Taxation des transactions financières : la farce continue !

Le sujet de la Taxe dite Tobin du nom de son promoteur n'est pas anodin. Il touche au cœur même du système monétaire international, de facto détruit dans sa variante Bretton Woods depuis 1971 et de jure depuis 73 , et qui est à la source même du désastre économique général que nous connaissons comme nous l'avons inlassablement démontré.

Tobin avait parfaitement compris que les changes flottants apporteraient une instabilité et un manque de contrôle dans la mondialisation économique. Ils craignaient à juste titre les effets d'une dérégulation totale des mouvements de capitaux, notamment à court terme, dans un système de compétition débridée des Etats. Afin de rendre impossible une économie financière "casino" qui n'était que trop prévisible, il a proposé une massue : un taxe de quelques points de base permettant d'empêcher les opérations purement spéculatives sans toutefois  empêcher les opérations financières basées sur l'investissement. Fini le Day Trading sur n'importe quoi et notamment sur les monnaies. Fini la spéculation perpétuelle sur des valeurs nominales dans le cadre de contrats n'ayant que le sens qu'on voulait leur donner.

La position de Tobin était parfaitement rationnelle. Nous lui avons toujours reproché d'être un expédient : la solution était dans le retour à un étalon monétaire international (cette fois ci détaché d'une nation, fut-elle la plus importante du monde) et un système coordonné de changes fixes mais ajustables sous le contrôle d'une puissante institution comme le FMI (détachée également du véto américain). On notera en passant que dans un tel système, la crise actuelle de l'Euro n'aurait pas l'intensité destructrice  de ces derniers jours.  

Le débat est réellement crucial. Il est de ceux qui conditionnent  notre avenir et celui de l'économie européenne et mondiale.

Comme on le sait ce débat est impossible. Les médias n'en parlent pas. Les économistes officiels regardent obstinément ailleurs. Pourquoi prendre le risque de se colleter avec les idées dominantes en provenance des pays anglo-saxons qui croient pouvoir prospérer sur la base débilitante des changes flottants ?  Finis alors les jolis et juteux postes nationaux et internationaux, les cercles internationaux ou nationaux plus ou moins confidentiels, comme celui qu'on reproche aujourd'hui à M. Draghi !

Honneurs, carrière  et argent sont dans le silence. Il est de fait assourdissant.

Attac, un charmant organisme communiste cherchant à survivre à l'effondrement de l'Union soviétique a mis le thème à la mode. Attaquons la "finance", celle que n'aime pas le Président Hollande, et pour cela brandissons l'épée de la taxe.  Il est vrai que Tobin  avait imaginé de donner le produit de la taxe aux ONG internationales. Alors on avait vu un certain nombre d'idiots utiles expliquer qu'avec une taxe infime on obtiendrait des sommes pharamineuses qui en un tour de main règleraient tous les problèmes du tiers monde.

Evidemment on était dans le mensonge  intéressé et l'agit-prop : si une taxe est d'un rapport pharamineux c'est que la taxation est elle-même pharamineuse. Il n'y a pas de miracle.

Tobin se fendit alors d'un communiqué pour expliquer qu'il n'avait rien à voir avec ce ramassis de communistes en rupture de ban et en espérance de subventions phénoménales, cachés derrière le faux-nez de l'éducation populaire.

Nicolas Sarkozy, toujours à l'affût quand il s'est agi de piquer une idée à la gauche, annexera la Taxe Tobin mais en totale rupture avec l'idée de réforme du système monétaire international. Pour lui il s'agira simplement de politique politicienne et de fiscalité facile, à la Chirac avec son système de taxation des billets d'avion.

Les différents lobbies politiques commencèrent à se déchirer le pactole. On vit la taxe servir à réduire la fracture Nord-Sud, puis la fracture numérique, puis la conversion verte  des pays en développement puis celle des pays européens. Mme Lagarde et Kouchner d'un même élan se fendirent d'un article ridicule que nous avons commenté en du temps sur ce blog. M. Douste-Blazy, l'évanescent on-ne-sait-plus-quoi, étonnant voyageur chargé à New York des ressources non conventionnelles, comme il y a des armes non conventionnelles, faisait du lobbying sur le thème "moi vouloir ces sous et vite".

Le produit de la taxe était convoité par tout le monde pour des prétextes divers (charité internationale, écologie, …) et n'avait plus aucun rapport avec la question du désordre monétaire international.

Finalement Nicolas Sarkozy, dans la précipitation d'une campagne électorale délirante, fit voter une taxe sur les transaction financière de 0,1%, soit 20 fois plus importante que le projet Tobin mais portant sur presque rien.  Il ne s'agissait plus que de collecter des ressources fiscales nouvelles pour l'Etat. Les Inspecteurs des Finances veillaient. 

L'énarque Hollande devait faire encore plus fort encore plus nul.

Nous voici donc avec une taxe 40 fois plus forte que la taxe Tobin, totalement déconnectée des questions monétaires internationales, portant sur les achats d'une liste d'actions en bourse et rapportant prétendument un peu plus d'un milliard d'Euros, ce qui nous sauvera face au 1.700 milliards de notre dette (qui augmente régulièrement de quelques dizaines de milliards par an).

Pour satisfaire  les lobbies du day-trading sur ordinateur, notamment la branche spécialisée de l'Ecole Polytechnique, avec des dépendances du côté de HEC, dont le président est "alumnus" on a décidé que la taxe ne s'appliquerait pas … aux spéculateurs.  Les ordinateurs qui sont la source de 80 à 90% des ordres d'achat pourront continuer à chauffer. Ils sont responsables de ce yoyo à fortes variations (2 à 3% à la baisse, deux à trois % à la hausse) et du vol caractérisé des intervenants non informatisés ? On s'en fiche.   

Les CDS : on ne touche pas.

La monnaie : pas touche non plus.

Ce n'est finalement rien d'autre qu'une taxe nouvelle et ciblée sur le déplacement de capital d'une forme à une autre. On a créé un type d'impôt inédit pour gagner six francs six sous.  Effets pervers : les actions des titres concernés ne seront plus négociées à Paris ou si elles le sont, avec des coûts supplémentaires qui limiteront l'accès à l'épargne. Tout le monde s'en fiche.  Du moment que l'épargne va dans les poches qui financent la dette, le reste n'a pas d'importance.  

Le plus drôle est la tête déconfite des ONG. M. Hulot proteste au nom de l'écologie. D'autre au nom de la lutte contre le Sida, d'autres enfin par habitude de quémandeurs frustrés. On attendait des milliers de milliards et voici qu'on nous fait l'aumône d'un misérable 10% d'une collecte fiscale minable.  Comme si 100 millions d'Euros ce n'était rien en ces temps de disette. Citoyens ne vous attendez pas à savoir où cette manne ira. Personne ne vous le dira dans le détail. Copains et coquins vont se régaler en faisant semblant de pleurer pour réclamer plus, plus tard. Il n'y a pas que les cultureux de gauche pour manipuler la sébile et la grenade.   

La taxe sur les transactions financières a été détournée de son rôle théorique pour devenir un impôt de plus, de justification incertaine, avec une distribution affectée abusive bien que modeste de son produit à des quémandeurs professionnels.

Une parfaite farce. Tout  fait dans le genre de M. Hollande, le roi du nègre-blanc, qui doit bien rigoler en pensant aux petits calculs désespérés de N.Sarkozy pour "faire gauche". Il a tant d'humour.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

ISF : la névrose fiscale qui détruit le Pacte Républicain Français

La France souffre de névrose fiscale aggravée et depuis bien longtemps. Dirigée par des fonctionnaires pour des fonctionnaires, la France voit l'idéologie socialiste la plus haineuse récupérée par des énarques de gauche ivres du pouvoir de la République, sous l'œil complice des énarques de droite, qui ont substitué la compassion au socialisme ouvertement assumé et qui veillent à ne jamais prendre le risque de se faire traiter de "fascistes inféodés au Medef et au Figaro magazine".

Le septennat fiscal de Giscard, les errements de Mitterrand, le désastre du ni-ni chiraquien  et finalement la fausse rupture Sarkozy ont conduit à une situation unique et inique. La totalité de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand ne suffit pas à couvrir les dépenses de l'Etat ! La dette d'état monte vers les 100% du PIB global et dépasse 125% du PIB purement marchand (hors prestations des services administratifs). Nous atteignons les 3 millions de chômeurs, bientôt le 5 millions d'inscrits à l'ANPE, les 10 millions de pauvres. Nos entreprises font faillite à répétition. Le commerce extérieur est entré dans l'ère des déficits insoutenables et cumulatifs. Une nouvelle récession est à nos portes si elle n'est pas déjà là.

La déroute de "l'énarchie compassionnelle", avatar grotesque du socialisme marxisant qui domine les classes intellectuelles françaises depuis la guerre, est totale. La France n'a plus d'indépendance et est désormais privée de tous les leviers économiques nécessaires à une politique adaptée à la situation actuelle (Elle est à saturation fiscale, en voie d'effondrement social, sans monnaie, sans gestion des changes et bientôt avec un budget sous contrôle extérieur). 

La seule chose qui intéresse le gouvernement Hollande est de trouver un bouc émissaire pour évacuer les tensions que cette situation désolante crée dans le pays. Il s'est fait élire sur la base d'un racisme social assumé. La France s'est bercée sur l'idée que les "riches paieront".  Hollande aurait-il affirmé : "les juifs paieront !", ou "les musulmans paieront" ou les "noirs paieront" qu'il serait aujourd'hui en prison.  Mais les riches ! Là on peut y aller.  L'idée qu'une minorité pourrait payer pour les masses a toujours été un grand must dans tous les épisodes socialistes du 20ième siècle, avec les résultats que l'on sait.

Quelle différence entre Pétain et sa révolution nationale, singularisant les Juifs pour expier la défaite et la propagande de ce M. Hollande clouant "les riches" au pilori fiscal ? Les mécanismes sont exactement les mêmes et ils sont à vomir.

Tout est absurde et mal inspiré dans le plan que les  parlementaires socialistes viennent de voter.

Nous étions contre la détaxation des heures supplémentaires. Nous pourrions applaudir à la disparition de ce gadget plein d'effets pervers.  Mais voilà : il a largement servi à faire baisser le coût du travail nécessaire à la survie des industries françaises.  Le supprimer sans redonner les moyens équivalents aux entreprises (au contraire on les accable à nouveau)  revient à simplement charger la barque un peu plus alors qu'elle sombre.

Nous étions pour la TVA sociale. La voilà enterrée. Une fois encore une mesure en faveur de l'exportation et de la compétitivité est abandonnée.  Une erreur absolue.

Et voici qu'on triple les impôts sur la fortune. L'ISF sera de retour aux taux confiscatoires d'avant mais sans le bouclier qui permettait à certains d'éviter de dépasser les 100% d'imposition. Le Monde laisse passer une opinion d'un "chercheur au CNRS" qui doit probablement son poste à ses amitiés socialistes ou communiste qui explique doctement que le nouveau régime est plus favorable  que celui de 2007 en oubliant justement le plafonnement fiscal qui est une grande partie du problème. On dirait du Picketty : regardez ce que je vous montre et oubliez ce que je ne vous montre pas.

Cet acte de haine sociale et politique est une faute économique grave (l'argent du capital part dans les dépenses courantes tuant toute perspective d'investissement) , une faute nationale dramatique (un impôt sur le capital à taux prohibitif se boucle nécessairement toujours par une vente des meilleurs biens nationaux à l'étranger) et surtout un détournement de pouvoir démocratique qui devrait être pénalisé.

Posez-vous  la question :  est-il normal qu'un citoyen se voit privé de la totalité de son revenu par l'état ? Constitutionnellement l'impôt est contributif, pas confiscatoire. Il n'est du qu'à proportion du revenu et pour les tâches régaliennes. Prendre la totalité du revenu d'un citoyen revient à détourner le pouvoir de coercition de l'Etat pour voler les citoyens.

On n'est plus dans la politique nationale mais dans le brigandage électoral mafieux.

