France : conservatoire honteux de la violence révolutionnaire sacralisée

On voit arriver dans le vocabulaire français la notion d’ultra-gauche. Elle caractérise les saboteurs, comme on le voit aujourd’hui à la SNCF paralysée par un acte infâme le premier jour des JO. Rappelons que la SNCF prétend faire des bénéfices avec 20 milliards de subventions d’état, un régime de retraites frelaté qui coûte plus de 3 milliards aux Français et qui s’est délivré des contraintes de l’allongement légal de l’âge de la retraite, par une magouille. Plus rien ne marche dans cette entreprise totalement gangrenée par le reliquat d’activisme communiste et l’esprit d’action directe du fait du radicalisme assumée des mouvances syndicales dominantes qui nourissent des opérations extra syndicales illégales pour ne pas tomber sous le coup de la loi. .

Après la dissolution irresponsable et scandaleuse de l'Assemblée nationale imposée par E. Macron, dans des conditions extravagantes et pas seulement "inédites", la poussée du parti LFI, nourrie par la volontée de faire front face au "fascisme " fantasmé du RN, a magnifié le rôle d’un Mélenchon dans la vie politique et parlementaire.

L'immonde Mélenchon s’est fait le théoricien d’une révolution bolivarienne incarnée par la prise de pouvoir de Chavez puis Maduro au Venezuela. Il s'agit de la mettre en oeuvre en France par tout moyen. Personne ne souhaite creuser ce bel exemple venezuelien dans les médias orientés et dominateurs qui nous imposent leurs narratifs partisans et l'occultation des faits qui les gênent. Il est pourtant très révélateur.

Le Venezuela était un magnifique pays, prospère et riche d’une industrie pétrolière inespérée basée sur les plus grandes réserves connues du monde, avec d’immenses ressources naturelles et une élite bien formée. La « révolution bolivarienne » menée par Chavez et poursuivie par Maduro a provoqué la perte de 80 % du revenu national et a conduit un quart de la population du pays à fuir à l’étranger. Le régime politique est une dictature sordide où quelques militaires et satrapes socialistes accaparent ce qu’ils peuvent des ressources qui restent et empêchent le fonctionnement démocratique, tout en laissant en place un théâtre d’ombres électoral, comme en Iran ou en Russie. C’est l’exemple le plus frappant d’une ignominie politique, économique et sociale sans aucune justification. Le pire du pire : l’autodestruction nihiliste sans aucune perspective positive, basée sur une propagande permanente haineuse, les abus violents de pouvoir et la destruction obstinée de tout espoir de changement.

Le rapport 2 026 d’Amnesty international est clair : « Des personnes critiques à l’égard du président Nicolás Maduro ont été arrêtées arbitrairement, soumises à des disparitions forcées et torturées avec l’assentiment de l’appareil judiciaire. Le gouvernement a reconnu 455 cas de disparition forcée signalés depuis 2015, non résolus pour la majorité d’entre eux. Les exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces de sécurité restaient impunies. Malgré quelques libérations à la fin de l’année, les détentions arbitraires à caractère politique étaient toujours monnaie courante. La mission d’établissement des faits sur le Venezuela a mis en lumière des crimes contre l’humanité, demandé que des enquêtes soient menées sur les politiques répressives de l’État, et observé que la majorité de ses précédentes recommandations n’avaient pas été respectées. La CPI a poursuivi son enquête sur les crimes contre l’humanité commis au Venezuela, bien que le gouvernement ait tenté de suspendre le processus. Les conditions de vie en prison, où il était notamment difficile d’accéder à l’eau et à la nourriture, se sont encore détériorées ».

L’école est morte : « Selon l’organisation de la société civile HumVenezuela, 18 % de la population mineure n’est pas allée à l’école en 2023 et 44,8 % s’y est rendue de manière irrégulière ».

Le système de santé est mort : « Près des trois quarts (72,4 %) des centres de santé publics étaient touchés par des pénuries de médicaments, d’équipements et de personnel, et 88,9 % des services de santé publique étaient inopérants. »

Le système social est mort : « le coût du panier alimentaire de base mensuel pour une famille de cinq personnes au Venezuela équivalait en octobre à environ 494 dollars des États-Unis, tandis que le salaire mensuel minimum s’établissait à 3,67 dollars. »

La monnaie est morte : « Au 20 août 2019, c'est-à-dire un an après son introduction, le bolivar souverain avait perdu 99,97 % de sa valeur par rapport à celle qu'il avait initialement8. Fin novembre 2020, le taux face au dollar américain dépasse 1 million de bolivars pour 1 dollar. Cette monnaie est à ce moment-là, la plus faible en circulation dans le monde » (Wikipédia). Cela ne s’est pas arrangé depuis.

Les retraités sont ruinés.Le fonds de pension auquel avaient cotisé les dizaines de milliers d’ouvriers du pétrole a été volé par les Chavistes et la corruption organisée. « Pour survivre, Marlon Bermudez, 59 ans, va vendre sa maison, fruit de 30 ans de travail dans la plus grande raffinerie du Venezuela. Comme beaucoup de retraités du jadis florissant secteur pétrolier, il n'a pas assez pour vivre ». Le Point 2023.

Le bolivarisme ? Une dictature infâme ayant tout détruit au Venezuela et se maintenant au pouvoir par des exactions violentes extrajudiciaires ET judiciaires, voilà la réalité sans fards.

On aurait pu penser qu’une telle ignominie politique serait condamnée par tous les partis politiques français.

Pas du tout !

On trouve un chef de parti (une bande de quelques ligueurs sectaires entièrement soumis au grand chef) qui propose le chavisme en exemple. Vous rêvez ? Non ! Non !

Nous avons un Mélenchon en France !

Et son abject parti a réussi à obtenir des dizaines d’élus à l’Assemblée nationale, pour la plupart des gueulards sinistres et hideux à la bouche sale. Utilisant toutes les recettes qui ont permis à des sectes minoritaires communistes de trouver le chemin du pouvoir, prônant de façon ouverte la méthode qui a conduit à la guerre d’Espagne, monstrueuse guerre civile allumée par toutes les sectes socialistes et basée sur les exécutions extrajudiciaires et les massacres, il instrumentalise la rue arabe qui s’est implantée sans limite en France et fait d’une dénonciation outrancière et haineuse d’Israël le moyen de capter le vote islamiste, chauffé à blanc, au prix d’une relance inédite de l’antisémitisme criminel.

Et tous les partis de la mouvance dite « de gauche » croient nécessaire de se rallier à cette raclure révolutionnaire criminelle pour avoir des postes de députés. Effarant !

Tout ce petit monde se gargarise de retraite à 60 ans, de retour des services publics au top niveau, d’enrichissement des pauvres. En s’appuyant sur les méthodes qui, en 25 ans de bolivarisme, ont tout ruiné radicalement dans ces domaines au Venezuela ?

Que la France soit tombée si bas, en particulier sa frange gauche, qu’elle en soit à voter massivement pour un allumé prônant la « révolution bolivarienne » est un signal terrible.

Pour comprendre une pareille ignominie qui fait de la France une nation suicidaire largement peuplée d’aveugles politiques, il faut lire le dernier livre fondamental et définitif de Thierry Wolton : Le Retour des Temps Barbares - Grasset février 2024.

L’auteur est sans doute un des auteurs qui connaît le mieux le monde communiste et les attitudes occidentales et françaises vis-à-vis du communisme et du révolutionarisme violent.

« Un vent mauvais souffle sur le monde » écrit-il. Aussi sur la France !

Il n’y a pas eu de Nuremberg du Communisme ni de révulsion définitive contre ce système entièrement criminel, sur le modèle du refus du nazisme. Des franges entières de l’intelligentsia française ont donc développé indéfiniment une vision complètement fantasmée de l’URSS et des pays occupés de l’Est et une incompréhension totale de ce qui se passait dans la tête des populations victimes. Les cent millions de victimes innocentes qui ont payé l’affaire de leur vie ? On s’en tape. Les milliards de vies gâchées ? On s’en tape encore plus. Les centaines de millions de personnes qui ont subi en plein cette dictature et qui aspirent aujourd'hui à en sortir : qu’ils pensent ce qu’elles veulent, on s’en fout !

Ceux qui ont fait leurs études supérieures entre 1965 et 1975, savent l’ampleur de l’emprise communiste sur la manière d’enseigner en France l’histoire, la géographie, l’économie, sans parler de la sociologie.

Jean-Marie Vincent, Charles Bettelheim, Pierre George, Henri Denis ou A. Hirschman ont maquillé à l’envi la réalité soviétique tout en détruisant de façon débile et délétère la qualité de l’enseignement sur ces sujets pendant deux décennies au sein de l’Université et des écoles supérieures comme Sciences-po, déjà ! Ne parlons pas de Mmes Annie Lacroix Riz ou Michèle Riot-Sarcey, qui enseignent impunément avec l’argent public un communisme malhonnête à front bas. N’évoquons pas la tambouille du CNRS et de l’INSEM à l’époque Jospin qui a distribué des laboratoires importants aux Communistes.

Pour donner une idée des méthodes employées, je témoigne que Denis ne posait qu’une question à l’oral : théorie de la valeur. Si vous répondiez valeur travail la note était 18, valeur utilité vous valait un joli 2. Tout le monde le savait. Et les étudiants étaient contraints à répondre contre éventuellement leur propre analyse et forcés à être malhonnêtes. Pas une seule au rectorat informé de ces faits. Vincent et George étaient réellement toxiques et pouvaient vous valoir des ennuis. Bettelheim avait une rigidité marxiste assez bien maîtrisée et donnait des textes d’apparence solide mais, en fait, bouffés par l’idéologie. Hirschman était plus dans les techniques de la propagande et dans la recherche de moyens dialectiques de multi culpabiliser les oppositions au communisme. Il a fait école en France.

Finalement, critiquer l’URSS était la marque d’un anticommunisme primaire de mauvais aloi. Sur le forum du monde entre 1997 et 2002, alors que l’URSS était tombée depuis des années, les crimes de masse avoués et les dégâts du communisme mieux connus, des intervenants, intervenant en meutes, restaient attachés aux mensonges éhontés des années soixante. On expliquait encore que Katyn, c’était les Allemands ; que parler de génocide en Ukraine était une ignominie, etc. Il a fallu attendre l’invasion de l’Ukraine par la Russie pour que la France consente à qualifier Holodomor de génocide.

Pour ceux qui comme moi ont été sur le terrain pour étudier les génocides socialistes notamment en Ukraine, ce qui me conduira à écrire la première monographie en France sur Holodomor, l’évidence du refus des éditeurs français d’accepter un texte de vérité s’est toujours vérifiée. De même, nous savions le désarroi des habitants dans ces pays devant le refus de comprendre, à l’ouest, ce qu’ils avaient subi et de partager leur préoccupation. Le plus dur était de voir certains d’entre eux venus en France, masquant leurs vrais sentiments et constats pour ne pas heurter la pensée dominante en France et mieux s’intégrer. Quand on les interrogeait, ils répondaient : « je n’ai pas le choix. Ils ne veulent rien comprendre. Ils savent mieux que nous. Si on insiste on est nazifié ». Déjà en 2010 ! Poutine n’a rien inventé. Le refus de traiter Holodomor comme génocide dure encore et vaut toujours à ceux qui défendent cette vérité incontournable d’être traités d’auxiliaire des forces ukrainiennes qui ont rejoint Hitler lors de Barbarossa.

Thierry Wolton n’a aucun mal à montrer que l’on a totalement raté toute la phase de décomposition de l’URSS. Comme on fantasmait la réalité, on ne l’a pas comprise et nous avons été incapables d’apprécier correctement de ce qui se passait sur le terrain. Les erreurs énormes se sont accumulées. Laissons au lecteur le soin de découvrir dans toute son ampleur ce parcourt oiseux et délétère.

La relation avec la Chine, l’inde, l’Afrique, avec tous les rebondissements que l’on a constatés, a été entièrement viciée par des attitudes qui auraient été très différentes si les génocides socialistes avaient été dénoncés et condamnés de la même façon que la Shoah.

Wolton explique de façon forte et incontestable que l’attitude occidentale est une des causes du retour des « temps barbares ». Le succès intolérable et grotesque d’un Mélenchon et de la meute de sordides qu’il a réussi à faire élire en est une des formes intérieures qui se cumulent avec les dérives extérieures.

Sur la base d’une erreur d’appréciation collective provoquée par la prégnance socialiste violente dans le monde culturel français depuis l’entre-deux guerre et surtout après la Libération, l’abomination propre à Mélenchon est d’avoir convaincu des électeurs qu’une pratique qui ruinerait l’économie, le social, la nation, l’État, les services publics, dans des proportions littéralement démentes, était non seulement souhaitable mais à portée de main, quitte à finir de dégueulasser les institutions et à promouvoir l’antisémitisme.

Cela ne peut pas être pardonné.

Didier Dufau, auteur de « Holodomor », le second génocide européen. https://librairie-e-toile.fr/

Eléments pour comprendre la descente aux enfers française

Pendant que les politiciens s’amusent, la dégringolade économique s’étend dans le silence des médias.  Souvent la question revient dans les conversations : pourquoi nous sommes-nous enfoncés ainsi ? Les réponses sont presque toujours à côté de la plaque et traduisent la perméabilité aux narratifs usuels plus qu’une connaissance, même minimum, des faits.

Beaucoup des difficultés actuelles proviennent de décisions prises à la Libération. Le programme du CNR, Conseil national de la résistance, très à gauche, si glorifié qu’il soit aujourd’hui, a considéré qu’il fallait mettre en œuvre le plan Beveridge d’état providence mais en chargeant les entreprises et non les particuliers.  

-            1. L’impôt sur le revenu a toujours été le moins progressif et le moins lourd de tous les pays homologues, ce qui surprend toujours les expatriés français. Et le nombre d’assujettis n’a cessé de diminuer, jusqu’à devenir inférieur à la moitié des contributeurs potentiels.

-            2. La sécurité sociale a été mise prioritairement à charge de l’entreprise avec une multitude de taxes annexes et de contributions locales ou spécialisées, avec la double conséquence d’un manque systémique de rentabilité en interne et d’une absence remarquable de compétitivité vis-à-vis des autres pays n’ayant pas fait cette erreur. On s’étonne toujours du taux ridicule de chômage des Suisses : mais la sécurité sociale est à la charge principale des particuliers qui paient chaque mois une contribution très forte mais qui peuvent choisir leur organisme de rattachement. Il n’y a pas de Moloch comme l’Urssaf.

-            3. L’égalitarisme forcené a voulu que tous puissent bénéficier des mêmes avantages que les fortunés. Il a donc fallu imposer la fortune durement pour redistribuer un peu. Ce faisant on a frappé l’investissement qui est la clé de l’emploi. En considérant de plus en plus  que l’élitisme favorisait le bourgeois, on a tué progressivement l’école. Sans emploi qualifié, pas de croissance saine.

