La terrible réalité française

Ordres de grandeur significatifs :

- Valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand hors finance :  950 milliards d'Euros

- Dépenses publiques : 1.300  MME - Prélèvements : 1.100 MME.  (soit plus que la valeur ajoutée des entreprises)

- Dettes publiques : 1.800  MME, soit deux années de valeurs ajoutée, avec un besoin de financement annuel de 180 MME . Dettes privées, hors système bancaire et banque centrale 2.700 MME. Total : 4.500 MME.

Ces trois horreurs sont à rapprocher des autres grandes estimations :  

Effectifs du secteur marchand :

                Propriétaires, dirigeants et cadres supérieurs : 300.000, dont gagnant plus de 200.000 Euros /an : 30.000.

                Salariés : 16.000.000

Résidents français dépendant  quasi entièrement de l'Etat pour leur revenu : 20.000.000 (dont 4.5 millions de chômeurs déclarés et 7 millions de fonctionnaires ou personnels à statut).

En 2012 les dirigeants privé ont payé entre 75 et 100% de leur revenu en impôt. Plus de 5.000 ont payé plus de 100%. Une cinquantaine de chefs d'industrie se sont exilés.

Les différentes mesures prises ont préempté à peu près 40% de leurs avoirs, qui ira à l'Etat encas de vente ou de succession. La motivation d'investir à disparu.

 

Conclusions :

Les entreprises du secteur marchand sont dans l'incapacité absolue de résorber le chômage. Il faudrait qu'elles augmentent leurs effectifs de près de 4 millions de personnes ce qu'elles n'ont pas fait en 50 ans ! Compte tenu de la compétition et des gains de productivité, il faudrait  un croissance globale de 30% à 50%  de leur chiffre d'affaire dans les cinq ans à venir. . Alors que beaucoup d'entre elles sont à moins 20%, moins 30%.

La France ne peut pas rembourser sa dette. En imaginant une maturité moyenne de 10 ans et un taux de 5%,sachant que le besoin de financement serait stabilisé à 180 MME, on aboutit si on veut amortir la dette actuelle sur 10 ans, on aboutit à un flux de paiement de près de plus  500 MME par an, soit 50% de la valeur ajoutée des entreprises du secteur privé, dont 100% sont nécessaires pour équilibrer la dépense publique, même réduite de 25%

Impossible.  

Les perspectives sont donc entièrement bouchées, sauf, changement de cap radical.

Si la France avait été  bien gérée depuis 1974 elle aurait 25 à 30.000.000 de salariés, 500.000 chômeurs et 2.500.000 fonctionnaires ou assimilés. Et pas plus de 200 MME de dettes globales

Sa préférence pour l'emploi public, l'impôt, le chômage, l'assistance, la gratuité généralisée et la dépense publique, l'a amputée des deux bras et d'une jambe.  

MM. Hollande et Eckert sont en train d'écraser les moignons d'économie dynamique qui nous restent, et tentent d'arracher la dernière patte valide.

La jeunesse diplômée et active est désespérée.

Le revenu par tête baisse.

Bravo à tous.  

 

La France : un pays socialiste ?

Les faits électoraux sont clairs.  Pour la première fois de son histoire, le Parti socialiste a tous les pouvoirs en France : la Présidence de la République, l'Assemblée Nationale, le Sénat (avec d'incommodes alliés), la quasi-totalité des Régions, la plupart des grandes villes y compris celles qui étaient considérées naguère comme imprenables comme Paris ou Lyon.

Pour la première fois un Président socialiste a pratiquement tous les pouvoirs avec la durée pour les exercer.  Après une phase où il a consciencieusement démoli tout ce que son prédécesseur avait tenté de construire ou d'empêcher, il a asséné un tel  choc fiscal ciblé sur les familles aisées, les entrepreneurs et  les cadres supérieurs qu'il a bloqué net l'activité économique et démoralisé la nation toute entière.

On mesure aujourd'hui l'intensité de ce choc qui voulait frapper 10% de la population pour épargner les autres 90%  et qu'on a aggravé par le climat insultant et haineux qui l'a accompagné. Le bâtiment s'est arrêté net. Les projets d'investissement ont stoppé.  Les plans sociaux se sont  accélérés. Les boutiques ont vu leur clientèle disparaître. Les gros investissements dans les voitures et l'ameublement ont été remis à plus tard. Le personnel de maison a été licencié. On a cessé d'embaucher. En six mois, des centaines de milliers de chômeurs en plus.

L'échec de cette politique a eu comme conséquence de rendre caduques toutes les prévisions du gouvernement et les engagements du Président. Il avait promis d'inverser la courbe du chômage fin 2013 : on sera bientôt à 11% avec  près de 10 millions de foyers  vivant en France uniquement de secours publics ou ses succédanés. Il s'était engagé à revenir sous la limite des 3% du PIB pour le déficit public à fin 2013. On sera plus près de 4%, annihilant les sacrifices fiscaux faits par les Français les plus actifs. Voilà maintenant qu'on va tenter de les priver en partie de ce pourquoi ils ont cotisé à taux majoré : les allocations familiales ; la retraite, les déductions pour enfants scolarisés etc.

Les promesses hollandaises de relance de la croissance ont tenu ce que durent les roses.

Du coup les Français commencent à s'interroger sur qui est vraiment ce François Hollande, grossier et désinvolte, qui rigole sur les ruines de leur patrimoine, de leur emploi et de leurs espoirs.

Est-il un simple fumiste qui a réussi un coup politique en bénéficiant des circonstances et qui fait n'importe quoi en ricanant une fois sur le trône républicain ?

Est-il un énarque politicien, culotté mais  mal préparé, qui découvre les réalités et qui panique.

Est-ce un simple opportuniste qui joue la démagogie à fond, appuyé sur un quarteron de communicants ?

Est-il un socialiste conséquent, conscient qu'avec les moyens que la 5ème République lui donne, il peut profiter de la crise pour créer un vrai régime socialiste où la "bourgeoisie" serait balayée par l'impôt.  Il entrerait ainsi dans le "Panthéon socialiste" pour avoir réalisé une révolution de velours par l'impôt, sans toucher aux droits fondamentaux, sauf celui de la propriété.  L'article de Zbig Brataniec, sur ce site, évoque les ressemblances entre le discours Hollandais et celui qu'il a connu en Pologne au temps du "socialisme réalisé", façon soviétique. Va dans ce sens le fait qu'à 20 ans, F. Hollande, fils de "fasciste", adhérait à l'UNEF-Renouveau communiste et pas à l'UNEF socialiste.

La vérité est probablement un mélange des quatre, ce qui n'est pas reluisant. Et pose la question de savoir si les Français veulent réellement vivre dans une société socialiste.

Après avoir été débarrassée de la guerre d'Algérie, la France a voulu montré sa volonté d'en finir avec les tensions qui avaient marqué les 100 années précédentes et conduit à des catastrophes humanitaires sans précédent.  En risquant la simplification, on peut affirmer qu'elle a considéré qu'elle devait pacifier ses relations  avec tout ce qu'une société qualifiée de "bourgeoise" avait défendu avec une certaine énergie. Elle a voulu faire droit  aux revendications :

- de la communauté juive, martyrisée par les Nazis, mais avec la complicité de Vichy et qui se considérait encore victime d'un certain antisémitisme latent en France

- de la communauté homosexuelle, mis au ban de la bonne société pendant longtemps et qui se présentait comme persécutée

- des femmes qui revendiquaient la parité, et présentaient également une réclamation victimaire

- des noirs et des arabes victimes du racisme et de la colonisation

- des classes sociales défavorisées qui exigeaient une meilleure prise en considération

- des travailleurs travailleuses, avec qui on cherchait la paix et la fin de la lutte des classes en acceptant la promotion du discours syndicaliste, une grande mansuétude devant la délinquance en col rouge et un arrosage systématique d'avantages divers et pas toujours justifiés

- de la demande de paix générale en Europe via la construction de l'Europe  communautaire.

