François Hollande : trois fautes qui augurent mal de la suite

Le nouveau budget est désormais connu dans ses grandes lignes. C'est le second de M. Hollande, compte tenu de l'énorme rectification budgétaire qu'il a effectuée en septembre 2012.

On en connait  aujourd'hui les résultats. Ils sont, sans surprise,  désastreux sur toute la ligne.

François Hollande a commis trois fautes lourdes vis-à-vis des Français et de la démocratie française.

La première est d'avoir expliqué en long et en large que les "riches" paieraient la crise et le redressement des comptes de la France. L'Economist s'inquiétait des dérives "démagogiques" que risquaient de stimuler la persistance de la stagnation économique en Europe.  Il pensait aux "populistes" de droite et de gauche.  Il n'est pas tellement glorieux de constater que la France est désormais dirigée par un président qui rentre dans cette catégorie.

George Pompidou, confronté à la crise de changes et de balances de paiements provoquée par les mesures "d'apaisement" de mai 1968, avait affirmé : "Tous ensemble, nous allons surmonter cette épreuve". En général, c'est la nation toute entière qui est mobilisée, pas une tranche stigmatisée ("je n'aime pas les riches") et frappée plus que proportionnellement au portefeuille. En envoyant M. Jean M.Ayrault, le très palichon professeur d'allemand, nommé pour son inexistence même, Premier d'une équipe de Ministres affolante de nullité,  expliquer "que neuf contribuables sur dix ne seront pas touchés" par les mesures fiscales prises, Hollande a pris ses distances avec le pacte républicain et  recherché un avantage politique de l'exploitation de boucs émissaires. Il a divisé le pays de façon détestable alors qu'il est chargé de l'unité nationale.

La deuxième faute est naturellement d'avoir menti sans vergogne.  Le monde signale qu'en 2013,  44% des Français ont vu leurs impôt sur le revenu augmenter, alors que des taxes nouvelles ou aggravées  se sont surajoutées en cascade (le même journal en avait dénombré plus de 80 entre Sarkozy et Hollande). Même des ménages à très faibles revenus sont devenus imposables avec pertes de l'exonération de toute la cascade d'autres impôts dont on dispense les non-imposables (la liste est longue).  Le nombre de ménages concernées s'évalue en… millions. Il faut dire que la non-prise en compte de l'inflation, la fin de diverses exonérations, comme celle portant sur les heures sup, l'intégration dans le revenu du produit de l'épargne, font nécessairement passer dans la frange taxable des nuées de contribuables.  Ce résultat n'étonnera pas ceux qui nous lisent. Nous l'avions annoncé il y a déjà un an. 

François Hollande est devenu pour les commentateurs "l'enfumeur", "l'homme qui ment dans les cimetières économiques", le "menteur compulsif", pour reprendre quelques phrases trouvées dans la presse.

La troisième faute est de n'avoir obtenu aucun résultat de ce déchaînement fiscal. La dette aura grimpé de 10% entre 91 et 94 et nous serons proches des 100% en 2015 ou 2016 !  On devait réduire l'impasse budgétaire à 3% ; on en est à plus de 4%. Au moindre accident sur les taux à dix ans et la France sombre.  Aucune réforme de structure n'a été faite. L'énormité de l'Etat Moloch n'a pas été réduite. Au contraire on a supprimé un grand nombre de mesures allant dans le bon sens tout en augmentant les effectifs globaux des différentes administrations.

Certains disent : "M. Hollande finit sa transition de candidat à président. Attendez la fin de la mue et vous verrez.  Sa première année a été terrible. C'était le prix de ses promesses électorales. Maintenant vous allez voir le "vrai" Hollande. Sa seconde année va être bien meilleure".

Ce que l'on voit est une attitude intolérante et intolérable de stigmatisation qui fera pincer le nez à ceux qui ont le goût de la démocratie et ne goûtent guère les "relents" que toute cette démagogie charrie.  Aucun autre pays réellement  démocratique ne s'est lancé dans une telle campagne de haine et de pillage fiscal ciblés.  Des milliers de Français paient plus de 100% d'impôts directs. Il faut avoir la haine chevillée au corps pour considérer cela comme normal.

Ce que l'on voit, c'est une incapacité à prendre la moindre mesure un minimum courageuse de restructuration de l'Etat-Moloch qui suce le sang du pays.

Ce que l'on voit c'est l'absence totale de résultats.

On espérait la compétence, après une malencontreuse singerie électorale. On a la com'. Et une pétaudière.  

Il faut revenir sur la "prestation" politique de F. Hollande devant le Medef. Formidable discours. "Je vais vous dire ce que vous pensez. Je vais vous décrire ce dont vous avez besoin". Au fil du discours, les réflexions allaient bon train : "Il a donc tout compris. Voilà un Président sur lequel on peut compter".  Jusqu'à la conclusion finale : "Je sais ce qu'il faut faire, mais je ne le ferai pas, parce que c'est politiquement impossible".

Il a  fait hier à Florange le même type de discours. "Je sais ce que vous voulez. Mais je ne le ferai pas, parce que c'est économiquement impossible".

Devant les écologistes, on recommence  :" Voilà le bien écologique auquel je pense et qui est aussi celui auquel vous aspirez. Mais je ne le ferai pas, parce que c'est politiquement et économiquement impossible".

A tous : "Je vous ai compris mais contentez vous des miettes d'action que j'ai entreprises et rongez votre frein en attendant des jours meilleurs".

Réaction d'un patron du CAC-40  : " Ce type est un impuissant qui rationalise ses pannes à répétition pour rassurer la belle".

Comme Allègre l'avait parfaitement annoncé, c'est " J'ai tout vu, tout connu, je t'embrouille" à tous les étages de la vie économique et politique du pays. "Je ne prends aucune mesure qui fâche vraiment ; je distribue la bonne parole à tous, en disant à l'un l'inverse de ce que je dis à l'autre ; je suis dans tous les camps à la fois. Tout pourrit mais, Moi-Je, Président du "n'importe quoi" et roi du "tout  pour ma pomme", je surnage, comme je surnageais en tant que Secrétaire du PS, en jouant les commentateurs amusés de ma propre habileté et de ma comédie politique. Un boulot de dingue, mais cela me fait bien rigoler ! Regarder le prestidigitateur : j'augmente les charges des entreprises et les étouffe par une augmentation des cotisations patronales et un nouvel impôt sur une nouvelle assiette. Mais je crie : vive l'industrie à tout bout de champ. J'augmente massivement les impôts sur les familles avec enfants, sur les retraités, sur les pauvres, tout en ruinant les "riches", et je leur parle de "pause fiscale", sans jamais m'expliquer sur la rationalité d'un pareil essorage. Comme c'est rigolo ! Quant aux Ministres, je les laisse dégoiser à leur guise. Qu'ils tirent la charrue à hue et à dia ! Qu'elle importance, puisque la charrue n'a pas de soc ? La seule chose qui m'importe est l'absence d'atteinte à ma personne. Avec les clans du PS, c'était déjà ma tactique".

Avec une telle "méthode" la Cinquième République est réduite à pire que la Quatrième : à un congrès de Rennes permanent.

Il ne faut rien attendre de la seconde année de François Hollande. Aucune réforme durable et utile, mais un abaissement général, politique, moral, économique.

Ce qu'il a révélé de sa personnalité laisse désormais craindre que cela soit comme cela pendant tout son quinquennat. On ne change pas un ego survolté qui a gagné l'élection suprême et qui ne s'intéresse plus qu'à lui-même, après avoir réduit la fonction présidentielle à sa taille, qui n'est pas grande.

Dommage. Dommages. Drames à venir.  

Dettes : requête à l'Insee, à Eurostat et au FMI

Le document affiché en bas de billet est une infographie du Figaro dont la source est la Deutsche bank. 

Merci et bravo au Figaro de l'avoir publiée.

Il montre l'évolution de la dette globale pour les pays du G7 de 2003 à 2012.

Première constatation : ce que nous n'arrêtons pas d'affirmer est confirmé. La dette globale, qui était inférieure à 100% en 1971 a progressivement explosé ses plafonds pour passer les 100, 150, 200, 250, 300, 400% et atteindre comme il est montré, en moyenne près de 440% du PIB.

Lorsque j'écrivais ma thèse de doctorat, on estimait qu'une dette d'Etat inférieure à 20%, une dette des particuliers inférieure à 25%, avec une part prudente pour l'immobilier, et une dette des entreprises non financières (plus de deux personnes) variant entre 30 et 50%, dans des économies où la valeur ajoutée des entreprises représenterait près de 75% du PIB, était raisonnable. La seule ambiguïté portait sur la dette de l'institut d'émission. Fallait-il l'ajouter ou non, en tout ou en partie,  à la dette globale, l'émission de monnaie banque centrale étant, comptablement,  une dette collective mais pouvant être considérée, avec l'abandon des monnaies métalliques, comme un fonds de roulement "technique" que l'on pouvait neutraliser dans les décomptes des dettes effectives : nul n'était besoin de la rembourser ! 