-            4. La volonté d’assurer la « gratuité de la vie », de la naissance à la mort, avec des allocations maternelles à l’enfance, puis l’allocation vieillesse, puis des aides aux étudiants, puis aux immigrés, puis à tout le monde, avec le RSA, a détruit le ressort de l’emploi. On peut vivre sans rien faire de la naissance à la mort en France pourvu qu’on se contente d’une consommation comprise entre 700 et 1.000 euros par mois.

-            5. La crise démographique n’est pas à imputer, elle, au CNR. Grâce à des gens comme Alfred Sauvy, la politique française a été nataliste jusqu’au début des année 70. Le retournement  a été provoqué par le « féminisme libérateur», 500 000 enfants en moins chaque année tout de même, et  a privé de bras l’économie, qui, du coup, les a cherchés à l’extérieur. Echec : l’immigration n’a pas été fléchée vers l’emploi mais vers le regroupement familial assisté. Cela n’a donc servi à rien d’autre que d’aggraver l’endettement.

-            6. La crise politique s’est accentuée à partir du moment où la haute fonction publique a réussi à dominer totalement la sphère politique. Ce mouvement initié dès la défaite de Quarante, imputée aux parlementaires ignorants et médiocres, s’est installé dès la IVe République et s’est amplifié dans la suivante, avec comme symbole le duo Giscard-Chirac, et son aboutissement tragique avec Macron et des hauts fonctionnaires sans représentativité   passant de la direction d’une société d’autobus public à la tête du gouvernement et retour.

-            7. L’idée qu’il fallait travailler le moins possible s’est installée avec la retraite à 60 ans et les 35 heures, sans vouloir comprendre qu’on baissait automatiquement les revenus de près de 20 % par rapport aux autres et qu’on privait de ressources la pompe à fric branchée sur l’activité des entreprises, tout en détruisant la balance commerciale.

-            8. Des secteurs entiers de l’économie sont passés sous l’autorité de la « tutelle » qui les a transformés en marchés administratifs. Les ports français ont ainsi connu une croissance de moins de 2% quand tous les ports européens voyaient leur trafic augmenter de 100 %. Tout le secteur de l’écologie climatique est noyé par des marchés artificiels pilotés par l’argent public ou parapublic. Le bâtiment est totalement sous l’influence de réglementations folles.

-            9. L’état moloch a décidé d’abandonner de plus en plus de missions à des ONG et des sociétés non commerciales, créant un secteur social démesuré, parfaitement maquereauté et inefficace, détruisant peu à peu les services publics. L’informatisation a été déplorable sauf à la DGI et le passage à Internet raté presque partout dans le domaine public.

-            10.Progressivement ruiné par ses dépenses, l’État a alors décider de transférer directement sur les Français le soin de mettre en œuvre des politiques contraignantes avec obligation de résultat sous peine de sanctions considérables. On a vu apparaître le concept de revenu net-net-net, c’est-à-dire net des charges sociales, net des impôts, et net des contraintes imposées.

-            11. On a ainsi abouti à ce que la dépense publique ajoutée à la dépense privée imposée, excède la valeur ajoutée des entreprises. Plus de 100 % en effet ! Ce qui explique un endettement de 3 200 milliards d’euros et toujours en expansion. Quand on dépense la totalité de la valeur ajoutée des entreprises, impossible de ne pas emprunter.

-            12. Pour corser l’affaire, on a mis les entreprises et leurs salariés en compétition avec le monde entier. L’industrie a sombré la première. Le reste suit.

-            13. La politique d’Emmanuel Macron a tout aggravé, en multipliant les cadeaux électoraux ciblés à des catégories. « Personne ne vous a donné plus que moi », voilà le narratif qu’il voulait tenir à quiconque dans la rue. Et il a fini en cassant le cadre politique par dépit. En transférant la taxe d’habitation sur les Français surtaxés, il a poussé la démagogie aux limites de la déraison. On ne supprime pas des impôts quand on ne fait que transférer des financements. Et la progressivité structurelle de l’impôt français en cas d’inflation et de croissance même ralentie garantit un taux de prélèvement constamment croissant. Ce mécanisme a fait passer la dépense publique de 25% à plus de 50% du PUB  en un demi-siècle.

-            14. La construction européenne a été le prétexte d’un début de  destruction de quelques points forts français comme le nucléaire et l’agriculture, tout en aliénant totalement la décision politique.

Le résultat, on le connaît. Chaque Français était plus riche que n’importe lequel de ses voisins en 1967, aux termes du « miracle français ».  Il est maintenant déclassé, avec un tiers à un demi de revenu moyen de moins, en attendant pire. Ne parlons pas de la menace que fait peser la dette et les risques de survenue d’une situation à la grecque ou à la libanaise !

Et il ne s’agit ici que des causes internes d’effondrement. Les crises à répétitions provoquées par les changes flottants et la rançon exigée des producteurs de pétrole n’ont rien arrangé, pas plus que le transfert de richesses vers la Chine, L’inde, la Turquie. L’Occident global flanche et l’Union Européenne est conquise par les ONG wokistes et islamistes.  Bravo à tous !

La grande question est évidemment de trouver le moyen d’en sortir. Nous avons essayé dedégager des pistes dans notre livre Sortir du Désastre. Écrit trop vite dans la perspective des élections présidentielles, il a été mal relu et a laissé la place à de nombreuses imperfections de texte. Mais sur le fond, il n’y a rien à y changer.

Certains s’étaient étonnés de la place démesurée à leurs yeux accordés à la dénonciation de l’esprit et des résultats de l’action d’Emmanuel Macron. On voit aujourd’hui que c’était prémonitoire. Il ne fallait pas réélire cet irresponsable. Plus personne ne doute qu’il fait partie du passif dont il faut se débarrasser.

Sur les treize autres causes, on voit la difficulté qu’il y a à agir. Comme en Grèce ou comme en Union Soviétique, casser le système imposera une phase initiale très dure.

Dire à la dizaine de millions de personnes qui vivotent aux crochets des autres que c’est terminé et qu’il leur appartient de trouver du travail et 400 à 500 euros par mois pour financer la sécurité sociale comme en Suisse, est un risque politique évident.

Dire aux nombreuses entreprises qui survivent dans le cadre de marchés administratifs subventionnés par l’État que c’est fini, est un risque politique et économique évident.

Dire aux syndicats des grandes entreprises publiques que la cogestion abusive, c’est fini, c’est un risque évident pour la paix civile.

Dire aux hauts fonctionnaires qu’ils doivent rester dans la sphère publique et ne peuvent accéder à la sphère politique ou privée qu’en démissionnant, c’est une belle aventure.

Dire aux Français que la retraite est à 67 ans au taux plein et la durée du travail normale de 40 heures par semaine, y compris dans les différentes fonctions publiques, cela peut difficilement être applaudi par les personnes concernées.

Affirmer aux milieux financiers anglo-saxons que les changes flottants et le privilège du dollar cela suffit, bon courage.

Dire aux juges et aux cours que les droits de l’homme sont l’affaire des politiques et pas des juges, pas si facile.

Dire à l’Europe qu’elle doit demeurer dans le cadre strict des traités et de la subsidiarité en évacuant de ses instances tout l’entrisme des ONG et l’influence Woke ou communautarisme, c’est mal parti.

Dire aux femmes que le sperme n’est pas un liquide toxique, l’enfantement n’est pas seulement une torture physique et élever des enfants une tyrannie sociale et qu’elles ont une responsabilité vis-à-vis de la collectivité, courage fuyons !

Dire au monde des enseignants politisés que leur rôle est d’améliorer la performance des élèves et non pas de jouer les nounous et les guides politiques, dans un nouveau cadre porté vers l’élitisme et la sélection des meilleurs, cela va tanguer !

Dire aux délinquants de tout âge et de toute condition que le laxisme et la compréhension, c’est fini et que désormais ils jouent leur peau ou le reste de leur vie dans la misère, il faudra pour cela s’essuyer les pieds sur le badintérisme qu’on veut panthéoniser.

Tous les nœuds gordiens se sont entrelacés pour éviter qu’on ne les tranche. 60 % des élus à l’Assemblée Nationale sont membres de mouvements protestataires mobilisés contre les résultats déplorables mais qui n’ont que des solutions vengeresses qui aggraveraient la situation. Le marais central est surtout décidé à ne rien dire et ne rien faire tout en essayant de sauver la carrière des barons et leurs divers et nombreux petits avantages.

La crise n’est pas que parlementaire. Elle est nationale, européenne et occidentale. Mais la France y a mis du sien pour qu’elle soit de plus en plus grave.

Il suffit de constater les réactions dans tous les camps, y compris ceux qui vous sont proches lorsque vous faites des propositions de bon sens sur des sujets graves.

En matière de sécurité on peut par exemple revenir sur à la pratique ancienne d’un seul procès d’assises. Le double procès n’a strictement rien apporté sinon des revenus pour les avocats et des embouteillages pour la justice. On doublerait sans frais la capacité de juger et on débloque la situation actuelle, sans aucune conséquence négative.

On peut même rétablir la peine de mort pour les meurtriers en série, les meurtriers de policiers et les incendiaires qui tuent six personnes pour des raisons de guerre des gangs de trafiquants de drogue. Coût zéro. Et on retourne la peur vers les assassins. De même vous pouvez engager la responsabilité des juges qui font de la politique et dissoudre le syndicat de la magistrature déshonoré par le « mur des cons » et définir un crime de justicialisme (détournement de pouvoir spécifique à des fins politiques en refusant d’appliquer les lois et en créant d’autres interprétations sur le terrain) jugé par une nouvelle Cour de sûreté de l’État. De même on peut interdire à des associations d’ester et réserver ce droit aux seules victimes.

Tout cela a existé longtemps et montré son efficacité sans vrais inconvénients. Cela ne coûte rien sinon aux délinquants et aux avocats pénalistes. On a mis fin aux exactions de l’OAS et du FLN et d’Action directe. La pression terroriste islamique, l’extension du narcotrafic, les destructions urbaines massives et les ratonnades anti blancs, peuvent-elles être maîtrisées autrement ? Non !  Le mol édredon judiciaire et l’invocation des mânes de Badinter n’ont jamais entravé le moindre crime et quand la massification du crime a commencé, elle est très difficile à éliminer. Parlez-en aux 85.000 victimes annuelles d’agression au couteau !

Essayer de proposer cela au sein d’un des partis existants en France ! Impossible ! Alors vous dites : que proposez-vous ? La réponse est toujours la même : rien, chut ! Vous ajoutez : alors cela va continuer ? Oui chut ! Il faudrait que les médias se taisent car ils poussent au crime en le révélant… N’oublions pas ce qu’écrit aujourd’hui même Wikipedia sur le livre de Laurent Obertone sur la France Orange Mécanique, écrit en 2013 : C’est un « essai contesté et controversé qui fait beaucoup penser à Éric Zemmour ». Le lecteur doit savoir que c’est un livre réprouvé et indigne qui unit le lecteur à des gens immondes comme Zemmour. Beurk ! Le jugement de valeur l’emporte sur l’information.

Des actes élémentaires réprimant efficacement des crimes abjects sont considérés comme tabous, sans la moindre alternative.

Vous prenez nos treize causes d’effondrement et vous aboutissez exactement à la même situation. Il est strictement interdit de remettre en cause… les causes !  C’est sacré, c’est tabou. En revanche, hurler contre les conséquences, c’est facile et recommandé.

On en revient à Créon et au fait que le pouvoir cela tache souvent et que c’est parfois un peu plus que sale. Comme la guerre. Il n’y a pas de guerre propre. On ne demande pas aux dirigeants d’être des saints aux mains blanches mais de réduire l’effet des tares, les actes des malfaisants, et les conséquences de diverses démagogies perverses.

Nos politiques sont désormais des fantômes impuissants qui s’accommodent de cette impuissance et ne formulent plus de projets. Ils préfèrent honorer des valeurs et jouir des postes conquis tout en excommuniant les oppositions ramasse-colère.

La France enfermée dans des dogmes n’est pas seulement en voie de paupérisation et de marginalisation. Elle peut s’effondrer et ne plus jamais se remettre.

L’Union Soviétique était exactement dans la même situation. Nous avons souvent ici cité l’exemple de l’agriculture. On y a tenté de multiples expérimentations pour mettre fin à l’inefficacité de l’agriculture. Elles ont toutes réussies. Elles ont toutes été arrêtées car elles contrevenaient aux dogmes et en montraient la stupidité.  Aujourd’hui Ukraine et Russie sont redevenues des greniers à blé dès l’effondrement du communisme.

Le couple dogmes paralysants- effondrement par la dette est un chemin parfaitement balisé.

La France est bien sur le toboggan.

 

Pierre Manent et l’explication de la crise politique française

Que nous traversions une crise politique depuis le traité de Maastricht, il est difficile de ne pas le voir surtout depuis cette indigente et scandaleuse dissolution qui a provoqué la panique et le n’importe quoi au milieu de différents sauve-qui-peut, le débranchement du président et un Assemblée Nationale sans majorité. Pierre Manent dans un article du Figaro datée du 18 juillet 2024 a tenté d’en analyser les causes et certains ont jugé cet article « définitif » sur la question.

Pour lui, l’état normal des institutions est l’alternance droite-gauche. C’est une différence avec l’analyse de Bourlanges que nous avons examinée précédemment sur ce blog qui considère que depuis la fin de la guerre de Quarante, c’est le centre qui a produit les accommodements nécessaires. Manent explique alors pourquoi cet affrontement droite gauche s’est vidé de sa substance. La raison principale : la dissolution du concept de nation et la création de l’Europe supranationale. Il ne reprend pas l’expression qui dit que, depuis Maastricht, droite et gauche sont deux détaillants qui se fournissent auprès du même grossiste. Mais c’est le sens de sa démonstration. Il parle de « religion européenne ». Chirac avait compris : plus de discours de Verdun et de Pierre Juillet ni de Marie-France Garaud : la présidence de la République Française n’est possible qu’au prix d’une révérence au fédéralisme européen. Du coup le député national n’a plus guère de pouvoir et d’importance. La division gauche droite se dilue. L’opinion se détourne. Le député européen lui est un inconnu qui s’active dans une sphère dont la presse ne parle jamais et qui n’a aucune vraie influence. F.X. Bellamy vient d’en faire la cruelle expérience. Mme Van der Leyen qui s’est comportée en présidente abusive d’une Europe fédérale inexistante a été réélue. Le plus actif et intelligent de nos élus est en fait impuissant ! C’est structurel.