- de la nature martyrisée par les pollutions diverses.

- des délinquants "victimes d'une société répressive"  

En gros, les Français ont voulu couper avec une tradition de bourgeois mâles blancs, dominants, productivistes,  n'hésitant pas à la conquête et, s'il le fallait,  à la répression.

Presque tous les films français depuis 70 montre des bourgeois corrompus, assassins à l'occasion, prêts à tout pour du fric.  Il est intéressant de noter que les deux grands succès récents montrent pour l'un que la vraie vie se passe  à l'étage des bonnes espagnoles, pas à l'étage du bourgeois sordide et son épouse lamentable et, pour l'autre, que le blanc riche, paralysé à la suite d'une activité sportive à haut risque, choisie probablement pour masquer la vacuité d'une vie bourgeoise et friquée, avait besoin d'un noir de banlieue pour retrouver une existence humaine.

Le Français a voulu devenir politiquement correct, gentil, prêt à toutes les bonnes actions et prêts à encaisser tous les coups que pourraient lui asséner ses anciennes "victimes", du moment que cela ne lui coûte pas grand-chose d'autre que de modestes génuflexions et un peu d 'argent.

Fini le bourgeois, le beauf, le fasciste. La France a vécu 40 années de réaction anti-bourgeoise, dans un consentement progressif mais finalement assez général. Il a été rendu plus facile par l'effondrement du communisme. On oublie souvent que, malgré bien des apparences, Mai 68 a été un mouvement largement anti-communiste.

Nous pouvons apporter ici une explication à Zbig Brataniec de la raison pour laquelle les drames  qui ont ravagé les Pays de l'Est, et notamment son pays , la Pologne,  ont été gommés. On ne pouvait pas à la fois "pacifier" nos relations avec les syndicats et la classe ouvrière tout en assimilant la droite à l'antisémitisme d'Etat et au génocide, en ouvrant un front moral contre les génocides commis au nom de l'instauration violente du socialisme. On les a donc escamotés.  

On dira : vous décrivez la tentative de la gauche et généralisez abusivement à la France entière !

Certes la gauche actuelle couvre assez bien l'ensemble du champ de cette réaction antibourgeoise, et on a vu M. Hollande réactiver tous ses codes, avec le droit de vote aux étrangers, le mariage homosexuel, la politique laxiste de Mme Taubira vis-à-vis des criminels, le discours vis-à-vis de l'Afrique et de l'Algérie etc.

En fait, elle été plutôt absente sur la question des femmes et le mouvement homosexuel ne sera pris en compte qu'assez tard : l'affaire du sang  contaminé et l'inculpation de Fabius marque la césure. De même la conversion écologique a été lente.

La gauche politique a été plus opportuniste que motrice. La gauche culturelle a été à la manœuvre.

Rappelons que G. Pompidou, jeune, se voulait socialiste, comme le révèle d'Ormesson dans un livre récent ; R. Barre déclare dans ses mémoires avoir mené une politique "social-démocrate". J. Chirac voulait illustrer un "travaillisme à la Française". Giscard prétendait avoir un cœur, et a inventé "l'énarchie compassionnelle", tout en interprétant mieux que les socialistes nombres d'éléments d'une politique d'ouverture sociétale, notamment vis-à-vis des femmes. L'église elle-même s'est voulue repentante et décidée à se montrer ouverte à bien des nouveautés qu'elle combattait jusque là.  

On traite parfois de bobos tous ces Français bien intentionnés, qui grosso modo ont adhéré plus ou moins consciemment à cette réaction anti-bourgeoise. Ils n'aiment pas cela parce que justement ils ne se croient pas bourgeois et ils sont rarement bohèmes : le plus souvent ils sont fonctionnaires ! Le PS est indiscutablement plus en phase avec leur sensibilité aujourd'hui, surtout depuis que Nicolas Sarkozy a décidé, en partie, de revenir sur certains de ses développements. Il amorcé une réaction contre la réaction. Il n'est pas difficile de constater que de l'UDI de Borloo aux différents courants anti-sarkosistes de l'UMP (Mme Bachelot, la dénommée NKM, …),  il existe une forte assimilation des thèmes de la réaction "anti-bourgeoise" et anti répressive  au sein même de l'UMP. Cette contre réaction ne passe pas facilement au sein de la droite de gouvernement.  

Nous assistons depuis une quinzaine d'années à une prise de conscience progressive que cette attitude bonasse a favorisé des abus et des dérives qui deviennent criants. Beaucoup se demandent si le balancier n'a pas été trop loin.

Renoncement au nationalisme d'accord et vive l'Europe ! Mais depuis Maastricht la rupture entre l'Europe des fédéralistes et le peuple est devenue une véritable fracture.  On le voit en Italie, ce jour même, avec le résultat des élections, mais c'est la même chose en France.

Renoncement à l'antisémitisme d'accord, mais nous ne pouvons plus suivre la politique d'Israël quand elle alimente une guerre perpétuelle avec le monde musulman ponctuée de crimes et de massacres.  Le succès phénoménal du  livre de Hessel, mort aujourd'hui,  est là pour témoigner de ce revirement. La compétition mémorielle qui sévit désormais entre noirs, arabes, juifs, homosexuels, etc.,  toujours sur le dos de la France, commence à sévèrement agacer les Français. 

L'insécurité est devenue incontrôlable. Un livre récent (Orange Mécanique : l'ensauvagement de la France) révèle que "l'ensauvagement de la France "est désormais sans solutions.

La paix sociale est plébiscitée, mais pas quand elle est détournée pour simplement donner des avantages extravagants aux diverses fonctions publiques, et laisser se développer des pratiques choquantes (Ouvriers du Livre, Marins de Seafrance, Dockers, intermittents du spectacle etc.).

La générosité sociale est admise mais pas quand toute la charité publique est faite sur emprunt tout en créant une fiscalité confiscatoire. L'hyper-fiscalité française ne passe plus. Le sondage de Marianne de cette semaine le montre bien.

Quant à l'altération de règles millénaires comme celles de la filiation pour complaire à 0.3% des couples, parce qu'ils sont  homosexuels, elle a fait réagir des centaines de milliers de Français.

Nous sommes certainement en plein retour de bâton, le fameux "backlash" des anglo-saxons.  La politique de Hollande n'est plus en phase avec l'opinion. Il en fait trop. L'effondrement économique français et le climat d'hystérie qu'il entretient vont accélérer "la réaction contre la réaction".

Le mouvement "pacificateur" n'a en fait rien pacifié. Il a multiplié les contradictions  et créé les conditions de nouvelles tensions.

Pacifier les relations avec les ouvriers ? Il n'y a plus d'ouvriers. En revanche le chômage va dépasser 11%  de la population active.

Pacifier les relations en Europe ? Jamais elles n'ont été plus tendues.

Etc.

