ISF : le débat sur l'abolition ne s'éteindra pas !

Tout le monde  sait que l’ISF est un impôt idéologique, c'est-à-dire une mesure politique qui vise à frapper des entités  symboliques privées de toute réalité. Tous les débats ont montré qu’il est strictement IMPOSSIBLE de faire prendre en compte la vérité des situations derrière une mascarade idéologique.

A ceux qui se plaignaient de l’ISF on a rétorqué dès le début  qu’il était « peu coûteux »  et que seuls les imbéciles pouvaient se révéler inaptes à rentabiliser leurs placements suffisamment pour le payer.  La victime de cet impôt était un « salaud » et  un crétin qui devait en sus  se dire que l’ISF le sauvait de  mesures plus radicales. 

Cette vision était volontairement trompeuse.  Tous les économistes s’accordent depuis toujours pour évaluer entre 2.5 et 3.5% le rendement du capital global immobilisé.  Avec une tranche haute d’impôt sur le revenu de 40% à l’époque et un taux de 1.8% sur la tranche maximale de l’ISF, il est facile de vérifier  que le rendement marginal net du capital devient négatif, sans même compter l’effet de l’inflation.  Beaucoup d’assujettis s’aperçoivent qu’il l leur faut vendre pour payer l’impôt. C’est tout sauf un impôt « léger ».

Compte tenu du poids immense en France est différents  fiscalités, l’ISF, s’ajoutant à la somme de tous les autres  prélèvements,  faisait passer  l’imposition annuelle à  plus de 80% du revenu et pour une dizaine de milliers d’entre eux de plus de 100%.  Il va de soi que lorsqu’on prend tout le revenu  d’un citoyen le pacte républicain n’existe plus.  Il ne s’agit plus d’une imposition mais d’une spoliation caractérisée.  Certains commençaient à vouloir le faire constater à des tribunaux !  

Près de 50.000 personnes représentant plusieurs  dizaines de milliards d’Euros de capital ont quitté la France depuis 1982. Le bouclier fiscal ne les fera pas revenir. Mais là n’est  pas le plus ignoble. L’ISF fait surtout mal aux personnes en difficulté : veuves  ou chômeurs qui se retrouvent avec un capital mais presque pas de revenu ;  enfants héritant d’un patrimoine mais  encore  à l’université ou au RMI ; femmes divorcées se retrouvant avec une indemnité importante mais pas de moyens d’existence salariaux ; paysans  au RMI mais dont la ferme, bien placée, est prise dans la tourmente immobilière.

Evoquer ces drames a longtemps  été interdit.  Tel était l’esprit du complexe bureaucratico-politico-médiatique, par delà tous les clivages gauche droite.  On a trouvé amusant et anecdotique l’histoire des Rmiste de l’île de Ré et sensationnel que le nombre des assujettis double en quelques années du fait de la bulle immobilière !  

Mais la campagne contre les effets pervers de l’ISF a aussi commencé à prendre de l’ampleur. Il a fallu lâcher un peu de lest. « On reprendra le « cadeau » plus tard d’une façon ou d’une autre ». Telle est la méthode classique du Ministère des Finances

C’est ainsi qu’on créa le bouclier fiscal à 40% puis à 50%. Tout sauf lâcher le symbole !   Nous avons écrit à l’époque que ces mesures n’auraient pas d’autres effets que de mettre en lumière les injustices flagrantes du système.  On vient d’avoir les résultats après un an de bouclier fiscal à 40%.  Il y a bien des milliers de français qui payaient plus de 60% d’impôt (en ne tenant compte que des impôts directs). Ce qui veut dire qu’avec tous les autres types d’impôts nous retombions bien sur les 80 à plus de 100% que nous avions calculés.   Et près d’un tiers des personnes concernées étaient des « pauvres », c'est-à-dire des personnes à faible revenu dont un certain nombre de Rmistes, de chômeurs, de veuves, de vieillards etc.

Pendant des années une énorme injustice leur a été imposée sans que personne n’ait jamais songé à s’excuser. On attend les remords de M. Rocard qui a rétabli l’impôt inique,  de Juppé qui l’a trouvé si bien, de Jospin qui l’a aggravé, de Chirac qui a refusé de le réformer vraiment et de Sarkozy qui peut constater que les résultats du bouclier à 50% sont quasi nuls.    

Avec le retour de l’inflation, jamais prise en compte sur les tranches de  l’ISF, on en reviendra vite à des taux de prélèvement aberrants pour de nombreuses personnes  dont la fortune est uniquement immobilière.  Comment s’étonner dans ces conditions que les grands riches continuent à fuir le pays et que les capitaux cachés à l’étranger ne rentrent pas.

Il est normal que des parlementaires sensibles au sort de leurs concitoyens s’attachent à faire supprimer cet impôt anti économique, socialement ignoble et politiquement abject. 

Mais la suppression n’est pas la solution au moment où la dette se creuse et où la récession aggravera les difficultés budgétaires.  Exonérer la résidence principale n’a que peu d’impact.

Ce qu’il faut faire c’est changer l’assiette de l’ISF et, euro pour euro, faire en sorte que des prélèvements sur les très hauts revenus et les stocks options  se substituent  aux bases actuelles. On dira : on libère les fortunes acquises au détriment des fortunes en train de se faire. C’est une plaisanterie.  Mieux vaut taxer un peu plus  un PDG du CAC qui gagne 4.000.000 d’Euros  et s’est servi grassement par le biais de Stock options, en lui disant : « maintenant tu es quitte ».  Plutôt que de l’attendre au coin du bois sa vie durant avec l’ISF actuel. Posez-lui la question : il sera d’accord, car il peut payer.  Alors que l’ISF écorne les patrimoines le plus souvent dans les périodes difficiles de la vie.  On aurait évité ces situations détestables où l’on a fait quitter son logement à une personne déjà touchée par un accident de la vie,  et on aurait sans doute obtenu  le retour de certains exilés fiscaux, tout en s’assurant des ressources supplémentaires  utiles en ces temps d’excès d’endettement.

Tout cela est parfaitement évident.  On ne l’a pas fait,  naturellement. Au contraire Nicolas Sarkozy  ajoute  sans aucune concertation préalable une taxation nouvelle sur les « produits du capital ».  La farce est complète.   

En URSS toutes les « expériences » montraient qu’on pouvait  tripler la production agricole et mettre fin à la disette et aux achats massifs de blé aux américains en renonçant à la collectivisation des terres.  On ne le fit jamais.  Tel est le poids de l’imbécillité idéologique.

Ce poids est très lourd en France.   

Mais le débat ne s’éteindra pas !

Les paradoxes du SMIC

Premier paradoxe, le SMIG, salaire minimum garanti, c'est-à-dire indexé sur les prix, est une création « de droite ». C’est George Bidault qui le met en place au début des années 50 au milieu des récriminations socialistes et surtout communistes, au Parlement ou via la CGT. Il s’agit de sortir d’une économie totalement administrée où prix et salaires sont fixés par le gouvernement. On concède un minimum garanti pour rassurer les couches populaires qui craignent, à tort, que les salaires baissent : aucun salaire n’a jamais baissé pendant les trente Glorieuses. Le contrôle des prix sera lui maintenu jusqu’à la fin des années 70 la crainte d’une flambée tout aussi fausse comme on le verra à ce moment là paralysant le jugement des politiques et confortant l’interventionnisme de l’administration.