Les mesures prises ces derniers jours vont permettre à l'état-PS de l'énarque socialiste Hollande de prendre la totalité du revenu d'environ 10.000 personnes à court terme, 30.000 bientôt. On spolie en toute connaissance cause une minorité nationale qui non seulement n'est coupable de rien mais n'a réussi à disposer du revenu que l'on saisit que par sa réussite économique.

Quelle différence avec la politique anti-koulak de Staline ? Minorité dont la propagande socialiste tendance bolchevique avait fait le bouc émissaire des échecs de la Révolution d'octobre, chaque jour vilipendée, chaque jour agressée, chaque jour mise au pilori, les anciens propriétaires de champs (0.5 à 20 hectares)  seront bientôt privés de tout revenu au point de mourir de famine par milliers puis par millions dans l'indifférence générale.

Certes les victimes de la confiscation socialiste à la française ne mourront pas de faim. On leur demande de se dépouiller du patrimoine que leur efficacité économique leur avait valu.  Vendez si vous voulez vivre ! On massacre leur vie mais on ne la prend pas. Il faudrait s'extasier de ce progrès humanitaire ?

On viole impunément toutes les règles constitutionnelles : droit à la propriété ; droit à un espace personnel à l'abri de l'état ; droit à la juste jouissance de son revenu. 

Il n'y a aucune solidarité seulement un vol. Un vol haineux qui doit donner de la joie mauvaise aux masses et garantir l'élection de la petite coterie des énarques socialistes et son maintien  au pouvoir.

La degré zéro de la démocratie.

Nous sommes au niveau du Zimbabwe de l'immonde Mugabe, l'hôte de l'assassin génocidaire Mengistu, celui qui tuait les enfants errants à la mitraillette et les laissait pourrir sur le trottoir pour l'édification des masses, ou du Venezuela de Chavez.    

Les médias français, dont selon les études, 80 à 90% des journalistes se déclarent "de gauche", s'extasient. Et ils ne cessent de surenchérir sur toutes les radios, dans toutes les télés. Pensez : les riches ! On peut y aller. On ne va pas les plaindre ces "dégueulasses". En plus ils devraient être heureux de contribuer. Qu'ils se plaignent est réellement honteux. 

Dans "Je suis partout" le journal de la collaboration sous Pétain, on affirmait déjà que les juifs contribuaient "enfin" à la solidarité nationale, parce qu'on leur saisissait leur appartement et autres biens en attendant pire. Et qu'ils avaient bien peu de vergogne à se plaindre d'être "enfin" utile à la Nation dont ils avaient sucé le sang. Beaucoup de Français jouissaient des tracas et spoliations qu'on leur faisait subir, en rêvant qu'ils pourraient bien en profiter un peu.

Combien de Français jouissent aujourd'hui du plaisir du tort fait aux "riches" ?

Qui osera faire un sondage sur le thème : "on va prendre à 30.000 Français la totalité de leur revenu : êtes vous d'accord oui-non". Personne. La presse socialiste n'osera pas assumer un crime qu'elle nie. La presse de droite a trop peur de constater que les Français aiment çà.  

L'UMP toute à sa guerre des chefs, n'a eu aucune réaction. Comment en aurait-elle alors qu'elle n'a pas eu le courage de supprimer l'ISF ? C'est l'énarque Juppé, qui se voit déjà en suprême recours du combat des deux prétendants principaux, qui avait supprimé le petit bouclier fiscal de Rocard tout en criant "vive l'ISF, impôt que l'on aurait du créer". C'est lui qui le plus officiellement avait permis au nombre des contribuables privés par le fisc de la totalité de leur revenu d'enfler démesurément, jusqu'à ce qu'on constate que les RMIstes de l'île de Ré étaient privés de tout revenu et devaient vendre leur ferme familiale emportée par la bulle immobilière.

Dans ce parti tenu par les hauts fonctionnaires au sommet, et à la base peuplé de chefaillons cherchant d'abord l'enracinement local en se gardant bien de toute position sur une question nationale quelconque (la crotte de chien semble leur horizon majeur), il ne se sera dégagé aucune voix pour dire que cette exaction doublé du viol du pacte républicain devait être impitoyablement condamnée.

Défendre une minorité honnie ? Vous n'y pensez pas ! La "classe moyenne", paravent commode, utilisé à droite comme à gauche, d'accord, mais les riches ? "Mon image serait irrémédiablement salie. L'homme du grand capital; moi ? Vous rêvez !"

Trouvez un simple démocrate qui tient qu'on ne peut pas prendre la totalité du revenu de quelqu'un, qui n'a commis aucune faute et en temps de paix,  est impossible à l'UMP, comme d'ailleurs dans aucun  parti. De la même façon qu'on ne trouvera aucun musulman prenant la défense de la minorité chrétienne honnie au Moyen-Orient, qu'on ne trouvait aucun allemand pour soutenir ouvertement les juifs dans les années hitlériennes, qu'on ne trouvait aucun "homo sovieticus" pour prendre la défense des Koulaks, aucune voie ne s'élèvera pour dénoncer une exaction innommable commise contre une frange de Français considérés comme coupables et à merci.    

Pauvre France. Elle perdu toute indépendance. Son industrie n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut.  Elle est absente de tous les marchés porteurs d'avenir et ne se bat à aucun avant poste de la technologie. Elle qui fut à l'avant garde de la révolution industrielle, qui fut dans la bataille de la voiture, de l'avion, du cinéma, de toutes les grandes innovations du XIXème et de la première moitié du XXème n'est plus rien. Le français n'est plus enseigné à l'étranger. On vient même de supprimer la gratuité de l'enseignement secondaire des Français de l'étranger.  Ils n'ont qu'à apprendre l'anglais ces salauds. L'aura de la France est devenue presque nulle et se survit à elle-même par inertie, pas par ses grandes réalisations actuelles.

La voilà dirigée par une petite oligarchie de hauts fonctionnaires qui se partagent les restes en ruinant à qui mieux-mieux les témoins d'un autre destin français.

M. Hollande avec son sourire mécanique et son profil de serpent à sornettes, un tiers vipère, un tiers couleuvre, un tiers anguille,  symbolise assez bien la décrépitude française.

Programme économique imbécile et assumé comme tel ("certes nous marchons dans la mauvaise direction mais nous ne faisons que des petits pas, donc ce n'est pas grave et il faut bien qu'élections se passent") ; mesures confiscatoires indignes ; souci perpétuel de la communication et de l'image ; nombrilisme exacerbé, clanisme et démagogie à tous les étages.

Pendant ce temps là l'Europe frôle l'explosion, les comptes nationaux rougissent, la récession s'avance en majesté.

Jamais la contradiction entre les nécessités nationales et la mentalité des équipes chargées de les défendre n'a été aussi grande. 

Ce n'est même pas leur infirmité économique (majeure) qu'il faut condamner en premier. Mais leur forfaiture vis-à-vis du pacte républicain.  Ce faisant les fonctionnaires socialistes ajoutent au drame économique l'abjection anti-démocratique et font de la France un objet de répulsion.

Quel parti osera ce programme minimum ?  

- Nul ne peut se présenter à une élection ou diriger une institution publique qui fixe sa propre rémunération.

- Nul ne peut recevoir plus d'une rémunération publique.

- Tout président, ministre ou parlementaire qui contribuera à des décisions qui conduisent à la confiscation par la force publique de la totalité du revenu d'un citoyen sera poursuivi pour viol du pacte national et détournement de pouvoir. Il sera condamné :

                * A l'indignité nationale et la perte de toutes décorations.

                * A l'inéligibilité à vie à toute élection locale, régionale ou nationale

                * A subir sur son propre revenu et ses propres biens les mêmes confiscations qu'il a lui-même imposées, au taux maximal constaté et pour la durée de l'effet des mesures prises, dès lors que les mesures ont conduit à dépouiller ne serait-ce qu'un citoyen de la totalité de ses revenus. 

Jamais il n'a été plus nécessaire que toutes les forces nationales, toutes et spécialement les forces motrices,  soient associées à une œuvre de redressement et qu'un programme économique national, européen et mondial efficace soit clairement élaboré et mis en pratique.

Jamais on n'en a été plus loin.

La France et les Français auront mérité la débâcle qui les emporte pavillon bas.   

En relisant Raymond Barre

Raymond Barre, "le meilleur économiste de France" est arrivé au pouvoir à la suite d'une série d'évènements majeurs.

En été 1971 Nixon a mis fin au système de Bretton Woods. En 1973 à la Jamaïque, Valéry Giscard entérine toutes les modalités nouvelles du système des changes. Ils flotteront. Les monnaies seront désormais rattachées à rien. Des banques centrales "indépendantes" seront chargées de veiller sur elles. Les "marchés" font leur apparition en majesté. Le dollar s'effondre et tombe rapidement en Franc à 3.50, contre 5 à 6 jusque là. Les pétroliers s'affolent. Leurs recettes diminuent presque par deux. La crise décennale se produit dans ce chaos. Il s'y ajoute la guerre au Proche-Orient. Le cartel pétrolier décuple le prix du pétrole. La stagflation s'installe.

La mort brutale de George Pompidou met Valéry Giscard au pouvoir avec Jacques Chirac comme Premier Ministre. Ils veulent démontrer que la gauche n'a pas le monopole du cœur. Ils font naître l'énarchie compassionnelle qui va envahir le pays pour quatre décennies. Ils tentent une "relance keynésienne". Ils n'ont absolument pas compris qu'en régime de changes flottants ces relances ne fonctionnent pas tout en mettant un régime de licenciement fou : autorisation administrative de licenciement d'un côté (ce sont les fonctionnaires qui décident si les entreprises du privé doivent ou non licencier)  et indemnités licenciement économiques follement généreuses : 90% du salaire pendant deux ans. Certains jeunes cadres diplômés demandent à être licenciés !   

Qu'on ne vienne pas dire que c'est faux. Ingénieur en chef d'une société de conseil américaine l'auteur de ces lignes voit un de ses alter égo se battre pour être ainsi licencié : il reprend des études de doctorat tout en alternant des activités de moniteurs de voile près de Nantes en été et de moniteur de ski en hiver. Il est vrai qu'avec le nouveau régime il gagne plus qu'avant en salaire net ! A ne rien faire…La génération de mai 68 aime les vacances au soleil et les activités ludiques. Que ce soit avec l'argent des autres ne gène pas. "Tout pour ma gueule" aura été le vrai slogan implicite des "évènements".    Heureusement "cet avantage acquis" ne tiendra pas. Mais d'autres tout aussi extravagants ne tarderont pas (intermittents du spectacles, 35 heures etc.).

Quand Raymond Barre est appelé, la situation est catastrophique. L'inflation est à deux chiffres. Le chômage atteint des niveaux inconnus (la barre du million de chômeurs fait frémir). La croissance est très faible par rapport aux années 50 et 60 mais reste à des niveaux qui nous emballeraient aujourd'hui. Le commerce extérieur est plombé et pas seulement par le poids de la facture pétrolière. L'endettement qui était pratiquement nul en 1973 n'a pas cessé de croître. L'économie financière se met en place subrepticement. Les banques ont compris après une période d'incertitude que les "marchés" sont une opportunité. La Société Générale ouvre à la défense sa salle des marchés emblématique. Le "Crazy Lyonnais" commence son "trip". Les énormes mouvements de monnaies et de capitaux dégagés par la hausse de pétrole se mettent en place. Il faut recycler des masses financières énormes. On distribue du crédit à-qui-mieux-mieux notamment en Afrique. La crise financière d'après se met en place.

Dans le monde entier l'endettement global commence à grimper. Tout le monde s'en moque.

En revanche l'inflation inquiète. Les Etats-Unis se décident avec Volcker à mettre de l'ordre. Tous les économistes le savent. Raymond Barre, membre de sociétés de pensée qui sont largement alignées sur les Etats-Unis, le premier.   Il arrive dans une phase de reprise mondiale partiellement gâchée par un second choc pétrolier. Bien qu'il soit, nominalement, plus fort que le premier, il ne provoque pas du tout les mêmes conséquences qu'en 1974. La raison, méconnue, est qu'on n'est pas dans la même phase du cycle quasi décennal. La récession décennale classique a en 1974 été aggravée par le désordre monétaire international provoqué par le flottement des monnaies et super aggravé par l'action du cartel pétrolier.  En 1978 nous sommes plutôt en phase haute du cycle qui ne se retournera qu'en 1981. La hausse des prix pétroliers est absorbée sans trop de drame.