Les Français s'aperçoivent qu'on leur demande de refaire des combats historiques clos depuis des décennies. L'esclavage ? Le colonialisme violent et répressif? L'antisémitisme génocidaire nazi ? Toutes ces batailles sont closes depuis des lustres sans que personne ne demande à les reprendre. C'est à l'époque qu'il fallait se battre contre les idéologies ou les intérêts qui les avaient suscités.

La France qui avait été de toutes les percées technologiques, automobile, cinéma, aviation, grande distribution, banque est incapable désormais de se hisser en tête des combats de titans de la mondialisation. Nos grandes réussites, L'Oreal, Publicis, LVMH,  sont toutes des entreprises qui sont nées avant guerre.

La France bourgeoise a été d'un dynamisme industriel, commercial, militaire, intellectuel, culturel extrêmement fécond. En 1930, la France était la première nation du monde. Aujourd'hui elle est insultée par le premier histrion venue et fait rire dans tous les cénacles.

En voulant pacifier, harmoniser, tranquilliser, on a fini par châtrer le pays.  La castration a été d'abord fiscale mais aussi morale : on a cultivé la volonté d'impuissance, au prétexte que  la puissance froissait des élytres et réprimait.

Maintenant nous en sommes au point où nous constatons l'impuissance de la volonté.

Oui nous sommes impuissants contre la délinquance, nous sommes impuissants contre les mouvements migratoires non désirés, nous sommes impuissants contre l'Europe de Bruxelles ou contre la politique impossible de Mme Merkel, nous sommes impuissants face au délire monétaire américain, nous sommes impuissants face au mercantilisme de la Chine, nous sommes impuissants face à la toute puissance des hauts fonctionnaires, nous sommes impuissants contre les nouvelles oligarchies régnantes, nous sommes impuissants dans la mondialisation.

Nous-mêmes, nous défendons depuis près de 20 ans toujours les mêmes trois grands thèmes :

- l'organisation monétaire internationale défaillante et voulue par les américains tue le capitalisme. Mais la France est muette.

- l'inorganisation de la zone Euro et sa gestion par la norme et la déflation tuent l'Europe. Mais la France n'a aucune doctrine à opposer.

- l'hyper-fiscalité française et la captation du pays par l'énarchie compassionnelle forment les conditions d'un drame qui voit la France sortir des pays dynamiques. Mais la dénonciation des entrepreneurs et des fortunes attise la haine fiscale contre les entreprenants et ceux qui réussissent.

C'est parce que la France a cessé de vouloir et de combattre que nous nous sommes laissés enfermer. C'est parcequ'elle récuse la nécessité d'un corps important de "bourgeois" efficaces, c'est à dire de personnes qui gagnent et investissent et qui sont prêts à prendre des risques pourvu qu'on ne les plume pas,  qu'elle s'enferme dans le recul et le déclin.

Le refus d'une structure sociale complète et d'une société sans trop de complaisance,  explique la déchéance de la volonté française. Elle est la base de sa déréliction économique.

La médiocrité des présidents récents et notamment celle de N. Sarkozy et de F. Hollande sont des marqueurs de l'effondrement de la volonté française.

La France n'est pas socialiste. La suite le montrera.

Mais en voulant faire l'ange, elle a fait la bête. Et elle le paie.

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile.

L'impayable Monsieur Peillon !

Que le Ministre de l'Education Nationale s'inquiète de constater, après tous les autres ministres qui l'ont précédé, qu'il dirige un ministère effondré et que L'Education Nationale, a renoncé à éduquer et surtout  à fournir l'instruction publique élémentaire, on le comprend.

Ce n'est pas le seul ministère effondré  : la justice l'est totalement, sans espoir de redressement depuis maintenant des décennies.

Les Affaires étrangères sont devenues des affaires étranges, avec un effondrement sans précédent de la pratique du Français dans les pays qui le pratiquaient naguère.

Les Affaires sociales sont également dans le trente sixième dessous et s'effondrent dans le néant avec une belle régularité. La gestion de type soviétique du Ministère fait désormais rire. Un rire de cheval.  

Nos Armées, sollicitées beaucoup, sont dans un état plus que préoccupant. Nous n'avons plus de moyens de transport et de projection, et sommes en retard sur tout ce qui est information, drones, guerre électronique.

Ne parlons pas de la police qui est totalement débordée et qui ne peut plus faire face à la marée de la délinquance. Un livre récent, qui sera occulté, nécessairement occulté, le démontre facilement : la "France Orange mécanique" de Laurent Obertone :" Enquête sur un sujet tabou ; l'ensauvagement d'une nation. Toutes les 24 heures : 13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols".

Si les chiffres sont multipliés par 365 on aboutit à des dizaines de milliers de viols, à des millions de vols, à des centaines de milliers d'agressions. Et Mme Taubira songe à renouer avec l'excellente mesure proposée par son collègue Valls dans la chaleur communicative des élections : demander aux policiers de s'excuser de vérifier l'identité de personnes suspectes  avec fourniture d'un bon de vérification !

Nous avons la plus grosse administration du monde par rapport à notre population, les impôts les plus hauts, les dépenses sociales les plus élevées, une dette incontrôlable et …rien ne marche.

F. Hollande arrive : il recrute des fonctionnaires et favorise leur absentéisme ; il augmente sauvagement les impôts et réduit le revenu disponible des gens qui contribuent encore, il laisse les Francs maçons, via la sœur Taubira, ruiner définitivement le système pénal. Il aggrave tout.

Et voici notre Ministre Peillon qui geint dans les médias qu'on n'a pas compris l'urgence qu'il y avait à refonder l'école primaire et ses rythmes. Il en profite pour éditer un livre sur le sujet : il est bien normal qu'un Ministre se fasse un peu d'argent avec sa mission : commenter de façon lucrative, c'est bien mieux que de gouverner. C'est qu'il craint qu'il ne reste rien de sa réforme rêvée, pourtant absolument nécessaire et ayant retenu un large "consensus" chez les experts, de droite et de gauche.

Comme toujours F. Hollande laisse tout le monde devenir fou en disant oui, non, peut-être ou rien du tout, parfois dans la même phrase. C'est sa méthode.

 

Une question préalable aurait du être posée : pourquoi le primaire s'est-il effondré ?

N'espérez aucune réponse. C'est un sujet tabou. Les syndicats pointent le manque de moyens. Le PS le manque de formation des maîtres car il n'a pas digéré la suppression des IUFM qui étaient pourtant une fumisterie. Les maîtres affirment : "ne vous en prenez pas à nous, on fait ce qu'on peut avec des classes de plus en plus étranges voire étrangères et des directives imbéciles et contradictoires en provenance du Ministère". Les syndicats d'élèves sont pris dans leurs engagements politiques et leur consumérisme.

La vérité est toute simple : le sociétal l'a emporté sur le scolaire ; le politiquement correct sur l'instruction ; le n'importe quoi bien intentionnée sur la raison.

La suppression de l'examen de sixième, "instrument de la reproduction sociale des riches", à gauche, redoutable barrage, à droite, a été le premier clou dans le cercueil. Il était la justification de tout le travail fait dans le primaire. Il bandait toutes les énergies. On ne pouvait pas rire avec cela. Un instituteur nul ne pouvait pas trop durer : par respect général pour l'institution , le corps des enseignants restait attentif à ce qu'il n'y ait pas trop de dégâts fait par des incompétents : on risquait de leur imputer des échecs un peu trop massif à l'examen de 6ème.  Composé pour l'essentiel dans les villes de femmes consciencieuses et raisonnables, le corps des instituteurs du primaire  était respecté.