Second paradoxe, le SMIC, salaire minimum de croissance, c'est-à-dire garanti et indexé sur les salaires, est aussi une affaire de droite. Il est créé par Chaban Delmas, premier ministre de Pompidou dans le cadre de la « nouvelle société » qu’il promet.  Comme les retraités sont en train de le découvrir, une indexation sur les prix et sur les salaires, ce n’est pas du tout la même chose. Au bout de 20 ans les écarts deviennent colossaux. La loi des accroissements composés est implacable. Quelques pour cent par ans finissent par faire une très grosse différence.  Le SMIG ne concernait plus en 72 qu’une toute petite fraction du salariat. Ce sont les salaires mimima des conventions collectives qui jouaient le rôle de promotion sociale.  Ajoutons que l’Etat avait fait disparaitre les différences entre les SMIG régionaux qui constataient simplement que le pouvoir d’achat d’un Franc n’était pas le même en province et dans les grandes villes.  Et rappelons qu’en 68 on avait éteint l’incendie social en augmentant massivement le SMIG ce qui compte tenu du peu de personnes concernée et des dévaluations ultérieures n’avaient pas eu d’effets trop graves sur l’emploi.

Le décor est en place pour une énorme sottise économique qui aura des conséquences fondamentales pour l’économie et le revenu des français notamment les plus fragiles.

Première conséquence, le paritarisme qui fixait dans les conventions collectives les salaires minima est éliminé de l’affaire qui devient politique.

Seconde conséquence, les politiques étant ce qu’ils sont et l’énarchie compassionnelle s’étant mise en place,  le « coup de pouce au SMIC », c'est-à-dire le « cadeau aux pauvres » devient un rituel.

Comme progressivement on aggrave constamment les charges pesant sur les salaires, on aboutit dès le début des années 80 au fameux « double fiscal » du salarié français.  Lorsque le smicard gagne 100 francs net, l’entreprise en  paie 200. En même temps se met en place ce que mes étudiants avaient fini par appeler à la même époque  la « marche de Dufau » tant je mettais l’accent sur ce phénomène pour démontrer les effets d’exclusion du  système : le gain pour l’Etat du retour d’un chômeur à l’emploi  représentaitr quasiment le montant du salaire du nouvel employé !  

 A la fin du vingtième siècle, la situation devient ubuesque. Le SMIC concerne plus de 25 % des salariés, ce qui est totalement démotivant. Les jeunes, les vieux, les femmes, les immigrés, les plus faibles donc,  ne peuvent plus trouver d’emploi et connaissent des taux de chômage  exagérés et sans comparaison dans les autres pays du monde.  Le smicard gagne 4000Francs/net par mois  et coûte 8000 à son entreprise.

On demande à un jeune sorti sans formation d’un système scolaire en déshérence depuis 1968 de rapporter à l’état 4000 Francs dès son premier mois d’embauche, alors qu’il ne sait rien faire :à la même époque un cosmonaute russe gagne 1000 F mensuellement ! L’immigré qui aurait gagné entre 700 et 1000 F par mois chez lui s’il avait trouvé du travail se voit assigner la tâche de fournir instantanément 8000 F par mois de valeur ajoutée.  Etc.

Evidemment  tout cela est déraisonnable et impossible.

Les entreprises se débrouillent  pour faire face à cette situation : développement du travail au noir ; recours à des étrangers en situation irrégulière ;  développement de l’intérim qui permet d’externaliser certains coût s; préretraites ; temps partiel ; développement de la précarité.

Mais il faut compter aussi sur les délocalisations et surtout sur les abandons de projets (les manque à gagner ne sont JAMAIS comptabilisés).  

L’Etat est obligé de financer un chômage structurel massif là où les partenaires sociaux étaient aptes à s’occuper du chômage conjoncturel.  Le cercle vicieux est total puisque ce poids fiscal supplémentaire pèse naturellement sur l’économie, aggravant sans fin le tourbillon.  

On est entré dans ce merveilleux système où le chômage recule à 8-9% pendant la bonne phase du cycle et monte à 12-13%  pendant la mauvaise.

La conjonction d’un salaire minima aligné sur le salaire moyen, des coups de pouces démagogiques et  du chargement  du salaire d’une infinité de prélèvements supplémentaires,  a profondément abîmé la société française.  La démoralisation est partout : jeunesse qui s’insère très difficilement, surtout dans les banlieues concentrant les immigrés,  classe moyenne smicardisée,  ascenseur social en panne,  baisse relative du revenu moyen, pression fiscale excessive (près de 80% en moyenne et parfois plus de 100% pour les couches élevées avec l’ISF jusqu’à récemment). 

La fausse bonté sociale a fini par créer des désastres sociaux,  effet pervers mais classique de l’ignorance.

Il serait faux de croire que ce mécanisme n’ait  pas été dénoncé inlassablement en son temps et que personne n’avait conscience de ses méfaits.  La presse quotidienne française a certes empêché toute édition de libres opinions sur la question.  Il est vrai que gauche et droite ont mené dans l’affaire exactement la même politique et que le propos aurait frappé la clientèle des journaux toutes tendances confondues. Alors silence !  Mais des livres sont sortis, des lettres ont été envoyées de ci de là, et surtout la réalité a fini par s’imposer aux yeux de tous.

On assiste donc  dès 1990 à des tentatives de réformes.  Le SMIC jeune est la première tentative : il échoue face à la pression de la rue.  Le gouvernement Jospin prend alors une mesure radicale : il réduit très fortement les charges sur le SMIC.  Le double fiscal du smicard disparait largement.  Mais il commet une erreur terrible : les 35 heures. C’est appuyer  en même temps sur le frein et l’accélérateur.  L’emploi gonfle indiscutablement et massivement mais on sait déjà qu’il sera étranglé lorsque les mesures malthusiennes prendront leur plein effet à partir de l’an 2000.  On n’a pas réduit les charges : on les a déplacées sur l’impôt et surtout sur la dette qui augmente alors même qu’on est en pleine grâce conjoncturelle en 99 et 2000 (1000 milliards de francs de dette en plus sur 5 ans tout de même).   Il est vrai que le choc est brutal : le transfert de charges concerne  25% de la population au travail !

Là dessus la récession du cycle quasi décennal frappe. On essaie d’y faire face en prenant des mesures non pas conjoncturelles mais structurelles. Ce sont les fameuses initiatives de Villepin avec des contrats dérogatoires pour les populations fragiles. La révolte contre le CPE puis la condamnation juridique des contrats dérogatoires mettent l’édifice à bas.

On continue malheureusement la politique des coups de pouce. Le vice est trop induré pour être facilement extirpé.  Et on augmente toujours à  la liste des chargements sur les salaires.

Où en est-on aujourd’hui ?