L’Europe religion a une conséquence immédiate : on ne discute pas de projets mais de valeurs. Le bien et le mal triomphe du discours projets contre projets. Les élus européens ne savent pas sur quels projets ils seront sollicités de réfléchir : la Commission en a le monopole. Les élections européennes ne tranchent jamais rien et pulvérisent les représentations nationales en minorités sans pouvoir. Le peuple ne tranche aucune option majeure. On lui demande simplement de faire une révérence aux « valeurs européennes de paix, de bonté, d’ouverture » tout en renforçant d’autres religions comme la nouvelle religion de la Nature Reine, ou de la nouvelle religion wokiste. Trois religions d’un coup remplaçant Don Camillo et Peppone.

Autre aspect que détaille Pierre Manent : puisqu’il y a désormais nombre de religions du bien, il y a mécaniquement des Satan. Les discours des gouvernants deviennent totalement indigents : d’accord les difficultés s’amoncellent et les Français trinquent, mais nous au moins on n’est pas des méchants et des vilains. Le Satan principal est le FN de Jean-Marie Le Pen, parti protestataire attrape-tout, et sa variante féminine avec chats qu’est le RN de Marine. « Ce qui frappe dans le parti-exclu c’est le contraste entre sa paresse intellectuelle, la rareté et la pauvreté de ses initiatives et ses succès électoraux presque continuellement croissant ».

On t’offre du "bien" moral et verbal avec des "emmerdements croissants". Tu réagis en votant pour le diable puisqu’il est devenu impossible de faire valoir ton désaccord avec la dégringolade du pays dans tous les classements et sur tous les sujets.

« Présenter la configuration politique présente comme une confrontation entre la démocratie et le populisme/nationalisme, entre la démocratie et ses ennemis, est grossièrement partial et surtout superficiel » écrit Manent. « Au lieu de la catharsis liée à la bataille civique, l’exorcisme par l’exclusion laisse le vaincu insulté et offensé et le vainqueur exposé à l’objection paralysante : nous n’avons pas voté pour toi mais contre l’autre ». Le Nouveau front populaire en sait quelque chose depuis hier et l’échec de son accession au perchoir de l’Assemblée nationale.

« Que nous est-il arrivé pour que nous nous obligions à l’unanimisme des valeurs de la République ? » et à penser qu’il valait mieux remettre notre destin à des « administrations impartiales, européennes ou internationales suggérant que la République et en général la politique était une passion inutile et même dangereuse ».

Mélenchon en appelant à la création d’un nouveau peuple, « notre peuple » dans son verbiage, place la querelle israélo-palestinienne au cœur de son projet, aliénant totalement la dimension proprement nationale et faisant d’un conflit extérieur la base essentialisée du conflit intérieur !

Toutes les forces politiques sont devenues aliénées d’une façon ou d’une autre. Ce qui se traduit dans le langage populaire par : "on marche sur la tête".

Il manque à cette analyse, brillante par ailleurs, plusieurs dimensions :

-            « L’énarchie compassionnelle » et la capture du pouvoir politique par la haute fonction publique en France. Les hauts fonctionnaires sont étatistes et socialistes presque par construction (ils ne créent aucune richesse) et fonctionnent comme une société de secours mutuel devenue népotique. Ils se voient « neutres » par rapport aux rapports d’argent donc seul dignes « d’arbitrer la société ». Le bien et le mal font leur affaire. Ils sont les prêtres des religions nouvelles ce qu’a bien compris Sciences-Po. Tout en faisant main basse sur les grandes entreprises et les lieux d’argent. Ils ne savent que réglementer, taxer, subventionner et produire de la dette. Et vendre le carnet d’adresses résultant.

-            Le gouvernement des Juges et le justicialisme. En s’attribuant un pouvoir de censure législatif par l’interprétation de la déclaration des droits de l’homme, la CEDH, la Cour de Justice européenne, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, etc. ont contribué à vider de leur pouvoir et l’exécutif et le législatif. En laissant des clans de juges à l’échelon des cours de jugement fixer des jurisprudences indépendantes des règles voulues par le législateur, et renforcer l’action d’ONG partisanes, on a détruit la sécurité intérieure et extérieure.

-            La remise systématique des fonctions administratives à des ONG partisanes, liées aux juges déviants, disloque totalement l’action administrative sur le terrain. Ce phénomène a été aggravé par l’Union Européenne qui subventionne en fonction de critères wokistes.

-            Les crises économiques à répétition, toujours plus graves, qui provoquent un phénomène de pauvreté aggravé en France par la faiblesse des temps de travail et la lourdeur des prélèvements qui asphyxient la croissance.

-            La crise démographique qui a vu la disparition de 500 000 enfants par an.

-            Le poids dément des injonctions d’une nouvelle religion écologiste anti humaniste qui détruit les villes et les campagnes tout en ruinant l’économie et les finances.

La conséquence politique, on la voit bien. Une bataille d’Eunuques impuissants tentant de gagner par la démagogie la plus pure et la plus destructrice, alors que plus rien ne fonctionne sur le terrain.

Pendant  que nous sommes en récession !

Pierre Manent nous appelle à « revenir à la maison » et « à nous gouverner nous-mêmes ».

Il oublie de nous dire comment on fait.

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

Le naufrage de l’extrême centre : le faux diagnostic de Jean-Louis Bourlanges

M. Macron fait de l’acrobranche au-dessus de la mêlée politique depuis sa première élection, en balançant à l’occasion des noix de coco sur tout ce qui se trouve en dessous. C’était consternant mais on faisait, dans les médias, semblant de croire que « Jupiter » était un président de la République. Soudain, il change de munition et troque les noix de cocos pour des grenades dégoupillées. Au sol c’est la débandade. Le camp macroniste est réduit de près de moitié au Parlement avec des centaines de soutiens du Président sur le carreau et tenus en route pour Pôle Emploi, si tel est encore le nom de l’institution. La colère monte de partout. Les responsables de groupe ne décolèrent pas. Beaucoup de cadres centristes cessent de considérer que Macron est leur chef. Tous les échecs successifs pointent vers la personne d’Emmanuel Macron, l’homme le plus détesté de France et désormais même de la mouvance centriste qui voit en lui une personnalité consternante à dimension psychiatrique.

Et voilà que ce dément revient à Paris, après une réunion de l’Otan où il a dû faire profil bas, pour ricaner et assommer son camp d’une nouvelle claque : « Renaissance donne un spectacle désastreux ». Évidemment puisque Renaissance en majorité désormais pense que Macron nous a offert un spectacle désastreux. Ce degré de mépris et de cynisme est proprement ahurissant. Mettre au tombeau un mouvement qu’on a affublé du nom de renaissance, c’était déjà fort, mais ajouter : « j’irai cracher sur vos tombes » est d’une élégance ahurissante.

L’interview fleuve de Jean-Louis Bourlanges dans le Figaro du juillet 2024 essaie d’expliquer le désastre du Centre. Et il pointe aussitôt vers Emmanuel Macron. L’erreur est d’avoir recherché l’unité d’un mouvement vertical et centralisé sans permettre aux identités composantes de former des groupes. Comme si un Macron avait besoin de reconnaître des factions alors qu’il est Jupiter omniscient et omnipuissant. C’est un infâme partisan du « parti unique ». Une contradiction dans les termes avec le gentil groupement de partis pleins de douceur et de bonne volonté que doit être le centrisme. Avoir mis 7 ans de réflexion à constater la faille n’est pas un bon point pour M. Bourlanges. Il est vrai que la soupe était bonne.

Macron aurait ainsi donné du corps à une notion d’extrême centre qui se retourne contre lui. Le concept d’extrême centre est évidemment un oxymore. Créé par Alain-Gérard Slama le mot a été capté et le concept travaillé bien plus tard par un certain Pierre Stora qui a réussi à faire admettre sa paternité abusive sur le mot par Wikipedia.

L’extrême centre est entre les mains « des maîtres de certitude qui agitent les clés de la Raison et de la Morale pour monopoliser le pouvoir au détriment du jeu normal de la démocratie », disait Slama.

Le Centre extrémiste se veut la mesure de toute chose et chasse du cercle de la raison ceux qui ne partagent pas leur idéologie de l’à peu près et du réversible. Certains objets politiques sont sacralisés : L’Europe ; l’Otan ; l’étatisme socialisant mais pas trop ; la proportionnelle et les combinaisons gouvernementales façon troisième et quatrième république. Tous les autres doivent être exclus de la réflexion. À force d’évacuation des difficultés, les extrêmes à droite et à gauche deviennent menaçants. Le centre devient alors un extrême centre défensif qui aggrave tout.

Les observateurs constatent que cet extrême centre vient de s’effondrer en mettant le pays sous la menace des deux autres extrêmes, avec, pour les électeurs un travail compliqué pour les sortir du jeu. L’extrême droite est désormais hors de la perspective immédiate du pouvoir. L’élimination de LFI est le travail en cours.

Pour Jean Louis Bourlanges, le centre doit sortir immaculé de la séquence.

Son article commence par lui attribuer les Trente Glorieuses ce qui est parfaitement abusif. Rappelons que le centre a été radicalement exclu de tout le processus qui a conduit aux accords de Bretton Woods qui ont mis fin aux errements de l’entre-deux-guerres et permis une croissance rapide sans récession entre 1947 et 1971 date où les États-Unis sont alors sortis brutalement des Accords provoquant la grande récession de 1973, la chute du dollar et la création d’un cartel pétrolier qui a tout aggravé. Mais comme les différentes variantes de centristes sont toutes inféodées aux États-Unis, cette mauvaise manière tragique des Américains ne sera jamais dénoncée. « La vraie barrière n’est pas entre la droite et la gauche modérées mais entre celles-ci et ceux qui regardent vers Moscou ou Caracas. ». L’Atlantisme est tout ce qui compte. De Gaulle, connais-pas ! On croirait lire du Lecanuet. Et donc vive une Union européenne sacralisée, dépassement idéal des vieilles nations épuisées.

« Ce sont les libéraux, les démocrates-chrétiens et les socialistes qui ont su offrir aux Français et aux Européens un niveau de liberté, de justice sociale et de sécurité géopolitique, sans précédent dans l’histoire ». Giscard le centriste poussera la dépense publique au plus haut tout en accablant d’impôts les Français. Mitterrand détruira l’économie française qui ne se remettra jamais du Programme Commun de gouvernement. Jospin finira le travail avec les trente-cinq heures. Maastricht entraînera la dépossession des parlementaires français et la tutelle du pays, avec au bout du compte la terrible récession de 2008 et celle spécifiquement européenne de 2011. En cinquante ans de centrisme et de socialisme, sous-direction américaine et européiste, la France a vu son PIB par tête chuter par rapport à tous les autres pays au point d’être devenu un pays en voie de sous-développement. Rappelons qu’en 70 nous avions quasiment rattrapé le revenu par tête des États-Unis, que nous dépassions celui des Britanniques et des Allemands, et même de la Suisse. Actuellement le revenu suisse est le double du nôtre, celui du Luxembourg du triple, celui des Allemands de 30 % plus haut et celui des Américains 50 %. Même les Britanniques nous ont dépassés.

Notre auteur n’a rien compris à la réaction anti socialiste qui s’est produite partout en Occident, sauf en France, à partir de la fin des années soixante-dix. Le pouvoir accablant des syndicats, la dépense de redistribution portée à des niveaux intolérables, la gestion bureaucratique constamment aggravée, des impôts prohibitifs, ont fait exploser le modèle socialo centriste. La France, seule, a continué avec le résultat qu’on voit de prôner le toujours plus social sans substrat de production et de compétitivité.

Les sept années macronistes ont été perdues. Elles se terminent dans le mépris et la dette. Pas de quoi se vanter, M. Bourlanges. Le déclassement a nourri la montée aux extrêmes.

Non ! affirme notre centriste qui cherche des dizaines d’excuses à ce désastre. « La crise est anthropologique » marquée par l’affaiblissement structurel de l’Europe, la crise de la foi religieuse ou sociale, la promesse d’apocalypse climatique, les mutations technologiques incessantes, la crise de la transmission, l’isolement numérique, la fragmentation de la société. Tout cela crée l’angoisse, l’insatisfaction et finalement le populisme et la violence ».

Voilà : c’est dit. La crise, ce n’est pas nous. Elle s’impose à nous.

Notons l’absence de deux mots-clés : la dénatalité (nous avons perdu 500 000 naissances autochtones chaque année) et l’immigration (500 000 étrangers qui débarquent chaque année). Comme il ajoute qu’il ne faut pas commettre de déni de réalité, cela commence bien !

« Ce n’est pas notre faute ». Alors qui sont les responsables ?  Les autres, tous les autres. « Le bloc central est un aigle aux ailes rognées sur sa droite et sur sa gauche ». Les socialistes ne font pas leur boulot et la droite de gouvernement non plus, abandonnant l’excellence centriste à son triste sort. Le bloc central ne peut avoir tort, c’est une victime de ceux « qui veulent jouer dans leur bac à sable ».

La solution : la proportionnelle et le retour à l’instabilité de la IVe République.

Plus nulle comme analyse du désastre et de la défaite macroniennes, on ne peut pas trouver.

La défaite de Macron et sa mise hors-jeu, comme celle du centrisme qui lui est associé, montre que ce qui reste de parlementaires centristes après la dérouillée voulue par Macron doit désormais se sortir des griffes du Président en voie de marginalisation et s’aligner sous l’aile de la seule force qui garantit la solidité des institutions : les fondateurs de l’actuelle république. Le centre éclaté en minuscules chapelles sans autres idées communes que la dépense publique, l’Europe et la soumission atlantiste, doit venir à Canossa et conforter le passage de témoins à une droite de gouvernement qui seule peut empêcher que le pays ne s’effondre sous le poids des dépenses socialistes et les conséquences de durées de travail ridicules, sur fond de vieillissement de la population et de submersion migratoire qui sature tous les services publics désormais en déshérence.

La révolution libérale qu’on aurait dû faire dans les années 1970-1990 pour rester au sommet, et que beaucoup de pays même socialistes ont faite, reste à faire en France, après 45 ans de retards désastreux, qui ont poussé à l’ampleur des votes extrémistes.

Brèves de comptoirs - Le samedi avant les résultats

En cette veille de chaos électoral, il est intéressant d’écouter ce qui se dit autour des zincs. Les brèves de comptoirs sont généralement assez justes ou bien ajustées, comme on voudra.

« Nous savions que nous avions un mauvais président. Maintenant la clarification est faite : il est totalement fou ».

« Ils ont confondu clarification et scarification ».

« Macron a la défaite mauvaise, comme certains d’entre nous ont le vin mauvais ».

« Le cabaret Michou, le temple des travestis, vient de fermer. Heureusement il leur reste les écoles maternelles à Paris ! ». « Normal, vélos et travelos, cela rime »

« Les Républicains ont le front bas ».

« Obono, Rousseau et Caron ont été élus au premier tour. Le Covid a laissé des traces ».

« Minc : la bête immonde nous a échappé ». Marine le Pen et Mélenchon aussi. Les zoos ne sont plus aussi sûrs qu’avant. Espérons qu’ils ne mordent pas comme le lion de Thoiry ».

