La triomphale première année de M. Hollande

La campagne électorale de 2012 avait été lamentable. Les deux  camps avaient fait assaut de démagogie et cherché l'avantage par la stigmatisation de boucs émissaires.

"Moi président" l'avait emporté, non pas du fait de propositions particulièrement adaptées à la situation, mais parce que Nicolas Sarkozy avait été usé par la crise, dévalorisé par son style, et décrédibilisé par trop de demi mesures. En terme d'emploi, de dépenses publiques, de dettes  et de pression fiscale, son quinquennat se terminait sur un grave constat d'échec.  On ne peut pas venir au pouvoir en annonçant une rupture et ne pas la faire.  On ne peut pas venir au pouvoir en annonçant une hausse de la croissance et prendre en pleine figure la plus grave récession depuis 1929.  

Le programme de M. Hollande avec son fatras d'imprécations et de mesures "sociétalistes" et socialistes n'augurait rien de bon.  Il était totalement incompatible avec la situation de l'économie française, au sein de l'Europe et de l'Economie mondiale.

Un an après, le dit sociétalisme a dominé toutes les préoccupations du Président.

Conformément  à une idéologie larvée depuis 1968 et dite "de la libération",  F. Hollande, totalement ficelé par l'Europe sur le plan économique et budgétaire, enserré dans le corset de l'Euro, a joué la carte de la "réconciliation et de l'apaisement de la société française", qui aurait été brutalisée par les "réactionnaires" conduits par Nicolas Sarkozy.

M. Hollande a  fait sa révérence successivement :

- aux homosexuels et à la poignée de militants des mouvements "gays" d'origine anglo-saxonne et qui ont commencé à se faire entendre avec le Sida.   

- aux Juifs avec des commémorations renouvelées

- aux africains puis aux noirs en général, en s'appuyant sur la CRAN

- aux délinquants, "victimes de contrôles au faciès" et de prisons "criminogènes".

- aux arabes victimes de la colonisation .

- aux syndicalistes violents et condamnés qu'il s'agissait soudain d'amnistier.

Pour les Roms, qui exaspèrent les Français,  on a d'abord voulu une démarche "humaniste", puis on les a utilisés pour montrer que Valls ne badinait pas avec  leur forme de délinquance, et finalement, on se retrouve avec des condamnations  judiciaires qui conduisent à leur verser 75 Euros par jour par personne tant qu'on ne les héberge pas.  

On ne voit guère de minorités agissantes qui n'auraient pas été honorées et dont les revendications n'auraient pas été satisfaites.

On glosera pour savoir s'il s'agit d'une diversion  politicienne qui permet de camoufler un échec économique sensationnel, ou encore de concessions à son extrême gauche, tendance gauchiste,  ou de la réelle conviction qu'en donnant des gages à d'anciens "dominés"  on faisait œuvre d'apaisement.

Toujours est-il qu'en servant à ce point les minorités, Hollande posait la question de ses relations avec la majorité de la population française, qui accepte ou revendique ses racines "chrétiennes", qui considère  que l'ampleur de immigration commence à poser la question de l'identité nationale et qui travaille généralement plutôt dur en s'inquiétant de son patrimoine écorné par la crise et de son emploi ou de celui de ses enfants.

Une première réponse a été la répression des manifestations contre le mariage homosexuel et la dénaturation du sens de la filiation. Elle s'est accompagnée d'une propagande féroce via les médias publics aux ordres et des relais d'opinions habituels. L'attitude politique personnelle de M. Hollande est marquée par la provocation.  Il aime narguer. Aucune dialogue présidentiel avec les représentants des manifestants ; examen de la loi  promulgation avec une rapidité exceptionnelle , à peine un jour après la décision du Conseil Constitutionnel ; Décret d'application promulgué précipitamment afin de permettre le premier mariage homosexuel avant la fin mai.

La "bourgeoisie honnie", qu'en effet il dit "ne pas aimer", a été massacrée fiscalement en même temps que le gouvernement, lui-même,  menait une campagne de haine et d'insultes. Pendant des mois  on a vu des membres du gouvernement prendre à parti "les patrons voyous", nécessairement voyous,  les licenciement "boursiers", nécessairement boursiers,  les patrons menteurs comme Lakshmi Mittal, les repreneurs  inconvenants, comme ce M. Taylor qui se permettait de traiter de fainéants les Cégétistes  d'une entreprise de pneus qu'ils avaient consciencieusement ruinée par leurs exigences.  

Déviance rarissime, des attaques "ad hominem" ont été menées non seulement par la presse "amie", mais montées directement  de l'Elysée. Les "éléments de langage" contre la révolte à grand spectacle de  Depardieu ont été élaborés par la cellule de l'Elysée sous la direction directe de F. Hollande. On a vu pratiquement tous les ministres,  et le Premier d'abord, se livrer aux joies de l'insulte coordonnée contre le plus grand de nos acteurs nationaux.   Il semble que F. Hollande ait considéré qu'il avait gagné les élections présidentielles grâce aux injures anti-Sarkozy  et que la formule lui permettrait de redresser son imageen dressant l'opinion contre un opposant médiatique qui faisait de gros dégâts dans l'opinion.

Patatras ! La campagne d'injures s'est retournée contre son auteur qui est passé aux yeux des Français pour un politicien sans scrupule et indigne de la fonction. On ne gouverne pas en déchaînant la haine contre des individus. La famille Peugeot avait été insultée peu avant, comme  Bernard Arnaud, le patron de LVMH.

Les Français ont découvert que M. Hollande n'était pas "Flanby le gentil mou de Corrèze" adepte de la social-démocratie. Les spécialistes se sont rappelé qu'il militait à l'UNEF communiste et pas à l'UNEF socialiste. Ils ont su que son père était  bourgeois et riche, adepte de Tixier-Vignancourt et de l'OAS. Lui-même avait été élevé dans la soie. L'absence de scrupules se doublait d'un problème de personnalité œdipien à l'adolescence.   

Le trait de caractère le plus net  de F. Hollande se découvrait en entier : une désinvolture faussement rigolarde et passablement aigrie.  Désinvolte avec ses compagnes,  désinvolte vis-à-vis du Parti socialiste qu'il a mené à la confusion, désinvolte vis-à-vis des méthodes employées, désinvolte vis-à-vis des engagements les plus solennels pris  au nom de la France avec des instances qui la contraignent.

Nombre d'analystes découvrent que le portrait de lui-même que dessine sa première année de présidence n'est pas celui d'un politicien social-libéral obligé de composer avec sa gauche débile ,  ou d'un tacticien sympathique sachant se faufiler entre les gouttes. Ils ont vu  apparaître un Narcisse  aigri contre sa classe et  cherchant à s'assouvir dans des destructions symboliques et fiscales.

Désormais ils l'écrivent sans fard. L'intérêt général ? Aucune importance pour M. Hollande. Il a le pouvoir ; des communicants à sa botte ; une masse de fonctionnaires et de pauvres dans la dépendance directe de ses décisions et sensibles à la démagogie.  Pourquoi s'occuperait-il d'autres chose que de son nombril et de ses passions ?

Espérons que ces analystes ont tort.

Sur le plan économique, en revanche, il n'y a pas discussion. Son action a été doublement désastreuse.

Il a commencé par un immobilisme destructeur. Il fallait défaire tout ce qu'avait fait son prédécesseur, sans se rendre compte que la crise s'accélérait et exigeait une réponse immédiate et ferme.  

Puis il a décidé de faire payer à "10% de la population 90% du coût du redressement des comptes de la nation". Le choc fiscal, associé aux propos haineux, a créé une telle glaciation des comportements que la France s'est littéralement arrêtée. La perte de pouvoir d'achat global a été amplifiée par une stupeur qui a bloqué tous les investissements.  En six mois la France retrouve la récession. Cinq ans après le déclenchement de la crise décennale. Du jamais vu !

On connait les résultats : des centaines de milliers de chômeurs en plus ; la fuite des cerveaux et des jeunes dynamiques. L'explosion des faillites, la montée des impayés à des sommets ravageurs. L'expatriation des familles fortunées. Les projets démarrent ailleurs. Aucun des objectifs annoncés n'a été tenu.  Le Président Hollande n'est plus soutenu que par  20 à 25% des Français et ne fait plus que de la Com' et des opérations images.  Les relations avec l'Allemagne sont  au point mort.  Le moteur de l'Europe est à l'arrêt.  Le déréliction de la France devient le point de mire du monde entier. Si la France finit par sauter, l'Europe saute et le monde entre dans la dépression.

Un désastre comme la France en a peu connu en temps de paix.

Si nous nous en tenons à nos propres analyses et clés d'interprétation, la première année Hollande a tout d'une année perdue, voire régressive.

Notre théorie veut qu'il faut réorganiser le système monétaire international, donner un pilote et une cabine de pilotage à la zone Euro et revenir sur la folie fiscale française.   

Sur le front international Hollande n'a rien dit, rien fait et convaincu personne de quoi que ce soit. Le monde continue son chemin et se moque bien des fadaises hollandaises. La dévaluation sauvage du Japon lui permet d'arracher de la croissance aux autres pays (3.5% ce n'est pas rien). Le gaz de schiste honni en France permet le redémarrage ds Etats-Unis.

Sur le Front Européen, les manquements successifs aux engagements pris ont fait perdre tout crédit à la France. Hollande est un sujet de désolation  après avoir été celui d'une curiosité distante.

Sur le front français, c'est Gamelin , le bravache, capitulant en rase campagne après avoir fait tout ce qui fallait pour aggraver tous les maux de la France et n'en avoir corriger aucun.  Le cœur de l'affaire est pourtant simple : la France ne peut pas continuer à dépenser et prélever plus que ce que les entreprises produisent.    Nous avons deux fois plus de fonctionnaires que les Allemands,  ramené à le tête de citoyen, alors que plus aucun ministère  ne fonctionne.  Les entreprises accablées de charges et de rigidités, perdent constamment des parts de marché. Il fallait donc continuer avec la TVA sociale et redimensionner le secteur public, dans toutes ses composantes.  Hollande a fait l'inverse.

Avec les résultats monstrueux que l'on sait. La France est désormais très clairement menacée dans son avenir économique.  La "boîte à outils" du président socialiste n'a qu'un intérêt de propagande : redonner, sous conditions, aux entreprises ce qui leur a  été pris pour qu'elles disent merci, n'a pas de sens autre que politicien !Employer l'argent public à sortir des statistiques des centaines de milliers de chômeurs pour pouvoir crier victoire à la première baisse des chiffres n'a de sens que politicien

Pour le reste la hausse fiscale va continuer. Elle prendra la forme de suppression de "dépenses fiscales"  ou de prestations "aux riches". On va faire payer de plus en plus ceux qui seront privés de plus en plus des prestations publiques.  On parle non seulement de supprimer les allocations familiales pour "les riches" mais aussi les remboursements maladie. On évoque la progressivité de l'impôt aussi bien pour le foncier que pour l'habitation. Les retraités, considérés comme des riches, seront plumés : augmentation de la CSG, suppression des emplois de service partiellement dégrevés de charges,  impôts et taxes rendus encore plus  progressifs, perte de pouvoir d'achat des pensions.

Actuellement  la France a un nombre de salariés égal au nombre des retraités (autour de 16 millions).

Elle a le double du nombre de fonctionnaires que la plupart des autres pays, rapporté à sa population.

Sa dépense publique et ses prélèvements dépassent la valeur ajoutée produite par ses entreprises du secteur marchand industriel et commercial.

Elle est dirigée par un homme imbu de lui-même, pervers, désinvolte jusqu'au sardonique et qui fait exactement l'inverse de ce qui serait nécessaire.   

L'anti-société qu'il veut achever de mettre en place  n'est pas une société.

Le culte des minorités agissantes ne saurait être confondu avec celui de l'intérêt général.  Une politique fiscale répressive, une politique économique dépressive, une politique budgétaire laxiste, et un discours haineux  ne font pas une politique  de redressement national.  75 à 80% des Français ont le sentiment d'être sous la coupe d'un pouvoir spoliateur  qui leur est étranger et ennemi.