Lors d’un débat sur la TNT où on fait rituellement s’affronter deux pseudo économistes l’un affiché  socialiste l’autre disons de droite,  on parle du SMIC.  « Il n’a jamais été moins un problème » dit l’un. « Il reste une difficulté » dit l’autre. Que les auditeurs se raccrochent à la parole qu’ils aiment.

Le paradoxe est que les deux ont raison.

Jamais le coût d’un salarié au SMIC n’a été plus bas du fait de la quasi-disparition  du « double fiscal » du smicard.  Bien sûr on n’a pas gagné 100%. On a augmenté politiquement le SMIC qui a lui-même augmenté par son mécanisme même.  Mais on n’est pas revenu à la situation antérieure.  Le SMIC, comme coût, est bien au plus bas.  Mais rien ne serait pire que de le faire revenir à son coût antérieur.

Pendant longtemps les commentateurs socialistes ont nié la baisse du chômage qui s’est produite  entre 85 et 88, du fait principal de l’entrée dans la phase de haute conjoncture du cycle.  Pendant trois ans les chiffres ont été à la baisse et pour la première fois  on est descendu à un taux de chômage inférieur à 8%  (au meilleur de la conjoncture tout de même).  Naturellement on a attribué ce résultat à la mauvaise cause : il était politiquement plus neutre d’affirmer que c’était du au « papy boom », donc à quelque chose dont personne ne peut se prévaloir. C’est totalement faux.

Il est clair que la baisse massive  du coût global du SMIC a eu un effet important  sur l’emploi. Il suffit de regarder les chiffres : près d’un million d’emplois marchands gagnés !

Mais ce résultat a été obtenu de façon totalement artificiel et au prix d’un gonflement massif de l’endettement et il est contrarié par mille autres mesures, notamment l’aggravement de la pression fiscale globale.  Au moment où on entre dans la phase de récession  du cycle, tous ces résultats risquent d’être remis en cause et leur interprétation politicienne et médiatique brouillée.

Concluons :

-          Un Smig par branche et par région actualisé périodiquement par les partenaires sociaux  est favorable à la santé sociale d’un pays et sans conséquence économique grave. Le Smig n’a pas empêché les Trente Glorieuses ni le bon fonctionnement de  l’ascenseur social. 

-          Un Smic national politique qui prive les partenaires sociaux de tout grain à moudre et qui connait spontanément des dérives démagogiques est  une catastrophe. Cette dernière  a bien eu lieu et la pratique d’un  SMIC politique a largement détruit la société française, notamment la plus fragile, en association avec le gonflement permanent des prélèvements sur le fiche de paie et sur l’ensemble des patrimoines et revenus.

-          Les exonérations massives sur le SMIC  ont bien eu un effet important sur l’emploi. Mais cet effet a été largement gommé par les mesures malthusiennes qui les ont accompagnées.

-          En ne baissant pas les charges pesant sur l’ensemble des salaires et en ne jouant que sur le SMIC  on rate la cible.

-          Transférer les charges n’est pas baisser les charges.  Au total on finit par accroitre l’endettement et geler encore plus la situation.

-          Lorsque ces politiques sont menées dans un cadre de développement continue de la dépense publique,  leurs résultats sont noyés  dans les effets pervers et leur bilan  global, sans être nul, devient trop faible, même si les mesures prises ont  été massives.

-          La baisse des charges sur le SMIC étant liée aux trente cinq heures, on a ligoté le frein et l’accélérateur avec le même texte ce qui était de la pure démagogie politique et une sottise incompréhensible en terme économique.  

-          Les énormes gesticulations politiques auraient pu être évitées si on avait évité le grignotage démagogique  des quarante années « d’énarchie compassionnelle »  et de socialisme larvé qui ont suivi mai 68.

Longueur et patience de temps valent mieux que force et que rage. Mieux aurait valu juguler à la source les fuites apparues  dans la coque du voilier France plutôt que d’y ouvrir de multiples brèches puis de baisser la voilure et de couper un mat pour trouver la matière des rustines.

Le PIB, le Pauvre Indicateur Biaisé de la conjoncture

Par convention on déclare une économie en récession lorsque le PIB a décliné deux mois de suite. Depuis la guerre de 40 la France n'a connu qu'une seule récession ainsi définie, en 1993. L'ennui, c'est que cet indicateur est le pire lorsqu'il s'agit de connaître l'état de la conjoncture. Pourquoi ?

D'abord parce qu'il comporte toute la « production » du secteur public qui est calculée en fonction du coût des agents qui croit constamment. Si vous augmentez les fonctionnaires, le PIB s'accroit. Une charge devient un produit grâce au miracle de la statistique. Or la production du secteur public est particulièrement forte en France (autour de 25% contre environ 20% en moyenne dans l'union Européenne). En augmentant de 6% les coûts du secteur public en 1993, le gouvernement avait ainsi donné 1, 5% de croissance en plus au PIB alors que globalement il avait baissé. C'est dire combien la récession avait été forte dans le secteur marchand !

La seconde raison est purement technique : la valeur publiée du PIB est pendant au moins deux ans constituée de composants estimés et non pas constatés. On commence à avoir une vision relativement correcte du PIB pratiquement un an après la fin de l'année concernée. Et cela bouge encore pendant près d'un an. Compte tenu des erreurs ou incertitudes d'estimation on attache une valeur excessive aux chiffres de croissance ou de décroissance donnés trimestriellement. Elles sont fausses d'au moins 1%.

On comprendra que discuter d'un demi-point de PIB n'a dès lors pas grand sens. Quand on sait que la Banque de France annonce 0.1% de croissance du PIB au dernier trimestre, on voit que tout cela est de la poésie, pas de l'économie.

Il existe un excellent indice pour suivre la conjoncture en temps réel, un indice facile à calculer et qui ne trompe absolument jamais. C'est la proportion d'entreprises ayant reçu des commandes en croissance dans le secteur de la mécanique dans le mois précédent. Dans la phase haute de conjoncture l'indice monte jusqu'à 85% ; il baisse autour de 40% lors des récessions. Il suffit de tenir compte de 20.000 entreprises pour avoir une tendance fiable, soit les résultats d'une demi-douzaine de grossistes du secteur. L'informatique permettrait d'avoir les chiffres le 5 du mois suivant.

Nous l'utilisons depuis 20 ans avec 2000 entreprises, avec une fiabilité absolue. En 1997 nous avions annoncé la reprise alors que tout le monde politique parlait avec Rifkin de la « fin du travail » (Rocard) et de l'ineptie d'attendre « le Godot de l'emploi » (Seguin) et que le gouvernement Jospin justifiait les 35 heures par l'inertie structurelle du marché de l'emploi. Cet indice permet donc de savoir ce qui se passe là où l'erreur collective est de règle. On perçoit dans les médias la récession comme la reprise avec près d'un an de retard.

Notre indice a commencé à baisser fin 2006 et il est passé sous les 50% en juillet 2008. Nous sommes donc en récession et affirmer le contraire est une grossière contrevérité. Il est vrai que l'action psychologique fait partie de la panoplie anti-récession. Les propos de Mme Lagarde et de M. Fillon ne dérogent pas à la règle.

L'intensité de la crise apparaîtra à fin décembre : on verra alors si on descend sous les 40% chiffre qui serait le signe d'une crise de forte amplitude.