On peut se demander pourquoi cette évolution du taux de dettes globales est passée pratiquement inaperçue pendant des décennies, alors qu'elle représente une véritable révolution intellectuelle et économique. J'ai déjà présenté ce calcul élémentaire :

Si la dette est de 400% du PIB , avec un taux de 5% et une maturité moyenne de 10 ans, pour simplifier les calculs, l'amortissement  est de 40% du PIB et le versement des taux d'intérêt de 20%. Il faudrait donc que l'économie sorte 60% du PIB pour faire fonctionner un tel système à partir de la valeur ajoutée. Ce qui est impossible. Les banquiers ont cru pouvoir détourner cette impossibilité en  se remboursant nominalement sur les plus values de biens. Un banquier se moque d'être remboursé à partir d'une plus value ou de la vente d'une immobilisation, plutôt que d'un flux de revenu. Pas l'économiste.

Ce que montre le graphique, c'est qu'en moyenne les pays du G7 ont grimpé dans la folie des dettes jusqu'à l'explosion et qu'il n'ont réussi qu'à stabiliser le taux de dettes. Le graphique, ne montre ni le transfert des dettes vers les Etats ni le transfert vers les banques centrales.

Nous sommes toujours dans la situation intenable que nous avons matérialisée par l'image du "hanneton qui s'épuise à pousser devant lui sa boule de crottin".

La situation est plus simple pour les pays greffés sur la monnaie mondiale, comme les Etats-Unis qui en fournit 90% et le Royaume-Uni qui la fait tourner. L'explication des gros bénéfices des grosses banques mondiales est entièrement dans le fait qu'elles se sont débarassées du gros de leurs dettes et qu'elles continuent à fixer leurs honoraires sur une fraction démente du PIB des nations. La situation est dramatique pour les pays de la zone Euro,  contraints par l'absurdité du système de Maastricht qui a supprimé les possibilités d'action monétaire nationale sans transférer les mêmes moyens à l'échelon supérieur.

La grande question est de comprendre comment une évolution aussi néfaste et aussi massive que le gonflement gigantesque du taux de dettes a pu passer inaperçu et pourquoi les quelques lueurs qui ont percé le mur des ténèbres ont été considérées, par presque tous les économistes, sauf Maurice Allais, comme sans conséquences.

Une réponse est l'inadéquation des statistiques. Sur ce site, nous poussons à intervalle régulier un large cri d'alarme statistique et demandons à l'INSEE et aux medias, de remédier à des lacunes phénoménales.

- Nous souhaitons des séries longues, sur 50 ans minimum et sur 100 ans si possible. Pourquoi ? Parceque les évolutions étant incrémentales, elles ne prennent leur pleine expression que sur de longues plages de temps.  L'existence d'un cycle de 8-10 ans ne peux échapper à qui prend en compte l'évolution de la valeur ajoutée des entreprises depuis 1900 ! 

- Sur la dette globale la situation se double d'un probléme de définition. Quiconque s'est penché ne serait que trois minutes sur la question se rend compte qu'il est quasiment impossible de se faire une opinion fondée sur des informations solides. Tous les chiffres disponibles sont incompatibles entre eux. Les études sont faites, comme dans le cas de celle du Figaro, sur des enquêtes particulières dont la méthodologe est incertaine. Comparer les chiffres annoncées  par les uns et les autres, genre enquête Mckinsey, est IM-POS-SIBLE !

Dans le cas de la zone Euro le problème se corse du fait des dettes de la BCE ? Comment les réaffecter aux nations composantes ?

Le trouble est caractérisé quand on lit l'opuscule de l'INSEE sur l'économie française. Pour la première fois, l'édition 2013 donne des indications sur la dette relativement au PIB, alors qu'auparavant on donnait des chiffres sur des bases différentes : par exemple la dette des particuliers était rapportée au revenu disponible, pas au PIB, rendant les regroupements pénibles. 

Si on s'en tient aux chiffres données (particulier, état, entreprise), on reste dans des plages de dettes "acceptables" dont le total dépasse à peine 200%. D'où vient alors l'écart de 200% avec le chiffre de 440%  de la Deutsche Bank ?

Nous transmettons donc la supplique suivante à l'Insee (et par extension à Eurostat et au FMI)  : fournissez-nous une série longue recomposée au moins depuis 1945, donnant, sur une base normalisée, l'évolution de la dette globale française (européenne et mondiale pour les autres institutions).

Devraient  figurer EN TETE et en ENORME dès le début de l'opus sur l'économie française de l'INSEE, l'évolution des courbes suivantes :

- Valeur ajoutée des entreprises de plus de 1 personnes (en montant et en en pourcentage)

- Montant de la dépense publique

- Montant des prélèvements

- Montant de la dette globale et de ses principales composantes.

- part de la population globale  au travail

- ratio salarié des entreprises privées (hors associations et finance)/population totale ;

Dans la seconde qui suivra la lecture de ces courbes, le lecteur comprendra :

- que la crise de 2007-201x et sa dureté étaient entièrement prévisibles : télescopage de la crise décennale avec un encours de dettes intenables. C'est le moyen qui nous a servi à les prévoir dès Pâques 2006.

- que la montée du chômage est entièrement corrélée à celle de la dépense publique, avec ses deux compagnons prélèvements et dettes.

La crise de 1929 a permis de gros progrès statistiques. Il faut que la crise en cours provoque les mêmes progrès accompagnés d'une meilleure diffusion publique.

L'INSEE, malgré les pesanteurs politico-syndicales qui pèsent sur ses équipes (et qui était devenue évidente quand les syndicats ont exigé le renvoi d'un analyste qui niait l'effet bénéfique sur l'emploi des 35 heures), n'est ni au service de l'Etat, ni au service de la classe des fonctionnaires, ni au service du "peuple de gauche" ou de ses servants. Il est au service des citoyens et son monopole a pour contrepartie une diffusion neutre,  éclairée et éclairante. 

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Quelques chiffres significatifs

C eux qui nous lisent savent que nous privilégions comme indicateur de production la valeur ajoutée des entreprises des secteurs non financiers ayant plus de 1 salarié.  Cet indicateur est fiable, connu vite, et peu corrigé. Il traduit bien l'idée de ce les Français considèrent être l'activité des entreprises du secteur marchand.

En 2012 le montant de cette valeur ajoutée est de 1250 Milliards d'Euros, en valeur courante non corrigées de l'inflation. La hausse vis à vis de 2011 a été de 1.5%.

Compte tenu d'une inflation proche de 2%, cette valeur ajoutée a baissé en valeur réelle. 

La même valeur ajoutée par tête a baissé encore plus.

L'emploi marchand a baissé.

Les déficits extérieurs se sont creusés.

La dette d'état s'est accrue pour atteindre 1833 milliards d'euros, soit 150% de la valeur ajoutée des entreprises.Les dettes globales approchent 300% de ce montant. Selon le Point les avoirs d'épargne des Français sont environ du même niveau.

Il est intéressant de noter que la valeur ajoutée du tourisme a représenté près de 10% de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand. Nous devenons un musée visité par le monde entier.

Ces indicateurs rangent la France dans la même catégorie que la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie. 

En 2013, il est probable que la dette atteigne 2.000 milliards d'Euros avec une valeur ajoutée marchande stagnante.

Tous les indicateurs seront dégradés et les engagements pris non tenus. Nous parlions d'un déficit/PIB de 4% pour 2013. Le gouvernement parle désormais de plus de 4%, au lieu de 3.7.

Entre 2009 et 1014, les gouvernements auront prélevé plus de 100milliards d'Euros d'impôts supplémentaires sur les Français, soit 10% de la valeur ajoutée des entreprises.

Tous ces chiffres montrent une situation intenable.

L'hystérie fiscale répressive et ciblée  a désormais un effet sur l'assiette des impôts,  qui baisse. Le serpent n'en finit pas de se mordre la queue. On arrive au moment où tous les incréments nouveaux de taux de fiscalité ont un effet négatif sur le rendement de l'impôt.La DGI a sonné l'alarme. Moscovici a parlé de "ras le bol fiscal". Le problème est que le bol fiscal se vide. 

Après avoir arrêté l'activité en France à l'automne 2012, Hollande, ne peut que constater les dégâts : recul de 25% des transactions immobilières au premier semestre 2013 selon la chambre des notaires avec probablement l'année où la construction aura été la plus faible depuis les début de la 5ème République. De nombreux secteurs connaissent des baisses de 20 à 30%. Les investissements sont historiquement bas. Les faillites sont à leur sommet comme le chômage qui atteint désormais des niveaux stratosphériques. 

La première année de Hollande aura été dramatique et totalement à côté des nécessités nationales.

On parle désormais d'un budget où d'importantes économies seraient prévues. Hollande aura réussi à tenir presque trois ans sans dire quelles économies il compte faire. Une fois de plus la Com' remplacera l'économie.

On est à peu près certain que 2013 aura été une année morte sur tous les fronts économiques, avec une dégradation de tous les indicateurs. 2014 en prend le chemin.

Hollande aura provoqué le plus grand exode de Français depuis la révocation de l'édit de Nantes, porté l'impôt à des taux insoutenables, privés de 100% de leurs revenus des milliers de familles et confisqué près du tiers  de l'épargne moyenne  des familles aisées.

La campagne électorale présidentielle, qui avait été abjecte, laissait craindre le pire. On l'a. L'ennui, c'est qu'il semble bien que pour les campagnes à venir, on ressorte les vieilles ficelles. 2014 va être encore un grand cru d'abjection.

Comment la France se remettra-t-elle de ce scénario désastreux ?  Où en sera-t-on dans quatre ans avec de tels dirigeants ?