Volcker va se trouver confronté à un bouillonnement financier de haut de cycle qui aggrave tous les déficits américains. Il va aggraver la récession de fin de cycle par une politique monétaire très restrictive qui va progressivement  casser l'inflation mondiale à deux chiffres,… et mettre aussitôt en danger tous les pays notamment africains qui avaient emprunté comme des malades.

En revanche l'Europe subira une crise plutôt douce, conformément à la règle qui veut qu'après une crise dure succède une crise de moindre intensité. La crise de 92-93 sera en revanche extrêmement forte, confirmant la règle.

Lors du mandat de R. Barre l'Allemagne est dans une bien plus mauvaise situation financière que la France. Principale créancière des déficits américains, elle a été largement ruinée par les aléas de la valeur du dollar. C'est elle qui parait "l'homme malade de l'Europe" ce qui ferait sourire aujourd'hui. Le Japon prend le relais de l'Allemagne dans les années 80.. Le pays est au firmament. On copie ses méthodes de gestion. Il sera ruiné à son tour en 92-93, quand les énormes réserves en dollars qu'il aura accumulées seront dévaluées. La Chine prendra alors le relais…

Personne ne voit le système malsain des doubles pyramides de crédits qui se mettent en place sans gardes fous depuis que le système des changes flottants s'est installé.  Qui dit pyramide de crédits dit pyramides de dettes. Les pays commencent à dépasser les 280% de dettes globale et approchent des 300%.

On voit déjà clairement apparaître le triptyque :

- Une France noyée de dépenses publiques avec une grosse poussée de dettes et d'impôts. Le septennat Giscard sera d'abord un septennat fiscal (aggravation de tous les impôts, fin du forfait et généralisation de la TVA, impôt sur les plus value,  etc.).

- Une Europe embarquée dans une forme d'unification monétaire poussant à la contraction monétaire voire la déflation. Trichet pointe son nez.

- Un monde totalement désorganisé par les changes flottants et une finance débridée qui entre dans des formes de folies financières qui aboutiront à la dénonciation de "l'horreur économique".

Ces trois tendances seront fortement aggravées dans les décennies suivantes mais resteront en ligne avec ce qui est déjà évident en 1978-1980.

Nous-mêmes discutions déjà dans notre enseignement e ces questions centrales : L'Europe s'est elle perdue sans retour dans son modèle finalement social-démocrate d'hyper fiscalité et de faible compétitivité ?  Vivons nous une crise du modèle européen d'abord, les tigres d'Orient montrant notre décrépitude de pays paresseux et vieillis ?  Les pays occidentaux sont ils victimes du chantage des pays pétroliers et faut-il comprendre que ce chantage va nous ruiner progressivement ?  Sommes-nous victimes d'un système monétaire international dont déjà on voit les faiblesses et les dangers ?

Le livre de Raymond Barre, "Une politique pour l'avenir", Plon, 1981,  permet de constater comment un chef de gouvernement de l'époque, féru d'économie,  percevait ces problèmes.

Sur les changes flottants :

"Le premier [facteur de la crise] est le dérèglement du système monétaire international qui a commencé vers 1968 mais dont les manifestations les plus aiguës se sont produites à partir de 1970. Il a entraîné une instabilité du dollar qui était et qui reste la monnaie pivot du système économique , monétaire et financier international".

Jean Boissonnat qui sert de  faire valoir dans ce chapitre du livre pose alors une excellente question :

" Depuis ces dérèglements monétaires on a vu se généraliser le flottement des monnaies. Le libre jeu du marché est censé conduire au prix d'équilibre pour chaque monnaie. Or il n'en est rien. N'est-ce pas la preuve que les mécanismes de marché ne peuvent pas résoudre tous nos problèmes ?"

Réponse de Raymond Barre : "Le régime des changes flottants n'exprime pas un choix libéral. Il traduit plutôt l'incapacité où se trouvent les responsables des diverses économies de faire face à de profonds déséquilibres. Je suis un partisan très ferme des changes fixes sur le plan international. Cependant à partir de 1973, après l'échec du Smithonian Agreement, je suis arrivé à la conclusion que le maintien des changes fixes n'était plus possible".

Note : le Smithonian Agreement avait suivi la décision de Nixon de ne plus rembourser de dollars en or. On bricola alors un arrangement permettant une réévaluation de toutes les autres monnaies avec un change fixe pour le dollar détaché de l'or. La défiance fut telle que le système explosa et que les accords de la Jamaïque mirent en place les changes flottants.    

Raymond Barre avance trois raisons :

- "Pour qu'un système monétaire fonctionne il faut que tous les pays  qui y participent respectent un certain nombre de disciplines. Or ce n'était plus le cas"

- "En deuxième lieu l'excès de liquidités internationales, c'est-à-dire de dollars, qu'il n'était pas possible de maîtriser".

- "En troisième lieu la hausse du prix du pétrole qui a provoqué des déséquilibres supplémentaires et massifs des balances des paiements".

Il conclut : "Aucune monnaie ne flotte au seul gré des forces du marché". "Quand vous me dites que l'actuel régime des changes flottants est un système libéral, je vous réponds non". "Le taux de change du dollar n'est pas un prix comme un autre; il ne peut être assimilé […] au prix du chocolat ou de la cacahuète."

 

Le professeur Barre dans son manuel n'évoque pratiquement pas les changes flottants. Il professe comme toute la génération des professeurs d'économie de l'époque que les changes flottants de monnaies administratives sont un machin exotique et dangereux et que la rationalisation ex post de Milton Friedmann ne tient pas la route. La monnaie n'est pas une marchandise comme les autres.  Il constate simplement que les Etats-Unis n'en veulent plus par commodité nationale. Ils souhaitent abuser de la position dominante du dollar. Ils ont fait sauter les règles de Bretton-Woods. Ils inondent le monde de liquidités. Ils ont provoqué une réaction mercantiliste chez les producteurs de pétrole.  C'est comme cela. Inclinons nous et taisons nous.

Nous affirmons ici que le désastre économique continu que nous vivons depuis 1971 est du au système des changes flottants. Retenons que cette idée n'est ni nouvelle ni saugrenue. Les changes flottants, cela ne marche pas, cela n'a jamais marché et cela ne marchera jamais. Raymond Barre s'est couché devant une réalité qui s'imposait à lui, tout en n'en pensant pas moins. Comme tous ses successeurs sans exception. La seule différence est qu'il disait encore, de façon subliminale, qu'il s'agissait d'une folie venant des Etats-Unis qui imposaient une relation de force au reste du monde. Plus personne n'osera agiter ce chiffon rouge. Le tabou des changes flottants allait s'installer avec la seule rébellion de Maurice Allais qui sera évacuée sans douceur à la fin des années 90.

 

On trouve dans le livre un autre aveu, totalement différent celui là: son "libéralisme ne diffère pas beaucoup de ce que pensent et ce que font les gouvernements socio-démocrates". Chirac avait voulu un "travaillisme à la française". Barre lui est carrément social-démocrate. Les deux chefs du gouvernements de Giscard, le père de "l'énarchie compassionnelle", se présentent ouvertement comme "de gauche". Barre n'hésite pas une seconde à considérer que l'Etat doit assurer une distribution des revenus par la fiscalité et une politique de prestations sociales. Il n'hésitera pas plus à ouvrir grand les portes de la gestion de Lyon, longtemps la ville la plus conservatrice de France, au Parti socialiste. On est là à l'origine d'un grand mouvement qui verra plus tard Alain Juppé expliquer que le RPR aurait du lui-même proposer le RMI et l'ISF et Sarkozy se défendre d'avoir été de droite lors des élections de 2012 en prouvant qu'il avait pris aux riches pour donner aux pauvres, ce qui est parfaitement exact. Il glorifie "le dialogue social qui a pu  s'instaurer en France" et qui conduire le gouvernement Fillon à sacraliser le dialogue préalable avec les syndicats avant de prendre toute mesure.

Raymond Barre, comme Giscard, comme Chirac est un fonctionnaire qui considère comme normal d'aggraver constamment la pression fiscale, ce qu'il fera sans vergogne et par tous les moyens. Et qui ne limitera en rien la dépense publique bien au contraire.

Comment, dira-t-on, se fera-t-il le parangon de la "rigueur" et suscitera-t-il autant de "porteurs de pancartes" avec ces "Barre-toi" si caractéristiques de l'époque ?

Il a compris qu'il fallait lutter contre l'inflation, contrôler l'évolution de la masse salariale, mettre fin au contrôle des prix, rétablir la balance du commerce extérieur. Ce qu'il fera. Et bien. Il a défendu une politique d'économie d'énergie drastique appuyée par le recours au nucléaire qui limite la dépendance extérieure. Il a libéré de tutelles excessives les grandes entreprises "qui se sont fixé comme objectif d'occuper une part significative du marché mondial".

Deux phrases intéressantes : "La politique budgétaire doit être conduite en étroite liaison avec la politique monétaire".  "La politique du taux de change doit être soutenue par la maîtrise de la dépense publique et de la création monétaire interne". Elles devraient pousser à la délectation morose tous ceux qui constatent que la France n'a plus  ni politique monétaire, ni politique de change et depuis le traité récent, même plus de politique budgétaire !

En un mot la France n'a plus aucune possibilité de conduire une quelconque politique économique. Ce n'est même pas sa volonté d'indépendance qui est en cause : elle n'a plus de volant, de boîte de vitesse ni de frein et d'accélérateur.

On comprend mieux pourquoi le mariage des homosexuels et l'impérieux devoir d'équiper les voitures d'éthylotests sont les préoccupations principales du moment.

Sur l'Europe, Raymond Barre a tout du cabri : Vive l'Europe. Vive l'Europe. Vive l'Europe.  Aucune discussion. Il faut y aller et c'est tout. "On entend souvent dire que la Communauté est en crise. On stigmatise, c'est un thème facile, sa prétendue incapacité à régler les problèmes auxquels elle doit faire face et on déplore son enlisement".  Après avoir ridiculisé, sans réelles preuves, ces vilaines idées, Il développe ses propres principes cardinaux :

- la consolidation d'un grand marché industriel"

- la survie de la PAC grâce à une politique "équilibrée et efficace".

- La réalisation d'une zone de stabilité monétaire. "Il n'est pas indifférent pour l'avenir que ce pôle de stabilité tende à attirer nos voisins suisses autrichiens et scandinaves".

- Des liens privilégiés avec soixante états d'Afrique et des caraïbes.

- La coopération politique en Europe.

- L'existence d'un système institutionnel européen original

- La pierre angulaire est la relation étroite avec l'Allemagne.

- Le budget européen n'a pas vocation à grandir et les nouvelles coopérations ne peuvent être imaginées à partir de ressources fiscales affectées. 

- On ne peut éluder les problèmes posés par l'élargissement de la communauté à …12 pays. "ne devons nous pas nous interroger sur la façon d'organiser la solidarité financière entre les pays membres de manière à éviter à la fois des situations intolérables pour certains états membres et le "juste retour" contraire à la notion même de communauté?".

 

Sur ce sujet européen contentons nous de constater qu'il n'y a aucune réflexion de fond. L'Europe "fara da se". Point final. C'est un credo.  La fuite en avant sera donc la solution, toujours et encore. Mettons la charrue avant les bœufs  et allons y. C'est ainsi qu'on en viendra à un élargissement totalement incontrôlé et à l'Euro.

L'Europe est avec les changes flottants et  la social-démocratie de droite,  une des trois vaches sacrées qui vont dominer la politique française les trente années suivantes avec les résultats déplorables que l'on sait.   

Finissons par quelques recommandations Barristes qui ne manquent pas d'intérêt et parfois de sel.

" Le "rédéploiement énergétique" sera la "nouvelle frontière" des "années 80"".  Encore un effort et on affirmera après un Grenelle de l'environnement que la croissance sera verte ou ne sera pas !