Récession économique : une ou plusieurs crises ?

Depuis 2006, la presse se fait l'écho des difficultés économiques successives sans jamais faire le lien entre elles.

Il y a d'abord eu un sérieux à coup boursier au printemps 2006. Puis la crise dite des « subprimes » a commencé à occuper l'opinion avec le blocage du marché des crédits interbancaires à partir de l'été 2007.

On a ensuite signalé l'apparition de récessions sur certains marchés immobiliers notamment aux Etats-Unis et au RU. On s'est aperçu ensuite que les prix des biens durables et des matières premières connaissaient une flambée formidable.

Le krach du dollar a alors mobilisé l'attention. Le retour de l'inflation sur les produits agricoles d'abord puis sur pratiquement tout le reste a inquiété le monde.

Les signes d'une récession généralisée sont maintenant en première page.

Les éditorialistes habituels de la presse quotidienne française, relayés par les perroquets des différents médias provinciaux et radiotélévisés, s'exclament : « ce qui inquiète c'est la conjonction de crises différentes ! ».

Il ne vient à personne l'idée que ces crises soient les épisodes divers d'une même séquence : le retournement du cycle de huit dix ans qui se manifeste avec la plus belle régularité depuis au moins deux siècles !

Bien sûr chaque épisode de ce type est légèrement différent du précédent : comme en matière militaire on gagne toujours la guerre d'avant ! La crise démarre toujours là où on ne l'attend pas vraiment et dépends souvent des conditions de la précédente sortie de crise.

Le ralentissement de 2001-2003 avait été traité par des mesures radicales des autorités des Etats-Unis : effondrement du dollar et de la monnaie chinoise qui est alignée de facto avec le dollar (en dépit de modestes réajustements récents), et inondation monétaire. Les taux d'intérêt réels sont devenus négatifs. Ce système a eu plusieurs conséquences :

- L'Europe a été squeezée et ne connaîtra qu'une croissance ralentie. La France étant particulièrement gênée par son immense embarras fiscal ne connaîtra qu'une croissance très faible avec une hausse d'à peine 5% du pouvoir d'achat des salariés sur l'ensemble du cycle. Un très mauvais résultat. - Les Etats Unis et la Chine sont entrés en résonance l'un achetant tout ce qu'on voulait et l'autre fournissant à concurrence, tout en accumulant de vertigineuses quantités de dollars. - Le système bancaire s'est retrouvé en difficulté, l'argent peu cher l'entraînant à chercher des profits en accumulant les risques.

La reprise de l'activité et son accélération en fin de période, une constante du cycle, allaient entraîner des conséquences fâcheuses :

- Les mauvais crédits s'accumulant, notamment dans le secteur immobilier, les bilans bancaires se sont fragilisés et ont fini par casser. - Le délire de création monétaire par les déficits américains a fini par provoquer une fuite devant la monnaie, les investisseurs cherchant dans une sorte de sauve-qui-peut leur salut dans l'achat de biens réels et de matières premières. - Le cumul de cette fuite avec les effets de la croissance a poussé vertigineusement les prix sur ces marchés. - La bulle immobilière est la fille naturelle des intérêts bas et de la fuite devant la monnaie. - Les énormes balances accumulées par les pays exportateurs de matières premières ont eu du mal à se replacer, maintenant les taux d'intérêt très bas et leur fuite devant le dollar a fait plonger un peu plus le billet vert. - L'inflation monétaire s'est alors traduite par une hausse de tous les cours de matières agricoles puis de l'indice général des prix.

On est alors entré dans la phase classique de retournement du cycle : - Retournement de la bourse - Éclatement d'une crise des crédits aventurés - Éclatement des différents bulles spéculatives - Récession sur les marchés fragiles (publicité, voyages, conseils, presse, ...) - Plongeon du commerce international - Crise de confiance des investisseurs et des consommateurs - Ralentissement général.

On voit bien que toutes les « crises » sont étroitement corrélées entre elles et ne sont que les épisodes divers d'un même phénomène.

C'est parce que le Cercle des Economistes E-toile s'est spécialisé depuis longtemps dans l'étude du cycle décennal qu'il a pu à chaque étape correctement analyser la situation et faire des scénarios qui se sont tous révélés exacts.

- Détection dès juin 2006 que la crise serait plus rapprochée que d'habitude et frapperait à plein en 2008-2009, au lieu de 2009-2010 comme annoncé en 2002, avec annonce d'une grave pression à la baisse sur le dollar. - Article sur le forum du Monde .FR en juin 2006 au départ de la campagne présidentielle française indiquant que M. Sarkozy prenait des risques idiots en annonçant qu'il augmenterait la croissance française alors qu'une récession occuperait la moitié de son quinquennat ! - Annonce fin 2006 d'une fuite manifeste devant la monnaie contrariant le mécanisme stabilisateur des prix associé à l'ouverture totale de l'industrie mondiale à la Chine (que nous avions décrit en 1999). - Déclaration dès juin 2007 du risque sur les marchés de crédit et annonce de l'explosion prochaine de toutes les bulles. - Contestation fin 2007 de l'idée idiote du « découplement conjoncturel de l'Europe » - Contestation en juin 2008 de l'idée d'une sortie de crise par les « moteurs » indiens et chinois. - Contestation début juillet 2008 de l'idée d'une hausse massive des cours du pétrole (quand les medias l'annonçaient inéluctablement à 200 $ le bari)l, sur la base qu'une récession entraîne nécessairement une baisse de la demande ! - Constatation depuis que tous les annonces faites sont confirmées par le développement des évènements économiques. Notre règle est de donner les scénarios auxquels nous croyons à l'avance.

Rien de plus agaçant que la rétro explication triomphante à laquelle se livrent les quatre ou cinq économistes en cours dans les médias. Rien de plus pénible que de constater qu'aucun organe de la PQN ne veut prendre le risque de la vérité.

Frappé de nullité économique chronique ces médias ne pensent qu'à éviter tout risque mais, privés du moindre cadre théorique et de toute aide réelle des économistes professionnels, ces grands taiseux, ils ne font que suivre au jour le jour les évènements en butant régulièrement sur une réalité qui contredit inlassablement leurs « analyses », comme la guêpe frappe la vitre.

Le moment de vérité

Le moment de vérité arrive en général au plus profond de l’été juste avant que les Ministres ne s’éparpillent. Les annonces se font en langage codé : il s’agit toujours de courage, de lucidité, de haute tenue morale.  La matière elle, est des plus prosaïques.  On annonce que non seulement on renonce à toutes ses promesses électorales en matière de baisse d’impôts mais qu’en plus les taxations vont aller bon train.

Faute de l’avoir prévu, le Président Sarkozy et son premier ministre prennent  de plein fouet le retournement décennal du cycle.  On annonce une politique de ni-ni : ni hausse d’impôts ni baisse. En fait on ajoute deux nouveaux impôts, l’un sur les Mutuelles de santé l’autre sur les bénéfices de la participation. On doit en être à douze taxes nouvelles depuis un an.  Comme on a laissé le taux de prélèvement se gonfler pendant un an, il est impossible de le baisser maintenant que la crise est là. Les recettes menacent de flancher : taxons donc ; taxons encore ; taxons toujours.