Les pessimistes penseront  qu'on en est revenu au temps du chagrin et de la pitié.  Les optimistes penseront qu'il reste quatre ans, que la sortie de la crise mondiale finira bientôt par se produire, que des réformes en Europe permettront de remonter le courant, qu'il fallait bien laisser le temps à M. Hollande d'apprendre son métier de président et de comprendre la gravité de la crise,  que si  ses calculs initiaux ont été  démentis par les faits,  la gauche de la gauche est désormais muselée, que les promesses aux uns et autres sont désormais tenues. On peut désormais  jeter par-dessus les moulins la phraséologie électorale….

En un mot, Hollande serait un comédien et un joueur qui aurait raté le premier acte mais qui se rattrapera dans le second, l'acte où le livret n'est pas écrit et qui permet donc toutes les improvisations utiles.  

Après avoir été offensant, il deviendrait offensif.

Pour ces amateurs de politique fiction, la dernière conférence de presse  aurait marqué un tournant "pro business".  Bien sûr la parole est toujours socialiste mais ce serait un masque pour faire tenir tranquille les forces obscures du socialisme attardé, et, spécifiquement, M. Mélenchon.

Sur l'Europe, la France reviendrait dans le jeu par une promotion  du  fédéralisme permettant la création d'un "véritable gouvernement économique". 

Dans le monde la voix de la France se ferait entendre grâce … Grâce à quoi ? On ne sait trop.

F. Hollande aurait de toute façon bien raison de faire des plans sur la reprise mondiale qui tirera la Franc de l'ornière : toutes les crises ont une fin.  Maintenant que les Etats-Unis repartent, que les bourses sont au plus haut,  laissons l'énorme pompe fiscale mise dans la poches des Français aisés cracher les ressources nécessaires  à la consolidation budgétaire.

Et on verra bien.

Une France sans capitalisme, sans capitaux, sans capitalistes, et totalement immobile, où les investissements purement français sont impossibles faute d'investisseurs,  où il n'y a plus de familles capables de prendre en main des secteurs de croissance, où les entreprises du CAC font l'essentiel de leur chiffre d'affaire à l'étranger, où le capital risque est mort à peine né, va certainement redémarrer sur les chapeaux de roue.  Les canards dont la tête est coupée continuent bien à courir !

Selon  ces voix, la France ne serait  dans un an qu'à 100% de dette publique/PIB.  Le secteur marchand ne devrait perdre que 300 à 400.000 salariés. 

Le nombre de Rsa-rmistes ne devrait dépasser que de peu les 2.200.000.

Les camps de Roms qui sont passés d'environ 250 en 2007 à 575 en 2011, ne devraient atteindre que le millier, avec en moyenne 500 personnes par camp.  Ceux  qui agitaient la peur de voir les 10 millions de Roms devenus  européens et disposant de la libre circulation accourir en France, en seront pour leurs craintes.

Il est peu probable que l'on parvienne à dépasser les 13.000 vols, les 2.000 agressions et les 200 viols par jour  qui sont la marque française depuis plusieurs années maintenant  et dont finalement on se satisfait.  Qui peut vraiment croire que les cambriolages à Paris croitront à nouveau de 40% dans l'année à venir  ? N'aurait-on pas confiance dans l'excellente politique carcérale de Mme Taubira. ?  

Le bilan sociétaliste de la seconde année sera certes moins brillant, maintenant que les homosexuels militants  peuvent parader en mairie,  avec un chiffon de papier "bourgeois" que méprisaient les soixante-huitard primitifs et que l'actuel Président regarde avec les distances nécessaires.  On se souvient du film de Bunuel où une bande avinée de clochards profanaient une robe de mariée, symbole par excellence de l'aliénation bourgeoise.   

La seconde année de gestion socialiste assumée du pays sera certainement un grand moment d'intelligence gouvernementale et de renforcement de la nation.

Nous allons finir de passer de la nuit à la lumière.

Rendez-vous en mai 2014, mais avec les lunettes spéciales qui permettent de suivre les éclipses solaires.   

Margaret Thatcher, Jacques Delors et l’Euro : le malentendu

La disparition de Margaret Thatcher a stimulé la haine des dévots socialistes injurieux.  Le jour de sa mort, la recherche sur Google avec les critères « Thatcher+Salope » donnait 3.500 réponses. On en est déjà à 6.910 deux jours plus tard. On atteindra assez vite  les 10.000 au moment de l’enterrement.

La chasse aux sorcières était naguère critiquée par la gauche, celle de Voltaire, comme une infamie. Depuis que le socialisme a squatté la gauche, chasser la sorcière est devenu un jeu nécessaire. Ceux qui comme Eric Zemmour considèrent les socialistes comme l’équivalent des « djihadistes » musulmans trouveront tous les exemples qu’il leur faut dans cet indécent déchaînement. Que des cultureux « de gauche » puissent s’associer à ces ignominies est une marque de plus de la déchéance des intellectuels socialistes européens.

Il est intéressant, dans une optique purement économique, de relever dans ce dégueulis général  une erreur curieuse. On charge Margaret Thatcher d’avoir été avant même Reagan, à la source des "dérégulations sauvages" dont certains voient la cause unique des nos malheurs économiques actuels.   

Il suffit de lire les mémoires de Mme Thatcher (The Downing Street Years), et dans le même mouvement le rapport Delors, pour comprendre la fausseté presqu’absolue de ce crédo mille fois répété.

Que demande le rapport Delors : la libéralisation totale des mouvements de capitaux ; l’interdiction pour les banques centrales de prêter aux Etats ; L’indépendance de la banque centrale.

Que dit Mme Thatcher : “No ! No ! No !”

C’est donc l’ex Ministre des Finances socialiste de Monsieur Mitterrand qui propose le système fragile qui vient de montrer sa dangerosité : un système de libre circulation des capitaux à court terme avec une BCE indépendante ne prenant en considération statutairement que des questions d’inflation moyenne en Europe.  C’est lui qui créé un système monétaire européen où le taux de change n’est plus piloté.

La responsabilité de Delors et de ses amis dans la construction d’un système bancal donnant aux banques et à la finance un rôle hypertrophié est première.

Margaret Thatcher, beaucoup plus pragmatique, était contre.

Elle l’écrit clairement : "l’EERM (l’European Exchange Rate Mechanism) conduit le Royaume-Uni à être sous la domination de l’Allemagne ! "

Il ne faut pas confondre Thatcher et « Merkozy » ou « Merkollande » !

Elle parle de Delorsian Socialism, avec des extensions à l’échelle du continent. « Rien de cela n’était acceptable pour moi ».

Le malentendu est complet : l’idéologue est Jacques Delors. Il est directement responsable du système imbécile qui nous vaut la déflation actuelle et le passage de la France sous la férule de l’Allemagne.  Margaret Thatcher, prudente et attentive à la rationalité des décisions, est beaucoup plus sage et ouverte.  « Je veux un bénéfice prouvé, pas de risque excessif et aucune dépossession de la légitimité que je tires de mon élection». Pas de bénéfice, pas d’accord.  Trop de risques, pas d’accord. Trop de renoncements de souveraineté, pas d’accord !

Jamais Delors et ses amis n’ont averti de la fragilité et des dangers de leur système. Aucune discussion pratique n’a eu lieu en public sur ces questions clefs. Le débat s’est concentré, lors du referendum de Maastricht, sur les abandons de souveraineté, qui ont été minimisés ou niés. Thatcher, oui.

Elle a montré beaucoup de courage parce que son propre gouvernement était plutôt en faveur de l’ERM. Elle a été confrontée à une pression énorme de son Ministre des finances associé à son Ministre des affaires étrangères qui, la veille de la conférence de Madrid qui devait mettre l’ERM en marche, ont mis leur démission dans la balance.  

Le résultat est que le Royaume Uni n’est pas, aujourd’hui,  à la remorque de l’Allemagne et de ses désirs déflationnistes. Il est vrai que Cameron a lancé son propre plan déflationniste avec des résultats peu probants.

Cameron n’est pas Thatcher.  

Rendons à M. Delors ses propres créations et à Mme Thatcher l’honneur de son bon sens  d’épicière.

La grande tristesse des étudiants français en économie

Nous souhaitons exprimer ici toute notre sympathie aux étudiants en économie qui depuis des lustres se désespèrent de leur discipline et de son enseignement.

Ce blog a été mis en place largement pour eux. Pour qu'ils puissent se rendre compte qu'une analyse en temps réel de la réalité est un exercice économique possible et sans doute souhaitable.

Il est arrivée à la discipline économique trois évolutions fâcheuses :

- d'abord elle a été captée par les Etats-Unis. Tout ce qui vient des Etats-Unis est béni. Le reste ne compte pas. On le voit par exemple à l'Insead où l'économie est confiée à un américain, qui au demeurant à une belle voix mais aucune idée juste sur quoi que ce soit. Mais il est américain et possède les diplômes correspondants. Qu'importe que la soupe soit insipide.  

- Ensuite la discipline et devenue matheuse à l'extrême. Les économistes avaient besoin que leur science qui est en fait politique et sociologique soit une science dure à base de mathématiques incompréhensibles pour le commun des mortels.  L'ennui des maths, c'est que pour s'appliquer à la réalité, il faut avoir des mesures et des concepts clairs de ce qu'on mesure. Si on applique brutalement des mathématiques à des statistiques incertaines ou même carrément fausses, on n'aboutit à rien. On construit des modèles souvent extrêmement complexes sur des hypothèses exagérément fragiles.

- Enfin la fracture entre micro économie et macro économie n'a jamais été réellement réduite. L'accusation que nous avions portée il y a quarante ans contre le manuel de Raymond Barre qui se contentait dans le livre 1 d'expliquer que la microéconomie, débouchant sur le modèle walraso parétien, aboutissait à l'impossibilité des crises, le retour à l'équilibre étant quasiment automatique et qui exaltait, dans le livre II, les nouvelles possibilités de lutter contre les crises depuis que le keynésianisme s'était installé dans les esprits et que les Etats maitrisaient la dépense globale.

Ce trois évolutions se composent. Les Etats-Unis ayant opté pour une économie idéologiquement fondée sur la bienveillance des marchés, les économistes américains ont développé le modèle micro-économique en tentant, avec des équations complexes, de lui faire expliquer les faits macroéconomiques. Une bouillie politique, idéologique et  mathématique a remplacé l'examen objectif des faits.

La crise que nous vivons remet totalement en cause cette tentative : les modèles mathématiques n'ont pas prévu la crise, au contraire, ils ont empêché de la voir, ce qui est tout de même un comble. Tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas anticiper des ruptures et se basent sur des continuités.  La puissance américaine aussi bien politique qu'idéologique et économique a mis un bœuf sur la langue de tous les économistes officiels. Du coup on a cherché les causes de la crise dans des épiphénomènes mais surtout pas là où elles étaient.  L'autisme et la soumission font qu'aucun économiste français n'ose véritablement aller au fond des choses, car il ne veut pas prendre le risque de se faire marginaliser et perdre les fonctions paraétatiques ou étatiques qui le font vivre.

La lâcheté et la bêtise crasse, assise sur un suivisme médiocre règnent dans les circuits universitaires d'enseignement de l'économie, le seul endroit où les élèves sont de plus en plus mauvais au fur et à mesure que l'on monte dans les années universitaires. Evidemment ! Les plus intelligents sont partis ailleurs.

Certains domaines comme la monnaie, les échanges monétaires internationaux, les changes sont des disciplines quasiment à l'abandon, avec des cours qui parfois confinent à l'ignorance totale.

Donc oui, l'économie est une discipline en crise, les économistes français actuels sont en dessous de tout, les économistes officiels sont stipendiés par les banques et l'Etat, ce qui fait perdre à leurs analyses pratiquement toute valeur,  et l'enseignement économique est un mort vivant.

Les étudiants ont donc bien raison de s'attrister.

Nous ne saurions trop leur conseiller d'éviter trois tentations :  

- La tentation de "l'économiste mais" et de l'économisme anti libéral à teinture marxiste  ou socialiste de mauvais aloi, ne mène à rien. Les économistes universitaires français ont tenté de masquer leur évacuation du haut niveau en montrant leur belle âme bien rose ou bien rouge selon les tempéraments. Mais le monde se fout bien de ces belles âmes. Elles se sont épuisées à creuser le néant et y ont trouvé rien d'autre que le néant, ce qui était assez naturel.

- La tentation de se référer constamment aux contestataires américains, maniaque de l'hyper keynésianisme comme Krugman ou du n'importe quoi émotionnel comme Joseph Stiglitz. La marginalité hargneuse ne signifie par la vérité.