 

 

 

 

 

 

Le hollandisme : sinueux ou destructeur ?

Après une première année détestable jusqu'à la honte, on pouvait penser que la politique de F. Hollande allait s'infléchir dans un sens plus digne et plus intelligent, en tout cas, plus compatible avec les nécessités françaises. L' électoralisme démagogique et les mépris idéologiques sont peut être nécessaires pour gagner des élections mais ne sont pas une obligation permanente de gouvernement.

Ce n'est pas l'idée du Président de la République que l'on découvre à nouveau comme un politicien froid et méprisant, bien décidé à casser les reins du capitalisme français en ruinant les entrepreneurs et leur famille, en empêchant toutes les mesures poussant à la production, et en aggravant toutes les charges.

La taxe nouvelle sur la pénibilité est infondée dans quelque perspective où l'on se place. Il est aberrant  de charger la barque pour rien, alors que les entreprises sont accablées de charges et qu'on a privé de ressources les investisseurs potentiels.

La fausse réforme des retraites est une honte.

Ce n'est pas de cela que la France a besoin.

On aurait aimé que F. Hollande soit un simple incapable. Mais c'est bien pire que cela : un pervers qui sait qu'il fait du tort et qui aime cela, car il croit que grâce à la communication  et à ses astuces politiciennes il tiendra jusqu'au bout et pourra être réélu sur la bassesse semée comme des cailloux électoraux sur le chemin du pays. 

On peut craindre que le budget soit à nouveau un exercice non seulement d'imbecillité économique et fiscale mais aussi de haine politicienne ciblée.

La seconde année risque d'être comme la première : un gâchis haineux et  destructeur qui aggrave la situation de la France et des Français.

Rarement on a eu en France  une équipe dirigeante aussi peu en ligne avec les exigences nationales. Et elle a les pleins pouvoirs .Il y a désormais deux France : celle qui travaille accablée sous les charges et qui paie l'autre France, à peu près égale en taille, qui dépend à 100% de la dépense publique et qui prend ses aises. 

Ces deux France sont au Prozac.  La première craint de ne plus pouvoir tenir. La seconde craint de ne plus pouvoir être payée.

En s'appuyant sur la seconde contre la première, F. Hollande fait un calcul détestable. Faire carrière consciemment sur la déréliction d'un pays est impardonnable.

Ce qui vient de se passer démontre que l'an deux du hollandisme, dont les deux mamelles sont la démagogie et la fiscalité, sera à l'égal de la première.

La question très clairement posée à la suite de la consternante palinodie sur les retraites et de la hausse nouvelle de la fiscalité, est de savoir si la France pourra supporter cinq années de  ce sinistre hollandisme. Partout on entend des voix autrefois modérées qui crient, en privé, "ce n'est pas possible" ; "ce n'est pas tolérable" ;" il est fou" ; "Il va falloir un "printemps français", contre ce Ceaucescu du néant qui promène sa petite taille hargneuse sur les ruines qu'il provoque". 

Les journalistes, eux, voient en F. Hollande un sympathique rigolo, qui de petite phrases en peties phrases, se tortille dans les difficultés françaises en évitant toutes les épines et les aspérités. Quelle habileté face à Mélenchon ; quelle subtilité face aux Verts ; quelle astucieuse virevolte face à Bruxelles ! Toute com' dehors n'a-t-il pas profiter de l'été pour monopoliser les medias ? Formidable non ? 

Et la France dans tout ce baratin pitoyable ?

La France ? Quelle France ?

 

 

Mondialisation et fiscalité : éviter l'hystérie nationaliste !

Nous sommes en crise. Les Etats du sud de l'Europe sont à court de ressources pour couvrir leur énormes dettes et déficits budgétaires.

La France va atteindre en 2014 ou 15 les 100% de dettes d'état par rapport au PIB, se rapprochant des situations définitivement ingérables. Elle se signale par une hystérie fiscale de circonstances qui fait suite à l'accroissement continu de la part de l'Etat dans l'économie qui est telle que les prélèvements excédent notablement la valeur ajoutée des entreprises non financières et que des milliers de contribuables paient plus de 100% de leur revenu en impôts.

La voilà à la chasse aux revenus et aux avoirs de ses ressortissants hors de l'Hexagone et aux recettes fiscales des étrangers exerçant en France via internet.

L'urgence est là. Soit !

Si on regarde un petit peu plus loin que ces mesures d'urgence, peut-on imaginer un système fiscal mondialisé coopératif qui nous sorte de l'hystérie et permette la fin de nombreux abus, tout en assurant un financement régulier et raisonnable des Etats ?

Un tel système ne sera stable que s'il s'appuie sur des principes eux-mêmes solides, non contradictoires, non offensants  et donc susceptibles d'être reconnus par tous.

L'hystérie fiscale nationaliste n'est pas un tel principe

Le premier principe est que tout individu a un droit naturel au monde et que le développement de l'exercice pacifique de ce droit est un progrès. La civilisation mondialisée se construira sur la possibilité croissante pour chacun, d'aller et venir et de contracter au civil et au commercial où il l'entend. Il faut donc admettre que le citoyen d'un Etat pourra consommer, résider, être propriétaire, faire des affaires hors de son pays et même dans plusieurs pays étrangers simultanément. Les nouveaux acteurs économiques du monde ouvert, du village global, exercent leurs droits économiques où ils le veulent et gagnent leurs ressources et l'emploient là où ils le souhaitent.

La question posée aux Etats est de savoir s'ils vont courser leur nationaux à travers le monde pour tout connaître de leurs actes économiques, afin de les taxer selon les règles nationales.

Les Etats-Unis ont répondu oui à cette question :  du coup ils sont obligés de mettre en place un système totalitaire vis-à-vis de leur citoyen et impérialiste vis-à-vis des pays où un américain viendrait à exercer un pouvoir économique (posséder un bien ou générer un revenu). Le système Fatca ne concerne que les banques mais est la marque évidente de la tentation tentaculaire du fisc américain. Pour tracer tous les mouvements de revenu et de patrimoine de ses nationaux, ce pays impose à tous les autres des règles de notification administrative extravagantes. Elle le fait au nom de son impérium.  Il est évident que si tous les pays du monde faisaient de même, les banques seraient toutes obligées de se conformer en même temps à toutes les législations nationales et à s'adapter en permanence à leur évolution.

Ce serait de la folie pure. Le système américain n'est donc pas généralisable et ne peut pas servir de base à un  système mondialisé.  Il entrave les libertés des citoyens américains  tout en faisant peu de cas de la souveraineté des autres pays.  On voit que la surveillance généralisée exercée par les Etats Unis sur les communications notamment téléphoniques et Internet va dans le même sens et pose le même problème de respect de la vie privée des citoyens et de la souveraineté des nations. Quand on cède à la tentation de Big Brother et du Big Stick, on le fait malheureusement  totalement.

L'affaire est d'autant plus curieuse que l'administration américaine a séparé complètement la solution pour les particuliers et celle appliquée aux  entreprises. Elle a autorisé les entreprises américaines, bancaires comme commerciales, à conquérir le monde hors fiscalité à partir de plateformes off-shore en les laissant utiliser tous les moyens rendus possibles par la technique pour fuir les impositions nationales. La tentation impérialiste a été ici encore la plus forte.

Les Etats étrangers sont, pour les Etats-Unis, une terre de conquête économique pour les entreprises américaines, tout en devant être les auxiliaires du fisc pour les particuliers américains.

Ce système doit-il être la base de l'organisation du village global ?

Nous, nous répondons non.

Absolument et résolument non ! Le flicage bureaucratique généralisé des citoyens,  associé à la guerre économique basée sur des paradis fiscaux,  ne peut être le pilier d'un système durable et concerté de fiscalité coopérative mondiale.

On sent dans la France socialiste actuelle des pulsions pour aller dans le sens américains.  Comme Poutine avec les Tchétchènes, les socialistes au pouvoir souhaitent aller chercher le revenu et le patrimoine des Français jusque dans les "ch…." étrangers où ils pourraient se trouver. M. Attali souhaite qu'on en vienne à une fiscalité attachée non plus à la résidence mais à la nationalité. Les règles applicables pour toutes les situations économiques rencontrées à l'étranger seraient celles de la France. Les accords récents avec la Suisse dans le cas de l'héritage vont dans ce sens. Vous êtes résident suisse de nationalité française. Vous mourrez. La loi sur l'héritage français doit s'appliquer aux héritiers. De la même façon qu'à la mort d'un américain résident en France, le droit qui s'applique n'est pas le droit français.

Le seul ennui est qu'un tel principe ne peut pas s'appliquer à tous les actes économiques. Un principe qui n'est pas généralisable n'est pas un bon principe.

L'essentiel de la fiscalité est basé, partout, sur la consommation. Elle représente entre 50 et 80% des ressources taxées partout dans le monde. Le national qui réside à l'étranger et le simple touriste, supportent les impositions du pays de consommation pas celles du pays de sa nationalité. Changer cela est impossible.  Nous avons obligatoirement une imposition "démembrée" pour la consommation. Le citoyen  paie les impôts sur la consommation là où il consomme. Il est un sujet fiscal multiple, sans centralisation nationale.