Cela ne suffira évidemment pas.  La récession plombe toutes les recettes : l’IS, l’IR et aussi la TVA malgré l’inflation.  La hausse des taux d’intérêt mange le budget. Le plafonnement de l’ISF n’apporte plus le surcroit de recettes habituel. Les recettes liées à l’activité immobilière et au tourisme sont atteintes.  On va donc vers un exercice 2009 déficitaire avec renforcement de la dette, montée du chômage, déficits sociaux,  etc.  Alors qu’on est au summum de ce qui est autorisé par les conventions européennes en matière d’endettement.  Faute qu’aucune des mesures prises jusqu’ici ait un véritable impact sur la dépense publique (au contraire on multiplie les gestes en faveur de catégories touchées par la hausse du pétrole ou non, comme les médecins)  il faudra bien à nouveau prévoir des hausses de prélèvements.

Adieu le 1% de croissance en plus sur la durée du quinquennat, adieu la disparition de l’anomalie fiscale française (100 milliards d’Euros de dépenses en trop par rapport à la moyenne) : vive l’impôt.  Et bientôt  la CSG ou la TVA  seront sollicitées pour fournir l’appoint.

Adieu aussi la « rupture ».  On en est revenu au schéma habituel : on réforme peu ou pas pendant la période de croissance tout en engrangeant les sur-recettes de la progressivité ; puis on augmente les impôts après le retournement pour éviter que la baisse des recettes  ne provoque trop de remises en cause. On en sort meurtri et avec une croissance du revenu par tête décalée en baisse par rapport aux autres.

M. Sarkozy, Mme Lagarde, M. Borloo sont des avocats. M. Fillon est un homme politique de profession, comme Mme Bachelot.   Leurs connaissances économiques sont nulles. Ils ne peuvent ni anticiper, ni comprendre, ni élaborer une stratégie.  Ils réagissent à la petite semaine sur une base purement politique.  M. Borloo pleure son « mauvais » budget c’est à dire « pas en hausse ».  Mme Lagarde répète comme un perroquet ce que lui soufflent les énarques de son cabinet.  M. Sarkozy cherche à dévier le mauvais effet des hausses d’impôt derrière des rideaux de fumée assez grossiers.  M. Fillon se lamente.

Où en seront-ils fin 2009 ? Et surtout lors de l’élaboration du budget 2010 ?  On risque de voir à nouveau une réponse politique du genre : élimination de Fillon, bouc émissaire désigné.  Mais où seront passées les chances de la France ?

Deux mots sur la paradoxale « haute productivité française »

Depuis des années maintenant on voit fleurir un « marronnier », une information que la presse reprend inlassablement à date fixe,  juste au moment où  commence la période d’examen du nouveau budget.  Les radios ce matin viennent TOUTES d’en faire bruisser le feuillage avec son entrain coutumier, en attendant les journaux et la télévision. 

La France aurait « une magnifique productivité, quasiment la meilleure du monde ».

La chanson sur la productivité exceptionnelle de l’économie française précède généralement les tours de vis fiscaux. « Rassurez-vous donc chers contribuables, vous pouvez payer ! », tel est le message peu subliminal qu’il convient de véhiculer aux Français détendus qui  commencent à s’affaler sur les plages. 

Procès d’intention alors que la réalité de cette forte productivité est avérée ?  Regardons les faits avec un peu d’attention.

La France est le pays développés qui a le taux d’emploi le plus faible globalement et dans toutes les catégories fragiles.  Il ne se passe pas un jour sans qu’un rapport, un commentaire, une étude, n’expliquent  aux Français qu’il a le taux d’emploi des jeunes le plus bas (rappelez vous le CPE),  le taux de chômage des femmes le plus sévère, une population immigrée loin de l’emploi à près de 20%,  et  des « seniors » sans activité économique en très grande proportion.

Hier encore ce taux d’inemploi des Seniors faisait l’actualité avec un rapport de la CNAV expliquant que le Plan Fillon d’emploi des seniors n’avait eu aucun impact.  Tout au long de l’année des incidents en banlieue ont rappelé que les jeunes immigrés sont  sans boulot. Une nouvelle loi a fait  l’actualité pour commenter le durcissement des conditions d’indemnités  avec l’obligation d’accepter  des propositions peu alléchantes, les chômeurs restant trop longtemps au chômage. Un autre rapport récent indiquait que la loi sur la « prime fiscale à l’emploi »  n’avait aucun effet.

Etc. Etc.

La vérité commence alors à se découvrir.  Les entreprises françaises, accablées de charges, ne peuvent employer que la fraction de la population la plus productive.  La proportion de salariés dans la population totale française tourne autour de 16%. Elle est entre 25 et 35% dans tous les pays dynamiques.  On voit l’énormité du déficit.  La France ne permet pas les « petits boulots » ou les activités à productivité réduite.  Seul le noyau dur des activités potentielles a été conservé au prix du sacrifice de millions d’emplois.

L’Etat bon Samaritain  a été obligé de prendre en charge (et si mal) les exclus. C’est une des raisons d’un budget de 25% supérieur dans ses dépenses à ses recettes depuis des lustres, et une des explications de la pression fiscale globale et de l’endettement.  La spirale se renforce de sa propre force.  Et nous n’arrivons plus à nous en sortir.

L’étranglement fiscal est la principale raison, avec la rigidité des réglementations,  de la réduction de l’emploi aux seuls postes productifs.   Le fait qu’on ne puisse plus employer une masse de gens ne signifie pas que nous sommes meilleurs que les autres. Le noyau dur des autres économies est tout aussi productif et parfois bien plus que le moignon qui nous reste.  

Cet abusif  cocorico sur une fausse comparaison est lamentable. Parions qu’il ne sera dénoncé NULLE PART DANS LA PRESSE.  Il faut crier « Vive l’Impôt », se taire sur les manipulations de l’information  et soutenir la campagne qui est lancée pour faire passer en douceur  dans la torpeur estivale les mauvaises  nouvelles fiscales qui s’annoncent.

Didier Dufau   

 

Le FMI : Formation Manifestement Inutile ?

Evoquer le Fond Monétaire International n’a rien de sexy. Quand la Presse en parle ce n’est que de façon anecdotique.   On relèvera le déséquilibre en défaveur des pays émergents.  On signalera que l’organisme ne distribuant pratiquement plus de crédit, il est en déficit chronique.  On s’amusera de voir nommer à sa tête un socialiste français particulièrement incapable et qui a d’autres ambitions.  Mais personne ne se risquera à préciser la raison profonde de la déréliction de cette institution.  Elle est pourtant fort simple.

Le FMI a été créé dans le cadre des accords de Bretton-Woods pour servir de banque d’ajustement dans un cadre de changes fixes mais ajustables.  Traumatisés par la crise de 29, les grands pays se sont aperçus qu’il valait mieux éviter que les problèmes de balances de paiement  entraînent une spirale de restriction globale du commerce et ses conséquences sociales inacceptables.  