- La tentation de s'amalgamer à divers meutes d'économistes qui sont si nuls qu'ils n'osent rien affirmer seul mais le font comme pétitionnaires dans des groupements marqués politiquement. C'est peut être utile à la carrière, mais inutile à la science.

L'économie n'a d'intérêt que comme science de l'observation des faits économiques. Les faits doivent être connus. Il faut des concepts pour les isoler et les comprendre. Il faut des statistiques pour les mettre en relief. Il faut même des modèles pour les interpréter. Mais surtout il faut voir, voir, voir, sans lunettes déformantes.  Regarder les faits à la seule lueur de la raison et non des idéologies, des pressions de carrière, du goût pour la participation à des cénacles confortables.

Ce blog est vu parfois comme agressif tout azimut parce qu'il  attaque des erreurs qui sont partagées par tous les bords, donc des attitudes et des comportements erronés qui touchent tout l'échiquier politique et intellectuel français.  

Il faut parfois répéter que l'eau mouille et que le feu brûle à des gens qui devaient tout de même le savoir.

L'étudiant doit avoir à la fois de l'admiration pour les grands penseurs et les grands observateurs de l'économie, notamment Français (il y en a eu beaucoup) et d'autre part rester vigilant et critique. Il doit penser par lui-même à la hauteur de sa propre raison. Et garder à l'esprit que si l'enseignement actuel de l'économie en France ne leur dit rien de la réalité c'est d'abord parce que leurs professeurs ne la connaissent pas et seraient terrorisés à l'idée de l'expliquer. Les meilleurs se contentent donc d'enseigner les thèses du passé qui ont un minimum de cohérence. Et à encourager les maths pour faire sérieux. Lorsqu'ils s'expriment c'est toujours après coup, lorsqu'il n'y a plus de danger à prévoir et à annoncer.

Il ne doit pas pour autant se décourager. L'économie est un champ de ruines et un champ de mines. Mais le terreau est là sur lequel on peut construire de belles moissons pourvu qu'on s'en tienne à ces règles simples : des concepts précis, des observations justes, des raisonnements solides. Il découvrira alors qu'on peut comprendre et qu'on peut prévoir. Donc être un scientifique utile.

Cercle des économistes e-toile

Super-Mario vs super-Mariolle ?

Le "clown" Beppe Grillo et le "golden-boy" de Goldman-Sachs, Mario Draghi, donnent à la querelle de l'Euro comme un air de Commedia dell'Arte.

Faut-il en rire ou en pleurer ?

Alors que la crise entre dans sa cinquième année, les grands pays sortent les armes du râtelier. Le Japon montre les dents pour répondre à la Chine, qui derrière un sourire énigmatique, construit un arsenal sur la capture de l'industrie mondiale. Les Etats-Unis ne savent plus où ils en sont, pris entre la gabegie monétaire et budgétaire et la volonté de puissance. L'Allemagne profite de la sous-évaluation de l'Euro par rapport à ce qu'aurait été le DMark pour engranger les excédents. L'hostilité des autres membres de l'Union commence à se faire farouche.

Mario Draghi est vanté comme sauveur de l'Euro pour avoir affirmé qu'il lâchera autant d'euros qu'il sera nécessaire pour faire face à toute panique sur la dette. Mais la réalité des pays du sud, dont la France, est une régression économique déflationniste majeure qui casse tous les codes, y compris ceux de la démocratie.

Les milieux traditionnellement pro-européens ou même européistes crient au populisme mais se taisent sur le fond. Ils sont bien obligés de constater que l'Euro, "cela ne marche pas".  Ils n'ont pas de solution.

Les partis anti-système s'en donnent à cœur joie, partout, et spécialement en France,  au point que le Front National, sous la houlette de Marine Le Pen croit pouvoir atteindre 50% aux prochaines élections européennes…

François Hollande, avec sa triple personnalité, un tiers vipère socialiste, un tiers anguille désinvolte, un tiers couleuvre indécrottable, s'enfonce dans le discrédit avec son gouvernement de guignols et sa majorité parlementaire d'excités. Ils ruinent consciencieusement le pays avec une absence de vergogne tout à fait remarquable.

La droite de gouvernement a disparu des radars.

Manuel Barroso est, comme toujours, parfaitement inexistant.  La Commission ne sait plus si elle doit être molle ou dure.

Le FMI est aux abonnés absents, ce qui est normal pour une institution créée pour accompagner des changes fixes et ajustables et qui se retrouve avec un système de changes flottants qui ne lui laisse qu'un rôle subalterne.  

Mme Merkel est obligée de faire profil bas et pourrait bien être la prochaine victime électorale de la crise.

Plus personne n'ose indiquer un chemin de sortie.   

Le vide politique en Europe est désormais évident. Le monde s'ébroue dans un sens pas nécessairement très réjouissant.

La situation commence à pourrir sérieusement avec des risques désormais grands de dérapages irrémédiables. S'ils se réalisent, l'Euro sautera comme un bouchon de champagne. Le retour de la panique n'est pas loin.  Dans ce contexte la France est incroyablement vulnérable, avec un gouvernement dont les motivations et les pratiques sont totalement contraires aux nécessités du moment.

Le constat est facile. Des solutions sont-elles envisageables ?

Mais oui, bien sûr !

En France, on sait que le secteur privé marchand a été tellement réduit qu'il ne peut se reconstituer qu'avec de la patience et du temps. Il faut revenir progressivement sur toutes les dérives commencées en 74 avec la présidence Giscard, accélérées par la présidence Mitterrand et confortées par les présidences Chirac et Sarkozy.  Il faut restaurer un secteur marchand important en le libérant des 15 points de PIB  qui l'ont assommé et rétréci, en mettant fin à trop de gratuité et en dégonflant progressivement un secteur public hypertrophié. Evidemment, on ne le fera pas en injuriant les patrons, en faisant fuir les fortunes et les jeunes énergies par des impositions spoliatrices, et en paralysant la société. Il faut revenir en France à une société socialement équilibrée et qui travaille. Est-ce que le PS est capable de prendre en charge ces nécessités ?

On peut en douter. Mais le chemin d'une amélioration interne de la situation française est parfaitement clair.

En Europe, on sait également de façon parfaite qu'on ne peut mettre en place une zone monétaire unique sans institutions appropriées. Il faut un gouvernement économique de la zone Euro qui ne doit pas fonctionner pas du tout sur les bases de la Communauté de Bruxelles. Il faut à la zone Euro un Chancelier Européen  qui impose les politiques monétaires, financières, budgétaires et sociales qui permettent l'unité de comportement de la zone vis-à-vis de l'extérieur et celles des gouvernements membres dans un sens non déflationniste. La BCE doit dépendre du Chancelier. L'Euroland cessera d'être un zombi sur la scène internationale et pourra proposer autre chose que la déflation aux pays du sud.

Pour le monde, il n'y a pas plus de doute sur l'action prioritaire à mettre en place : il faut supprimer les changes flottants et revenir à une système monétaire international basé :

- sur la parité des nations

- sur la fixité de principe des changes avec des souplesses pour sortir des situations de blocage

- sur le contrôle qu'il n'y a ni déficits ni excédents monstrueux.

- sur un désir de coopération véritable.

Avec ce système, le monde est sorti en 20 ans, avec une forte croissance, de l'endettement provoqué par la guerre de 40.

Dans le seconde où ces trois mesures seront en capacité de se conjuguer, la crise sera terminée.

Et on pourra comprimer les diablotins à ressort pour qu'ils rentrent dans leur boîte.

Si on continue en France, en Europe et dans le monde à faire exactement l'inverse de ce qui est nécessaire, alors les plus grands désordres sont à anticiper, à commencer par l'explosion de la zone Euro. Car il est sûr, comme nous le répétons depuis toujours, que les solutions grecques ne pourront pas s'appliquer à la France, alors que F. Hollande pointe le navire France vers les rochers du cap Sounion.

Le reste suivra. La tendance géopolitique n'est pas à la sérénité.

Ces idées ont-elles une chance de s'imposer ?

"Donnez moi un levier", aurait dit Archimède.

La pédagogie de la crise ne suffit pas.

Le FMI devrait être ce levier.  Et au sein de l'Europe, c'est le couple Franco-Allemand qui devrait être l'axe agissant.

Est-ce que Mme Lagarde est au niveau des nécessités internationales ?

Est-ce que Mme Merkel et M. Hollande peuvent s'élever au niveau des nécessités européennes ?

Est-ce que M. Hollande peut se faire violence à lui-même pour monter sa réflexion et son action à la hauteur de l'urgence française ?

L'UMP aurait pu être un facteur de maturation au moins de la réflexion sur les solutions. Il fallait pour cela qu'elle fasse vite sa rupture avec Nicolas Sarkozy qui manifestement n'avait pas su comment faire. Sa réflexion en est toujours restée aux têtes de chapitre, son action se diluant dans l'insignifiance dès qu'il a fallu passer aux actes. L'arrivée immédiate d'un Fillon comme Président aurait pu permettre cette réorientation en douceur.  Les jeux d'appareil frénétiques de JF Copé ont cassé cette dynamique qui aura bien du mal à repartir.

On voit que la poursuite de la crise tient plus à des interrogations politiques qu'économiques.

En attendant, Super Mario et Super-Mariolle sont dans un bateau. Qui va tomber le premier à l'eau ?

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile

 

La terrible réalité française

Ordres de grandeur significatifs :

- Valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand hors finance :  950 milliards d'Euros

- Dépenses publiques : 1.300  MME - Prélèvements : 1.100 MME.  (soit plus que la valeur ajoutée des entreprises)

- Dettes publiques : 1.800  MME, soit deux années de valeurs ajoutée, avec un besoin de financement annuel de 180 MME . Dettes privées, hors système bancaire et banque centrale 2.700 MME. Total : 4.500 MME.

Ces trois horreurs sont à rapprocher des autres grandes estimations :  

Effectifs du secteur marchand :

                Propriétaires, dirigeants et cadres supérieurs : 300.000, dont gagnant plus de 200.000 Euros /an : 30.000.

                Salariés : 16.000.000

Résidents français dépendant  quasi entièrement de l'Etat pour leur revenu : 20.000.000 (dont 4.5 millions de chômeurs déclarés et 7 millions de fonctionnaires ou personnels à statut).

En 2012 les dirigeants privé ont payé entre 75 et 100% de leur revenu en impôt. Plus de 5.000 ont payé plus de 100%. Une cinquantaine de chefs d'industrie se sont exilés.

Les différentes mesures prises ont préempté à peu près 40% de leurs avoirs, qui ira à l'Etat encas de vente ou de succession. La motivation d'investir à disparu.

 

Conclusions :

Les entreprises du secteur marchand sont dans l'incapacité absolue de résorber le chômage. Il faudrait qu'elles augmentent leurs effectifs de près de 4 millions de personnes ce qu'elles n'ont pas fait en 50 ans ! Compte tenu de la compétition et des gains de productivité, il faudrait  un croissance globale de 30% à 50%  de leur chiffre d'affaire dans les cinq ans à venir. . Alors que beaucoup d'entre elles sont à moins 20%, moins 30%.

La France ne peut pas rembourser sa dette. En imaginant une maturité moyenne de 10 ans et un taux de 5%,sachant que le besoin de financement serait stabilisé à 180 MME, on aboutit si on veut amortir la dette actuelle sur 10 ans, on aboutit à un flux de paiement de près de plus  500 MME par an, soit 50% de la valeur ajoutée des entreprises du secteur privé, dont 100% sont nécessaires pour équilibrer la dépense publique, même réduite de 25%

Impossible.  

Les perspectives sont donc entièrement bouchées, sauf, changement de cap radical.

Si la France avait été  bien gérée depuis 1974 elle aurait 25 à 30.000.000 de salariés, 500.000 chômeurs et 2.500.000 fonctionnaires ou assimilés. Et pas plus de 200 MME de dettes globales

Sa préférence pour l'emploi public, l'impôt, le chômage, l'assistance, la gratuité généralisée et la dépense publique, l'a amputée des deux bras et d'une jambe.  

MM. Hollande et Eckert sont en train d'écraser les moignons d'économie dynamique qui nous restent, et tentent d'arracher la dernière patte valide.

La jeunesse diplômée et active est désespérée.

Le revenu par tête baisse.

Bravo à tous.  

 

La France : un pays socialiste ?

