La crise impossible à prévoir : trop drôle et trop facile M. Yves de Kerdrel !

Le Figaro du mercredi 16 juillet a deux particularités.  L’une est la page particulière qui fête la place de numéro 1 de l’information  sur Internet attribuée au Figaro.fr. L’autre est l’éditorial d’Yves de Kerdrel  intitulé « la quadrature du cercle » dans laquelle on trouve cette phrase comique :

« Qui pouvait dire il y a un an que le monde entier basculerait sinon dans la crise sinon dans le ralentissement ?  … Personne bien sûr».

C’est facile M. Kerdrel. La réponse est : le Cercle des Economistes E-toile qui a annoncé le retournement    dès 2006 et  a précisé le scénario dans des termes qui correspondent exactement à ce qui s’est passé  pendant toute l’année 2007 et le premier semestre 2008. Ces informations ont fait l’objet de dizaines de publications sur Internet. Des courriers en ce sens ont été envoyés à fin de publication au Figaro, comme à d’autres organes de la PQN,  qui les a tous ignorés.

Notre Economiste en Chef, Didier Dufau, a même  écrit un avertissement à M. Sarkozy pendant la campagne électoral  pour lui dire de faire attention  car il subirait nécessairement une récession pendant le quinquennat.  Il l’a reproduit dans un de ses billets sur le Forum du Monde.  La conclusion de M. Kerdrel « Il serait donc très injuste de formuler le moindre grief à l’égard de ce gouvernement »  prend de ce fait une allure franchement ridicule.

Comment faire pour ALERTER l’opinion publique lorsque les media principaux font un barrage total  à des démonstrations claires et nettes  qui annoncent les choses avec toute la précision nécessaire ? Pourquoi les journalistes des grands medias sont ils à ce point frileux qu’ils ne recherchent d’information qu’auprès « d’autorités » qui ont avec le perroquet en commun de répéter ce que tout le monde répète.  

Comment se fait-il qu’ils n’ont aucune confiance dans leur propre capacité d’analyse et qu’ils REFUSENT de lire et de comprendre des démonstrations qui n’ont rien d’arbitraires ou de complexes.

Une fois l’erreur faite, on se dédouane à bon compte en affirmant que « personne ne pouvait prévoir ».  

Tout cela est d’autant plus drôle que c’est la seconde fois. Le retournement de 2000-2003 a été annoncé exactement dans les mêmes conditions. Dès 1997, la mi-2000 était vue comme date de bascule. Dès 1998, il était précisé que la France serait touchée un peu plus tard sur 2002 principalement.  En 1999 nous avons donné la prévision exacte du retournement boursier, une prévision très alarmiste sur la chute inéluctable du dollar, tout en indiquant qu’il n’ya aurait pas d’inflation sur les biens de consommation mais une hausse des marchés de biens durables.  

De même que Jospin et ses ministres ne s’étaient pas rendu-compte que 1997 marquait l’entrée dans une phase de forte croissance avec reprise à terme de l’emploi, se laissant aller à l’illustre imbécillité des 35 heures, de même  de Villepin ne s’est pas rendu compte que son gouvernement bénéficiait déjà d’un haut de conjoncture  et qu’il était superfétatoire de se lancer dans l’idiotie du CPE, dénoncée dès le premier jour par nos soins.

Nous n’écrivons pas cela pour la gloriole malsaine du « je vous l’avais bien dit » mais pour  signaler  cette étrange anomalie qui  empêche la vérité de circuler librement dans la presse.  Toutes nos annonces de scénarios conjoncturels  ont été faites PUBLIQUEMENT et BIEN AVANT les faits.  C’est un risque que ne prennent jamais les économistes de cour, spécialistes du commentaire rétrospectif.

Nous ne faisons jamais de « prévisions » : nous expliquons des mécanismes et détaillons des scénarios.  Nous n’employons jamais d’arguments d’autorité. Nous soumettons à la réflexion de tous des observations que notre groupe d’économistes s’accordent à penser significatives.  Nous ne craignons pas l’erreur : toute évolution imprévue force à une réflexion meilleure et à une remise en cause utile.  

Prisonniers de la querelle « gauche contre droite »,  les journalistes se rangent dans des camps et n’expriment que ce qu’ils croient acceptables pour leur camp. C’est idiot.  Les trente-cinq heures sont aussi sottes qu’elles soient défendues par Pierre Jules ou Paul. De même l’analyse conjoncturelle n’a pas de dimension politique partisane.  

Comme toujours la presse fait « de la chaleur » là où on aimerait qu’elle fasse « de la lumière ».

Maintenant que vous connaissez Internet au Figaro, M. De Kerdrel, informez-vous de façon un peu plus large.  Rien que sur ce site vous trouverez une dizaine d’idées vraies JAMAIS EXPRIMEES par la presse quotidienne.  Et n’écrivez plus jamais : « personne n’a dit et ne  pouvait dire » sans un petit coup de périscope  sur les sites de réflexions indépendants des pouvoirs et de l’establishment.