En 1971, à cause de la politique américaine, mais sur une initiative prise formellement par les Allemands,  le système de Bretton-Woods a été abandonné. On est passé aux changes flottants. Sous l’influence théorique de Milton Friedman et surtout sur la pression de la nécessité : les Etats-Unis étaient incapables de rembourser leurs dettes en or !  Le système de change flottant est détestable et donne des résultats exécrables avec une perte globale de croissance sur les 40 dernières années d’un point moyen. Il a entraîné  la perte pendant la même période de 95 à 98 de la valeur des principales monnaies, dont le dollar. On voit bien qu’il s’agit d’un système instable qui est incapable de réguler quoi que ce soit.

La première victime est le FMI. En système de changes flottants il n’a plus aucun rôle à jouer.  On connaît la force de résistance à la disparition des administrations inutiles. Alors celle là a perduré en tentant de prendre à sa charge une partie des missions de la Banque Mondiale. Avec Delarosière, dit « sœur Theresa » dans le milieu, il s’est transformé en organisme de charité pour pays du tiers monde consentants. Il a été tellement odieux dans cet exercice que même les tyranneaux les plus cupides n’en ont bientôt plus voulu. Puis il en est venu à faire des prêts politiques. On l’a vu avec le prêt à Eltsine, complètement détourné de son objet.  L’argent avait tout simplement été replacé sur les marchés au nom de quelques princes du régime permettant un enrichissement phénoménal et sans risque.  Avec l’Argentine, il est entré dans des contradictions insurmontables : le système  de « currency board » retenu par ce pays (contre l’avis du FMI) était intenable. En système de changes flottants il ne pouvait qu’exploser.  Le FMI a voulu jouer les pompiers. Il s’est fait traiter de pyromane.  C’était injuste, mais l’aventure montrait qu’il n’avait plus aucun rôle utile.

Alors il est entré en léthargie.  Les présidents successifs furent désormais des politiques en planque honorifique en attendant des postes encore plus décoratifs dans leur pays.  Dès que le poste visé était disponible ils démissionnaient. Nous ne dirons pas qu’avec DSK  nous ne sommes plus dans cette pratique navrante.     

Entre une tête vide, des effectifs totalement déraisonnables et une absence prolongée de rôle précis, le FMI est une organisation mort vivante. 

Ou en revient au système des changes fixes mais ajustables ou on supprime le FMI.

 On ne parle évidemment d’aucune des ces deux solutions. On reste donc dans l’inertie et le chien crevé au fil de l’eau.  A quoi cela rime-t-il ?

Valentin Zeldenitz

Le mystère Sarkozy

Que M. Nicolas Sarkozy soit un surdoué de la politique, tout l’indique. Mais que penser de sa politique économique ?

Là, le mystère commence.

Sa campagne présidentielle laissait l’auditeur sur sa faim. Le programme annoncé était un « programme court » dans une « ambition longue ». L’ambition était de faire regagner, en fin de mandat, les points de croissance qui manquaient à la France par rapport aux autres pays.  Le programme court  prévoyait un ensemble de mesures  dont la principale était la détaxation des heures supplémentaires levier indispensable pour faire sauter le verrou des 35 heures et rétablir le pouvoir d’achat des masses laborieuses.

Alors qu’il était certain qu’une récession viendrait perturber son mandat,  il demandait à être jugé en 2012 sur la baisse du chômage et le rétablissement des grands équilibres pour une France en croissance aussi rapide que ses meilleurs concurrents.   Nous avions souligné à l’époque que la méconnaissance du cycle rendait ces propos très imprudents, entre présomption et incompétence.  

Il promettait des réformes, dont la baisse des effectifs des fonctionnaires, des mesures fiscales ciblées sur les emprunteurs immobiliers et sur les petits héritages,  et l’équivalent du plan mythique « Pinay-Rueff » pour briser les freins à la croissance.

La réalité a été conforme à ces annonces. Le programme court a bien été exécuté.  La loi TEPA a détaxé les heures supplémentaires ; Le bouclier fiscal à été remonté à 50% ; les régimes spéciaux ont été réformés ;  les effectifs de fonctionnaires ont commencé à être réduits.

Pourquoi parler de mystère dans ces conditions puisque nous voyons  un président faire ce que le candidat avait annoncé ?

Comme prévu la détaxation des heures supplémentaires n’a pas eu les effets décisifs annoncés. Avec la récession ce sera encore plus net.

Réduire la taxation des petits héritages a fait plaisir au plus grand nombre, c’est sûr, mais son impact économique est quasi nul.

Favoriser les emprunteurs immobiliers en pleine résorption de la bulle spéculative  n’est pas absurde mais s’analyse comme un coup de chance : l’idée était démagogique et politique, sans rapport avec l’éclatement de la bulle, non prévue par Sarkozy.

Les mesures autour du bouclier fiscal et de la déductibilité de certaines dépenses  ont l’énorme inconvénient  d’avoir empêché la réforme réelle de cet impôt dont il fallait absolument changer l’assiette en attendant de le supprimer. Sarkozy a tenté de rendre à peu près acceptable un impôt qui ne l’est pas.  Curieusement sa réforme lui a coûté autant d’avanies politiques sur ses « cadeaux  aux riches » que l’aurait fait une pure et simple suppression.  Un an après on voit que l’impôt s’est stabilisé en valeur mais que le nombre des assujettis a encore augmenté.  Les 100 familles s’étaient retrouvées 100.000 en 81, les voilà à 400.000 !  Et on s’est étonné que les expatriés ne rentraient pas !

Les 35 heures ont été triturées de façon incompréhensible, alors qu’il suffisait purement et simplement d’y renoncer et de revenir aux 40 heures avec dérogation possible négociée entreprise par entreprise.

La réforme des régimes spéciaux a bien été entreprise avec alignement sur la fonction publique.  Mais il y a tellement de codicilles et de négociations secrètes qu’on ne sait finalement pas ce qui a réellement changé, si ce n’est la fin de l’indexation sur les salaires des actifs des retraites.

Restent les réformes importantes lancées sur un peu tous les sujets.

On réforme la carte judiciaire, mais on ne réduit pas le nombre des magistrats qui au contraire augmente tout en indemnisant des tas de villes touchées par les fermetures de tribunaux.  C’est donc une réforme qui coûte et dont on ne sait guère ce qu’elle économisera à terme.

On diminue le nombre des fonctionnaires, faisant sauter un verrou sur une question tabou, mais à terme on aura 100.000 non renouvellements  sur 5 millions de personnels à statut plus ou moins protégés !   Un fonctionnaire qui part à la retraite sans être remplacé n’a pas un effet massif sur les finances publiques.  Les mesures prises n’auront qu’un impact inférieur à 5 pour 1000 sur la dépense publique !

On a reculé sur les taxis, les notaires, les pharmacies, etc.

On s’attaque maintenant aux armées.  Mais là aussi on voit bien que le but n’est pas tant de réduire le budget des armées que de permettre une meilleure efficacité à coût égal.

Dans le domaine de la sécurité sociale rien n’a été fait depuis la micro réformette Douste Blazy. Les comptes dérivent avec les dépenses et les quelques sous exigés  sur les boites de médicament ne correspondant pas aux enjeux phénoménaux de ce dossier.