« Quand on voit Mélenchon et les sbires qui l’entourent, on se demande s’il ne faut pas rétablir le délit de sale gueule ».

« Macron est un général post-moderne : il organise des batailles pour liquider ses troupes. Un exemple avancé de Cancel Culture assumée ».

« Macron a pris dix ans en un mois. Madame a plutôt rajeuni. Tout s’arrange. »

« Nous avions « Moi ou le chaos ». Nous voici avec « Moi et le chaos ». »

« Avec les 900 millions d’euros touchés de Carlos Goshn, Rachida Dati est surtout la ministre de la culture du pognon »

« En France on est riche à 4.000 euros par mois.  En Suisse, c’est le salaire minimum. A quand un prélèvement vexatoire et confiscatoire sur les riches suisses ? »

« Le macrono-mélenchonisme est une énarchimère ».

« Edouard Philippe est passé de Alopécie à Allo PC ».

« Quand les naufrageurs sont pris pour des marins, les récifs aiguisent leur dent ».

« Quand les politiques font des blocs, ils débloquent ».

« Hidalgo a pris au Hamas le goût de creuser des tunnels ».

« Les élections européennes n’ont rien changé en Europe et tout bouleversé en France. Chercher l’erreur ».

« Depuis quelques temps la Seine charrie des seringues. Les jeux olympiques approchent. »

« Hidalgo a toujours eu du mal à se mettre en Seine »

« Depuis que Macron fait de la triangulation, il y a beaucoup de triangulaires »

« Les calculs primaires ne sont pas secondaires quand on parle de triangulaires ».

…

Ils osent appeler cela « programmes »

La France est en difficulté depuis 1 968 et surtout 1 973.

Après 25 ans de croissance forte qui a vu la France accumuler les excellents résultats sur tous les fronts (démographie, industrie, commerce, agriculture, divertissement, sécurité, paix, santé, équipements), la France des grandes villes a considéré qu’il était temps de s’en prendre définitivement à la « bourgeoisie » et ses « horreurs » et d’achever l’Église catholique qui y mettait du sien depuis Vatican II.

Juste au moment où la France était saignée par une rançon pétrolière scandaleuse et périlleuse, l’élite culturelle qui tient l’opinion via des médias de plus en plus investis par la Pub putassière et les idées « progressistes », entre les mains de l’État et de quelques milliardaires, a décidé de jouer le jeu de la fin de l’indépendance française et de la prospérité française et de la sécurité en France et de la natalité française, et de l’identité française.

Sur tous les fronts où la France avait réussi à retrouver des couleurs, une cinquième colonne indéfinie nourrie de marxisme débile et de démagogie facile s’est employée à tout inverser. Au lieu de maintenir et d’amplifier les acquis, la rage de les détruire s’est emparée des « élites ».

On a tué la natalité. Nous avons perdu 500 000 naissances en 2023 par rapport à 1970. En dix ans la population proprement française de deux villes comme Paris disparaît.

On a tué l’industrie et on essaie d’achever l’agriculture.

On a tué la prospérité : le revenu des Français est au tiers de celui des Luxembourgeois, la moitié des Suisses, les trois quarts des Américains (alors qu’on était quasiment revenu à parité).

On a démantelé la répression de la délinquance, avec Badinter et toutes les lois bannissant jusqu’à l’hypothèse de la prison. La grande folie du justicialisme a emporté la sécurité des citoyens. Il fallait désormais frapper le grand bourgeois et foutre la paix aux délinquants.

On a tué la démocratie en transférant pratiquement tout le domaine de la loi à l’Union européenne, en acceptant la constitution d’un gouvernement des juges et en poussant des associations délétères, les prétendues ONG, à construire la loi à la place des citoyens dans des enceintes extérieures à la France.

La haute fonction publique a réussi à capter entièrement le champ du politique et expulsé tout ce qui n’était pas conforme au « cercle de la raison », en multipliant les déraisons. Giscard pousse la fiscalité au plus haut. Rocard aggrave les dépenses publiques en plein cycle haut de la conjoncture internationale, au moment où il fallait commencer à rétropédaler sérieusement. Jospin croit que sa destinée et le souvenir de son passage sur terre passent par la sottise des 35 heures qui va liquider la compétitivité du pays et il flingue par opportunisme électoral la base nucléaire de la politique énergétique française. En prime il accepte l’entrée de la Chine dans l’OMC dirigé par un socialiste français. Il est tout surpris de ne pas entrer au Grand Paradis Des Dieux Socialistes et d’être viré par le peuple comme un malpropre. Chirac avec Juppé et Villepin sombrent dans le centrisme mou, l’européisme intensif et la bureaucratie administrative et fiscale.

On découvre que Sarkozy n’avait aucun programme et que tous les éléments de langage qu’il brassait étaient des attrape-nigauds. Ce faisant il tue l’UMP devenue LR et bientôt plus rien du tout. Il garde l’ISF, les 35 heures, et retouche à la marge la retraite à 60 ans, sans remettre en cause le pouvoir des syndicats dans le secteur public qui reste privilégié dans tous les domaines. Il est dégagé par la crise de 2008, mondiale, qu’il n’a pas compris et celle de 2011, proprement européenne, qu’il n’a pas vu venir.

Débarque Bidochon, un Énarque connu pour ses petites blagues et ses escapades en Vespa. Il est incapable de gouverner. Il aggrave donc toute la fiscalité, notamment avec l’intégration des revenus du capital dans le revenu fiscal où ils sont frappés à un taux marginal si élevé qu’il ne reste plus qu’à fuir le pays pour les grands capitaux. Espérer un rendement de 2 % frappé de 80 % d’impôts, avec plus de 2 % d’inflation, et 1 % d’ISF en prime, c’est renoncer à tout investissement et envoyer les « riches » investir ailleurs.

Le sinistre quinquennat gâché par les dissidences et les attaques islamistes, montre qu’à gauche, l’idéologie a explosé avec les deux bombes à retardement que sont l’alliance avec les islamistes de Mélenchon et le retour de l’Action directe, le tout mélangé au nitrate d’ammonium formé par l’indécente Cancel Culture Woke et l’écologie anticapitaliste de destruction massive.

L’idée se fait jour au sein de l’Enarchie triomphante que la seule défense, c’est de se cacher derrière l’Union Européenne et de souder les sociaux-démocrates résiduels et le centre, tout en acceptant des traîtres venant de l’ancienne majorité gaulliste. L’énarchie étatiste et socialiste opte en faveur d’Emmanuel Macron qui prétend représenter un hypercentre, marqué par des mesures de libération économique (la réduction de l’ISF aux seuls biens immobiliers et la Flat Tax sur les revenus mobiliers). On annonce même l’élévation de l’âge de départ à la retraite, la réduction des allocations-chômage, la moralisation de la vie publique, etc. L’attrape-nigaud est un cadeau au peuple comme toujours : la suppression de la taxe d’habitation, seul impôt touchant tout le monde et une économie directement sensible pour l’électeur.

Depuis 1981, la règle est bien établie : ne jouer que les Présidentielles et toujours présenter un « cadeau au peuple » de belle qualité. Hausse massive du SMIC et Retraite à 60 ans, 35 heures, défiscalisation des heures supplémentaires, Suppression de la taxe d’habitation. Pour le reste, ne jamais travailler en profondeur, entre deux élections et en liaison avec les militants, les mesures à prendre pour cesser de s’enfoncer dans tous les domaines.

Avec Macron la prise du pouvoir par l’Enarchie est totale : les trois premiers ministres successifs sont énarques ; le ministre des Finances est énarque. Le reste… Quel reste ?

La « Flat Tax » était indispensable. Plus aucun investissement n’était possible ! L’IFI est déjà une demi-mesure. Il fallait supprimer l’ISF et inclure les revenus immobiliers dans la taxation forfaitaire. Mais on spécule sur la haine du possédant qui s’enrichit en dormant pour faire passer la flat tax.

Toutes les autres mesures s’avéreront détestables et contre-productives.

Pendant 5 ans le gouvernement cherchera comment on peut mettre en place une « retraite par points » considérée comme miraculeuse. En vain ! C’était un pari de songe creux qui traînait dans les arrière-cours mais qui faisait moderne et dynamique pour les crétins.

L’interdiction du cumul des mandats allait transformer le Parlement en chambre hors sol où toutes les conneries pourront être dites sans vergogne, avec des députés de la majorité vides de toute représentativité et de connaissances politiques utiles.

La suppression de la taxe d’habitation, le seul impôt réellement juste et universel, tournera au n’importe quoi avec un transfert massif sur l’impôt foncier qui s’ajoutera à l’IFI pour provoquer la crise du bâtiment.

Ne parlons pas de la reprise du plan énergétique de Hollande et le massacre de l’énergie atomique.

Lorsque la réélection sera en vue, Macron distribuera pour près de 80 milliards d’euros de « cadeaux catégoriels au peuple » et éludera le premier tour pour se concentrer sur la lutte contre le fascisme au second.

Tout cela finira dans la stagnation économique, les déficits sociaux et commerciaux, une impasse budgétaire effarante et une dette abyssale de plus de 3 000 milliards d’euros avec la baisse des notes des instituts de notation. Plus une mise en demeure de l’Union Européenne sur les déséquilibres des finances publiques françaises.

La vérité toute nue est éclatante : Emmanuel Macron n’avait aucun programme de gouvernement seulement un plan média pour prendre le pouvoir. L’expérience constante est que le pouvoir conquis n’est pas le lieu où un programme peut s’élaborer, pour peu qu’on le désire.

Jean Cau disait : « au pouvoir, on n’agit pas, on réagit ». Et on essaie de survivre.

Lorsqu’on regarde le déroulement de la campagne législative en cours, on voit que les programmes sont inexistants. Comme pour les Européennes le pays veut coller une raclée à l’abruti qui par vanité et même par folie a décidé de se lancer dans un bras de fer narcissique avec le peuple. Le RN qui avait promu repoussoir en chef, pour faciliter la réélection sans discussion d’un homme qui au fond de lui-même se sait incapable, est désormais l’instrument de la claque phénoménale que le pays veut à nouveau asséner « au gamin immature qui se croit tout permis et pérore sur un tas de fumier ». Autant dire que son programme n’a aucune importance. Ce n’est qu’un rassemblement d’éléments de langage ciblé visant des clientèles. La perspective d ‘une arrivée au pouvoir conduit à arrondir les angles. Rien de plus.

Du côté de la « gauche », un « comité de sales gueules » rameutées par le sinistre Mélenchon, au mieux cinq personnes, veut en profiter pour prendre des places et se faire un peu d’argent. Le programme est un ramassis de slogans plus indignes les uns que les autres, dont le mantra est comme toujours basé sur la haine : « Bourgeois, on aura ta peau. Riche, on aura ton fric. » L’effondrement de l’URSS n’aura servi à rien ni le dévoilement des massacres terrifiants et stériles conduits par les révolutionnaires devenues des dictateurs sanglants. Une coalition d’intérêts électoraux joue à la révolution en se déshonorant. Que reste-t-il de François Hollande, qui se rallie à un homme qui joue son destin sur l’antisémitisme d’une rue arabe chauffée par la guerre à Gaza ?

Les Français veulent se venger. La croissance s’est envolée. Les services publics essentiels sont cul par-dessus tête. Les entreprises sont étranglées. La natalité s’est évanouie. Le discours public est infâme à l’école et au sein de l’université. Et on veut leur coller sur le dos la « restauration de la nature » et le « sauvetage du climat » tout en sabotant leur culture et leurs mœurs. Et ils jugent que la submersion incontrôlée du pays par des Noirs et des Arabes le plus souvent musulmans changent radicalement l’identité du pays. Désormais on viole des femmes de 90 ans ! On arrache les bijoux de cou des vieilles dames dans la rue et jusque dans les lieux d’habitation. On viole des enfants de 13 ans parce qu’elles sont juives. On accepte des ratonnades antifrançaises. On tolère le développement de cartels de la drogue. On refuse de sanctionner. Le pays par saccades est à feu et à sang. Et l’armée française se fait virer d’Afrique sans réaction par des putschistes cupides qui bradent leur pays à la Chine et à la Russie en échange de leur garantie de survie.

Eh oui, les Français violentés et appauvris veulent se venger. Ils attendent depuis trop longtemps qu’on prenne en charge les difficultés du pays avec de vrais programmes établis au sein de partis de gouvernement réfléchis et allant au fond des choses et dont on sait qu’ils seront mis en œuvre loyalement avec le désir de réussir.

Le mouvement issu du gaullisme est dénaturé par des politiciens sans envergure et il n’a pas su entreprendre ce travail. Plus il rétrécissait, plus le nombre d’écuries présidentielles augmentait. « Seules les Présidentielles comptent et j’ai mes chances ». Pour quoi faire ? Heu ! Heu ! Il séduit aujourd’hui 7 % des électeurs, disent les sondages. Il est écartelé. Bref il est quasi mort. L’extrême centre est antinational. La social-démocratie est lessivée faute d’accepter de faire les constats nécessaires et de renoncer à la haine de l’autre qui est son fonds de commerce et à l’idée qu’il suffit de ruiner les gens qui réussissent pour tout régler. Le mouvement est mort.

Reste la vengeance. Elle s’oriente d’abord contre le président de la République, violent en parole et méprisant, de surcroît incapable et qui veut gagner son bras de fer narcissique contre le pays réel.

Avoir créé cette situation disqualifie à vie la parenthèse ‘Macron’qui n’aura été qu’une odieuse bouffonnerie depuis le début et dont on ne voit pas très bien l’épilogue.

Tant qu’un parti sérieux n’aura pas défini un vrai programme de sortie de crise et de déclassement permettant d’obtenir des résultats et de restaurer la confiance entre le pays et les dirigeants, le désordre continuera.

Les médias prétendent décortiquer des programmes. Il n’y a aucun programme nulle part. Seulement des éléments de langage et de la communication électorale qui n’ont exactement aucune signification réelle.

Il ne s’agit pas d’une élection mais d’une convulsion.

Imposer un tel stress au pays, ce n’est pas gouverner. C’est prouver sa folie. Ne jamais réfléchir en profondeur aux solutions, par peur de son ombre électorale, du qu’en-dira-t-on, des initiatives du voisin, de l’état de droit supposé, des règles européennes ou autres bloquants du même tabac, est la garantie de la carence future de l’action gouvernementale.

Et de l’effondrement continuel du pays.

Exiger la neutralité politique et idéologique des sujets des épreuves du BAC

Pendant très longtemps, en gros de Jules Ferry à Giscard, l’école fuyait absolument l’actualité et les conflits politiques. Tout ce qui pouvait faire dissension et remettre en cause l’engagement des enfants et des parents dans l’école était fui.