Voici, pour donner un exemple  le » « post » passé sur le forum du Monde le 1er Mai 2007

http://forums.lemonde.fr/perl/showthreaded.pl?Cat=&Board=polfran&Number=2266286&page=&view=&sb=&vc=1#Post2266286

Face à la prochaine récession
[re: ]

DidierDufau

01/05/2007 00:36

 

On sait qu’il existe un cycle économique qui entraîne en moyenne tous les dix ans une récession. Pour en rester à l’après guerre, ces crises se sont produites en 1952, 1963, 1974, 1982, 1993 et finalement 2002. L’histoire nous dit qu’une crise légère succède à une crise grave et réciproquement qu’une grave succède à une légère. Les récessions de 74 et 93 ont été très prononcées. Celle de notre début de siècle a été plutôt modérée. Le scénario historique est donc orienté vers une crise sévère entre 2009 et 2012.

 

Deux agents-secrets du fisc. Seconde partie : le cycle économique

Nous avons vu que la croissance provoquait, du fait du caractère globalement progressif de notre système fiscal,  une tendance permanente à l’augmentation de la pression fiscale.   Le PIB double à peu près tous les 20 ans ; On voit que l’effet fiscal de la progressivité est rapidement très important.  Que celui qui a un doute prenne le barème de l’IR, double son salaire et constate le changement dans le montant de son imposition !

Ce phénomène est aggravé par l’existence du cycle de 8-10 ans (sur la question du cycle  voir nos billets spécialisés). Pendant la phase de croissance rapide l’effet de progressivité est accéléré fortement. Par exemple une croissance de 4% du PIB  entraîne une hausse de…  7 à 8% de l’IR. Il suffit de consulter les statistiques fiscales de 1999 et 2000 pour vérifier l’ampleur du mécanisme.

Mais lorsque la croissance s’arrête et pire encore quand une récession frappe, comme en 1993, les recettes baissent aussi plus vite que le PIB.  La progressivité joue dans l’autre sens.  Tout s’équilibre, direz-vous.  Et bien non.  L’Etat et les collectivités locales dépensant en moyenne 25% de plus que les recettes,  le retournement a des effets graves sur les déficits publics et l’endettement.  Que fait l’Etat : toutes les dépenses ont été « votées ». Il y a un « cliquet » à la baisse.  On augmente donc les impôts. On se souvient du coup de massue fiscale de Juppé en 95, deux ans après le déclenchement de la crise de 93. Il fut tellement fort qu’il provoqua une mini récession en 96.  DSK, après la chute du gouvernement augmenta à nouveau et sans nécessité les impôts. Le résultat : l’apparition d’une « cagnotte » fantastique dès que la conjoncture se rétablit.  

La peur du « mur fiscal »  à la veille des élections contribuera à accorder des « baisses d’impôts ».  En fait on remboursera une partie des excédents de recettes dus à la croissance et à la bonne conjoncture.  

Le scénario avait été exactement le même après la crise de 1974 et celle de 1984. Le septennat de Giscard aura été un « septennat fiscal »  avec entre autres l’apparition et la généralisation de la TVA qui gonflera monstrueusement les recettes de l’Etat et alimentera une hausse corrélative et vertigineuse  des dépenses.  Michel Rocard, après la récession de 84, augmentera à nouveau les impôts avec l’ISF et la CSG, au moment de la phase de croissance. L’Etat est à nouveau gorgé de recettes et dépense tout.

Vient alors la récession de 93. Balladur ne fait rien et laisse filer les déficits et on a vu qu’Alain Juppé allait laisser son nom au pire massacre fiscal de l’histoire de France qui en a pourtant connu pas mal.

Dans la période Chiraquienne,  on décrète très vite une « pause » dans la baisse des impôts.  L’expression est amusante.  Il n’ya pas eu de baisse d’impôts dans la période Raffarin et il n’y aura pas de pause fiscale : le taux de prélèvement qui avait baissé dans la période électorale, remonte aussitôt à ses plus hauts niveaux.  On a vu qu’il a continué à  grimper sous Sarkozy en dépit de tout ce qui se chante sur « les cadeaux fiscaux ».  

Nous entrons désormais en récession ou au moins en fort ralentissement. Les finances publiques vont à nouveau connaître les très lourds déficits.  Le gouvernement Fillon a déjà créé 8 nouveaux impôts. Gageons qu’il ne va pas s’arrêter en route.   A la reprise de la croissance  on touchera à nouveau les 45% de taux de prélèvement !

Comprendre que la croissance ne doit pas servir à augmenter mécaniquement la pression fiscale et tenir compte du cycle pour régulariser les dépenses publiques telle est  la condition sine qua non d’un retour de la France dans le concert des nations prospères et des Etats bien gérés.  Vous en avez entendu parler dans la presse ou dans les discours politiques. Non ? Jamais ?

Et bien oui. Ces questions fondamentales ne sont JAMAIS abordées dans l’arène médiatico-politique et encore moins dans les analyses des économistes officiels.

Chut !!!!!!!!!!!!!!!!!!



Deux agents-secrets du fisc : la croissance et le cycle. Première partie : la croissance

Nous entrons dans la phase de préparation  du budget 2009 qui sera marqué par l’installation  du pays dans la partie récessive du cycle économique de 8-10 ans.  A cette occasion  il est intéressant de détailler quelques mécanismes  fondamentaux de notre société qui  sont en général totalement inconnus des « citoyens » et superbement ignorés par les médias.