"Un autre important défi des "années 80" sera la stabilité monétaire au plan national et international". On verra comment le "programme commun de la gauche" relèvera ce défi à l'intérieur et ce que la dérégulation financière à l'international fera de la stabilité monétaire à l'extérieur. Il est vrai que Raymond Barre prudemment explique  : " je n'esquisserais pas devant vous un plan de réforme du système monétaire international".  On peut être courageux sans être téméraire. Surtout ne rien dire qui fâche nos grands amis américains et la finance internationale.  On parlera donc de "stabilité monétaire" à préserver ou instituer, c'est selon. On a vu ce qu'il en est advenu. A chaque G.20 on chante encore trente ans plus tard un joli couplet sur la stabilité à venir.

Il faut éviter les tentations de la facilité : "la première est la tentation de l'endettement extérieur massif et continu".  Bien vu professeur. "La relative facilité du recours à l'emprunt peut créer des illusions. Aucun pays ne peut à moyen terme se dispenser de politique d'ajustement indispensables au rétablissement de l'équilibre extérieur". Si M'sieur : il suffit de créer l'Euro. Les déficits deviennent internes et la valeur de la monnaie n'est plus affectée. Alors pourquoi se gêner ? D'autant plus que la libéralisation complète des mouvements de capitaux permet de s'endetter partout et à de bonnes conditions si l'Euro est fort.

Que conclure de ce petit retour sur le passé ?

D'abord que M. Giscard a fait une politique de gauche : dépenses publiques, dettes, impôts qui a été menée par ses deux Premiers Ministres. Le premier l'a menée dans l'inconscience la plus superbe, croyant encore qu'on pouvait faire de la relance keynésienne à tout va.  Le second a été plus prudent, conscient qu'il fallait lutter contre l'inflation et revenir aux grands équilibres.  Mais il avoue sa vocation social-démocrate. Philippe Némo a écrit un fort bon livre sur "la France aveuglée par le socialisme" (François Bourin éditeur- Novembre 2011) . Le septennat Giscard lui offre un chapitre complet. Les Français choisiront bientôt l'original par rapport à la copie et on lâchera tout ce que Barre avait essayé de fixer.

Puis ce sera le ni-ni chiraquien puis la fausse rupture sarkozienne puis le socialisme fiscalement matraqueur hollandais.

La France est devenue la patrie de la dépense publique, du déficit et de la dette.

L'Europe est depuis toujours un must qui ne se discute pas. On ira vers Maastricht les yeux bandés en même temps que l'élargissement deviendra phénoménal. Rien n'a été discuté au fond. Aucune difficulté n'a été anticipée. Ceux qui s'y sont essayé ont été chassés de l'espoir du pouvoir.  Seul le peuple finira par dire non. Il sera contourné.

Les changes flottants sont une catastrophe. Mais il ne faut surtout pas le dire et ne pas s'insurger. Les socialistes finiront d'entrer dans le système en intégrant toutes les législations laxistes en matière de finance avec M. Bérégovoy.  La décennie 80 verra une croissance encore plus faible que celle de 70. Celle de 90 sera encore plus nulle, en attendant les premières dix années du siècle. Et les 10 suivantes qui seront catastrophiques. Quo non descendam ? La crise de 93 sera la plus dure depuis la crise de 29, délogeant la crise de 1974, avant d'être délogée à son tour par la crise de 2008-200x. 

Certes il y aura un rébellion contre les changes flottants après la crise financière de 1998, et l'annonce par Maurice Allais d'une crise mondiale du type 1929. Il sera d'abord moqué, puis amalgamé à Le Pen, puis enterré. Le tabou  des changes flottants reste coulé dans le bronze de la lâcheté européenne et française.

On continue comme cela, perinde ac cadaver?

Un document explicite de mai 2007 : la crise était bien prévue !

Face à la prochaine récession
[re: ]

DidierDufau

 

01/05/2007 00:36

 

On sait qu’il existe un cycle économique qui entraîne en moyenne tous les dix ans une récession. Pour en rester à l’après guerre, ces crises se sont produites en 1952, 1963, 1974, 1982, 1993 et finalement 2002. L’histoire nous dit qu’une crise légère succède à une crise grave et réciproquement qu’une grave succède à une légère. Les récessions de 74 et 93 ont été très prononcées. Celle de notre début de siècle a été plutôt modérée. Le scénario historique est donc orienté vers une crise sévère entre 2009 et 2012.

Le nouveau président doit donc se préparer à affronter une récession majeure pendant son quinquennat.

Aucun des deux candidats n’en parle. Evidemment. On ne peut pas jouer les Cassandre en réclamant la confiance des électeurs.

 

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Ce texte a été récupéré dans les archives du forum du journal Le Monde où il peut être consulté.

 

Il démontre de la façon la plus claire que dès mai 2007, bien avant le blocage du marché interbancaire, il était possible de prévoir la récession de 2009.  Ce texte a été rédigé en même temps qu'un envoi était fait fait au bureau du candidat Sarkozy l'implorant de tenir compte de la crise à venir et de ne pas annoncer n'importe quoi en matière de croissance.

Indiquer que personne n'avait prévu la crise est donc inexact. Affirmer que les économistes officiels et notamment l'Insee et le FMI n'avaient pas prévu la crise serait plus juste.

Ce thème a été répété dans de nombreux messages dont seulement quelques rares ont été conservés. On trouve par exemple un peu plus tôt ce commentaire :

"C'est le scénario le plus probable. Et si ce phénomène n'est pas anticipé, cela aura des conséquences aussi en politique notamment sur la prochaine élection présidentielle".

Ou encore :

"Comme une récession est probable entre 2010 et 2011, Sarkozy président risque d'avoir à gérer une remontée du chômage au delà de 10%, deux fois au dessus de son objectif".

Rappelons que toutes ces prévisions datent du début 2007.

En septembre 2007 après analyse du blocage du marché interbancaire nous annoncions le départ de la crise violente pour septembre 2008 en pointant qu'elle serait plus sévère que la crise de 93 compte tenu de la masse de dettes accumulées et durerait plus longtemps.

Nous avons choisi d'intervenir sur un blog pour éviter les effacements d'archive. Par chance Le Monde a conservé certains messages relatifs à la période de l'élection présidentielle de 2007.  Dommage que les autres ont été effacés. Ils auraient permis de prouver de façon très objective que les trois défauts majeurs (défauts du système monétaire international conduisant à une montagne de dettes, système européen de l'Euro régressif, France noyée dans sa dépense publique) que nous dénonçons continument sur ce blog l'étaient déjà depuis...1997.

Il n'y a aucune surprise dans les évènements actuels. Les clés d'explication ont été élaborées depuis longtemps et ont été exposées en long et en large des dizaines de fois publiquement sans être constestées dans les quinze dernières années.

Faute que les instances officielles françaises, européennes, et internationales s'en soient saisies, nous sommes en cet été à la veille d'une nouvelle  récession,  avec la même impuissance à comprendre que la source de tous les maux est d'abord à chercher, pour le monde,  dans les dérèglements du système monétaire international qui a permis le gonflement d'une bulle d'endettement mondial phénoménale, maux dont personne ne parle et qui ne font même pas l'objet d'une analyse publique , encore moins d'une esquisse de solution,  pour l'Europe dans des défauts de structure et de gouvernance de l'Euroland  dont on n'a toujours pas compris l'importance et qui restent sans solution, pour la France dans une dérive de dépense publique ahurissante qui a cassé le marché du travail, ruiné l'industrie, endetté les Français fiscalisés au maximum, dont on voit que le gouvernement actuel n'a toujours pas pris la mesure.

La crise actuelle, à ses trois niveaux, est d'abord une crise intellectuelle et politique. Les politiques français s'avèrent incapables de comprendre ce qui détruit l'économie du pays et persistent dans des erreurs monstrueuses. Les politiques européens ne savent pas gérer le monstre qu'ils ont enfanté sans réellement y réfléchir. Le G.20 est incapable de revenir sur les idées et  les mécanismes qui sont responsables du désastre actuel.

 

 

 

 

 

Euphorie, inconscience et procrastination

On sait que le monde doit réformer son système monétaire international, source principale de la crise, que la zone Euro telle qu'elle est conçue conduit à une impasse dangereuse, et que la France submergée par ses dépenses publiques doit les maîtriser.

En cette veille de l'été  qui est aussi la veille d'une stagnation voire d'une récession mondiale, il est intéressant de voir si les gouvernants vont dans la bonne direction.

Sur le système monétaire mondial, la réunion récente du G.20 a montré qu'il n'y avait non seulement aucun progrès dans le diagnostic mais pire encore que les solutions étaient tout simplement tabous. Vive les changes flottants ; vive les capitaux flottants ; vive les effets pervers de l'ensemble. Pas d'importance, circulez il n'y a rien à voir. Il suffit de corseter les banques et tout ira bien. Les banques sont en fait en plein dégonflement. Les licenciements dans cette industrie se comptent en centaines de milliers. C'est le sauve qui peut général. Cela durera jusqu'à ce que l'endettement global redescende autour de 200% du PIB. On en est loin.

Pendant que le secteur se décompose, on ne fait aucune réforme globale, faute d'esprit de coopération entre les états.  Le blocage intellectuel et politique est total.

Ce qui n'empêche pas les gros malins qui règnent en maître dans les institutions mondiales de chercher encore et toujours des ressources pour nourrir leurs satrapes. Après les "financements non conventionnels", comme la taxe Chirac sur les voyages en avion, il y a eu la taxe sur les transactions financières. Mais elle a été annexée par les gouvernements pour faire baisser la dette. Alors on suggère une taxe sur les très riches directement affectée aux organisations humanitaires rattachées à l'ONU.   

En Europe la dernière des réunions "de la dernière chance" a été l'occasion de voir une Allemagne prêchant la rigueur aux pays qui n'avaient plus de crédit, la France expliquer qu'il fallait un pacte de croissance et l'Espagne et l'Italie affirmant "On s'en fout de tout cela, nous ce qu'on veut c'est faire baisser tout de suite nos taux d'emprunt sans qu'on nous mette sous une tutelle déflationniste".  On a expédié l'affaire avec des expédients. La France s'est couchée devant les exigences allemandes : il n'y aura aucune renégociation du Pacte de stabilité et le gouvernement français sera tenu à la règle d'or. Tout le monde a, bien entendu, accepté de faire une révérence verbale à la croissance alors qu'aucun moyen réel de croissance n'a été dégagé. Il faut bien sauver la face. L'Espagne et l'Italie ont obtenu ce qu'elles voulaient parce que leur glissement dans la situation grecque marquerait la fin de l'Euro. On a donc géré l'urgence, comme d'habitude en permettant à ces deux pays d'étaler la rigueur et de recapitaliser leurs banques sans mouiller trop les Etats. Miracle, même plus de Troïka pour surveiller les déviances.

A-t-on pour autant régler les défauts  de structure de l'Euro-zone ? On sait que les pays ont dévié et que la convergence offerte par la dévaluation ne leur est pas possible. Comment retrouver l'homogénéité nécessaire sans dévaluation ? Ce fut le grand silence. Le rééquilibrage ne peut se faire que par la déflation contrôlée et différentielle. Chut, il ne faut pas le dire.  Reste à savoir comment on réussit une telle politique. Pour le moment personne ne se risque à en faire la théorie.

Rassurons-nous, les fonctionnaires européens ont réussi à sauver leur hausse massive de salaires un moment contesté.  Tout va bien.  

Pour la France les choses au moins sont claires : tout le programme de Hollande va à l'envers du nécessaire. Sur tous les fronts économiques il fait des pas dans la mauvaise direction mais il prétend que ce ne sont que des petits pas donc que ce n'est pas grave. Les nécessités nationales auraient voulu qu'on fasse de grands pas dans la bonne direction.

On sait que les effectifs publics sont trop élevés et qu'il faudrait les réduire du quart en quelques années. On annonce que les effectifs resteront stables mais qu'on ne détaxera plus les heures supplémentaires et qu'on ne restituera plus les gains d'effectifs éventuels de-ci de-là aux fonctionnaires des services concernés. Le point d'indice ne sera pas réévalué et le glissement des carrières contrôlé.