Les faits électoraux sont clairs.  Pour la première fois de son histoire, le Parti socialiste a tous les pouvoirs en France : la Présidence de la République, l'Assemblée Nationale, le Sénat (avec d'incommodes alliés), la quasi-totalité des Régions, la plupart des grandes villes y compris celles qui étaient considérées naguère comme imprenables comme Paris ou Lyon.

Pour la première fois un Président socialiste a pratiquement tous les pouvoirs avec la durée pour les exercer.  Après une phase où il a consciencieusement démoli tout ce que son prédécesseur avait tenté de construire ou d'empêcher, il a asséné un tel  choc fiscal ciblé sur les familles aisées, les entrepreneurs et  les cadres supérieurs qu'il a bloqué net l'activité économique et démoralisé la nation toute entière.

On mesure aujourd'hui l'intensité de ce choc qui voulait frapper 10% de la population pour épargner les autres 90%  et qu'on a aggravé par le climat insultant et haineux qui l'a accompagné. Le bâtiment s'est arrêté net. Les projets d'investissement ont stoppé.  Les plans sociaux se sont  accélérés. Les boutiques ont vu leur clientèle disparaître. Les gros investissements dans les voitures et l'ameublement ont été remis à plus tard. Le personnel de maison a été licencié. On a cessé d'embaucher. En six mois, des centaines de milliers de chômeurs en plus.

L'échec de cette politique a eu comme conséquence de rendre caduques toutes les prévisions du gouvernement et les engagements du Président. Il avait promis d'inverser la courbe du chômage fin 2013 : on sera bientôt à 11% avec  près de 10 millions de foyers  vivant en France uniquement de secours publics ou ses succédanés. Il s'était engagé à revenir sous la limite des 3% du PIB pour le déficit public à fin 2013. On sera plus près de 4%, annihilant les sacrifices fiscaux faits par les Français les plus actifs. Voilà maintenant qu'on va tenter de les priver en partie de ce pourquoi ils ont cotisé à taux majoré : les allocations familiales ; la retraite, les déductions pour enfants scolarisés etc.

Les promesses hollandaises de relance de la croissance ont tenu ce que durent les roses.

Du coup les Français commencent à s'interroger sur qui est vraiment ce François Hollande, grossier et désinvolte, qui rigole sur les ruines de leur patrimoine, de leur emploi et de leurs espoirs.

Est-il un simple fumiste qui a réussi un coup politique en bénéficiant des circonstances et qui fait n'importe quoi en ricanant une fois sur le trône républicain ?

Est-il un énarque politicien, culotté mais  mal préparé, qui découvre les réalités et qui panique.

Est-ce un simple opportuniste qui joue la démagogie à fond, appuyé sur un quarteron de communicants ?

Est-il un socialiste conséquent, conscient qu'avec les moyens que la 5ème République lui donne, il peut profiter de la crise pour créer un vrai régime socialiste où la "bourgeoisie" serait balayée par l'impôt.  Il entrerait ainsi dans le "Panthéon socialiste" pour avoir réalisé une révolution de velours par l'impôt, sans toucher aux droits fondamentaux, sauf celui de la propriété.  L'article de Zbig Brataniec, sur ce site, évoque les ressemblances entre le discours Hollandais et celui qu'il a connu en Pologne au temps du "socialisme réalisé", façon soviétique. Va dans ce sens le fait qu'à 20 ans, F. Hollande, fils de "fasciste", adhérait à l'UNEF-Renouveau communiste et pas à l'UNEF socialiste.

La vérité est probablement un mélange des quatre, ce qui n'est pas reluisant. Et pose la question de savoir si les Français veulent réellement vivre dans une société socialiste.

Après avoir été débarrassée de la guerre d'Algérie, la France a voulu montré sa volonté d'en finir avec les tensions qui avaient marqué les 100 années précédentes et conduit à des catastrophes humanitaires sans précédent.  En risquant la simplification, on peut affirmer qu'elle a considéré qu'elle devait pacifier ses relations  avec tout ce qu'une société qualifiée de "bourgeoise" avait défendu avec une certaine énergie. Elle a voulu faire droit  aux revendications :

- de la communauté juive, martyrisée par les Nazis, mais avec la complicité de Vichy et qui se considérait encore victime d'un certain antisémitisme latent en France

- de la communauté homosexuelle, mis au ban de la bonne société pendant longtemps et qui se présentait comme persécutée

- des femmes qui revendiquaient la parité, et présentaient également une réclamation victimaire

- des noirs et des arabes victimes du racisme et de la colonisation

- des classes sociales défavorisées qui exigeaient une meilleure prise en considération

- des travailleurs travailleuses, avec qui on cherchait la paix et la fin de la lutte des classes en acceptant la promotion du discours syndicaliste, une grande mansuétude devant la délinquance en col rouge et un arrosage systématique d'avantages divers et pas toujours justifiés

- de la demande de paix générale en Europe via la construction de l'Europe  communautaire.

- de la nature martyrisée par les pollutions diverses.

- des délinquants "victimes d'une société répressive"  

En gros, les Français ont voulu couper avec une tradition de bourgeois mâles blancs, dominants, productivistes,  n'hésitant pas à la conquête et, s'il le fallait,  à la répression.

Presque tous les films français depuis 70 montre des bourgeois corrompus, assassins à l'occasion, prêts à tout pour du fric.  Il est intéressant de noter que les deux grands succès récents montrent pour l'un que la vraie vie se passe  à l'étage des bonnes espagnoles, pas à l'étage du bourgeois sordide et son épouse lamentable et, pour l'autre, que le blanc riche, paralysé à la suite d'une activité sportive à haut risque, choisie probablement pour masquer la vacuité d'une vie bourgeoise et friquée, avait besoin d'un noir de banlieue pour retrouver une existence humaine.

Le Français a voulu devenir politiquement correct, gentil, prêt à toutes les bonnes actions et prêts à encaisser tous les coups que pourraient lui asséner ses anciennes "victimes", du moment que cela ne lui coûte pas grand-chose d'autre que de modestes génuflexions et un peu d 'argent.

Fini le bourgeois, le beauf, le fasciste. La France a vécu 40 années de réaction anti-bourgeoise, dans un consentement progressif mais finalement assez général. Il a été rendu plus facile par l'effondrement du communisme. On oublie souvent que, malgré bien des apparences, Mai 68 a été un mouvement largement anti-communiste.

Nous pouvons apporter ici une explication à Zbig Brataniec de la raison pour laquelle les drames  qui ont ravagé les Pays de l'Est, et notamment son pays , la Pologne,  ont été gommés. On ne pouvait pas à la fois "pacifier" nos relations avec les syndicats et la classe ouvrière tout en assimilant la droite à l'antisémitisme d'Etat et au génocide, en ouvrant un front moral contre les génocides commis au nom de l'instauration violente du socialisme. On les a donc escamotés.  

On dira : vous décrivez la tentative de la gauche et généralisez abusivement à la France entière !

Certes la gauche actuelle couvre assez bien l'ensemble du champ de cette réaction antibourgeoise, et on a vu M. Hollande réactiver tous ses codes, avec le droit de vote aux étrangers, le mariage homosexuel, la politique laxiste de Mme Taubira vis-à-vis des criminels, le discours vis-à-vis de l'Afrique et de l'Algérie etc.

En fait, elle été plutôt absente sur la question des femmes et le mouvement homosexuel ne sera pris en compte qu'assez tard : l'affaire du sang  contaminé et l'inculpation de Fabius marque la césure. De même la conversion écologique a été lente.

La gauche politique a été plus opportuniste que motrice. La gauche culturelle a été à la manœuvre.

Rappelons que G. Pompidou, jeune, se voulait socialiste, comme le révèle d'Ormesson dans un livre récent ; R. Barre déclare dans ses mémoires avoir mené une politique "social-démocrate". J. Chirac voulait illustrer un "travaillisme à la Française". Giscard prétendait avoir un cœur, et a inventé "l'énarchie compassionnelle", tout en interprétant mieux que les socialistes nombres d'éléments d'une politique d'ouverture sociétale, notamment vis-à-vis des femmes. L'église elle-même s'est voulue repentante et décidée à se montrer ouverte à bien des nouveautés qu'elle combattait jusque là.  

On traite parfois de bobos tous ces Français bien intentionnés, qui grosso modo ont adhéré plus ou moins consciemment à cette réaction anti-bourgeoise. Ils n'aiment pas cela parce que justement ils ne se croient pas bourgeois et ils sont rarement bohèmes : le plus souvent ils sont fonctionnaires ! Le PS est indiscutablement plus en phase avec leur sensibilité aujourd'hui, surtout depuis que Nicolas Sarkozy a décidé, en partie, de revenir sur certains de ses développements. Il amorcé une réaction contre la réaction. Il n'est pas difficile de constater que de l'UDI de Borloo aux différents courants anti-sarkosistes de l'UMP (Mme Bachelot, la dénommée NKM, …),  il existe une forte assimilation des thèmes de la réaction "anti-bourgeoise" et anti répressive  au sein même de l'UMP. Cette contre réaction ne passe pas facilement au sein de la droite de gouvernement.  

Nous assistons depuis une quinzaine d'années à une prise de conscience progressive que cette attitude bonasse a favorisé des abus et des dérives qui deviennent criants. Beaucoup se demandent si le balancier n'a pas été trop loin.

Renoncement au nationalisme d'accord et vive l'Europe ! Mais depuis Maastricht la rupture entre l'Europe des fédéralistes et le peuple est devenue une véritable fracture.  On le voit en Italie, ce jour même, avec le résultat des élections, mais c'est la même chose en France.

Renoncement à l'antisémitisme d'accord, mais nous ne pouvons plus suivre la politique d'Israël quand elle alimente une guerre perpétuelle avec le monde musulman ponctuée de crimes et de massacres.  Le succès phénoménal du  livre de Hessel, mort aujourd'hui,  est là pour témoigner de ce revirement. La compétition mémorielle qui sévit désormais entre noirs, arabes, juifs, homosexuels, etc.,  toujours sur le dos de la France, commence à sévèrement agacer les Français. 

L'insécurité est devenue incontrôlable. Un livre récent (Orange Mécanique : l'ensauvagement de la France) révèle que "l'ensauvagement de la France "est désormais sans solutions.

La paix sociale est plébiscitée, mais pas quand elle est détournée pour simplement donner des avantages extravagants aux diverses fonctions publiques, et laisser se développer des pratiques choquantes (Ouvriers du Livre, Marins de Seafrance, Dockers, intermittents du spectacle etc.).

La générosité sociale est admise mais pas quand toute la charité publique est faite sur emprunt tout en créant une fiscalité confiscatoire. L'hyper-fiscalité française ne passe plus. Le sondage de Marianne de cette semaine le montre bien.

Quant à l'altération de règles millénaires comme celles de la filiation pour complaire à 0.3% des couples, parce qu'ils sont  homosexuels, elle a fait réagir des centaines de milliers de Français.

Nous sommes certainement en plein retour de bâton, le fameux "backlash" des anglo-saxons.  La politique de Hollande n'est plus en phase avec l'opinion. Il en fait trop. L'effondrement économique français et le climat d'hystérie qu'il entretient vont accélérer "la réaction contre la réaction".

Le mouvement "pacificateur" n'a en fait rien pacifié. Il a multiplié les contradictions  et créé les conditions de nouvelles tensions.

Pacifier les relations avec les ouvriers ? Il n'y a plus d'ouvriers. En revanche le chômage va dépasser 11%  de la population active.

Pacifier les relations en Europe ? Jamais elles n'ont été plus tendues.

Etc.

Les Français s'aperçoivent qu'on leur demande de refaire des combats historiques clos depuis des décennies. L'esclavage ? Le colonialisme violent et répressif? L'antisémitisme génocidaire nazi ? Toutes ces batailles sont closes depuis des lustres sans que personne ne demande à les reprendre. C'est à l'époque qu'il fallait se battre contre les idéologies ou les intérêts qui les avaient suscités.

La France qui avait été de toutes les percées technologiques, automobile, cinéma, aviation, grande distribution, banque est incapable désormais de se hisser en tête des combats de titans de la mondialisation. Nos grandes réussites, L'Oreal, Publicis, LVMH,  sont toutes des entreprises qui sont nées avant guerre.