En France le système fiscal global est « progressif ».  C'est-à-dire qu’en période de croissance, le taux d’augmentation  des impôts est supérieur à celui du PIB.  On comprend très bien le mécanisme de la progressivité en observant l’impôt sur le revenu : on voit que l’impôt n’augmente pas de façon  proportionnelle avec le revenu mais bien plus vite.  Les premiers 100 F ne paient pas d’impôt  et sur la dernière tranche, on va atteindre quasiment un prélèvement de  50%.    La progressivité ne concerne pas seulement l’Impôt sur le revenu. L’ISF est très fortement progressif.  La TVA est aussi progressive : l’existence de taux différents selon la nature des produits  et le déplacement de la consommation vers les produits plus taxés du fait de la croissance implique une croissance des recettes  de TVA plus rapide que celle du PIB.   La création de taxes spécifiques sur les produits nouveaux les plus demandés aggravent  évidemment les choses.  On l’a vu avec l’automobile, vache à lait fiscale inouïe, et aujourd’hui avec le téléphone portable et l’informatique familiale, support d’un nombre de taxes constamment plus nombreuses.

La bonne question est la suivante : est-il normal qu’un mécanisme dit « de justice sociale »  se transforme à l’échelon de la nation toute entière en système de transfert vers l’Etat d’une part croissante du revenu national ? 

Rassurez- vous, vous ne la verrez jamais posée par la presse ou par les politiques. Chut !

Les esprits précis diront : d’accord, ce détournement existe, mais  il faut le quantifier et il n’est peut être  pas aussi important que vous le laissez penser.  Le problème est que « l’élasticité du prélèvement fiscal en fonction de la croissance » n’est pas une donnée  publiée par l’INSEE ! On est donc obligé de s’en tenir aux observations les plus globales. Tous les pays qui ont une part de progressivité dans leur fiscalité vont vu leur taux de prélèvement  croître. Au point qu’après la longue période de croissance de l’après guerre, pratiquement tous les pays se sont trouvés à partir de 1974 avec des taux de prélèvements étouffants, atteignant 40 à 46% du PIB !  Mécaniquement,  sans que personne ne l’ait formellement  décidé.  Le résultat a été des réactions comme le Reaganisme aux Etats Unis,  le Thatchérisme au RU, la réaction antifiscale au Canada, le retournement de la politique fiscale des pays nordiques  etc.   Au-delà des considérations politiques,  ces pays ont compris qu’il fallait restituer aux citoyens le trop perçu fiscal né de la progressivité de l’impôt, sinon ce mécanisme pervers et silencieux aurait tué leur économie.

Un pays ne l’a pas compris, la France, où le « vive l’impôt » a remplacé le « cocorico » habituel et dont les pouvoirs publics continuent  à exploiter le filon de la progressivité dans l’ignorance générale des citoyens et l’insouciance des médias.  On a vu (lire dans ce blog  le billet : «taux de prélèvement, une formidable performance »)  que contrairement au discours dominant  le taux de prélèvement a AUGEMENTE ces dernières années,  alors qu’on ne parle que de cadeaux fiscaux.

On constatera que la préparation du budget, en ce moment même, INTEGRE l’accaparement de la plus-value de la progressivité de façon systématique. Par quel moyen ?  Simplement  en considérant comme « normale »  la recette calculée en fonction du taux de croissance.  On discutera dans la presse le plus ou moins grand réalisme du taux choisi mais on ne contestera pas le choix de cet indicateur qui est doublement biaiseux : on prend en effet souvent  un taux trop élevé ; la prévision de recettes  tient compte de la plus value de la progressivité.

La procédure normale  devrait être la suivante : on prévoit un taux de croissance de l’économie ; on l’applique aux recettes  et aux dépenses. 

Si le taux de croissance est supérieur, et a donc fourni mécaniquement des recettes supplémentaires, plus que proportionnelles on restitue ces recettes aux contribuables.   Actuellement la presse et le monde politique « se félicitent de la bonne performance fiscale de l’économie  qui permettra de réduire notre dette excessive», adoptant de façon inconsciente la position des hauts fonctionnaires de la DGI. Il est vrai que depuis Marx on n’ignore plus que le dominant sait faire chanter sa chanson au dominé…

Notre inconscience collective (mais tout le monde n’est pas ignorant…) nous met dans la situation tellement intelligente du serpent qui se mange la queue.

Nous verrons dans un second billet, que ce mécanisme fondamental  est aggravé par les effets du cycle.

Pour le Cercles des économistes e-toile, Didier dufau

Pourquoi la crise actuelle fait-elle si peur ?

Les observateurs ne veulent pas reconnaître la réalité du cycle. Alors ils sont constamment à la recherche de mini explications qui jamais ne permettent de comprendre la situation.

La crise était celle  des  subprimes .  Bon ! Après quelques mesures techniques et une importante restructuration bancaire, on la croyait finie. La voilà qui repart. Ce ne sont plus les subprimes qui sont en cause mais l’ensemble des crédits.  