Cela aboutira à une baisse globale du pouvoir d'achat des fonctionnaires importante :  probablement de 10-12% sur les 5 ans à venir. Il semble que les syndicats ne s'en soient pas encore émus. Les dirigeants du PS pensent qu'il sera toujours temps de lâcher quelque chose aux approches d'élections importantes.

En vérité la bonne politique aurait été de réduire de 2% par an les effectifs globaux. En cinq ans on aurait obtenu une baisse de 8 à 9% qui, s'ajoutant aux mesures précédentes, aurait permis d'attaquer sérieusement la surcharge qu'impose au pays une administration pléthorique.

On ne dit rien de la fonction publique territoriale, des empilages administratifs, de la dépense de fonctionnement excessif des services, de leur trop grand nombre. Alors que la grande chasse aux prébendes et sinécures est en cours dans le marigot des dirigeants socialistes, en réduire la valeur et le nombre serait inconcevable.  Les grandes villes socialistes conserveront leur ribambelles de vice-président payés à prix d'or, les innombrables "machins" continueront à vivre sur un grand pied comme si de rien n'était.

Une nouvelle affaire de l'Epad sortie cette semaine dans la presse illustre l'absolue impossibilité pour des satrapes branchés sur l'argent public de se contraindre. On y apprend qu'une brochette conséquente des membres de cet organisme s'est fait payer au prix fort un somptueux séjour à Venise pour la biennale de l'architecture. Des dizaines de milliers d'Euros totalement stériles dépensés  pour le plaisir de quelques uns en pleine crise des finances publiques. Pourquoi se gêner. Et personne ne se gêne nulle part.  On bloque toute discussion en affirmant "vous voulez supprimer des infirmières et des policiers", pendant qu'une privilégiature inutile se gave sans complexe.  Rappelons que l'EPAD est une administration provisoire créée pour gérer la  construction de la Défense et qui devrait avoir disparu depuis au moins vingt ans.  Des cas de ce genre il y en a littéralement des milliers en France.

Rassurons tout le monde : le scandale des intermittents du spectacle n'est pas près de cesser. Pressez-vous donc dans les festivals pour voir se pavaner toute cette engeance pseudo culturelle qui se paie sur le dos des autres travailleurs et travailleuses.

Quant au moteur de l'économie : les entreprises, les épargnants, les salariés, qu'ils aillent se faire voir dans l'office du fisc le plus proche. Le "choc fiscal" sur les entreprises a déjà été beaucoup décrit dans la presse. N'y revenons pas. Les "riches" c'est-à-dire ceux que leur succès économique a doté d'une réserve de capitaux seront hyper taxés. Sur l'ensemble de l'année 2012 environ 30.000 d'entre eux auront vu leur imposition globale dépasser 100%. C'est une insulte faite au pacte républicain. Partout on vend le capital national à l'étranger. Ce n'est plus Rothschild qui possède sur l'île Saint Louis, mais le Qatar en franchise d'impôts. La presse du jour rappelle que le haut patrimoine français est racheté à 85% par l'étranger. Nos châteaux, nos meilleurs lieux de plaisance, nos plus belles propriétés passent au mains de Russes, de Chinois qui ne paient aucun des impôts qui nous accablent. 

Tous les joyaux de l'économie passent également à l'étranger. On dresse des piloris contre les entrepreneurs français. Un suicide dans votre entreprise : vous voilà inculpé.  Doux, Richard remplacent le notaire de Bruay et le président de Lip des belles années 70. L'abjection règne relayée par des médias totalement dans l'euphorie du triomphe socialiste et qui en rajoute dans le commentaire "de gauche".  

Pendant ce temps là les faillites se multiplient, des pans entiers de l'économie s'arrêtent, les jeunes ne trouvent plus de moyens de s'insérer.

On bloque les loyers tout en rendant la vie impossible aux bailleurs. En revanche on rachète à 16.000 Euros du m2 des logements qu'on attribuera à des "pauvres" dans les meilleurs sites de la Capitale. Les "riches" des beaux quartiers doivent les quitter pour qu'y habitent des "pauvres" subventionnés avec leur argent. La Cour des Comptes proteste. Elle n'a pas fini de protester.

Et, à l'instar de Poutine, on va aller chercher l'argent des émigrés "jusque dans les chiottes" suisses ou Belges. 

Evidemment les entreprises surtaxées, sur-contraintes, dont les dirigeants sont volés fiscalement comme les épargnants qui leur fournissaient des capitaux, bloquées par une perte de compétitivité  significative, s'étouffent.  L'espoir disparait.

Mais les équipes socialistes et vertes françaises  vivent un rêve éveillé et se saoulent du bonheur du pouvoir, des postes  et de l'argent avec une indécence de nouveaux riches rarement vue. 

Telle est l'ambiance en ce début d'été 2012, pourri en France par les trombes d'eau. Euphorie et inconscience sont les maître-mots de la France politique, procrastination et faux semblants sont ceux de l'Europe. Quant au monde et à son organisation économique et monétaire elle sont en déshérence.  

Pendant ce temps là l'économie française brûle, l'économie européenne brûle, l'économie mondiale brûle.



Explosion du lectorat de ce blog : 336.000 lectures cumulées

Effet probable de la conjonction d'une crise dont on ne sort pas, faute d'avoir pris les mesures qui s'imposaient comme nous le répétons inlassablement, et d'une élection présidentielle désastreuse tant elle a été biaisée par l'électoralisme le plus cynique, le lectorat de ce site a littéralement explosé dans l'année écoulée.

Depuis sa création en juin 2008, le nombre de lectures cumulées des articles de ce blog a évolué comme suit :

- Juin 2008-Juin 2009 :                   11.300 lectures

- Juin 2009 - Juin 2010 : 35.000 lectures

- Juin 2010- Juin 2011 :                  81.800 lectures

- Juin 2011 - Juin 2012 :             336.800 lectures.

Les articles les plus lus ont connu entre 2000 et 4000 lectures. Chaque article a été lu en moyenne par presque mille internautes différents.

Au total près de 35.000 lecteurs différents ont lu au moins un article. Une centaine de lecteurs ont lu tous les articles. Sur cette seule année le site a connu plus de 255.000 lectures, dont 221.000 ont eu lieu au premier semestre 2012.

Marquée par de lourdes inquiétudes économiques, l'élection présidentielle a probablement exacerbé un besoin de comprendre hors des canaux habituels les explications qui n'étaient pas données dans la presse et les médias audiovisuels. Notre lectorat est retombé à ses étiages habituels dès la fin du premier tour, lorsque tout était joué.

Beaucoup ont désormais intégré que la blogosphère était une source d'expertise plus ouverte et moins manipulée que la presse. Les journaux sont sensibles à leur positionnement et à leur viabilité économique. Le conformisme et l'urgence y règnent en maîtresses  exigeantes. Ces défauts deviennent criants lors des périodes électorales.

L'inconvénient des élections, pour les rédacteurs d'un blog économique qui entend d'abord décrypter les phénomènes économiques constatés  sans se préoccuper des positionnements partisans, c'est que des observations libres peuvent être justement considérées comme partisanes. Compte tenu de l'importance prise par l'Etat dans l'économie, cette dernière peut pâtir de mauvaises politiques. Elles sont portées par des partis. Les critiquer peut naturellement froisser ceux des lecteurs qui les soutiennent par principe. Il va de soi que les programmes électoraux sont le plus souvent parfaitement cyniques. Il faut tout de même dire que l'on a atteint lors de ces élections un sommet dans le genre. Comment ne pas les dénoncer ?

Le plus grave reste l'inconscience. Lorsque, sur la durée, les gouvernements et la cohorte de leurs conseillers ne comprennent pas le pourquoi ni le comment d'une crise économique gravissime et que le milieu médiatique, en France entre quelques mains seulement, ne fournit pas à l'opinion publique les explications qui lui permettraient au moins de savoir où l'on va, un sentiment d'accablement et de colère vous envahit.

Pendant quatre ans nous avons fait la chronique de cette inconscience.

Qui se rappelle qu'au début de l'été 2008  le monde politico médiatique dans son ensemble considérait qu'il n'y aurait pas de crise et que de nombreux économistes officiels niaient qu'il puisse seulement y en avoir une, écartant d'un revers de la main tous les indices, alors que nous égosillions à dire que la crise était pour septembre et qu'elle serait très grave ?  Après avoir annoncé que la crise était localisée sur une toute petite partie de la finance américaine, ils ont affirmé que la crise était purement américaine, puis purement anglo-saxonne, puis purement immobilière, puis…

Puis rien. Par un changement totale de perspectives les mêmes ont alors déclaré que la crise était inévitable, que la zone Euro était une structure malade etc.  

Nous avons été le miroir, autant que les contempteurs,  de cette ineptie récurrente dominante dans les médias.  

Qui se rappelle qu'à l'automne 2008 et au premier semestre 2009 le nouveau G.20 ne se préoccupait que du bonus des "traders", des règles comptables bancaires, des "subprimes" et autres fariboles ?

Qui se rappelle que certains voulaient des plans de relance gigantesques sans avoir fait le diagnostic que la crise était déjà une crise de la dette et que l'accroissement de la dette globale et son transfert sur les états les mettraient en grand danger?

Qui se rappelle…

Ce blog n'aura été qu'une longue chronique d'un désastre annoncé. Après quatre années de mesures d'urgence, de tentatives de calmer des paniques au lieu de régler les problèmes de fond, des pays entiers vivent un enfer économique. La France prisonnière d'une dépense publique démente et d'un sous emploi massif sort de l'histoire par la petite porte. L'Euro est à deux doigts de éclatement du fait de ses défauts de structure qu'il était interdit de signaler dans la presse tant la pression européiste était forte, juste qu'au virement de bord à 180°. Le monde stagne alors que des déséquilibres phénoménaux se sont accumulées et que la puissance américaine interdit qu'on en discute au fond.

Pour faire apparaître un minimum de vérité, il faut vaincre toutes les bouches à feu qui crient en France "vive la dépense publique, vive l'impôt", c'est-à-dire tout le bloc de l'énarchie compassionnelle , en Europe "vive l'euro", "vive le plus d'Europe", c'est-à-dire toute l'influence européiste dominante dans les médias,   dans le monde "vive la liberté totale des mouvements de capitaux", "vive les changes flottants", c'est-à-dire la toute puissance américaine mobilisée autour du dollar et du triomphe de la finance anglo-saxonne.

C'est beaucoup. On peut même dire que la tâche est impossible.

La seule solution était de prendre l'histoire à témoin, de la mettre avec soi au service de la vérité. Les résultats économiques ne mentent pas. Les erreurs de diagnostics et les mesures improvisées à courte vue ont été le quotidien de ces quatre dernières années. On voit les résultats aujourd'hui :

- La rigueur sans espoir en France, avec en prime  la destruction fiscale de la classe de ses entrepreneurs sous les applaudissements des imbéciles,

- Le désastre de la zone Euro, engagée dans une spirale déflationniste dans fin, avec des fédéralistes à la manœuvre pour rendre l'affaire définitivement intolérable.

- La stagnation et la récession menaçante partout dans le monde faute d'avoir réformé le système monétaire international et mobilisé les Etats sur des objectifs communs, avec la persistance d'une vulgate économique intéressée et débile imposée par les Etats-Unis et les anglo-saxons en général. .   

Aujourd'hui le Cercle des économistes e-toile, comme annoncé, prend un peu de recul. Nos thèses sont connues. Elles ont, croyons nous, reçu une confirmation expérimentale pendant ces quatre années. Nos billets sur ce blog  vont s'espacer en même temps que nous allons chercher d'autres formes d'influence.

Nous remercions les centaines d'entre vous qui nous ont soutenu par la fidélité de leur lecture pendant ces quatre années.   

Nous espérons que ceux qui voudront se pencher sur ces quatre années désespérantes et chercheront à comprendre ce qui s'est passé trouveront dans nos billets des éléments de réflexions et des constats intéressants. Nous avons à plusieurs reprises essayé de traduire le sentiment public tel qu'il était perceptible à certains moments de cette longue crise. Ces sentiments sont fugaces et si rapidement oubliés qu'on n'imagine pas qu'ils aient été possibles. Oui, à un moment, les Français regardaient la crise comme on regarde un défilé d'un balcon : les yeux étaient écarquillés mais le spectacle ne les concernait pas vraiment. Aujourd'hui alors qu'ils sont étrillés fiscalement, que le chômage atteint à nouveau 10% d'une population ,active comptée au plus juste,  que leur épargne est par terre, que même les fonctionnaires vont subir dans leur pouvoir d'achat une érosion certaine,  le sentiment de la crise devient psychose. Ceux qui étudieront la crise dans les années prochaines ne pourront pas percevoir ces évolutions de l'air du temps. Nous en avons conservé quelques volutes.