La France bourgeoise a été d'un dynamisme industriel, commercial, militaire, intellectuel, culturel extrêmement fécond. En 1930, la France était la première nation du monde. Aujourd'hui elle est insultée par le premier histrion venue et fait rire dans tous les cénacles.

En voulant pacifier, harmoniser, tranquilliser, on a fini par châtrer le pays.  La castration a été d'abord fiscale mais aussi morale : on a cultivé la volonté d'impuissance, au prétexte que  la puissance froissait des élytres et réprimait.

Maintenant nous en sommes au point où nous constatons l'impuissance de la volonté.

Oui nous sommes impuissants contre la délinquance, nous sommes impuissants contre les mouvements migratoires non désirés, nous sommes impuissants contre l'Europe de Bruxelles ou contre la politique impossible de Mme Merkel, nous sommes impuissants face au délire monétaire américain, nous sommes impuissants face au mercantilisme de la Chine, nous sommes impuissants face à la toute puissance des hauts fonctionnaires, nous sommes impuissants contre les nouvelles oligarchies régnantes, nous sommes impuissants dans la mondialisation.

Nous-mêmes, nous défendons depuis près de 20 ans toujours les mêmes trois grands thèmes :

- l'organisation monétaire internationale défaillante et voulue par les américains tue le capitalisme. Mais la France est muette.

- l'inorganisation de la zone Euro et sa gestion par la norme et la déflation tuent l'Europe. Mais la France n'a aucune doctrine à opposer.

- l'hyper-fiscalité française et la captation du pays par l'énarchie compassionnelle forment les conditions d'un drame qui voit la France sortir des pays dynamiques. Mais la dénonciation des entrepreneurs et des fortunes attise la haine fiscale contre les entreprenants et ceux qui réussissent.

C'est parce que la France a cessé de vouloir et de combattre que nous nous sommes laissés enfermer. C'est parcequ'elle récuse la nécessité d'un corps important de "bourgeois" efficaces, c'est à dire de personnes qui gagnent et investissent et qui sont prêts à prendre des risques pourvu qu'on ne les plume pas,  qu'elle s'enferme dans le recul et le déclin.

Le refus d'une structure sociale complète et d'une société sans trop de complaisance,  explique la déchéance de la volonté française. Elle est la base de sa déréliction économique.

La médiocrité des présidents récents et notamment celle de N. Sarkozy et de F. Hollande sont des marqueurs de l'effondrement de la volonté française.

La France n'est pas socialiste. La suite le montrera.

Mais en voulant faire l'ange, elle a fait la bête. Et elle le paie.

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile.

Zbig Brataniec : "Je suis inquiet pour la France"

Il est toujours délicat pour un observateur étranger de s'immiscer dans les débats internes d'un pays ami. En tant que citoyen polonais, puis-je réellement comprendre les subtilités françaises ?  Le fait d'être un francophile de toujours et membre de la même Union Européenne m'encourage à m'exprimer, bien que je craignes de n'avoir rien de trop agréable à dire et de ne pas être parfaitement compris.

Vue de Pologne, la France est devenue un pays socialiste. Un de nos Présidents l'avait dit en son temps à J. Chirac avec un peu de provocation. A l'époque, je n'étais pas d'accord. Aujourd'hui je m'inquiète car les ressemblances avec ce que nous avons connu pendant des décennies s'accentuent de jour en jour.

Je vois l'objection : "votre régime était communiste pas socialiste ; il n'y avait pas de liberté ni de démocratie". Elle est traditionnelle en France dès qu'on compare les deux régimes.

La réalité que nous avons vécue est assez différente de l'idée dominante qu'on s'en fait dans les milieux de gauche français. Personne n'employait jamais le mot communiste en Pologne sauf pour qualifier le Parti. Le vocable employé en permanence dans les médias écrits, radiodiffusés et télévisés, ainsi que dans tous les discours politiques, les cours universitaires, les livres et les essais était, exclusivement et inlassablement : socialisme.  Cela était vrai dans tous les pays colonisés par l'URSS et dans l'URSS elle-même. Nous jouissions, à notre grand avantage selon la propagande, d'un régime pleinement socialiste, grâce au père de la nation soviétique, à qui nous devions notre "libération" et "l'avènement du socialisme", prêché par Marx et Engels, rendu possible par Lénine et réalisé par Staline.  

Nous étions des élus, car nous vivions dans l'espace du socialisme réalisé. On nous le répétait tous les jours. Finies les distinctions de fortune, de religion ou de nationalité. Comme Marx l'avait prévu scientifiquement, la suppression de ces diviseurs de la société permettait enfin de réaliser le rêve d'une humanité unie et apaisée.

Bien sûr, "les forces populaires" veillaient à ce que la bête immonde, pour simplifier, le capitalisme occidental, souvent caricaturé sous l'expression d'impérialisme yankee, ne relève pas la tête qu'on lui avait opportunément coupée en URSS. Mais l'ennemi ne pouvait être qu'à l'extérieur. Même si des imperfections restaient toujours à gommer, notre système socialiste était le meilleur et promettait des lendemains qui chantent.

Nous autres Polonais, Tchèques, Roumains, Ukrainiens, sommes souvent ahuris du peu de connaissances des Occidentaux sur ce qui se passait exactement chez nous pendant la période socialiste.

A partir du moment où vous acceptiez le système et ne cherchiez pas à le déstabiliser, la vie y était plutôt tranquille. Médiocre mais tranquille.  Un espace d'économie privée subsistait aussi bien en ville qu'à la campagne.  Bien sûr, rien ne marchait bien. Mais pourquoi ?

Cette question n'est jamais abordée en France par les socialistes. Pour avoir essayer mille fois dans des réunions de stimuler ce débat, la réticence à le mener est toujours la plus forte.

La réponse est pourtant fort simple : il était impossible de gagner de l'argent, de capitaliser, de placer, d'investir. Il existait deux mondes : un monde de privilèges réservé aux hauts fonctionnaires et aux élites politiques du régime, deux groupes très interpénétrés, qui permettait d'accéder à des biens, y compris immobiliers, et un train de vie qui était hors de portée des autres.

Le reste du pays formait l'immense marais socialiste.  Les salaires, même ceux des cadres, ne correspondaient pas à grand-chose. S'il n'y avait rien dans les rayons, il n'y avait rien dans les rayons quelque soit le nombre des billets que vous aviez en poche. La corruption régnait certes dans les régimes socialistes parce qu'aux étages inférieurs les fonctionnaires étaient paupérisés et que les mafias savaient y faire, alors qu'aux étages supérieurs il fallait valoriser rapidement les places durement acquises.  L'histoire du clergé d'avant la Révolution française s'accorde assez bien à ce que nous vivions : une grande masse de prêtres en loques et une haute hiérarchie vivant dans un luxe insensé. La foi, tout le monde s'en fichait,  même si elle était affichée avec componction.

L'expression un peu usée "on faisait semblant de travailler et l'Etat faisait semblant de nous payer" est assez juste.  A partir du début de l'après midi, la majorité des gens cherchaient à manger en faisant des queues interminables dans des magasins mal approvisionnés. On disait : "les soviets c'est l'électricité et les files d'attente".

Quand on compare la situation de la Pologne d'alors et de la France de ces derniers mois, beaucoup de points de ressemblance frappent.

Première ressemblance : dans les deux cas l'Etat et les hauts fonctionnaires régentent tout à leur avantage et dans le détail.

Seconde ressemblance : Les médias et l'enseignement sont largement verrouillés et instrumentalisés.

Les nouveaux impôts qui ont été mis en place en France interdisent de s'enrichir et ont vocation à liquider le patrimoine des familles disposant d'un capital en l'espace d'une génération. Le Point de cette semaine fait apparaître un graphique très parlant : il faudrait un rendement moyen du capital investi de 9% pour pouvoir le conserver avec les impositions maximales actuelles, alors que le rendement moyen de longue période est de 3%. Le lessivage du patrimoine d'une famille ne demandera pas plus de 10-15 ans. C'est évidemment ce qui explique que les jeunes ne veulent plus s'investir en France. Les socialistes français font par une imposition confiscatoire ce que les socialistes polonais, à la botte de Moscou, ont fait par la force et la collectivisation du capital.

Le résultat est le même : la volonté de partir ; le travail au noir ; les mafias, le désinvestissement, l'absence de croissance etc.  Un pays dont les élites ont été exterminées est évidemment dans une pire situation qu'un pays qui n'a perdu que son élite fortunée par confiscation étatique. Le résultat  escompté est tout de même très proche.

Dans ces conditions, il n'est plus possible d'avoir une trajectoire personnelle et de participer à des aventures d'entreprises libres et conquérantes, sauf à s'expatrier.

Certains Polonais, enrichis dans les 20 dernières années, ont acheté des biens immobiliers à Paris. Ils commencent à les revendre. C'est un signe qui devrait inquiéter. Ils ne veulent plus payer ce qu'on leur demande désormais de payer en France.  Quand ils comprennent ce que les Français entreprenants paient comme impôts ils pensent que la France est devenue totalement folle. Aller vers le socialisme, sans même y avoir été contraint par un puissant et impitoyable voisin, leur parait inimaginable.

L'affaire de l'accueil détestable du film Katyn a fait comprendre aux Polonais francophiles que l'emprise des intellectuels socialistes sur la pensée et les médias français était encore très forte.  Ils ont été également alertés par l'affaire de la "lustration", où des politiques et des intellectuels français s'enflammaient contre les autorités polonaises dès lors qu'elles voulaient sanctionner les dirigeants polonais communistes et leurs collaborateurs.  Déjà l'affaire d'Auschwitz les avait courroucés. Ils constataient que personne n'avait l'air de savoir en France que ce camp de la mort avait reçu beaucoup de Polonais dans la période allemande et  avait été rouvert par Staline qui y avait aussitôt expédié à son tour des milliers de Polonais,  ennemis du peuple et de la révolution,  qui, pour la plupart y ont trouvé la mort. Leurs tombes sont enfouies et cachées sous des rangées d'arbres, selon la méthode éprouvée employée partout en Union soviétique pour cacher le cadavre des innocents massacrés.

Qui savait et disait que les Communistes  avaient fait exécuter des dizaines de milliers de Polonais d'Ukraine et de Biélorussie avant même le pacte germano-soviétique ?  

L'histoire enseignée en France et commentée dans les médias est mensongère dans le sens de l'occultation et de la minimisation dès qu'il s'agit de l'Union soviétique. Les Français vivent dans la fiction dès lors qu'on aborde le sujet du socialisme historique tel qu'il a été pratiqué chez nous.  

Comme dans la Pologne de l'époque socialiste, les gens qui ne veulent pas du socialisme et qui s'expriment en ce sens sont subtilement étouffés en France. Dans beaucoup de média, s'affirmer contre le socialisme, est considéré comme  malséant. Le "bourgeois", comme en Pologne aux temps socialistes, est un coupable permanent : coupable comme colonialiste, coupable comme égoïste  anti social, coupable ici, je transpose,  comme pétainiste dans l'âme voire antisémite et raciste (on disait  Hitlériens hystériques chez nous) , coupable comme catholique, coupable d'absence de sens moral et patriotique etc.

Nous avons entendu toutes ces fariboles à en vomir pendant des décennies.

Comme en France aujourd'hui, c'était un bruit de fond véhiculé par les enseignants, la presse, les politiques, les pseudo-intellectuels. Quiconque regimbe en France contre le socialisme sort de la communion des gens de bien. Ce fait surprend toujours les Polonais en France. En Pologne, la rancune contre l'occupant Russe et le socialisme permettait de ranger ce prêchi-prêcha au chapitre de la propagande socialiste obscène.

Il me semble qu'il y a clairement une relation entre la propagande permanente qui se déverse sur les Français et le fait que les fonctionnaires socialistes qui dirigent la France comme ils ont dirigé la Pologne pendant des décennies, se croient aujourd'hui tout permis. La peur d'être classé réactionnaire, bourgeois, fasciste,  paralyse la réflexion en France. L'intimidation socialiste y fonctionne à plein comme elle n'a jamais réussi à le faire en Pologne.

Pour un Polonais qui s'est sorti de cette horreur, la voir ressurgir en France sans que personne, parmi ses grands intellectuels n'ose réagir, est un cauchemar.

Il sait que lorsqu'on sale son champ on ne le remet en état que très difficilement.