La crise était celle « de l’immobilier américain ».  Puis de l’immobilier des  « pays du boom immobilier », l’Espagne, l’Irlande et le RU . Maintenant c’est l’immobilier du monde entier.

La crise était celle des « prix pétroliers ». Une pénurie locale de pétrole liée à l’expansion de la Chine et de l’Inde déséquilibrait la planète.  Maintenant l’inflation est générale et porte sur tous les biens.

Alors on affirme : la gravité de la crise provient de la conjonction (probablement magique) des trois crises  car elles se renforcent l’une l’autre.

La vérité est bien plus simple : nous entrons dans la phase récessionniste du cycle. Comme d’habitude ce sont les crédits aventurés  qui sont les premiers touchés, avec le risque, si la récession s’approfondit, de voir l’ensemble de la pyramide des crédits s’effondrer. Comme d’habitude la croissance a mis sous tension tous les principaux marchés mondiaux de biens dont la production ne suit pas la croissance.  En période d’inflation monétaire, cela s’accompagne d’une inflation des prix à la consommation.

Devons nous nous rassurer en nous disant : après tout c’est le processus habituel ? 

Non !

Pourquoi ?

Parce que nous sommes en système de changes flottants avec un pays, les Etats-Unis , qui poursuit des politiques absolument folles depuis des décennies  dans le domaine de la monnaie et des changes.  Elle a provoqué  une dévaluation de fait de 97% des principales monnaies du monde en 30 ans  et une fuite généralisée devant les monnaies.  On a inondé les marchés de capitaux qui ont conduit à des politiques de prêts dangereuses, les taux d’intérêt étant souvent NEGATIFS.   Des surchauffes artificielles comme en Chine ont été créées de toute pièce.

Comment avait-on réglé exactement les mêmes problèmes lors des dernières récessions : en laissant filer le dollar et en ouvrant encore plus les vannes du crédit.  On arrive à l’ultime  contradiction de cette formule : inonder pour traiter une inondation ? Effondrer le dollar pour lutter contre la fuite devant les monnaies ? Il ne faut pas être grand clerc pour concevoir que c’est absurde.

On le fait tout de même. Mais on a peur.  Que devient un système bancaire quand la monnaie n’inspire plus confiance et quand on a prêté à n’importe qui n’importe quelle somme dans n’importe quelle condition ?  Que deviennent les marchés de biens durables quand la peur sur les monnaies  y conduit à des spéculations  insensées ? Que devient la bourse quand tous les secteurs entent en dérive ?  Que deviendra le commerce international si le dollar recommence à s’effondrer ?

La phase désagréable du cycle est  aggravée par les politiques absurdes qui sont poursuivies depuis trop longtemps dans un cadre monétaire international explosé.  Il est normal d’être inquiet.

 Nous disions en fin d’année 2007 : « regardez le cours du pétrole et du dollar plutôt que le bilan des subprimes !  Là est la clé de la conjoncture ».  Nous répétons aujourd’hui : la conjonction du retournement cyclique et du pourrissement des institutions financières et monétaires internationales  créent une situation explosive.

On ne peut en sortir qu’en RECONSTRUISANT  le système monétaire international. Et en s’accordant sur d’autres schémas de développement que la capture de l’industrie mondiale par la Chine et symétriquement  de la consommation par les Etats-Unis,    en faisant fondre le couple monétaire dollar-Yuan.  Espérons que la leçon sera comprise avant qu’une crise majeure force la réforme au prix de grandes souffrances dans le monde entier.  Il faut mettre fin au système des changes flottants, au dumping chinois et à la folie financière des Etats-Unis.

Un nouveau « Bretton-Woods » est nécessaire. Maintenant. Pas dans dix ans.

France, ton luxe fout le camp !

On connaît la place du luxe dans l’image de la France et le leadership mondial  qu’elle a su maintenir dans beaucoup de ce  commerce de haut de gamme.  On surprendra peut être en affirmant que dans le secteur de l’hôtellerie,  la France s’est fait surprendre.

Pendant trop longtemps les opérateurs des Palaces se sont complus à répéter un peu  trop les formules du grand siècle du tourisme argenté, le XIX ième.  Si bien que dès la seconde guerre mondiale Paris paraissait désespérément à court  d’hôtel  aux nouvelles normes internationales. Il fallut  attendre le début des années soixante et la construction du Hilton, dans le goût américain, pour  voir une première mise à niveau.

Quarante après ce premier pas,  la France est  encore en retard par rapport aux normes  du temps.  Les hôteliers français n’ont pas vu que désormais le grand tournant du luxe était celui de l’espace.  Aux Etats-Unis, pas une seule chambre ne fait dans un palace moins de 30 m2 et la plupart sont entre 40 et 60.  Et cela depuis au moins 25 ans.  Les grandes chambres ont depuis proliférées dans tous les nouveaux palaces du monde  au point qu’il n’y a plus de chambres qui se construisent aujourd’hui qui n’ont pas au moins la taille de ce qu’on appellerait une  « suite royale » en France.