Nous avons pris à partie un certain nombre de personnalités, non pas pour elles-mêmes, mais pour la pédagogie que pouvaient recéler leurs erreurs manifestes. Quand on expose on s'expose et quand on se trompe parfois de façon caricaturale le commentaire critique peut être un peu raide. Qu'ils sachent tous ici que ce sont les idées exprimées qui ont été critiquées et non pas leur personne, pour laquelle nous avons presque toujours la plus grande considération.

Merci enfin à ceux qui nous ont encouragés de leur commentaires parfois depuis les tout premiers articles.

Didier Dufau économiste en chef du cercle des économistes e-toile.



La science économique en défaut ?

Notre trajet personnel nous a mis très tôt en contradiction avec la manière dont l’économie était enseignée et plus généralement  traitait ou ne traitait pas les faits économiques observables.

Une passe d’armes avec Raymond Barre, à la fin des années 60, alors enseignant d’économie à Sciences-po, a marqué le début d’une certaine réticence à prendre pour argent comptant même ce que le futur « meilleur économiste de France » avait à enseigner.

J’avais posé à cet éminent professeur la question suivante : « Je ne comprends pas. Dans le volume un de votre Thémis vous expliquez toutes les théories classiques et notamment son aboutissement, le modèle Walraso-parétien, qui décrète que les crises sont impossibles. Et dans le tome deux vous évoquez dans la lignée de Keynes toutes les méthodes employées pour lutter contre les crises. Où est la cohérence entre les deux volumes ? ».

Comme tout bon professeur compilateur, Raymond Barre avait empilé toutes les théories qu’il jugeait nécessaire que les élèves connaissent sans trop se préoccuper de faire le lien entre elles. Son manuel était une encyclopédie basée sur la juxtaposition pas une synthèse explicative convaincante.

La question posait un problème réel qui méritait une réponse circonstanciée. Raymond Barre choisit d’imaginer qu’il s’agissait d’une provocation  et fit plus de chaleur que de lumière.

45 ans plus tard on en est toujours là. Les tenants du néoclassicisme le plus pur ont tenté de démolir les apports de Keynes et formulé des modèles d’extension de la micro-économie à la macro économie. Tous ces modèles ou à peu près sont des dérivés du modèle Walrasien.  Et se sont révélés incapables de prévoir la crise de 2007 et suivantes. Les néokeynésiens sont eux pris dans le piège de la dette et des états devenus obèses. On en arrive aux délires de Krugman voulant remédier à une dette intenable par des dettes encore plus intenables.

Il y a une vingtaine d’années ou un peu plus les étudiants en économie s’étaient légèrement révoltés : on leur faisait gober des théories de plus en plus mathématiques mais aucune explication du réel n’était jamais tentée. Avoir fait de l’économie un salmigondis non opérationnel  les gênait. On les comprend.

C’est ce qui nous avait conduits à l’époque à modifier l’enseignement que nous exercions  à Sciences-po en orientant de plus en plus les réflexions vers l’observation du réel et son explication. 

Du coup nous avons formulé des critiques fondamentales aux idées dominantes de l’économie politique telle qu’elle était et reste  pratiquée et  enseignée.

Résumons-les :

Nous constatons qu’il existe des cycles et notamment le cycle de 8-10 ans. C’est une réalité indiscutable. Depuis 200 ans on peut tracer ce cycle avec une grande précision.  Un modèle qui explique qu’il ne peut y avoir de crise est en contradiction  avec les faits, donc faux. Le modèle Walraso-parétien est faux.  Partir d’une idée d’équilibre impose un raisonnement déviant : toute perturbation devient un choc externe qui vient perturber un état d’équilibre initial imaginaire. On ne s’intéresse plus qu’aux mécanismes du retour à l’équilibre, état normal de l’économie.  L’économie serait comme une blanche colombe que des vilains chercheraient à salir et qu’il conviendrait de défendre.  Il n’est même plus possible d’imaginer que les crises du système soient endogènes. L’observation montre qu’elles le sont pratiquement toutes. Alors des niais ne cessent d’expliquer les récessions par des évènements politiques ou des comportements déviants. La baisse des bourses de 87 : une crise des ordinateurs mal programmés. La crise de 73 : effets de la guerre au Moyen-Orient. La crise de 92-93 : effet de la guerre en Irak.  La crise de 98 : l’effet d’un régime de « cronies » dans les pays émergents.  La crise des NTIC : l’effet des patrons malhonnêtes spéculant à tout va. La crise de 2008 : les vilaines « subprimes ».  La crise en Europe : les vilains Grecs.  Etc.

La vulgate qui découle de l’idéologie de l’équilibre walraso-parétien, veut qu’une situation irénique soit constamment soumise à des chocs externes mal venus dont il convient de parer les conséquences en revenant à l’idéal initial. Sus aux vilains et tout ira bien !

En réalité l’économie capitaliste est en constant mouvement et comme un flot de lave se fige, repart, fait exploser des bouchons,  etc.

Le moteur du cycle est la monnaie et le crédit. Des théories économiques qui ôtent toute place autonome à la monnaie et au crédit sont fausses.  Si on définit la loi de Say comme indiquant que les acteurs économiques échangent des produits contre de la monnaie mais que cette étape est transparente, la monnaie servant uniquement à acheter des produits, les produits finissant toujours par s’échanger contre des produits, alors la loi de Say est fausse. La monnaie n’est pas qu’un  voile ou un intermédiaire dans les échanges.  Elle tient un rôle spécifique comme variable d’ajustement et elle n’est pas gouvernée principalement par le taux d’intérêt.  Plus le niveau de vie augmente, plus l’épargne devient importante, plus les effets du crédit et de l’épargne deviennent cruciaux.

Autre aspect central : les théories qui oublient que l’Etat moderne joue un rôle majeur dans les économies où il dépense plus de 50% du PIB,  produit 20 à 25% du PIB et prélève la majeure partie de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand  sont dès le départ mutilées.

Les théories qui oublient que les entreprises recherchent d’abord un surcroît de profit, donc une combinaison de facteurs de production qui en génère un sont des plaisanteries. Tous ceux qui sont habitués aux « business models » savent que les entreprises cherchent un profit en créant des barrières à l’entrée des concurrents, que ce soit des protections  liées à la taille, à l’innovation, à l’aide des états ou autres.  Leur « valeur » est pratiquement toujours définie par la garantie d’un flux régulier de recettes protégées par quelque chose.

Les théories qui font l’impasse sur l’incertitude, le risque, les démons psychologiques, comme la peur, la cupidité, ou tout simplement l’oubli  ne peuvent s’attaquer au réel.

Toute théorie qui croit qu’une nation est toute seule dans son coin et qu’il n’existe pas des mondes en coexistence et en conflit est par construction fausse.

Toute économie est un système et chaque système possède sa dynamique. Comprendre ces dynamiques, leurs interactions dans l’espace et dans le temps est l’objet même de la connaissance économique.

Toute économie est un système qui entre en réaction avec d’autres systèmes, l’écologie, la démographie, l’économie non monétaire de la gratuité, etc. Apprécier ces interactions et juger de leur capacité à porter la croissance ou au contraire la freiner est ici encore au cœur de la préoccupation économique.

Tout développement économique est un changement de structure qui peut être très lourd ! On n’est pas riche des mêmes choses dans tous les états économiques successifs. Une économie agricole fermée et sans innovation n’est pas une économie ouverte de l’information.

Même si la recherche de lois qui transcendent les structures est toujours souhaitable, il n’est pas sûr qu’il puisse y avoir de loi générale et encore moins exclusivement des lois générales unifiées.  Même les sciences dites dures n’y parviennent pas.

 Le lecteur vérifiera que ceux qui professent ou qui exercent professionnellement l’économie sont bien loin de ces préoccupations. Ils ne font que répéter une vulgate admise tout en se complaisant dans le commentaire après coup des grands évènements.  Surtout pas de risque.

En cas de crise ils parlent, après coup, de choc surprise, comme si la main invisible d’un troll avait asséné traitreusement  un coup de massue sur la tête de l’économie.  Face au choc il faut de la vertu. Le merveilleux système était à peine en train de se remettre du précédent mauvais coup quand il a dû en subir un autre. De nouveaux  vilains qui ne comprennent  rien à l’économie ont  de nouveau sapé les bases du retour à la santé.  Revenons vite à l’équilibre sacro-saint  et tout ira mieux et surtout n’y touchez plus vous pourriez le casser.

 Sur des théories fausses on a superposé des mathématiques de plus en plus complexes.  On arrive désormais à des modèles à plusieurs milliers de variables et d’équations mais qui sont fondés sur des prémisses fausses et parfois ridiculement loin de la réalité. Compliquer une erreur ne la rend pas juste.  C’est la raison pour laquelle aucun des modèles n’a prévu la crise. 

Le pire dans le domaine est l’apparition d’une science financière pratiquement déconnectée de l’économie générale  qui à force d’algorithmes complexes  et d’ordinateurs a cru pouvoir se substituer au moignon d’économie monétaire.  De modèles alambiqués en modèles faux on en est venu à ne même pas voir que la dette globale par rapport au PIB arrivait à des sommets intenables dans tous les pays développés. Un risque systémique énorme et évident a échappé aux observateurs qui plongés dans les efforts mathématiques les plus subtils croyaient gérer le risque au plus fin.  Des illusions microscopiques ont évité de voir l’énormité macroscopique de la dette globale !

 On dira : « qui êtes- vous donc pour contester aussi fortement des pans entiers de la vulgate économique dominante.  Nous avons des universitaires éminents, évidemment éminents. Et des professionnels que l’on voit partout, ils doivent donc être les représentants qualifiés d’une science reconnue.  Certes ils se battent   à chaque fois qu’ils passent à la télévision et il  semble  y avoir autant de vérités que d’économistes (sans compter Monsieur Keynes aurait dit Churchill), ce qui laisse craindre que leur science soit bien incertaine ou contradictoire. Mais enfin, vous ne pouvez être seul à jouer ainsi les francs-tireurs ».

On pourrait ajouter que trop souvent nos propres thèses se mêlent avec les élucubrations de mouvements  parfois parfaitement détestables.  « Ne craignez-vous pas la marginalité sectaire ? » nous a écrit un lecteur de ce blog.

Non !  N’appartenant à aucune mouvance, à aucun groupement d’intérêts, à aucun parti, nous ne comptons que sur notre capacité d’observation  et d’analyse. Et n’avons rien d’autre à proposer que la comparaison entre prévision et réalité. L’histoire qui se réalise est notre seule preuve.

Maintenant, il existe beaucoup d’ouvrages qui contestent la vulgate sur un point ou sur un autre. Le  livre de Steve Keen, « Debunking economics – The naked emperor dethroned », chez Zed- books, 2011 est un effort intéressant.  Il est malheureusement en anglais,  difficile à trouver, coûteux  et d’un accès technique que beaucoup trouveront rebutant.  

Nous ne connaissions pas cet auteur et il faut dire qu’il réussit à localiser beaucoup des anomalies théoriques et pratiques que nous ne cessons de dénoncer.  Un bon auteur étant un auteur qui pense largement comme vous, c’est un livre remarquable.

Inutile d’essayer de résumer les 500 pages très théoriques et parfois mathématiques. Notons simplement que l’auteur prouve sans trop de difficulté qu’on ne peut pas passer d’une loi de l’offre et de la demande concernant deux personnes à une loi identique pour « n » personnes. La généralisation ne marche pas. De même il dénonce, comme nous, le réductionnisme qui veut que le tout s’explique par les parties. En un mot les lois de la microéconomie ne sont pas nécessairement vraies en macro économie, ou, autre manière de dire la même chose, la macro économie n’est pas la consolidation de la microéconomie.   Il a la bonne idée de noter que la loi de Say ne tient pas compte du crédit et de la monnaie et qu’il existe une dynamique monétaire qui a ses lois propres.