Anecdote : lorsque l'auteur de ces lignes avait passé cette épreuve, on avait demandé d'expliquer le mot "abnégation". Les journaux populaires de l'époque, France-soir, Paris Presse l'Intransigeant, s'étaient scandalisés. Déjà la pression consumériste des parents s'enflammait contre des programmes trop sélectifs et trop difficiles. Seuls quelques dizaines de milliers d'élèves avaient le précieux sésame vers les études "classiques".

Dès que la motivation de l'examen a disparu, tous les chants des sirènes ont été entendus avec délectation.

L'école était "une caserne" où on enfermait les enfants pour en faire des soldats disciplinés du capital et de futurs ouvriers obéissants. 

L'orthographe était le moyen trouvé par les riches pour leur reproduction sociale.  

La méthode  globale a commencé ses ravages.

Puis le pédagogisme.

Puis la volonté de couper la relation coupable entre l'enfant et ses parents. On a réorganisé totalement la grammaire et l'arithmétique pour rendre tout incompréhensible aux parents et pour qu'ils ne puissent plus aider leurs enfants. La maison ne devait plus être un lieu d'enseignement qui aurait accusé les inégalités. On supprima les devoirs à la maison, source de reproduction sociale bourgeoise scandaleuse. Finies les récitations et les pages d'écritures à la plume sergent major imposées pour le lendemain à l'élève insouciant!  

L'école devait devenir un lieu de vie, où les enfants, tous les enfants quelques soient leurs diverses qualités, s'épanouiraient. Elle devint une garderie.

Maintenant c'est le système de notation qu'on veut changer pour ne pas "traumatiser les nuls".

Au gré des humeurs, on exigeait de l'école primaire de nouvelles fonctions : enseigner le français ne suffisait plus. J. Lang imposa l'étude de l'anglais, sans aucun moyen pour le faire. Il fallait que les jeunes pousses sachent un peu d'informatique. Ne pas oublier le civisme, le code de conduite, Etc.

Les livres devenaient gratuits. Certains exigeaient que les cahiers et les crayons le soient aussi. C'est laissé à l'initiative des maires et des conseils régionaux. Mais il n'y avait pas de papier dans les toilettes !

Tant que le corps des institutrices formées jusqu'aux années 50 fut là, les choses ne se dégradèrent pas trop vite. A partir de 85, la débandade devint visible et commença à inquiéter.

Le changement sociologique de la population aggrava les choses : les classes devinrent des tours de Babel avec de nombreux enfants étrangers ne connaissant aucun mot de français. Un seul élève de ce type dans une classe, et il est assimilé en trois mois. 90 % d'élèves de ce genre et plus rien ne se passe comme prévu.

L'EN veillait à ce que les handicapés ne viennent pas troubler la classe "normale".  Ce n'était pas gentil. Voilà qu'il fallait maintenant intégrer des handicapés légers puis lourds  dans des classes d'enfants pas toujours très gentils à cet âge là.  

Au fur et à mesure que le désastre devenait impossible à cacher on surenchérissait dans les solutions "bourgeoises" mais socialisées : on allait donner des "petits cours" payés par l'état à ceux qui trainaient. Les bons élèves se voyaient sortis de la classe pour permettre aux cancres de bénéficier de légitimes compléments. Faire le mal ce n'est pas bien mais dégoûter du bien c'est pire que tout.  

Les préoccupations "sociales" ont envahi la périphérie de l'école communale : on a commencé à accueillir les enfants de plus en plus tôt.  M. Peillon se flatte de la généralisation des maternelles à trois ans. Pourquoi pas à deux ans voire à un mois ? Les femmes veulent travailler que diable et elles ne veulent plus s'occuper des "chiares" à la maison. Elles en sont à exiger qu'on n'appelle plus ces classes la "maternelle".  Tout le monde sait après Mme Badinter que le sentiment maternel n'existe pas et qu'il s'agit d'une convention bourgeoise pour enchaîner la femme au foyer. Pourquoi pas une Burka pendant qu'on y est !

Les communes ont été sollicitées, pour la même raison, d'organiser le périscolaire : les cantines d'abord et toutes les activités ludiques, sportives etc.  La famille n'existant plus pour garder les enfants il fallait que la collectivité s'en occupe. Sauf le Week-end, sacré, où les familles ne voulaient  pas être gênés par l'école.

Evidemment tous les rythmes scolaires ont été désorganisés pour permettre aux parents et aux instituteurs de prendre leurs aises. Pas pour que l'enfant apprenne mieux.

Les maires le savent bien : il faut beaucoup de crèches ; il faut des systèmes de cantines scolaires et la gratuité des transports; il faut des stades, des activités, des ludothèques, des médiathèques, des parcours etc. Les maires socialistes l'ont compris mieux que ceux de droite : ils ont été à fond dans l'encadrement périscolaire.

Attention : pas question de ne pas recevoir un enfant à l'école alors que les parents ne veulent pas payer la cantine ; pas question de ne pas recevoir à l'école l'enfant ne parlant pas un mot de français d'un immigré clandestin ; pas question de renoncer aux "voyages découvertes" ; pas question de revenir sur l'absentéisme délirant de certains instituteurs ni aux décharges syndicales absurdes ; pas question de toucher au Week-End ; pas question de toucher aux longues vacances scolaires. Pas questions de revenir sur les journées surchargées avec des cartables qui pèsent deux tonnes.

Un système de gratuité généralisé devient fou par construction.  Il est totalement irréformable sans émeute.

Si un vieil idiot en vient à proposer de revenir sur tous ces "acquis sociaux" en expliquant qu'il faut exercer d'abord la mémoire, la main, les neurones, le calcul mental, la discipline, le respect (ah le cadeau à la maitresse à la Saint Charlemagne !),  avec des classes courtes, jamais plus de 5 heures par jour, trois le matin, six jours de la semaines  et deux l'après midi, quatre jours,  et du temps à la maison, que le temps extra scolaire est à la charge des familles pas de la société,  des vacances plus fréquentes mais plus courtes et que tout le système doit être mis sous tension avec un examen des collèges à la fin de la septième, alors c'est l'émeute. Vous êtes le diable : vous êtes contre la révolution féministe et l'égalité des droits, vous êtes pour la reproduction des élites, vous êtes contre la socialisation intégrale de l'enfant que vous voulez torturer par des tensions folles.  Vous êtes donc un "salaud" au sens sartrien du terme.

Alors crève l'école primaire plutôt que de sombrer dans de telles horreurs. Nous avons l'école primaire la plus déliquescente qu'on puisse imaginer. La plus coûteuse de surcroît car la socialisation tous azimuts dans la gratuité quasi-totale est la source d'énormes gaspillages.  

Vous ferez donc une réforme en trompe l'œil, Monsieur Peillon, comme tous vos prédécesseurs. Les instituteurs et leurs syndicats, les maires et les parents d'élèves ne vous laisseront aucun répit.

Vous aurez écrit un livre et gagné un peu de sous. C'est déjà cela.

Requiescas in pace !

 

Sylvain

Zbig Brataniec : "Je suis inquiet pour la France"

Il est toujours délicat pour un observateur étranger de s'immiscer dans les débats internes d'un pays ami. En tant que citoyen polonais, puis-je réellement comprendre les subtilités françaises ?  Le fait d'être un francophile de toujours et membre de la même Union Européenne m'encourage à m'exprimer, bien que je craignes de n'avoir rien de trop agréable à dire et de ne pas être parfaitement compris.