 La bataille n’est pas celle du Spa, du Wifi, du business center, mais celle de l’espace.  Certains hôtels comme le Mandarin à Genève n’ont pas hésité il y a quelques années à diviser par deux  le nombre de leurs chambres pour atteindre la taille critique.  Ce ne sont pas une ou deux chambres qui sont grandes, mais toutes afin de garantir à la clientèle  qu’en toutes circonstances elle aura ses aises.  Il n’y a qu’à Las Vegas qu’on contraint la surface des chambres… pour pousser le client à aller au Casino !

Voilà  l’hôtellerie française confrontée à son destin : doubler la taille de ses chambres ou se ringardiser.

Karl Peiper

pour le cercle des économistes

 

Cercle des economistes e-toile (CCE): bulletin de conjoncture, second semestre 2008

Dès juillet 2006 nous avons alerté sur le scénario suivant :

-          Crise aux Etats-Unis à partir de 2007 avec amplification en 2008

-          Crise au Royaume Unis et dans les pays d’économie similaire en 2008 avec aggravation évidente au second semestre.

-          Crise en France à partir du troisième trimestre 2008 avec plein effet en 2009.

Nous avions conseillé :

-          De fuir le dollar

-          De fuir l’immobilier et boucler toutes les opérations de ventes immobilières avant le fin 2007

-          De protéger ses actifs boursiers.

-          De commencer à se dégager des salles des ventes dès la mi 2008 en France.

En juillet 2007, lorsque la crise dite « des surprimes » s’est déclenchée nous avons indiqué qu’elle était le premier acte du retournement du cycle, qu’elle indiquait une ampleur particulièrement forte, et qu’il fallait accélérer les mesures protectrices.  Nous soulignions que le mécanisme qui maintenait les prix bas malgré une inflation monétaire sans précédent (dont nous avions fait la  théorie les premiers en 1999) ne serait plus opérant, et que nous allions être confrontés à une « fuite internationale devant la monnaie ».  

En janvier 2008 nous avons alerté qu’il n’y aurait  pas de « découplage »  entre les Etas Unis, l’Europe  et les pays émergent, contrairement à de nombreuses interventions en ce sens dans la Presse. Nous disions que « comme toujours » la séquence serait : Etats-Unis et pays très intégrés dans le commerce intérieur,  Royaume Uni l’année d’après  avec une partie des pays d’Europe puis la France et  les pays dynamiques d’extrême orient. 

En ce mois de juillet nous ne pouvons que confirmer le bon déroulement de ce scénario classique.  L’Irlande,  le Danemark, l’Espagne entrent doucement en récession.  Le ralentissement est net en Allemagne malgré les beaux discours sur le « succès allemand ».  De nombreux pays hors d’Europe commencent à souffrir de façon évidente notamment le Japon.  L’Inde et la Chine commencent à être touchées de façon de plus en plus perceptible.

Sectoriellement nous renouvelons notre bulletin d’alerte sur les banques, les assurances, le transport aérien,  les sociétés de services informatiques qui viennent rejoindre les secteurs déjà signalés depuis deux ans (la publicité, les media, le tourisme, l’immobilier).

Le prochain trimestre va être marqué par les inévitables mauvaises surprises qui apparaissent toujours en été.  Mais ce qui compte, c’est la très mauvaise orientation générale de la conjoncture pour les 18 mois à venir qui va entraîner dans la tourmente le secteur de la mécanique  et celui du commerce de détail après celui du commerce de gros,.

Le scénario classique : baisse des recrutements puis de l’emploi, hausse corrélative du chômage, baisse des rendements fiscaux, baisse des investissements productifs,  ralentissement et baisses de chiffres d’affaires, montée des déficits publics,  montée des faillites s’enclenche désormais de façon visible en France  et sera la toile de fond permanente pendant au moins deux ans.  Contrairement à l’habitude ce refroidissement général  ne s’accompagnera pas d’une stabilisation des prix. L’inflation des prix à la consommation restera importante sans être dévastatrices.

Le ralentissement économique d’ensemble aura des conséquences sur les marchés.  Sauf accident monétaire ou financier  grave (toujours possible, jamais totalement prévisible), certains facteurs haussiers sur les cours des matières premières et des « biens réels » vont cesser de jouer à plein.  Il faudra guetter les signes avant coureurs de retournement, bien que l’économétrie suggère un retournement en 2009 plutôt qu’en 2008.

Eléments macroéconomiques pour la France : second semestre

-          Inflation : plus forte

-          PIB : ralentissement marqué (mais ne sera connu qu’en septembre 2009)

-          Importations : fortes mais ralentissement

-          Exportations : récession

-          Déficits extérieurs : accrus

-          Déficits budgétaires : accrus

-          Déficits sociaux : accrus

-          Chômage : hausse.

-          Consommation : maintien

-          Investissements productifs : baisse

-          Cours Euro/Dollar : imprévisible

-          Cours matières premières et biens « réels »: première tendance au retournement sauf accident monétaire ou politique.  

TVA sur la restauration : une baisse bienvenue ?

Au moment où on annonce pour dans quelques années une baisse possible de la TVA sur la restauration,  il faut se poser la question : est-ce une bonne idée ?  Curieusement, personne ne se la pose dans la presse. Il est acquis que cette baisse obtenue de haute lutte est « une victoire ».  Rien que cela est une curiosité.  On a vaincu l’Europe des gnomes de Bruxelles ! 