Tant que citoyenneté et résidence étaient pratiquement synonymes et que le cas d'une consommation extérieure était marginal, le problème fiscal était mineur. Il ne l'est plus depuis que le tourisme, les mariages internationaux avec multi résidences, les fonctions itinérantes, le business à cheval sur les différents pays, se sont généralisés. On voit de plus en plus de retraités chercher du pouvoir d'achat en fuyant les pays fiscalement chers. Des parents de couples composés de deux nationaux différents passent désormais du temps chez l'un ou l'autre. Un commercial international passe plus de temps hors de son pays que chez lui. Etc. Etc.    

La conséquence : il est impossible d'imposer la consommation d'un citoyen avec les règles nationales partout où il consomme. La règle fiscale du pays de consommation s'exerce seul. La fiscalité sur la consommation est bien "dénationalisée" et le restera.

La consommation n'est pas le seul acte ayant une dimension fiscale. Les pays dirigés de facto par des fonctionnaires comme la France, ont pratiquement taxé tout ce qu'ils pouvaient taxer, notamment les différentes formes de revenu, les plus values, les cessions de biens, les successions, la possession de biens etc.  

De plus en plus de nationaux ont des biens et des revenus  à l'étranger, soit qu'ils résident à l'étranger, soit qu'ils séjournent à l'étranger soit qu'une partie de leur épargne se trouvent à l'étranger, soit qu'ils travaillent pour partie à l'étranger, soit qu'ils gèrent des entreprises qui ont une activité à l'étranger.

Pour les pays qui ont fait des choix spoliateurs pour leurs nationaux taxant tout de façon non pas proportionnelle mais fortement progressive, ces avoirs et revenus étrangers posent obligatoirement des difficultés sérieuses. S'ils ne sont pas déclarés volontairement, la recherche de la preuve doit se faire via les opérations bancaires, tout finissant ou commençant dans une banque.  Ces pays sont donc à la fois tentés par des sanctions disproportionnées pour terrifier autant que possible les non déclarants volontaires, et désireux de  mettre un système d'échange de données bancaires le plus automatique possible.

Si toutes les sources taxables doivent être contrôlées, on entre rapidement dans un enfer législatif et règlementaire d'autant plus complexe et désespérant que les pays où l'acte économique a lieu ont leur propre mode de taxation. Il faut que les agents économiques puissent produire les bases nécessaires aux états fiscaux  des deux états concernés et que des conventions évitant les doubles-impositions existent. Et qu'il existe des moyens de contrôles et la volonté de les exercer.

Dans un état qui ne taxe pas les plus values, les banques ne fournissent aucune information utile sur les bases taxables françaises. Dans un état où il n'y a pas d'impôt foncier, la valeur locative des biens est inconnue ou improuvable. De même l'estimation d'un bien immobilier détenu à l'étranger est souvent impossible ou improuvable.

Chercher pour chaque nation à imposer ses règles propres à ses nationaux pour tous les actes économiques faits à l'étranger impose de telles contraintes qu'elles entravent les libertés.

Le cas de binationaux se pose immédiatement. De qui dépendent-ils ?    

Quelle serait la règle intelligente  ?

Il n'y en a qu'une qui soit simple, d'application facile, et respectueuse de tous les pays : les bases fiscales suivent les règles fiscales du lieu où le fait générateur s'est produit.

Si vous avez démembré votre activité et votre patrimoine à cheval sur plusieurs pays, chaque éléments suit la règle du pays d'exercice.

Vous consommez à l'étranger : vous payez les taxes du pays étrangers sans autres questions.

Vous disposez de revenus à l'étranger : ils suivent les règles du pays étranger tant que le produit reste à l'étranger.  Tous les détenteurs de revenus à l'étranger doivent donc être connus de l'état concerné. Il importe que chaque état impose de façon identique nationaux et non nationaux. Le forfait fiscal suisse par exemple qui avantage les étrangers par rapport aux nationaux serait interdit.

Vous disposez d'avoirs à l'étranger :  ils suivent la législation étrangère sur les droits de mutation, les impôts fonciers, les taxes d'habitation,  la fiscalité des plus-values et du patrimoine.

Lors du votre décès les règles qui s'appliquent sont celles où le bien se trouve. Vos héritiers éventuels disposeront à leur tour de biens à l'étranger subissant les lois fiscales étrangères.

Cette solution valable pour les particuliers doit l'être aussi pour les entreprises. La fiscalité des actes commerciaux doit être celle du pays où ils se produisent et où ils ont généré de la valeur. Il n'y a aucune raison pour avoir deux systèmes de valeur différents, deux jeux de principes fiscaux différents lorsqu'il s'agit  de particuliers ou d'entreprises.

On voit que l'avantage de ce système outre sa cohérence et sa stabilité est sa simplicité qui pousse à plus d'échanges, à plus d'ubiquité  et à plus de respect des libertés. La souveraineté des Etats est respectée autant que les droits individuels.  Il ne peut pas y avoir d'hystérie et de conflits effroyables. Fini le totalitarisme fiscal et l'impérialisme des plus forts.

Chaque état régit les actes qui ont lieu sur leur territoire quelque soit la nationalité de ceux qui les exécutent et se moque de ceux qui ont eu lieu ailleurs.

Quels sont les inconvénients ?  Ils ne sont réels que pour les nations qui ont décidé de frapper fiscalement les revenus et les patrimoines de façon fortement progressive.  Les revenus extérieurs  ne viennent pas s'agréger aux revenus intérieurs pour faire monter les taux d'imposition dans les hautes tranches. Tout le monde sait que les impôts progressifs sur le revenu sont littéralement mités par des niches fiscales et des exemptions pour éviter leur caractère structurellement néfaste : la progressivité casse la croissance et la détourne automatiquement vers la dépense publique tout en stérilisant les efforts supplémentaires de ceux qui peuvent en faire.

De même les impositions sur la fortune sont problématiques et à terme néfaste.

Nous avons déjà démontré cent fois que les impositions fortes sur le patrimoine avaient trois inconvénients inévitables : ils ne peuvent se boucler que par la vente du patrimoine national à l'étranger ; ils  font grimper les taux  d'imposition globale au dessus des seuils de spoliation, ils poussent les citoyens riches à fuir le pays. Par conséquent "l'inconvénient" concernant ce type d'imposition n'en est pas un. Dans tous les cas, un ISF est un mauvais impôt qui doit être proscrit.  Les taxes foncières, les droits de mutations, les droits de cession, les droits de successions peuvent être modulés de façon suffisante pour que l'équité fiscale soit obtenue. Qu'on abandonne mondialement les impositions sur la fortune globale n'a aucune importance et n'empêchera nullement la justice sociale. Rappelons que 99% des pays n'ont pas de fiscalité globale sur le patrimoine !

Passons à l'impôt sur le revenu. Il est clair qu'il est facile de faire naviguer d'un pays à l'autre le revenu des placements. Il suffit qu'un accord international définisse un taux forfaitaire global minimum. On ne voit pas trop ce qui pourrait rendre l'affaire difficile. Certes on supprime partiellement le rendement marginal de la pyramide des revenus taxable progressivement, là où ce système existe. Mais la forfaitisation du revenu des placements a été la règle pratiquement tout le temps et partout. C'est l'intégration dans le revenu global taxable qui est l'anomalie. Autant la supprimer.

Reste finalement les revenus du travail. Ils doivent suivre les règles du pays où le travail est exercé, soit sous forme d'un forfait prélevé à la source, soit sous une forme déclarative contrôlée par l'employeur.

Un patron qui dirige "n" filiales de son entreprises à l'étranger pourra disposer des "n" salaires  taxés n fois selon les règles de chaque filiale. Et alors ? S'il veut rapatrier ses revenus nets, on peut les intégrer dans le revenu taxable. S'il souhaite les laisser à l'étranger libre à lui et grand bien lui fasse.

On ne le taxera pas à75% et plus ? Et alors ? Que les nationaux ouvrent milles entreprises à l'étranger et le pays n'en sera que plus puissant ! Les taxations débiles sur une minorité ne provoquent aucune recette importante et constante, mais justifient des comportements anti nationaux ou anti économiques.

Dans la durée, l'application du principe de taxation dans le pays d'exercice du droit économique  conduira presque nécessairement à une certaine harmonisation. C'est le principe le plus constant, le plus positif, le plus productif fiscalement, car tout finira par se compenser, les fuites vers l'extérieur subies étant équilibrées ou à peu près par les arrivées fiscales de l'extérieur.

L'homme libre devient la base de la société globale et pas le serf fiscal national traqué mondialement.

 Un grand progrès.

Fréquentation de juin 2012 à juillet 2013

Les Frac et les lois de Parkinson

Tout le monde connait les lois de Parkinson qui régissent l'accroissement continue des effectifs administratifs, même si l'objet du travail en question  a disparu.  

Il était parti d'un constat simple : les effectifs administratifs de l'Amirauté britannique avait cru notablement alors même que le tonnage géré avait été réduit des deux tiers. De même le département colonial qui ne comprenait que 372 personnes en 1932 au moment de la plus grande extension de l'Empire Britannique faisait travailler 1661 personnes quelques années après la fin de la colonisation.

Ses observations avaient montré que l'expansion administrative n'était pas liée à un besoin quelconque., légitime ou non, et à son évolution, mais à des forces internes qui agissaient d'une façon telle qu'on pouvait prévoir une croissance automatique des effectifs. Les études mathématiques ultérieures semblent avoir montré, par application de la formule x= (2Km+p)/n, que le taux de croissance se situait quelque part entre 5 et 6%, ou, pour simplifier encore, doubler tous les 15 ans.