On a lancé la RGPP qui ne donne exactement aucun résultat sauf quelques gouttes d’économie par ci et par là.

On a lancé de nouveaux impôts et notamment  les taxes liées à l’environnement.  De nombreuses dépenses supplémentaires ont été annoncées comme le RSA, le « quatrième risque » etc.

La hausse des taux d’intérêt creuse un magnifique trou dans notre budget, compte tenu de notre endettement.  

Au total on dira que la politique est bien orientée dans son objectif général mais que les mesures prises jusqu’ici sont soit purement électoralistes, soit dérisoires, soit ambigües et en tout cas totalement hors de proportion avec le nécessaire.

M. Sarkozy gratte le béton avec un araire en annonçant les belles  moissons  qui chantent.   Tout cela sera balayé par le ralentissement économique.  Nous dévoilera-t-on alors le « programme long » ou improvisera-t-on   selon des axes plus ou moins électoralistes ?

Tel est le mystère Sarkozy.

Didier Dufau

Economie Française : le palmarès des incapables

Voici donc la France à la veille de la récession.

Elle y va alors que tous les indicateurs sont déjà au rouge.  La dette d'état sans être effroyable est aux limites des critères de Maastricht.  La pression fiscale est au plus haut quasiment historique.  Les dépenses vont bon train, malgré divers effets d’annonce.  Le chômage est bas par rapport aux performances  habituelles mais reste très élevé. Le non emploi des jeunes, des vieux, des femmes, des immigrés et des personnes économiquement fragiles est au top  du monde développé.  Les comptes extérieurs sont fortement dégradés, avec une balance commerciale qui s’enfonce dans le déficit.  L’inflation est là à des taux inhabituels depuis 20 ans.

La récession n’arrangera rien.  L’Etat va se retrouver étranglé, la consommation et l’investissement aussi.  Le chômage va repasser au dessus des 10%  Rien que du bonheur.

Mais qui a donc mis la France dans cet état.  Etablissons le palmarès des incapables.

L’affaire commence avec la crise de 74 et le septennat Giscard.  Ce dernier croit que la France s’en sortira grâce au TOUT ETAT.  Son septennat sera fiscal et malthusien.

Le gouvernement Chirac se trompe de diagnostic, car il n’a rien compris à la nouvelle situation créée par la disparition du système monétaire international de Bretton-Woods. Il se lance dans une relance keynésienne qui tourne au fiasco général.  En même temps se met en place « l’énarchie compassionnelle ». On règlemente  le licenciement avec l’autorisation administrative préalable,  tout en accordant des indemnités de 2 ans tellement généreuses  que certains cadres demandent à être licenciés !

Le résultat : des déséquilibres massifs de tous les comptes et une hausse également massive des impôts.   L’arrivée de Raymond Barre ne change pas grand-chose.   Certes il prend deux mesures importantes : la suppression du contrôle des prix et la compression des salaires pour éviter que l’inflation extérieure ne soit relayée par l’inflation intérieure.  Mais pour le reste il continue à dépenser un maximum et à aggraver la pression fiscale sans revenir sur les mesures démagogiques prises par son prédécesseur.

La gestion de Giscard aura donc été un grave échec, Chirac prenant une belle option au palmarès des nullités économiques.

Mitterrand aggrave les choses.  Son septennat sera celui du détestable  « programme commun de la gauche »  avec ses nationalisations idiotes et ses milles mesures démagogiques conduisant à une frénésie incontrôlable de dépenses  et d’impôts.

Jamais un Président n’aura fait autant de mal à un pays  depuis 1980 sinon peut être Mugabe, un socialiste lui aussi.

N’accablons pas Mauroy, le premier ministre daltonien qui voyait tous les feux aux verts juste avant la débâcle finale qui aboutira à la « pause » dans le passage de « la  nuit à la lumière » et l’abandon de fait du programme socialo-communiste. Avec Delors il formera un couple de mères douloureuses  unique en son genre répétant en petit comité « qu’on fonçait dans le mur » et en public « que tout allait pour le mieux, Madame la Marquise ».     La France ne se remettra jamais vraiment de l’application du programme commun. 

Le gouvernement Fabius arrange un peu les choses mais on est déjà dans le ni-ni. C’est le premier gouvernement stagnationniste.  On verra qu’il n’est que le premier du genre.  En attendant la dette et la pression fiscale sont au plus hauts, accordées au saut  vertigineux de la dépense publique.

Le gouvernement Chirac-Balladur est plutôt bon.  Il prend d’excellentes mesures, comme la suppression de l’ADI et du Centre Mondial de l’Informatique,  de l’ISF, commence les dénationalisations.  Il prépare la France au rebond de l’économie mondiale. Hélas, les élections sont perdues.

S’annonce le pire des gouvernements de l’ère Mitterrand. Voici Rocard et la troisième gauche.  Ils vont mettre l’économie par terre et évidemment personne ne va s’en apercevoir. Pourquoi ? Parce que la conjoncture économique mondiale est  dans sa phase haute et la conjoncture française est excellente.  C’est le moment de faire de grandes réformes et de réduire drastiquement les dépenses et la pression fiscale.  Or nous savons (voir notre billet sur la croissance et l’impôt)  que la pression fiscale augmente mécaniquement pendant les phases de croissance.  Il faut donc AGIR. C’est le bon moment.  Que fait Rocard ?  Il AUGMENTE LES IMPÖTS MASSIVEMENT en rétablissant l’ISF, en créant la CSG tout en AUGMENTANT MASSIVEMENT LA DEPENSE notamment avec le RMI.  Il fait donc l’inverse exact de ce qu’il aurait du faire.  Comme la conjoncture est bonne  personne ne dit rien et il peut parader en se prenant pour le « meilleur premier ministre depuis la guerre ».   En vérité il crée les conditions d’une situation impossible lors du renversement suivant de la conjoncture.  C’est lui le criminel véritable.  A cause de lui la France va entrer dans l’impasse totale.  Surtout il ne réforme rien, et en particulièrement pas les retraites dont il sait que la nécessité est bien « ici et maintenant ».

Ne disons rien du Gouvernement Cresson, bref et insignifiant.   

Lorsque la conjoncture se dégrade et que la récession décennale s’annonce  Bérégovoy hérite d’une situation impossible. La dette se creuse. L’emploi se dégrade. Les déficits s’amplifient. L’investissement s’arrête.  Alors qu’il multiplie enfin les bonnes mesures, il est sanctionné  électoralement, devient le bouc émissaire, et ne s’en  remet pas. Il aurait du écrire « Rocard m’a tuer ».

Le gouvernement  Balladur choisit de laisser filer.  Il s’agissait d’être net pour la présidentielle à venir. La dette enfla  donc comme jamais. Une seule réforme se fit : les salariés du privé virent l’âge de la retraite retardée de quelques années, ce qui n’avait que peu d’influences sur les déficits publics.  