Vue de Pologne, la France est devenue un pays socialiste. Un de nos Présidents l'avait dit en son temps à J. Chirac avec un peu de provocation. A l'époque, je n'étais pas d'accord. Aujourd'hui je m'inquiète car les ressemblances avec ce que nous avons connu pendant des décennies s'accentuent de jour en jour.

Je vois l'objection : "votre régime était communiste pas socialiste ; il n'y avait pas de liberté ni de démocratie". Elle est traditionnelle en France dès qu'on compare les deux régimes.

La réalité que nous avons vécue est assez différente de l'idée dominante qu'on s'en fait dans les milieux de gauche français. Personne n'employait jamais le mot communiste en Pologne sauf pour qualifier le Parti. Le vocable employé en permanence dans les médias écrits, radiodiffusés et télévisés, ainsi que dans tous les discours politiques, les cours universitaires, les livres et les essais était, exclusivement et inlassablement : socialisme.  Cela était vrai dans tous les pays colonisés par l'URSS et dans l'URSS elle-même. Nous jouissions, à notre grand avantage selon la propagande, d'un régime pleinement socialiste, grâce au père de la nation soviétique, à qui nous devions notre "libération" et "l'avènement du socialisme", prêché par Marx et Engels, rendu possible par Lénine et réalisé par Staline.  

Nous étions des élus, car nous vivions dans l'espace du socialisme réalisé. On nous le répétait tous les jours. Finies les distinctions de fortune, de religion ou de nationalité. Comme Marx l'avait prévu scientifiquement, la suppression de ces diviseurs de la société permettait enfin de réaliser le rêve d'une humanité unie et apaisée.

Bien sûr, "les forces populaires" veillaient à ce que la bête immonde, pour simplifier, le capitalisme occidental, souvent caricaturé sous l'expression d'impérialisme yankee, ne relève pas la tête qu'on lui avait opportunément coupée en URSS. Mais l'ennemi ne pouvait être qu'à l'extérieur. Même si des imperfections restaient toujours à gommer, notre système socialiste était le meilleur et promettait des lendemains qui chantent.

Nous autres Polonais, Tchèques, Roumains, Ukrainiens, sommes souvent ahuris du peu de connaissances des Occidentaux sur ce qui se passait exactement chez nous pendant la période socialiste.

A partir du moment où vous acceptiez le système et ne cherchiez pas à le déstabiliser, la vie y était plutôt tranquille. Médiocre mais tranquille.  Un espace d'économie privée subsistait aussi bien en ville qu'à la campagne.  Bien sûr, rien ne marchait bien. Mais pourquoi ?

Cette question n'est jamais abordée en France par les socialistes. Pour avoir essayer mille fois dans des réunions de stimuler ce débat, la réticence à le mener est toujours la plus forte.

La réponse est pourtant fort simple : il était impossible de gagner de l'argent, de capitaliser, de placer, d'investir. Il existait deux mondes : un monde de privilèges réservé aux hauts fonctionnaires et aux élites politiques du régime, deux groupes très interpénétrés, qui permettait d'accéder à des biens, y compris immobiliers, et un train de vie qui était hors de portée des autres.

Le reste du pays formait l'immense marais socialiste.  Les salaires, même ceux des cadres, ne correspondaient pas à grand-chose. S'il n'y avait rien dans les rayons, il n'y avait rien dans les rayons quelque soit le nombre des billets que vous aviez en poche. La corruption régnait certes dans les régimes socialistes parce qu'aux étages inférieurs les fonctionnaires étaient paupérisés et que les mafias savaient y faire, alors qu'aux étages supérieurs il fallait valoriser rapidement les places durement acquises.  L'histoire du clergé d'avant la Révolution française s'accorde assez bien à ce que nous vivions : une grande masse de prêtres en loques et une haute hiérarchie vivant dans un luxe insensé. La foi, tout le monde s'en fichait,  même si elle était affichée avec componction.

L'expression un peu usée "on faisait semblant de travailler et l'Etat faisait semblant de nous payer" est assez juste.  A partir du début de l'après midi, la majorité des gens cherchaient à manger en faisant des queues interminables dans des magasins mal approvisionnés. On disait : "les soviets c'est l'électricité et les files d'attente".

Quand on compare la situation de la Pologne d'alors et de la France de ces derniers mois, beaucoup de points de ressemblance frappent.

Première ressemblance : dans les deux cas l'Etat et les hauts fonctionnaires régentent tout à leur avantage et dans le détail.

Seconde ressemblance : Les médias et l'enseignement sont largement verrouillés et instrumentalisés.

Les nouveaux impôts qui ont été mis en place en France interdisent de s'enrichir et ont vocation à liquider le patrimoine des familles disposant d'un capital en l'espace d'une génération. Le Point de cette semaine fait apparaître un graphique très parlant : il faudrait un rendement moyen du capital investi de 9% pour pouvoir le conserver avec les impositions maximales actuelles, alors que le rendement moyen de longue période est de 3%. Le lessivage du patrimoine d'une famille ne demandera pas plus de 10-15 ans. C'est évidemment ce qui explique que les jeunes ne veulent plus s'investir en France. Les socialistes français font par une imposition confiscatoire ce que les socialistes polonais, à la botte de Moscou, ont fait par la force et la collectivisation du capital.

Le résultat est le même : la volonté de partir ; le travail au noir ; les mafias, le désinvestissement, l'absence de croissance etc.  Un pays dont les élites ont été exterminées est évidemment dans une pire situation qu'un pays qui n'a perdu que son élite fortunée par confiscation étatique. Le résultat  escompté est tout de même très proche.

Dans ces conditions, il n'est plus possible d'avoir une trajectoire personnelle et de participer à des aventures d'entreprises libres et conquérantes, sauf à s'expatrier.

Certains Polonais, enrichis dans les 20 dernières années, ont acheté des biens immobiliers à Paris. Ils commencent à les revendre. C'est un signe qui devrait inquiéter. Ils ne veulent plus payer ce qu'on leur demande désormais de payer en France.  Quand ils comprennent ce que les Français entreprenants paient comme impôts ils pensent que la France est devenue totalement folle. Aller vers le socialisme, sans même y avoir été contraint par un puissant et impitoyable voisin, leur parait inimaginable.

L'affaire de l'accueil détestable du film Katyn a fait comprendre aux Polonais francophiles que l'emprise des intellectuels socialistes sur la pensée et les médias français était encore très forte.  Ils ont été également alertés par l'affaire de la "lustration", où des politiques et des intellectuels français s'enflammaient contre les autorités polonaises dès lors qu'elles voulaient sanctionner les dirigeants polonais communistes et leurs collaborateurs.  Déjà l'affaire d'Auschwitz les avait courroucés. Ils constataient que personne n'avait l'air de savoir en France que ce camp de la mort avait reçu beaucoup de Polonais dans la période allemande et  avait été rouvert par Staline qui y avait aussitôt expédié à son tour des milliers de Polonais,  ennemis du peuple et de la révolution,  qui, pour la plupart y ont trouvé la mort. Leurs tombes sont enfouies et cachées sous des rangées d'arbres, selon la méthode éprouvée employée partout en Union soviétique pour cacher le cadavre des innocents massacrés.

Qui savait et disait que les Communistes  avaient fait exécuter des dizaines de milliers de Polonais d'Ukraine et de Biélorussie avant même le pacte germano-soviétique ?  