Ces lois ont eu de nombreuses confirmations françaises. Le Ministère de l'agriculture voit ses effectifs augmenter indéfiniment alors que le nombre de paysans baissent chaque année.  Le Ministère des anciens combattants ne suit pas le diminution du nombre d'anciens combattants. L'EPAD, à la Défense est un autre magnifique exemple d'une administration qui a survécu à la disparition de son objet par mutation spontanée de son rôle.

Dès qu'on parle de restrictions de la dépense publique aussitôt mille voix s'élèvent contre le risque de diminution des policiers, des professeurs et des infirmières. Jamais  personnes ne pensent à ces dizaines de milliers de postes totalement inutiles qui  ont été créés que par la routine parkinsonnienne.

Nous avions déjà annoncé que la RGPP était une plaisanterie, car on ne peut pas "rationaliser" un phénomène qui est parfaitement scientifique et rationnel : la pression parkinsonnienne. La RGPP a été un échec. Les socialistes ont voulu  changer le nom de l'exercice en le modifiant au moins verbalement. Il sera tout aussi vain.   

Il ne faut pas rationnaliser. Il faut revenir à la source même de la politique publique menée et si elle n'est pas absolument nécessaire, il faut supprimer les services concernés. A la hache.  Sinon la volonté des cadres de multiplier leurs subordonnés (et pas leurs rivaux)  et leur capacité de se donner mutuellement du travail l'emporteront toujours.  Ajoutez le pouvoir syndical, et la règle qui veut que le travail occupe tout le temps qu'on veut bien lui accorder s'exprimera sans limite.

La curiosité du phénomène est qu'il est pratiquement insensible à la conjoncture. La crise la pire pourra bien frapper un pays sans que le petit monde protégé de l'administration publique ne se sente le moins du monde concerné. Au contraire il se mobilisera pour démontrer que son rôle est encore plus crucial que jamais et …exigera des hausses d'effectifs et de budgets

La confirmation des lois de Parkinson est particulièrement évidente lorsqu'on se penche sur ce cas admirablement symptomatique : les FRAC !  

Pour qu'un centre de dépense publique puisse inlassablement perdurer dans son être et dans se croissance budgétaire, il faut lui donner des objectifs tellement élevés que les remettre en cause serait du plus mauvais esprit. Bien sûr, des objectifs élevés on peut en trouver des millions. Le plus dure est de l'accrocher dans le décor budgétaire. Après,  cela va tout seul.

L'inénarrable Jack Lang, chargé de faire passer la culture de la nuit à la lumière en doublant le phare budgétaire, et en associant étroitement les cultureux subventionnés à l'électoralisme du PS, sera naturellement à l'origine du projet.  Arroser "l'art contemporain" d'une manne bienfaitrice, donc des artistes contemporains,  d'une recette sympathique, tel était le projet.  L'Etat se substituant à l'infâme bourgeois et aux condottiere allait montrer toute sa capacité à "créer un riche terreau de créateurs". Lla Genèse avec nous !

Qu'on était loin de Maurice Druon se moquant des pseudos artistes   faisant chanter l'Etat avec d'une main une grenade dégoupillée et l'autre une sébile ! L'argent allait couler à flot sans même qu'on menace qui que ce soit.

Pour éviter les complexités et rigidités des schémas publics traditionnels , les astucieux promoteurs choisirent la voie la plus simple : des associations, qui ont pratiquement le droit de tout faire sans aucun contrôle, alimentées de façon croisée par les Régions et  L'Etat.

La mode était à la "décentralisation culturelle". L'intérêt aussi. La régionalisation permettait d'obtenir tout de suite une vingtaine de sites et de mettre à l'abri les rigolos qui seraient nommés à la tête des nouveaux machins,  de la surveillance trop aigues des superviseurs parisiens.  Une association peut nommer directrice la femme d'un fonctionnaire dans le besoin ; pas une administration en règle. Ou le petit copain homosexuel d'un conservateur de musée bien implanté.  La souplesse procédurale et le statut d'association permettaient tous les abus. Qui irait jamais mettre le nez dans toutes ces planques ?

L'argent se mit à couler à flot. Les places se firent de plus en plus nombreuses.  Partout on investit  dans des installations coûteuses. Il fallait ce qu'il fallait pour l'ART. Interdit naturellement de concurrencer les musées. Attention : des gardiens du temple administratif de la culture veillait courageusement à éviter toute interférence avec leur boulot.

Au musée d'acheter les trésors immémoriaux de l'art, même contemporains.  Alors quelles acquisitions pour les Frac ? Euh ! Euh !  On trouva vite : ce n'était pas l'œuvre qui compterait mais l'artiste local. On lui permettrait de s'épanouir et de voir son œuvre connue et reconnue. N'était-ce pas là le rôle du privé : les galeries d'art ne sont pas fait pour les chiens ?  Les promoteurs  privés prennent le risque de leur sélection.  Elle rencontre ou non le succès. En quoi l'Etat devait-il mettre son nez dans ce marché fort actif en France ? Personne ne répondra jamais à cette question.  On achètera aux galeristes une partie de leur production : l'argent public suppléera  l'indifférence du public. Tout le monde serait content.

Tous les intérêts étant bien bordés de toute part, la machine se mit en route avec un indicateur de "succès" très particulier : le nombre d'œuvres acquises et le nombre d'auteurs aidés.

Dès 1986 on achetait 5.438 œuvres de 1327 artistes. on est aujourd'hui autour de 25.000 œuvres et de 4200 artistes. En trente ans, on a bien vu l'application presque mathématique de la loi de Parkinson du quadruplement.

En même temps que se constituait  cet invraisemblable fatras, les difficultés de stockage et de manipulation devenaient gigantesques.  Qu'en faire et comment le faire "vivre".  D'abord en multipliant les budgets et les subventions. Opportunément les Régions  ont multiplié les impôts. L'argent était là. On l'a dépensé sans compter et sans même chercher à savoir si on contribuait le moins du monde à la richesse artistique du pays.

Comment surtout juger de la valeur de ce stock imbécile ? Le seul moyen serait de le vendre. Mais là les galeristes ne sont pas d'accord.  Tout le marché de l'art contemporain en serait perturbé.  Quant à la mettre à la poubelle !  Pourquoi ne pas le restituer aux "artistes" qui ont tapiné avec les Frac  ?

Tout le monde le constate : la France n'a plus de grands artistes internationaux comme on en a connu pendant la majorité du XXème siècle.  Et ceux qui restent ne connaissent pas les Frac.  Lorsqu'on pose la question : citer 10 peintres Français contemporains importants, votre interlocuteur aura du mal à trouver deux noms.  De même que les budgets du ministère des colonies augmentait quand les colonies disparaissaient, le budget des Frac augmente alors que le nombre de peintres français célèbres diminuent, si on en croit les spécialistes.

Même la place de Paris, comme plateforme central  de l'art contemporain,  est en train de craquer.

 Les Frac ne connaissent pas la crise. Pensez : il faut fêter dignement les trente ans de l'institution. Des budgets énormes se sont donc déversés sur de multiples "évènements", avec des opérateurs publics comme la SNCF, les régions, les Centres d'art contemporains . On allait voir ce qu'on allait voir et surtout ce qu'il fallait voir.

On reste toujours ahuri par la nature de la prose de ces organismes.  Selon la règle parkinsonnienne qu'il faut qu'on décentralise avant de centraliser, pour coordonner bien sûr, les Fracs se sont unis autour d'un machin chose appelé "platform", un barbarisme en Français mais qui fait tendance.  Ce merveilleux texte nous dit tout :

"Structures légères et réactives, les FRAC sont résolument un dispositif d'aménagement culturel du territoire. Ils ont su répondre tant aux mutations de la création contemporaine et aux projets des artistes qu'aux attentes et besoins de chaque contexte régional en inventant des manières efficaces et uniques de «conquérir les territoires». Postulant dès le début des années 1980 une articulation entre le local et le global, signe distinctif d'une scène artistique mondialisée, les FRAC ont permis la constitution de collections singulières d'envergure internationale. Elles témoignent de leur activité artistique propre et aussi de celles des centres d'art et des musées avec qui les FRAC entretiennent des relations soutenues. En retour, leurs œuvres ont nourri les programmations de chacun et les regards de tous. Si les FRAC participent de l'écriture d'une histoire mondiale de l'art de ces trente dernières années, ces collections sont les premiers outils d'actions dans des établissements scolaires, universitaires, des communes rurales, des prisons ou encore des hôpitaux. En 30 ans, les 23 Fonds régionaux d'art contemporain ont acquis plus de 26  000 œuvres réalisées par 4 200 artistes (dont 56,5% français) et chaque année, l'ensemble de leurs projets (environ 600) atteint plus d'un million de personnes.

On notera le vocabulaire : "dispositif d'aménagement", "conquérant de territoire", "articulant le local et le global", nourriture du regard de chacun et de tous", "participant à l'écriture de l'histoire mondiale", "outils d'action".

Tout cela pour "atteindre" un million de personnes.