Les étudiants découvriront ce qu’on ne leur dit pas toujours, à savoir que Hicks, base de tous les modèles IS/LM réputés keynésiens, a largement trahi Keynes et qu’il finira par le reconnaître.  Ils comprendront pourquoi les modèles sont généralement stériles et ne prévoient pas les crises.

L’ouvrage tombe un peu trop  facilement dans le ton  racoleur, et cherche parfois  à trop prouver. Dans son approche  « marketing » de démolir la vulgate en cours il oublie  de proposer des substituts et il rate beaucoup d’observations utiles.  Le lecteur finit par considérer qu’on a cassé ses jouets sans rien proposer pour les remplacer, ce qui est désagréable.  L’auteur l’écrit sans ambages : « A complete ready made replacement doesn’t exist ».   Pas de théorie générale de substitution : le lecteur n’aura droit qu’à des pistes de réflexion, autour :

 

-          de Minsky, le premier à avoir réellement intégré la monnaie et les comportements financiers réels dans ses analyses, 

-          d’une certaine prise en considération de  Marx pour  son mérite de proposer une vision dynamique et non statique du capitalisme, même s’il a tiré des conclusions fausses et cautionné des régimes abjects.

-          de l’économie politique évolutionniste qui ne part pas de postulats d’identité comportementale des agents mais de leur diversité, de leurs interactions avec l’environnement, de leurs conflits. Pour un évolutionniste il n’y a pas « un chemin » mais une variété de solutions contingentes.  Adieu la pensée unique.

En revanche, en montrant ce que la vulgate américaine néoclassique  a de controuvé, (le reste du monde est  ignoré comme toujours par les auteurs américains, dont l’américano centrisme est le moindre défaut), il permet de comprendre les propos conventionnels tenus pour acquis dans les cénacles comme le FMI, les banques centrales ou la presse anglo-saxonne. Il révèle un monde assez monstrueux de perroquets à côté de la plaque que l’on retrouve dans le suivisme des économistes officiels et des hommes politiques  européens et français, ces derniers ayant, en plus, une tendance à la pensée-zéro (en Kelvin).

Il est clair qu’une pensée dominante fausse a enfanté les institutions de la crise, la crise, la non solution de la crise, la permanence de la crise et son amplification.

On ne sortira pas de l’énorme crise de la dette qui nous ensevelit sans un changement de conceptions économiques. Nous avons la faiblesse de penser que nombre des modestes  idées que nous avons exprimées pendant quatre ans sur ce blog en réaction immédiate aux faits constatés  sont des briques utiles à cet aggiornamento.

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Hommage à Christian Saint-Etienne

Il nous arrive ici de critiquer vertement certains économistes "officiels" ou parlant ex cathedra.  Raison de plus pour rendre hommage à la démission parfaitement justifiée de Christian Saint Etienne du CAE, ce machin créé  par Jospin pour amuser ses copains.

Il critique le retour aux 60 ans pour une partie des retraités. Il a raison.

Il critique l'abandon de la TVA sociale : il a raison.

Il critique la relance par la consommation avec le paiement cash de la rentrée. Il a raison.

Il critique le "choc fiscal" que prépare Hollande et son équipe dans un pays qui est au sommet de l'imposition possible : il a raison.

Il critique l'impôt "symbolique"  à 75% (110%) sur les "riches". Il a raison. 

Il est inquiet et attristé par les perspectives françaises. Il a raison.

Il le dit : il a raison.

Il en tire les conséquences : il a raison.

Il donne par constraste une image totalement irresponsable de Christian de Boissieu, Patrick Arthus, JP Berbèze, A.Bénazy-Quéré, Michel Didier, Jean-Paul Fitoussi, Michel Godet (qu'on avait connu mieux inspiré), Mathilde Lemoine et l'inénarrable Jean-Hervé Lorenzi. Faute de pensée enracinée dans les faits, faute de capacité d'analyser les causes de la crise, ils ont été absents de l'alerte en temps utile. Le plus souvent stipendiés par des banques, ils ont préféré la bonne soupe grasse et les postes officiels à la simple vérité depuis longtemps. Aujourd'hui ils cautionnent le plan Hollande qui est grotesque, politicien  et totalement contreproductif.  Honte à eux !  Et bravo à Christian Saint Etienne.

Mais l'alouette ne fait pas le printemps.

Les limites de la méthode Hollande

L'ancien ministre Allègre avait très bien décrit la méthode Hollande : on ne prend parti sur rien ; on dit oui et non en même temps ; on affirme très fort mais une pensée si faible et si contradictoire que l'auditeur ne finit par retenir que ce qu'il veut entendre, tout en ayant des doutes. Au bout d'un court moment rien d'utile ne se passe et tout le monde devient fou. Au bout d'un long moment, plus personne ne sait qui il est et tout le monde a perdu son temps.

Cette méthode a très bien marché pour Hollande : il s'est égosillé à ne rien dire. Tout en manipulant des "symboles" très forts comme la confiscation des avoirs des "riches" ou le retour à la retraite à 60 ans. J'ai dit mais je n'ai pas dit cela exactement mais je répète que je ferai ce que ne n'ai pas dit clairement mais avec fermeté etc. Les Français sont devant 5 ans de "oui mais non mais oui mais non mais bien sûr".

La réunion du G.20 a été un nouvel exemple de cette méthode. 

Le G.20 ne sert à rien. Les Etats ayant décidé de ne rien réformer des causes réelles de la crise, les défauts du système monétaire international, et au contraire de les aggraver, un tel conclave n'a strictement aucun intérêt. M. Hollande n'ayant présenté aucune explication de la crise sinon que la finance était son ennemi et aucune solution, il n'avait rien à dire. En proposant une politique intérieure incompatible avec celles des autres voire carrément contradictoire, il se mettait en position d'être brocardé. Il l'aura donc été. Sous le forme d'un appel du voisin britannique aux entreprises françaises : venez donc chez nous, l'air fiscal est plus agréable !  

Le discours final du représentant français sera donc pathétique :  "bien sûr notre projet de taxe sur les transactions financières ne figurera pas dans le communiqué du G.20 mais il ressortira ailleurs plus tard".  Et c'est tout.  En un mot : "je n'ai pas été écouté ici mais je le serai ailleurs un jour peut-être et je m'en fous, j'ai été élu président, je n'en reviens pas et je suis bien content de m'agiter ainsi malgré mon impuissance et mon ridicule".

Pourquoi ce projet de taxe financière serait-il la solution ?  Et la solution à quoi ? On retombe dans le sarkozisme pur et dur, cette forme de sauve-qui-peut permanent en piquant n'importe où les idées qui plombent l'air du temps mais qui donnent l'impression qu'on fait quelque chose.

Ce G.20 aura été navrant. Sa principale conclusion est qu'il faut séparer les banques et les états. Les banques doivent mettre des pare-feux contre les états et les états des pare-feux contre les banques. Seulement voilà, les banques sont virtuellement en faillite, les dettes globales irrécouvrables dépassant leur capital de plusieurs multiples. Partout. Et les Etats sont tous en faillite virtuelle, leurs recettes étant insuffisantes pour faire face à leurs engagements surtout si la faillite des banques est actée. Les Etats qui disposent d'une banque centrale se sentent un peu plus fort car l'imprimerie peut suppléer les ressources que la production et les impôts ne donnent pas. Les banques centrales nationales fourniraient la "liquidité des banques". En vérité elles permettent aux banques de gagner du temps et de récurer progressivement leur bilan avec des gains purement artificiels. Et elles permettent aux banques de financer des états quand la législation ne permet pas un financement direct.   Autant dire que les états ont besoin des banques et les banques de l'état comme jamais.

Quant à l'Europe, elle a été délicieusement absente du G.20 comme acteur mais horriblement présente comme bouc émissaire honteux de la poursuite de la crise, mise en accusation par tous pour son incohérence, son incapacité à se structurer et la pression que le risque de son éclatement fait peser sur l'économie du monde.  En un mot tout le monde s'est essuyé les pieds sur l'Europe, vue comme l'homme malade du monde qui contamine le monde.  On a alors entendu les présidents Van Rompuy et Barroso riposter vigoureusement : attendez le sommet de Bruxelles  et vous verrez ce que vous verrez. D'accord rien ne sera décidé mais le rythme n'a pas d'importance ; c'est l'objectif qui est beau. Ce ne sont plus les états qui seront responsables des banques mais l'Europe. Il n'y aura plus de "place" nationale mais une place européenne.

Et hop sous prétexte de la crise on démantèle un peu plus les institutions nationales. En France où banque et état forment un couple fusionnel sous la houlette de l'Inspection des finances,  on attend la réaction de ce corps. Va-t-il demander la création d'un corps européen d'inspecteurs des finances où ils pourraient persévérer dans l'être malgré l'évanouissement de la nation ?    

A noter au passage que M. Barroso persiste à donner l'explication débile de la crise mondiale que nous dénonçons depuis le début : la crise est américaine et liée à l'effondrement des subprimes.

On en est toujours au niveau zéro absolu de la pensée économique.  

Une France ridiculisée et mal représentée, sort de l'affaire à la remorque de cette Europe supranationale là, nulle sur le fond  mais  contente d'agrandir son pré-carré. Le Président français ne se glorifie pas en se contentant de renvoyer lui aussi au sommet de Bruxelles, et en annonçant de nouvelles taxes, son dada habituel.

Que reste-t-il de la France, de son ambition de comprendre le monde, d'y jouer un grand rôle, de participer utilement à sa gouvernance ?

Au terme d'une campagne électorale tragique car entièrement basée sur les "cadeaux au peuple" et la dénonciation de boucs émissaires, un cocktail dont l'abjection est une tâche indélébile sur l'électorat et les élites politiques  qui le représentent, un président manœuvrier qui a aligné le pays à contre courant de tous,  cède à l'Europe fédérolâtre  et se terre dans l'insignifiance sous les quolibets lors  d'un sommet mondial, en comptant sur la com' pour que cela ne se voit pas trop.

Disons-le clairement : la France s'extirpe de l'histoire par la toute petite porte et les Français tout à la joie de ruiner fiscalement leur élites applaudissent des deux mains avant de danser de joie le 14 juillet sur leur pays disparu.  

C'est "l'hénaurme Bérurier", personnage bien de chez nous créé par Frédéric Dard qui avait raison : "quand on se roule dans la fosse à purin on ne sent plus la m…".  

On peut craindre que la méthode Hollande ne  conduise qu'à se pincer le nez de plus en plus fort. Allègre avait raison.   

Post scriptum : il parait que le G.20 a envoyé un message rassurant aux "marchés"

Remarques sur quelques propos récents d'économistes

Nous faisons sur ce blog une part importante aux attitudes. Dans les études du passé cette dimension manque toujours.  Les historiens se penchent sur les chiffres, les courbes, les livres, les déclarations publiques.  Ils restent généralement impuissants à détecter les courants de pensée, les attitudes, la psychologie des intervenants au moment des évènements.  Comme l'économie est largement politique  et qu'il y a qu'on le veuille ou non une sorte d'alchimie entre l'opinion générale et les politiques suivies, même si la rupture entre le peuple et les élites soit une caractéristique majeure des trente dernières années et a pris une dimension historique lors des dernières élections (l'abstention a battu tous les records au premier tour des présidentielles de 2012), il est important de savoir comme la réalité est perçue par le terrain. 

Parmi les acteurs de terrain les économistes sont  intéressants. Certes ils ne produisent pas , ni n'exportent mais ils trahissent peu ou prou l'explication qu'un observateur obligé de l'économie se donne des problèmes du moment.

A la veille d'une élection qui pourrait signifier la fin de la Grèce dans l'Euro et même la fin de l'Euro, alors que le système bancaire espagnole est en feu et  que l'électoralisme impénitent du nouveau président Hollande met à mal la relation avec l'Allemagne, sans que cela ait l'air de troubler trop ni le marché des changes ni celui des actions,  nous avons choisi de commenter l'analyse d'un économiste de la banque Oddo, une institution financière qui a réussi à trouver sa place dans la restructuration générale du métier d'agent de change et sa bancarisation, mais dont la note vient juste d'être dégradée par une agence de notation et de relever un article d'économistes paru dans le Monde.