F. Hollande est en train de liquider trois siècles d'entrepreneuriat français. Ce qu'il a mis en place n'est pas une France juste mais un France qui n'aura plus d'entrepreneurs et d'entreprises d'importance dans 10 à 20 ans. Sinon des médiocres cherchant à bénéficier de subventions en concubinage avec l'Etat, le reste de la population vivant dans la débrouille et les combines. Quelques grands groupes, là aussi associés aux princes du régime, pourront exercer sans trop de difficultés.

Notre expérience est qu'il faut fuir au plus tôt ce type de régime. J'espère que l'électeur français saura le voir. Hélas il vit presque majoritairement aux crochets de l'Etat et donc dans la dépendance politique de la dépense publique. De pertes de pouvoir d'achat en longues périodes de chômage il sera le dindon de la farce.

Le socialisme ne fait pas que démoraliser la population, il l'a ruine. Il n'y a pas de bon socialisme. Tous les peuples d'Europe centrale vous le diront et pas seulement pour des questions de dictature. C'est une régime économique lamentable et impossible.  

J'ai toujours été frappé que personne ne remarque en France que si les pays d'Europe centrale avaient continué sur leur lancée capitaliste d'avant guerre, au lieu de sombrer dans le socialisme, les entreprises européennes en général et françaises en particulier auraient eu pendant des décennies des débouchés importants qui leur auraient permis de grandir et de se fortifier très au-delà de ce qu'elles sont aujourd'hui.  L'Union des républiques socialistes a été un calamité aussi pour l'Europe de l'Ouest qui doit faire face aujourd'hui  à des concurrents mondiaux qui sont devenus plus gros et compétitifs  que ses meilleures firmes, presque dans tous les domaines et rapidement,

Si la France opte de son plein gré pour "un socialisme réel", alors elle est perdue.  Ce ne sera pas une perte seulement pour elle.

Pour avoir suivi les élections présidentielles françaises et tout ce qui se passe en France depuis, je ne vois pas tellement de différence entre le discours de M. Hollande et ceux de nos bien aimés dirigeants de l'époque socialiste. On ment tout le temps. On parle de courage et de patriotisme "à tour de bras". On n'atteint jamais aucun objectif. On lâche constamment des avantages à ceux dont on a besoin. On saque les autres. On joue en permanence avec des boucs émissaires. On n'hésite pas à injurier ceux qui résistent. Mais on exalte la jeunesse, qui sera l'avenir glorieux de l'humanité socialiste. Cela a été notre lot et pensum pendant des décennies.  

M. Hollande  avait annoncé qu'il inverserait la courbe du chômage en 2013, qu'il reviendrait à 3% de déficit à la date prévue, que les hausses d'impôts ciblées et sauvages,  étaient les dernières etc.  Tout cela est balayé en rigolant sur un coin de stand au Salon de l'Agriculture. Pendant ce temps là, on soigne les vaches sacrées du régime, comme l'atteste la suppression récente  du jour de carence instauré pour mettre fin à l'absentéisme excessif qui sévit un peu partout dans les différentes fonctions publiques.  

Ce comportement nous l'avons connu pratiquement en permanence. Jamais un socialiste n'a été capable de tenir un objectif économique. Il sait prendre et détruire. Il ne sait pas créer.

Les Français se sont félicités d'avoir une Constitution qui donne un pouvoir quasi dictatorial au président s'il a la majorité à l'Assemblée nationale.  L'arrivée de M. Mitterrand, un vieux briscard de la politique qui a utilisé le socialisme comme marchepied, a abimé la France mais les politiciens socialistes, soumis à  leur "Dieu", n'ont pas osé aller trop loin et il y avait le risque de la cohabitation. En alignant la France sur le néolibéralisme européen, M. Mitterrand donnait un coup de poignard dans le dos des socialistes sectaires.  M. Jospin, lui,  était dans la dépendance du Président Chirac. Il a du composer. Aujourd'hui M. Hollande et les socialistes les plus sectaires qui l'entourent, ou l'assiègent comme à l'Assemblée nationale, n'ont rien à craindre sinon de perdre des élections intermédiaires sans grande importance politique. F. Hollande n'a rien à craindre d'un échec électoral en 2017. Il vivra comme, un satrape avec sa cour jusqu'à la fin de ses jours. Il peut jouer au "grand socialiste dont on se souviendra" et à qui on vouera un culte, une autre tradition française.

Il a donc les pleins pouvoirs sans autre limite que les réserves du système fédéral européen dans lequel il est inséré ; comme nos dirigeants n'avaient pas d'autres contraintes que les pressions de notre grand "sauveur" russe.  

Un socialiste avec les pleins pouvoirs ne sait faire qu'une chose : tenter de briller au Panthéon socialiste quitte à avilir et ruiner son pays.

Alors, oui,  je suis inquiet pour la France.

 

Zbig  Brataniec, invité à s'exprimer en son nom propre par le Cercle des Economistes e-toile.

Quelle organisation nouvelle pour la zone Euro ?

Pour répondre à cette question il faut lever deux préalables :

-          Déterminer les objectifs de cette organisation

-          Savoir si elle doit être gérée dans le cadre de la Commission ou de façon autonome vis-à-vis des institutions de Bruxelles.

Une zone de monnaie unique impose une gestion politique centralisée forte.

Cette réalité a été entièrement gommée lors des discussions qui ont mené au vote de Maastricht. On pensait qu’il suffisait de créer des normes que devraient respecter les Etats.  Tout se passerait au mieux.  La monnaie unique comme par magie nous « protégerait ».  L’union faisant la force, comme chacun sait, l’union monétaire ferait la force des pays membres de la zone euro.

Le résultat on le connait :

-          Devenus libérés de la contraintes de change, les états traditionnellement irresponsables se mirent à emprunter sans limite : ce n’était pas cher.

-          Aucune coordination des politiques économiques et sociales n’ayant été prévue, on a vu l’économie des pays membres diverger  et d’énormes déséquilibres internes apparaître.

-          Les autres pays gèrent le cours de change de leur monnaie. Pas l’Europe. Une monnaie unique dans un ensemble flottant était une gageure. Finalement l’Euro sera presque toujours trop fort pour la majorité des pays de la zone Euro, aggravant leurs difficultés récurrentes.

Lors que la crise de la dette mondiale a éclaté, dette qui n’était pas fondamentalement de la responsabilité de l’Europe, la zone Euro et ses faiblesses se sont trouvées en première ligne.

L’impossibilité de dévaluer  ne laissait la place qu’à des politiques déflationnistes désastreuses, sauf à laisser la dette de chaque état en face d’une spéculation acharnée sur les taux d’intérêt qui ne pouvait qu’aboutir à la destruction de l’Euro.

Cette analyse conduit obligatoirement à la conclusion qu’il faut soit abandonner l’Euro soit créer une gestion centralisée des grands déterminants de la compétitivité : politique budgétaire, politique économique et sociale générale, politique monétaire et de change, politique de crédit, politique de redistribution interétatique.

Certains ont cru qu’on pouvait limiter la coordination aux seuls aspects monétaires. C’est une grave erreur. On ne peut pas laisser un pays passer aux 35 heures et maintenir une retraite à 60 ans avec des exceptions à 50 ans, pendant que d’autres passent à 65 voire 67 ans, en maintenant une durée de travail importante.  Les législations sociales comptent autant que le budget.

Les Européistes le savaient parfaitement. La mise en place de l’Euro devait tôt ou tard provoquer cette prise de conscience et forcer le passage vers un centralisme européen supplémentaire.  Ce sont les mêmes qui  affirment maintenant  que la crise est formidable parce qu’elle fait avancer la construction européenne.  Qu’importe si le système bancal mis en place a fait des dégâts colossaux. L’important est dans le fédéralisme européen arraché à la mauvaise volonté des Etats et des peuples.

Eh oui ! L’Euro suppose plus d’Europe institutionnelle.  On a mis exprès la charrue devant les bœufs. Certes ils ont piétiné et cassé la charrue mais il suffit de réparer et de la mettre à nouveau à sa place. C’est comme cela que l’Europe avance !

La position est cynique mais efficace : si on ne détruit pas l’Euro, il faut créer des institutions de gestion de la zone euro.

Par calcul et devant la résistance de certains états, on ne parle que de coordination budgétaire avec une sorte de Ministre des finances de l’Union européenne. En fait il faut aller beaucoup plus loin. Tout le monde le sait et fait semblant de ne rien voir.

Nous nous préférons dire qu’il faut un Chancelier de la zone Euro avec des pouvoirs dans trois domaines :

-          La coordination budgétaire

-          La coordination économique et sociale

-          La politique monétaire et de change.

Commençons par cette dernière :

-          Il n’ya pas actuellement de responsable du niveau de l’Euro sur le marché des changes. La BCE, qui dispose des principaux leviers pour agir sur les changes n’a pas dans ses statuts d’autre mission que de conserver, à l’échelon de la zone,  la stabilité relative des prix d’un échantillon de produits de consommation.  L’Eurogroupe était censé s’occuper des changes. Il ne l’a jamais fait.  La raison en est simple : les Européens croient, à l’échelon mondial,  à la justesse de la théorie des changes flottants  qu’ils ont récusée  à l’intérieur de leur zone.  Cette contradiction est insurmontable. Elle consiste à affirmer que les marchés fixent le cours de l’Euro  mais ne doivent en aucune façon fixer le cours respectif des monnaies nationales.

-          Le résultat est connu : les autres pays manipulent TOUS leur monnaie et l’Europe est la seule zone où on accepte de prendre tous les coups sans réagir.

Il est clair que le nouveau Chancelier doit :

-          Conduire la politique de change

-          Conduire la politique monétaire

-          Conduire la politique de crédit intra-européen.

Les statuts de la Banque centrale doivent être modifiés pour d’une part compléter l’objectif de stabilité des prix par un objectif de croissance et d’autre part l’associer fortement à la politique générale du chancelier.

On voit l’énormité du saut conceptuel qu’il faut faire.

Le Chancelier aura également comme mission de proposer une réforme du système monétaire international afin de revenir à un système de changes fixes et ajustables raccordées à un étalon extérieur à la monnaie d’un seul pays.

 

La seule existence de ce poste avec cette mission provoquerait une immense vague de fond dans le monde de la finance et des états. L’Europe serait là comme joueur et non plus comme ballon crevé dans lequel tout le monde peut frapper à loisir !  

Le Chancelier aurait naturellement en charge le soin des dettes globales des états et de la coordination des budgets.  Fini le mercantilisme des uns et le laxisme des autres. Il lui faudra s’assurer que les déficits structurels internes à la zone soient corrigés.  Associée à la politique monétaire cette politique pourra ne pas être purement déflationniste.

N’allons pas plus loin. L’essentiel est dit même si dans le détail, il y a de quoi écrire un livre entier sur la nouvelle institution.

La seconde question se pose aussitôt. A qui doit être rattaché le chancelier nouveau ?  L’Allemagne, on le voit bien, comme beaucoup de fédéralistes européens, veut renforcer la Commission Européenne qui est devenue avec le temps l’organisme gestionnaire d’une simple zone de libre échange, à l’exception notable de l’agriculture, en même temps qu’une machine à casser et sanctionner les nations composantes.

Le nouveau traité lui donne un pouvoir de sanction et d’intervention sur les budgets.  On fixe des normes drastiques et on donne à La Commission les moyens par des amendes gigantesques de les faire respecter.  On aggrave le système défaillant précédent tout en aggravant également la perte de moyen d’action au jour le jour. La gestion par la norme est une catastrophe. La crise l’a bien montré.

Faut-il que le chancelier soit une émanation de la Commission et fonctionne en liaison avec les Parlement Européen ?

Nous pensons que non.  Le Chancelier doit être une émanation  du conseil des gouvernements des pays de la zone Euro, avec des organes consultatifs et délibératifs propres, associés largement  aux parlements nationaux des seuls pays membres. Sans cela le déficit démocratique serait béant et de toute façon on ne voit pas pourquoi des institutions qui concernent des pays hors zone Euro devraient s’occuper de questions relatives à  cette zone.

Angela Merkel en proposant un saut  fédéral à l’échelon de l’Union Européenne tout en imposant une gestion par la norme confiée aux flics de la Commission fait une fausse proposition.

La réponse de la France devrait être :

-          Nous voulons des organes de gestion de la zone euro qui soient propres aux pays de la zone avec un pouvoir exécutif permettant une action au jour le jour sur le change, l’émission de monnaie, la gestion de la dette.