Juppé hérite alors d’une situation totalement dégradée avec des déficits monstrueux et en prime l’obligation de respecter les critères de Maastricht.  Il n’a plus de temps de réduire les dépenses si  tant est qu’il n’en ait jamais eu envie.  Le coup de matraque fiscal est effarant.  Il est si fort qu’il provoque par contrecoup la mini récession purement française de 1996 !

Lorsque Jospin arrive, les Français n’ayant pas pardonné la politique fiscale de Juppé,  la situation est assainie en France et la croissance s’accélère dans le monde.  L’ennui : il ne s’en aperçoit pas.  Il charge DSK, le pire ministre des finances des 35 dernières années, de donner un tour de vis fiscal supplémentaire  et bloque l’industrie avec les 35 heures ! Les recettes affluent à un niveau jamais vu et la question de la « cagnotte » devient centrale.  En cinq ans malgré les recettes en forte hausse, il réussit à augmenter de mille milliards de Francs l’endettement.   Ce n’est que poussé par Fabius (un article célèbre dans Le Monde sur : le mur fiscal) qu’à l’extrême fin de son quinquennat  il baisse assez fort la fiscalité (cad il rend une partie de la hausse aux  Français).  Il n’a fait aucune réforme utile lâchant lamentablement le seul ministre qui voulait « dégraisser le mammouth ».  La France a perdu son temps et surtout n’a pas exploité la haute conjoncture pour réduire les impôts et les dépenses.

Quand Raffarin prend ses fonctions, on est en plein dans la phase basse du cycle. Il est clair qu’il ne fera rien : Chirac est dans sa phase brejnévienne d’assoupissement total.   Il en vient à sanctuariser « les avantages acquis » et l’énarchie compassionnelle atteint ses sommets. On pleurniche sur tout avec tous.  C’est l’époque où la grande politique française se décline autour de deux objectifs : réduire les accidents (de la route, de piscine, d’ascenseur)  et essayer de guérir le cancer.  « Un objectif de sous secrétariat à la population» avais-je écrit à ce moment là sur le forum du Monde.   Une seule réforme sera entreprise : la retraite, et encore en repoussant à plus tard celle des régimes spéciaux.  J. Chirac déclare « la pause fiscale », c'est-à-dire le retour de la hausse de la pression fiscale. 

Le gouvernement Villepin s’enracine dans la brejnévisme.  On le cache par une gesticulation ridicule qui aboutit au projet absurde du CPE. J’écrivis à l’époque : « on a transféré sur les générations futures tous nos déficits et nos lâchetés.  Voilà qu’on veut aller encore plus vite et les faire supporter par la jeune génération  qui arrive ! ».  Rien d’utile n’est fait pendant cette période.  Cela ressemble au gouvernement Balladur.  Mais on n’a pas compris qu’on est déjà dans la bonne phase du cycle et on n’en profite pas.  On laisse simplement la pression fiscale augmenter mécaniquement par l’effet de la progressivité globale  du système.

On ne peut pas encore juger le gouvernement Fillon ni Sarkozy (voir : « le mystère Sarkozy », à venir sur le blog).

Mais déjà on peut dresser le palmarès des incapables.

Président le plus néfaste :

 N°1 : Mitterrand, avec le programme commun de la gauche

               N°2 : Giscard, sa politique du « Tout Etat, son septennat fiscal.

               N°3 : Chirac, son « Enarchie compassionnelle » et son, immobilisme rad-soc.   

Premier ministre le plus néfaste :

              N°1 : Rocard, recordman du monde de ce qu’il ne fallait surtout pas faire

N°2 : Jospin, qui gaspille une occasion unique d’améliorer la situation et qui l’aggrave avec des mesures malthusiennes.

N°3 : Mauroy, le programme commun, tout le programme commun. Hélas !

N°4 : Chirac  1er gouvernement : la relance imbécile et les vannes ouvertes de la dépense publique

N° 5 : Balladur : laisse filer tous les déficits sans réformer le secteur public.

N°6 : Juppé : donne un coup de massue fiscal historique, mais avait-il le choix ?

N°7 : Fabius : laisse filer en douceur.

N°8 : Villepin : laisse filer en splendeur.

N°9 : Raffarin : aura au moins fait une réforme pendant « la pause fiscale ».

N°10 : Barre : de bonnes mesures mais laisse filer la pression fiscale et l’endettement

N°11 : Bérégovoy : prend de plein fouet la récession mais  fait diverses réformes utiles et n’aggrave rien.

Mme Cresson n’a pas été notée. Elle n’était pas néfaste, seulement nulle.

On notera que ce classement ne recoupe absolument pas  l’idée que les media s’en font. L’opinion publique ne s’attache qu’au contexte : les phases Rocard et Jospin ayant été de conjoncture faste  ils en créditent le gouvernement qui non seulement n’y est pour rien mais a gâché lamentablement les opportunités que cette situation offrait.

Didier Dufau

PETROLE : UNE HAUSSE INELUCTABLE ?

Vous, les  Français, vous n’avez pas  de pétrole mais des idées.  Nous, les Polonais, on a des plombiers mais pas de pétrole non plus.

Si on en croit les augures on va droit vers les 200 $ le baril : « inéluctablement et à court terme », ils disent.

Je crois qu’ils se trompent.

 L’équilibre du marché se calcule en demi-million de barils jour.  La hausse des prix a entraîné une BAISSE dans les pays occidentaux du volume de cette unité de mesure.  La récession aux Etats-Unis qui se propage actuellement au reste du Monde va probablement doubler cette économie.  Au total on va donc vers une réduction de trois unités d’ici à fin 2009. La hausse de consommation dans les pays émergents sera sans doute de 2 unités sur 2008 mais on peut prévoir un retournement en 2009 , avec  la récession mondiale.

Ces prévisions montrent qu’il y aura un retournement  du marché du pétrole dès 2009, ce qui devrait normalement entraîner une baisse des cours.  Le discours  sur la hausse perpétuelle du cours du pétrole du fait de la hausse de la consommation  ne tient aucun compte du cycle et manque de solidité économique.

On constate cependant  depuis 8 mois une hausse très importante sans que les déséquilibres réels ne soient en proportion.  Cela prouve tout simplement que la hausse a d’autres causes, essentiellement monétaires.  Comme le répète les Cercle Des Economistes E-toile,  la crise est essentiellement monétaire. Nous sommes en pleine fuite devant la monnaie et à une époque où  l’épargne est mondialisée  et largement investie en hedge funds. Ces derniers jouent tous la baisse du dollar avec le succès que l’on sait.  Mais il y aura nécessairement un retournement de ces positions spéculatives un jour ou l’autre, soit que le dollar craque vraiment, provoquant une véritable crise mondiale façon 29,  soit que les autorités prennent des mesures de stabilisation qui rendent vaines ces spéculations.

Dans les deux cas on aurait une baisse du cours du pétrole.  L’ennui c’est qu’une concertation intelligente des autorités du G8 autour de la réforme du système monétaire international  est quasiment inconcevable tant les esprits sont loin des réalités  et qu’une grave récession n’est pas à souhaiter.

D’où une certaine difficulté à établir un scénario crédible.  Et aussi une certaine angoisse pour la suite.  Mais la hausse du cours du pétrole n’est pas « inéluctable ».

Zbig  Brataniec



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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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