Tous les sujets étaient apolitiques. En histoire on privilégiait la connaissance des faits, l’intelligence des causes, l’analyse des résultats. Elle s’arrêtait opportunément à des dates qui étaient suffisamment anciennes pour être neutres. En philosophie, le sens, la connaissance des écrits étaient privilégiés.

Tout a changé progressivement après mai 1968 et la volonté de certains enseignants et cadres du Ministère de participer à la formation politique des élèves, à traquer les inégalités, à favoriser le politiquement correct de gauche. L’enseignement s’est effondré. On est revenu au temps des écoles religieuses, où la connaissance du dogme valait qualité et bonnes notes. Maintenant les notes ont disparu. Et en partie l’enseignement des disciplines.

La pensée des élèves est encadrée pour leur montrer où est le bien, toujours de gauche et socialiste, et le mal, le bourgeois et le capitalisme. Cela donne le classement Pisa qui marque l’effondrement à peu près total du système scolaire. Cela a donné les grèves d’élèves avec occupation, puis le beau spectacle que donne aujourd’hui l’université.

En bas de l’échelle de la honte il y a les spectacles de travelos avec plume dans le fion pour enfants de 5 à 8 ans, comme à Paris 14e, pour « casser les préjugés de genre ». En haut, les procédés sont plus subtils. On le voit avec les sujets de philosophie présentés cette année 2024.

  • Dissertation n° 1 : La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ?
  • Dissertation n° 2 : L'État nous doit-il quelque chose ?
  • Commentaire de texte : Simone Weil, La Condition ouvrière (1 943)

Tous les sujets se ressentent de l’ombre portée d’un débat actuel.

Dissertation 1 : faut-il accepter qu’on ne partage les conclusions du GIEC qui définissent une vérité dont la contestation est condamnable.

Dissertation 2 : Faut-il contester les droits-à qui remplacent chaque jour plus les droits-de, et en payer le prix en endettement et fiscalité ?

Dissertation 3 : N’êtes-vous pas d’accord que le travail salarié en usine est aliénant, rend stupide (la pensée se rétracte) et force à s’auto justifier de faire des choses emmerdantes ?

Un élève sait qu’il ne peut pas traiter à fond ses sujets sans faire très attention. S’il porte atteinte au consensus scientifique, à la gloire de la distribution sociale et conteste le désastre du travail ouvrier il sait qu’il prend un risque. Il ne sait pas comment il va être noté en fonction des choix politiques et idéologiques du correcteur.

Bien sûr il reste possible de contrôler l’expression et les connaissances de l’élève et cela jouera dans la note. Mais en jetant le doute sur l’appréciation idéologique de l’élève, on fausse le système.

On aurait pu facilement modifier l’intitulé des sujets pour les rendre neutres :

-          Les théories scientifiques peuvent-elles changer de conclusions ?

-          La dépense publique doit-elle être sans limite ?

-          Pourquoi l’emploi industriel a-t-il tant diminué en France. Avec un texte qui donne les statistiques et les commente.

Faire des clins d’œil gauchistes dans les épreuves du bac et créer le doute dans l’esprit des élèves est une ignominie qui devrait être lourdement condamnée par l’opinion publique et les commentateurs.

Blessure narcissique, chantage, menaces, chaos : la descente aux enfers d'Emmanuel Macron.

Le Président Macron ne gère que lui-même et n’a que faire ni de ceux qui ne le soutiennent ni des Français ni même des formes de la démocratie ni même de la France. Tout le monde l’a compris depuis longtemps.

Son livre « révolution » annonçait par son titre qu’il ne respecterait rien ni personne et par son contenu, de la pisse d’âne de consultant, qu’il ferait tout et l’inverse de tout, et réciproquement, et en même temps. Sa méthode pour prendre le pouvoir a été la séduction factice, et la trahison. Sa méthode pour le conserver a été l’instrumentalisation des peurs et des grandes causes, et la destruction directe ou indirecte des forces d’alternance. Sa boussole : ne jamais admettre la moindre restriction de son bon plaisir ; ne jamais tenir compte des réactions du pays ; ne jamais se sentir entravé par la décence, le respect, l’idée du bien commun, ou quoi que ce soit d’autres.

N'ayant ni bilan ni amis, mais les grands pouvoirs qu’offre la Constitution, il a cru pouvoir tirer sur la corde de l’infamie sans aucune restriction. Et la corde a fini par casser. Il a perdu la majorité et au Sénat et à l’Assemblée nationale. Il a fait le lit des extrêmes : l’ignominie sordide de Mélenchon, trotskiste révolutionnaire hypercynique, qui instrumentalise le racisme et l’antisémitisme, accompagnée par les manifestants factieux qu’il a refusé de combattre dès son arrivée au pouvoir ; Le RN, instrumentalisé par tout moyen et mis au centre du jeu politique afin de disposer d’un repoussoir facile.

L’important, dans son calcul politique, a toujours été de faire disparaître les deux menaces capables d’exploiter son vide programmatique :  la droite de gouvernement et la gauche sociale-démocrate. Pas de restriction sur les moyens : l’arrosage systématique au prix d’un endettement colossal ! Pas de crainte devant l’effondrement des exportations, celui de la natalité ; le recul dans tous les classements sur tous les sujets et l’abandon du régalien.

Depuis l’été 2023, il cherche avec ses têtes pensantes, comment il pourrait finir son mandat, alors qu’il est largement méprisé dans le pays, que la situation économique s’aggrave, que le budget et les comptes publics sont à la dérive et que les exactions de juin 2023 ont montré que les casseurs pouvaient détruire le pays sans que le pouvoir puisse l’empêcher. Ce qui sera confirmé en Nouvelle Calédonie, quelques mois plus tard. La violence explose dans la société avec des dizaines de milliers d’affrontements au couteau et le retour du grand banditisme.

L’attitude de Macron va sombrer dans le pire et prendre l’aspect d’un comportement de traqué. Plus aucune mesure ! La fuite en avant dans le désastreux à tout risque pour le pays. Reprendre la main par tout moyen même les pires, même les plus risqués ! Voilà le projet. La France ? Il s’en fout. Il  l’a tellement vilipendée, et de l’étranger pour corser l’affaire,  qu’on ne va pas la prendre en considération. L’Europe fédérale voilà une première échappatoire. La confrontation outrancière avec le RN, voilà le levier. Il faut se retrouver en mai 2024 comme le leader de l’antifascisme et le sauveur de l’Europe contre la peste brune.

Comme toujours le plan est caché, n’a été discuté avec personne dans son camp et surtout pas avec ses propres troupes. L’idée de manœuvre est de reprendre la haute main sur tout à l’été 2024 au moment des jeux Olympiques. Le moyen : pousser le RN au plus haut et se présenter comme l’ultime rempart contre le fascisme lors des élections européennes.

Ce plan narcissique et dangereux va foirer lamentablement.

Emmanuel-le-manipulateur, n’a pas compris que l’Union européenne est sur la sellette sur trois dossiers fondamentaux pour la vie quotidienne des Français :

-          La facture énergétique est ingérable pour une majorité des Français et il est évident que les oukases de la Commission et les flottements de Macron sont en cause dans le désastre.

-          La pression de l’écolofascisme névrotique sur les paysans et les propriétaires est intolérable, alors que partout dans le pays l’effondrement de l'immobilier s’amplifie.

-          La volonté européenne d’accepter une immigration de masse avec répartition des illégaux dans les villes et villages, reprise et amplifiée par Macron, sans jamais qu’on ne justifie cette invasion, commence à fâcher sérieusement depuis que les tueries musulmanes ont recommencé.

L’absence de réalisme est une composante du désordre mental d’Emmanuel Macron. Il ne peut pas avoir tort. Il doit toujours avoir raison. La réalité n’existe pas quand elle renvoie une image épouvantable des conséquences de ses actions et inactions. Quand la réalité se rebiffe, c’est la faute « à Jules » et il faut « qu’il fasse tout lui-même » pour redresser la situation. Tant pis pour le Premier ministre et le gouvernement.

Le plan a été exécuté.

-          L’Europe est devenue un objet déifié et la « souveraineté européenne » l’avenir du territoire franchouillard. Lors de la présidentielle initiale, elle avait été largement abandonnée mais il allait arranger cela. Désormais elle était en danger mais il allait la sauver. Fa Tutto !

-          Le RN ne devait plus être injurié au titre de la seconde guerre mondiale. Mais comme complice des Russes en Ukraine. Du coup Macron s’est cru devoir prendre une attitude de chef de belligérance contre la Russie, inquiétant tout le monde, et rappelant aux sceptiques qu’il s’était couché contre les milices russes en Afrique et que les armées françaises s’étaient fait virer à coups de pied au derrière par de vils dictateurs assis sur des coups d’État sutenus par Wagner.

-          Attal, le beau jeune homme, devait entrer en scène en début d’année pour incarner le renouveau macronien, et sacraliser l’option homosexuelle provocante du Président. Le couple Séjourné-Attal a donc été sollicité dès septembre de se dépacser en vitesse pour être prêts pour le début d’année. L’idée était de contrer la jeunesse de Bardella, le candidat du RN.

-          L’agitation médiatique, les commémorations, les ordres du jour provocateur à l’Assemblée nationale, les conférences à grand battage, l’exploitation sans vergogne des passages télévisés sans aucun vrzi contradicteur, les visites locales magnifiées, les conférences et commémorations internationales, tout a été bon pour se trouver en première page.

Et ce fut le grand ratage

-          La colère populaire depuis l’allongement imposé brutalement de la durée de vie au travail, selon une formule qu’il avait lui-même condamnée, n’est jamais retombée.

-          La stagnation économique associée à l’inflation effrénée et les hausses d’impôts camouflées ont nourri un peu plus la colère.

-          Le manque de courage dans la répression de la délinquance et le laxisme du ministère de la Justice sont devenus une fable, dont l’épilogue sera le meurtre d’un enseignant et la fusillade de policiers par des truands lors du transport d’un truand dangereux.

-          Le manque de courage après le carnage du 7 octobre 2023 et le développement effréné de l’antisémitisme ont caractérisé la vision cynique d’un Macron permettant à l’extrême gauche de créer une peur politique dont il comptait faire son miel.

-          La révolte paysanne partout en Europe a souligné le rôle de l’action du clan Macron à Bruxelles disant une chose aux Français et faisant autre chose au sein des institutions européennes. L’ennui est venu du caractère général de la révolte interdisant de se dédouaner sur des vilains Français. L’épisode du salon de l’agriculture a été tragique pour l’image d’Emmanuel Macron et celle de son premier ministre.

Quand les sondages ont montré que le RN était loin en tête, à des sommets imprévus, et que la pauvre Hayer, candidate de fortune, sombrait chaque jour un peu plus, le président s’est déchaîné, forçant Attal et les ministres à s’engager à fond, monopolisant la parole dans les médias, exploitant tout ce qu’il pouvait.

Le résultat final a été une baffe terrifiante pour l’aventurier de l’arche européenne perdue et une blessure narcissique phénoménale. Macron le névrosé a été incapable de dominer l’évènement. Sa stratégie de promotion des extrêmes à droite et à gauche, et de destruction des partis de gouvernement pour garder son rôle sacré de président de l’arc de raison contre les vilains a totalement dérapé.

Dans la virtualité hallucinée dans laquelle s’exalte Emmanuel Macron, rien n’était ni compréhensible ni digne d’intérêt sinon les moyens de se venger et vite, tout en essayant de sauver son rôle jupitérien, les chances de succès fussent-elles faibles voire nulles.

Impossible pour le stratège déconfit et le tacticien humilié de concéder quoi que ce soit. La décision sage était de faire le mort, de laisser passer l’été et les jeux Olympiques, puis d’aviser. Il serait temps de démissionner ou de nouer un pacte parlementaire pour garantir à un gouvernement les moyens d’une gestion stable mais évidemment différente du pays. Après tout, les élections européennes avaient montré qu’une partie des socialistes ne voulaient plus être entraînée dans les ignominies de Mélenchon. Et que la poussée du RN marquait surtout la défiance du pays contre celui qui ne prenait aucune mesure contre les atteintes à leur vie quotidienne et à leur idée de la France.

Le giflé aurait pu aussi faire amende honorable et avancer des lignes directrices plus conformes aux désirs des Français. Il aurait eu le temps de réfléchir plus posément à son avenir personnel.

Il a préféré se précipiter dans l’inconnu en comptant sur sa bonne étoile, tout en faisant instantanément prendre au pays le chemin du chaos.

Certains prétendent que dès l’été 2023 la dissolution était prévue, que le gouvernement Attal avait vocation de durer six mois, pas plus, et que dans le chaos résultant, il était raisonnable qu’il puisse sauver son leadership pour finir commodément son second quinquennat, en comptant sur la peur du vide des Français.

La dissolution n’aurait pas été l’acte fou d’un malade narcissique traumatisé par une défaite imprévue, mais la décision mûrie de loin, d’un génie politique ayant tout compris avant tout le monde et bien décidé à faire don de sa personne à la Patrie pour empêcher la victoire des extrêmes.

Quels sont les éléments de rationalité électorale et politique de cette hypothèse ?

L’affaire électorale est vite vue : la France est coupée en deux.

Dans les grandes villes, la gauche domine et peut tout emporter en cas de front électoral avec LFI.

Dans le reste du pays, le RN domine massivement mais reste tributaire d’alliances pour augmenter le nombre de ses sièges, sans pouvoir de toute façon obtenir une majorité parlementaire. Même sans alliance, le RN va se retrouver souvent en compétition avec la nouvelle Nupes et peut gagner ce genre de duels. Il aurait un peu moins de sièges qu’avec une alliance mais elle ne pouvait déjà pas lui permettre de  briguer la majorité.

Il n’y a aucune chance pour que les extrêmes puissent obtenir une majorité pour gouverner.

Seconde certitude, la dissolution va détruire le PS social-démocrate et LR. Le pauvre Raphaël Glucksmann, qui a obtenu un rééquilibrage à gauche et arraché des voix à Renaissance, est renvoyé à son néant. LR ne peut pas sauver ses sièges sans un accord avec le RN. Si sa direction s’y essaie, elle devra faire face à une insurrection des tenants du cordon sanitaire, notamment des candidats à la Présidentielle future et de ceux qui ne risquent rien comme les Sénateurs et les présidents de région qui seront encore là pour quelques années.

Comme les partis n’ont que quelques jours pour se déclarer, Macron sait qu’il impose des accords électoraux signés dans la précipitation et qu’il pourra alors intervenir à la télévision comme chef de l’Etat et bouclier contre les entreprises nauséabondes et demander aux Français de se déjuger et de le rejoindre dans la lutte contre les vilains.

C’est manifestement ce qui est train de se dérouler sous nos yeux.

Peut-il gagner ?