Une telle proposition, détaillée et construite sur des bases logiques et appropriées au problème à résoudre, aurait un énorme impact en Europe comme à l’international.

C’est la meilleure initiative qui peut être aujourd’hui envisagée.  Ce serait un véritable pavé dans la mare.

Elle ferait apparaître pour ce qu’elle est l’hypocrisie américaine, l’abus chinois, coréen et japonais et le désordre intellectuel mondial en matière de change.

Elle ferait apparaître le déficit démocratique de la commission et des institutions de Bruxelles.

Elle permettrait d’envisager autre chose que des politiques de déflation pour rééquilibrer les finances et la compétitivité des pays au sein de l’Union.

Il faut au monde un choc financier et à l’Europe un choc démocratique. 

On aurait les deux !

 

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

Changes et libre échange

Jamais la faille institutionnelle européenne n'aura été plus béante.

Nos lecteurs savent que la crise économique absurde dans laquelle nous nous débattons a été provoquée par les défauts structurels du système monétaire international et l'absurdité des changes flottants de monnaies administratives.

Les produits ne s'échangent plus contre des produits mais des bouts de papier dont le commerce interdit de juguler les déficits et les excédents monstrueux que le système génère. On n'échange plus de l'emploi contre de l'emploi. L'échange mondialisé n'est pas l'occasion d'une création de richesses mais d'un transfert de travail en contrepartie de dettes incertaines.

Créer les conditions d'une liberté totale des échanges alors que les économies sont très différentes, tout en laissant s'échanger en apparence librement les monnaies-papier, n'aboutit qu'à des déséquilibres plus graves.

Le libre échange est une excellente chose mais pas à n'importe quelles conditions. La convertibilité des monnaies est une excellente chose mais pas à n'importe quelles conditions.

Dans le domaine du monde physique, ce genre de remarques ne poserait aucune difficulté. L'eau est une réalité merveilleuse. L'inondation ne l'est pas. L'irrigation, avec ses canaux et ses écluses est une des activités géniales de l'homme depuis des millénaires. Il ne viendrait à l'esprit de personne de casser les digues et les écluses au prétexte que la fluidité de l'eau est par nature bienfaisante.

Dans le domaine économique, qui suppose un peu plus d'abstraction, on ne peut pas compter sur l'évidence. La bêtise et l'incompréhension restent de règle car elles accompagnent des phénomènes de puissance et d'idéologie.

Que constatons nous en ce début 2013 ? Cinq ans après le début d'une crise qui n'en finit pas, l'économie mondiale est en pleine difficulté, stimulée à la baisse par la récession européenne volontaire. Tous les Etats qui le peuvent manipulent à nouveau leur monnaie. Les Etats-Unis font plonger le Dollar. Les Japonais ont non seulement renoncé au Yen fort mais le font sombrer dans des proportions jamais vues. La Livre est maintenue aussi bas que possible. La Suisse renonce à son "peg" et voit sa monnaie s'envoler. L'Euro, monnaie d'une zone en crise gravissime,  passe de 1.25 dollar à 1.35 et hop !  

La récession européenne en est aggravée. Le commerce mondial ne reprend pas. L'Inde est en difficulté conjoncturelle alors qu'on la présente comme la future troisième puissance économique mondiale en construction. L'Argentine s'effondre. Le Brésil tousse.  L'Indonésie triomphe grâce à une monnaie gardée très faible par un gouvernement nationaliste.

L'Europe devrait réagir.

Certes on s'agite un peu. M. Hollande,  ce politicien malin qui dit tout et son contraire dans la même phrase et persiste à s'égosiller à ne rien dire de concret tout en lançant à la cantonade l'expression de ses meilleurs intentions, n'a pas tort de préciser à Strasbourg qu'il faut réformer le système monétaire international. Nous l'avions d'ailleurs félicité il y a cinq ans quand il avait dit la même chose. Comme Nicolas Sarkozy en son temps.  Mais comme Sarkozy il ne précise ni le sens des réformes voulues ni leurs modalités.  On applaudit du bout des doigts, en espérant mieux sans trop y croire.  

Que font les pouvoirs européens à Bruxelles ?

Ils font ce qu'ils veulent et ce pourquoi ils sont programmés dans l'indifférence totale des nécessités de chaque état et des préoccupations de leurs dirigeants légitimes : ils négocient des abaissements de droits de douane et l'élargissement du libre échange. Après l'Afrique du Nord, nous voici en pourparlers avec la Corée du Nord et on parle d'une grande zone de libre échange avec les Etats Unis.

Il devrait être  parfaitement clair que la négociation commerciale doit être synchronisée avec la négociation monétaire. Si les Etats Unis font sombrer le dollar et privent les détenteurs d'avoirs en dollars de la réalité de leur avoir, s'ils imposent une compétition-prix faussée, à quoi sert le libre échange ?

La France, en déficit effroyable, sera mise en compétition  aggravée du fait de conditions monétaires déloyales. Aucun des bénéfices réels de l'échange économique libre ne pourra apparaître.

La raison voudrait que les autorités économiques européennes négocient avec en main les deux cartes : libre échange et système monétaire. Ces autorités n'existent pas. La BCE ne s'occupe que du niveau de prix interne de la zone Euro. Ce sont ses statuts. Les changes ne sont gérés par personne. La négociation commerciale est monopolisée par des personnes nommées qui vivent en vase clos et sont baignées par une idéologie d'ouverture à tout crin. Les travaux au sein de l'Assemblée Européenne ne sont qu'un cache misère, destiné à faire valoir un faux semblant de démocratie. Le lien avec les peuples européens est nul.  

Une institution de pleine souveraineté économique n'aurait de toute façon de sens que si elle s'appuyait sur un projet et une doctrine.  Pour nous, ce projet est le retour à une gestion concertée des monnaies dans un système de type Bretton-Woods amélioré par la suppression de toute référence à une monnaie nationale dominante. Comme tous les traités d'après guerre le prévoient, les excédents et les déficits excessifs seraient purement et simplement bannis. Les changements de parité monétaire seraient modestes et concertés. Il appartiendrait aux Etats de maîtriser la valeur externe de leur monnaie et le caractère raisonnable de leurs déficits ou excédents extérieurs.  

L'idéologie malsaine des changes flottants interdit de comprendre la crise actuelle tout en empêchant la conception de solutions efficaces.

Comme des zombies, les institutions partielles qui sévissent en Europe s'activent dans le néant intellectuel et dans la catastrophe économique, accumulant contradictions insolubles, passivité et désastre social.

On ne sortira de ce désordre délétère qu'en agissant sur deux fronts :

- doter l'Europe d'une politique intégrée de change et de relation économique extérieure, avec les organes ad hoc

- refonder la doctrine économique fondamentale dans un sens qui élimine les changes flottants et les guerres de monnaies au profit de solidarités monétaires et commerciales actives et concertées.

Il est extraordinaire qu'en bientôt six ans de crise désastreuse, strictement aucun progrès n'ait été fait en ce sens.

Zeus aveugle ceux qu'il veut perdre. Cela fait 2500 ans qu'on sait cela ! Et la pauvre Europa ne s'est pas si bien trouvée que cela de la rencontre avec le Grand Dieu. Elle ne sera honorée par les autres Dieux qu'à sa mort, ce qui n'est pas terrible comme perspective. 

En attendant les déficits se creusent, les dettes ne baissent pas assez, les entreprises ferment et le chômage grimpe à raison de 60.000 chômeurs de plus par trimestre.

Et les Ouvriers du Livre ruinent les journaux de la PQN. 

 

Didier Dufau pour le Cercle des Economistes e-toile

  



Honni soit qui Mali pense ?

Une grande manifestation se prépare contre la destruction de l'institution du mariage  traditionnel et la France entre en guerre au Mali.

L'attention du public va être sollicitée sur autre chose que nos malheurs économiques et fiscaux.

La diversion est utile pour le Président Hollande. La première était préparée depuis longtemps. La seconde est un peu improvisée mais attendait dans les couloirs.  Les hommes de la com', récemment renforcés, doivent être contents.

Mieux vaut un chef de guerre qu'un chef de guère.

Alors que l'argent public va couler avec le sang des militaires français, rappelons tout de même que nous sommes le seul pays au monde où l'Etat prélève plus que la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand, tout en maintenant les systèmes sociaux et publics en déficit permanent, avec un endettement public qui représente environ deux années de valeur ajoutée des dites entreprises et un endettement privé qui n'est pas loin d'en valoir trois ans.  

Autrement dit,  si nous avions à rembourser toutes nos dettes en un an et payer nos dépenses publiques de l'année,   il faudrait y consacrer SIX ANNEES PLEINES de l'activité de nos entreprises. En un mot, il faudrait six France et, à ce prix là,  on ne mangerait pas !  

Première conclusion : ce ne sont pas les recettes qui manquent mais la dépense qui est excessive. On ne peut pas développer des coûts publics qui égalent la production des entreprises privées.

Deuxième conclusion  : si on veut que la population consomme la moitié de la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand non financier et cesser d'emprunter, tout en ne remboursant rien de nos dettes, il faut diminuer de 50% la dépense publique annuelle.

Troisième conclusion : si on ajoute au cas précédent la volonté de réduire la dette de moitié en dix ans, c'est-à-dire amortir la contrevaleur de trois productions marchandes privées annuelles, il faut baisser de 80% la dépense publique.

Quatrième conclusion : il est strictement impossible de simplement stabiliser la dette publique sans toucher lourdement la consommation et l'épargne.

L'hyper fiscalité mise en place par Sarkozy puis fortement aggravée par Hollande,  a volé les familles aisées de leur épargne. Elle a permis une baisse minimale de la dette publique qui n'est qu'un simple effet d'affichage pour continuer à emprunter et montrer qu'on est prêt à revenir dans les normes européennes. On va continuer dans cette voie. Mais l'ennui du vol c'est que la matière à voler disparait vite.

Elle a entraîné des chutes d'activité massives dans de nombreux secteurs. La baisse des transactions immobilières en deux ans dépassera 33%, en dépit des décisions de précaution vis-à-vis de la monnaie. Les boutiques sont à l'arrêt dans l'habillement et l'équipement de la maison. Des secteurs entiers de l'économie sont à l'arrêt.

Quatrième conclusion : il va bien falloir s'attaquer  significativement à la dépense publique. François Hollande et ses conseillers pensent qu'il suffira de réduire les prestations sans toucher aux effectifs statutaires. Affirmons ici que c'est une illusion.  

Au terme des quarante années qui ont suivi la disparition des disciplines de Bretton Woods et qui ont mis la France dans l'obligation de se battre avec le monde entier, l'option du tout Etat, de la dépense publique à tout va, du "vive l'impôt" et de l'endettement illimité  l'a conduite dans l'impasse, avec très peu de marges de manœuvre pour en sortir.

S'agit-il d'une intoxication idéologique, la France restant un des derniers bastions d'un marxisme intellectuel ? S'agit-il d'une déviation sociologique, avec la prise du pouvoir par la classe sociale des fonctionnaires ? S'agit-il d'une défaillance géo-politique, la France n'ayant plus les moyens de perdurer dans ses habitudes de grande puissance du fait de sa petite taille et du versement d'une rançon pétrolière excessive ? S'agit-il d'un échec industriel, du fait d'un défaut de structure ne lui permettant plus de  faire face efficacement ?  S'agit-il d'un échec politique, le peuple français faisant confiance à des incapables et des démagogues qui l'ont finalement tué à petit feu, un peu à la manière du péronisme qui a liquidé la prospérité de l'Argentine ?    

L'actualité donne quelques clés d'interprétation.

Prenons la grève des taxis qui a encombré Paris le 11.01.2013.

Le thème de la protestation est la volonté de la Sécurité Sociale Française de passer un appel d'offres pour le transport des malades non couchés entre leur domicile et le centre hospitalier . On apprend alors que près de 40% du chiffre d'affaire des taxis de province provient de ce trafic ! Dans certaines villes comme à Nantes on met en avant des chiffres encore plus important. Il est intéressant de se rappeler que la décision de financer par la collectivité ces accès à l'hôpital ou à la clinique n'est pas venue des politiques. Les instances  qui gèrent les décisions sont pratiquement totalement indépendantes même si on a fait voter par l'Assemblée nationale une enveloppe budgétaire globale dont à peu près tout le monde se moque. La décision de rendre  "gratuite" les allers et retours vers l'hôpital a été prise loin des politiques et de l'opinion publique.  Intéressant détail, elle l'a été  en pleine crise de 2001-2002 ! Le petit monde de "l'économie sociale", comme il aime à se définir, se moque de la conjoncture générale et vit sa vie dans sa sphère, comme hors sol.