Pourquoi diable la modification du régime de TVA sur des produits  aussi nationaux que la restauration doit elle obtenir l’unanimité des pays européens ?  Il est clair que l’harmonisation des taxes est nécessaire dans une zone  de libre échange où on veut favoriser la circulation des biens et des services. Mais les restaurants ne sont pas des biens qui passent la frontière. Des touristes pourraient être théoriquement détournés d’aller dans d’autres pays de l’Europe pour bénéficier de l’effet d’aubaine des taxes basses en France.   Qui croit une seconde que  la distorsion de concurrence qui en résulterait aurait le moindre effet dans la pratique ?

On tombe sur une première anomalie : les traités européens ont mis en commun une législation fiscale  qui sur certains produits n’a pas d’effet européen sensible. Où est la « subsidiarité » ? La terrible lourdeur des processus de décision et les délais déraisonnables auxquels elle aboutit posent la question de l’opportunité et de l’efficacité de certains mécanismes collectivisés à l’échelle de l’Europe.

Dans la pratique les touristes qui viennent en France, notamment de l’Europe, paieront moins de TVA donc moins d’impôts.  Ils sont des dizaines de millions à venir car la France est la première destination  touristique du monde. On fait un cadeau fiscal à des dizaines de millions d’étrangers ! Sans être ultranationaliste, est-ce bien malin ? La restauration est un produit de luxe, sachant que la petite restauration (les sandwichs etc.) est déjà à un taux réduit.  La clientèle des trois étoiles va bénéficiée d’un petit coup de pouce fiscal ? Est-ce socialement juste  et n’est-ce pas une forme de « cadeau aux riches » ?  Nous entrons dans une phase de ralentissement qui va faire baisser la recette fiscale de l’Etat. Le Ministre des Finances  l’a annoncé urbi et orbi  ce jour même et a donné les estimations : quelques milliards d’euros vont manquer à l’appel et ce sera pire encore l’année prochaine. Les déficits vont se creuser alors que la dette est déjà très importante.  Est-il opportun d’aggraver encore la situation et de reporter sur nos enfants  les avantages consentis ici et maintenant à des touristes en goguette et à ceux qui ne mangent pas chez eux ?

La seule justification valable est l’emploi. Finalement tout le monde, gauche et droite réunie, accepte l’idée que l’impôt tue l’emploi, ce qui est vrai quand il atteint comme en France les sommets hystériques que l’on sait.  Les industries de main d’œuvre  selon cette théorie implicite devraient  bénéficier toutes de la TVA à taux réduit.  L’ennui, c’est que nous entrons dans une économie de services  où toute l’activité sera bientôt « tertiaire ».  Nous sommes implicitement en train d’affirmer que la TVA normale doit être à 5.5% !  Ce qui nécessiterait, à recette fiscale égale d’augmenter très fortement l’impôt sur le revenu, la CSG où on ne sait quel autre impôt de masse, avec des effets dévastateurs.  

Tout économiste un peu sérieux sait que c’est le contraire exact qu’il faut faire.  Jospin a fait une énorme erreur en diminuant d’un point la TVA comme nous l’avions déjà observé à l’époque.  Sans réduction des dépenses publiques cela revenait à faire un cadeau aux industries exportatrices étrangères,  et à transférer le fardeau sur les générations futures. Le bel échange !

La France souffre d’un excès d’impôts, d’un excès démentiel de dépense publique, d’un excès de dettes. A chaque récession, et nous entrons dans l’une de ces charmantes périodes, les déficits se creusent, la dette augmente et avec elle le besoin d’accroitre la pression fiscale.  Nous sommes  complètement coincés et dans une spirale sans fin. 

La seule solution est connue : il faut baisser très fortement la dépense publique et supprimer  sélectivement et progressivement les impôts les plus pénalisants.   Il aurait été intelligent de le faire pendant la phase du cycle économique favorable.  Les récessions sont rarement propices à cet exercice.   Comme les rendements fiscaux sont excellents  pendant les « vaches grasses », on ne fait aucune réforme en se disant que finalement cela s’arrange.  Pour aboutir à une situation inextricable lors de la récession.

Au lieu de cela nous nous livrons à des réductions électoralistes des impôts en fonction de l’idée que le gouvernement du moment  se fait du bénéfice politique qu’il en tirera.  On veut la jeunesse avec soi : vive la baisse de la TVA sur la musique, les films, les jeux vidéo !   Les restaurateurs commencent à devenir un problème ? On lâche de la TVA ! Les pêcheurs, les routiers, les taxis ? On lâche de la taxe sur le gaz-oil.  En contrepartie on supprimera  les « niches fiscales » qui permettaient de pallier en partie aux effets pervers d’une fiscalité excessive et trop concentrée sur les revenus moyens.  

Aucun plan d’ensemble de baisse des dépenses publiques et des prélèvements : seulement des mesurettes démagogiques  et politiciennes prises à la va-comme-je- te-pousse par des gouvernements qui finissent toujours par reprendre d’une main ce qu’ils ont fait semblant d’accorder de l’autre dans l’incohérence générale et la stagnation économique de longue durée. 