Ce verbiage ne correspond naturellement qu'à un exercice de narcissique intéressé.  Aucun critère de qualité dans tout cela. Seul la quantité compte et les ambitions politiquement correctes.

D'autre documents nous apprennent que des évolutions sont en cours pour 'atteindre les créateurs de la "diversité" et "mettre fin à la relative sous représentation des femmes".

L'Europe, l'international, les échanges avec les autres pays, sont  au cœur des nouveaux développements. Justifiant de nouveaux budgets. En même temps qu'on veut de nouveaux temples pour permettre  "aux masses" d'être "en contact"  avec les projets des principaux artistes contemporains exerçant en région,  et  l'évolution de leur projets, parfois très pointus".

Un projet est dit pointu quand il est totalement abscons et ridicule.  Faire acheter un échafaudage pour le montrer  quelques heures avant de le remballer et de le mettre "dans les collections", est une "approche pointue et événementielle" qui plairait beaucoup dans les prisons :" le prisonnier a le droit à la culture , quoi merde !"  (propos entendu lors d'une conférence dans un "évènement" Frac.)

Bref ! Tout un monde grouille dans le mépris le plus total du "bourgeois" avec de l'argent public dépensé sans contrôle à des fins incertaines et sans véritables résultats, sinon de faire vivre sans des cloportes, comme disait Alphonse Boudard, des copains et des coquins. La présence d'art ne serait être que strictement accidentelle et une coïncidence qu'on imagine heureuse (sans en être plus très sûr). A ajouter à ces amusants gestionnaires de Maison de la Culture qui voulaient supprimer la scène pour que la création des artistes de théâtre  ne soient pas gênés par le public (authentique).

La RGPP n'a évidemment pas touché les quelques milliers de braillards et de rigolos qui vivent de cette escroquerie. La Modernisation des politique Publique ne fera pas mieux. On ne va pas revenir aux ténèbres pré-djack. Fichons en l'air la politique familiale, dégommons les riches (tiens un de mes voisins déménage pour Genève pendant l'écriture de ce texte). Mais ne touchons pas au Frac.

Au fric-frac à coloration culturelle.

Laissons donc la parole aux triomphateurs de notre porte monnaie, qui font des jeunes Roms parisiens des amateurs un peu médiocrtes :

"Un anniversaire prospectif" (très bien ce prospectif !)

"Sous l'intitulé Les Pléiades, un titre en écho à l'idée de collection et d'un regroupement d'éléments autonomes lisibles par la force d'une même dynamique, cet anniversaire prend comme principe fondateur le regard des artistes sur les collections des FRAC. Cette référence stellaire et littéraire exprime l'unité dans la diversité qui est la nature profonde des FRAC."

Ah ce " regroupement d'éléments autonomes lisibles par la force d'une même dynamique" et cette "nature profonde" des Frac  . Edgar Faure aurait ajouté que l'indépendance des Frac dans leur interdépendance  était la garantie d'un succès pérenne. Mais il n'aurait pas su lire "des éléments autonomes".  Comme quoi même les experts les mieux cotés en verbiage amusant ne tiennent pas la route comparés à nos frac-tionnaires.

Et on voudrait des infirmières et des policiers !

Ce texte est un hommage à M. Moscovici qui a déclaré qu'en matière d'économie, désormais,  on avait atteint l'os, alors qu'on n'a même pas commencé à épousseter là où le gaspillage était le plus évident et qu'on n'envisage pas du tout de le faire.

Nous fêterons dans 30 ans un nouvel anniversaire des Frac, qui auront acheté 80.000 œuvres à 6.500 "artistes".  Mme Taubira aura sans doute vider les prisons mais la politique d'animation culturelle des Frac n'y aura pas cessé : on y aura surement des salles d'expositions permanentes, à côté de la salle de shoot.    Et pourquoi ne pas mettre en œuvre des Fdac, les fonds départementaux d'action culturelle ? Tout en créant un Fonds Européen  d'action culturelle avec des agences dans tous les pays du monde ?

Ce n'est pas un million de pauvres Français qu'il faut "atteindre" mais un milliard d'humains privés d'accès à la culture et aux tendances récentes des meilleurs créateurs.

 

PS : dites à l'agence de ménage de ne pas utiliser le seau peint en bleu  ni de laver la serpillière dégoutante  qui l'accompagne à l'entrée à gauche de la nouvelle salle d'exposition : c'est une acquisition qui doit atteindre son public et qu'on stockera dès que le nouveau palais sera fini de construire.  

Le démon du bien

Le démon du bien

 

Depuis le début de la crise nous prétendons qu’elle n’est pas le fruit de l’action de « vilains » mais plutôt d’erreurs globales commises par des élites animées par la recherche d’un bien supérieur. La durée de la crise et l’absence de vraies solutions proviennent justement de ce caractère très particulier : personne ne veut renoncer au bien !

Cette situation rappelle l’Union soviétique et ses politiques agricoles. Le système ne marchait pas. Mais il était parfaitement conforme à la doctrine considérée comme « indépassable » du socialisme agraire.  A chaque début de famine ou de disette, on criait aux nécessaires réformes et on en lançait une. Qui marchait parfaitement. Allait-on la généraliser ? Non ! Aussitôt les défenseurs de la bonne pensée socialiste veillaient et  interdisaient la prolongation de la réforme.

Nous avons proposé une explication de la crise en trois éléments :

-          Le système des changes flottants a provoqué une baisse tendancielle de la croissance mondiale, aggravé l’ampleur des crises décennales et finalement explosé. Le mécanisme principal est la montée délirante et généralisée de l’endettement global, du fait des doubles pyramides de crédits permises par ce système monétaire particulier et jamais décrit en bien par la doctrine jusqu’à sa mise en œuvre de facto sous la pression intéressée des Etats-Unis.

-          L’organisation de l’Euro, fondée uniquement sur une norme, sans aucun organe de pilotage, est un système fragile incapable de faire face à une crise autrement que par des déflations.

-          L’hyperfiscalité française, constamment aggravée, a progressivement paralysé l’économie marchande qui  souffre d’un manque à employer de près de 10 millions de salariés, permis une hypertrophie délirante du secteur public  et créer une situation insoluble où les prélèvements excédent la valeur ajoutée des entreprises.

Il n’est pas difficile de comprendre que la France, baignée dans la mondialisation financière basée sur les changes flottants,  membre fondamental de  la zone euro en déshérence et noyée dans son propre vomi fiscal, ne peut pas s’en sortir facilement.

Le premier choc fiscal, dû à  Sarkozy, doublé par le délire fiscal et les injures sociales de Hollande,  ont aggravé la cause spécifiquement française de nos malheurs économiques. L’année 2012 a vu un recul global de PIB, la baisse du pouvoir d’achat (par tête et global), la spoliation des entrepreneurs et des épargnants pour obtenir au final plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus,  avec en vue le record de chômage à plus de 11%, de très nombreuses faillites,  le  blocage de l’immobilier, et…un déficit public et un endettement public  aggravé.

Dirigée par un fils de famille aigri contre la bourgeoise et l’extrême droite de son enfance, haut fonctionnaire qui n’a jamais travaillé, ni dans la fonction publique ni ailleurs, qui a fait une carrière d’apparatchik malin  mais méprisé par tous ceux qui l’ont approché du fait de sa méthode qui consiste à toujours donner raison au dernier interlocuteur et d’éviter à tout prix de se faire coincer par l’énonciation d’une idée quelconque,  la France économique  a été abandonnée aux vaticinations et improvisions d’un professeur d’allemand et d’un professeur de maths.  Ces excellences de préau d’école n’ayant jamais vu une entreprise de leur vie ne pouvaient que prendre des décisions déplorables. Elles l’ont fait avec une incompétence à la hauteur de leur engagement socialiste.

Bien sûr, dans un moment de dépression économique, il faut à tout prix réduire les frais généraux de la nation et conforter autant qu’on peut le tissu des entreprises. 

Comment faire quand la classe gouvernante depuis 1974, l’énarchie compassionnelle, promeut l’idée généreuse, bien que controuvée, selon laquelle  seul le haut fonctionnaire voit juste et qu’il est seul  désintéressé, qu’il doit arbitrer la société,  qu’il faut crier en permanence « vive l’impôt » et que la dépense publique est le seul bien collectif qu’il faut à tout prix protéger, et ses servants avec ? Seule la séparation de la politique et de la haute fonction publique permettrait d’en sortir.  Cela supposerait deux mesures constitutionnelles évidentes :

-          Nul ne peut recevoir deux rémunérations de l’état

-          Nul ne peut être membre d’une assemblée ou d’un exécutif qui fixe sa propre rémunération.

Seulement voilà, il faudrait s’attaquer à un « démon du bien », comme disait Henri de Montherlant.  Et ce démon  tient les institutions politiques, l’Etat, la banque, et … la presse.

L’Europe de l’Euro a elle aussi ses démons du bien.  Ils suggèrent que l’Europe c’est la paix, que seul l’abaissement des Etats la permettra, qu’il faut mettre fin à toutes les barrières, à toutes les frontières et que l’individu européen, enfin libéré des contraintes artificielles mis à son bonheur et à son action par  les nations, pourra montrer toute sa fécondité.