Dans ce milieu fermé,  jamais étudié ni présenté dans la presse, et largement gangrené par les Francs Maçons, on raisonne selon des logiques étranges qui vont du misérabilisme inspiré à la technocratie la plus débridée, avec une pléthore de cadres intermédiaires issus du n'importe quoi universitaire de deuxième zone.  On y trouve quelques saints, qui, aux grands carrefours de la bêtise, permettent tout de même au système de fonctionner, au milieu d'un monde grouillant d'incapables et d'abusifs de toute nature.   

En haut de l'échelle, des technocrates ont décidé que la réforme de l'hôpital public se ferait sur la base de la concentration dans d'énormes usines à soins, comme en Union Soviétique on avait considéré qu'il fallait construire d'énormes combinats industriels et des grands Sovkhozes agricoles.  Ils ont décrété sans aucune raison valable qu'un spécialiste n'était compétent que s'il faisait un minimum d'actes par an : concentration et spécialisation seraient les mamelles du progrès technique, indépendamment de la psychologie et de la mentalité des acteurs. Du coup on a vu dans toutes les villes moyennes et grandes se construire d'énormes hôpitaux qui sont souvent, avec les immeubles de la Sécurité sociale, les seuls énormes bâtiments de la ville.  Et symétriquement on a fermé toutes les petites unités dispersées sur le territoire, en dépit des protestations, pas toujours légitimes d'ailleurs, des maires locaux.

Dans ces énormes concentrations, le pouvoir est passé des médecins, les experts,  à la technostructure, les gestionnaires. On a de moins en moins entendu parler de médecine et de plus en plus de "management". Naturellement ces énormes combinats fonctionnent mal, prisonniers qu'ils sont de pesanteurs qu'aucune autorité n'a le moyen de vaincre : rejet du corps médical ; conflits entre spécialités ; pressions syndicales ; statuts divers ; méthodes de gestion centralisées ; organes d'administration composites et divisés ;  influences politiques etc.

Puis on s'est avisé que si on éloignait trop les médecins des malades on créait une difficulté d'accès au soin. Et hop on a décidé de rembourser les trajets domicile-hôpital et retour.  A la différence du  Sapeur Camembert qui créait des trous pour en boucher d'autres, on complète le champ de trous par de nouveaux trous.  

On a vu alors des artisans taxis de province avec une voiture, devenir des chefs de flottes de taxis médicalisés et finir même par ajouter des ambulances. Les consommateurs ont vite "entravé la coupure" comme on dit dans le milieu.  Les complicités locales jouant à plein, dès qu'on avait des courses à faire à la grande ville, on allait voir le médecin qui prescrivait des examens et des traitements en ville. On prenait le taxi médicalisé aller et retour.  Les maires pour conserver leur école créaient parallèlement des villages de femmes "seules" subventionnées, avec enfants à charge. Tout ce petit monde vivait sur les subventions et les allocations de l'économie sociale. Les CAF, dans le cadre de leurs aides sociales, n'hésitaient pas de leur côté à subventionner l'achat d'équipement de la maison (machine à laver etc.). Du RMI, du travail au noir, peut être même un peu de RSA, mais pas trop,  et voilà un village qui renait.  Plus tard les enfants trouveraient du travail dans les administrations locales,  avec des postes enviables de cadres sans mérite dans les communautés de communes pour les plus malins.  Une belle pharmacie au centre du village et un supermarché discount pas trop loin et  tout irait pour le mieux.  

C'est ainsi créé partout en France et dans les Dom Tom une  société entièrement réglée par les subventions.

Le clientélisme proprement politique s'est greffé sur cette "économie sociale" prédatrice sans aucune difficulté, ce qui explique que le PS ne craigne pas trop les futures élections locales en dépit des effets de la crise.

Une anecdote qui dit bien l'esprit général du nouveau système : aux urgences des Enfants Malades à Paris vers 1 heure du matin un grand noir très agité, après avoir attendu plusieurs heures,  fait du scandale et exige de voir le directeur. Il prétend avoir un cafard dans l'oreille et exige qu'on le lui enlève tout de suite "avant qu'il ait totalement mangé mon cerveau". Le personnel lui explique qu'il s'agit d'un hôpital pour enfants et qu'on ne traite pas les adultes, il faut aller à Laennec (qui existait encore) à 200 mètres à pied de là. Rien à faire : le dément qui avait du fumer un bon bout de moquette n'en démords pas : il veut qu'on lui arrache la bestiole tout de suite. On cède et on regarde pour constater qu'il n'y a pas de cafard. Que faire ? Simple : on mobilise un taxi médicalisé pour emmener l'importun à …Charenton "où il y a tout le matériel spécialisé"!

Il va de soi  qu'au bout de 10 ans de ce merveilleux système plus personne ne peut payer cette miraculeuse "gratuité".  La technocratie réagit comme toute technocratie : plutôt que de remettre en cause un système de fou et intolérable, on va le "rationaliser". Fini les taxis privés. On aimerait bien créer un "grand service public des allers et retours à l'hôpital", mais Bruxelles ne serait peut être pas d'accord. Va pour un appel d'offre en vue de créer une concession qui "coutera nécessairement moins cher". Exit les taxis privés. Et voici tous les Parisiens bloqués dans leur voiture jusqu'à ce que des "apaisements" soient donnés aux chauffeurs de taxis.

Vive la gabegie !  

Nous avions eu avec les merveilleux efforts de Mme Bachelot-Narquin vis-à-vis du vaccin contre le H1N1 un autre exemple de gestion soviétique de l'économie sociale. Surtout ne pas permettre aux médecins de ville d'inoculer le vaccin :  une administration spéciale dans des gymnases avec une gestion centralisée des convocations ; une pagaille monstre ; un gâchis phénoménal. Des milliards d'Euros dépensés en pure perte.

Cet exemple caricatural n'était pourtant rien par rapport à la gestion des transports médicalisés qui coûtent des milliards d'euros chaque année et qui dans la grande majorité des cas n'ont aucune cause médicale réelle.  

La vérité est toute simple : c'est déjà formidable que la collectivité finance la couverture de la maladie. Il appartient tout de même au citoyen capable de marcher de se rendre par ses propres moyens aux lieux de soins et d'en revenir, sauf naturellement pour des cas difficiles où il y a répétition de traitements dans des lieux lointains qui excéderaient les moyens du patient. Ces cas existent. Ils ne sont pas légion.

Mais voilà : s'il faut maintenant faire 40 ou 60 km pour aller à l'hôpital, c'est une tout-autre affaire.

Les décisions technocratiques ont engendré des décisions sociales qui à leur tour générent des décisions technocratiques. Une vis sans fin.

La gabegie est systémique et touche aussi bien les structures, la technostructure, les intermédiaires  et les consommateurs.

De même que l'Union Soviétique s'était enfermée dans un système agricole qui ne permettait pas de faire manger la population, la France s'est enfermée dans une "économie sociale" débridée qui ne peut pas fonctionner correctement et qui épuise la Nation.

La minuscule "affaire des taxis" est finalement un formidable  révélateur et illustre comment la France s'est fourvoyée dans un système sans issue.

Un second exemple peut être ?

Le même jour la presse indiquait que les deux marques phares de l'automobile allemande avaient connu de formidables expansions de chiffres d'affaires en 2012 pendant que notre industrie nationale, et notamment Peugeot, s'effondrait. Explication : la France avait fait le choix construire des voitures de basse et moyenne gammes, facilement concurrencées par les pays émergents, alors que les Allemands avaient poussé la technologie  et leurs bureaux d'études étaient bien trop en avance sur les efforts Coréens et Japonais, voire Chinois,  pour être facilement attaqués. Exit la France de l'automobile ! RIP !

La bonne question : pourquoi diable avons-nous refusé de pousser la technologie et de construire des voitures de haut de gamme qui étaient pourtant notre spécialité avant guerre ?  La question est d'autant plus intéressante que nous sommes très bien placés dans toutes les autres industries du luxe. Elle induit aussitôt une autre question : qu’est-ce qui nous empêche de créer une industrie de la voiture de haut de gamme ?  

La réponse est simple pour le technicien : nous n'avons pas de moteur ! Toute la technologie des moteurs pour voiture haut de gamme nous échappe. Bernard Darniche, une ancienne célébrité du milieu de la course automobile,  le rappelait très justement lors d'une émission de radio du jour.

Pour l'économiste, la réponse est tout aussi simple : une fiscalité infernale depuis des lustres. La voiture est au sens large une vache à lait fiscale. Les grosses cylindrées ont été ciblées.  

Pour le sociologue : un esprit "anti-bagnole" et des législations visant à brider son emploi au maximum.  

La France s'est donc échiné à produire des voitures de basse ou moyenne gamme avec des frais de construction hors normes du fait de charges sociales écrasantes, des 35 heures, et des diverses sujétions administratives et fiscales.  

Malthusianisme fiscal et gabegie généralisée lorsqu'ils agissent de concert  pendant des décennies aboutissent NECESSAIREMENT à des destructions industrielles.

Revenons à notre dette. Bien sûr on ne la remboursera pas. On va la pousser devant nous pendant des lustres en priant que les taux d'intérêts ne flambent pas.

Il restera ce chiffre absurde d'une dépense publique qui égale la production des entreprises du secteur marchand privé non financier. On a bien vu que la minuscule  RGPP n'était pas à la hauteur du problème. Ce que les socialistes nous promettent, une RGPP allégée, ne le sera pas plus.

Ce sont des systèmes entiers qu'il faut détruire, un peu comme l'Union soviétique a du détruire son système de gestion agricole absurde et inefficace.  Pour reconstruire sur des bases entièrement différentes.

Le drame actuel est que le PS de M. Hollande est incapable de concevoir des réformes qui vont  à l'opposé de son idéologie et de sa clientèle. Ce qui explique leur silence : depuis deux ans M. Hollande  n'a toujours pas précisé comment il comptait s'y prendre pour tenir les engagements de limitation de déficit qu'il a pris. M. Moscovici, ci-devant Ministre de l'économie et des finances, vient d'expliquer dans un grand journal que les réformes à la hache ne pouvaient pas marcher du fait des oppositions qu'elles stimulaient. Il a été incapable de proposer une voie alternative.

On ne peut pas jouer le jeu communautaire de liberté totale des échanges avec des fers au pied et en continuant de détourner les ressources de ce qu'il reste du secteur privé vers le financement d'engeances publiques ou sociales vouées aux déficits constamment aggravés.  Puiser dans l'épargne des "riches" n'aura qu'un temps. Les expédients s'avéreront ce qu'ils sont : du temps gagné et de l'argent perdu.  

M. Hollande compte sur 5 ans d'expédients et une relance mondiale de la conjoncture.

Cela ne suffira pas. Une restructuration massive des systèmes publics est indispensable.

"Ici et maintenant" comme disait l'Autre.  Mais le débat est encore clos pour longtemps.

Hollande  a préféré jusqu'ici les opérations de com' et de diversion, masquant le vol de l'épargne des Français et la disparition de leurs entreprises. Le voici parti en guerre au Mali. Mitterrand avait fait le coup avec l'Irak. Alors "pourquoi pas Moi-je ?" dit son plat imitateur, qui, après avoir lu sa cote dans les sondages,  a du revoir mille fois le diabolique film "les hommes d'influence".

La France s'effondre faute des réformes nécessaires.

Les médias ne bruissent plus que de bruits militaires.

Honni soit qui mal y pense ou honni soit qui Mali pense ?

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Le cercle des économistes regroupés dans E-TOILE autour de Didier Dufau, Economiste en Chef,   aborde des questions largement tabous dans les media français et internationaux soit du fait de leur complexité apparente, soit  parce que l'esprit du temps interdit qu'on en discute a fond. Visions critiques sur les changes flottants,  explications  sur le retard français,   analyses de la langueur de l'Europe,  réalités de la mondialisation,  les économistes d'E-Toile, contrairement aux medias français, ne refusent aucun débat. Ils prennent le risque d'annoncer des évolutions tres a l'avance et éclairent l'actualité avec une force de perception remarquable.

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