Après six ans de gouvernement « de droite » censé être favorable à la baisse des impôts  et des dépenses publiques, le taux de prélèvements est plus fort qu’un début de période !  Chaque baisse localisée a donc été reprise par ailleurs.  Où ira-t-on encore chercher l’argent que l’on ne prélève plus sur les touristes  et les joyeux convives ?  La récession va encore aggraver les choses, car il y aura moins de touristes pendant quelque temps.    

Encore Bravo !

Réduire la dépense publique : un exemple

En France il y a entre 400 et 500 meurtres  ou assassinats chaque année. 300 d’entre eux ne posent pratiquement pas de problème d’enquête : on sait qui est l’auteur et dans quelles conditions  le drame s’est déroulé. Rixes après boire,  querelles d’automobiliste, scènes de ménage qui tournent mal etc.  On en conclura qu’il reste environ 200 cas où des spécialistes doivent intervenir  pour rechercher le coupable, la majorité d’entre eux étant assez rapidement élucidés et seuls  une poignée demandent de lourdes et longues investigations.

Regardons maintenant de l’autre côté : tous les commissaires de Police et toutes les brigades de gendarmerie peuvent être enquêteur. Il suffit que le juge le leur demande par une commission rogatoire.  Des centaines de cellules sont donc potentiellement mobilisables pour traiter 200 cas.  Selon le ressort du crime, des centaines de juges d’instruction peuvent également être commis.

Dans la pratique cela veut dire qu’un gendarme, un commissaire de police et un juge d’instruction a très peu de chances de tomber sur un assassinat dans sa carrière.  Le jour où cela arrivera il sera en général complètement dépassé par les évènements.

Pour un pays comme la France, la solution est évidente. Créer une dizaine d’équipe  de juges d’instruction et  d’équipe d’enquêteurs spécialisés ayant vocation à traiter sur l’ensemble du territoire national les assassinats problématiques.  Chaque équipe aurait à traiter  une vingtaine de cas chaque année, soit un ou deux par mois, en se faisant aider  s’il y a lieu par les équipes locales de la police et de la gendarmerie. 

Il deviendrait possible de dégager les meilleurs limiers et de promouvoir les meilleurs enquêteurs ; l’émulation serait forte. L’expérience viendrait vite.  Le taux d’élucidation grimperait.  Les enquêtes lamentables faites par des amateurs inexpérimentés disparaîtraient.  Bref, le service public de justice et de police serait mieux rendu.  On ne se retrouverait pas comme à Toulouse avec des affaires qui trainent et des collusions bizarres entre justice, police et milieu.

Pour un coût en baisse. Car les moyens pourraient être facilement  alignés sur les besoins.  Et on ne verrait plus un juge d’instruction noyé dans les dossiers de voleurs de poule  faire semblant de s’occuper d’un  tueur en série.

La centralisation statistique du tableau de bord de suivi de cette criminalité serait extrêmement facile à obtenir : moins de délais ; moins de chaîne administrative ; moins de coûts.   Les affaires qui trainent seraient extrêmement faciles  à connaître par le Garde des Sceaux et le Ministre de l’intérieur.  Les Français seraient mieux informés.

La spécialisation est la clé de la bonne gestion des services publics.  Evidemment cela ne se fera pas car les résistances administratives sont invincibles.  Il faudra toujours 17 juges d’instruction pour suivre un criminel en série qui a frappé dans 17 circonscriptions judiciaires, sauf regroupement hypothétique et fort long,  et n’importe quelle affaire un peu grave survenue dans un secteur mal équipé justifiera une demande de moyens en forte hausse pour avoir des résultats, car tout échec sera présenté comme cela :  Nous sommes surmenés et nous n’avons pas les moyens.Voir Outreau.

Ce raisonnement vaut pour le grand banditisme, la grande délinquance sexuelle, etc.  Des efforts partiels qui ont déjà été faits, notamment dans la police et même à la Justice avec la centralisation du grand banditisme.  Ils doivent être  simplement systématisés.

On verrait alors qu’on peut avoir des services publics efficaces avec des moyens parfaitement contrôlables. 

Crise économique : les quatre erreurs à éviter

 

Crise économique : quatre erreurs à éviter

Didier Dufau*

 

Première erreur : ignorer que le cycle économique existe. Le cycle de 8-10 ans se déroule depuis deux cent ans avec une régularité stupéfiante. Voici les années de crise économique en France  : 1810, 1818, 1825, 1830, 1837, 1847, 1857, 1867, 1882, 1891, 1907, Guerre de 14, 1921, 1929-31, guerre de 40, 1952, 1963, 1974, 1983, 1974, 1993,2002. Comment être surpris par le retournement en cours qui prendra son plein effet en France en 2009 ?  Les politiques n’aiment pas trop l’idée qu’ils ne sont pas tout puissants et super efficaces depuis Keynes. La conséquence est une insouciance généralisée qui explique qu’en France comme en Europe les décisions sont prises à rebours des nécessités du cycle et en aggravent les conséquences. Depuis la dernière guerre mondiales les retournements commencent aux Etats Unis, suivent dans les pays exportateurs et se terminent en Europe continentale. Si la France et une partie de l’Europe n’est pas encore aussi touchée que les Etats-Unis ce n’est pas l’effet d’un découplage mais seulement d’un décalage de phase habituel. L’expérience montre également qu’une crise sévère suit un ralentissement moins sensible. La crise de 2009 sera plutôt du type de celles de 74 et de 93, c'est-à-dire assez sévère.