C’est très peu probable en lisant les sondages du jour. Il lui faudrait pour cela mobiliser l’essentiel des abstentionnistes et retourner une partie du vote qui a fui sa liste européenne. Tout se jouera dans la première semaine de juillet quand les Français commenceront à être en vacances et ques enjeux du second tour seront précis.

La suite deviendra alors dangereuse et nébuleuse.

Le camp macroniste sait qu’il va laisser des plumes et sera incapable de gouverner On parle de la perte du tiers à la moitié de ses élus. Aucun camp n’aura de majorité. On ne pourra plus dissoudre.

Personne n’est capable d’écrire la suite. Sauf peut-être le génial Macron, le nouveau Grand Conducator qui va sauver l’Europe, vaincre Poutine en Ukraine et remobiliser autour de lui toutes les forces vives et craintives du politiquement correct et de la bienséance de gauche.

Lors de sa conférence de presse du 12 juin 2024, Macron, déplore les conséquences du désastre français sans s’attarder sur les causes. En tout cas lui a tout bon et en appelle aux Français qui ne veulent pas du chaos qu’il a lui-même créé. « Les masques sont tombés », « la clarification est faite » : tous les ignobles sont désormais à découvert. Je n’ai rien à vous proposer de nouveau mais si vous voulez éviter le chaos corrigez votre vote des Européennes et offrez-moi une victoire. Sinon vous serez responsables, bandes d’irresponsables.

Moi ou le chaos dans une forme caricaturale ! Pendant un mois toute la question sera de savoir si la peur conduit l’électorat et si les forces politiquement correctes à droite et à gauche, sur la ruine de leur parti, joueront le jeu. Lui va se retirer sous sa tente en organisant des opérations image symboliques. Aux autres de se positionner. Si cela ne frémit pas ? Saint Macron interviendra lors du second tour pour accentuer la pression. Si cela frémit, il triomphera lors de la campagne de second tour en faisant des annonces d’union nationale avec les bons.

Emmanuel Mcron s’est lancé dans un bras de fer avec les électeurs. C’est une attitude de proxénète. « Tu travailles pour moi sinon c’est la croix des vaches ».

Le peuple se laissera-t-il intimider ? Où jouera-t-il à fonds la carte d’un changement radical pour mettre fin au déclassement en cours ?

LR veut virer Ciotti et l’accord avec le FN. S’ils réussissent, qui va diriger et sur quelle ligne ? Soutenir Macron contre le fascisme ? Combien d’élus sur cette base ? Que restera-t-il du parti après cela ? Surtout si les Français ne suivent pas ? C’est le grand silence. Si Ciotti survit ou prend la tête d’un éclat du parti, où pourra-t-il aller au soir de l’élection ?

Si une majorité d’Union des droites se crée, quel avenir pour Macron le maître chanteur ? Suicide, démission, article 16 ?

Fallait-il vraiment allumer la bombe ? Une blessure narcissique méritait-elle toute cette ignominie sans espoir ?

Non ! Quelle irresponsabilité et quelle honte !

Tic tac, tic tac, tic tac…

 

Didier Dufau

Aux sources de l'écologie anticapitaliste et malhonnête - L'ozone et le Giec. (suite et fin)

Les années 1985-1992 vont voir un basculement complet des conceptions et des actions en matière d’environnement, une discipline qui va éclater radicalement entre trois domaines :

-          La lutte traditionnelle contre les pollutions : on corrige au fur et à mesure les difficultés provoquées par la production et la consommation.

-          L’idéalisation de la nature et du monde animal, qui s’incarne dans la lutte pour la biodiversité, pour elle-même, et dans celle pour la « restauration » de la nature, victime digne d’intérêt indépendamment de son utilité pour l’homme. 

-          Le nouveau domaine de la lutte contre le dérèglement climatique dont l’urgence est justifiée par le risque de disparition du vivant sur terre à court terme.

L’irrationalité, la violence et le sectarisme extrême vont s’installer et s’amplifier constamment dans les deux derniers segments, au fur et à mesure de leur triomphe d’abord auprès des instances internationales puis, un peu plus tard , par  l’exploitation systématique des catastrophes météorologiques constamment expliquées par un allégué « dérèglement climatique ».

On a vu en première partie que les conventions environnementales  précédentes ont déterminé que la sphère terrestre était en équilibre fragile qui pouvait être déstabilisée par l’action humaine et que dans ce cas une réponse universelle devait être mise en place pour rétablir la situation. Deux évènements, suscitées par la même équipe, vont concrétiser cette approche : le protocole de Montréal sur l’ozone et la création du GIEC.

Tout part du Canada où un certain nombre d’activistes se regroupent autour d’un certain Maurice Strong.  De la fin 1970 à la fin 1972, il est secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur l'environnement. C’est un homme de conviction et d’influence. Il connait par cœur et les institutions onusiennes, et le circuit des donateurs milliardaires, tout en pratiquant les arcanes politiques. Depuis de longues années, diverses études s’intéressaient à la diminution de l’épaisseur de la couche d’ozone. Pas de certitudes avérées au départ mais un risque déjà très clair : sans ozone les risques de cancer seront importants. On sait déjà que des substances agissent en laboratoire sur l’ozone. Voilà le moyen d’installer sur la peur un consensus international.

 « Ayant présentes à l'esprit les études qui se déroulent concernant la couche d'ozone », une conférence plénipotentiaire est organisée à Vienne (mars 1985). Elle ne décide rien mais stipule qu’il faut faire de nouvelles recherches et protéger la santé humaine.  Le petit groupe canadien s’empresse d’utiliser cette première victoire pour mettre en route la négociation du protocole de Montréal. Il s’agit d’interdire toutes les substances ayant un impact sur l’ozone (CFC etc.).  Ces substances sont remplaçables et n’impactent que très peu d’acteurs. Il est donc facile de demander leur remplacement. Les coûts sont très faibles et très localisés. Par rapport aux risques cités, difficile de ne pas être d’accord. D’autant plus que la Nasa découvre, pendant les travaux, un « trou dans la couche d’ozone », avec belles photos en prime. L’affaire fait le tour du monde. Le protocole de Montréal est aussitôt signé en septembre 1987. Le monde entier paraphera (cela ne coûte rien). La lutte réussie contre le trou dans la couche d’ozone devient une légende qu’on enseigne aux enfants sans discontinuer depuis. Il faut bien ancrer dans l’esprit des jeunes que l’industrie peut créer des dégâts mondiaux et que l’action des organisations mondiales appuyées sur la science permet d’obtenir des résultats formidables.  « L’histoire de la couche d’ozone continue à montrer l’exemple, déclare en 2024 Tina Birmpili, chef du secrétariat de l'ozone hébergé par l’ONU Environnement, organisme sous lequel se trouve le protocole. Il est la preuve de ce qui peut être fait lorsque nous écoutons les scientifiques et que nous mettons nos différences de côté afin d’agir pour la planète. Mais cela ne doit pas être une exception ».

Le leitmotiv est bien installé. L’affaire quitte l’actualité jusqu’en novembre 2022 où la Nasa découvre que le trou de l’Ozone n’a jamais été aussi grand ! La plupart des médias refuse d’en informer leurs lecteurs, sauf parfois en tout petit. Ils attendent la réaction du laboratoire chargé de la question, qui reçoit des subventions très importantes pour surveiller le trou et qui n’a rien vu venir.  La réponse se fera attendre des mois. Une note précisera que c’est le réchauffement climatique (sic) qui explique le trou devenu énorme en concentrant malencontreusement les gaz à effets de serre qui mettent du temps à disparaître ! Le laboratoire demande plus d’argent pour parfaire ses recherches ! En 2024, ces dernières semaines, c’est la sarabande des médias : oui le trou de l’ozone se referme et disparaîtra…dans trente ans. Ouf ! On peut rechanter la belle chanson sur la merveille politique qu’aura été la convention de Montréal. Comme il n’y a qu’une seule source, personne ne vérifiera rien. Espérons que le trou de l’ozone ne prendra pas une ampleur disproportionnée en 2052 expliquée par la dernière lubie de l'époque...

Revenons à Strong et son réseau. Le succès de Montréal lui démontre qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure. On va étendre la méthode « ozone » au « CO2 anthropique » et pour cela créer le GIEC.

Nous reprenons ici un court extrait d’un texte paru sur le site Vérité et Climat :

« Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est un organisme créé par l’ONU après sa résolution 43/53 de décembre 1988 qui mentionnait « l’évidence que le réchauffement climatique pourrait être dû à la croissance des gaz à effet de serre ». Il a été créé pour « mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine. ». D’après l’article premier de la convention qui l’a créé, « on entend par changements climatiques des changements du climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine. » Les causes naturelles étaient exclues. Dès l’origine, sa mission obligeait donc le GIEC à ignorer les causes naturelles du réchauffement climatique, et à systématiquement écarter tous les scientifiques, informations et articles qui en faisaient état. Les représentants des 195 pays qui l’ont créé, généralement des fonctionnaires des ministères de l’Environnement de ces pays, approuvent ses rapports à l’unanimité. Ils n’ont pas le choix. Aucune dissidence n’est tolérée. Tous doivent professer une foi quasi-religieuse en deux affirmations simples :

  1. Les émissions humaines de CO2, dues à la combustion des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz), ont causé la totalité de l’accroissement depuis 1850 du taux de CO2 de l’atmosphère, un accroissement de 280 à 420 ppm, soit 140/420 = 33 % du taux actuel.
  2. Cet accroissement du taux de CO2 est la cause de la totalité du réchauffement climatique depuis 1850 (environ 1°C). »

Fin de citation.

Notons la date : 1 988. Membre fondateur du GIEC, Strong est désigné secrétaire général du Sommet de la Terre, et préside ainsi la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, à Rio en 1992.

On voit l’influence d’un seul homme sur tout le processus. Le coup double ozone & CO2, c’est lui ! On est très, très loin des peuples et des opinions publiques. Tout cela se passe entre diplomates et délégués écologiques, grands donateurs milliardaires, mondialistes heureux comme Schwab, qui préside à Davos le forum éponyme, grandes ONG mondialisées, politiciens bien introduits et ambitieux comme Al Gore.   Les sherpas du G7 « vendent » aux présidents concernés les idées qui règnent dans ces milieux, à cheval sur la science et la politique internationale. C’est par le G7 que se décide en vérité le GIEC.

Le fait dramatique et porteur d’immenses conséquences détestables est très clair et facilement vérifiable :   l’objet statutaire de l’institution est de mettre en cause les conséquences de l’activité des hommes sur le climat et elles seules. Ce n’est pas une réflexion sur le climat qui est organisée par le GIEC en finançant tous les aspects de la recherche scientifique, comme on le croit généralement. Le GIEC ne finance que les études mettant en lumière des causes anthropiques et exclut radicalement tout examen des causes naturelles de l’évolution du climat.  Evidemment lorsqu’on interroge les scientifiques subventionnés à ce seul effet, ils répondent tous sans exception que « oui le changement climatique a une cause anthropique ». Sinon l’arrêt des subventions du GIEC serait automatique. « La science a parlé » ? Non. Les scientifiques que nous payons exclusivement à mettre en cause l’homme ont parlé. « Nos subventions ont parlé ».

C’est pour cela que le Cercle des économistes e-toile défend l’idée minimale d’une conférence climatique officielle ouverte à toutes les recherches scientifiques et pas seulement à celles prétendant mettre en cause la seule responsabilité anthropique qui est préjugée par le statut du GIEC. Une suggestion maximale est la dissolution du GIEC actuel et la construction d’une nouvelle instance de synthèse de tous les travaux sur le climat sans le cadrage limitatif qui est à son origine.

Ce que l’on va constater ensuite, c’est la mise en cause parfois ignoble de tous ceux qui travaillaient sur le climat en suivant d’autres chemins. Traditionnellement la température terrestre est expliquée par des phénomènes cosmologiques et physiques. Le rôle du soleil et de son positionnement, des mouvements erratiques de la terre en fonction de son parcours, des phénomènes comme les tâches solaires, et sur terre l’activité sismique, ou l’arrivée inopportune de météores sont au cœur des recherches. Les géographes localisent les bons effets de l’agriculture sur la température et les erreurs terribles qui poussent à la désertification, comme en URSS où l’écologie a été totalement ignorée au nom du productivisme scientifique marxiste.

Non seulement ces chercheurs vont être écartés des subventions mais ils vont être vilipendés et traités de tous les noms quand ils vont critiquer l'absence de sérieux de l'inculpation du CO2 dans l'étude du climat. Il suffit de voir le traitement infligé à Maurice Allègre puis à Vincent Courtillot pour en prendre pleine conscience. Valérie Masson Delmotte est une centralienne qui a rejoint le CEA (qui a été forcé d'accueillir des écolos dans ses équipes et d'ajouter l'écologie à sa vocation). Elle va être l’injurieuse en chef et le Fouquier Tinville dans cette affaire.  Remarquée par Jean Jouzel , contempteur du capitalisme, un des piliers du GIEC, elle devient coprésidente du Groupe 1 pendant huit ans de 2015 à 2023, elle va animer des mobilisations de masse dans les journaux de gauche pour casser l’influence de deux spécialistes historiques des sciences de la terre et de sa couronne gazeuse qui ont remarqué très vite les mensonges éhontés qui sont publiés par les scientifiques subventionnés par le GIEC. On y retrouve notamment la hausse des mers à des niveaux ridicules qui sera démentie par les faits, et la négation du rôle utile du CO2 et le fait qu’il a atteint dans le passé des proportions beaucoup plus importantes sans effets majeurs sur la température. Plus personne ne défend ces élucubrations aujourd’hui. Dans l’hystérie qui commence à recouvrer cette partie de la science, l’institut de Physique du Globe qui représente la tradition de la recherche voit ses deux directeurs traités de tous les noms, et mis au banc de déshonneur. Cette exclusion aura lieu un peu partout en Occident.  On casse tous les scientifiques de renom au nom d’une nouvel classe de scientifiques mieux conscientisés. Les femmes sont très souvent à la manœuvre dans cette « cancel culture ».  Elles jouent facilement le rôle de passionaria, surnom aussitôt accordé à Mme Masson Delmotte. Pour ceux qui voudrait une confirmation récente, qu’ils analysent le rôle d’une historienne de l’art, Laurence Bertrand Dorleac, devenue présidente de la FNSP qui pilote Sciences-Po où sa spécialité n’était jusqu’ici non présente, dans l’exclusion de Pascal Perrineau... 

Le refus absolu de tenir compte d’autre chose qu’une explication anthropique par le CO2 va finir par créer une très forte et durable réaction qui elle-même sera contrée par une propagande « politiquement correcte » abjecte faisant de tout contestataire un « platiste », un complotiste, un climatosceptique intéressé, une nullité scientifique, une horreur dont la parole ne doit pas être reproduite en attendant d’être sanctionnée. Diabolisation et parfois nazification des incroyants  sont à l'ordre du jour dans les milieux "progressistes" avec dressage de piloris.