L'histoire enseignée en France et commentée dans les médias est mensongère dans le sens de l'occultation et de la minimisation dès qu'il s'agit de l'Union soviétique. Les Français vivent dans la fiction dès lors qu'on aborde le sujet du socialisme historique tel qu'il a été pratiqué chez nous.  

Comme dans la Pologne de l'époque socialiste, les gens qui ne veulent pas du socialisme et qui s'expriment en ce sens sont subtilement étouffés en France. Dans beaucoup de média, s'affirmer contre le socialisme, est considéré comme  malséant. Le "bourgeois", comme en Pologne aux temps socialistes, est un coupable permanent : coupable comme colonialiste, coupable comme égoïste  anti social, coupable ici, je transpose,  comme pétainiste dans l'âme voire antisémite et raciste (on disait  Hitlériens hystériques chez nous) , coupable comme catholique, coupable d'absence de sens moral et patriotique etc.

Nous avons entendu toutes ces fariboles à en vomir pendant des décennies.

Comme en France aujourd'hui, c'était un bruit de fond véhiculé par les enseignants, la presse, les politiques, les pseudo-intellectuels. Quiconque regimbe en France contre le socialisme sort de la communion des gens de bien. Ce fait surprend toujours les Polonais en France. En Pologne, la rancune contre l'occupant Russe et le socialisme permettait de ranger ce prêchi-prêcha au chapitre de la propagande socialiste obscène.

Il me semble qu'il y a clairement une relation entre la propagande permanente qui se déverse sur les Français et le fait que les fonctionnaires socialistes qui dirigent la France comme ils ont dirigé la Pologne pendant des décennies, se croient aujourd'hui tout permis. La peur d'être classé réactionnaire, bourgeois, fasciste,  paralyse la réflexion en France. L'intimidation socialiste y fonctionne à plein comme elle n'a jamais réussi à le faire en Pologne.

Pour un Polonais qui s'est sorti de cette horreur, la voir ressurgir en France sans que personne, parmi ses grands intellectuels n'ose réagir, est un cauchemar.

Il sait que lorsqu'on sale son champ on ne le remet en état que très difficilement.

F. Hollande est en train de liquider trois siècles d'entrepreneuriat français. Ce qu'il a mis en place n'est pas une France juste mais un France qui n'aura plus d'entrepreneurs et d'entreprises d'importance dans 10 à 20 ans. Sinon des médiocres cherchant à bénéficier de subventions en concubinage avec l'Etat, le reste de la population vivant dans la débrouille et les combines. Quelques grands groupes, là aussi associés aux princes du régime, pourront exercer sans trop de difficultés.

Notre expérience est qu'il faut fuir au plus tôt ce type de régime. J'espère que l'électeur français saura le voir. Hélas il vit presque majoritairement aux crochets de l'Etat et donc dans la dépendance politique de la dépense publique. De pertes de pouvoir d'achat en longues périodes de chômage il sera le dindon de la farce.

Le socialisme ne fait pas que démoraliser la population, il l'a ruine. Il n'y a pas de bon socialisme. Tous les peuples d'Europe centrale vous le diront et pas seulement pour des questions de dictature. C'est une régime économique lamentable et impossible.  

J'ai toujours été frappé que personne ne remarque en France que si les pays d'Europe centrale avaient continué sur leur lancée capitaliste d'avant guerre, au lieu de sombrer dans le socialisme, les entreprises européennes en général et françaises en particulier auraient eu pendant des décennies des débouchés importants qui leur auraient permis de grandir et de se fortifier très au-delà de ce qu'elles sont aujourd'hui.  L'Union des républiques socialistes a été un calamité aussi pour l'Europe de l'Ouest qui doit faire face aujourd'hui  à des concurrents mondiaux qui sont devenus plus gros et compétitifs  que ses meilleures firmes, presque dans tous les domaines et rapidement,

Si la France opte de son plein gré pour "un socialisme réel", alors elle est perdue.  Ce ne sera pas une perte seulement pour elle.

Pour avoir suivi les élections présidentielles françaises et tout ce qui se passe en France depuis, je ne vois pas tellement de différence entre le discours de M. Hollande et ceux de nos bien aimés dirigeants de l'époque socialiste. On ment tout le temps. On parle de courage et de patriotisme "à tour de bras". On n'atteint jamais aucun objectif. On lâche constamment des avantages à ceux dont on a besoin. On saque les autres. On joue en permanence avec des boucs émissaires. On n'hésite pas à injurier ceux qui résistent. Mais on exalte la jeunesse, qui sera l'avenir glorieux de l'humanité socialiste. Cela a été notre lot et pensum pendant des décennies.  

M. Hollande  avait annoncé qu'il inverserait la courbe du chômage en 2013, qu'il reviendrait à 3% de déficit à la date prévue, que les hausses d'impôts ciblées et sauvages,  étaient les dernières etc.  Tout cela est balayé en rigolant sur un coin de stand au Salon de l'Agriculture. Pendant ce temps là, on soigne les vaches sacrées du régime, comme l'atteste la suppression récente  du jour de carence instauré pour mettre fin à l'absentéisme excessif qui sévit un peu partout dans les différentes fonctions publiques.  

Ce comportement nous l'avons connu pratiquement en permanence. Jamais un socialiste n'a été capable de tenir un objectif économique. Il sait prendre et détruire. Il ne sait pas créer.

Les Français se sont félicités d'avoir une Constitution qui donne un pouvoir quasi dictatorial au président s'il a la majorité à l'Assemblée nationale.  L'arrivée de M. Mitterrand, un vieux briscard de la politique qui a utilisé le socialisme comme marchepied, a abimé la France mais les politiciens socialistes, soumis à  leur "Dieu", n'ont pas osé aller trop loin et il y avait le risque de la cohabitation. En alignant la France sur le néolibéralisme européen, M. Mitterrand donnait un coup de poignard dans le dos des socialistes sectaires.  M. Jospin, lui,  était dans la dépendance du Président Chirac. Il a du composer. Aujourd'hui M. Hollande et les socialistes les plus sectaires qui l'entourent, ou l'assiègent comme à l'Assemblée nationale, n'ont rien à craindre sinon de perdre des élections intermédiaires sans grande importance politique. F. Hollande n'a rien à craindre d'un échec électoral en 2017. Il vivra comme, un satrape avec sa cour jusqu'à la fin de ses jours. Il peut jouer au "grand socialiste dont on se souviendra" et à qui on vouera un culte, une autre tradition française.

Il a donc les pleins pouvoirs sans autre limite que les réserves du système fédéral européen dans lequel il est inséré ; comme nos dirigeants n'avaient pas d'autres contraintes que les pressions de notre grand "sauveur" russe.  

Un socialiste avec les pleins pouvoirs ne sait faire qu'une chose : tenter de briller au Panthéon socialiste quitte à avilir et ruiner son pays.

Alors, oui,  je suis inquiet pour la France.

 

Zbig  Brataniec, invité à s'exprimer en son nom propre par le Cercle des Economistes e-toile.

Quelle organisation nouvelle pour la zone Euro ?

Pour répondre à cette question il faut lever deux préalables :

-          Déterminer les objectifs de cette organisation

-          Savoir si elle doit être gérée dans le cadre de la Commission ou de façon autonome vis-à-vis des institutions de Bruxelles.

Une zone de monnaie unique impose une gestion politique centralisée forte.