Deuxième erreur: croire qu’il s’agit d’une crise technique bancaire cantonnée à la distribution de titres adossés à des crédits hypothécaires. Bien sûr, cette difficulté existe, mais les  sommes mises en jeu ne sont pas telles qu’elles puissent expliquer la crise telle qu’on la voit aujourd’hui. Elle est un symptôme plus qu’une cause.  Ce ne sont pas les remous de ce marché particulier qui expliquent le désarroi des responsables. Ce ne sont pas les mesures techniques prises pour en éviter les conséquences immédiates qui mettront fin au retournement de conjoncture.

Troisième erreur : oublier que depuis 1971 et l’abandon du système de Bretton-Woods nous vivons une crise permanente du dollar. L’once d’or valait trente-cinq dollars en 71, elle en vaut mille aujourd’hui. La dévaluation du dollar a été de près de 97% !  Les fluctuations très amples qui ont affecté cette monnaie ne doit pas nous tromper. L’absence de système monétaire international organisé a produit non pas des « changes flottants » mais des « changes fondants ». L’illusion d’optique est de croire que les prix montent : en fait c’est le référentiel monétaire qui s’effondre provoquant une fuite caractérisée devant la monnaie. Si on retient ce fait majeur, jamais porté à l’attention du public, on voit que la méthode qui consiste à inonder le monde de monnaie pour soigner une inondation de crédits est pour le moins saugrenue.  La meilleure preuve : les marchés paniquent à chaque chute nouvelle du dollar et à chaque explosion du cours de l’or ou du pétrole. Ils savent bien que là se trouve le nœud du problème. La bulle immobilière n’était qu’une conséquence de la fuite devant les monnaies fondantes aggravées par les politiques monétaires des Etats-Unis. Pas une cause.

Quatrième erreur : croire que les banques centrales peuvent enrayer seules le retournement de la conjoncture. La stabilisation des marchés et le retour de la confiance passe par une réforme du système monétaire international, la stabilisation des changes et une action concertée de relance de l’économie mondiale. Aucun pays d’Europe n’acceptera de perdre son industrie simplement parce que  les  Etats-Unis et la Chine souhaitent laissent filer leur monnaie à des profondeurs abyssales.  L’enjeu est le maintien du libre échange. Cette digue doit absolument résister.

On voit qu’on est loin des « subprimes ». Une conférence internationale  de type Bretton Woods s’impose. Vite !  

Taux de prélèvements : une formidable performance !

L'INSEE vient de publier sa première estimation du taux de prélèvement en France en 2007.  Ce taux mesure le rapport entre les sommes prélevées par l'Etat et les collectivités locales sur la richesse créée par les Français.

En 2002, lors du retour de "la droite" augouvernement, ce taux était de 43,1%.  En 2007, il est de 43,3, c'est à dire qu'il a AUGMENTE après 5 ans de "baisse des impôts" et de "cadeaux aux riches".

Alors que les discours officiels se multiplient pour annoncer un tour de vis fiscal supplémentaire, (après tant de "cadeaux" c'est bien naturel !)  on constate qu'il n'y a eu exactement AUCUNE baisse de la pression fiscale et au contraire une vraie hausse.

Bravo au gouvernement qui laisse les média conduits par le PS faire croire que les impôts ont incroyablement baissé, alors qu'ils ont augmenté. Evidemment c'est dur pour un gouvernement de droite de dire : les socialistes avaient fait baisser la pression fiscale, je l'ai remonté.  Alors tout le monde braille "Vive l'impôt" alors que la France a connu une croissance  insignifiante pendant toute la période, alourdie qu'elle est par cette charge fiscale écrasante.

Pour les néophytes en matière d'économie il importe de bien comprendre ce que signifie une taux de 43%.

Prenons un esquimau seul sur sa banquise. Il pêche un poisson. Que dit l'INSEE :

PIB (produit intérieur brut) = 1

Arrive un type avec un fusil qui lui pique le poisson sous la menace. Que dit l'INSEE ?

PIB marchand = 1 (le poisson pêché)

Valeur ajoutée de sécurité des adminsitrations publiques  = 1 (le poisson donné en rémunération au fonctionnaire)

PIB TOTAL = 2

Taux de prélèvement : 1 sur 2 = 50%.

Quand l'Etat prend tout le taux de prélèvement est de 50%. Nous sommes à 43%.

Vous conclurez justement : l'Etat prend presque tout. 

De fait, lorsque vous prenez le montant des prélèvements et la valeur ajoutée des entreprises privées, vous arrivez à un ratio autour de 80%. Si maintenant vous prenez le montant de la dépense publique dont chacun sait qu'elle excède de 25% les recettes fiscales, vous arrivez à ce chiffre édifiant que vous ne trouverez JAMAIS dans la presse :

- L'Etat, les organismes sociaux  et les collectivités en France dépensent plus que ce que produisent les entreprises françaises !

Formidable, non ?

 

 

 

 

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Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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