Revenons à 1992. Maurice Strong et son clan triomphent avec la conférence de RIO de 1992 et ils vont faire tout basculer pour trois décennies dans la folie et la rage de la propagande officielle et dans les décisions délirantes. Lui trône en majesté au milieu de 120 chefs d’Etat et il a rassemblé des milliers de représentants d’ONG et de groupes de pression.  Il ne faut pas hésiter à relire les principes proposés.

PRINCIPE 1 : Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.

PRINCIPE 4 : Pour parvenir à un développement durable, la protection de l'environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément.

PRINCIPE 5 :  Tous les Etats et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l'élimination de la pauvreté, qui constitue une condition indispensable du développement durable, afin de réduire les différences de niveaux de vie et de mieux répondre aux besoins de la majorité des peuples du monde.

PRINCIPE 6 : La situation et les besoins particuliers des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés et des pays les plus vulnérables sur le plan de l'environnement, doivent se voir accorder une priorité spéciale.

PRINCIPE 8 : Afin de parvenir à un développement durable et à une meilleure qualité de vie pour tous les peuples, les Etats devraient réduire et éliminer les modes de production et de consommation non viables et promouvoir des politiques démographiques appropriées.

PRINCIPE 10 : La meilleure façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. Au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives à l'environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses dans leurs collectivités, et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les Etats doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci. Un accès effectif à des actions judiciaires et administratives, notamment des réparations et des recours, doit être assuré.

PRINCIPE 11 : Les normes appliquées par certains pays peuvent ne pas convenir à d'autres pays, en particulier à des pays en développement, et leur imposer un coût économique et social injustifié.

PRINCIPE 12 : Les Etats devraient coopérer pour promouvoir un système économique international ouvert et favorable, propre à engendrer une croissance économique et un développement durable dans tous les pays, qui permettrait de mieux lutter contre les problèmes de dégradation de l'environnement. Les mesures de politique commerciale motivées par des considérations relatives à l'environnement ne devraient pas constituer un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiable, ni une restriction déguisée aux échanges internationaux. Toute action unilatérale visant à résoudre les grands problèmes écologiques au-delà de la juridiction du pays importateur devrait être évitée. Les mesures de lutte contre les problèmes écologiques transfrontières ou mondiaux devraient, autant que possible, être fondées sur un consensus international.

PRINCIPE 13 : Les Etats doivent élaborer une législation nationale concernant la responsabilité de la pollution et d'autres dommages à l'environnement et l'indemnisation de leurs victimes.

PRINCIPE 14 : Les Etats devraient concerter efficacement leurs efforts pour décourager ou prévenir les déplacements et les transferts dans d'autres Etats de toutes activités et substances qui provoquent une grave détérioration de l'environnement ou dont on a constaté qu'elles étaient nocives pour la santé de l'homme.

PRINCIPE 15 : Pour protéger l'environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités. En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement.

PRINCIPE 16 : Les autorités nationales devraient s'efforcer de promouvoir l'internalisation des coûts de protection de l'environnement et l'utilisation d'instruments économiques, en vertu du principe selon lequel c'est le pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution, dans le souci de l'intérêt public et sans fausser le jeu du commerce international et de l'investissement.

PRINCIPE 17 :  Une étude d'impact sur l'environnement, en tant qu'instrument national, doit être entreprise dans le cas des activités envisagées qui risquent d'avoir des effets nocifs importants sur l'environnement et dépendent de la décision d'une autorité nationale compétente.

PRINCIPE 20 : Les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l'environnement et le développement. Leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation d'un développement durable.

PRINCIPE 21 : Il faut mobiliser la créativité, les idéaux et le courage des jeunes du monde entier afin de forger un partenariat mondial, de manière à assurer un développement durable et à garantir à chacun un avenir meilleur.

PRINCIPE 22 : Les populations et communautés autochtones et les autres collectivités locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l'environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles. Les Etats devraient reconnaître leur identité, leur culture et leurs intérêts, leur accorder tout l'appui nécessaire et leur permettre de participer efficacement à la réalisation d'un développement durable.

PRINCIPE 23 : L'environnement et les ressources naturelles des peuples soumis à oppression, domination et occupation doivent être protégés.

Nous donnons ces textes parce qu’ils sont très révélateurs. Les principes des conférences précédentes sont rappelés mais l’évolution est frappante : on se fiche de la science. Le principe de précaution emporte tout. La loi doit réprimer et les états doivent organiser l’accès aux tribunaux aux ONG.  Désormais tout le monde a le droit à une vie saine et si les Etats ne font pas ce qu’il faut ils doivent être condamnés. La nouvelle jurisprudence de la CEDH s’appuiera sur ces principes pour condamner la Suisse qui n’a pas compté le volume de gaz à effet de serre … en 2024. La propagande devient indispensable. Elle doit être développée pour mobiliser…les femmes (coucou les wokistes) et les jeunes. Le prêchi prêcha bien intentionné va s’épanouir.  Des termes comme « élimination » apparaissent : les Etats devraient réduire et éliminer les modes de production et de consommation non viables et promouvoir des politiques démographiques appropriées. On ne précise pas ce qu’est une production et une consommation non viable ni une politique démographique inappropriée.  On veut éliminer l’excès de bébés là où il en a trop. Retour du malthusianisme le plus infect.

Sanctions et propagande sont les deux mamelles de la nouvelle action pour l’environnement. Ce n’est pas la science qui commande. Fini l’encouragement libéral à trouver des solutions. Il faut imposer un narratif et sanctionner. L’écologie répressive vient de naître. Elle n’a plus à composer avec les oppositions scientifiques. En prime des juges, la coercition sociale est souhaitables par les "peuples" eux-même (c'est la conception wokiste de l'empowerment, largement reprise du maoïsme où les enfants des mandarins étaient sollicités de crever les yeux de leurs pères en public pour montrer le chemin du salut révolutionnaire. Du Garde rouge au Khmer vert, le chemin est bien balisé).

On dira : mais où est la mise en cause du CO2 et le réchauffement climatique ? Pas d’inquiétude : Strong a prévu un cheminement spécial : la Convention Cadre des Nations-Unis sur les Changements Climatiques.  Ses définitions sont comme, pour le statut du GIEC, totalement biaisées.  On entend par « changements climatiques » des « changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine ». Pas question de prendre en compte des changements climatiques d’origine naturelle. Pas d’échappatoire, l’homme seul est coupable et c’est à ses faits et gestes qu’on va s’attaquer.

Il s’agit bien de la suite de l’opération réussie à Montréal par Strong et ses amis qui étendent à tous les gaz non encore surveillés les mêmes procédures obligatoires. « Toutes les Parties établissent des inventaires nationaux des émissions anthropiques de gaz à effet de serre non réglementés par le protocole de Montréal et les mettent à disposition.  Ils établissent des plans nationaux visant à atténuer les conséquences de l’émission de gaz à effet de serre non réglementés par le protocole de Montréal ».

On impose le financement de la science (encadrée) et de l’endoctrinement (encadré) du grand public et d’abord les enfants avec des programmes obligatoires à construire à cet effet. Evidemment c’est l’Occident développé qui est chargé de payer pour les pays en développement. Et il faut naturellement mettre fin à tous les obstacles commerciaux qui nuiraient aux pays en développement… Mondialisation du commerce et lutte contre les gaz à effet de serre doivent aller de concert. Contradiction ? Pas du tout ! On verra le résultat après l’entrée de la Chine dans l’OMC.

Pour les initiés s’ouvrent d’énormes marchés administratifs subventionnés qui vont faire quelques fortunes remarquables. Des ONG, des politiciens, des milliardaires, de grandes entreprises vont se battre pour capter cette manne.

On ne s’étonnera pas d’apprendre que Maurice Strong est un corrompu. Il démissionne de ses fonctions à l’ONU avant d’être condamné pour avoir reçu 988 885 $ d’argent détourné. Plus tard on apprendra qu’AL Gore a gagné plus de 330 millions de dollars avec ses différentes sociétés chargées d’exploiter le filon ouvert à RIO. L’énorme lobby des énergies renouvelables et ses ONG associées sont à la fête.   

Il faut constater que c’est en 1992 que se structure définitivement le thème de la protection de la diversité biologique et de restauration de la nature sauvage abîmée par l’ignominieuse humanité.  Le prétexte du développement saute.  La nature est une victime. Notre devoir est de lui porter secours. Les moyens peuvent être violents comme contre le nazisme. La réclamation victimaire pour des non humains entre dans l’histoire. Les animaux et les insectes deviennent des sujets de droits. Pas question d’ironiser : un professeur de droit qui se moque de cette tendance sera éjecté de l’université à Paris ! Contester devient un délit ! Finie, la liberté de parole et de jugement !

La particularité de RIO est là : la fin de la liberté de penser, le mensonge et l’irruption de la répression.

Aux sources de l'écologie anticapitaliste et malhonnête. Première partie : 1970-1982/

Il est intéressant de suivre l’évolution des positions de l’ONU en matière d’environnement depuis le début des années soixante-dix. Les surprises sont nombreuses et les changements d’optique écologique radicaux. La plupart des Français ne savent pas grand-chose de cette histoire qui s’est déroulée très largement en vase clos et avec une couverture médiatique au départ très faible et rapidement biaisée. Nous avons voulu noter les points de repère les plus significatifs. Ils aident à comprendre les dérives qui ont abouti aux folies du moment.

La conférence de Stockholm de 1972 ouvre la séquence des conférences mondiales sur l’environnement. Elle met en forme des principes qu’il est utile de relire.

Principe 13

Afin de rationaliser la gestion de ressources et ainsi d'améliorer l'environnement, les États devraient adopter une conception intégrée et coordonnée de leur planification du développement, de façon que de leur développement soit compatible avec la nécessité de protéger et d'améliorer l'environnement dans l’intérêt de leur population.

Principe 14

Une planification rationnelle est un instrument essentiel si l'on veut concilier les impératifs du développement et la nécessité de préserver et d'améliorer l'environnement.

Principe 15

En planifiant les établissements humains et l'urbanisation, il faut veiller à éviter les atteintes à l'environnement et obtenir le maximum d'avantages sociaux, économiques et écologiques pour tous. À cet égard, les projets conçus pour maintenir la domination du colonialisme et du racisme doivent être abandonnés

 

Pourquoi faut-il rationaliser et planifier la gestion des ressources à l’échelon de l’ONU ? Pour obtenir un progrès maximum pour tous. Cela traduit les conceptions de l’époque :

-          Les pays riches doivent enrichir les pays dits en développement et cesser d’être des abusifs qui « pillent leurs ressources naturelles ».

-          Ils ne doivent plus être dominants.

-          Le développement reste l’objectif prioritaire (il est vrai que le CNUCED est à la manœuvre comme organisateur de la conférence), qu’il faut concilier cette orientation avec la défense de l’environnement.

La pression postcolonialiste pour prendre la main sur le pétrole et l’exportation des ressources naturelles est la querelle de l’époque. L’ONU commence à être dominée par les pays du tiers-monde, plus nombreux, une tendance qui trouve son parachèvement ces dernières années.

On ne parle pas du tout du « CO2 anthropique » ni de son rôle dans « le dérèglement climatique qui va emporter la vie sur terre si nous ne réagissons pas d’urgence ». Le « Club de Rome » qui publie ses travaux à la même époque évoque la pénurie de ressources naturelles si la croissance se poursuit et des risques de famine liés à la croissance démographique. On retrouve ces préoccupations dans les principes votés par la conférence.

Principe 3

La capacité du globe de produire des ressources renouvelables essentiellement doit être préservée et, partout où cela est possible, rétablie ou améliorée.

Principe 4

L'Homme a une responsabilité particulière dans la sauvegarde et la sage gestion patrimoine constitué par la flore et la faune sauvage et leur habitat, qui sont aujourd'hui gravement menacés par un concours de facteurs défavorable. La conservation de la nature, et notamment de la flore et de la faune sauvages, doit donc tenir une place importante dans la planification pour le développement économique.

Principe 5

Les ressources non renouvelables du globe doivent être exploitées de telle façon qu'elles ne risquent pas de s'épuiser et que les avantages retirés de leur utilisation soient partagés par toute l'humanité.

 

La flore et la faune sauvage sont considérées sans justifications particulières comme nécessaire au développement. On n’en est pas encore tout à fait au culte du sauvage per se. On croit devoir justifier cette politique au nom du développement. On surveille la disparition progressive des ours et des loups, en règlementant la chasse ou en l’interdisant comme en Suisse. Mais on ne songe pas à en réintroduire artificiellement. Le lien avec le développement est inexistant et le slogan sur la « restauration de la biodiversité » n’existe pas encore. Ressources renouvelables et sagesse dans l’utilisation des ressources naturelles qui s’épuisent sont bien présentes même si on ne voit pas comment le prélèvement de ressources non renouvelables « raisonnable » peut éviter leur disparition à plus ou moins long terme. Cela ressemble aux slogans modernes. Mais le sens n’est pas le même, car tout le monde a bien vu le bénéfice des Trente Glorieuses et ses différents « miracles » et on entend, surtout à l’ONU, que le miracle se produise dans le tiers-monde :

« Les déficiences de l'environnement imputable à des conditions de sous-développement et à des catastrophes naturelles posent des problèmes graves, et le meilleur moyen d'y remédier est d'accélérer le développement par le transfert d'une aide financière et technique substantielle pour compléter l'effort national des pays en voie de développement et l'assistance fournie en tant que besoin. »

On considère que l’Occident fait ce qu’il faut pour lui-même mais que le néocolonialisme empêche les pays émergents de sortir de la pauvreté et que les conséquences sur l’environnement sont le fait de leur pauvreté. Ce qui est explicitement affirmé dans un principe :

« Pour les pays en voie de développement, la stabilité des prix et une rémunération adéquate pour les produits de base et les matières premières sont essentielles pour la gestion de l'environnement, les facteurs économiques devant être retenus au même titre que les processus écologiques. »

Plus explicite encore :

« La liberté est un droit fondamental pour l'Homme, l'égalité et des conditions de vie satisfaisantes aussi, dans un environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir de protéger et d'améliorer l'environnement pour les générations actuelles et futures. De ce fait, les politiques qui encouragent le racisme, l'apartheid, la discrimination, les formes coloniales et autres oppression et domination étrangères doivent être éliminées après condamnation ».

L’ONU en 1972 fait coexister colonialisme, oppressions étrangères, racisme, discrimination et …l’environnement. Les prémisses du wokisme sont déjà incorporées au discours onusien.

Un des aspects les plus intéressants concerne la volonté des organismes internationaux de contrôler l’information :

« Il est essentiel aussi que les moyens d'information de masse évitent de contribuer à la dégradation de l'environnement et, au contraire, diffusent des informations de caractère éducatif sur la nécessité de protéger et d'améliorer l'environnement afin de permettre à l'homme de se développer à tous égards ».