Cette réalité a été entièrement gommée lors des discussions qui ont mené au vote de Maastricht. On pensait qu’il suffisait de créer des normes que devraient respecter les Etats.  Tout se passerait au mieux.  La monnaie unique comme par magie nous « protégerait ».  L’union faisant la force, comme chacun sait, l’union monétaire ferait la force des pays membres de la zone euro.

Le résultat on le connait :

-          Devenus libérés de la contraintes de change, les états traditionnellement irresponsables se mirent à emprunter sans limite : ce n’était pas cher.

-          Aucune coordination des politiques économiques et sociales n’ayant été prévue, on a vu l’économie des pays membres diverger  et d’énormes déséquilibres internes apparaître.

-          Les autres pays gèrent le cours de change de leur monnaie. Pas l’Europe. Une monnaie unique dans un ensemble flottant était une gageure. Finalement l’Euro sera presque toujours trop fort pour la majorité des pays de la zone Euro, aggravant leurs difficultés récurrentes.

Lors que la crise de la dette mondiale a éclaté, dette qui n’était pas fondamentalement de la responsabilité de l’Europe, la zone Euro et ses faiblesses se sont trouvées en première ligne.

L’impossibilité de dévaluer  ne laissait la place qu’à des politiques déflationnistes désastreuses, sauf à laisser la dette de chaque état en face d’une spéculation acharnée sur les taux d’intérêt qui ne pouvait qu’aboutir à la destruction de l’Euro.

Cette analyse conduit obligatoirement à la conclusion qu’il faut soit abandonner l’Euro soit créer une gestion centralisée des grands déterminants de la compétitivité : politique budgétaire, politique économique et sociale générale, politique monétaire et de change, politique de crédit, politique de redistribution interétatique.

Certains ont cru qu’on pouvait limiter la coordination aux seuls aspects monétaires. C’est une grave erreur. On ne peut pas laisser un pays passer aux 35 heures et maintenir une retraite à 60 ans avec des exceptions à 50 ans, pendant que d’autres passent à 65 voire 67 ans, en maintenant une durée de travail importante.  Les législations sociales comptent autant que le budget.

Les Européistes le savaient parfaitement. La mise en place de l’Euro devait tôt ou tard provoquer cette prise de conscience et forcer le passage vers un centralisme européen supplémentaire.  Ce sont les mêmes qui  affirment maintenant  que la crise est formidable parce qu’elle fait avancer la construction européenne.  Qu’importe si le système bancal mis en place a fait des dégâts colossaux. L’important est dans le fédéralisme européen arraché à la mauvaise volonté des Etats et des peuples.

Eh oui ! L’Euro suppose plus d’Europe institutionnelle.  On a mis exprès la charrue devant les bœufs. Certes ils ont piétiné et cassé la charrue mais il suffit de réparer et de la mettre à nouveau à sa place. C’est comme cela que l’Europe avance !

La position est cynique mais efficace : si on ne détruit pas l’Euro, il faut créer des institutions de gestion de la zone euro.

Par calcul et devant la résistance de certains états, on ne parle que de coordination budgétaire avec une sorte de Ministre des finances de l’Union européenne. En fait il faut aller beaucoup plus loin. Tout le monde le sait et fait semblant de ne rien voir.

Nous nous préférons dire qu’il faut un Chancelier de la zone Euro avec des pouvoirs dans trois domaines :

-          La coordination budgétaire

-          La coordination économique et sociale

-          La politique monétaire et de change.

Commençons par cette dernière :

-          Il n’ya pas actuellement de responsable du niveau de l’Euro sur le marché des changes. La BCE, qui dispose des principaux leviers pour agir sur les changes n’a pas dans ses statuts d’autre mission que de conserver, à l’échelon de la zone,  la stabilité relative des prix d’un échantillon de produits de consommation.  L’Eurogroupe était censé s’occuper des changes. Il ne l’a jamais fait.  La raison en est simple : les Européens croient, à l’échelon mondial,  à la justesse de la théorie des changes flottants  qu’ils ont récusée  à l’intérieur de leur zone.  Cette contradiction est insurmontable. Elle consiste à affirmer que les marchés fixent le cours de l’Euro  mais ne doivent en aucune façon fixer le cours respectif des monnaies nationales.

-          Le résultat est connu : les autres pays manipulent TOUS leur monnaie et l’Europe est la seule zone où on accepte de prendre tous les coups sans réagir.

Il est clair que le nouveau Chancelier doit :

-          Conduire la politique de change

-          Conduire la politique monétaire

-          Conduire la politique de crédit intra-européen.

Les statuts de la Banque centrale doivent être modifiés pour d’une part compléter l’objectif de stabilité des prix par un objectif de croissance et d’autre part l’associer fortement à la politique générale du chancelier.

On voit l’énormité du saut conceptuel qu’il faut faire.

Le Chancelier aura également comme mission de proposer une réforme du système monétaire international afin de revenir à un système de changes fixes et ajustables raccordées à un étalon extérieur à la monnaie d’un seul pays.

 

La seule existence de ce poste avec cette mission provoquerait une immense vague de fond dans le monde de la finance et des états. L’Europe serait là comme joueur et non plus comme ballon crevé dans lequel tout le monde peut frapper à loisir !  

Le Chancelier aurait naturellement en charge le soin des dettes globales des états et de la coordination des budgets.  Fini le mercantilisme des uns et le laxisme des autres. Il lui faudra s’assurer que les déficits structurels internes à la zone soient corrigés.  Associée à la politique monétaire cette politique pourra ne pas être purement déflationniste.

N’allons pas plus loin. L’essentiel est dit même si dans le détail, il y a de quoi écrire un livre entier sur la nouvelle institution.

La seconde question se pose aussitôt. A qui doit être rattaché le chancelier nouveau ?  L’Allemagne, on le voit bien, comme beaucoup de fédéralistes européens, veut renforcer la Commission Européenne qui est devenue avec le temps l’organisme gestionnaire d’une simple zone de libre échange, à l’exception notable de l’agriculture, en même temps qu’une machine à casser et sanctionner les nations composantes.

Le nouveau traité lui donne un pouvoir de sanction et d’intervention sur les budgets.  On fixe des normes drastiques et on donne à La Commission les moyens par des amendes gigantesques de les faire respecter.  On aggrave le système défaillant précédent tout en aggravant également la perte de moyen d’action au jour le jour. La gestion par la norme est une catastrophe. La crise l’a bien montré.

Faut-il que le chancelier soit une émanation de la Commission et fonctionne en liaison avec les Parlement Européen ?

Nous pensons que non.  Le Chancelier doit être une émanation  du conseil des gouvernements des pays de la zone Euro, avec des organes consultatifs et délibératifs propres, associés largement  aux parlements nationaux des seuls pays membres. Sans cela le déficit démocratique serait béant et de toute façon on ne voit pas pourquoi des institutions qui concernent des pays hors zone Euro devraient s’occuper de questions relatives à  cette zone.

Angela Merkel en proposant un saut  fédéral à l’échelon de l’Union Européenne tout en imposant une gestion par la norme confiée aux flics de la Commission fait une fausse proposition.

La réponse de la France devrait être :

-          Nous voulons des organes de gestion de la zone euro qui soient propres aux pays de la zone avec un pouvoir exécutif permettant une action au jour le jour sur le change, l’émission de monnaie, la gestion de la dette.

Une telle proposition, détaillée et construite sur des bases logiques et appropriées au problème à résoudre, aurait un énorme impact en Europe comme à l’international.

