G8 et G 20 : des instances sans intérêt pour l'économie et désastreuses pour l'Europe et la France
Nous sommes très fiers en France d'avoir été, par l'entregent de M. Giscard, créateur du G7 devenu G.8 et par la grâce de notre président actuel, M. Nicolas Sarkozy, celui du G.20.
Il faut rappeler qu'au bord de la piscine où VGE se montrait avantageusement avec G. Ford, il a pris la décicion funeste d'entériner la décision de mettre à la poubelle les accords de Bretton Woods. Les sinistres accords de la Jamaïque allaient être la source d'un changement radical du rythme de la croissance mondiale et la porte ouverte aux dérèglements monétaires qui de crise en crise ont fini par provoquer la plus belle récession depuis la crise de 1929.
Depuis les débuts de la récession ouverte par la chute de Lehman brothers, l'effondrement des bourses, le blocage des marchés interbancaires, à quoi auront servi les Gxx ? A montrer la détermination de lutter contre la crise pour calmer les marchés ? A définir de nouvelles règles du jeu ?
Aucunement. Les réunions n'auront servi qu'à la parade et aux démonstrations de force.
De toute façon pourquoi voudrait-on qu'une organisation mondiale soit le fruiit d'une réunion partielle des nations ?
Partout l'intérêt national l'a emporté sur toute autre considération. A aucun moment les aspects techniques n'ont été réellement évoqués. Le G.20 n'a fait aucun diagnostic de la crise ; les généralités du genre "plan de relance" et "sauver le capital des banques" ne mangeaient pas de pain, croyait-on, jusqu'à ce que le transfert sur les Etats des empilements de dettes privées apparaissent pour ce qu'ils étaient : de la fuite en avant dans une joyeuse cavalerie.
L'échec de cette politique en l'absence de toute restructuration des dettes et de toute réorganisation réelle du sysème monétaire et financier mondial est patent. Le G.20 de Toronto constate l'impasse. Nous voilà bien avancés.
On voit bien que la stabilité mondiale ne peut dépendre de réunions de ce type. Si le système de Bretton Woods n'avait pas été enterré puis détruit pour complaire aux folies américaines et à son goût du leadership payé par la création monétaire sans limite en dollars, chaque état aurait eu à rendre des comptes sur ses excédents et déficits sans que cela soit une affaire diplomatique. Les comptes auraient du être rendus au FMI avec des sanctions graves à l'appui, comme l'éviction éventuelle du commerce international ou du marché des capitaux.
Un système basé sur une monnaie nationale comme le dollar comme monnaie de réserve mondiale et sur les changes flottants , c'est à dire l'irresponsabiité générale, ne pouvait que conduire au désastre. Il a été mille fois annoncé. A quoi sert de réunir les Etats Unis, principaux responsables de cette situation inique et désastreuse et la Chine dont la politique mercantiliste est un autre abus ? L'un comme l'autre de ces pays a les moyens diplomatiques de réduire au silence les autres participants. Tout G20 est d'abord un G2.
Voilà les euroépens cois ou sur la défensive. La créateur célébré du G.20 est aux abonnés absents. L'Europe, nain politique, est mise dans l'embarras (il parait qu'elle a un président !). Alors qu'il lui aurait suffi de suivre la voie de la Chine pour mettre tout le monde devant l'absurdité du système. L'Europe aurait-elle maintenu un Euro très faible (entre 50 et 70) que l'industrie américaine aurait pour le coup totalement disparu. De même la Chine aurait-elle connu le rattrapage trop rapide qui a été le sien si l'Europe décidemment offensive avait taxé de 200 à 400% ses exportations pour contrecarrer son dumping ?
L'Europe a fait semblant de croire que des marchés monétaires et financiers totalement libres, avec des échangers commerciaux sans droits de douane, tireraient la croissance globale et la sienne vers le haut. Des économistes ont sacralisé cette chanson idiote. Mais ne les accablons pas : ils n'ont aucune influence ; l'ignorance économique est crasse. Seules les relations de puissance comptent.
L'Europe, comme le Japon, se sont soumis. Malheureusemenbt, ceux qui ont vu dans la construction européenne une muselière pro américaine ont eu raison.
La France s'est couchée : VGE a commencé. Mitterand et Chirac ont suivi. Sarkozy après avoir pris une posture totalement pro américaine en rupture avec l'héritage gaulliste est paralysé.La France subit le double inconvénient des changes globaux flottants et des changes européens intégrés dans l'Euro. Elle n'a plus aucune autonomie politique ni économique.
Les G8 et G.20 ne sont plus qu'une cage dorée, où les lions dominants assouvissent leur goût pour l'étalage de leurs muscles et qui de surcroit, excitent les ONG les plus cupides ou les plus engagés.
Si, comme il est probable, rien ne bouge, la seule solution pour la France est probablement de marquer son "dissent" vis à vis de tout cela et de prendre date pour la suite. Cela implique de dire à la Chine que son dumping monétaire ne sera plus toléré longtemps et aux Etats Unis que son laxisme monétaire est la cause de la crise et ne sera plus toléré indéfiniment.
Cela implique aussi de dire à l'Europe qu'on sortira de l'Euro et d'un certain nombre de traités si l'Europe ne force pas la création d'un ensemble monétaire international sain où les Etats garantissent la valeur de leur monnaie.
Le système actuel est IMPOSSIBLE. Il ne peut que ruiner le monde. Après trois crises gravissimes, chaque fois plus grave, la leçon est dite. Il est hors de question d'attendre passivement la suivante.
La France doit reprendre un leadership intellectuel même au risque de voir son discours ringardisés un temps par des puissants ayant les moyens de tenir l'information mondiale. Jamais elle n'aurait du souscrire aux accords de la Jamaïque ; jamais elle n'aurait du accepté l'Euro avant que la stabiité mondiale des changes soit garantie. Jamais elle n'aurait du souscrire au "consensus" de Washington.
Aujourd'hui la voilà stagnante, sans industrrie, endettée jusqu'au cou, structurellement incapable d'assurer le plein emploi, et réduite au silence.
En fait c'est la seule leçon de Toronto. Il suffit de relire ce que nous avons écrit après les précédente réunion du G.20 pour constater que tout ce que nous avons écrit s'est intégralement réalisé.
Cette institution ne sert à rien.
La France va en prendre la direction provisoire après la prochaine et vaine runion de Séoul. La belle affaire. Si à Paris, les autorités françaises ne prennent pas à bras le corps l'étendard de la révolte contre un système déplorable qui ruine le monde en général, l'Europe en particulier et la France en prime, ce n'est pas la peine de subir ni les coûts ni les inconvénients. (les ONG violentes vont s'en donner à coeur joie) d'un tel rendez vous. Même si l'affaire peut être détournée en médiocre opération image pour présidentiable en recherche de crédibilité.
Sinon, gare à l'impatience des peuples.
Didier Dufau pour le Cercle des économistes
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