Que dit notre économiste bancaire ?  

1. "la trajectoire de la dette espagnole est insoutenable. Quand nous parlons de dette espagnole, il s'agit de la dette globale, publique et privée. A partir d'un certain niveau, la distinction dette publique / dette privée perd de sa pertinence, car la dette privée devient publique."

Cette phrase est amusante parce que nous l'avions pratiquement écrite en…2006, non pas pour l'Espagne mais pour l'ensemble des pays de l'OCDE.  Comme nous l'avons fait si souvent remarquer, depuis 1971 l'ensemble de la dette globale qui était redescendue en dessous de 150% remonte dans ces pays, passe les 200 puis 250 puis 300 puis 350%.  Cette trajectoire était "insoutenable" et il nous paraissait qu'au prochain retournement du cycle ce nuage de dettes éclaterait. C'est pourquoi nous avions annoncé dès cette date une récession de grande ampleur pour 2009.

Nous sommes de ceux qui indiquent depuis toujours que la distinction dette publique /dette privée n'a pas de sens.  L'économie globale ne connait qu'une créance ou qu'une dette globale. Si elle est globalement irrécouvrable, elle l'est,  même si les aspects juridiques et techniques des deux dettes sont différents.

Ce qui est intéressant c'est de voir qu'après 5 ans de crise une vérité élémentaire GLOBALE commence à être comprise à un échelon NATIONAL, celui de l'Espagne. La Grèce était jusqu'ici considérée comme un cas particulier  où la malhonnêteté publique et le clanisme étaient seuls en cause.

Combien d'années supplémentaires faudra-t-il pour que même dans les services économiques des banques on en vienne à penser que tout le système est insoutenable ?  D'accord il ne faut pas décourager la clientèle…mais tout de même.

2. "Commençons par dire que nous ne savons rien de ce qui peut se passer dans les prochains jours".

Tous les économistes qui conseillent les sociétés de placement ont renoncé à faire quelques prévisions que ce soit.  Pourquoi ces sociétés recrutent-ils des économistes  ? Pour faire des prévisions. La situation est paradoxale.  

Une occasion de plus de rappeler qu'ils n'avaient pas vu la crise de 2007 venir (le blocage du marché interbancaire sera considéré comme "du jamais vu qu'on avait le plus grand mal à comprendre") et pire encore de 2008-2009.

Il suffit de se rapporter au paragraphe précédent pour comprendre que cette crise était facile à prévoir.

Le renoncement à la prévision et au conseil de la part des économistes est une des réalités à laquelle il serait bon de réfléchir. Pourquoi cette impuissance ? Un défaut structurel de la vulgate économique dominante ? Le poids des intérêts qui scelle les bouches ? L'indigence de la profession  ?

Cela dit, l'auteur réalise que tout dépendra des politiques et il est vrai que la dimension politique ne permet pas toujours de faire une prévision sensée.  Mais au moins on peut dire  "il se passera ceci si, et cela sinon".

3. "En parcourant les blogs économiques qui fleurissent sur la toile, on voit bien que les solutions à la crise ne manquent pas"

Il est tout à fait intéressant de voir que la blogosphère est devenue la source de l'expertise. Ce ne sont plus ni les articles de presse, ni les discours officiels qui font référence. Il est vrai que la presse en général et les officiels en particulier ont montré une indigence tellement consternante aussi bien dans la prévision de la crise, de la compréhension de ses causes, de l'anticipation des mesures prises et surtout non prises, qu'on comprend que plus personne n'y cherche de solutions. Y compris les économistes de banques qui considèrent que leur science ne leur apporte pas de solution et qui la cherchent ailleurs.

4. "Toutes ces solutions ont en commun de s'apparenter à l'un des trois types cités plus haut : la mutualisation, la monétisation, le défaut".

Ce qui est drôle est que la mutualisation est le principe même des "subprimes" : je mélange allègrement de la bonne dette avec de la mauvaise dette et je crois que tout va aller très bien.  Il est toujours curieux de voir des organismes qui se sont fait piéger par les "subprimes" et Oddo est une banque qui a collé des subprimes sans vergogne dans tous les portefeuilles gérés, de trouver qu'une solution de "subprime" mais à l'échelon européen serait fantastique. 

Tout aussi drôle est de consacrer comme panacée la monétisation de la dette comme si elle n'était pas interdite  par le traité de Maastricht. Il y aurait donc quelques défauts de structure dans la zone Euro ? Il ne s'agit plus seulement de l'Espagne. On ne nous en avez rien dit ! On découvre soudain.  On n'en tire quelle conclusion ?   Vive la planche à billets, les autres nations , ceux qui peuvent laisser aller leur banque centrale, allant tellement bien !

Quant au défaut, il veut dire que les portefeuilles gérés par Oddo sont en très grand danger car un défaut général de tous les pays qui ont dépassé 350% de dette globale les mettrait totalement à sec.  Que faut-il comprendre ? Qu'il faut vite sortir ses fonds d'Oddo pour courir les mettre dans une banque allemande ou suisse ou dans du bien réel déjà surévalué ?

Ce court examen démontre plusieurs de nos assertions récurrentes.

Oui il fallait regarder la dette globale et cette remontée fantastique depuis 1971 de son encours et le fait qu'un peu partout elle dépassait 350% du PIB, un taux intenable. Corollaire : il fallait comprendre pourquoi cette hausse a eu lieu. Faute de ce minimum d'analyse, les écrits économiques flottent comme les yeux dans le bouillon. On sait que pour nous la cause est à chercher dans les défauts du système monétaire international. La création de liquidité s'est faite par cette porte là et n'a pas cesser depuis. La première solution à évoquer est donc la réforme du système monétaire international.

Oui le système de l'Euro est incohérent. Nous avons essayé inlassablement de montrer pourquoi. Il valait mieux une monnaie de référence avec des monnaies nationales à taux fixe mais ajustables. La vraie question est de savoir comment on réforme la zone Euro pour qu'elle cesse de souffrir de ses défauts de construction. Des expédients à court terme ne suffisent pas. Il faut une CONCEPTION explicite et solide,  à la fois économique et politique.  Sans cette conception, rien ne peut se faire. Où est elle décrite ?

Oui c'est la panique générale, et on ne cherche depuis 5 ans, au G.20, comme en Europe, comme en France, à gagner du temps, à masquer que la faillite générale est là. Il ne reste plus que des expédients. Faute de réforme du système monétaire international, faute de réforme du système monétaire européen,  les peuples n'ont qu'à subir les foucades des politiques nationales hébétées (La Grèce)  ou inconséquentes (la France)  et les réactions des marchés et des autorités dites de régulation qui ne régulent rien du tout.

Il est amusant que l'économiste d'Oddo n'ait pas cité une source de sortie de crise : la croissance. Ne croirait-il pas notre président  qui en a fait sa mantra ? Il est vrai qu'en mettant en œuvre la politique "d'achat de l'électeur" par de la dette et de la dépense publique gagée sur le vol des "riches", dont Oddo gère l'épargne, le fumet Hollandais n'est pas particulièrement ragoûtant.  

Tout cela donne une image tragique de l'impuissance et du décalage qui frappe les économistes professionnels français face à la crise mondiale qui frappe.

Incapables de comprendre que la cause est dans le système monétaire international, ils ne comprennent pas qu'il faut complètement repenser le secteur "des marchés" financiers. Ceux-ci sont mythifiés et considérés comme des bazars incontrôlables par personne. Billevesées !  Lorsque le monde s'est retrouvé en 1944 avec un tas de dettes vertigineuses, il a été compris qu'il fallait un effort ordonné de croissance qui passait par des changes fixes, des responsabilités d'état sur le change des monnaies, une coopération surveillée par un organe sévère, le FMI. Dès qu'on a démantelé ce dispositif, tout s'est mis à chanceler jusqu'à l'écroulement actuel.

Il faut donc reconstruire un système monétaire international mais sans les défauts rédhibitoires du précédent, dont le principal était l'absence de paritarisme.  Cela réduira drastiquement de nombreux marchés financiers. Et alors ? La spéculation sur le Forex de robots qui génèrent des millions d'ordres sans aucun rapport avec les flux économiques réels est-elle à ce point merveilleuse ?

Cela permettra que tous les pays repartent vers la croissance de façon coordonnée avec interdiction de trop gros déficits et de trop gros excédents de balance commerciale.

Vous avez dit croissance ? Alors il faut lire le journal Le Monde (daté du 15 juin) où Jean Gadrey et Florence Jany-Katri, professeurs d'économie à Lille et Dominique Méda  professeure (beurk ce "e" inutile et hideux)  de sociologie  à Paris Dauphine, d'illustres inconnus n'ayant jamais annoncé ni éclairé la crise actuelle, se croient obligés d'expliquer qu'il ne faut pas faire l'apologie de la croissance.

En général quand des économistes universitaires se mettent à plusieurs, c'est mauvais signe. Quand en plus ils s'adjoignent un sociologue (ou un philosophe)  on est à peu près sûr du désastre. Si les idées sont bonnes elles n'ont pas besoin du support du nombre. L'accumulation des titres universitaires rend plutôt suspect le moindre articulet.

Ces athlètes de la pensée économique ont donc uni leur force pour pondre cette phrase positivement géniale qui mériterait qu'ils se fassent vider de leur université avec un magistral coup de pied au bas du dos. Nous citons sans rire :

"Cet argument (en faveur de la croissance NDLR) intègre dans la période récente  la conviction que la crise des dettes publiques exigent le retour d'une croissance aussi forte que possible  oubliant que cette crise est apparue aux Etats-Unis …au terme d'une période de croissance ! "

Imagine-t-on que deux puissants agronomes soutenus naturellement par une professeur(e) de sociologie aient écrit dans le journal Le Monde : " Ceux qui demandent le retour du beau temps  le font en oubliant que le mauvais temps est apparu … après une période de beau temps". Très probablement les paysans du coin les auraient balancés dans la mare la plus proche.

On se pince. On relit la phrase. Mais non on n'a pas rêvé !

Là on est au sublime de la pensée économique lilloise et on met en jeu, sans hésitation,  la réputation de Paris-Dauphine pour expliquer que la récession suivant une période d'expansion la période d'expansion est malvenue. Faut-il en rire ou en pleurer ? On sait que malheureusement de nombreux professeurs d'économie français sont très au dessous du niveau minimum souhaitable, surtout en matière monétaire. C'est une affaire qui date des années 60 mais qui n'a fait qu'empirer.

L'enseignement universitaire de l'économie comme la Justice en général, sont deux administrations effondrées où le niveau des personnels est devenu absolument consternant. .  

Mais là on touche le fond.  Et un journal national ose publier de pareilles âneries ?

Evidemment nous ne rapprochons pas les sottises de ces trois olibrius (l'article baigne dans la même bêtise crasse de la première à la dernière ligne)  avec le bulletin d'Oddo.  Ce dernier démontre le temps qu'il a fallu pour qu'un peu lumière finisse par filtrer et la difficulté qu'il y a à étendre à la réalité globale les lueurs entre aperçues avec l'Espagne. Le second témoigne de la nullité universitaire ambiante.

Dans les deux cas on voit combien les journalistes , hommes politiques et finalement, le peuple lui-même, sont mal aidés par les professionnels qui auraient du prévenir et éclairer au moins l'aspect économique de la politique française.

On dira : ce n'est pas proprement français. Voyez le plan de Lisbonne qui devait faire de l'Europe en 2010 la partie du monde la plus compétitive. L'échec n'est pas léger : il est total. Cela n'a pas empêché de créer un nouveau plan 2020 présenté  par Barroso.  Que de l'émotion ! Que du politiquement correct ! Et un vide économique abyssal,  garantie absolue d'un nouvel échec total

On a souvent répété que la crise de 1929 était due à l'incompétence des hommes politiques et des citoyens en matière d'économie.  C'est exactement pareil pour le drame économique actuel. Sauf que cette fois-ci les économistes professionnels sont aussi en tête de cortège !  

 

 

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