anglo-saxonne.

C'est beaucoup. On peut même dire que la tâche est impossible.

La seule solution était de prendre l'histoire à témoin, de la mettre avec soi au service de la vérité. Les résultats économiques ne mentent pas. Les erreurs de diagnostics et les mesures improvisées à courte vue ont été le quotidien de ces quatre dernières années. On voit les résultats aujourd'hui :

- La rigueur sans espoir en France, avec en prime  la destruction fiscale de la classe de ses entrepreneurs sous les applaudissements des imbéciles,

- Le désastre de la zone Euro, engagée dans une spirale déflationniste dans fin, avec des fédéralistes à la manœuvre pour rendre l'affaire définitivement intolérable.

- La stagnation et la récession menaçante partout dans le monde faute d'avoir réformé le système monétaire international et mobilisé les Etats sur des objectifs communs, avec la persistance d'une vulgate économique intéressée et débile imposée par les Etats-Unis et les anglo-saxons en général. .   

Aujourd'hui le Cercle des économistes e-toile, comme annoncé, prend un peu de recul. Nos thèses sont connues. Elles ont, croyons nous, reçu une confirmation expérimentale pendant ces quatre années. Nos billets sur ce blog  vont s'espacer en même temps que nous allons chercher d'autres formes d'influence.

Nous remercions les centaines d'entre vous qui nous ont soutenu par la fidélité de leur lecture pendant ces quatre années.   

Nous espérons que ceux qui voudront se pencher sur ces quatre années désespérantes et chercheront à comprendre ce qui s'est passé trouveront dans nos billets des éléments de réflexions et des constats intéressants. Nous avons à plusieurs reprises essayé de traduire le sentiment public tel qu'il était perceptible à certains moments de cette longue crise. Ces sentiments sont fugaces et si rapidement oubliés qu'on n'imagine pas qu'ils aient été possibles. Oui, à un moment, les Français regardaient la crise comme on regarde un défilé d'un balcon : les yeux étaient écarquillés mais le spectacle ne les concernait pas vraiment. Aujourd'hui alors qu'ils sont étrillés fiscalement, que le chômage atteint à nouveau 10% d'une population ,active comptée au plus juste,  que leur épargne est par terre, que même les fonctionnaires vont subir dans leur pouvoir d'achat une érosion certaine,  le sentiment de la crise devient psychose. Ceux qui étudieront la crise dans les années prochaines ne pourront pas percevoir ces évolutions de l'air du temps. Nous en avons conservé quelques volutes.

Nous avons pris à partie un certain nombre de personnalités, non pas pour elles-mêmes, mais pour la pédagogie que pouvaient recéler leurs erreurs manifestes. Quand on expose on s'expose et quand on se trompe parfois de façon caricaturale le commentaire critique peut être un peu raide. Qu'ils sachent tous ici que ce sont les idées exprimées qui ont été critiquées et non pas leur personne, pour laquelle nous avons presque toujours la plus grande considération.

Merci enfin à ceux qui nous ont encouragés de leur commentaires parfois depuis les tout premiers articles.

Didier Dufau économiste en chef du cercle des économistes e-toile.



Plus de message

Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

Association loi 1901

  
BlogCFC was created by Raymond Camden. This blog is running version 5.9.002. Contact Blog Owner