Les Européistes ont considéré qu’il fallait créer  l’Euro sur une base purement contractuelle.  Que les sinistres moignons d’Etat fassent ce qu’on leur demande, à savoir conserver leur déficit dans la limite de 3% du PIB et l’endettement public en deçà de 60% du PIB et tout irait bien.  Jusque-là les Etats avaient des armes conjoncturelles, taux de change, politique monétaire et financière.  Dans le cadre de la zone Euro ces pouvoirs sont supprimés. La BCE n’a qu’un rôle vis-à-vis des prix qui doivent rester en deçà de 2%. L’objectif statutaire est unique.  Que se passe-t-il en cas de crise conjoncturelle mondiale ? Silence.  Que se passe-t-il en cas de distorsions internes ?  Silence.  On a mis la charrue avant les bœufs. Les bœufs ont naturellement piétiné la charrue qui ne marche plus.

On change ? Non. L’approche juridique et l’option européenne de principe sont des démons puissants. Tout cela a été fait (ou défait comme on voudra) pour la paix et le bien commun. Cela ne marche pas ? Tant pis ! On ne revient pas sur d’aussi beaux principes.

La dernière classe de démons du bien se trouve aux manettes de l’organisation monétaire internationale. Seuls les polémistes à courte vue peuvent prétendre que l’organisation qui a été mise en place est le fruit pourri d’une malveillance organisée.  Empêcher les Etats de venir gêner voire empêcher des relations économiques mondialisées par des contraintes abusives est un objectif défendable et même souhaitable.  La liberté n’est pas une contre-valeur.  Faire en sorte que chaque individu à travers le monde puisse aller et venir librement, s’établir librement, contracter librement,  au civil comme au commercial, acheter et vendre librement,  ce n’est que reconnaître un droit naturel de l’homme au monde. 

Construire un tel monde n’est pas une œuvre vaine et démoniaque.

Le diable une fois de plus n’est pas dans l’objectif mais dans les modalités.  L’organisation monétaire est  contingente. Ses modalités doivent être d’abord efficaces.  Pour servir une même fin,  une organisation peut s’avérer meilleure ou pire qu’une autre. Chercher la meilleure n’est pas  un exercice indifférent.

En voulant construire un système de libertés concrètes sur une organisation non coopérative, le monde occidental s’est trompé. Malheureusement les tenants de cette politique non coopérative et déséquilibrée assimilent l’organisation qu’ils ont choisie et les objectifs poursuivis.  Jupiter aveugle ceux qu’il veut perdre.

Le résultat est qu’il est impossible de mettre en cause le système des changes flottants qui est la base du G.20 et de toutes les relations internationales. Essayez, pour voir, de faire passer un texte qui remette en cause les changes flottants dans un cénacle international, dans un média qui se veut sérieux,  ou même auprès d’un éditeur : impossible !  Le tabou est trop fort.

Système monétaire malfaisant, système de l’Euro absurde, hyperfiscalisme français aberrant sont autant de montagnes impossibles à gravir car gardées par des démons du bien.

La crise entrera dans sa septième année en juillet 2013. Sept ans de malheur. Il est temps de jeter le miroir cassé de nos bonnes intentions  détournées de leur véritable finalité!  Les changes flottants ne sont pas la condition du  libéralisme économique international. L’Européisme aventuré n’est pas la condition de la construction européenne.   Le socialisme bureaucratique n’est pas la condition du social.

Il faut vaincre le démon du bien qui est en nous, même si l’enfer, c’est les autres, comme disait Sartre, un spécialiste.

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes E-toile.  

Mai 2013 : note d'ambiance

On se souvient que la conjoncture immobilière a basculé en septembre 2006, que les premières banques ont commencé à vaciller fin 2006-début 2007, que les marchés s'agitent dans tous les sens entre mars et mai 2007, signalant que les derniers feux de la flambée spéculative étaient en train de briller de la façon caractéristique d'avant explosion  : de brusques lueurs et un noir d'encre se succédant rapidement.

On vit même le directeur du FMI expliquer que les quelques tensions constatées étaient désormais résorbées. La folie sur certains marchés de nourriture essentielle  avait provoqué quelques émeutes. Certains y voyaient des signes de la bonne santé générale de l'économie.

 La BCE resserrait les conditions de crédits à peu près il y 7 ans,  jour pour jour, pour faire face "aux risques de dérapages inflationnistes" et d'exubérance des marchés. .

C'est l'époque où nous crions dans le désert : attention, la crise décennale arrive et elle sera : en avance, sévère, et mondiale.   

Le marché monétaire se bloque  fin juillet 2007 : la crise était lancée. Nous y sommes encore.

Sept ans !  Nous avons écrit à cette époque :" la crise sera sévère. Nous ne prévoyons pas une dépression de type de 1929, sauf si les Etats multiplient les erreurs économiques" (juin 2007).

Les erreurs vont se multiplier.

Aucune des causes de la crise n'a toujours  été publiquement diagnostiquée. Aucune mesure structurelle permettant de les juguler n'a été prise. Aucune.

Pour le monde, il fallait constater l'échec du système non coopératif des changes flottants associé à une liberté quasi-totale des mouvements de capitaux. C'est la double pyramide de crédits que cette organisation stupide a permise qui a ralenti le trend mondial régulièrement pendant quarante ans et aggravé les crises décennales.  C'est l'abandon des objectifs collectifs de limitation des déficits et des excédents de balances extérieures qui a fait passer les pays de l'OCDE de 150 à 400 ou 500% d'endettement global para rapport au PIB.

On a cru que les deux règles habituelles fonctionneraient : des déficits budgétaires associées à un relâchement monétaire important.  On n'avait pas vu que les relances keynésiennes ne marchaient plus de l'introduction des changes flottants. : trop de fuite dans le bocal !

Quant aux banques centrales, cela faisait tellement d'années qu'elles relâchaient de la monnaie à gros bouillon qu'on ne pouvait espérer une réponse particulière.

Le résultat : après avoir transféré  aux Etats les pertes des banques et donner un coup de fouet artificiel à l'activité en creusant tous les déficits publics,  le paquet invraisemblable de dettes non recouvrables de l'avant crise, entre 10 et 15 mille milliards de dollars, s'est accru des dettes de la crise elle-même, faisant peser sur tous les Etats un fardeau intolérable, en même temps que les banques étaient obligées de dégonfler leurs bilans, et que la panique déréglait tous les comportements.   

Sept ans après, Le commerce extérieur mondial a explosé. Il suffit de regarder la courbe du Baltic index pour voir qu'on est toujours au plus bas. La Chine est malade de son système financier et social déséquilibré.  Elle cherche toujours désespérément comment ne pas perdre l'essentiel du tas de dollars papier qu'elle a accumulé. 

Le Japon a compris que dans le désordre général des esprits et la débandade américaine il pouvait retrouver une bonne partie de son autonomie. Il vient de lancer une dévaluation compétitive majeure. Les journaux financiers anglo-saxons font semblant de ne pas être impressionnés. Tous leurs clichés apparaissent pour ce qu'ils sont : de la foutaise. La dévaluation japonaise marche et la croissance est un peu repartie, au détriment des autres pays du monde.

Les Etats-Unis sont englués dans des déficits intérieurs et extérieurs  gigantesques. La croissance et minable. La moindre crainte d'un abandon de l'alimentation en drogue monétaire par B. Bernanke provoque un sursaut hystérique du malade.

Les pays émergents longtemps soutenus par les replacements de dollars chinois en terrains agricoles, terres rares, commodities divers ( pétrole, charbon) , produits agricoles,  voient le bout de ce replacement. On n'était pas dans une croissance féconde et équilibrée, mais dans un spasme de précaution.   

L'Europe est en Berne. L'Allemagne qui est plus sensible à la conjoncture mondiale que la France commence à souffrir.  Les pays du sud talonnent après une violente dépression. Les banques espagnoles, on le voit, n'ont toujours pas digéré l'énorme excédent de placement immobilier des 20 ans précédents. L'Italie est atone.  Les politiques d'austérité sont remises en cause mais les outils qui ont été abandonnés par les états individuels ne sont toujours pas utilisés à l'échelon européen. L'arme des changes est purement et simplement ignorée.  La fragilité d'une zone euro sans armes ni pilote apparait pleinement.  La gestion par la norme sans instance de pilotage  conduit à la déflation généralisée.

Quant à la France !  Glacée par la dégelée fiscale accompagnée d'insultes que lui a infligé Hollande entre juillet et novembre 2012,, alors qu'elle était déjà au sommet des prélèvements et de l'étouffement administratif, la France s'est bloquée.

L es Français découvrent avec stupeur les taux d'imposition qu'on leur inflige. Le commerce est partout à l'arrêt. Les boutiques ferment les unes après les autres. les PME s'arrêtent. Le tissu industriel et commercial se défait. Le chômage explose.

L'économie française est en chute libre, tirée vers le pire  par une équipe dont la nullité satisfaite, agressive, idéologique  et désinvolte  a tout aggravé.  

Pour corser le tout, la météo française est pourrie depuis un an. Il n'a cessé de pleuvoir depuis le début de l'année. Le moral des Français est dans les chaussettes. Ils regardent leur bas de laine et se demandent combien de temps ils vont pouvoir tenir.  Ils voient bien que leurs ressources, volés par l'Etat sans la moindre vergogne,  s'épuisent.  Les jeunes s'expatrient.   Les plus âgés s'inquiètent  de ce qu'ils vont pouvoir laisser à leurs enfants si le grand âge n'a pas conduit à épuiser les réserves.  