On voit apparaître le discours qui va prendre un envol surprenant : l’information doit servir la vertu en proscrivant les mauvaises pensées et en promouvant les bonnes, définies par les instances internationales. L’esquisse d’un « gouvernement mondial » supranational affleure qui serait l’inspirateur de la Vertu, Etats, institutions et individus étant priés de donner des marques de révérence et preuves concrètes d’action vertueuse.

L’idéologie qui allait fonder ce que certains appellent « la plus grande escroquerie mondiale de tous les temps après le marxisme » était déjà en formation en 1972. Ce n’est pas une dérive des dernières années. Mais les thèmes sont très différents de ceux qui triomphent actuellement.

Le CO2 « anthropique » n’est pas encore en cause ni le réchauffement climatique. L’année 1973 est considérée comme le début d’une terrible glaciation et la page de couverture du Times Magazine montre un humain quasiment congelé. La séquence : annonce scientifique désastreuse, obligation de l’intervention de l’ONU, manipulation de l’opinion terrorisée est déjà en place, mais à l’époque c’est la glaciation le thème majeur, pas le réchauffement. Oublions charitablement ? Pas trop vite !

Il est intéressant de relire le Message de Menton, bien trop oublié. Cette déclaration a été publiée dans le Courrier de l’UNSECO en 1971. Elle a également été publiée dans Le Monde et le New York Times. Elle a obtenu le support de 2 200 scientifiques, rien que cela ! Thème : « Face à ce grave danger général [le développement des technologies], qui porte en lui les prémisses d’une extinction de l’espèce humaine, il se pourrait bien que, de notre réaction commune, naisse un véritable lien entre tous les hommes. Le combat pour la survie de l’humanité ne peut être mené que grâce à un mouvement concerté de toutes les nations. »

Le thème malthusien de la famine généralisée à cause de la démographie est repris avec l’annonce qu’il est impossible de nourrir plus de 6 milliards d’êtres humains. « La famine menace en dépit de quelques progrès institutionnels ». Rappelons que nous sommes actuellement 9 milliards d’humains et en route vers les 10 ou 11 assez rapidement.

La technologie est remise en cause et ses formes « extrêmes » : « Plus alarmantes encore, certaines expériences technologiques nouvelles (par exemple, les transports supersoniques et la prolifération des centrales d’énergie atomique), lesquelles négligent absolument les effets possibles qu’elles peuvent avoir à long terme sur l’environnement ».

« []Les barrages[] et autres pratiques d’exploitation imprudentes, voire stériles, ont contribué à créer un déséquilibre écologique dont les effets catastrophiques se sont manifestés dans certaines régions et qui, à long terme, pourraient gravement compromettre la productivité dans de vastes régions du monde ». On n’en est pas encore à la condamnation des « mégabassines ». Ce sont les barrages qui inquiètent. Il est vrai que la catastrophe de l’effondrement du barrage de Malpasset est encore dans tous les esprits et qu’il y a eu en Italie à Vajont en 1963 un glissement de terrain ravageur qui a provoqué le débordement d’un barrage et 1 900 morts.

Évidemment aucune des prévisions tragiques de ce groupe de 2 200 « scientifiques » n’a eu le moindre début de réalisation. Se pose déjà la question du consensus scientifique et de la raison qui poussent certains à sortir de leur laboratoire pour crier leur inquiétude de façon outrancière. Il s’agit toujours de l’extinction de la race humaine ! Rien de moins. Une partie de la science s’insurge contre la technologie qui est son débouché pratique. Mais regrouper des masses de « scientifiques » ne dit rien sur la vérité et l’opportunité de leurs conclusions. La vraie science est toujours en mouvement et conflictuelle. Combien de progrès scientifiques ont été critiqués, entravés, maudits avant de s’avérer exacts et utiles ? Pratiquement tous. De Galilée à Pasteur, d’Einstein à la découverte microbienne de l’ulcère de l’estomac !

Le 7 janvier 1971, un communiqué du président de la République, Georges Pompidou, annonçait la création d’un tout nouveau ministère, celui de la Protection de la nature et de l’Environnement dont la charge était confiée à Robert Poujade. Georges Pompidou, à Chicago, le 28 février 1970 avait déclaré :

« La nature nous apparaît de moins en moins comme la puissance redoutable que l’Homme du début de ce siècle s’acharnait encore à maîtriser, mais comme un cadre précieux et fragile qu’il importe de protéger pour que la Terre demeure habitable à l’Homme. »

C’est le début de la déification de la nature comme objet sacralisé ayant une valeur per se disjointe de l’affaire humaine qui va se développer inlassablement jusqu’à devenir la religion moderne que l’on connaît avec son lot de violences délirantes et de crétins fanatisés et cherchant le martyr. Le Dieu Baal et ses exigences n’étaient pas encore revenus parmi nous en 1971.

La culpabilisation est latente dans tous les textes de l’ONU du début des années soixante-dix. Mais aucunes des menaces qui devaient tuer l’homme à plus ou moins court terme ne se réaliseront. Pas de chance ! Et on voit, aujourd’hui où le CO2 est devenu l’ennemi public n° 1 et avec lui le « réchauffement lié au dérèglement climatique » que les anciennes mesures proposées sont l’inverse de celles proposées aujourd’hui.

Oui, l’inverse ! Ce qui devrait faire réfléchir sur les prétendues « certitudes immanentes et présentes de la Science ».

Le temps qui passe est toujours cruel pour les idéologies et les fanatismes.

La période allant de 1940 à 1976 a été très froide. Le succès de l’Abbé Pierre est lié au froid mortel qui régnait cette année-là. Depuis la fin de la guerre, les opinions vivent dans l’effroi des bombes atomiques et de leur pouvoir de destruction. L’homme est vu comme un démiurge capable de liquider l’humanité. Science sans sagesse n’est que ruine de l’âme. La technologie devient ravageuse. Se mêle une inquiétude millénariste : le passage à l’an 2000 ne va-t-il pas signifier la fin du monde ? On voit partout des signes qui confirmeraient des prédictions catastrophiques, comme celles de Nostradamus. Des sectes s’organisent pour sauver leurs membres de la fin de la terre quitte à organiser des suicides collectifs en attente de résurrection (Parmi d’autres Le temple solaire). Pour les peurs millénaristes voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pr%C3%A9dictions_de_la_fin_du_monde.

La bande dessinée est très instructive : Hergé sort l’Etoile Mystérieuse dès 1941 où on voit un vieil homme qui alerte avec son tambourin que la fin du monde est proche. Quelques dessins plus loin c’est un scientifique qui confirme : « oui c’est la fin du monde ». On trouve un schéma qui va devenir envahissant : le lanceur d’alerte et le scientifique qui confirme. L’irrationnel et le rationnel se mélangent et s’épaulent. SOS météores, un Black et Mortimer, sort en 1958. Dès les premiers dessins, tout est perturbé par le froid et la peur s’installe devant des phénomènes cosmiques qui menacent l’humanité. On pourrait citer mille exemples de ce type.

La presse a besoin d’intéresser par l’exhibition de catastrophes ou en exploitant la peur de catastrophes possibles. Des terreurs et des paniques en découlent parfois. La peur du débarquement des « aliens » et « des petits hommes verts », les Martiens, est partout présente.

Une forme de satiété inquiète s’installe en Occident depuis le milieu des années soixante, en particulier en France, alors que partout le niveau de vie y a beaucoup augmenté et que la paix règne depuis la fin de la guerre d’Algérie. Souvenir personnel : en « prépas » des professeurs évoquent la fin du travail, la nécessité du plaisir, tous les plaisirs. Le temps platonicien arrive d’une vie matérielle suffisante pour se dégager des contraintes matérielles et laisser la pensée et les arts s’épanouir. Cela finira par « les faits sont fascistes », il est « interdit d’interdire » et le ministère des loisirs. Les idées de 68 étaient déjà en place au début des années soixante. Le mouvement hippy commencera peu après, précédé par le bikini et la minijupe. Sus au bourgeois qui met partout des entraves ! Retrouver la nature et les petites fleurs loin des villes polluées est un thème très présent pendant toutes les années soixante.

On oublie souvent que le nouveau ministère de l’environnement français de Pompidou est aussi celui de la nature.

Il ne faut pas croire que la préoccupation de l’environnement était absente précédemment. Elle prenait simplement des formes différentes. Des politiques de santé publique étaient conduites pour faire face aux maladies professionnelles (silicose, dans les mines, saturnisme lié aux canalisations en plomb, etc.). L’alimentation a fait l’objet d’améliorations majeures pendant les années cinquante : on supprime l’abattage des particuliers pour créer des abattoirs très surveillés. On fait très attention à l’eau et à l’air pour faire face à des maladies endémiques typhoïdes et tuberculose, les deux terreurs des années quarante et cinquante. On développe les toilettes et les salles de bains tout en liquidant les galetas et les bidonvilles qui se sont installés comme à Nanterre.

La science médicale a fait des progrès sensibles et on sait faire le lien entre certaines d’entre elles et des substances dangereuses. Le cancer est le vecteur de nombreuses recherches sur ses causes environnementales. On craint d’en parler tant elle terrorise.

Certains affirment que la politique environnementale de l’époque concerne surtout l’agriculture et les nouveaux modes de production à base de tracteurs et d’engrais chimiques. Pas du tout. La Datar évacue à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix la quasi-totalité des industries installées à Paris. Les deux expulsions les plus symboliques, sont à l’ouest l’évacuation des usines automobiles et à l’est l’expulsion de l’usine de Kodak Pathé à Vincennes. Cela conduira au départ de dizaines de milliers de Parisiens appartenant aux couches populaires. Les ouvriers, dehors ! Ce n’était que le début.

1 974 c’est le moment où s’installe en France la domination de « l’Énarchie compassionnelle ». La haute fonction publique absorbe le monde politique avec le couple d’Enarques Giscard- Chirac et elle a l’intention de dire le bien. En route pour l’envahissement du pays par des réglementations toujours plus nombreuses et contraignantes avec l’explosion des mesures qui sont l’apanage des hauts fonctionnaires : la levée de taxes et d’impôts, les subventions, les interdictions. Ce petit groupe minoritaire se voit comme une aristocratie qui a vocation « d’arbitrer la société ». La pensée générale est encore hygiéniste. Et on n’hésite pas à assainir des milliers d’hectares dans le Sud en passant tout au DTT pour supprimer les moustiques et la prévalence des maladies correspondantes. De même on drague et on canalise les cours d’eau à hauteur des besoins. La nature, oui, mais pas contre les nécessités de l’homme et du développement.

Nous sommes encore dans les années soixante-dix, dans la foulée des Trente Glorieuses : on a obtenu des résultats miraculeux mais attention à la technologie qui risque d’aller trop loin, à une économie qui enrichit mais crée un monde inégalitaire où la vie sociale devient de plus en plus solitaire. Le Tiers-Monde réclame sa part et la lutte des organismes internationaux pour le développement est conçue comme une machine à demander des pays riches qu’ils s’occupent des pays pauvres. Pour beaucoup les « miracles économiques » sont vus comme un bienfait qui risque de se payer plus tard comme il est de règle. « Trop beau pour être vrai sans s’inquiéter et pour durer ! ». Ce thème affleure dans toute une littérature plus ou moins philosophique et surtout sociologique.

Personne ne sait encore que le système économique va basculer avec la crise de 73, ses conséquences sur la formation du cartel du pétrole et la promotion des mouvements islamistes. Cette bascule va tuer l’URSS et provoquer des conséquences géopolitiques majeures partout, notamment en Chine et en Inde, tout en mettant l’Occident sur une trajectoire de croissance lente et déséquilibrée.

Dans les 15 ans qui suivent, il se passe peu de choses sur le front de l’environnement. La récession a été terrible et on panse ses plaies. Pompidou pense à la nature mais lance un plan électronucléaire massif et entend adapter la France aux nécessités du transport automobile. Giscard, freine sur ce dernier aspect, pour limiter l’impact de la rançon pétrolière voulue par le cartel et pousse sur le TGV qui artificialise des surfaces terrifiantes et consomme beaucoup d’une électricité qui est encore largement produite par le charbon. En revanche il laisse filer l’industrie textile.

La conférence de Nairobi annoncée à Stockholm passe inaperçue. On reprend seulement les thèmes développés 10 ans avant, en annonçant que la situation s’aggrave. Les tenants de l’action mondiale pour l’environnement gomment totalement cette conférence considérée comme un échec. Un point intéressant : il n’est toujours pas question de la responsabilité du CO2 ni de dérèglement climatique. On ne parle plus de glaciation. La calotte glaciaire arctique commence en effet à fondre après la grande sécheresse de 1976.

Néanmoins il faut noter le début des carottages dans les calottes polaires, qui permettent de tenter une histoire longue des températures et de connaître l’évolution de la composition de l’atmosphère. Ils apportent de la matière pour définir une nouvelle science.  Wikipedia le rappelle :  « L'Organisation météorologique mondiale (OMM) discute dès 1977 de l'élaboration d'un programme international de recherche sur le climat, nommé World Climate Programme (WCP). Il doit s'inscrire dans la continuité du Global Atmospheric Research Program (GARP), un programme similaire créé en 1967 et géré par l'OMM et le Conseil international pour la science (ICSU)3,5. L'OMM et l'ICSU organisent en 1979 la Première Conférence mondiale sur le climat, première conférence scientifique consacrée à la variabilité du climat et au changement climatique anthropique, qui a pour objectifs d'établir un état des connaissances scientifiques sur ces sujets et d'identifier les efforts de recherche nécessaires (par exemple en océanographie1), afin d'élaborer les bases de ce que sera le WCP. Le WCP est formellement créé au huitième congrès de l'OMM, qui se déroule quelques mois après la conférence, en mai 1979 ; son nom officiel en français est Programme climatologique mondial ».

A ce stade il ne s’agit que de donner des moyens nouveaux à la science. Tout est nouveau. Tout est incertain. Il faut de l’argent pour la recherche. Tout le monde est d’accord. Il y a certes déjà beaucoup d’assertions, mais tout le monde les considère comme des conjectures. Les relevés par satellites commencent et apportent encore des moissons de données. Il y a du travail sur la planche. Il est à noter que ce sont les météorologues, spécialistes des 5 jours à venir, qui s’investissent dans le nouveau domaine qui couvre décennies et millénaires.   

Dans les années quatre-vingt, un changement radical va se produire qui va tout bouleverser. Il est intéressant de repérer comment ce changement s’est opéré. C’est le Canada qui s’y colle !

(à suivre)

 

Plus de message

Le blog du cercle des économistes e-toile

Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

Association loi 1901

  
BlogCFC was created by Raymond Camden. This blog is running version 5.9.002. Contact Blog Owner