C’est la meilleure initiative qui peut être aujourd’hui envisagée.  Ce serait un véritable pavé dans la mare.

Elle ferait apparaître pour ce qu’elle est l’hypocrisie américaine, l’abus chinois, coréen et japonais et le désordre intellectuel mondial en matière de change.

Elle ferait apparaître le déficit démocratique de la commission et des institutions de Bruxelles.

Elle permettrait d’envisager autre chose que des politiques de déflation pour rééquilibrer les finances et la compétitivité des pays au sein de l’Union.

Il faut au monde un choc financier et à l’Europe un choc démocratique. 

On aurait les deux !

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Changes et libre échange

Jamais la faille institutionnelle européenne n'aura été plus béante.

Nos lecteurs savent que la crise économique absurde dans laquelle nous nous débattons a été provoquée par les défauts structurels du système monétaire international et l'absurdité des changes flottants de monnaies administratives.

Les produits ne s'échangent plus contre des produits mais des bouts de papier dont le commerce interdit de juguler les déficits et les excédents monstrueux que le système génère. On n'échange plus de l'emploi contre de l'emploi. L'échange mondialisé n'est pas l'occasion d'une création de richesses mais d'un transfert de travail en contrepartie de dettes incertaines.

Créer les conditions d'une liberté totale des échanges alors que les économies sont très différentes, tout en laissant s'échanger en apparence librement les monnaies-papier, n'aboutit qu'à des déséquilibres plus graves.

Le libre échange est une excellente chose mais pas à n'importe quelles conditions. La convertibilité des monnaies est une excellente chose mais pas à n'importe quelles conditions.

Dans le domaine du monde physique, ce genre de remarques ne poserait aucune difficulté. L'eau est une réalité merveilleuse. L'inondation ne l'est pas. L'irrigation, avec ses canaux et ses écluses est une des activités géniales de l'homme depuis des millénaires. Il ne viendrait à l'esprit de personne de casser les digues et les écluses au prétexte que la fluidité de l'eau est par nature bienfaisante.

Dans le domaine économique, qui suppose un peu plus d'abstraction, on ne peut pas compter sur l'évidence. La bêtise et l'incompréhension restent de règle car elles accompagnent des phénomènes de puissance et d'idéologie.

Que constatons nous en ce début 2013 ? Cinq ans après le début d'une crise qui n'en finit pas, l'économie mondiale est en pleine difficulté, stimulée à la baisse par la récession européenne volontaire. Tous les Etats qui le peuvent manipulent à nouveau leur monnaie. Les Etats-Unis font plonger le Dollar. Les Japonais ont non seulement renoncé au Yen fort mais le font sombrer dans des proportions jamais vues. La Livre est maintenue aussi bas que possible. La Suisse renonce à son "peg" et voit sa monnaie s'envoler. L'Euro, monnaie d'une zone en crise gravissime,  passe de 1.25 dollar à 1.35 et hop !  

La récession européenne en est aggravée. Le commerce mondial ne reprend pas. L'Inde est en difficulté conjoncturelle alors qu'on la présente comme la future troisième puissance économique mondiale en construction. L'Argentine s'effondre. Le Brésil tousse.  L'Indonésie triomphe grâce à une monnaie gardée très faible par un gouvernement nationaliste.

L'Europe devrait réagir.

Certes on s'agite un peu. M. Hollande,  ce politicien malin qui dit tout et son contraire dans la même phrase et persiste à s'égosiller à ne rien dire de concret tout en lançant à la cantonade l'expression de ses meilleurs intentions, n'a pas tort de préciser à Strasbourg qu'il faut réformer le système monétaire international. Nous l'avions d'ailleurs félicité il y a cinq ans quand il avait dit la même chose. Comme Nicolas Sarkozy en son temps.  Mais comme Sarkozy il ne précise ni le sens des réformes voulues ni leurs modalités.  On applaudit du bout des doigts, en espérant mieux sans trop y croire.  

Que font les pouvoirs européens à Bruxelles ?

Ils font ce qu'ils veulent et ce pourquoi ils sont programmés dans l'indifférence totale des nécessités de chaque état et des préoccupations de leurs dirigeants légitimes : ils négocient des abaissements de droits de douane et l'élargissement du libre échange. Après l'Afrique du Nord, nous voici en pourparlers avec la Corée du Nord et on parle d'une grande zone de libre échange avec les Etats Unis.

Il devrait être  parfaitement clair que la négociation commerciale doit être synchronisée avec la négociation monétaire. Si les Etats Unis font sombrer le dollar et privent les détenteurs d'avoirs en dollars de la réalité de leur avoir, s'ils imposent une compétition-prix faussée, à quoi sert le libre échange ?

La France, en déficit effroyable, sera mise en compétition  aggravée du fait de conditions monétaires déloyales. Aucun des bénéfices réels de l'échange économique libre ne pourra apparaître.

La raison voudrait que les autorités économiques européennes négocient avec en main les deux cartes : libre échange et système monétaire. Ces autorités n'existent pas. La BCE ne s'occupe que du niveau de prix interne de la zone Euro. Ce sont ses statuts. Les changes ne sont gérés par personne. La négociation commerciale est monopolisée par des personnes nommées qui vivent en vase clos et sont baignées par une idéologie d'ouverture à tout crin. Les travaux au sein de l'Assemblée Européenne ne sont qu'un cache misère, destiné à faire valoir un faux semblant de démocratie. Le lien avec les peuples européens est nul.  

Une institution de pleine souveraineté économique n'aurait de toute façon de sens que si elle s'appuyait sur un projet et une doctrine.  Pour nous, ce projet est le retour à une gestion concertée des monnaies dans un système de type Bretton-Woods amélioré par la suppression de toute référence à une monnaie nationale dominante. Comme tous les traités d'après guerre le prévoient, les excédents et les déficits excessifs seraient purement et simplement bannis. Les changements de parité monétaire seraient modestes et concertés. Il appartiendrait aux Etats de maîtriser la valeur externe de leur monnaie et le caractère raisonnable de leurs déficits ou excédents extérieurs.  

L'idéologie malsaine des changes flottants interdit de comprendre la crise actuelle tout en empêchant la conception de solutions efficaces.

Comme des zombies, les institutions partielles qui sévissent en Europe s'activent dans le néant intellectuel et dans la catastrophe économique, accumulant contradictions insolubles, passivité et désastre social.

On ne sortira de ce désordre délétère qu'en agissant sur deux fronts :

- doter l'Europe d'une politique intégrée de change et de relation économique extérieure, avec les organes ad hoc

- refonder la doctrine économique fondamentale dans un sens qui élimine les changes flottants et les guerres de monnaies au profit de solidarités monétaires et commerciales actives et concertées.

Il est extraordinaire qu'en bientôt six ans de crise désastreuse, strictement aucun progrès n'ait été fait en ce sens.

Zeus aveugle ceux qu'il veut perdre. Cela fait 2500 ans qu'on sait cela ! Et la pauvre Europa ne s'est pas si bien trouvée que cela de la rencontre avec le Grand Dieu. Elle ne sera honorée par les autres Dieux qu'à sa mort, ce qui n'est pas terrible comme perspective. 

En attendant les déficits se creusent, les dettes ne baissent pas assez, les entreprises ferment et le chômage grimpe à raison de 60.000 chômeurs de plus par trimestre.

Et les Ouvriers du Livre ruinent les journaux de la PQN. 

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile

  



Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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