Les voyous triomphent, bien aidés par un large partie du monde judiciaire  dont "le mur des cons" a largement révélé la mentalité. Ils n'ont pas pour mission de protéger la société mais de l'apaiser en étant durs au bourgeois et tendres au délinquant.

En ce mois de mai 2013, la France ne se révèle pas seulement bougonne, mais nerveuse et prise d'une colère rentrée contre toutes les bouches médiatiques qui lui demandent d'aimer les causes de leurs misères.

Nos commentateurs des médias , toujours positifs dès qu'il s'agit de leurs amis socialistes,  parient sur la conversion de F. Hollande. Ce serait un Schroeder et on ne l'aurait pas compris. Il n'a pas la majorité parlementaire de sa politique "sociale démocrate". Mais il y aura une recomposition politique : le hollando-bayrouïsme  est dans les tuyaux et va conduire le pays à l'extase. Le spectateur se tapote le menton.

Le citoyen, contribuable et homo economicus, lui, caresse des rêves de revanche électorale sévère.  

En attendant la France coule comme un fer à repasser, dans une Europe qui sombre doucement, au sein d'un océan mondial toujours déchaîné.  

Mai 2013 : un moment de la déprime française qui restera gravé dans la mémoire collective.

ISF : ils avaient bien menti !

Nous défendons depuis toujours l'abrogation de l'ISF, impôt abject dans ses motivations et ses modalités et déplorable dans ses conséquences.

L'ISF pose un problème national grave.

Il ne peut se déboucler que par la vente d'une partie de la fortune française à l'étranger. Est-ce réellement un objectif pour une nation ?

Il provoque,  pratiquement mécaniquement , la confiscation totale du revenu de certains contribuables.  Nous prétendons qu'utiliser la force publique pour saisir la totalité du revenu d'un citoyen est un abus de pouvoir et une déchirure du pacte social. Nous ne sommes plus face à une "contribution" mais à une spoliation et disons le tout net à un vol.

Nous avions chiffré entre 10.000 et30.000 les familles concernées par ce vol chaque année, l'ampleur des chiffres dépendant des impôts pris en compte et des chiffres de référence. Comme toujours, la réalité est compliquée et on peut jouer sur les bases, le champ d'impôts pris en compte, etc.

Il faut bien garder à l'esprit que les impôts directs ne représentent qu'une fraction minime des prélèvements totaux. Si on prend l'ensemble des rémunérations et qu'on leur rapport les impôts taxes et charges sociales directement à ceux qui font le chèque, nous pouvons aboutir à des nombres de Français payant plus de 100% d'impôts et de prélèvements très supérieurs à 30.000.

Les Echos puis le Monde ont publié le chiffre de 8200 foyers fiscaux  imposés à plus de 100% en 2012. Ce chiffre est dit "confirmé par le Ministère du Budget".

Notons au passage qu'aucune information n'est fournie régulièrement par les pouvoirs publics sur ce sujet sensible. Comme pour les départs à l'étrangers, le silence administratif et gouvernemental est d'or.  Ce qui est tout simplement une honte. S'agissant d'une spoliation manifeste, tous les députés de tous les bords devraient être vent debout pour obtenir toutes les clarifications nécessaires. Silence dans les rangs : il s'agit de "riches". N'allez pas salir votre image !  A droite comme à gauche.

Dans le cas d'espèce on n'a pris que les bases déclaratives (revenu  fiscal de référence et revenu s pris en compte dans le calcul du plafonnement).  Ce sont celles qui minorent le plus le phénomène en s'encadrant dans le processus fiscal étroit  de l'ISF.  On trouve 8010 foyers fiscaux entièrement spoliés  avec une hausse de 1. 610  foyers fiscaux entre 2011 et 2012 ou 2.789, selon les assiettes.

Ce qui veut dire que, avant même 2012,  et les saloperies électoralistes socialistes de M. Hollande, des milliers de Français payaient déjà plus de 100%, comme nous ne cessions de le dire et de l'écrire.

En supprimant le plafonnement en 2012, Hollande a sciemment aggravé les spoliations.  Mais, le système précédent n'était pas plus juste. Juppé avait même supprimé le plafonnement en 95 !  

Si on ajoute les autres prélèvements, le nombre des Français qui paient plus de 100% d'impôts est supérieur à 30.000.  Ce qui explique l'exode des fortunes depuis des années.

 

Ce premier aveu t public depuis quarante ans est pour nous une grande avancée.  Car nous vivons depuis quarante ans dans le déni.

La première réponse, lorsque nous parlions de ces milliers de Français, était toujours la même : ce n'est pas vrai. Ce n'est pas possible.

Les intervenants ou les interlocuteurs de gauche ne voulaient pas d'une qui leur posait tout de même un problème. Prendre 100% du revenu d'un citoyen est intolérable quelque soit le bord politique.

Même à droite, on ne voulait pas entrer dans ce débat. Surtout parce que les dirigeants de la droite, Juppé et Chirac en premier, mais Sarkozy  a mis ses pieds dans leurs traces,  avaient décidé que cette mesure "symbolique" avait un coût d'abrogation trop lourd électoralement.  

Sur ce blog lorsque nous avons écrit que l'abjecte  mesure Hollande allait multiplier les familles spoliées entièrement de leur revenu par l'impôt, beaucoup des commentaires ont nié cette possibilité, vue comme une outrance polémique.

Il n'y avait aucune outrance polémique.   La réalité, simplement la réalité.

Lors de l'affaire Depardieu , le Parti socialiste a menti sur cette question. L'abruti malsain qui dirige le PS comme factotum du déplorable Hollande, a crié que personne ne pouvait payer 85% d'impôts en France.  Ayrault , Moscovici et toutes les bouches à feu du PS ont embrayé le pas. Même M. Zemmour a considéré que M. Carrez en faisait trop en parlant de "quelques centaines"  de spoliés complets, dont "la veuve de l'entrepreneur".

La vérité est désormais partielle mais acquise.

Une dizaine de milliers de foyers sont spoliés de tout leur revenu., selon les critères les plus étroits.  Nous affirmons que plus de 40.000 foyers fiscaux ont payé en 2012 plus de 75% d'impôts sur les mêmes bases (les estimations vont de 40 à 100.000 selon la manière dont on les prend).  

 Hollande, Ayrault, Eckert et Moscovici ont tenté de tourner le jugement du Conseil Constitutionnel en augmentant artificiellement les bases du revenu (il suffisait d'y faire entrer les plus values non réalisées). Ce dispositif a été à son tour retoqué.

Mais jugeons ces hommes  : ils veulent de toutes leurs forces, prendre plus de 100% de leur revenu à des milliers de Français ! Ils ne méritent qu'une chose : l'inéligibilité à vie,  la privation totale de revenu pendant 5 ans et l'indemnisation des victimes sur leurs biens propres..

Il n'y a pas de démocratie possible quand 100% du revenu  est prélevé sur une famille en temps de paix. Il n'y a même plus de liberté. On fait jouer aux fonctionnaires de la DGI un rôle abject d'auxiliaire de la prédation. C'est abaisser l'administration fiscale que de leur demander de voler tout le fruit du travail des citoyens.

Le problème de l'abjection violente d'Etat, c'est qu'elle gangrène tous ceux qui y prennent part.

Il en faut pas croire que tous les fonctionnaires des impôts sont heureux d'augmenter leurs primes en volant la totalité du revenu de quidams qu'ils ont devant les yeux.  La gestapo et le NKVD ne sont pas les idoles des contrôleurs fiscaux !

Le fait qu'une personne, une seule, puisse être victime de la capture de tout son revenu devrait être un scandale national et provoquer une véritable insurrection des consciences.

"NON NOUS NE VOULONS PLUS DE CELA. JAMAIS ! L'ETAT NE SERT PAS A CELA"

Même George Marchais dans ses envolées pré-mélenchonesques n'évoquait de "prendre tout" qu'au-delà d'un certain seuil.

Comment la droite réagit-elle à ce qu'elle a sciemment fait en le cachant ?

Comment la gauche réagit-elle maintenant que les chiffres sont publics ?

La presse va-t-elle engager le débat ?

Le Conseil Constitutionnel peut-il désormais ignorer que les mesures qu'il accepte conduisent à la spoliation totale du revenu des citoyens ?   

Gageons qu'une fois de plus le silence retombera. L'injustice sera minimisée et évacuée.

En 2013 un dispositif de plafonnement va être rétabli. On tombera à 5-600 foyers spoliés à 100%  dans l'indifférence générale.  On sera toujours entre 40 et 100 000 foyers payant entre75 et 100% de prélèvements de toute nature. La France sera toujours à l'encan.  

Maintenant que la vérité est établie et incontestable, même pour le plus borné des croyants socialistes,  disons le crûment :

Il n'existe aucun fondement d'aucune nature  à un prélèvement de 100% du revenu d'un citoyen. Quiconque détourne la puissance publique pour  priver un citoyen de son revenu commet un abus de pouvoir.  Il doit être condamné et exclu définitivement  de la communauté des citoyens Français : perte de toutes décorations ; perte de l'éligibilité ; perte de la nationalité française. 

En maintenant un tel système et en l'aggravant à plaisir, M. Hollande est dans la délinquance politicienne  obscène et infâmante, pas dans la République ni la démocratie.

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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